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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 12:19

30 Avril 2011


Nous avons longuement présenté le Radon 222, ce gaz rejeton radioactif du l’Uranium naturel, qui profite de son  état gazeux pour s’insinuer partout dans notre environnement. Il est tellement présent que l’OMS recommande de le surveiller de près et de s’en protéger au besoin.


Après plusieurs désintégrations assez rapides, il aboutit au Plomb 210, rejeton également radioactif à vie plus longue ( période de 22,3 ans).


On trouve donc du Plomb210 partout, y compris dans nos poumons puisque nous respirons tous du radon, à doses plus ou moins fortes.


On en trouve même dans les cuves des méthaniers, ce qui laisse supposer qu’il y a du radon dans le gaz naturel.


Nous en reparlerons ultérieurement.


D’autres éléments radioactifs sont présents dans notre environnement, notamment le Potassium (K40) , d’origine naturelle, et de temps en temps une bouffée d’Iode 131, qui fait sporadiquement la une des médias.


Mais il en existe un autre, curieusement assez discret, c’est le Césium 137, résidu des essais et des accidents nucléaires. Il fait rarement la une des journaux malgré sa présence permanente hautement toxique.


Nous avons vu que certains lui ont trouvé une utilité dans la datation des bouteilles de vins millésimés.


En tant que marqueur temporel, il est utilisé en différentes autres applications.


Ce qui nous intéresse ici, c’est sa nocivité et son cycle de vie.


Le Césium 137 est un des multiples produits de fission qui résultent d’explosions nucléaires et d’accidents de réacteurs. Il est particulièrement mauvais pour au moins sept raisons:


- Il a une durée de vie longue ( à l’échelle de la vie humaine), sa période (demi vie) est de 30,15 années. Par exemple, le Césium137 rejeté dans l’atmosphère par la catastrophe de Tchernobyl de 1986 ne se sera résorbé à 50% dans la biosphère qu’en 2016.


- Il se dépose assez rapidement au sol ( son dosage atmosphérique diminue rapidement après un accident nucléaire), à partir duquel il s’intègre dans la chaîne alimentaire, provoquant une contamination totale et durable.


- Il est biologiquement dangereux car il a des affinités chimiques qui lui permettent de se déguiser en Potassium ( Ils sont dans la première colonne du tableau périodique des éléments, avec le Sodium ). Ingéré dans l’organisme, il va suivre le même circuit que le Potassium, se retrouver dans le sang  et contaminer tous les organes.


Il est particulièrement nocif chez les enfants, dont l’organisme réclame beaucoup de Potassium.


Il ne sera partiellement éliminé de l’organisme qu’au terme d’une période biologique de 70 à 100 jours ( à l’issue de cette période il en restera encore 50%).


- Il se désintègre en émettant des rayonnements Beta ou gamma, dont les  effets sur l’organisme sont dévastateurs, et dépendent bien sûr des doses reçues ( J’épargne au lecteur la liste des effets biologiques constatés, elle est assez effrayante).


- Il n’est pas éliminé de la biosphère, sinon par sa propre désintégration, qui est assez lente. En effet, la chaîne alimentaire, comme son nom l’indique ( ou devrait l’indiquer), est une boucle sans fin. Ce qui est rejeté réintègre le sol et se retrouve dans les végétaux et les animaux consommés.


- Il est concentré par certains types de végétaux et d’animaux consommateurs de ces végétaux. Par exemple les champignons ( certains d’entre eux comme la truffe ou le pied de mouton) dans lesquels on a trouvé des concentrations considérables, bien sûr dans les pays de l’EST, et le gibier mycophage. Le cheptel domestique n’est pas épargné, pas plus que les légumes ou les eaux de consommation.


Après Tchernobyl, la norme de pollution au Cs137 « acceptable » a été fixée à 600 Bq/kg. Des contrôles ont constaté parfois des doses très supérieures.


- Et enfin, on ne connaît pas encore de méthode efficace pour l’éliminer ou contrer ses effets dans l’organisme.


Il est évident qu’à coté de ce tueur, l’iode131 fait figure d’aimable trublion.


Faut-il rappeler que l’ingestion de pastilles d’iode, censées protéger la thyroïde des attaques de l’Iode 131, est sans effet sur le Césium 137.


Je suis sûr que dorénavant vous ne regarderez plus votre assiette de la même façon, et que la cueillette des champignons perdra un peu de son caractère bucolique…



 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 18:02

30 Avril 2011


Pour détendre l’atmosphère catastrophique, je ne résiste pas à vous présenter une utilisation, ô combien utile, de la radioactivité du Césium 137 résultant des essais nucléaires atmosphériques et de l’accident de Tchernobyl.


Nous avons vu précédemment que notre environnement contient un taux de radioactivité non négligeable. On parle de Radioactivité Naturelle Technologiquement Renforcée ( RNTR).


Parmi les nombreuse particules radioactives qui nous entourent il y en a une qui est témoin des essais et des accidents nucléaires, c’est le Césium 137. Il n’était pas présent dans la radioactivité naturelle avant les années cinquante ( c’est un témoin du progrès, diront les optimistes).


Des Ingénieurs du CNRS du CENBG /Centre d’Etudes Nucléaires de Bordeaux-Gradignan ( Il fallait que cela se passe à Bordeaux!) ont eu l’idée d’utiliser la mesure du taux de Césium 137 dans les vins pour en vérifier les millésimes. Cette vérification est demandée par la profession et les services d’œnologie très développés dans le Bordelais. Certaines bouteilles s’échangent à des prix extraordinaires et les acheteurs veulent être sûrs de ce qu’ils achètent.


Connaissant la courbe de décroissance du Cs137, et le taux de départ, connu grâce à des relevés atmosphériques effectués depuis de nombreuses décennies, il est théoriquement aisé de déterminer le millésime d’un vin avec une bonne précision.


Théoriquement seulement, car la mise en œuvre de la mesure requiert de grandes précautions expérimentales. Il s’agit en effet de détecter la désintégration Gamma du Cs137, d’en mesurer l’énergie pour vérifier que c’est bien Cs137 et non une autre particule radioactive ( il y en a tant!), et d’en déduire l’âge du vin.


Il faut bien sûr se protéger du rayonnement Gamma parasite qui troublerait non pas le vin, mais la mesure. Pour cela l’échantillon est enfermé dans un blindage de plomb, mais pas n’importe quel plomb. On a utilisé du « plomb archéologique » datant des romains, pour être sûr qu’il n’est pas lui-même radioactif.


Les résultats sont concluants, il est même possible d’effectuer la mesure sans ouvrir la bouteille, ce qui est essentiel pour l’acheteur.


Pour que vous puissiez vérifier qu’il ne s’agit pas d’un poisson d’Avril à retardement, voici le lien:


 

 

 

 

http://www-lsm.in2p3.fr/activites/basses_activ/datation%20vins1.pdf   



 


 

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 17:35

29 Avril 2011


L’Uranium est un élément qui tient la vedette en ces temps où l’énergie est devenue une denrée périssable, pour ne pas dire pourrissable.


C’est un élément qui est présent partout, mais dans des proportions parfois très faibles. Par exemple, dans un jardin de banlieue de 400 m2, et sur une profondeur de 10m, il y en aurait 25 Kg …. Je n’ai pas vérifié.


L’atome d’Uranium, qui comporte 92 protons, peut exister sous forme de 17 isotopes , qui sont tous radioactifs. Mais, comme la plupart ont des demi-vies très courtes, on n’en trouve plus que trois à l’état naturel aujourd’hui. En 4,5 milliards d’années, les autres ont eu le temps de se désintégrer tranquillement.


Les trois qui restent sont:


U234, présent à hauteur de 0,005%


U235, pour 0,71%


U238, pour 99,28%


Ces trois compères , présents en abondance ( plus abondants que l’or ou l’argent), se désintègrent allègrement depuis la nuit des temps, et grâce à l’énergie dégagée par cette gymnastique, la croûte terrestre et le noyau de la Terre sont maintenus dans une chaleur agréable. Chaleur que nous utilisons en Géothermie.


L’eau de mer contient 3 mg d’Uranium par m3, le stock n’est donc pas près de s’épuiser ( réserve de 4,5 milliards de tonnes dans les océans).


Mais l’exploitation à un coût raisonnable ( et surtout énergétiquement rentable) n’est possible que dans certains gisements.


Dans l’Uranium, U235 est le plus intéressant car, non seulement il est radioactif comme ses frères, mais en plus il est fissile.


Fissile, cela veut dire que son noyau peut se désintégrer en libérant beaucoup d’énergie, que l’on utilise soit pour faire des bombes, soit pour chauffer de l’eau dans des centrales nucléaires. Ce n’est pas ce qui nous intéresse aujourd’hui.


Cet Uranium nous intéresse car c’est un élément actif, même radioactif. Il n’est pas comme des atomes de Cuivre ou d’or, qui demeurent semblables à eux-mêmes au fil des millions d’années .


Un atome d’Uranium va, de temps en temps, sous l’effet d’une loi mystérieuse baptisée radioactivité mais dont on ne connait pas les ressorts cachés, éjecter une radiation énergétique et se transformer en autre chose.


La radiation énergétique ponctuelle ( un quantum d’énergie) peut être une particule alpha, une particule Beta, ou un photon Gamma.


Après avoir craché sa particule, l’atome d’Uranium devient un atome d’une autre espèce, elle-même radioactive et qui va donc se transformer à sont tour en une autre espèce, et ainsi de suite jusqu’à arriver à un atome d’une espèce non radioactive, qui a mettre fin à cette sarabande. Tout cela se termine en général par du plomb.


Nous avons donc affaire à des séries de désintégrations, accompagnées par des séries d’émission de particules énergétiques.


Voyons un peu quelle peut être la descendance d’un atome d’Uranium 235.


( je rappelle que nous ne parlons pas de fission, mais de radioactivité).


Cet élément possède une demi-vie de 738 millions d’années, alors que celle de U238 est de 4,5 Milliards d’années. Depuis l’agrégation de la planète Terre, U235 présent a eu le temps de se désintégrer de nombreuses fois, alors que U238 n’a vécu dans le même temps qu’une demi-vie. C’est pourquoi il y aujourd’hui beaucoup de U238, et si peu de U235.


Le premier descendant de U235, c’est le Thorium ( Th231) qui vient au monde accompagné d’une émission d’une particule alpha.


Th231 est lui aussi radioactif, avec une demi-vie de 25 heures. Il n’attend donc pas des millions d’années pour donner naissance à son successeur, qui est le Palladium, accompagné d’une émission Beta.


Et ainsi de suite, jusqu’à arriver au dernier rejeton de la famille, qui est le Plomb ( Pb206), qui lui a une stabilité…de plomb.


Aujourd’hui on trouve donc dans la nature l’ancêtre U235, mais aussi tous ses descendants dans des proportions diverses selon leurs demi-vies:


Uranium, Thorium, Palladium, Actinium, Radium, Radon, Polonium, Bismuth, Plomb.


Tous ces éléments se désintégrant joyeusement en bombardant leur entourage de flots de particules énergétiques.


On aura reconnu le Radium dans la lignée du U235. Cet élément est donc lui-même radioactif, il peut émettre les trois sortes de particules Alpha, Beta, ou Gamma.


Lorsqu’il émet une particule alpha il se transforme en Radon, que nous connaissons bien par ailleurs.


Le Radon est un cas particulier.


parmi tous les éléments radioactifs qui font partie de la série de désintégration de l’Uranium, il est le seul qui soit gazeux à température ambiante ( Liquéfaction à - 71 °C et ébullition à - 61,7 °C).


Il va donc être facilement inhalé et absorbé au niveau des alvéoles pulmonaires.


Où qu’il soit, le Radon 222 va poursuivre la chaîne des désintégrations pour aboutir à un élément stable le plomb 206:


Radon 222 / Polonium 218 / Plomb 214 / Bismuth 214 / Polonium 214 / Plomb 210 / Bismuth 210 / Polonium 210 / Plomb 206.


Chaque transformation est accompagnée d’émission d’une particule alpha ou Beta.


Chacun des éléments intermédiaires produits a une demi vie très courte, de 164 microsecondes à 3,8 jours, jusqu’au Plomb 210.


Le Radon 222 est donc très fortement radioactif, avec émission de particules alpha et Beta.


Lorsque ces désintégrations se produisent à l’intérieur des alvéoles pulmonaires, les dégâts potentiels sont évidents.


On cite une équivalence de risque avec le tabagisme:


Le séjour permanent dans un environnement contaminé au Radon à un taux de 1000 Bq/m3 serait aussi nocif que la consommation de 1,3 paquet de cigarettes par jour.


C’est un cadeau de l’Uranium naturel, qui n’a rien a voir , faut-il le préciser, avec les centrales nucléaires….



 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 18:00

28 Avril 2011


La France suit les recommandations de l’OMS en matière d’information sur les risques sanitaires dus à la présence du radon dans les habitations.


Les pouvoirs publics ont diffusé une brochure informative que l’on peut trouver dans les DDASS, dans les cabinets médicaux, et sur le site radon-France.com.


Cette brochure se veut informative et non alarmiste. Elle met l’accent sur l’innocuité des faibles doses et insiste sur l’aggravation du risque lorsque les personnes exposées sont des fumeurs.


Un graphique présente les différentes sources de radiations ionisantes auxquelles la population est exposée en permanence.


La principale source reste médicale, c’est le cumul des doses reçues lors d’examens radiologiques. Il s’agit évidemment d’une moyenne puisque certains y échappent alors que d’autres doivent subir de nombreux examens.


Le Radon vient en second, avec également une grande disparité selon les régions.


En troisième vient la radioactivité naturelle cosmique et tellurique.


En quatrième se trouve la radioactivité absorbée par la chaîne alimentaire, il s’agit essentiellement du Potassium 40, qui se promène partout, à l’état naturel faut-il le rappeler.


Et en dernier lieu, et pour une très faible part ( 1% ) viennent les irradiations et contaminations d’origines industrielles, incluant les centrales nucléaires ( ou thermiques à flamme) et les résidus d’essais atmosphériques d’armes atomiques.


Ce graphique se veut rassurant pour la population, mais il faut bien réaliser qu’il ne traduit qu’une moyenne. Ce qui est important, c’est la disparité des valeurs sur le terrain. Chacun souhaitera connaître les divers taux de contamination auxquels lui-même est exposé, selon son lieu d’habitation, son activité professionnelle, son parcours radiologique, son mode de vie, son mode d’alimentation, son passé médical, l’état de son système immunitaire, sa proximité avec une éventuelle source de contamination ( centrale électrique, terril de phosphogypse, usine de retraitement de déchets, cours d’eau pollué par des rejets, friche industrielle, etc….).


La brochure évoque ensuite le risque de cancer du poumon en insistant sur la cause première qui est le tabagisme, et en laissant planer un doute sur la responsabilité du radon comme cause première.


Ceci est en contradiction avec les affirmations de l’OMS , qui désigne clairement le Radon comme cause  de ce type de cancers. Le tabagisme étant un facteur aggravant.


Les seuils de 400 Bq/m3 et 1000 Bq/m3 , fixés par la Commission Européenne, sont rappelés, la valeur de 200 Bq/m3 étant la valeur guide pour les construction neuves.


La brochure  ne mentionne aucune obligation concernant le diagnostic et les mesures de protection éventuelles. Il y a seulement des recommandations.


Sur la base d’environ 12 000 mesures effectuées depuis 1992 par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et les DDASS dans les habitations privées françaises, la moyenne de l’activité volumique du radon est de 90 Bq/m3 ( anciennement évaluée 66 Bq/m3).


Elle se situe entre 200 et 400 Bq/m3 dans 9 % des cas, entre 400 et 1 000 Bq/m3 dans 2,3 % des cas et entre 1 000 et 5 000 Bq/m3 dans 0,5 % des cas.


Sur les 13 000 établissements recevant du public mesurés depuis 1999, 8% excèdent 400 Bq/m3 et 4 % 1 000 Bq/m3.


Où en est la règlementation ?


L’exposition aux rayonnements ionisants d’origine naturelle est règlementée par le

 

code de la santé publique, articles R. 1333-15 et 16,


modifié en Nov 2007:


«

 

 

Dans les zones géographiques où le radon d'origine naturelle est susceptible d'être mesuré en concentration élevée dans les lieux ouverts au public, les propriétaires ou, à défaut, les exploitants de ces lieux sont tenus, conformément aux dispositions de l’article L 1333-10 , de faire procéder à des mesures de l'activité du radon et de ses descendants dans les locaux où le public est susceptible de séjourner pendant des durées significatives. Ces mesures sont réalisées soit par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire soit par des organismes agréés par l'Autorité de sûreté nucléaire. Un arrêté des ministres chargés de la santé, du travail, de la construction et de l'environnement, pris après avis de l'Autorité de sûreté nucléaire, définit :


1- La liste des départements ou parties de départements dans lesquels ces mesures doivent être réalisées, compte tenu du contexte géologique local et des résultats d'analyses en radon disponibles ;


2- Les catégories d'établissements concernés du fait du temps de séjour prévisible du public dans ces lieux ;


3- Les niveaux d'activité en radon au-delà desquels les propriétaires ou exploitants sont tenus de mettre en oeuvre les actions nécessaires pour réduire l'exposition des personnes ainsi que les délais de leur mise en oeuvre.


Les conditions suivant lesquelles il est procédé à la mesure de l'activité du radon, notamment les méthodes d'échantillonnage et les modalités d'évaluation des dispositifs de mesure utilisés, sont définies par décision de l'Autorité de sûreté nucléaire, homologuée par les ministres chargés de la santé et de la construction.


Les mesures de l'activité du radon et de ses descendants dans les lieux définis en application du présent article sont réalisées dans un délai de deux ans suivant la date de publication de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. Ces mesures doivent être répétées tous les dix ans et, le cas échéant, chaque fois que sont réalisés des travaux modifiant la ventilation des lieux ou l'étanchéité des locaux au radon.»


L’obligation de diagnostic du Radon ne concerne pas encore les logements particuliers, mais il pourrait être intégré dans le diagnostic sur l’Etat des Risques Naturels et Technologiques ( ERNT) au titre du risque nucléaire.


  
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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 10:07

27 Avril 2011


Nous avons vu précédemment que, si les centrales nucléaires sont, à juste titre, suspectées de constituer un facteur de risque de contamination radioactive intense, elles ne sont pas, loin de là, les seules sources de pollution par les radiations ionisantes.


Il existe un autre facteur de risques, largement aussi important pour plusieurs raisons:


- Il est à peu près inconnu, ou du moins négligé, sauf des spécialistes.


- Son intensité croît avec le développement technologique.


- Il affecte l’environnement de manière invisible et permanente.


- Il concerne non seulement les travailleurs de l’industrie, mais aussi l’ensemble de la population.


- Il n’est pas médiatique car non spectaculaire.


Il s’agit de la radioactivité naturelle technologiquement renforcée.


Jusqu’à une période récente on admettait qu’un environnement radioactif de faible intensité ne présentait aucun danger pour la santé, dès lors que les doses reçues restaient inférieures à un certain seuil, fixé arbitrairement par les autorités «compétentes » .


On considérait comme normal que la population française reçoive une dose annuelle moyenne de 2,4 milliSievert, avec des variations « acceptables » jusqu’à 20 mSv et même davantage pour les travailleurs.


Mais le progrès des études épidémiologiques, menées surtout aux Etats-Unis, a montré que le rapport dose/effet est du type linéaire sans seuil, ce qui signifie que la notion de seuil de dangerosité n’est pas pertinente.


Désormais, le concept de seuil est remplacé par le concept ALARA ( As Low As Reasonably Achievable). C’est ce nouveau concept qui est maintenant retenu pour l’évaluation des risques relatifs aux effets stochastiques, en rapport avec la notion de facteur de risque.


Rappelons que l’on appelle stochastiques les effets qui se définissent en termes de probabilités de risques, par opposition aux effets déterministes, où tel effet produit à coup sûr telle cause ( on peut dire aussi dans ces cas que la probabilité est de 1).


L’OMS se préoccupe depuis longtemps de l’effet des radiations ionisantes sur la santé publique. La mise en œuvre, récente, du concept ALARA entraîne la remise en question des stratégies de santé publique.


Dans ce cadre, cette organisation a décidé de s’attaquer à l’un des ennemis public parmi les plus sournois, le Radon.


Il existe à l’état naturel depuis la nuit des temps, mais son taux est en augmentation constante à cause du progrès technologique qui va le chercher dans les sous-sols pour l’amener en surface et le répandre partout. On le trouve dans les habitations, dans l’eau, dans le gaz naturel,  à peu près partout.


Nous présentons ici une étude de l’OMS, parue en 2009, qui présente de manière exhaustive le problème du Radon et des pistes pour s’en protéger.


Voici l’essentiel du contenu de ce « Handbook ».


( Le document est en anglais )


« Préface:


Après de tabac, le Radon est la deuxième cause de cancer du poumon parmi la population générale. Des études épidémiologiques ont fourni des preuves convaincantes d’une relation entre l’exposition au Radon dans les bâtiments résidentiels et le cancer du poumon, même pour les taux de radioactivité relativement faibles habituellement mesurés dans ces locaux.


Malgré ces constats, seuls quelques rares pays se sont attaqués au problème de manière efficace.


C’est en 1979 que l’attention de l’OMS a été attirée sur les effets du radon sur la santé publique, et c’est en 1988 que ce gaz a été classé cancérigène.


En 1993, une réunion internationale ( Etats-Unis, Europe et Asie) décida une approche commune du problème du Radon et de son impact sur la santé publique.


En 2005, l’OMS a mis sur pied le « Projet International Radon » avec pour mission d’identifier des stratégies de réduction de l’impact du radon sur la santé humaine, et de développer la communication vers les décideurs et vers le public, sur les conséquences d’une exposition prolongée à ce gaz. Trente pays ont participé aux travaux, ce rapport est une synthèse des résultats et des propositions.


Résumé pour les décideurs:


Le Radon est un gaz radioactif qui se dégage des roches et des sols et tend à se concentrer dans les espaces clos comme les mines ou les habitations.


La voie d’infiltration par le sol est reconnue comme la plus importante source de radon dans les habitations. Les autres sources, comme les matériaux de construction ou les eaux, sont la plupart du temps de moindre importance.


(NDT: Cette affirmation doit être nuancée car l’accumulation de petites doses issues d’autres sources conduit à une contamination non négligeable).


le Radon est la composante principale de l’exposition des populations aux radiations ionisantes.


Des études récentes conduisent à estimer que la proportion de cancers du poumon attribuable au Radon serait de 3% à 14%, selon la concentration moyenne dans le pays concerné, et la méthode de calcul.


Les analyses indiquent que le risque de cancer du poumon croît proportionnellement à l’exposition au Radon. Ce gaz est la seconde cause de cancer du poumon après le tabac.


La plupart des cancers imputables au Radon se produisent parmi les fumeurs, ce qui confirme l’effet de renforcement mutuel de ces deux causes.


Les mesures du taux de Radon doivent être basées sur des protocoles standardisés pour garantir la précision et la pertinence des résultats.


Les taux de Radon varient avec les méthodes de construction et les habitudes de ventilation. Les résultats dépendent de la saison, et peuvent varier d’un jour à l’autre, ou d’une heure à l’autre. Pour ces raisons, la mesure du taux moyen annuel dans un bâtiment doit être effectuée sur une très longue durée, au moins trois mois, et plus si possible.


Il est important de prendre en compte le problème du radon dans les constructions neuves, mais également dans les bâtiments existants pour y apporter des solutions correctrices.


La principale stratégie de prévention consistera à assurer l’étanchéité du bâtiment vis-à-vis des entrées possibles par le sol, et d’établir une ventilation pressurisée.


( NDT: à condition que le renouvellement d’air soit précédé d’un filtrage).


Compte tenu de l’ignorance du public en matière de risque associé au radon dans les bâtiments, il est recommandé de procéder à une campagne d’information.


La mise en place d’un programme de santé publique axé sur le Radon sera de préférence gérée à l’échelon national.


Une telle politique nationale devra indiquer au public les zones géographiques à risques, et préciser la nature de ces risques.


Cette démarche devra être associée aux programmes existants sur la qualité de l’air et la lutte contre le tabagisme. Il sera mis en place un programme d’information et de formation des professionnels du bâtiment qui seront concernés par les mesures du radon et la mise en place des solutions de protection.


Il sera mis en place un système de diagnostic des bâtiments avec attribution d’un code en rapport avec le taux de radon mesuré avant chaque transaction ( NDT: comme pour l’indice de performances énergétiques).


Il sera défini un taux de référence à l’échelon national, à partir duquel seront calculés les indices de performance des bâtiments.


A partir des plus récentes données scientifiques, l’OMS propose le taux de référence de 100 Bq/m3.


( NDT: En France, après une campagne de mesures, il a été constaté un taux moyen dans les habitations de 66 Bq/m3, avec des valeurs dépassant 1000 Bq/m3 ).


Dans les pays, ou les zones géographiques, où ce taux ne peut être atteint compte tenu des conditions géologiques particulières, la référence choisie ne devra pas être supérieure à 300 Bq/m3, ce qui correspond à une dose de 10 mSv/an selon les calculs de la Commission Internationale de Protection contre les Radiations. »…….. Fin de traduction.


( NDT: Rappelons que la dose moyenne annuelle reçue par la population française est de 2,4 mSv, avec des valeurs extrêmes très supérieures).


Les détails du rapport sont ici:


 

 

 

 

http://whqlibdoc.who.int/publications/2009/9789241547673_eng.pdf   



L’article suivant précisera la situation en France.



 


 


 


 


 


 


 


 

 
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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 10:35

26 Avril 2011


Ainsi donc, par l’effet d’une actualité catastrophique, la radioactivité se trouve promue au rang de danger public numéro un, cette place ayant été longtemps occupée par le dioxyde de carbone.


Non pas que ce gaz ait complètement cessé d’occuper les esprits, mais dans l’échelle de diabolisation, il a trouvé son maître, en l’espèce les radiations ionisantes.


Essayons donc de savoir qui est cet ennemi et quelles sont ses armes.


Nous parlons ici des radiations émises par les désintégrations d’éléments radioactifs. Les radiations électromagnétiques de type micro ondes (Téléphone portable, WiMax ) sont un autre problème, bien que leurs effets peuvent présenter certaines similarités avec des  radiations ionisantes de faible énergie.


La désintégration d’un noyau radioactif ( Radionucléide) s’accompagne donc de l’émission d’un rayonnement qui peut revêtir plusieurs formes:


- Rayonnement Alpha.


  C’est un projectile constitué d’un groupe de quatre nucléons, deux   protons et deux neutrons, d’énergie variable.


- Rayonnement Beta.


C’est un petit projectile constitué d’un électron ou d’un positron.


- rayonnement Gamma ( rayon X très dur).


C’est un Photon de haute énergie, plus puissant que les rayons X.


- On peut aussi rencontrer des neutrons , mais pas au coin de la rue.


Lorsque nous sommes exposés à la radioactivité, nous recevons donc une pluie de ces projectiles, dont la nature ( Alpha, Beta ou Gamma ) et l’énergie, dépendent de la nature même de l’éléments radioactif en cause, et de la proximité de la source.


Ces projectiles ont sur l’organisme les mêmes effets qu’une pluie de boulets de canons sur les murs d’une forteresse.


Quelques boulets sont sans effet, sauf pour celui qui a la malchance d’être sur la trajectoire. Mais une accumulation de boulets finit par venir à bout de la muraille la plus épaisse. Les assiégés ( les cellules de notre corps) sont débordés et ne peuvent plus réparer les dégâts, la forteresse est offerte à l’ennemi.


L’effet des radiations est dit « ionisant » car les chocs ont pour effet d’arracher quelques électrons de chaque atome rencontré, les transformant en ions.


La nuisance d’une particule ionisante dépend beaucoup de son énergie. Par exemple une particule Alpha de 5 MeV ( 5 millions d’électronVolt ) peut générer sur sa trajectoire plus de 100 000 paires d’ions dans les tissus de l’organisme.


Ces dégâts entraînent diverses conséquences:


- Par effet direct, les radiations induisent des cassures moléculaires. Selon l’emplacement et le nombre de molécules affectées, et la nature des tissus bien évidemment, il peut en résulter la formation de cancers, la destruction de brins d’ADN, l’affectation du système immunitaire, avec des conséquences à court terme ou à très long terme ( plusieurs dizaines d’années), notamment génétiques.


- Par effet indirect, les radiations provoquent la radiolyse de l’eau ( ionisation de la molécule d’eau, partage en O+ et OH- ), libérant des radicaux libres, qui sont des espèces chimiques fortement toxiques.


L’organisme possède heureusement des capacités de réparation. Il peut lutter contre les effets destructeurs en éliminant les cellules affectées ou en les rendant inopérantes. Mais si les doses reçues, même faibles, atteignent des tissus critiques, les dégâts deviennent irréversibles.


Les effets nuisibles dépendent aussi beaucoup des organes affectés par les radiations, et de la manière de recevoir ces radiations.


On distingue l’exposition aux radiations et la contamination.


Un organisme est « exposé » aux radiations lorsqu’il reçoit le rayonnement d’un élément radioactif externe. Par exemple si un travailleur s’approche trop d’une source rayonnante. Il lui suffit alors de s’éloigner le la source pour que l’exposition cesse.


Il y a « contamination » lorsque l’élément radioactif est au contact ou à l’intérieur de l’organisme. Les voies de pénétration sont l’inhalation ou l’ingestion.


Pour le contact avec la peau, un lavage systématique permet d’éliminer la plus grande partie du danger. Encore faut-il savoir qu’il y a danger…


Par contre, lorsqu’il y a contamination, la source de rayonnement est à l’intérieur de l’organisme et y demeure pendant tout son cycle biologique, éventuellement plusieurs années. Les dégâts s’exercent alors pendant tout ce temps, selon la durée du cycle de désintégration de l’élément.


On comprend la difficulté d’appréciation du risque représenté par le séjour dans un environnement de radiations ionisantes. Il faut tenir compte du type d’éléments radioactifs en cause, de la nature du rayonnement, de l’énergie des particules ionisantes, de l’intensité du rayonnement, des doses reçues par l’organisme exposé, du débit de ces doses, du cumul avec d’autres doses éventuellement déjà reçues précédemment, du ou des organes irradiés, de l’état du système immunitaire.


Les effets sur l’organisme sont classés en deux grandes catégories:


- Les effets « déterministes », ceux qui résultent de doses très élevées et qui sont visibles à court terme, quelques jours ou quelques semaines. C’est par exemple le cas des liquidateurs de Tchernobyl ou de Fukushima.


- Les effets « stochastiques », ou aléatoires, qui se manifestent à moyen ou long terme, voire très long terme, selon des lois de probabilité. En clair certains sont malades, d’autres non, un peu comme avec le tabac ou l’alcool.


Ces effets stochastiques sont ceux qui concernent la population dont l’environnement est légèrement pollué par des radiations ionisantes naturelles ou technologiquement renforcées. C’est le nuage de Tchernobyl, celui de Fukushima, mais aussi l’exposition permanente à une ambiance faiblement contaminée ( Etablissement de thermalisme, travailleurs du nucléaire , habitation contaminée par un excès de Radon, etc…) mais dont la répétition sur le long terme peut entraîner des dégâts.


Il est donc important de savoir apprécier l’importance de l’exposition ou de la contamination d’un individu par les rayonnements ionisants.


Pour ce qui concerne l’exposition ( ou irradiation) d’un individu, il faut connaître la nature et la valeur du flux de radiation auquel il a été soumis. Pour cela on peut utiliser un film photographique ( Film badge) qui, après développement et mesure de la densité optique du voile, donne par comparaison avec une référence, la dose de radiation à laquelle il a été exposé. Il existe d’autres types de dosimètres individuels. On peut également faire une mesure en continu avec un appareil enregistreur qui donnera un profil de l’exposition sur une certaine durée.


A partir de cette mesure on peut calculer la « Dose absorbée » D, qui est exprimée en Gray ( Joule par Kg).


Cette dose est plus ou moins nocive suivant le type de rayonnement. On introduit alors un facteur de pondération Q, qui nous donne la « Dose équivalente » H:


H = Q x D


Encore faut-il savoir à quel type de rayonnement on a affaire….


Mais il faut également tenir compte de la variation d’effet d’une dose selon le tissu organique qui l’a reçue. On introduit pour cela un autre facteur de pondération, N, qui nous donne la « Dose efficace » E, la seule qui nous intéresse vraiment:


E = N x Q x D.


Les valeurs de Q et de N sont prescrites par la CIPR ( Commission Internationale de Protection Radiologique). Elles sont assez arbitraires et variables dans le temps en fonction de l’état des connaissances médicales.


La dose efficace E s’exprime en milli Sievert.


Voici quelques valeurs pour Q :


Rayonnement Alpha: Q = 20


Rayonnement Beta: Q = 1


Rayonnement Gamma: Q = 1


Et pour N:


Gonades: N = 0,2


Moelle osseuse, poumons: N = 0,12


Peau: N = 0,01


Les appareils de mesure qui donnent directement l’irradiation en milli Sievert par unité de temps intègrent ces valeurs de Q et de N pour calculer la dose efficace reçue à partir des indications de la sonde de mesure.


Pour ce qui concerne la mesure de la contamination, il faut aller la chercher là où elle est, c’est-à-dire à l’intérieur de l’organisme.


Si des poussières ou des aérosols de nanoparticules radioactives ont été inhalées, ou si des éléments traces radioactifs présents dans des aliments ou dans une boisson ont été ingérés, ou si des traces de pollution radioactive subsiste sur la peau, ce n’est pas un dosimètre d’ambiance qui les détectera.


Il faut dans ce cas utiliser un « Contaminamètre » qui effectuera une mesure grossière de la radioactivité de l’organisme. En cas de suspicion de contamination il faut effectuer un contrôle détaillé par organe dans un laboratoire spécialisé. Il sera procédé à une mesure sur les différentes parties du corps.


Maintenant que nous savons mesurer les doses reçues et la contamination, il se pose la question de savoir à partir de quelles doses il y a un danger pour la santé ?


Jusqu’à une période récente, on considérait que le phénomène de dangerosité se manifestait à partir d’un seuil.


En-dessous de ce seuil, le danger était considéré comme inexistant.


Au-dessus du seuil, le risque était censé augmenter avec les doses.


C’est ainsi que l’on donnait des valeurs limites de 1 mSv/an pour le public et 20 mSv/an pour les travailleurs exposés, sans préciser d’ailleurs pourquoi les travailleurs étaient plus « résistants » que le public !!


Cette comédie n’a en principe plus cours, mais en pratique on parle encore de seuils, il faut bien se protéger contre les déclarations de maladies professionnelles…


La médecine a fait quelques progrès, on s’est aperçu ( on a pris conscience) que la notion de seuil n’est pas pertinente, il n’y a en réalité pas de seuil, toute dose est potentiellement source de risque. Tel organisme sera affecté par des petites doses, alors que tel autre sera indifférent à des doses dix fois plus élevées.


La relation dose/effet est maintenant considérée comme linéaire sans seuil.


Aujourd’hui on a tendance à appliquer le concept ALARA ( As Low As Reasonably Achievable ).


Ce concept oblige à reconsidérer l’approche sécuritaire pour une meilleure protection des travailleurs et de la population.


Il ne reste plus qu’à mettre en pratique ces bonnes résolutions.


Le chiffon rouge agité à propos des centrales nucléaires ne doit pas faire oublier que le vrai danger pour les populations réside dans l’exposition permanentes aux TENORMs, c’est-à-dire à  l’environnement de radioactivité naturelle technologiquement renforcée.


Par exemple, il est admis que le Radon est la deuxième cause de mortalité par cancer du poumon après le tabac.


Lequel Radon ne doit rien à l’existence des centrales nucléaires…


Le Radon n’est bien sûr pas le seul ennemi sournois de notre environnement.



 


 


 


 


 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 16:04

26 Avril 2011


Dans le précédent article nous avons évoqué la radioactivité naturelle, dans laquelle le Radon joue un rôle important.


Depuis les débuts de l’ère industrielle, d’autres sources de radioactivité sont venues s’ajouter aux rayonnements ionisants naturels cosmiques et telluriques, créant un risque supplémentaire de santé publique, et nécessitant de ce fait une attention particulière des organismes de santé.


Les nombreux produits ou résidus de traitement porteurs de radiations ionisantes sont appelés TENORM ( Technologically Enhanced Naturally Occuring Radioactive Materials).


Il s’agit donc d’éléments traces naturellement radioactifs présents dans la Terre, qui se retrouvent après extraction et traitement, parfois à l’état concentré, dans des produits de consommation et/ou dans des déchets. Ils viennent donc augmenter les taux de radioactivité naturelle, parfois de manière alarmante si leur présence n’est pas détectée et s’ils ne sont pas traités en tant que déchets radioactifs.


La liste des sources possibles de pollution radioactive est longue. Certaines de ces sources sont aujourd’hui interrompues, mais les déchets résultant de leur exploitation subsistent et doivent donc être pris en compte, eu égard à la durée de vie très longue de ces éléments.


Citons quelques-unes des principales sources sur lesquelles nous reviendrons en détail:


- La fabrication des engrais phosphatés.


  Le minerai ( roche phosphatée) est traité à l’acide sulfurique pour obtenir de l’acide phosphorique à partir duquel sont fabriqués les engrais phosphatés. La radioactivité naturelle du minerai est de l’ordre de 5000 Bq/Kg dans le bassin méditerranéen, due aux séries Uranium-Thorium- Radium. Cette radioactivité est donc amenée à la surface et se retrouve dans les produits ( engrais) et dans les déchets. Le déchet principal est le phosphogypse, anciennement rejeté dans la mer et plus récemment stocké à terre sous forme de terrils non sécurisés.


La fabrication d’une tonne d’acide phosphorique donne cinq tonnes de phosphogypse, dont des quantités considérables ont été déversées en mer ou entassées sur terre, constituant des déchets classés très faiblement radioactifs, ce qui est un abus de langage.


- La filière des minéraux lourds et des terres rares.


Thorium, Zirconium, Ilménite, Rutile, leucoxène, Monazite, Cérium, etc..


Ces éléments sont extraits de minerais radioactifs, cette radioactivité se retrouve tout au long de la chaîne de traitement, à des doses non négligeables. Il sont inclus sous forme d’alliages dans de très nombreux produits comme les abrasifs, céramiques, émail, peintures, papier, dentifrices, alliages dentaires, bijouterie, la liste est immense.


Leur nocivité dépend évidemment de l’emploi du produit final qui conditionne l’exposition à des doses plus ou moins fortes.


- La filière du thermalisme.


  La directive 96/29 Euratom identifie le thermalisme comme une activité professionnelle soumise à des sources naturelles et renforcées de radioactivité.


La contamination s’effectue par l’inhalation des gaz radioactifs, l’exposition aux rayons gamma, l’application des boues thermales, l’absorption des eaux curatives.


Le radon est abondant dans les établissement de thermalisme, qui sont normalement soumis à un diagnostic obligatoire.


Sont également concernées:


- La filière des eaux potables.


- La filière des eaux minérales et eaux de sources.


- La filières des eaux usées.


- La géothermie.


- La filière gaz.


- La filière pétrole.


- La filière charbon.


- La filière biomasse.


- La filière papèterie.


- La filière matériaux de construction.


Chacun de ces secteurs contribue, par des petites doses cumulées, à l’élaboration d’un environnement radioactif finalement nuisible à la santé.


Les organismes de santé publique se préoccupent certes de règlementations et de contrôles, mais la tâche est démesurée. D’autant plus qu’au phénomène de radioactivité vient s’ajouter le facteur aggravant des nanoparticules. Les éléments traces radioactifs se présentent la plupart du temps sous forme de nanoparticules, ce qui a pour effet de démultiplier leur facteur de nuisance.


Nous n’avons pas évoqué la filière des centrales nucléaires, qui apporte son lot de rayonnements ionisants, car elle est connue et occupe le devant de la scène.


Mais c’est l’arbre qui cache la forêt….



 

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 11:25

24 Avril 2011



 


Il s’est fait dernièrement un grand tapage médiatique à propos d’une possible contamination de notre atmosphère par des émanations radioactives venues du Japon.


Outre que ces émanations n’ont atteint qu’une concentration infime, la brièveté de l’exposition permet d’affirmer que ce « nuage » restera sans conséquence sur la santé des français . Si conséquences il y avait, elles seraient de plusieurs ordres de grandeur inférieures à celles entraînées par la consommation régulière d’alcool, de tabac, l’abus des graisses, de sucre, de l’automobile et de quelques autres pollutions comme nous l’allons voir ci-après.


Ces mêmes français, très sensibilisés aux bouffées asiatiques suspectes, ignorent pour la plupart qu’ils vivent en permanence dans un environnement radioactif naturel.


En effet, depuis la nuit des temps, la surface de la Terre est exposée à un rayonnement ionisant naturel qui n’a pas empêché l’espèce humaine de se développer. L’origine de ce bombardement se trouve dans les rayons cosmiques galactiques et dans le rayonnement tellurique qui nous parvient par les éruptions volcaniques, l’érosion, l’eau, les aérosols naturels, et qui existe dans certains sols contenant des éléments traces radioactifs d’origine.


Toutes les substances minérales, végétales, animales y compris le corps humain contiennent des éléments-traces radioactifs des séries de l’uranium, du thorium et du potassium 40.


Chaque être humain est ainsi exposé sa vie durant à une dose annuelle de  rayonnement radioactif de 2,4 milliSievert en moyenne, et il est lui-même source de rayonnement.


Ce taux varie bien entendu selon la zone géographique, il peut atteindre dix fois plus en certains lieux.


Cette radioactivité naturelle, dans laquelle baigne l’Humanité depuis l’origine, est modifiée par l’activité industrielle qui, à travers les industries minières et d’extraction des composés du sous-sol, crée des sous-produits et des déchets  porteurs d’éléments traces radioactifs qui sont dispersés dans l’atmosphère, l’eau, les sols.


On doit désormais parler de « Radioactivité naturelle technologiquement renforcée » .


Tout ce qui est extrait du sol ou du sous-sol contient naturellement ces éléments traces radioactifs.


Les produits pétroliers, le gaz naturel, les charbons, mais aussi les eaux minérales, les pierres des carrières, les gypses, le sel des mines souterraines, absolument tout ce qui vient d’en bas est radioactif.


Certes, cette radioactivité est en moyenne faible, mais les traitements ultérieurs conduisent à des concentrations d’éléments que l’on retrouvent dans les produits de fin de chaîne , et surtout dans les déchets.


Alors que les déchets des centrales nucléaires sont l’objet d’une attention particulière, les éléments traces radioactifs produits par l’industrie sont en général parfaitement ignorés, ou évoqués sporadiquement à l’occasion de quelque scandale de friche industrielle non dépolluée.


Parmi les éléments traces radioactifs naturels les plus répandus figure le Radon 222.


Il est issu de la désintégration de l’uranium naturellement contenu dans les sols ou amené par l'homme lors de certaines activités industrielles et minières.


C’est un élément radioactif dangereux à cause de son état gazeux qui lui permet de se répandre partout, particulièrement dans les zones basses à cause de son poids ( Huit fois plus lourd que l’air).


Il pénètre aisément dans les poumons, où il génère des particules alpha par désintégration. Ces émissions, directement au contact des cellules alvéolaires, peuvent provoquer des dégâts considérables.


Le CIRC ( Centre International de recherche sur le Cancer) considère que le Radon est un vecteur potentiel du cancer du poumon. Certaines études lui attribuent 5 à 10% de ces cancers particulièrement meurtriers.


Le code de la santé publique impose un diagnostic obligatoire des locaux accueillant du public de manière prolongée ( Ecoles, Hôpitaux, Foyers d’hébergement, centres pénitentiaires, casernes, Etablissement de thermalisme ) lorsqu’ils sont situés dans des zones à risques.


31 départements français sont classés zones à risques pour le Radon.


La concentration moyenne de Radon dans le parc immobilier français est de 66 Bq/m3, avec les variations locales considérables, il n’est pas rare de constater plus de 1000 Bq/m3.


On considère que 400 Bq/m3 est un seuil d’alerte à partir duquel un diagnostic complet du bâtiment doit être effectué, et des mesures correctrices apportées.


Cette pollution radioactive n’a bien entendu aucun rapport avec la production d’électricité nucléaire, elle est directement issue du sol et des murs et touche davantage certaines régions comme la Bretagne, l’Auvergne, la Corse.


On va parfois chercher bien loin la source de nos angoisses, alors qu’il suffit souvent de regarder à nos pieds pour trouver des raisons de s’alarmer…



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 16:28

23 Avril 2011


le problème énergétique est de plus en plus au cœur des préoccupations politiques. La décennie écoulée a mis en évidence la nécessité d’une redistribution des cartes tenant compte d’un certain nombre d’éléments nouveaux:


- Le changement climatique, directement associé à la consommation sans mesure des énergies fossiles carbonées.


- La remise en question de l’imminence de l’épuisement de ces mêmes énergies, dont la disparition était annoncée pour 2050, et qui se voient prolongées au moins jusqu’à la fin du siècle.


- La découverte des hydrocarbures de roche mère ( gaz et huiles de schiste), dont l’exploitation est un facteur d’indépendance énergétique.


- L’émergence des énergies renouvelables solaire et éolienne, dont la mise en œuvre rencontre des obstacles financiers et environnementaux.


- L’hostilité des populations envers l’énergie nucléaire civile, qui remet en question les projets d’évolution vers les générations III et IV.


- L’augmentation structurelle du prix des énergies fossiles carbonées, liée pour partie à l’accroissement des coût d’exploitation, et pour partie à un accroissement de la demande des pays émergents.


- La perspective de recours massif au charbon pour pallier le manque de pétrole à bas Coût.


- La nécessité de développer la stratégie CSC ( Capture et Séquestration du Carbone) pour limiter l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique.


- La nécessité pour les Etats de minimiser leur dépendance énergétique face à l’accroissement des coûts.


- L’émergence des biocarburants, également facteurs d’indépendance énergétique.


- Le développement des applications modernes de la biomasse et du bois énergie, toujours dans la ligne de la recherche d’indépendance énergétique.


- La généralisation des programmes d’économie d’énergie, par la mise en œuvre de diverses stratégies:


- Isolation thermique des locaux existants.


- Procédés nouveaux de construction de bâtiments peu énergivores.


- Remplacement des systèmes de chauffage anciens peu performants.


- Amélioration des rendements des procédés industriels.


- Gestion intelligente des réseaux ( Smart Grid).


- Modernisation des réseaux de transport.


- Etc….


La prise en compte de ces éléments nouveaux nécessite des investissements colossaux. Il serait inefficace de vouloir tout faire dans le désordre.


Chaque décision comporte des conséquences budgétaires, environnementales, économiques, sociales, dont la prise en compte nécessite une approche globale pour éviter les effets pervers de choix contradictoires et/ou rejetés par l’opinion.


La situation actuelle permet déjà de mettre en évidence certains obstacles auxquels nous seront confrontés dans nos tentatives de réorganisation de la filière énergétique:


- L’Etat avait le projet de développer la filière nucléaire civile afin de garantir au moins nos fournitures électriques. Des programmes importants sont en cours dans ce but, la filière EPR ( Génération III), et les projets internationaux de la génération IV.


Eu égard au mouvement d’opinion anti nucléaire, renforcé par l’effet désastreux de la catastrophe de Fukushima, ce projet risque de se voir remis en question. C’est donc 80% de nos fournitures électriques qui se trouvent plongées dans l’incertitude à moyen terme, avec la perspective de devoir procéder à un changement de portage de l’électricité vers des sources d’énergie comme le gaz naturel, c’est-à-dire en contradiction avec les programmes de réduction du CO2.


Une situation inextricable….


- Le développement des énergies nouvelles se heurte à trois obstacles:


L’éolien, comme le photovoltaïque, utilisent des matériels fabriqués en série, et standardisés au niveau mondial. Pour être compétitifs sur ce marché, il faut donc posséder une assise commerciale mondiale. La France est très mal placée sur ce terrain, et ne peut rivaliser avec la concurrence chinoise ou asiatique ( personne n’ignore la faiblesse de nos industries de consommation). L’importation massive de ces matériels se traduit par un déséquilibre de la balance du commerce extérieur, qui vient s’ajouter à celui des importations d’énergie.


Compte tenu du faible tarif public de l’énergie électrique en France ( nous parlons de tarif et non de coût), les énergies nouvelles ne sont pas compétitives, la parité se situant à un niveau deux à trois fois supérieur. Ces filières doivent donc être aidées pour survivre. C’est une situation qui ne peut être érigée en système, compte tenu de la faiblesse structurelle de nos prix de revient.


Enfin, ces énergies nouvelles, tant vantées dans les médias et les réunions d’écologistes, sont rejetées sur le terrain par les associations de défense de l’environnement. Les fermes éoliennes et les centrales solaires ne sont pas acceptées dans nos campagnes. Encore une situation bloquée.


- La gestion des émissions de CO2 est exigée par les conventions internationales. Des programmes de CSC ont donc été initialisés et certains sont en cours de validation. Mais, comme pour les énergies nouvelles, ces projets sont rejetés par l’opinion au motif que les injections de CO2 dans le sol présentent trop de risques sanitaires. Encore une situation de blocage.


- L’exploitation des hydrocarbures de roche mère représente une possibilité d’améliorer notre indépendance énergétique. Mais l’opinion publique s’oppose fermement à ce projet à cause des effets désastreux sur l’environnement. Encore un dossier litigieux.


Ces quelques exemples montrent que la politique de réforme de la filière énergétique française risque de s’enliser  dans les marécages de l’économie, de l’écologie, de la protection de l’environnement, et de la concurrence asiatique.


Les possibilités budgétaires de la France ne sont pas infinies. Il faudra bien un jour procéder à quelques arbitrages. Gageons que ces arbitrages iront dans le sens d’une certaine continuité, et qu’un temps de réflexion sera ménagé pour laisser aux énergies nouvelles le temps de se décanter et de faire la preuve de leur capacité à répondre aux besoins et à se faire accepter par la population.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 16:37

21 Avril 2011


La guerre du nucléaire sévit à l’état larvaire depuis de nombreuses années.


Dans la décennie soixante-dix, le Gouvernement Espagnol avait décidé d’implanter une centrale nucléaire sur la côte de Biscaye, à Lemoiz. Le site, distant de seulement 15 kms du centre de Bilbao, et à proximité immédiate de la côte touristique, permettait de pomper l’eau de refroidissement directement dans la mer.


Malgré une opposition sévère, le programme fut bien avancé. Constatant l’inefficacité de la méthode démocratique, l’ETA décida de s’occuper du dossier à sa manière. L’organisation perpétra plusieurs attentats, et finit pas enlever l’ingénieur en chef José Maria Ryan, n’acceptant de le libérer que si les travaux étaient interrompus. Le gouvernement Espagnol restant droit dans ses bottes, l’ingénieur fut assassiné en Février 1981.


La poursuite des attentats eut finalement raison de l’obstination du Gouvernement central, la construction de la centrale fut interrompue, et le site est à l’abandon depuis. La centrale n’a jamais fonctionné.


Cet acte de guerre, car c’en est un, n’est évidemment pas à donner en exemple aux anti nucléaires. Il existe heureusement d’autres méthodes de dialogue avec l’opinion, dont les Etats démocratiques s’inspireront, n’en doutons pas, pour nos éventuels ex futurs projets nucléaires…


Plus récemment, suite à la visite officielle de notre Président en Inde en Décembre 2010, un accord cadre a été signé entre AREVA et NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited) pour la construction de six réacteurs EPR pour une puissance de 9 900 MWe.


En Inde il y a aussi des anti nucléaires, et ils sont nombreux. Le 18 Avril 2011, un communiqué de la Police de l’Etat du Maharashtra nous informe qu’une manifestation contre ce projet a dégénéré et que les forces de l’ordre ont dû tirer à balles réelles sur les manifestants. On déplore un mort officiellement.


Encore un acte de guerre.


La promotion des réacteurs de troisième génération ne sera décidément pas une partie de plaisir.


Bien sûr ce genre de débordement ne se produira jamais en France, mais le principe de précaution nous conduit à recommander le port du casque lourd  aux journalistes qui seront chargés de couvrir les évènements de Fessenheim et de Flamanville.


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