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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 10:07

27 Avril 2011


Nous avons vu précédemment que, si les centrales nucléaires sont, à juste titre, suspectées de constituer un facteur de risque de contamination radioactive intense, elles ne sont pas, loin de là, les seules sources de pollution par les radiations ionisantes.


Il existe un autre facteur de risques, largement aussi important pour plusieurs raisons:


- Il est à peu près inconnu, ou du moins négligé, sauf des spécialistes.


- Son intensité croît avec le développement technologique.


- Il affecte l’environnement de manière invisible et permanente.


- Il concerne non seulement les travailleurs de l’industrie, mais aussi l’ensemble de la population.


- Il n’est pas médiatique car non spectaculaire.


Il s’agit de la radioactivité naturelle technologiquement renforcée.


Jusqu’à une période récente on admettait qu’un environnement radioactif de faible intensité ne présentait aucun danger pour la santé, dès lors que les doses reçues restaient inférieures à un certain seuil, fixé arbitrairement par les autorités «compétentes » .


On considérait comme normal que la population française reçoive une dose annuelle moyenne de 2,4 milliSievert, avec des variations « acceptables » jusqu’à 20 mSv et même davantage pour les travailleurs.


Mais le progrès des études épidémiologiques, menées surtout aux Etats-Unis, a montré que le rapport dose/effet est du type linéaire sans seuil, ce qui signifie que la notion de seuil de dangerosité n’est pas pertinente.


Désormais, le concept de seuil est remplacé par le concept ALARA ( As Low As Reasonably Achievable). C’est ce nouveau concept qui est maintenant retenu pour l’évaluation des risques relatifs aux effets stochastiques, en rapport avec la notion de facteur de risque.


Rappelons que l’on appelle stochastiques les effets qui se définissent en termes de probabilités de risques, par opposition aux effets déterministes, où tel effet produit à coup sûr telle cause ( on peut dire aussi dans ces cas que la probabilité est de 1).


L’OMS se préoccupe depuis longtemps de l’effet des radiations ionisantes sur la santé publique. La mise en œuvre, récente, du concept ALARA entraîne la remise en question des stratégies de santé publique.


Dans ce cadre, cette organisation a décidé de s’attaquer à l’un des ennemis public parmi les plus sournois, le Radon.


Il existe à l’état naturel depuis la nuit des temps, mais son taux est en augmentation constante à cause du progrès technologique qui va le chercher dans les sous-sols pour l’amener en surface et le répandre partout. On le trouve dans les habitations, dans l’eau, dans le gaz naturel,  à peu près partout.


Nous présentons ici une étude de l’OMS, parue en 2009, qui présente de manière exhaustive le problème du Radon et des pistes pour s’en protéger.


Voici l’essentiel du contenu de ce « Handbook ».


( Le document est en anglais )


« Préface:


Après de tabac, le Radon est la deuxième cause de cancer du poumon parmi la population générale. Des études épidémiologiques ont fourni des preuves convaincantes d’une relation entre l’exposition au Radon dans les bâtiments résidentiels et le cancer du poumon, même pour les taux de radioactivité relativement faibles habituellement mesurés dans ces locaux.


Malgré ces constats, seuls quelques rares pays se sont attaqués au problème de manière efficace.


C’est en 1979 que l’attention de l’OMS a été attirée sur les effets du radon sur la santé publique, et c’est en 1988 que ce gaz a été classé cancérigène.


En 1993, une réunion internationale ( Etats-Unis, Europe et Asie) décida une approche commune du problème du Radon et de son impact sur la santé publique.


En 2005, l’OMS a mis sur pied le « Projet International Radon » avec pour mission d’identifier des stratégies de réduction de l’impact du radon sur la santé humaine, et de développer la communication vers les décideurs et vers le public, sur les conséquences d’une exposition prolongée à ce gaz. Trente pays ont participé aux travaux, ce rapport est une synthèse des résultats et des propositions.


Résumé pour les décideurs:


Le Radon est un gaz radioactif qui se dégage des roches et des sols et tend à se concentrer dans les espaces clos comme les mines ou les habitations.


La voie d’infiltration par le sol est reconnue comme la plus importante source de radon dans les habitations. Les autres sources, comme les matériaux de construction ou les eaux, sont la plupart du temps de moindre importance.


(NDT: Cette affirmation doit être nuancée car l’accumulation de petites doses issues d’autres sources conduit à une contamination non négligeable).


le Radon est la composante principale de l’exposition des populations aux radiations ionisantes.


Des études récentes conduisent à estimer que la proportion de cancers du poumon attribuable au Radon serait de 3% à 14%, selon la concentration moyenne dans le pays concerné, et la méthode de calcul.


Les analyses indiquent que le risque de cancer du poumon croît proportionnellement à l’exposition au Radon. Ce gaz est la seconde cause de cancer du poumon après le tabac.


La plupart des cancers imputables au Radon se produisent parmi les fumeurs, ce qui confirme l’effet de renforcement mutuel de ces deux causes.


Les mesures du taux de Radon doivent être basées sur des protocoles standardisés pour garantir la précision et la pertinence des résultats.


Les taux de Radon varient avec les méthodes de construction et les habitudes de ventilation. Les résultats dépendent de la saison, et peuvent varier d’un jour à l’autre, ou d’une heure à l’autre. Pour ces raisons, la mesure du taux moyen annuel dans un bâtiment doit être effectuée sur une très longue durée, au moins trois mois, et plus si possible.


Il est important de prendre en compte le problème du radon dans les constructions neuves, mais également dans les bâtiments existants pour y apporter des solutions correctrices.


La principale stratégie de prévention consistera à assurer l’étanchéité du bâtiment vis-à-vis des entrées possibles par le sol, et d’établir une ventilation pressurisée.


( NDT: à condition que le renouvellement d’air soit précédé d’un filtrage).


Compte tenu de l’ignorance du public en matière de risque associé au radon dans les bâtiments, il est recommandé de procéder à une campagne d’information.


La mise en place d’un programme de santé publique axé sur le Radon sera de préférence gérée à l’échelon national.


Une telle politique nationale devra indiquer au public les zones géographiques à risques, et préciser la nature de ces risques.


Cette démarche devra être associée aux programmes existants sur la qualité de l’air et la lutte contre le tabagisme. Il sera mis en place un programme d’information et de formation des professionnels du bâtiment qui seront concernés par les mesures du radon et la mise en place des solutions de protection.


Il sera mis en place un système de diagnostic des bâtiments avec attribution d’un code en rapport avec le taux de radon mesuré avant chaque transaction ( NDT: comme pour l’indice de performances énergétiques).


Il sera défini un taux de référence à l’échelon national, à partir duquel seront calculés les indices de performance des bâtiments.


A partir des plus récentes données scientifiques, l’OMS propose le taux de référence de 100 Bq/m3.


( NDT: En France, après une campagne de mesures, il a été constaté un taux moyen dans les habitations de 66 Bq/m3, avec des valeurs dépassant 1000 Bq/m3 ).


Dans les pays, ou les zones géographiques, où ce taux ne peut être atteint compte tenu des conditions géologiques particulières, la référence choisie ne devra pas être supérieure à 300 Bq/m3, ce qui correspond à une dose de 10 mSv/an selon les calculs de la Commission Internationale de Protection contre les Radiations. »…….. Fin de traduction.


( NDT: Rappelons que la dose moyenne annuelle reçue par la population française est de 2,4 mSv, avec des valeurs extrêmes très supérieures).


Les détails du rapport sont ici:


 

 

 

 

http://whqlibdoc.who.int/publications/2009/9789241547673_eng.pdf   



L’article suivant précisera la situation en France.



 


 


 


 


 


 


 


 

 
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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 10:35

26 Avril 2011


Ainsi donc, par l’effet d’une actualité catastrophique, la radioactivité se trouve promue au rang de danger public numéro un, cette place ayant été longtemps occupée par le dioxyde de carbone.


Non pas que ce gaz ait complètement cessé d’occuper les esprits, mais dans l’échelle de diabolisation, il a trouvé son maître, en l’espèce les radiations ionisantes.


Essayons donc de savoir qui est cet ennemi et quelles sont ses armes.


Nous parlons ici des radiations émises par les désintégrations d’éléments radioactifs. Les radiations électromagnétiques de type micro ondes (Téléphone portable, WiMax ) sont un autre problème, bien que leurs effets peuvent présenter certaines similarités avec des  radiations ionisantes de faible énergie.


La désintégration d’un noyau radioactif ( Radionucléide) s’accompagne donc de l’émission d’un rayonnement qui peut revêtir plusieurs formes:


- Rayonnement Alpha.


  C’est un projectile constitué d’un groupe de quatre nucléons, deux   protons et deux neutrons, d’énergie variable.


- Rayonnement Beta.


C’est un petit projectile constitué d’un électron ou d’un positron.


- rayonnement Gamma ( rayon X très dur).


C’est un Photon de haute énergie, plus puissant que les rayons X.


- On peut aussi rencontrer des neutrons , mais pas au coin de la rue.


Lorsque nous sommes exposés à la radioactivité, nous recevons donc une pluie de ces projectiles, dont la nature ( Alpha, Beta ou Gamma ) et l’énergie, dépendent de la nature même de l’éléments radioactif en cause, et de la proximité de la source.


Ces projectiles ont sur l’organisme les mêmes effets qu’une pluie de boulets de canons sur les murs d’une forteresse.


Quelques boulets sont sans effet, sauf pour celui qui a la malchance d’être sur la trajectoire. Mais une accumulation de boulets finit par venir à bout de la muraille la plus épaisse. Les assiégés ( les cellules de notre corps) sont débordés et ne peuvent plus réparer les dégâts, la forteresse est offerte à l’ennemi.


L’effet des radiations est dit « ionisant » car les chocs ont pour effet d’arracher quelques électrons de chaque atome rencontré, les transformant en ions.


La nuisance d’une particule ionisante dépend beaucoup de son énergie. Par exemple une particule Alpha de 5 MeV ( 5 millions d’électronVolt ) peut générer sur sa trajectoire plus de 100 000 paires d’ions dans les tissus de l’organisme.


Ces dégâts entraînent diverses conséquences:


- Par effet direct, les radiations induisent des cassures moléculaires. Selon l’emplacement et le nombre de molécules affectées, et la nature des tissus bien évidemment, il peut en résulter la formation de cancers, la destruction de brins d’ADN, l’affectation du système immunitaire, avec des conséquences à court terme ou à très long terme ( plusieurs dizaines d’années), notamment génétiques.


- Par effet indirect, les radiations provoquent la radiolyse de l’eau ( ionisation de la molécule d’eau, partage en O+ et OH- ), libérant des radicaux libres, qui sont des espèces chimiques fortement toxiques.


L’organisme possède heureusement des capacités de réparation. Il peut lutter contre les effets destructeurs en éliminant les cellules affectées ou en les rendant inopérantes. Mais si les doses reçues, même faibles, atteignent des tissus critiques, les dégâts deviennent irréversibles.


Les effets nuisibles dépendent aussi beaucoup des organes affectés par les radiations, et de la manière de recevoir ces radiations.


On distingue l’exposition aux radiations et la contamination.


Un organisme est « exposé » aux radiations lorsqu’il reçoit le rayonnement d’un élément radioactif externe. Par exemple si un travailleur s’approche trop d’une source rayonnante. Il lui suffit alors de s’éloigner le la source pour que l’exposition cesse.


Il y a « contamination » lorsque l’élément radioactif est au contact ou à l’intérieur de l’organisme. Les voies de pénétration sont l’inhalation ou l’ingestion.


Pour le contact avec la peau, un lavage systématique permet d’éliminer la plus grande partie du danger. Encore faut-il savoir qu’il y a danger…


Par contre, lorsqu’il y a contamination, la source de rayonnement est à l’intérieur de l’organisme et y demeure pendant tout son cycle biologique, éventuellement plusieurs années. Les dégâts s’exercent alors pendant tout ce temps, selon la durée du cycle de désintégration de l’élément.


On comprend la difficulté d’appréciation du risque représenté par le séjour dans un environnement de radiations ionisantes. Il faut tenir compte du type d’éléments radioactifs en cause, de la nature du rayonnement, de l’énergie des particules ionisantes, de l’intensité du rayonnement, des doses reçues par l’organisme exposé, du débit de ces doses, du cumul avec d’autres doses éventuellement déjà reçues précédemment, du ou des organes irradiés, de l’état du système immunitaire.


Les effets sur l’organisme sont classés en deux grandes catégories:


- Les effets « déterministes », ceux qui résultent de doses très élevées et qui sont visibles à court terme, quelques jours ou quelques semaines. C’est par exemple le cas des liquidateurs de Tchernobyl ou de Fukushima.


- Les effets « stochastiques », ou aléatoires, qui se manifestent à moyen ou long terme, voire très long terme, selon des lois de probabilité. En clair certains sont malades, d’autres non, un peu comme avec le tabac ou l’alcool.


Ces effets stochastiques sont ceux qui concernent la population dont l’environnement est légèrement pollué par des radiations ionisantes naturelles ou technologiquement renforcées. C’est le nuage de Tchernobyl, celui de Fukushima, mais aussi l’exposition permanente à une ambiance faiblement contaminée ( Etablissement de thermalisme, travailleurs du nucléaire , habitation contaminée par un excès de Radon, etc…) mais dont la répétition sur le long terme peut entraîner des dégâts.


Il est donc important de savoir apprécier l’importance de l’exposition ou de la contamination d’un individu par les rayonnements ionisants.


Pour ce qui concerne l’exposition ( ou irradiation) d’un individu, il faut connaître la nature et la valeur du flux de radiation auquel il a été soumis. Pour cela on peut utiliser un film photographique ( Film badge) qui, après développement et mesure de la densité optique du voile, donne par comparaison avec une référence, la dose de radiation à laquelle il a été exposé. Il existe d’autres types de dosimètres individuels. On peut également faire une mesure en continu avec un appareil enregistreur qui donnera un profil de l’exposition sur une certaine durée.


A partir de cette mesure on peut calculer la « Dose absorbée » D, qui est exprimée en Gray ( Joule par Kg).


Cette dose est plus ou moins nocive suivant le type de rayonnement. On introduit alors un facteur de pondération Q, qui nous donne la « Dose équivalente » H:


H = Q x D


Encore faut-il savoir à quel type de rayonnement on a affaire….


Mais il faut également tenir compte de la variation d’effet d’une dose selon le tissu organique qui l’a reçue. On introduit pour cela un autre facteur de pondération, N, qui nous donne la « Dose efficace » E, la seule qui nous intéresse vraiment:


E = N x Q x D.


Les valeurs de Q et de N sont prescrites par la CIPR ( Commission Internationale de Protection Radiologique). Elles sont assez arbitraires et variables dans le temps en fonction de l’état des connaissances médicales.


La dose efficace E s’exprime en milli Sievert.


Voici quelques valeurs pour Q :


Rayonnement Alpha: Q = 20


Rayonnement Beta: Q = 1


Rayonnement Gamma: Q = 1


Et pour N:


Gonades: N = 0,2


Moelle osseuse, poumons: N = 0,12


Peau: N = 0,01


Les appareils de mesure qui donnent directement l’irradiation en milli Sievert par unité de temps intègrent ces valeurs de Q et de N pour calculer la dose efficace reçue à partir des indications de la sonde de mesure.


Pour ce qui concerne la mesure de la contamination, il faut aller la chercher là où elle est, c’est-à-dire à l’intérieur de l’organisme.


Si des poussières ou des aérosols de nanoparticules radioactives ont été inhalées, ou si des éléments traces radioactifs présents dans des aliments ou dans une boisson ont été ingérés, ou si des traces de pollution radioactive subsiste sur la peau, ce n’est pas un dosimètre d’ambiance qui les détectera.


Il faut dans ce cas utiliser un « Contaminamètre » qui effectuera une mesure grossière de la radioactivité de l’organisme. En cas de suspicion de contamination il faut effectuer un contrôle détaillé par organe dans un laboratoire spécialisé. Il sera procédé à une mesure sur les différentes parties du corps.


Maintenant que nous savons mesurer les doses reçues et la contamination, il se pose la question de savoir à partir de quelles doses il y a un danger pour la santé ?


Jusqu’à une période récente, on considérait que le phénomène de dangerosité se manifestait à partir d’un seuil.


En-dessous de ce seuil, le danger était considéré comme inexistant.


Au-dessus du seuil, le risque était censé augmenter avec les doses.


C’est ainsi que l’on donnait des valeurs limites de 1 mSv/an pour le public et 20 mSv/an pour les travailleurs exposés, sans préciser d’ailleurs pourquoi les travailleurs étaient plus « résistants » que le public !!


Cette comédie n’a en principe plus cours, mais en pratique on parle encore de seuils, il faut bien se protéger contre les déclarations de maladies professionnelles…


La médecine a fait quelques progrès, on s’est aperçu ( on a pris conscience) que la notion de seuil n’est pas pertinente, il n’y a en réalité pas de seuil, toute dose est potentiellement source de risque. Tel organisme sera affecté par des petites doses, alors que tel autre sera indifférent à des doses dix fois plus élevées.


La relation dose/effet est maintenant considérée comme linéaire sans seuil.


Aujourd’hui on a tendance à appliquer le concept ALARA ( As Low As Reasonably Achievable ).


Ce concept oblige à reconsidérer l’approche sécuritaire pour une meilleure protection des travailleurs et de la population.


Il ne reste plus qu’à mettre en pratique ces bonnes résolutions.


Le chiffon rouge agité à propos des centrales nucléaires ne doit pas faire oublier que le vrai danger pour les populations réside dans l’exposition permanentes aux TENORMs, c’est-à-dire à  l’environnement de radioactivité naturelle technologiquement renforcée.


Par exemple, il est admis que le Radon est la deuxième cause de mortalité par cancer du poumon après le tabac.


Lequel Radon ne doit rien à l’existence des centrales nucléaires…


Le Radon n’est bien sûr pas le seul ennemi sournois de notre environnement.



 


 


 


 


 

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 16:04

26 Avril 2011


Dans le précédent article nous avons évoqué la radioactivité naturelle, dans laquelle le Radon joue un rôle important.


Depuis les débuts de l’ère industrielle, d’autres sources de radioactivité sont venues s’ajouter aux rayonnements ionisants naturels cosmiques et telluriques, créant un risque supplémentaire de santé publique, et nécessitant de ce fait une attention particulière des organismes de santé.


Les nombreux produits ou résidus de traitement porteurs de radiations ionisantes sont appelés TENORM ( Technologically Enhanced Naturally Occuring Radioactive Materials).


Il s’agit donc d’éléments traces naturellement radioactifs présents dans la Terre, qui se retrouvent après extraction et traitement, parfois à l’état concentré, dans des produits de consommation et/ou dans des déchets. Ils viennent donc augmenter les taux de radioactivité naturelle, parfois de manière alarmante si leur présence n’est pas détectée et s’ils ne sont pas traités en tant que déchets radioactifs.


La liste des sources possibles de pollution radioactive est longue. Certaines de ces sources sont aujourd’hui interrompues, mais les déchets résultant de leur exploitation subsistent et doivent donc être pris en compte, eu égard à la durée de vie très longue de ces éléments.


Citons quelques-unes des principales sources sur lesquelles nous reviendrons en détail:


- La fabrication des engrais phosphatés.


  Le minerai ( roche phosphatée) est traité à l’acide sulfurique pour obtenir de l’acide phosphorique à partir duquel sont fabriqués les engrais phosphatés. La radioactivité naturelle du minerai est de l’ordre de 5000 Bq/Kg dans le bassin méditerranéen, due aux séries Uranium-Thorium- Radium. Cette radioactivité est donc amenée à la surface et se retrouve dans les produits ( engrais) et dans les déchets. Le déchet principal est le phosphogypse, anciennement rejeté dans la mer et plus récemment stocké à terre sous forme de terrils non sécurisés.


La fabrication d’une tonne d’acide phosphorique donne cinq tonnes de phosphogypse, dont des quantités considérables ont été déversées en mer ou entassées sur terre, constituant des déchets classés très faiblement radioactifs, ce qui est un abus de langage.


- La filière des minéraux lourds et des terres rares.


Thorium, Zirconium, Ilménite, Rutile, leucoxène, Monazite, Cérium, etc..


Ces éléments sont extraits de minerais radioactifs, cette radioactivité se retrouve tout au long de la chaîne de traitement, à des doses non négligeables. Il sont inclus sous forme d’alliages dans de très nombreux produits comme les abrasifs, céramiques, émail, peintures, papier, dentifrices, alliages dentaires, bijouterie, la liste est immense.


Leur nocivité dépend évidemment de l’emploi du produit final qui conditionne l’exposition à des doses plus ou moins fortes.


- La filière du thermalisme.


  La directive 96/29 Euratom identifie le thermalisme comme une activité professionnelle soumise à des sources naturelles et renforcées de radioactivité.


La contamination s’effectue par l’inhalation des gaz radioactifs, l’exposition aux rayons gamma, l’application des boues thermales, l’absorption des eaux curatives.


Le radon est abondant dans les établissement de thermalisme, qui sont normalement soumis à un diagnostic obligatoire.


Sont également concernées:


- La filière des eaux potables.


- La filière des eaux minérales et eaux de sources.


- La filières des eaux usées.


- La géothermie.


- La filière gaz.


- La filière pétrole.


- La filière charbon.


- La filière biomasse.


- La filière papèterie.


- La filière matériaux de construction.


Chacun de ces secteurs contribue, par des petites doses cumulées, à l’élaboration d’un environnement radioactif finalement nuisible à la santé.


Les organismes de santé publique se préoccupent certes de règlementations et de contrôles, mais la tâche est démesurée. D’autant plus qu’au phénomène de radioactivité vient s’ajouter le facteur aggravant des nanoparticules. Les éléments traces radioactifs se présentent la plupart du temps sous forme de nanoparticules, ce qui a pour effet de démultiplier leur facteur de nuisance.


Nous n’avons pas évoqué la filière des centrales nucléaires, qui apporte son lot de rayonnements ionisants, car elle est connue et occupe le devant de la scène.


Mais c’est l’arbre qui cache la forêt….



 

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 11:25

24 Avril 2011



 


Il s’est fait dernièrement un grand tapage médiatique à propos d’une possible contamination de notre atmosphère par des émanations radioactives venues du Japon.


Outre que ces émanations n’ont atteint qu’une concentration infime, la brièveté de l’exposition permet d’affirmer que ce « nuage » restera sans conséquence sur la santé des français . Si conséquences il y avait, elles seraient de plusieurs ordres de grandeur inférieures à celles entraînées par la consommation régulière d’alcool, de tabac, l’abus des graisses, de sucre, de l’automobile et de quelques autres pollutions comme nous l’allons voir ci-après.


Ces mêmes français, très sensibilisés aux bouffées asiatiques suspectes, ignorent pour la plupart qu’ils vivent en permanence dans un environnement radioactif naturel.


En effet, depuis la nuit des temps, la surface de la Terre est exposée à un rayonnement ionisant naturel qui n’a pas empêché l’espèce humaine de se développer. L’origine de ce bombardement se trouve dans les rayons cosmiques galactiques et dans le rayonnement tellurique qui nous parvient par les éruptions volcaniques, l’érosion, l’eau, les aérosols naturels, et qui existe dans certains sols contenant des éléments traces radioactifs d’origine.


Toutes les substances minérales, végétales, animales y compris le corps humain contiennent des éléments-traces radioactifs des séries de l’uranium, du thorium et du potassium 40.


Chaque être humain est ainsi exposé sa vie durant à une dose annuelle de  rayonnement radioactif de 2,4 milliSievert en moyenne, et il est lui-même source de rayonnement.


Ce taux varie bien entendu selon la zone géographique, il peut atteindre dix fois plus en certains lieux.


Cette radioactivité naturelle, dans laquelle baigne l’Humanité depuis l’origine, est modifiée par l’activité industrielle qui, à travers les industries minières et d’extraction des composés du sous-sol, crée des sous-produits et des déchets  porteurs d’éléments traces radioactifs qui sont dispersés dans l’atmosphère, l’eau, les sols.


On doit désormais parler de « Radioactivité naturelle technologiquement renforcée » .


Tout ce qui est extrait du sol ou du sous-sol contient naturellement ces éléments traces radioactifs.


Les produits pétroliers, le gaz naturel, les charbons, mais aussi les eaux minérales, les pierres des carrières, les gypses, le sel des mines souterraines, absolument tout ce qui vient d’en bas est radioactif.


Certes, cette radioactivité est en moyenne faible, mais les traitements ultérieurs conduisent à des concentrations d’éléments que l’on retrouvent dans les produits de fin de chaîne , et surtout dans les déchets.


Alors que les déchets des centrales nucléaires sont l’objet d’une attention particulière, les éléments traces radioactifs produits par l’industrie sont en général parfaitement ignorés, ou évoqués sporadiquement à l’occasion de quelque scandale de friche industrielle non dépolluée.


Parmi les éléments traces radioactifs naturels les plus répandus figure le Radon 222.


Il est issu de la désintégration de l’uranium naturellement contenu dans les sols ou amené par l'homme lors de certaines activités industrielles et minières.


C’est un élément radioactif dangereux à cause de son état gazeux qui lui permet de se répandre partout, particulièrement dans les zones basses à cause de son poids ( Huit fois plus lourd que l’air).


Il pénètre aisément dans les poumons, où il génère des particules alpha par désintégration. Ces émissions, directement au contact des cellules alvéolaires, peuvent provoquer des dégâts considérables.


Le CIRC ( Centre International de recherche sur le Cancer) considère que le Radon est un vecteur potentiel du cancer du poumon. Certaines études lui attribuent 5 à 10% de ces cancers particulièrement meurtriers.


Le code de la santé publique impose un diagnostic obligatoire des locaux accueillant du public de manière prolongée ( Ecoles, Hôpitaux, Foyers d’hébergement, centres pénitentiaires, casernes, Etablissement de thermalisme ) lorsqu’ils sont situés dans des zones à risques.


31 départements français sont classés zones à risques pour le Radon.


La concentration moyenne de Radon dans le parc immobilier français est de 66 Bq/m3, avec les variations locales considérables, il n’est pas rare de constater plus de 1000 Bq/m3.


On considère que 400 Bq/m3 est un seuil d’alerte à partir duquel un diagnostic complet du bâtiment doit être effectué, et des mesures correctrices apportées.


Cette pollution radioactive n’a bien entendu aucun rapport avec la production d’électricité nucléaire, elle est directement issue du sol et des murs et touche davantage certaines régions comme la Bretagne, l’Auvergne, la Corse.


On va parfois chercher bien loin la source de nos angoisses, alors qu’il suffit souvent de regarder à nos pieds pour trouver des raisons de s’alarmer…



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 16:28

23 Avril 2011


le problème énergétique est de plus en plus au cœur des préoccupations politiques. La décennie écoulée a mis en évidence la nécessité d’une redistribution des cartes tenant compte d’un certain nombre d’éléments nouveaux:


- Le changement climatique, directement associé à la consommation sans mesure des énergies fossiles carbonées.


- La remise en question de l’imminence de l’épuisement de ces mêmes énergies, dont la disparition était annoncée pour 2050, et qui se voient prolongées au moins jusqu’à la fin du siècle.


- La découverte des hydrocarbures de roche mère ( gaz et huiles de schiste), dont l’exploitation est un facteur d’indépendance énergétique.


- L’émergence des énergies renouvelables solaire et éolienne, dont la mise en œuvre rencontre des obstacles financiers et environnementaux.


- L’hostilité des populations envers l’énergie nucléaire civile, qui remet en question les projets d’évolution vers les générations III et IV.


- L’augmentation structurelle du prix des énergies fossiles carbonées, liée pour partie à l’accroissement des coût d’exploitation, et pour partie à un accroissement de la demande des pays émergents.


- La perspective de recours massif au charbon pour pallier le manque de pétrole à bas Coût.


- La nécessité de développer la stratégie CSC ( Capture et Séquestration du Carbone) pour limiter l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique.


- La nécessité pour les Etats de minimiser leur dépendance énergétique face à l’accroissement des coûts.


- L’émergence des biocarburants, également facteurs d’indépendance énergétique.


- Le développement des applications modernes de la biomasse et du bois énergie, toujours dans la ligne de la recherche d’indépendance énergétique.


- La généralisation des programmes d’économie d’énergie, par la mise en œuvre de diverses stratégies:


- Isolation thermique des locaux existants.


- Procédés nouveaux de construction de bâtiments peu énergivores.


- Remplacement des systèmes de chauffage anciens peu performants.


- Amélioration des rendements des procédés industriels.


- Gestion intelligente des réseaux ( Smart Grid).


- Modernisation des réseaux de transport.


- Etc….


La prise en compte de ces éléments nouveaux nécessite des investissements colossaux. Il serait inefficace de vouloir tout faire dans le désordre.


Chaque décision comporte des conséquences budgétaires, environnementales, économiques, sociales, dont la prise en compte nécessite une approche globale pour éviter les effets pervers de choix contradictoires et/ou rejetés par l’opinion.


La situation actuelle permet déjà de mettre en évidence certains obstacles auxquels nous seront confrontés dans nos tentatives de réorganisation de la filière énergétique:


- L’Etat avait le projet de développer la filière nucléaire civile afin de garantir au moins nos fournitures électriques. Des programmes importants sont en cours dans ce but, la filière EPR ( Génération III), et les projets internationaux de la génération IV.


Eu égard au mouvement d’opinion anti nucléaire, renforcé par l’effet désastreux de la catastrophe de Fukushima, ce projet risque de se voir remis en question. C’est donc 80% de nos fournitures électriques qui se trouvent plongées dans l’incertitude à moyen terme, avec la perspective de devoir procéder à un changement de portage de l’électricité vers des sources d’énergie comme le gaz naturel, c’est-à-dire en contradiction avec les programmes de réduction du CO2.


Une situation inextricable….


- Le développement des énergies nouvelles se heurte à trois obstacles:


L’éolien, comme le photovoltaïque, utilisent des matériels fabriqués en série, et standardisés au niveau mondial. Pour être compétitifs sur ce marché, il faut donc posséder une assise commerciale mondiale. La France est très mal placée sur ce terrain, et ne peut rivaliser avec la concurrence chinoise ou asiatique ( personne n’ignore la faiblesse de nos industries de consommation). L’importation massive de ces matériels se traduit par un déséquilibre de la balance du commerce extérieur, qui vient s’ajouter à celui des importations d’énergie.


Compte tenu du faible tarif public de l’énergie électrique en France ( nous parlons de tarif et non de coût), les énergies nouvelles ne sont pas compétitives, la parité se situant à un niveau deux à trois fois supérieur. Ces filières doivent donc être aidées pour survivre. C’est une situation qui ne peut être érigée en système, compte tenu de la faiblesse structurelle de nos prix de revient.


Enfin, ces énergies nouvelles, tant vantées dans les médias et les réunions d’écologistes, sont rejetées sur le terrain par les associations de défense de l’environnement. Les fermes éoliennes et les centrales solaires ne sont pas acceptées dans nos campagnes. Encore une situation bloquée.


- La gestion des émissions de CO2 est exigée par les conventions internationales. Des programmes de CSC ont donc été initialisés et certains sont en cours de validation. Mais, comme pour les énergies nouvelles, ces projets sont rejetés par l’opinion au motif que les injections de CO2 dans le sol présentent trop de risques sanitaires. Encore une situation de blocage.


- L’exploitation des hydrocarbures de roche mère représente une possibilité d’améliorer notre indépendance énergétique. Mais l’opinion publique s’oppose fermement à ce projet à cause des effets désastreux sur l’environnement. Encore un dossier litigieux.


Ces quelques exemples montrent que la politique de réforme de la filière énergétique française risque de s’enliser  dans les marécages de l’économie, de l’écologie, de la protection de l’environnement, et de la concurrence asiatique.


Les possibilités budgétaires de la France ne sont pas infinies. Il faudra bien un jour procéder à quelques arbitrages. Gageons que ces arbitrages iront dans le sens d’une certaine continuité, et qu’un temps de réflexion sera ménagé pour laisser aux énergies nouvelles le temps de se décanter et de faire la preuve de leur capacité à répondre aux besoins et à se faire accepter par la population.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 16:37

21 Avril 2011


La guerre du nucléaire sévit à l’état larvaire depuis de nombreuses années.


Dans la décennie soixante-dix, le Gouvernement Espagnol avait décidé d’implanter une centrale nucléaire sur la côte de Biscaye, à Lemoiz. Le site, distant de seulement 15 kms du centre de Bilbao, et à proximité immédiate de la côte touristique, permettait de pomper l’eau de refroidissement directement dans la mer.


Malgré une opposition sévère, le programme fut bien avancé. Constatant l’inefficacité de la méthode démocratique, l’ETA décida de s’occuper du dossier à sa manière. L’organisation perpétra plusieurs attentats, et finit pas enlever l’ingénieur en chef José Maria Ryan, n’acceptant de le libérer que si les travaux étaient interrompus. Le gouvernement Espagnol restant droit dans ses bottes, l’ingénieur fut assassiné en Février 1981.


La poursuite des attentats eut finalement raison de l’obstination du Gouvernement central, la construction de la centrale fut interrompue, et le site est à l’abandon depuis. La centrale n’a jamais fonctionné.


Cet acte de guerre, car c’en est un, n’est évidemment pas à donner en exemple aux anti nucléaires. Il existe heureusement d’autres méthodes de dialogue avec l’opinion, dont les Etats démocratiques s’inspireront, n’en doutons pas, pour nos éventuels ex futurs projets nucléaires…


Plus récemment, suite à la visite officielle de notre Président en Inde en Décembre 2010, un accord cadre a été signé entre AREVA et NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited) pour la construction de six réacteurs EPR pour une puissance de 9 900 MWe.


En Inde il y a aussi des anti nucléaires, et ils sont nombreux. Le 18 Avril 2011, un communiqué de la Police de l’Etat du Maharashtra nous informe qu’une manifestation contre ce projet a dégénéré et que les forces de l’ordre ont dû tirer à balles réelles sur les manifestants. On déplore un mort officiellement.


Encore un acte de guerre.


La promotion des réacteurs de troisième génération ne sera décidément pas une partie de plaisir.


Bien sûr ce genre de débordement ne se produira jamais en France, mais le principe de précaution nous conduit à recommander le port du casque lourd  aux journalistes qui seront chargés de couvrir les évènements de Fessenheim et de Flamanville.


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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 16:34

19 Avril 2011


C’est donc fait! 


Les Etats Généraux de l’énergie se sont tenus à l’échelon National pour établir un état des lieux de la question énergétique en France, dans le contexte des accords internationaux initiés par le G20, et dans le cadre des programmes Européens spécifiques. Un document synthétique a été diffusé largement pour porter à la connaissance du public les éléments nécessaires à l’expression d’un choix éclairé lors d’un futur référendum.


Le référendum réclamé par l’opinion a donc eu lieu, la volonté du peuple s’est exprimée, la France décide de sortir du nucléaire en répondant oui aux deux questions:


« Approuvez-vous les décisions d’arrêter l’exploitation des réacteurs nucléaires ayant atteint une durée de fonctionnement de trente années, et  d’interrompre les programmes de construction de nouveaux réacteurs ?


Approuvez-vous le programme associé de remplacement de l’énergie nucléaire par les énergies nouvelles, et la mise en œuvre des installations de production correspondantes ? »


Il s’agit donc d’une sortie progressive, devant réduire à zéro la part d’électricité nucléaire à l’horizon 2030.


17 réacteurs sont immédiatement concernés  par la limite d’âge, représentant environ 20% de la production d’électricité française.


L’économie ne pouvant supporter une chute brutale de 20% de la fourniture électrique, il est décidé de procéder à un arrêt progressif de ces 17 réacteurs sur cinq ans, pour permettre la mise en place des mesures d’accompagnement compensatoires.


Ces mesures d’accompagnement ont pour but de réduire la consommation d’électricité prélevée sur le réseau, et de favoriser le développement des énergies de substitution, essentiellement solaire et éolienne. Le secteur visé est surtout le Résidentiel/Tertiaire, consommateur majoritaire.


Parallèlement à ces mesures d’accompagnement, il est décidé un programme national de développement de centrales thermiques solaires et de fermes éoliennes, pour compenser la perte de production et maintenir l’offre à long terme.


Le financement de ces opérations reposera pour partie sur le grand emprunt, et pour partie sur des augmentations du tarif public de l’énergie.


Il s’agit en fait du programme de financement initialement prévu pour le  renouvellement du parc nucléaire, donc un changement de portage.


La France, jusqu’alors exportatrice d’électricité, deviendra provisoirement importatrice, ce qui entraînera une hausse supplémentaire automatique du prix du KWh, puisque nos voisins et futurs fournisseurs, ont des coûts supérieurs aux nôtres.


L’arrêt de chaque réacteur de 900 MWe ne deviendra effectif que si le programme de remplacement en énergie renouvelable est opérationnel à au moins 50%. Un réacteur devra être remplacé par 2 000  éoliennes de 3MW ou l’équivalent en ferme solaire.


Ce vaste programme posera de gros problèmes d’emprise foncière, et d’acceptabilité de la part des riverains et des associations de protection de l’environnement.


Pour résoudre ces contentieux, une loi cadre sera votée, faisant obligation aux collectivités territoriales à l’échelon du département de créer des zones réservées à l’éolien ou au solaire, et de tenir ces zones à la disposition du marché, sous peine de pénalités importantes. Pour les départements côtiers, le plateau continental fait partie des zones éligibles.


L’exécution du programme de sortie du nucléaire sera donc conditionné par la croissance compensatrice des capacités en énergies renouvelables.


L’impératif évident étant de ne pas mettre la France en panne !


Si, au terme de cette période de cinq années, il s’avère que les énergies renouvelables ne sont pas prêtes à prendre la relève des réacteurs dont l’arrêt est programmé, les dispositions du pacte entériné par le référendum seront réexaminées en vue de surseoir au programme d’arrêt par un moratoire, et/ou de décider le démarrage d’un programme complémentaire de centrales thermiques à flamme.


Mais, quelle que soit le scénario, il faut s’attendre à une augmentation très significative du coût de l’électricité pour les raisons suivantes:


- L’arrêt à court terme des deux ou trois centrales les plus suspectées (dont Fessenheim) entrainera la nécessité d’importer de l’énergie électrique au prix du marché, c’est-à-dire très cher, eu égard à la situation critique des pays voisins ( La France était jusqu’à présent exportatrice ). Ce coût sera répercuté sur le tarif public.


- EDF est tenue de provisionner les sommes correspondant au démantèlement des centrales, sommes qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros, qui se retrouveront sur la facture de l’usager.


- Le programme de construction de centrales solaires et de fermes éoliennes nécessaires au remplacement des centrales nucléaires arrêtées nécessitera des investissements considérables. Les industriels ne consentiront à ces dépenses que si le retour sur investissement est possible, donc si le prix de vente du KWh est commercialement rentable, ce qui suppose une augmentation conséquente des tarifs ( les tarifs français actuels sont les plus bas d’Europe car ce sont des coûts d’exploitation qui n’incluent pas les coûts du démantèlement et du traitement des déchets, et de plus l’impact du coût du minerai nucléaire est pour l’instant très faible).


- Si le développement des énergies renouvelables continue d’être soutenu par des tarifs d’achat d’électricité supérieurs au tarif public, des sommes considérables devront y être consacrées, qui se retrouveront également sur la facture du consommateur.


Pour toutes ces raisons il faut s’attendre à une augmentation progressive du tarif public électrique de 100 à 200% dans les cinq à dix prochaines années.


Rassurez-vous, tout cela n’est qu’une fable ( à part l’augmentation des tarifs! ).


En fait, les Etats Généraux ont été remplacés par des réunions en petit comité à l’Elysée et à Matignon, avec les interlocuteurs de la filière énergétique, essentiellement EDF, AREVA, TOTAL, et les grands industriels associés.


Il n’a été diffusé aucun document synthétique, le grand public sera informé par les média, qui donneront aux différents aspects de la question la couleur politique qui leur conviendra, chacun y trouvera son compte.


Le référendum réclamé par les anti nucléaires n’aura pas lieu, car le résultat serait biaisé par les postures idéologiques et le climat « Fukushima », peu propice à une réflexion dépassionnée. Mais le résultat des prochaines élections présidentielles peu changer la donne et conduire une éventuelle nouvelle majorité à des décisions aujourd’hui imprévisibles. En effet, on observe que le clivage pro/anti nucléaire ne correspond pas au clivage politique habituel.


En attendant les élections, dans un premier temps, il va être procédé à une démarche nationale d’inspection des réacteurs en exploitation afin d’évaluer leur capacité à résister à des catastrophes naturelles, éventuellement artificielles, et de tester tous les systèmes de sécurité. Nous connaissons déjà bien sûr le résultat de cette inspection. Pour calmer les esprits, on annoncera la fermeture de deux ou trois vieilles centrales, au moins provisoirement, et pour quelques autres  l’autorisation de prolongation d’exploitation au-delà de trente ans sera soumise à inspection approfondie.


Tout cela conditionné bien sûr par la mise en œuvre de centrales solaires ou éoliennes en mesure de combler le déficit d’énergie résultant.


En clair, on n’arrêtera aucun réacteur nucléaire tant que les énergies nouvelles ne sont pas prêtes à prendre la relève.


Fessenheim sera peut-être sacrifiée pour calmer le jeu, à condition que EDF soit autorisée à redémarrer des centrales thermiques à flamme  aujourd’hui en sommeil, voire à en construire de nouvelles ( en fait, EDF a déjà redémarré certaines centrales thermiques à flamme mises en sommeil il y a quelques années).


Le programme de soutien au développement des énergies nouvelles sera relancé, mais avec des avantages financiers revus à la baisse afin d’éviter une dynamique de croissance faussée par un effet d’aubaine.


Un juste équilibre doit être trouvé pour conserver l’aspect incitatif de l’aide sans pénaliser l’usager moyen. C’est un exercice difficile, dans un contexte de prix de revient encore trop élevé des énergies nouvelles, et d’une concurrence chinoise omniprésente sur le solaire.


Il semble illusoire d’espérer un démarrage significatif du solaire et de l’éolien dans un contexte de prix de marché du KWh à 12 centimes. La parité est impossible à atteindre à ces niveaux. Aujourd’hui elle se situe plutôt à un niveau trois ou quatre fois supérieur.


L’usager n’est évidemment pas prêt à payer son électricité trois fois plus cher. Il y a donc une équation impossible à résoudre, sauf à attendre que les prix des produits chinois/ asiatiques baissent suffisamment et que le tarif public EDF monte de 50 à 100% pour rencontrer un degré de parité acceptable.


Il restera encore le problème des importations de matériel chinois qui induiront un déséquilibre de la balance du commerce extérieur.


Certes, les fabricants français de matériels seront aidés pour leurs dépenses de développement, mais la phase de production ne pourra être viable que dans un cadre concurrentiel.


Il est donc vraisemblable que le nucléaire a encore de beaux jours devant lui.


En conséquence, il paraît extrêmement peu probable que la génération 3 (EPR ) soit jetée aux orties, et que les études sur la génération 4 soient interrompues ( La France joue un rôle important dans le programme international de développement de la génération 4 ).


Il n’est pas dans les habitudes, ni dans les missions, d’un gouvernement quel qu’il soit, de prendre la décision de brûler ses vaisseaux ou de jeter le bébé avec l’eau du bain….


Mais, qui peut savoir ce qui sortira des urnes en 2012 ?


La seule certitude est qu’il faut s’attendre à des augmentations très significatives du coût de l’énergie électrique.


 



 


 


 

 
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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 18:21

10 Avril 2011


Nous n’échapperons donc pas à une bataille du nucléaire, et cette querelle va jouer les trouble-fêtes dans la campagne électorale qui démarre.


Traditionnellement, en période électorale, les deux camps s’installaient tranquillement  au fond du terrain, de manière à échanger quelques balles inoffensives. L’affaire occupait les médias à coup de réforme scolaire par ci, de voile islamique par là, coup droit sur les retraites, revers à peine lifté sur les niches fiscales, rien de bien méchant, l’essentiel pour les deux adversaires étant de garder le troisième larron en dehors du cours.


Mais voilà que le temps se couvre, les règles du jeu sont en train de changer sous la pression des évènements, il va falloir bâcher.


D’une part, le troisième larron est devenu une larronne qui a bien l’intention de s’inviter dans la partie. L’échange conventionnel pourrait bien transformer le simple en un double agité.


D’autre part, sous l’effet du pétard de Fukushima, l’opinion s’est trouvée électrisée et cet électrochoc a réveillé les vieilles rancœurs anti nucléaires qui se trouvaient un peu à bout de souffle faute de grain à moudre.


Cette fois, du grain à moudre, il y en a. Et en pleine période électorale, le clivage pro/anti atome risque de faire voler en éclat les pauvres querelles traditionnelles qui désormais passent au second plan.


L’ennemi public n’est plus le dioxyde de carbone, le CAC 40, ou le salaire du patron, c’est l’atome.


Le séculaire clivage gauche-droite risque de se transformer en une sorte de bouillie indéfinissable dans laquelle les candidats auront beaucoup de mal à distinguer leurs électeurs, si tant est qu’ils sachent eux-mêmes quels sont les critères de tri.


L’homo politicus de 2011 va devoir réviser ses cours de physique. Ce n’est pas sur sa conception du partage de la valeur ajoutée qu’il sera jugé, mais sur les choix énergétiques qu’il a l’intention de soutenir s’il est élu.


Il devra expliquer comment promouvoir les énergies durables tout en soutenant les opposants aux éoliennes. Comment arrêter les vieux réacteurs nucléaires sans pour autant démarrer de nouvelles centrales thermiques à flamme. Comment soutenir l’énergie solaire tout en donnant satisfaction aux opposants aux fermes photovoltaïques. Comment gérer une baisse de la production électrique sans pour autant limiter la consommation. Comment modérer l’augmentation du taux de CO2 tout en renonçant aux programmes CSC pour satisfaire les écologistes. Comment subventionner les énergies nouvelles sans augmenter les impôts, etc…


L’exercice sera des plus périlleux, le risque de luxation du cerveau devient certain. La querelle va donner lieu à un florilège de déclarations démagogiques débridées, qui peuvent avoir pour résultat de déstabiliser l’opinion et provoquer un vote de panique si l’électeur a l’impression qu’on cherche à le promener. Et il ne faudra pas grand’chose pour que cette impression se transforme en certitude.


Entre les idéologues anti qui exigent l’arrêt immédiat, et les idéologues pro qui préconisent la surgénération, les réalistes et les modérés auront du mal à faire accepter un programme qui allie la passion et la raison, et qui soit de nature à éviter un vote de rejet.


Décidemment, il est de plus en plus évident qu’il faut d’urgence organiser des états généraux de l’énergie.


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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 13:46

8 Avril 2011


L’idée d’intégrer des panneaux photovoltaïques dans la toiture d’une maison est un cauchemar d’ingénieur.


Les inconvénients sont si majeurs et évidents, que seul un shaddock pouvait avoir eu une telle initiative.


Face à un tel projet, le premier bureau de design venu peut avancer les objections suivantes:


- Vos panneaux vont être victimes de surchauffe.


En effet, la puissance reçue par l’installation atteint 1 KW/m2, ce qui fait environ 20 KW pour une installation moyenne.


La puissance électrique récupérés dépasse rarement 100 W/m2, et la puissance réfléchie, à peu près autant. Il reste donc 800 W/m2 de chaleur à évacuer, soit 16 KW au total.


Les panneaux intégrés au toit ne dissipent que par une seule face, c’est-à-dire très mal. La température de jonction va donc augmenter considérablement et flirter avec ( ou dépasser)  la valeur maximale préconisée par le fabricant.


La probabilité de panne va donc augmenter significativement et la durée de vie sera inévitablement réduite.


Conclusion du bureau d’études: Monsieur, je ne peux pas garantir les performances constructeur, il faudra prévoir un avenant au contrat.


- Votre installation aura un rendement déplorable.


En effet, les caractéristiques du fabricant de panneaux précisent que le coefficient de température de rendement  est de -0,4%/°C au-dessus de 20°C. Comme la température de fonctionnement de jonction va augmenter de 70 °C du fait du mauvais refroidissement, votre rendement  sera de 10% au lieu de 13% prévus.


Conclusion du bureau d’études: idem, voir ci-dessus.


- Votre toiture perdra son étanchéité.


En effet l’étanchéité d’une toiture est garantie par la continuité du matériel de recouvrement, tuiles ou ardoises. L’interruption de cette continuité crée une voie de pénétration des eaux de pluie. Il sera nécessaire de procéder à un réaménagement de la charpente et à la pose d’un dispositif permettant de retrouver l’étanchéité initiale tout en conservant l’isolation thermique de la toiture. Ces travaux devront être pris en charge par une entreprise spécialisée du bâtiment, qui fera un devis séparé.


Lesquels travaux ( techniquement justifiés) peuvent se voir refuser l’éligibilité au bénéfice du crédit d’impôt puisque la loi prévoit que l’étanchéité doit être assurée par les panneaux eux-mêmes et non par tout autre dispositif.


A cause de ces inconvénients, l’intégration au bâti devrait être réservée à des cas exceptionnels. La généralisation du procédé ne se justifie pas car elle est techniquement contre productive et peu fiable.


Quant à son emploi dans le simple but d’obtenir un meilleur tarif d’achat, il est tout à fait en dehors de la démarche énergétique ou écologique, il relève d’un choix de placement financier. Dans cette optique, il est préférable de placer son argent dans une assurance vie plutôt que de faire des trous dans son toit….

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 09:14

Fukushima Leaks



8 Avril 2011


Pour ceux qui ne sont pas sujet à la paranoïa, voici une source d’information sur le genre de joyeusetés qui peuvent se produire sur un site de production nucléaire.


fukushimaleaks.wordpress.com


A lire après chaque communiqué de presse d’AREVA et/ou de EDF, pour se désintoxiquer.


A consommer sans modération.

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