Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 16:02

 

 

3 Décembre 2010

L’explosion du marché des nanomatériaux a bénéficié d’un vide règlementaire et donc d’une absence à peu près totale de contrôle, en particulier du point de vue sanitaire.

La règlementation existante concernant la dissémination des particules et des poussières et les précautions imposées pour leur manipulation ne convient pas aux nanoparticules. En effet, les propriétés d’un matériau sont complètement différentes selon qu’il est à l’état macroscopique ou à l’état nanoscopique; il s’agit pratiquement d’un nouveau produit , avec des capacités réactives particulières spécialement en raison de la taille des éléments.

Il est donc nécessaire de développer une approche spécifique de ce type de produits, en insistant particulièrement sur les risques sanitaires liés à la pénétration dans l’organisme humain.

La Communauté Européenne a initié un projet ( NANOSAFE 1 ) avec pour mission de faire un état des lieux aussi complet que possible sur les nanomatériaux. Ce projet de deux ans ( 2003- 2004 ) s’est déroulé avec la participation de neuf partenaires européens dans tous les domaines concernés: La fabrication des NP, leur utilisation, la recherche en pneumologie et épidémiologie, la médecine du travail.

L’objectif étant de rassembler l’information sur les risques potentiels des nanomatériaux, évaluer les risques pour les travailleurs et les consommateurs, recommander des mesures de règlementation et des règles d’usage pour préserver la santé des individus.

Le résultat de ces travaux est exposé dans le rapport final de 2004 disponible ici:

 

 

http://www.nanosafe.org/home/liblocal/docs/Nanosafe1_final_report.pdf 

Dans ce rapport le consortium prend acte de l’insuffisance ces connaissances et souligne la nécessité de travaux supplémentaires pour la caractérisation des nanoparticules et l’évaluation des risques potentiels.

Le programme NANOSAFE 1 a été suivi de NANOSAFE 2, toujours soutenu par la Communauté Européenne dans le cadre du 6è Programme Cadre. Sept pays européens y ont participé sous le leadership du CEA, 24 partenaires . Programme démarré en 2005 pour 48 mois.

Il s’agissait essentiellement de mettre en œuvre les recommandations exprimées dans NANOSAFE 1, déclinés en quatre sous-projets:

- Techniques de détection et de caractérisation des nanoparticules.

- Risques sanitaires et toxicologiques.

- Systèmes de production et d’application sécurisés.

- Impact sur la société et l’environnement, aspects légaux.

De nombreux résultats sont disponibles, l’ensemble du projet peut être consulté ici:

 

 

http://www.nanosafe.org/scripts/home/publigen/content/templates/show.asp?L=EN&P=55&vTicker=alleza 

Nous nous proposons d’analyser ces résultats dans de prochains articles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 19:01

2 Décembre 2010

Nous avons évoqué ( article du 30 Novembre ) le monde des nanoparticules naturelles, avec lesquelles l’Homme a appris à vivre en développant des protections physiologiques au fil de l’évolution.

Les progrès technologiques nous confrontent maintenant à un nouveau type de pollution constitué par des nanoparticules artificielles purement anthropiques.

Ces particules, qu’il faut plutôt appeler « nanomatériaux » ont été créées pour l’intérêt de leurs propriétés particulières liées à leur taille microscopique. Utilisées comme additifs à certains matériaux et produits manufacturés, elles leurs confèrent des qualités supplémentaires très appréciées.

Leur composition est très variable. Le tableau suivant résume l’essentiel des différents types proposés sur le marché par les entreprises spécialisées.

Nanomateriaux-primaires-copie-2.jpg

La législation sur les nanomatériaux est à peu près inexistante, en tous cas sommaire et un peu vague. Ces nouveaux venus se retrouvent donc dans la plupart des produits de grande consommation. Le tableau ci-dessous présente une liste non exhaustive des domaines dans lesquels on peut les trouver ( Trouver n’est le mot qui convient puisqu’ils sont invisibles et indétectables, sauf à utiliser des procédés de laboratoire).

Nanoparticules-artificielles_2-Dec-2010-copie-4.jpg

 

Des travaux sont en cours pour permettre aux industriels et aux consommateurs de s’y retrouver dans cette jungle. Nous tâcherons d’y voir plus clair dans un prochain article.

 

Repost 0
30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 15:41

30 Novembre 2010

Depuis la nuit des temps l’Homme respire une atmosphère chargée de particules:

Suies de combustion, cendres volcaniques, produits d’érosion éolienne, poussières, microparticules végétales comme les pollens, sables désertiques, ont toujours été présents, et le système respiratoire des mammifères s’est adapté en développant des protections naturelles à base de sécrétions de mucus, de cils vibratiles, de poils filtrants, de macrophages dans les alvéoles pulmonaires, qui sont efficaces contre l’intrusion de ces particules avec l’aide du reflex de la toux, et constituent les mécanismes de clairance.

Les particules naturellement présentes dans l’atmosphère , de par leurs origines très diverses, se présentent sous des aspects variés. Leurs dimensions s’étendent de quelques microns pour les poussières d’érosion des sols, jusqu’à quelques nanomètres pour les suies et les fumées de combustion. On appelle nanoparticules les éléments inférieurs à 100 nanomètres.

Le tableau suivant montre l’échelle des dimensions de ces particules naturelles :

 

La-metrique-des-objets-1.jpg

 

Lorsque des particules atmosphériques naturelles pénètrent dans les voies respiratoires elles sont normalement rejetées par les mécanismes de clairance, si elles ne sont pas en nombre excessif. Mais les particules les plus fines ( nanoparticules ) pénètrent profondément dans les poumons jusqu’à l’intérieur des alvéoles pulmonaires. Si leur nombre est trop élevé, le mécanisme de clairance est saturé et les particules les plus fines peuvent s’amasser dans les alvéoles, voire même passer dans le circuit sanguin.

Le tableau ci-dessous montre que les nanoparticules sont du domaine des dimensions physiologiques les plus faibles, elles sont plus petites qu’un virus HIV, certaines sont d’une taille inférieure à celle d’un protéine, ce qui explique la vulnérabilité de l’organisme à des agresseurs aussi petits, dont certains peuvent franchir la membrane cellulaire.

 

La-metrique-des-objets-2.jpg

 

Le nombre des particules naturelles présentes dans l’atmosphère varie de quelques milliers par cm3 à quelques dizaines de milliers par cm3, voire beaucoup plus, selon l’endroit. Parmi les nanoparticules naturelles nous connaissons les pollens, générateurs de troubles respiratoires, et les suies et fumées de combustion, qui causent de graves troubles pulmonaires dans certaines régions du monde ( voir l‘article du 25 Novembre sur le nuage brun d‘Asie ).

Les programmes de réduction des émissions de nanoparticules de combustion de biomasse ne concernent pas seulement les régions défavorisées comme l’Asie ou l’Afrique, mais aussi les pays développés qui tendent , pour de mauvaises raisons écologiques, à remplacer les combustibles fossiles par le bois.

L’ADEME recommande d’encadrer le développement de la biomasse énergie et de se débarrasser des appareils de combustion anciens.

Aujourd'hui, les grosses chaudières font l'objet de réglementations sévères et du label "Flamme verte". En revanche, la réglementation sur les cheminées ou autres barbecues est inexistante.

Il ne serait pas pertinent de remplacer une pollution par une autre.

 

 

 

 

Repost 0
27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 15:22

27 Novembre 2010

L’AFSSET ( Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail) a rendu en Nov. 2008 un avis favorable à l’injection de biogaz dans le réseau de distribution de gaz naturel.

Ce procédé, déjà largement utilisé en Allemagne, s’inscrit dans le cadre de la valorisation des déchets ménagers et agricoles, et à ce titre reçoit une approbation unanime. L’AFSSET rassure les futurs utilisateurs:

« Il n'y a pas de risque sanitaire spécifique au biogaz, par rapport au gaz naturel, que ce biogaz provienne de méthanisation de résidus agricoles, agro-alimentaires, de biodéchets ménagers, de déchets municipaux, de centre de stockage de déchets non dangereux (déchets municipaux et déchets industriels banals) ».

Nulle part il n’est fait mention des nanoparticules.

Quel rapport avec le biogaz ?

Les nanoparticules sont utilisées de plus en plus largement partout et en particulier dans les produits alimentaires et cosmétiques. On les trouvent aussi bien évidemment dans les emballages et les produits ménagers. Ces nanoparticules passent dans le système digestif et pénètrent la peau. De cela tout le monde se moque, il n’existe aucune étude d’innocuité malgré les fortes suspicions qui pèsent sur ces produits.

Business as usual….

Mais au moins nos poumons sont épargnés.

Par contre, lorsque les déchets ménagers contribuent à la fabrication du biogaz , les nanoparticules ne sont pas éliminées ( personne ne sait comment les filtrer ) et se retrouvent dans le bio méthane injecté dans le réseau.

Le gaz brûlé dans nos cuisinières contient donc des nanoparticules qui se retrouvent dans les résidus de combustion et donc se répandent dans la maison.

C’est donc dans nos poumons que ces particules vont terminer leur existence et achever de nous intoxiquer.

Et encore, ceci n’est rien à coté de ce qui se prépare. Jusqu’à présent les autorités n’ont pas osé autoriser l’injection du biométhane obtenu à partir des boues de stations d’épuration. Il y a des limites à l’inconscience.

Mais cela ne saurait durer car l’Afsset regarde sérieusement de ce coté et recommande:

«- la recherche de données de composition chimique et microbiologique des biogaz issus de boues de stations d’épuration et des déchets industriels en vue d’une évaluation des risques sanitaires, si leur injection devait être envisagée,

- de développer des programmes de recherche visant à renseigner les teneurs en éléments traces dans les biogaz épurés, mais également dans le gaz naturel distribué,

- d’acquérir des connaissances sur l’efficacité des systèmes d’épuration du biogaz brut,

- de rechercher des indicateurs pertinents de suivi de la qualité du biogaz dès lors que celui sera injecté,

- d’une manière plus générale de mieux renseigner l’exposition des usagers au gaz naturel, au biogaz et à leurs résidus de combustion » .

Espérons que les travaux de nos apprentis sorciers ne seront pas laissés à l’initiative des seuls marchands de gaz….

Repost 0
26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 11:53

26 Novembre 2010

Pour espérer gagner une guerre, il faut d’abord connaître son ennemi. Dans le contexte de la menace de changement climatique catastrophique, le dioxyde de carbone a été élu ennemi public numéro un , une guerre contre ce gaz est donc envisagée à l’échelle de la planète.

Avant de déclencher les hostilités contre un agresseur, il est indispensable de connaître ses forces, ses intentions, ses modes d’action, ses alliés, ses points faibles.

Or, en matière de CO2, il subsiste de graves lacunes dans nos connaissances:

De la totalité du carbone émis par les activités humaines depuis 1750 jusqu’à nos jours, seulement 40% sont demeurés dans l’atmosphère. Les 60% restant ont été soit absorbés par les océans et les continents, soit ont disparu ( durée de vie longue mais limitée ). On estime que la partie absorbée se partage 50% dans les océans, et 50% sur les continents. Nos connaissances des sources et des puits de carbone est très insuffisante.

Il nous faut répondre aux questions suivantes:

- Quels sont les processus naturels d’absorption des émissions anthropiques de carbone ?

- Ces processus vont-ils continuer comme aujourd’hui à limiter l’accroissement du taux de CO2 ?

Ou bien, vont-ils s’arrêter ou même s’inverser dans le futur ?

- Le carbone manquant a-t-il été absorbé par les océans et par les continents ? Et dans quelles proportions ?

- Quels continents absorbent davantage que d’autres ?

- Pourquoi le taux d’accroissement du CO2 varie-t-il d’une année sur l’autre alors que les émissions augmentent uniformément ?

- Comment les puits de carbone répondront-ils aux changements climatiques et/ou aux changements d’utilisation des sols ?

- Quels sont les processus qui contrôlent le taux d’accroissement du CO2 ?

- Quelles sont les sources du CO2 ?

- Quelle est la distribution géographique et l’importance des émissions de CO2 provenant de la combustion des combustibles fossiles, et des sources moins bien connues comme le dégazage des océans, la déforestation, la combustion des biomasses ?. Comment cette distribution évolue-t-elle avec le temps ?

Questionnaire extrait de:

 

http://www.nasa.gov/mission_pages/oco/mission/index.html

 

La mise en place d’une stratégie cohérente anti-carbone exige évidemment de pouvoir répondre à ces questions, non pas avec des approximations mais avec des explications claires et des données chiffrées.

Dans le cadre des études sur les cycles du carbone, la NASA prépare le lancement du satellite OCO-2 ( Orbital Carbon Observatory ) . Le lancement est prévu pour 2013, en remplacement de OCO-1, dont le lancement en 2009 a échoué.

Ce satellite a pour mission d’établir une carte mondiale du CO2, remise à jour tout les 16 jours, avec identification des sources naturelles et anthropiques, les variations saisonnières, identification des puits, surveillance permanente de leur évolution.

Aujourd’hui , une centaine de stations terrestres effectuent des observations du CO2, mais sans possibilité d’identifier les puits de carbone. Seule une observation spatiale pourra apporter des réponses précises.

OCO-2 prendra place dans le train de satellites d’observation de la NASA, composé aujourd’hui de cinq satellites d’observation groupés sur la même orbite.

 

 

 

 







 

 

Repost 0
25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 18:42

25 Novembre 2010

On évalue à trois milliards le nombre de personnes qui n’utilisent pas les combustibles fossiles pour cuisiner ou se chauffer. Leurs combustibles naturels sont le bois de coupe, le petit bois, les brindilles, les résidus de récoltes, ou les bouses séchées. Ces produits sont brûlés dans des dispositifs rudimentaires tels que feux ouverts ou fourneaux en boue séchée, qui sont fortement émetteurs de produits de combustion incomplète: particules de suie ( carbone noir ), méthane, et autres précurseurs d’ozone, dont de nombreux toxiques. En sus du dioxyde de carbone bien entendu.

Malgré leur faible durée de vie dans l’atmosphère ( quelques semaines ) , le volume considérable émis se traduit par une couverture permanente ( car renouvelée ) visible depuis l’espace ( voir photo ). Le nuage stagnant au-dessus de la région Inde-Chine s’étend sur une surface comparable à celle des Etats-Unis, sur une épaisseur de deux à trois kilomètres.

 

Brown-cloud_nasa-image.jpg

 

 

Il est composé pour 2/3 des résidus de combustion de biomasse, et pour 1/3 de la combustion des énergies fossiles.

Ces composants polluants contribuent à la part anthropique de l’effet de serre à hauteur de 30 à 50%, le reste étant la part du CO2. Les chiffres exacts de la répartition sont encore imprécis et font l’objet de programmes de mesures par satellites.

Ce fameux nuage brun d’Asie ignore évidemment les frontières. La circulation atmosphérique se charge d’en faire profiter le reste du monde au gré des courants et des turbulences.

Dans les régions comme l’Inde et la Chine, où la concentration humaine est maximale, le nuage est présent en permanence, avec des effets « secondaires » néfastes. Fonte des neiges et glaces par noircissement et changement d’albedo, déforestation induisant un déficit du bilan CO2, mais aussi fort impact sur la santé des populations. Les Nations Unies évaluent à un million et demi le nombre de morts causés chaque année par cette pollution.

Le programme SURYA , soutenu par les Nations Unies, se propose d’apporter une solution à ce problème par une modification des conditions d’utilisation de l’énergie. Il s’agit essentiellement de promouvoir des méthodes « propres » pour le chauffage et la cuisson. L’idée n’est pas neuve, mais elle a toujours été appliquée à petite échelle et de manière sporadique.

 

cuisine-tradirionnelle.png

 

four-solaire-familial.jpg

 

 

 Le projet SURYA est un programme scientifique de grande échelle qui sera décomposé en trois phases:

Une première phase pilote 2009/2010 , pour la validation des procédures. Cette phase est terminée.

Une seconde phase, 2011/2013, intéressant un ensemble de 50 000 personnes dans le Nord de l’Inde.

Une troisième phase, 2014/2020, visant à l’élargissement de la zone de confirmation, avec extension à d’autres régions comme l’Afrique, l’Asie, et l’Amérique latine.

De nombreux scientifiques de toutes disciplines sont impliqués dans ce projet , de nombreuses stations de mesures au sol sont prévues, en liaison avec le « petit train de la NASA » . Pour les détails, voir ici:

 

http://www.projectsurya.org/

 

http://csc.gallaudet.edu/soarhigh/A-TrainExplain.html

 

L’intérêt d’un tel projet, outre une amélioration du confort et de la santé des populations, et une action contre l’effet de serre anthropique, est l’obtention d’un résultat quasi immédiat et palpable.

En effet, alors que le CO2 possède une très longue durée de vie, et donc ne pourra diminuer que dans très longtemps, les produits sales de combustion ont une durée de vie très courte. Une action contre ces produits donnera des résultats quasi immédiats, facilitant l’adhésion des populations aux efforts demandés.

 

 

 

 

Repost 0
23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 15:38

23 Novembre 2010

L’arrêt de non lieu pris par la Ministre Valérie Pécresse à l’issue d’une instruction menée à huis clos dans le procès intenté au Soleil dans l’affaire du changement climatique , ne mettra pas un terme à l’action des parties civiles, lesquelles parties persistent à acter , arguant du caractère purement local et gaulois de la portée de cette décision, qui par ailleurs ne saurait engager les parties non directement inféodées au gouvernement de la Gaule.

En conséquence, rien de nouveau sous le Soleil, les projets en cours continuent, et des projets nouveaux voient le jour.

Voici un petit aperçu des programmes de recherche portant sur l’étude du Soleil dans ses relations avec la Terre .

 

- D’abord la mission SOHO ( Solar and Heliospheric Observatory) , collaboration entre l’ESA et la NASA; lancé en Décembre 1995, le satellite emporte douze instruments d’observation et de mesure du Soleil. Son orbite, synchrone de celle de la Terre, le situe sur une ligne entre Terre et Soleil. Cette station fonctionne toujours, la dernière prolongation s’étend jusqu’en 2012 et en fait un instrument encore actuel malgré ses quatorze années de service.

Tous les détails ici:

 

http://smsc.cnes.fr/SOHO/Fr/

- La mission CLUSTER, de l’ESA, comporte quatre satellites dont chacun porte onze instruments de mesures du Soleil. Plus particulièrement destinés à l’étude des interactions entre vents Solaires et magnétosphère Terrestre.

Commencée en 2000, la mission a été également prolongée jusqu’en 2012.

Voir détails ici:

 

http://smsc.cnes.fr/CLUSTER/Fr/

SOHO et CLUSTER font partie du programme « HORIZON 2000 » de l’ESA pour la partie STSP ( Solar Terrestrial Science Program ).

- La mission DOUBLE STAR, de l’Agence Spatiale Nationale Chinoise, en collaboration avec l’ESA et le CNES. Deux satellites, lancés en 2003 et 2004, portant 17 instruments pour l’étude détaillée de certaines régions de la magnétosphère. Fonctionnent en synchronisme avec CLUSTER.

 

http://smsc.cnes.fr/DBSTAR/Fr/

- La mission HINODE ( ex SOLAR B ), collaboration entre l’Agence Spatiale Japonaise, la NASA, l’ESA, et la Grande Bretagne. Satellite qui succède à YOKO (ex SOLAR A) perdu prématurément. Transporte trois instruments pour l’étude du Soleil: Télescope dans le visible, et analyse UV et rayons X.

Lancé en 2006.

 

http://solarb.msfc.nasa.gov/

- La mission STEREO, de la NASA, comporte deux satellites pour l’études des éruptions solaires et de leurs effets sur l’environnement terrestre, en liaison avec les stations terrestres ( NOAA, CNES, etc…). Instrumentation en ^partie fournie par le CNES. Lancement en Oct. 2006.

 

http://smsc.cnes.fr/STEREO/Fr/

- La mission PICARD, un satellite du CNES ( de la famille des micro-satellites) lancé en Juin 2010 pour l’observation du Soleil dans la phase ascendante du 24è cycle .

 

http://smsc.cnes.fr/PICARD/Fr/GP_satellite.htm

- Nous avons déjà présenté le programme « CLOUD » ( voir article du 22/11), portant sur le rôle du rayonnement cosmique sur les nuages et les aérosols, avec le Soleil en coulisses , pour son action sur les rayons cosmiques par l‘intermédiaires des vents solaires.

Les résultats consolidés doivent être obtenus en 2011/2012, la partie mise en œuvre et expérimentation étant à peu près terminée.

 

http://public.web.cern.ch/public/en/Research/CLOUD-en.html

- Le programme Russe « ASTROMETRIA » se propose d’étudier le Soleil lui-même. L’expérience sera embarquée sur la station spatiale internationale. Son but est l’étude de l’ensemble des processus qui se déroulent dans le Soleil et de leur influence sur les variations des processus physiques du système Soleil/Terre, et l’analyse fine des structures et de la dynamique des régions actives et des régions calmes de la photosphère ainsi que leurs variations cycliques.

Il s’agit d’une station de mesure long terme qui devra recueillir des longues séries temporelles de relevés.

Détails du projet ASTROMETRIA ici:

 

http://195.201.30.3/english/astrometr/index1_eng.html

Détails techniques sur le Limbograph SL-200 ici

 

http://www.gao.spb.ru/english/astrometr/1_eng.html

- Le programme NASA LWS ( Living With a Star ) .

Le nom du programme suffit à décrire les intentions.

La première partie du programme est supportée par la mission SDO ( Solar Dynamics Observatory ) , embarquée sur un satellite mis sur orbite en Février 2010.

Il s’agit d’étudier les processus de génération du champ magnétique solaire, ses structures et ses modes d’action à travers l’héliosphère et le géospace.

Il s’agit d’une mission à long terme, typiquement la durée du cycle solaire.

Tout sur cette mission ici:

 

http://sdo.gsfc.nasa.gov/mission/about.php

 

Cet aperçu limité montre qu’une activité scientifique considérable est déployée au niveau internationale pour l’étude du Soleil et de ses interactions avec notre planète.

La France est présente dans beaucoup de ces missions « solaires », ce qui témoigne de l’intérêt porté par nos scientifiques à l’étude du système Terre-Soleil et aux interactions entre activité solaire et environnement terrestre.

On peut d’autant plus s’étonner de l’attitude du Ministre de la Recherche, qui semble ignorer cette activité dans son domaine de responsabilité.

 

 

 

 

 

 

Repost 0
22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 17:08

22 Novembre 2010

Une lecture rapide de la Presse française peut laisser croire aux lecteurs non avertis que la Science se décrète dans le bureau de Valérie Pécresse, notre inusable Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

En effet, après une interprétation toute personnelle du rapport de l’Académie des Sciences sur le climat, notre ministre a décidé que le Soleil n’était pour rien dans le réchauffement climatique.

Heureusement, ces déclarations péremptoires ne rencontrent que très peu d’écho , sinon dans les gazettes du café du commerce et éventuellement sur les « étranges lucarnes » .

Que notre lecteur non averti se rassure, la planète scientifique continue de tourner , les décisions climato-ridicules d’en haut ne susciteront au plus qu’une brève hilarité à la cantine.

Oui, le Soleil y est bien pour quelque chose. Du moins il y a de fortes présomptions. Si fortes qu’un programme de recherche International a été mis sur pied :

c’est le projet CLOUD ( Cosmics Leaving OUtdoor Droplets )

Monté avec la collaboration du CERN, ce projet regroupe des équipes de 18 instituts de 9 pays différents ( Europe, Russie, et USA ).

Financement de la Communauté Européenne ( septième Programme Cadre),

du Ministère Allemand de l’Education et de la Recherche, de la Fondation Nationale Suisse pour la Science, et de l’Académie Finlandaise.

L’objectif est l’étude de l’influence des rayons cosmiques galactiques sur la formation des aérosols et des nuages.

Rappelons le rôle essentiel de l’activité solaire sur l’intensité des rayons cosmiques, et l’influence directe des aérosols et de la couverture nuageuse sur le climat.

Des détails sur l’avancement de ce projet sont disponibles ici:

 

 

http://cdsweb.cern.ch/record/1257940/files/SPSC-SR-061.pdf

On aura bien sûr noté l’absence de la France, ce qui est logique, puisque notre ministre a interdit au Soleil d’agir sur le climat…..

Repost 0
22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 11:38

22 Novembre 2010

Dans un article précédent nous donnions des extraits du rapport commandé à l’Académie des Sciences par Valérie Pécresse sur le changement climatique.

En lisant le rapport in-extenso, le lecteur a pu prendre connaissance de la situation du problème vue par l’honorable assemblée.

Chacun désormais peut en faire l’exégèse selon son propre « background » et sa sensibilité.

Il est intéressant maintenant de voir comment le Ministre de la Recherche perçoit la situation, après sa lecture du rapport de l’Académie:

«Il y a bien un réchauffement climatique et qui n’est pas provoqué par l’activité solaire. Ce réchauffement climatique s’explique par une concentration des gaz à effet de serre, et en premier lieu du CO2. Et cette augmentation du CO2 est due principalement à l’activité humaine. Nous avons ici un exemple clair de ce que la science apporte aux responsables politiques : un constat univoque de l’impact des activités humaines sur l’environnement. »

On trouvera l’ensemble du communiqué ici:

 

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid53758/des-acquis-scientifiques-sur-le-rechauffement-climatique.html

Les chercheurs qui auraient l’imprudence de poser des questions hors du paradigme savent désormais qu’ils devront chercher des financements ailleurs qu’auprès du Ministère de la Recherche. Mais est-ce bien une surprise ?

Repost 0
21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 12:07

21 Novembre 2010

Madame Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, reconduite dans ses fonctions dans le nouveau gouvernement Fillon, inquiète de la bronca surgie de la communauté scientifique indépendante au sujet des positions du GIEC, et surtout de la démarche de L’IAC, dont la crédibilité ne peut être mise en doute, a demandé à l’Académie des Sciences un rapport sur la question des variations climatiques.

Ce rapport a été remis le 28 Octobre 2010.

Avant de lire les interprétations qui en sont données par les médias , interprétations qui dans l’ensemble font une exégèse en faveur de la thèse politiquement correcte, l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire nous impose de lire en premier lieu le rapport lui-même, disponible ici:

 

http://www.academie-sciences.fr/publications/rapports/pdf/climat_261010.pdf

Chacun pourra constater que ce rapport se veut factuel et neutre. Il expose de manière synthétique l’état des connaissances actuelles, en insistant sur l’ampleur des travaux qu’il reste à accomplir pour préciser de nombreux points litigieux.

Nous citons ci-après quelques extraits significatifs:

« Au cours des dernières décennies cependant, les changements climatiques semblent s’être accélérés. »

«la Science peut tenter d’apporter des réponses autorisées, même si elles ne sont que partielles ou temporaires, dès lors qu’elles sont guidées par le souci d’objectivité qui doit présider à toute démarche scientifique. »

«(Le débat) il a permis de confronter les différents points de vue, de dégager des points de convergence et d’identifier les divergences et incertitudes qui persistent. Il est le point de départ d’une réflexion qui sera prolongée ultérieurement. »

«Malgré les nouveaux outils d’investigations dont on dispose aujourd’hui et malgré le volume considérable de données accumulées ces vingt dernières années, il faut souligner que la Science ne peut répondre à tout »

«Tous les mécanismes de transmission et d’amplification du forçage solaire, et en particulier de l’activité solaire, ne sont pas encore bien compris. Il faut noter que si le cycle de 11 ans de l’activité du Soleil tendait à diminuer d’intensité, comme cela a été le cas dans le passé, un ralentissement graduel du réchauffement global pourrait se produire. »

«Un réchauffement dans l’Antarctique précède de 800 ans une augmentation du CO2 « 

«Les effets potentiels de l’activité du cycle solaire sur le climat sont l’objet de controverses mais donnent lieu à des recherches actives. Certains mécanismes invoqués concernent l’effet du rayonnement cosmique galactique, fortement modulé par le vent solaire qui pourrait affecter la formation des nuages ; des couplages supplémentaires entre la stratosphère et la troposphère associés à des

courants électriques sont également évoqués. Ces effets, secondaires par rapport à l'effet des conditions atmosphériques telles que la teneur en vapeur d'eau, la stabilité et la circulation générale de l'atmosphère, etc., dépendent d’une physique sous-jacente qui fait actuellement l’objet d’études expérimentales au CERN. »

«D’autres mécanismes, qui mettent en jeu l’évolution importante de la composante UV au cours du cycle et qui modifient la distribution d'ozone stratosphérique, sont actuellement à l'étude. »

« Des couplages de l’océan avec l’atmosphère, encore insuffisamment connus, … »

«La connaissance des mécanismes d’échanges océan-atmosphère et continent-atmosphère a fait de grands progrès mais reste encore incertaine pour des prédictions plus précises à l’échelle du siècle. »

«Les incertitudes sur l’effet global indirect d’un changement de concentration du CO2, avec toutes les rétroactions prises en compte, font l’objet de débats au sein de la communauté des climatologues. »

«Les modèles climatiques se sont perfectionnés depuis 30 ans, prenant en compte de nombreux mécanismes ignorés dans les premiers modèles. Cependant, l’évaluation des incertitudes est au centre des débats. »

«La modélisation des processus doit tenir compte de deux types de mécanismes: tout d’abord ceux pour lesquels les processus physicochimiques sont bien compris et peuvent être traduits en équations, et les autres, trop complexes, qui ne peuvent être actuellement décrits que par des relations phénoménologiques fondées sur des observations. »

«Le second groupe de processus demande une part de modélisation empirique. »

«la description de l’évolution de la nébulosité reste unanimement reconnue comme la partie la plus incertaine. »

«Les variations multidécennales de l’océan (Oscillations Nord-Atlantique, El Niño, …) sont encore difficiles à modéliser. »

«Les effets de la végétation ou de la biologie marine, qui affectent directement l’albédo des surfaces continentales ou marines, ne peuvent être modélisés à partir de processus biologiques fondamentaux. »

«La capacité des modèles climatiques à reproduire les évolutions passées du climat à l’échelle pluridécennale est limitée par le fait que des données homogènes ne sont apparues que dans les années 1970. »

«La validité des projections pour les décennies à venir et leurs incertitudes sont une question centrale. »

«les mécanismes non encore identifiés ne sont naturellement pas inclus dans les modèles . »

«Les corrélations directes purement statistiques entre deux quantités sont utiles pour mettre en évidence des couplages non modélisés ou mal représentés, mais non pour tester précisément les mécanismes internes aux modèles et leur pertinence quant à la simulation des variations du climat. C’est une partie des débats actuels entre scientifiques. »

«Les éventuels comportements fortement instables ou chaotiques du système atmosphère-océan-cryosphère-surfaces continentales sont un autre facteur important d’incertitude. »

«La nature des comportements chaotiques ou de bifurcations entre états bien distincts du système climatique demeure ouverte et fait l’objet d’un intense effort de recherche au niveau international. »

« Les mécanismes pouvant jouer un rôle dans la transmission et l’amplification du forçage solaire et, en particulier, de l’activité solaire ne sont pas encore bien compris. »

« Des incertitudes importantes demeurent sur la modélisation des nuages, l’évolution des glaces marines et des calottes polaires, le couplage océan-atmosphère, l’évolution de la biosphère et la dynamique du cycle du carbone. »

« Le caractère interdisciplinaire des problèmes rencontrés impose d’impliquer davantage encore les diverses communautés scientifiques pour poursuivre les avancées déjà réalisées dans le domaine de la climatologie et pour ouvrir de nouvelles pistes aux recherches futures »

Nous pensons qu’avant de lire la Presse il était bon de prendre connaissance de ce florilège.

Nous tenons à saluer l’impartialité de ce rapport, dans lequel on trouve à la fois les éléments justifiant les appréhensions liées au changement climatique, mais aussi les mises en garde contre des conclusions prématurées fondées sur des connaissances scientifiques insuffisantes.

Repost 0