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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 15:45

6 Février 2011


Pendant que Renault discourt sur la voiture électrique dans les média, près les tribunaux, et mobilise les services de contre espionnage, Toyota vend des voitures électriques hybrides.


Les premières Toyota hybrides roulent dans la nature depuis déjà dix ans. Près de trois millions de véhicules ont été vendus, ce qui a permis à la firme de cumuler une grande expérience technique et une bonne connaissance du marché, des habitudes et des attentes des clients.


On sait que la « vraie » voiture électrique n’existera que lorsque l’on pourra disposer d’une batterie d’au moins 50 KWh pesant moins de 200Kg.


Cette batterie n’existe pas encore aujourd’hui, mais le bout du tunnel n’est pas loin, on sait déjà faire 30 KWh pour 300 Kg, grâce à la technologie Lithium-Ion ( LiMPO4 ).


les ingénieurs de Toyota ne sont pas plus forts que les autres, ils sont seulement plus culotés.


Ils ont présenté en 1997 un véhicule baptisé hybride électrique, qui n’était en fait qu’une auto ordinaire à moteur thermique, munie d’un moteur électrique auxiliaire, et d’une batterie NiMh de seulement 1,5 KWh ( seule la technologie NiMh était disponible à cette époque). Rappelons qu’une batterie classique au plomb stocke 0,8 KWh.


Ce subterfuge a permis d’occuper le terrain, en associant le concept « véhicule hybride » à la notion d’écologie, et d’économie de carburant fossile. Le gain était minime, mais bien mis en valeur par le marketing. Il s’est vendu plus de deux millions de ces engins de par le monde.


Cette première mouture a donc été bien accueillie par le marché, ce qui encourage Toyota à continuer dans cette voie.


La nouvelle version de la Prius sera donc une « vraie » hybride rechargeable ( plug-in ), équipée d’une batterie Lithium-ion de 5,3 KWh qui donnera une petite autonomie électrique d’une trentaine de kilomètres.


500 exemplaires de ce modèle circulent en essai de par le monde, la commercialisation est prévue pour 2012.


Passer de 1,5 à 5,3 KWh peut sembler un saut technologique modeste, mais il est probable que Toyota a prévu un système modulaire permettant de monter une batterie plus grosse sur demande. Le concept peut encore évoluer d’ici 2012.


Cette version permettra au constructeur d’une part de tester le concept PHEV ( Plug-in Hybrid Electric Vehicle) et d’autre part de valider la technologie de batterie Li-ion sur le terrain.


Selon un porte parole de la marque, Toyota estime que la technologie actuelle des batteries ne permet pas encore de diffuser des véhicules tout électriques.


A contrario, Renault a choisi le concept tout électrique, avec le modèle Fluence ZE qui dispose d’une batterie de 22 KWh. Il s’agit d’une approche différente du marché, puisque ce concept n’est valable que s’il existe une infrastructure permettant l’échange standard des batteries ou leur recharge rapide ( système Quick drop, ou bornes dédiées) . Il n’existe aucune infrastructure de ce genre aujourd’hui.


La Fluence ZE doit être commercialisée mi 2011.


La Société Better Place, qui fait la promotion du système « Quick Drop » d’échange standard  de batterie, procède actuellement aux tests du procédé au Japon, en Israël, et au Danemark fin 2011.


Le choix stratégique de Renault est donc risqué, puisque son succès repose sur l’existence d’une infrastructure spécifique très lourde nécessitant des investissements très importants.


Beaucoup de concurrents donneraient cher pour savoir si, et comment Renault va s’y prendre pour développer le réseau Quick Drop.


Si Renault a un secret à cacher, c’est bien de ce côté qu’il faut chercher….


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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 16:55

5 Février 2011


Les énergies renouvelables ont donc le vent en poupe. Chez nous le Grenelle de l’environnement avait semble-t-il marqué le début d’une ère nouvelle. La leçon était comprise, l’avenir était aux énergies propres, et le charbon, le gaz, et le pétrole, voués à s’éteindre avant le milieu du siècle.


C’est du moins ce qu’on pouvait lire dans les rapports officiels, qu’ils émanent des officines ministérielles, des instances internationales intéressées au climat et/ou à l’énergie, ou des « ONG » de l’environnement et du développement durable.


Mais que peuvent les bonnes résolutions contre le principe de réalité?


Certes, les énergies renouvelables ont acquis un statut respectable. Le solaire, l’éolien, l’hydraulique, la biomasse, sont montés aux créneaux et ont occupé le devant de la scène. Ils sont désormais l’objet de plans de développement avec des objectifs de croissance ambitieux, qui laissent entrevoir une fin de siècle débarrassée des scories des énergies « sales ».


En y regardant de près, voit cependant que les réalisations ont beaucoup de mal à suivre les plans de croissance. les projets restent des projets, l’argent des investissements n’est pas là.


C’est que certains ont oublié que, depuis quelques décennies, l’Economie est devenue libérale, conformément aux idées d’avant-garde prêchées par les gourous de la spécialité. En foi de quoi fini le dirigisme d’Etat, fini les plans long terme, fini les investissements sur l’avenir, l’Etat ne doit intervenir que pour sauver les banques. Le mot d’ordre des investisseurs privés est le profit le plus immédiat possible.


Or les énergies renouvelables, c’est du très long terme, du gros investissement pour un profit aléatoire, s’il y a profit. Les chrysorchides se soucient peu de  risquer leur argent sur des moulins à vent alors qu’il y a tant de blé à se faire tranquillement en spéculant sur les marchés.


Les Etats ont bien compris qu’on comptait sur eux pour mettre des sous sur cette affaire d’énergies renouvelables, mais d’une part ce n’est plus dans leur rôle ( non interventionnisme oblige ), et d’autre part ils sont endettés jusqu’au cou et personne ne souhaite alourdir sa barque, les agences de notation veillent au grain.


Alors, on bricole.


On tricote des tarifs préférentiels pour convaincre les particuliers d’installer des panneaux PV, avec un montage financier scabreux. On tente de séduire les industriels pour les amener à l’éolien, on vante les mérites du bois énergie, mais on doit importer des granulés.


Cette stratégie des actions sporadiques ne peut mener bien loin, en tous cas pas où le Grenelle de l’environnement avait prévu de nous amener.


Il est donc probable qu’il nous faudra vivre encore longtemps, très longtemps, avec les énergies fossiles carbonées.


Comme on dirait au café du commerce, c’est çà ou le nucléaire.


Il faut dire qu’entre temps la fable de l’épuisement rapide des réserves d’énergie fossiles carbonées a fait long feu. En effet, il est vite apparu que plus le prix du pétrole croît, et plus les réserves d’énergie augmentent. A 100 dollars le baril c’est l’aisance; à 200 dollars ce sera l’euphorie et à 300 dollars,  Byzance.


Oui mais, diront les environnementistes, et le CO2 dans tout çà ?


Je crois bien qu’on l’a un peu oublié. Je ne suis pas sûr que les gourous de Wall Street soient très préoccupés par le taux de CO2, ils sont intéressés par d’autres taux, et par leur plan de carrière.


Plus le pétrole est cher, et plus il y a d’argent pour faire des trous. Alors, on creuse. Et on trouve des choses.


Certains pensaient vaguement à la possibilité d’un pétrole abiotique. On a trouvé beaucoup mieux: les gaz de schistes, en quantité pratiquement illimitée, et partout, même en France.


Ce lapin, sorti du chapeau des modernes puisatiers, sonne le glas des espoirs de voir les réserves fossiles s’épuiser durant ce siècle. Le filon est paraît-il phénoménal, il y en aurait même dans l’Ardèche !


L’exploitation des gaz de schistes n’est pas une nouveauté, mais restait peu rentable tant que l’énergie traditionnelle était relativement bon marché. Mais, avec un baril durablement supérieur à 100 dollars, les énergies non conventionnelles deviennent intéressantes.


Aussi tous les pays se lancent-ils dans des campagnes d’exploration de leurs sols. La France n’est pas en reste.


Mais ce nouvel eldorado possède une face cachée peu reluisante.


Le gaz n’est pas sous pression dans une poche, il est disséminé dans la roche mère sous forme de petits filets qu’il faut faire sortir en injectant de l’eau sous pression ( 700 bar ) à laquelle on ajoute du sable et une sauce chimique de composition secrète.


Les inconvénients sont évidents: risques de pollution des nappes phréatiques par des contaminants chimiques, micro fracturation des sols avec risques de fuite de gaz vers l’extérieur, atteintes à l’environnement à cause des nombreux forages rapprochés nécessaires, énorme consommation d’eau, importantes infrastructures, etc…


Aux Etats-Unis,l’EPA ( Environment Protection Agency)  a demandé à toutes les compagnies actives dans ce domaine, des informations détaillées sur les procédés, les produits, les méthodes utilisées , permettant de réaliser des études d’impact .


La France a octroyé trois permis de prospection en mars 2010 (10.000 km2 en Aveyron, Hérault, Lozère, Ardèche et Drôme).


Total et GDF-Suez sont parties prenantes.


Cette décision a bien sûr été perçue comme une déclaration de guerre contre les énergies durables.


Ce nouveau séisme, ajouté au projet de relance du programme nucléaire, promet de belles empoignades au cours de la campagne électorale.


Allons-nous vers une nouvelle guerre de trente ans ?



 


 


 


 


 


 


 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 14:39

4 Février 2011


Selon le rapport Puech ( voir article précédent) , la forêt française n’est pas prête pour une exploitation vigoureuse de nature à satisfaire les objectifs 2020 du grenelle de l’environnement.


Ce rapport contient une liste de propositions pour améliorer la situation.


Voici l’essentiel de ce programme.


D’abord l’esprit des propositions:


« L’efficacité passe par l’augmentation de l’exploitation de bois d’oeuvre, porteur de bois d’énergie, et non l’inverse ; ne vouloir que du bois d’énergie serait comme « vouloir des pieds de porc sans se préoccuper des jambons ! »


L’expression imagée traduit la volonté de ne pas tout miser sur l’aspect énergétique, mais bien de mettre sur pied une filière qui préserve les capacités à fournir un bois d’œuvre de bonne qualité. Cette volonté sous-tend l’ensemble du projet.


L’idée étant que « l’énergie la moins chère est celle que l’on ne gaspille pas », le bois de construction reste un bon matériau pour réduire les pertes énergétiques, il faut donc promouvoir son utilisation.


Quelques-unes des mesures proposées ( extraits):



«Pour conserver des emplois qualifiés et éviter des licenciements, accorder la prise en charge à 100% des indemnités de chômage partiel ».



«Mettre en place les conditions de financement de stages de formation indemnisés, permettant de développer le savoir-faire et les connaissances en matière de techniques d’exploitation, de sécurité et de protection de l’environnement ».



« Revoir les directives et orientations régionales en  raccourcissant d’environ 20 % les âges d’exploitabilité pour presque toutes les essences,  en  recourant à des éclaircies plus fortes pour accroître rapidement le diamètre des arbres et la stabilité des peuplements, en  préparant le remplacement de peuplements inadaptés et susceptibles de dépérir, et en  allongeant la durée de validité des documents de gestion ».



«Créer un fonds de reboisement et d’adaptation au changement climatique, puissant et stable, hors incertitudes de l’annualité budgétaire. La forêt doit se gérer dans le long terme et seul un tel fonds peut garantir une vraie politique forestière ».



 


 


 


«Créer un Fonds Forêt Bois pour la mobilisation du bois d’oeuvre, d’industrie et d’énergie, par le lancement d’appels d’offres pouvant faire émerger des acteurs couvrant l’animation, la formation, les investissements pour une meilleure accessibilité des parcelles, l’équipement des entrepreneurs de travaux forestiers, et des plates-formes logistiques, dans le respect du plan d’action forêt de la Stratégie Nationale de Biodiversité ».



«Inviter les collectivités, des communes à l’État, à se


doter d’un patrimoine boisé ou à le développer par la voie notamment des résorptions d’enclave  et à veiller à l’intégrer dans le développement local ».



«Prolonger pour une durée de 3 à 5 ans le plan de modernisation des scieries du ministère de l’Agriculture au-delà de 2009, son échéance actuelle, en doublant ses moyens d’intervention, soit 20 M€ dont la moitié pour des aides aux investissements dans la valorisation des sciages dont le séchage et les produits techniques, et autant pour les aides aux investissements dans l’augmentation de production ».



«Créer un Fonds d’investissement stratégique pour la filière bois doté de 100 à 150 millions d’euros. Ce fonds devra être articulé avec le fonds chaleur, et également avec le Fonds Forêt Bois de mobilisation ».



«Pour déclencher l’utilisation de bois pour l’énergie électrique, il convient de tripler l’actuel tarif d’achat obligatoire d’électricité bois, en le portant à 150 €/MWh, sous conditions de puissance, au moins 3 MWe, d’incorporation de 50 % de plaquettes forestières et de garanties


d’approvisionnement visées par les cellules biomasse ».



«Recommander, ou exiger immédiatement dans le cadre des opérations aidés financièrement par l'État pour les constructions neuves ou celles du


plan de relance, de multiplier par dix ce minimum ( d’incorporation de bois) en le portant à 20 dm3/m2, pour toute opération de construction individuelle ou, en moyenne pour un ensemble ».



 


 


« Création d’un label bâtiment « biomatériaux » ou « biosourcé »pour les constructions neuves et les réhabilitations lourdes. Avec plusieurs niveaux d’exigences liés aux objectifs à court, moyen et long terme du Grenelle, il s’appuierait sur les Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire. L’État y adossera ses aides ».



 


« Accorder un crédit d’impôt sur la mise en place de lambris et parquets notamment, ce dispositif serait calqué sur celui actuellement en place pour les économies d'énergie, c’est à dire une "déduction du montant d'impôt ».



« Nombre de ces propositions ne relèvent que de simplification de la réglementation ou de l’organisation administrative, d’autres demandent la création de fonds pour enclencher cette nouvelle dynamique devant lui faire acquérir une situation d’autonomie économique.


Les propos tenus sur la forêt et le bois par Monsieur le Président de la République Nicolas Sarkozy dans les Vosges à Darney le 18 décembre 2008, ont redonné de l’espoir à la profession qui attend de ce rapport une reconnaissance et des décisions ».



Ce plan de mobilisation semble à la mesure de la tâche à accomplir.


Nous en suivrons l’application avec attention.


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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 11:02

4 Février 2011

 

La forêt française représente près de 30% du territoire ( 15,5 M ha ).

 

On peut penser qu’un tel patrimoine naturel favorise le développement d’une filière bois performante de nature à placer notre pays en bonne position commerciale, notamment à l’exportation.

 

Qu’en est-il exactement ?

 

Le rapport Puech, commandé par Nicolas Sarkozy, nous fournit un certain nombre d’informations:

 

Ref:  Rapport Puech/ 2008/ Forêt française/ « agriculture.gouv.fr »

 

- Le secteur bois participe au second rang au déséquilibre de la balance du commerce extérieur, pour un déficit de 6,3 milliards d’euros !

 

- La régénération par plantation est en panne, le nombre de plants a chuté de 70% en 15 ans.

 

- La régénération est essentiellement naturelle, méthode trop longue et aléatoire, et insuffisante à reconstituer les couverts.

 

- La grande diversité des espèces complique l’exploitation des parcelles.

 

(La richesse écologique est en même temps un handicap commercial).

 

- Sur les 525 000 ha détruits par la tempête de 1999, seulement 125 000 ont été reconstitués.

 

- Les dégâts de Klaus ne sont pas encore réparés.

 

- Les 40 à 80 000 ha supplémentaires revendiqués chaque année ne sont que des friches broussailleuses inaptes à participer à la filière bois. En fait il s’agit essentiellement de déprise agricole dont le potentiel bois est faible.

 

- Les investissements consacrés à la forêt française sont parmi les plus faibles d’Europe.

 

- Le FFN ( Fonds Forestier National), créé en 1946 pour soutenir le développement de la forêt française, a été supprimé en 2000, pour réduire les charges des industriels de la filière bois.

 

- La filière du granulé est à peine en phase de croissance, et déjà la France doit importer des granulés d’Allemagne et d’autres pays de l’UE.

 

- Les industriels du bois n’exploitent que 60% de la ressource potentielle, ce qui laisse chaque année 36 Mm3 de bois inexploités.

 

- La forêt est trop morcelée, et 74% de la surface boisée est disséminée entre 3,5 millions de petits propriétaires privés.

 

- Une partie importante des forêts françaises est en zone montagneuse et/ou difficilement accessible.

 

- Les populations de grands gibiers, en surnombre, portent souvent préjudice à la régénération .

 

Ce tableau apocalyptique est probablement à nuancer, mais dans les grandes lignes il donne une bonne mesure de l’effort qui est à accomplir pour donner à notre pays une chance d’atteindre les objectifs fixés par le Grenelle de l’environnement.

 

Le rapport Puech fournit des propositions que nous analyserons dans un prochain article.

 
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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 14:02

2 Février 2011


Le rapport final du projet EUWOOD de Juin 2010 nous apprend que les vingt-sept pays de l’Union on consommé cette même année 71 Mtep de bois-énergie, c’est-à-dire de bois de chauffage.


Ce chiffre impressionnant est à rapprocher de la consommation totale d’énergie , qui est de 1 900 Mtep.


Le bois-énergie ne représente donc que 3,7% du total, ce que l’on savait déjà par ailleurs.


La production de bois de toutes natures s’est élevée à  747 millions de m3 en 2010 dans l’Union.


70% en provenance des forêts.


30% issus de la biomasse hors forêts.


Ce bois a servi pour 57% comme bois d’oeuvre pour le bâtiment, l’ameublement, le conditionnement, l’aménagement des locaux, etc…, et pour 43%  comme source d’énergie.


Dans la stratégie de substitution des énergies fossiles carbonées par des énergies renouvelables, six candidats sont sollicités:


- Solaire.


- Eolien.


- Bois énergie/ Biomasse.


- Valorisation des déchets.


- Hydraulique.


- Géothermie.


La participation de chaque secteur dépendra évidemment des potentiels respectifs. Chaque secteur possède ses limites, soit liées à la ressource, soit à l’emprise foncière, soit à un conflit avec l’environnement, soit à la rentabilité, ou à toute autre raison.


Le secteur bois-énergie n’échappe pas à la nécessité d’évaluer le potentiel des forêts de l’Europe des 27 , ce qui permettra d’assigner un objectif de croissance réaliste à la filière.


Les travaux du projet EUWOOD ont permis d’évaluer le potentiel annuel théorique de biomasse des forêts de l’Europe des 27.


Pour 2010, ce potentiel THEORIQUE était de 1 277 millions de mètres cube. Cette valeur repose sur une base d’exploitation de 50 années.


Les analyses d’évolution laissent prévoir une légère décroissance, pour arriver à 1 254 Mm3/an en 2030. La répartition est la suivante:


Fûts: 52%


Souches: 21%


Résidus: 26%


Divers:   1%


La capacité théorique de production ne peut jamais être pleinement exploitée. Un certain nombre de contraintes doivent être prises en compte:


- Contraintes environnementales ( préservation des espaces).


- Contraintes sociales ( droit de propriété, droit des Etats ).


- Contraintes techniques ( accessibilité ).


- Contraintes économiques ( rentabilité).


En 2010, compte tenu de ces contraintes, la production Européenne a été de 747 Mm3.


Les estimations pour 2030 vont de 600 Mm3 à 900 Mm3 selon différents scénarios d’évolution des contraintes.


Si la proportion de bois énergie se maintient à 43%, les volumes disponibles pour l’énergie devraient demeurer à peu près constants, au niveau d’aujourd’hui, environ 70 Mtep, environ 320 Mm3.


Le volume pourrait augmenter de 20% en 2030 si une politique volontariste est mise en place au niveau européen.


Mais la ressource n’est pas extensible. Des besoins supérieurs ne pourraient être satisfaits que par l’importation hors zone de l’Union.


Aujourd’hui le bois énergie est utilisé essentiellement sous forme de bûches. Les briquettes et granulés (pellets) ne participent encore que pour une faible part et sont issus de la valorisation des résidus de scieries.


L’accroissement de la demande de granulés ne pourra pas être satisfait par les seuls résidus de scierie. Il sera nécessaire de transformer du bois « normal ».


Le développement de la filière granulés ne pourra donc  se faire que sur la base d’un partage de la ressource à peu près constante, c’est-à-dire au détriment du marché des bûches. Il en résultera une tension sur les approvisionnements et donc sur les prix.


De plus, le remplacement, même partiel, des combustibles fossiles (charbon, fuel, gaz) par du bois entraînera mathématiquement une accroissement considérable de la demande.


Or nous avons vu que la ressource bois restera constante sur les prochaines décennies. Il faudra donc recourir aux importations, avec des incidences imprévisibles sur les prix.


Le rapport final de l’EUWOOD estime que la demande dépassera l’offre entre 2015 et 2020.


Voici leur conclusion:


«if Europe wants enough wood supply for both material and energy


purposes in 2030, action according to a comprehensive strategy should start now » .

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 19:11

1er Février 2011


Les granulés ( pellets ) ont un PCI de 4 700 KWh/T.


Le PCS est un peu supérieur, mais on ne peut en tirer parti que dans les chaudières à condensation.


Une habitation classée D ( moyenne ) dans l’échelle du diagnostic énergétique, consomme annuellement environ 20 000 KWh pour une surface moyenne estimée à 100 m2, soit 1,8 Tep.


( 1 Tep = 11 000 KWh )


Sachant qu’une tonne de granulés équivaut à 4 700 KWh, il faudra donc 4,25 tonnes de granulés pour alimenter l’habitation en énergie.


Dans l’hypothèse où 5 millions d’habitations individuelles seraient alimentées au bois, la consommation de granulés atteindrait 21,5 millions de tonnes par an, soit 8,9 Mtep.


Auxquels il faudrait ajouter les quantités consommées par les chauffages collectifs convertis au bois-granulé, c’est-à-dire au moins autant.


Dans cette hypothèse plutôt conservative il faudrait donc trouver plus de 40 millions de tonnes de granulés par an.


Rappelons qu’aujourd’hui le bâtiment consomme en énergie 68 Mtep, soit l’équivalent de 163 millions de tonnes de granulés.


Ces chiffres donnent une mesure de l’effort considérable que doit accomplir la filière.


Aujourd’hui la production de granulés en France est de 0,35 million de tonnes. La profession vise une production de 1 million de tonnes en 2012.


Il faudrait faire quarante fois plus en 2020.


Ce problème d’approvisionnement n’a pas échappé aux instances Européennes.


Le projet EUWOOD, soutenu par La Direction Générale le l’Energie de la Commission Européenne, avait pour but d’analyser les capacités des espaces forestiers de l’Europe à fournir la demande de bois énergie pour satisfaire les objectifs fixés aux énergies renouvelables.


Il prend acte de la nécessité de recenser les ressources forestières, d’en analyser les possibilités d’exploitation en fonction de leur disponibilité, de la législation, des dispositions sur la protection de l’environnement, et de la répartition entre les différents usages ( bois matériau et bois énergie).


La croissance de la filière bois-énergie ne pourra se faire harmonieusement sans une gestion de la ressource à l’échelon européen.



 


 


 


 


 


 


 


 


 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 19:21

31 Janvier 2011


Le bois-énergie a le vent en poupe.


Mais attention, pas n’importe quel bois. Le bois ordinaire, la bonne vieille bûche de grand’père, qui pétille, qui fume, c’est fini. La cheminée dans laquelle brûlait un bon feu convivial avec des flammes qui léchaient le tapis, c’est fini. Trop de pollution, pas assez de rendement.


Désormais il nous faudra passer de la bûche à la bûchette, ou granulé, ou encore « pellet ».


Le pellet, d’abord créé pour valoriser les sous-produits des scieries, s’est révélé un combustible de qualité idéal pour des appareils modernes automatisés de haut rendement.


Facile à stocker, facile à manipuler, il est une alternative crédible aux combustibles fossiles carbonés, et de plus c’est une énergie renouvelable.


Certes, son pouvoir calorifique est modeste ( 4,7 KWh / Kg ), mais son prix actuel est attractif, avec un KWh à quelques 6 centimes.


Les amateurs de feu de bois se sont précipités sur ce nouvel Eldorado, et actuellement la demande excède l’offre.


Il suffit de regarder l’évolution de la production:


2003:   20 000 tonnes


2008: 240 000 tonnes


2009: 250 000 tonnes


Prévisions 2012: 1 000 000 tonnes.


Remarquons qu’une fois de plus nous sommes en retard sur nos voisins qui produisent déjà trois ou quatre fois plus que nous. Le marché à peine démarré, nous sommes déjà obligés d’importer des pellets pour satisfaire la demande interne ( nous importons l‘Allemagne, d‘Italie et d‘Espagne).


Nous échappons tout de même à la malédiction du photovoltaïque, nous ne sommes pas obligés d’importer des pellets chinois !!! pour l’instant…


La France, qui est un pays où le couvert forestier représente 29% du territoire, ne saurait rester longtemps incapable de fabriquer ses propres besoins de pellets !


Il paraît que des investissements importants ont été engagés pour produire des pellets, acceptons-en l’augure…


L’accroissement de la demande risque de dépasser l’entendement. En effet, ces bûchettes miraculeuses sont convoitées par divers groupes d’utilisateurs:


- Les particuliers et les petites collectivités ( < 100 KW )


- Les réseaux de chauffage distribué ( < 5 MW )


- Les petites centrales thermiques ( < 100 MW )


Un petit calcul élémentaire nous conduit à une demande possible de plusieurs dizaines de millions de tonnes assez rapidement.


Il n’est pas  invraisemblable que la pénurie de pellets se produise avant la pénurie de pétrole…..


Etonnant, non ?

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 16:20

31 Janvier 2011



La mobilisation sans précédent de ces dernières années pour la lutte contre le CO2 s’est, dans un premier temps, focalisée sur l’automobile.


De grands progrès ont été accomplis pour la réduction des émissions de CO2 de nos bolides. Cette grande cause nationale s’est traduite par un renouvellement du parc et donc une relance du marché, ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups.


Quelques esprits chagrins ont bien fait remarquer que réduire le CO2, c’est bien, mais qu’il faudrait un jour s’attaquer aux autres polluants automobiles que sont les oxydes d’azote et les particules, spécialement celles émises par les moteurs diesel.


Directement influentes sur le réchauffement climatique, les particules sont également nocives pour la santé et sont reconnues responsables de nombreuses maladies respiratoires.


Les motoristes français étant de chauds partisans du diesel, le problème ne leur a pas semblé urgent, et la notion de filtre à particules ne s’est imposée que mollement, sans enthousiasme excessif.


Concomitamment à cette guerre du CO2, la perspective d’épuisement des énergies carbonées fossiles a nécessité l’ouverture d’un second front, celui de leur remplacement par des énergies renouvelables.


Se sont alors trouvés en première ligne l’éolien, le solaire et la biomasse.


Si l’ont fait abstraction de l’énergie grise, l’éolien et le solaire sont des énergies propres et renouvelables.


Par contre, la biomasse a moins la cote car elle traine avec elle une  réputation d’émettrice de CO2, le péché originel.


Et puis, tirer de l’énergie à partir des excréments animaux, ce n’est pas très poétique ni très vendeur.


Heureusement, pour sauver la situation, est arrivé un chevalier blanc, le bois-énergie.


Dans une sorte de mouvement perpétuel vertueux les forêts absorbent le CO2, le feu de bois libère le CO2, qui est réabsorbé par les forêts. Le Soleil se charge de faire tourner ce moteur.


Certes, le cycle est lent, le temps qu’il faut pour faire pousser les forêts.


Certes, la réserve énergétique est limitée, elle se mesure dans une nouvelle unité, le KWh/ha/an. Il n’y en aura pas pour tout le monde. Il faudra bien réserver un peu de terres pour nourrir neuf millions de personnes et pour fabriquer quelques Mtep de biocarburants.


Mais ne gâchons pas la fête, et saluons l’aube d’une ère nouvelle qui marque notre émancipation du pétrole.


Les esprits chagrins ( ils ne dorment jamais ) ont vite fait de pointer d’un doigt vengeur les points faibles du système. La poésie d’un feu de bois s’accompagne de fortes émissions de produits dont l’énumération est consternante:


CO2, bien sûr, nous sommes dans le cycle du carbone.


COV, Composés Organiques Volatils, Méthane, Aldéides, terpènes, …


HAP, Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques


Dioxines.


Furanes.


Acide cyanhydrique.


Métaux lourds.


CO


NOx


Créosote.


Oxydes de soufre.


Etc….


Plus d’une centaine de composé ont été identifiés, les mauvaises langues disent même un millier.


Ces produits sont émis avec les fumées et la suie.


Il n’était décemment pas possible de promouvoir la filière bois-énergie sans un sérieux toilettage sous peine de reconstituer en Europe le nuage brun d’Asie.


D’autant plus que dans le même temps se déroulaient les grandes manœuvres contre l’envahissement de notre monde par les nanoparticules.


Or le feu de bois est très émetteur de ces petites bêtes. Raison de plus pour s’intéresser à lui de très près.


Le label « flamme verte » impose des limites d’émission pour les chaudières et les appareils de chauffage indépendants à bois ( poèles et cheminées), et des limites inférieures de rendements.


Le rendement doit être meilleur que 80 à 85% pour les chaudières, et 70% pour les poèles et cheminées, pour les puissances  inférieures à 50 KW..


Les taux de poussières sont limités à 150 mg/m3 et les taux de COV à 100-150 ppm.


On voit que, malgré un bon contrôle de la combustion, les émissions de polluants restent importantes, même avec le label flamme verte.


Dans le cadre du Plan National Santé Environnement, et plus particulièrement du Plan Particules, des mesures incitatives sont prévues (certaines existent déjà) pour moderniser le parc des appareils de chauffage au bois existants:


- Remplacement des appareils anciens, au besoin sous la pression d’une règlementation plus sévère.


- Durcissement des normes, dont le label flamme verte et un exemple.


- Règlementation tendant vers l’obligation de montage de filtres anti particules sur les conduits d’évacuation.


Nous devrons désormais nous passer d’admirer les flammes d’un beau feu de bois dans un foyer ouvert.


Adieu les bûches, bonjour les granulés…..

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 09:37

29 Janvier 2011


En Ile-de-France, le rayonnement solaire global quotidien moyen sur l’année est de 3,4 KWh/m2, soit 1 240 KWh/m2/an.


 

 

 

 

http://www.outilssolaires.com/   


Une installation photovoltaïque moyenne actuelle  présente un rendement global d’environ 8%.


L’énergie électrique produite est donc environ 100 KWh/m2/an.


Chiffre confirmé par l’outil de calcul disponible sur le site

 

http://www.energies-nouvelles.net/outil-calcul-rendement-panneau-photovoltaique-4.html  


Une surface de panneaux de 25 m2 permet donc d’obtenir une production annuelle  de 2 500 KWh.


Cette modeste production permet tout juste d’alimenter un (petit) cumulus pour l’eau chaude sanitaire ( il faut 5,8 KWh pour élever de 50 °C la température de 100 L d’eau).


La plupart des usagers choisissent de revendre cette électricité à EDF, pour profiter des  conditions actuelles extraordinaires de rachat. Ce petit business d’opportunité, qui  génère un chiffre d’affaire annuel de 1 450 euros (0,58 euros/KWh) pour 2 500 KWh, est censé permettre d’amortir l’investissement en moins de dix ans , compte tenu des avantages fiscaux consentis, a condition que l’installation fonctionne encore bien entendu, que les frais d’entretien et de maintenance ne soient pas trop élevés, et qu’on oublie les frais financiers d’un éventuel emprunt.


Une installation de deuxième génération sera basée sur la cogénération. Les capteurs solaires seront des panneaux hybrides constitués de capteurs photovoltaïques montés en sandwich avec des capteurs solaires thermiques à fluide caloporteur ( Air ou eau) .


Dans ces installations modernes on utilisera des cellules PV performantes dont le rendement atteint 25%, soit pratiquement le triple du rendement des panneaux de première génération. De plus la récupération de chaleur évitera la surchauffe des cellules et donc maintiendra leur rendement à sa meilleure valeur.


On obtiendra des rendements globaux de près de 50%.


La même surface de panneaux pourra alors fournir 15 600 Kwh ( toujours en IDF), ce qui suffira aux besoins énergétiques si l’habitation est convenablement isolée.


Cette énergie sera répartie à égalité entre l’électricité et l’eau chaude.


Une telle installation ne peut être efficace que si elle dispose de moyens de stockage car les périodes de forte demande ne correspondent en général pas avec les périodes de pointe de fourniture.


Le développement des technologies de batteries pour les véhicules électriques  laissent espérer la possibilité de stocker une cinquantaine de KWh électriques, voire plus. L’équivalent pour stocker l’eau chaude existe également, quoiqu’un peu plus encombrant.


Les installations de deuxième génération nécessiteront des investissements beaucoup plus importants que ceux qui permettent de vendre quelques KWh à EDF aujourd’hui.


Actuellement le prix moyen du KWh électrique est de l’ordre de 10 centimes; le gaz naturel est encore moins cher. Une installation autonome à cogénération et stockage de l’énergie de 15 000 KWh/an, peut être estimée à 30 000 euros. Compte tenu des frais financiers de l’emprunt et des frais d’entretien, la durée d’amortissement dépasse vingt ans.


Le bilan financier est encore plus mauvais si l’on compare avec une solution mixte qui utiliserait le bois énergie pour le chauffage.


( Le bois est aussi une énergie durable et propre dès lors que le CO2 émis est recyclé, et que la combustion est dépolluée ).


Le recours aux solutions de solaire cogénération ne se justifiera que si le coût de l’énergie conventionnelle augmente significativement, et/ou si une règlementation venait à interdire l’usage du bois énergie, ou à imposer une taxe carbone dissuasive.


L’arrivée d’une seconde génération de capteurs solaires associés au stockage de l’énergie est donc conditionnée par l’évolution du coût de l’énergie et par la règlementation, en particulier les limitations de puissance installée et les tarifs de rachat.


Un autre facteur peut influencer les choix, c’est l’arrivée de la voiture électrique. Un seul véhicule électrique pourra consommer entre 5000 et 10000 KWh par an selon l’usage, ce qui augmentera d’autant les besoins en énergie de l’habitation.


La politique de tarification de l’électricité « automobile » aura une influence certaine sur le marché des énergies nouvelles.


Nous pourrions donc avoir (en France) un tassement du marché du photovoltaïque de première génération, due à la disparition progressive de l’effet d’aubaine du « cadeau EDF », conjuguée avec un retard du développement de la deuxième génération, dû à un manque de rentabilité face aux prix de l’énergie conventionnelle, notamment nucléaire.


Ce que confirme le rapport Charpin:


 « Les spécificités françaises (coût faible de l’électricité, taux d’ensoleillement moyen) impliquent que le déploiement se produira d’abord dans d’autres pays du monde : les opportunités industrielles se situent au niveau mondial ».



 


 

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 18:44

27 Janvier 2011


Actuellement il y a en France environ 100 000 installations photovoltaïques < 3 KW raccordées au réseau EDF ( 0,3 % des 33 millions d’abonnés).


Dans l’hypothèse d’une « rentabilité » estimée en moyenne à 1000 euros par an et par installation, le montant global de la rente versée par EDF sous forme de rachat de cette production photovoltaïque s’élève à 100 millions d’euros (rachat à 50 cents le KWh).


Cette rente est financée par prélèvement sur la facture des autres usagers.


Il y a environ trente  millions d’abonnés , ce qui fait 3,3 euros/an par abonné.


Ce prélèvement modeste est tolérable dès lors qu’il est présenté comme contribution au développement des énergies durables.


Grâce à ce soutien financier la filière s’est développée, un marché s’est créé, et une nouvelle génération de produits apparaît.


Il est donc logique de prévoir une évolution dans plusieurs directions:


D’une part une forte croissance du nombre des installations raccordées. Aujourd’hui, environ 0,7% des 15 millions de bâtiments éligibles sont raccordés. On peut raisonnablement prévoir qu’ils pourraient être 10% dans dix ans, si les conditions restent attractives.


L’énergie rachetée par EDF est aujourd’hui plafonnée:


Les installations résidentielles de petite puissance ( la grosse majorité) sont limitées à E max= (Pmax installée) x ( 1 500 heures) en KWh.


Ce qui fait  4 500 KWh pour la très grosse majorité des installations.


Aujourd’hui la moyenne est autour de 2000 Kwh, ce qui fait 1 000 euros/an à 50 centimes le KWh.


La technologie permet de prévoir un doublement des rendements dans les années qui viennent, ce qui permettra de doubler la production tout en restant dans les limites du plafond.


Dans cette perspective, 1,5 millions de raccordements et doublement des rendements, la rente annuelle versée par EDF atteindrait un montant considérable, dépassant le milliard d’euros.


Le mode de financement actuel ne convient plus pour de telles sommes.


Nous aurions une distorsion de concurrence, les particuliers-fournisseurs étant en situation privilégiée par rapport à d’autres fournisseurs d’électricité français ou européens.


Sans compter avec les autres usagers qui n’accepteront pas longtemps de verser une rente à leur voisin photovoltaïque.


L’expansion du photovoltaïque doit donc s’accompagner d’un retour progressif au vrai prix du KWh.


Il se posera alors la question de la vraie place du particulier dans la filière de production électrique raccordée au réseau.


On peut se demander si c’est vraiment son rôle de se substituer aux grands acteurs professionnels pour la production d’énergie distribuée en réseau national.


D’autre part, la gestion de plusieurs millions de petites unités de production posera d’énormes problèmes de l’offre et de la demande, eu égard au caractère sporadique de leur fourniture, qui dépend le l’ensoleillement.


En effet, on aura remarqué que le Soleil brille en général le jour et de préférence aux heures où la demande d’énergie électrique est faible.


Pour calmer le jeu, Il est d’ores et déjà prévu de diminuer la rente photovoltaïque de 10% chaque année, ce qui conduit à un tarif de rachat de 20 euro cents en 2020 ( contre 58 euro cents aujourd’hui).


Plutôt que de chercher à transformer les particuliers en épiciers du Kilowatt, on peut se demander s’il n’eut pas été plus astucieux d’orienter ce marché vers des installations particulières optimisées pour servir avant tout les besoins du foyer, ce qui correspond à des matériels différents, notamment des panneaux hybrides couplés à des système de récupération et de stockage de chaleur par accumulation. Le développement des batteries de haute capacité pourrait de plus apporter une solution de stockage.


Avoir choisi l’option qui exploite un effet passager d’aubaine financière comporte le risque d’aboutir à une impasse.


Il est possible qu’à partir de 2015 les demandes de raccordement fléchissent, en regard de l’intérêt financier décroissant, qui compromettra sérieusement la rentabilité du placement.

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