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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 19:01

Quels substituts au pétrole dans les transports ?

22 Mars 2017
La disparition de la sainte huile n’est par pour demain, mais les menaces qui pèsent sur elle se font plus précises d’année en année.
- Le danger lié aux émissions de CO2 fossile est de plus en plus pris au sérieux.
- L’accès aux sources nouvelles est de plus en plus difficile, donc de plus en plus onéreux.
- La dépendance à des fournisseurs douteux devient de plus en plus risquée politiquement.
- La taxe carbone, qu’il faudra bien appliquer un jour sérieusement, est une épée de Damoclès qui risque de faire très mal.
- Les projets de séquestration du CO2  n’aboutissent à rien de crédible.
- La dépollution des moteurs thermiques a atteint ses limites sans arriver à un résultat acceptable, et les véhicules polluants seront bientôt bannis des villes.

Tout cela constitue une charge qui justifie de considérer très sérieusement le problème des carburants de substitution.
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La Directive Européenne AFI (Alternative Fuels Infrastructures) d’Octobre 2014, recommande aux Etats-membres de mettre en place des stratégies concertées pour le développement d’infrastructures publiques permettant l’emploi des carburants alternatifs.
L’emploi généralisé des carburants pétroliers normalisés a permis dans le passé d’éviter la création de barrières artificielles qui auraient pu exister si chaque pays avait développé sa propre stratégie en matière de choix et de structures de distribution des carburants.
Il est essentiel d’éviter que l’arrivée des nouveaux carburants ne vienne installer un désordre préjudiciable à la libre circulation des véhicules sur le territoire Européen.
Les futurs carburants sont connus: L’électricité, les biocarburants liquides et le biogaz.
(En espérant ne pas devoir recourir au gazogène en cas de pénurie).
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On aurait pu penser que les biocarburants liquides seraient les premiers à occuper le terrain. En effet, ils peuvent se substituer directement aux carburants pétroliers moyennant quelques modifications mineures des moteurs existants (Flex fuel), et ils peuvent utiliser les infrastructures de distribution existantes sans problème de câbles ni de prises de raccordement, puisqu'un simple tuyau de caoutchouc suffit.
Mais leur emploi à grande échelle, au moins en Europe, se heurte à plusieurs obstacles:
La première génération de biocarburants (G1), la seule disponible aujourd’hui, utilise de la biomasse agricole alimentaire, ce qui est  une façon pour le moins curieuse de lutter contre la faim dans le monde.
Les instances européennes commencent à réaliser que le remède serait pire que le mal.
Par ailleurs de nombreuses études contestent l’intérêt écologique de cette solution, au motif que le gain en émissions de GES serait beaucoup moins important, voire même parfois négatif, si l’on tient compte de l’énergie dépensée pour la culture et la transformation, et des atteintes à l’environnement, notamment les déforestations et l’acidification des sols.
Les dégâts, déjà constatés aujourd’hui, permettent d’imaginer l’ampleur des ravages qu’entraînerait une généralisation de l’emploi de ces carburants.
Mais tout le monde n’ayant pas les mêmes scrupules, et l’argent n’ayant pas d’odeur, cet obstacle pourrait n’en être pas un.
Par contre, un obstacle plus difficile à franchir est constitué par les émissions polluantes de ces nouveaux carburants. Les études parues sur ce sujet font état de résultats assez contradictoires, mais avec une tendance à admettre que les biocarburants G1 émettent autant de NOx et de particules fines que les carburants conventionnels, sinon en masse du moins en nombre. Et l’on sait maintenant que les nanoparticules sont les pires.

Si ces résultats était confirmés, ces produits seraient soumis aux restrictions de circulation en agglomérations, ce qui n’enlève rien à leur intérêt dans les véhicules hybrides électriques ou à gaz.
(Les hybrides électriques rechargeables sont classés dans la première catégorie (vignette Verte) en France).
La seconde génération confirmera ou non le caractère écologique de ces carburants, qui pour le moment suscitent donc quelques réserves.
La troisième génération, les algocarburants, permet d’envisager une production hors sol donc plus respectueuse de l’environnement.
Mais elle est encore au stade du laboratoire.

Le grand intérêt de ces biocarburants du futur réside dans la possibilité, pour les Etats Européens, de saisir l’occasion de reconquérir une grande part d’indépendance énergétique, laquelle est indissociable de l’indépendance politique, comme on peut le constater tout les jours.
A condition bien entendu de les fabriquer chez nous, et de ne pas céder à la facilité offerte par les importations…

Le marché de ces carburants est très loin d’être clarifié.
Entre les engagements de la transition énergétique, les politiques fiscales, les recommandations de la CE, les implications de la PAC, les problèmes techniques d’adaptation des moteurs, les quotas d’importations, les prix des nouveaux carburants, leur caractère écologique ou pas, etc… il est difficile d’y voir clair et d’anticiper l’évolution.
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Le futur de l’électricité dans les transports n’est guère plus évident:
Aujourd’hui en Europe, l’électricité de réseau est encore en très large majorité produite à partir de combustibles fossiles ou de nucléaire. Elle ne peut donc être considérée comme issue d’énergies vertes qu’avec réserve, et sous certaines conditions (Certificats verts ?).
Les batteries sont encore en recherche de maturité, mais l’évolution de la technologie est très encourageante pour l’amélioration de l’autonomie des VE, avec cependant une interrogation sur le coût.
Par contre les infrastructures de recharge de ces batteries sont encore en recherche d’un modèle, et plusieurs années seront encore nécessaires pour y voir clair dans l’ouverture possible des VE aux grands espaces, et bien sûr au niveau Européen.
Entre la charge au domicile sur une prise ordinaire 20A et la charge rapide sur une borne de 350 W, le choix est difficile à faire.
Mais le gros problème de l’électro mobilité demeure l’impossibilité de stocker l’électricité en quantités importantes.
Quant aux véhicules hybrides électriques, leur coût reste élevé de par leur conception même (Bi motorisation).
La pile à combustible n’a pas encore atteint le stade de l’industrialisation,  et son combustible l’Hydrogène, n’existe encore que dans sa version dérivée du pétrole.
Il existe donc des freins réels au déploiement des véhicules électriques sur une grande échelle.
Ils constituent cependant dès maintenant une solution radicale au problème de la pollution automobile en agglomération, même avec l’électricité « actuelle ».

La France, forte de son parc électronucléaire qui fournit une électricité décarbonée, a choisi la mobilité électrique au détriment du Gaz.
Ce choix n’est pas approuvé unanimement.
Le parc électronucléaire est vieillissant et son remplacement rencontre une très forte opposition. En cas de retrait du nucléaire, ou de forte réduction de sa capacité de production, il serait difficile de trouver l’électricité nécessaire à un parc de véhicules électrifiés (Plus de 80 TWh uniquement pour les voitures particulières. Et autant en plus si l’on inclut les véhicules de transport).
L’électricité n’est pas stockable, il n’existe aucun « tampon » entre la production et les pointes de consommation. Le réseau ne supportera pas les pointes de chargement des batteries.
(Contrairement au GNV, qui peut être stocké sans problème sur les lieux de distribution pour les mobiles, ou d'emploi à poste fixe).
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Face à des biocarburants prometteurs, mais pas encore disponibles dans leur version « écologique », et à une électricité impossible à stocker, le Gaz se rappelle à notre bon souvenir en alignant une liste de bons points dont le cumul ne manque pas d’intérêt:

1- Il peut être utilisé dans les moteurs thermiques actuels avec éventuellement des adaptations mineures. De nombreux véhicules utilisent déjà cette technologie, qui a largement fait ses preuves.
2- Il peut être stocké sans problème sous forme gazeuse, la France en possède un stock de 10 Milliards de mètres cubes !
Ce stock participe également à la constitution des réserves stratégiques obligatoires, ce que ne peut pas faire l'électricité.
3- Il est distribué à travers un réseau couvrant tout le territoire.
4- Dans sa version actuelle d’origine fossile (GNV, ou GNC) il apporte déjà dans les moteurs une réduction de 20% des émissions de CO2, et surtout une quasi absence d’émission de NOx et de particules fines.
(En France, les véhicules à gaz bénéficient d’une vignette Crit’air Verte, classe 1 , dans la même catégorie que les véhicules électriques et hybrides rechargeables).
5- Dans sa version renouvelable ( Bio GNV ou Bio GNC) , il est déjà en production à partir de la fermentation des déchets organiques, et depuis peu (2014) à partir des boues de stations d'épuration.
6- Le Bio GNV est déjà  autorisé à l’injection dans le réseau de distribution GRDF.
7- Il se transporte aisément sous forme gazeuse, dans des bouteilles en acier sous une pression de 2 à 300 Bar, sont l’usage est courant dans de nombreuses applications.
8- Il est très énergétique.
Deux bouteilles de 100 L sous 200 Bar représentent une énergie de 360 KWh, permettant de parcourir 500 Km (Voiture moyenne).
9- Le plein peut être fait en quelques minutes à une station équipée de réserve tampon et d’un compresseur.
10- Il permet le mode hybride Gaz/ Essence sans modification, un simple robinet automatique suffit pour passer de l’un à l’autre.
11- L’ADEME a estimé le potentiel de production de Bio Gaz en France à  140 TWh, soit près de 40% de notre consommation actuelle de Gaz naturel.

[Il est important de ne pas confondre le GNV avec le GPL.
Le GNV est essentiellement du Méthane, remplacé progressivement plus tard par le Bio Méthane.
Le GPL est un mélange de Propane et de Butane, qui n’ont pas de correspondant en version renouvelable.
L’accès des parkings souterrains est interdit aux véhicules au GPL, alors que les véhicules au GNV sont autorisés].

Les véhicules au GNV sont déjà très répandus en Europe, 800 000 en Italie, 100 000 en Allemagne, 13 000 seulement en France.
20 Millions d’entre eux circulent dans le Monde.

Si la France a privilégié la mobilité électrique, elle n'a pas pour autant négligé le Bio Méthane.
En 2017, il ya 25 sites de production et d'injection de Bio Méthane dans le réseau GRDF, pour une énergie de 0,35 TWh.
400 autres sites sont en cours de construction, dont un bon nombre produiront à partir de boues d'épuration.
Dans le cadre du programme sur la transition énergétique, l'ADEME prévoit 1 400 sites à l'horizon 2030, pour une production annuelle de 30 TWh.

Le gros avantage du GNV est qu’il est compatible avec les combustibles liquides, moyennant l’ajout d’un équipement de faible coût.
On peut ainsi, pour un coût modéré, acquérir un véhicule hybride, ou adapter un véhicule thermique existant.
Il n’y a donc aucun problème d’autonomie.
De plus l’ajout des bouteilles de gaz n’apporte qu’un faible surcoût, dérisoire par rapport au coût d’une batterie au Lithium de 40 ou 50 KWh.

Tout ces avantages en font une solution très attractive qui apporte, à peu de frais, une réponse à la dépollution de l’air des villes, sans pour autant nuire à l’autonomie des véhicules.

Mais chaque médaille a son revers.
Le gaz s’utilise dans des moteurs thermiques classiques, dont le faible rendement énergétique est connu: 25% en moyenne.
A comparer au rendement d’un VE à batterie, qui peut atteindre 80% avec récupération d’énergie au freinage.
Du strict point de vue de l’efficacité énergétique, le gaz peut sembler  condamné d’avance, même en version Bio.
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Mais, si l’efficacité énergétique est un critère important, elle n’est pas le seul critère à prendre en considération.
Dans l’hypothèse (Et en France c’est plus qu’une simple hypothèse)  d’une réduction de la production d’électricité nucléaire, et d'un abandon des fossiles, les énergies éolienne, solaire et hydroélectrique ne suffiront pas à alimenter à la fois les besoins de tout les secteurs de l’activité, y compris les transports, aujourd’hui gros consommateurs de pétrole.
Il est vraisemblable que l’électricité renouvelable suffira à peine à alimenter les applications spécifiques ne pouvant se passer d’électricité: Electroménager, éclairage, audio-visuel, communications, informatique, domotique, bureautique, pompes à chaleur, machines à froid, robotique, machines-outils, soudure, électrolyse, chemin de fer, etc, etc...
Il est possible que la part restante soit insuffisante, ou pas assez régulière, pour alimenter la recharge des batteries de VE, surtout dans les versions de forte capacité envisagées actuellement (On parle de 60 KWh et au-delà), et les pompes à chaleur dont on fait la promotion aujourd'hui.
Le GNV, suivi du Bio GNV, pourra alors constituer une solution plus que complémentaire, avec les biocarburants liquides, pour parvenir à alimenter tout le monde en énergie.
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Le problème de la transition énergétique n’est plus dans les choix technologiques entre électricité, biocarburants ou biogaz, il faudra les utiliser tous les trois.
Il est relativement facile de produire un peu d'électricité éolienne, un peu d'électricité solaire, un peu de Biocarburant, un peu de Bio Méthane.
D'ailleurs on le fait déjà.
Le problème c'est d'en produire beaucoup, énormément, si l'on veut éviter de se retrouver dans une nouvelle dépendance énergétique vis-à-vis de fournisseurs exotiques pas forcément respectueux de l’environnement ni des conditions de travail.
Le vrai choix sera là:
Acceptons-nous de continuer à dépendre à 80% de fournisseurs d'énergie extérieurs incontrôlables, auxquels nous serons nécessairement asservis, ou bien profitons-nous de la transition énergétique pour redevenir un grand pays capable de se tenir debout sans avoir à nous compromettre auprès de "parrains" pourvoyeurs de notre indispensable drogue ?
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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 19:26

Diesel gate, ou le bal des faux culs…

17 Mars 2017

Le protocole NEDC, utilisé pour l’homologation des nouveaux modèles d’automobiles, date de 1973, presque un demi siècle.
Il n’aura échappé à personne que depuis cette époque les voitures ont légèrement évolué et que ce protocole, déjà très laxiste en 1973, est devenu complètement obsolète.
Aucun ingénieur ne peut ignorer que les résultats de mesures obtenus lors de ce test NEDC sont très flatteurs par rapport aux valeurs effectivement réalisées en usage normal.
Les usagers peuvent également le constater, au moins sur la consommation de leur véhicule.
La profession automobile a toujours été consciente de l’incapacité de ce protocole à rendre compte des comportements réels des véhicules en ce qui concerne les consommations et les émissions polluantes.
Malgré cette distorsion, le protocole NEDC a été maintenu et il est toujours en usage à l’heure où nous écrivons ces lignes.
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Mais les temps ont changé, le réchauffement climatique est devenu l’affaire du siècle, entraînant à sa suite la lutte contre la pollution de l’environnement.
L’intérêt s’est alors porté sur le CO2, les NOx, les particules fines.
L’Etat y a fourré son nez et ces étranges entités, négligées jusqu’alors, sont devenues des critères de classement et de choix pour la clientèle, car  leurs valeurs servent de base à l’établissement des impôts et taxes afférentes.
Et là, on ne plaisante plus.
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Les valeurs officielles, servant de base à l’établissement du classement fiscal des nouveaux modèles, et de la distribution des bonus et des malus, sont donc celles mesurées au cours du test d’homologation.
Le maintien du protocole NEDC, avec les défauts que tout le monde connait, donne donc un caractère officiel à ce qui n’était jusque là qu’une tromperie sans grande importance.
Dès la version Euro 3 de la norme ( Janvier 1993), les taux d’émission de CO2, de NOx, de CO et de particules, étaient mesurés lors de l’homologation.
L’Etat ne pouvait pas ignorer que les taux effectifs d’émission en usage normal étaient différents, voire très différents, des taux « officiels ».
En fermant les yeux sur une tromperie qu’il ne pouvait ignorer, l’Etat a donc cautionné une entorse aux engagements officiels de la lutte contre les émissions de CO2 et de polluants.
Les écarts entre les taux « limites » imposés par les normes Euro, de plus en plus sévères, et les taux réels en usage normal, se sont de plus en plus accentués dans l’indifférence générale, avec la complicité des constructeurs européens et des Etats qui persistaient à regarder ailleurs.
C’était devenu un objet de plaisanteries, une sorte de joyeuse farce sans conséquences.

Mais c’était oublier un peu vite que nos concurrents, en l’occurrence les américains, toujours férus de protectionnisme, recherchent systématiquement le moyen de repousser l’envahisseur.
Etant eux-mêmes en plein aggiornamento automobile, et ayant investi beaucoup dans le domaine des voitures propres, ils n’ont pas manqué d’identifier et d’exploiter la faille de la « combine » européenne.
La justice américaine est puissante, et les citoyens disposent de moyens d’action qui nous sont refusés en Europe. Il a donc bien fallu passer sous les fourches caudines.
La tromperie ayant ainsi été portée au grand jour, il devenait difficile de glisser la poussière sous le tapis.
L’Etat a donc lancé une procédure officielle de vérification des émissions de nos véhicules.
Oh certes, les choses vont leur train et, plus d’un an après la « découverte » du pot-aux-roses par les américains, nous n’avons encore aucune certitude quant à l’implication de nos constructeurs dans cette affaire de dépassement des taux limites.
Il est bien question de « quelque chose » chez Renault, mais tout cela se règlera entre gens de bonne compagnie.
Il sera en tout cas fort intéressant de suivre le déroulement des éventuelles suites judiciaires, afin de comparer nos méthodes à celles des américains.
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Pour compliquer un peu plus le dossier, l’abandon du protocole NEDC au profit du nouveau protocole WLTP a été décidé.
Ce nouveau protocole est plus représentatif de l’usage normal d’un véhicule, mais aussi beaucoup moins tolérant, ce qui aggrave le problème.
Le cumul de ce nouveau protocole avec la norme Euro 6+ place les constructeurs européens dans une situation impossible.
Ils ont demandé, et obtenu évidemment, un report  de l’adoption du nouveau protocole, et des dérogations sur les taux limites, pour une période assez indéterminée.
Ils sont tranquilles au moins jusqu’en 2020, et probablement au-delà.
Mais ce combat d’arrière-garde aura ses limites, et il faudra bien un jour clarifier la situation et revenir aux fondamentaux.
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On peut craindre que la sévérisation des normes anti pollution a atteint un niveau tel qu’il n’est plus possible de les satisfaire réellement avec des moteurs thermiques utilisant des carburants fossiles, surtout si en plus on utilise un protocole de mesure non biaisé.
Le sevrage du pétrole sera douloureux.
Mais, si nos souvenirs sont bons, c’est bien de cela qu’il s’agit dans la transition énergétique.
« on » aurait peut-être pu y penser avant…
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L’abandon des combustibles fossiles au profit des sources d’énergie verte constitue le crédo de la transition énergétique fondée sur la lutte contre les émissions de CO2.
La nécessité de ce sevrage était donc admise par ceux-là même qui ont approuvé cette transition, c’est-à-dire la majorité des pays participants à la CDP (Conférence Des Parties).
Seul restait dans le flou le planning de ce sevrage:
2050 ? Fin du siècle ? Un peu plus tard ? Encore une minute Monsieur le bourreau…
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Mais, à trop scruter le taux du CO2 atmosphérique, on en avait oublié un ennemi plus sournois, la pollution de l’air de nos cités.
L’air de beaucoup de cités fortement peuplées est devenu quasiment irrespirable et deviendra rapidement un piège mortel si des mesures ne sont pas prises rapidement.
Ici ce n’est pas le CO2 le coupable, mais les émissions de gaz toxiques et de particules fines, surtout les nanoparticules.
A tort ou a raison, l’automobile a été montrée du doigt. Sa concentration dans l’espace urbain serait à l’origine des pics de pollution qui dépassent largement les recommandations de l’OMS certains jours.
Il n’est donc plus question d’attendre 2050, ni même 2030, c’est maintenant qu’il faut agir.
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Les tentatives de réduire cette pollution automobile par la réglementation (Normes Euro) ont manifestement échoué.
Quelle que soit la raison de cet échec, la conclusion logique est qu’il faut très rapidement passer à un autre mode de motorisation, qui ne peut être que l’électricité et/ou le gaz, au moins pour les véhicules admis à circuler en agglomérations.
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Nul doute que ce chemin sera long et pénible, surtout dans un pays qui promeut encore l’utilisation du diesel en le laissant bénéficier de taxes réduites…
Il est vrai que nous avons le monopole des solutions originales. Alphonse Allais ne conseillait-il pas de reconstruire les villes à la campagne pour éviter la pollution ?
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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 16:10

11 Mars 2017

La mobilisation contre le compteur Linky ne désarme pas.
Les arguments les plus divers sont utilisés pour « démontrer » son caractère nocif.
Notre intention ici n’est pas d’ajouter notre grain de sel à une querelle déjà suffisamment compliquée, ni de prendre parti, mais de tenter d’éclaircir un point technique qui fait polémique.
Il s’agit d’analyser les conséquences de la présence dans le nouveau compteur d’un interrupteur de courant qui peut être actionné de deux façons:
- Automatiquement lorsque le courant dépasse la valeur correspondant à l’abonnement souscrit. C’est une fonction disjoncteur.
- Ou à l’initiative du fournisseur d’énergie lorsqu’il l’estime nécessaire, c’est une commande à distance, l’ordre est transmis par CPL.
L’arrivée du nouveau compteur provoque des disjonctions automatiques sur certaines installations, qui fonctionnaient correctement avec l’ancien compteur.
Tâchons d’y voir plus clair avant de condamner l’un ou l’autre.
(Cela s’appelle « instruire un procès »).
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L’interrupteur du Linky,  appelé « Breaker » , agit sur la phase. Il remplit la fonction de disjonction auparavant supportée par le disjoncteur de branchement EDF, qui remplissait aussi les fonctions AGCP ( Appareil Général de Coupure Principale) obligatoire dans toute installation raccordée au réseau, et disjoncteur différentiel 500 mA de sécurité.
Comme le Breaker ne remplit pas la fonction AGCP, on a conservé le Disjoncteur EDF.

Le Linky contient un système de mesure du courant et de la tension électronique, très rapide et très précis.
Il contient également une base de temps également très précise, qui lui permet d’échantillonner le courant et la tension à haute fréquence.
(Il peut aussi mesurer le déphasage, la distorsion,  et beaucoup d’autres choses, qui ne nous intéressent pas ici aujourd’hui, mais nous y reviendrons une autre fois).
Le microprocesseur inclus permet de calculer très précisément le seuil de déclenchement du Breaker, la courbe de déclenchement étant définie par le logiciel embarqué.
( N’oublions pas que le Linky est un ordinateur, qui peut faire beaucoup plus que simplement compter des KW).
Le fonctionnement du « breaker » est décrit dans le guide pratique du Séquélec consacré au compteur Linky.
(Le Séquélec est une instance de concertation qui réunit Enedis et les organisations professionnelles des installateurs électriciens)
Extrait du  Guide pratique Ref GP15, Compteur communicant Linky,
« Fonctionnement du « breaker » :
La courbe de fonctionnement du « breaker » du compteur Linky est basée sur la courbe thermique du disjoncteur de branchement à réglage équivalent ».
Reportons-nous donc à cette courbe, ici extraite du catalogue LEGRAND.

 

 

 

Si nous reparlions du compteur Linky ?

Le courant max en régime permanent se lit en haut et à gauche du graphique.
On constate que ce courant, du fait des dispersions de fabrication, est compris entre 1,1 et 1,4 fois le courant nominal correspondant au calibre choisi.
Pour le calibre de 45 A par exemple, le courant de déclenchement sera compris entre environ 49 A et 63 A.
Ceci traduit les dispersion normales de fabrication d’un matériel électromécanique.
La dispersion est du même ordre pour tous les calibres.
Le principe est que le disjoncteur ne doit jamais déclencher pour un courant inférieur au calibre choisi. Donc il déclenche forcément au-dessus, Monsieur de La Palice n’aurait pas dit mieux.
Le au-dessus en question doit tenir compte des dispersions de fabrication, ceci explique cela.
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Le disjoncteur électromécanique est donc très tolérant, puisqu’il permet des dépassements de courant assez larges.
Mais en plus, le réglage du calibre s’effectue par plots et non de manière continue.
Les valeurs courantes sont 15- 30- 45- 60- 75- 90 A.
Pour un abonnement de 9 KVA par exemple, le calibre choisi sera 45 A, car 30A serait insuffisant. Le déclenchement se produira alors entre 49 et 63 A, ce qui correspond à une puissance de 11 à 14 KW environ.
Et ceci pour un abonnement de 9 KVA !
Il y a là de quoi prendre de mauvaises habitudes, et considérer cette tolérance comme un « avantage acquis », ce que n’ont pas manqué de faire certains usagers.
(Et là nous retrouvons la lutte pour la préservation des avantages acquis, fondement de nombreux arrêts de travail, mais ne nous égarons pas).
On ne peut pas leur jeter la pierre, puisque ce système a fonctionné sans heurt pendant plus de cinquante ans.

Depuis les années cinquante, la technologie a fait quelques progrès et l’époque est aux économies d’énergie.

En conséquence, le nouveau compteur Linky est hélas beaucoup moins tolérant.
D’une part, pour un abonnement de 9KA, il vous fixera un courant max à la valeur correspondante, c’est-à-dire 42 A environ, et pas 49 et encore moins 63 .
D’autre part, s’agissant d’un compteur électronique, et on connaît la précision de l’électronique, la précision de la mesure sera excellente et la dispersion très faible.
Plus question de tirer 12 ou 14 KW en régime permanent avec un abonnement de 9 KVA !

Ceci ne fait pas l’affaire des usagers dont la puissance pouvait se trouver dans la zone de tolérance du disjoncteur EDF sans disjoncter, mais qui ne sera pas acceptée par le nouveau compteur.
Encore un avantage acquis qui disparaît…

Et pourtant, au moment où la puissance appelée sur le réseau va devenir un paramètre critique, surtout si l’on arrête quelques réacteurs nucléaires, il serait incohérent de reprocher à ENEDIS de vouloir supprimer les « abus » , même si ces abus étaient tolérés à l’époque faste.

Par ailleurs on comprend la « grogne » des usagers qui ont pu, pendant des décennies, « profiter » impunément d’une faiblesse de la technologie, et qui perçoivent la nouvelle situation comme une nuisance, alors qu’il ne s’agit que de « remettre les pendules à l’heure ».

Dans la même veine, certains automobilistes n’ont pas digéré l’arrivée des radars sur les autoroutes, au prétexte qu’avant ils roulaient à 150 et qu’ils ne voyaient pas de raison de changer si le péage restait le même…

Mes amis, nous sommes à l’ère de la transition énergétique, et la première manifestation de cette transition est l’optimisation de la puissance des installations de production.
Aujourd’hui, avec  90 GW, on est à l’aise, enfin presque.
Mais c’est du gaspillage, et les renouvelables n’y arriveront pas.
Demain, plus question de tirer 90 GW, il faudra faire avec 60 ou 70 GW, voire beaucoup moins en cas de pénurie de vent ou de soleil, et il nous faudra donc surveiller notre appétit de puissance.
Le compteur Linky est là pour nous y aider…au besoin en nous forçant un peu la main.
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Le problème se rencontre en particulier chez les utilisateurs de pompes à chaleur.
Le moteur qui entraîne le compresseur possède une puissance de l’ordre du quart de la puissance de chauffe requise ( pour un COP de 4).
Ce qui fait quand même quelques KW pour une installation conséquente.
Sans précautions, le courant de démarrage peut atteindre plusieurs dizaines d’ampères et causer une réaction du nouveau compteur, là ou l’ancien serait resté de marbre.
Sans parler des problèmes qui surviennent en cas de baisse de tension ou d’absence de système de limitation du courant de démarrage.
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Les clients candidats à l’installation d’une PAC, et même les installateurs, ont donc intérêt à lire de très près la fiche technique du Séquélec (Fiche N0 21).
Particulièrement en ce qui concerne l’abonnement souscrit ( Mini 12 KVA), le courant max de démarrage ( 30 A), l’impédance du réseau au point de raccordement, les fluctuations de tension du réseau, la puissance max de l’ensemble PAC + résistances de relève.
On peut avoir des surprises.
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L’arrivée du Linky aura ainsi contribué à la prise de conscience des usagers, placés bien malgré eux, devant un problème dont beaucoup ne soupçonnaient pas l’existence.
En choisissant d’abandonner les énergies fossiles et le nucléaire au profit des renouvelables, on fait le choix non seulement d’accepter de restreindre notre consommation d’énergie, mais aussi de devoir la partager, car elle devient une ressource limitée.
L’épopée du Linky n’est que le hors-d’œuvre du régime sec qui nous attend.
Autant s’y préparer tout de suite…
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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 11:52

 

8 Mars 2017

En 2 014, la consommation française d'énergie finale, corrigée des variations saisonnières, s'est élevée à 1 900 TWh.
Une partie de cette énergie provient de ressources purement nationales, et qui sont (déjà) des énergies renouvelables:
- Le bois énergie pour 114 TWh
- Les déchets pour 65 TWh
- L'électricité hydraulique pour 57 TWh
- L'électricité éolienne et solaire pour 33 TWh
Pour un total de 269 TWh, soit 14% environ de l'énergie finale.
Encore faut-il préciser que, sur ces 14% d'énergies renouvelables, 9% sont issus d'une production historique ( Hydroélectrique et bois énergie) qui ne doit rien à la stratégie de transition.

[Source:
Commissariat Général au Développement durable,
SOeS/ Service de l'Observation et des Statistiques.
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Paris 2015/ COP 21
"Bilan énergétique de la France pour 2014"]

La France dépend donc de l'étranger pour 86% de ses besoins en énergie finale, sous forme de produits pétroliers, Gaz naturel, Charbon, minerai d'Uranium, et un peu de biocarburants.
(Sans le minerai d'Uranium, qui provient de l'étranger, pas d'électricité nucléaire).

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Ces importations massives d'énergie se traduisent par une facture annuelle qui atteint 55 Milliards, directement indexés sur les cours du pétrole et du gaz naturel.
Alors, stop ou encore ?
Ce bilan rapide, et peu flatteur, nous place quasiment à l'année zéro de la transition énergétique, tant pour la production d'énergie renouvelable, que pour l'indépendance énergétique.
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Cette énergie finale est ainsi répartie par secteurs:

- Résidentiel:            538 TWh
- Tertiaire:                249   " "
- Transports:                560  " "
- Industrie:                275   " "
- Sidérurgie:                  60   " "
- Agriculture, pêche:          56   " "
- Usages non énergétiques*:    162  " "
            Total:        1 900 TWh

*Chimie, solvants, détergents, huiles, bitume, engrais, plastiques,…
_____________

Les secteurs Résidentiel-Tertiaire et Transports sont de très loin les gros consommateurs, c’est donc eux qui auront principalement à supporter le poids de la transition énergétique.
_________________

Ici, il faudrait dissiper une ambigüité:
Lorsqu'il est question de transition énergétique, on évoque généralement l'électricité, ce qui est extraordinairement réducteur, puisque cette électricité ne représente "que" 24,7% de l'énergie finale consommée.
Celle qui reste dans l'ombre, 1 430 TWh, est parfois un peu "oubliée" , peut-être à cause de l'odeur du pétrole et du Gaz naturel, et de la poussière de charbon…
Cette énorme quantité d'énergie, dont on ne parle jamais, allez savoir pourquoi, est utilisée dans les secteurs de l'industrie, des transports, de l'agriculture, et du résidentiel-tertiaire, autant dire partout.

Elle se compose essentiellement d'énergies fossiles:
- pétrole et produits pétroliers:    850 TWh
- Gaz naturel:            370   " "
- Charbon:                  60   " "
Et d'un peu de renouvelables thermiques:
- EnRt:                150   " "
  ( Bois énergie, Biocarburants
    Biogaz)
            Total:        1 430 TWh
__________________

 

 


Analyser la consommation énergétique d'aujourd'hui, c'est bien, mais ce qui nous intéresse, c'est l'évolution de cette consommation d'ici 2 050, dans un peu plus d'une génération.
Pour faire des prévisions, nous ne disposons que d'une donnée à peu près fiable, c'est l'accroissement de la population.
De 1970 à 2010, la population française a cru selon un taux moyen de 0,6%/an. (De 52 Mhab à 66 Mhab).
Ce taux a tendance à décroître, on peut l'estimer à 0,5%/an pour les trente prochaines années, ce qui porterait la population à 78 Millions d'habitants en 2050, soit + 19%.
La tendance récente à l'accroissement des flux migratoires n'est pas de nature à faire baisser ce gradient démographique.
_________________

Pour le reste, personne ne connait  l'avenir des trois prochaines décennies. Toute prospective économique et/ou géopolitique est une œuvre de fiction, quelle que soit la réputation de son auteur.
Il faut donc s'aventurer sur des hypothèses conservatives, car le pire n'est jamais sûr.
L'hypothèse la plus simple, pour ne pas dire la plus simpliste, repose sur deux suppositions:
- La demande énergétique aura tendance à croître au rythme de l'accroissement de la population et de la demande de plus de confort.
- L'effet de l'augmentation de la population sera compensé par les gains d'efficacité énergétique.
D'ici à 2050, 19% d'accroissement de la demande seraient donc compensés par une augmentation de 19% de l'efficacité énergétique.
Ce qui nous conduit à adopter le principe d'une consommation stable pour l'énergie finale, soit toujours 1 900 TWh en 2050.
C'est une hypothèse qui en vaut une autre, elle ne prétend pas représenter la réalité, elle n'est qu'une base de réflexion.
________________

Mais au fait, Quelles sont les estimations officielles ?

La Loi de transition énergétique pour la croissance verte s'est traduite dans un PPE ( Programmation Pluriannuelle de l'Energie) qui fixe des objectifs pour 2018  et 2023, et prévoit une remise à jour tous les cinq ans.
L'hypothèse de départ, sur laquelle est bâti ce PPE, postule que la consommation finale d'énergie en 2050 sera inférieure de 50% à la consommation actuelle.
Soit 950 TWh au lieu de 1 900 TWh aujourd'hui.

[Extrait de
PPE/ Volet relatif à la MDE (Maîtrise de la Demande Energétique)

"Les orientations et actions en matière de maîtrise de la demande énergétique présentées ci-après sont cohérentes avec :
………
-les objectifs de réduction de la consommation finale d’énergie de 20% à l’horizon 2030 par rapport à 2012 et de 50% à l’horizon 2050 "………]
Fin de citation.

Cette projection, extraordinairement optimiste, a été validée malgré l'accroissement prévu de 19% de la population, la demande croissante de confort et d'équipement des ménages, et la probabilité d'une reprise économique qui augmenterait la demande d'énergie.

Bien sûr, une mise au régime aussi draconienne permet de présenter un plan de transition énergétique relativement facile à mettre en œuvre. Par contre il faudra nous expliquer comment s'y prendre pour l'appliquer.
________________

Quel que soit l'objectif quantitatif visé pour 2050, la France est Condamnée  à une quadruple peine:

- Mettre en œuvre un programme d'amélioration de l'efficacité énergétique dans tous les domaines, afin de maintenir la consommation à son niveau actuel, voire même la réduire drastiquement si elle doit être divisée par deux.

- Renoncer à l'électronucléaire, au profit de sources renouvelables.
( Ce n'est pas écrit dans le PPE, mais cela nous semble évident).

- Renoncer aux énergies fossiles également au profit des renouvelables.

- Ramener sur le territoire national une grande partie de la production d'énergie, aujourd'hui limitée à 14%.
En effet, on n'imagine pas une transition énergétique qui consisterait simplement à changer de fournisseurs pour remplacer les produits fossiles et le nucléaire par des produits soi-disant "verts" fabriqués ailleurs que chez nous !!!
_________________

Concernant la première peine, l'efficacité énergétique, elle peut être déclinée selon deux thèmes:
- Chasser le gaspi.
- Améliorer le rendement de transformation des applications.
Deux secteurs sont particulièrement visés.

- Le premier concerne les transports, qui consomment 560 TWh aujourd'hui, essentiellement en produits pétroliers utilisés dans des moteurs dont le rendement moyen de dépasse pas 25%.
Il "suffirait" d'électrifier tout çà pour retrouver un rendement de 80%, et donc d'économiser 330 TWh.
C'est vrai sur le papier, mais la réalité est un peu différente.
En effet, il faut la fabriquer cette électricité, la transporter, la stocker, ce qui ramène le rendement global au mieux à 60% , ce qui nous laisse une économie potentielle de 330 TWh tout de même.
Mais cela suppose d'électrifier tout ce qui roule, y compris les camions de 38 tonnes !
Et bien entendu d'augmenter la production d'électricité de la valeur nécessaire pour faire rouler tout le monde, et peut-être davantage car, en 2050, le nombre des véhicules aura augmenté.

- Le deuxième secteur est le résidentiel-tertiaire, principalement sous forme de chaleur pour la climatisation des bâtiments, et dans les utilisations de l'électricité dite "spécifique", le tout pour le montant respectable de 787 TWh en 2015.
Un travail efficace et continu sur d'une part l'efficacité thermique des bâtiments, et d'autre part sur l'amélioration des rendements des appareils électriques, laisse espérer une économie de 2 à 300 TWh.

Donc, en épargnant 200 TWh sur les transports, et 200 TWh sur le résidentiel-tertiaire, il serait possible de maintenir la consommation finale à 1 900 TWh en 2050.
Mais avec un effort considérable, qui implique des investissements très lourds dans les transports et le bâtiment.

Par contre l'objectif du PPE, diviser par deux la consommation en 2050, nous semble impossible à atteindre, nous n'avons pas découvert la recette.
Mais nous restons ouverts à toutes propositions…
________________

Concernant la seconde peine, le retrait du nucléaire, la situation est au point mort.
Il est bien question d'arrêter un réacteur, peut-être deux, mais seulement lorsque le prototype de la nouvelle série  (EPR) entrera en production.
Pour la stratégie globale de l'électronucléaire, c'est donc le silence radio.
Nous n'en dirons donc rien de plus.
Nous nous bornerons à rappeler que la réduction de la production électronucléaire ne pourrait être mise en œuvre que proportionnellement à la disponibilité d'une énergie électrique renouvelable de remplacement également produite chez nous.
En effet, nous ne pouvons pas compter sur les importations d'électricité, qui sont limitées par la capacité maximale des lignes d'échanges transfrontaliers, et surtout par le prix exorbitant du MWh acheté dans ces conditions.
Il faut ici rappeler que la puissance du parc nucléaire est nécessaire pour faire face aux pics de la demande. Il existe un projet (Smart Grid) de régulation de cette demande pour supprimer les pics, et ceci grâce au nouveau compteur Linky.
Lorsque cette application sera opérationnelle (vers 2025), il sera possible de reconsidérer la possibilité d'arrêter une dizaine de réacteurs.

____________________

La troisième peine, l'abandon des énergies fossiles, est elle aussi conditionnée par la disponibilité d'une énergie de remplacement.
Biogaz, Biocarburants, Hydrogène ?
___________________

Tout cela nous mène à la quatrième peine, le rapatriement de la production d'énergie.
A ce stade de la réflexion, nous devons introduire la notion d'indépendance énergétique.
Aujourd'hui nous dépendons des importations pour 86% de nos approvisionnements énergétiques:
- Tous les produits énergétiques fossiles (Charbon, Pétrole, Gaz naturel).
- La totalité du minerai d'Uranium, avec en plus les compromis politiques indispensables.
- Bois énergie et biocarburants, pour une faible part.
(Oui, nous avons beaucoup de bois, mais…).


Il est évident qu'avant d'établir un plan pluriannuel pour une transition énergétique, il faut d'abord décider si l'on continue à importer 86% de notre énergie, ou si l'on en profite pour acquérir un peu d'indépendance vis-à-vis de nos fournisseurs, tout en réduisant la dette publique.
Aujourd'hui nous ne connaissons pas la position du Gouvernement actuel, ni celle des candidats à la Présidence, qui sont davantage préoccupés par la bataille de boules puantes.
Pauvre France…
__________________

De ce bilan succinct, nous pouvons dresser un tableau des actions entreprises par les gouvernements successifs pour "booster" la transition énergétique dont on nous rebat les oreilles depuis dix ans, car enfin, c'est au pied du mur qu'on voit le maçon.

- La production d'énergie obtenue à partir de sources renouvelables, et dont l'exploitation est récente, en rapport avec la stratégie de lutte contre le CO2 fossile, s'élève à 5% de la consommation d'énergie finale.
Il s'agit d'un peu d'électricité électricité éolienne et solaire, et de Biogaz.
C'est évidemment mieux que rien, mais cela permet de mesurer l'ampleur de l'effort qu'il reste à fournir pour transformer l'essai en succès.

- Notre littoral est vanté pour son étendue et ses régimes de vents favorables à l'éolien offshore.
Pourtant, à ce jour, il n'existe encore aucune éolienne offshore sur notre plateau continental métropolitain, alors que la technologie existe depuis dix ans voire plus, et qu'elle est exploitée avec succès par nos voisins
Pourquoi ?

- Il est de notoriété publique que les énergies éoliennes et solaire ne peuvent être exploitées à grande échelle que si elles sont adossées à des installations de stockage d'énergie électrique.
Il n'existe, à ce jour, aucun projet de développement de telles installations en France.
Pourquoi ?

- L'électrification des transports est l'une des clés qui permettront à la fois de réduire notre consommation d'énergie, et de réduire les émissions de CO2.
Les véhicule électriques existent depuis plus de dix ans.
Or il n'existe encore aucune infrastructure de recharge des batteries digne de ce nom.
Pourquoi ?

- Le Gouvernement s'est engagé à réduire la part du nucléaire à 50% du mix électrique en 2025, mais s'apprête à mettre en service un nouveau type de réacteur destiné à remplacer ceux qui vont être arrêtés à cause de leur grand âge.
Que signifie cette manœuvre ?

Ces "anomalies", constatées dans un pays qui se déclare à la pointe de la transition énergétique, sont la preuve que cette transition n'est pas considérée en haut lieu comme très urgente, et qu'il y a lieu de "prendre son temps" et de voir venir.

Une attitude au demeurant compréhensible, au vu des difficultés de la chose énergétique verte:
- Aujourd'hui nous importons 86 % de notre énergie.
Pour les fossiles, il suffit de signer des chèques et les produits nous sont livrés, et utilisables sans grandes difficultés.
Pour l'Uranium c'est un peu plus compliqué, mais nos anciens ont fait le plus gros de l'effort, il suffit de continuer.
Alors, personne n'est pressé de casser un système qui fonctionne, pour le remplace par on ne sait trop quoi, avec des résultats douteux.

- L'éolien, on en a vite fait le tour.
Pour récolter assez d'énergie, il faut implanter des dizaines de milliers de machines qui défigurent le paysage et sont à l'origine de procès interminables.
Quant à l'offshore, n'en parlons même pas, il n'y a que des coups à prendre.

- Le solaire, avec un rendement de 15%, alors que l'on recherche l'efficacité énergétique, ce n'est pas le pied.
Et puis, cette histoire d'intermittence, on n'en sortira jamais.

- Les bornes de recharge des batteries de voitures électriques ?
C'est bon en ville, mais sur la route il faut des bornes de 300 KW dont EDF ne voudra jamais, et çà coûte un bras. De plus, les automobilistes ne voudront jamais payer le vrai prix de la recharge, on leur a tellement répété que c'était quasiment gratuit…On tourne en rond.

- La pile à combustible ?
Pas encore vraiment sortie des laboratoires. Et quels combustibles ?
De l'Hydrogène vert ? Fabriqué par qui ? Distribué par qui ? A quel prix ? Et avec quelle fiscalité ?

- les Biocarburants ?
Avec un pétrole à trois sous, il faudra subventionner les carburants verts, encore des subventions, qui les paiera ?

- Sortir du nucléaire ?
Une plaisanterie. Il faudrait 30 000 éoliennes de 5 MW pour produire la même quantité d'énergie.
Au prix du MW offshore, il y en aurait  pour 500 Milliards…Et pas assez de place pour planter les machines.

- Investir massivement dans les renouvelables ?
De la provocation, pour un Etat au bord de la faillite.
De toutes façons, "on" a expliqué aux usagers que les énergies renouvelables sont moins chères que les autres. Ils n'accepteront jamais de payer le surcoût de la transition.
De quoi décourager les investisseurs, qui désespèrent de pouvoir vendre leur énergie au prix convenable, dans un pays qui pratique un tarif d'électricité parmi les plus bas d'Europe.

Toutes ces remarques sont à peine exagérées, mais dans chacune il y a un fond de vérité.
Alors, le plus urgent n'est-il pas d'attendre ?
________________

Attendre, oui, mais en préparant le terrain.
Sans investir massivement dans une ou plusieurs technologies, le Gouvernement soutient tous les projets qui peuvent conduire à une acquisition de compétence industrielle pour être prêts, le moment venu, à engager les grands travaux.
Cela concerne les biocarburants de seconde et troisième générations, la filière Hydrogène (Projet GRHYD), la pile à combustible, le stockage d'Hydrogène par injection dans le réseau, les éoliennes offshore, etc.

La stratégie actuelle est surtout basée sur les économies d'énergie dans le secteur résidentiel-tertiaire; celui-ci est l'objet d'une campagne permanente en faveur des travaux de rénovation thermique et de modernisation des installations de chauffage, notamment l'utilisation de pompes à chaleur.
A raison de 500 000 rénovations par an, il faudrait quarante ans pour traiter les vingt millions de bâtiments concernés.

Ce qui devrait laisser le temps de construire quelques fermes solaires et quelques parcs éoliens offshore…Et peut-être de prendre une décision au sujet du nucléaire.

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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 11:08

Les sources du climato scepticisme.

3 Mars 2017
Le changement climatique est aujourd’hui élevé au rang de menace essentielle pesant non pas sur la Planète, qui en a vu d’autres, mais sur l’Humanité.
Très au-dessus de l’explosion démographique, de la montée des extrémismes, de la confiscation des richesses par une minorité, du saccage de l’environnement, du pillage des ressources non renouvelables, de la faim dans le monde, et de bien d’autres malédictions qui mériteraient chacune des actions immédiates, la lutte contre le réchauffement a pris le pas sur tout le reste, elle sous-tend désormais toutes les stratégies de développement économique, et de fait devient un sujet Politique majeur.
__________________

D’abord focalisée sur le réchauffement de l’Atmosphère, la menace s’est étendue au changement climatique en général, incluant l’aggravation du nombre et de l’importance des évènements météorologiques destructeurs, l’extension de la désertification, la fonte des glaces polaires et des glaciers continentaux, l’élévation du niveau des océans, la diminution des ressources en eau douce, et tous autres évènements en rapport avec l’augmentation de l’énergie interne du système thermodynamique atmosphérique et océanique.
(A trop se concentrer sur l'énergie interne microscopique, on en avait un peu sous-estimé l'énergie interne macroscopique).
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Par consensus entre les membres du GIEC, la cause de ce changement climatique a été attribuée pour le principal aux activités humaines, et en particulier aux émissions anthropiques de Gaz à effet de serre liées à l’emploi des énergies fossiles, en tête desquelles a été placé le CO2.
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Selon Larousse:
"Consensus:   Procédure qui consiste à dégager un accord sans procéder à un vote formel, ce qui évite de faire apparaître les objections et les abstentions"
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La procédure du consensus fragilise la position du GIEC, puisqu'elle exclut par définition tout avis différent qui serait émis par une partie non membre du GIEC, fut-elle composée de scientifiques reconnus.
Il ne s’agit donc pas d’un résultat obtenu à la suite d’une approche  scientifique qui, par définition, doit prendre en compte toute réfutation argumentée, d’où qu’elle vienne.
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Un des critères de l’approche scientifique est l’obligation de vérifier une théorie avant de la valider.
Jusqu’à sa validation, une théorie n’est qu’une conjecture.
En mathématiques, une conjecture est validée par une démonstration.
En sciences physiques, une conjecture est validée par la vérification de son caractère opérationnel le plus large possible.
Le caractère opérationnel d’une conjecture sur l’évolution du climat est invérifiable, par définition.
Personne n’a encore trouvé le moyen de se projeter dans l’avenir pour ce genre d’exercice.
Scientifiquement parlant, les prévisions climatiques du GIEC ne sont donc que des conjectures, et elles le resteront par définition.
Les conjectures sont la base de toute recherche scientifique, à condition toutefois qu’elles ne soient pas érigées en dogme, qui exclut par définition toute réfutation.
_______________

Lorsque ces conjectures, impossible à valider par définition, doivent servir de base à la réorganisation mondiale du secteur énergétique, il est normal d’exiger qu’elles soient établies avec la plus grande rigueur possible, et en tenant compte de tous les éléments susceptibles d’y contribuer, sans en excepter un seul.
Ce sont précisément ces deux points qui prêtent le flanc à la critique de la conjecture climatique soutenue par le GIEC.
Cette « présumée faiblesse »  n’a pas manqué d’ouvrir la voie à un courant de pensée qui exige une ouverture beaucoup plus large à la concertation, incluant la prise en compte d’arguments réfutant une partie des thèses officielles, pour autant que ces arguments soient étayés par des éléments scientifiquement analysables.
Il s’agirait d’éviter que la conjecture du GIEC ne devienne un dogme, ce qui ne rendrait service à personne.

Il ne nous appartient évidemment pas de porter un jugement sur ces débats, nous voulons simplement rappeler l’origine de la controverse.
Au risque de l'excommunication majeure, mais sans prendre parti, nous tentons ici de faire une sorte d'état des lieux de la bataille qui oppose l'orthodoxie du changement climatique aux divers mouvements contestataires qui rechignent à accepter la conjecture pour un dogme.
___________________

Pour désigner le courant de pensée qui conteste le caractère d’infaillibilité autoproclamée du GIEC, le terme de « climato scepticisme » est couramment employé.
Ce terme, au demeurant réducteur, fait volontairement ou non l’amalgame entre plusieurs courants très différents, tous mis dans le même sac et qualifiés de négationnistes, donc indignes de la moindre considération.
Ce « tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » , coutumier du monde politique, n’est pas le comportement habituel de la communauté scientifique, au sein de laquelle le principe d’ouverture à la critique est considéré comme facteur de progrès, et même moteur de la recherche.
Le schisme revêt plusieurs aspects:

Certains scientifiques, tout en prenant acte du réel changement climatique, quelles qu’en soient les causes, considèrent que le processus ayant conduit au consensus du GIEC comporte un certain nombre de biais:
- Les paramètres susceptibles d’influencer les variations climatiques n’ont pas tous été pris en compte, soit parce qu’ils ne sont pas encore tous identifiés (La science progresse chaque jour), soit parce que le rôle de certains d’entre eux a été minimisé, ou exagéré,  pour des raisons discutables.
- Les modèles informatiques ayant conduit aux résultats objets du consensus, intègrent des valeurs de paramètres initiaux et des interactions entre ces paramètres, dont les choix sont perfectibles.
- Il existe, de l’aveu même du GIEC, beaucoup d’incertitudes et d’inconnues, qui peuvent conduire à des écarts considérables sur des durées à l’échelle du siècle.

Pour toutes ces raisons, et quelques autres, ces « contestataires » estiment que le consensus actuel porte sur des prévisions fragiles, et qu’il serait raisonnable d’en prendre acte, et de les réactualiser périodiquement en intégrant les progrès réalisés par les chercheurs des différentes disciplines, et en fonction des résultats constatés sur le terrain, même s’ils ne sont pas issus des groupes de recherche « inféodés » au GIEC.

D’autres « contestataires » soutiennent l’idée que la mise en œuvre de mesures draconiennes pour réduire les émissions anthropiques de GES, et notamment la réduction drastique de l’usage des énergies fossiles à travers une lourde taxe Carbone, aurait des conséquences humanitaires pires que celles qui découleraient d’une augmentation de température de deux ou trois degrés, notamment un regain d’intérêt pour l’électronucléaire et un frein au développement des pays du Sud, privés d’énergie.

Un autre groupe met en avant les avantages possibles résultant d’une augmentation modérée de la température, tout en insistant sur la nécessité de gérer cette augmentation dans les régions susceptibles d’en souffrir.

Il faut noter qu’aucun de ces groupes ne conteste le changement climatique, lequel est d’ailleurs visible à l’œil nu, pas plus qu’ils ne remettent en cause la nécessité de préparer le remplacement des énergies fossiles.
Le terme « sceptiques » est donc inapproprié à leur égard.

Par contre, d’autres groupes sont sous-tendus par des motivations moins avouables, pour justifier de traîner les pieds dans la lutte contre les émissions anthropiques de GES, notamment pour défendre certains intérêts, ou par résignation sur l’air de « de toutes façons, quoi qu’on fasse, on consommera les énergies fossiles jusqu’à complet épuisement », ou encore « les énergies renouvelables ne suffiront jamais à satisfaire nos appétits, c’est un combat perdu d’avance », etc.
Ces attitudes négatives, souvent intéressées, doivent effectivement être combattues. Mais elles ne doivent pas servir de prétexte pour tenter de justifier le combat contre toutes les tentatives d’ouverture à une réflexion légitime qui s’écarterait un tant soit peu de la doxa .
______________

Toutes ces réticences cumulées, justifiées ou pas, chacun appréciera par lui-même, finissent par constituer un mouvement qui peut contrarier la dynamique que le GIEC tente d’entretenir autour de ses prescriptions environnementales, entérinées à l’occasion des COP annuelles.
On peut ne pas adhérer à l’un de ces courants de pensée libre, lui être même fortement opposé, mais il n’est pas possible de les éradiquer, sauf à utiliser des méthodes qui relèvent d’un autre âge, même si hélas elles sont encore pratiquées ici et là dans certains pays, comme on a pu le voir ces jours derniers.
L’opprobre, la dérision, la dévalorisation, la censure, ont été impuissantes à faire disparaître cette pensée parallèle.  
On constate, ici et là, que ce mouvement a gagné une partie de la classe politique, et qu’il peut s’exprimer, sinon directement (Quoique), du moins par le zèle déployé ou pas, dans la conduite de la politique énergétique de certains gouvernements.
On peut le déplorer, mais c’est un fait dont on ne peut pas ne pas tenir compte.
Les récents évènements des USA sont une caricature de cette influence, mais elle est présente en d’autres lieux, sous une forme plus discrète, sans pour autant être moins efficace.
___________

L’un des mérites du GIEC est d’avoir montré que la plupart des activités humaines, sinon toutes, ont une influence, bonne ou mauvaise, sur le climat de la planète.
Edicter des règles pour contrôler l’évolution du climat revient donc à édicter des règles pour gérer la Planète, ni plus ni moins.
( Production et utilisation de l’énergie, gestion de l’environnement, lutte contre la pollution, la déforestation, les cultures, la surpopulation ?).

Ce nouveau rôle, dont le GIEC se trouve investi, malgré lui ou en toute connaissance de causes, n’est pas du goût de tout le monde.
Peu de pays sont prêts à accepter un quasi gouvernement mondial qui serait exercé par un organisme dont ce n’est pas la mission première,   dont la compétence est autoproclamée, et dont les décisions ont valeur de dogme, car c’est bien de cela qu’il s’agit.
Cette situation ambigüe ne peut que nourrir le doute et renforcer l’attentisme.
______________

En construisant un monde de progrès technologique fondé sur les énergies fossiles, l'Homme a construit lui-même le piège dans lequel il est tombé.
Une première tentative d'échapper à ce piège fut le développement de l'électronucléaire, qui s'est révélé n'être qu'un autre piège, peut-être pire que le premier, et dont nous devrons également sortir un jour ou l'autre.

Prisonnière de ces deux addictions, notre civilisation dite "développée", a le choix entre la cure de désintoxication, ou la sortie par encore plus de technologie.
Encore plus de technologie, c'est par exemple la fusion nucléaire, sur laquelle certains fondent de grands espoirs, ou encore l'Hydrogène naturel, plus "soft" mais toujours hypothétique.
La cure de désintoxication, c'est la conversion aux énergies renouvelables, en ayant conscience qu'elles ne pourront pas satisfaire nos appétits démesurés d'énergie, et qu'il faudra apprendre à nous serrer la ceinture.
Le GIEC nous a montré la nocivité de nos mauvaises habitudes, mais ce n'est pas lui qui nous indiquera la meilleure façon d'en sortir.
La Politique et la Science n'ont jamais fait bon ménage…

Saurons-nous prouver le contraire ?
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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 15:17

Véhicules électriques, une histoire de bornes de recharge.

28 Février 2017
Le Graphène va donc sauver la voiture électrique.
Ce produit miracle est censé décupler la capacité des batteries, tout en augmentant leur fiabilité et leur longévité, et en réduisant leur coût.
Fini donc la course à l'échalote à qui aura la plus grosse, désormais même une bicyclette pourra afficher l'autonomie d'une Zoe.
Un "réservoir" de 200 KWh pour un poids de 250 Kg permettra une autonomie de plus de 800 Km, Saint Graal enfin atteint qui mettra le VE à égalité avec son homologue à pétrole.
Des démonstrateurs sont annoncés pour 2018, voire même avant, dans les salons.
Nous n'avons personnellement aucune raison de douter de cet extraordinaire progrès, au vu des sommes considérables investies dans les recherches sur le Graphène, et compte tenu de l'attente des marchés pour un tel progrès des batteries, surtout dans la téléphonie mobile, plus accessible à une nouvelle techno.
(On a pu le vérifier à l'occasion de l'épisode des batteries explosives de certains mobiles, qui n'a pas affecté l'enthousiasme des clients. On imagine ce qui ce serait passé si l'affaire avait concerné des batterie de voitures…).
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Mais l'autonomie n'est pas tout.
L'égalité avec les véhicules à pétrole doit inclure également l'égalité dans les facilités de ravitaillement en carburant, ici en électricité.
A quoi servirait une grande autonomie s'il faut perdre des heures pour refaire le plein à une borne poussive ?
Si une batterie de 200 KWh confère une autonomie de plus de 800 Km, la recharge en 15 minutes devient par contre un objectif  de plus en plus difficile à atteindre.
La France a décidé de se doter d'une infrastructure autoroutière de recharge "rapide" de batteries pour VE, afin de leur ouvrir des possibilités routières.
Le cahier des charges prévoit des points de charge d'une puissance de 43 et 50 KW selon le type ( DC ou AC).
De telles bornes ne peuvent délivrer qu'une charge de 10 à 12 KWh en 15 minutes, ce qui est évidemment sans intérêt pour faire un grand parcours, puisqu'il faudrait s'arrêter tous les 60 Km pour "reprendre" 12 KWh.
(Bonjour la queue aux pompes).
Même 30 minutes au lieu de 15 seraient insuffisantes.
Imagine-t-on une autoroute où les stations services ne délivreraient que 10 litres d'essence à la  fois, et en trente minutes ?
Avec ces bornes de 50 KW, l'autonomie de la voiture électrique sera plafonnée à quelques dizaines de Km par la puissance de la borne de charge et le temps de charge autorisé (selon l'affluence).
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Une autonomie théorique de plus de 800 Km ne serait donc raisonnablement exploitable qu'à la condition d'avoir des bornes de charge suffisamment puissantes, capables de délivrer au moins 100 KWh en 20 minutes environ, ce qui requiert une puissance de 300 KW.
C'est l'objectif du projet européen "Ultra e" , soutenu par un consortium européen qui prévoit d'équiper l'axe Autriche-Allemagne-Belgique-Pays bas de bornes d'une puissance max de 350 KW, pour accueillir les futurs véhicules électriques équipés de batteries de forte capacité ( Véhicules particuliers, mais aussi cars et camions, qui commencent à s'y mettre).
Face à cette surenchère européenne, on ne voit toujours pas très bien à quoi pourront servir nos pauvres bornes de 50 KW (Ou même 43 KW AC) sur autoroute.
Par contre elles sont très attendues en ville, où elles seront plus utiles…
Il est stupide d'imaginer que des usagers vont prendre des autoroutes en sachant qu'ils devront s'arrêter tous les 60 Km pour récupérer une dizaine de KWh!
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Le véhicule électrique, c'est comme les poupées russes, un problème en cache toujours un autre.
Aujourd'hui toutes les voitures à essence ont une autonomie de l'ordre de 800 Km, parfois plus. Le coût du récipient qui contient le carburant est dérisoire, il est le même pratiquement pour 40 ou pour 80 Litres.
Il n'en va pas de même sur une voiture électrique.
Le coût du "réservoir" (La batterie et ses accessoires) est directement proportionnel à la capacité de ce réservoir, et c'est un coût très important qui représente une part significative du coût du véhicule.
D'autre part le poids de cette batterie pénalise les performances et la consommation, puisqu'il représente un surpoids équivalent à trois adultes, voire même quatre pour les grosses capacités.
Or l'usager qui désire pouvoir effectuer quelques rares déplacements sur autoroute devra acquérir un véhicule équipé d'une batterie de capacité importante, donc très onéreuse, et très pesante, même si la plupart de ses déplacements habituels ne dépassent 50 Km.
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Pour les déplacements journaliers, une batterie de 20 KWh suffit amplement, que l'on recharge le soir à la maison, mais il faut une capacité quatre à cinq fois plus importante pour les parcours autoroutiers de plusieurs centaines de Km.
Un nouveau modèle économique est donc à inventer pour concilier ces besoins très différents, sans contraindre l'usager à acheter une grosse routière à 40 000 pour aller au bureau ou accompagner les enfants à l'école.
Peu d'usagers auront les moyens d'acheter deux VE, l'un pour les usages journaliers, et l'autre de forte puissance avec une grosse batterie pour fréquenter les autoroutes.
On pense alors évidemment à la voiture hybride.
Mais alors, à quoi serviront les batteries de 150 KWh puisque l'hybride permet de rouler sur autoroute avec un moteur flex fuel  ?
A faire la promotion des biocarburants ?
Et tant qu'on y est, pourquoi ne pas rouler au Bio GNC et oublier complètement l'électrique ?
(Rappelons que les véhicules au GNC ne sont pas touchés par les restrictions de circulation et sont autorisés à stationner dans les parkings souterrains, ne pas confondre GPL et GNC).
Autant les batteries de très forte capacité ( Plus de 150 KWh) seront indispensables pour les cars et les camions électriques, autant leur usage dans les voitures particulières sera moins évident, à cause de leur coût difficilement justifiable lorsque 80% des parcours ne dépassent pas 50 Km.
L'usager qui désire investir dans une auto lui permettant d'échapper à la chasse à la vignette aura bien du mal à faire son choix.
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Cette course à l'échalote entre la capacité des batteries et la puissance des bornes de recharge risque fort de trouver ses limites dans les capacités du réseau à fournir de telles puissances à un grand nombre de véhicules simultanément.
Aujourd'hui, il s'agit de fournir à quelques "happy few" les moyens de recharger les batteries de leurs berlines de luxe, encore très minoritaires sur les autoroutes. Il  n'y a donc aucun problème.
Mais l'objectif du plan pour l'électro mobilité est l'électrification quasi-totale du parc de véhicules particuliers, et d'un grand nombre de camions et de cars.
Avec l'augmentation considérable de la puissance des bornes de charge, le problème change de dimensions.
Pour éviter de déséquilibrer le réseau de distribution électrique, les stations de charge devront être adossées à des installations de stockage tampon dimensionnées en fonction du débit de ces stations.
Certaines d'entre elles devront même fabriquer une partie de leur électricité sur place grâce à des panneaux solaires ou des éoliennes.

L'ampleur de ces investissements sera à mettre en balance avec d'autres solutions de mobilité comme la voiture hybride, la pile à combustible, ou le Biogaz.

De quoi regretter la simplicité des carburants pétroliers…
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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 10:40


 

23 Février 2017

En Mai 2012*, cinq ans déjà, nous nous interrogions sur les raisons du peu d’enthousiasme des usagers pour les nouvelles voitures électriques.
Nouvelles, car c’est la troisième fois en cinquante ans que l’on nous refait le « coup » de la voiture électrique à batterie.
* 27 Mai 2012, «  Voiture électrique cherche marché désespérément. »
Nous ne reviendrons pas sur cette saga, que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, et qui d’ailleurs ne les intéresse pas.
Cette fois c’est juré, c’est la bonne. C’est du moins le discours officiel qui présente cette nouvelle version comme LE remède au changement climatique.
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Avant d’aller plus loin, nous devons préciser que la voiture électrique dont nous parlons ici est le VE, dont la seule source d’énergie est une batterie.
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Déjà en 2012 on pouvait identifier quelques uns des motifs de méfiance des futurs acheteurs:
- C’est pas au point, çà évolue tout le temps.
- C’est nouveau, donc il y a forcément des plâtres à essuyer.
- L’ancien système (Essence et diesel) fonctionne, je ne vois pas pourquoi j’en changerais.
- C’est compliqué et bourré d’électronique, et les batteries ne sont pas au point.
- C’est beaucoup trop cher, même avec le bonus.
- Il faut recharger une batterie, et cela prend des heures.
- L’autonomie est ridicule.
- Les performances sont lamentables.
- Je ne pourrait pas recharger ma batterie sur la route.
- A la revente j’y perdrais beaucoup.
- Etc…
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Nous nous posions alors la question de savoir quelles circonstances nouvelles pourraient faire évoluer cette situation:
- L’accroissement de l’autonomie des VE grâce à une batterie révolutionnaire.
- Idem pour leurs performances routières.
- Une hausse drastique du prix des carburants pétroliers.
- Le prix de l’électricité durablement bas.
- Nouvelle règlementation interdisant les centres villes aux véhicules émettant plus de 50 g de CO2 au km ( Coucou la pastille verte).
- Instauration d’une taxe carbone dissuasive.
- Déploiement d’une infrastructure publique de recharge rapide des batteries.
- Un éventuel rationnement des carburants.
- Une relative stabilité de la technologie.
- Une baisse significative du prix des VE.
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Aujourd’hui, cinq ans plus tard tout de même, moins de trois voitures sur mille sont électriques, et cela malgré les avantages mis en avant par les constructeurs, et les aides de l’Etat:
- Aucune émission de CO2, de NOx, ou de nanoparticules.
- Bonus à l’achat considérable.
- Le plein pour trois fois rien.
- Entretien nul.
Avantages réels, faut-il le préciser.
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Que s’est-il donc passé pour expliquer ce qu’il faut bien appeler un désintérêt de la clientèle ?
Voyons comment le contexte a évolué en cinq ans.

La nouveauté demeure permanente et, même si la fiabilité est démontrée, l’évolution constante de la technologie des batteries entraîne un renouvellement fulgurant des modèles; les standards de prises de raccordement et les modes de charge sont une jungle incompréhensible pour l’utilisateur. Il faut lire un tableau à double entrée pour savoir quelle prise correspond à quelle borne et à quel type de charge.
- Au lieu de baisser, comme tout produit après la phase d’apprentissage, le prix des VE est tiré vers le haut par l’augmentation de capacité des batteries, au demeurant justifiée, sans que l’on sache où s’arrêtera cette course à l’échalote.
- La recharge des batteries reste le problème, qui s’aggrave à mesure que leurs capacités s’accroissent.
Parti de 15 KWh à ses débuts, la capacité est passé à 30 KWh; on parle de 60 KWh pour 2018, et certains flirtent déjà avec les 100 KWh.
Les infrastructures de charge ne sont pas conçues pour suivre une telle surenchère.
Le VE est toujours un ORNI, Objet Roulant Non Identifié.
Il cherche toujours sa voie entre le pot de yaourt et le char d’assaut. Le moindre modèle « milieu de gamme » est plombé par la surcharge de la batterie, équivalente au poids de trois adultes dans le meilleur des cas.
La course à l’échalote pour l’autonomie induit des modifications permanentes des modèles et de leurs performances, frappant d’obsolescence prématurée des voitures de trois ans.
Le réseau public de charge des batteries reste embryonnaire, et peine à suivre les besoins des nouvelles batteries.
L’autonomie réelle demeure très inférieure à celle de n’importe quel modèle thermique, en sorte qu’un déplacement de plus de cinquante kilomètres devient une aventure, et qu’il faut être kamikaze pour s’engager sur une autoroute.
L’incertitude sur la durée de vie des batteries, dont le coût est stratosphérique, plombe de marché de la revente.
Le prix des carburants pétroliers demeure  acceptable, les hausses annoncées ne se produisent pas.
Si le coût de l’électricité au domicile reste sous contrôle, il n’en est pas de même sur la route où une charge rapide peut coûter un bras.
Les prix qui seront pratiqués dans le futur sur ces bornes publiques ne sont évidemment pas encadrés par le Gouvernement, comme l’est le tarif réglementé à domicile, ce qui n’est pas pour rassurer un futur acheteur.
En effet les gestionnaires de stations de recharge ne sont pas des marchands d’électricité, mais des sociétés de service.
Enfin, au moins jusqu’au 1er Avril 2017, il n’existe aucune réglementation justifiant l’abandon d’un véhicule thermique, fut-il diesel, au profit d’un VE.
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Les problèmes identifiés en 2012 n’ont donc pas vraiment trouvé de solution en 2017.
Le VE à batterie a-t-il rencontré ses limites ?
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Si l’on examine le problème de façon dépassionnée, il apparaît que le problème de fond est toujours la batterie.
Aujourd’hui, l’autonomie du véhicule reste limitée par le poids de la batterie et son prix.
Les meilleures technologies, qui associent à la batterie un super condensateur, ne peuvent descendre en-dessous de 4 à 500 Kg pour une capacité de plus de 100 KWh, qui serait nécessaire pour commencer à égaler l’autonomie des véhicules thermiques.
Le prix prohibitif de cette solution n’est pas compatible avec le marché visé, qui est celui de la voiture moyenne.
Et de plus, le surpoids énorme plomberait les performances, ce qui entraînerait la nécessité d’un moteur surpuissant, donc consommant davantage.
On assisterait alors à une course entre la capacité de la batterie et la puissance du moteur !!
Même en supposant une amélioration significative de la capacité énergétique spécifique des batteries, qui rendrait possible le montage d’une batterie de 100 KWh dans une voiture moyenne, il subsisterait le problème de la puissance des bornes de chargement rapide.
Le projet actuel de bornes de 50 KW est déjà largement obsolète, nos voisins envisagent des bornes de 350 KW.
Une généralisation de ce type de batteries et de bornes entraînerait une surcharge du réseau inacceptable.
Mais alors, c’est l’impasse ?
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Non, car Père Noël est arrivé !
Il transporte dans sa hotte magique un nouveau type de batterie révolutionnaire, c’est la batterie au Graphène.
Le Graphène, c’est du Carbone dont les atomes sont disposés de manière à conférer au matériau des propriétés extraordinaires qui en font, selon les experts, le produit du XXIè siècle ni plus ni moins.
Utilisé dans les batteries, il permet paraît-il de multiplier par dix la capacité énergétique spécifique, de réduire l’échauffement, de pratiquer la recharge ultra-rapide (100 C), d’augmenter la durée de vie, et d’apporter bien d’autres avantages, dont le moindre n’est pas le prix.
Evidement disent les sceptiques, tant de qualités revendiquées inspirent la méfiance, encore un produit miracle qui s’effondrera au contact des dures réalités du cahier des charges automobile.
Ne portons pas de jugement avant d’avoir vu ces nouvelles batteries à l’œuvre, elles sont annoncées pour 2020.
Affaire à suivre.
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:52

Comment sortir du nucléaire ?

5 Février 2017
Petit sondage:
A la question "Faut-il sortir du nucléaire ? ", la réponse est oui.
A la question "Peut-on sortir rapidement du nucléaire ?" la réponse est non.
La première question, posée aux citoyens responsables, traduit leur crainte de se voir un jour confrontés à un accident majeur dont la probabilité n'est pas nulle, comme l'ont démontré les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima.
Et, comme dit la sagesse populaire, plus un pneu est usé, plus il a des chances de crever.
Osons imaginer un instant l'état du pays et des populations si un seul de nos 58 réacteurs venait à "perdre les pédales" et à nous offrir un feu d'artifice incontrôlable et dévastateur…
Vous réalisez la Loire, le Rhin, ou le Rhône, souillés irrémédiablement par des rejets comparables à ceux de Fukushima dans le Pacifique ?
La seconde question est posée aux industriels énergéticiens.
Leur mission est de fournir au Pays l'énergie électrique dont il a besoin "hic et nunc".
Aujourd'hui, ils n'ont tout simplement pas les moyens de remplir leur mission sans l'électronucléaire.
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Voilà à peu près l'état du "dialogue" qui sous tend la transition énergétique.
Il est urgent de sortir de cette guerre de tranchées si l'on veut éviter d'enfoncer le pays dans une situation énergétique sans issue autre que la dépendance problématique aux fournitures extérieures.
Les couplets lyriques des Gouvernements successifs sur la stratégie de transition énergétique n'ont pas apporté d'éclaircissement sur l'avenir du nucléaire, tout simplement parce que ce problème les dépasse complètement.
Nos hommes politiques sont hélas plus habiles à gérer les problèmes de menus dans les cantines, à préparer les prochaines élections, ou à échanger des boules puantes.
Il a fallu un général pour lancer le programme nucléaire, en faudra-t-il un autre pour l'arrêter ?
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Pourtant, dans le domaine de la stratégie électro nucléaire, l'Etat a toutes les cartes en mains, puisqu'il est à la fois le régulateur de par la Loi, et l'industriel de par son actionnariat à 85,6% dans EDF, qui est l'opérateur historique à travers RTE, ENEDIS et EDF-EN.
A condition toutefois de ne pas s'égarer dans les arcanes de sa double mission.
En tant qu'Etat, il se doit de définir une stratégie de transition énergétique en accord avec ses engagements internationaux, et en tant qu'industriel il doit à la fois remplir sa mission de service public, c'est-à dire fournir de l'électricité sans interruption, tout en veillant à la bonne gestion de l'entreprise dont il est l'actionnaire quasi unique et le pourvoyeur de fonds à travers les recapitalisations.
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Ce rôle d'équilibriste apparaît par exemple dans l'affaire du scénario de la fermeture de Fessenheim (Ou plutôt du psychodrame).
L'Etat-Etat exige la fermeture d'un outil industriel, qui lui appartient à 85,6% et qui est opérationnel, productif et rentable, au motif que lui, Etat-Etat, a décidé de la fermer au nom de sa stratégie de transition.
Et l'Etat-Industriel, en bon gestionnaire de son affaire, exige de l'Etat-Etat des indemnités de compensation des pertes de production.
Et de plus, dans le respect de sa mission de service public, l'Etat-industriel remplace deux vieux réacteurs par un réacteur tout neuf qui lui permettra de continuer à fournir l'électricité que réclame le pays.
Tant que ce "montage" farfelu perdurera, toute sortie du nucléaire sera exclue.
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Lorsqu'une personne décide de changer de vêtements, quelle qu'en soit la raison, elle commence par s'en procurer de nouveaux avant de jeter ses vieilles fripes, il n'est jamais agréable de se retrouver tout nu.
Cette évidence vaut également pour l'outil de production d'électricité.
En l'occurrence, le nouveau vêtement électrique doit être conforme à la nouvelle mode, c'est-à-dire propre, renouvelable et décarboné ou à carbone recyclable.
Il faut donc choisir parmi l'éolien, le solaire, l'hydraulique, les centrales à biogaz, la géothermie, les biocombustibles.
Et bien sûr, le nouveau costume doit être taillé aux mesures du précédent, en l'occurrence il s'agit d'une taille XXL de 500 TWh.
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Il y a donc un malentendu de fond qu'il serait souhaitable de dissiper pour espérer un jour voir clair sur la possibilité d'une transition énergétique.
La première bataille à mener n'est donc pas pour le retrait du nucléaire, mais bien plutôt pour le développement du nouveau costume qui pourrait rendre possible le remplacement du nucléaire à moyen terme.
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Sur le terrain, il y a incontestablement une activité, soutenue par des aides de l'Etat relativement importantes, dans deux domaines clés:
Les économies d'énergie, et le développement des moyens de production à partir de sources renouvelables.
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Le premier domaine mobilise d'une part les industriels fabricants de matériels consommateurs d'énergie (Electrique ou pas), et d'autre part le secteur du bâtiment pour ce qui concerne l'isolation thermique et l'efficacité énergétique en général, et bien entendu l'industrie des transports.
L'établissement de nouvelles normes, leur mise en application, le remplacement des matériels ou des processus anciens par des nouveaux, sont des opérations coûteuses dont les résultats ne se feront sentir qu'au bout de plusieurs décennies notamment dans le bâtiment, particulièrement en retard sur le programme de rénovation thermique.
Même si les améliorations apportées à l'efficacité énergétique sont indéniables, l'impact sur la consommation d'électricité dépendra de plusieurs facteurs:
Par exemple l'optimisation du chauffage des bâtiments pourra conduire accessoirement au remplacement de l'électricité par le Gaz naturel, ce qui reviendra à émettre davantage de CO2 puisque l'électricité actuelle (et future) est non émettrice. On aura donc une baisse de consommation électrique, mais au prix d'un accroissement des émissions de CO2 !
Autre exemple, la voiture électrique. Son développement réduira les émissions de CO2 mais augmentera significativement le besoin d'électricité.
De même, là où on remplacera un chauffage au fuel par une pompe à chaleur, grosse consommatrice d'électricité !
On voit donc que la campagne pour l'efficacité énergétique n'ira pas forcément dans le sens d'une réduction de consommation d'électricité.
Les 500 TWh d'aujourd'hui risquent fort de se transformer en 700 TWh dans deux ou trois décennies, ne serait-ce que par l'effet de l'accroissement de la population, du nombre des ménages, du développement des pompes à chaleur, et l'électrification des transports.
Le nier serait s'exposer à de graves déconvenues.
S'imaginer qu'il "suffira" de changer nos habitudes de vie est une autre illusion, fort répandue hélas, qui conduirait au même résultat.
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Le second domaine, développement de la production d'électricité "verte", est plombé par l'existence de l'électronucléaire.
En effet, la France est déjà productrice d'une électricité à plus de 90 % décarbonée.
75% d'électronucléaire.
10% d'hydraulique.
 7%  Eolien + Solaire + Bioénergies (Centrales au Biogaz et Biomasse)
Le thermique fossile n'intervient que pour compléter le mix et suppléer aux éventuels déficits d'eau, de vent ou de Soleil, et compenser l'intermittence.
Les objectifs internationaux de réduction des émissions de CO2 sont donc déjà atteints très au-delà des exigences, du moins pour l'électricité.
Ce qui explique le peu d'empressement de l'Etat à aller gaspiller les sous qu'il n'a pas, pour fabriquer une électricité dont il n'a pas besoin aujourd'hui.
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C'est ainsi que l'on constate que le développement des installations de production électrique à base d'énergies nouvelles revêt l'aspect d'un certain désordre, en tous cas sans stratégie claire et structurée.
Un coup on va dans le photovoltaïque car on y voit un effet d'aubaine, pour laisser tomber lorsqu'il est question de s'affronter au marché.
On encourage des PME à innover dans des panneaux PV de hautes performances, et on laisse tomber dès que les chinois haussent un sourcil.
On vante le potentiel éolien du littoral français, mais on est incapables de planter une seul éolienne à cause des recours des anti-éolien et des écologistes, ce qui semblent d'ailleurs arranger tout le monde.
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Mais malgré cela, la production électrique à partir des énergies renouvelables, raccordée au réseau, est significative:
58,7 TWh pour l'Hydraulique
21    TWh pour l'éolien
7,9   TWh pour les bio énergies
7,4   TWh pour le solaire  
Pour un total de 95 TWh , soit 18% de la production électrique ( Bilan RTE 2015).
Dont l'essentiel, l'Hydraulique, ne doit rien à la récente transition énergétique.
La transition énergétique implique le remplacement de la production nucléaire et fossile par du renouvelable:
416,8 TWh de nucléaire
34,1 TWh de thermique fossiles.
Dans l'hypothèse d'une consommation stable.
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Il faut donc fabriquer un supplément de 450 TWh de renouvelable.
C'est aussi simple que cela.
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Comment faire ?
On pourrait peut-être commencer par prendre conscience des enjeux réels, et cesser de se considérer comme des leaders alors que nous sommes à la remorque de nos voisins européens et à la merci de la concurrence des chinois.
Ensuite, prendre la mesure de la tâche qui nous attend.
Pour remplacer l'électronucléaire et les fossiles, il nous faut trouver quelque part une production annuelle de 450 TWh à partir de sources renouvelables, et construire les installations de compensation de l'intermittence de ces sources.
Cette production doit être répartie entre Eolien, Solaire, Hydraulique, et Biomasse.
Les parts respectives dépendront évidemment des choix stratégiques, qui ne sont pas déterminés aujourd'hui, et pour cause.
Faisons donc une hypothèse:
Eolien          30%        135 TWh
Solaire         30%        135 TWh
Hydraulique 20%          90 TWh
Biomasse    20%          90 TWh
Rappelons qu'il s'agit d'une production qui viendra s'ajouter à la production déjà existante. Il s'agit donc d'installations nouvelles entièrement à construire.
___________________

135 TWh d'éolien,
cela signifie au choix, 35 000 éoliennes terrestres de 2 MW, ou 7 300 éoliennes offshore de 6 MW.
Dans le projet de parcs offshore de la côte atlantique, les éoliennes sont espacées de 1 Km, et disposées sur plusieurs rangées elles-mêmes distantes de 1,3 Km.
Selon ce standard, 7 300 éoliennes, disposées sur trois rangées, occuperaient donc un espace de près de 2 500 Km de longueur,  ce qui est évidemment inconcevable !!!
Oublions donc les 7 300 machines offshore et soyons plus réalistes.
Entre les côtes atlantique et méditerranéenne, on devrait pouvoir squatter environ 500 Km (!), ce qui permettrait d'installer grosso modo 2 000 grosses éoliennes flottantes d'une dizaine de MW, soit 20 000 MW installés, pour une production annuelle de 60 TWh.
Le reste, 75 TWh, devra être produit par des éoliennes terrestres, soit environ 20 000 machines de 2 MW, qui viendront s'ajouter aux éoliennes         déjà existantes.
_______________

135 TWh de solaire, cela nécessite 100 000 ha , en prenant pour référence la récente ferme solaire de Cestas ( 350 GWh, 260 ha).
90 TWh d'Hydraulique, cela signifie ajouter une fois et demi la capacité hydraulique du parc actuel .
90 TWh de biomasse, cela signifie 20 centrales thermiques au Biogaz, ou à la Biomasse.

A ces installations, il faudra bien sûr ajouter les moyens de stockage d'énergie nécessaires à la compensation partielle de l'intermittence de la production. Compter au moins 200 TWh de stockage.
Y a plus qu'à ….
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Au fur et à mesure que ces nouvelles installations entreront en production, les réacteurs nucléaires pourront être fermés et leur démantèlement entrepris.
A une dernière condition toutefois, qui est la mise en place du réseau intelligent, dont le rôle sera de lisser la demande de puissance afin d'éviter les fluctuations d'une demande anarchique qui oblige à conserver une puissance très supérieure à ce qui devrait être raisonnablement nécessaire.
On pourrait dès aujourd'hui fermer une dizaine de réacteurs si le réseau intelligent était opérationnel, et si nous disposions des capacités de stockage d'électricité suffisantes pour compenser l'intermittence des renouvelables déjà existantes.
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Une tâche d'une telle ampleur ne pourra être accomplie que sur une durée d'au moins trois décennies, à condition d'être soutenue par la volonté sans faille d'une structure indépendante des changements de couleur des gouvernements successifs, et de disposer de budgets à la hauteur des enjeux.
Ces investissements seront évidemment financés par le contribuable à travers le tarif du KWh qui pourra devenir progressif, et la CSPE qui a été créée pour cela.
Des investissements privés interviendront éventuellement plus tard lorsque la rentabilité sera démontrée, mais le KWh sera toujours payé par le consommateur.
(En matière d'énergie électrique, le consommateur est également le contribuable, on n'échappe pas à son destin…).
A terme, un budget annuel de 40 à 50 Milliards pourrait être nécessaire, ce qui conduirait à charger le KWh d'une surtaxe de 8 à 10 centimes, ce qui porterait son prix à un niveau comparable à celui de nos voisins allemands (Vous savez, ceux qui ont beaucoup investi dans les renouvelables, et qu'on nous cite en exemple…).

 A titre de comparaison, 1 litre de supercarburant  supporte une surtaxe de 60 centimes. Le rendement moyen d'un moteur thermique étant de 20%, l'énergie "utile" obtenue est de 10 KWh x 0,2 = 2 KWh par litre.  
Ce qui porte la surtaxe à 30 centimes par KWh utile .
Ce qui relativise quelque peu la surtaxe qui pourrait être appliquée à l'électricité.

D'importants obstacles devront être franchis, qui introduiront au mieux des délais supplémentaires de procédure, et au pire des annulations de projets:
- Autorisations d'implantations des milliers, voire des dizaines de milliers d'éoliennes, à terre et/ou en mer.
- Acquisition des 100 000 ha de foncier pour installer les fermes solaires.
- Identification et réquisition des sites propices aux installations hydrauliques devant plus que doubler la production actuelle à terme.
- Acquisition de l'espace littoral propre à l'établissement de STEP marines à proximité des parcs éoliens offshore.
L'acceptation par les populations de ce qui sera perçu comme un envahissement, sera la clé de la réussite:
PDMJ (Pas Dans Mon Jardin), protection de la biodiversité, nuisances visuelles, destruction de faune sauvage, troubles de jouissance, destruction de terres agricoles, d'espèces protégés, etc.
Sans parler des problèmes du transports et de l'enfouissement des déchets actifs provenant des démantèlements.
Nombreuses seront les raisons de susciter des oppositions, qui pourront à la longue vider les projets de leur substance et faire fuir les investisseurs.
____________________

En contrepartie, ces travaux et ces investissements induiront une activité économique génératrice d'emplois sur plusieurs décennies, et donneront à l'industrie française un second souffle susceptible d'arrêter son déclin.
A condition toutefois que ces travaux ne soient pas sous-traités à des entreprises étrangères, avec des matériels et des machines d'importation, et des bénéfices offshore.
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Donc oui, on peut sortir du nucléaire, mais à condition de construire au préalable des installations de production à base d'énergies renouvelables, et d'une capacité équivalente à la production nucléaire.
Cela peut être fait en trente ans et à travers de nombreuses péripéties, à condition de consentir d'y consacrer un peu d'argent et d'accepter des compromis notamment en matière de protection de l'environnement,  d'aménagement du territoire, et de contrôle de l'utilisation de l'énergie.
Une tâche bien ambitieuse pour un pays dont le premier ministre lui-même déclarait qu'il est en faillite…
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 19:03

Cher, très cher éolien offshore…

31 Janvier 2017
La France, forte de son électricité nucléaire et hydraulique qui lui garantit déjà le précieux fluide décarboné à 85%, n'est pas pressée de dépenser ses sous pour faire tourner en mer des moulins à vent qui ne lui apporteront que des soucis et des querelles de voisinage.
Mais on peut difficilement à la fois se targuer d'être le flambeau de la transition énergétique, et se vanter de posséder un littoral offrant le meilleur potentiel éolien, tout en restant les deux pieds dans le même sabot.
Il fallait donc bien à notre tour planter quelques poteaux en mer sous peine de passer pour des charlots, surtout après les proclamations des COP 21 et de la fiesta de Marrakech.
L'Etat avait donc émis en 2012 un appel d'offres pour la construction de quelques parcs éoliens offshore à implanter sur le plateau continental de la côte atlantique.
Le fait que, cinq ans plus tard, il n'y a encore aucune éolienne offshore opérationnelle en France est un indice du peu d'enthousiasme suscité par  cette technologie.
Mais çà, on le savait déjà.
Se réveiller en 2012 alors que nos voisins et concurrents avaient déjà largement cinq ans d'avance, et se retrouver en 2017 avec toujours aucune éolienne sur notre littoral, et prétendre vouloir développer une filière éolienne offshore française innovante et compétitive, voilà qui démontre un bel optimisme, doublé d'une grande ignorance des mécanismes industriels.
Le succès, si succès il y a, n'en sera que plus méritoire.
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Voyons un peu ce qu'il en est de cet appel d'offres de 2012, en examinant le cas du projet de parc de Saint-Nazaire.
(Ce parc fait partie d'un ensemble de trois projets pour respectivement Fécamp, Courseulles-sur-mer, et Saint-Nazaire).
Pour ces trois parcs, le maître d'œuvre retenu a été EDF-EN, qui mènera le consortium EMF ( Eolien Maritime France) comprenant trois compagnies:
- Enbridge Inc, US, Société canadienne qui acquiert 50% des parts de EMF ( çà commence bien !).
- Nass & Wind off shore, Société Française (Lorient) d'ingénierie et conseil.
- General Electric, qui a racheté en 2015 les activités énergie de Alstom.

 A l'origine, il était prévu d'utiliser des machines de 6 MW qui devaient être fournies par GE, qui les aurait fabriquées à Saint Nazaire et à Cherbourg (Eolienne Haliade).
Mais l'industrie de l'éolien offshore européen étant déjà bien avancée, et en pleine réorganisation, on ne sait plus très bien aujourd'hui qui va faire quoi en matière de machines.
Surtout depuis l'accord Siemens-Gamesa qui constitue un pôle européen offshore déjà très avancé  et puissant.
De plus, la technologie a évolué, on parle maintenant de machines de 9 MW, et surtout flottantes pour les implanter loin des côtes.
L'existence des usines du Havre et de Saint-Nazaire pourrait même être remise en question.
Il n'est pas impossible, compte tenu du retard considérable pris par la France dans ce domaine, que le développement d'une filière éolienne offshore française ne soit sérieusement compromis.
Mais ne noircissons pas le tableau.
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Le projet original de l'appel d'offres prévoyait donc d'installer, au large de Saint Nazaire, 80 éoliennes de 6 MW  fixées au fond marin par un poteau en acier enfoncé profondément. Les câbles de raccordement étant enfouis dans le sol à une profondeur de un mètre.
L'ensemble devait occuper une superficie de 78 Km2, à 12 Km de la côte.
Le montant contractuel indiqué des travaux était de 2 Milliards d'euros.
________________

2 Milliards d'euros, pour une puissance installée de 480 MW, cela fait 4,16 Milliards par MW installé, ce qui correspond aux chiffres connus pour ce type de travaux.
En effet, le coût en offshore est plus de deux fois supérieur à la technologie terrestre, pour des raisons assez évidentes.
La technologie flottante, s'il faut en venir là, sera encore plus coûteuse, pour des raisons tout aussi évidentes.
Le facteur de charge d'une éolienne offshore est en moyenne de 35%.
(Valeur habituellement constatée sur des parcs analogues déjà en service sur les littoraux européens).
La puissance moyenne effective sera donc non pas de 480 MW, mais de 168 MW "seulement".
Ce qui porte le coût à 11,9 Millions d'euros par Mégawatt effectif.  
Ce parc de 80 machines produira annuellement une énergie de:
480 MW  x  8760 Heures  x 0,35   =  1,5  TWh.
(Sous condition d'un facteur de charge de 0,35)
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Profitons-en au passage pour faire une petite comparaison avec l'EPR, dont le coût de 10,5 Milliards est considéré comme scandaleux, bien qu'il ne s'agisse que d'un prototype.
Ce réacteur produira annuellement 13 TWh, pendant 60 ans.
Pour produire la même quantité d'énergie avec un parc éolien offshore du même type que celui dont nous parlons, il faudrait donc 785 éoliennes d'un coût de 17,3 Milliards d'euro.
Les chiffres se passent de commentaires, d'autant plus que ce parc aura une durée de vie de 25 ans, et devra donc alors faire l'objet d'une refonte complète .
En tous cas ces montants mettent fin à la querelle sur le point précis du montant de l'investissement de départ.
Comme dit l'autre, "y a pas photo".
D'autant plus que, dans le cas de l'éolien, la gestion de l'intermittence doit être, au moins partiellement, compensée par des installations de stockage d'énergie électrique, dont le coût doit être évidemment ajouté aux montants ci-dessus.
En l'occurrence il s'agirait d'une ou plusieurs stations marines de pompage-turbinage qui devraient être installées sur la côte à proximité du parc de production.
( Compter quelques milliards supplémentaires et beaucoup de conflits avec les riverains…).
On comprend mieux pourquoi l'Etat n'est pas pressé d'ouvrir cette boîte de Pandore…
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Mais, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos 80 éoliennes.
Les 1,5 TWh annuels coûteront donc 2 Milliards.
Mais ceci n'est encore rien.
L'Etat s'est engagé ( C'est l'Etat, actionnaire de EDF à 85,6%, qui a lancé l'appel d'offre) à ce que EDF achète l'électricité produite au prix "subventionné" de 130 euro le MWh pendant 10 ans.
C'était 220 euros au départ, mais ce montant délirant a été ramené à une valeur plus conforme à "l'état de l'art" européen, qui est plutôt autour de 100 euros/MWh, récent appel d'offres du Danemark.
Au bout de ces dix ans, le prix sera renégocié en fonction du retour d'expérience.
Ce surcoût sera évidemment abondé par l'Etat, c'est-à-dire vous et moi, par le truchement de la CSPE, petite ligne qui figure au bas de votre facture.
Ainsi il ne sera même pas nécessaire d'augmenter le tarif du KWh.
(Rappelons pour fixer les idées que le prix de marché Epex-Spot est autour de 80 Euro/MWh, et que l'électricité nucléaire est achetée 60 Euros le MWh).
Les 1,5 millions de MWh produits annuellement par le parc éolien nous coûterons donc un petit supplément annuel d'environ 100 millions d'euro.
Il est prévu de construire 6 parcs éoliens semblables, pour le moment.
La note annuelle facturée sur la CSPE s'élèvera donc à 600 Millions.
Ce qui ne fait jamais que 17 euros/an  en moyenne pour chacun des 35 millions d'abonnés.
C'est la magie des grands nombres.
L'ennui, c'est qui faudra beaucoup, beaucoup de parcs éoliens semblables pour fabriquer les quelques centaines de TWh dont nous avons besoin annuellement.
 Mais, quand on aime, on ne compte pas…
Le vent étant gratuit et "renouvelable", contrairement à l'Uranium, il n'y a pas de coût de combustible en éolien.
Par contre en offshore les coûts de maintenance et d'intervention sont exorbitants.
Faute d'expérience, ce poste de dépense est une inconnue. Il sera nécessaire de disposer à terre d'ateliers de montage et de réparations, avec le personnel adéquat, et des installations portuaires dédiées ainsi qu'une flotte de navires spécialisés capables d'intervenir en haute mer, avec les équipages correspondants ayant reçu la formation adéquate.
Et qui la leur donnera ?
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Last, but not least, de nombreux recours non encore résolus entravent le démarrage des travaux.
Et il ne s'agit "que" de 80 éoliennes plantées à 12 Km de la côte.
Il en faudra 8 000 pour produire seulement 30% de l'électricité que nous consommons chaque année.
Que de chemin il nous reste à parcourir pour pouvoir envisager un retrait du nucléaire…
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La vigueur des recours contre ces éoliennes offshore jette un sérieux doute sur la possibilité même de développer cette filière, eu égard au nombre de machines qu'il faudrait implanter pour obtenir l'énergie nécessaire, c'est-à-dire 100 à 150 TWh, soit 4 à 5000 machines.
Il faudrait, à tout le moins, utiliser la technologie flottante, qui n'existe pas encore aujourd'hui, et dont le coût sera nettement plus élevé.
Décidément, la transition énergétique ne sera pas une affaire de tout repos.
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 11:45

 

29 Janvier 2017
Comme c'est habituellement l'usage, le Président a été élu pour mettre en œuvre son programme électoral qui comportait, entre autres, un volet sur la politique énergétique.
Dans ce volet figuraient notamment les grandes lignes de la stratégie électronucléaire:
- Plafonnement de la puissance électronucléaire à 63,2 Gigawatts.
- Réduction de la part de l'électronucléaire à 50% du mix électrique à        l'horizon 2025.
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La fin du quinquennat approchant à grands pas, et l'électronucléaire étant un sujet brûlant, le Président a senti la nécessité de se rappeler à notre bon souvenir en apportant la preuve de son intérêt permanent pour sa stratégie énergétique, et surtout de son respect des promesses électorales, enfin presque.
Or, le démarrage prochain du réacteur EPR de Flamanville, désormais probable pour fin 2018, va porter la puissance électronucléaire à 64,8 GW, démentant du même coup l'engagement du Président de la plafonner à 63,2 GW.
Il fallait donc réagir avant le grand départ, au moins sur ce coup-là.
Comme les opposants au nucléaire réclament depuis longtemps la fermeture de Fessenheim, il a choisi de renouveler son intention de fermer ce site, et donc de faire d'une pierre deux coups.
( Nous parlons bien d'intention, et non de décision sèche de fermeture immédiate, ne rêvons pas ).
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Il faut dire que la centrale de Fessenheim est, depuis des années, la cible préférée des anti nucléaires, dont les arguments ne manquent pas de bon sens:
1- Avec la centrale du Bugey, Fessenheim représente la première génération de réacteurs REP, mis en service en 1977, pour une durée d'exploitation prévue de 40 ans "au moins".
Cette durée indicative est atteinte aujourd'hui, et une mise à la retraite pourrait être envisagée, même si les analyses de sureté montrent que ces réacteurs ne présentent aucun risque avéré.
2- La centrale est construite au-dessus de la grande nappe phréatique d'Alsace, qui est vitale pour toute la région. Sa contamination serait catastrophique, c'est la plus grande réserve d'eau souterraine d'Europe.
( La nappe n'est qu'à quelques mètres sous le radier…).
3- En cas d'APRP ( Accident par Perte de Réfrigérant Primaire) entraînant le percement de la cuve par le corium ( Amalgame fondu de combustible et de structures métalliques internes) à très haute température, le radier (barrière en béton séparant la cuve du sous-sol) serait transpercé en quelques heures et le corium se répandrait dans la nappe phréatique.
Le radier de Fessenheim avait au départ une épaisseur de 1,5 m, qui a été portée à 2,15 m sur ordre de l'ASN suite à la catastrophe de Fukushima.
Rappelons que le radier de la centrale de Fukushima, qui avait une épaisseur supérieure à 3 m, n'a pas résisté au corium, entraînant les dégâts que l'on sait .
4- La centrale est située 9 m en contrebas du Grand canal d'Alsace, ce qui la place en première ligne en cas d'inondation ou de rupture de digue, donc très vulnérable.
5- Elle est d'autre part située dans une zone sismique, à risque modéré certes, mais à risque tout de même.
6- La localisation géographique, au bord du Rhin et en amont de la vallée, permet d'imaginer les dégâts qui seraient causés dans cette région par un accident majeur qui contaminerait le fleuve.
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Un seul de ces arguments aurait dû suffire à prendre une décision de fermeture, et surtout à ne jamais la placer à cet endroit !
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Bien sûr, cette centrale produit toujours ses 13 TWh par an, ce qui représente plus de 1 Milliard d'euros chaque année à 80 euros/MWh (Marché Epex Spot).
Elle emploie environ 800 salariés et 250 prestataires, ce qui induit aux alentours une activité économique intéressant 4 à 5000 personnes, voire plus.
Il est évident qu'on ne raye pas d'un trait de plume une telle source d'énergie, d'activité économique et d'emplois, surtout dans le contexte actuel.
Sauf bien sûr si l'ASN la déclare non conforme aux nouvelles normes de sureté, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à aujourd'hui.
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Un autre argument est souvent avancé pour justifier la fermeture: la production française d'électricité serait excédentaire, la preuve étant donnée par son bilan d'échanges frontaliers positif. La fermeture de la centrale n'aurait donc aucune conséquence sur notre nos besoins en énergie électrique.
Cet argument ne tient pas debout; il repose sur la confusion, fréquente pour les non techniciens, entre énergie et puissance.
La distribution d'énergie électrique repose sur le principe de l'adaptation de l'offre à la demande.
La puissance installée du parc de production électrique doit donc être suffisante pour répondre à la demande de puissance des consommateurs.
(On sera peut-être un jour obligés d'inverser ce principe, c'est-à-dire obliger le consommateur à s'adapter à l'offre, mais non n'en sommes pas encore là).
En France, cette demande est très variable en fonction des années, de la saison, de la météo, et de l'heure.
Le maximum, dans le contexte actuel, est de l'ordre de 100 GW, le minimum de l'ordre de 50 GW.
La puissance installée doit donc être capable de répondre à des pics de 100 GW pouvant durer plusieurs heures.
Le mix électrique actuel est donc prévu pour cela, et il est même parfois nécessaire de faire appel aux importations, lorsque l'éolien et le solaire ne fournissent pas ce qu'on en attend.
Lors des autres périodes, où la demande de puissance est faible, la production excédentaire est vendue à l'export pour rentabiliser les installations.
Ce qui explique le bilan positif des échanges.
(Tout cela est clairement montré sur le site éco2mix de RTE, en temps réel et en historique. Il n'y a donc pas de contestation possible, sauf de mauvaise foi).
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Cette explication succincte montre que la fermeture du site de Fessenheim doit être compensée par une autre source d'électricité de même puissance, sous peine de mettre le réseau en difficulté au moment des pics de consommation.
Cette autre source peut être à base de centrales thermiques nucléaires ou à flamme, ou d'énergies renouvelables, à condition que leur intermittence soit compensée par une installation de stockage d'électricité.
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Les parcs solaires et éoliens existants ne peuvent pas être envisagés pour compenser la fermeture de Fessenheim, puisqu'ils sont déjà comptabilisés  dans les moyens de production actuels.
Il ne peut donc s'agir que de nouveaux parcs; on pense par exemple aux parcs éoliens offshore de la côte atlantique.
Malheureusement ils n'entreront en production qu'après 2020 au mieux, et il n'est prévu aucune installation de stockage pour compenser, au moins en partie, l'intermittence de leur production.
( Il existe bien quelques projets de STEP marines, mais qui sont restés dans les tiroirs, où ils prennent tranquillement la poussière…).
Il ne reste donc que deux solutions de remplacement à court terme, si l'on veut fermer Fessenheim le plus vite possible:
Soit construire trois ou quatre centrales à Gaz, qui pourraient être opérationnelles dans un délai de deux ans.
Soit attendre la mise en service de l'EPR de Flamanville, qui pourrait intervenir fin 2018 selon EDF.
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Le chantier de l'EPR touchant à son achèvement, et aucune décision politique ou technique négative de sureté (ASN) n'ayant été prise à son encontre, EDF propose évidemment de remplacer Fessenheim par ce réacteur.
Sans surprise, la négociation du 24 Janvier a donc porté sur le remplacement de Fessenheim par l'EPR.
Mais n'oublions pas que Fessenheim est d'abord un outil de production d'électricité en état de marche, jusqu'à la preuve du contraire.
L'Etat, demandeur de la fermeture d'un outil opérationnel, doit donc verser des indemnités pour compenser la perte de production, le reclassement du personnel licencié, dédommager les actionnaires, et financer le démarrage des travaux de démantèlement.
On parle d'une indemnité de 450 Millions d'euros auxquels viendront s'ajouter des compensations pour perte de production ultérieure
( Fonction de la durée de prolongation d'exploitation initialement accordée par l'ASN).
Selon l'accord signé, la mise à l'arrêt de la centrale ne pourra intervenir qu'après la mise en production de l'EPR, pas avant fin 2018.
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Cet épisode ne doit surtout pas être considéré comme l'amorce d'un retrait du nucléaire.
L'EPR de Flamanville est un prototype, son frère de Taishan 1 devrait démarrer en 2017, Taishan 2 quelques mois plus tard, en Chine, et 6 autres sont en négociation avec l'Inde.
Le programme de deux réacteurs EPR à Hinkley Point a été approuvé par Th. May, tout va bien merci.
EDF travaille sur le palier suivant, EPR NM ( Nouveau Modèle) pour 2030, avec des modifications pour réduire le coût de construction à 5 Mds, et intégrant le retour d'expérience des prototypes.
L'arrêt de l'électronucléaire n'est donc pas vraiment à l'ordre du jour chez  EDF, du moins actuellement.
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Il faut dire par ailleurs que, selon les coûts actuels, un parc éolien offshore fournissant la même puissance moyenne que Fessenheim coûterait plus de 20 Milliards, auxquels il faudrait ajouter les installations de stockage de compensation de l'intermittence.
[ 850 éoliennes de 6 MW avec un facteur de charge de 35%, au prix de 4 Millions d'euros le MW en offshore, raccordements compris.
Ref: IFP Energies Nouvelles/Panorama 2016/ Eolien offshore ].
Ce coût étant bien sûr à revoir à la hausse si la technologie flottante doit être utilisée.
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L'accord du 24 Janvier est donc un non-évènement, qui ne fait que reprendre des décisions datant du début du quinquennat.
Le sort futur de l'électronucléaire en général demeure une énigme que d'aucuns tentent de déchiffrer, mais sans plus de crédibilité que les horoscopes de notre amie Madame Irma.
Jusqu'à présent, les divers candidats à la présidence de la République n'ont pas été très bavards sur ce sujet.
On les comprend…
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