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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 18:18

9 Mars 2011


Rappelons que la loi HADOPI a pour but de lutter contre les téléchargements illégaux sur internet.


Le dispositif tarde à se mettre en place car les moyens d’établissement du délit, qui doivent être juridiquement inattaquables, n’existent pas encore.


La première démarche a été marquée par le décret de création du délit, faute de quoi aucune poursuite ne pourrait être engagée.


En voici le texte:



[« Décret n° 2010-695 du 25 juin 2010 instituant une contravention de négligence caractérisée protégeant la propriété littéraire et artistique sur internet

Art.R. 335-5.-I. ― Constitue une négligence caractérisée, punie de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe, le fait, sans motif légitime, pour la personne titulaire d'un accès à des services de communication au public en ligne, lorsque se trouvent réunies les conditions prévues au II :

« 1° Soit de ne pas avoir mis en place un moyen de sécurisation de cet accès ;

« 2° Soit d'avoir manqué de diligence dans la mise en œuvre de ce moyen.

« II. ― Les dispositions du I ne sont applicables que lorsque se trouvent réunies les deux conditions suivantes :

« 1° En application de l'article L. 331-25 et dans les formes prévues par cet article, le titulaire de l'accès s'est vu recommander par la commission de protection des droits de mettre en œuvre un moyen de sécurisation de son accès permettant de prévenir le renouvellement d'une utilisation de celui-ci à des fins de reproduction, de représentation ou de mise à disposition ou de communication au public d'œuvres ou d'objets protégés par un droit d'auteur ou par un droit voisin sans l'autorisation des titulaires des droits prévus aux livres Ier et II lorsqu'elle est requise ;

« 2° Dans l'année suivant la présentation de cette recommandation, cet accès est à nouveau utilisé aux fins mentionnées au 1° du présent II.

« III. ― Les personnes coupables de la contravention définie au I peuvent, en outre, être condamnées à la peine complémentaire de suspension de l'accès à un service de communication au public en ligne pour une durée maximale d'un mois, conformément aux dispositions de l'article L. 335-7-1. »]

Fin de citation.


Le texte précise donc clairement qu’une poursuite ne peut être engagée que si l’auteur présumé du délit s’est vu recommander, par la Commission de protection des droits, la mise en oeuvre d’un moyen de sécurisation.


Aujourd’hui , la Commission de sécurisation n’est pas en mesure de proposer un moyen de sécurisation labellisé.


Voici les informations disponibles sur le site HADOPI ( rubrique FAQ ):


[« Qu'est-ce que le label Hadopi moyen de sécurisation ?


Dans les prochains mois, ce label vous permettra d’identifier facilement les moyens fiables pour sécuriser votre accès internet. Ce label est un service d’information. Vous n’avez pas l’obligation d’utiliser les logiciels labellisés. Vous restez donc libre de faire votre choix parmi les offres existantes.


Existe-t-il une liste des moyens de sécurisation labellisés ?


Cette liste est en cours d’élaboration. Vous pourrez la consulter sur le site internet de l’Hadopi.


Nous vous invitons donc à vérifier ultérieurement sa parution en consultant notre site internet.


Quelle est la différence entre un moyen de sécurisation et un moyen de sécurisation labellisé ?


Un moyen de sécurisation labellisé devra respecter des critères précis en matière de protection de l’accès internet.


Nous vous conseillons donc de vous orienter vers ces produits lorsqu'ils seront disponibles.


Cependant, vous avez toujours la possibilité d’opter pour des moyens de sécurisation non labellisés. »]


Fin de citation.


Les moyens de sécurisation fiables labellisés n’étant donc pas encore disponibles, l’usager ne peut se voir poursuivi pour un délit contre lequel il n’a pas les moyens  de se protéger.


Pour l’instant donc les usagers sont à l’abri des poursuites, ils ne peuvent recevoir que des avertissements, ce dont la plupart se moquent éperdument. D’autant qu’il existe d’autres moyens que le P2P pour télécharger des œuvres.


70 à 80 000 mails d’avertissement auraient déjà été envoyés, dont l’efficacité n’est pas encore mesurable.


L’Hadopi est parfaitement consciente de la faiblesse de sa position.


Les moyens  de sécurisation des accès internet (commercialisés par les éditeurs de logiciels) devront être labellisés par l’Hadopi pour obtenir leur certification.


Il s’agit de vérifier que le logiciel est conforme à un cahier des charges établi par l’expert désigné par l’Hadopi. Cet expert ( M.Riguidel) travaille sur ce cahier des charges depuis déjà deux ans et n’est pas encore en mesure aujourd’hui de proposer une version acceptable par la profession.


Trop de failles sont encore présentes et les difficultés d’implémentation sont trop grandes. De nombreuses dispositions techniques prévues sont des violations de l’espace privé inacceptables.


En clair, l’Hadopi est dans une  impasse. Pour essayer d’en sortir elle a décidé de remettre tout à plat et de créer des « Labs » chargés de faire le point des différents secteurs impliqués dans cette affaire.


Deux Labs concernent particulièrement le cahier des charges en question:


Lab « Réseaux et techniques »


- Spécifications fonctionnelles des moyens de sécurisation.


- Techniques de filtrage.


Lab « usages en ligne » , dont l’intitulé est éloquent.


Le téléchargement illégal est un réel problème; son éradication semble impossible sans porter atteinte aux libertés individuelles, ce qui ne sera pas toléré.


Une solution moins envahissante consisterait d’une part à mettre en place une campagne de sensibilisation, et d’autre part à promouvoir des structures de commercialisation des œuvres qui préservent équitablement les droits des auteurs et les intérêts des utilisateurs.


Peut-être également faudrait-il, avant de s’en prendre aux utilisateurs , inciter les acteurs de la filière à développer des produits et des matériels plus sécurisés. ceci englobe :


- Les ordinateurs.


- Les système d’exploitation.


- Les logiciels de navigation.


- Les logiciels de sécurisation.


- Les protocoles de communication, en particulier IP.


- Les protocoles de liaison sans fil.


- Les DRM


Etc….


Tout ce beau monde est rempli ( volontairement ou non) de failles de sécurité contre lesquelles l’utilisateur lambda est complètement démuni.


Il n’est pas normal qu’un utilisateur mal intentionné puisse prendre le contrôle d’un ordinateur sans l’accord de son propriétaire. Or aujourd’hui cela peut se pratiquer sans difficulté, avec du matériel et des logiciels commercialisés légalement.


D’autre part on ne peut pas exiger d’un utilisateur courant qu’il soit un informaticien expert, capable de détecter lui-même les intrusions malveillantes et de s’y opposer.


Peut-être pourrait-on également demander aux professionnels du net de mettre un peu d’ordre chez eux. Mais cela est-il possible sans une certaine violation des droits de l’individus ?


Affaire à suivre…..



 


 


 


 


 


 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 11:47

10 Janvier 2011


Quelques informations sur la vie du livre numérique.


- Le Kindle d’Amazon confirme son succès: Lancé en 2008 , il atteint 2,4 millions d’unités en 2009, et 8 millions en 2010. En début 2011 on frise la rupture de stock. Ce qui confirme largement l’existence d’un marché pour les tablettes de lecture.


- Le 15 Décembre 2010, le Parlement procède au vote final de la loi de finance portant application d’une TVA de 5,5% sur le livre numérique. Curieusement cette loi n’entrera en vigueur qu’au 1er Janvier 2012. Une frilosité qui s’explique par la crainte d’un bouleversement des structures de l’Edition traditionnelle.


- Aux USA, où l’on fait rarement les choses à moitié, le livre numérique représente déjà 8,7% des ventes de livres. Nous ne sommes plus en présence d’un phénomène marginal, mais bien devant une mutation des comportements de lecture.


-

Sony lance le premier Prix du livre numérique qui sera décerné lors du Salon du Livre qui se tiendra du 18 au 21 mars prochain. Le jury de lecteurs sera présidé par Bernard Werber.


Cette démarche, en dehors de son caractère marketing évident, montre que la vie du livre numérique peut s’organiser en dehors du monde de l’édition traditionnelle. Un signe de maturité ?


- Europeana, la bibliothèque numérique Européenne, a dépassé son objectif de 10 millions d’œuvres numérisées, pour atteindre aujourd’hui 14 millions.


64% sont des images et 36% des textes, dont 1,2 millions de livres complets.


- E-Ink, la société à l'origine de l'encre électronique employée notamment par le Kindle d'Amazon, annonce une nouvelle technologie, Triton, qui permettra l’affichage en couleurs sur les tablettes de lecture. Pour le moment le procédé ne permet pas les images animées, mais cette évolution est prévue. La couleur élargira le champ d’application des tablettes de lecture, notamment vers le livre enrichi, la bande dessinée, mais aussi l’affichage des photos et des documents multimédia.


Bien sûr les concurrents ne sont pas en reste, et en particulier Fujitsu avec son lecteur Flepia light.


- L’avenir du livre numérique se trouve dans le concept de livre enrichi, qui consiste à présenter non pas purement du texte, mais une oeuvre multimédia associant au texte des images, des schémas, des sons, de la musique, des séquences vidéo, et de l’interactivité avec les liens.


Dans cet esprit, les Editions Leezam ( Editeur purement numérique) et la Bibliothèque Beaubourg ont coproduit en collaboration avec l’Institut de Recherche et d’Innovation, 3 ebooks enrichis. Ce travail a reçu le soutien 


du Ministère de la Culture et de la Communication.


- La guerre de l’Ipad contre le reader n’a pas eu lieu, les deux applications semblent coexister. Il est vrai que beaucoup de choses les séparent: D’abord le prix, 500 euros pour l’un, 100 euros pour l’autre; ensuite le poids, plus de 600g pour l’un, contre moins de 200g pour l’autre; puis le confort de lecture, enfin l’usage, mini ordinateur pour l’un, simple lecteur pour l’autre. Il est probable que chacun vivra sa vie et beaucoup d’utilisateurs achèteront les deux.


- Et Hadopi ?


Les « spécifications fonctionnelles », véritable feuille de route pour qui souhaite développer un logiciel labellisé Hadopi, sont encore en cours de rédaction. Selon Michel Riguidel, le « père fondateur » des spécifications fonctionnelles, ces logiciels devraient arriver en mars ou juin 2011. Ils pourraient fortement ressembler à des contrôles parentaux.


Cet accouchement très difficile laisse imaginer les obstacles techniques et juridiques qui existent, ainsi que les problèmes d’intéropérabilité liés aux logiciels libres. De belles batailles d’avocats en perspective.


- Le livre numérique souffre encore de défauts que beaucoup d’usagers potentiels considèrent rédhibitoires:


Le système des DRM , l’impossibilité de prêter l’œuvre, l’impossibilité de la revendre d’occasion, le manque d’interopérabilité.


Ces défauts, inévitablement liés à la reproductibilité trop facile  de l’œuvre numérique, restent un frein réel à la diffusion de ce média sur une large échelle. Leur solution est un challenge pour les éditeurs numériques et les ayants droit.



 


 


 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 11:58

11 Novembre 2010

Déjà brocardée sous le sobriquet de « Loi prisunic », la loi sur le prix unique du livre numérique a donc été adoptée par le Sénat le 27 Octobre 2010.

Voici le contenu in-extenso des trois premiers articles:

« Article 1er

La présente loi s’applique au livre numérique lorsqu’il est une œuvre de l’esprit créée par un ou plusieurs auteurs et qu’il est à la fois commercialisé sous sa forme numérique et publié sous forme imprimée ou qu’il est, par son contenu et sa composition, susceptible de l’être, nonobstant les éléments accessoires propres à l’édition numérique.

Un décret précise les caractéristiques des livres entrant dans le champ d’application de la présente loi. »

Remarque:

Il apparaît donc, contrairement à ce qu’on a pu lire ici ou là, que toutes les formes de livres numériques sont concernées, et pas seulement les livres numériques homothétiques. L’expression « ou qu’il est,……,susceptible de l’être » ne laisse pas place au doute.

Le décret annoncé ne pourra pas modifier l’esprit de cette loi.

« Article 2

Toute personne qui édite un livre numérique dans le but de sa diffusion commerciale en France est tenue de fixer un prix de vente au public pour tout type d’offre à l’unité ou groupée. Ce prix est porté à la connaissance du public.

Ce prix peut différer en fonction du contenu de l’offre, de ses modalités d’accès ou d’usage.

Un décret fixe les conditions et modalités d’application du présent article. »

Remarque:

Ici également, contrairement à ce qu’on a pu lire dans la presse, un prix de vente public devra être fixé et respecté, dès lors que l’ouvrage est commercialisé en France. Par exemple le fait qu’il soit acheté au Canada ne permettra pas de contourner la loi.

« Article 3

Le prix de vente, fixé dans les conditions déterminées à l’article 2, s’impose aux personnes proposant des offres de livres numériques aux acheteurs situés en France. »

Cet article ne fait que préciser le champ de l’article 2.

Bien noter que cette version de la loi diffère de la version du 8 Septembre 2010, notamment en ce qui concerne les prêts aux bibliothèques.

Cette loi soulève déjà de vives protestations, la lecture des décrets d’application sera très distrayante…..

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 10:55

11 Novembre 2010

En ce jour symbolique il fallait annoncer une victoire, bien pacifique, celle du livre numérique.

Après avoir été longtemps brocardé, puis combattu ( il l’est encore en France ), il est enfin adopté. Le graphique ci-dessous se passe de commentaire; il est extrait de:

 

http://actu-des-ebooks.fr/2010/11/09/le-livre-numerique-adopte-plus-vite-que-prevu/

 

Livre-numerique-aux-USA.jpg

 

Atteindre 9% des ventes en deux années de réel démarrage, et avant les fêtes de fin d’année, c’était inespéré.

Certes, il s’agit des USA, mais on sait que tout ce qui se passe là-bas , bon ou mauvais, arrive chez nous quelques années plus tard.

En France, pays de l’exception culturelle, l’édition est aux mains de quelques maisons qui entendent bien conserver leur quasi monopole. Les combats d’arrière-garde comme la loi sur le prix unique du livre numérique, la loi Hadopi, ou la fixation de prix de vente dissuasifs, peuvent retarder la progression du marché du numérique, mais certainement pas le marginaliser durablement.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 11:34

9 Novembre 2010

Dans notre article du 22 Mai 2010 nous dénoncions la tentative de prise de contrôle de l’internet par la mise en place obligatoire du logiciel Hadopi dans nos ordinateurs.

Cette menace n’a bien sûr pas échappé aux internautes, ni aux professionnels du secteur qui y voient une entrave à la liberté du marché.

Le CCIA ( Computer & Communication Industry Association) vient d’adresser un courrier à l’HADOPI:

 

http://www.ccianet.org/CCIA/files/ccLibraryFiles/Filename/000000000406/CCIA%20HADOPI%20Letter.pdf

Voici la traduction de quelques-unes des remarques:

« - Nous « encourageons » HADOPI à ne pas gêner les solutions technologiques nécessaires au développement du marché.

- Le cahier des charges provisoire ( du logiciel) souffre de plusieurs déficiences.

- L’ « invitation » à installer le logiciel ( de protection Hadopi) sous peine de poursuites légales peut difficilement être considérée comme une option, cette « invitation » est susceptible d’avoir diverses conséquences imprévisibles, y compris celle d’encourager un comportement indésirable de la part de certains gouvernements répressifs ( référence à Green Dam ).

- ( Le logiciel de protection) stigmatise les protocoles internet neutres.

- Les usagers peuvent ressentir une présomption de culpabilité de piratage.

-Le système sera inévitablement imparfait.

- L’installation d’un logiciel de contrôle sur les ordinateurs des usagers, en l’absence de preuve d’activité criminelle, n’est pas une option politique acceptable, quel que soit l’objectif officiel.

- Ce marché ( CCI ) , qui fonctionne normalement, n’a nul besoin qu’une autorité gouvernementale prescrive des spécifications techniques d’un logiciel.

- Le cahier des charges provisoire ( du logiciel Hadopi) devrait être modifié pour préciser clairement que seuls les administrateurs du secteur privé et les usagers puissent décider à quels contenus un ordinateur peut accéder.

- Le cahier des charges provisoire paraît fondé sur le postulat erroné qui considère les transferts de fichiers « peer-to-peer » à priori illégaux.

- La proposition ( de contrôle) paraît devoir s’étendre au-delà du « peer-to-peer » , et est susceptible d’entraver plus largement l’innovation.

- Je vous demande instamment de reconsidérer cette proposition de cahier des charges. »

Voici l’HADOPI habillée pour l’hiver !

Si le Gouvernement Français persiste dans son projet de contrôle du net, la France, pays des droits de l’Homme, sera le premier pays au monde à instaurer une telle censure officielle.

Rappelons que même le Gouvernement Chinois a retiré son projet « Green Dam » sous la pression de l’Organisation Mondiale du Commerce.

 

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 19:16

13 Octobre 2010

France Loisirs et la librairie Chapitre.com, tous deux du groupe Betelsmann, ont mis en place un service de vente d’ouvrages numériques .

Un lecteur à bas coût ( Oyo ) va être proposé ( fin Octobre 2010) à 149 euros, avec un accès aux contenus des plateformes Eden-Livres, Editis et Numilog, directement par Wi Fi.

On peut penser que, par la suite, le lecteur sera proposé en vente liée avec l’abonnement dans des conditions plus avantageuses.

Le copyright est protégé par watermarking contenant le nom et l’adresse e-mail de l’aquéreur afin de permettre le traçage du fichier.

L’ouvrage numérique est vendu 20% en-dessous du livre papier.

L’accueil réservé à cette offre sera évidemment suivi avec attention par les services marketing du monde de l’Edition.

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 18:09

27 Septembre 2010

Le livre audio connaît un grand succès notamment en Allemagne, en Grande Bretagne, dans les pays d’Europe du Nord, aux Etats-Unis et au Japon.

En France, décidément pays de l’exception culturelle, il ne connait qu’une diffusion confidentielle. Faut-il y voir une crispation face à la nouveauté, ou simplement l’absence d’initiatives commerciales de la part des grandes maisons d’édition déjà grandement perturbées par l’arrivée du livre numérique , perçu comme une menace.

Mais les choses ont commencé à bouger. Plusieurs maisons d’éditions, traditionnelles ou nouvelles, proposent des catalogues de livres audio. Certes le choix est restreint mais la chose est récente et ne demande qu’à croître . La plupart des circuits habituels proposent des livres audio sous forme de CD, de CD MP3, ou même de cassettes . Des sites comme audible.fr offrent des téléchargements MP3 et des abonnements permettant d’obtenir des prix selon l’article 4 de la loi Lang.

Un livre audio est vendu sensiblement au même prix qu’un livre papier grand format, ce qui peut être mal perçu par certains clients qui attendent d’un nouveau média qu’il offre des prestations moins coûteuses .

D’autres clients , qui recherchent des fonctionnalités nouvelles, apprécieront de pouvoir « écouter » un livre en marchant, en voiture, dans les transports en commun, ou en effectuant des tâches domestiques. Ils apprécieront également un texte mis en valeur par un comédien , et la possibilité de s’épargner une fatigue visuelle inévitable après deux heures de lecture « classique ». Sans oublier l’écoute collective, impossible avec le livre papier.

Le livre à écouter sera-t-il un concurrent du livre à lire ?

Ecouter au lieu de lire, est-ce vraiment une révolution culturelle ?

Il y a probablement un partage des tâches. Les ouvrages documentaires, les récits, les essais, semblent devoir être bien servis par l’écoute. Par contre la poésie, le roman, semblent davantage mis en valeur par la lecture.

Souhaitons bonne chance à l’un et à l’autre…..

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 17:07

24 Septembre 2010

Avant l’invention de Gutenberg, l’oralité était l’unique véhicule de transmission de la culture populaire. Les livres , recopiés sur parchemin, étaient réservés à l’élite.

Le procédé de Gutenberg permit de reproduire rapidement les ouvrages, mais le procédé resta longtemps artisanal, donc très onéreux.

La modernisation des procédés d’impression donna son essor au livre dans le milieu de la bourgeoisie, mais il fallut attendre le XIXè siècle pour le voir atteindre les classes populaires lorsque se répandit l‘apprentissage de la lecture.

L’usage du livre comme véhicule de la culture dans le peuple est donc récent à l’échelle historique.

Le livre audio est un retour à l’oralité, au temps des conteurs et des veillées au coin du feu. Ce retour aux sources est d’abord passé par la radio, tout le monde se souvient des « maîtres du mystère » et des pièces de théâtre régulièrement diffusées en soirée, que nous écoutions religieusement après le repas du soir. On ne peut mettre en doute le caractère émotionnel de l’écoute , il suffit de se rappeler la panique déclenchée par la diffusion de « La guerre des mondes » sur les radios américaines.

L’invention de la cassette et du baladeur a permis une diffusion plus large des productions audio. Les premiers livres audio étaient destinés aux personnes malvoyantes , mais ont très vite trouvé un plus large public notamment pour la diffusion des cours de langues.

Lors de l’arrivée du numérique c’est donc tout naturellement l’audio qui a bénéficié de ce progrès, grâce au CD qui a remplacé la cassette dans la continuité.

Les éditions de livres audio , d’abord destinées aux malvoyants, se sont ensuite orientées vers des productions pour la jeunesse , pour l’enseignement des langues, pour des dictionnaires interactifs. Une nouvelle clientèle s’est manifestée pour des productions plus généralistes d’ouvrages habituellement édités en format papier.

Le marché du livre audio devient significatif, il attire une clientèle plus réceptive à l’écoute , peut-être moins formée à la lecture. De plus , si l’édition est de qualité, le comédien lecteur donne vie au texte. Beaucoup de personnes viennent au livre audio, qui n’auraient pas fait la démarche d’acheter le livre papier.

Enfin, faut-il le rappeler, l’écoute d’un livre audio ne nécessite aucun matériel spécial onéreux , un simple lecteur MP3 suffit, ou même un vieux lecteur de CD.

En France le marché du livre audio est encore balbutiant, mais il représente déjà 10% du volume de l’édition aux USA, l’Angleterre et l’Allemagne sont également en plein développement.

La production d’un livre audio est onéreuse. Pour une lecture vivante donc attractive, il faut faire appel à un comédien de valeur , dont la rémunération sera en rapport. Rien à voir avec les livres audio gratuits enregistrés par des bénévoles dont les performances ne sont pas toujours à la hauteur de leur dévouement. De plus il faut ajouter la rémunération du propriétaire des droits , assurer la production soit sur CD, soit sur Internet au format MP3 et gérer la commercialisation sans oublier la TVA.

Les problèmes de contrefaçon sont les mêmes que pour les productions musicales et en général la diffusion des œuvres de l’esprit.

Il se pourrait donc que le livre audio, grâce à sa grande facilité d’utilisation, devienne un concurrent du livre homothétique, ou au moins se taille une part complémentaire de marché importante.

Affaire à suivre….

 

 

 

 

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 11:51

13 Septembre 2010

Petite exploration chez un éditeur numérique, la société NUMILOG, qui revendique un catalogue de 60 000 titres:

Auteur recherché: Claude Allègre ( eh oui, nobody is perfect )

13 titres sont proposés en téléchargement.

Petite recherche au hasard:

« Vous avez dit matière grise »

Pas de chance, il ne figure pas dans le catalogue.

« L’imposture climatique »

Même punition.

« Un peu de science pour tout le monde »

Fayard, 2003

Version papier: Prix unique: 20 e

Prix courant: 19 e

Téléchargement: 17 e

« Introduction à une Histoire naturelle »

Fayard, 2001

Version papier livre de poche: Prix unique: 6,95 e

Téléchargement: 16,99 e

Et le reste à l’avenant.

Nous avons donc le choix entre des livres sortis il y a sept ou dix ans « offerts » en téléchargement avec 10% de réduction par rapport à la version papier grand format, des titres sortis en livre de poche il y a dix ans et « offerts » en ligne 250% plus chers que la version papier poche, ou pas de titre du tout.

Je voudrais bien savoir qui sont les mécènes qui achètent des ouvrages dans ces conditions.

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 19:11

12 Septembre 2010

Comme il fallait s’y attendre, la guerre fait rage sur le marché des dispositifs de lecture des livres numériques ( voir l’article du 26 Mai 2010).

Deux options principales s’affrontent pour conquérir le cœur des clients. La première option est l’appareil simple dédié quasi uniquement à la lecture ( Lecteur de e-paper), avec un objectif de prix public inférieur à cent euros au moins pour l’entrée de gamme. La deuxième option ( tablette tactile) est un appareil multi-applications, sorte de micro PC, dont l’exemple typique est l’IPad, de prix très supérieur à celui du lecteur simple.

Les grands du livre ( Amazon, Barnes & Noble ) ont mené une offensive de baisse du prix des lecteurs de e-paper, en se positionnant à 150 euros en entrée de gamme, donc nettement inférieur aux tablettes tactiles. Cette offre devrait intéresser de nombreux lecteurs, mais le marché ne peut pas démarrer réellement faute de contenu ( livres numériques) clairement disponible.

Ce marché des contenus est plombé par plusieurs problèmes non encore résolus:

La surabondance de formats d’e-books, qui ne peut que donner une impression de manque de maturité, voire même d’amateurisme.

 

Le manque de clarté sur la politiques des DRM.

Le prix du livre numérique, qui n’en finit pas de finir de se définir.

Le manque de clarté sur l’offre.

Le manque de clarté sur la modèle commercial.

 

En attendant une éventuellement mise en ordre de ces problèmes, le client préfère s’orienter vers les tablettes tactiles, la lecture n’étant alors qu’un accessoire.

Il faudrait pour sauver les lecteurs dédiés que l'offre de tous les éditeurs soit centralisée sur une seule et même plate-forme, que les prix soient largement inférieurs aux prix du papier, que l'offre papier existe systématiquement en version numérique. Bref, une offre simple, lisible, très séduisante par rapport au papier, voilà tout simplement ce qui manque aux lecteurs e-paper pour avoir une chance d'exister.

Si rien n’est fait pour structurer l’offre de livres numériques dans un délai raisonnable, on peut craindre la disparition des lecteurs de e-paper à brève échéance.

 

 

 

Le manque d’intéropérabilité.

 

 

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