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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 16:28

23 Avril 2011


le problème énergétique est de plus en plus au cœur des préoccupations politiques. La décennie écoulée a mis en évidence la nécessité d’une redistribution des cartes tenant compte d’un certain nombre d’éléments nouveaux:


- Le changement climatique, directement associé à la consommation sans mesure des énergies fossiles carbonées.


- La remise en question de l’imminence de l’épuisement de ces mêmes énergies, dont la disparition était annoncée pour 2050, et qui se voient prolongées au moins jusqu’à la fin du siècle.


- La découverte des hydrocarbures de roche mère ( gaz et huiles de schiste), dont l’exploitation est un facteur d’indépendance énergétique.


- L’émergence des énergies renouvelables solaire et éolienne, dont la mise en œuvre rencontre des obstacles financiers et environnementaux.


- L’hostilité des populations envers l’énergie nucléaire civile, qui remet en question les projets d’évolution vers les générations III et IV.


- L’augmentation structurelle du prix des énergies fossiles carbonées, liée pour partie à l’accroissement des coût d’exploitation, et pour partie à un accroissement de la demande des pays émergents.


- La perspective de recours massif au charbon pour pallier le manque de pétrole à bas Coût.


- La nécessité de développer la stratégie CSC ( Capture et Séquestration du Carbone) pour limiter l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique.


- La nécessité pour les Etats de minimiser leur dépendance énergétique face à l’accroissement des coûts.


- L’émergence des biocarburants, également facteurs d’indépendance énergétique.


- Le développement des applications modernes de la biomasse et du bois énergie, toujours dans la ligne de la recherche d’indépendance énergétique.


- La généralisation des programmes d’économie d’énergie, par la mise en œuvre de diverses stratégies:


- Isolation thermique des locaux existants.


- Procédés nouveaux de construction de bâtiments peu énergivores.


- Remplacement des systèmes de chauffage anciens peu performants.


- Amélioration des rendements des procédés industriels.


- Gestion intelligente des réseaux ( Smart Grid).


- Modernisation des réseaux de transport.


- Etc….


La prise en compte de ces éléments nouveaux nécessite des investissements colossaux. Il serait inefficace de vouloir tout faire dans le désordre.


Chaque décision comporte des conséquences budgétaires, environnementales, économiques, sociales, dont la prise en compte nécessite une approche globale pour éviter les effets pervers de choix contradictoires et/ou rejetés par l’opinion.


La situation actuelle permet déjà de mettre en évidence certains obstacles auxquels nous seront confrontés dans nos tentatives de réorganisation de la filière énergétique:


- L’Etat avait le projet de développer la filière nucléaire civile afin de garantir au moins nos fournitures électriques. Des programmes importants sont en cours dans ce but, la filière EPR ( Génération III), et les projets internationaux de la génération IV.


Eu égard au mouvement d’opinion anti nucléaire, renforcé par l’effet désastreux de la catastrophe de Fukushima, ce projet risque de se voir remis en question. C’est donc 80% de nos fournitures électriques qui se trouvent plongées dans l’incertitude à moyen terme, avec la perspective de devoir procéder à un changement de portage de l’électricité vers des sources d’énergie comme le gaz naturel, c’est-à-dire en contradiction avec les programmes de réduction du CO2.


Une situation inextricable….


- Le développement des énergies nouvelles se heurte à trois obstacles:


L’éolien, comme le photovoltaïque, utilisent des matériels fabriqués en série, et standardisés au niveau mondial. Pour être compétitifs sur ce marché, il faut donc posséder une assise commerciale mondiale. La France est très mal placée sur ce terrain, et ne peut rivaliser avec la concurrence chinoise ou asiatique ( personne n’ignore la faiblesse de nos industries de consommation). L’importation massive de ces matériels se traduit par un déséquilibre de la balance du commerce extérieur, qui vient s’ajouter à celui des importations d’énergie.


Compte tenu du faible tarif public de l’énergie électrique en France ( nous parlons de tarif et non de coût), les énergies nouvelles ne sont pas compétitives, la parité se situant à un niveau deux à trois fois supérieur. Ces filières doivent donc être aidées pour survivre. C’est une situation qui ne peut être érigée en système, compte tenu de la faiblesse structurelle de nos prix de revient.


Enfin, ces énergies nouvelles, tant vantées dans les médias et les réunions d’écologistes, sont rejetées sur le terrain par les associations de défense de l’environnement. Les fermes éoliennes et les centrales solaires ne sont pas acceptées dans nos campagnes. Encore une situation bloquée.


- La gestion des émissions de CO2 est exigée par les conventions internationales. Des programmes de CSC ont donc été initialisés et certains sont en cours de validation. Mais, comme pour les énergies nouvelles, ces projets sont rejetés par l’opinion au motif que les injections de CO2 dans le sol présentent trop de risques sanitaires. Encore une situation de blocage.


- L’exploitation des hydrocarbures de roche mère représente une possibilité d’améliorer notre indépendance énergétique. Mais l’opinion publique s’oppose fermement à ce projet à cause des effets désastreux sur l’environnement. Encore un dossier litigieux.


Ces quelques exemples montrent que la politique de réforme de la filière énergétique française risque de s’enliser  dans les marécages de l’économie, de l’écologie, de la protection de l’environnement, et de la concurrence asiatique.


Les possibilités budgétaires de la France ne sont pas infinies. Il faudra bien un jour procéder à quelques arbitrages. Gageons que ces arbitrages iront dans le sens d’une certaine continuité, et qu’un temps de réflexion sera ménagé pour laisser aux énergies nouvelles le temps de se décanter et de faire la preuve de leur capacité à répondre aux besoins et à se faire accepter par la population.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 16:37

21 Avril 2011


La guerre du nucléaire sévit à l’état larvaire depuis de nombreuses années.


Dans la décennie soixante-dix, le Gouvernement Espagnol avait décidé d’implanter une centrale nucléaire sur la côte de Biscaye, à Lemoiz. Le site, distant de seulement 15 kms du centre de Bilbao, et à proximité immédiate de la côte touristique, permettait de pomper l’eau de refroidissement directement dans la mer.


Malgré une opposition sévère, le programme fut bien avancé. Constatant l’inefficacité de la méthode démocratique, l’ETA décida de s’occuper du dossier à sa manière. L’organisation perpétra plusieurs attentats, et finit pas enlever l’ingénieur en chef José Maria Ryan, n’acceptant de le libérer que si les travaux étaient interrompus. Le gouvernement Espagnol restant droit dans ses bottes, l’ingénieur fut assassiné en Février 1981.


La poursuite des attentats eut finalement raison de l’obstination du Gouvernement central, la construction de la centrale fut interrompue, et le site est à l’abandon depuis. La centrale n’a jamais fonctionné.


Cet acte de guerre, car c’en est un, n’est évidemment pas à donner en exemple aux anti nucléaires. Il existe heureusement d’autres méthodes de dialogue avec l’opinion, dont les Etats démocratiques s’inspireront, n’en doutons pas, pour nos éventuels ex futurs projets nucléaires…


Plus récemment, suite à la visite officielle de notre Président en Inde en Décembre 2010, un accord cadre a été signé entre AREVA et NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited) pour la construction de six réacteurs EPR pour une puissance de 9 900 MWe.


En Inde il y a aussi des anti nucléaires, et ils sont nombreux. Le 18 Avril 2011, un communiqué de la Police de l’Etat du Maharashtra nous informe qu’une manifestation contre ce projet a dégénéré et que les forces de l’ordre ont dû tirer à balles réelles sur les manifestants. On déplore un mort officiellement.


Encore un acte de guerre.


La promotion des réacteurs de troisième génération ne sera décidément pas une partie de plaisir.


Bien sûr ce genre de débordement ne se produira jamais en France, mais le principe de précaution nous conduit à recommander le port du casque lourd  aux journalistes qui seront chargés de couvrir les évènements de Fessenheim et de Flamanville.


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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 16:34

19 Avril 2011


C’est donc fait! 


Les Etats Généraux de l’énergie se sont tenus à l’échelon National pour établir un état des lieux de la question énergétique en France, dans le contexte des accords internationaux initiés par le G20, et dans le cadre des programmes Européens spécifiques. Un document synthétique a été diffusé largement pour porter à la connaissance du public les éléments nécessaires à l’expression d’un choix éclairé lors d’un futur référendum.


Le référendum réclamé par l’opinion a donc eu lieu, la volonté du peuple s’est exprimée, la France décide de sortir du nucléaire en répondant oui aux deux questions:


« Approuvez-vous les décisions d’arrêter l’exploitation des réacteurs nucléaires ayant atteint une durée de fonctionnement de trente années, et  d’interrompre les programmes de construction de nouveaux réacteurs ?


Approuvez-vous le programme associé de remplacement de l’énergie nucléaire par les énergies nouvelles, et la mise en œuvre des installations de production correspondantes ? »


Il s’agit donc d’une sortie progressive, devant réduire à zéro la part d’électricité nucléaire à l’horizon 2030.


17 réacteurs sont immédiatement concernés  par la limite d’âge, représentant environ 20% de la production d’électricité française.


L’économie ne pouvant supporter une chute brutale de 20% de la fourniture électrique, il est décidé de procéder à un arrêt progressif de ces 17 réacteurs sur cinq ans, pour permettre la mise en place des mesures d’accompagnement compensatoires.


Ces mesures d’accompagnement ont pour but de réduire la consommation d’électricité prélevée sur le réseau, et de favoriser le développement des énergies de substitution, essentiellement solaire et éolienne. Le secteur visé est surtout le Résidentiel/Tertiaire, consommateur majoritaire.


Parallèlement à ces mesures d’accompagnement, il est décidé un programme national de développement de centrales thermiques solaires et de fermes éoliennes, pour compenser la perte de production et maintenir l’offre à long terme.


Le financement de ces opérations reposera pour partie sur le grand emprunt, et pour partie sur des augmentations du tarif public de l’énergie.


Il s’agit en fait du programme de financement initialement prévu pour le  renouvellement du parc nucléaire, donc un changement de portage.


La France, jusqu’alors exportatrice d’électricité, deviendra provisoirement importatrice, ce qui entraînera une hausse supplémentaire automatique du prix du KWh, puisque nos voisins et futurs fournisseurs, ont des coûts supérieurs aux nôtres.


L’arrêt de chaque réacteur de 900 MWe ne deviendra effectif que si le programme de remplacement en énergie renouvelable est opérationnel à au moins 50%. Un réacteur devra être remplacé par 2 000  éoliennes de 3MW ou l’équivalent en ferme solaire.


Ce vaste programme posera de gros problèmes d’emprise foncière, et d’acceptabilité de la part des riverains et des associations de protection de l’environnement.


Pour résoudre ces contentieux, une loi cadre sera votée, faisant obligation aux collectivités territoriales à l’échelon du département de créer des zones réservées à l’éolien ou au solaire, et de tenir ces zones à la disposition du marché, sous peine de pénalités importantes. Pour les départements côtiers, le plateau continental fait partie des zones éligibles.


L’exécution du programme de sortie du nucléaire sera donc conditionné par la croissance compensatrice des capacités en énergies renouvelables.


L’impératif évident étant de ne pas mettre la France en panne !


Si, au terme de cette période de cinq années, il s’avère que les énergies renouvelables ne sont pas prêtes à prendre la relève des réacteurs dont l’arrêt est programmé, les dispositions du pacte entériné par le référendum seront réexaminées en vue de surseoir au programme d’arrêt par un moratoire, et/ou de décider le démarrage d’un programme complémentaire de centrales thermiques à flamme.


Mais, quelle que soit le scénario, il faut s’attendre à une augmentation très significative du coût de l’électricité pour les raisons suivantes:


- L’arrêt à court terme des deux ou trois centrales les plus suspectées (dont Fessenheim) entrainera la nécessité d’importer de l’énergie électrique au prix du marché, c’est-à-dire très cher, eu égard à la situation critique des pays voisins ( La France était jusqu’à présent exportatrice ). Ce coût sera répercuté sur le tarif public.


- EDF est tenue de provisionner les sommes correspondant au démantèlement des centrales, sommes qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros, qui se retrouveront sur la facture de l’usager.


- Le programme de construction de centrales solaires et de fermes éoliennes nécessaires au remplacement des centrales nucléaires arrêtées nécessitera des investissements considérables. Les industriels ne consentiront à ces dépenses que si le retour sur investissement est possible, donc si le prix de vente du KWh est commercialement rentable, ce qui suppose une augmentation conséquente des tarifs ( les tarifs français actuels sont les plus bas d’Europe car ce sont des coûts d’exploitation qui n’incluent pas les coûts du démantèlement et du traitement des déchets, et de plus l’impact du coût du minerai nucléaire est pour l’instant très faible).


- Si le développement des énergies renouvelables continue d’être soutenu par des tarifs d’achat d’électricité supérieurs au tarif public, des sommes considérables devront y être consacrées, qui se retrouveront également sur la facture du consommateur.


Pour toutes ces raisons il faut s’attendre à une augmentation progressive du tarif public électrique de 100 à 200% dans les cinq à dix prochaines années.


Rassurez-vous, tout cela n’est qu’une fable ( à part l’augmentation des tarifs! ).


En fait, les Etats Généraux ont été remplacés par des réunions en petit comité à l’Elysée et à Matignon, avec les interlocuteurs de la filière énergétique, essentiellement EDF, AREVA, TOTAL, et les grands industriels associés.


Il n’a été diffusé aucun document synthétique, le grand public sera informé par les média, qui donneront aux différents aspects de la question la couleur politique qui leur conviendra, chacun y trouvera son compte.


Le référendum réclamé par les anti nucléaires n’aura pas lieu, car le résultat serait biaisé par les postures idéologiques et le climat « Fukushima », peu propice à une réflexion dépassionnée. Mais le résultat des prochaines élections présidentielles peu changer la donne et conduire une éventuelle nouvelle majorité à des décisions aujourd’hui imprévisibles. En effet, on observe que le clivage pro/anti nucléaire ne correspond pas au clivage politique habituel.


En attendant les élections, dans un premier temps, il va être procédé à une démarche nationale d’inspection des réacteurs en exploitation afin d’évaluer leur capacité à résister à des catastrophes naturelles, éventuellement artificielles, et de tester tous les systèmes de sécurité. Nous connaissons déjà bien sûr le résultat de cette inspection. Pour calmer les esprits, on annoncera la fermeture de deux ou trois vieilles centrales, au moins provisoirement, et pour quelques autres  l’autorisation de prolongation d’exploitation au-delà de trente ans sera soumise à inspection approfondie.


Tout cela conditionné bien sûr par la mise en œuvre de centrales solaires ou éoliennes en mesure de combler le déficit d’énergie résultant.


En clair, on n’arrêtera aucun réacteur nucléaire tant que les énergies nouvelles ne sont pas prêtes à prendre la relève.


Fessenheim sera peut-être sacrifiée pour calmer le jeu, à condition que EDF soit autorisée à redémarrer des centrales thermiques à flamme  aujourd’hui en sommeil, voire à en construire de nouvelles ( en fait, EDF a déjà redémarré certaines centrales thermiques à flamme mises en sommeil il y a quelques années).


Le programme de soutien au développement des énergies nouvelles sera relancé, mais avec des avantages financiers revus à la baisse afin d’éviter une dynamique de croissance faussée par un effet d’aubaine.


Un juste équilibre doit être trouvé pour conserver l’aspect incitatif de l’aide sans pénaliser l’usager moyen. C’est un exercice difficile, dans un contexte de prix de revient encore trop élevé des énergies nouvelles, et d’une concurrence chinoise omniprésente sur le solaire.


Il semble illusoire d’espérer un démarrage significatif du solaire et de l’éolien dans un contexte de prix de marché du KWh à 12 centimes. La parité est impossible à atteindre à ces niveaux. Aujourd’hui elle se situe plutôt à un niveau trois ou quatre fois supérieur.


L’usager n’est évidemment pas prêt à payer son électricité trois fois plus cher. Il y a donc une équation impossible à résoudre, sauf à attendre que les prix des produits chinois/ asiatiques baissent suffisamment et que le tarif public EDF monte de 50 à 100% pour rencontrer un degré de parité acceptable.


Il restera encore le problème des importations de matériel chinois qui induiront un déséquilibre de la balance du commerce extérieur.


Certes, les fabricants français de matériels seront aidés pour leurs dépenses de développement, mais la phase de production ne pourra être viable que dans un cadre concurrentiel.


Il est donc vraisemblable que le nucléaire a encore de beaux jours devant lui.


En conséquence, il paraît extrêmement peu probable que la génération 3 (EPR ) soit jetée aux orties, et que les études sur la génération 4 soient interrompues ( La France joue un rôle important dans le programme international de développement de la génération 4 ).


Il n’est pas dans les habitudes, ni dans les missions, d’un gouvernement quel qu’il soit, de prendre la décision de brûler ses vaisseaux ou de jeter le bébé avec l’eau du bain….


Mais, qui peut savoir ce qui sortira des urnes en 2012 ?


La seule certitude est qu’il faut s’attendre à des augmentations très significatives du coût de l’énergie électrique.


 



 


 


 

 
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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 18:21

10 Avril 2011


Nous n’échapperons donc pas à une bataille du nucléaire, et cette querelle va jouer les trouble-fêtes dans la campagne électorale qui démarre.


Traditionnellement, en période électorale, les deux camps s’installaient tranquillement  au fond du terrain, de manière à échanger quelques balles inoffensives. L’affaire occupait les médias à coup de réforme scolaire par ci, de voile islamique par là, coup droit sur les retraites, revers à peine lifté sur les niches fiscales, rien de bien méchant, l’essentiel pour les deux adversaires étant de garder le troisième larron en dehors du cours.


Mais voilà que le temps se couvre, les règles du jeu sont en train de changer sous la pression des évènements, il va falloir bâcher.


D’une part, le troisième larron est devenu une larronne qui a bien l’intention de s’inviter dans la partie. L’échange conventionnel pourrait bien transformer le simple en un double agité.


D’autre part, sous l’effet du pétard de Fukushima, l’opinion s’est trouvée électrisée et cet électrochoc a réveillé les vieilles rancœurs anti nucléaires qui se trouvaient un peu à bout de souffle faute de grain à moudre.


Cette fois, du grain à moudre, il y en a. Et en pleine période électorale, le clivage pro/anti atome risque de faire voler en éclat les pauvres querelles traditionnelles qui désormais passent au second plan.


L’ennemi public n’est plus le dioxyde de carbone, le CAC 40, ou le salaire du patron, c’est l’atome.


Le séculaire clivage gauche-droite risque de se transformer en une sorte de bouillie indéfinissable dans laquelle les candidats auront beaucoup de mal à distinguer leurs électeurs, si tant est qu’ils sachent eux-mêmes quels sont les critères de tri.


L’homo politicus de 2011 va devoir réviser ses cours de physique. Ce n’est pas sur sa conception du partage de la valeur ajoutée qu’il sera jugé, mais sur les choix énergétiques qu’il a l’intention de soutenir s’il est élu.


Il devra expliquer comment promouvoir les énergies durables tout en soutenant les opposants aux éoliennes. Comment arrêter les vieux réacteurs nucléaires sans pour autant démarrer de nouvelles centrales thermiques à flamme. Comment soutenir l’énergie solaire tout en donnant satisfaction aux opposants aux fermes photovoltaïques. Comment gérer une baisse de la production électrique sans pour autant limiter la consommation. Comment modérer l’augmentation du taux de CO2 tout en renonçant aux programmes CSC pour satisfaire les écologistes. Comment subventionner les énergies nouvelles sans augmenter les impôts, etc…


L’exercice sera des plus périlleux, le risque de luxation du cerveau devient certain. La querelle va donner lieu à un florilège de déclarations démagogiques débridées, qui peuvent avoir pour résultat de déstabiliser l’opinion et provoquer un vote de panique si l’électeur a l’impression qu’on cherche à le promener. Et il ne faudra pas grand’chose pour que cette impression se transforme en certitude.


Entre les idéologues anti qui exigent l’arrêt immédiat, et les idéologues pro qui préconisent la surgénération, les réalistes et les modérés auront du mal à faire accepter un programme qui allie la passion et la raison, et qui soit de nature à éviter un vote de rejet.


Décidemment, il est de plus en plus évident qu’il faut d’urgence organiser des états généraux de l’énergie.


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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 13:46

8 Avril 2011


L’idée d’intégrer des panneaux photovoltaïques dans la toiture d’une maison est un cauchemar d’ingénieur.


Les inconvénients sont si majeurs et évidents, que seul un shaddock pouvait avoir eu une telle initiative.


Face à un tel projet, le premier bureau de design venu peut avancer les objections suivantes:


- Vos panneaux vont être victimes de surchauffe.


En effet, la puissance reçue par l’installation atteint 1 KW/m2, ce qui fait environ 20 KW pour une installation moyenne.


La puissance électrique récupérés dépasse rarement 100 W/m2, et la puissance réfléchie, à peu près autant. Il reste donc 800 W/m2 de chaleur à évacuer, soit 16 KW au total.


Les panneaux intégrés au toit ne dissipent que par une seule face, c’est-à-dire très mal. La température de jonction va donc augmenter considérablement et flirter avec ( ou dépasser)  la valeur maximale préconisée par le fabricant.


La probabilité de panne va donc augmenter significativement et la durée de vie sera inévitablement réduite.


Conclusion du bureau d’études: Monsieur, je ne peux pas garantir les performances constructeur, il faudra prévoir un avenant au contrat.


- Votre installation aura un rendement déplorable.


En effet, les caractéristiques du fabricant de panneaux précisent que le coefficient de température de rendement  est de -0,4%/°C au-dessus de 20°C. Comme la température de fonctionnement de jonction va augmenter de 70 °C du fait du mauvais refroidissement, votre rendement  sera de 10% au lieu de 13% prévus.


Conclusion du bureau d’études: idem, voir ci-dessus.


- Votre toiture perdra son étanchéité.


En effet l’étanchéité d’une toiture est garantie par la continuité du matériel de recouvrement, tuiles ou ardoises. L’interruption de cette continuité crée une voie de pénétration des eaux de pluie. Il sera nécessaire de procéder à un réaménagement de la charpente et à la pose d’un dispositif permettant de retrouver l’étanchéité initiale tout en conservant l’isolation thermique de la toiture. Ces travaux devront être pris en charge par une entreprise spécialisée du bâtiment, qui fera un devis séparé.


Lesquels travaux ( techniquement justifiés) peuvent se voir refuser l’éligibilité au bénéfice du crédit d’impôt puisque la loi prévoit que l’étanchéité doit être assurée par les panneaux eux-mêmes et non par tout autre dispositif.


A cause de ces inconvénients, l’intégration au bâti devrait être réservée à des cas exceptionnels. La généralisation du procédé ne se justifie pas car elle est techniquement contre productive et peu fiable.


Quant à son emploi dans le simple but d’obtenir un meilleur tarif d’achat, il est tout à fait en dehors de la démarche énergétique ou écologique, il relève d’un choix de placement financier. Dans cette optique, il est préférable de placer son argent dans une assurance vie plutôt que de faire des trous dans son toit….

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 09:14

Fukushima Leaks



8 Avril 2011


Pour ceux qui ne sont pas sujet à la paranoïa, voici une source d’information sur le genre de joyeusetés qui peuvent se produire sur un site de production nucléaire.


fukushimaleaks.wordpress.com


A lire après chaque communiqué de presse d’AREVA et/ou de EDF, pour se désintoxiquer.


A consommer sans modération.

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 08:47

7 Avril 2011


Les bonnes gens s’imaginent candidement qu’il y aura un débat sur le nucléaire.


Et bien sûr que ce débat sera placé sous le signe de la transparence.


Pour se faire une idée de ce que ce mot signifie pour les autorités, il suffit de se rendre sur Google Earth.


Le Sud de la France est parfaitement net, comme l’était le reste du pays jusqu’à présent.


Mais, par un hasard extraordinaire, les endroits intéressants sont floutés.


la centrale du Blayais est invisible. Inutile également de chercher à voir Flamanville ou Fessenheim, qui étaient visibles les jours précédents.


Dépêchons-nous car Tricastin est encore visible, pour ceux qui veulent voit à quoi ressemble une centrale.


Voilà donc le genre de transparence à laquelle, bonnes gens, vous devez vous attendre…..



 

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 08:36

7 Avril 2011


Quand c’est possible les centrales nucléaires sont installées en bord de mer. Nous avons vu pourquoi, c’est une question de refroidissement.


Nous avons vu aussi les inconvénients, installations de pompage en-dessous du niveau de la mer, donc gros risque d’inondation en cas de surcote ( pas même nécessaire d’avoir un tsunami, une bonne surcote suffit, voir au Blayais).


Il est donc raisonnable, quand c’est possible, de construire plutôt à l’intérieur des terres, à l’abri des fureurs de la mer.


Oui mais, pas question de pomper plusieurs dizaines de m3 par seconde dans une rivière, le débit n’est pas suffisant et de plus l’échauffement de l’eau serait intolérable.


Il faut donc refroidir avec des tours aéro-réfrigérantes. C’est très onéreux et cela se voit de loin.


Par exemple, les deux tours de la moderne centrale de Civaux sont d’énormes machins de 178 mètres de hauteur, auxquels il faut ajouter les panaches blancs de vapeur d’eau, qui doublent la hauteur. Civaux comprend deux réacteurs de 1450 MWh chacun.


Moyennant quoi la centrale peut se contenter de pomper « seulement » 4 m3 par seconde dans la Vienne, dont la moitié est rejetée dans la rivière, munie de quelques atomes turbulents. Le reste disparaît en vapeur d’eau par les tours.


Malgré cette relativement faible ponction il peut se poser quelques problèmes lors des étiages. En dessous de 12 m/s de débit de la rivière, les réacteurs sont censés être arrêtés. Mais cette occurrence est tout à fait exceptionnelle et ne met pas en cause la sureté, seulement la fourniture de courant.


Lors des été très chauds, il faut éviter de réchauffer la rivière. Pour cela on dispose d’installations frigorifiques qui abaisse la température des eaux de rejet quand c’est nécessaire.


On peut , en cas d’absolue nécessité, réduire la hauteur des tours de réfrigération. Cela a été fait à Chinon, où il aurait été indécent de planter des tours disgracieuses de 178 mètres à proximité des châteaux de la Loire. Mais il a fallu disposer des ventilateurs à l’intérieur des tours. C’est un surcoût important et une perte de rendement énergétique.


Dans l’hypothèse d’une poursuite du programme nucléaire, et dans la sous-hypothèse d’une prise en compte de la leçon de Fukushima, les éventuelles nouvelles centrales devraient être édifiées à l’intérieur des terres. Ce qui suppose donc de voir fleurir ces énormes tours de refroidissement dans nos campagnes.


Je ne suis pas sûr qu’une ferme éolienne de cinq cent grosses machines soit plus esthétique qu’une tour de réfrigération….


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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 12:13

6 Avril 2011

 

La catastrophe en cours au Japon, mais aussi quelques «incidents» survenus dans d’autres centrales, notamment celle du Blayais, ont montré que l’un de principaux points faibles des installations est le refroidissement des réacteurs, particulièrement ceux qui sont dépourvus de tours de réfrigération et puisent leur eau directement dans la mer ou un cours d’eau.

 

Petit exemple: La centrale de Bugey.

 

Cette centrale est installée sur la rive droite du Rhône, et comporte quatre réacteurs de 900 MWe ( MW électriques ).

 

Les réacteurs 2 et 3 sont refroidis directement par l’eau puisée dans le fleuve. Les réacteurs 4 et 5 sont équipés de tours de réfrigération, et ne puisent donc dans le fleuve que l’eau nécessaire à la compensation des pertes de vapeur d’eau des tours.

 

Le rendement des réacteurs est d’environ 35%.

 

Donc pour obtenir 900 MWe, il faut dissiper  1 671 MW thermiques.

 

Soit 3342 MW thermiques pour les deux réacteurs 2 et 3.

 

Par arrêté Préfectoral, la centrale est autorisée à dissiper cette puissance dans le fleuve, à condition que le réchauffement de l’eau ne dépasse pas 7,5 °C ( un peu moins en été).

 

Le manuel du petit thermicien nous apprend que la capacité thermique massique ( chaleur spécifique) de l’eau liquide est 4 186 J/Kg/°K.

 

Un simple règle de trois montre que le débit de l’eau de refroidissement doit être de 106 m3/seconde !

 

Exactement le débit moyen de la Marne, ou la moitié du débit moyen de la Seine à Maison Alfort !!

 

La valeur réelle indiquée dans les relevés du Bugey est 86 m3/s en moyenne, les réacteurs ne fonctionnent pas toujours à la puissance max.

 

Avec un débit aussi extraordinaire, on imagine aisément les difficultés à surmonter et la puissance des pompes nécessaires.

 

Pour pomper cette eau et la forcer dans le circuit de refroidissement, la puissance nécessaire dépend en premier lieu de la hauteur.

 

Pour une dénivelée de 10 m, il faut au moins 10 MW !!!

 

On comprend mieux pourquoi les équipements à refroidir sont la plupart du temps en dessous du niveau moyen de l’eau du fleuve.

 

Dans une telle installation il y aura donc une grande vulnérabilité aux risques d’inondations. Si des précautions extrêmes ne sont pas prises pour faire barrage à l’eau, les circuits de commande des pompes seront noyés immédiatement et le refroidissement arrêté.

 

Si, par-dessus le marché, le réacteur ne peut pas être arrêté, c’est près de 3000 MW qui se dissipent dans l’enceinte de confinement qui contient la cuve et les générateurs de vapeur.

 

Les conséquences sont celles que l’on peut voir à Fukushima.

 

Ces installations comportent une autre vulnérabilité, qui est l’alimentation en énergie électrique. En effet, la formidable puissance des pompes nécessite une alimentation par une ligne spéciale à haute tension.

 

Une défaillance de cette ligne, ou de la station de commutation, entraîne l’arrêt des pompes principales.

 

Si le réacteur peut être arrêté, les pompes de secours peuvent suffirent à refroidir le réacteur arrêté ( ces réacteurs, même arrêtés, continuent à chauffer ) , grâce à des groupes électrogènes.

 

Ce fut le cas à la centrale du Blayais, où les groupes électrogènes ont dû fonctionner trois heures de suite pour relayer la ligne Haute tension défaillante….On imagine les conséquences si ces groupes n’avaient pas fonctionné…

 

Revenons au Bugey.

 

Les deux autres réacteurs, 3 et 5, sont refroidis par des tours réfrigérantes. Ils ne puisent dans le Rhône QUE  4 m3/s, soit la quantité nécessaire pour compenser la perte de vapeur d’eau qui s’échappe en haut des tours.

 

Le problème du pompage est donc très différent, on peut envisager de placer les installation à une plus grande hauteur, à l’abri des inondations.

 

On peut également choisir un site qui ne soit pas nécessairement au bord de la mer ou d’un fleuve important.

 

Le système des tours réfrigérantes paraît donc LA solution contre beaucoup d’ennuis.

 

Mais il y a deux inconvénients:

 

C’est notablement plus cher…

 

C’est trop visible dans le paysage….

 

Il faut donc faire des choix. Décider quel prix on est prêts à payer pour la sécurité, et quelles atteinte esthétiques à l’environnement sont acceptables.



 

 

 

 

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 18:17

30 Mars 2011


La France est dotée d’une Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) qui a statut d’Autorité Administrative Indépendante.


Elle est dirigée par un collège de cinq commissaires, dont trois sont nommés par le Président de la République, et les deux autres par chacune des chambres parlementaires.


Chacun appréciera à sa façon le degré d’indépendance que confère ce type de nominations.


Les commissaires sont nommés pour six ans et sont irrévocables.


L’ASN s’appuie, entre autres, sur l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire ( IRSN ) pour l’expertise technique.


Voici un extrait du rapport de l’ASN du 4 Novembre 2010, référencé ci-dessous:


N/Réf: Codep-Lyo-2010-059953


Ce rapport concerne une inspection de la centrale nucléaire du Tricastin après tente ans de fonctionnement , en vue de la poursuite d’exploitation.



«4.2.2.1 Retour d'expérience de l'inondation de la centrale nucléaire du Blayais.


……….


- Les études de protection des quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin sont achevées ( Février 2010) et concluent à la nécessité de modifier l'ouvrage hydraulique du canal de Donzère – Mondragon.


………..


- Des modifications de contrôle commande des pompes de circulation de l'eau de refroidissement sont programmées pour 2013.


………..


L'ASN note en revanche que


les travaux de protection de la centrale nucléaire du Tricastin concernant le canal de Donzère – Mondragon n'ont pas été engagés » .



Nous constatons donc que:


- Les travaux de modification de l’ouvrage hydraulique du canal de Donzère- Mondragon, demandés en Février 2010, ne sont toujours pas engagés en Novembre.


- Les travaux de modification du contrôle commande des pompes de refroidissement ne sont programmés que pour 2013.


Ce petit extrait donne une idée du sérieux avec lequel le parc nucléaire français est exploité.


Signalons que les deux points ci-dessus sont précisément ceux qui ont conduit au désastre de Fukushima…..C’est-à-dire inondation et perte de contrôle du refroidissement.


L’ASN possède manifestement la compétence pour détecter les anomalies, mais ne dispose d’aucune autorité pour faire appliquer ses recommandations.


Une sorte de Cour des Comptes de l’atome, en quelque sorte….


Qui a dit «Je ferai immédiatement arrêter toute centrale dans laquelle une anomalie aura été détectée »  ?

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