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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 08:36

7 Avril 2011


Quand c’est possible les centrales nucléaires sont installées en bord de mer. Nous avons vu pourquoi, c’est une question de refroidissement.


Nous avons vu aussi les inconvénients, installations de pompage en-dessous du niveau de la mer, donc gros risque d’inondation en cas de surcote ( pas même nécessaire d’avoir un tsunami, une bonne surcote suffit, voir au Blayais).


Il est donc raisonnable, quand c’est possible, de construire plutôt à l’intérieur des terres, à l’abri des fureurs de la mer.


Oui mais, pas question de pomper plusieurs dizaines de m3 par seconde dans une rivière, le débit n’est pas suffisant et de plus l’échauffement de l’eau serait intolérable.


Il faut donc refroidir avec des tours aéro-réfrigérantes. C’est très onéreux et cela se voit de loin.


Par exemple, les deux tours de la moderne centrale de Civaux sont d’énormes machins de 178 mètres de hauteur, auxquels il faut ajouter les panaches blancs de vapeur d’eau, qui doublent la hauteur. Civaux comprend deux réacteurs de 1450 MWh chacun.


Moyennant quoi la centrale peut se contenter de pomper « seulement » 4 m3 par seconde dans la Vienne, dont la moitié est rejetée dans la rivière, munie de quelques atomes turbulents. Le reste disparaît en vapeur d’eau par les tours.


Malgré cette relativement faible ponction il peut se poser quelques problèmes lors des étiages. En dessous de 12 m/s de débit de la rivière, les réacteurs sont censés être arrêtés. Mais cette occurrence est tout à fait exceptionnelle et ne met pas en cause la sureté, seulement la fourniture de courant.


Lors des été très chauds, il faut éviter de réchauffer la rivière. Pour cela on dispose d’installations frigorifiques qui abaisse la température des eaux de rejet quand c’est nécessaire.


On peut , en cas d’absolue nécessité, réduire la hauteur des tours de réfrigération. Cela a été fait à Chinon, où il aurait été indécent de planter des tours disgracieuses de 178 mètres à proximité des châteaux de la Loire. Mais il a fallu disposer des ventilateurs à l’intérieur des tours. C’est un surcoût important et une perte de rendement énergétique.


Dans l’hypothèse d’une poursuite du programme nucléaire, et dans la sous-hypothèse d’une prise en compte de la leçon de Fukushima, les éventuelles nouvelles centrales devraient être édifiées à l’intérieur des terres. Ce qui suppose donc de voir fleurir ces énormes tours de refroidissement dans nos campagnes.


Je ne suis pas sûr qu’une ferme éolienne de cinq cent grosses machines soit plus esthétique qu’une tour de réfrigération….


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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 12:13

6 Avril 2011

 

La catastrophe en cours au Japon, mais aussi quelques «incidents» survenus dans d’autres centrales, notamment celle du Blayais, ont montré que l’un de principaux points faibles des installations est le refroidissement des réacteurs, particulièrement ceux qui sont dépourvus de tours de réfrigération et puisent leur eau directement dans la mer ou un cours d’eau.

 

Petit exemple: La centrale de Bugey.

 

Cette centrale est installée sur la rive droite du Rhône, et comporte quatre réacteurs de 900 MWe ( MW électriques ).

 

Les réacteurs 2 et 3 sont refroidis directement par l’eau puisée dans le fleuve. Les réacteurs 4 et 5 sont équipés de tours de réfrigération, et ne puisent donc dans le fleuve que l’eau nécessaire à la compensation des pertes de vapeur d’eau des tours.

 

Le rendement des réacteurs est d’environ 35%.

 

Donc pour obtenir 900 MWe, il faut dissiper  1 671 MW thermiques.

 

Soit 3342 MW thermiques pour les deux réacteurs 2 et 3.

 

Par arrêté Préfectoral, la centrale est autorisée à dissiper cette puissance dans le fleuve, à condition que le réchauffement de l’eau ne dépasse pas 7,5 °C ( un peu moins en été).

 

Le manuel du petit thermicien nous apprend que la capacité thermique massique ( chaleur spécifique) de l’eau liquide est 4 186 J/Kg/°K.

 

Un simple règle de trois montre que le débit de l’eau de refroidissement doit être de 106 m3/seconde !

 

Exactement le débit moyen de la Marne, ou la moitié du débit moyen de la Seine à Maison Alfort !!

 

La valeur réelle indiquée dans les relevés du Bugey est 86 m3/s en moyenne, les réacteurs ne fonctionnent pas toujours à la puissance max.

 

Avec un débit aussi extraordinaire, on imagine aisément les difficultés à surmonter et la puissance des pompes nécessaires.

 

Pour pomper cette eau et la forcer dans le circuit de refroidissement, la puissance nécessaire dépend en premier lieu de la hauteur.

 

Pour une dénivelée de 10 m, il faut au moins 10 MW !!!

 

On comprend mieux pourquoi les équipements à refroidir sont la plupart du temps en dessous du niveau moyen de l’eau du fleuve.

 

Dans une telle installation il y aura donc une grande vulnérabilité aux risques d’inondations. Si des précautions extrêmes ne sont pas prises pour faire barrage à l’eau, les circuits de commande des pompes seront noyés immédiatement et le refroidissement arrêté.

 

Si, par-dessus le marché, le réacteur ne peut pas être arrêté, c’est près de 3000 MW qui se dissipent dans l’enceinte de confinement qui contient la cuve et les générateurs de vapeur.

 

Les conséquences sont celles que l’on peut voir à Fukushima.

 

Ces installations comportent une autre vulnérabilité, qui est l’alimentation en énergie électrique. En effet, la formidable puissance des pompes nécessite une alimentation par une ligne spéciale à haute tension.

 

Une défaillance de cette ligne, ou de la station de commutation, entraîne l’arrêt des pompes principales.

 

Si le réacteur peut être arrêté, les pompes de secours peuvent suffirent à refroidir le réacteur arrêté ( ces réacteurs, même arrêtés, continuent à chauffer ) , grâce à des groupes électrogènes.

 

Ce fut le cas à la centrale du Blayais, où les groupes électrogènes ont dû fonctionner trois heures de suite pour relayer la ligne Haute tension défaillante….On imagine les conséquences si ces groupes n’avaient pas fonctionné…

 

Revenons au Bugey.

 

Les deux autres réacteurs, 3 et 5, sont refroidis par des tours réfrigérantes. Ils ne puisent dans le Rhône QUE  4 m3/s, soit la quantité nécessaire pour compenser la perte de vapeur d’eau qui s’échappe en haut des tours.

 

Le problème du pompage est donc très différent, on peut envisager de placer les installation à une plus grande hauteur, à l’abri des inondations.

 

On peut également choisir un site qui ne soit pas nécessairement au bord de la mer ou d’un fleuve important.

 

Le système des tours réfrigérantes paraît donc LA solution contre beaucoup d’ennuis.

 

Mais il y a deux inconvénients:

 

C’est notablement plus cher…

 

C’est trop visible dans le paysage….

 

Il faut donc faire des choix. Décider quel prix on est prêts à payer pour la sécurité, et quelles atteinte esthétiques à l’environnement sont acceptables.



 

 

 

 

 

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 18:17

30 Mars 2011


La France est dotée d’une Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) qui a statut d’Autorité Administrative Indépendante.


Elle est dirigée par un collège de cinq commissaires, dont trois sont nommés par le Président de la République, et les deux autres par chacune des chambres parlementaires.


Chacun appréciera à sa façon le degré d’indépendance que confère ce type de nominations.


Les commissaires sont nommés pour six ans et sont irrévocables.


L’ASN s’appuie, entre autres, sur l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire ( IRSN ) pour l’expertise technique.


Voici un extrait du rapport de l’ASN du 4 Novembre 2010, référencé ci-dessous:


N/Réf: Codep-Lyo-2010-059953


Ce rapport concerne une inspection de la centrale nucléaire du Tricastin après tente ans de fonctionnement , en vue de la poursuite d’exploitation.



«4.2.2.1 Retour d'expérience de l'inondation de la centrale nucléaire du Blayais.


……….


- Les études de protection des quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin sont achevées ( Février 2010) et concluent à la nécessité de modifier l'ouvrage hydraulique du canal de Donzère – Mondragon.


………..


- Des modifications de contrôle commande des pompes de circulation de l'eau de refroidissement sont programmées pour 2013.


………..


L'ASN note en revanche que


les travaux de protection de la centrale nucléaire du Tricastin concernant le canal de Donzère – Mondragon n'ont pas été engagés » .



Nous constatons donc que:


- Les travaux de modification de l’ouvrage hydraulique du canal de Donzère- Mondragon, demandés en Février 2010, ne sont toujours pas engagés en Novembre.


- Les travaux de modification du contrôle commande des pompes de refroidissement ne sont programmés que pour 2013.


Ce petit extrait donne une idée du sérieux avec lequel le parc nucléaire français est exploité.


Signalons que les deux points ci-dessus sont précisément ceux qui ont conduit au désastre de Fukushima…..C’est-à-dire inondation et perte de contrôle du refroidissement.


L’ASN possède manifestement la compétence pour détecter les anomalies, mais ne dispose d’aucune autorité pour faire appliquer ses recommandations.


Une sorte de Cour des Comptes de l’atome, en quelque sorte….


Qui a dit «Je ferai immédiatement arrêter toute centrale dans laquelle une anomalie aura été détectée »  ?

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 09:44

30 Mars 2011


Le problème de l’énergie s’est invité au centre des débats, et il ramène au rang d’amusements de sous-préfectures les traditionnelles querelles autour de la laïcité, de la sécurité, et même de l’école.


C’est que nos concitoyens commencent à réaliser qu’il y a le feu au lac, et que leur train train quotidien pourrait bien être bouleversé dès lors qu’il y a du mou dans la filière énergétique.


Pour le français moyen, jusqu’à présent l’énergie c’était un truc abstrait ne concernant que quelques grands acteurs comme EDF, GDF, TOTAL, AREVA, lesquels faisaient leur affaire des aléas des marchés et des négociations avec les émirs du Moyen-Orient ou d’ailleurs, et mettaient à notre disposition une profusion de gaz, de pétrole et d’électricité pour un coût somme toute raisonnable. Le citoyen ne s’est jamais demandé d’où provenait l’essence qui coulait de la pompe, ou l’électricité qui arrivait à son compteur, ni ci cela pouvait avoir une fin.


Et puis, voilà que des hordes protestataires se sont manifestées sous des bannières écologiques, exigeant qu’il soit mis bon ordre à ce laissez aller énergétique, source de graves perturbations de l’environnement.


Leurs injonctions consistaient essentiellement en l’abandon des énergies fossiles carbonées et du nucléaire. Le plus vite possible.


Leurs arguments étant cohérents, il a été considéré que leur requête méritait d’être prise en compte. Aussi, une grande activité a-t-elle été déployée pour développer des solutions énergétiques propres et renouvelables, à même de remplacer les anciens produits puants et toxiques justement mis en cause.


C’est ainsi qu’il fut fait appel à l’énergie solaire et au vent, peu suspects de générer des troubles environnementaux, et surtout disponibles gratuitement, donc sans la nécessité de flatter quelque émir pour avoir accès au pactole. On alla même jusqu’à s’occuper du CO2 abusif pour le réinjecter dans les profondeurs.


De très belles réalisations éoliennes et solaires thermiques et photovoltaïques furent mises à la disposition du marché. Des industriels s’intéressèrent à la chose, des systèmes furent proposés aux éventuels clients.


C’est alors que nous vîmes surgir d’autres hordes ( peut-être les mêmes), tout aussi protestataires que les premières, bien qu’avec des revendications différentes. L’essentiel de leurs exigences est cette fois l’interdiction des éoliennes et des fermes photovoltaïques, avec des arguments tout aussi péremptoires. Et en surplus, abandon de la séquestration du carbone.


Notre citoyen observe avec effarement cette montée aux créneaux des contre tout, conscient que cette fronde tous azimuts, si elle est suivie d’effets, risque d’avoir pour principal effet un tarissement de ses sources habituelles d’approvisionnement.


En effet, sans être un expert de la chose énergétique, il comprend tout de même que si l’on supprime à la fois le pétrole, le gaz, le nucléaire, l’éolien, et le solaire, il va se passer quelque chose, surtout que personne, parmi les contestataires les plus acharnés, n’est en mesure de lui expliquer par quoi on allait remplacer tout çà.


Un sourde inquiétude monte donc au sein des masse consommatrices de produits éclairants, chauffants, fumants et pétaradants, les lendemains ne sont plus radieux, une menace pèse sur notre société d’abondance.


Nos hommes politiques ne sont pas indifférents à ce tumulte, surtout pour des raisons électoralistes, faut-il le souligner.


Les analystes patentés, comme le citoyen éclairé, savent bien sûr qu’il est impensable de couper le robinet énergétique sans provoquer un effondrement de la société. Personne ne prendra le risque de créer une pénurie pour réduire nos appétits. Le recours aux énergies de remplacement propres et durables est une démarches qui reçoit l’assentiment général.


Mais, parmi ces énergies, les seules qui sont acceptées par les poly contestataires sont l’hydraulique et la géothermie, bien incapables à elles seules de satisfaire les besoins.


Le solaire et l’éolien, portés aux nues dans les débats d’idées, sont vilipendés sur le terrain, accusés de porter atteinte à l’environnement, consommer de l’espace, être peu rentables, et autres joyeusetés.


La stratégie des décideurs politiques est donc toute tracée: Ne changeons rien aux habitudes, attendons que les poly contestataires se soient mis d’accord sur un programme énergétique cohérent, avant de démolir un système qui a le mérite d’exister. Il est urgent d’attendre…


C’est ainsi que EDF construit de nouvelles unités de production d’électricité thermique à flamme, et va probablement obtenir la prolongation des centrales nucléaires existantes, à part deux ou trois qui sont un peu limite. Il faudra bien lâcher un peu de lest….En souvenir de Fukushima.


Tout ceci est, bien entendu, pure fiction. La réalité sortira des urnes en 2012. Sera-t-elle différente ?



 


 


 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 11:17

28 Mars 2011


Chez nous aussi on sait faire…


La centrale nucléaire du Blayais est un cas d’école. Elle est construite au bord de l’estuaire, sur une zone classée inondable.


Selon l’ IPSN  (Institut de la Protection et de la Sureté Nucléaire), le niveau de la plateforme est à 4,5 NGF. Cela signifie 4,5 mètres au dessus du niveau zéro des carte terrestres ( IGN 69). Ce niveau Zéro étant le niveau moyen de la mer donné par le marégraphe de Marseille.


Des éléments essentiels de la centrale ( crépines, pompes, etc) sont donc SOUS le niveau de la mer. C’est plus pratique pour pomper facilement l’eau de refroidissement directement dans l’estuaire.


La digue de protection est à 5,2 NGF ( installation initiale).


Notez l’ «extraordinaire» hauteur du parapet de protection: 70 cm !


( Le béton est cher, mais quand même…)


MAIS, l’estuaire est à deux pas ( au sens propre du terme) comme on peut le voir sur le schéma coté. Le niveau de l’eau à cet endroit est ce que les Dieux veulent bien qu’il soit, en fonction des marées, du vent, de la pression barométrique, de la houle, des courants, du débit du fleuve, et de quelques autres paramètres que je vous épargne.


Un certain jour de Décembre 1999 les Dieux firent que le niveau monta à 7 mètres, Eole soulevant en plus une houle de 2 mètres d’amplitude.


Le marnage à Pauillac ( en face de la centrale) atteint 6 m aux grandes marées de 120. Une dépression à 970 hPa provoque une surcote de 40 cm, et le vent de 140 kmh entraîne, au bout de quelques heures, une surcote de 60 cm, ce qui nous amène à 7 m, augmentés de l’amplitude de la houle de tempête.


Tout cela figure dans le manuel du petit plaisancier, il n’est pas nécessaire de sortir de Polytechnique pour le savoir.


Le niveau crête monta donc à 9 m ( crête des vagues), par rapport au zéro des cartes marines.


La digue de 70 cm fut donc submergée.


Les installations critiques étant sous le niveau de la mer, la centrale se trouva rapidement face à un scénario Fukushima.


La description des évènements qui s’ensuivirent figure dans toutes les bonnes bibliothèques, inutile d’y revenir. Sa lecture nous apprend que la catastrophe n’a été évitée que grâce à la chance.


Intéressons-nous plutôt aux aspects humains de l’affaire:


- La zone d’implantation de la centrale est classée inondable ( «risque d’inondation avec enjeu humain ») . Le site a été choisi en raison de son isolement et de la proximité du fleuve.


- Pour des raisons d’économies, le système des grandes tours de refroidissement (double circuit fermé) a été remplacé par un système de pompage direct d’eau de refroidissement dans le fleuve, et rejet évidemment dans le fleuve. D’où la nécessité d’une proximité immédiate de l’eau.


- Toujours pour des raisons d’économie, les installations sont enterrées, pour des raisons évidentes d’économie d’énergie de pompage ( les quantités à pomper sont énormes).


- Depuis plusieurs mois la faiblesse de la digue de protection avait été signalée. EDF avait refusé de procéder aux travaux, malgré une mise en demeure.


- Du fait de son emplacement en zone inondable, la route d’accès ( non surélevée ) s’est trouvée rapidement impraticable, interdisant l’arrivée des secours.


- Du fait de la construction enterrée, les sous-sols se sont rapidement trouvés noyés sous quatre mètres d’eau boueuse, mettant hors service certains équipements de sécurité.


- L’alimentation électrique de 400 KV, non sécurisée en hauteur, a été perdue et le pire n’a été évité que grâce aux groupes électrogènes de secours, qui ont fonctionné trois heures d’affilée.


On voit qu’entre un désastre national et un « incident » classé niveau 2 , il n’y a que l’épaisseur d’un cheveu.


Des mauvaises langues disent que d’autres centrales françaises sont dans une situation qui n’a rien à envier à celle du Blayais.


Mais soyons rassurés, les experts dépêchés par le Monsieur le Président sauront, n’en doutons pas, détecter ces points faibles et faire rapidement corriger tout cela.


 



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

 
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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:18

27 Mars 2011


Nos besoins énergétiques annuels sont aujourd’hui de l’ordre de 155 Mtep, ou encore 1 800 TWh .


Il serait évidemment souhaitable de réduire cet appétit, mais cela semble très difficile sans affecter la croissance, dont nous avons besoin.


Il faudra s’estimer heureux si le chiffre n’augmente pas trop d’ici 2020.


Le mix énergétique (consommation finale) est aujourd’hui (en 2009) composé de:


43% de pétrole, 


24% d’électricité,


20% de gaz naturel,


9% d’énergie renouvelables thermique.


4% de charbon.


(Source SOeS).


La consommation primaire a une physionomie différente, mais ce sont les besoins finaux qui nous intéressent ici.


On peut imaginer un mix énergétique différent en 2020-2030:


Le potentiel de croissance des énergies nouvelles est dans l’éolien et le solaire photovoltaïque et thermique . Il est donc logique de leur prévoir une large participation dans le mix, sous forme électrique, qui pourrait passer de 24 à 50%.


L’énergie renouvelable thermique pourrait passer de 9 à 25%, composée du Solaire thermique et de la géothermie.


Il resterait 25%  d’énergies fossiles, gaz et fuel dont les transports pourront difficilement se passer.


Sur la base de ces hypothèses ( évidemment purement théoriques) l’éolien et le photovoltaïque devraient fournir 900 Twh, c’est-à-dire la moitié des besoins.


C’est considérable, comme nous allons le voir.


Faute de données plus précises, on peut attribuer 50% à l’éolien et 50% au photovoltaïque.


LE PHOTOVOLTAIQUE / 450 TWh.


L’énergie solaire moyenne  reçue par une surface orientée au Sud et inclinée d’un angle égal à la latitude est d’environ 1 500 KWh/m2/an.


(1 200 à 1 760 KWh/m2/an selon l’emplacement géographique, et pour une surface orientée au Sud et inclinée d’un ange égal à la latitude).


Source: ADEME


Les panneaux PV actuels ont de très mauvais rendements. Il faut envisager l’utilisation de panneaux de nouvelle génération avec des rendements sur le site de 30% (Technologie multi jonctions et cellules à concentration).


L’énergie électrique recueillie en moyenne annuelle serait alors de


500 KWh/m2/an.


Pour avoir un potentiel de 450 TWh/an, il faudrait donc une surface de


900 km2.


Cette production pourrait être partagée entre d’une part des fermes photovoltaïques ( 60%) et d’autre part des installations en toitures ( 40%) en Résidentiel/ Tertiaire.


Fermes photovoltaïques: 540 km2, soit une ferme de 1,8 hectare par commune.


Toitures: 360 km2, soit 14 millions de toitures portant 25 m2 de panneaux.


Ces chiffres sont énormes, mais pas absurdes, dès lors qu’il s’agit d’assurer la survie énergétique.


N’oublions pas qu’une telle opération devra s’accompagner de dispositions très incitatives, par exemple établissement d’un quota d’énergie publique par logement, le reste devant être obtenu par une installation domestique, ou collective.


Notons également qu’un tel système ne peut raisonnablement fonctionner que s’il existe des dispositifs de stockage de l’électricité pour amortir le caractère aléatoire des fournitures.


L’EOLIEN:450 TWh.


Une éolienne offshore de 5 MW fournit en moyenne annuelle 15 GWh.


Beaucoup moins en version terrestre, environ la moitié.


Pour fournir un potentiel de 450 TWh/an, il faut de l’ordre de 30 à 40 000 éoliennes.


Là encore le chiffre est très important, mais les allemands en sont déjà à 20 000.


On voit qu’un tel plan est techniquement réalisable, même si une telle débauche de technologie envahissante peut heurter les esprits aujourd’hui.


Mais l’abandon du nucléaire est à ce prix, l’opinion doit savoir quelles sont les conséquences de ses choix.


LE THERMIQUE.


La croissance dans le thermique pourrait se faire grâce à des centrales solaires, dont le principe est connu depuis longtemps.


D’autre part, l’adoption de panneaux solaires hybrides permettrait de doubler la production des installations en ajoutant l’eau chaude à l’électricité.



La technologie permet donc le basculement vers un mix énergétique constitué à 75% d’énergies renouvelables décarbonées , mais au prix d’un envahissement significatif du territoire, que l’opinion n’est pas prête à accepter aujourd’hui.


Un long travail de pédagogie sera nécessaire pour obtenir un changement des mentalités.


Aujourd’hui on refuse dix éoliennes au large de nos côtes.


demain il faudra en accepter mille. Rendez-vous en 2020....

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 11:32

26 Mars 2011


L’opinion commence à prendre conscience du problème énergétique auquel nous sommes confrontés.


Des motivations nobles et respectables furent à l’origine de prises de position dans la ligne pour la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique.


Deux grandes résolutions se sont dégagées de ces réflexions écologiques:


- Sortir du nucléaire.


- Abandonner les énergies fossiles carbonées.


Pour pallier les inconvénients d’un tel Waterloo énergétique, il fut proposé une démarche en deux temps.


Il « suffisait » de:


- Développer les énergies nouvelles renouvelables et décarbonées.


- réduire drastiquement nos consommations d’énergie.


Les réalités de l’existence ont montré que le seul principe du « ya qu’à »  ne suffisait pas à obtenir le résultat escompté.


Le développement des énergies nouvelles n’est en rien spontané. Il nécessite le concours d’énergies diverses et surtout un consensus national.


Quant aux réductions de consommation, nos concitoyens semble d’accord, pour que leur voisin montre l’exemple…


A l’aube de l’année 2011, il faut bien se rendre à l’évidence, les besoins énergétiques sont toujours pressants, et les énergies nouvelles n’en finissent pas d’être nouvelles.


Sauf à accepter de mettre la France en panne ( ce que personne n’a encore suggéré, à ma connaissance) , il va donc bien falloir continuer à fournir de l’énergie pour satisfaire la demande.


Tant que les énergies nouvelles ne seront pas capables de se substituer aux énergies « sales », ces dernières seront seules à pouvoir faire marcher le pays. 


Savoir qui, du nucléaire, du fuel, ou du gaz, aura la préférence, est désormais une question subsidiaire. Le choix entre le Césium 137 et le CO2 est un débat d’une autre nature…


Le problème de fond est donc maintenant de savoir comment développer les énergies durables propres pour en faire des substituts crédibles aux énergies traditionnelles.


Le plan Marshall pour les banques a fonctionné, pourquoi ne pas y recourir pour notre problème ?


L’argent est un faux problème. On en a trouvé en abondance pour faire le paquebot France, puis le supersonique Concorde, puis les sous-marins nucléaires, puis le porte-avion Charles de Gaulle, puis le Rafale, et il n’y en aurait plus pour le peuple français ?


Difficile à croire….



 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 09:34

26 Mars 2011


Nous consommons beaucoup d’électricité, 434 TWh en 2009.


Cette énergie provient pour 78% du nucléaire, pour 13% de l’hydraulique, et pour 7% de centrales thermiques classiques.


Le reste, c’est-à-dire 2%, provient des énergies nouvelles, essentiellement éolien et photovoltaïque.


Cette consommation se répartit en différents secteurs:


- Résidentiel/Tertiaire 284 TWh


- Industrie hors sidérurgie 123  


- Sidérurgie 12


- Transports 12


- Agriculture    3


La croissance de la demande d’électricité est constante:


305 TWh en 1990


392       en 2000


434       en 2009


Soit un taux de 1%/an environ.


Cette croissance est alimentée par le secteur Résidentiel/Tertiaire, elle est beaucoup plus modérée dans les autres secteurs de l’économie.


Sources: SOeS ( Service de l’Observation et des Statistiques)


Cette demande est appelée à croître encore plus à cause du prochain développement de la voiture électrique.


En 2020, la demande électrique sera de 477 TWh, si l’on considère un  taux de croissance de 1%/an.


On peut imaginer ( avec beaucoup d’imagination) que les énergies nouvelles seront capables de fournir 100 TWh/an ( 8 TWh aujourd’hui ), soit environ 21% des besoins électriques.


Il faudra donc faire appel aux énergies traditionnelles fossiles et/ou au nucléaire pour fournir les 317 TWh manquant.


Un retrait prématuré du nucléaire conduirait à la nécessité de construire un grand nombre de  centrales thermiques à flamme, fonctionnant au gaz ou au fuel.


( Aujourd’hui il y a 15 sites de production d’électricité thermique, qui fournissent 30 TWh/an. Il faudrait donc environ 150 sites supplémentaires pour remplacer nos centrales nucléaires vieillissantes ).


Cette équation n’a bien sûr pas échappé à EDF, qui anticipe les besoins en augmentant les capacités de production thermique:


- Installation de nouvelles turbines à Arrighi, Vaires-sur-Marne, et Montereau, pour 1 GW.


- Réactivation de centrales au fuel en sommeil: Porcheville, Cordemais, et Aramon, pour 2,6 GW.


- Autres projets d’ici 2012, pour 1,4 GW supplémentaires.



Les atermoiements autour du nucléaires se traduisent donc automatiquement par des constructions de centrales thermiques. EDF ne peut pas se permettre de mettre ses clients en panne.


Le principe de réalité reste incontournable…



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 08:53

26 Mars 2011


Les informations contenues dans l’article du 19 Mars sur la pollution chimique liée à l’exploitation des gaz de schiste proviennent pour l’essentiel du rapport suivant:


« Shale gas:


A provisional assessment of climate change and environmental impacts.


A report by researchers at The Tyndall Centre.


University of Manchester.


Tyndall Centre Manchester.


Report commissioned by The Co-operative


January 2011 »


 

 

http://www.tyndall.ac.uk/shalegasreport  



 


 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 17:03

25 Mars 2011


Donc nous consommons 156 Mtep d’énergie finale, et les énergies renouvelables n’en fournissent que 20, dont 14 sont l’hydraulique et le bois-énergie.


Deux tâches nous attendent par conséquent:


D’une part, développer fortement la production d’énergies renouvelables, car il ne suffit pas d’en parler pour les voir croître spontanément. Aujourd’hui le mouvement est lancé, mais nous avons beaucoup de retard par rapport à nos voisins, retard dû à de nombreux atermoiements et surtout au mirage du nucléaire.


D’autre part, il serait souhaitable de réduire drastiquement notre consommation, car le niveau actuel dépasse de beaucoup les potentialités des énergies nouvelles. En effet, l’hydraulique et le bois-énergie présentent peu de potentiel de croissance.


Depuis l’année 2 000 , notre consommation annuelle d’énergie finale demeure constante, à 155-160 Mtep.


On n’observe donc aucune tendance à la décroissance, malgré la crise qui est censée exercer un effet modérateur sur les besoins.


Les planificateurs européen ont bien programmé une baisse de 20% de la consommation énergétique pour 2020, mais sans donner la recette pratique.


Et pourtant, de gros efforts ont déjà été entrepris, qui ont porté leurs fruits:


- Réduction de consommation des logements:


   365 KWh/m2 en 1973


   215 KWh/m2 en 2005, soit - 41%


- Généralisation des éclairages basse consommation.


- Réduction ( légère) de consommation des véhicules.


- Démarrage ( timide) des énergies renouvelables.


- Amélioration des rendements industriels.


Par contre, dans le même temps, la société a évolué:


- Généralisation de la climatisation dans les véhicules, et accroissement de leur poids, ce qui annule le bénéfice d’une amélioration des rendements moteurs.


- Augmentation de la surface moyenne des logements (résidences principales), donc besoins supplémentaires d’énergie.


- Accroissement du nombre de propriétaires de leur logement ( On consomme davantage d’énergie qu’en location).


- Multiplication des appareils domestiques, gros consommateurs d’énergie.


- Débauche de consommation de matériel multimédia.


- Débauche de consommation dans l’éclairage public, qui pourrait être fortement réduit.


- Pas de politique volontariste de développement des transports collectifs.


- Peu de covoiturage.


- Généralisation du deuxième véhicule.


A cela bien sûr il faut ajouter les effets de la croissance, même faible, qui tire naturellement vers le haut les besoins énergétiques. Sans oublier l’augmentation  de la population, 0,65%/an en métropole.


Il semble donc illusoire d’attendre une diminution significative et rapide de la consommation d’énergie dans le contexte actuel, c’est un souhait qui relève de la pensée magique. Le monde réel obéit rarement aux incantations.


Les recommandations, les exhortations, les menaces, les règlementations, les diagnostics, la persuasion, ne réussissent manifestement qu’à stabiliser le niveau des besoins, stabilisation en grande partie due à la crise.


Les indicateurs réalistes laissent penser que cette situation perdurera au moins jusqu’en 2020. Le souhait européen d’une réduction de 20% des besoins a très peu de chance d’être exaucé, au moins en France.


Parmi les énergies renouvelables, le solaire thermique et photovoltaïque, et l’éolien, ont un fort potentiel de croissance. En France, l’hydraulique est quasiment saturé, le bois-énergie aussi car son cycle de renouvellement est très long, les biocarburants sont contestés car ils concurrencent les cultures alimentaires, la géothermie est locale. Il reste les déchets renouvelables et les pompes à chaleur.


Le solaire, l’éolien et les pompes à chaleur ont fourni  en 2009 environ 1,7Mtep.


En leur supposant un taux de croissance à la limite du raisonnable, ils pourraient fournir 30 Mtep en 2020.


Il faudrait alors trouver de l’ordre de 130 Mtep supplémentaires pour compléter nos besoins.


Cet apport ne pourra être fourni que par les énergies traditionnelles fossiles et/ou le nucléaire.


Une sortie trop hâtive du nucléaire aurait comme conséquence une augmentation des importations de pétrole et de gaz. Ce qui n’est bon ni pour la balance du commerce extérieur, ni pour les émissions de CO2.


Quoi qu’on puisse penser par ailleurs du nucléaire.


Quant à ce qui se passera après 2020, nous avons quelques années pour nous y préparer….



 


 


 


 

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