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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 16:24

 

26 Septembre 2012

Sauf revirement inattendu, nous voici donc aiguillés sur la voie d’un retrait, au moins partiel, du nucléaire.

Le premier pas, modeste, concernera la centrale de Fessenheim, et seulement en 2017. Cette prudence peut paraître excessive en regard des exigences d’une partie de l’opinion qui aurait souhaité un retrait plus rapide et d’une plus grande ampleur.

Pour comprendre les raisons de ce petit pas, là où certains attendaient un grand bond, il faut regarder de plus près quelles sont les sources de l’énergie électrique et comment elles contribuent au résultat global, aujourd’hui, nous insistons sur cette dernière précision.

En 2011 la production électrique nette de la France s’est élevée à 542 TWh, répartis comme suit ( Source RTE, Bilan 2011):

Sources classiques:

- Nucléaire: 421,1 TWh 77,7 %

- Thermique fossile: 51,2 -- 9,5 %

- Hydraulique: 50,3 -- 9,3 %

Sources nouvelles:

- Eolien: 11,9 -- 2,2 %

- Photovoltaïque: 1,8 -- 0,3 %

- Autres ENR: 5,6 -- 1 %

(essentiellement la biomasse)

Cette quantité d’énergie électrique permet d’assurer les besoins du pays, avec un solde énergétique exportateur positif qui dépend des conditions météorologiques, rigueur de l’hiver et/ou sécheresse de l’été, de la demande intérieure, de la disponibilité du parc de production, etc….

( La question de savoir si ce solde positif en TWh est également positif en euros est une autre histoire, qui pourrait faire l’objet d’un chapitre spécial, nous ne l’aborderons pas ici, quoiqu’il y ait beaucoup à dire…).

Mais, si la production annuelle est excédentaire, il n’en demeure pas moins que la puissance maximale disponible n’est pas suffisante pour satisfaire les besoins en période de pointe, lorsque la demande flirte avec les 100 GW. Il est alors nécessaire d’importer de l’électricité, et de la payer au prix fort.

Au plus fort de la demande, la France a du « appeler » jusqu’à 7 GW , ce qui représente la puissance de plusieurs centrales (exactement huit réacteurs nucléaires de 860 MW électriques).

En effet, malgré une puissance installée de 125 GW, la puissance max disponible ne dépasse pas environ 90 GW car il n’est pas toujours possible de tirer le maximum d’une installation. Il faut alors acheter du courant à l’étranger pour combler le déficit.

Ceci se produit en particulier lorsque plusieurs réacteurs nucléaires sont arrêtés en même temps pour les révisions décennales ou pour toute autre raison.

Nos voisins européens nous ont soutenus dans ces moments délicats, le ferons-t-ils toujours ?

Ce problème s’accentuera avec la montée en puissance des énergies nouvelles éolienne et solaire, qui sont essentiellement intermittentes.

En clair, nous avons de l’électricité pour nos besoins courants, mais nous avons du mal à assurer les fins de mois…

On comprend alors que les préoccupations principales à court-moyen terme de l’autorité en charge des approvisionnements électriques sont:

- Préserver la capacité de production pour faire face à la demande qui ne manifeste aucun signe de diminution, au contraire ( la baisse récente de la demande interne, provoquée par la crise, est conjoncturelle. La tendance structurelle reste à la hausse).

- Réduire notre dépendance aux approvisionnements extérieurs en période de pointe. Ceci pouvant être obtenu par un lissage de la consommation grâce au déploiement des réseaux intelligents, dont le nouveau compteur Linky est une première étape.

- Maintenir le coût du KWh à un niveau compatible avec les exigences sociales du Gouvernement, sachant que le tarif public règlementé est aujourd’hui en France le plus bas d’Europe ( La moitié du tarif pratiqué chez notre voisin allemand ).

On voit tout de suite que ces trois préoccupations ne sont compatibles ni avec une quelconque réduction de la capacité de production, ni avec une stratégie industrielle qui pourrait conduire à une augmentation des prix de revient, tant que le tarif règlementé restera le plus bas d’Europe.

Ces considérations réalistes incontournables induisent la stratégie pour le court-moyen terme:

N’arrêter un réacteur nucléaire que lorsque la relève sera prête.

Fessenheim a produit 11 TWh en 2011 ( Voir bilan RTE 2011). Il faut donc trouver l’équivalent d’une façon ou d’une autre.

Cet équivalent est en route. Il s’agit d’une part du programme éolien offshore confirmé lors de la conférence environnementale, et d’autre part de quelques centrales à gaz à cycles combinés qui par ailleurs pourront prendre la relève de l’éolien en l’absence de vent.

Ceci nous conduit à une échéance 2016-2017, Fessenheim pourra alors être arrêté.

La stratégie pour le long terme est différente:

L’objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique de 75% à 50% à l’horizon 2025 suppose le remplacement de 130 TWh nucléaires par autre chose.

Il est vraisemblable que sera développée une stratégie multi pôles s’appuyant sur différents axes:

- Les économies d’énergie.

Le fournisseur d’énergie électrique y contribuera grâce aux réseaux intelligents, à la rationalisation des réseaux de distribution, à une tarification incitative.

Les usagers auront en charge la réduction de leur propre consommation (isolation des bâtiments, efficacité énergétique, éventuellement auto-production).

Les pouvoirs publics disposeront de certains leviers qu’ils devront utiliser à bon escient: mesures fiscales, modulation du tarif public règlementé, tarif progressif, taxes diverses, règlementation contraignante, etc…

Selon le succès de ce type de programmes, les économies réalisées pourront varier de zéro à 100 TWh d’ici 2025.

- le développement des énergies nouvelles.

Les sources nouvelles d’énergie durable, qui contribuent aujourd’hui modestement pour 3,5 % de la production électrique ( 20 TWh), sont une promesse qui ne demande qu’à se réaliser pourvu qu’on lui en donne les moyens ( nos voisins étrangers nous montrent que c’est possible).

Elles devront donc croître de 13% par an environ pour atteindre 100 TWh en 2025.

Ce taux de croissance est parfaitement réalisable pour peu que les pouvoirs publics décident de soutenir cette nouvelle industrie par des mesures ambitieuses ( Financement, cadre règlementaire, engagements pluri annuels, politique claire de rachat de l’énergie, protection contre la concurrence faussée, etc…).

- Le toilettage des moyens de production classiques.

La grande inconnue demeure le futur des énergies fossiles carbonées. La nécessité de prévoir leur disparition progressive est contrebalancée par le besoin de compenser l’intermittence des sources renouvelables. Faute de pouvoir stocker l’électricité solaire et éolienne, il faudra construire des centrales thermiques à flamme capables de soutenir la demande d’énergie sans recourir à des délestages fréquents.

La réussite d’une stratégie à échéance de 2025 suppose comme première condition l’assurance de la pérennité, qui ne peut être garantie que si les grandes options industrielles font l’objet d’un consensus National par delà les clivages politiques. L’absence d’un projet national ne peut conduire qu’à l’immobilisme.

Ce consensus n’existe pas aujourd’hui.

La réussite d’une stratégie à long terme est également conditionnée par la nécessité de s’insérer dans un cadre Européen, et peut-être plus large.

Pour le développement des énergies solaire et éolien, il est évident qu’il existe des conditions géographiques. Telle région d’Europe est privilégiée pour l’éolien, telle autre pour le solaire, telle autre enfin pour l’hydraulique. Un minimum de rationalisation sera nécessaire pour tirer le meilleur de chaque technologie.

Aujourd’hui il n’existe aucun projet concret dans ce sens.

La transition énergétique demandera des investissements très importants dans la recherche, dans le développement d’un outil industriel adapté et concurrentiel, dans la reconversion des personnels, dans le développement des réseaux d’échanges internationaux d’énergie, dans les stratégies d’économie dans le bâtiment et les transports, dans l’acquisition du foncier nécessaire à l’implantation des centrales solaires, dans la reconversion des sites nucléaires, etc, etc…sans parler du démantèlement.

Il est probable que la France aura les plus grandes difficultés à maintenir un tarif public règlementé du KWh à son niveau actuel, le plus bas d’Europe. La CSPE n’est qu’un pis-aller qui ne saurait se transformer en impôt nouveau sans provoquer des désordres sociaux.

D’autres sources de financement devront être trouvées, qui ne sont pas identifiées aujourd’hui.

L’arrêt de quelques réacteurs nucléaires n’est donc qu’un des aspects, certes emblématique, d’un très vaste chantier qui implique la plupart des acteurs de la vie économique et industrielle.

La décision d’arrêter une vingtaine de réacteurs d’ici 2025 ne résoudra pas les problèmes de la transition énergétique car ils devront être remplacés et tout reste à faire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 12:32

 

17 Septembre 2012

L’annonce de l’arrêt de Fessenheim en 2017 est un non évènement.

Son arrêt était de toutes manières techniquement nécessaire, et ceci pour plusieurs raisons:

- C’est le prototype de la première série de réacteurs REP.

- Il a atteint sa limite d’âge fixée à quarante ans par ses concepteurs.

Ces raisons suffisent à réformer automatiquement la chaudière en 2017.

Mais, comme chacun sait, en plus de l’atteinte de la limite d’âge, des problèmes en rapport avec un risque accru de sureté ont été mis en évidence, suite aux leçons de la catastrophe de Fukushima:

- On sait maintenant que l’acier de la cuve peut se briser en cas de fusion du cœur, à cause de la fragilisation due à l’exposition au flux de neutrons sur une longue période.

- L’ épaisseur du radier est notoirement insuffisante, il serait incapable d’arrêter le corium en cas de fusion du cœur et de bris de la cuve.

Les travaux d’amélioration préconisés par l’ASN nécessiteraient des dépenses exorbitantes, si toutefois ils sont réalisables.

- Absence de récupérateur de corium, nécessitant également des travaux probablement déraisonnables ( ce récupérateur doit être installé lors de la construction, et non après ).

- Installations vulnérables à l’envahissement par les eaux, nécessitant d’importants travaux de sécurisation.

- Proximité dangereuse de la nappe phréatique qui alimente toute la région Alsace ( La nappe se trouve à seulement quelques mètres de profondeur sous le radier).

-Etc…

Pour couronner le tout le site est placé en contrebas du grand canal d’Alsace, et en zone sismique.

(La référence sismique ayant servi pour déterminer les marges de sureté étant fortement contestée).

Oublions donc ce site dont l’arrêt sera cependant emblématique et surtout fort ennuyeux pour les ouvriers et pour les sous-traitants et intérimaires.

Notons quand même que AREVA aurait souhaité voir prolonger la durée d’exploitation jusqu’à 50 ans, soit 2027.

Plus sérieuse est la confirmation de la décision de développer une stratégie visant à réduire la part du nucléaire de 75% aujourd’hui à 50% en 2025.

Dans l’hypothèse d’une consommation stable ( accroissement de la demande compensée par une meilleure utilisation) il faudrait donc arrêter environ 20 tranches nucléaires.

100 TWh seraient donc à trouver ailleurs, si possible dans les énergies nouvelles, ce qui est faisable à condition de prendre le problème à bras-le-corps.

Ce programme de réduction de 75% à 50% ne peut évidemment être qu’une première étape vers la sortie totale du nucléaire. En effet les raisons qui sont invoquées pour la première étape de réduction sont essentiellement la volonté de supprimer tout risque de catastrophe environnementale, et ce risque existera tant qu’il restera un seul réacteur en service.

Cette première étape doit donc être expressément accompagnée de l’engagement d’un programme de sortie totale du nucléaire ( pour 2050 ?).

Bien entendu, tout cela n’a de sens que si, dans le même temps, on décide l’arrêt du programme EPR et des études sur la quatrième génération.

Quant à ITER, la question reste à débattre .

Aujourd’hui seule la première étape est annoncée, sans pour autant être actée par une loi.

L’annonce de l’arrêt en 2017 de la plus vieille centrale du parc ne constitue en aucun cas une politique énergétique.

Il existe donc une incertitude quant à l’orientation long terme du projet énergétique de la France.

Cette incertitude ne permet pas aux industriels de décider de leur stratégie, que ce soit dans le nucléaire, dans les énergies nouvelles, ou ailleurs.

Une transition énergétique de grande ampleur nécessite en effet des investissements sur le long terme, donc l’assurance de la pérennité de la politique industrielle du pays et donc des choix énergétiques de base.

Tout reste donc en faire en matière de programmation de l’éventuelle transition énergétique.

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 11:52

 

17 Septembre 2012

La conférence de Vendredi et Samedi derniers se proposait de traiter d’un programme extrêmement large puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que de l’Environnement.

La majuscule est de mise eu égard à l’ampleur du sujet et à l’imprécision de son contenu.

Que l’on rebaptise le sujet sous l’étiquette « Diversité et Transition énergétique » ne change rien puisque ces deux termes contiennent à peu près la même chose, c’est-à-dire tout.

L’intention de traiter de tout dans une même conférence est certes louable puisqu’elle traduit la volonté de tout prendre à bras le corps, mais le risque est grand de tomber dans la confusion et surtout de parfois se tromper d’interlocuteur.

Une assemblée de quatorze ministres et trois cent élus et représentants d’ONG , employeurs et salariés, ne pouvait en deux jours que prendre la forme d’une grand messe inaugurale au cours de laquelle quelques grandes lignes directrices seraient évoquées, puisées pour l’essentiel dans le programme électoral du nouveau Président.

La panoplie dont souhaite s’équiper le Gouvernement pour atteindre ses objectifs comprend des mesures industrielles, sociales, fiscales, commerciales, règlementaires, que l’on peut essayer de mettre en ordre:

D’abord, les mesures décidées sinon actées:

- Confirmation de la décision de fermeture de la centrale électronucléaire de Fessenheim fin 2016, annoncée pour 2017 dans le programme électoral.

- Lancement imminent d’un nouvel appel d’offre éolien off shore, également déjà antérieurement programmé.

- Annulation des permis d’exploration et d’extraction des huiles et gaz de schistes, confirmation du moratoire existant.

- Pour l’éolien, suppression de l’obligation d’appartenir à une ZDE ( Zone de Développement de l’Eolien) , et mise en place d’un tarif d’achat adapté à l’Outre-mer.

- Interdiction de l’épandage aérien de produits phytosanitaires sauf en l’absence de solutions alternatives.

- Augmentation du malus automobile par abaissement de 5g du seuil de CO2 par km.

- Confirmation du soutien du Gouvernement à la proposition de loi sur la suppression du Bisphénol A dans les contenants alimentaires.

- Pour l’électricité et le gaz, extension du bénéfice du tarif social à 4 millions de ménages modestes au lieu de 1 million aujourd’hui.

Ensuite les promesses:

- Pour mi 2013, Loi fixant la stratégie pour la réduction de la part du nucléaire à l’horizon 2025 ( de 75% à 50%).

- Simplification des procédures administratives pour l’éolien et le photovoltaïque.

- Création d’un guichet unique pour la rénovation thermique des logements.

- Tarification progressive de l’énergie.

- Lutte contre l’artificialisation des sols.

- Hausse de la taxe générale sur les activités polluantes ( TGAP).

- Création en 2013 d’une Agence nationale de la biodiversité.

- Proposition de relance de la taxe carbone aux frontières de l’Europe.

- Baisse des taux de défiscalisation des biocarburants à partir de 2014 pour extinction en 2015.

- Maintien du moratoire sur la mise en culture des OGM.

- Lancement d’un nouveau plan pour l’agriculture biologique.

Des incitations pour les industriels et les particuliers:

- Développer dans les dix ans un véhicule consommant 2 litres d’essence aux 100 Kms.

- Mettre en œuvre un vaste plan de rénovation thermique des bâtiments.

Il s’agit donc d’un programme général d’orientation pour le quinquennat, qui ne vaudra que par la concrétisation des mesures promises.

Quels commentaires tirer de la lecture de cette panoplie ?

Les grincheux regretteront l’absence ( confirmée par le premier Ministre) de mesures d’harmonisation de la taxe sur les carburants, qui laisse la part belle au diesel et donc va à l’encontre des préconisations de Bruxelles sur la pollution urbaine.

Les comptables regretteront que rien ne soit dit concernant le financement de ce vaste programme.

Les tatillons s’étonneront que l’on s’oppose aux gaz de schiste en France tout en acceptant le pétrole off shore guyanais.

Les ingénieurs se demanderont de quel chapeau a été tiré cet objectif de développement d’un véhicule consommant 2 L d’essence aux 100 Kms.

Les usagers voudront savoir pourquoi le soutien du Gouvernement va à un véhicule à essence plutôt qu’à la voiture électrique.

Les urbanistes voudront savoir quelles grandes idées présideront au programme de lutte contre l’artificialisation des sols.

Enfin la plupart s’étonneront de n’avoir rien entendu concernant un éventuel grand plan d’amélioration des transports en commun, pourtant la clé de la diminution de consommation d’énergie dans les transports.

Cette grand messe aura eu quand même le mérite de poser quelques jalons, mais également d’ouvrir une période de débats car de nombreuses questions restent ouvertes.

Il faudra attendre un an ou deux pour que ces idées généreuses atterrissent sur un programme concret tenant compte des possibilités de financement.

 

 

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 11:25

 

17 Septembre 2012

Droit de réponse.

Notre article du 15 Septembre

«  Le nouveau compteur Linky, quelques idées reçues »

A fait l’objet d’un commentaire qui se veut destructeur, mais dont le contenu renforce notre volonté de combattre les idées reçues.

Le commentateur fait un amalgame entre le système de communication à courants porteurs basse fréquence ( utilisés par Linky) et la norme GPRS, qui est une norme pour la téléphonie mobile qui n’a évidemment rien à voir avec le compteur Linky.

Ce genre d’amalgame, que nous attribuons à l’ignorance plutôt qu’à la malveillance, est de nature à fausser le jugement de lecteurs peu familiers de la technique des communications.

D’autre part le même commentateur déclare qu’il n’y a pas une ligne de vrai dans notre exposé, sans pour autant donner le moindre détail sur les éventuelles contre-vérités relevées.

Nous sommes toujours disposés à débattre de tous les sujets abordés et bien sûr à reconnaître nos erreurs, encore faut-il apporter des arguments sérieux.

 

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:13

Le nouveau compteur Linky, quelques idées reçues.

15 Septembre 2012

Comme toujours lorsqu’une application nouvelle est « imposée » sans explication, une polémique s’engage, ce qui révèle une saine vigilance du consommateur usager.

L’introduction du nouveau compteur électrique Linky n’échappe pas à la règle.

Parmi les arguments présentés ici et là, il circule quelques idées reçues qu’il n’est pas inutile d’essayer de démonter, ne serait-ce que pour préserver le sérieux des vrais arguments.

«Ce nouveau compteur communique grâce à des ondes nocives, comme celles du téléphone portable mis en accusation par l’OMS » .

Cette accusation résulte d’une confusion. Les transmissions CPL (Courants Porteurs en ligne) consistent en la superposition d’un signal de communication sur la tension du secteur 230 Volt.

Au début de cette technologie on n’utilisait que des signaux de communication à basse fréquence, les signaux à transmettre étant simples comme allumer les réverbères par exemple.

Puis la technologie et la règlementation ont évolué, jusqu’à permettre aujourd’hui la transmission de signaux à haute fréquence de plusieurs Mhz.

Ces signaux de haute fréquence sont effectivement perturbateurs car le réseau domestique 230 V n’est pas blindé et donc les fils du secteur servent d’antenne et rayonnent de manière sauvage.

Mais les transmissions CPL utilisées par EDF n’utilisent que le domaine basse fréquence qui lui n’émet aucune onde électromagnétique:

Deux fréquences: 63,3 KHz et 74 KHz

( Il s’agit de Kilo Hertz et non de Méga Hertz )

Modulation S-FSK.

Débit 2 400 bauds.

Il existe dans le résidentiel des applications communicantes qui utilisent des liaisons radio à haute fréquence, mais qui n’on rien à voir avec le compteur Linky. On les trouvent par exemple dans la Domotique, les systèmes d’alarme sans fil, les télécommandes, etc, etc…

EDF n’a rien à voir dans tout çà.

«Les ondes émises provoquent des troubles chez les personnes électro sensibles ».

Même réponse que ci-dessus.

Des manifestations d’électro sensibilité, qui n’ont rien à voir avec Linky, ont été rapportées et seraient dues à la proximité de lignes à haute tension ou d’un transformateur de distribution.

D’autres cas d’électro sensibilité seraient liés aux micro ondes émises par le réseau de téléphonie mobile. EDF et Linky y sont bien entendu étrangers.

« Ce compteur n’apporte aucune économie d’énergie»

Par lui-même ce nouveau compteur n’apporte techniquement aucun gain d’énergie dans une installation existante. Il n’est pas en lui-même un système d’économie d’énergie.

Par contre il offre de nombreuses possibilités qui, elles, conduiront à des économies lorsque le client voudra bien s’équiper pour en tirer profit. C’est un équipement pour l’avenir, prévu pour accompagner la transition énergétique.

Dans l’immédiat, sur une installation basique, le client ne verra aucune différence après remplacement de son compteur bleu électronique (CBE) par un Linky.

Par contre si son ancien compteur était un vieux truc électromécanique (encore 60 % du parc), il bénéficiera des possibilités de l’actuel CBE. Possibilités limitées mais non négligeables et susceptibles de permettre d’optimiser sa consommation dès maintenant.

«  C’est une dépense inutile qui n’apportera rien en échange »

C’est faux, EDF ne facture pas le remplacement du compteur au client.

Bien évidemment l’opération a un coût qui sera intégré dans les dépenses d’investissement de EDF. Ce coût est annoncé à 4 Milliards d’euros pour équiper 35 millions de clients sur une période d’une dizaine d’années.

Cette dépense est à mettre en face des économies que ce système permettra à EDF de réaliser dans le futur, et qui se chiffrent en nombre de centrales économisées par une meilleure gestion de la consommation globale rendue possible grâce à Linky.

« Mes données personnelles vont circuler sur le réseau et pourront être piratées ».

Les échanges entre le compteur et le concentrateur sont cryptées par un système conforme au Green Book COSEM, avec une clé de 128 Bits.

La protection des données transitant par le réseau ERDF est donc assurée par des protocoles de haut niveau.

Par contre l’usage qui sera fait de ces données par le destinataire ( EDF ou tout autre fournisseur d’énergie comme Poweo, Direct Energie, GDF-Suez, etc…) devra être transparent et parfaitement encadré.

La CNIL doit être garante du respect de la vie privée, de la confidentialité, et de la protection des droits et intérêts du consommateur.

C’est un point qui aujourd’hui n’est pas encore très clair.

«Mes données pourront être utilisées par mon fournisseur d’électricité à des fins de marketing pour m’inciter à souscrire à des options coûteuses ».

Peut-être, mais le client n’est pas obligé d’accepter n’importe quelle proposition.

Les consommateurs reçoivent déjà aujourd’hui des propositions de la part de fournisseurs alternatifs et Linky n’y est pour rien.

Là encore la CNIL et les associations de consommateurs devront être attentives et exiger une grande clarté des diverses propositions tarifaires.

 

« Je ne serais plus maître chez moi si le fournisseur m’impose des délestages ».

Les délestages ne sont jamais pratiqués de manière impromptue. Ils sont négociés avec le client sur des bases contractuelles et avec des incitations tarifaires.

Lorsque, au cours d’une période de pointe de consommation, le gestionnaire de réseau constate un risque de saturation, il procède à des délestages pour éviter une panne générale par disjonction automatique.

Les zones touchées par le délestage sont évidemment intégrées dans un plan tenant compte des besoins des clients de la zone, et ceux-ci sont bien sûr informés.

Le compteur Linky permettra d’optimiser cette fonction client par client, et de lisser la consommation pour éviter le risque de saturation. L’objectif étant d’éviter tout délestage intempestif.

Aujourd’hui la puissance moyenne consommée par la France est de

45 GW, alors que les pointes de consommation atteignent 100 GW.

Le gestionnaire de réseau doit dont installer des capacités de puissance pour 100 GW, alors que la moitié devrait suffire. Il y a là un surcoût colossal qui sera atténué grâce à la transition vers un réseau intelligent, dont la première brique est le compteur Linky.

De plus il faut savoir que, au-delà de 80 GW consommés, la France doit importer de l’électricité. Or cette électricité est chère et d’autre part nos voisins s’orientent vers une sortie du nucléaire et donc ne pourront plus nous dépanner.

Il y a donc de multiples raisons qui rendent incontournable l’évolution vers un réseau intelligent.

En gros il s’agit de faire en sorte d’éviter que tous les clients démarrent leurs appareils de puissance en même temps. Pour cela il faut utiliser une programmation différée en concertation avec les clients d’une zone desservie.

Aujourd’hui, en cas de délestage, le client est totalement privé de courant, c’est le délestage sauvage.

L’objectif est de pratiquer un délestage partiel du client, en ne coupant que un ou deux appareils gros consommateurs, avec l’accord préalable de l’usager.

Ces applications ne peuvent être réalisées qu’avec un compteur communicant comme Linky.

« Big Brother va rentrer chez moi, on va tout savoir de mon mode d’existence »

La plupart des matériels électriques, sinon tous, sont alimentés par le secteur. S’il advient un jour que tous ces appareils sont équipés d’une interface communicante CPL, la confidentialité de l’usage de ces appareils dépendra du type de données qui circulera sur ces interfaces et à qui elles sont envoyées.

Ce sera à l’usager de veiller à ce que ses appareils ne soient pas trop « bavards ».

Le fournisseur d’énergie électrique n’a aucun besoin ( ni aucune envie) de savoir quand l’usager prend sa douche ou quand il regarde la télé.

Les informations transmises au fournisseur, et les possibilités d’intervention qui lui seront concédées sont à la discrétion du client.

A terme, lorsque la gestion intelligente de l’énergie sera une réalité, l’installation domestique sera équipée d’une interface client communicante globale ( Domotique) qui, seule, dialoguera avec le fournisseur.

C’est cette interface client qui d’une part recevra les données du fournisseur ( Offres tarifaires selon l’heure ou le jour, informations heures de pointe, alarme dépassement de puissance, demandes de délestage, données de comptage, etc…), et d’autre part gèrera l’installation du client en fonction des données Linky reçues.

Il n’a jamais été question d’envoyer à EDF des données signalant qu’un téléviseur était allumé ! Encore moins quel programme était regardé !

Seule l’interface Domotique du client saura quel appareil est en fonction et quand, et qui gèrera la programmation différée des appareils de puissance.

« Grâce à la possibilité de modulation tarifaire en temps réel je ne saurai jamais combien va me coûter le KWh que je suis en train d’utiliser »

On peut effectivement se poser la question.

Aujourd’hui le client connaît une fois pour toute le coût du KWh . Selon l’abonnement souscrit, il y a un tarif HP et un tarif HC, et les tranches horaires relevant de HP ou de HC sont fixes, ceci pour la très grande majorité des usagers. Le compteur est même équipé d’un interrupteur qui permet de mettre automatiquement en service les appareils de puissance que le client souhaite allumer seulement en HC.

Avec le compteur intelligent le fournisseur aura la possibilité de proposer en temps réel des aménagements tarifaires pour inciter le client à se reporter sur une tranche horaire plutôt que sur une autre. Bien sûr l’usager sera informé du détail de ces offres, mais encore faut-il que la signalétique soit bien visible et claire.

Le déploiement du nouveau compteur Linky est la clé qui permettra de réaliser le réseau intelligent sans lequel il sera tout simplement impossible de gérer la complexité de la distribution électrique bidirectionnelle du futur intégrant les énergies nouvelles.

PS. L’auteur déclare sur l’honneur n’avoir aucun lien d’intérêt avec EDF ou toute autre entreprise du secteur de l’Energie électrique.

 

 

 

 

 

 

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 19:18

 

13 Septembre 2012

Dans un article récent ( « Gaz à tous les étages ») nous avons montré que les perspectives de retrait du nucléaire et de tension sur le pétrole avaient rendu quasiment obligatoire un repli sur le gaz afin de maintenir à moyen terme les fournitures d’électricité en attendant que la relève soit prise par les énergies durables ( la fameuse transition énergétique).

Nous avons succinctement présenté le programme de construction de nouvelles centrales à gaz à cycle combiné, destinées d’une part à remplacer la production des centrales nucléaires qui doivent être arrêtées, et d’autre part à soutenir les futures centrales solaires et éoliennes dont la production est par nature intermittente.

Le résultat de cette stratégie sera donc une augmentation mécanique de nos importations de gaz naturel, c’est-à-dire du déficit du commerce extérieur.

Ce qui va exactement à contresens de la recherche de l’équilibre budgétaire.

Certains n’hésitent pas à se demander si aujourd’hui le pays peut vraiment se permettre d’augmenter ses importations de gaz alors que la balance des paiements est déjà plombée et que les caisses sont vides.

Et de regarder avec insistance vers les possibles réserves de gaz de schiste du sous-sol français, qui, si elles étaient confirmées, nous permettraient d’économiser des milliards d’euros.

Ce raisonnement, qui peut paraître simpliste, a évidemment traversé l’esprit du ministre du redressement productif qui aimerait bien avoir ces milliards d’euros pour financer sa politique industrielle. Le ministre des finances, qui ne dit rien mais n’en pense pas moins, est probablement du même avis.

La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie est bien embarrassée: sa casquette de ministre de l’énergie l’inciterait à ne pas négliger à priori une réserve d’énergie gratuite disponible, mais sa casquette écologique lui impose de rester ferme sur le rejet des gaz de schiste.

La conférence environnementale qui commence demain nous réserve certainement des débats animés et des conclusions surprenantes dont les attendus ne manqueront pas de sel.

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 19:25

 

13 Septembre 2012

 

Dans un article précédent ( 07/12/2011, rubrique énergie, «Un compteur (trop) intelligent » ) nous avons présenté le nouveau compteur Linky destiné à équiper la totalité des usagers professionnels ou particuliers raccordés au réseau électrique.

 

Une phase de validation sur le terrain a permis d’obtenir l’approbation du système, qui a pris une existence officielle par la parution au JO de l’arrêté du 4 Janvier 2012 autorisant le déploiement des compteurs intelligents.

 

Jusqu’à présent, le fournisseur d’énergie se bornait à raccorder l’abonné à un réseau commun, par l’intermédiaire d’un dispositif de comptage d’énergie. Quelques signaux rudimentaires étaient transmis par CPL (Courants Porteurs en Ligne) afin de commuter le mode tarifaire et d’actionner un contact Heures creuses.

 

Il n’existait aucun canal de communication de données permettant au fournisseur d’énergie d’interfacer avec l’installation d’usager en aval du compteur.

 

Ce système très rustique présentait l’avantage de garantir la protection de la vie privée dans son aspect utilisation de l’énergie. Seule la quantité d’énergie était mesurée périodiquement et facturée, la manière d’utiliser cette énergie ( comment et quand) demeurait du domaine privé.

 

Mais le monde de l’énergie est en train de changer:

 

Le vieux système de distribution de l’énergie électrique était fondé sur un concept dépassé, celui de l’adaptation de l’offre à la demande, quelle que soit cette demande et quelle que soit son augmentation d’une année sur l’autre. Le fournisseur d’énergie devait prévoir des surcapacités déraisonnables pour être en mesure de satisfaire les pointes de consommation.

 

L’arrivée des énergies nouvelles, essentiellement solaire et éolienne, ne permet plus cette gestion à sens unique d’adaptation de l’offre à la demande. En effet, les énergies nouvelles sont intermittentes par définition et la courbe de la demande n’est pas superposable à la courbe de l’offre.

 

Il est donc devenu indispensable de développer un véritable système de gestion de l’énergie, sur un nouveau concept qui introduit la possibilité d’adapter la demande à l’offre.

 

La gestion de la distribution de l’électricité doit alors être conçue en tant que réseau de communication bidirectionnelle entre les fournisseurs d’énergie et les usagers.

 

Pour des raisons évidentes de simplicité et de coût le support physique de la communication est le réseau de distribution lui-même. Les données échangées utilisent la technologie CPL déjà largement en usage par ailleurs.

 

Les nouveaux compteurs intelligents intègrent les interfaces nécessaires à la communication avec les fournisseurs d’énergie d’une part, et avec l’installation de l’usager d‘autre part, selon le niveau communicant des matériels installés.

 

L’installation d’un nouveau compteur n’oblige en aucune façon l’usager à remplacer ses matériels, la rétro-compatibilité est assurée.

 

Les fonctionnalités nouvelles rendues possibles grâce à ces nouveaux compteurs n’entreront en service que très progressivement, il s’agit d’une démarche long terme. Dans un premier temps l’usager ne verra pas de différence avec l’ancien système et pourra se demander à quoi cela peut servir. Un gros travail de communication auprès du public sera nécessaire pour expliquer qu’en fait il s’agit de préparer l’après 2020-2030 et qu’une transition énergétique réussie suppose des investissements programmés longtemps à l’avance.

 

Par contre, ce qui changera immédiatement, c’est la fin du secret sur l’utilisation de l’énergie électrique. Le quand et comment le client consomme son électricité cessera d’être du domaine privé puisque les fournisseurs sauront en temps réel quelle est la consommation instantanée.

 

Ces informations permettront de définir un profil d’utilisateur, sans pour autant connaître le détail de sa consommation énergétique.

 

Sauf si l’usager accepte de s’équiper en matériels communicants, chaque appareil possédant une interface capable de dialoguer avec une centrale domotique et avec le ou les fournisseurs d’énergie à travers le compteur intelligent.

 

Par le biais d’une politique tarifaire incitative, les fournisseurs d’énergie pourront alors négocier avec l’usager des contrats incluant des possibilités de délestage sur certains matériels et/ou le démarrage programmé d’appareils gros consommateurs tels que chauffe-eau, machine à laver, secteurs de chauffage, chargement de batterie de véhicule électrique, etc…

 

Cette gestion distribuée permettra de lisser la consommation globale et d’atténuer fortement les pointes de consommation à l’échelon régional ou national.

 

Ce réseau communicant est perçu par certains comme une violation de la vie privée. Il existe une crainte, en partie justifiée, de voir les données particulières tomber entre des mains indésirables et de les voir utilisées à des fin commerciales ou frauduleuses.

 

Contre ce risque, le protocole de communication est crypté. Il reste bien sûr à faire la preuve de l’efficacité de cette protection.

 

Le CEPD ( Contrôleur Européen de la Protection des Données) se préoccupe de l’évaluation de ce risque de détournement de données.

 

En France, l’UFC Que choisir a engagé un recours devant le Conseil d’Etat dans le but d’obtenir l’annulation de la généralisation du compteur intelligent Linky.

 

La CNIL a émis bien sûr des recommandations pour renforcer la protection et surtout le contrôle de l’usage de ces données.

 

Ce problème, qui devrait trouver une solution assez rapidement, est une retombée inattendue de la transition énergétique. D’autres retombées, autrement dérangeantes, sont à attendre car nos habitudes de consommation devront être révisées drastiquement.

 

 

 

 

 

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 18:04

 

10 Septembre 2012

Le battage médiatique autour de ce que l’on a nommé la transition énergétique, sous tendu par la condamnation populaire quasi unanime des énergies fossiles et du nucléaire, a créé un climat d’incertitude quant au devenir de nos politiques énergétiques dans les prochaines décennies.

On peut craindre que la fameuse transition ne soit affectée par des fortes turbulences, que la conférence environnementale de la semaine prochaine aura beaucoup de mal à prévenir.

Quelle que soit la compétence des intervenants, ils devront composer avec la réalité du terrain.

Or, que dit cette réalité ?

- Le nucléaire n’a plus la cote, il sera très difficile de faire accepter un renouvellement du parc vieillissant. Il faut donc se préparer à réduire significativement l’apport de l’atome dans le mix énergétique.

- Mais, malgré les exhortations en faveur des économies d’énergie, la demande continue de croître, il faut donc impérativement prévoir de compenser la baisse de production nucléaire par le recours à une autre source d’énergie.

- Le pétrole devient de plus en plus une denrée rare dont le prix ne peut que croître inéluctablement sur le long terme, pesant de manière insupportable sur la balance commerciale des pays non producteurs.

Il serait donc déraisonnable pour ces pays de fonder une stratégie énergétique sur ce produit.

- Le gaz paraît retrouver un regain d’intérêt pour plusieurs raisons: Les réserves conventionnelles seraient supérieures à celles du pétrole; les gaz de schiste constituent des réserves supplémentaires disponibles sous conditions; le recours au biogaz vient compléter le panel de sources possibles.

- Tôt ou tard le recours aux énergies vertes deviendra massif, le solaire et l’éolien constituant l’essentiel de leur participation.

Or ces énergies sont intermittentes, ce qui impose de disposer de ressources complémentaires fiables pour prendre le relais lors de l’absence de vent et/ou de soleil.

Faute de solutions de stockage de masse de l’électricité, il sera alors nécessaire de recourir à des centrales conventionnelles.

Ces éléments de réflexion sont évidemment pris en compte par les autorités responsables de l’approvisionnement énergétique du pays, indépendamment d’une quelconque conférence environnementale qui ne saurait en elle-même modifier la réalité des besoins.

Dans ce cadre a été lancé depuis plusieurs années un programme de construction de centrales thermiques à flamme de nouvelle génération. Ces centrales utilisent la cogénération et affichent des rendements pouvant atteindre 60%, contre 37% pour les centrales anciennes.

En voici une liste non exhaustive:

En 2005: Centrale DK6 de Dunkerque, 790 MWe .

En 2009: Centrale de Pont-sur-Sambre, par POWEO, 412 MWe.

En 2010: Centrale CycoFos, par GDF-SUEZ, 424 MWe.

En 2010: Centrale Combi Golfe, par GDF-SUEZ, 432 MWe.

En 2011: Centrale de Saint-Avold, par E-ON, 2x430 MWe.

En 2011: Centrale de Bayet, par ALPIQ , 408 MWe.

En construction:

Par EDF: Martigues, Pont-à-Mousson.

Par Direct-Energie, dans l’Oise.

Etc…

Ce programme énergétique, jugé selon les critères écologiques, paraît parfaitement hérétique puisqu’il exalte le recours aux énergies fossiles.

Il rencontre des manifestations d’opposants, par exemple à Landivisiau contre une centrale de 422 MWe devant entrer en fonction en 2016.

En fait c’est grâce à de tels programmes que la sortie du nucléaire et le développement des énergies durables seront possibles.

Un gros travail de communication sera nécessaire pour expliquer aux populations que les centrales à gaz sont un passage obligé vers les énergies durables et l’indépendance énergétique du futur.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 16:39

 

8 Septembre 2012

Sans passer nécessairement pour un détrousseur de cadavres, il doit être possible d’analyser la catastrophe de Fukushima afin de tâcher d’en tirer des leçons pour l’avenir, si toutefois le nucléaire possède encore un avenir.

Que s’est-il réellement passé, quelles furent les circonstances déclenchantes, quel fut l’enchaînement des évènements, quelles sont les responsabilités ?

Les informations exploitées ici sont extraites du rapport du Forum Nucléaire Suisse de Juillet 2011. Ce document est une analyse du rapport du 7 Juin 2011 du Gouvernement Japonais, destiné à l’AIEA ( Agence Internationale de l’Energie Atomique).

(Cette tentative d’analyse ne vaut donc que ce que valent les informations délivrées par le Gouvernement japonais dans ce document).

Sur les côtes touchées par la catastrophe naturelle ( Séisme + tsunami), sont (étaient) installés cinq sites comportant 15 tranches nucléaires ( 15 réacteurs):

11 réacteurs étaient en fonctionnement et 4 étaient à l’arrêt pour entretien programmé.

Du Nord au Sud:

Higashidori: 1 réacteur A l’arrêt.

Onagawa: 3 réacteurs En fonctionnement.

Fukushima-Daiichi: 3 réacteurs En fonctionnement

3 réacteurs A l’arrêt.

Fukushima-Daini: 4 réacteurs En fonctionnement

Tokai: 1 réacteur En fonctionnement

Tout a commencé le 11 Mars 2011 à 14 H 46 ( Heure locale) par un séisme de magnitude 9 suivi d’une centaine de répliques dont certaines très importantes.

Selon les autorités gouvernementales japonaises:

L’ensemble des installations a résisté au séisme, et les procédures de mise à l’arrêt automatique se sont enclenchées normalement sur tous les réacteurs en fonctionnement.

Par contre, le réseau électrique du Nord Est du pays n’a pas résisté, et l’alimentation à haute tension des sites nucléaires a été interrompue à l’exception de la ligne qui alimente Onagawa et Fukushima-Daini.

Il faut rappeler qu’un réacteur mis en procédure d’arrêt continue de produire de la puissance pendant un certain temps:

6% de la puissance nominale juste après l’arrêt.

1,5% après une heure.

0,7% au bout d’une journée.

Il faut donc continuer à le refroidir jusqu’à l’arrêt à froid, défini par une pression nulle et une température inférieure à 100 °C, ce qui peut prendre plusieurs jours. Pour cela il faut de l’électricité pour alimenter les pompes et les divers circuits de sécurité et de commande.

L’interruption de l’alimentation extérieure électrique provoque le basculement automatique sur les alimentations de secours ( Groupes électrogènes à moteurs Diesel et batteries) pour actionner les pompes qui assurent le refroidissement des cœurs des réacteurs afin d’évacuer la puissance résiduelle, et fournir en électricité les éléments de régulation et de commande de l’installation.

Toujours selon les autorités responsables japonaise:

Cette phase de basculement sur les générateurs de secours s’est déroulée normalement sur tous les réacteurs concernés.

A ce stade du déroulement des évènements, la catastrophe aurait pu être évitée à condition que les groupes électrogènes de secours soient capables d’assurer leur fonction jusqu’à l’arrêt à froid des réacteurs, ce qui est du domaine du cahier des charges d’une installation de bon aloi.

Hélas, en zone littorale, après un séisme off shore vient le tsunami.

La première vague du tsunami a frappé la côte 30 à 40 minutes après la secousse principale.

A Higashidori ( Tout au Nord) il n’y a pas eu de dégât, le réacteur était à l’arrêt pour entretien, les groupes électrogènes ont fourni normalement de courant nécessaire pour les travaux divers. Le tsunami n’a pas eu de conséquences fâcheuses.

A Onagawa les installations avaient été construites à une hauteur de 14,8 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le séisme a provoqué un affaissement du sol de 1 mètre, réduisant d’autant la marge de sécurité contre le tsunami. Le flot a réussi à envahir les galeries souterraines et à endommager quelques installations . Les dispositifs de sécurité ont résisté et les procédures d’arrêt ont pu être menées à bien avec les groupes de secours.

A Tokai, le tsunami a envahi une partie du site et noyé un groupe électrogène, mais les deux autres groupes ont pu mener à bien l’arrêt à froid.

A Fukushima-Daini, les installations étaient à 12 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais la vague de retour a atteint 15 mètres et submergé une partie des installations dont les pompes.

Les moteurs de pompes ont pu être remplacés, et l’alimentation électrique maintenue en partie de l’extérieur et en partie par les groupes encore en service.

L’arrêt à froid a été obtenu.

Par contre, à Fukushima-Daiichi les choses ont tourné à la catastrophe à cause du tsunami. La vague a atteint 15 à 16 mètres et submergé les installations.

Avec la défaillance de l’alimentation électrique extérieure, les six réacteurs ( Dont trois à l’arrêt pour entretien) se sont trouvés pris en charge par les groupes électrogènes de secours.

Mais la vague du tsunami a tout mis hors d’usage:

Tous les groupes électrogènes diesel de secours ont été inondés, ainsi que les pompes, les postes de distribution électrique et les postes de commande.

( Un seul groupe électrogène auxiliaire est resté en service car situé plus haut que les autres. Il a permis d’alimenter la tranche 6 et plus tard également la tranche 5 .

Le problème s’est alors concentré sur les réacteurs 1 à 4, spécialement 1 à 3, le 4 étant déjà à l’arrêt sans combustible dans la cuve.

( Rappelons que seules les tranches 1 à 3 étaient en fonctionnement).

Sur ces trois réacteurs, les cœurs ont fondu, le corium répandu au fond des cuves qui n’ont pas résisté, s’est déversé sur le radier.

Du fait de la défaillance totale de l’alimentation électrique, aucun dispositif d’urgence n’a pu être mis en œuvre, et donc les dégagements d’Hydrogène dus au vapo craquage de l’eau et aux diverses réactions ont provoqué une surpression dans les cuves, suivi d’explosions dans les enceintes de confinement.

Même l’enceinte du réacteur 4 y a eu droit malgré l’absence de combustible dans sa cuve ! On pense que l’Hydrogène s’y est insinué par des conduites de service.

Le résultat de ce feu d’artifice est connu, émission d’un nuage de produits radioactifs, pollution de la mer par les rejets d’eau de refroidissement chargée de radioéléments, et pollution du sol par les coriums dont on ne connait pas bien le destin futur.

( La catastrophe est en fait toujours en cours).

Dans l’article du 22 Juillet 2012 nous évoquions les sept lignes de défense du nucléaire. Voyons un peu comment se sont comportées ces défenses à Fukushima Daiichi:

De l’aveu même du Gouvernement Japonais, l’ensemble des installations nucléaires a souffert d’un mal endémique qui est l’insuffisance généralisée de culture de la sécurité nucléaire.

La ligne de défense n°7 laissait donc à désirer. Elle était confiée essentiellement à l’exploitant TEPCO, les inspections étaient de pure forme et les éventuelles préconisations de sécurité n’ont jamais, ou rarement, été appliquées, malgré les recommandations des scientifiques. On imagine alors facilement que l’ensemble des installations était vulnérable à n’importe quel évènement déclencheur un peu vicieux.

(On peut d’ailleurs s’étonner que, en présence d’un tel laisser aller, une catastrophe ne se soit jamais produite auparavant).

Compte tenu de ce qui vient d’être dit, il ne faut pas s’étonner si la ligne de défense N°6 était elle aussi inefficace:

Cette ligne est chargée s

assurer par des moyens spécifiques le soutien des installations de secours et leur protection contre les submersions, ou contre toute autre mauvaise surprise.

Tous les groupes électrogènes de secours étaient situés trop bas et donc submersibles, ils ont été mis hors jeu très rapidement.

L’ensemble des installations des réacteurs 1 à 3 s’est trouvé complètement dépourvu d’alimentation électrique, la catastrophe était dès lors inévitable, quelles que soient les lignes de défenses rapprochées existantes.

La ligne de défense suivante est la N°5: dispositif de récupération du corium et contention jusqu’à son refroidissement.

Cette ligne était tout simplement inexistante à Fukushima. Les coriums ont donc pu s’échapper des cuves brisées et se répandre dehors, générant une suite de calamités non encore toutes identifiées.

La ligne de défense N°4 a fonctionné : Déclenchement de la procédure d’arrêt des réacteurs, basculement de l’alimentation électrique sur les groupes électrogènes de secours, mise en œuvre de la procédure d’arrêt à froid. Mais cette défense n’a pu être efficace à cause de la mise hors service par le tsunami des groupes électrogènes de secours.

Les cœurs des trois réacteurs se sont alors trouvés livrés à eux-mêmes sans aucune possibilité de contrôle.

Les importants dégagement de gaz provoqués par le contact des corium avec l’eau et le béton ont entraîné une augmentation de pression dans l’enceinte de confinement ( Ligne de défense N°3) et un dégagement d’Hydrogène.

La ligne de défense N°4 étant neutralisée, il n’a pas été possible de contrôler les gaz des enceintes de confinement par les dispositifs adéquats, les explosions étaient dès lors inévitables.

La ligne de défense N°3 ( Enceintes de confinement) était donc éliminée.

La fusion des cœurs ayant entraîné la rupture des cuves, la ligne de défense N°2 se trouvait à son tour éliminée ( Circuit primaire).

Quant à la ligne de défense N°1 ( Les gaines de combustible) il y a longtemps qu’elle avait disparu, l’alliage de Zirconium n’ayant pas résisté à la température atteinte par la réaction de fission non contrôlée ( près de 3000 °C).

Ce triste scénario nous enseigne un tas de choses:

- Les séismes d’amplitudes inhabituelles, cela existe et pas seulement dans l’imagination des opposants au nucléaire. Les références historiques à des séismes passés sont peu fiables, eu égard à l’absence de données scientifiques dignes de ce nom. Surtout pour ce qui concerne les effets conjugués d’un séisme et d’un tsunami.

- Un séisme peut entraîner localement un affaissement de terrain, réduisant d’autant la marge de sécurité par rapport au risque d’inondation.

Cette éventualité n’est pas prise en compte dans les évaluations préalable des risques d’une installation nucléaire.

Ce séisme peut éventuellement entraîner une rupture de barrage dont les conséquences seraient équivalentes à celles d’un tsunami.

- Les sites nucléaires actuels sont manifestement trop vulnérables à l’envahissement par l’eau, quelles que soit l’origine de cette eau (Tsunami, rupture de barrage, crue exceptionnelle, rupture de conduite d’alimentation).

Le cas d’un glissement de terrain, bien que rarement évoqué, est une éventualité qui doit être également considérée.

- Le maintien de l’intégrité du circuit de refroidissement du cœur d’un réacteur est un impératif absolu qui doit faire l’objet d’une attention spéciale.

Les accidents de TMI2 ( Three Mile Island), Tchernobyl, Fukushima, et le « quasi » accident de la centrale du Blayais en France, confirment ce point.

Il est inadmissible que les pompes primaires , leurs circuits de commande, et leur alimentation électrique ne soient pas mises hors de portée de toute submersion.

Même chose pour les alimentations de secours ( Groupes électro diesels).

- Les lignes du réseau d’alimentation électrique des réacteurs doivent être construites selon des normes anti sismiques au même titre que les bâtiments des réacteurs eux-mêmes.

- Nous savons maintenant que la cuve d’un réacteur peut céder en cas de fusion du cœur.

Or, dans un document de synthèse de l’ASN publié en 2000, on peut lire au paragraphe 3-5-1 / Chapitre 11:

«  La rupture de la cuve est un accident jugé inenvisageable, dont les conséquences ne sont donc pas prises en compte dans l’évaluation de la sureté du réacteur ».

C’est pourquoi aucun réacteur français ne possède de récupérateur de corium…Nos trapézistes travaillent sans filet…

Fukushima nous a prouvé hélas que cette fameuse cuve n’est pas invulnérable.

- La concentration de plusieurs réacteurs sur le même site maximise les difficultés d’intervention des secours qui doivent répartir leurs forces et donc perdre de l’efficacité.

De plus cette concentration crée le risque d’effet domino. Un accident sur un réacteur peut se propager aux autres par effet de proximité et/ou de mise en commun de certaines installations.

Il est donc impératif de séparer physiquement les différentes tranches d’un même site, et d’en limiter le nombre.

( Une tranche est constituée d’un réacteur avec l’ensemble des dispositifs fonctionnels et de secours. Chaque tranche doit être complètement indépendante de sa ou ses voisines, ce qui est rarement le cas ).

- L’existence de dispositifs de secours ultra perfectionnés n’est d’aucune utilité si ces dispositifs sont eux-mêmes vulnérables à des évènements extérieurs insuffisamment pris en compte.

Cette liste, non exhaustive, est un plaidoyer pour une révision en profondeur de notre politique de sureté nucléaire, trop longtemps fondée sur des certitudes, des convictions, des rapports de sureté à la limite de la complaisance, des arguments d’autorité, et insuffisamment à l’écoute des mises en garde négligées du seul fait qu’elles ne proviennent pas du sérail.

Tout ceci n’est pas nouveau, ce n’est un secret pour personne que les lignes de défense sont comme des dominos alignés dont l’ensemble est vulnérable à la chute d’un seul d’entre eux.

Mais alors, pourquoi un tel laisser aller ?

Parce que la sureté nucléaire coûte très cher, et que la production électronucléaire est mise en concurrence avec les méthodes classiques de production d’électricité ( Centrales thermiques à flamme essentiellement), qui ne présentent évidemment pas les mêmes risques d’exploitation.

Le faible coût relatif du combustible nucléaire et le quasi amortissement du parc existant permet à la France de pratiquer artificiellement des tarifs du KWh parmi les plus bas d’Europe. Le prolongement envisagé des installations actuelles jusqu’à quarante ans, voire plus, sera financièrement intéressant, à condition de ne pas investir des sommes considérables dans la recherche de l’amélioration de la sureté.

Le conflit entre la sureté et la rentabilité est dès lors évident.

Surtout si ce secteur d’activité doit être en partie transféré au secteur privé comme suggéré dans le rapport Roussely.

De plus, la nature humaine est ainsi faite qu’un risque n’est vraiment pris au sérieux que lorsque l’accident s’est produit.

En France, EDF a accumulé une expérience de plus de 1000 années réacteur sans avoir eu à déplorer une seule catastrophe.

Pour certains ce résultat suffit à démontrer l’efficacité de la stratégie de sureté dans les conditions normales d’exploitation.

( Les conditions « anormales » sont alors purement et simplement niées et évacuées comme « hautement improbables », ce qui n’a évidemment aucun sens).

Pour d’autres, exciper d’un cumul important d’heures sans accident comme justification d’une sureté accomplie est tout simplement stupide; c’est ignorer que la sureté d’un système ne se déduit pas de l’historique des évènements passés de ce système, mais bien plutôt de l’évaluation probabiliste du taux de défaut par unité de temps ( Appelé « lambda ») des nombreux facteurs qui contribuent à la marche de ce système.

Le simple constat du bon fonctionnement d’un réacteur pendant trente ans ne doit pas suffire à justifier sa prolongation sur quarante ans. Sinon, pourquoi pas cinquante ou soixante ?

Le rapport Roussely (16 Juin 2010) établi à la demande de Nicolas Sarkozy, contient un certain nombre de propositions préoccupantes, par exemple:

« (Nous devons) préparer la prolongation de la durée de vie des centrales actuelles au-delà de quarante ans… »

« La filière nucléaire doit atteindre une compétitivité attractive pour l’investissement privé… »

« Principaux axes de progrès: …construction de plusieurs tranches sur le même site… »

« La seule logique raisonnable ne peut pas être une croissance continue des exigences de sureté… »

« Associer au mieux exigences de sureté et contraintes économiques…. »

« Soutenir l’extension du fonctionnement des centrales à soixante ans, à sureté constante … »

Il faut noter qu’aucune des quinze principales recommandations de ce rapport ne met l’accent sur l’urgence d’un programme d’amélioration de la sureté des « vieilles » centrales.

Le changement de l’équipe gouvernementale en France ne semble pas devoir être accompagné d’une révision profonde de notre politique énergétique. Certains s’en réjouirons, d’autres seront déçus, qui attendaient notamment l’amorce d’un abandon du nucléaire.

L’absence d’une politique énergétique commune européenne est de nature à créer un flottement entre d’une part les Etats qui, comme l’Allemagne, ont choisi d’investir massivement dans les énergies durables et de prendre de la distance vis-à-vis du nucléaire, et d’autre part les Etats qui, comme la France, recherchent dans le nucléaire une réponse à leur problème de dépendance énergétique. Flottement alimenté par un fond d’incertitude quant au sérieux de la lutte contre le CO2 au plan mondial et quant à l’opportunité d’exploiter les gaz de schiste en Europe.

La persistance de l’accroissement de la demande énergétique laisse peu de place à des décisions drastiques dont les conséquences seraient une baisse de production d’électricité.

La prochaine conférence environnementale ( 14 et 15 Septembre 2012) traitera entre autres de la transition énergétique. Il serait souhaitable que le problème de la sureté nucléaire soit au centre des débats. Il ne serait pas acceptable qu’il soit balayé sous le tapis comme ce fut le cas jusqu’à présent.

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 17:07

 

6 Septembre 2012

Le nouveau Gouvernement a trouvé dans la cheminée un magnifique cadeau du père Noël ( ou de saint Nicolas au choix), une bombe à retardement dépourvue du manuel d’utilisation permettant notamment de la désamorcer.

Il s’agit d’une bombe énergétique dont le mécanisme est réglé pour nous péter au nez dans un délai diaboliquement incertain, en tous cas probablement avant 2050 selon les meilleurs artificiers du moment.

La tâche d’un Gouvernement responsable doit (devrait) être, toutes affaires cessantes, de désamorcer cette machine infernale sous peine de précipiter le pays dans le gouffre qui va s’ouvrir sous nos pieds dans quelques décennies.

Le nôtre (de Gouvernement) n’échappe pas à cette obligation, même si les préoccupations de court terme continuent de mobiliser son énergie.

Les solutions techniques théoriques permettant d’échapper à la crise énergétique sont connues, elles reposent sur la convergence de deux démarches complémentaires:

- D’une part la réduction de la demande par une réorientation de la société vers des pratiques moins énergivores, et par une mutation industrielle orientée vers la recherche de l’efficacité énergétique ( Consommer peu, mais bien).

- D’autre part le développement des énergies alternatives, dont les possibilités sont connues sans qu’il soit besoin d’y revenir.

Ceci est la théorie, très bien développée par exemple par le collectif Négawatt auquel le lecteur pourra se rapporter.

Mais chacun sait, ou devrait savoir, qu’entre la théorie et la mise en pratique de la théorie il y a de nombreux obstacles de nature politique, économique, financière, technologique, environnementale, dont le franchissement nécessite des moyens qui ne sont pas toujours disponibles.

Là où le théoricien du « Yaka » prouve sur le papier que le paradis est à portée de main, le responsable politique en charge des affaires doit composer avec les impératifs du monde réel qui le placent face à des logiques contradictoires, car il doit à la fois préserver le court terme tout en préparant le long terme:

- Le court terme lui impose de ne pas mettre le pays en panne face à une demande d’énergie croissante. Le long terme lui impose de se retirer des énergies fossiles pour cause de pénurie proche et de lutte contre le CO2.

- Le court terme lui interdit de casser un outil électronucléaire existant, en l’absence d’une solution de remplacement disponible. Le long terme lui fait un devoir de renoncer à l’atome au nom de la protection des populations.

- Le court terme lui suggère d’exploiter les gaz de schiste et le pétrole non conventionnel car c’est bon pour l’indépendance énergétique et la balance extérieure. Le long terme le lui interdit par respect pour l’environnement.

- Le court terme lui demande d’investir massivement dans le développement des énergies nouvelles. Le long terme lui impose plutôt de prévoir un plan de remboursement de la dette de l’Etat.

Etc…

Il y a donc des conflits entre les nécessités du court terme et les impératifs du long terme. Or notre responsable doit satisfaire à la fois les uns et les autres tout en composant avec les problèmes économiques et sociaux du moment et tout en respectant les accords internationaux et en particulier les traités européens.

Face à un horizon aussi inextricable, des compromis seront nécessaires pour placer le curseur dans une position optimale qui permettra une transition rationnelle entre le court terme et le long terme.

La nécessité des compromis exclue les positions extrémistes qui ne peuvent aboutir qu’à des situations de blocage.

La tâche des responsables politiques sera rude car la patate est vraiment très chaude…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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