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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 14:55

 

1er Septembre 2012.

Rappelons pour le lecteur distrait ce que devaient être les ZAPA:

Au départ se trouve le constat d’une super pollution de l’air de nos grandes villes, pollution attribuée en grande partie aux émissions de particules des véhicules, mais pas seulement.

Cette situation de dépassement des normes européennes est due pour partie à l’inertie des pouvoirs publics et pour partie à l’indifférence des collectivités locales.

Les premiers, par une politique fiscale discutable, ont largement incité les usagers à s’équiper en véhicules diesel, qui représentent 60% du parc.

Les seconds, en tolérant un déficit chronique de transports publics, ont encouragé l’envahissement des villes par l’automobile.

Pour tenter (!) d’intéresser les pouvoirs publics français à ce problème de santé publique, la Commission Européenne a engagé des poursuites devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, pour non respect de la Directive Européenne sur la qualité de l’air 2008/50/CE.

Il devenait alors difficile à nos responsables de regarder ailleurs et d’ignorer le problème.

C’est ainsi que fut émise l’idée des ZAPA, Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air, proposées dans la Loi de Grenelle sur l’environnement, durant le précédent quinquennat.

Dans un premier temps les villes candidates à la création d’une ZAPA devaient remettre un dossier précisant les mesures et les aménagements prévus pour atteindre des objectifs fixés, afin de pouvoir prétendre à des aides publiques.

Parmi les pollueurs visés se trouvaient les véhicules et en particuliers les diesels.

Il paraissait difficile d’échapper à une règle d’interdiction des véhicules les plus polluants. Seuls les véhicules « propres » , c’est-à-dire équipés de filtre à particules, c’est-à-dire les plus récents, seraient alors autorisés en ville.

Cette règle a été appliquée en Allemagne.

Mais la France n’est pas l’Allemagne, faut-il le rappeler ?

Une telle mesure discriminatoire est inacceptable en France, pays où l’égalité est inscrite au fronton des mairies. Pas question de stigmatiser certains usagers et de les chasser de nos villes sous prétexte qu’ils ne sont pas assez riches pour acheter une voiture neuve non polluante.

Le changement de majorité présidentielle, élue sur un socle égalitaire, a fait le reste.

La Ministre Delphine Batho a donc signé le certificat de décès des ZAPA le 20 Septembre 2012, à l’issu de la réunion avec les villes candidates, le dispositif étant jugé trop injuste et peu efficace (AFP).

C’est donc reparti pour un tour.

On attribue à Clémenceau cet aphorisme:

«  Quand on veut enterrer un problème, on crée une commission »

La Ministre a annoncé la création d’une commission interministérielle pour bâtir des solutions concrètes d’ici janvier prochain….

 

 

 

 

 

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 18:03

 

30 Septembre 2012

Après avoir connu quasiment un siècle de prospérité sans remise en question, l’Automobile est rattrapée par la crise.

Cette crise revêt plusieurs aspects:

- Crise pétrolière.

La pénurie de carburant classique se profile à l’horizon. Le peak-oil, longtemps galvaudé, commence à être pris au sérieux. Plus personne ne doute que nous allons devoir faire face à un renchérissement insupportable des carburants pétroliers, la seule inconnue étant la date de l’échéance.

- Crise du Nucléaire.

Cette énergie de substitution aux sources fossiles est de plus en plus contestée par les populations, qui voient leurs craintes confirmées par les catastrophes survenues récemment. La probabilité d’un abandon de cette filière est importante, un retrait progressif est envisageable.

- Crise énergétique.

Les sources d’énergie pétrolières faisant défaut, et le Nucléaire étant menacé, il faudra recourir aux énergies nouvelles propres et renouvelables, qui devront être utilisées avec parcimonie pour limiter l’emprise foncière.

L’énergie cessera d’être disponible sans limitation de quantité et à bas prix, elle deviendra une denrée rare à partager équitablement.

Ne parle-t-on pas déjà d’instaurer un tarif progressif de l’électricité et du gaz ?

- Crise écologique.

Inutile d’en rajouter, tout le monde connaît l’impact des transports routiers sur l’environnement: Emissions de CO2 et de gaz polluants.

La lutte contre ces nuisances se traduit par l’obligation de respecter des normes de plus en plus sévères, ce qui exige des constructeurs des prouesses technologiques à la limite de la faisabilité.

- Crise conceptuelle.

Pendant un siècle, l’automobile, en plus de son rôle utilitaire, a été investie de la mission d’exprimer le statut social de son propriétaire.

Ce rôle, qui aurait pu rester accessoire, est devenu essentiel dans une société où l’argent doit se montrer et où l’égo est en recherche de puissance.

C’est ainsi que, alors que le réseau routier n’autorise pas des vitesses supérieures à 130 kmh ( et peut-être moins bientôt), les constructeurs continuent de proposer des véhicules capables de rouler jusqu’à 170 kmh, voire plus, uniquement pour satisfaire l’égo des clients, ce qui exige des technologies et des solutions mécaniques très onéreuses.

- Crise économique.

Inutile également de s’y étendre, chacun ressent cette crise à son échelle, et l’investissement dans une voiture-plaisir n’est plus la première urgence.

De conjoncturelle, il faut bien admettre que la crise devient structurelle et que la hiérarchie des dépenses devra être durablement revue pour la prochaine décennie.

- Crise technologique.

Pendant un siècle la structure d’une automobile est restée immuable. L’introduction de l’électronique dans les années soixante-dix a permis d’améliorer l’efficacité des différentes composantes mécaniques, qui sont restées inchangées dans leur structure, et surtout d’introduire des gadgets dont l’utilité n’est pas toujours évidente, sauf à augmenter le prix de vente.

La nécessité de préparer l’après pétrole induit l’obligation de remettre l’automobile sur la planche à dessin.

Il faut la redéfinir dans ses fonctions et dans son rôle dans la cité.

Il faut la redéfinir en fonction des sources d’énergie disponibles.

Il faut la redéfinir en fonction des nouvelles données économiques.

Il faut la redéfinir en fonction des impératifs environnementaux.

Les constructeurs et les usagers n’échapperont pas à ce nécessaire aggiornamento qui doit nous conduire à une autre conception du transport individuel, dont la part pourrait se réduire en faveur des transports collectifs et/ou partagés.

Cette mutation aura un impact sur la plupart des aspects de l’organisation économique et sociale: L’habitat, l’urbanisme, la construction, les infrastructures de communication, la distribution des bassins d’emploi, l’organisation du travail, les échanges de marchandises, les loisirs, les déplacements, les relations familiales, les échanges de proximité, etc, etc…

Jusqu’à présent, l’Automobile et ses commodités ont grandement influencé l’organisation du territoire, comme les transports routiers ont influencé la vie économique, et que dire du transport aérien ?

Cette époque est révolue, l’Auto deviendra un service à la personne, et devra s’insérer dans un tissu économique et social au sein duquel l’énergie sera utilisée avec modération et sera devenue une denrée rare et chère.

Quel type d’automobile conviendra à cette nouvelle manière de vivre ?

Plusieurs décennies seront nécessaires pour mettre en œuvre un nouvel art de rouler en voiture.

Nous vivons aujourd’hui les prémisses de cette transition. Les constructeurs proposent diverses solutions, qui sont censées préfigurer l’avenir tout en se pliant aux infrastructures d’aujourd’hui. Ce grand écart n’est pas de nature à éclairer le futur pour l’usager, qui ne comprend pas très bien de quoi on lui parle.

Il a le choix entre un véhicule électrique et un véhicule classique essence ou diesel à basse consommation.

En électrique, il doit choisir entre:

- Un EV, voiture tout électrique, à utiliser sur des voies dépourvues de bornes de rechargement !

- Un HEV, voiture hybride dont l’autonomie électrique est limitée à deux kilomètres !

- Un PHEV, voiture hybride rechargeable à autonomie électrique améliorée, équipée d’une batterie de 300 kilogrammes, le poids de quatre personnes !

A ces choix, illisibles pour un non ingénieur, s’ajoutent d’autres offres comme un véhicule hybride à moteur diesel, au moment où certains pays font la chasse au diesel à cause des particules fines !

D’autres annonces, comme la pile à combustible, peuvent retarder les choix.

A ce tableau technique assez incompréhensible s’ajoute l’incertitude sur le coût du futur carburant électrique et notamment sur le montant de la TICPE qui ne manquera pas d’être appliquée.

En motorisation essence ou diesel basse consommation, les constructeurs ont en préparation des solutions économiques qui auront bien du mal à séduire des usagers, qui n’ont pas encore accepté d’abandonner le concept de voiture-plaisir ni de renoncer au symboles vitesse et puissance, tant reste forte l’identification de l’homme à sa voiture !

Dans la transition énergétique automobile qui nous sera imposée, le plus gros effort incombera à l’usager, qui devra remettre en question ses relations à la bagnole, et trouver un succédané pour flatter son égo.

Gros travail, qui demandera plusieurs décennies…

 

 

 

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 16:24

 

26 Septembre 2012

Sauf revirement inattendu, nous voici donc aiguillés sur la voie d’un retrait, au moins partiel, du nucléaire.

Le premier pas, modeste, concernera la centrale de Fessenheim, et seulement en 2017. Cette prudence peut paraître excessive en regard des exigences d’une partie de l’opinion qui aurait souhaité un retrait plus rapide et d’une plus grande ampleur.

Pour comprendre les raisons de ce petit pas, là où certains attendaient un grand bond, il faut regarder de plus près quelles sont les sources de l’énergie électrique et comment elles contribuent au résultat global, aujourd’hui, nous insistons sur cette dernière précision.

En 2011 la production électrique nette de la France s’est élevée à 542 TWh, répartis comme suit ( Source RTE, Bilan 2011):

Sources classiques:

- Nucléaire: 421,1 TWh 77,7 %

- Thermique fossile: 51,2 -- 9,5 %

- Hydraulique: 50,3 -- 9,3 %

Sources nouvelles:

- Eolien: 11,9 -- 2,2 %

- Photovoltaïque: 1,8 -- 0,3 %

- Autres ENR: 5,6 -- 1 %

(essentiellement la biomasse)

Cette quantité d’énergie électrique permet d’assurer les besoins du pays, avec un solde énergétique exportateur positif qui dépend des conditions météorologiques, rigueur de l’hiver et/ou sécheresse de l’été, de la demande intérieure, de la disponibilité du parc de production, etc….

( La question de savoir si ce solde positif en TWh est également positif en euros est une autre histoire, qui pourrait faire l’objet d’un chapitre spécial, nous ne l’aborderons pas ici, quoiqu’il y ait beaucoup à dire…).

Mais, si la production annuelle est excédentaire, il n’en demeure pas moins que la puissance maximale disponible n’est pas suffisante pour satisfaire les besoins en période de pointe, lorsque la demande flirte avec les 100 GW. Il est alors nécessaire d’importer de l’électricité, et de la payer au prix fort.

Au plus fort de la demande, la France a du « appeler » jusqu’à 7 GW , ce qui représente la puissance de plusieurs centrales (exactement huit réacteurs nucléaires de 860 MW électriques).

En effet, malgré une puissance installée de 125 GW, la puissance max disponible ne dépasse pas environ 90 GW car il n’est pas toujours possible de tirer le maximum d’une installation. Il faut alors acheter du courant à l’étranger pour combler le déficit.

Ceci se produit en particulier lorsque plusieurs réacteurs nucléaires sont arrêtés en même temps pour les révisions décennales ou pour toute autre raison.

Nos voisins européens nous ont soutenus dans ces moments délicats, le ferons-t-ils toujours ?

Ce problème s’accentuera avec la montée en puissance des énergies nouvelles éolienne et solaire, qui sont essentiellement intermittentes.

En clair, nous avons de l’électricité pour nos besoins courants, mais nous avons du mal à assurer les fins de mois…

On comprend alors que les préoccupations principales à court-moyen terme de l’autorité en charge des approvisionnements électriques sont:

- Préserver la capacité de production pour faire face à la demande qui ne manifeste aucun signe de diminution, au contraire ( la baisse récente de la demande interne, provoquée par la crise, est conjoncturelle. La tendance structurelle reste à la hausse).

- Réduire notre dépendance aux approvisionnements extérieurs en période de pointe. Ceci pouvant être obtenu par un lissage de la consommation grâce au déploiement des réseaux intelligents, dont le nouveau compteur Linky est une première étape.

- Maintenir le coût du KWh à un niveau compatible avec les exigences sociales du Gouvernement, sachant que le tarif public règlementé est aujourd’hui en France le plus bas d’Europe ( La moitié du tarif pratiqué chez notre voisin allemand ).

On voit tout de suite que ces trois préoccupations ne sont compatibles ni avec une quelconque réduction de la capacité de production, ni avec une stratégie industrielle qui pourrait conduire à une augmentation des prix de revient, tant que le tarif règlementé restera le plus bas d’Europe.

Ces considérations réalistes incontournables induisent la stratégie pour le court-moyen terme:

N’arrêter un réacteur nucléaire que lorsque la relève sera prête.

Fessenheim a produit 11 TWh en 2011 ( Voir bilan RTE 2011). Il faut donc trouver l’équivalent d’une façon ou d’une autre.

Cet équivalent est en route. Il s’agit d’une part du programme éolien offshore confirmé lors de la conférence environnementale, et d’autre part de quelques centrales à gaz à cycles combinés qui par ailleurs pourront prendre la relève de l’éolien en l’absence de vent.

Ceci nous conduit à une échéance 2016-2017, Fessenheim pourra alors être arrêté.

La stratégie pour le long terme est différente:

L’objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique de 75% à 50% à l’horizon 2025 suppose le remplacement de 130 TWh nucléaires par autre chose.

Il est vraisemblable que sera développée une stratégie multi pôles s’appuyant sur différents axes:

- Les économies d’énergie.

Le fournisseur d’énergie électrique y contribuera grâce aux réseaux intelligents, à la rationalisation des réseaux de distribution, à une tarification incitative.

Les usagers auront en charge la réduction de leur propre consommation (isolation des bâtiments, efficacité énergétique, éventuellement auto-production).

Les pouvoirs publics disposeront de certains leviers qu’ils devront utiliser à bon escient: mesures fiscales, modulation du tarif public règlementé, tarif progressif, taxes diverses, règlementation contraignante, etc…

Selon le succès de ce type de programmes, les économies réalisées pourront varier de zéro à 100 TWh d’ici 2025.

- le développement des énergies nouvelles.

Les sources nouvelles d’énergie durable, qui contribuent aujourd’hui modestement pour 3,5 % de la production électrique ( 20 TWh), sont une promesse qui ne demande qu’à se réaliser pourvu qu’on lui en donne les moyens ( nos voisins étrangers nous montrent que c’est possible).

Elles devront donc croître de 13% par an environ pour atteindre 100 TWh en 2025.

Ce taux de croissance est parfaitement réalisable pour peu que les pouvoirs publics décident de soutenir cette nouvelle industrie par des mesures ambitieuses ( Financement, cadre règlementaire, engagements pluri annuels, politique claire de rachat de l’énergie, protection contre la concurrence faussée, etc…).

- Le toilettage des moyens de production classiques.

La grande inconnue demeure le futur des énergies fossiles carbonées. La nécessité de prévoir leur disparition progressive est contrebalancée par le besoin de compenser l’intermittence des sources renouvelables. Faute de pouvoir stocker l’électricité solaire et éolienne, il faudra construire des centrales thermiques à flamme capables de soutenir la demande d’énergie sans recourir à des délestages fréquents.

La réussite d’une stratégie à échéance de 2025 suppose comme première condition l’assurance de la pérennité, qui ne peut être garantie que si les grandes options industrielles font l’objet d’un consensus National par delà les clivages politiques. L’absence d’un projet national ne peut conduire qu’à l’immobilisme.

Ce consensus n’existe pas aujourd’hui.

La réussite d’une stratégie à long terme est également conditionnée par la nécessité de s’insérer dans un cadre Européen, et peut-être plus large.

Pour le développement des énergies solaire et éolien, il est évident qu’il existe des conditions géographiques. Telle région d’Europe est privilégiée pour l’éolien, telle autre pour le solaire, telle autre enfin pour l’hydraulique. Un minimum de rationalisation sera nécessaire pour tirer le meilleur de chaque technologie.

Aujourd’hui il n’existe aucun projet concret dans ce sens.

La transition énergétique demandera des investissements très importants dans la recherche, dans le développement d’un outil industriel adapté et concurrentiel, dans la reconversion des personnels, dans le développement des réseaux d’échanges internationaux d’énergie, dans les stratégies d’économie dans le bâtiment et les transports, dans l’acquisition du foncier nécessaire à l’implantation des centrales solaires, dans la reconversion des sites nucléaires, etc, etc…sans parler du démantèlement.

Il est probable que la France aura les plus grandes difficultés à maintenir un tarif public règlementé du KWh à son niveau actuel, le plus bas d’Europe. La CSPE n’est qu’un pis-aller qui ne saurait se transformer en impôt nouveau sans provoquer des désordres sociaux.

D’autres sources de financement devront être trouvées, qui ne sont pas identifiées aujourd’hui.

L’arrêt de quelques réacteurs nucléaires n’est donc qu’un des aspects, certes emblématique, d’un très vaste chantier qui implique la plupart des acteurs de la vie économique et industrielle.

La décision d’arrêter une vingtaine de réacteurs d’ici 2025 ne résoudra pas les problèmes de la transition énergétique car ils devront être remplacés et tout reste à faire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 12:32

 

17 Septembre 2012

L’annonce de l’arrêt de Fessenheim en 2017 est un non évènement.

Son arrêt était de toutes manières techniquement nécessaire, et ceci pour plusieurs raisons:

- C’est le prototype de la première série de réacteurs REP.

- Il a atteint sa limite d’âge fixée à quarante ans par ses concepteurs.

Ces raisons suffisent à réformer automatiquement la chaudière en 2017.

Mais, comme chacun sait, en plus de l’atteinte de la limite d’âge, des problèmes en rapport avec un risque accru de sureté ont été mis en évidence, suite aux leçons de la catastrophe de Fukushima:

- On sait maintenant que l’acier de la cuve peut se briser en cas de fusion du cœur, à cause de la fragilisation due à l’exposition au flux de neutrons sur une longue période.

- L’ épaisseur du radier est notoirement insuffisante, il serait incapable d’arrêter le corium en cas de fusion du cœur et de bris de la cuve.

Les travaux d’amélioration préconisés par l’ASN nécessiteraient des dépenses exorbitantes, si toutefois ils sont réalisables.

- Absence de récupérateur de corium, nécessitant également des travaux probablement déraisonnables ( ce récupérateur doit être installé lors de la construction, et non après ).

- Installations vulnérables à l’envahissement par les eaux, nécessitant d’importants travaux de sécurisation.

- Proximité dangereuse de la nappe phréatique qui alimente toute la région Alsace ( La nappe se trouve à seulement quelques mètres de profondeur sous le radier).

-Etc…

Pour couronner le tout le site est placé en contrebas du grand canal d’Alsace, et en zone sismique.

(La référence sismique ayant servi pour déterminer les marges de sureté étant fortement contestée).

Oublions donc ce site dont l’arrêt sera cependant emblématique et surtout fort ennuyeux pour les ouvriers et pour les sous-traitants et intérimaires.

Notons quand même que AREVA aurait souhaité voir prolonger la durée d’exploitation jusqu’à 50 ans, soit 2027.

Plus sérieuse est la confirmation de la décision de développer une stratégie visant à réduire la part du nucléaire de 75% aujourd’hui à 50% en 2025.

Dans l’hypothèse d’une consommation stable ( accroissement de la demande compensée par une meilleure utilisation) il faudrait donc arrêter environ 20 tranches nucléaires.

100 TWh seraient donc à trouver ailleurs, si possible dans les énergies nouvelles, ce qui est faisable à condition de prendre le problème à bras-le-corps.

Ce programme de réduction de 75% à 50% ne peut évidemment être qu’une première étape vers la sortie totale du nucléaire. En effet les raisons qui sont invoquées pour la première étape de réduction sont essentiellement la volonté de supprimer tout risque de catastrophe environnementale, et ce risque existera tant qu’il restera un seul réacteur en service.

Cette première étape doit donc être expressément accompagnée de l’engagement d’un programme de sortie totale du nucléaire ( pour 2050 ?).

Bien entendu, tout cela n’a de sens que si, dans le même temps, on décide l’arrêt du programme EPR et des études sur la quatrième génération.

Quant à ITER, la question reste à débattre .

Aujourd’hui seule la première étape est annoncée, sans pour autant être actée par une loi.

L’annonce de l’arrêt en 2017 de la plus vieille centrale du parc ne constitue en aucun cas une politique énergétique.

Il existe donc une incertitude quant à l’orientation long terme du projet énergétique de la France.

Cette incertitude ne permet pas aux industriels de décider de leur stratégie, que ce soit dans le nucléaire, dans les énergies nouvelles, ou ailleurs.

Une transition énergétique de grande ampleur nécessite en effet des investissements sur le long terme, donc l’assurance de la pérennité de la politique industrielle du pays et donc des choix énergétiques de base.

Tout reste donc en faire en matière de programmation de l’éventuelle transition énergétique.

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 11:52

 

17 Septembre 2012

La conférence de Vendredi et Samedi derniers se proposait de traiter d’un programme extrêmement large puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que de l’Environnement.

La majuscule est de mise eu égard à l’ampleur du sujet et à l’imprécision de son contenu.

Que l’on rebaptise le sujet sous l’étiquette « Diversité et Transition énergétique » ne change rien puisque ces deux termes contiennent à peu près la même chose, c’est-à-dire tout.

L’intention de traiter de tout dans une même conférence est certes louable puisqu’elle traduit la volonté de tout prendre à bras le corps, mais le risque est grand de tomber dans la confusion et surtout de parfois se tromper d’interlocuteur.

Une assemblée de quatorze ministres et trois cent élus et représentants d’ONG , employeurs et salariés, ne pouvait en deux jours que prendre la forme d’une grand messe inaugurale au cours de laquelle quelques grandes lignes directrices seraient évoquées, puisées pour l’essentiel dans le programme électoral du nouveau Président.

La panoplie dont souhaite s’équiper le Gouvernement pour atteindre ses objectifs comprend des mesures industrielles, sociales, fiscales, commerciales, règlementaires, que l’on peut essayer de mettre en ordre:

D’abord, les mesures décidées sinon actées:

- Confirmation de la décision de fermeture de la centrale électronucléaire de Fessenheim fin 2016, annoncée pour 2017 dans le programme électoral.

- Lancement imminent d’un nouvel appel d’offre éolien off shore, également déjà antérieurement programmé.

- Annulation des permis d’exploration et d’extraction des huiles et gaz de schistes, confirmation du moratoire existant.

- Pour l’éolien, suppression de l’obligation d’appartenir à une ZDE ( Zone de Développement de l’Eolien) , et mise en place d’un tarif d’achat adapté à l’Outre-mer.

- Interdiction de l’épandage aérien de produits phytosanitaires sauf en l’absence de solutions alternatives.

- Augmentation du malus automobile par abaissement de 5g du seuil de CO2 par km.

- Confirmation du soutien du Gouvernement à la proposition de loi sur la suppression du Bisphénol A dans les contenants alimentaires.

- Pour l’électricité et le gaz, extension du bénéfice du tarif social à 4 millions de ménages modestes au lieu de 1 million aujourd’hui.

Ensuite les promesses:

- Pour mi 2013, Loi fixant la stratégie pour la réduction de la part du nucléaire à l’horizon 2025 ( de 75% à 50%).

- Simplification des procédures administratives pour l’éolien et le photovoltaïque.

- Création d’un guichet unique pour la rénovation thermique des logements.

- Tarification progressive de l’énergie.

- Lutte contre l’artificialisation des sols.

- Hausse de la taxe générale sur les activités polluantes ( TGAP).

- Création en 2013 d’une Agence nationale de la biodiversité.

- Proposition de relance de la taxe carbone aux frontières de l’Europe.

- Baisse des taux de défiscalisation des biocarburants à partir de 2014 pour extinction en 2015.

- Maintien du moratoire sur la mise en culture des OGM.

- Lancement d’un nouveau plan pour l’agriculture biologique.

Des incitations pour les industriels et les particuliers:

- Développer dans les dix ans un véhicule consommant 2 litres d’essence aux 100 Kms.

- Mettre en œuvre un vaste plan de rénovation thermique des bâtiments.

Il s’agit donc d’un programme général d’orientation pour le quinquennat, qui ne vaudra que par la concrétisation des mesures promises.

Quels commentaires tirer de la lecture de cette panoplie ?

Les grincheux regretteront l’absence ( confirmée par le premier Ministre) de mesures d’harmonisation de la taxe sur les carburants, qui laisse la part belle au diesel et donc va à l’encontre des préconisations de Bruxelles sur la pollution urbaine.

Les comptables regretteront que rien ne soit dit concernant le financement de ce vaste programme.

Les tatillons s’étonneront que l’on s’oppose aux gaz de schiste en France tout en acceptant le pétrole off shore guyanais.

Les ingénieurs se demanderont de quel chapeau a été tiré cet objectif de développement d’un véhicule consommant 2 L d’essence aux 100 Kms.

Les usagers voudront savoir pourquoi le soutien du Gouvernement va à un véhicule à essence plutôt qu’à la voiture électrique.

Les urbanistes voudront savoir quelles grandes idées présideront au programme de lutte contre l’artificialisation des sols.

Enfin la plupart s’étonneront de n’avoir rien entendu concernant un éventuel grand plan d’amélioration des transports en commun, pourtant la clé de la diminution de consommation d’énergie dans les transports.

Cette grand messe aura eu quand même le mérite de poser quelques jalons, mais également d’ouvrir une période de débats car de nombreuses questions restent ouvertes.

Il faudra attendre un an ou deux pour que ces idées généreuses atterrissent sur un programme concret tenant compte des possibilités de financement.

 

 

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 11:25

 

17 Septembre 2012

Droit de réponse.

Notre article du 15 Septembre

«  Le nouveau compteur Linky, quelques idées reçues »

A fait l’objet d’un commentaire qui se veut destructeur, mais dont le contenu renforce notre volonté de combattre les idées reçues.

Le commentateur fait un amalgame entre le système de communication à courants porteurs basse fréquence ( utilisés par Linky) et la norme GPRS, qui est une norme pour la téléphonie mobile qui n’a évidemment rien à voir avec le compteur Linky.

Ce genre d’amalgame, que nous attribuons à l’ignorance plutôt qu’à la malveillance, est de nature à fausser le jugement de lecteurs peu familiers de la technique des communications.

D’autre part le même commentateur déclare qu’il n’y a pas une ligne de vrai dans notre exposé, sans pour autant donner le moindre détail sur les éventuelles contre-vérités relevées.

Nous sommes toujours disposés à débattre de tous les sujets abordés et bien sûr à reconnaître nos erreurs, encore faut-il apporter des arguments sérieux.

 

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:13

Le nouveau compteur Linky, quelques idées reçues.

15 Septembre 2012

Comme toujours lorsqu’une application nouvelle est « imposée » sans explication, une polémique s’engage, ce qui révèle une saine vigilance du consommateur usager.

L’introduction du nouveau compteur électrique Linky n’échappe pas à la règle.

Parmi les arguments présentés ici et là, il circule quelques idées reçues qu’il n’est pas inutile d’essayer de démonter, ne serait-ce que pour préserver le sérieux des vrais arguments.

«Ce nouveau compteur communique grâce à des ondes nocives, comme celles du téléphone portable mis en accusation par l’OMS » .

Cette accusation résulte d’une confusion. Les transmissions CPL (Courants Porteurs en ligne) consistent en la superposition d’un signal de communication sur la tension du secteur 230 Volt.

Au début de cette technologie on n’utilisait que des signaux de communication à basse fréquence, les signaux à transmettre étant simples comme allumer les réverbères par exemple.

Puis la technologie et la règlementation ont évolué, jusqu’à permettre aujourd’hui la transmission de signaux à haute fréquence de plusieurs Mhz.

Ces signaux de haute fréquence sont effectivement perturbateurs car le réseau domestique 230 V n’est pas blindé et donc les fils du secteur servent d’antenne et rayonnent de manière sauvage.

Mais les transmissions CPL utilisées par EDF n’utilisent que le domaine basse fréquence qui lui n’émet aucune onde électromagnétique:

Deux fréquences: 63,3 KHz et 74 KHz

( Il s’agit de Kilo Hertz et non de Méga Hertz )

Modulation S-FSK.

Débit 2 400 bauds.

Il existe dans le résidentiel des applications communicantes qui utilisent des liaisons radio à haute fréquence, mais qui n’on rien à voir avec le compteur Linky. On les trouvent par exemple dans la Domotique, les systèmes d’alarme sans fil, les télécommandes, etc, etc…

EDF n’a rien à voir dans tout çà.

«Les ondes émises provoquent des troubles chez les personnes électro sensibles ».

Même réponse que ci-dessus.

Des manifestations d’électro sensibilité, qui n’ont rien à voir avec Linky, ont été rapportées et seraient dues à la proximité de lignes à haute tension ou d’un transformateur de distribution.

D’autres cas d’électro sensibilité seraient liés aux micro ondes émises par le réseau de téléphonie mobile. EDF et Linky y sont bien entendu étrangers.

« Ce compteur n’apporte aucune économie d’énergie»

Par lui-même ce nouveau compteur n’apporte techniquement aucun gain d’énergie dans une installation existante. Il n’est pas en lui-même un système d’économie d’énergie.

Par contre il offre de nombreuses possibilités qui, elles, conduiront à des économies lorsque le client voudra bien s’équiper pour en tirer profit. C’est un équipement pour l’avenir, prévu pour accompagner la transition énergétique.

Dans l’immédiat, sur une installation basique, le client ne verra aucune différence après remplacement de son compteur bleu électronique (CBE) par un Linky.

Par contre si son ancien compteur était un vieux truc électromécanique (encore 60 % du parc), il bénéficiera des possibilités de l’actuel CBE. Possibilités limitées mais non négligeables et susceptibles de permettre d’optimiser sa consommation dès maintenant.

«  C’est une dépense inutile qui n’apportera rien en échange »

C’est faux, EDF ne facture pas le remplacement du compteur au client.

Bien évidemment l’opération a un coût qui sera intégré dans les dépenses d’investissement de EDF. Ce coût est annoncé à 4 Milliards d’euros pour équiper 35 millions de clients sur une période d’une dizaine d’années.

Cette dépense est à mettre en face des économies que ce système permettra à EDF de réaliser dans le futur, et qui se chiffrent en nombre de centrales économisées par une meilleure gestion de la consommation globale rendue possible grâce à Linky.

« Mes données personnelles vont circuler sur le réseau et pourront être piratées ».

Les échanges entre le compteur et le concentrateur sont cryptées par un système conforme au Green Book COSEM, avec une clé de 128 Bits.

La protection des données transitant par le réseau ERDF est donc assurée par des protocoles de haut niveau.

Par contre l’usage qui sera fait de ces données par le destinataire ( EDF ou tout autre fournisseur d’énergie comme Poweo, Direct Energie, GDF-Suez, etc…) devra être transparent et parfaitement encadré.

La CNIL doit être garante du respect de la vie privée, de la confidentialité, et de la protection des droits et intérêts du consommateur.

C’est un point qui aujourd’hui n’est pas encore très clair.

«Mes données pourront être utilisées par mon fournisseur d’électricité à des fins de marketing pour m’inciter à souscrire à des options coûteuses ».

Peut-être, mais le client n’est pas obligé d’accepter n’importe quelle proposition.

Les consommateurs reçoivent déjà aujourd’hui des propositions de la part de fournisseurs alternatifs et Linky n’y est pour rien.

Là encore la CNIL et les associations de consommateurs devront être attentives et exiger une grande clarté des diverses propositions tarifaires.

 

« Je ne serais plus maître chez moi si le fournisseur m’impose des délestages ».

Les délestages ne sont jamais pratiqués de manière impromptue. Ils sont négociés avec le client sur des bases contractuelles et avec des incitations tarifaires.

Lorsque, au cours d’une période de pointe de consommation, le gestionnaire de réseau constate un risque de saturation, il procède à des délestages pour éviter une panne générale par disjonction automatique.

Les zones touchées par le délestage sont évidemment intégrées dans un plan tenant compte des besoins des clients de la zone, et ceux-ci sont bien sûr informés.

Le compteur Linky permettra d’optimiser cette fonction client par client, et de lisser la consommation pour éviter le risque de saturation. L’objectif étant d’éviter tout délestage intempestif.

Aujourd’hui la puissance moyenne consommée par la France est de

45 GW, alors que les pointes de consommation atteignent 100 GW.

Le gestionnaire de réseau doit dont installer des capacités de puissance pour 100 GW, alors que la moitié devrait suffire. Il y a là un surcoût colossal qui sera atténué grâce à la transition vers un réseau intelligent, dont la première brique est le compteur Linky.

De plus il faut savoir que, au-delà de 80 GW consommés, la France doit importer de l’électricité. Or cette électricité est chère et d’autre part nos voisins s’orientent vers une sortie du nucléaire et donc ne pourront plus nous dépanner.

Il y a donc de multiples raisons qui rendent incontournable l’évolution vers un réseau intelligent.

En gros il s’agit de faire en sorte d’éviter que tous les clients démarrent leurs appareils de puissance en même temps. Pour cela il faut utiliser une programmation différée en concertation avec les clients d’une zone desservie.

Aujourd’hui, en cas de délestage, le client est totalement privé de courant, c’est le délestage sauvage.

L’objectif est de pratiquer un délestage partiel du client, en ne coupant que un ou deux appareils gros consommateurs, avec l’accord préalable de l’usager.

Ces applications ne peuvent être réalisées qu’avec un compteur communicant comme Linky.

« Big Brother va rentrer chez moi, on va tout savoir de mon mode d’existence »

La plupart des matériels électriques, sinon tous, sont alimentés par le secteur. S’il advient un jour que tous ces appareils sont équipés d’une interface communicante CPL, la confidentialité de l’usage de ces appareils dépendra du type de données qui circulera sur ces interfaces et à qui elles sont envoyées.

Ce sera à l’usager de veiller à ce que ses appareils ne soient pas trop « bavards ».

Le fournisseur d’énergie électrique n’a aucun besoin ( ni aucune envie) de savoir quand l’usager prend sa douche ou quand il regarde la télé.

Les informations transmises au fournisseur, et les possibilités d’intervention qui lui seront concédées sont à la discrétion du client.

A terme, lorsque la gestion intelligente de l’énergie sera une réalité, l’installation domestique sera équipée d’une interface client communicante globale ( Domotique) qui, seule, dialoguera avec le fournisseur.

C’est cette interface client qui d’une part recevra les données du fournisseur ( Offres tarifaires selon l’heure ou le jour, informations heures de pointe, alarme dépassement de puissance, demandes de délestage, données de comptage, etc…), et d’autre part gèrera l’installation du client en fonction des données Linky reçues.

Il n’a jamais été question d’envoyer à EDF des données signalant qu’un téléviseur était allumé ! Encore moins quel programme était regardé !

Seule l’interface Domotique du client saura quel appareil est en fonction et quand, et qui gèrera la programmation différée des appareils de puissance.

« Grâce à la possibilité de modulation tarifaire en temps réel je ne saurai jamais combien va me coûter le KWh que je suis en train d’utiliser »

On peut effectivement se poser la question.

Aujourd’hui le client connaît une fois pour toute le coût du KWh . Selon l’abonnement souscrit, il y a un tarif HP et un tarif HC, et les tranches horaires relevant de HP ou de HC sont fixes, ceci pour la très grande majorité des usagers. Le compteur est même équipé d’un interrupteur qui permet de mettre automatiquement en service les appareils de puissance que le client souhaite allumer seulement en HC.

Avec le compteur intelligent le fournisseur aura la possibilité de proposer en temps réel des aménagements tarifaires pour inciter le client à se reporter sur une tranche horaire plutôt que sur une autre. Bien sûr l’usager sera informé du détail de ces offres, mais encore faut-il que la signalétique soit bien visible et claire.

Le déploiement du nouveau compteur Linky est la clé qui permettra de réaliser le réseau intelligent sans lequel il sera tout simplement impossible de gérer la complexité de la distribution électrique bidirectionnelle du futur intégrant les énergies nouvelles.

PS. L’auteur déclare sur l’honneur n’avoir aucun lien d’intérêt avec EDF ou toute autre entreprise du secteur de l’Energie électrique.

 

 

 

 

 

 

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 19:18

 

13 Septembre 2012

Dans un article récent ( « Gaz à tous les étages ») nous avons montré que les perspectives de retrait du nucléaire et de tension sur le pétrole avaient rendu quasiment obligatoire un repli sur le gaz afin de maintenir à moyen terme les fournitures d’électricité en attendant que la relève soit prise par les énergies durables ( la fameuse transition énergétique).

Nous avons succinctement présenté le programme de construction de nouvelles centrales à gaz à cycle combiné, destinées d’une part à remplacer la production des centrales nucléaires qui doivent être arrêtées, et d’autre part à soutenir les futures centrales solaires et éoliennes dont la production est par nature intermittente.

Le résultat de cette stratégie sera donc une augmentation mécanique de nos importations de gaz naturel, c’est-à-dire du déficit du commerce extérieur.

Ce qui va exactement à contresens de la recherche de l’équilibre budgétaire.

Certains n’hésitent pas à se demander si aujourd’hui le pays peut vraiment se permettre d’augmenter ses importations de gaz alors que la balance des paiements est déjà plombée et que les caisses sont vides.

Et de regarder avec insistance vers les possibles réserves de gaz de schiste du sous-sol français, qui, si elles étaient confirmées, nous permettraient d’économiser des milliards d’euros.

Ce raisonnement, qui peut paraître simpliste, a évidemment traversé l’esprit du ministre du redressement productif qui aimerait bien avoir ces milliards d’euros pour financer sa politique industrielle. Le ministre des finances, qui ne dit rien mais n’en pense pas moins, est probablement du même avis.

La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie est bien embarrassée: sa casquette de ministre de l’énergie l’inciterait à ne pas négliger à priori une réserve d’énergie gratuite disponible, mais sa casquette écologique lui impose de rester ferme sur le rejet des gaz de schiste.

La conférence environnementale qui commence demain nous réserve certainement des débats animés et des conclusions surprenantes dont les attendus ne manqueront pas de sel.

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 19:25

 

13 Septembre 2012

 

Dans un article précédent ( 07/12/2011, rubrique énergie, «Un compteur (trop) intelligent » ) nous avons présenté le nouveau compteur Linky destiné à équiper la totalité des usagers professionnels ou particuliers raccordés au réseau électrique.

 

Une phase de validation sur le terrain a permis d’obtenir l’approbation du système, qui a pris une existence officielle par la parution au JO de l’arrêté du 4 Janvier 2012 autorisant le déploiement des compteurs intelligents.

 

Jusqu’à présent, le fournisseur d’énergie se bornait à raccorder l’abonné à un réseau commun, par l’intermédiaire d’un dispositif de comptage d’énergie. Quelques signaux rudimentaires étaient transmis par CPL (Courants Porteurs en Ligne) afin de commuter le mode tarifaire et d’actionner un contact Heures creuses.

 

Il n’existait aucun canal de communication de données permettant au fournisseur d’énergie d’interfacer avec l’installation d’usager en aval du compteur.

 

Ce système très rustique présentait l’avantage de garantir la protection de la vie privée dans son aspect utilisation de l’énergie. Seule la quantité d’énergie était mesurée périodiquement et facturée, la manière d’utiliser cette énergie ( comment et quand) demeurait du domaine privé.

 

Mais le monde de l’énergie est en train de changer:

 

Le vieux système de distribution de l’énergie électrique était fondé sur un concept dépassé, celui de l’adaptation de l’offre à la demande, quelle que soit cette demande et quelle que soit son augmentation d’une année sur l’autre. Le fournisseur d’énergie devait prévoir des surcapacités déraisonnables pour être en mesure de satisfaire les pointes de consommation.

 

L’arrivée des énergies nouvelles, essentiellement solaire et éolienne, ne permet plus cette gestion à sens unique d’adaptation de l’offre à la demande. En effet, les énergies nouvelles sont intermittentes par définition et la courbe de la demande n’est pas superposable à la courbe de l’offre.

 

Il est donc devenu indispensable de développer un véritable système de gestion de l’énergie, sur un nouveau concept qui introduit la possibilité d’adapter la demande à l’offre.

 

La gestion de la distribution de l’électricité doit alors être conçue en tant que réseau de communication bidirectionnelle entre les fournisseurs d’énergie et les usagers.

 

Pour des raisons évidentes de simplicité et de coût le support physique de la communication est le réseau de distribution lui-même. Les données échangées utilisent la technologie CPL déjà largement en usage par ailleurs.

 

Les nouveaux compteurs intelligents intègrent les interfaces nécessaires à la communication avec les fournisseurs d’énergie d’une part, et avec l’installation de l’usager d‘autre part, selon le niveau communicant des matériels installés.

 

L’installation d’un nouveau compteur n’oblige en aucune façon l’usager à remplacer ses matériels, la rétro-compatibilité est assurée.

 

Les fonctionnalités nouvelles rendues possibles grâce à ces nouveaux compteurs n’entreront en service que très progressivement, il s’agit d’une démarche long terme. Dans un premier temps l’usager ne verra pas de différence avec l’ancien système et pourra se demander à quoi cela peut servir. Un gros travail de communication auprès du public sera nécessaire pour expliquer qu’en fait il s’agit de préparer l’après 2020-2030 et qu’une transition énergétique réussie suppose des investissements programmés longtemps à l’avance.

 

Par contre, ce qui changera immédiatement, c’est la fin du secret sur l’utilisation de l’énergie électrique. Le quand et comment le client consomme son électricité cessera d’être du domaine privé puisque les fournisseurs sauront en temps réel quelle est la consommation instantanée.

 

Ces informations permettront de définir un profil d’utilisateur, sans pour autant connaître le détail de sa consommation énergétique.

 

Sauf si l’usager accepte de s’équiper en matériels communicants, chaque appareil possédant une interface capable de dialoguer avec une centrale domotique et avec le ou les fournisseurs d’énergie à travers le compteur intelligent.

 

Par le biais d’une politique tarifaire incitative, les fournisseurs d’énergie pourront alors négocier avec l’usager des contrats incluant des possibilités de délestage sur certains matériels et/ou le démarrage programmé d’appareils gros consommateurs tels que chauffe-eau, machine à laver, secteurs de chauffage, chargement de batterie de véhicule électrique, etc…

 

Cette gestion distribuée permettra de lisser la consommation globale et d’atténuer fortement les pointes de consommation à l’échelon régional ou national.

 

Ce réseau communicant est perçu par certains comme une violation de la vie privée. Il existe une crainte, en partie justifiée, de voir les données particulières tomber entre des mains indésirables et de les voir utilisées à des fin commerciales ou frauduleuses.

 

Contre ce risque, le protocole de communication est crypté. Il reste bien sûr à faire la preuve de l’efficacité de cette protection.

 

Le CEPD ( Contrôleur Européen de la Protection des Données) se préoccupe de l’évaluation de ce risque de détournement de données.

 

En France, l’UFC Que choisir a engagé un recours devant le Conseil d’Etat dans le but d’obtenir l’annulation de la généralisation du compteur intelligent Linky.

 

La CNIL a émis bien sûr des recommandations pour renforcer la protection et surtout le contrôle de l’usage de ces données.

 

Ce problème, qui devrait trouver une solution assez rapidement, est une retombée inattendue de la transition énergétique. D’autres retombées, autrement dérangeantes, sont à attendre car nos habitudes de consommation devront être révisées drastiquement.

 

 

 

 

 

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 18:04

 

10 Septembre 2012

Le battage médiatique autour de ce que l’on a nommé la transition énergétique, sous tendu par la condamnation populaire quasi unanime des énergies fossiles et du nucléaire, a créé un climat d’incertitude quant au devenir de nos politiques énergétiques dans les prochaines décennies.

On peut craindre que la fameuse transition ne soit affectée par des fortes turbulences, que la conférence environnementale de la semaine prochaine aura beaucoup de mal à prévenir.

Quelle que soit la compétence des intervenants, ils devront composer avec la réalité du terrain.

Or, que dit cette réalité ?

- Le nucléaire n’a plus la cote, il sera très difficile de faire accepter un renouvellement du parc vieillissant. Il faut donc se préparer à réduire significativement l’apport de l’atome dans le mix énergétique.

- Mais, malgré les exhortations en faveur des économies d’énergie, la demande continue de croître, il faut donc impérativement prévoir de compenser la baisse de production nucléaire par le recours à une autre source d’énergie.

- Le pétrole devient de plus en plus une denrée rare dont le prix ne peut que croître inéluctablement sur le long terme, pesant de manière insupportable sur la balance commerciale des pays non producteurs.

Il serait donc déraisonnable pour ces pays de fonder une stratégie énergétique sur ce produit.

- Le gaz paraît retrouver un regain d’intérêt pour plusieurs raisons: Les réserves conventionnelles seraient supérieures à celles du pétrole; les gaz de schiste constituent des réserves supplémentaires disponibles sous conditions; le recours au biogaz vient compléter le panel de sources possibles.

- Tôt ou tard le recours aux énergies vertes deviendra massif, le solaire et l’éolien constituant l’essentiel de leur participation.

Or ces énergies sont intermittentes, ce qui impose de disposer de ressources complémentaires fiables pour prendre le relais lors de l’absence de vent et/ou de soleil.

Faute de solutions de stockage de masse de l’électricité, il sera alors nécessaire de recourir à des centrales conventionnelles.

Ces éléments de réflexion sont évidemment pris en compte par les autorités responsables de l’approvisionnement énergétique du pays, indépendamment d’une quelconque conférence environnementale qui ne saurait en elle-même modifier la réalité des besoins.

Dans ce cadre a été lancé depuis plusieurs années un programme de construction de centrales thermiques à flamme de nouvelle génération. Ces centrales utilisent la cogénération et affichent des rendements pouvant atteindre 60%, contre 37% pour les centrales anciennes.

En voici une liste non exhaustive:

En 2005: Centrale DK6 de Dunkerque, 790 MWe .

En 2009: Centrale de Pont-sur-Sambre, par POWEO, 412 MWe.

En 2010: Centrale CycoFos, par GDF-SUEZ, 424 MWe.

En 2010: Centrale Combi Golfe, par GDF-SUEZ, 432 MWe.

En 2011: Centrale de Saint-Avold, par E-ON, 2x430 MWe.

En 2011: Centrale de Bayet, par ALPIQ , 408 MWe.

En construction:

Par EDF: Martigues, Pont-à-Mousson.

Par Direct-Energie, dans l’Oise.

Etc…

Ce programme énergétique, jugé selon les critères écologiques, paraît parfaitement hérétique puisqu’il exalte le recours aux énergies fossiles.

Il rencontre des manifestations d’opposants, par exemple à Landivisiau contre une centrale de 422 MWe devant entrer en fonction en 2016.

En fait c’est grâce à de tels programmes que la sortie du nucléaire et le développement des énergies durables seront possibles.

Un gros travail de communication sera nécessaire pour expliquer aux populations que les centrales à gaz sont un passage obligé vers les énergies durables et l’indépendance énergétique du futur.

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