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18 janvier 2024 4 18 /01 /janvier /2024 18:03

 

Les quatre volets de la transition énergétique.

18 Janvier 2024

La transition énergétique est, au sens propre, l'affaire du siècle. De sa réussite ou de son échec dépendent les conditions dans lesquelles nos descendants vivront le prochain siècle.

Avec un tel enjeu, les débats sur l'opportunité de planter des éoliennes ou construire des centrales nucléaires est une sorte de guerre picrocholine, puisque aussi bien nous savons que nous aurons besoin des unes et des autres pour suppléer à l'abandon des fossiles.

Le problème n'est donc plus de savoir avec quoi nous allons remplacer les fossiles, mais plutôt comment nous allons réussir à changer le Monde pour permettre à notre civilisation de continuer à exister sans eux, ce qui est un challenge d'une autre ampleur.

Lorsque ces fossiles, qui sont encore le sang qui maintient nos sociétés en vie, ne seront plus qu'un mauvais souvenir ( 2050, 2080 ? ), l'énergie qui fera fonctionner le monde d'après sera issue de deux types de sources:

Des sources renouvelables décarbonées: Eolien, Solaire, Hydraulique, Géothermie, Nucléaire.

Des sources renouvelables à carbone recyclable : Biomasse solide, liquide, gazeuse.

( Certains souhaitent bannir le nucléaire de la liste des sources d'énergie éligibles, en raison des risques associés. D'autres, parfois les mêmes, souhaitent bannir la biomasse, au motif que sa production massive viendra contrarier les productions vivrières.

Ce mouvement d'opposition larvée constitue un problème à part entière, susceptible de perturber l'établissement d'un consensus planétaire sur un programme commun de développement des renouvelables et sur les investissements correspondants.

A ce mouvement vient s'ajouter l'absence d'un consensus solide sur la responsabilité des fossiles dans l'accroissement du taux de CO2 atmosphérique, ces « négationistes » n'étant pas forcément les mêmes que les opposants au nucléaire et/ou à la biomasse.

Il résulte de tout cela que le mouvement vers les énergies nouvelles n'est soutenu que par un « consensus mou », que les gouvernements ont beaucoup de mal à transformer en « élan planétaire ».

En témoignent les brillants résultats de la COP28.

Il appartiendra à chaque Etat de décider sur ces points en toute souveraineté, et d'en subir les conséquences éventuelles...L'aspect « électoral » n'étant pas la moindre des préoccupations).

Malgré ces quelques réserves, la transition énergétique aura lieu « par la force des choses » puisque les réserves fossiles s'épuiseront inexorablement et qu'il faudra alors faire feu de tout bois, au sens propre.

Il est probable que leur présence sur les marchés demeurera significative au moins jusqu'à la fin du présent siècle, sauf circonstances « imprévisibles » susceptible d'abréger leur emploi.

Cette énergie renouvelable et/ou à carbone recyclable sera, comme aujourd'hui, utilisée pour produire de la chaleur, de la force motrice, de l'éclairage, et alimenter des processus chimiques, des processus de traitement de l'information, de transmission et de stockage de données.

Tous les scénarios sont ( doivent être ) basés sur une population de Dix Milliards d'habitants, voire davantage, avec des niveaux de vie alignés sur ceux des pays actuellement développés.

( Sauf erreur ces conditions sont implicitement incluses dans tous les scénarios ).

Il est impossible de dire précisément aujourd'hui quelle sera la part des renouvelables décarbonées et la part de la Biomasse dans le mix énergétique mondial à la fin de ce siècle, à plus forte raison dans le prochain.

«  On » considère généralement que la production des renouvelables décarbonées, essentiellement de l'électricité, permettra de convertir à l'électrique une grande partie des applications de force motrice et de génération de chaleur, avec au passage le bénéfice d'un fort accroissement du rendement énergétique grâce au moteurs électriques, aux pompes à chaleur, et aux travaux visant à réduire les pertes énergétiques dues à une mauvaise isolation thermique et à une mauvaise conception des matériels.

La biomasse serait alors utilisée dans les applications  non convertibles à l'électricité:

- Pour les applications de force motrice qui ne peuvent être électrifiées soit pas manque de réseau électrique, soit à cause du poids excessif des batteries, ou pour toute autre raison.

- Pour produire de l'électricité afin de compenser l'intermittence des renouvelables ( Centrales à Biogaz CCCG )

- Ou tout simplement parce que la production d'électricité ne sera pas suffisante pour couvrir tous les besoins.

Ce bouleversement énergétique concernera tous les aspects des activités humaines puisque c'est notre façon d'utiliser l'énergie qui se trouve remise en cause.

On peut décrire cette tâche immense en quatre volets :

- Le premier concerne le remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables.

- Le second concerne l'adaptation du monde des « machines » à la ou aux nouvelles formes d'énergie qui remplaceront les fossiles.

- Le troisième concerne la mise en œuvre d'un vaste programme d'économie d'énergie, puisqu'il est désormais admis que les renouvelables ne suffiront pas à elles seules à fournir les futurs besoins dans les conditions actuelles de prodigalité.

- Le quatrième volet concerne la gestion de tous les problèmes environnementaux, présents ou à venir, causés par le changement climatique déjà à l’œuvre et dont les premiers effets sont constatables.

( Il y aurait peut-être lieu d'ajouter un cinquième volet qui concernera la gestion des grands mouvements de populations sous la pression de conditions climatiques devenues intolérables. Mais le pire n'est jamais sûr...).

Le problème de la recherche des éventuelles sources d'énergie de remplacement nous sera épargné puisqu'elles existent déjà :

Eolien, Solaire, Hydraulique, Géothermique, Biomasse, Nucléaire, tout cela tourne déjà de manière satisfaisante, il « suffit » de pousser les feux au niveau requis ( QSP ) pour réaliser l'aggiornamento qui nous portera vers un monde décarboné.

( Dans le même temps seront poursuivies les recherches pour la seconde génération des énergies renouvelables : Filière Hydrogène naturel, biocarburants de troisième génération, Géothermie profonde, filières nucléaire « propre s», fusion nucléaire) .

Le premier volet ne pose donc pas de problème de fond puisque les technologies existent, les sources d'énergie verte existent partout, ont été expérimentées partout, et les coûts d'exploitation ne sont pas prohibitifs. On peut même parler retour sur investissement et taux de réactualisation, ( Certains investisseurs ont déjà gagné beaucoup d'argent avec les renouvelables... )

Ces nouvelles énergies, déjà en exploitation à des niveaux plus ou moins élevés, devront faire l'objet d'investissements très lourds, qui doivent être validés en fonction d'une programmation sur plusieurs décennies.

L'objectif planétaire ultime est de maintenir le taux de CO2 atmosphérique en-dessous de la valeur convenue lors des réunions internationales ( COPxx ).

Cet objectif planétaire se traduit pour chaque pays par la nécessité d'un plan de réduction de son empreinte carbone, dont la valeur est convenue au cours des mêmes réunions.

Les résultats sont collationnés périodiquement, et les programmes ajustés s'il y a lieu.

Ce système de pseudo contrôle est évidemment perfectible, mais il a le mérite d'exister.

Pour chaque pays, ou région regroupant plusieurs pays dans un consortium économique, il est clair que la décision d'investir dans tel ou tel système de production d'énergie renouvelable, doit être prise dans le cadre d'un plan national ou régional sous peine de résultats chaotiques et peu en rapports avec les vrais besoins.

Pour le deuxième volet, l'adaptation du monde des machines aux nouvelles formes d'énergie, il existe encore une inconnue, qui est l'importance future qui sera accordé à la biomasse.

Contrairement à l'éolien, au solaire, à la géothermie, ou au nucléaire, qui fournissent de l'électricité et de la chaleur sans combustion, donc sans CO2, la Biomasse fournit de l'énergie ( chaleur ) par une combustion qui dégage du CO2.

Ce CO2 est considéré comme neutre en raison de son caractère recyclable.

Pour cette raison la biomasse est admise parmi les sources d'énergie décarbonée, sous ses diverses formes : Solide ( Bois bûche, granulés, sciure, copeaux, déchets organiques solides, bois de recyclage, etc ), liquide ou gazeux ( Biocarburants, Biogaz ).

Ces produits issus de la biomasse peuvent être utilisés dans les machines qui utilisent aujourd'hui des combustibles fossiles. Ils peuvent également être transportés et distribués comme les fossiles.

Les seules raisons qui pourraient justifier leur mise à l'écart pour la transition énergétique sont d'une part leur mauvais rendement énergétique dans les moteurs à combustion interne et d'autre part leur caractère de concurrents des cultures vivrières .

Mais il peuvent constituer un recours, provisoire ou pas, pour alimenter les machines mobiles qui, pour des raisons diverses, ne pourraient pas être convertie à l'électricité avec les technologies actuelles ou pour toute autre raison ( Absence de réseau électrique, poids excessif des batteries..) .

Il existe donc une incertitude sur le sort futur de la biomasse, qui pourrait se voir limitée dans son développement pour l'une ou l'autre de ces raisons. Elle serait alors réservée à certains usages particuliers.

Cette incertitude est un obstacle à l'établissement de prévisions fiables pour la répartition entre électricité et biomasse pour les décennies prochaines.

( D'autant plus que la biomasse sera très utile pour produire de l'électricité en relève de l'intermittence des renouvelables....)

Le troisième volet, les économies d'énergie, se trouve heureusement couplé aux précédents :

L'électrification des applications de mobilité et de climatisation ( pompes à chaleur ) induira dans son principe des gains considérables d'efficacité énergétique.

Les travaux de rénovation thermique des bâtiments et le durcissement des règles de construction ( Bâtiments « zéro énergie » ) réduiront également significativement les besoins.

La mise œuvre du « réseau intelligent » incluant la participation des consommateurs à la gestion du réseau ( Gestionnaire d'énergie, batterie domestique, installation de charge de batterie, production domestique d'électricité ( panneaux solaires...) permettra d'optimiser le parc de production d'énergie afin d'éviter des excès de puissance installée mal utilisée.

La part d'autoproduction des utilisateurs est appelée à augmenter grâce aux panneaux solaires photovoltaïques et/ou thermodynamiques, éventuellement éoliennes en cluster avec stockage communautaire.

Par ailleurs, une rationalisation du secteur des transports collectifs et une meilleure gestion de l'urbanisation des sols, devraient permettre à terme une maîtrise de la mobilité et donc de la consommation d'énergie.

D'autres sources d'économie d'énergie impliquent des changements dans les structures de l'industrie et des services, notamment les transports routiers, maritimes, fluviaux, aériens, les réseaux d'approvisionnement, les échanges internationaux, la relocalisation de certains produits, les circuits courts, etc, tout cela conduira à une baisse de la demande d'énergie.

Le quatrième volet, la mitigation des conséquences catastrophiques du changement climatique, est une obligation qui incombe aux Etats, les prémices en sont déjà perceptibles :

- Impacts sur le régime des eaux et donc sur l'agriculture, l'élevage, la foresterie, les sécheresses.

- Accroissement des catastrophes « naturelles » : tempêtes, incendies de forêts, inondations, grêle...

- Elévation du niveau de la mer : Atteintes sur les activités humaines sur les littoraux exposés.

Etc...

Certains pays sont déjà confrontés dramatiquement à ces menaces, dont la gestion pose d'ores et déjà des problèmes de financement et surtout de mouvement de populations.

L'ampleur, et le coût, de ce vaste programme n'est pas encore réellement entré dans les esprits. Il ne s'agit plus de Milliards, mais de milliers de Milliards qui devront être dépensés non pas pour réaliser des bénéfices, mais simplement pour survivre et permettre aux générations futures de perpétuer un mode de vie pas trop dégradé.

Il existe un courant de pensée préconisant un retour à des modes de vie plus économes en énergie et moins dépendants du machinisme. Rien ne permet de penser à priori que cette vision du futur est utopiste. A nous de démontrer ( ou pas ) qu'il existe une voie intermédiaire susceptible d'être partagées par quinze Milliards d'Humains....

Car la perpétuation du mode de vie actuel machiniste et énergivore n'est pas garantie pour le prochain siècle, les utopistes d'aujourd'hui sont peut-être les prophètes de demain...

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11 décembre 2023 1 11 /12 /décembre /2023 18:15

 

Le stockage de l'électricité, vrai problème de la transition.

11 Décembre 2023

Le charbon, le pétrole, et le gaz naturel, ont permis le développement de la société des « machines* » qui est ( jusqu'à présent encore ) assise sur trois fondements :

- Le premier est la disponibilité de l'énergie sans limitation de quantité ou de durée.

( Et pour un coût économique convenable, attesté par son succès mondial...).

- Le second est la facilité du stockage, qui permet de s'affranchir, dans une grande mesure, de la menace perpétuelle d'une pénurie inopinée.

( Tas de charbon, citernes à fuel, stockages souterrains du gaz...)

- Le troisième est la facilité de transport ; une simple piste routière permet à un petit véhicule d'alimenter en énergie un chantier ou un village isolés.

* « machines » est à prendre au sens large. Du transatlantique géant jusqu'à la fusée lunaire en passant par l'aide auditive ou le téléphone portable, notre environnement est fait de machines consommatrices d'énergie.

Ces trois fondements devront être respectés lors de la transition énergétique, sous peine de créer de nouvelles contraintes susceptibles d'engendrer des désordres socio-économiques qui viendraient s'ajouter aux effets du changement climatique d'ores et déjà inéluctables.

Les sources d'énergie de remplacement décarbonées ou neutres en carbone sont identifiées et sont exploitées depuis longtemps, mais à faible échelle ; les fossiles représentent encore aujourd'hui 80% de l'énergie primaire consommée dans le monde.

On mesure ici la difficulté d'impulser une transition énergétique volontariste alors que l'énergie à remplacer est toujours présente et peu disposée à céder la place.

( Voir en dernière heure les pressions sur la COP en cours...)

La croissance, qui est le crédo de cette société des machines, génère l'augmentation des besoins énergétiques, et donc la consommation de l'énergie primaire à système énergétique constant.

La transition énergétique devra donc porter non seulement sur le report des besoins sur des énergies nouvelles plus respectueuses de l'environnement, mais aussi sur une baisse drastique de ces besoins et du gap entre énergie primaire et énergie finale, qui est aujourd'hui abyssal..

Selon les connaissances d'aujourd'hui, le mix énergétique futur sera composé de trois grands secteurs :

- Les énergies de la Biomasse, à carbone recyclable, sous les trois formes : solide, liquide, et gazeuse, déjà utilisées pour produire de l'électricité, de la chaleur, de la force motrice, et dont les capacités de développement sont considérables.

Leur capacité à se substituer aux fossiles dans les machines existantes leur confère un avantage évident.

- Les énergies  décarbonées intermittentes : Eolien, Solaire, Hydraulique, qui occupent aujourd'hui le devant de la scène.

Leur caractère de production décarbonée les placent en tête pour l'intérêt écologique.

Par contre leur intermittence ne leur permet pas une production de base pilotable, elles ne peuvent être intégrées aux réseaux en suivi de charge que si elles sont associées à d'autres moyens de production complémentaires pilotables.

De plus, leur production est exclusivement de l'électricité ; elles ne peuvent donc pas se substituer aux fossiles dans toutes les machines existantes, sauf les machines électriques.

Les énergies décarbonées non intermittentes : La Géothermie, et le Nucléaire.

La Géothermie comprend l'exploitation de la chaleur interne du globe, mais aussi la chaleur de l'Atmosphère et des eaux de surface ( Pompes à chaleur ).

Le Nucléaire doit être considéré sous ses deux aspects :

La technologie actuelle ( fission des atomes d'Uranium ), qui exploite des gisements qui sont par nature épuisables, surtout si la production est significativement accrue dans le futur. Le problème de leur remplacement se posera donc également, mais dans un futur estimé à quelques siècles.

Mais la technologie nucléaire évolue d'une part vers une meilleure utilisation du combustible, et d'autre part vers la technologie de fusion encore au stade de la recherche. Sous condition de succès, le nucléaire pourra alors être considéré comme une technologie pérenne.

Néanmoins il subsiste de grandes réserves quant à sa dangerosité, en particulier le traitement des déchets, et sa diffusion à grande échelle dans des contrées où la stabilité politique est douteuse.

Toutes ces sources sont déjà en exploitation à plus ou moins faible niveau. Leur niveau d'exploitation sera augmenté à hauteur des ressources spécifiques de chaque région du globe.

( D'autres sources possibles d'énergie décarbonée sont identifiées mais leur exploitation pose encore des problèmes de consistance, de faisabilité et de rentabilité, notamment les courants marins, et l'Hydrogène naturel).

Des passerelles existent entre ces différents secteurs: la biomasse peut également produire de l'électricité grâce aux centrales thermiques, l'électricité peut produire de la chaleur grâce à l'effet Joule et aux pompes à chaleur, le nucléaire peut produire de la chaleur en cogénération, la Géothermie à haute température peut produire de l'électricité, etc.

La future répartition entre ces secteurs est évidemment aujourd'hui inconnue. Les incertitudes quant aux choix qui seront décidés et/ou possibles, les aléas géopolitiques de la seconde moitié du siècle, rendent caduques toute espèce de planification un tant soit peu consistante.

La mise en œuvre de la transition énergétique exigera la mobilisation de ressources financières colossales dont l'origine n'est pas identifiée aujourd'hui.

( Point véritablement majeur, et relativement négligé jusqu'à aujourd'hui ; il sera peut-être l'élément bloquant qui nous mènera vers une transition bancale et approximative ).

Quels que soient les aléas ce cette lutte contre les fossiles, on s'accorde à penser que la part de l'électricité sera considérablement augmentée dans le mix énergétique avec le développement de l'électrification qui entraînera des améliorations de rendement considérables notamment dans les transports ( motorisation électrique ) et dans les logements ( rénovation énergétique et pompes à chaleur ).

De 20% aujourd'hui, cette part électrique pourrait passer à plus de 60% dans la seconde moitié du siècle, le reste du besoin énergétique étant fourni par la biomasse.

Ces 60% fournis par les sources décarbonées seront partagés entre les renouvelables et le nucléaire.

Le nucléaire sera minoritaire ( 20%?) car il n'est pas réaliste d'envisager une large diffusion tant est délicate et vulnérable cette technologie qui exige une technicité qui n'est pas disponible partout.

L'essentiel de l'électricité sera donc fournie par la biomasse et les sources intermittentes.

( La répartition entre les deux dépendra des spécificités locales ).

Or l'électricité des sources intermittentes n'est ni pilotable, ni stockable au sens de l'AIE.

Même l'hydroélectrique , sauf dans certaines régions particulièrement favorisées où l'hydroélectricité peut être considérée comme une production de base, comme en Norvège.

Cette situation ne convient pas aux standards actuels de distribution de l'électricité dans les réseaux des pays développés.

Rappelons que le système actuel de distribution électrique est basé sur le principe de suivi de charge :

A chaque instant le réseau doit ajuster sa production pour l'adapter à la demande du moment.

Pour cela le gestionnaire de réseau doit disposer d'une réserve de potentiel de production capable d'intervenir rapidement pour répondre à la demande, à la fois en rapidité d'intervention, en puissance, et en quantité d'énergie demandée (durée).

Il est donc nécessaire de disposer en réserve d' installations de production pilotables.

Certaines pourront intervenir rapidement ( de l'ordre de quelques secondes ) mais pour une durée faible ( de l'ordre de quelques minutes ). C'est le cas typique des batteries.

D'autres, plus lentes au démarrage ( de l'ordre de quelques minutes ) prendront la suite pour une plus longue durée, de l'ordre de l'heure, c'est le cas des stations de pompage.

D'autres enfin, plus lentes à démarrer mais de grosse capacité de production, prendront le relais pour une durée indéterminée. C'est le cas typique des centrales thermiques qui sont par nature pilotables et dont la puissance est de l'ordre de quelques centaines de MW, et qui peuvent fonctionner sans limite de temps puisqu'elles sont alimentées par un stock ( Aujourd'hui charbon, fuel, gaz, demain bois, biogaz, biofuel, déchets,...).

Aux fluctuations actuelles de la demande du réseau ( fluctuations de charge ) il viendra donc s'ajouter les fluctuations internes du réseau lui-même, à cause des fantaisies du Soleil et/ou du vent ( fluctuations de la production ).

Pour rendre cette situation à nouveau gérable, il faudra augmenter considérablement les moyens de compensations des fluctuations puisque à celles de la demande viendront s'ajouter celles des éoliennes et des panneaux solaires.

Il faudra également changer le système actuel d'adaptation de l'offre à la demande, pour introduire une forte dose de participation des consommateurs qui devront devenir des acteurs de la régulation des réseaux.

C'est l'objectif du réseau intelligent sans lequel la transition énergétique ne pourra pas se réaliser de façon satisfaisante, ou tout simplement gérable.

Chaque consommateur deviendra un élément actif de la régulation du réseau, grâce à un gestionnaire local d'énergie raccordé aux différents postes locaux de consommation de puissance, un système de communication interne et externe, et un logiciel de gestion selon le ou les contrats souscrits. Il est évidemment prévu ( pour les particuliers mais pas seulement ) de disposer d'une batterie locale, et de raccorder le boîtier de gestion de la batterie de voiture électrique, ainsi que le boîtier de gestion du système de production locale d'électricité.

Une part significative des consommations sera assurée par auto-production adossée à une batterie domestique.

Un tel système évolutif sera l'une des conditions du succès de la transition énergétique.

Le problème du stockage de masse de l'énergie électrique est aujourd'hui sans solution consistante.

Les solutions à base de batteries, ou de stations de pompage-turbinage, voire même de stockage inertiel, ne conviennent que pour de courtes durées et des quantités d'énergie modestes. Elles seront très utiles pour la compensation de l'intermittence de type journalier, mais ne conviennent pas pour du stockage saisonnier.

Les solutions basées sur l'électrolyse, l'Hydrogène, et les piles à combustibles, n'ont pas encore apporté la preuve de leur validité en terme de rendement et de suivi de charge .

Quant à l'hydraulique, il a ses limites, lorsqu'il existe et, sauf dans les régions nordiques, son avenir est compromis si l'on en croit les prévisions du réchauffement.

Les réserves d'eau seront alors plus utiles à l'agriculture qu'à fabriquer de l'électricité !

Par contre, il faut remarquer que le nucléaire répond au besoin de stockage massif de longue durée grâce à plusieurs moyens cumulés déjà existants:

- Le matériau de préparation du combustible ( Aujourd'hui « yellow cake » ) est évidemment stockable en volume.

- Les pastilles de combustible sont elles aussi stockables physiquement, de même que les barres de combustible.

- Le combustible présent dans les cuves constituent aussi un stock puisque ce combustible y séjourne plus d'un an avant remplacement.

Tous ces stocks mis en série constituent une couverture suffisante.

Mais le nucléaire ne couvrira qu'une faible partie des besoins d'énergie électrique.

( Sa diffusion sera limitée par les réserves rappelées plus haut ).

Aujourd'hui ce problème d'intermittence de la production est géré en faisant appel à des centrales thermiques, brûlant majoritairement des fossiles, ce qui permet de glisser la poussière sous le tapis.

Mais un tel procédé ne peut être pérennisé que si ce gaz fossile est rapidement remplacé par du Biogaz, ce qui nous amène à la Biomasse.

La biomasse apparaît ainsi comme l'auxiliaire indispensable des énergies intermittentes et pourraient, avec le nucléaire, constituer un ensemble cohérent capable de supporter la transition énergétique en apportant une solution crédible à la compensation de l'intermittence, et bien sûr aux variations de la demande du réseau.

Le biogaz, déjà produit aujourd'hui en faibles quantités, peut être ( est déjà ) injecté dans le réseau existant de distribution du gaz naturel et pourra ainsi pérenniser les applications actuelles fonctionnant au gaz naturel et affichant des rendements acceptables ( > 100% en pcs sur les chaudières à condensation) qui pourront compléter les équipements de pompes à chaleur qui ne conviennent pas dans tous les cas.

En conclusion on peut dire que la transition énergétique ne pourra pas se passer de la biomasse et/ou du Nucléaire, qui sont les seuls moyens décarbonés ou à carbone recyclable capables de compenser l'intermittence du solaire et de l'éolien, d'assurer le stockage énergétique de sécurité au sens de l'AIE, de fournir une production stable et pilotable, et donc d'échapper aux fluctuations spéculatives des cours de l'énergie en minimisant le recours aux marchés extérieurs de court terme.

Les querelles pour ou contre l'un ou l'autre des procédés de captage d'énergie naturelle sont donc stériles ; nous aurons besoin de tous sous peine d'avoir à gérer une dépendance énergétique qui ne serait pas moins pénible que celle que nous avons supporté avec les fossiles, et que nous supportons encore tant que les fossiles demeurent l'essentiel de notre consommation d'énergie primaire.

 

 

 

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28 novembre 2023 2 28 /11 /novembre /2023 11:19

 

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Les énergies décarbonées, oui, mais lesquelles ?

28 Novembre 2023

Le pétrole et le gaz nous ont habitués à disposer d'une énergie facile d'accès, disponible en tous lieux en quantités illimitées, et sans installations encombrantes, disgracieuses, voire polluantes, susceptibles de nous gâcher le paysage puisque ces produits proviennent de contrées lointaines qui se chargent de l'arrière-cuisine. Nous n'avions que la peine d'ouvrir les robinets des gazoducs, des oléoducs, ou vidanger les tankers ... Et payer la petite note bien entendu.

( Et assumer une dépendance énergétique vis à vis de sources d'approvisionnement souvent discutables...)

Mais cette vie de château ne saurait durer encore bien longtemps puisque d'une part ces sources vont se tarir bientôt ( Le « peak oil » serait déjà derrière nous selon les « experts » ) et d'autre part les émissions de CO2 associées à leur utilisation sont nuisibles à la stabilité du climat de la Planète et donc doivent cesser le plus vite possible.

Deux raisons donc de cesser de consommer ces produits dont nous sommes devenus les esclaves.

( Biens d'autres malédictions nous menacent à terme, mais chaque chose en son temps, l'urgence est mise sur la chasse au CO2 dont les dégâts sont déjà constatables ).

Cette nécessaire transition énergétique pose à l'Humanité un problème inédit :

Les civilisations « modernes », et donc l'humanisme qui les sous-tend, se sont développées sans aucune espèce de préoccupation concernant l'avenir de la Planète et donc la permanence des ressources qu'elle nous procure, et des paramètres qui définissent l'environnement ( Températures, niveau des océans, données climatologiques, etc...).

Dans les temps préhistoriques, l'adéquation entre les besoins des sociétés humaines et les ressources naturelles appelées à les satisfaire s'effectuait naturellement comme on peut le voir ( encore...) actuellement pour les espèces « sauvages » dont la population s'ajuste à la quantité de ressources disponibles, qu'il s'agisse de proies animales ou de végétaux.

La « civilisation », celle de l'Histoire, a permis à l'Homme de rompre cette équation par un contrôle de son environnement grâce à la domestication du feu, puis l'invention de l'outil, la domestication animale, et l'utilisation des forces de la nature, force du vent, force de l'eau des rivières.

La découverte récente ( Deux siècles sont une seconde pour le cosmos ) à la fois de la machine à vapeur, du pétrole, du moteur à combustion, et de l'électricité, a provoqué une explosion du machinisme qui, en s'appuyant sur l'énergie inépuisable des fossiles, a permis l'explosion démographique que l'on sait, accompagnée d'une explosion de la consommation d'énergie et du pillage des ressources de la Planète.

( Oui, cela fait beaucoup d'explosions ; gardons-nous de l'explosion ultime qui mettrait fin à l'expérience...).

Pour les deux raisons citées plus haut, et d'autres qui en sont les conséquences ( Pollution de l'environnement, destruction de la biodiversité...) il semble que le temps soit venu de mettre fin à cette insouciance et de prendre des mesures afin de garder cette Planète habitable pour nos descendants.

( La lutte contre le CO2 n'est que la face visible de l'iceberg ).

Les préoccupations écologiques sont longtemps demeurées l'apanage d'une minorité éloignée des centres de décisions, et les notions de préservation de la Planète ont longtemps été confinées dans des ouvrages lus essentiellement par les seuls écologistes.

Cet aveuglement collectif, qui nous a amenés à glisser sous le tapis tous les indices témoignant d'une catastrophe en gestation au profit d'une « rentabilité économique » immédiate, nous place aujourd'hui en situation d'avoir à résoudre tous les problèmes à la fois, c'est le coup de pied dans la fourmilière.

La réalité fait désormais sortir l'écologie de son placard académique vers son nouvel état de grande cause humanitaire, que les investisseurs ne sont pas préparés à traiter car il faudra investir beaucoup pour n'en recueillir les fruits que dans les générations futures, ce qui est contraire aux usages actuels plutôt du genre « I want my money back as soon as possible... ».

Les politiques ( c'est-à-dire les décideurs ? ), sont devant la transition énergétique comme la poule qui aurait couvé un œuf de canard; qu'est-ce que c'est, que vais-je pouvoir faire avec ce truc, en quoi cela peut-il servir ma carrière et accroître ma popularité ?...

Les industriels tâchent de naviguer à vue entre les « business plans » des technocrates, les réglementations multiples et locales plus ou moins contraignantes, en utilisant au mieux l'argent distribué par l'Etat ( Les Etats...) aux fins de réaliser des démonstrateurs qui n'aboutiront à rien parce que la réglementation aura changé, tout en essayant de maintenir à flot des outils de production qui seront peut-être à mettre au pilon dans six mois parce que la phase d'industrialisation aura été « externalisée » pour des raisons de rentabilité financière.

( Voir l'exemple des panneaux solaires...)

L'ennemi principal étant le CO2 émis par la combustion des fossiles dans le but essentiel d'obtenir de l'énergie, deux solutions sont donc envisageables simultanément : réduire notre consommation d'énergie, et satisfaire les besoins restants avec de l'énergie provenant de sources décarbonées ou neutres en carbone.

( Il ne s'agit pas de deux options, mais d'une double obligation).

Le problème est que le monde est devenu une gigantesque machine dont le sang est constitué d'énergies fossiles à plus de 80%. Notre challenge consiste à remplacer ce sang par un autre dont on ne connaît pas bien la composition ni la source, et ceci sans arrêter la machine.

N'importe quel ingénieur vous rirait au nez devant une prétention aussi saugrenue.

Mais nos décideurs politiques ne sont pas des ingénieurs, et leur horizon est limité par la durée de leur mandature, ce qui les rend inopérants pour traiter des projets de très long terme. De plus, leur « terrain » d'action est le territoire national, éventuellement régional au sens large, alors que la transition énergétique doit être une affaire planétaire.

Pour toutes ces raisons, le passage du flambeau allumé par l'IPCC vers les décideurs politiques ne

peut s'effectuer de manière satisfaisante.

(Rappelons que l'IPCC ( GIEC ) N'a aucun pouvoir de décision sur quoi que ce soit, pas plus que les COP xx ).

Les relations internationales se sont établies sur la base d'affrontements de divers blocs dans le but de conquérir des territoires, s'assurer la suprématie, agrandir ses richesses, garantir son accès à l'énergie, aux richesses du sous-sol, et asseoir sa puissance et sa domination.

Mais la transition énergétique est une affaire planétaire qui nécessite une stratégie commune pour défendre des intérêts communs, le contraire de ce qui existe aujourd'hui.

Faute d'une gouvernance mondiale, que personne ne souhaite par ailleurs, chaque Etat, ou groupe d'Etats, tente de définir SA politique de transition énergétique, avec comme préoccupations principales la défense de ses intérêts, sa place sur l'échiquier mondial, son indépendance énergétique ( Bien souvent imaginaire ), ses sources d'approvisionnement, son PIB, et bien sûr l'état de ses finances, l'état de son opinion, le tout dans une perspective nécessairement électorale c'est-à-dire court-termiste.

Tout cela n'est pas propice à l'établissement d'un programme de transition énergétique solide, documenté, avec des financements identifiés, des moyens industriels établis, et une visibilité très au-delà d'une législature.

Il en résulte des décisions contradictoires, voire contre-productives.

( On a pu « apprécier » par exemple en France la valse hésitation du Nucléaire dont l'existence même était remise en cause avec une urgence variable au gré des résultats électoraux, pour revenir sur le devant de la scène à la faveur d'une ambiance politique mieux disposée, sans assurance de ne pas subir un revirement aux prochaines élections...

On a pu également assister au déploiement explosif de l'éolien en Allemagne, contrainte maintenant de recourir à des centrales à fossiles pour compenser l'intermittence du vent, détail qui avait semble-t-il été « oublié »...).

La transition énergétique est ainsi devenue une arène dans laquelle se cristallisent tous les conflits financiers de la Planète, et où s'affrontent les grands blocs et se définissent les futurs leaders de ce formidable marché du siècle dans lequel les taux boursiers compteront plus que le taux de CO2.

Il faut reconnaître que le passage d'une rente de situation où la seule difficulté consistait à choisir entre pétrole ou gaz naturel, voire charbon, vers une « terra incognita » où il faudra extraire soi-même l'énergie convoitée d'un environnement pas forcément favorable, constitue un choc civilisationnel auquel nous n'étions pas préparés.

Pourtant les sources possibles de remplacement des fossiles sont nombreuses :

Eolien terrestre, Eolien offshore, Solaire photovoltaïque, Solaire à concentration, Hydroélectrique, Géothermie, Biomasse solide, Biogaz, Biocarburants de première, deuxième, troisième génération, Electronucléaire, n'en jetez plus, c'est l'enfant devant la vitrine de Noël, lequel choisir ?

( Sans parler d'un certain Hydrogène naturel, qui pourrait bien s'ajouter à la liste et bouleverser l'échiquier ).

Et d'abord, qui doit choisir ? Et sur quels critères ?

En France, la majorité de l'opinion reconnaît la nécessité d'abandonner les fossiles au profit des renouvelables. Par contre, personne n'en veut dans son jardin.

( Réflexe « NIMBA », Not In My BAckyard...)

Les raisons de cette méfiance sont diverses :

Le Nucléaire est connoté Tchernobyl et Fukushima, et contamination radioactive de longue durée.

L'hydroélectrique est très bien jugé, mais SVP pas de barrage dans ma vallée...

L'Eolien est parfait, mais plutôt dans le département d'à côté, et surtout pas en face de ma plage....

Et puis çà fait tourner le lait des vaches....

Le solaire, c'est bien au Sahara, mais disgracieux dans ma commune...

Le bois, c'est bucolique, mais pas touche à ma forêt.

Les biocarburants, pourquoi pas, mais sur quels terrains les cultiver, et il paraît que Bruxelles veut tuer les moteurs thermiques, alors pourquoi des biocarburants, et pour quels moteurs ?

( La saga des désastres provoqués par l'affaire de l'huile de palme est dans tous le journaux...).

Reste le biogaz, qui remplacerait le gaz naturel dans les mêmes usages, les mêmes réseaux, les même installations de stockage que le gaz fossile. Il apporterait une solution pour la compensation de l'intermittence de l'éolien et du solaire grâce aux centrales à Gaz , mais son potentiel sera-t-il suffisant ?

Les énergies renouvelables sont ainsi jugées à la fois la meilleure et la pire des choses. Les études d'utilité publiques et les analyses d'impacts sur la biodiversité et l'environnement, qui retardent les dossiers d'instruction de tout projet de renouvelables, jettent un doute sur le potentiel réel de production dans un domaine aussi controversé.

En attendant que les français se décident à faire des concessions et acceptent les milliers d'éoliennes off-shore, les dizaines de milliers d'hectares de panneaux solaires, les centaines de STEP, qui seront nécessaires pour produire une quantité suffisante ( peut-être ) d'électricité verte et compenser l'intermittence de la production, il faut bien que l'Etat se préoccupe sérieusement de maintenir un outil de production capable de soutenir les besoins d'un pays qui n'accepterait pas de se contenter d'une énergie sporadique.

L'éolien et le solaire ne sont ni stables ni pilotables, ils fournissent une énergie électrique intermittente; sur ce point au moins il n'y a plus de débat ( bien que le consensus soit récent ).

Quant à L'Hydroélectrique, il peut être assimilé à une source de base dans les pays bien pourvus en réserves d'eau exploitables, comme en Norvège. Ce n'est pas le cas de la France où l'hydroélectrique ne peut intervenir que pour de courtes durées.

( Quant à noyer quelques vallées supplémentaires pour produire davantage d'Hydroélectricité, il ne faut même pas y penser …).

Dans ce contexte pas très glorieux, la seule source d'énergie à la fois stable, pilotable, et décarbonée, est l'électronucléaire.

( S'il en existe une autre, son inventeur est bien discret...)

Ce constat est factuel, et déconnecté des problèmes réels ou imaginaires posés par les risques de cette technologie.

On peut décider de renoncer au nucléaire, mais il faudra accepter les inconvénients d'une production instable qui nous rendra dépendants de fournisseurs étrangers qui auront d'ailleurs les mêmes problèmes.

Cette technologie déjà ancienne a au moins le mérite d'exister* et d'offrir de bonnes perspectives d'évolution vers plus d'efficacité et moins de nuisances dues aux déchets.

*( Le nucléaire est présent dans 14 pays de l'Europe des 27 , et produit 22% de l'électricité européenne.

( Source Eurostat ).

Le choix du ou des types d'énergies décarbonées à développer n'est donc pas simple, sachant que les investissements seront très lourds et viendront s'ajouter aux autres investissements liées à la transition énergétique : Modernisation des réseaux électriques, électrification des nombreux secteurs utilisant aujourd'hui des fossiles, etc.

( Il faut deux décennies pour remettre sur pieds un parc nucléaire, il suffit de quelques années pour construire un parc éolien ou solaire...)

Il n'y a pas de critère universel permettant de choisir de développer telle ou telle méthode d'exploitation des énergies décarbonées.

Il existe par contre certains critères d'exclusion en rapport avec les spécificités régionales :

On ne fera pas d'Hydroélectrique dans les régions désertiques, on y fera plutôt du Solaire.

On ne fera pas de Solaire en Europe du Nord, mais plutôt de l'Eolien et/ou de l'hydroélectrique lorsque le relief et le climat s'y prêtent.

On ne fera pas d'électronucléaire dans les régions politiquement instables.

Dans les régions développées fortement urbanisées et à vocation touristiques, on pourra faire

du Nucléaire.

L'Eolien offshore sera largement exploité sur les littoraux peu peuplés et peu touristiques.

Etc...

Les productions intermittentes devront dans tous les cas voisiner avec des productions de base pilotables et des liaisons inter-régionales devront être développées pour compenser les fluctuations d'offre et de demande.

Le système électrique européen se développe dans ce sens et les liaisons transfrontalières voient leurs capacités d'échange accrues dans de fortes proportions, y compris par câbles sous-marins.

Quelles que soient les solutions adoptées par les différents pays européens, l'existence de ce réseau inter-régional est un passage obligé, comme le sera le réseau « intelligent » sans lequel tout cela ne pourra pas fonctionner convenablement.

Aujourd'hui le Monde utilise encore à 80% les énergies fossiles, les énergies renouvelables intervenant pour 20% ( Biomasse, déchets, Hydraulique, Nucléaire, Eolien, Solaire, Géothermie ).

L'éolien et le solaire ne représentent encore que 3% du total.

Nous partons donc de très loin et l'ennemi à éliminer se porte encore très bien, malgré les annonces de mort imminente du pétrole.

S'il est vrai que le pétrole dit « conventionnel » a vécu son heure de gloire et décline depuis 2008 selon les experts, par contre le pétrole non conventionnel, genre schistes bitumineux, fait de la résistance et ne semble pas disposé à quitter le champ de bataille facilement...

Quand au charbon et au gaz naturel, çà va encore très bien, merci...

Un temps on a pu penser que les fossiles seraient « encouragés » à quitter la scène sous le poids des « taxes carbone » qui semblaient alors l'arme ultime.

Comme on a pu le voir, il n'en a rien été. Taxer les fossiles équivaut à taxer l'économie mondiale, ce qui revient à se tirer une balle dans le pied, au moment où justement démarre la course à la transition énergétique...

Certains on cru pouvoir utiliser la manière forte en interdisant l'usage des fossiles purement et simplement.

Autant édicter un règlement interdisant la guerre...

Il nous faudra donc vivre encore avec les fossiles, la seule façon de les éliminer sera de démontrer la faisabilité économique de la transition énergétique, et son aptitude à couvrir les besoins actuels et futurs...

Les énergies renouvelables qui tiennent le devant de la scène ( à tort ou à raison...) fournissent de l'électricité. On sait les mettre en œuvre, les technologies existent, il suffit d'investir et de multiplier les éoliennes, les parcs solaires, les barrages hydroélectriques, les centrales nucléaire, les STEP...

Le véritable problème est ailleurs.

Cette électricité va devoir remplacer les fossiles dans un parc de « machines » au sens large, dont la plupart ne sont pas conçues pour utiliser de l'électricité.

Il faudra donc les remplacer par d'autres machines, ce qui représente des investissement fabuleux qui viendront s'ajouter à ceux qui doivent déjà être mobilisés pour fabriquer cette électricité.

Et ce remplacement fera apparaître des problèmes nouveaux de dépendance pour les approvisionnements en métaux rares, indispensables pour les batteries, les piles à combustibles, et les semiconducteurs...

De plus, les réseaux de distribution d'énergie électrique devront être modifiés pour s'adapter à ces nouveaux besoins, et étendus aux zones non encore desservies.

Toutes les « machines » ne pourront pas être converties à l'électricité de réseau, tout simplement parce que de nombreuses régions du Globe ne possèdent pas de réseau...En particulier les transports maritimes lourds, les transports aériens, fluviaux, mais aussi certaines régions terrestres défavorisées.

Il existera donc, pendant longtemps encore, un besoin de carburants de type conventionnel pour assurer ces applications.

( N'oublions jamais par exemple que la sécurité de l'alimentation électrique d'une centrale nucléaire, d'un hôpital, ou d'un centre de données, est assurée par des génératrices actionnées pas des moteurs diesel....)

Nous assistons ainsi à l'émergence ( Plutôt redécouverte ) d'une sous-catégorie d'énergies décarbonée issues de la Biomasse solide, liquide, ou gazeuse, qui fournit déjà 10 % de la consommation mondiale d'énergie, et pourrait bien supplanter les renouvelables « nobles » dans de nombreux domaines, voire même produire de l'électricité.

Ces sources d'énergie à carbone recyclable offrent plusieurs avantages :

Les produits énergétiques obtenus sont directement substituables aux fossiles, ils sont transportables, stockables, et directement utilisables dans les installations existantes, y compris pour produire de l'électricité.

- Ils sont très performants ( 50 litres de biocarburant contiennent autant d'énergie qu'une batterie au Lithium de 2,2 tonnes !).

Mais leur développement est freiné par plusieurs aspects jugés négatifs :

- Leur production est considérée comme concurrentielle de la production de denrées alimentaires, et/ou du développement du couvert forestier capteur de CO2.

( Cela peut changer avec les e-fuels ).

- Leur utilisation en substitution des produits fossiles n'apporte aucune amélioration des rendements énergétiques, contrairement à l'électricité qui permet des gains de l'ordre de 50% voire davantage.

Ces inconvénients, réels ou imaginaires, seront un frein à leur développement, mais la demande mondiale sera là et pourra encourager la recherche de solution pour en atténuer la portée.

Quant au biogaz ou au syngaz, ils seront indispensables au moins pour alimenter les centrales thermiques CCCG nécessaires à la compensation de l'intermittence des renouvelables. La querelle autour du Biogaz ou du syngaz est donc stérile et n'a pas lieu d'être .

Quand on fait le tour des besoins futurs, on s'aperçoit ainsi que toutes les énergies renouvelables auront leur rôle à jouer, à proportion des spécificités des régions en ressources naturelles décarbonées évidemment, et des besoins locaux en énergie.

La transition énergétique comporte plusieurs volets :

- Le remplacement des fossiles par des sources d'énergie décarbonée ou à carbone recyclable.

- L'adaptation du monde des machines aux nouvelles formes d'énergie.

- La gestion des dégâts matériels et humains causés par le changement climatique inévitable et dont les effets sont déjà perceptibles.

- L'adaptation de l'habitat et des usages aux nouvelles contraintes imposées par ces nouvelles énergies.

- La réorganisation des circuits commerciaux d'approvisionnement, d'échange, et de distribution des nouvelles énergies.

- La réorganisation des moyens de stockage de sécurité par des capacités appropriées spécifiques.

- La gestion de la cohabitation entre les énergies traditionnelles et les énergies nouvelles pendant la durée nécessaire au basculement, durée généralement très sous-estimée.

- Etc...

Toutes ces tâches seront semées d'embûches et exigeront beaucoup de discernement pour être menées à bien sans créer de désordres sociaux ingérables qui viendraient s'ajouter au désordre climatique désormais inéluctable..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 octobre 2023 5 20 /10 /octobre /2023 10:58

 

L'Hydrogène naturel, on aura mis le temps...

20 Octobre 2023

Dans notre article du 15 Avril 2014 ( presque dix ans déjà ) nous évoquions le triste sort de l'Hydrogène naturel, alors rangé au magasin des élucubrations de cerveaux dérangés, au même titre que les OVNIS ou le monstre du Loch'ness.

Sans préjuger du sort futur de Nessie ou des ufos, triangulaires ou pas, nous devons aujourd'hui rendre hommage à tout ceux qui ont continué à œuvrer malgré les sarcasmes pour tenter de donner une consistance à cette nouvelle source d'énergie.

D'abord cantonné dans les curiosités géologiques en tant qu'émanations sporadiques des dorsales océaniques, donc parfaitement inexploitable, l'hydrogène naturel fut tiré de l'incognito par le chercheur Alain Prinzhofer qui tenta d'y intéresser les grandes compagnies, sans grand succès au début.

Mais de même que le mouvement se prouve en marchant, un homme seul, Monsieur Aliou Diallo, découvrit au Mali une source naturelle de H2 qu'il mit en exploitation en 2012 et qui fonctionne depuis à la satisfaction des populations de Bourakébougou.

( https://larevuedestransitions.fr/2019/07/05/lhydrogene-naturel-a-bourakebougou-une-curiosite-scientifique/ )

Il devenait dès lors difficile de cacher la poussière sous le tapis, le risque était grand de rater une possible occasion de sauver la transition énergétique actuellement dans une passe difficile.

Bon gré mal gré, Les « grands » se sont décidés à « y aller voir » de plus près, et ils ont vu.

On peut regretter d'avoir perdu dix ans, mais l'important est que le bon sens a triomphé des préjugés.

( En fait les recherches se poursuivaient bien sûr, mais sans grand tapage car le risque était grand d'être accusé de salir son image dans des travaux futiles, voire de gaspiller l'argent des actionnaires qui s'accommodent fort bien du pétrole et du Gaz...)

Grâce peut-être à Monsieur Diallo, on constate aujourd'hui une grande activité dans la recherche des sites possiblement émetteurs, le but étant d'évaluer le potentiel, de comprendre l'origine du Gaz, de préciser sa nature de réserve ou de flux, de mettre au point des méthodes de captation, bref, le grand jeu.

L'Hydrogène naturel a conquis droit de cité et peut désormais s'afficher sans risque de subir les sarcasmes des bien-pensants de l'énergie, il peut même arborer le drapeau Blanc dans la classification des sources décarbonées.

( Il faudra cependant attendre quelques années pour savoir s'il s'agit du « jack pot » ou d'un pétard mouillé...).

Dans la double perspective d'épuisement des réserves fossiles et de la nécessité de réduire rapidement les émissions de CO2 ( qui sont deux problèmes différents mais liés ), l'Hydrogène naturel fait figure de Père Noël :

Ce gaz provient de l'eau contenue en masses énormes dans le manteau terrestre, sous forme du radical OH qui libère son Hydrogène dans un grand nombre de circonstances géologiques et chimiques dans le manteau où règnent des conditions de température et de pression favorables, ce qui laissent présager l'existence d'un flux intense et, localement, de réserves substantielles.

( Il peut être également parfois naturellement associé à du Carbone pour donner du pétrole ou du Gaz, ce qui n'est pas forcément ce qu'on cherche, quoique diront certains...Voir avec Monsieur Diallo.

De là à parler de pétrole abiotique...Coucou le revoilou ).

L'Hydrogène est bon à tout faire :

- C'est un gaz décarboné, sa combustion ne produit que de l'eau.

- Sous réserve de confirmation, il existe sous forme de flux, et pas seulement de réserves.

Ces deux caractéristiques sont très précisément celles qui font défaut aux fossiles.

La hotte de ce Père Noël inattendu contient quelques autres « cadeaux » :

- L'Hydrogène naturel peut évidemment prendre la place de l'Hydrogène « fossile » dans toutes les applications industrielles qui utilisent déjà ce gaz, et il y en a beaucoup.

- Il peut également participer à la mobilité décarbonée, soit à propulsion électrique avec pile à Hydrogène, soit directement avec des moteurs thermiques adaptés.

- Il est une solutions de stockage de l'énergie électrique, soit directement, soit par un processus chimique reéversible.

- Il pourra constituer une solution décarbonée pour la compensation de l'intermittence des renouvelables, et pourra être injecté dans le réseau de distribution ( Il l'est déjà dans certains secteurs jusqu'à hauteur de 20% à titre d'essais ).

- Il est également testé pour l'alimentation de turbines à gaz productrices d'électricité.

- Il pourra contribuer à synthétiser des e-fuel, une sorte de pétrole abiotique si le Carbone utilisé est pompé dans l'air.

Les grincheux trouveront que la mariée est trop belle, que tout cela cache un monceau de problèmes, que les quantités extraites ne seront pas significatives, que l'Hydrogène n'est pas transportable, que son utilisation est dangereuse, et que, et que...

La plupart, pour ne pas dire toutes, des études prospectives sur la pertinence de la filière Hydrogène en général, évitent soigneusement d'évoquer l'Hydrogène naturel, et se focalisent sur l'Hydrogène obtenu par électrolyse à partir de l'électricité renouvelable, ou par les procédés chimiques habituels, ce qui conduit évidemment à des conclusions négatives.

Si l'Hydrogène naturel se révèle une source crédible, ces études seront bien sûr caduques .

Quelles que soient les difficultés d'exploitation et de mise en œuvre de cette nouvelle source d'énergie décarbonée, qu'il ne faut pas nier, il serait déraisonnable de ne pas s'y intéresser, sauf à poursuivre des buts inavouables ( Les tenants de la décroissance par exemple ne voient pas d'un bon œil tout ce qui pourrait constituer un substitut des fossiles, notamment la fusion nucléaire et l'Hydrogène naturel...).

Les chiens aboient, la caravane passe, comme on dit là-bas...

 

 

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9 octobre 2023 1 09 /10 /octobre /2023 15:07

 

La transition énergétique, un coup de pied dans une fourmilière...

9 Octobre 2023

Le Monde dit « développé » fonctionne encore essentiellement grâce aux réserves d'énergies fossiles, qui sont limitées par définition.

L'épuisement inéluctable de ces réserves nous impose donc de leur trouver une ou des solutions de remplacement pérennes et/ou renouvelables.

Jusqu'à une date récente, « nous » pensions pouvoir disposer d'un délai confortable ( un siècle ou deux ) pour procéder « tranquillement » à cette substitution, sans urgence particulière.

( Tout au plus y avait-il dans l'air un semblant de préoccupation se traduisant par de molles incitations à réduire nos appétits énergétiques. Mais la courbe de croissance de la consommation mondiale d'énergie a montré, s'il en était besoin, l'inefficacité de ces recommandations ).

Cette insouciante époque a pris fin avec le constat de l'effet pernicieux du dégagement de CO2 fossile sur le climat de la Planète, et a mis un terme à la relative béatitude qui régnait dans le monde de l'énergie.

Après analyse par les experts, il s'est avéré que le délai pour procéder au remplacement de ces fossiles n'est plus de deux siècles, mais de quelques décennies seulement, autant dire demain matin, si l'on veut échapper à un hiroshima climatique.

Et de plus, même dans l'hypothèse d'une transition énergétique rapide et efficace, nous ne pourrons pas échapper aux premières manifestations de ce réchauffement dévastateur...

L'effet de ce constat fut celui d'un coup de pied dans une fourmilière.

La chasse aux émissions de CO2 devenait, toutes affaires cessantes, la condition de notre survie.

( Le « notre » en question concerne, du moins on l'espère, la totalité des espèces vivantes )

Le développement des sociétés humaines est fondé sur le machinisme, donc sur la consommation d'énergie puisque le mouvement perpétuel n'a toujours pas été inventé. Nous utilisons des quantités colossales d'énergie, dont aucun chiffre ne peut donner l'idée.

Aujourd'hui cette énergie est à 80% fossile, donc émettrice de CO2. C'est donc la quasi totalité de la structure machiniste de la Planète qui doit être réformée et convertie à des sources d'énergie « propre » au sens de non perturbatrice du climat.

( Car, en matière de propreté dans les utilisations des différentes sources d'énergie, il y aurait beaucoup à dire...)

Cette conversion doit être réalisée si possible sans abandonner le principe de généralisation de nos modes de vie « occidentaux » au reste du Monde, dans le respect de l'égalité des chances pour les sociétés humaines, et dans la perspective de la croissance démographique portant à 10,5 Milliards la population mondiale en 2100, selon les Nations Unies.

( C'est du moins la doxa prêchée ici et là et non remise en question jusqu'à présent...)

L'énormité de ce challenge est apparue progressivement, à mesure de l'avancement des programmes destinés à l'accomplissement de cette transition.

Contrairement aux apparences, Le problème n'est pas de chercher les nouvelles énergies « propres » qui pourraient remplacer les énergies carbonées.

En effet, nous les connaissons déjà depuis longtemps :

Hydraulique, Solaire, Eolien, Nucléaire, Géothermie, Biomasse solide, liquide ou gazeuse, sont des domaines déjà expérimentés et porteurs d'un potentiel énorme pour la production d'énergie décarbonée ou à carbone recyclable.

Ces sources d'énergie renouvelable sont déjà mises en œuvre et expérimentées depuis des décennies, mais à une échelle encore modeste par rapport aux fossiles.

( On pourrait même en ajouter deux autres, qui pourraient contribuer à moyen et long terme : L'Hydrogène naturel, porteur d'un potentiel énorme, mais encore à confirmer, et la fusion nucléaire qui prendrait la suite de la fission ).

Il n'y a donc pas d'impossibilité technologique majeure susceptible d'empêcher la mise en œuvre de la transition énergétique.

( sinon quelques soucis du côté des sources d'approvisionnement de certains minéraux, mais qui devraient pouvoir se résoudre grâce aux progrès de la recherche ).

Les vrais problèmes sont d'un autre ordre :

- Le premier est évidemment le financement, car des milliers de Milliards devront être investis chaque année pour mettre en œuvre cette transition, alors que le retour sur investissements n'est pas encore tout à fait démontré ( c'est un euphémisme ).

L'attitude du financier et/ou du décideur à l'égard de cette révolution énergétique est celle d'une poule qui aurait couvé un œuf de canard..

( On voit par exemple dans « certains » pays avancés qu'il existe encore des querelles sur le type de renouvelables à développer, sur les mérites respectifs de l'eolien, du solaire, du nucléaire, et où existe la plus grande confusion entre les cinq ou six sortes d'Hydrogène auxquelles on a même attribué des couleurs, sans très bien savoir à quels usages ils seront destinés...Sans parler de la Biomasse à laquelle on accorde un fort potentiel, mais sans très bien savoir si son carbone recyclable autorisait à la classer dans les énergies décarbonées ou bien dans les énergies de substitution des fossiles, ce qui n'est tout à fait la même chose ).

En clair, on sait qu'il faut investir dans la transition énergétique, mais on ne sait pas très bien dans quel domaine, ni où trouver les sous …

Une particularité de notre « civilisation » machiniste est de reposer sur un échafaudage financier dont les ressorts s'appellent taux d'intérêt, taux d'actualisation, valeur boursière, durée d'amortissement, taux d'imposition, retour sur investissement, parts de marché, concurrence, etc, sans qu'il soit à aucun moment question du bien-être des peuples, préservation des valeurs de progrès social, ou autres considérations humanitaires à l'égard des générations actuelles, et encore moins des futures...

Pour passer outre ces blocages, on faisait autrefois appel à l'Etat. Aujourd'hui on cherche plutôt à l'évincer car suspecté d'être un «  empêcheur de financer en rond ».

(A ce sujet il n'est pas inutile de se référer à l'époque ancienne où furent réalisés les grands travaux qui dotèrent la France de parcs nucléaires et hydroélectriques qui n'auraient jamais pu être réalisés par les méthodes de gouvernance financière actuelles).

Il semble que certains penseraient à remette le rôle de l'Etat au premier plan, acceptons-en l'augure..

- Le second problème tient à la multiplicité des axes à développer simultanément pour réaliser la transition :

Jusqu'à présent l'énergie fossile s'obtenait soit en perçant des trous dans le sol pour les pays pourvus de réserves, soit en signant des chèques pour l'acheter ailleurs, et en se faisant livrer par bateau ou par une tuyauterie adéquate, après avoir signé des accords sur un fond géopolitique douteux sans trop regarder l'aspect indépendance énergétique, et dont on constate aujourd'hui les effets néfastes.

Cette époque est révolue. Désormais il faudra « fabriquer » soi-même son énergie, ce qui signifie créer de toutes pièces une industrie dédiée, ce qui n'est pas à la portée du premier pays venu, surtout dans un contexte de désindustrialisation, lubie très à la mode dans certain milieu...y compris chez nous.

- Un autre problème tient à la nature même des énergies renouvelables.

Les fossiles fournissent congénitalement de la chaleur, qui est devenue prépondérante sous diverses formes, notamment les moteurs thermiques aujourd'hui sur la sellette. L'électricité elle-même doit beaucoup aux fossiles grâce aux centrales thermiques. Elle est encore à 70% un sous-produit du charbon, du pétrole et du gaz, et ne représente que moins de 20% de la consommation mondiale d'énergie..

A contrario, les renouvelables, qui constituent le peloton de tête dans les futurs projets, fournissent essentiellement de l'électricité : Eolien, Solaire, Hydraulique, Nucléaire, vont ainsi prendre la place des fossiles, la chaleur devenant un sous-produit de l'électricité.

Il s'agit donc d'un changement de paradigme qui entraînera la nécessité d'adapter à l'électricité les applications qui aujourd'hui utilisent des fossiles.

Ce volet, indispensable, de la transition énergétique, sera au moins aussi coûteux et perturbant que la production de l'électricité elle-même.

( Nous en voyons un premier exemple dans le cas des transports routiers, maritimes, fluviaux, aériens, pour lesquels « l'électrificabilité » n'a pas encore été démontrée, le problème du stockage restant entier, même pour les véhicules légers qui sont pourtant les moins exigeants...)

D'autre part, l'électricité ne peut remplacer les fossiles que dans les zones équipées d'un réseau électrique (!), ou doit être fabriquée sur place en l'absence de réseau. Ceci représente une contrainte dans de nombreuses régions du monde où l'habitat est très dispersé.

- Autre difficulté : certaines sources renouvelables, le solaire, l'éolien, et l'hydraulique, sont intermittentes et/ou non pilotables. Elles ne pourront donc être efficaces que si elles sont couplées à des moyens de production pilotables qui, eux-mêmes, devront être alimentés par des sources décarbonées, et/ou soutenus par des moyens de stockage suffisants. Là aussi les investissements nécessaires sont colossaux, et souvent « oubliés » dans les analyses.

(Aujourd'hui l'intermittence de ces renouvelables est compensée par une production complémentaire obtenue grâce à des centrales thermiques à Gaz fossile, voire même au charbon. Ceci n'est évidemment pas acceptable sur le long terme, mais la solution pérenne décarbonée n'est toujours pas identifiée, au sens industriel du terme ) .

On « parle » de STEP ( Stations de Transfert d'Energie par Pompage ), mais sans programme établi. On évoque également le stockage sous forme d'Hydrogène obtenu par électrolyse et pile à combustible, ou sur batteries, mais tout ceci demeure encore assez théorique .

- Par ailleurs, Le nucléaire est une source d'énergie décarbonée, mais d'une part sa mise en œuvre se heurte souvent à une opposition de principe des opinions, et d'autre part c'est une technologie extrêmement complexe qui ne peut être disséminée n'importe où comme des éoliennes ou des panneaux solaires. Elle ne peut être mise en œuvre et exploitée que par du personnel hautement qualifié, qui n'est évidemment pas disponible n'importe où et que l'on ne peut mobiliser que pour des installations de très forte puissance. Sans parler des problèmes de sécurité liée à l'instabilité politique de certaines régions.

(Le projet de mini réacteurs ( SNR ) est destiné à résoudre une partie de ce problème, mais ce n'est encore qu'un projet).

Quelques autres questions complètent la panoplie des incertitudes et justifient plus ou moins le manque d'enthousiasme des décideurs, peu enclins à entraîner leurs actionnaires dans un voyage financier au long cours sans savoir si au bout se trouve la toison d'or ou le naufrage :

- La biomasse solide, liquide, ou gazeuse, n'est qu'un pis-aller puisqu'elle ne fait que recycler du carbone déjà présent dans l'atmosphère, et sa production massive dédiée est suspectée d'entrer en conflit avec les productions vivrières. Deux raisons suffisantes pour faire reculer les investisseurs.

Sans parler des impacts sur la biodiversité et la déforestation...

- L'Hydraulique n'est utilisable que là où il y a de l'eau ( ! ), ce qui exclut de nombreuses régions du Globe qui sont, ou seront, frappées par la sécheresse. D'autres régions, mieux pourvues en eau, rencontrent des oppositions locales au nom de la préservation de la biodiversité.

A ces problèmes liés à la production des énergies nouvelles vient s'ajouter la nécessité de faire face aux premiers « dégâts » causés par le changement climatique, quelles qu'en soient les causes par ailleurs :

Augmentation des températures, perturbation du régime des précipitations, multiplication des épisodes climatiques violents, montée du niveau des océans, épisodes violents de sécheresses, canicules, stress hydrique, inondations, fonte des glaciers, tarissement de certains cours d'eau, submersion, recul du trait de côte, avec des conséquences sur l'agriculture, les forêts, l'élevage, l'habitabilité de certaines régions, les incendies, les dégâts causés aux constructions, la perturbation des activités humaines, les mouvements de populations, etc.

Toutes ces malédictions doivent faire l'objet d'une prise en compte systématique, les dispositions actuelles n'étant plus à la hauteur de ces sinistres dont l'ampleur ne peut qu'augmenter dans le futur.

La tâche à accomplir ne consiste donc pas « seulement » à remplacer une source d'énergie par une autre, mais véritablement à changer le monde lui-même, ce qui est une autre paire de manche.

Ce bouleversement doit être accompli en tenant compte des enjeux humains, économiques, politiques, financiers, souvent contradictoires, et ceci dans une perspective séculaire puisqu'il s'agit de préserver un cadre de vie pour le prochain siècle, peut-être au détriment de notre « petit » confort d'aujourd'hui, ce qui sera sûrement le plus dur à avaler...

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19 septembre 2023 2 19 /09 /septembre /2023 17:24

La batterie solide c'est bien, la batterie au soufre, c'est encore mieux...

19 Septembre 2023

IL est clair aujourd'hui que l'expansion de la voiture électrique ( VEB ) vers une part prépondérante du marché auto, passe par une autre génération de batteries.

La technologie actuelle Lithium-ion à électrolyte liquide a permis le lancement du marché et démontré l'intérêt du concept de remplacement du pétrole par de l'électricité.

Mais l'expansion de ce marché est encore freinée par les limites des batteries actuelles :

Leur capacité spécifique conduit à un poids dissuasif, et donc à une capacité énergétique limitée incompatible avec l'autonomie demandée. De plus, l'électrolyte liquide ne permet pas le régime de charge rapide nécessaire, et le comportement thermique n'est pas satisfaisant.

Il existe d'autres structures de batteries Li-ion permettant d'améliorer très significativement la capacité spécifique, mais présentant par ailleurs d'autres problèmes qui devront être résolus avant de songer à les utiliser dans l'automobile, dont le cahier des charges est très exigeant, notamment concernant la fiabilité, la tenue en température extrêmes, la gestion des surcharges thermiques, la densité de courant, le cyclage qui conditionne la durée de vie, et bien sûr le coût de fabrication et l'approvisionnement des matériaux critiques.

Deux procédés porteurs d'améliorations décisives des performances sont actuellement à la une de l'actualité auto :

- La « batterie solide », qui consiste à transposer à la voiture électrique un processus déjà connu, mais qui doit être mis en conformité avec le cahier des charges automobile. Il s'agit d'une part de remplacer l'électrolyte liquide par une membrane solide à forte conductibilité ionique, qui sert aussi d'électrolyte, et d'autre part de remplacer l'anode actuelle par une anode en Lithium.

On attend de ce concept un doublement de la capacité spécifique, une meilleure fiabilité, une meilleure densité de courant, et également un coût plus raisonnable.

Ce type de batterie pourrait être commercialisé dans un délai relativement court.

- La batterie « Lithium-Soufre », qui utilise également le principe de la batterie solide, mais avec du soufre pour la cathode, combiné avec du Graphène pour assurer la conductivité. Les gains de performances seraient « disruptifs » , mais les délais de mise au point seraient très longs.

( La densité énergétique du couple Li-S est de 2 500 Wh/kg, soit presque 10 fois celle des batteries au Lithium actuelles. Un gain d'un rapport 4 ou 5 pourrait être ainsi obtenu en fabrication, ce qui constituerait une révolution pour la voiture électrique ).

Des résultats industriels concrets sont attendus au mieux pour 2030.

Ce qui s'annonce comme une révolution technologique pourrait être l'occasion pour l'Europe de prendre des positions sur ce marché qui, pour le moment, est plutôt asiatique.

Il serait désastreux que les futures gigafactories européennes ne soient pas parties prenantes dans ce nouvel eldorado.

Ces annonces, prometteuses au demeurant, ne sont pas de nature à encourager l'automobiliste actuel à passer à l'électrique, sachant qu'un VEB acheté en 2023 fera figure d'ancêtre en 2030 car, si les espoirs actuels se concrétisent, ces histoires d'autonomie ne seront plus alors que des contes de grand-mères.Pour peu qu'en plus, les promesses de réduction du coût soient au rendez-vous, les « vieilles » voitures électriques seront complètement dévaluées.

Les acheteurs actuels de VEB sont donc des précurseurs auxquels il faut rendre hommage, car ils tirent le marché vers le haut et motivent ainsi les chercheurs et les industriels en justifiant les investissements pour que la transition énergétique ne soit pas synonyme de désindustrialisation pour l'Europe.

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12 septembre 2023 2 12 /09 /septembre /2023 15:44

 

La batterie solide française arrive...bientôt.

12 Septembre

Un constructeur de voitures se doit d'avoir la maîtrise des éléments essentiels qui les constituent, afin d'exprimer ses choix stratégiques, créer l'esprit de la marque grâce à son image, avoir le contrôle des choix technologiques, assurer son indépendance commerciale et industrielle, contrôler les méthodes et les coûts de fabrication, etc.

Dans la voiture électrique, la batterie est devenue un élément essentiel de par ses nouvelles attributions :

Elle définit la puissance de la voiture par le courant maximum qu'elle peut fournir.

Elle définit l'autonomie, qui est directement proportionnelle à sa capacité énergétique.

Elle définit pour moitié le coût de production du véhicule ( Aujourd'hui ).

Elle définit la durée de vie optimale de la voiture par son cyclage et l'évolution de son SOH .

Elle définit les conditions de recharge par son aptitude à accepter les charges rapides ( 2C, 3C, 5C …).

Son caractère d'élément essentiel est donc aujourd'hui évident.

( Ce n'est pas un élément que l'on peut acheter sur l'étagère d'un centre auto...)

Or, les constructeurs européens ne maîtrisent pas cette filière. La très grosse majorité des batteries des voitures électriques fabriquées en Europe provient de fournisseurs extra-européen.

Face à des industriels non européens capables de maîtriser l'ensemble des éléments de la voiture, et de la produire à des coûts que l'on sait, le « combat » paraît perdu d'avance.

Pour tâcher de « reprendre la main » en cette affaire, l'Europe soutient un vaste programme destiné à donner aux constructeurs européens les moyens de lutter à armes égales non seulement sur le marché automobile, mais également sur les marché futurs du stockage de l'énergie électrique.

( Les énergies renouvelables ont besoin de batteries, comme le réseau intelligent et les installations d'auto production ...)

Bien sûr il ne s'agit pas, du moins on l'espère, de faire des copies de ce qui se fait déjà très bien en Chine et ailleurs, l'affaire des panneaux solaires nous a servi de leçon, en tous cas on peut le penser.

Il s'agit donc de profiter de l'émergence de la nouvelle technologie* des batteries solides pour prendre le train non pas en marche, mais avant qu'il soit parti sous drapeau asiatique.

Plusieurs dizaines de projets d'usines de fabrication de batteries lithium ont ainsi vu le jour en Europe, avec l'objectif d'équiper une bonne partie du parc européen.

* ( Rappelons les quatre points faibles des batteries actuelles au Lithium:

- La capacité spécifique ( Le poids ) : 300 kg pour 50 kWh.

- Le coût : 7 000 euros pour 50 kWh.

- Le risque potentiel d'emballement thermique .

- La faiblesse de la densité de courant par rapport aux performances demandées ( Charges rapides 4C ou 5C  : seulement 2C sur les batteries courantes ).

L'objectif de tous les fournisseurs de batteries est de corriger ces points pour améliorer l'image de la voiture électrique, et prendre (ou garder) des positions de leaders sur ces marchés ).

La France est ainsi partie prenante dans le groupe ACC ( Automobiles Cells Company ) qui réunit

Stellantis, Mercedès- Benz, SAFT (filiale de TOTAL énergies), et Prologium, pour mettre sur pied un activité de production de batteries de nouvelle génération destinée au marché européen.

Prologium ( Groupe taïwanais qui apporte son savoir-faire ) est déjà très actif dans la batterie solide, et apporte avec Saft une solide bibliothèque de brevets qu'il compte bien monnayer auprès de différents fabricants de batterie de par le monde.

Parmi les améliorations revendiquées par les brevets PLG ( Prologium ), on trouve :

- Amélioration d'un facteur 2 de la capacité spécifique.

- Amélioration du régime de charge ultra-rapide jusqu'à 5C .

- Suppression du risque potentiel d'emballement thermique.

- Réduction significative du coût de production.

Une première usine a été officiellement inaugurée dans le Nord en Mai 2023, avec une possibilité de début de production avant fin 2023.

La capacité de production annuelle est de 13 GWh ( 260 000 batteries de 50 kWh, ou 130 000 de 100 kWh ).

Deux autres unités ACC de production identiques sont prévues dans le plan.

Les premiers échantillons sont attendus avec l'impatience que l'on imagine...

( On ne sait pas très bien ce que fabriquera la nouvelle usine puisque la technologie est présentée comme en cours de mise au point...

En fait, la batterie solide est une sorte de serpent de mer dont on parle beaucoup dans la presse mais sans jamais en voir la queue, sauf sous forme de dispositifs imparfaits auxquels il manquent toujours dix-neuf sous pour faire un franc.

Mais le dispositif Prologium est peut-être la pépite qui fera taire les mauvaises langues, dont celle-ci ).

Rappelons que le parc européen se renouvelle à hauteur d'environ 13 Millions de véhicules neufs par an.

Le marché est donc immense, mais la concurrence extra-européenne l'est aussi...

De nombreux autres projets de Gigafactories sont en cours en Europe pour servir une bonne part de ce marché évalué à environ 1 000 GWh par an.

( Notons au passage que, lorsque les 250 Millions de véhicules du parc roulant européen seront électrifiés, leur consommation d'énergie électrique sera considérable, que l'on peut évaluer à plus de 600 TWh par an, dont 100 TWh pour la France...

100 TWh correspond à la production de 8 réacteurs EPR de 1 600 MW. )

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8 septembre 2023 5 08 /09 /septembre /2023 13:51

 

La batterie « Etat solide », le saint Graal de la voiture électrique ?

8 Septembre 2023

Le principal obstacle à la grande diffusion de la voiture électrique à batterie est la faiblesse de son autonomie, qui ne peut plus être cachée sous le tapis comme ce fut longtemps le cas pendant la période de lancement.

( L'autonomie « catalogue » est mesurée selon le cycle WLTP, plutôt minimaliste, alors que les conditions réelles sont souvent plus sévères ( Vent contraire, charge, trajet autoroutier à vitesse soutenue et sans récupération d'énergie au freinage, coffre de toit, route en pente, climatisation activée, remorque...sans parler des bornes de voies à grande circulation qui limitent parfois la charge à 80% ).

L'autonomie est ainsi aujourd'hui devenue LE paramètre directeur pour le choix d'un véhicule électrique d'usage polyvalent, tel que le conçoivent la plupart des utilisateurs.

La concurrence acharnée à laquelle se livrent une multitude de concurrents ne permet pas la moindre faiblesse. L'enjeu est mondial, et l'Europe n'a plus les bonnes cartes en mains. Le passage du thermique à l'électrique sera difficile à négocier pour les acteurs traditionnels qui ne proposeraient pas la meilleure technologie du moment.

L'autonomie recherchée est celle à laquelle les usagers sont accoutumés depuis des décennies avec les voitures thermiques, soit de l'ordre de 700 km réels.

( On peut toujours ergoter sur la pertinence de cette valeur, arguer de l'avantage de s'arrêter souvent pour recharger la batterie, se reposer, manger un morceau, admirer le paysage, vérifier les pneus, faire pisser mirza, on ne convaincra pas l'usager de renoncer à ce qui est perçu comme un avantage acquis, justifié au demeurant ).

Pour parcourir 700 km avec une voiture électrique de milieu de gamme il faut en moyenne 100 kWh d'énergie, et donc une batterie de 110 kWh, les 10 kWh supplémentaires constituant la marge de sécurité à respecter pour préserver la durée de vie de la batterie.

Le VEB de gamme moyenne est proposé aujourd'hui avec une batterie de 50 kWh (Valeur nominale), donc avec une autonomie d'environ 300 km, pour 45 kWh utiles.

Nous sommes donc encore très loin de l'autonomie demandée.

D'autant plus que ces 300 km correspondent à une conduite de père de famille et dans les conditions extérieures favorables et sans la climatisation...la réalité est souvent notablement inférieure.

Dans la technologie lithium-ion d'aujourd'hui, le coût de la batterie de 50 kWh représente déjà la moitié du coût de la voiture ( 150 euros le kWh ) et un poids de l'ordre de 300 kg.

Doubler la capacité de batterie conduirait donc à augmenter encore de 50% le coût de la voiture et la surcharger de 300 kg supplémentaires!!! Il s'agirait alors d'une autre voiture, qui existe, mais pas dans le milieu de gamme....

Il faut ajouter que la technologie actuelle de batterie Lithium-ion à électrolyte liquide demeure préoccupante en raison de sa grande sensibilité aux surcharges thermiques, et du caractère inflammable de cet électrolyte. Certes le risque est jugulé par un dispositif électronique de contrôle ( BMS ), mais le potentiel d'accident n'est pas nul, et les performances sont limitées notamment concernant la charge ultra-rapide génératrice de hautes températures, que l'électrolyte liquide n'apprécie pas.

En bref, tout le monde aimerait bien se débarrasser de ce risque plutôt inquiétant .

La voiture électrique de milieu de gamme rencontre donc un problème pour au moins quatre raisons liées à la batterie:

- La capacité.

- Le poids.

- Le coût

- La sûreté de fonctionnement.

( On pourrait ajouter l'impossibilité de supporter la charge ultra-rapide ( 3C ou 4C ) pour cause de surchauffe nuisible à l'électrolyte liquide et à la membrane échangeuse d'ions ).

Bien sûr on peut toujours battre l'estrade pour essayer de convaincre le client de se satisfaire d'une faible autonomie, mais les concurrents* n'ont pas forcément la même démarche et le risque est grand de se voir éjecté de la tranche de marché des voitures moyennes.

*(Et des concurrents, il y en a beaucoup, et qui n'ont pas les deux pieds dans le même sabot...)

En effet, tout ce qui compte d'expertise dans le domaine des batteries est aujourd'hui occupé à développer une ( ou des) technologie(s) apte(s) à remplacer le système existant, avec l'objectif de corriger les lacunes actuelles.

L'outsider actuel est la « batterie à l'état solide ».

Ce nouvel avatar est toujours basé sur le Lithium-ion, qui constitue le principe de base du système et qui fonctionne très bien.

Le changement consiste, dans son principe, d'une part à remplacer l'électrolyte liquide et la membrane polymère organique échangeuse d'ions par un électrolyte solide qui joue également le rôle d'échangeur d'ions, et d'autre part à remplacer l'anode en graphite par une anode en Lithium métallique. Il existe une variante avec du Silicium ( Batterie à semi-conducteurs ).

Sans rentrer dans les détails, pour éviter de tomber dans l'ultracrépidarianisme, on conçoit que cette architecture est théoriquement porteuse de plusieurs améliorations :

D'une part le remplacement de l'anode en carbone relativement épaisse par du Silicium de plus grande capacité de stockage, ou par une mince couche de Li-métal permet un gain de place très significatif, qui se traduit par une augmentation de la capacité spécifique ( environ un facteur 2 ), ce qui résoudrait le problème du poids et l'encombrement de la batterie de 100 kWh .

D'autre part la membrane à l'état solide ( céramique ), qui joue le rôle de séparateur et d'échangeur d'ions Li+, constitue une meilleure protection contre la formation des dentrites ( cauchemar des batteries à électrolyte liquide ), et permet des températures plus élevées autorisant la recharge rapide à 3 ou 4C sans risque de destruction ou d'inflammation.

( A nous la recharge en cinq minutes ...peut-être ).

Ajoutons que la conductivité ionique de cette membrane augmente avec la température, ce qui est un atout supplémentaire.

Mais ce programme séduisant est pour le moment encore très loin de satisfaire le cahier des charges automobile.

En effet, si le principe de la batterie solide est séduisant*, il reste à le confronter à la réalité du cahier des charges automobile très sévère :

- L'Anode métallique « respire » ce qui nécessite des recherches pour gérer cette respiration sans pénaliser le coût par des procédés de montage trop compliqués.

- Le séparateur en céramique offre une mauvaise conductivité ionique aux basses températures, alors que le cahier des charges Auto peut descendre à – 30 °C. Un point à améliorer.

( On imagine sans peine l'enjeu autour des brevets...)

- Le cyclage n'est pas encore conforme aux besoins du marché auto qui exige une garantie sur 10 ans.

- Le coût de fabrication doit être en rapport avec les besoins du secteur ; aujourd'hui les batteries existantes sont ( beaucoup ) trop chères.

* Il existe déjà de telles batteries en service, mais pour des applications ne supportant pas les conditions de l'automobile.

Les estimations pour la date de disponibilité de ces nouvelles batteries pour le marché de masse automobile sont évidement impossibles à donner.

Les plus optimistes parlent de 2025, les autres s'abstiennent et se contentent d'un vague ASAP ( As Soon As Possible), qui est la date la plus précise que l'on puisse donner aujourd'hui.

La faisabilité sera connue d'ici 2030.

Eu égard à l'énormité de l'enjeu, on peu prévoir une issue favorable au plan technologique. Pour le coût, c'est une autre histoire...

La voiture électrique à batterie est donc un objet encore en gestation, situation peu confortable lorsque l'on désire accélérer la transition vers l'électrique et que, de plus, les coûts du nouvel objet sont supérieurs à l'ancêtre thermique toujours disponible à la vente, pour encore douze années, éventuellement plus ( Le couperet de 2035 est de plus en plus décrié...).

Pour booster les ventes il est fait appel à des mesures incitatives :

Les ZFE, solution radicale mais socialement risquée.

Les primes à l'achat, difficilement supportables par le budget de l'Etat pour des grandes quantités.

Les primes à l'installation des postes de charge à domicile pour bénéficier des tarifs du réseau.

( Le prix de l'électricité aux stations service routières demeure libre et souvent « assez » élevé )

Les constructeurs qui proposeront des VEB avec la nouvelle batterie « état solide » en 100 kWh auront assurément un avantage décisif sur le marché, pour peu que le surcoût ne soit pas trop dissuasif...

Ces péripéties, qui entravent le développement harmonieux de la voiture tout électrique, quelque peu empêtrée dans son problème de batterie, justifient l'intérêt pour les autres solutions qui pourraient constituer un recours, et qui sont basées sur l'Hydrogène naturel.

Présenté comme une galéjade il y a quelques décennies, son existence est aujourd'hui reconnue par la communauté scientifique, son caractère de flux et non de stock épuisable est en cours de confirmation, et les travaux actuels visent à en évaluer l'importance en tant que source d'énergie et non pas seulement de curiosité de laboratoire.

Si cet Hydrogène était confirmé comme flux naturel et si les quantités émises étaient significatives, il deviendrait un recours universel contre les émissions de CO2.

Dans un premier temps il remplacerait l'Hydrogène de synthèse largement utilisé dans l'industrie et fabriqué à partir des fossiles. Dans un deuxième temps il pourrait produire de l'électricité décarbonée grâce aux piles à Hydrogène, dont les applications sont innombrables, y compris dans l'automobile ( certains le voient déjà pour propulser les avions...).

Son intérêt pour l'automobile réside dans ses capacités énergétiques importantes sous un volume raisonnable sous haute pression, et la possibilité de « faire le plein » en quelques minutes.

L'hydrogène présente également l'intérêt de permettre de produire des carburants de synthèse, et d'être directement utilisable, dans des moteurs thermiques ou des turbines adaptées.

Ce qui rendrait crédible la technologie hybride ; le surcoût du deuxième moteur étant compensé par l'économie sur la batterie dont la capacité est beaucoup plus faible que celle d'un VEB.

Aujourd'hui en France, 40% des voitures électrifiées vendues sont des hybrides, ce qui traduit la réticence de certains usagers envers une solution qui n'offre pas encore la tranquillité d'esprit que donne un réservoir de soixante-dix litres de supercarburant...

Avant de condamner le moteur thermique et de l'exécuter dès 2035, il serait peut-être judicieux d'attendre d'être sûrs de la possibilité pour le tout électrique de le remplacer aussi efficacement.

 

 

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31 août 2023 4 31 /08 /août /2023 18:54

 

La voiture électrique, quo non ascendet ?

31 Août 2023

La voiture électrique, mythe plus que centenaire, fut dès ses débuts reléguée au musée par le pétrole dont la commodité d'emploi ne pouvait être égalée par les batteries de l'époque.

Non pas que le système électrique lui-même fut mis en cause, mais le poids dissuasif des batteries au plomb réservait ce type de propulsion à des engins de manutention ou à des applications à poste fixe, qui ont prospéré depuis.

Ce qui n' a pas empêché l'électricité d'envahir les autres applications énergétiques, preuves de son intérêt, qui ne s'est pas démenti depuis, au contraire même puisque les avions veulent s'y mettre aussi.

La propulsion électrique connut tout de même son heure de gloire, jamais remise en cause, grâce au réseau de distribution qui permit de se passer de batterie et d'électrifier les chemins de fer et les transports en commun urbains ( Tramways, Trolleybus, Métros ).

( Certains tentent aujourd'hui de transposer cette technique aux véhicules routiers, avec un certain succès ici et là, mais peu adaptée aux véhicules légers qui s'accommodent très mal d'un parcours imposé.

L'intérêt du véhicule particulier est précisément d'aller ici et là, et surtout là où ne vont pas les véhicules tributaires d'un réseau fixe).

Les crises du pétrole du siècle dernier provoquèrent un regain d'intérêt pour la voiture électrique. Hélas, les batteries n'ayant guère progressé, et le prix du pétrole étant revenu à un niveau acceptable, l'affaire retourna vite au musée des causes perdues.

Et puis sont venus les temps du catastrophisme climatique révélé par les instances du GIEC, dont les avertissements ont conduit les Etats à mettre en œuvre ( bien tardivement ) des politiques visant à l'abandon progressif des fossiles et à réduire drastiquement les consommations d'énergie de la Planète.

Les transports sont de gros émetteurs de CO2 fossile.

Il est vite apparu que le remplacement des moteurs thermiques par des moteurs électriques résoudrait à la fois le problème de la consommation d'énergie, qui se trouverait divisée par trois, et le problème du CO2 puisque les moteurs électriques n'en émettent pas.

A condition que l'électricité utilisée soit elle-même décarbonée, faut-il le rappeler.

( Ce dernier point, apparemment anecdotique, constitue en fait le cœur du problème de la transition énergétique : L'électricité, oui, mais à condition qu 'elle soit décarbonée, ce qui ouvre une boîte de Pandore pleine de génies asiatiques et extrême-orientaux enclins à profiter de l'aggiornamento électrique pour devenir califes à la place des califes de l'ancien monde...)

La nouvelle religion décarbonée conduisait ainsi à ressortir la voiture électrique du musée où elle attendait son heure, pour voir si la technologie avait fait suffisamment de progrès pour enfin pouvoir la mettre sur le marché de façon crédible.

Un heureux concours de circonstances fit que précisément les batteries avaient beaucoup progressé grâce au savant prix Nobel John Bannister Goodenough, le bien nommé, hélas décédé récemment, qui découvrit entre beaucoup d'autres choses, l'intérêt du Lithium comme composant « miracle » des batteries. Les vertus de cette chimie permettent d'accroître très significativement leur capacité spécifique, et bien d'autres propriétés, qui permettent d'envisager raisonnablement un renouveau de la voiture électrique à batterie, avec cette fois une chance raisonnable de succès.

Le troisième baptême de la voiture électrique fut ainsi célébré vers les années deux mille dix, avec un certain succès puisque le taux de pénétration atteint en France 50% des ventes de voitures neuves en 2022.

Cependant, 40% de ces véhicules sont des hybrides, ce qui traduit une réserve certaine envers la solution tout électrique, pourtant moins coûteuse que l'Hybride .

La voiture électrique à batterie d'aujourd'hui offre des prestations presque équivalentes à celles de sa consœur thermique, à une exception près : son autonomie, encore un peu juste, crée l'angoisse de la panne sèche, dans un réseau encore mal pourvu en bornes de recharge.

Heureusement, ce défaut de jeunesse est en passe d'être corrigé de deux façons :

D'une part l'arrivée prochaine des batteries à l'état solide, qui doubleront la capacité spécifique des batteries tout en améliorant leurs autres spécifications. Cette nouvelle technologie devrait être généralisée d'ici 2030.

( Cette nouvelle technologie est encore loin d'avoir atteint le stade de la qualification automobile, et encore plus loin du stade de l'industrialisation de masse au coût compatible avec le marché ).

D'autre part pendant cette période, le développement du réseau de charge rapide sera réalisé de manière à proposer le même service que le réseau actuel de distribution des carburants fossiles.

On peut donc raisonnablement penser que cette fois la voiture électrique va gagner la partie et réussira à s'implanter durablement.

L'impact sur les émissions de CO2 de la Planète sera proportionnel au pourcentage de VEB du parc mondial de véhicules, et bien entendu de la part d'électricité verte dans la production électrique mondiale...

Car la lutte contre les émissions de CO2 fossiles doit être planétaire.

Plus de 90% de la population mondiale possède un accès à l'électricité.

Mais ce chiffre flatteur ne renseigne pas sur la nature de cet accès, en particulier sur les puissances disponibles et l'existence de réseaux de recharge capables de délivrer les dizaines de kW nécessaires

La voiture électrique ne peut s'implanter que s'il existe un réseau de distribution d'électricité digne de ce nom car l'électricité ne se transporte pas dans un camion-citerne comme le pétrole.

Pour alimenter le parc roulant français de 45 Millions de véhicules (VP + VUL) il faudra l'équivalent de 8 réacteurs EPR.

( Ces réacteurs sont programmés et leur construction doit débuter incessamment )

Or le nombre mondial de véhicules potentiellement concernés par l'électrification dépasse le Milliard.

En extrapolant les données pour la France, il faudrait l'équivalent de 180 réacteurs EPR pour produire l'électricité nécessaire, sur les bases d'une consommation unitaire équivalente à la nôtre.

On comprend dès lors que l'affaire ne sera pas simple, et que le moteur thermique ne se laissera pas détrôner facilement, on en reparlera encore au-delà de 2050.

Pendant cette période de croissance de l'électrique, le marché sera couvert par le pétrole bien sûr, mais aussi par les biocarburants, les carburants de synthèse, le Biogaz, et éventuellement l'Hydrogène, qui prolongeront la vie du moteur thermique.

Pour les constructeurs, il se pose donc le problème du choix industriel : Pratiquer la monoculture électrique, et se couper en partie du marché des pays en voie de développement, ou pratiquer les deux religions avec les coûts industriels associés.

La voiture électrique a donc réussi à monter dans le train du progrès écologique, il lui reste maintenant à faire avancer ce train, ce qui ne sera pas la partie la plus facile...

 

 

 

 

 

 

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28 août 2023 1 28 /08 /août /2023 09:52

 

 

28 Août 2023

La voiture électrique à batterie ( VEB ) est durement empêtrée dans son problème d'autonomie liée à la technologie de batteries Lithium-ion dont la capacité spécifique, encore insuffisante, limite la quantité d'énergie embarquée afin de conserver un poids total et surtout un coût raisonnables.

Il a été relativement facile de développer des modèles convenant aux deux extrémités de la gamme :

Les petites citadines, qui peuvent se satisfaire d'une autonomie inférieure à 150 km, avec une batterie de 20 kWh, rechargeable au domicile ou sur les bornes publiques de 10 ou 20 kW.

Et les grosses berlines de haut de gamme, dont le niveau de prix accepté permet d'utiliser une batterie de 100 kWh, voire plus, pour disposer d'une autonomie et de performances comme attendues par cette clientèle aisée.

Le problème est pour le milieu de gamme, qui correspond à un budget serré, mais dont la clientèle souhaite une certaine polyvalence, en particulier une autonomie d'au moins à 5 ou 600 km.

( En gros, les commodités d'emploi d'une voiture thermique des années 80...)

Les véhicules électriques actuels de milieu de gamme sont proposés avec des batteries de 50 kWh ( Valeur nominale ). Ces batteries sont généralement spécifiées pour une utilisation dans les limites de 5% et 95% de la capacité nominale.

La capacité énergétique utilisable conseillée entre deux recharges est donc de +/- 45 kWh.

Pour une consommation moyenne de 15 kWh, la voiture peut donc parcourir environ 300 km.

( Sachant que cette valeur dépend fortement des conditions d'utilisation ; en ville, avec récupération d'énergie au freinage, l'autonomie pourra monter à 350 km, mais sur autoroute à 130 km/h elle pourra chuter à 180 km voire moins ; De plus, cette autonomie « catalogue » sera fortement réduite si l'on utilise la climatisation, et bien sûr en cas de vent contraire et/ou si la route est pentue.

La consommation retenue ici est une moyenne de l'ensemble des véhicules similaires du marché. La fourchette peut aller de 13 à 17 kWh/100 km selon le gabarit du véhicule, son rendement énergétique, son poids, ses caractéristiques aérodynamiques, son niveau de prix et bien sûr les conditions d'utilisation ).

Cette autonomie, à la fois faible et fantaisiste, n'est pas satisfaisante et peut constituer ( c'est un euphémisme ) un frein au développement du marché du véhicule électrique à batterie, dans ce secteur de marché, surtout aux niveaux de prix affichés aujourd'hui !.

( Et il n'est pas sûr qu'une réglementation draconienne genre ZFE suffise à convaincre les usagers d'acquérir un véhicule qui leur imposera des restrictions d'usage...).

La voiture électrique VEB doit donc évoluer impérativement dans deux directions :

D'une part augmenter son autonomie.

D'autre part réduire son coût.

Ces impératifs sont évidemment la préoccupation principale des constructeurs, en plus des autres problèmes comme la maîtrise de la fabrication des batteries et des semi-conducteurs critiques, du choix des produits de base et de leur approvisionnement.

L'accroissement de la capacité de batterie n'est pas le seul facteur d'augmentation de l'autonomie.

Deux autres facteurs sont au moins aussi importants :

- Le rendement de la chaîne de traction depuis la batterie jusqu'aux roues.

- L'ensemble des résistances à l'avancement.

On évoque souvent des rendements impressionnants, supérieurs à 97%, pour la motorisation électrique, ce qui donnent à croire que tout est parfait, et qu'aucune amélioration n'est possible.

Mais ces chiffres flatteurs ne concernent que le moteur seul, et dans les meilleures conditions de régime et de couple.

Pour transmettre l'énergie électrique aux roues de la voiture, plusieurs organes interviennent  avec chacun leur propre rendement :

La batterie, l'onduleur de traction, le moteur, le réducteur, la transmission, les pompes de refroidissement du moteur, de la batterie, et de l'onduleur, la commande des accessoires électriques, la climatisation, la direction électrique, l'éclairage, participent à la consommation d'énergie et ramènent le rendement global à une valeur plus proche de 75% que des 97% cités ici et là.

( Certaines évaluations sont même plus sévères, notamment celles du DOE ( US Départment Of Energy), elles tiennent compte des pertes du réseau électrique de transport, des pertes des stations de charge, et des pertes du système de production de l'électricité. Nous n'avons tenu compte ici que des pertes liées à la voiture et à sa technologie. Les autres pertes, sur lesquelles les constructeurs d'automobiles n'ont aucune prise, sortent du cadre du présent article, mais demeurent cependant importantes pour l'analyse des moyens de production de l'énergie électrique dans le cadre de la transition énergétique ).

Tous ces postes de dépense énergétique sont l'objet d'un travail acharné des bureaux d'études pour améliorer les rendements de chaque maillon.

D'autre part, un meilleur rendement signifie une moindre dissipation de chaleur, donc une possibilité de réduire la taille des éléments dissipatifs, et donc les poids et les coûts.

Tous les secteurs de la chaîne de motorisation sont donc concernés par cette course à l'amélioration des rendements en vue d'une meilleure utilisation de l'énergie disponible :

Les batteries évidemment, pour améliorer leur comportement en fonction de la température, l'équilibrage des cellules, leur climatisation, leur interface avec le BMS, la gestion de l'équilibrage entre les éléments, la gestion de la charge et de la décharge, la détection des anomalies, la neutralisation des cellules douteuses, la mise à jour des SOH des cellules, etc.

Et bien entendu la chimie des cellules, dont le choix est essentiel pour optimiser les performances et les coûts. La prochaine « révolution » promise étant la batterie à l'état solide, sorte de saint Graal supposé résoudre de nombreux problèmes ( Il y a donc bien des problèmes...).

Les possibilités de recharge rapide sont également à améliorer pour accéder au réseau de bornes de plus de 100 kW, l'objectif étant la recharge de 20 à 80 % en moins de 10 minutes.

( Aujourd'hui, dans le moyen de gamme, une batterie de 50 kW est spécifiée pour une charge « rapide » en régime 2C, donc 100 kW max, soit environ 20 minutes pour une charge de 20% à 80% sur une borne capable de fournir les 100 kW* ).

*Avant de délivrer les 100 kW réclamés par le client, une borne bien élevée va vérifier l'état de la batterie : Sa conformité à la spécification de charge rapide demandée ( 1C, 2C, ou 3C...), son niveau de charge ( SoC), son état de santé (SoH), son aptitude à recevoir dignement les 100 kW ( 280 Ampères en 360 V ), sa température, et toute autre information communiquée par le BMS ( Batterie Management System ).

Les évolutions envisagées au niveau de la réserve d'énergie comprennent la mise en conformité avec la norme qui prévoit l'intégration possible de la batterie dans le réseau domestique, ainsi que la compatibilité avec la recharge à induction, et la gestion d'une recharge à partir de panneaux solaires sur le toit.

L'onduleur de traction (couplé avec la fonction de chargeur embarqué), qui est le cerveau de la voiture et sans lequel le moteur électrique ne serait qu'un morceau de fer. L'un des progrès futurs les plus importants réside dans le remplacement des commutateurs IGBT par des composants au carbure de Silicium, qui admettent des tensions et des températures plus élevées avec des pertes de commutation plus faibles, et des fréquences de commutation plus élevées.

Cette mutation, déjà mise en œuvre dans certains modèles haut de gamme, offre deux avantages décisifs :

D'une part la migration vers le 800V , qui permet de réduire les courants et de monter en puissance.

D'autre part, la réduction du besoin en dispositifs de refroidissement, et donc la réduction des coûts.

( Le prix actuel des composants SiC est encore un obstacle à leur généralisation, mais les choses évoluent rapidement, le 800V étant incontournable pour les véhicules de transport lourd afin d'acheminer de grosses puissances de charge sans utiliser des courants trop importants.

Des courants supérieurs à 500 A nécessitent des câbles de raccordement spéciaux éventuellement refroidis … Le 800V permet de s'en dispenser ).

La transmission mécanique est également objet de recherches de compromis pour résoudre le problème actuel d'incompatibilité entre le couple nécessaire au démarrage et le rendement non moins nécessaire aux vitesse autoroutières. Les solutions actuelles à un seul rapport ne sont pas satisfaisantes car les hautes vitesses conduisent à des régimes de rotation très élevés, et des coûts très importants.

( Tout le monde ne peut pas se payer des moteurs dont le régime max est de 18 000 tr/mn,, voir Tesla. Ces régimes sont nécessaires pour afficher des vitesses max de 250 km/h, commercialement indispensables pour vendre du haut de gamme ( ! ).

Nous sommes évidemment très loin du moyen de gamme, mais le 130 km/h sur autoroute demeure un objectif souhaitable pour égaler le thermique dans cette gamme de produits. Aujourd'hui le VEB à 130 km/h est plutôt en difficulté*...

On reparle ici et là de boîte de vitesses à deux rapports....

*Dans le protocole WLTP, la zone à vitesse élevée ( 120-130 km/h ) n'est « titillée » que durant un temps ridiculement court ( 60 secondes sur 1 800 secondes ), ce qui revient à ne pas tenir compte de l'usage autoroutier, donc à masquer la faiblesse des VEB dans ce domaine...).

La climatisation est un poste très important de dépense d'énergie lorsqu'il est traité par le moyen habituels ( effet Joule ). Son remplacement par une pompe à chaleur, et une meilleure isolation thermique de l'habitacle, sont aujourd'hui nécessaires, le problème est de combattre le surcoût.

N'oublions pas que la batterie doit également être climatisée pour garder sa température dans les limites de sécurité.

( Les batteries actuelles ne sont à l'aise qu'entre +15C et + 60 °C. En dehors de cette gamme les caractéristiques sont dégradées et la durée de vie ( Cyclage ) est affectée ).

Les possibilités de traction d'une remorque, en général très modestes ( voire nulles) sur une voiture électrique actuelle de gamme moyenne, doivent être notablement améliorées sous peine de restreindre le panel des applications possibles. Ici aussi on reparle de boîte à deux rapports.

( A la campagne, mais pas seulement, la possibilité de tracter une remorque va de soi, personne n'imaginerait acquérir une voiture incapable de tirer une remorque « classique » de 750 kg, l'électrique ne peut être alors qu'une seconde voiture...).

Avec ces travaux sur les rendements de la chaîne de motorisation sont menés des travaux sur la résistance à l'avancement : maître couple, coefficient de pénétration dans l'air, contact des pneumatiques avec le sol, poids du véhicule, influence des revêtement de carrosserie, des accessoires extérieurs, profilage des bas de caisse, des roues, des logements de roues, etc...

L'objectif de ces travaux étant de réduire encore le besoin énergétique, pour arriver à des consommations énergétiques de 10 à 20% inférieures aux valeurs actuelles.

Ces gains, associés à une augmentation « raisonnable » de la capacité de batterie ( + 20% ? ) permettraient de porter l'autonomie à 500 km.

Aujourd'hui les 700 km d'autonomie ne sont « possibles » qu'avec des batteries de 100 kWh utiles, encore trop coûteuses pour le moyen de gamme.

La voiture électrique de milieu de gamme est encore aujourd'hui tiraillée entre la nécessité de tenir les coûts pour ne pas faire fuir les clients, tout en offrant des possibilités d'utilisation acceptables par rapport aux standards auxquels les clients sont habitués depuis plus d'un demi siècle.

C'est un peu la quadrature du cercle, une gymnastique qui justifie l'agitation fébrile dont le résultat est la multitude de nouveaux modèles offerts dans les vitrines, avec des arguments à la limite de la bonne foi.

Il nous reste à espérer que la prochaine décennie nous apportera un peu plus de visibilité sur la mobilité du futur, en particulier sur la crédibilité des différentes propositions pour la motorisation :

Electrique VEB, Hybrides PHEV, Hydrogène et pile à combustible, Thermique à Bio carburant ou biogaz, et/ou carburant de synthèse, etc ?

Un VEB acheté aujourd'hui est logiquement suspecté de voir sa cote diminuer rapidement sur le marché de l'occasion. Dépassé par les perfectionnements constants de la technologie, et plombé par la vétusté d'une batterie dont le SoH sera nécessairement affecté par le cyclage, l'objet aura du mal à trouver preneur face aux propositions de véhicule neuf en LDD ou LOA pour un modèle « up to date ».

Mais l'effet contraire peut également se produire si la décision de Bruxelles d'interdire la vente des véhicules thermiques à carburants fossiles est appliquée : La demande de voitures électriques d'occasion peut alors exploser et faire grimper leur cote...

Le modèle commercial de la transition du pétrole à l'électrique pour la mobilité nous réserve décidément quelques surprises...

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