La voiture de la décennie 2030 existe, je l'ai rencontrée...mais en Europe, elle est un peu chère.
18 Septembre 2026.
Dans tous les bureaux d'études et de marketing des constructeurs d'automobiles règne une effervescence autour du futur de la bagnole qui fera le business des dix ou vingt prochaines années, et peut-être au-delà.
Gérer un marché encore soutenu ( peut-être plus pour longtemps ) par le pétrole qui n'en finit pas de finir, tout en offrant déjà des modèles alternatifs adaptés à des besoins futurs très mal définis, constitue un exercice de trapèze volant dont l'issue pourrait être funeste en cas d'erreur de casting pour un constructeur qui aurait fait les mauvais choix.
L'enthousiasme des débuts a conduit certains à tout miser sur les sirènes du tout électrique, en refusant d'écouter les alarmes d'une minorité soutenant que la mariée était peut-être un peu trop belle, et que ses beaux atours cachaient certaines insuffisances qui, sans être vraiment des défauts, seraient des obstacles à une couverture complète du marché.
Et des obstacles, il y en a quelques-uns :
Bien sûr, le principal est la batterie. La technologie actuelle permet raisonnablement de monter des batteries jusqu'à 50 kWh. Au-delà le poids et le prix deviennent déraisonnables*
*( même si le futur est plein de promesses d'amélioration des technologies, c'est avec les technologies d'aujourd'hui qu il faut fournir le marché …).
L'autonomie est donc limitée à des valeurs peu attractives, et tout déplacement au long cours nécessite une attention rebutante pour l'usager lambda.
( La tentation est grande de monter des batteries de plus grosse capacité, mais le poids et surtout le prix deviennent déraisonnables et hors du moyen de gamme ).
Un autre facteur important est la durée de vie de cette batterie.
Comme tout dispositif électro-chimique, les composants internes subissent un vieillissement plus ou moins rapide et important selon les conditions d'utilisation et de stockage ; en-dessous d'un certain degré d'usure, la batterie doit être remplacée. Aujourd'hui, ce remplacement est si onéreux que, financièrement, cela n'en vaut pas la peine ; adieu le placement de père de famille...
Certes, on peut toujours rêver à demain pour voir ces défauts corrigés, et c'est ce que font les acheteurs, ils attendent demain et prolongent la vie de leur pétrolette au grand dam des marchands de voitures électriques. Les sympathisants achètent des voitures hybrides, la ceinture et les bretelles...
Cette situation de « je t'aime, moi non plus » ne peut pas être tenue bien longtemps.
L'industriel a besoin d'une visibilité à court-moyen terme, et une perspective raisonnable sur le long terme, afin de prévoir l'outil industriel, les investissements, les approvisionnements, la sous traitance, etc.
Le réalisme impose de se rapprocher du compromis, au moins le temps de résoudre ces problèmes de batteries.
Les hybrides, car il faut bien les appeler par leur nom, coûtent un bras.
Une voiture « normale » à pétrole à laquelle on ajoute un moteur électrique sophistiqué, une batterie elle-même un concentré de technologie de pointe, et une transmission qui gère les deux, cela ne peut que coûter très cher ( élémentaire, mon cher Watson...)
Notons que cette voiture, devenue hybride, n'est conforme à l'esprit de la transition énergétique que si le carburant liquide utilisé est à carbone recyclable, par exemple du E85. Ceci va se soi, mais va encore mieux en le rappelant....
Oui mais, si le moteur thermique carburant à l'E85 est conforme à l'esprit de la transition énergétique, alors à quoi sert le moteur électrique ?
( Par exemple une Ford Puma « flex fuel » n'émet que du CO2 renouvelable ).
Cette sorte de « pont aux ânes » remet en question la stratégie tout électrique, mais reporte le problème sur la validité et sur la disponibilité des carburants décarbonés.
Car ces carburants, déjà utilisés dans le monde ( quelques pourcents du total des carburants liquides ) , ne sont pas en odeur de sainteté ; dans leurs versions actuelles ( biocarburants de première génération ), ils empiètent sur les productions de cultures vivrières. Une seconde génération est en cours de déploiement, plus acceptable déontologiquement, et même une troisième est envisagée pour un futur encore lointain.
A ce problème de disponibilité vient s'ajouter l'émission des gaz et des particules propres aux moteurs thermiques*, et bien sûr leur faible rendement par rapport au moteur électrique.
*( Donc inacceptable dans les zones ZFE ...gloup ).
Pour compléter le tableau futur, les biocarburants seront relayés par des carburants de synthèse, très demandés par l'aviation, mais dont le coût dépendra fortement de l'origine de l'Hydrogène utilisée pour la synthèse...
Entre une solution tout électrique, mais limitée en autonomie à cause du coût et du poids de la batterie, et une solution thermique classique utilisant un carburant à carbone recyclable mais susceptible d'être bannie des zones ZFE, Le choix est difficile.
Les constructeurs « généralistes » proposent les différentes solutions, ce qui ne va pas dans le sens de l'optimisation des coûts.
En Europe la demande de telle ou telle version évolue en fonction de l'évolution des décisions de Bruxelles sur les réglementations, les incitations financières des différents Etats, de l'implantation des ZFE, des primes à l'achat de tel ou tel modèle, en sorte qu'il est difficile d'identifier une orientation générale.
Les deux-tiers de la demande portent sur les modèles hybrides, dont la plupart n'ont d'hybrides que le nom, les vrais « full hybrides » étant hors de prix.
La multiplication des types proposés sur le marché traduit l'incertitude concernant l'évolution de la technologie et du coût des batteries d'une part, et l'absence de clarté sur la disponibilité des carburants à carbone recyclable, et sur l'évolution future de la réglemention des zones ZFE.
Les modèles européens hybrides PHEV ( Plug-in Hybrid Electric Vehicle ) proposés sur le marché avec une batterie assurant une autonomie de 80 à 100 km associée à un moteur thermique, ont un prix de départ d'environ 40 000 euros, ce qui limite évidemment leur diffusion, même en location-vente.
( Laquelle location-vente n'est accessible qu'aux « petits rouleurs » puisque les contrats portent sur 10 à 12 000 km par an ).
Ce type de voiture permet d'accomplir les trajets journaliers en tout électrique, en rechargeant soit au domicile, soit sur n'importe quelle borne de la voie publique sur une borne standard, et d'utiliser le moteur thermique pour les trajets au long cours, et/ou pour ses performances sur autoroute.
( Les performances du moteur électrique étant adaptées aux besoins citadins où les vitesses sont limitées à 50 ou 70 km/h, avec récupération d'énergie au freinage électrique ).
Seuls problèmes :
- Le prix, qui ne doit pas dépasser de plus de 20% le prix d'une thermique de moyenne gamme.
- Le carburant à carbone recyclable, genre E 85, car il est évidemment exclu d'utiliser un carburant pétrolier.
Y a plus qu'à ….
A titre indicatif, voici la réponse d'une IA :
Aperçu IA
Le prix d'une voiture hybride de milieu de gamme répondant à ces critères se situe généralement entre 30 000 € et 40 000 €. [1]
Cependant, il est important de noter une incohérence technique dans votre demande : un moteur thermique de 60 CV (chevaux) est extrêmement faible pour un véhicule de milieu de gamme actuel. Les modèles hybrides du marché associent généralement une batterie de moins de 25 kWh (typique des hybrides rechargeables qui font entre 9 et 19 kWh) à des moteurs thermiques développant au minimum 90 à 150 CV pour déplacer efficacement le poids de la voiture. [1, 2]
Voici un aperçu des tarifs réels constatés pour des véhicules de milieu de gamme possédant ce type de batterie (hybrides rechargeables ou PHEV) :
Comparatif des prix (Milieu de gamme / Batterie < 25 kWh)
|
Modèle |
Puissance Thermique |
Capacité Batterie |
Prix du Neuf (à partir de) |
|---|---|---|---|
|
Kia Niro PHEV |
105 ch |
11,1 kWh |
35 769 € |
|
Opel Astra PHEV |
150 ch |
12,4 kWh |
33 900 € |
|
Toyota C-HR PHEV |
152 ch |
13,8 kWh |
30 150 € |
Note : Si vous pensiez à une petite citadine avec une puissance globale plus faible (comme une Fiat 500 ou une Suzuki Swift de 70-80 ch), il s'agit d'hybrides légères (mHEV) sans batterie de grande capacité (souvent moins de 1 kWh), accessibles dès 18 000 € à 23 000 €.
Fin du commentaire IA, qui ne nous apprend rien de nouveau, et qui est un peu en retard sur les nouveautés chinoises...
On constate une fois de plus que l'on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
La tâche sera donc difficile pour les constructeurs européens car l'obstacle du prix ( du simple au double ) est aujourd'hui infranchissable, du moins avec les coûts de main d'oeuvre des pays développés.
Pour les européens oui, mais pas pour BYD qui sort ( comme par hasard ) la DOLPHIN GDM-I annoncée à 22 000 euros avec un moteur thermique de 95 CV, un moteur électrique de 65 CV, et une batterie de 7,4 kWh.
( Il avait échappé à « notre » IA celui-là...)
Les 7,4 kWh , un peu mesquins, permettent d'afficher un prix attractif, mais on peut choisir une batterie de 18,3 kWh en finition « boost », évidement un peu plus chère, mais qui procure une autonomie de 130 km, selon la norme....
Cette combinaison risque de faire très mal sur le marché européen... Et surtout très mal aux électriques pures.
Tout dépendra une fois de plus des réglementations européennes sur les biocarburants, et sur les ZFE...