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30 juin 2024 7 30 /06 /juin /2024 16:58

30 Juin 2024

En matière de transition énergétique, l'enthousiasme l'emporte souvent sur la réalité ; il n'est donc pas inutile de se reporter de temps en temps à la réalité des chiffres.

En premier lieu se souvenir que la transition est une affaire planétaire, mais qui nécessite des actions individuelles, nationales, et régionales à caractères particuliers selon les ressources locales en énergies naturelles.

( Un résultat positif obtenu dans un pays ne permet hélas pas d'extrapoler ce résultat à la Planète...)

Le diagramme suivant illustre la situation actuelle en matière de consommation mondiale d'énergie finale.

La voiture électrique, la charrue avant les bœufs ?

Les fossiles dominent encore très largement, avec une part de 81%.

Les renouvelables ne dépassent pas les 20%, malgré une promotion très énergique.

L'électricité, qui est au cœur de la stratégie de transition, ne participe encore que pour 25 % à la consommation d'énergie finale, et dans ces 25 % les fossiles sont encore très majoritaires ( 64%).

Nous sommes donc encore très loin du but à atteindre, qui est de ramener à zéro la part des fossiles dans la consommation d'énergie finale.

Et ceci malgré les analyses scientifiques rapportées par le GIEC, et les COP annuelles renouvelant les engagements des Etats membres, qui n'ont pas suffit à déclencher le grand mouvement de basculement indispensable à une transition selon les prévisions.

Cette inertie est au demeurant compréhensible, s'agissant d'une transfusion sur un malade ( Le Monde ) dont il faudrait à la fois remplacer le sang et les organes par des produits pas très bien définis et dont la disponibilité est sporadique, pour une efficacité souvent contestée, et surtout un coût exorbitant.

D'autant plus que le malade en question se porte très bien avec ses organes actuels et son sang fossile encore abondant et largement disponible.

En clair, tant que les fossiles seront disponibles et à un coût abordable, il ne faut pas trop compter sur le malade pour monter sur la table d'opération subir un tripotage dont l'issue est plus qu'incertaine, même si les augures font miroiter un monde d'après idyllique.

( Non seulement il faudra fabriquer cette nouvelle énergie, mais en plus il faudra modifier les « machines » existantes pour s'y adapter ; une tâche qui nécessitera des investissements colossaux supportés par la génération actuelle pour le bénéfice des générations futures. Les méthodes actuelles d'évaluation de rentabilité d'un projet ne sont pas adaptées à ce type de comportement. Aujourd'hui un projet est adopté, ou pas, sur la foi de sa rentabilité financière à moyen terme au vu du coefficient d'actualisation, selon le catéchisme des investisseurs.

Or le bénéfice d'une action pour le climat n'est pas financier, il est du domaine de la survie de l'Humanité, qui n'est pas cotée au CAC 40...

Pour cette raison, les grands travaux d'avenir ne peuvent être réalisés que sous l'égide des Etats, comme ce fut fait dans le passé pour les chemins de fer, les grands barrages hydroélectriques, les réseaux autoroutiers, les centrales nucléaires, les grands aménagements du territoire... ).

Ajoutons que, pour compliquer les choses, il existe un mouvement de pensée négationiste niant la responsabilité du CO2 fossile dans le changement climatique, voire même le changement climatique lui-même, sans que l'on puisse évaluer son pouvoir de nuisance.

Il apparaît que le seul élément déclencheur d'une action commune et mondiale pour l'abandon des fossiles au profit des renouvelables sera la raréfaction des ressources énergétique fossiles.

Cette raréfaction a certes été annoncée à plusieurs occasions comme imminente, mais très vite accompagnée de l'annonce de la découverte d'un nouveau gisement de pétrole ou de Gaz...

La persuasion s'étant montrée assez peu efficace, certains « décideurs » politiques tentent de changer de méthode et d'imposer la transition énergétique, un peu comme une purge qui serait le remède à un repas trop copieux.

C'est ainsi que les Européens se voient contraints d'avaler le purgatif électrique dès 2035, jugé seul capable de faire tomber la fièvre pétrolière, du moins dans le secteur de l'automobile.

Du point de vue de la baisse attendue des émissions de CO2 , le succès de cette opération sera à la mesure de la décarbonation de l'électricité européenne à cette époque. En 2023 les énergies décarbonées ( incluant le Nucléaire) ont contribué pour 61% à la production d'électricité européenne ; on peut raisonnablement penser qu'en 2035 cette part pourra être de 100%.

Source :

https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/how-is-eu-electricity-produced-and-sold/

Du point de vue des automobilistes, le basculement contraint du thermique sur l'électrique s'effectuera pour se conformer à la loi, mais avec une rapidité qui dépendra des coûts, de l'amélioration des performances des batteries, du développement du réseau de rechargement, des aides des Etats, du prolongement de la durée de vie des voitures thermiques, etc.

Du point de vue des vendeurs de voitures, il s'agira de fournir un marché annuel d'environ 12 Millions de véhicules électriques, dont une partie sera fabriquée en Europe, le reste ( ? ) provenant de fournisseurs non européens. Le remplacement des 300 Millions de voitures européennes pourraient ainsi être réalisé en 25 ans si aucun grain de sable ne vient gripper cette mécanique...

( Ce qui nous amène au-delà de 2060...).

Du point de vue des constructeurs européens, il s'agira de prendre une part de ces 12 Millions de véhicules neufs électriques mis chaque année en circulation, et éventuellement produire également des voitures thermiques pour les marchés extérieurs qui n'auront pas fait le même choix.

Certains constructeurs auront des « problèmes », d'autres y verront une opportunité...

( Notons qu'ils sera difficile pour les constructeurs européens de continuer à fabriquer des voitures thermiques si leur marché local n'en achète pas...).

Du point de vue des constructeurs chinois, ce nouveau marché est une opportunité de s'implanter solidement en Europe, à condition de conserver leur avance technologique déjà acquise et de garder la main sur les approvisionnements critiques de matériaux spéciaux.

( Il n'est pas impossible de voir ici se répéter le scénario déjà vu sur les produits audio-visuels, le matériel informatique, et les produits grand-public de grande diffusion …)

Du point de vue des producteurs d'électricité, il faudra d'une part gérer le surcroît de demande électrique pour la recharge de ces batteries, mais surtout gérer les pics de demande de puissance pour la recharge, ce qui implique la mise en œuvre du réseau intelligent.

La production européenne d'énergie électrique était de 2 640 TWh en 2022, ce qui correspond à une puissance moyenne de 300 GW.

Le parc européen de voitures particulières est d'environ 300 millions de véhicules. Lorsque ce parc sera électrifié, il faudra 375 GW supplémentaires de puissance si seulement le quart de ce parc est branché pour la recharge en 5 kW ( recharge domestique).

Il est clair que le réseau électrique européen devra être restructuré pour gérer la charge des batteries des VEB, en particulier pour supporter les appels de puissance des batteries.

( Ce problème de puissance disponible pour la recharge est probablement le plus important de l'opération VEB, et pourtant il est glissé sous le tapis...).

Le remplacement « à la hussarde » des voitures thermiques européennes par des électriques est donc théoriquement possible, mais avec certaines conditions et avec certains risques, qui devront être pris en compte si nous voulons éviter de créer plus de problèmes que d'apporter de solutions.

La date butoir de 2035 doit être prise comme un signal fort à la communauté du marché automobile pour susciter les réactions et faire remonter les problèmes qui sont à résoudre pour préparer le terrain à cet aggiornamento, dont les effets secondaires dépasseront largement le seul domaine de la voiture particulière.

Parmi les sujets à reconsidérer, il y a le cas des carburants de substitution à base de Biomasse ou de synthèse à partir de l'Hydrogène vert.

De nombreuses voix s'élèvent pour défendre la technologie des moteurs thermiques, qui pourra répondre aux besoins de transports dans les zones de la Planète très mal desservies en distribution électrique de puissance. Les constructeurs qui pourront couvrir les besoins en électrique et en thermique auront évidemment un avantage décisif sur ces marchés.

La clause de revoyure prévue pour 2026 devrait conduire à reconsidérer l'ensemble des problèmes et clarifier la stratégie électrique de l'Europe, pas seulement pour la voiture particulière mais aussi pour les autres moyens de transport, et pour l'évolution du réseau électrique européen qui devra accueillir ces nouvelles applications dans le cadre du réseau intelligent.

L'exercice européen de trapèze volant, qui consiste à sauter sans filet du thermique à l'électrique aura au moins l'avantage de tester la robustesse de notre tissu industriel et notre capacité à gérer ce changement de religion qui touchera ne nombreux aspects du culte de l'Automobile.

Ces jeux du cirque seront attentivement suivis par les spectateurs chinois, toujours prêts à proposer leurs services d'intervention...

 

 

 

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12 juin 2024 3 12 /06 /juin /2024 15:10

Le remplacement du pétrole dans l'aviation (et ailleurs), une Loi Européenne.

12 Juin 2024

Dans les articles précédents nous avons rappelé les raisons pour lesquelles l'électricité ne pourra pas remplacer le pétrole dans toutes les applications de mobilité.

Le cas typique est celui de l'aviation, qui doit utiliser impérativement un carburant à haute énergie spécifique, ce qui écarte l'électricité à cause de ses moyens de stockage non adaptés.

Le monde de l'aviation est évidemment bien conscient que là se joue son existence.

A l'injonction de certain expert qui nous « conseille » de limiter à 4 (quatre) le nombre de voyages aériens dans une vie, les compagnies aériennes répondent par des prévisions en très forte croissance s'appuyant sur l'engagement suivant des membres de l'IATA :

« Fly Net Zero is the commitment of airlines to achieve net zero carbon by 2050 ». 

(https://www.iata.org/en/programs/environment/flynetzero/)

Le grand écart entre ces deux attitudes montre, à tout le moins, que l'on n'est pas sortis de l'auberge...

Le besoin de l'aviation pour un carburant alternatif à très haute énergie spécifique et très basse température de congélation ( Il fait très froid là-haut...) n'est pas contestable et, dès lors que l'on admet que les avions doivent continuer à voler, il faut trouver ce carburant qui pourra remplacer le kérosène Jet A1.

Les moyens mis en œuvre sont à la mesure de l'enjeu.

(Le mouvement en faveur de la décroissance énergétique milite contre ce type de recherches qui, si elles aboutissent, ne feraient qu'encourager la croissance du transport aérien...).

En attendant l'armaguédon énergétique, et compte tenu des engagements Européens sur la réduction des émissions de Carbone, le Conseil de l'Europe est tenu de prendre des dispositions législatives contraignantes concernant tous les secteurs consommateurs d'énergie, et en particulier les transports.

Concernant le secteur des Véhicules terrestres légers, on connaît la directive interdisant à partir de 2035 la vente de véhicules neufs dont les moteurs émettent du CO2 ( la limite est fixée à zéro gramme !! ). Une clause de « revoyure » est fixée à 2026.

Cette directive de 2035 tolèrera cependant, au-delà de 2035, la vente de véhicules légers neufs à moteurs thermiques consommant exclusivement* du carburant décarboné ou à carbone recyclable.

*( ces moteurs devront être conçus pour ne pas accepter des carburants fossiles... ).

Elle constitue donc, implicitement, un encouragement au développement de ces carburants ( Bio carburants ou carburants de synthèse ).

Les autres secteurs des transports ne sont pas encore concernés par l'électrification obligatoire à court terme, la technologie ( de stockage d'électricité ) actuelle étant incompatible sauf cas particuliers limités.

Mais ces autres secteurs, qui représentent 40% de la consommation de pétrole des transports, sont tenus de réduire leurs émissions de Carbone selon un programme moins contraignant sur le calendrier que celui des véhicules légers, mais tout aussi impératif.

(En clair, il devient impératif de développer l'industrialisation de ces carburants alternatifs, tout simplement parce que l'on ne pourra pas s'en passer.)

Dans ce sens, le Parlement Européen a adopté une nouvelle loi visant à décarboner le secteur de l'aviation, il s'agit de l'initiative ReFuelEU Aviation, qui définit les objectifs pour l'introduction des CDA ( Carburants Durables pour l'Aviation ).

Voir :

https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2023/10/09/refueleu-aviation-initiative-council-adopts-new-law-to-decarbonise-the-aviation-sector/

45 projets de développement de CDA ont été recensés en Europe, dont 25 projets industriels et 20 projets pilotes.

Les objectifs de cette nouvelle loi sont d'introduire 2% de CDA en 2025, 6% en 2030, et 70% en 2050.

Si, « par hasard », ce projet aboutit, nul doute qu'il intéressera également le secteur des transports routiers et, pourquoi pas, une partie des véhicules légers.

Gageons que la « revoyure » de 2026 aura ce sujet à son programme, sauf orientation contraire de la politique du nouveau Parlement européen...

Les opposants au moteur thermique objectent que le coût de ces carburants alternatifs serait insupportable par le marché, sans d'ailleurs savoir quel serait ce coût lorsque le stade industriel serait atteint...

(Ces mêmes opposants étaient moins regardants sur les coûts lorsqu'il s'agissait de promouvoir l'électrique. On voit ce qu'il en est aujourd'hui...).

D'autre opposants ( peut-être les mêmes) arguent du très faible rendement énergétique des moteurs thermiques, et des pertes d'énergie supplémentaires induites par la fabrication des carburants alternatifs. Cet argument est soutenable, mais il faut le mettre en balance avec les conséquences économiques et sociales d'une interdiction d'utiliser des moteurs thermiques dans les transports, même pour les applications non compatibles avec l'électricité ( Par nature, ou par absence d'un réseau capable de fournir la puissance suffisante à la recharge de toutes ces batteries).

( Cette situation rappelle un peu celle d'un Etat qui doit défendre ses frontières attaquées, mais qui hésite à développer les armes nécessaires au prétexte qu'elles vont coûter très cher...).

Heureusement les promoteurs des quarante-cinq projets de développement de carburants de substitution n'ont pas ces états d'âme, tout en étant conscients des problèmes de coût, mais aussi de la nécessité vitale de remplacer le pétrole.

Les ingrédients de base de la recette des hydrocarbures sont l'Hydrogène et le Carbone. Pour que le produit final soit neutre en carbone il faut bien sûr que les ingrédients le soient eux-mêmes.

Différentes recettes sont testées pour se procurer ces ingrédients :

L'Hydrogène serait obtenu par électrolyse de l'eau avec de l'électricité décarbonée, le Carbone proviendrait du CO2 atmosphérique.

La cuisine qui permet d'obtenir les produits finaux recherchés est très diverse et le secteur est en pleine évolution. Ces « détails » n'ont pas leurs place ici.

L'importance des transports ( sous toutes les formes ) pour le développement de l'activité économique mondiale n'est plus à démontrer, sauf pour les partisans de la décroissance économique pour qui la notion de « développement » devrait être remplacée par celle de « repli et parcimonie ».

La gestion de cet affrontement est l'une des tâches de la mouvance écologique...

Dans la perspective européenne des engagements de décarbonation progressive et, compte tenu de l'impossibilité de tout électrifier, le développement des carburants alternatifs est un enjeu qui conditionne le succès de la transition énergétique.

Que ces carburants alternatifs intéressent aussi une petite partie du secteur des Véhicules particuliers et des utilitaires légers est un épiphénomène qui ne doit pas polluer la stratégie d'abandon des combustibles fossiles.

 

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5 juin 2024 3 05 /06 /juin /2024 10:23

La voiture électrique, le beurre et l'argent du beurre ?

5 Juin 2024

Du point de vue de Sirius la voiture électrique est l'exemple type de transition énergétique vertueuse. Un cas d'école.

En effet, sur le papier elle résout du même coup les deux problèmes cruciaux que sont les émissions de CO2 liées au pétrole, et le gaspillage énergétique lié au très mauvais rendement du moteur thermique.

On comprend l'enthousiasme des politiques, prompts à juger sur les apparences et peu soucieux d'aller voir dans la cuisine comment sont préparés les plats et d'où viennent les ingrédients.

L'idée de remplacer le moteur thermique par un électrique pour gagner sur les deux tableaux de la décarbonation et du rendement est tellement simple et évidente que l'on doit se demander pourquoi elle n'a pas été plus tôt mise en application.

La réponse est simple : elle l'a été, dans les années soixante-dix, lorsque les états ont pris conscience que le pétrole n'est pas éternel et surtout qu'il était devenu une denrée stratégique susceptible de nous rendre dépendants de fournisseurs pas forcément fiables, voire hostiles.

( On ne parlait pas encore du réchauffement climatique, ni de la nécessité de décarboner notre énergie...Ce problème n'était encore connu que des climatologues, et partagé par les écologistes encore peu entendus ).

Cet enthousiasme des années soixante-dix pour la voiture électrique a tourné court lorsque la fièvre pétrolière est retombée. De toutes façons l'incapacité des batteries au plomb de l'époque à fournir l'énergie nécessaire aurait suffit à mettre fin à l'exercice.

Et puis est arrivée l'annonce de la catastrophe climatique liée aux émissions de CO2 dues à la combustion des fossiles.

Mais cette fois la motivation était non plus seulement d'échapper aux fournisseurs douteux de pétrole, mais de décarboner l'énergie en abandonnant toutes les sources fossiles, ce qui concerne la quasi totalité des applications puisque les fossiles représentent 81% de la consommation mondiale d'énergie primaire ( Source AIE ), dont 31% de produits pétroliers.

Le graphique suivant représente l'importance relative des différents usages du pétrole par rapport à la totalité des énergies fossiles consommées dans le monde :

 

 

 

 

La voiture électrique, le beurre et l'argent du beurre ?

Il apparaît clairement que les émissions de CO2 dues aux voitures particulières et aux véhicules utilitaires légers concerne 12% du total des énergies fossiles consommées dans le monde.

( Ce n'est pas un objectif négligeable, mais il ne faudra pas oublier les 88% restant...).

Et encore faut-il rappeler que le pétrole n'est pas la plus importante source d'émissions de CO2 ; le Charbon est beaucoup plus polluant.

De plus, l'extraction et le traitement des minéraux spécifiques nécessaires à la voiture électrique sont eux-même sources d'émissions de CO2 qui réduisent l'efficacité de l'opération.

L'électrification de l'ensemble du parc mondial de voitures particulières et d'utilitaires légers aurait donc au mieux un impact de 8 à 10% sur les émissions mondiales de CO2.

( En supposant que l'électricité utilisée pour la recharge des batteries soit elle-même complètement décarbonée...ce qui est évidemment très loin d'être le cas ).

Néanmoins le projet de voiture électrique a été ressorti de sa boîte.

Certains « mauvais esprits » ont bien attiré l'attention sur la nécessité de disposer d'abord d'une électricité elle-même décarbonée, sous peine de reporter les émissions des voitures sur les centrales électriques thermiques, mais ils n'ont pas été entendus.

Le grand « boum » des énergies renouvelables décarbonées a balayé les objections et l'avènement des batteries au Lithium a fait le reste.

( la confiance dans le solaire, l'éolien, l'hydroélectrique, la biomasse, la géothermie, était d'un niveau tel qu'il fut même décidé de se passer du nucléaire à terme...décision vite annulée heureusement ).

L'horizon paraissait éclairci.

La seconde vague des voitures électriques a ainsi démarré industriellement autour de 2010, avec l'ambition de supplanter les modèles thermiques en quelques décennies.

Le remplacement des voitures thermiques par des électriques ne peut s'effectuer au mieux qu'au rythme des achats annuels de véhicules neufs, soit une période de vingt-cinq ans pour remplacer quarante quatre millions de véhicules ( en France ), au rythme des ventes actuelles.

Aujourd'hui les voitures 100% électriques représentent environ 2,5 % du parc roulant en Europe.

Ce qui est encore peu pour crier victoire, mais suffisant pour se frotter à quelques-uns des problèmes concrets qui devront être surmontés pour passer d'un monde à l'autre sans trop de soubresauts.

Bien sûr les points faibles de cette stratégie étaient connus des analystes, du moins on l'espère :

- Le pétrole, toujours présent et peu disposé à céder la place.

- Le risque d'une grande dépendance aux approvisionnements des nouveaux matériaux nécessaires à la fabrication des nouvelles voitures.

( Voire même d'une pénurie pour certains d'entre eux...).

- La certitude de rencontrer des difficultés liées aux coûts de production nécessairement très supérieurs à ceux des voitures thermiques produites en grands volumes et dans des technologies très mâtures.

- La difficulté de promouvoir une technologie nouvelle avec des performances d'autonomie très inférieures à celles des thermiques, et des infrastructures non préparées à les recevoir.

- L'insuffisance des réseaux de distribution électrique pour la recharge des batteries, et la difficulté d'établir un plan commun de développement d'un tel réseau, au moins à l'échelon européen.

- L'impossibilité d'implanter la voiture électrique dans les régions du monde insuffisamment, ou pas du tout, desservies par un réseau électrique suffisamment puissant.

- Les limites du réseau classique en puissance max pour répondre aux pics de la demande de recharge.

- La difficulté de créer une nouvelle industrie européenne compétitive au moment où les stratégies sont plutôt orientées à la désindustrialisation, et où les concurrents asiatiques deviennent très puissants.

- La nécessaire gestion de doubles fabrications thermiques et électriques pour continuer à servir les marchés extérieurs moins avancés dans leurs possibilités de passer à l'électrique.

- Le risque d'obtenir une efficacité nulle si l'électricité n'est pas elle-même décarbonée avant d'être consommée par les voitures électrique.

- Etc...

Mais, de même que le mouvement se prouve en marchant, et que la fonction crée l'organe dit-on, les pays développés se sont lancés dans ce programme de voitures électriques un peu comme une solution de la dernière chance, çà passe ou çà casse...

On a vu ainsi affluer une cohorte de modèles très improbables allant de la voiturette jusqu'au bolide de plus de 500 CV, certains cumulant la ceinture et les bretelles sous forme d'Hybrides, d'autres fabriquant leur propre électricité à partir de gaz en bouteilles et d'une pile à Hydrogène, cette cour des miracles traduisant l'immaturité de ce marché, ce qui au demeurant est parfaitement normal eu égard aux nombreuses questions évoquées plus haut et toujours demeurées sans réponses.

La seule application adoptée à l'unanimité est le vélo électrique, qui apporte un confort incontestable et constitue ainsi un réel progrès.

( On notera que la solution des biocarburants, qui permet à la fois d'échapper au pétrole et de décarboner les émissions des moteurs thermiques, a été écartée ( par Bruxelles ) à priori sans autre forme de procès..Mais il faudra bien y revenir lorsque l'on constatera que la voiture électrique ne peut pas prendre 100% du marché mondial pour des raisons évidentes, mais qui ne sont pas (encore) prises en compte au prétexte que l'on ne peut pas courir deux lièvres à la fois.

Mais il se peut que nos amis asiatiques montrent des dispositions particulières pour la chasse au lièvre...).

Quinze années plus tard, le pétrole est toujours triomphant, et les batteries des voitures électriques sont toujours à la recherche de la bonne recette électro-chimique qui leur donnera les moyens d'évincer les modèles thermiques sans faire appel à la police européenne et à ses ukazes au demeurant inapplicables.

La voiture électrique est donc au milieu du gué.

Reculer est impossible, sauf à laisser ce nouveau marché aux mains des asiatiques toujours prompts à avancer leurs pions*, en l'occurrence leur joker constitué par une technologie de batterie en pointe, servie par l'abondance de ressources nationales en produits rares, précisément ceux qui sont indispensables dans ces nouvelles technologies de batteries et de moteurs.

Avancer n'est possible que si l'on maîtrise la production de ces éléments de base, et il est difficile de rattraper dix ans de retard dans un secteur aussi évolutif.

* La voiture deviendrait alors un gadget grand-public jetable, au même titre que le téléviseur couleur, l'ordinateur ou le smartphone. Qui se souvient que l'Europe fabriquait autrefois des téléviseurs couleurs dans des usines qui employaient des dizaines de milliers d'ouvriers ?

Désormais le problème des constructeurs européens devient celui de l'approvisionnement des matériaux spéciaux nécessaires pour les moteurs électriques et les batteries, et la technologie des batteries qui permettra de donner à ces nouvelles voitures des performances comparables à celles des thermiques.

En focalisant avec trop d'enthousiasme sur la voiture électrique, les pays développés ont ouvert une boîte de Pandore de laquelle sont sortis des « génies » que l'on n'attendait peut-être pas, mais qui sont prêts à récupérer le beurre et l'argent du beurre.

 

 

 

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27 mai 2024 1 27 /05 /mai /2024 11:09

Le saint Graal de la voiture électrique : la batterie.

27 Mai 2024

Le remplacement du bon vieux moteur thermique par un électrique n'a pas posé de problème d'ingénierie particulier, la meilleure preuve en est la possibilité du « rétrofit » qui permet d'électrifier une voiture thermique en deux temps et trois mouvements.

( Les seuls obstacles sont administratifs...)

Le seul problème non encore résolu est celui de la batterie, qui se révèle incapable d'emporter une réserve d'énergie garantissant au VEB une autonomie comparable à celle dont dispose la voiture thermique.

Ce qui est évidemment fâcheux pour un produit supposé remplacer à 100% le thermique à partir de 2035 sur un marché qui doit servir un parc de 44 millions d'unités en France...Et 250 Millions en Europe !

A ce problème de fond, qui pénalise évidemment la diffusion de ces modèles, s'ajoutent des problèmes de sécurité de la technologie actuelle des batteries, une absence totale de standardisation de ce composant essentiel, un coût exorbitant du remplacement lorsque c'est nécessaire, et une obsolescence rapide due au renouvellement rapide des modèles.

Sans parler du problème de l'autonomie directement impactée par les conditions d'usage ( Conditions hivernales, traction d'une remorque, usage autoroutier...), ni du problème de recharge rapide encore à la traîne...

Tout ces problèmes, que l'usager découvre ( ou pas ) au fil de son expérience, sont largement diffusés sur les réseaux sociaux, avec la dramatisation habituelle sur ce genre de support de communication, sans les nuances et la relativisation qui devraient s'imposer en l'occurrence.

Cette contre-publicité nuit à la réputation du VEB, car hélas tout n'est pas faux dans la liste des calamités dont ces voitures sont accusées.

Il n'existe qu'une seule façon de redorer le blason de la voiture électrique universelle, c'est de produire enfin cette fameuse batterie miracle que l'on nous promet depuis des années, et de « booster » l'implantation du réseau de recharge avec des bornes de 350 kW qui seront indispensables pour charger de 10% à 80% ces nouvelles batteries de 150 kWh en moins de vingt minutes.

( Les chiffres sont hélas indiscutables, les bornes dites « rapides » de 150 kW sont déjà dépassées...)

Faute de quoi le VEB devra se cantonner au marché de la seconde voiture, aux flottes de taxis et aux VUL, en attendant le père Noël...

( Au fait, parcourir 800 km sur autoroute à 130 km/h avec un seul plein, c'est possible avec une thermique alimentée avec du biocarburant...pour mémoire...).

Où en sommes-nous avec la batterie solide ?

La co-entreprise ACC ( Automotive Cell Company ), qui réunit Mercédès Benz, Stellantis, et Total Energie, coopère avec l'entreprise Taïwanaise Prologium pour la construction d'une Gigafactory à Dunkerque afin de lancer une fabrication de batteries solides sur la base des brevets Prologium.

Lancé en 2024, le projet devrait aboutir aux grandes séries pour 2030.

Rendez-vous donc en 2030, à moins que d'ici là un outsider ne sorte un lapin de son chapeau...Les chinois font aussi de bonnes batteries...

( Les prototypes de batteries solides sont légion. Mais, du prototype à la grande série conforme aux besoins de l'automobile, nombreux seront ceux qui se perdront dans le marécage des cahiers des charges draconiens de ce secteur très exigeant...).

 

 

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24 mai 2024 5 24 /05 /mai /2024 10:31

Les feux de batteries au Lithium, nouvel avatar de la voiture électrique.

24 Mai 2024

Les incendies de voitures sont un des risques encourus par tous les modèles, thermiques, électriques à batterie, électriques à gaz et pile à combustible, etc.

Tout ce qui roule est sujet à incendie...

Les circonstances à l'origine de ces sinistres sont diverses :

Accident de la circulation, attentat, malveillance, incendie volontaire ( Fraudes aux assurances ), incendie spontané dû à une cause interne, ou à une cause externe ( propagation d'un feu dans un parking, etc ).

Selon diverses sources, plus ou moins crédibles, il y aurait en France environ 45 000 Incendies de voitures chaque année, tous types confondus.

Pour un parc de 45 Millions de voitures assurées, le taux de véhicules incendiés chaque année serait donc de un pour mille, soit 120 par jour environ.

( Pour le moment essentiellement des voitures thermiques. Le parc de voitures électriques est encore trop faible pour figurer significativement dans les statistiques d'accidents.

Parmi ces combustions, celles dues à une défaillance spontanée d'un organe du véhicule sont évidemment beaucoup moins nombreuses, et très mal répertoriées.

Les incendies de voitures thermiques sont bien connus des services de lutte contre les incendies, contre lesquels les moyens habituels sont utilisés et les risques associés bien maîtrisés.

Il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit d'une voiture électrique, et surtout lorsque la batterie elle-même est à l'origine du feu.

Les batteries au Lithium de la technologie actuelle, qui équipent la totalité des VEB, et des Hybrides, sont toutes porteuses d'un risque d'auto-inflammation liée à une violente combustion spontanée auto-entretenue, elle-même initiée par un emballement thermique qui peut se produire dans une ou plusieurs cellules sous l'effet de diverses causes néfastes:

Un échauffement excessif d'une ou plusieurs cellules, qui entraîne un dépassement de la température de sécurité, qui se situe généralement entre 100 et 120 °C ; échauffement qui peut être dû à une mauvaise gestion de la température par le système de climatisation de la batterie ( quand il y en a un...), à une trop grande dispersion des tensions unitaires des cellules dépassant les capacités de contrôle du BMS, à un courant de charge ou de décharge trop élevé, à un régime d'utilisation sorti des limites du cahier des charge, une utilisation fréquente des régimes de charge rapide dans des conditions hors spécifications, provoquant la formation de dendrites sources de court-circuits,

Une détérioration de la structure d'une ou plusieurs cellules sous l'effet d'un choc accidentel violent, même en l'absence d'enfoncement visible.Etc.

Cette pointe d'échauffement localisée déclenche des réactions chimiques irréversibles et un emballement thermique portant l'ensemble à des température dépassant les 800 °C, avec fusion du métal et dégagement de gaz toxiques.

Il arrive que la cause initiale soit « dormante » et couve pendant des heures avant de déclencher l'emballement thermique et l'incendie, ce qui est fâcheux si le véhicule est dans un parking, ou un garage particulier.

Ce feu d'artifice, très difficile à éteindre, peut durer des heures et entraîner des dommages considérables aux biens voisins ( autres véhicules, maison d'habitation, parking sous-terrain, locaux divers ).

Cette combustion entraîne une recombinaison chimique des composants de la batterie avec dégagement de gaz violemment toxiques, rendant les interventions des services de secours difficiles et nécessitant une décontamination.

Aux risque habituels de l'incendie viennent s'ajouter pour les pompiers le risque d'intoxication chimique, le risque d'électrocution ( 400 V ), le risque de pollution de l'environnement, le risque de propagation des dégâts à l'environnement, et l'incertitude quant à l'extinction complète lorsqu'il s'agit de la batterie elle-même.

(En certaines circonstances il est même prévu de plonger la voiture dans une citerne d'eau pendant plusieurs jours...).

Ces perspectives donnent aux incendies de voitures électriques une visibilité particulière habilement mise en valeur par les réseaux sociaux.

Même s'ils sont (encore) peu nombreux, ces feux d'artifice de VEB sont néanmoins préoccupants car ils ne peuvent pas être maîtrisés correctement par les moyens d'intervention habituels.

Il a ainsi été nécessaire de définir des procédures permettant aux services de secours, aux pompiers, et aux services de dépannage, d'intervenir dans des conditions de sécurité assurées.

Il est évidemment fortement déconseillé aux personnes n'ayant pas reçu la formation qualifiante et/ou n'ayant pas le matériel nécessaire, d'intervenir sur un tel feu, sauf bien entendu en cas de nécessité vitale

Les véhicules électriques à batteries doivent ( devraient ) être équipés des dispositifs définis pour faciliter l'intervention des secours et réduire les temps de latence dus à une mauvaise adaptation du matériel d'intervention, à une méconnaissance des spécificités du véhicule concerné, en particulier pour la neutralisation de la batterie, les points de découpe de la carrosserie, les points de levage, les risques d'intoxication, etc.

Par exemple le package Renault mis en place sur ses véhicules électriques comprend trois pôles :

Le « Fireman access », qui est une ouverture automatique de la trappe anti-incendie pour permettre d'atteindre l'intérieur de la batterie avec l'eau de la lance des pompiers.

Le « SD Switch » qui permet de désolidariser la batterie des autres organes.

Le « Q Rescue » qui est un QR code placé sur le pare brise et la lunette arrière, et donnant accès à toutes les informations particulières à « ce » véhicule, à usage des forces d'intervention afin de faire les bons gestes et gagner du temps pour sauver les personnes s'il y a lieu, et éviter la propagation du feu au voisinage.

Ce problème de feu de batterie sur les véhicules électriques n'est donc pas une rumeur sans fondement. Il est pris très au sérieux à tous les échelons de la vie de cette batterie afin de réduire cette occurrence pour qu'elle ne devienne pas une nuisance sociétale lorsque la part des VE dans le parc roulant deviendra significatif.

( Aujourd'hui le problème est alarmant, demain il peut devenir une calamité s'il n'est pas bien pris en compte).

La réduction de ce risque est l'un des objectifs visés par les études des futures batteries. Il ne servirait à rien d'augmenter la capacité spécifique, le courant max, et de réduire le prix de la batterie, si ce problème de vulnérabilité n'était pas sérieusement traité.

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17 mai 2024 5 17 /05 /mai /2024 09:55

Le carburant liquide, coucou le revoilou.

17 Mai 2024

L'électricité est un formidable moyen de transfert direct d'énergie d'un point à un autre grâce à un « simple » fil conducteur.

L'inconvénient de ce système réside justement dans l'existence de ce fil.

(On peut certes transférer de l'énergie sans utiliser nécessairement un fil. Il s'agit alors d'une énergie radiative qui utilise comme support des radiations électromagnétiques, largement mises en œuvre pour les applications de télécommunications, les radars, les faisceaux Laser,  etc.

Mais les quantités d'énergie ainsi transmises sont faibles, voire très faibles, ou puissantes mais de faibles durées ( impulsions radar ), ou dispersées sur de grandes surfaces ( TV satellitaire ). Pas de quoi faire avancer une locomotive.

Un autre exemple est la radiation solaire, sans fil par définition, et qui nous transmet une quantité prodigieuse d'énergie utilisée directement par la vie terrestre sous toutes ses formes, y compris pour fabriquer de l'électricité grâce à des panneaux PV , des centrales à concentration, ou indirectement avec des éoliennes ou des barrages hydrauliques.

Il existe une production naturelle d'électricité, il s'agit de la foudre ; mais son occurrence est incertaine, peu prévisible,et surtout impossible à capter de manière utile).

Mais pour transporter de grosses quantités d'énergie électrique ( Mégawatt-heures, Gigawatt-heures ) il faut donc des câbles.

Un territoire dit « développé » est ainsi couvert d'une toile d'araignée de câbles, aériens ou enterrés, pour desservir les consommateurs, privés ou institutionnels, bricoleurs ou industriels.

Les chemins de fer, ainsi que de nombreux réseaux de transports collectifs urbains, sont également alimentés en électricité par des rails ou des câbles aériens.

Plus grande est la quantité d'énergie à transporter, et plus élevée doit être la tension et plus grosse la section des câbles, et la consommation de cuivre associée..

Mais toutes les autres machines mobiles non assujetties à des itinéraires fixes, ne peuvent pas être raccordées au réseau électrique par câble.

Et il y en a beaucoup :

Voitures particulières, utilitaires légers, taxis, motocyclettes, camions de livraisons, transports lourds, véhicules de secours et d'intervention, transports collectifs autonomes, engins de chantiers et de terrassement, navires de transport maritime et fluvial, transports aériens, etc.

Parmi toutes ces machines mobiles autonomes, les seules qui pourront être électrifiées seront donc celles qui pourront emporter une réserve d'énergie électrique suffisante pour leur permettre d'assurer leur service, et qui pourront disposer d'infrastructures pour renouveler cette réserve en temps utile..

Aujourd'hui, le seul procédé transportable de stockage direct d'électricité est la batterie électrochimique.

( Une méthode indirecte consiste à emporter dans le véhicule une réserve d'Hydrogène qui sera transformée sur place par une pile à combustible ; nous en parlons plus loin ).

Les technologies actuelles du stockage chimique induisent un surpoids qui doit rester « raisonnable » en rapport avec la charge utile, ce qui limite drastiquement la quantité d'énergie embarquée.

De plus, les durées de recharge de la réserve emportée ne doivent pas pénaliser les temps de trajet exagérément.

Pour toutes ces raisons, seuls les véhicules routiers légers sont actuellement éligibles à la propulsion électrique avec batterie ( VPL et VUL ).

( Le poids des batteries atteint quand même plusieurs centaines de kg, voire même la demi-tonne pour le haut de gamme...Ce procédé ne pourra être raisonnablement pérennisé que si la technologie évolue pour réduire drastiquement ce poids ).

Des essais en vraie grandeur sont menés sur des véhicules de transport routier et de passagers, pour tester la faisabilité.

A la fois pour des questions de poids et de temps de recharge, c'est souvent l'Hydrogène qui est préféré aux batteries.

Les transports maritimes et aériens ne sont pas envisagés avec des batteries, en dehors des applications légères, navettes fluviales, drones, embarcations de service ou de plaisance, etc.

Pour outrepasser les inconvénients des batteries dans la mobilité, tout en conservant les avantages de la propulsion électrique ( absence de pollutions, rendement excellent, pas d'émissions de CO2, silence, pas de vibrations, etc ) on peut produire l'électricité sur place dans le véhicule, en utilisant une pile à Hydrogène, le stock d'énergie embarqué étant alors constitué d'Hydrogène comprimé dans des bouteilles.

Mais l'Hydrogène doit être compressé, ou liquéfié, puis traitée dans une pile à combustible avant d'être stocké dans une petite batterie tampon, puis envoyé au moteur électrique. Le rendement de cette chaîne est assez mauvais.

L'intérêt de ce système est dans la rapidité du rechargement des bouteilles, intérêt qui ira diminuant lorsque le temps de recharge des batterie s'améliorera...

L'inconvénient est la nécessité d'un réseau de distribution d'Hydrogène...

Il apparaît ainsi que les seuls véhicules susceptibles d'être convertis « facilement » à l'électricité sont les véhicules légers, à condition qu'ils disposent d'un réseau de distribution d'énergie électrique puissant, ou de distribution d'Hydrogène pour ceux qui auront recours à cette solution.

Ceci peut représenter à terme une forte proportion du parc dans les pays développés, mais beaucoup moins dans les régions de la Planète ne disposant pas de ces commodités mais ayant cependant de gros besoins de déplacements et de transports.

Quant aux applications de transport terrestre lourd, et de transport maritime et aérien, ils ne sont pas éligibles à l'électrification dans l'état actuel des technologies de stockage de l'électricité à bord.

Compte tenu des nombreuses contre-indications à l'électrification de l'ensemble du parc mondial de véhicules roulants, la décarbonation de ce secteur ne pourra être complétée qu'en faisant appel aux carburants liquides décarbonés obtenus à partir de la Biomasse ( 2ème et 3ème génération) et/ou synthétisés à partir de l'Hydrogène.

Les avantages des carburants liquides à carbone recyclable sont décisifs sur plusieurs points :

- Ils possèdent une densité énergétique considérablement plus élevée que les batteries électriques ou les bouteilles d'Hydrogène.

- Ils se présentent sous forme liquide dans une gamme de températures et de pressions ordinaires et ils peuvent être utilisées dans ces mêmes gammes.

- Ils sont aisément transportables ( Dans les mêmes conditions et avec le réseau existant pour les produits pétroliers).

- Ils sont aisément stockables.

- Ils peuvent être produits selon des filières variées.

- Ils peuvent être utilisés dans les moteurs thermiques existants, avec des modifications mineures.

- Ils permettent de résoudre le problème de la neutralité carbone sans imposer de bouleversements dans les structures industrielles concernées par leur fabrication ou leur usage.

- Ils sont la seule solution viable pour les transports aériens, et dans une moindre mesure pour les transports maritimes.

- Ils constituent une réponse simple et directe à la crise du pétrole qui se produira dans les prochaines décennies.

Compte tenu de tout ces avantages il ne fait pas de doute que ces carburants, dont le développement fait l'objet d'investissements très importants, joueront un rôle très important dans l'avenir, y compris sur le marché des véhicules légers dans les régions sous-équipées en infrastructures de réseaux de distribution d'énergie électrique de puissance.

( Un réseau électrique conçu pour desservir des foyers domestiques ne convient plus pour assurer aussi la recharge des véhicules. La production doit être augmentée, la puissance installée également, ainsi que la puissance des câbles et des transformateurs de distribution...)

Compte tenu d'une part de l'impossibilité d'électrifier la totalité des véhicules dans le Monde pour les raisons exposées ci-dessus, et d'autre part des importants travaux de développement des carburants liquides neutres en carbone déjà en cours, il semble prématuré de condamner le moteur thermique, alors que de nouvelles perspectives s'ouvrent pour cette technologie éprouvée et non concernée par la crise annoncée sur l'approvisionnement des matériaux spécifiques des motorisations électriques à batterie ou à piles à combustibles.

Voir :

https://www.ifpenergiesnouvelles.fr/innovation-et-industrie/nos-expertises/energies-renouvelables/biocarburants-et-e-fuels/nos-solutions

 

 

 

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13 mai 2024 1 13 /05 /mai /2024 08:42

Capacité des batteries des VEB et bornes de recharge, la course à l'échalote.

13 Mai 2024

Comme rappelé dans les articles précédents, les technologies actuelles de batteries de VEB ne permettent pas d'offrir les qualités attendues par le marché de masse tel qu'il est prévu dès 2035.

( Ou plutôt « imposé » par Bruxelles ).

Les points faibles des batteries actuelles sont le coût, la capacité, le poids, les performances, et la sûreté de fonctionnement.

Donc du pain sur la planche pour les bureaux d'études, qui ont bien réalisé que les premiers qui trouveront le saint Graal seront maîtres du marché.

Le problème est simple ( à énoncer, pas à résoudre...).

On entend parfois le raisonnement lénifiant suivant :

Pour circuler pépère, dans la moyenne des usagers, c'est-à-dire 30 km par jour ( les fameux 12 000 km par an des statistiques ) une batterie de 20 kWh utiles est amplement suffisante.

Hélas cet usager moyen n'existe pas, il n'est qu'une entité mathématique sans consistance, comme bien souvent dans ce genre de statistique.

( Pour être honnête, il faut préciser qu'il y a bien un marché pour ce type de voiture, mais il est trop faible pour servir de base à une stratégie...)

L'usager de chair et d'os a des besoins de déplacements dont chacun peut évoluer d'un jour à l'autre entre 0 et 800 km, voire davantage.

Idem pour le kilométrage annuel, qui pourra varier, d'un usager à l'autre, entre moins de 5000 km et plus de 100 000 km.

Pour être accepté spontanément comme substitut du véhicule thermique, Le VEB devra donc offrir plus ou moins les mêmes services, entre autres une grande autonomie* et un ravitaillement aisé et rapide, et si possible pour un prix comparable.

* L'autonomie des voitures n'a jamais posé de problème aux usagers jusqu'à présent, il serait fâcheux qu'avec le VEB elle devienne une préoccupation permanente.

Qu'en est-il des points faibles des batteries actuelles ?

Le coût.

Compte tenu des frais déjà imposés aux consommateurs dans le cadre de la transition énergétique et de l'évolution du prix des énergies, y compris l'électricité, le surcoût du VEB par rapport au thermique doit demeurer gérable ( C'est une évidence, mais que certains ont du mal à admettre, qui proposent des voitures, dites de gamme moyenne, à 40 000 euros...).

Les différences importantes entre une voiture électrique et une thermique sont la motorisation, la batterie, le bloc onduleur et gestion de la charge, le renforcement du châssis pour le support et la protection de la batterie. D'autre modifications sont nécessaires pour améliorer la pénétration dans l'air, réduire les frottements, renforcer l'isolation thermique, et ajouter une pompe à chaleur.

Tout cela pour remplacer une motorisation thermique : Moteur, boîte, radiateur, échappement.

La plus grande partie du surcoût du VEB est due à la batterie elle-même, mais aussi à l'ensemble des modifications rendues nécessaires pour accueillir cette batterie très lourde et fragile, et pour atténuer les inconvénients liés à sa « faible » capacité.

Les coûts actuels des VEB ne sont pas représentatifs des coûts futurs de la grande série et doivent être en partie compensés par des subventions conditionnelles.

Le difficile challenge des constructeurs de VEB consiste à se passer des subventions tout en améliorant les performances des batteries, sans très bien savoir de quelles batteries nous aurons réellement besoin en 2035.

( Entre la petite batterie de 20 kWh que l'on recharge tous les jours et le monstre de 150 kWh pour faire Paris-Nice sans recharger, le choix est vaste et encore incertain.

Cette incertitude sur le besoin réel se complique de l'impossibilité de changer d'option de batterie en cas de besoin car la voiture est construite autour de sa batterie.

La capacité de la batterie.

Pour obtenir la même commodité d'emploi que les modèles thermiques, la voiture électrique doit améliorer significativement son autonomie.

Selon ce critère, l'objectif souhaitable pour l'autonomie est de 5 à 600 km REELS sur autoroute à 130 km/h, ce qui correspond à une dépense énergétique d'environ 100 à 120 kWh pour une voiture de gamme moyenne, et donc à une batterie de l'ordre de 150 kWh.

Aujourd'hui la valeur « classique » est de 50 kWh. Difficile de faire mieux à cause du poids et du coût.

Il faudrait donc gagner un facteur trois, sans éclater le coût et sans dépasser les 300 kg !

(Bien sûr, on peut toujours essayer d'imposer aux clients des performances dégradées, mais le pari serait très risqué, car les concurrents d'en face ne restent pas les deux pieds dans le même sabot, et ont bien compris que cette histoire de voiture électrique était une formidable opportunité pour leur permettre de porter l'estocade aux concurrents européens...).

Les performances de la batterie.

Sur une voiture électrique, la puissance est celle de la batterie, à condition bien sûr que le moteur associé soit apte à transmettre cette puissance aux roues avec un bon rendement énergétique, ce qui est le point fort des moteurs électriques, qui échappent aux lois de la thermodynamique.

(A condition d'utiliser de l'électricité verte, mais sommes-nous assurés d'avoir 100% d'électricité verte en 2035 ?)

La puissance délivrée par la batterie est égale au produit de la tension par le courant.

Actuellement la tension est normalisée autour de 400 V sur les modèles de gamme moyenne, souvent même 370 V..

Mais quel est le courant maximum que peut fournir une batterie ?

Le courant maximum est celui à partir duquel la batterie commence à se détériorer. Il dépend au premier chef de la qualité de fabrication, et du temps de passage du courant.

La détérioration se traduit au mieux par une chute du SOH ( State Of Health ) et une augmentation de la résistance interne, une baisse du cyclage ( durée de vie de la batterie ), et au pire par une perte de capacité, un emballement thermique et/ou un court-circuit interne, suivi d'un incendie.

Les fabricants de batteries spécifient une valeur de régime de courant max de référence exprimée en général par rapport à la capacité C. ( la quantité d'énergie que la batterie peut stocker ).

Le régime 1C correspond à un courant qui décharge la batterie en 1 heure.

2C pour une demi-heure, 3C pour vingt minutes, etc...

( Les « bonnes » batteries admettent des régimes 3C, voire plus, mais c'est un peu tiré par les cheveux et risqué...).

Une batterie qui serait sollicitée au-delà de la valeur max spécifiée perdrait sa garantie...

( L'historique de la charge imposée à la batterie est mémorisé par le BMS...).

Les batteries de 50 kWh actuellement montées sur les VEB de gamme moyenne sont spécifiées pour le régime 2C, soit une puissance de 100 kW max, qui correspond à un courant de 250A pour une batterie de 400 V.

Une telle batterie peut donc être chargée avec une puissance max de 100 kW, et alimenter un moteur de 135 CV* ( 1 cheval = 736 W ).

*( Cette puissance, relativement confortable, n'est disponible que durant 45 minutes environ, au terme desquelles la batterie est pratiquement vidée ( en dessous des 10% de charge ). Encore une différence à l'avantage du thermique, qui peut de rouler « plein pot » beaucoup plus longtemps...)

Rouler « plein pot » est très fortement déconseillé sur une voiture électrique équipée d'une batterie de 50 kWh, pour plusieurs raisons :

- Comme montré ci-dessus, la batterie se vide en 45 minutes, ce qui fait désordre.

- A cause de l'absence de boîte de vitesses, le régime moteur atteint des valeurs extrêmes pour lesquelles le rendement est très mauvais, la consommation aussi. On peut alors consommer 25 à 30 kWh/100 km !

- Le moteur chauffe, la batterie aussi, le pire est à craindre.

- Pour des raisons commerciales, certains constructeurs annoncent des vitesses max dépassant de beaucoup les 130 km/h. Un conseil, méfiez-vous, tout le monde ne monte pas des roulements spécifiés à 18 000* tours/mn...).

* Limite actuelle pour ce type de roulement qui concerne le moteur et le convertisseur.

Notre batterie de 50 kWh pourra donc être chargée au régime 2C par une borne capable de délivrer 100 kW.

( La borne de charge est informée de cette valeur limite par le circuit de communication entre le BMS et la borne, et limitera d'elle-même la puissance à 100 kW, même si elle est capable d'en fournir davantage.

Les recommandations de la commission européenne imposent au moins une borne 150 kW dans chaque station établie sur l'itinéraire RTE-T.

Brancher une batterie spécifiée 100 kW sur une borne de 300 kW n'aurait aucun sens car la borne refuserait et limiterait d'elle-même la puissance à 100 kW ).

Pour raccourcir le temps de charge, il faut donc développer des technologies de batteries capables de supporter des régimes de charge/décharge supérieurs à 2C.

C'est le cas sur certains modèles haut de gamme, qui annoncent des valeurs jusqu'à 4C, mais le prix est en proportion....inaccessible aux gammes moyennes aujourd'hui, et très risqué. 

( La prochaine génération de batteries au Lithium, dite « à l'état solide », devrait améliorer ce facteur, son introduction est planifiée pour « demain matin », et sa généralisation dépendra des résultats et du coût. Il vaut mieux ne pas trop compter sur elle avant 2028, du moins dans la gamme moyenne...).

L'augmentation de la capacité de batterie, à tension constante, permet d'augmenter l'autonomie du véhicule, mais aussi le courant maximum disponible pour le même régime :

Une capacité de 50kWh peut fournir une puissance de 100 kW en régime 2C.

Si la capacité est de 100 kWh, la puissance disponible en régime 2C passe à 200 kW.

Dans le premier cas la puissance disponible est de 135 CV, dans le second cas elle passe à 270 CV.

Cette augmentation spectaculaire peut être utilisée de deux façons par les constructeurs:

Soit pour augmenter l'autonomie, en conservant un moteur de 135 CV.
Soit en doublant la puissance du moteur pour
surclasser la voiture, au détriment de l'augmentation de l'autonomie.

Une voiture de 270 CV se vendra toujours (beaucoup) plus cher qu'une de 135 CV.

Certes, l'autonomie sera un peu augmentée, mais certainement pas doublée...

L'augmentation de la capacité d'une batterie entraîne évidemment une augmentation du courant disponible, et donc des besoins en Cuivre d'une part, et des problèmes de refroidissement d'autre part ( effet Joule ).

Aujourd'hui, l'augmentation des capacités de batterie est surtout utilisée pour augmenter la puissance des voitures et donc passer dans une gamme supérieure plus rentable commercialement.

Mais on peut « imaginer » que dans l'avenir ces grandes capacités serviront à augmenter l'autonomie, en conservant des valeurs de courant raisonnables.

Mais il restera le problème de la recharge.

Pour recharger une batterie de 150 kWh de 10% à 80% en mode 4C et en moins de 15 minutes, il faut un courant de 375 A en 400V.

Pour éviter ces courants très élevés, gros consommateurs de Cuivre ( effet Joule ), il a été décidé de créer une catégorie de motorisations portée à 800 V.

( Encore très peu répandu aujourd'hui sur les VEB )

Pour le moment cette catégorie ne concerne que le très haut de gamme, le « reste » demeure à la tension actuelle de 400 V.

Le passage à 800 V entraîne des problèmes de surcoût au niveau des semiconducteurs, de l'isolation des composants passifs, des bobinages, des roulements du moteur, et de la sécurité en général.

Cette migration est déjà réalisée sur certains modèles haut de gamme, avec plus ou moins de bonheur...Et il faut trouver des bornes de 800 V pour recharger...

La réduction du temps de charge entraîne l'augmentation du courant de charge, qui lui-même entraîne un échauffement de la batterie et donc une dépense énergétique qui doit être évacuée par un système de climatisation. L'énergie « utile » stockée par les cellules est donc inférieure à l'énergie pompée à la borne. Le rapport des deux est le « rendement de charge ».

Il existe de même un « rendement de décharge », qui affecte le rendement énergétique global. A fort régime d'utilisation on peut ainsi perdre quelques pourcents sur le rendement global, selon la qualité de la batterie..

( Le rendement énergétique global d'une voiture électrique n'est pas de 95% comme on le lit parfois ici et là, mais plutôt de 60 à 70% si l'on tient compte de ces pertes au niveau batterie, et au niveau de l'onduleur ).

Le temps de recharge.

On parle ici de la recharge rapide sur les bornes de puissance, celles que l'on est supposé pratiquer sur les aires d'autoroutes... Mais pas dans son garage évidemment.

Le temps de recharge minimum d'une batterie est défini par sa capacité en kWh et par son régime de charge spécifié par le fournisseur de batterie.

Une charge rapide s'effectue généralement entre 10% et 80% de la capacité de la batterie branchée.

Les 10% sont la limite basse que les fabricants de batteries conseillent de respecter en régime de charge rapide.

Les 80% sont la valeur au-dessus de laquelle le courant de charge doit baisser progressivement jusqu'à zéro( pleine charge ), étape qui peut durer des heures et n'est pas du tout compatible avec la notion de charge rapide, ni avec l'impatience des clients qui attendent que la borne soit libérée....

( Cet exercice est effectué sous le contrôle du BMS de la voiture et du logiciel de la borne elle-même. La borne lit d'abord le SOC sur le BMS ( Battery Management System ) de la voiture, et décide si elle est éligible à la charge rapide. Si le SOC indique moins de 10%, la charge rapide peut (doit être) refusée, il faut alors passer sur une autre borne pour une charge « normale ».

La charge rapide peut être également refusée pour d'autres raisons : batterie trop chaude, ou trop froide, trop vieille, en trop mauvais état ( SOH), tension suspecte, etc...

Si la voiture est acceptée, la borne envoie le courant correspondant à la valeur indiquée par le BMS ( régime de charge xC ) dans les limites de ses propres possibilités de puissance !!. La charge s'arrête lorsque l'énergie emmagasinée par la batterie atteint 80% de sa valeur max spécifiée par le BMS.

Une station de charge possède normalement plusieurs bornes de charge. Cette station a souscrit auprès du fournisseur d'énergie électrique un contrat de puissance max, cette puissance est répartie entre les différentes bornes. En cas d'affluence il peut alors être nécessaire de réduire la puissance de certaines bornes, selon les besoins.

En cas d'affluence, on peut avoir la surprise de constater qu'une borne rapide n'accepte de fournir que 30 ou 50 kW...Tout cela est décidé par le logiciel de la compagnie qui gère les bornes, et les tarifs.

Une batterie de 50 kWh spécifiée en régime 2C recevra donc 70% de 50 kWh, soit 35 kWh, en un temps de 20 minutes sur une borne rapide capable de lui fournir 100 kW.

Entre deux recharges semblables, l'autonomie sur autoroute sera donc de 200 km environ, à une allure raisonnable, consommant environ 17 kWh aux 100 km.

( C'est une moyenne évidemment ).

Il n'est pas dramatique de devoir s'arrêter tout les 200 km pour récupérer 35 kWh en 20 minutes !

A condition d'accepter de rallonger d'une bonne heure* le temps de trajet sur un parcours de 600 km.

* ( Temps passé pour réaliser au moins trois recharges de 20 minutes sur bornes rapides capables de délivrer 100 kW . Sans compter les éventuels temps d'attente dus au « queuing ».

On ne sait pas si les usagers accepteront cette contrainte, ou s'ils attendront 2035, (ou 2040 ?) en espérant que les batteries auront évolué vers les 100 kWh, même dans la gamme moyenne.

Il existe une rengaine autour de la possibilité de recharger une batterie en cinq minutes !

Il faudrait pour cela utiliser un régime de charge de 12 C, ce qu'aucune batterie n'est capable de supporter sans exploser dans les trois minutes !

De toutes façons la puissance requise n'est disponible sur aucune borne à ce jour.

( Pour recharger en 5 minutes une batterie de 100 kWh il faudrait une borne de 1,2 Megawatt , ce qui est absurde).

De telles annonces polluent les médias et sont de nature à jeter le trouble dans l'esprit des futurs acheteurs, et les inciter a reporter leur achat puisque demain on rasera gratis...

La technologie actuelle permet d'utiliser le régime charge/décharge de 3C avec des précautions particulières. Ce régime permet une recharge 10%-80% en 15 minutes environ, à condition évidement de trouver une borne capable de délivrer la puissance requise, 150 kW pour une batterie de 50 kWh, et 350 kW pour une batterie de 100 kWh.

Des bornes de 350 kW existent sur certains itinéraires, qui permettent de recharger en 90 minutes des grosses batteries de camions...Jusqu'à 500 kWh.

La sécurité.

Les batteries au Lithium actuelles sont des objets fragiles qu'il faut surveiller comme le lait sur le feu.

La température est optimale entre +20°C et +40 °C.

Le maximum est autour de 60°C, et le minimum autour de – 10 °C.

Au-delà de 60°C, les cellules se détériorent, et un emballement thermique peut se produire, avec incendie.

En dessous de – 10°C, les performances sont très dérériorées, et la batterie peut refuser tout service.

C'est évidemment très inconfortable pour un objet soumis à toutes les conditions climatiques possibles et à toutes les causes internes de réchauffement dues à l'usage normal de la batterie, dont les éléments chauffent en usage normal, avec des écarts différentiels qui ne doivent pas dépasser certaines limites.

La batterie est ainsi une sorte d'usine à gaz dont la gestion est confiée au BMS (Battery Management System ) dont le rôle est de surveiller chaque élément afin que l'ensemble demeure dans des conditions de fonctionnement sûres.

La gestion de température est l'un des points essentiels.

La batterie est équipée d'un système de climatisation plus ou moins sophistiqué selon la classe de la voiture et des conditions d'utilisations tolérées par le cahier des charges.

Ainsi les batteries actuelles supportent très mal les températures extrêmes estivales ou hivernales, qui peuvent diminuer sérieusement la disponibilité et les conditions de recharge.

Une borne de charge rapide refusera de charger une batterie trop froide ou trop chaude. Il faudra donc préalablement la réchauffer, ou la refroidir, grâce au climatiseur de batterie présent dans toute voiture électrique bien élevée ( du moins on l'espère ).

A condition qu'il reste assez d'énergie dans la batterie .

Ne jamais laisser une voiture électrique coucher dehors en hiver avec une batterie presque vide.

Même si la batterie est bien chargée, une voiture électrique n'aiment pas coucher dehors en hiver, et peut le faire savoir en bridant la puissance durant un petit quart d'heure, le temps de se réchauffer elle-même avant de consentir à « lâcher » les chevaux.

Question de savoir vivre... en voiture électrique.

Toutes améliorations technologiques qui pourraient améliorer ces points seraient bien venues.

A voir lorsque la batterie « solid state » arrivera sur le marché...

Toutes ces petites tracasseries devraient normalement disparaître avec les prochaines technologies de batteries, qui devraient arriver dans nos voitures dans trois à cinq ans, ou pas...

Le poids.

La batterie de 50 kWh d'une voiture électrique actuelle induit un surpoids considérable :

La batterie elle-même, son logement, qui doit résister aux agressions que l'on peut imaginer au cours d'un « crash test », et les renforcements du châssis de la voiture pour la protection contre les chocs, des suspensions qui doit supporter ce surpoids et des pneumatiques évidemment ainsi que des freins plus puissants.

Ce surpoids représente le poids de trois ou quatre passagers, ce qui pénalise le rendement énergétique et accroît le coût de fabrication.

Il devient incompatible avec la notion de gamme moyenne, et constitue le principal obstacle à l'augmentation de capacité dans la technologie actuelle.

L'amélioration significative de ces cinq points est la condition de la généralisation de la propulsion électrique souhaitée par Bruxelles.

Certes, les progrès dans ces domaines de haute technologie ne se décrètent pas, mais le diktat du Parlement Européen aura peut-être pour résultat l'accroissement des moyens donnés à la filière pour booster les technologies de pointe dans le domaine, mais aussi le volontarisme des Etats dans les prises de décisions pour les investissements dans les nouvelles filières, notamment les « giga factories » dont on parle beaucoup mais qui tardent à sortir de terre.

Faute de quoi l'ukase de 2035 n'aura servi qu'à ouvrir un peu plus le marché européen à des « amis » qui n'en demandaient pas tant...

 

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7 mai 2024 2 07 /05 /mai /2024 10:36

Voiture électrique, le dilemme de la batterie.

7 Mai 2024

La voiture électrique tire son énergie de la batterie embarquée.

Mais de quelle quantité d'énergie a-t-elle besoin ?

Comme disait feu Fernand Raynaud à propos du temps de refroidissement du fût du canon, çà dépend...

Selon le poids de la voiture, sa vitesse, les performances aérodynamiques, le Cx (Gabarit), la façon de conduire, la vitesse du vent, la déclivité de la route, la qualité des pneumatiques, l'utilisation, ou pas, des accessoires ( Climatisation surtout ), l'utilisation ou pas de la récupération d'énergie au freinage, la présence, ou pas, d'un coffre de toit ou d'une remorque, et bien entendu le rendement énergétique du moteur, de l'onduleur, de la transmission, et de la batterie elle-même, le tout dépendant de la qualité de fabrication, le besoin énergétique pourra varier entre 10 kWh/100 km et plus de 25 kWh/ 100 km.

Et ceci pour la même voiture évidemment ; il s'agit ici d'un modèle de gamme moyenne.

( Cette grande dépendance de la consommation d'un VEB à toutes les conditions d'utilisation est la rançon de l'excellent rendement de la motorisation électrique. Le rendement est en effet élevé et relativement constant dans toute la gamme d'utilisation ; l'énergie consommée est alors directement proportionnelle à l'énergie demandée, donc très variable..

Dans un moteur thermique le rendement est très variable selon le régime et le remplissage des cylindres. Le moteur est conçu pour avoir un bon rendement aux allures de forte demande de puissance, au prix d'un rendement plus faible aux allures intermédiaires.Les variations de consommation sont ainsi contenues dans une fourchette de 30 à 40%, alors qu'elles atteignent plus de 150% sur un VEB).

Une voiture thermique de gamme moyenne consomme environ 7L/100 km ; un réservoir en tôle de 60 L lui confère une autonomie d'environ 800 km.

Pour avoir une autonomie équivalente avec une motorisation électrique, il faudrait donc une batterie de 150 à 200 kWh.

Les technologies actuelles des batteries ne le permettent pas* dans la classe des voitures de gamme moyenne, qui représentent la majorité des cas.

*( Trop lourdes, trop chères, trop encombrantes ).

D'autre part, pour éviter des courants de charge déraisonnables avec les pertes Joule associées, il faut travailler en haute tension ( 800V au lieu de 400V ), et disposer de bornes de charge de haute puissance ( 3 à 400 kW ).

De tels modèles existent sur le marché, offrant des puissances indécentes* et à des prix qui les éloignent définitivement de la gamme moyenne.

* ( La puissance d'une voiture électrique est celle de sa batterie. Une batterie de 200 kWh en régime 3C peut délivrer 600 kW ( 800 CV ) si on lui accole une motorisation capable de les utiliser... Dans ces cas on utilise plutôt deux moteurs, l'un à l'avant, l'autre à l 'arrière...).

Le kilométrage annuel moyen des VPL en France est de 12 000 km, soit 33 km par jour.

Ces chiffres peuvent laisser penser que, pour une voiture utilisée journellement en agglomération, en trajet-travail, et rechargée le soir au domicile, ou dans la journée sur une borne de parking, une batterie de 20 kWh est largement suffisante.

Mais, si certains n'utilisent la voiture que pour des courts trajets, et prennent le train ou l'avion pour les déplacements plus importants, d'autres utilisent le même véhicule pour tous leurs déplacements, même de plusieurs centaines de km.

Si certains disposent de bornes de recharge à domicile ou sur leur lieu de travail, d'autres doivent « galérer » pour faire le plein de kWh.

Il existe donc de grandes disparités dans les modes d'usage du VEB, et un automobiliste donné peut passer ( veut pouvoir passer ) d'un mode à l'autre selon ses besoins professionnels ou particuliers du moment.

Le VEB à « petite » batterie se voit ainsi cantonné dans le rôle de seconde voiture, ce qui est en soi un marché significatif, mais réservé à une clientèle relativement « aisée », qui l'appréciera en particulier pour circuler dans un environnement ZFE.

Le coût et le poids des batteries actuelles augmentent avec la capacité d'une manière non linéaire ( Au surcoût de la batterie il faut ajouter les surcoûts liés aux renforcements des structures de sécurité associées, à l'accroissement du poids du véhicule nécessitant le renforcement des suspensions et des amortisseurs, de la rigidité du chassis, etc...).

Aujourd'hui le compromis coût-performances conduit à utiliser des batteries de 50 kWh pour les véhicules de gamme moyenne.

Ces véhicules ont une autonomie réelle de l'ordre de 300 km en usage courant, et moins de 200 km sur autoroute.

Ce qui est considérablement inférieur à l'autonomie des véhicules à pétrole, et surtout pose le problème de l'usage de ces véhicules sur autoroute.

Soixante-quinze années d'accoutumance à la voiture thermique ont fait de la voiture à pétrole un objet multi-usages apte à accompagner les enfants à l'école, se rendre au travail, ou partir en vacances et parcourir quelques milliers de kilomètres, ou monter à la station de ski.

«  Faire le plein » est une formalité qui n'a jamais fait débat, sinon à propos du prix du litre de carburant.

Et voici qu'aujourd'hui, au début du troisième millénaire, il nous faut renoncer à cette tranquillité d'esprit, et faire de « l'autonomie restante » de la voiture notre préoccupation essentielle, et de la recherche d'une borne de charge compatible et disponible une sorte de jeu de piste pour enfants attardés.

Car, en 2024, nous en sommes arrivés là.

Et il nous faudra faire avec, jusqu'à nouvel ordre* en tout cas...

*( Certains esprits frondeurs militent en faveur d'autres systèmes de propulsion pour nos bagnoles ; il est question de biocarburants, de e-fuels, d'Hydrogène, de turbines, de piles à combustibles, qui pourraient venir compléter, ou remplacer, ce système à batterie décidément très encombrant...

Quant au système hybride, il contient dans son concept sa propre contradiction, et son coût l'exclut de la gamme moyenne...Pour le moment ).

En utilisation trajet-travail journalier la voiture électrique est parfaite, pour peu que la recharge au domicile soit possible et/ou que le réseau de bornes publiques soit convenable. Le temps de trajet est alors surtout une affaire de densité du trafic.

Mais, pour les usages autoroutiers, le temps de trajet est important, c'est même la raison d'être des autoroutes...payantes...

Une voiture électrique consomme alors environ 20 kWh/100 km à une vitesse voisinant les 130 km/h. ( Les « vrais » chiffres sont même souvent très supérieurs à 20 kWh …).

Pour récupérer cette quantité d'énergie il faudra donc une heure sur une borne de 20kW, ou une demi-heure sur une borne de 40 kW.

L'impact sur le temps de trajet est donc considérable, le temps gagné grâce à la vitesse est perdu à la borne de charge.

Pour une trajet effectif de une heure à 130 km/h, il faut ainsi dépenser 26 kWh, qui seront récupérés en une demi-heure à une borne de 50 kW. Le temps de trajet est augmenté de 50% .

Or, on prend l'autoroute pour gagner du temps, pas pour en perdre.

( Notons que les bornes de 50 kW sont déjà considérées comme des bornes « rapides »).

Cette absurdité n'a pas échappé aux concepteurs du système, qui on rendu obligatoire l'implantation de bornes de 150 kW sur les stations d'autoroutes sur le réseau RTE-T européen.

La récupération des 26 kWh s'effectue alors en 11 minutes, ce qui est raisonnable*.

A condition que la borne soit disponible au moment voulu... et que la batterie soit spécifiée* pour accepter 150 kW, ce qui n'est pas le cas des batteries de 50 kWh de certaines voitures actuelles de gamme moyenne .

( Il faut rappeler ici qu'une batterie ne supporte pas n'importe quel régime de charge ; ce régime max s'exprime par rapport à la capacité C de la batterie.

Si le courant est trop élevé pour une technologie donnée, il se produit des dégâts internes qui peuvent conduire à une perte de capacité, la destruction de certains éléments, des court-circuits internes, voire même un emballement thermique et un incendie.

Les batteries au Lithium des voitures de gamme moyenne actuelles ont un régime de charge limité à 2C environ, soit 100 kW max pour une batterie de 50 kWh.

Donc inutile de se brancher sur une borne de 150 kW, la borne limitera automatiquement la puissance à 100 kW ! Cette limite est transmise par le BMS à la borne via le câble de branchement.

Notons qu'une borne de charge bien élevée limitera d'elle-même le courant de charge pour des raisons de sécurité,notamment si la température de la batterie est déjà élevée, ou trop basse !

Pour augmenter l'autonomie des voitures électriques, certains ont proposé de réduire la vitesse max sur autoroute à 100 ou 110 km/h.

Techniquement la consommation d'énergie des véhicules serait réduite, mais sans résoudre radicalement le problème ( le « gain » serait inférieur à 20% ), et surtout les usagers n'accepteraient pas de payer pour un service qu'ils peuvent avoir gratuitement sur les routes nationales et d'autre part les exploitants d'autoroutes n'accepteraient pas de renoncer à leurs revenus ( ! ).

La solution n'est donc pas de ce côté.

Sur autoroute il est conseillé de s'arrêter à la borne rapide lorsque la batterie est au niveau de capacité de l'ordre de 20%. La distance alors parcourue dépend évidemment de la capacité de cette batterie.

( Le nombre de cycles charge/décharge supporté par une batterie actuelle ( cyclage ) est optimal lorsque le cycle est contenu dans les limites 20%- 80% .Si l'on abuse des charges rapides profondes, il se produit une perte de capacité prématurée ).

Les bornes de charge rapide ne délivrent toute leur puissance que jusqu'à un niveau de 80% de la capacité de la batterie. Sur autoroute, la batterie travaille donc entre 20% et 80% de sa capacité.

Pour une autonomie décente, environ 300 km sur autoroute, il faut donc une batterie de 100 kWh environ.

( 60 kWh « utiles » entre 20% et 80% de 100 kWh ).

Aujourd'hui les batteries de 100 kWh sont encore beaucoup trop lourdes et beaucoup trop chères pour équiper les véhicule de gamme moyenne. On ne les trouve que sur certains modèles haut de gamme.

La « norme » actuelle se situe plutôt sur des batteries de 50 kWh, avec un régime de charge maximum de 2C , donc 100 kW max , et une autonomie autoroutière de 30 kWh ( 20% à 80%), soit moins de 200 km sur autoroute.

Ces résultats montrent clairement qu'un effort de recherche et développement très important est encore nécessaire pour améliorer les performances des batteries au niveau prix, poids, et performances, et aussi sur la sécurité, qui est un autre problème lui aussi préoccupant.

(Le marché mondial de l'automobile électrique risque fort de passer sous le contrôle de ceux qui auront le savoir-faire dans la chimie des batteries modernes, et qui contrôleront l'accès aux sources et au traitement des matériaux de base nécessaires.

Ce dont les industriels européens de l'automobile sont parfaitement conscients ).

D'autre part il demeure le problème de la capacité des réseaux électriques à fournir les pointes de puissance soutirées par toutes ces batteries à certaines heures.

Toutes les stations de charge ne pourront pas délivrer leur puissance nominale simultanément.

De plus, et c'est prévu dans la charte européenne, la puissance souscrite par une station de charge est répartie entre les différentes bornes de cette station ; en cas d'affluence aux bornes, la puissance fournie par chaque borne pourra être réduite, ce qui rallongera d'autant les temps de charge.

Et ceci concerne également les bornes de charge à domicile...

Le « marché » de la voiture électrique est encore en phase de démarrage, et donc très sensible aux réactions de la clientèle qui a besoin d'être rassurée car ces problèmes d'autonomie, plus ou moins glissés sous le tapis, n'en sont pas moins réels au point de devenir l'argument clé de la plupart des publicités.

Le client qui découvre ce problème d'autonomie réelle sur autoroute en informe les réseaux sociaux, ce qui ruine les efforts des publicitaires et ramène le curseur à zéro, ce qui n'est bon pour personne.

La panoplie des problèmes de batteries ( Prix-Poids-Performances-Sécurité ), ne va pas disparaître en 2035 parce que Bruxelles en a décidé ainsi. La baguette magique de la Commission ne peut pas remplacer les efforts des bureaux d'études qui ont besoin de temps pour progresser dans un domaine où le REX ( Retour d'EXpérience ) est essentiel.

Précipiter les choses ne servirait qu'à inonder le marché de voitures à la fiabilité douteuse, au prix mal maîtrisé, et difficiles à revendre en seconde main car très vite dépassées par les nouveaux modèles.

 

 

 

 

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2 mai 2024 4 02 /05 /mai /2024 10:13

 

2 Mai 2024

Jusqu'aux années soixante du siècle dernier, la voiture était un objet utilisant des technologies familières, des matériaux eux-mêmes dans la lignée familière de tout les instruments de cette société, utilisant des procédés classiques, et dont le fonctionnement reposait sur une science robuste et compréhensible du citoyen moyen un peu dégourdi.

Les réparations étaient à la portée de tout un chacun et les pièces détachées disponibles sans problèmes.

L'électricité, pourtant déjà bien implantée dans la société, n'y avait qu'une place réduite au strict nécessaire, à savoir une petite batterie au plomb d'un coût modeste, un petit moteur électrique pour le démarrage, un autre pour les essuie-vitres, une dynamo pour recharger la batterie, une bobine pour l'allumage, et des ampoules pour l'éclairage. Quelques relais électromécaniques complétaient cette panoplie rustique.La voiture électrique, la contamination électronique.

Toutes des pièces étaient fabriquées sur place, les matériaux n'avaient rien d'exotique, sauf le caoutchouc des pneus et des chambres à air..

C'était l'âge d'or des grands constructeurs européens...Et de l'Industrie en général.

On ne parlait pas alors d'électronique, de semi-conducteurs, de puces, de circuits intégrés, de microprocesseurs, de programmation, qui n'existaient pas encore.

Et puis l'électronique a commencé à pointer son nez ; d'abord dans l'allumage, puis le régulateur d'alternateur, puis les freins à disques avec l'antipatinage, et l'injection électronique.

Ensuite, les puces électroniques ont permis d'élargir ce domaine en généralisant la centrale électronique pilotant l'ensemble de la motorisation, avec de multiples capteurs, permettant le diagnostic avec la « valise », éloignant définitivement l'automobiliste de la compréhension de l'engin auquel il confie sa vie et celle de sa famille.

Mais l'invasion électronique ne s'arrête pas là.

Le peu d'initiative qui restait à l'automobiliste disparaît au profit des équipements de « navigation » et de communication, et d'aide à la conduite.

Et ceci « grâce » au contournement d'une réglementation autrefois draconienne concernant l'interdiction de placer un écran vidéo à la vue du conducteur. Interdiction dont la justification était évidente pour tout conducteur ayant un minimum de cerveau.

( C'est pourquoi nous ne la rappelons pas ici, par respect pour nos lecteurs...).

Désormais les écrans ont envahi les tableaux de bord*, et bien entendu l'abondance d'informations dispensées et le nombre de « tapotages » nécessaires pour y accéder constituent des détournements d'attention générateurs d'accidents.

* ( Parfois même le tableau de bord est remplacé par un écran énorme....)

Et le pire est à venir « grâce » à l'IA qui prendra en « mains » la conduite du véhicule, dans lequel l'automobiliste est réduit au rôle de passager.

Cette mutation, qui tend à faire de l'automobiliste un abruti incapable de lire une carte routière, de s'orienter dans l'espace, de se garer convenablement, de respecter la ligne jaune, de ralentir dans une file, et tout simplement de vivre « hors connexion », transforme la voiture en objet électronique comme un autre.

Et l'on sait ce qui est arrivé aux « objets électroniques comme les autres » :

Les téléviseurs, les ordinateurs, les téléphones portables, sont eux aussi devenus des objets électroniques comme les autres, mais ils ne sont plus fabriqués chez nous.

( C'était, au demeurant, l'objectif des partisans de la désindustrialisation...).

C'est ( peut-être ) le sort qui attend la voiture, devenue à son tour un « objet électronique comme les autres » dans sa version électrique, qui devient une sorte de robot dans lequel, éventuellement, des êtres humains seront autorisés à voyager.

Il ne lui reste plus qu'à rejoindre la cohorte de l'IoT ( Internet Of Things ), les « objets » en question étant eux aussi fabriqués en Orient...

Ce qui nous amène à considérer les affrontements entre partisans du thermique contre partisans de l'électrique comme une sorte de guerre picrocholine dont l'issue serait en fait arbitrée par ceux qui on déjà gagné les guerres précédentes des objets électroniques de grand diffusion dont nous ne pouvons plus nous passer...

 

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29 avril 2024 1 29 /04 /avril /2024 18:00

Les carburants liquides au secours de l'électricité ?

29 Avril 2024

Depuis plus d'un siècle l'exploitation des réserves fossiles a ouvert l'accès à des quantités fabuleuses d'énergie qui ont permis le développement de la société actuelle des machines.

La nécessité de renoncer à ces fossiles place maintenant l'Humanité devant l'obligation de leur trouver des substituts sous peine d'avoir à gérer une situation catastrophique que personne ne souhaite.

La transition énergétique a pour but premier l'arrêt des émissions de CO2 fossile, qui ont déjà atteint des valeurs nocives.

Il serait irresponsable d'attendre que les réserves fossiles soient épuisées, il est désormais vital d'agir avec la plus grande urgence.

( Idéalement il faudrait même capturer et séquestrer le CO2 déjà présent en excès dans l'atmosphère, mais l'entreprise est colossale...).

Nos ancêtres se contentaient d'utiliser les sources naturelles d'énergie avec les moyens du bord : Du vent pour faire avancer les bateaux et tourner les ailes des moulins ; le courant de la rivière ou les courants de marées pour actionner la turbine des moulins ou le marteau de la forge ; du bois pour se chauffer et faire la cuisine, un âne ou un cheval pour les travaux pénibles, la force des bras pour les petits travaux et le Soleil pour faire pousser la végétation.

La notion même d'énergie était alors inconnue.

Ces méthodes rustiques pouvaient suffire, l'essentiel des besoins vitaux étant couverts ( pas toujours ) par des productions agricoles locales et un artisanat de proximité.

On ignorait ( du moins le peuple ) qu'il existait d'autres « besoins » que les besoins vitaux.

La découverte des réserves d'énergie fossile a changé tout cela en permettant le développement d'un monde de machines, lesquelles ont transformé les rêves en besoins désormais considérés comme un dû dans nos sociétés dites « développées ».

La société de consommation était née, sa prospérité étant assise sur toujours plus de besoins à satisfaire grâce à toujours plus de machines, lesquelles consomment toujours plus d'énergie.

( Mon grand père se rendait à la ville dans une charrette tirée par 1 cheval ; aujourd'hui, pour faire le même déplacement de la même maison à la même ville je fais appel à 136 chevaux...)

Les fossiles alimentent aujourd'hui 80 % de la consommation mondiale d'énergie.

Nous allons devoir nous en passer, alors que la population mondiale va croître de 8 Milliards en 2020 à 11 Milliards d'ici 2050.

Il n'est pas certain que cet aggiornamento puisse être mené à bien sans de profonds bouleversements sociétaux, qui viendront s'ajouter aux bouleversements engendrés par le réchauffement climatique désormais inéluctable...

Les sources d'énergie de substitution aujourd'hui identifiées peuvent être classées en deux groupes :

A- Les anciennes sources naturelles renouvelables traditionnelles de nos ancêtres:

- Les sources renouvelables décarbonées : Eolien, Rayonnement solaire, Hydraulique, Aéro-thermie, Géothermie.

- Les sources renouvelables à carbone recyclable : Biomasse.

B- Les nouvelles sources naturelles renouvelables:

- La fission de certains atomes radioactifs ( Energie nucléaire ).

( La fission des atomes d'Uranium est un phénomène naturel dans la croûte terrestre. Ce sont ces atomes qui, après concentration, sont placés dans les chaudières nucléaires ).

- L'Hydrogène naturel, identifié mais non encore validé ( nature de flux ou de réserves, quantités, exploitation ).

Ces sources naturelles sont déjà entrées en exploitation ( sauf l'Hydrogène naturel toujours en phase d'évaluation ), à une échelle modérée mais avec de grandes perspectives de croissance, grâce précisément à ces « machines » qui nous viennent du monde des fossiles, et qui ont permis de construire des convertisseurs d'énergie très efficaces :

Centrales thermiques, pour obtenir de l'électricité à partir de la biomasse et/ou de la fission de l'atome, ou de la géothermie profonde à haute température, ou du rayonnement solaire concentré.

Turbines à vapeur pour produire de l'électricité.

Turbine à eau réversibles pour transformer en électricité l'eau des barrages.

Moteurs « thermiques » par combustion de la biomasse.

Moteurs électriques pour obtenir de la force motrice à partir de l'électricité.

Brûleurs pour obtenir de la chaleur par combustion de biomasse.

Panneaux solaires pour obtenir de l'électricité à partir du rayonnement solaire.

Champ d'éoliennes, pour obtenir de l'électricité à partir du vent.

Barrages hydroélectriques, pour obtenir de l'électricité à partir de réserves d'eau.

Batteries électrochimiques pour le stockage de l'électricité.

Electrolyseurs, pour produire de l'Hydrogène à partir de l'électricité.

Piles à combustible, pour produire de l'électricité à partir de l'Hydrogène.

Pompes à chaleur réversibles, pour valoriser la chaleur disponible en climatisation des locaux.

Etc.

Cet arsenal de machines, construites grâce aux énergies fossiles, permettra de tirer le meilleur parti possible des sources naturelles d'énergie, mais sans avoir la certitude que cela suffira aux besoins des sociétés « modernes ».

L'électricité jouera un rôle très important, mais ne pourra pas suffire sans la participation de la Biomasse.

Et même alors, le challenge ne pourra être relevé qu'avec l'appoint d'un programme drastique d'économies d'énergie.

Les outils pour mettre en œuvre cette grande mutation énergétique sont donc déjà disponibles. Il s'agit essentiellement de remplacer les fossiles par de l'électricité ou de la biomasse dans toutes les applications, en tâchant au passage de réduire les pertes énergétiques car « il n'y en aura pas pour tout le monde ».

Tous les secteurs sont concernés, à des degrés divers.

Mais celui qui focalise l'attention est le secteur des transports, pour plusieurs raisons :

- Il est le plus visible,

- Il représente une part très importante de la consommation de fossiles et donc des émissions de CO2,

- Il intéresse tous les autres secteurs d'activités,

- Il est la principale source de pollution atmosphérique par les rejets d'échappements,

- Son rendement énergétique est le plus mauvais et, cerise sur le gâteau,

- Le pétrole qu'il consomme est une denrée stratégique qui pèse lourdement sur les relations internationales.

Donc de multiples raisons de s'en débarrasser...

D'autant plus que, sur le papier, la solution est simple  : il « suffit » de remplacer les moteurs thermiques par des moteurs électriques. Les rendements sont multipliés par trois, et il « suffira » de quelques éoliennes bien placées pour obtenir le courant nécessaire...

C'est du moins ce qu'on peut penser à première vue.

( Hélàs à seconde vue également, à en croire certaines études prospectives...)

Car il y a loin de la coupe aux lèvres.

Le pétrole possède deux énormes qualités qui lui ont permis de conquérir le Monde :

La première est son énorme capacité énergétique spécifique, 11,6 kWh/kg

( Contre 0,2 kWh/kg pour une batterie au Lithium d'automobile ...)

La seconde qualité est qu'il est à l'état liquide dans les conditions normales de température et de pression, donc aisément transportable et simple à distribuer.

( Un réservoir en tôle de 60 L permet à une voiture de parcourir 1 000 km).

Pas de problème d'approvisionnement : Une petite camionnette peut livrer 300 L de fuel au fin fond de la brousse.

Aucun autre combustible ne possède ces qualités, et de loin.

L'électricité est bien loin de cette rusticité et de cette commodité d'emploi.

Elle n'est disponible que s'il existe un réseau de distribution, et pas n'importe quel réseau ; la puissance disponible doit être en rapport avec le besoin des différentes bornes de charge qui y sont raccordées.

Le véhicule électrique doit embarquer une batterie de plusieurs centaines de kg pour une autonomie de quelques centaines de km. Autonomie qui peut être drastiquement réduite si les conditions de route sont dégradées. Et l'itinéraire doit être équipé de bornes de recharge convenablement disposées.

De vastes zones de certains territoires ne pourront pas gérer un parc de voitures électriques.

Ce problème est déjà perceptible dans nos régions développées, on imagine sans peine la situation dans les régions à faible densité de peuplement et/ou dépourvues d'infrastructures adéquates.

De plus l'entretien et la maintenance de ces véhicules requiert des précautions particulières et des compétences qui ne sont pas disponibles partout.

Concernant les transports lourds, les transports maritimes, fluviaux, et aériens, l'électricité ne convient pas pour les mêmes raisons, mais en pire.

Il existe donc une grande part du secteur des transports, y compris transports légers, qui ne pourra pas être électrifiée, et qui devra trouver ailleurs les solutions de sa décarbonation.

Plusieurs voies sont explorées, voire même déjà en exploitation :

Les biocarburants, le biogaz, les e-fuels, l'Hydrogène avec pile à combustible, dont certaines conviendraient également aux véhicules légers à moteurs thermiques.

Compte tenu des besoins et des enjeux, nul doute que ces solutions seront l'objet de recherches et de développements très actifs dans les prochaines années.

Dans ce contexte, les moteurs thermiques auront encore leur place et rempliront au moins la partie la plus importante du contrat : l'arrêt des émissions de CO2 fossile.

D'autant plus que quand il s'agira d'électrifier des centaines de millions de VPL et de VUL, la production d'électricité ne suffira peut-être pas.

( Le parc mondial de véhicule particuliers dépasse le Milliard...)

La messe n'est donc pas dite en matière de moteurs thermiques, et il est peut-être temps de trouver la vraie place de la voiture électrique qui devrait pouvoir cohabiter avec sa consœur thermique, mais pas avec les mêmes ambitions, ni les mêmes prix évidemment.

Dans l'état actuel de la technologie des voitures, des batteries, des structures de distribution d'électricité, et des réseaux de rechargement, il est prématuré de prendre des décisions définitives et d'imposer des choix technologiques aux industriels alors que ces choix n'ont pas été validés par le marché.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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