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19 août 2023 6 19 /08 /août /2023 09:37

19 Août 2023

 

L'électrique a donc le vent en poupe. Après plusieurs années de tâtonnements, le « vrai » démarrage a débuté en 2015 avec un parc électrique roulant de 50 000 VE.

Quatre années de croissance soutenue ( +45%/an ) ont suivi pour porter le parc roulant à 240 000 VE en 2019. (VEB + PHEV ).

L'année 2019 a débuté une période de flambée de la demande ( +65% /an ) qui a porté en trois ans le parc roulant de VE à 1 102 000 VE en 2022. ( VEB + PHEV )

( Source AVERE ).

Compte tenu des aléas divers qui accompagnent la promotion de l'électrique, on peut considérer que ce résultat est plutôt satisfaisant.

On peut cependant s'interroger sur la proportion importante de véhicules hybrides rechargeables, PHEV ( voir graphique ci-dessous extrait de AVERE ) .

Très faible en 2015, cette technologie PHEV a atteint en 2022 près de 40% du total des électriques rechargeables PHEV + BEV.

L'électrique c'est bien, l'hybride c'est pas mal non plus...

Ce constat pose une question importante :

Pourquoi tant d'acheteurs de voitures neuves électriques choisissent-ils le PHEV plutôt que le BEV, malgré son prix plus élevé ?

( Il ne s'agit pas d'une fantaisie passagère, mais d'une tendance de fond comme le montre l'augmentation constante de la proportion de PHEV sur le graphique ci-dessus ).

Et pourquoi ce choix s'est-il conforté avec les années malgré les éloges dithyrambiques du BEV prodigués par le Gouvernement, et relayés par les gazettes ?

La raison n'est pas très mystérieuse :

Le PHEV résout le problème de l'autonomie, tout en respectant les règles des ZFE, et en continuant à offrir des performances routières que n'offrent pas les BEV vite rappelés à l'ordre par l'épuisement de leur batterie.

Par ailleurs, le surcoût des PHEV n'est pas vraiment un problème pour certaines catégories sociales qui recherchent des voitures sans limitation de ceci ou de cela, et qui de plus offrent une empreinte carbone flatteuse grâce au protocole WLTP, très conciliant avec cette technologie.

Pas plus que le surcoût éventuel du carburant (fossile ou pas) ne pourrait être une gène pour des clients prêts à dépenser plus pour se déplacer sereinement...

Et la déductibilité fiscale demeure intéressante, attirant les entreprises comme le miel attire les mouches.

Cette distorsion du marché est étrange si l'on se place dans la perspective de 2035, date limite au-delà de laquelle les émissions de CO2 des véhicules neufs devront être à zéro.

Ce qui exclura de facto les PHEV roulant au carburant fossile en mode thermique.

Restera la possibilité de les alimenter aux carburants bio ou synthétiques, dont on parle beaucoup dans la Presse, et qui pourraient bien obtenir un blanc-seing de Bruxelles sous la pression de quelques constructeurs qui ne souhaitent pas enterrer trop vite le moteur thermique.

La guerre entre le thermique et l'électrique est donc loin d'être terminée, la prochaine étape sera peut-être une coexistence pacifique entre les deux technologies BEV et PHEV, coexistence déjà entrée dans les faits si l'on en juge d'après les choix de la clientèle, mais qui pourrait rapidement être contrecarrée par un codicille du WLTP.

L'évolution de la part des PHEV, aujourd'hui 40% du parc BEV + PHEV, marque peut-être une différenciation durable entre les deux types, qui répondent à des usages différents.

Mais, si une partie des ménages peut acquérir deux voitures, l'autre partie devra faire le choix économique du BEV et gérer les problèmes d'autonomie afférents, problèmes bénins si l'on en croit les gazettes pro-électriques...

Les deux ou trois prochaines années permettront une meilleure visibilité, à l'occasion de la mise en œuvre des ZFE , de la décision définitive de Bruxelles sur les véhicules thermiques fonctionnant au biocarburant et/ou au carburant synthétique, de la mise au net de l'arsenal des bonus, des primes, des taxes, et du développement du réseau de charge rapide pour généraliser au moins le 150 kW.

Cette histoire de PHEV pourrit un peu le débat.

La transition énergétique comporte en effet au moins deux volets :

L'un est relatif à la lutte contre le CO2 atmosphérique.

L'autre, au moins aussi important, concerne la réduction drastique de la consommation d'énergie, dans laquelle le secteur des transports est appelé à jouer un rôle majeur.

Le BEV résout les deux problèmes : Il supprime les émissions de CO2 et divise par trois la consommation d'énergie, à condition d'utiliser une électricité décarbonée, bien entendu.

Le PHEV est neutre vis à vis du CO2, à condition d'utiliser du carburant à carbone recyclable.

Mais il ne permet d'économiser qu'une faible part d'énergie, car son mode électrique est de durée limitée ( Petites batteries ). De plus, l'élaboration des biocarburants ou des carburants de synthèse fait appel à des procédés énergivores, non dénués d'empreinte carbone....

Le PHEV permet donc la neutralité vis à vis du CO2, mais sa contribution à la baisse drastique de consommation d'énergie n'est pas au rendez-vous.

( Le rendement de la motorisation thermique est toujours de 25% quelle que soit l'origine du carburant).

Le choix du PHEV, c'est la ceinture et les bretelles.

Or, lorsque l 'on a goûté au confort des bretelles, l'expérience montre que l'on abandonne vite la ceinture....

On peut penser que l'avenir du PHEV dépend de la façon dont le BEV se sortira des problèmes dans lesquels il est un peu englué aujourd'hui, les principaux étant son autonomie fantaisiste, et un réseau de charge peu lisible.

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9 août 2023 3 09 /08 /août /2023 11:16

 

La charge rapide, le challenge de la voiture électrique.

9 Août 2023

Dans le développement de la voiture électrique, la batterie demeure l'élément le plus problématique.

( Loin devant le moteur, qui ne pose pas de problème technologique majeur sinon les classiques problèmes d'ajustements coût/performances et optimisation du rendement ).

La technologie de batteries au Lithium a certes amené une augmentation significative de la capacité spécifique ( Nombre de kWh par kg de poids ) qui a permis de donner aux modèles actuels une autonomie décente, bien qu'encore très inférieure à celle des véhicules à moteur thermique.

( Et surtout très dépendante des conditions d'utilisation : Type de conduite, conditions météo, profil de la route, chargement, utilisation de la climatisation, récupération, ou pas, d'énergie au freinage, état d'usure de la batterie, etc ).

Il suffit de voir le succès des modèles hybrides rechargeables pour se convaincre de la réalité de ce problème.

Cette autonomie perfectible a cependant permis de lancer le marché du véhicule électrique, mais son expansion naturelle vers l'ensemble du parc demeure conditionnée par la solution de trois problèmes :

D'une part, augmenter significativement la capacité utile des batteries pour retrouver une autonomie réelle classique autour de 600 km. Une valeur de 100 kWh devrait devenir la norme pour une voiture de milieu de gamme.

( ceci doit être obtenu par augmentation de la capacité spécifique afin de ne pas pénaliser le poids déjà très significatif ).

D'autre part, généraliser l'accès aux bornes de charge rapide pour récupérer en 10 à 15 minutes 80% de la charge utile ( Bornes de 300 kW effectifs ).

Enfin, normaliser le système d'accès aux bornes, et de paiement, tels qu'ils sont prévus par le protocole ISO 15 118 ( Plug & charge ).

Accessoirement, clarifier le système de tarification.

Aujourd'hui les batteries de 100 kWh sont encore trop coûteuses et trop lourdes pour équiper les voitures de milieu de gamme, et les bornes de charge rapide de 300 kW sont encore une rareté ; quand aux procédures d'accès et de paiement, la décence nous déconseille d'en parler...

Faire le plein avec une voiture thermique est une formalité qui n'appelle aucune remarque, et le maillage des stations-service est tel que l'affaire ne prend que cinq minutes, un non problème, sinon l'odeur du carburant pour les nez délicats.

Il en va autrement avec les voitures électriques.

Le courant soutiré par le moteur dépend de la puissance demandée.

( Oui, c'est évident, mais encore fallait-il le rappeler...)

Pour rouler à environ 100 km/h, une voiture électrique consomme typiquement 15 kWh/100 km en moyenne, et la batterie fournit donc une puissance de 15 kW, et un courant de 40 A, ce qui lui permet de parcourir environ 300 km avec une batterie de 50 kWh, qui est plus ou moins la norme aujourd'hui sur les voitures de milieu de gamme.

Dans ces conditions le courant soutiré à la batterie est de 40 A, pour une tension de 360 V de batterie. C'est un courant modéré, qui correspond à un mode de décharge C/3.

( Le mode C1 correspond à un courant qui vide la batterie en 1 Heure .Le mode C/3 la vide en trois heures)

En pratique, la voiture est équipée d'un moteur dont la puissance est beaucoup plus élevée que 15 kW, plutôt 60 à 70 kW pour donner des accélérations convenables et rouler à 130, et pour le standing...C'est pourquoi l'autonomie réelle dépend de la façon de conduire car, avec 70 kW utilisés sans ménagement, l'autonomie est fortement diminuée.

( Sans parler des modèles affichant plusieurs centaines de KW, qui n'ont que de très lointains rapports avec la voiture moyenne dont nous parlons ).

Le vrai problème de courant se pose pour la phase de recharge de la batterie.

Si un courant de 40 A sous 360 V permet de rouler tranquille 300 km autour de 100 km/h ( avec une batterie de 50 kWh ), ce même courant de 40 A rechargera la même batterie en trois heures !

C'est le cas avec les bornes de 20 kW qui existent à droite et à gauche, et qui conviennent parfaitement pour charger, si le véhicule peut être immobilisé quelques heures, et si la borne est disponible pendant cette durée.

Une borne domestique de quelques kW suffirait même, si le véhicule peut rester immobilisé sept ou huit heures.

Mais de nombreuses activités entraînent un usage intensif de la voiture, qui ne peut s'accommoder d'arrêts plus ou moins aléatoires, pour des durées également aléatoires, et à des moments inopportuns. Un système de charge rapide est nécessaire pour ces types d'usage.

Mais quelle rapidité ?

La référence est évidemment la voiture thermique, qui fait le plein en Cinq minutes pour 700 km.

En utilisation normale «  économe » sur route une voiture électrique consomme environ 15 kWh aux 100 km, pour une vitesse de 100 km/h ( Chiffres moyens ). La batterie de 50 kWh est donc utilisée en mode décharge C/3, soit 40 A en 360 V, pour une autonomie de trois heures.

Mais, pour refaire le plein en cinq minutes, il faudrait un mode charge 12 C, qui nécessiterait un courant de 1 500 A, toujours en 360 V.

Aucune batterie de cette génération ( 360 à 400 V) ne peut supporter ce régime, et aucune borne de charge rapide n'est envisagée pour un tel courant !

( Pour les besoins de très forte puissance de recharge, on passe dans le domaine du standard 800 V, qui permet d'avoir deux fois plus de puissance pour le même courant. Des essais sont en cours pour élargir la norme à ce domaine, surtout pour les véhicules de transport lourd dont les capacités de batterie sont très élevées et donc les courants max également .

Quelques voitures de haut de gamme ont déjà adopté ce standard, il n'est pas impossible qu'il soit étendu au moyen de gamme dans l'avenir …).

Pour nos modestes voitures, et les (encore) modestes batteries associées ( 50 kWh ), les modes de charge max sont limités en général à C2 ( limite imposée par le fabricant de la batterie et indiquée au catalogue ), ce qui permet de récupérer une charge de 30 kWh (20 à 80%) en 20 minutes environ sur une borne de 100 kW.

Inutile de se brancher sur une borne de 350 kW, elle n'en fournira que 100, conformément à la limite imposée par le BMS de votre voiture.

La recharge d'une batterie de 50 kWh/ 400 V en cinq minutes est donc à oublier, du moins sur les modèles de milieu de gamme, et pour encore quelques années.

( Dans ce domaine les pronostics sont hasardeux car les fabricants de batteries ont plus d'un tour dans leur sac, tant les chinois que les japonais ou les américains...

Rien n'empêche un constructeur d'autoriser le mode C3, voire C4, selon sa conception de la fiabilité...)

Sur les voitures de haut de gamme, on commence à voir des batteries de 100 kWh, qui peuvent donc supporter d'être chargées sur des bornes de 200 kW en mode C2, et davantage si le mode C3, voire C4 est accepté par le constructeur de la voiture ( Voir Tesla...).

Le courant max de charge que peut supporter une batterie pendant un temps donné dépend de sa technologie, des matériaux utilisés avec le Lithium pour les électrodes, le comportement de la résistance interne, l'élévation de température admissible, l'efficacité d'un éventuel système de refroidissement de batterie, ou de réchauffage, la qualité du contrôle de l'équilibrage des cellules,

l'efficacité du BMS ( Battery Management System ), l'état général de la batterie en fonction du « cycling » ( SOH, State Of Health ), de son état de charge ( SOC ), et de la marge de sécurité acceptée par le constructeur.

Ces paramètres font la différence entre une bonne batterie, une batterie standard, et une batterie de grande qualité.

Par exemple, la Peugeot e-208 est équipée d'une batterie de 50 kWh dont le régime de charge est limité à 2C, soit 100 kW. Même branchée à une borne de 300 kW, elle ne recevra au maximum que 100 kW. ( Valeur max indiquée au catalogue Peugeot ). La recharge de 20% à 80% sera effectuée en vingt à trente minutes environ .

Tenter de charger à C3 ou C4 une batterie spécifiée pour C2 max peut très mal se terminer pour la batterie, la voiture, et l'entourage si les pompiers tardent à intervenir...

La recharge d'une batterie de voiture électrique est précédée d'un dialogue entre le BMS de la voiture, et la borne de charge sur laquelle le véhicule est branché. La communication est bidirectionnelle :

Le BMS de la voiture envoie une requête accompagnée d'informations sur le type de la batterie branchée, la tension min, la tension max, la capacité utilisable, la température actuelle de la batterie, son état de charge (SOC), son acceptation ou pas de la charge rapide, la valeur du courant max accepté, l'état de santé de la batterie ( SOH), la température max acceptée, la quantité d'énergie demandée, etc.

La borne examine et enregistre ces données, et répond sur la possibilité, ou pas, de répondre à cette requête, propose un plan de charge, et indique le montant de la transaction.

( C'est du moins ce que doit faire une borne bien élevée)

Le client accepte, ou propose un autre programme, et valide la transaction à travers un moyen de paiement ( Carte à insérer, ou transaction à travers un smartphone, ou un terminal local ).

Ce n'est qu'à l'issue de ce « colloque singulier » que l'énergie est, ou pas, envoyée dans la batterie du quidam.

( Il peut arriver que la borne refuse d'envoyer la puissance, pour des raisons techniques ; par exemple batterie trop déchargée, température trop élevée ou trop faible, ou SOH ( State Off Health ) douteux. Ou qu'elle refuse la charge complète, ou pour toute autre raison ).

L'objectif en matière de charge sur les bornes puissantes est l'automatisme tel qu'il est défini dans la norme ISO 15 118, qui sera ( est déjà?) implémentée dans les versions récentes de COMBO CCS, y compris l'identification du véhicule, de son propriétaire, et facturation automatique de l'énergie reçue.Voir :

https://www.afirev.fr/wp-content/uploads/2020/01/AFIREV-Livre-blanc-d%C3%A9ploiement-15118_Vf-3.pdf

Il est évident que l'évolution du Hardware et du software associés devront assurer un niveau minimum de rétrocompatibilité afin de ne pas pénaliser les véhicules existants.

( Un véhicule acheté en 2015 doit pouvoir utiliser les bornes de charge rapides installées en 2025 )

Mais là ne s'arrête pas la marche du progrès puisque la transition énergétique implique le recours massif aux énergies renouvelables intermittentes, à l'intégration d'une multitude d'installation domestiques raccordées au réseau électrique, lui-même devant accueillir une multitude de stations de recharge pour les véhicules électriques.

Pour gérer ces nouvelles structures et continuer à garantir la stabilité du réseau, il est devenu indispensable de mettre en place des nouvelles méthodes de gestion ( Réseau intelligent ) impliquant le consommateur qui devient un élément de la gestion globale.

C'est là qu'intervient la notion de « batterie domestique », déjà largement mise en œuvre dans certains pays, et qui consiste à équiper les installations d'autoproduction d'une batterie de grande capacité susceptible de participer à la régulation du réseau, et plus seulement aux seuls besoins du foyer.

La batterie d'un éventuel véhicule électrique doit pouvoir être intégrée à ce réseau, dans des conditions contractuelles négociées évidemment.

Cette option est prévue dans la norme ISO 15118, la voiture devant être compatible avec ce nouveau service.

Cette nouvelle application de la batterie de voiture électrique devrait amener à reconsidérer l'utilité d'une batterie de 100 kWh, dont le raccordement occasionnel au réseau pourrait s'accompagner de certains avantages tarifaires...

( Charger gratuitement sa voiture dans la journée sur le parking d'entreprise, pour en revendre une partie à EDF, pourquoi pas ? )

Ce bouillonnement dans le secteur des batteries et des infrastructures de rechargement nous réserve des surprises dans les prochaines années, avec peut-être quelques grincements de dents...

 

 

 

 

 

 

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3 août 2023 4 03 /08 /août /2023 10:09

 

La voiture électrique sauvée par la limitation à 110 sur autoroute ?

3 Août 2023

L'autonomie des voitures électriques pose un réel problème, et pour encore longtemps, car son amélioration dépend des progrès de la physico-chimie des batteries, lesquelles doivent satisfaire un cahier des charges draconien et sans complaisance.

Le poids de cette batterie, son encombrement , la gamme de température, la fiabilité, la sécurité, la robustesse, la tolérance aux surcharges, la longévité, et le coût, doivent être compatibles avec le très sévère cahier des charges automobile, ce qui écarte de nombreuses solutions de remplacement moins onéreuses, qui conviennent très bien par ailleurs à des applications statiques industrielles ou domestiques.

Le problème n'est pas simple.

Pour propulser une voiture électrique moyenne sur autoroute à 110 km/h il faut, dans le meilleur des cas, 15 kWh d'énergie aux 100 km.

( Ce qui correspond à l'énergie contenue dans 1,5 L de supercarburant ! On constate au passage que le rêve de la voiture à 2 litres aux cent est largement dépassé. Le passage à l'électrique était donc parfaitement justifié, et il ne s'agit pas ici de le remettre en cause.

Et, même si cette électricité est parfois encore à 60% fabriquée avec des fossiles,la réduction des émissions de CO2 est considérable, à proportion de la réduction de la consommation d'énergie des voitures ).

Le problème se situe au niveau du stockage de cette énergie électrique.

Pour avoir la même autonomie qu'avec une voiture thermique de moyenne gamme, c'est-à-dire plus ou moins 700 km, il faut donc une réserve d' énergie de 105 kWh, ce qui correspond à une batterie de 115 kWh ( pour garder les marges de sécurité minimales exigées avec la batteries au Lithium.

Avec la technologie d'aujourd'hui, une telle batterie serait beaucoup trop lourde et/ou beaucoup trop chère pour équiper une voiture de moyen de gamme.

( Cette situation est probablement appelée à évoluer dans le futur, mais aujourd'hui il faut faire avec...)

La voiture de milieu de gamme actuelle est donc équipée, au mieux, d'une batterie de 50 kWh pour 40 kWh utiles.

L'autonomie sur autoroute à 110 km/h sera donc de 270 km, et autour de 350 km en parcours mixte avec récupération d'énergie au freinage et vitesse inférieure évidemment.

Sur autoroute à 130 km/h, l'autonomie ne sera plus que de 200 km, voire moins selon le chargement, les conditions climatiques, le profil routier, et l'aptitude du moteur électrique à conserver un bon rendement à haut régime.

( C'est là que se situe, entre autres, la nuance entre haut de gamme et bas de gamme )

Ces performances sont encore clairement trop faibles pour suffire à décider le consommateur à faire ce choix, sachant qu'il peut (encore) choisir un modèle thermique avec lequel il n'aura aucun souci d'autonomie ( 700 km avec un réservoir de 60 L ), pourra rouler à 130 sur l'autoroute, et pourra refaire le plein en cinq minutes n'importe ou avec sa carte bleue.

Ce handicap confine la voiture électrique moyenne actuelle à des parcours locaux, voire régionaux, et à oublier les longs trajets sur autoroute à 130 km/h.

(Quel conducteur accepterait d'effectuer de longs parcours autoroutiers en roulant à 110 dans la file de droite entre deux camions ? Et en plus devoir passer une heure à refaire le plein...dans le meilleur des cas .

La réduction à 110 km/h de la vitesse max sur autoroute permettrait, non pas hélàs d'améliorer le sort de notre électromobiliste, mais de mettre tout le monde à la diète, sans influence drastique sur les temps de parcours, comme on peut le constater tout les jours sur les autoroutes Bretonnes gratuites limitées à 110 km/h depuis l'origine ).

Le choix d'une voiture électrique de moyenne gamme est ( en principe ) déclenché après avoir considéré un certain nombre de facteurs propres à ce mode de propulsion :

Des facteurs positifs :

- La certitude d'échapper partout à la réglementation contraignante des ZFE.

- L'accomplissement d'un geste écologique en réduisant sa consommation d'énergie d'un facteur 3.

- La réduction de son empreinte carbone.

- La perspective de bénéficier des éventuels avantages réservés aux véhicules électriques ( Parkings, stationnement gratuit, accès aux centre-villes, prime d'assurance, etc ).

- La perspective de réduire les frais de « carburant » grâce à la possibilité de recharge au domicile, ou à l'extérieur sur des bornes gratuites ( parkings de supermarché, parking d'entreprise...).

- La réduction du coût d'entretien ( C'est du moins la promesse des vendeurs...).

- Le bénéfice du bonus à l'achat.

Des facteurs négatifs :

- Devoir accepter un mode d'usage automobile qui exclut les longs trajets fréquents sur autoroute à 130 km/h, et qui impose d'utiliser le train ou l'avion ( ! ) avec voiture de location à l'arrivée.

- Accepter de s'accommoder des performances routières de la voiture de grand-père.

- Renoncer à tracter une remorque ou une caravane dans des conditions normales.

- Accepter de subir la contrainte de la gestion des trajets en fonction des points de recharge, de la puissance des bornes, de leur disponibilité, du mode d'accès, et des prix pratiqués.

- Nécessité de disposer d'un accès privé à une borne de chargement domestique pour bénéficier de la sûreté d'accès et d'un tarif maîtrisé de l'énergie, ou d'un accès assuré à une borne de parking d'entreprise.

- Accepter la perspective de la préoccupation permanente de l'autonomie restante, qui dépend des conditions météo, du profil du trajet, du chargement du véhicule, de la galerie, de la vitesse, de la force du vent, de l'utilisation ou pas des accessoires consommateurs d'énergie, et des fantaisies du logiciel du calculateur de navigation et d'autonomie...

- Accepter, selon les conditions de recharge, la perte de temps cumulée de la recharge « off shore » sur des bornes de faible puissance.

( En moyenne une centaines d'heures par an ( 12 000 km ) sur des bornes de 20 kW , contre une heure et demi seulement pour le thermique !! )

- Accepter que, selon la gamme de prix, le véhicule ne soit pas compatible avec la recharge ultra-rapide sur des bornes de 150 kW voire plus, qui sont en cours d'installation.

( Une batterie « standard » de 50 kWh ne sera pas forcément compatible avec une charge à 150 kW, qui nécessite un régime 3C et un gestionnaire de batterie capable de gérer ce courant, donc beaucoup plus chère ).

- Accepter le risque d'une forte décote à la revente en fonction de l'état de la batterie.

( Le coût de remplacement d'une batterie est exorbitant...)

- Admettre globalement qu'une voiture électrique ne se gère pas et ne se conduit pas comme une thermique, et ceci pour encore quelques années.

- Accepter les contraintes liées à la protection de la batterie dans des conditions climatiques extrêmes ( la batterie ne supporte pas les températures trop basses ou trop hautes, qui sont courantes en hiver la nuit, ou en été au soleil...Elle ne supporte pas davantage les décharges excessives ).

L'achat d'une voiture électrique sera ( devrait être ) décidé en fonction du nombre de cases cochées, avec bien sûr des poids différents selon la situation personnelle de chacun.

Ces facteurs guidant le choix évoluent dans le temps en fonction des évolutions de la technologie et de la réglementation.

Les inconvénients liés aux batteries et aux infrastructures de rechargement vont perdurer encore longtemps, et ils ne peuvent que s'accentuer avec la croissance du parc de véhicules à batterie.

( Beaucoup de points à développer : le nombre de bornes de 50, 150, et 350 KW, le maillage du réseau, l'harmonisation des dispositifs de raccordement, des procédés de facturation, des standards de câbles et de prises, et bien sûr la clarification du prix de l'énergie ainsi obtenue, et l'impact éventuelle des taxes spécifiques ).

Ce n'est certainement pas en niant l'existence de ces problèmes que l'on pourra obtenir des améliorations...

En 2022, le parc de véhicules électriques à batterie ( VP + VUL ) classés Crit'Air E s'élevait à 462 000 pour un parc total VP+VUL de 45 000 000 , soit 1%.

Source :

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/donnees-sur-le-parc-de-vehicules-en-circulation-au-1er-janvier-2022

Ce taux de pénétration est encore très largement insuffisant pour porter un jugement sur la réussite ou l'échec le la voiture électrique à terme.

(Ce n'est pas avec 1% de pénétration que l'on peut identifier les problèmes posés par l'électrique...Il faudra atteindre au moins 10 % pour commencer à voir les vrais problèmes arriver, ou pas).

Mais le taux de croissance de 250 % observé de 2020 à 2022 permet d'être optimiste quant à l'intérêt des usagers pour cette technologie.

La voiture électrique démarre bien, souhaitons-lui bonne route, et vive le 110...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 juillet 2023 6 29 /07 /juillet /2023 16:53

 

Le Gaz, un produit d'avenir ?

29 Juillet 2023

La prise de conscience de la nécessité de supprimer les émissions anthropiques de Gaz à effet de serre a été une démarche intellectuelle lente, si tant est qu'on puisse la considérer comme totalement accomplie aujourd'hui.

( Il existe encore un mouvement de pensée négationniste groupant des partisans dont certains ne sont pas dénués d'influence ).

Depuis deux siècles les sociétés humaines se sont organisées sur le principe de la croissance économique et technologique soutenue par l'utilisation massive de l'énergie, laquelle est encore obtenue essentiellement à partir des produits fossiles ( 80% ), ceux-là même qui sont aujourd'hui condamnés par la nouvelle croisade.

Personne n'est prêt à abandonner la civilisation actuelle pour un autre système dont l'énergie ne serait plus le moteur.

( Au contraire même, les pays hors OCDE sont demandeurs pour accéder à cette société énergétique : Voitures, camions, trains, bateaux, engins de chantiers, avions, climatisation, appareils ménagers, soins médicaux, informatique, communications, audio-visuel, loisirs, etc ).

L'abandon des fossiles implique donc impérativement leur remplacement par des sources d'énergie décarbonée, avec le double objectif de ne pas détruire l'édifice technico-économique que nous avons mis deux siècles à construire, et de garantir le développement des zones hors OCDE.

Compte tenu des ces impératifs incontournables, le passage rapide de la conviction intellectuelle à la démarche concrète de transition énergétique paraît de plus en plus illusoire.

Ce passage ne pourra être que progressif et s'étaler sur de nombreuses décennies, pour d'une part valider les différentes étapes, et d'autre part réunir les moyens financiers nécessaires car plusieurs milliers de Milliards devront être investis chaque année pour un tel programme.

L'idée d'y aller progressivement n'est donc pas stupide à priori.

Les énergies fossiles n'ont pas toutes la même nocivité carbonée.

Le charbon est le plus émetteur de CO2, suivi du pétrole ( - 30% ), puis du Gaz naturel ( - 50% ).

Il serait donc assez logique de s'attaquer d'abord au charbon, puis au pétrole, et laisser un sursis au Gaz naturel qui pourrait assurer une transition progressive vers la décarbonation totale de l'énergie, en corrigeant les soubresauts d'une pénurie qui serait due aux aléas de la croissance des renouvelables décarbonées.

Les avantages de conserver une filière Gaz sont nombreux :

- Les réserves mondiales de Gaz naturel sont importantes.

- Les sources d'approvisionnement sont relativement diversifiées.

- La substitution par du Biogaz ou du Gaz de synthèse sera naturelle et sans impact sur les installations existantes le moment venu.

- Les centrales électriques à gaz, à la fois de base et pilotables, sont LA solution adéquate pour la compensation de l'intermittence de l'éolien, du solaire, et de l'Hydroélectrique.

( Centrales alimentées d'abord par le GN, puis par du Biogaz et/ou du gaz de synthèse ).

- Les installations du réseau de distribution et de stockage de Gaz existantes seront directement utilisables avec le Biogaz ou le gaz de synthèse, sans modification majeure.

- Le Gaz demeure une solution efficace pour le chauffage des bâtiments, grâce au couplage avec les PAC, le Gaz naturel étant remplacé par le Biogaz le moment venu.

-Les applications existantes du GNV ( Gaz Naturel pour Véhicules ) pourront alimenter le parc automobile à moteur thermique subsistant après 2035, avec des modifications mineures déjà en service, éventuellement transposées sur le Bio-gaz et/ou le gaz de synthèse lorsqu'ils seront disponibles.

Dans la mesure où la panoplie des énergies de substitution comprendra du Biogaz et du Gaz de synthèse, et compte tenu de toutes les applications citées plus haut, il est logique de réserver au Gaz

naturel un sort moins brutal que celui du charbon et du pétrole.

( La mort du moteur thermique, décidée pour 2035, est un exemple de ces décisions à la hussarde traduisant plus un manque de sang froid qu'une réflexion mesurée...)

Il pourrait de plus constituer une variable d'ajustement pour sécuriser la transition énergétique pendant la période de croissance des nouvelles sources, période qui peut être chaotique*...

*( Fabriquer de l'électricité décarbonée est une chose, adapter la technologie de la planète Terre à utiliser cette électricité en remplacement du pétrole en est une autre, bien plus compliquée...)

Il y a ainsi de nombreuses raisons de préserver la filière Gaz au moins jusqu'en 2050, date à laquelle il sera possible de constater le succès ( ou l'échec ) de la première phase de la transition énergétique.

 

 

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20 juillet 2023 4 20 /07 /juillet /2023 18:41

 

Eolien et Solaire décarbonés, pas encore tout à fait...

20 Juillet 2023

L'Eolien et le Solaire sont unanimement présentés comme modèles parfaits de sources d'énergie décarbonée.

C'est vrai dans la mesure où l'on considère l'énergie électrique disponible à la sortie de la turbine ou du panneau.

( Encore faudrait-il tenir compte de l'empreinte carbone de tous les processus qui ont permis de mettre au point les techniques nécessaires, d'extraire les éléments minéraux indispensables, de construire les turbines, les pales, les panneaux PV, les éléments de liaison, d'assurer la maintenance et le démantèlement, le recyclage des matériaux, etc... à renouveler tout les vingt ans. ).

Cette électricité qui sort de la turbine ou du panneau est, par définition, l'image de la force du vent ou de l'ensoleillement, c'est-à-dire extrêmement fluctuante.

Voir :

https://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/fiches-energie/Fiche%20SLC%20%20L%27%C3%A9lectricit%C3%A9%20%C3%A9olienne.pdf

Or, le réseau de distribution national ne peut être stable que si le gestionnaire a les moyens de contrôler la puissance injectée pour l'accorder à la puissance demandée à un moment donné, faute de quoi le réseau peut entrer en « blackout » ou causer de graves désordres.

Ce contrôle implique que les installations de production connectées au réseau ( fournisseurs d'électricité ) soient à la fois « de base » et « pilotables » dans le cadre de leur contrat de capacité.

c'est le cas des installations traditionnelles : centrales thermiques à flamme et centrales nucléaires. (Les centrales hydroélectriques sont pilotables également, mais leur caractère « de base » est limité par le contenu de la retenue et/ou de la pérennité du courant pour les centrales au fil de l'eau ).

(Le réseau RTE de distribution de l'énergie électrique a la charge de fournir une électricité conforme à un cahier des charges strict concernant la fréquence du signal, les limites hautes et basses de la tension, les limites des distorsions harmoniques, l'impédance de source, les temps de réponse aux fluctuations de fréquence ou de tension, les caractéristiques des signaux parasites possiblement présents, afin de fournir aux utilisateurs un cadre clair et précis pour développer les matériels connectés à ce réseau et en garantir la sécurité à leurs clients.

Le principe de base de la gestion du réseau RTE est que d'une part c'est RTE qui en a la charge et que, d'autre part cette gestion consiste à fournir au réseau la quantité d'énergie demandée par les utilisateurs à un moment donné, ni plus, ni moins.

Actuellement, c'est donc l'offre qui doit s'adapter à la demande, et non l'inverse...).

Les parcs Eoliens et Solaires ne sont ni pilotables, ni de base.

Leur connexion au réseau électrique n'est donc possible que si, dans le même temps, on dispose des moyens de production chargés de compenser les fluctuations « naturelles » de ces sources intermittentes.

Lorsque la puissance des énergies intermittentes ne dépasse pas 10 à 20 % de la puissance moyenne du réseau, il est possible de compenser en faisant appel aux sources pilotables et de base déjà actives ( Centrales hydroélectriques et thermiques à flamme, selon la vitesse de réaction demandée et l'ampleur de la demande. On peut également faire appel à des batteries, mais pour des quantités d'énergies modestes.

L'hydraulique convient pour des interventions rapides, mais il est limité en durée. Les centrales à gaz sont très bien adaptées à la durée, et leur temps de réaction est de quelques minutes.

Mais lorsque la puissance éolienne et solaire dépasse un seuil de l'ordre de 20% de la puissance moyenne réseau, il faut augmenter la puissance des moyens de production de base et pilotables sous peine de déstabiliser le réseau avec risque de blackout.

*( On peut cependant concevoir un système de gestion dans lequel la demande devrait parfois pouvoir s'adapter à l'offre en périodes critiques, mais il faudrait pour cela réorganiser en profondeur le système de distribution, implémenter le « Smart Grid », développer l'autoproduction et l'usage de la batterie domestique, etc. Un tel système est à l'étude, des démonstrateurs sont en cours d'évaluation, les applications concrètes sont attendues d'ici 2030 ).

Voir :

https://www.smartgrids-cre.fr/introduction-aux-smart-grids

RTE gère près de 170 producteurs d'électricité* qui sont appelés selon les besoins, selon leurs contrats de « garantie de capacité », et selon les coûts.

*( Qui comprennent les moyens de production propre de EDF, ceux des concurrents ayant passé un contrat de capacité, les particuliers exploitant une installation privée raccordée au réseau, et bien sûr l'énergie échangée sur les interconnections transfrontalières ).

Voir :

https://www.rte-france.com/creer-valeur-territoires-entreprises/clients/qui-sont-nos-clients

C'est donc bien RTE qui décide, à un moment donné, qui doit entrer sur le réseau pour fournir telle puissance pour répondre à telle variation de la demande des utilisateurs finaux.

( C'est également RTE qui décide, le cas échéant, d'utiliser les capacités d'effacement qui ont été négociées avec certains « gros » consommateurs en cas d'insuffisance de puissance par rapport à la demande.Cette possibilité pourra être étendue aux consommateurs individuels lorsque le réseau intelligent sera opérationnel ).

Les capacités de production allouées à la compensation de l'intermittence des renouvelables doivent être prévues en fonction des besoins tels qu'ils sont définis dans le plan de développement.

( SRCAE, Schémas Régionaux Climat Air Energie, et S3REnR, Shémas Régionaux de Raccordements au réseau EnR ).

Voir :

https://assets.rte-france.com/prod/public/2020-07/Accueil%20des%20%C3%A9nergies%20renouvelables%20sur%20le%20r%C3%A9seau%20-%20RTE%20se%20mobilise.pdf

En clair, il s'agit donc de dupliquer partiellement les moyens de production d'électricité intermittente avec des moyens de production de base et pilotables avec des temps de réaction réduits.

Trois questions se posent alors, qui engagent cette stratégie de duplication dont le coût sera évidemment considérable, à la mesure de la part prise par ces renouvelables dans le mix énergétique :

- Quelle sera la proportion des énergies intermittentes dans le mix électrique de 2050, et quelle en sera la valeur en TWh ?

- Quelle proportion de la puissance installée Eolienne + Solaire faudra-t-il prendre en compte pour garantir l'efficacité du système de compensation ( 30 % ? ou 60 % ? ).

- Quels types de moyens de compensation faudra-t-il utiliser pour obtenir le meilleur rapport coût/performances ?

Les technologies disponibles pour jouer ce rôle doivent évidemment être rapidement mobilisables, ce qui exclut le nucléaire qui n'aime pas être brusqué.

( Le nucléaire est pilotable, mais avec moult précautions, incompatibles avec des temps de réponse de quelques minutes, qui sont plutôt du ressort des batteries ).

L'Hydraulique est bon pour les interventions rapides, mais il ne tient pas la durée.

( La plupart des centrales hydroélectriques de barrage ont été transformées en STEP, mais leur capacité d'intervention est limitée par la contenance des réservoirs...)

Les batteries sont un moyen d'intervention extrêmement rapide, mais limité en capacité.

Il reste donc les centrales à Gaz pour les interventions de longues durées.

( Longue durée veut dire plusieurs semaines, voire plusieurs mois, on parle alors de « semi-base » )

Mais quel Gaz ?

Le seul gaz disponible aujourd'hui en quantité et sur la durée est le Gaz naturel fossile.

Le CO2 émis par ces centrales est évidemment imputable aux EnR, qui cessent de ce fait d'être décarbonées.

(Aujourd'hui la France dispose de 11 centrales à flamme ( Vieilles TAC, Turbines A Combustion, et TCCG, Turbines à Cycles Combinés Gaz, plus récentes ). La puissance installée est de 18,5 GWe, et l'énergie produite 42,6 TWh en 2019.

Cette production à partir du Gaz fossile sert à compenser les intermittences de l'éolien et du solaire, et également les faiblesses éventuelles du Nucléaire.

Leur facteur de charge réduit ( 16 %) est lié à leur utilisation en semi-base*, mais leur rôle est essentiel.

* Semi, à cause du prix du Gaz ...L'Allemagne a fait un autre choix et rencontre d'autres problèmes, chacun sa m.... ).

voir eco2mix et :

https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/l-energie-de-a-a-z/tout-sur-l-energie/produire-de-l-electricite/le-thermique-a-flamme-en-chiffres

Cependant, la part de gaz fossile de compensation par rapport à la production Eolienne+Solaire demeurant faible ( environ 20 à 30% à confirmer ), l'empreinte carbone résultante est considérée comme acceptable, mais à titre provisoire*...

* ( On imagine mal en effet concevoir pour 2050 un système de production d'énergie électrique soi-disant décarbonée incluant des centrales à Gaz fossile pour une fonction essentielle, et durable...)

Tant que cette situation perdurera, l'empreinte carbone de l'Eolien et du Solaire sera celle des centrales à gaz utilisées pour compenser leur intermittence.

( On pourrait en dire autant à propos du Nucléaire, dont les défaillances doivent être également compensées par les centrales à gaz et/ou des importations d'électricité ... A la nuance près que les « pannes » du nucléaire ne sont heureusement pas systématiques, contrairement aux EnR qui dépendent par nature du vent et du Soleil...Quant aux arrêts des réacteurs pour entretien et changement de combustible,on peut les programmer en fonction des prévisions de consommation).

 

Cette situation dans laquelle les fossiles compensent l'intermittence des EnR décarbonées n'est évidemment pas acceptable dans la durée. Elle doit être corrigée d'ici 2050.

Pour échapper à cette malédiction carbonée ( Et à la taxe carbone...), il faut donc trouver une ou des solutions pérennes :

La plus simple ( simpliste ? ) consiste à alimenter les centrales avec du Biogaz. A condition de disposer de ce gaz en quantités suffisantes, that is the question....Pour laquelle nous n'avons pas la réponse.

(Comme dirait JMC, si tout le monde se précipite sur le biogaz pour résoudre son problème de carbone, il n'y en aura pas suffisamment...)

La plus sophistiquée fait appel à la filière Hydrogène. Electrolyse pour fabriquer l'Hydrogène en période de surproduction des EnR, et stockage pour restituer ensuite l'électricité grâce à des piles à Hydrogène, pour suppléer une baisse de production des mêmes EnR.

( Voire même combustion directe de l'Hydrogène ).

Une autre solution peut provenir des e-fuels, mais quand et à quel prix ?

Reste à démontrer que le stockage de l'Hydrogène peut répondre à une pénurie durable de vent et de Soleil...

Voir :

https://www.entreprises.gouv.fr/fr/strategies-d-acceleration/strategie-nationale-pour-developpement-de-l-hydrogene-decarbone-france

On voit qu'il n'y a pas de solution évidente et sure ; le bouillonnement technologique actuel est un indice positif, mais il faudra faire des choix pour investir lourdement avec 2050 pour horizon.

Planter des éoliennes et semer des panneaux solaires est certes indispensable, mais inefficace si les moyens complémentaires ne sont pas au rendez-vous pour gérer leur intermittence.

Cette stratégie devra par ailleurs être soutenue par la démarche d'économie d'énergie, voire de sobriété énergétique, et par la généralisation de l'autoproduction associée au réseau intelligent.

Il faudra probablement recourir à des coupures ciblées pour faire face aux baisses d'énergie électrique non compensables.

Une seule certitude :

Le Gaz, naturel ou Bio, devient ainsi un arbitre pour le succès ou l'échec de la transition énergétique.

Voir :

https://www.grtgaz.com/sites/default/files/2023-04/Plan-Decennal-de-Developpement-2022-2031.pdf

Il paraît difficile de mener le combat contre les énergies fossiles sur les deux fronts simultanément : le pétrole et le Gaz.

Le remplacement du pétrole par de l'électricité décarbonée entraînera un accroissement de la demande électrique, qui sera obtenu avec l'éolien et le solaire dont l'intermittence sera compensée par des centrales à Gaz.

Ce qui implique à minima le maintien de ces centrales, et leur développement à hauteur du besoin de soutien de l'éolien et du solaire, besoin appelé à croître fortement dans les prochaines décennies.

Il paraît donc logique de maintenir et développer les centrales à gaz sans lesquelles les renouvelables décarbonées ne pourront pas être exploitées efficacement.

Le gaz utilisé sera le gaz naturel fossile tant que le Biogaz ne sera pas disponible en QSP.

Ce qui n'empêche pas de mener campagne pour supprimer les utilisations du GN dans le Résidentiel-Tertiaire et partout où c'est possible, mais surtout pas dans la production électrique...

La construction de nouvelles centrales à Gaz peut devenir un vrai sujet dans un proche avenir...

L'Allemagne rencontre le même problème, compliqué de l'impact de l'abandon du nucléaire...

Voir :

https://allemagne-energies.com/2023/01/05/la-sortie-du-charbon-necessite-la-construction-prealable-de-nouvelles-centrales-a-gaz/

La labellisation verte pour les centrales nucléaires et à Gaz, adoptée par les Eurodéputés en Juillet 2022, avec certaines restrictions temporelles, prend acte de la difficulté ( l'imprudence) d'imposer une transition énergétique « à la hussarde » en écartant le pétrole et le gaz naturel avant même d'avoir sécurisé les solutions de remplacement et vérifié la faisabilité socio-économique du programme d'économie d'énergie sans lequel il sera difficile de boucler les fins de mois dans quelques années sans pétrole et sans Gaz.

 

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8 juillet 2023 6 08 /07 /juillet /2023 19:08

 

De l'énergie verte oui, mais laquelle ?

8 Juillet 2023

Nous sommes donc mis en demeure de mettre fin à l'usage des combustibles fossiles sous peine d'avoir à subir un désastre climatologique entraînant des conséquences extrêmes sur les sociétés humaines.

( Un grand nombre d'autres facteurs participent également à perturber le climat, mais leur rôle est considéré comme mineur par rapport au CO2 des fossiles, qui demeurent l'accusé principal identifié par le GIEC.

Une autre raison de se débarrasser des fossiles est leur disparition prochaine par épuisement des gisements naturels, et leur moindre intérêt en tant que réserves stratégiques, eu égard à la tournure prise par les relations internationales...).

Pour remplacer les fossiles d'ici la fin du présent siècle, il nous faut donc recourir aux énergies décarbonées déjà identifiées et déjà exploitées de par le monde :

Eolien, Solaire, Hydraulique, Géothermique, et Nucléaire.

Auxquelles on pourra joindre les sources d'énergie à carbone recyclable, sous certaines réserves :

Biomasse solide, Biogaz, Biocarburants.

Il existe donc huit méthodes validées et utilisables immédiatement, parmi lesquelles il faut faire des choix, car chacune nécessite des investissements lourds particuliers à la fois pour la production de l'énergie et pour les applications de cette énergie.

Les choix dépendront d'une part des dispositions naturelles géographiques ( Climat, Hydrologie, Ensoleillement, régimes des vents, Géologie, Géothermie, espaces cultivables, couvert forestier, …) et d'autre part des choix politiques des Etats concernant l'indépendance énergétique, les accords d'échanges internationaux, etc.

Par ailleurs, la lutte contre les émissions de CO2 fossile est un combat planétaire. Les résultats se mesureront globalement et donc les solutions choisies seront appréciées* en fonction de l'impact sur la planète, et non à l'échelon local.

*( l'externalisation des émissions de CO2 sera évidemment pénalisée ).

La France utilise déjà les sources d'énergie décarbonées : Hydraulique, Biomasse, Eolien, Solaire, Géothermie, Nucléaire, qui participent pour 42% à notre consommation finale d'énergie.

Le challenge consiste à remplacer les 58% restants fournis par les fossiles.

Compte tenu du potentiel d'aménagement du territoire français, du peuplement, des impératifs écologiques, de la vocation agricole vers les cultures vivrières, et des faibles possibilités d'extension de l'hydraulique et de la Géothermie, l'accent a été mis sur les sources d'énergie à fort potentiel de développement :

Eolien, Solaire, et Nucléaire.

Ces sources produisent essentiellement *de l'électricité.

*( Le Solaire thermique aura cependant un rôle à jouer, et il n'est pas interdit de penser à valoriser la chaleur fatale des réacteurs nucléaires...)

Les EnRth, qui participent aujourd'hui pour 15% de l'énergie finale, croîtront en fonction des opportunités dans les domaines du Biogaz, de la Géothermie, de la cogénération ( éventuellement nucléaire ), et de la filière bois-énergie déjà bien développée.

Le développement des Biocarburants devient sans intérêt *depuis la décision de Bruxelles de supprimer les moteurs thermiques...

* ( Si nécessaire ils pourront être importés, cela dépendra de l'évolution du feuilleton bruxellois « Il faut tuer le moteur thermique » dont le dernier chapitre est à rebondissements...).

Dans la stratégie française, le projet le plus important est la réduction des besoins énergétiques dans tous les domaines. Les moyens qui seront mis en œuvre reposent sur quatre piliers :

- L'électrification des applications reposant aujourd'hui sur les fossiles.

- La chasse aux gaspillages d'énergie.

- La gestion intelligente de l'énergie de réseaux, notamment électrique.

- La promotion pour une réforme des comportements des usagers.

Le but étant de réduire drastiquement la dépense d'énergie finale, vers un objectif de l'ordre de 1000 TWh contre 1650 aujourd'hui.

Ce qui limiterait à moins de 400 TWh* la quantité d'énergie renouvelable nécessaire pour remplacer les fossiles.

*( Dont au moins 300 TWh électriques...).

Ces 300 TWh supplémentaires d'électricité seront éventuellement partagés entre l'Eolien, le Solaire, et le Nucléaire.

Les 50 parcs éoliens offshore ( 4 000 machines ) évoqués par le Président fourniraient 150TWh, les autres 150 TWh seraient fournis par une dizaine de nouveaux réacteurs nucléaires, également prévus par notre énergéticien favori.

Tout cela évidemment en sus du parc de production déjà existant, éventuellement renouvelé pour remplacement des réacteurs arrivés en fin de vie.

Il ne reste plus qu'à trouver les centaines de Milliards* qui seront nécessaires tous les ans pour financer cet aggiornamento, et surtout à former les dizaines de milliers de spécialistes qui seront nécessaire à la réalisation de ce vaste programme.

*( Et quelques centaines d'autres qui seront nécessaires au financement des travaux d'aménagement du territoire pour pallier les conséquences du dérèglement climatique, qui se produira quoiqu'il arrive...).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 juin 2023 5 30 /06 /juin /2023 14:05

30 Juin 2023

La France consomme bon an mal an 1650 TWh d'énergie finale, toutes sources confondues, soit environ 142 Mtep.

L'énormité de ce besoin d'énergie dépasse l'entendement.

( Traduit en énergies renouvelables, cela correspondrait à 52 000 éoliennes offshore de 8 MW...)

Le tableau ci-joint montre la répartition par énergies et par secteurs :

( Chiffres 2019, corrigés des variations saisonnières )

Source :

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/sites/default/files/2020-11/datalab_70_chiffres_cles_energie_edition_2020_septembre2020_1.pdf

( p 24 à 31 ).

( Les chiffres 2020-2021- 2022 n'ont pas été retenus car ils sont impactés par la crise du COVID et la guerre en Europe, ils ne sont pas représentatifs de la norme ).

La transition énergétique, surtout une affaire de sobriété.

Les fossiles participent pour 58% de la demande, soit 950 TWh.

Pour remplacer ces 950 TWh par des renouvelables, il faudrait par exemple 30 000 éoliennes offshore de 8 MW, ou 80 réacteur EPR de 1 650 MW, ou un mélange des deux.

Une telle débauche de tours Eiffel sur nos côtes paraît à priori difficilement concevable en France.

Présenté ainsi, le challenge de la transition énergétique est une gageure, un combat déraisonnable perdu d'avance.

La condition « sine qua non » à remplir avant même de compter les éoliennes ou les réacteurs EPR, est donc de réduire notre appétit énergétique de manière drastique pour le ramener à un niveau plus raisonnable, compatible avec les capacités potentielles des sources d'énergie renouvelables décarbonées disponibles.

( Le qualificatif « Disponibles » est important, car il existe dans les cartons des propositions de séduisants substituts aux fossiles, mais qui ne seront pas disponibles avant quelques décennies, au mieux : Réacteurs à fusion, Hydrogène naturel, Bio combustibles de troisième génération, e-fuels, etc..)

La disponibilité sans limite, et pour un prix modique, des énergies fossiles nous a conduits à les utiliser sans trop nous préoccuper du gaspillage. Il existe donc un fort potentiel d'amélioration de l'efficacité énergétique dans tous les domaines, et particulièrement dans les secteurs des transports et du résidentiel-tertiaire.

L'acte de fondation de la transition énergétique est donc le programme d'économie d'énergie visant en premier lieu à réduire l'appétit exorbitant des secteurs du transport et du résidentiel-tertiaire.

A eux deux, ces secteurs consomment aujourd'hui 1 250 TWh , 75 % de l'énergie finale nécessaire à la France, incluant la grosse majorité des combustibles fossiles, Gaz naturel et pétrole.

Pour réduire cet appétit énergétique, plusieurs facteurs positifs vont pouvoir intervenir :

Côté force motrice, le remplacement des moteurs thermiques par des moteurs électriques permettra en principe de réduire le besoin d'énergie d'un facteur trois dans le secteur des transports.

Le gain d'énergie serait donc de 250 à 300 TWh environ.

En plus de ce « geste » technologique, une réorganisation des usages dans la mobilité permettrait de réduire encore globalement le besoin d'énergie : Développement des transports collectifs, du covoiturage, du travail à domicile, du transport fluvial des marchandises, du développement des circuits courts, et de l'usage de la bicyclette, éventuellement électrique. De grands gisements d'économies sont à exploiter dans ces secteurs.

Coté chaleur, les résultats combinés de la campagne d'isolation thermique des bâtiments, et du remplacement des chauffages à effet Joule et/ou au fuel et au Gaz naturel par des systèmes à pompes à chaleur, permettrait de réduire la demande également d'un facteur trois, avec un gain d'énergie d'au moins 300 TWh également.

Ces évolutions technologiques seront ( devront être ) accompagnées également d'une gestion plus rationnelle de l'énergie grâce à la généralisation des gestionnaires d'énergie, des batteries électriques, et d'une part d'autoproduction.

Le besoin d'énergie finale pourrait ainsi être réduit à 1 000 TWh environ.

Aujourd'hui la production annuelle d'énergie renouvelable est « déjà » de 700 TWh (incluant le nucléaire évidemment ). Il « suffirait » donc de produire 300 TWh supplémentaires de renouvelables pour remplir le contrat et remplacer complètement les fossiles.

Mais ces 300 TWh supplémentaires devront être majoritairement électriques.

(Le partage précis entre électricité et EnRth ne peut pas être connu aujourd'hui, mais une répartition 200 TWh électriques et 100 TWh EnRth paraît probable.

EnRth = Biomasse, Biogaz, Biocarburants, Solaire thermique, Géothermie, récupération de chaleur fatale...).

Ce n'est pas un problème de production puisque le Nucléaire, l'Eolien, le Solaire, l'Hydraulique, produisent nativement de l'électricité, et que les technologies existent et sont déjà utilisées.

Il « suffit » de construire les parcs adéquats :

Pour produire 200 TWh d'électricité supplémentaire, il faut, au choix :

16 réacteurs EPR, ou

7 000 éoliennes offshore de 8 MW,

(Ou un mix des deux évidemment)

En plus du parc de production d'énergie actuel évidemment...

C'est encore beaucoup, mais c'est la condition nécessaire à l'abandon des fossiles.

( L'annonce par le Président d'un projet de 50 parcs éoliens offshore répond à une partie de ce besoin...)

Les véritables problèmes se situent au niveau de la réalisation du programme de réduction de la consommation d'énergie ; L'électrification du secteur des transports, le reconditionnement thermique de tous les bâtiments, la généralisation des pompes à chaleur, la modernisation des réseaux de transports collectifs, la mise en place du réseau électrique intelligent ( Smart Grid ), la généralisation de l'autoproduction et des batteries domestiques, etc.

Tout cela nous coûtera quelques milliers de Milliards d'euros, mais c'est pour la bonne cause...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 juin 2023 1 05 /06 /juin /2023 09:22

L'électricité renouvelable, çà vient, çà vient...

5 Juin 2023

 

Le tableau ci-après montre la situation de la production française d'électricité renouvelable hors nucléaire.

 

L'électricité renouvelable, çà vient, çà vient...

Ces résultats appellent quelques commentaires.

La production totale de ces renouvelables représente 22% de la production électrique, le reste étant fourni par le Nucléaire ( 410 TWh ) et quelques centrales thermiques à Gaz pour arriver à un total de 530 TWh électriques environ, relativement stable d'une année sur l'autre ( corrigé des variations saisonnières ).

La consommation finale d'énergie électrique est d'environ 500 TWh, le reste étant dissipé dans le réseau et les consommations internes RTE/ENEDIS/, et le bilan import/export .

La moitié de l'électricité renouvelable ( # 60 TWh ) est fournie par le parc historique Hydroélectrique construit au siècle dernier en complément du parc électro-nucléaire encore en exploitation.

( Ce parc hydraulique ne doit rien à la transition énergétique, faut-il le rappeler ).

L'autre moitié ( # 60 TWh ) est fournie par les énergies Eolienne, Solaire, et Biomasse, qui représentent donc 11 % de notre production électrique.

Ce faible score est évidemment lié à l'existence du parc nucléaire, dont la pérennité a été récemment confirmée par la décision gouvernementale de construire de nouveaux réacteurs destinés à remplacer les anciens arrivés au terme de leur mission.

La stratégie « semi-officielle » actuelle consiste à « rajeunir » le parc nucléaire, sans chercher à en augmenter la part de production électrique, qui serait maintenue autour de 400 TWh/an, pour une puissance installée de 60 GW comme aujourd'hui.

(La stratégie future devra tenir compte, dans un sens ou dans l'autre, des nouveaux besoins liés à la transition énergétique ; chaque chose en son temps... ).

Aujourd'hui, l'énergie électrique ne représente « que » 28% de notre consommation finale d'énergie.

Les 72% restant ( 1 260 TWh ) sont obtenus essentiellement à partir des fossiles, avec une faible part de ENRth ( Biomasse, Biogaz, biocarburants, Géothermie ).

Cette énorme quantité d'énergie est utilisée dans à peu près tous les secteurs :

Transports, Industrie, Résidentiel-Tertiaire, Pétrochimie, Agriculture, Agro-alimentaire, cimenteries, aciéries, constructions, Ponts et chaussées engins de chantiers, etc.

Ces 1260 TWh doivent être remplacés par de l'énergie renouvelable décarbonée ou à carbone recyclable.

En théorie, on pourrait faire appel à des sources équivalentes à carbone recyclable :

Biomasse, Biogaz, Biocarburants qui peuvent prendre la place du Charbon, du Gaz naturel, et du pétrole, et à la Géothermie, par nature décarbonée.

C'est évidemment l'intention de départ.

Ce remplacement est déjà amorcé, mais seulement sur une faible partie des 1260 TWh :

Le bois énergie ( Bûches, granulés, plaquettes, déchets de scieries, bois de recyclage, etc ) produit environ 60 TWh, nous sommes loin du compte...

Le Biogaz, les Biocarburants, et la Géothermie, contribuent aux besoins, mais à une échelle encore très faible, dont les possibilités de croissance ne sont pas bien identifiées.

( Pour avoir des produits fossiles, il suffit de signer un chèque. Mais pour avoir des ENR, il faut d'abord les fabriquer..., ce qui est une autre paire de manches)

Heureusement, il existe une porte de sortie qui consiste à remplacer les fossiles par de l'électricité verte lorsque l'application s'y prête. C'est la voie préférentielle qui est explorée aujourd'hui.

( La voiture électrique est le cobaye de cette « expérience », étendue aux pompes à chaleur pour le chauffage des bâtiments…).

La démarche de remplacement des 1260 TWh de fossiles comportera trois volets :

Le premier volet consistera à basculer un maximum d'applications des fossiles sur l'électricité afin de bénéficier des meilleurs rendements thermodynamiques de ce type d'énergie. Les premiers « bénéficiaires » sont les transports ( Voitures électriques ) et le chauffage des bâtiments par pompes à chaleur. Bien d'autres suivront dans le secteur industriel.

Le deuxième volet sera le remplacement du Gaz naturel et du pétrole par du Biogaz et des biocarburants dans les applications qui ne peuvent pas être converties à l'électricité.

Le troisième volet portera sur l'amélioration profonde de l'efficacité énergétique dans tous les domaines, étendus à la cogénération et aux réseaux de chaleur. Le but étant de ramener le besoin actuel de 1 260 TWh à une valeur plus raisonnable autour de 900 TWh en gagnant 30 % sur l'efficacité énergétique globale.

Ces 900 TWh seraient issus pour partie des ENRth ( Biomasse, Biogaz, Biocarburants, Géothermie ), et pour une autre partie d'électricité verte.

La partition entre les deux dépendra des possibilités qui se révéleront au cours des prochaines décennies.

Sur une base de 50/50, il faudrait pratiquement doubler la production électrique, et pousser les feux pour passer les ENRth des 165 TWh actuels à 450 TWh.

Développer un tel programme pour aboutir en 2050, tel est notre objectif, nous avons vingt-sept ans pour l'atteindre...

Dans l'hypothèse d'une stabilité de la production électronucléaire, cette demande électrique supplémentaire devra être supportée par les renouvelables Eolien et Solaire, l'hydroélectrique étant réservé pour la compensation de l'intermittence des deux premières.

A titre indicatif, 450 TWh représentent la production de 11 000 éoliennes offshore de 10 MW chacune.

Ou encore 250 parcs éoliens comme celui de Saint Nazaire. Ceci pour donner une image de l'effort à accomplir...

Pour les ENRth, l'effort sera le même, mais dans un autre registre. Avec quand même une porte de sortie vers les importations. Tous les produits nécessaires pourront être approvisionnés par bateau comme le sont aujourd'hui les fossiles.

Pour l'électricité les importations seront limitées par la capacité des liaisons transfrontalières, et par les prix de marché...

Et puis, l'un des objectifs de la transition énergétique, peut-être le plus important malgré sa discrétion, est de profiter de cet aggiornamento pour améliorer notre taux d'indépendance énergétique.

C'est le moment de prouver que l'on peu marcher sans béquilles...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 mai 2023 1 22 /05 /mai /2023 11:30

 

La voiture électrique sauvée par les batteries à 800 V ?

22 Mai 2023

La voiture électrique peine à déloger la voiture de pépé et son pétrole puant. Les raisons sont connues et ressassées dans la presse sans qu'il soit besoin d'y revenir.

L'autonomie, et son alter ego la corvée de recharge de batterie, demeurent les principales raisons, et pour encore longtemps, car leur amélioration dépend des progrès de la physico-chimie des batteries, qui doivent satisfaire un cahier des charges draconien et sans complaisance.

Le poids de cette batterie, son encombrement , la gamme de température, la fiabilité, la sécurité, la robustesse, la tolérance aux surcharges, la longévité, et le coût, doivent être compatibles avec le très sévère cahier des charges automobile, ce qui écarte de nombreuses solutions de remplacement, qui conviendraient très bien par ailleurs à des applications statiques industrielles ou domestiques ( Stockage EDF, batteries domestiques...).

Le problème n'est pas simple.

La consommation moyenne d'une voiture électrique est d'environ 20 kWh aux 100 km. ( Entre 15 et 25 selon le modèle et la façon de conduire ).

Pour avoir la même autonomie avec une électrique qu'avec une voiture thermique, c'est-à-dire plus ou moins 600 km, il faut donc une réserve d' énergie de 120 kWh, ce qui correspond à une batterie de 150 kWh ( pour garder les marges de sécurité minimales (10 % en bas et 10% en haut) demandées ( conseillées ) par le constructeur dans le cadre de la garantie.

Avec la technologie d'aujourd'hui, une telle batterie serait beaucoup trop lourde, beaucoup trop chère, et beaucoup trop encombrante pour équiper une voiture de milieu de gamme.

Et de plus, pour recharger cette batterie sur la route en un temps décent ( +/- 30 minutes de 10% à 80%), il faudrait des bornes de 220 kW, capables de fournir un courant de 550 A en 400 V, qui est la tension actuelle des batteries ( entre 360 et 400 ).

Les voitures de milieu de gamme devront donc attendre encore « un peu » pour espérer égaler en autonomie les thermiques de même catégorie.

Aujourd'hui, seuls certains modèles de haut de gamme, aux prix en rapport, sont proposés avec des batteries frisant les 100 kWh et compatibles avec les bornes de recharge rapide de 300 kW.

( Ex : Tesla Y « performance » avec batterie de 80 kWh en 360 V ( 75 kWh utiles) pour une autonomie WLTP annoncée de 514 km , environ 15 kWh/100 km avec récupération d'énergie au freinage sur une partie du cycle. Recharge en # 15 minutes sur une borne de 300 kW, en régime de charge 4C ( 830 A !! ). le prix est également en régime 4C... Malgré tout ce cirque, on est encore loin de l'autonomie d'un modèle thermique de même classe).

La route vers la batterie de 140 kWh, compatible avec le milieu de gamme, est donc encore longue et rude, et le succès n'est pas garanti. Le risque de s'enliser dans une situation confuse à choix multiples n'est pas nul.

Ce problème est évidemment connu, et les constructeurs préparent déjà les infrastructures qui accueilleront les voitures équipées de ces super batteries en leur offrant des bornes de 250 kW.

Mais pour éviter des valeurs de courant de charge excessives ( plus de 600 A en 400 V ), la tension de batterie sera portée à 800 V, ce qui entraîne la nécessité d'une technologie nouvelle pour les semi conducteurs de l'onduleur, et pour le moteur qui aura à supporter cet aggiornamento.

( On ne passe pas de 400V à 800V sans quelques aménagements ...)

Plusieurs voitures sont déjà commercialisées en 800 V ( Porsche Taycan, Audi..) et le réseau de charge en 800V commence à se développer.

Ionity installe déjà des bornes avec l'option 800V/ 350 kW ( en fait 270 kW max ).

Petit inconvénient : Les voitures actuelles, équipées de batteries en 400 V ne pourront pas accéder à la recharge rapide en 800 V.

Elles devront donc se contenter des bornes actuelles de 150 kW/ 400 V ,ce qui permet quand-même de recharger de 5% à 80% une batterie de 50 kW en 15 minutes, mais toujours avec une autonomie limitée à 300 km environ.

( Augmenter la vitesse de charge ne modifie pas l'autonomie du véhicule...)

Cette partition du marché en deux technologies ( 400 V et 800 V ) paraît difficilement soutenable à terme. Certains envisagent d'uniformiser la production en 800 V si les surcoûts du 800 V le permettent.

Beaucoup donc d'incertitudes sur l'évolution de la voiture électrique, empêtrée dans ces histoires de batteries et de bornes, ce qui ouvre un possible intérêt pour l'Hydrogène qui attend son heure, et même pour le moteur thermique dont le faire-part de décès a peut-être été publié un peu tôt...

La prochaine décennie sera donc pleine d'intérêt, mais un peu stressante pour le futur acheteur qui ne saura plus très bien si son achat est une aide au développement de l'industrie ou un investissement personnel...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 mai 2023 3 10 /05 /mai /2023 14:38

 

La transition énergétique en panne ?

10 Mai 2023

Autrefois nos ancêtres, qui ne disposaient que de la force animale et de celles du vent, des cours d'eau et des marées, devaient s'accommoder de l'intermittence de ces sources et de leur parcimonie. En l'absence de vent les navires s'arrêtaient, le meunier allait faire la sieste ; en l'absence de soleil on allait se coucher, et en l'absence de pluie on subissait la disette.

C'était le genre de vie conditionné par l'intermittence des énergies naturelles, les seules disponibles alors.

L'exploitation industrielle des combustibles fossiles a changé tout cela. Cette force nouvelle inépuisable s'offrait à l'Homme à discrétion, jour et nuit, il suffisait ( enfin, presque ) de creuser un trou dans la terre.

Un stock inépuisable en apparence, que l'Homme a cru asservir sans réaliser qu'il en devenait lui-même l'esclave.

Cette puissance présumée infinie, disponible nuit et jour, a engendré la civilisation des machines* qui sont devenues des prothèses dont nos sociétés modernes ne peuvent plus se passer, pas plus le jour que la nuit.

*( Machines au sens large : le téléphone, l'ordinateur, la voiture, la machine à laver, le train, l'avion, la Télé, les camions, les engins de chantiers, les outils électriques, les machines-outils, les chaudières, les ascenseurs, etc, sont des machines, auxquelles nous pouvons ajouter aujourd'hui l'IA qui est une machine de plus, peut-être l'ultime ).

Mais les combustibles fossiles étant issus d'un stock naturel non renouvelable, sont par définition épuisables, le terme étant fixé par l'intensité de l'exploitation, compensée en partie par la frénésie de recherche de nouveaux gisements.

Situation scabreuse symbolisée par le « peak oil » baladeur qui joue toujours l'arlésienne.

Des esprits éclairés avaient certes prévenu le monde de la précarité de la démarche qui consiste à bâtir l'avenir sur du sable ( fut-il bitumineux...).

Mais qui écoute les esprits éclairés ?

L'avertissement ne fut pas entendu.

D'autres esprits éclairés, peut-être les mêmes, mirent alors en évidence le danger mortel lié aux résidus de combustion de ces fossiles, qu'il devenait urgent d'abandonner sans attendre leur épuisement naturel, sous peine d'avoir à subir des catastrophes climatiques et environnementales définitivement ingérables, et ceci bien avant l'épuisement des réserves fossiles.

Sous la pression de cette double menace, et placés en face des premiers dérèglements climatiques, les Etats sont convenus de programmer des mesures permettant à terme de se passer des combustibles fossiles, avec la condition implicite que cette démarche n'entrave pas le développement économique, social, et financier des sociétés, y compris dans les pays en voie de développement, et n'aggrave pas les inégalités entre les classes sociales.

En clair, pas touche à la croissance, le PIB ne doit pas vaciller, la sobriété énergétique attendra*.

*( En illustration de cette condition, et en guise de réponse à l'appel à la sobriété énergétique, on notera les récentes décisions françaises d'investir lourdement pour moderniser les grands aéroports afin d'améliorer leurs capacités d'accueil...)

On comprend intuitivement que cette condition implicite va peser lourdement sur l'efficacité des mesures qui seront effectivement entreprises pour déloger les fossiles de leur position de leaders historiques.

Aujourd'hui, après plusieurs décennies de campagnes d'avertissements, de colloques internationaux, de prévisions alarmistes sur le changement climatique lié à l'usage des fossiles, la demande mondiale d'énergie est encore à 80% constituée de ces fossiles, ce qui donne la mesure de l'effort à fournir pour les déloger.

Se passer des fossiles signifie leur trouver des substituts, les développer à hauteur des besoins, adapter les « machines » à leur usage, trouver un nouvel équilibre économique, et étendre ce nouveau modèle à l'ensemble de la Planète.

Vaste programme dont la réalisation nécessitera des investissements colossaux et des structures internationales capables de gérer les problèmes qui ne manqueront pas de surgir.

( Notamment concernant la mise en œuvre d'éventuelles mesures réglementaires en faveur des nouvelles énergies afin de rendre plus difficile l'usage des fossiles qui sont toujours proposés sur le marché à des coûts acceptables.

( Si acceptables que certains états en profitent pour charger la mule avec des taxes qui frisent le proxénétisme...).

La transition énergétique ne doit pas faire des énergies renouvelables un produit de luxe à l'usage des seules régions favorisées.

Il ne suffira pas d'exhiber quelques merveilleuses installations modernes et décarbonées dans deux ou trois pays avancés, pour faire baisser le taux de CO2 de la Planète. Car c'est bien de la Planète entière qu'il s'agit, les pays en voie de développement ne doivent pas faire leur coming-out à partir des fossiles.

Heureusement, il n'y a pas de problème technologique.

Cette affirmation en forme de provocation est un simple constat : Les substituts aux fossiles sont déjà connus et déjà utilisés :

Hydraulique, Eolien, Solaire, Biomasse, Biocarburants, Géothermie, Nucléaire, sont en effet déjà opérationnels et fournissent aujourd'hui 20 % de la demande mondiale d'énergie.

Le problème, c'est le passage de 20% à 100% car les 80% restants sont les fossiles, peu disposés à se laisser mettre sur la touche.

L'obstacle principal au succès de la transition, peut-être le seul, c'est la bonne santé de ces fossiles, qui dominent encore très largement le marché de l'énergie, et dont la production est même en augmentation.

Il faut donc oublier le problème technologique, qui n'est plus le sujet, et se concentrer sur les aspects économiques, financiers, politiques, environnementaux, écologiques, qui sont les vrais obstacles à la concrétisation de la transition énergétique.

Notre modèle économique, toujours en vogue, ne valide un projet que si le « retour sur investissement » est satisfaisant* pour l'entité qui est sollicitée pour le financer. Cette loi d'airain est un mur contre lequel viennent se heurter de très nombreux projets de développement des énergies renouvelables, lorsqu'il s'agit de concurrencer sur leur terrain les fossiles déjà installés et dont les installations sont rentabilisées depuis des lustres.

*( retour sur investissement calculé entre autres sur des taux d'actualisation surévalués à cause des inconnues sur la durée, les coûts réels d'exploitation, l'évolution des prix de marché, l'obsolescence des technologies, l'absence de REX, toutes choses qui donnent des boutons aux investisseurs ).

Faire de l'électricité avec du charbon coûtera toujours moins cher qu'avec de l'éolien ou du solaire, qui doivent s'associer à des moyens de stockage onéreux dont le charbon n'a nul besoin...

Idem pour le e-fuel, ou les biocarburants de troisième génération, dont les coûts de fabrication ont très peu de chance d'être inférieurs à ceux du charbon ou du pétrole...

Quant au Nucléaire, il est par définition hors de portée du « marché » classique eu égard à son caractère sensible qui l'exclut du supermarché* de l'énergie.

*(Aujourd'hui l'énergie se vend à la criée comme des sardines sur les quais de Concarneau, alors qu'il s'agit d'un produit stratégique!!).

Tant que les fossiles seront disponibles à des prix encore gérables, aucun investisseur privé n'ira mettre un sou dans un projet de renouvelables, sauf à une triple condition :

Que ce projet soit « rentabilisé » par des primes d'Etat et/ou par des garanties d'achat prioritaires de la production et à des prix de casino.

Pour sortir de cette impasse il serait souhaitable que la gestion de l'Energie soit une fonction régalienne, ce à quoi tend le Gouvernement français en commençant par la renationalisation de EDF.

C'est la première brique à partir de laquelle il sera possible de développer une stratégie de transition qui ne soit pas dictée par les états d'âme de la bourse européenne de l'énergie, ou la paranoïa de quelque dictateur ayant la main sur le robinet.

Le clinquant des voitures électriques ne doit pas masquer les obstacles qui s'opposent à la fabrication de l'électricité qui devra les alimenter.

N'oublions pas que pour charger les batteries de nos 40 Millions de Véhicules électriques il nous faudra l'équivalent de 8 réacteurs EPR*.

*( 40 Millions de véhicules,12 000 km/voiture/an, 20 kWh/100 km, 1 600 MW/ EPR, 85% de facteur de charge ) A vos calculettes...

Peut-être le temps est-il enfin venu de s'occuper de les construire, ces EPR, plutôt que de noircir du papier avec des plans de développement de ceci et de cela sans jamais donner le premier coup de pioche...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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