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12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 11:09

12 Avril 2018

EDF fabrique (encore) l'essentiel de notre électricité, grâce au nucléaire, mais la part des concurrents est en augmentation, surtout dans les domaines hors nucléaire évidemment.

RTE ( Réseau de Transport d’Electricité ), achemine cette électricité grâce au réseau haute et moyenne tension.

ENEDIS se charge ensuite de la distribuer aux clients non directement alimentés par RTE.

En 2016 ( et en 2017) la production totale injectée sur le réseau s’est élevée à environ 530 TWh, dont la ventilation est donnée dans le tableau suivant:

Electricité, qui consomme quoi ?

ENEDIS, qui connaît bien nos habitudes électriques pour en être le dispensateur et le comptable exclusif, pour le compte de EDF, ENGIE, Direct Energie, et tout les autres fournisseurs alternatifs*, nous communique le bilan de nos dépenses en KWh.

*A part les ELD (Entreprises Locales de Distribution) qui ont en charge environ 5% du business.

(RTE et ENEDIS sont des filiales à 100% de EDF, lequel à été privatisé, mais dont l'actionnaire très majoritaire est l'Etat.

On notera que ENEDIS, filiale à 100% de EDF, gère également la distribution de l’électricité vendue par les concurrents de la dite EDF.

(Oui, c'est un peu compliqué, mais en France on adore les usines à gaz…

Il suffit de regarder la SNCF pour s’en convaincre).

Environ 25 fournisseurs se partagent le gâteau électrique, EDF étant encore de très loin le plus important.

25 fournisseurs, c’est peut-être beaucoup, mais la guerre économique se chargera d’en faire disparaître les trois quart.

La part de gâteau des concurrents de EDF demeure encore très petite, mais elle ne demande qu'à croître.

Cette croissance deviendra explosive à mesure du retrait du nucléaire, ce retrait créant un appel d'air favorable aux appétits des investisseurs, l'énergie du futur étant LA poule aux œufs d'or.

Notamment le secteur du stockage de l'énergie, ce qui explique les demandes pressantes d'ouverture à la concurrence de la gestion des grandes installations hydrauliques jusqu'à présent chasse gardée de EDF.

Laquelle EDF traîne les pieds et voudrait bien continuer à exploiter les installations qu’elle a elle-même édifiées.

Ce qui au demeurant ne manque pas de bon sens…

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle aucune nouvelle STEP importante n'a été mise en chantier ces dernières années, EDF n'étant pas partant pour investir dans des installations qui seraient exploitées pas ses concurrents !

Eh oui, dans le domaine du KWh la vie n'est plus un long fleuve tranquille.

Cette guerre de tranchées se gagnera sur les énergies renouvelables, ce que EDF a très bien compris, et ce qui motive, entre autres, son ardeur à colmater les brèches de son rempart nucléaire qui jusqu'à présent maintient l'ennemi hors les murs de la citadelle.

Mais les meilleures citadelles finissent par tomber.

Même si lorsqu’une brèche pratiquée dans la muraille (Fessenheim) est vite colmatée (Flamanville).

Comme il faut toujours garder plusieurs fers au feu, EDF développe une activité importante dans les renouvelables, et vient de démarrer un vaste programme de lancement de projets de stockage de l'énergie, car tout ce beau monde a compris que la clé du marché futur de l'énergie électrique, c'est le stockage.

(Pour la production il "suffit" de planter des éoliennes et de poser des panneaux, mais le stockage est une autre paire de manches).

Ce programme restera dans les cartons tant que ne sera pas réglé le problème de l'ouverture à la concurrence de la gestion de ces installations.

Mais ne nous égarons pas.

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ENEDIS et les ELD gèrent environ 390 TWh d'énergie électrique, le reste étant consommé par des clients de la Grande Industrie directement alimentés par RTE ( environ 85 TWh), et des pertes en ligne.

Ces 390 TWh sont ainsi répartis:

150 pour le résidentiel.

240 pour les autres.

Ces "autres" englobent toutes les consommations électriques des activités du pays hors la Grande Industrie et le Résidentiel.

On y trouve pêle-mêle, liste non exhaustive:

- Les activités artisanales.

- Les PME et PMI (non directement alimentés par RTE).

- Les activités commerciales.

- Les activités de service à la personne.

- Le secteur non marchand: Administrations, Santé, Education, Enseignement, Défense, Forces de l'Ordre, Justice, Sécurité Sociale, Organisation du territoire, etc.

- Le secteur du bâtiment.

- Le secteur des transports.

- L'Agriculture et la pêche.

Etc, etc.

Les limites entre les catégories étant assez indéfinies pour créer une certaine confusion lorsqu'il s'agit de collationner les chiffres.

On tente parfois de définir un secteur dit "tertiaire", mais la définition en est tellement vague que son contenu varie selon l'origine des informations.C’est une sorte d’ « auberge espagnole ».

Il y a le "tertiaire" selon l'INSEE, et puis chacun a le sien propre selon ses centres d'intérêt.

En fait cette tentative de saucissonnage est sans intérêt, sinon pour les statisticiens.

Nous nous intéressons ici au secteur résidentiel, le seul dont l'identification soit à peu près claire à partir des contrats de fourniture gérés par ENEDIS et les ELD, lesquels contrats précisent la destination des locaux desservis, et le type de raccordement ( <36 KVA).

(Evidemment, si un local déclaré comme habitation est clandestinement utilisé pour une activité commerciale ou artisanale, la statistique en sera faussée d'autant. Mais nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un problème marginal…Hum…).

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Le tableau ci-dessous présente par région la consommation du secteur résidentiel, c’est-à-dire vous et moi dans nos habitations .

Electricité, qui consomme quoi ?

Ce tableau est plein d’enseignements:

D’une part, on constate que le secteur résidentiel n’est pas le plus gourmand en électricité, contrairement à une idée reçue.

En effet, RTE nous apprend ( premier tableau) par ailleurs que le pays dans son ensemble consomme une quantité d’électricité (énergie dite finale) de 475 TWh bon an mal an, après déduction des pertes en lignes et dans les transformateurs, et de l’électricité exportée.

Les 151 TWh du secteur résidentiel ne représentent donc que 31,4 % du total, soit moins du tiers.

Le reste (près de 70%) est consommé par tout les autres secteurs d’activité qui sont le fameux « tertiaire », les infrastructures territoriales, les établissements publics, la « petite » industrie, l’artisanat, les PME, les PMI, le bâtiment, les transports, l’agriculture, et la « Grande Industrie » qui est alimentée directement par RTE, sans passer par ENEDIS (voir plus haut).

En effet, le secteur de la Grande Industrie n’est pas desservi par ENEDIS, mais directement par RTE qui traite avec le CURTE ( Comité des clients Utilisateurs du Réseau de Transport d’Electricité).

Ce comité regroupe les entreprises ayant des besoins importants d’énergie électrique, et selon des cahiers des charges très rigoureux.

Le CURTE a été créé en 2002 pour répondre à une demande de ces industriels.

258 entreprises constituent le CURTE; certaines d’entre elles contribuent au NEBEF ( Notifications d’Echanges de Blocs d’Effacement), dont les règles ont été validées en 2014 par la CRE (Commission de Régulation de l’Energie), suite à la Loi Brottes de 2013.

Le marché des blocs d’effacement est constitutif du système de régulation du réseau pour répondre aux fluctuations de la demande.

(C’est une sorte de système EJP, Effacement Jours de Pointe, mais à l’échelle de l’Industrie et donc pour des puissances très élevées).

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Le secteur dit « résidentiel » comprend 31,56 Millions d’abonnés, la consommation moyenne par abonné étant de 13 KWh par jour.

Ces 13 KWh sont utilisés en fait pour faire tourner une grande partie de l’économie, celle de la fabrication et de la distribution du matériel électrodomestique, et de toutes les applications et services qui s’y rattachent, ce qui fait beaucoup de monde…

Radiateurs de chauffage, pompes de circulation de chaudières, chauffe-eau, ventilation , lave-linge, sèche-linge, lave vaisselle, aspirateur, éclairages, fours, micro ondes, extracteurs de fumées, fers à repasser, téléviseurs, ordinateurs, box diverses, appareils audiovisuels, recharges de ceci et de cela, climatisations, vidéo surveillance, plus quelques piscines à chauffer, des pompes à faire tourner, etc.

Le tout donc pour moins de 2 euro par jour en moyenne, soit le prix d’une baguette et demi de pain, ou 1,3 litre de super, chacun appréciera en fonction des ses propres choix.

Un coût globalement convenable, sauf évidemment pour celui ou celle qui ne peut se payer ni l’un ni l’autre.

Les tarifs sociaux, ou le chèque énergie, sont censés réparer cette injustice.

La France pratique l’un des tarifs d’électricité parmi les plus faibles d’Europe.

La transition énergétique risque de changer tout cela, par l’entremise de la CSPE.

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Sur ces 13 KWh journaliers moyens, une part importante peut être attribuée au chauffage de l’eau sanitaire (Cumulus) et au chauffage électrique des logements, de base ou d’appoint.

(Par exemple il faut 7 KWh pour chauffer 100 L d’eau de 10 à 70 °C ).

Si l’électricité n’était utilisée que pour les applications strictement spécifiques, la consommation moyenne du secteur pourrait être aisément divisée par deux ou par trois.

Ce qui justifie la campagne en faveur des chauffe-eau solaires, et de l’utilisation du Gaz et de la bio masse pour le chauffage des bâtiments, en association avec une l’isolation thermique efficace des logements.

Par ailleurs les pouvoirs publics soutiennent le développement de la cogénération et des réseaux de chaleur, de l’exploitation de la géothermie, et l’emploi des pompes à chaleur lorsque les conditions sont favorables à un COP avantageux.

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D’autre part, ce même tableau nous apprend que la consommation des particuliers est relativement homogène, les écarts entre régions ne dépassent pas +/- 15% autour de la valeur moyenne nationale, alors qu’on aurait pu s’attendre à des écarts beaucoup plus importants entre régions froides et régions tempérées, à cause du chauffage électrique qui est réputé très énergivore.

Par exemple la consommation moyenne est la même en région Grand-Est et en région PACA, dont les climats sont très différents.

On pourrait expliquer cette « anomalie » par le fait que le chauffage électrique est peu utilisé dans les régions froides, et que les logements y sont en général mieux isolés, alors qu’ailleurs on n’hésite pas à brancher un ou des radiateurs d’appoint dans des logements mal isolés…

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Enfin, nous consommons aujourd’hui 13 KWh/jour en moyenne, mais demain, si comme on nous le promet nous roulons tous en voiture électrique, notre consommation augmentera sensiblement car il faudra recharger la batterie de là ou des voitures du ménage.

(Le kilométrage annuel moyen étant de 12 000 Km, il faut donc environ 6 KWh par jour pour recharger partiellement la batterie).

Dans le PPE (Plan de Programmation de l’Energie), on considère implicitement que les économies dont nous parlons plus haut compenseront les surconsommations dues à la voiture électrique.

Acceptons-en l’augure…

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Cet état des choses est relativement stable depuis la crise de 2008, l’économie ayant beaucoup de mal à retrouver son second souffle.

Mais si, par hasard, il se produisait une relance durable de l’économie, la consommation électrique repartirait à la hausse, particulièrement dans le tertiaire, le bâtiment, et l’industrie.

D’autre part, l’électricité ne représente aujourd’hui « que » 25% de l’énergie finale consommée. Les 75 % restant sont obtenus à partir de produits pétroliers, dont l’emploi va devenir de plus en plus difficile à cause de la taxe Carbone et de la lutte contre la pollution.

Les bio carburants et le bio gaz ne suffiront pas au remplacement des produits fossiles.

Une partie des applications aujourd’hui « énergisées » par les fossiles devra basculer sur l’électricité, dont la part de 25% pourrait bien passer à 35 ou 40% !

La voiture électrique n’est que le premier exemple de ce basculement, qui pourrait être suivi par beaucoup d’autres.

Mais qui refuserait d’échanger 3% de croissance du PIB contre 3% d’augmentation de la consommation électrique ?

Un mal pour un bien…

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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 17:18

La mobilité au XXIè siècle, électrique ou pas ?

1er Avril 2018.

1,3 Milliard d’automobiles circulent dans le monde.

Les modèles électriques ont été introduits à partir de 2011, leur nombre atteint 2 Millions en 2017, soit 0,15 % du total.

(Ce nombre inclut les VE, HEV, et PHEV).

99,9985 % des voitures sont donc encore équipées de moteurs thermiques.

A l’échelle mondiale, en 2017, le marché de la voiture électrique est donc anecdotique, en tout cas très insuffisant pour permettre de porter un jugement sur la valeur des choix effectués, et connaître la réaction des marchés, du moins à l’échelle planétaire.

Car c’est bien l’échelle planétaire qu’il faut considérer dans l’optique de la lutte contre les émissions de GES, et en prévision de l’épuisement des ressources pétrolières, faut-il le rappeler.

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Le marché européen nous donne une image un peu différente:

Sur plus de 15 Millions de véhicules neufs vendus en 2017, environ 1 % étaient électriques, soit 150 000.

Bien qu’encore confidentielle, quoique très remuante, cette présence permet de bien identifier les avantages et les inconvénients de cette technologie.

Nous en avons déjà parlé longuement, beaucoup d’obstacles sont à réduire, dont l’accumulation peut faire douter du succès final.

Tant que ne sera pas démontré un taux de pénétration de 10 à 15% du marché, rien ne sera acquis.

Au risque de paraître iconoclaste, il faut admettre que, pour l’utilisateur final, la voiture électrique n’apporte rien en terme d’amélioration du service rendu, bien au contraire:

Faible autonomie, angoisse de la panne sèche, peu d’infrastructures, revente difficile, performances limitées surtout en hiver, chauffage problématique, surpoids important…

Dans ces conditions, son éventuel succès ne peut venir que d’une réglementation rendant son usage incontournable, et/ou d’une taxation dissuasive appliquée aux carburants pétroliers.

Ces deux démarches étant extrêmement impopulaires, et de plus socialement et économiquement risquées, elles ne peuvent être mises en œuvre qu’avec parcimonie et grandes précautions.

Toucher à la bagnole ou au prix des carburants, c’est mettre le feu aux poudres.

L’usage généralisé de la voiture est devenu indissociable de notre système économique, très dépendant de l’organisation du territoire et de l’habitat, et donc des transports.

Et l’on sait l’état de délabrement de nos réseaux de transports collectifs, en dehors des lignes de prestige.

Une troisième voie a été tentée, celle de la prime à l’achat. Mais ce système est évidemment incompatible avec l’existence d’un marché de volumes, pour des raisons budgétaires .

( à 6 000 euros le cadeau à chaque acheteur, le calcul est vite fait pour atteindre 10% des ventes annuelles en cinq ans…).

Si la voiture électrique veut grimper dans les taux de pénétration du marché, elle doit apporter des réponses spécifiques crédibles aux problèmes qui bloquent son expansion.

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Et ce n’est pas simple:

L’amélioration de l’autonomie passe par un accroissement de la capacité énergétique spécifique des batteries, ce qui requiert un saut technologique.

(Problème déjà à l’origine de l’abandon du véhicule électrique au début du siècle dernier, et jamais vraiment résolu depuis).

Une autonomie « réelle » de 500 Km requiert une batterie de 150 KWh.

Le poids de celle-ci doit évidemment demeurer dans des limites raisonnables, environ 300 Kg, soit le poids de quatre passagers supplémentaires.

L’objectif des 150 KWh/ 300 Kg suppose une capacité énergétique de 500 Wh/Kg, dont nous sommes très loin aujourd’hui, du moins dans le cadre du cahier des charge imposé pour l’automobile, même avec l’utilisation complémentaire d’un super condensateur.

Sans compter le coût, qui ne devrait pas dépasser 60 euro/KWh.

Une course à l’échalote qui risque d’épuiser les participants.

Et même si cette autonomie est atteinte un jour, pour un poids et un coût acceptables, il restera le problème du temps de recharge.

Recharger à 80% en 15 minutes une batterie de 150 KWh , nécessite une installation de 500 Kilowatts de puissance par borne !!

( 1 200 A en 400 V, ou 600 A en 800 V).

En France, on peine déjà à installer des bornes de seulement 50 KW…

Donc un gros problème d’infrastructures en perspective.

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Il n’est donc pas impossible que le concept de voiture électrique à batterie (VE) rencontre rapidement ses limites, soit pour des raisons technologiques, ou de coût, ou d’infrastructures insuffisantes, ou de difficultés à trouver un marché de seconde main, ou pour toute autre raison.

Elle serait alors éventuellement cantonnée dans le secteur de la voiture citadine, éventuellement de location, de second véhicule particulier, des taxis, et des véhicules légers de livraison, ce qui représente déjà un marché très important.

Pour l’élargissement du marché aux utilisations non limitées extra urbaines, il faudrait avoir recours à d’autres solutions, dont la validité a été démontrée, et qui sont dans l’esprit de la transition énergétique.

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Rappelons que la transition énergétique poursuit un triple objectif:

D’une part réduire, voire supprimer, les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, essentiellement le dioxyde de Carbone pour ce qui concerne les transports.

D’autre part, trouver un ou des substituts aux sources fossiles d’énergie, charbon, pétrole, gaz naturel, dont l’épuisement est inéluctable.

Et au nucléaire, pour les pays ayant décidé son abandon.

Enfin réduire, voire supprimer, les émissions de gaz polluants et de particules fines liées aux utilisations de l’énergie.

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Les solutions permettant d’atteindre totalement ou partiellement ces trois objectifs ont été identifiées, leur potentiel énergétique chiffré, et leur développement industriel déjà bien avancé pour certaines.

Il s’agit d’une part de l’électricité solaire, éolienne, et hydraulique, et d’autre part des bio carburants et du Bio gaz.

La production d’électricité renouvelable étant beaucoup plus avancée que les deux autres, il était normal de choisir d’abord cette énergie pour remplacer le pétrole dans la mobilité.

D’autant plus « normal » en France, que la production électrique est déjà conforme aux objectifs de la transition !

(Même si on peut avoir certaines réticences vis-à-vis du nucléaire. Il faut en effet pratiquer une certaine gymnastique intellectuelle pour admettre que la transition écologique puisse s’appuyer sur un procédé qui a fait la preuve de sa capacité de nuisance…écologique !).

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Par ailleurs, l’intérêt immédiat de l’utilisation de l’énergie électrique dans les transports réside dans sa capacité à apporter une réponse à la fois aux trois objectifs cités.

(Ce qui n’est pas encore tout à fait le cas pour les bio carburants et le bio gaz).

En effet, le moteur d’un véhicule propulsé exclusivement à l’électricité n’émet ni CO2, ni gaz polluants, ni particules fines. En fait il n’émet rien du tout, même son niveau sonore est réduit.

Il reste cependant les particules émises par l’usure des pneumatiques et des plaquettes de freins, et il faudrait aussi tenir compte des émissions et des polluants émis lors de la préparation des matériaux de base, de la fabrication du véhicule et de sa batterie, et de leur recyclage en fin de vie…Et surtout de l’orthodoxie de la source qui fournit cette électricité, mais ceci est une autre histoire.

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Les autres solutions identifiées aujourd’hui visent à stocker l’énergie à bord du véhicule soit sous forme liquide, soit sous forme gazeuse.

Elles ne prétendent pas résoudre tous les problèmes à la fois, mais constituent des alternatives crédibles au stockage électrochimique embarqué pénalisé par son coût, son poids, et les problèmes de recharge et d’autonomie.

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La solution de remplacement la plus simple consiste à utiliser les même voitures avec les mêmes moteurs, mais alimentés par des bio carburants.

Les infrastructures de distribution sont les mêmes, et les véhicules utilisant ces carburants n’émettent qu’un CO2 recyclable, donc conforme aux deux premières exigences de la transition.

(Si l’on ne tient pas compte de l’empreinte carbone liée aux processus de fabrication …).

Cependant les émissions de gaz polluants (Oxydes d’Azote, etc) et de particules fines ne sont pas éliminées.

Ces véhicules devraient donc être équipés d’une motorisation électrique complémentaire à batterie pour être autorisés en agglomération (PHEV).

Les bio carburants disponibles aujourd’hui présentent certains inconvénients:

La première génération est fortement controversée à cause de son bilan carbone parfois désastreux et de son bilan environnemental encore pire (déforestation, concurrence avec les cultures vivrières). Elle est à écarter.

La seconde génération, qui utilisent les parties ligneuses des végétaux, est plus conforme aux règles environnementales, et peut être utilisée hors agglomérations, sur les véhicules hybrides PHEV.

On considère en général que seule la troisième génération (algocarburants) pourra être utilisée sans réserve quant à l’empreinte environnementale, mais les émissions de gaz polluants et de particules fines devront toujours être traitées, sauf preuve du contraire.

Cette troisième génération serait disponible à l’horizon 2030.

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La seconde solution de rechange, en fait déjà utilisée depuis des années à petite échelle, conserve également le moteur thermique, mais alimenté au gaz.

Rien à voir avec le GPL, qui est un mélange de Butane et de Propane d’origine fossile.

Nous parlons ici du gaz naturel, celui qui est aujourd’hui distribué aux particuliers, le Méthane (CH4), dénommé GNV (Gaz naturel pour Véhicule), utilisable dans la plupart des moteurs thermiques existants, et stocké dans des bonbonnes sous une pression de 200 Kg environ.

Le Méthane possède un pouvoir calorifique de 10,5 KWh/Nm3, ce qui permet d’emporter une réserve de 210 KWh dans une bouteille de 80L à une pression de 200 Bar.

Cette réserve permet une autonomie de 400 Km avec un rendement thermique de 30%.

Avec l’avantage décisif donné par la possibilité de refaire un plein en quelques minutes seulement.

La combustion du Méthane dégage du CO2 et de l’eau, avec un très faible niveau de gaz polluant.

Avec le Bio Méthane, le CO2 sera recyclable, donc les trois objectifs de la transition seront respectés .

Rappelons que le Bio Méthane est produit dans des stations de Méthanisation exploitant les déchets organique ménagers et agricoles.

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La troisième solution de rechange repose sur l’utilisation d’une pile à Hydrogène, ou d’une pile à combustible, associée à une motorisation électrique.

Le carburant utilisé est soit de l’Hydrogène, soit du Méthanol.

Cette solution, expérimenté à très petite échelle, est encore assez loin de la maturité nécessaire à sa large diffusion dans un marché de masse.

Néanmoins elle représente également une alternative crédible à l’horizon 2030.

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La voiture électrique à batterie fut la première sur le marché de la transition car elle a pu s’appuyer sur une technologie déjà largement validée, du moins à petite échelle, celle des batteries au Lithium pour les équipements portables.

Mais les problèmes à résoudre pour passer au stade du transport électrique sont tels que le succès n’est pas garanti en tant que substitut exclusif des carburants pétroliers.

Une chose est de fabriquer des millions de petites batteries pour des applications portables jetables, une autre chose est de fabriquer des grosses batteries pour des applications très exigeantes en fiabilité, fonctionnant dans des environnements sévères et assurant leur service pour une décennie.

La voiture électrique a pu faire illusion en tentant d’occuper le terrain avec une version de base équipée d’une « petite » batterie de 20 KWh, mais elle est rattrapée par la réalité du terrain qui exige 150 KWh pour apporter à l’usager le service auquel il est habitué.

Les autres solutions sont en embuscade, et n’ont pas dit leur dernier mot.

L’après 2030 peut nous réserver des surprises…

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Chacune de ces technologies concurrentes devra disposer d’un réseau de distribution spécifique.

Electricité, Bio carburants, GNV, Hydrogène, chaque solution devra proposer les installations nécessaires avec un maillage suffisant.

Il semble difficile d’imaginer une cohabitation de toutes ces solutions sur le même territoire, des choix seront faits en fonction des intérêts des investisseurs, et des marchés visés ( Transport de marchandises, autocars, transport urbain collectif, véhicules particuliers, etc…).

Qui seront les clients ?

Dans quoi faudra-t-il investir ?

Qui ira investir dans des installations de recharge électrique avec des bornes de 5 ou 600 KW si les transports routiers s’orientent plutôt vers le GNV ?

Quelles seront les réglementations respectives et les taxes sur ces différents carburants ?

Quelle sera la synergie européenne dans tout çà ?

Faudra-t-il rouler électrique en France et passer au Gaz en Allemagne ?

De très nombreuses questions sont sans réponse aujourd’hui.

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Les éléments dont nous disposons aujourd’hui ne permettent pas de se projeter dans un futur à moyen terme, à fortiori à long terme.

La seule certitude est la guerre déclarée aux émissions de CO2 , de gaz polluants et de particules fines des voitures actuelles.

Pour la première fois depuis les débuts de l’ère automobile, de nombreux citoyens vont se voir interdire l’usage de leur véhicule en agglomération, véhicule pourtant homologué et certifié conforme aux normes en vigueur lors de l’acquisition.

Les véhicules concernés seront (sont déjà) désignés selon le bon vouloir de l’Administration, la tendance étant plus ou moins d’éliminer les véhicules de plus de dix ans, réputés responsables de l’essentiel de la pollution, ce qui n’a d’ailleurs jamais été démontré.

Rappelons que l’âge moyen des véhicules particuliers du parc roulant est de 9 ans environ.

C’est donc au moins 40% du parc qui se trouve potentiellement menacé par cette mesure.

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Nous sommes donc placés dans la situation suivante:

Dix millions d’automobilistes vont être mis en demeure de se débarrasser prématurément de leur véhicule, souvent de leur outil de travail, mis au ban de la société.

Pour remplacer le véhicule réformé, ils auront le choix entre plusieurs solutions:

Soit acquérir un véhicule conforme à la norme Euro 6 , en sachant qu’elle n’est pas respectée et que la norme Euro 7, qui ne saurait tarder, rendra ce véhicule inutilisable dans trois ou quatre ans.

Soit acquérir un véhicule électrique EV en sachant qu’il sera inutilisable normalement faute d’autonomie et/ou d’infrastructures de recharge suffisantes, et qu’il sera invendable en occasion, sauf perte importante.

Soit acquérir un véhicule hybride PHEV, beaucoup plus cher, hors de portée des moyens financiers restreints des acheteurs de voitures d’occasion.

(Les véhicules de plus de dix ans sont majoritairement des véhicules de seconde main).

Que faire dans une situation aussi inextricable ?

Bon sang, mais c’est bien sûr,

Il suffit de reconstruire les villes à la campagne…

Alphonse Allais était décidément un grand visionnaire.

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La troisième solution fait toujours appel à un stockage gazeux, Hydrogène en l’occurrence, couplé à une pile à Hydrogène pour produire de l’électricité.

L’Hydrogène étant produit par électrolyse d’eau grâce à l’électricité renouvelable.

C’est la filière « Power to gas »

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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 13:06

Le vrai marché de l’automobile.

26 Mars 2018

Le parc automobile français est composé d’environ 38 Millions de véhicules, dont 32 Millions de voitures particulières, et 6 Millions de véhicules utilitaires « légers » de moins de 5 Tonnes (VUL), hors transport de marchandises > 5T et transport en commun.

L'âge moyen des voitures est de 8 à 9 ans, en augmentation faible mais régulière.

Cette augmentation traduit la baisse de pouvoir d’achat d’une grande partie de la population, mais aussi l’incertitude quand à l’évolution du marché, la réglementation, la technologie,…Et aussi l’amélioration de la fiabilité, reconnaissons-le.

A ces causes conjoncturelles il faut ajouter une cause structurelle qui est l’augmentation du nombre des ménages, liée à l’accroissement de la population.

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Chaque année, ce parc accueille plus ou moins 2 Millions de voitures neuves, et en envoie sensiblement autant à la casse (ou ailleurs…).

Si l’on considère que l’âge moyen de revente d’un véhicule acheté neuf est de 5 ans, on peut grossièrement répartir le parc en deux groupes:

Les véhicules de première main, environ 10 Millions.

Les véhicules d’occasion, soit 28 Millions.

Plus de 73% du parc roulant est donc constitué de véhicules d’occasion, Le marché de l’automobile, du point de vue des clients, est donc principalement un marché de seconde main.

Et il est appelé à le rester encore longtemps, puisqu’il est indexé sur le pouvoir d’achat des français, lequel se dégrade comme chacun sait.

L’expérience récente a cependant montré que la mise à la casse prématurée de voitures encore en état de marche entraîne automatiquement une augmentation des ventes de voitures neuves, (+4,7% en 2017).

Mais l’exploitation de ce « filon » a des limites, qui sont celles des ressources financières des acheteurs.

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Actuellement, les véhicules à moteurs thermiques représentent 99,7% du parc roulant.

Les véhicules électriques EV, HEV, et PHEV, ne représentent encore que 0,3% du parc, environ 100 000 véhicules.

Sur 2 100 000 voitures neuves achetées en 2017, seulement 1,2% étaient électriques.

Après plus de cinq années de promotion soutenue assistée d’une prime à l’achat, la faiblesse de ce taux de pénétration du marché témoigne de l’accumulation des difficultés rencontrées:

- Marché déjà occupé par une technologie familière ayant largement fait ses preuves et donnant toutes satisfactions.

-Absence de réelles incitations à remplacer la technologie existante thermique par la technologie électrique:

La taxe carbone est inexistante, les tentatives de limitation de circulation des véhicules polluants ont toutes échoué ( Pastille verte, Zapa…), de même que les punitions financières ( malus) et l’on constate toujours un grand laxisme vis-à-vis des véhicules neufs thermiques dont les taux de pollution réels dépassent très largement les limites fixées, dans la plus complète impunité.

- Comme pour toute technologie nouvelle innovante, les coûts de production des VE sont très supérieurs à ceux de la technologie établie depuis un siècle, surtout à cause des batteries.

- Les prestations ne sont pas équivalentes à celles de la technologie existante, particulièrement l’autonomie, dont l’insuffisance notoire interdit les longs parcours.

Difficile de remplacer un produit qui marche bien par un autre plus cher et moins performant…

- Les infrastructures de recharge rapide des batteries sont inexistantes, ou insuffisantes pour satisfaire les besoins du trafic.

- La technologie PHEV (hybride rechargeable), offrant un compromis satisfaisant, est trop coûteuse pour satisfaire le marché de la voiture de moyen de gamme.

- Le coût de remplacement des batteries est exorbitant, donc dissuasif.

- La revente d’un véhicule électrique est problématique.

- Etc.

Ces divers paramètres n’évoluant que très lentement, voire pas du tout, le taux de pénétration du véhicule électrique risque de rester encore longtemps au niveau bas de la courbe de Gompertz, région des coûts de production élevés.

L’encouragement des clients par une prime à l’achat conséquente ne correspond à aucun modèle économique et elle entraînera une charge budgétaire insupportable pour des quantités significatives.

(Son coût serait de trois Milliards d’euro pour 500 000 VE !!!)

Un marché créé artificiellement par un effet d’aubaine retombera comme un soufflé lorsque cet effet disparaîtra.

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Les voitures thermiques d’aujourd’hui sont l’aboutissement d’une technologie plus que centenaire, dont la fiabilité est d’un très haut niveau. Il est courant de mener une telle machine sur plusieurs centaines de milliers de Kms sans avoir nécessairement à effectuer des réparations fort coûteuses.

C’est grâce à ce haut niveau de qualité globale que s’est développé un marché florissant des véhicules d’occasion.

L’arrivée de la voiture électrique, la vraie, celle qui puise toute son énergie dans une grosse batterie, est une menace à la fois pour le marché de l’occasion et pour elle-même, puisque le marché du neuf s’appuie sur un marché de l’occasion porteur.

Cette menace est évidemment portée par la batterie.

Les constructeurs offrent en général une garantie spéciale de 5 à 7 ans sur ce composant.

En utilisation normale, les batteries au Lithium s’usent et perdent de leur capacité. Cette perte est variable selon les conditions d’utilisation, elle peut atteindre 20 à 30% au bout de quelques années.

Les fabricants de batteries évoquent une « durée de vie » d’une dizaine d’années en mobilité pour ce composant, mais prévoient la possibilité d’une seconde vie dans des applications de stockage stationnaire, sans que l’on puisse connaître les conditions financières de reprise car ce marché est aujourd’hui inexistant.

A partir de ces informations constructeurs, on peut déduire que, selon toutes probabilités, la batterie d’un véhicule électrique devra être remplacée dans un délai de 10 à 15 ans, sachant que le nombre de VE en circulation est encore beaucoup trop faible pour que l’on puisse disposer de statistiques fiables concernant ce point.

Les constructeurs communiquent très peu sur le coût du remplacement d’une telle batterie.

Cette discrétion est révélatrice d’un problème de fond: Il ne faut pas décourager le client, déjà méfiant, en rajoutant au problème d’autonomie la possibilité de voir son beau jouet transformé en un morceau de fer au bout de seulement quelques années, et dix ans c’est vite passé.

Car le coût de remplacement de la batterie est réellement exorbitant.

Ici et là (surtout là) on parle de plusieurs milliers d’euros HT pour le coût d’une batterie de 30 KWh, auxquels il faut ajouter le coût de main d’œuvre et la TVA.

Aucun acheteur avisé ne se risquera à acquérir en seconde main un véhicule électrique, sachant qu’il devra « probablement » remplacer la batterie dans 2, 3, ou 4 ans, et que cette opération doublera le prix de son achat.

Sauf si le vendeur accepte de déduire du prix demandé le montant de ce remplacement, ce dont on peut douter.

La transaction sera au mieux perdant-perdant, le montant du remplacement probable étant partagé entre vendeur et acheteur.

Par contre coup, beaucoup de clients potentiels pour l’achat d’un VE neuf reculerons devant la perspective de perdre une somme importante à la revente.

Bien sûr, le marché du VE est encore en phase de lancement, mais sa technologie très évolutive, surtout au niveau des batteries, risque de prolonger cette phase de lancement au-delà du raisonnable.

On ne crée par un marché de masse avec un produit qui sera frappé d’obsolescence au bout de trois ou quatre ans, sauf si ce produit est un objet jetable, comme un smart phone, ou si ses performances innovantes justifient la dépense, ce qui n’est pas le cas du VE.

Six ans après son lancement la voiture électrique est toujours plombée par le prix de sa batterie.

Certes, le prix du KWh d’électricité stockée est en diminution constante, comme tout produit industriel dont le marché s’élargit.

Mais, dans le même temps la capacité des batteries augmente, le seuil des 60 KWh va devenir la norme en 2020.

Cet accroissement de capacité compensera en grande partie la baisse du coût au KWh.

La batterie restera encore longtemps un composant onéreux en première monte, et encore plus en remplacement chez le garagiste.

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Pour tourner ce problème, certains constructeurs de VE proposent la batterie en location.

L’intérêt d’une telle solution dépend évidemment des clauses du contrat:

La nature du contrat, sa durée, le montant des mensualités, leur indexation, les révisions possibles, le caractère transmissible ou non lors d’une cession, ses modifications possibles, etc.

L’acheteur évaluera le coût de cette solution par rapport à la « tranquillité » procurée par un tel contrat, sachant que ce coût de la location sur dix ans est susceptible de dépasser le prix d’une batterie neuve à l’époque où le remplacement s’avèrera nécessaire.

Par exemple la location d’une batterie pour une Renault Zoe en usage moyen de 20 000 Km/an reviendra à plus de 14 000 euros sur dix ans à raison de 119 euros/mois.

De quoi réfléchir…

Une autre solution tout aussi valable serait la location non pas d’une batterie, ni même d’une voiture, mais d’un service de mobilité. Le bilan global pourrait être plus intéressant si des solutions innovantes sont proposées.

Ce service existe déjà bien sûr, il ne demande qu’à être popularisé et adapté aux besoins d’une population moyenne (Il est aujourd’hui plutôt utilisé par les entreprises).

La technologie la plus innovante ne pourra s’imposer que si elle est accompagnée des services qui justifient son emploi, surtout si elle est onéreuse et délicate.

Ce point est aujourd’hui le maillon faible de la mobilité électrique.

Aujourd’hui la voiture électrique est une (mauvaise) solution à une absence de problème.

Pour « booster » les ventes de VE il faut donc d’une part créer un problème, et d’autre part transformer la mauvaise solution en bonne solution pour ce problème particulier.

Mais on ne peut créer un problème que s’il existe une justification à la nouvelle contrainte créée.

Par exemple, pour orienter les acheteurs vers l’électrique, on aurait pu augmenter considérablement la taxe sur les carburants pétroliers .

Efficace, mais très impopulaire et surtout pas vraiment moralement justifié.

On a donc choisi de s’appuyer plutôt sur la lutte contre la pollution en agglomération, sujet très populaire s’il en est, dont la justification est évidente et dont personne ne contestera le bien fondé.

Au nom de la pureté de l’air des grandes métropoles, les véhicules à moteurs thermiques seront ainsi progressivement bannis de nos villes, et donc de partout à terme, ce qui nous laisse le choix d’aller à pied ou à vélo, ou d’acheter un véhicule zéro émission, c’est-à-dire électrique, qui devient la solution du problème.

(Nous n’évoquons pas les transports en commun, qui apparemment sont oubliés dans cette affaire de transition…).

Çà, c’est la théorie.

Car dans la pratique les choses ne sont pas aussi simples.

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Au rythme actuel de renouvellement du parc, il faudrait 16 ans* pour un passage total à l’électrique, auxquels il faudrait ajouter 5 à 10 ans pour atteindre le taux de pénétration nécessaire de 100% du marché.

(Aujourd’hui 1,2 %…).

*Le basculement sur l’électrique implique l’injection de deux millions de VE chaque année dans le parc roulant.

Nous parlons donc de l’horizon 2050.

Le bannissement des voitures thermiques ne pourrait donc être mis en œuvre que selon un calendrier complémentaire de celui des ventes de véhicules électriques, c’est-à-dire sur une vingtaine d’années.

Un bannissement brutal, sur seulement quelques années, engendrerait de graves désordres économiques et sociaux, en l’absence de solutions de transports collectifs de substitution.

Le rêve risque de se transformer en cauchemar si « on » tente de mettre la charrue avant les bœufs.

Il nous faudrait donc au moins deux décennies pour remplacer les carburants pétroliers.

Et rien ne nous assure que la solution sera électrique à batterie en fin de compte.

En effet, d’autres solutions sont possibles, dont la faisabilité a été démontrée, et dont l’industrialisation est en bonne voie.

La pile à Hydrogène équipe déjà certains véhicules, et le Bio GNV est déjà distribué dans certaines régions.

Ces solutions ont l’avantage d’apporter une réponse satisfaisante au problème de l’autonomie et donc des infrastructures de distribution.

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On a pu croire un moment que la voiture électrique à batterie allait résoudre en deux temps et trois mouvements les problèmes des émissions de CO2 et de gaz polluants.

Les réalités du terrain montrent que le véhicule électrique traîne avec lui quelques casseroles comme la faiblesse de l’autonomie, le poids et le coût de la batterie, le manque d’infrastructures de rechargement dignes de ce nom, etc.

Problèmes prévisibles, mais que l’on a choisi de glisser sous le tapis plutôt que de les prendre en compte.

Les constructeurs de VE persistent à revendiquer des autonomies parfaitement fantaisistes, ce qui constitue un déni de réalité.

Hier (et encore aujourd’hui) « on » nous faisait le coup des émissions de Nox quasi nulles, aujourd’hui « ils » recommencent avec les autonomies des VE…Sans parler des possibilités de charge rapide sur des bornes quasi inexistantes.

La clientèle ne supporte plus ce baratin de batteurs d’estrades, la méfiance s’installe, les carnets de chèques se referment.

Toujours est-il que la greffe électrique prend très difficilement, au point que l’on peut se demander s’il ne serait pas judicieux de chercher une solution de remplacement.

Et il n’est pas nécessaire de chercher bien loin:

Il existe une filière de production de Bio Méthane, dont les perspectives sont excellentes.

Ce gaz a vocation à se substituer au Méthane fossile dans les mêmes applications, et sera (est déjà) distribué dans le même réseau déjà existant, jusque chez les particuliers.

Sous l’appellation de Bio GNV (Gaz Naturel pour Véhicules) il est utilisé déjà de plus en plus dans des moteurs thermiques pour des transports collectifs.

Ces moteurs émettent beaucoup moins de gaz polluants, voire pas du tout, et le CO2 émis est neutre.

Trop facile peut-être ?

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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 11:13

La voiture électrique d’occasion, objet roulant non identifié.

18 Mars 2018

En France, les ventes de voitures d’occasion ont représenté 72% des transactions auto en 2017.
( 5,6 Millions sur un total de 7,7 Millions).

Sur les 2,1 Millions de voitures neuves vendues, les véhicules totalement ou partiellement électriques ( EV, HEV et PHEV ) ne représentaient encore que 1,2%.

Après six années de vigoureuse promotion, soutenue par des primes substantielles, associées à une règlementation incitative, ce relatif échec de l’électrique justifie une tentative d’analyse relativement à l’absence d’enthousiasme de la clientèle pour ce qui est censé représenter l’avenir de la mobilité écologique.

Ce peu d’empressement des automobilistes est dû moins au prix élevé, compensé en partie par de confortables primes à l’achat, qu’à la crainte d’acquérir un « mouton à cinq pattes » invendable en occasion à cause d’une batterie dont le remplacement sera ruineux.
Ce que confirme le marché de l’occasion du VE, où l’on constate une décote importante par rapport aux véhicules thermiques équivalents.

Cette méfiance est le résultat de l’accumulation de causes multiples dont les principales sont l’incertitude sur l’état de la batterie, et la faiblesse de l’autonomie, et surtout son caractère imprévisible, lié à l’insuffisance des capacités des batteries, jointe à l’inexistence d’un réseau de bornes de charge rapide, qui cantonne « de facto » le VE à un usage citadin ou de second véhicule.
Pour compléter ce menu décourageant, il faut également noter l’évolution rapide de la technologie des batteries, qui entraine l’obsolescence de modèles achetés neufs trois ans plus tôt.
Enfin, les publicités mensongères sur l’autonomie réelle des voitures électriques, souvent annoncée pour le double de la réalité constatée après l’achat, ne sont pas pour rassurer une clientèle soucieuse d’éviter d’acquérir une tringle à rideaux.
Persister à construire une argumentation publicitaire sur les résultats du test NEDC, pourtant officiellement reconnu comme non représentatif, et rejeté par les instances internationales, constitue une tentative de tromperie qui peut jeter le doute sur les intentions réelles du vendeur.
Surtout quand, en plus,  on « oublie » de parler de la consommation des « accessoires » comme le chauffage, la climatisation, l’éclairage, ou la baisse de capacité de la batterie aux basses températures, ou de la limitation à 80% de la charge sur une borne rapide, ou de l’augmentation vertigineuse de la consommation sur une route de montagne ou avec une remorque…quand on peut attacher une remorque !

Sur un véhicule électrique (VE), la batterie représente aujourd’hui la moitié du prix du neuf, voire plus si l’on considère la tendance 2018 vers les 40 et 60 KWh.
Et l’on sait qu’un VE neuf est déjà nettement plus cher qu’un thermique de même type.
(Ce qui est au demeurant normal pour un produit en phase de lancement).

Les batteries au Lithium actuelles s’usent, même si l’on ne s’en sert pas, contrairement à la pile de notre enfance.
Même si elle est utilisée et maintenue selon les règles de l’art, son destin inéluctable est, au mieux, de voir sa capacité et sa puissance diminuer au cours du temps, et au pire d’être victime d’une panne définitive due à la défaillance d’un ou plusieurs des quelques milliers de cellules élémentaires interconnectés.

Cette dégradation des performances se produit à une allure qui dépend évidemment des conditions d’usage, de l’environnement, et de la qualité intrinsèque du produit.

Or, sur un VE neuf, l’autonomie est déjà chichement mesurée; toute baisse de capacité de la batterie entraîne donc une perte de performances très pénalisante, surtout sur l’autonomie qui est le point faible de ces véhicules.

Le manque de recul, lié à l’encore faible pénétration du marché et aux continuelles évolutions de la technologie des batteries, ne permet pas de disposer d’éléments statistiques suffisamment fiables pour prédire le comportement d’une batterie donnée dans le cours de son utilisation.

Aujourd’hui le prix des batteries au Lithium se situe entre 250 et 350 Dollars le KWh, soit de l’ordre de 10 000 euros pour une batterie de 40 KWh,  ce qui est considérable.

Etant donné l’importance du prix de ces batteries, le contrat de vente doit comporter une garantie incluant la batterie, sous peine de faire fuir les acheteurs potentiels.

Pour un véhicule neuf, la garantie sur la batterie est de 5 à 7 ans et/ou 100 à150 000 Km, avec des clauses variables que l’acheteur aura intérêt à lire très attentivement.
En cas de location de la batterie, la garantie court sur la durée du contrat, puisqu’il porte sur un service et non sur un objet déterminé.
(Chez Renault, la batterie en location est remplacée lorsque sa capacité est tombée en dessous de 75% de sa valeur nominale).

Lorsque le véhicule est proposé sur le marché de l’occasion après quelques années d’usage, l’état de sa batterie est évidemment primordial  pour l’acheteur.
Compte tenu du coût de remplacement, c’est cet état qui va fixer la cote.

L’évaluation de l’état d’une batterie au Lithium de VE ne peut pas être réalisée avec des moyens simples, ni au cours d’un essai rapide sur route.
Les mesures de la capacité résiduelle, de la résistance interne à fort courant, du comportement à basse température et à haute température, de la tenue sous charge rapide, de l’apparition de points chauds sous conditions sévères, le comportement en mode de récupération d’énergie au freinage, etc, et le contrôle du bon fonctionnement du BMS ( Battery Management System), ne peuvent être effectués que par du personnel qualifié et dans des installations spécifiques.
(Lesquelles n’existent pas, fau-il le rappeler).

Lors de l’achat d’un VE d'occasion, si un tel contrôle n’est pas possible, l’acheteur prend le risque de découvrir à l’usage des problèmes pouvant entraîner au mieux des performances anormalement dégradées dans des conditions non testées au cours de l’essai traditionnel sur route, et au pire l’obligation de remplacer la batterie, ce qui serait un désastre financier, surtout sur un pack de 40 ou 60 KWh !!!.
Et comment invoquer le « vice caché » pour une batterie qui est classée « pièce d’usure » non maintenable ?
(Le SoH, State of Charge, de la batterie n’est évidemment pas vérifié lors du contrôle technique obligatoire, et il n’existe encore aucune station de contrôle du SOH).

Peu d'acheteurs aux ressources modestes, ce qui est le cas à priori dans le secteur de l’occasion, se risqueront à acquérir en seconde main une auto purement électrique qui risque de n’être plus qu'un morceau de fer au bout de quelques années seulement si la batterie est morte.
En effet, à 250 euro le KWh, hors main d'œuvre, le remplacement surprise d'une batterie de 40 KWh est carrément inenvisageable pour un budget limité.

Le marché du véhicule d'occasion risque alors de rester encore longtemps en majorité une affaire de véhicules thermiques classiques.

Il faudra attendre que le Coût des batteries devienne raisonnable pour libérer le secteur de l’occasion, qui constitue l’essentiel du marché automobile (72% quand même…).
En effet, sans un marché de l’occasion porteur, le marché du neuf ne serait pas ce qu’il est. La plupart du temps un achat en neuf se décide en fonction de la cote de revente espérée.

Le prix public TTC d’une batterie  de VE de 40 KWh ne devrait pas dépasser 2 000 euros pour que son remplacement sur un véhicule de seconde main soit acceptable, soit un prix de 50 euro/KWh.
Nous en sommes encore très très loin.
(Cet horizon demeure lointain car, en même temps que le prix au KWh baisse, la capacité des batteries augmente, ce qui crée un effet de course à l’échalote peu propice à une baisse rapide du coût résultant).

Beaucoup d'acheteurs tentés par la mobilité électrique préfèreront s'orienter vers le véhicule hybride rechargeable (PHEV).
A condition qu'il soit équipé d'une batterie permettant une autonomie électrique réelle de 40 à 50 Km, l'autorisant à circuler en ville et suffisante pour les petits parcours journaliers.
Une batterie de 6 à 8 KWh serait suffisante.
Comparé au coût des batteries de 40 ou 60 KWh qui tendent à devenir la norme pour les VE, le coût de cette "petite" batterie sera suffisamment "raisonnable" pour permettre son remplacement sans se ruiner.
La seconde motivation du choix de l'Hybride PHEV, c'est évidemment le désir d’échapper au problème de l'autonomie du véhicule tout électrique (VE), génératrice d'une angoisse permanente de la panne sèche.

Quant au coût supplémentaire entraîné par la double motorisation du PHEV, il est à mettre en comparaison avec le coût très important de la "grosse" batterie du VE.

En contre partie, une petite batterie de 6 KWh ne pourra pas délivrer une  puissance supérieure à 30 ou 40 KW , ce qui correspond à une décharge à 5 ou 6 C, suffisante en utilisation citadine, qui bénéficie de la récupération d’énergie au freinage, le moteur thermique étant là pour prendre le relais sur la route.

Mais aujourd’hui un « vrai » hybride PHEV demeure encore trop coûteux pour toucher le marché du moyen de gamme.

Le marché de la mobilité électrique demeure donc incertain, conditionné par l’évolution de facteurs eux-mêmes incertains, essentiellement le coût  au KWh des batteries, les infrastructures de recharge, le temps de rechargement, la cote de revente.

D’autre part, le soutien de ce marché par une prime confortable n’est pas un modèle économique, et ne peut donc être maintenu que pour des quantités réduites.
Aujourd’hui, pour les 25 000 VE vendus en 2017, la prime offerte a représenté une charge budgétaire de 150 Millions d’euros, encore supportable.
Mais demain, à ce rythme, pour un million de VE, il faudrait six Milliards…

Comment sortir de ce bourbier ?

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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 18:52

Voiture électrique haut de gamme, esbroufe ou Arnaque ?
   
13 Mars 2018

Tesla fait des émules.
Impossible pour les concurrents prestigieux de ne pas proposer des modèles équivalents, au moins sur le catalogue, pour ramener vers eux les brebis égarées qui pourraient être attirées par le jeune loup américain .
JAGUAR , pour en citer un récent, nous a présenté le VE "I-PACE" dont la mission sera de rappeler qu'en Europe aussi on sait faire des voitures à piles.

Comme il fallait frapper fort, la marque a sorti l'artillerie, et a fait feu de tout bois. Rien ne vaut un bon électrochoc pour réveiller le client un peu endormi sur son confortable carnet de chèques.
400 CV avec deux moteurs, couple de 700 Nm, les 100 km/h atteints en 4 secondes, autonomie NEDC de 500 km, c'est désormais la recette de l'appât capable d'attirer infailliblement les gros poissons sur les lieux de pêche au gros chèque (plus de 80 000 euros tout de même).
C'est une cinq places, suréquipée évidemment, dont la vitesse max n'est pas indiquée par décence, probablement deux fois la vitesse maximale soi-disant "imposée" par le code de la route.
Le poids non plus n'est pas indiqué, peut-être aussi pour ménager la susceptibilité du client qui n'aimerait pas avoir à mener un char d'assaut.
( On parle de 2,2 tonnes avec le conducteur, à vérifier).
Tournons la première page de la brochure et voyons ce qui se cache derrière les quadrichromies sur papier glacé.

La batterie de 90 KWh et l'autonomie annoncée sont là pour promettre l'accès à l'autoroute, et  jouer dans la cour des grands.
Les 400 CV sont le hochet destiné aux grands enfants en mal de puissance. Starsky et Hutch ne sont jamais très loin.
(Il faut ratisser large).

Que peut-on faire avec "çà" ?

L'objectif est de montrer qu'une voiture électrique peut offrir les prestations d'une grosse berline de luxe à tendance sportive, et briser le plafond de verre des 500 Km d'autonomie.

L'objet est incontestablement une grosse berline de luxe, qui ne vise pas à concurrencer la Zoe, mais bien la Tesla S.
La tendance sportive est également là; les 400 CV, les deux moteurs, le 0 à 100 Km/h en 4 secondes, tout cela est vrai.
L'autonomie de 500 Km est également vérifiée, mais avec une nuance de taille, elle n'est obtenue que dans les conditions du cycle NEDC, qui sont très, très, très loin de la tendance sportive, et plutôt proche de la conduite d'une 2 CV Citroën.
On imagine très bien l'acheteur d'une voiture de haut de gamme affublée d'une motorisation de 400 CV, payée une somme inavouable, pratiquer l'éco conduite sur l'autoroute…

En fait, la tendance sportive ne peut se manifester que sur une durée très limitée, le temps d'impressionner le futur acheteur au cours de l'essai.
Dans la pratique le dépliant publicitaire "conseille" au conducteur d'adopter l'éco-conduite.
Le plafond de verre des 500 Km est encore très solide…
On ne peut pas tricher avec les lois de la physique.
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En effet, que peut-on obtenir d'une batterie de 90 TWh ?

Les batteries au Lithium actuelles se rechargent suivant le mode CC-CV, qui consiste à charger à courant constant (CC) élevé pour atteindre le plus rapidement possible environ 80% de la capacité nominale, puis de terminer à tension constante (CV) en réduisant progressivement le courant pour maintenir la tension des cellules sous la valeur critique de 4,2 V.
La phase CV peut être très longue, éventuellement plusieurs heures.
(Avec les batteries Li-Ion on ne plaisante pas avec la tension: en dessous de 2,5 V c'est la mort des éléments, et au-dessus de 4,2 V c'est aussi la mort, mais avec en plus l'emballement thermique et possiblement un incendie).
Sur la route, on cherche à raccourcir le temps d'occupation de la borne de charge, pour des raisons évidentes.
Sur une borne routière de charge rapide, la charge s'arrêtera donc lorsque la batterie aura atteint le niveau de 80% de sa capacité nominale.
(Une charge complète à 100% se pratiquera à la maison ou au bureau pendant la journée, certainement pas sur l'autoroute).

Le temps de charge @ 80% annoncé pour la Jaguar électrique est de 90 minutes sur une borne de 50 KW.
Ce qui correspond à un "semi-plein" de 70 KWh environ, en une heure et demi, ce qui est le maximum possible sur une borne de 50 KW.

Première remarque:
Un temps de chargement d'une heure et demi est évidemment inacceptable sur autoroute, à la limite de la plaisanterie.
On imagine mal un automobiliste mobiliser pendant 90 minutes une borne de charge alors que cinq ou six autres voitures attendent leur tour un jour de départ en vacances !!!
Par ailleurs, sur un long trajet, plusieurs arrêts d'une heure et demi pénaliseraient lourdement la durée du voyage !

C'est pourquoi les infrastructures modernes proposent aujourd'hui (sauf en France, à part Tesla) des bornes de 150 KW, voire même 250 KW sur certains tronçon routiers, en Europe du Nord.
Le temps de recharge est alors ramené à une valeur "décente" de l'ordre de vingt minutes, toujours à 80%.
Mais encore faut-il que la batterie soit conçue pour supporter ce régime car le courant de charge est bien sûr deux ou trois fois plus important.
Jaguar ne précise pas si la I Space supporte ce régime de charge rapide à 3 ou 4 C.
C'est pourtant un "must" pour ce type de véhicule haut de gamme, et c'est même un critère incontournable.

Pour fournir les 400 CV ( 295 KW) des moteurs, la batterie de 400 V doit délivrer un courant de 740 A !!
Ce qui correspond à un régime de décharge de 8 C, théoriquement compatible avec la recharge super-rapide sur des bornes de 250 KW.
Jaguar n'a pas communiqué sur cette possibilité.
(Il se pourrait aussi que la puissance de 400 CV soit  fournie par un super condensateur, ce qui limiterait encore plus la durée de ce coup de "boost").

Deuxième remarque:
Une batterie au Lithium ne doit pas être déchargée en dessous de 10% de sa capacité, afin de préserver son intégrité.
Comme les bornes routières ne chargent qu'à 80% de C, il reste donc une capacité réellement utilisable de 70%, soit 63 KWh pour une batterie de 90 KWh nominale.

Le problème de la voiture électrique, ce n'est pas la puissance, c'est l'autonomie.
A 130 Km/h la consommation sera au moins de 20 KWh/100 Km.
(Pas de récupération d'énergie au freinage sur autoroute).
Avec 63 KWh utilisables, l'autonomie sera donc d'environ 300 Km, et non pas 500 comme indiqué au catalogue.
Ce n'est plus de l'esbroufe, mais de l'arnaque.

Bien sûr, pour se couvrir contre les réflexions désobligeantes, voire même le procès d'un client hargneux, Jaguar précise (en petit caractères) que l'autonomie annoncée  "supérieure" à 500 kms est obtenue selon le cycle NEDC, qualifié abusivement de "nouveau", alors qu'il est officiellement abandonné au profit d'un autre plus réaliste.
(Il s'agit d'un abus de langage. NEDC signifie New European Driving Cycle; il était effectivement "new" à sa création, qui date de plusieurs dizaines d'années).
De plus il est bien précisé au client qu'il doit pratiquer l'éco conduite pour bénéficier de cette autonomie.
Mais ne soyez pas inquiets, on pourra en option vous monter un prolongateur d'autonomie, il y a de la place dans le coffre.

Pour parachever sa campagne de promotion, il ne reste plus à Jaguar qu'à expédier son prototype dans l'espace, il paraît que çà se fait…

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 12:04


La transition énergétique, avec ou sans nucléaire ?

26 Février 2018

Les sources d’énergies nouvelles renouvelables, Eolien, Solaire, et thermiques à Bio énergies, ont produit en 2017 une quantité d’énergie électrique représentant 2,2% de l’énergie finale consommée en France (40 TWh sur 1 800 TWh).
Il s’agit donc objectivement d’une part marginale, qui ne peut être considérée comme un aboutissement, tout au plus comme le témoignage d’une activité naissante à encourager.
Il faut rappeler en effet que l’objectif de la transition énergétique est bien de remplacer les énergies fossiles et nucléaire par des sources renouvelables, et non pas de simplement fabriquer un peu d’électricité ici et là.

Par la magie de la manipulation des chiffres, les médias ont réussi à transformer cette modeste activité en une réussite quasi accomplie.
D’abord en écartant les trois quarts de l’énergie qui ne sont pas de l’électricité, sur le principe de « cachez ce pétrole et ce gaz que je ne saurais voir  ».
Ils n’ont retenu que les 530 TWh d’énergie électrique qui circule sur le réseau.
(Energie produite rappelons-le à 75% par le nucléaire ).

Par rapport à ces 530 TWh « sélectionnés » les 40 TWh de renouvelables nouvelles représentent 7,5%, ce qui est déjà beaucoup mieux.
Mais on peut faire encore mieux avec les chiffres.
L’énergie hydroélectrique historique, qui existe depuis la nuit des temps (Elle existait avant le nucléaire), et ne doit rien à l’effort de transition énergétique, a été appelée en renfort, ce qui porte le total d’électricité renouvelable à 88,8 TWh en 2017, soit une part de 16,8 % de la production électrique.
Et pour faire bonne mesure, il suffit de se référer non pas à la production électrique, mais à la consommation finale électrique, qui est de 480 TWh.
( Le reste s’est perdu en route par effet Joule et consommations internes, mais il a bien fallu les produire ).
La part des renouvelable apparaît alors à 18,5%.
On a ainsi réussi à badigeonner un bilan initial de 2,2% pour en faire un 18,5% , et de transformer ainsi un relatif échec en un triomphe.
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Vu côté citoyen, il retient 88,8 TWh , et remarque que  c’est l’équivalent de la production de 13 réacteurs nucléaires de 900 MW.
La consommation électrique du pays n’ayant pas augmenté depuis dix ans, ce citoyen est en droit de se demander pourquoi aucun réacteur n’a-t-il encore été arrêté ?

Mais où sont donc passés ces 88,8 TWh ?
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Pour résoudre cette énigme il faut détricoter les chiffres un peu trop enthousiastes.
En premier lieu, il faut savoir que la production hydraulique historique comptée ici est déjà utilisée par ailleurs pour soutenir la puissance nucléaire lors des appels de puissance du réseau au-delà  de 47 GW environ, maximum électronucléaire possible avec le parc actuel dont le facteur de charge ne dépasse pas 70%.
Cette puissance hydraulique ne peut donc pas être comptabilisée comme disponible « en plus », car elle ne peut servir deux fois.
Il reste donc 40 TWh d’énergie renouvelable nouvelle qui vient s’ajouter au parc historique, et non plus 88,8.
Soit l’équivalent de la production de six réacteurs, et non pas treize.
Bon, mais six réacteurs, c’est quand même énorme, on aurait dû en arrêter au moins trois ou quatre puisqu’on dispose de 40 TWh nouveaux.
On attend toujours l’arrêt du premier…
Le mystère reste donc entier.

Peut-être ces 40 TWh « disparus » ont-ils été exportés ?
Même pas.
En 2008 la France exportait 46 TWh d’électricité.
En 2016 elle en exportait seulement 39 TWh.

Pour comprendre où sont passés les 40 TWh que nous recherchons, il faut aller voir dans les coulisses.
La vie d’un parc nucléaire déjà ancien n’est pas un long fleuve tranquille.
Le parc nucléaire français comprend 58 réacteurs pour une puissance installée de 63,2 GW.
Pour des installations récentes en bon état, le facteur de charge standard attendu est de 0,9, ce qui dans notre cas conduirait à une production de près de 500 TWh annuellement.
Or en pratique notre meilleure production des dernières années a été de 420 TWh environ, ce qui correspond à un facteur de charge de 78%, donc nettement en dessous des standards.
Les raisons de cette performance modeste sont diverses, mais elles perdurent et même s’accroissent depuis Fukushima (la presse en a abondamment parlé).
Aujourd’hui la production nucléaire est même tombée à 384 TWh, soit un facteur de charge de 69%, lié en grande partie au vieillissement des installations, aux travaux imposés pour l’amélioration de la sécurité, et à une plus grande sévérité de l’ASN qui n’hésite plus à imposer des arrêts de certains réacteurs douteux (Voir Tricastin).
(On comprend que les « responsables » soient méfiants; aucun d’entre eux ne veut risquer d’avoir à endosser la responsabilité d’un Fukushima français…)
La production de 40 TWh d’énergie renouvelable a donc en fait servi essentiellement à compenser la baisse de production du nucléaire.
En quelque sorte la production nucléaire a effectivement baissé conformément au PPE, mais pas forcément de la façon souhaitée.  
Nous avons toujours 58 réacteurs, mais qui produisent de moins en moins.

Aujourd’hui, la stratégie visiblement développée par l’énergéticien, avec l’accord du Gouvernement, consiste à remplacer deux vieux REP de 900 MW par un EPR tout neuf de 1 650 MW.
C’est du moins ce qui ressort des programmes annoncés pour la fermeture de Fessenheim conjuguée avec le démarrage de Flamanville.

Stratégie au demeurant parfaitement logique dans le cadre d’un maintien du parc nucléaire à un niveau de puissance de 63 GW.
(Objectif par ailleurs confirmée par le précédent Président ).

Le citoyen est un peu déçu de constater que l’effort accompli pour développer une production d’électricité verte n’a même pas servi à permettre l’arrêt de quelques réacteurs nucléaires.

Pire encore, le seul arrêt réellement planifié (Fessenheim) sera compensé par la mise en exploitation de l’EPR de Flamanville en 2019.

Certes, « on » savait bien qu’il serait difficile de courir deux lièvres en même temps: vouloir supprimer à la fois le nucléaire et les fossiles était une gageure peu crédible.
Il faudra mettre un peu d’eau dans notre vin.
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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 18:08

La STEP de Redenat, vers un remake de Sivens ?

15 Février 2018

Les énergies éolienne et solaire ne pourront participer efficacement au mix électrique qu’à la condition d’être adossées à d’importantes capacités de stockage d’électricité de faible constante de temps et de rendement élevé.
Ceci n’est évidemment pas une opinion, mais un impératif technologique non sujet à polémique, il n’est pas inutile de rappeler.
( Le vent, l’ensoleillement, et l’alternance jour/nuit,  ne sont toujours pas aux ordres du Gouvernement quel qu’il soit).

Le seul procédé répondant aujourd’hui au triple impératif de grande capacité potentielle de stockage, faible constante de temps et haut rendement (90%) est le stockage hydraulique réversible, ou STEP, Station de Transfert d’Energie par Pompage.

( Il existe bien sûr d’autres méthodes de stockage, soit d’électricité directement comme le stockage électrochimique, soit indirectement comme la filière « Power to gas » P2P , ou le gaz comprimé, le stockage inertiel, etc.
Mais aucune ne possède à la fois les trois qualités requises: Grosse capacité potentielle, faible constante de temps, et haut rendement).

EDF exploite un parc de STEP dont les six principales totalisent une puissance de 5 GW, utilisées aujourd’hui, conjointement avec les centrales thermiques et les centrales hydrauliques de barrages, éclusées ou au fil de l’eau,  pour répondre aux pointes de la demande des consommateurs en complément de la production nucléaire « de base ».
Il s’agit ici de compenser les fluctuations de la consommation, alors que dans le futur il faudra, en plus, compenser l’intermittence des renouvelables.
_________________

Aujourd’hui, l’ensemble des installations éoliennes et solaires en France représentent une puissance installée de 20 GW environ.
La puissance réelle disponible est beaucoup plus faible à cause du mauvais facteur de charge, inhérent aux technologies éolienne et photovoltaïque.

En 2016 l’énergie produite par cet ensemble, et injectée dans le réseau a été de 30 TWh, ce qui correspond à une puissance moyenne de 3,4 GW, pour un facteur de charge de 17%.
Ce qui représente 5,7 % de la production totale d’électricité.
(Source RTE, « Panorama de l’Electricité renouvelable au 30 Juin 2017).

Ce « faible » niveau d’activité permet encore de gérer l’intermittence éolienne et solaire PV  avec les moyens existants Thermiques et Hydrauliques (Centrales de barrage, STEP pures et STEP mixtes).

Mais, du moins on l’espère, cette production éolienne et solaire ne va pas demeurer à ce niveau; elle est appelée à croître considérablement jusqu’à occuper une part de l’ordre de 50% dans le futur mix électrique, ce qui pourrait représenter près de 250 TWh à niveau constant de la demande intérieure.
(Les autres 50% étant censés être fournis par l’Hydraulique et le thermique à Biomasse puisque les fossiles et le nucléaire auront disparu, si nous avons bien suivi le film de la transition énergétique).
Tout ceci évidemment dans l’hypothèse où 100% de notre électricité serait produite par nous-mêmes, ce à quoi aucun Gouvernement ne s’est encore engagé.
(Ce sujet de l’indépendance énergétique, pourtant essentiel, n’est jamais sérieusement évoqué dans les débats).
Passer de 30 TWh à 250 TWh sera évidemment une performance, qui représente une croissance de 7% sur trente années, soit d’ici 2050.
Faisable, mais il serait temps de s’y mettre…

( titre de comparaison, l’éolien et le solaire PV en Allemagne ont fourni en 2016 une quantité d’énergie électrique de 120 TWh pour une puissance installée de 90 GW).
_______________

A partir d’une part de 10 à 15% de la production électrique par l’éolien et le solaire,  les « moyens du bord » ne suffiront plus à compenser l’intermittence inhérente à ces nouvelles technologies.
D’autant plus que la production « de base » nucléaire sera en baisse selon les prévisions.

Il faudra alors impérativement construire des installations supplémentaires de stockage d’électricité.
Le stockage hydraulique est donc appelé à jouer un rôle très important.

Chez EDF on estime qu’il faudrait augmenter la puissance du parc de STEP de 1 à 2 GW pour gérer convenablement l’intermittence des renouvelables au niveau prévu pour 2030 dans le programme de la Loi de transition énergétique.
Cela correspond à deux  ou trois STEP importantes dont l’une au moins serait dans le massif central.
(Pour 2050 on préfère ne pas y penser, à chaque jour suffit sa peine…).
______________

EDF possède dans ses cartons des études préliminaires concernant de possibles implantations de STEP, y compris marines.
En fait l’ensemble des réseaux hydrologiques du territoire ont été analysés en fonction de leur possible participation au stockage électrique par l’hydraulique.

Parmi ces projets, il en est un qui  pourrait refaire surface prochainement à la faveur des nouvelles actions engagées par le Ministre de la transition écologique et solidaire.

Il s’agit de la STEP de Redenat, dont l’implantation avait été prévue en Corrèze, au Nord de Saint Privat, sur un versant dominant la Dordogne.
L’étude date déjà d’une quarantaine d’années .
Le bassin inférieur serait constitué par la retenue existante de Chastang, 187 Millions de m3, avec 706 Hectares sur 31 km.
Le bassin supérieur est prévu sur la rive gauche de la Dordogne, très escarpée à cet endroit, et procurant une hauteur de chute de 340 m sur une courte distance, donc favorable à une forte puissance.
( 1 100 MW dans le projet initial).

Cet emplacement bénéficierait d’avantages certains:
- Le bassin inférieur de la future STEP existe déjà, c’est la retenue de Chastang, de 187 Millions de m3.
- L’emplacement prévu pour le bassin supérieur est situé à proximité immédiate, avec une grande hauteur de chute, 340 m.
- L’ensemble est situé à proximité d’une ligne EDF de 400 KV, qui dessert la centrale hydroélectrique de Chastang.
- Les travaux préliminaires d’analyse géologique ont déjà été effectués.

Difficile de trouver plus propice à ce type de projet, du moins au plan technique.

___________________

Cet ouvrage, demeuré dans les cartons pendant quarante ans, et repris en 2010, refait surface à l’occasion du changement du contexte lié à la transition énergétique.
(Et au besoin de STEPs qui se fait plus pressant).

Le Ministre de la Transition Ecologique et solidaire a chargé Le Secrétaire d’Etat Sébastien Le Cornu de mettre en place, avec les territoires les CTE, Contrats de Transition Ecologique, destinés à réaliser des programmes en rapport avec la transition.
La Corrèze a été désignée comme Territoire d’Expérimentation pour les CTE.

Le succès de la transition énergétique étant conditionné, entre autres, par le développement des STEP, et la Dordogne passant en Corrèze, il paraît logique de ressortir le projet de Redenat.
__________________

Mais l’expérience désastreuse du barrage de Sivens laisse penser que la construction de la STEP de Redenat rencontrera une opposition farouche.
Le réservoir supérieur doit être aménagé sur le thalweg du ruisseau de la cascade, ce qui entraînera évidemment des nuisances de toutes sortes et donc des réactions violentes des associations qui sont déjà l’arme au pied depuis longtemps (Ce projet est déjà ancien).
Tout projet d’aménagement, quel qu’il soit, entraîne son cortège de nuisances, dont l’étude fait partie du dossier technique, avec l’étude d’impact.
Dans la décision finale, ces nuisances sont mises en balance avec les avantages apportés, appréciés à la mesure de l’intérêt général.

La DCE (Directive Cadre sur l’Eau) établit le principe de non dégradation de l’état de la masse d’eau.
Mais il existe une possibilité de passer outre, lorsque le projet est classé PIG (Projet d’Intérêt Général), classement demandé pour Redenat.
On peut lire le descriptif initial ici:

http://www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Annexe_arrete-Descriptif_projet_Redenat_cle08bce1.pdf

Voir en particulier l’impact sur l’environnement et le site lui-même.

On peut donc s’attendre à des affrontements sévères, dont l’issue pourrait être l’abandon du projet, et de tous les autres projets similaires par voie de conséquence.
(Voir notamment risr.fr).
Avec, en toile de fond, la mise en péril du programme de développement des énergies renouvelables, qui ne sauraient se passer de ces installations de stockage.

RTE a déjà tiré le signal d’alarme: « Le programme fixé par la Loi de transition énergétique ne pourra     être respecté que si les capacités de stockage d’énergie électrique nécessaires sont disponibles ».

Les Allemands, déjà confrontés avec ce problème de fluctuation des énergies renouvelables, et n’ayant pas suffisamment de ressources géographiques propices à la construction de STEP, ont signé un accord avec la Norvège pour la construction d’un câble sous-marin permettant d’utiliser les ressources hydrauliques norvégiennes de stockage réversible d’électricité.

La France n’échappera pas à cette nécessité, si nos ressources hydrauliques demeurent totalement sanctuarisées, donc inexploitables pour le stockage électrique.

A la limite, si les associations d’usagers s’opposaient à la construction des installations de production ou de gestion des énergies renouvelables  (Eoliennes offshore, STEP, compteur Linky, …) On peut se demander si le projet de transition énergétique aurait encore un sens…

Tout ceci permet de mieux comprendre la réticence des énergéticiens du nucléaire à acheter chat en poche un programme d’énergies renouvelables si mal barré…
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10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 15:42

EPR, malédiction ou arme anti CO2 ?

9 Février 2018

Il est toujours dangereux d’aborder le sujet EPR, patate chaude s’il en est. Qu’importe. Il faut parfois prendre des risques et regarder l’ennemi en face.
Car indéniablement le nucléaire est un ennemi, personne n’en doute.
Seulement il n’est pas le seul, l’humanité est aux prises avec une véritable coalition:
D’abord, des ennemis en quelque sorte voisins de longue date, devenus familiers, avec lesquels nous avons passé des arrangements car nous avons, à tort, sous estimé leur pouvoir de nuisance:
L’explosion démographique, le sous-développement, la pauvreté, le tabac, l’alcool, les drogues, la pollution, les dictatures, la destruction de l’environnement, la déforestation, l’esclavage,  etc.
(Nous n’avons pas cité la bagnole, car il ne faut pas tirer sur un ennemi à terre…1 300 000 tués par an tout de même, et 2 300 000 « attendus » en 2030 selon l’OMS).
Tout cela cause des dizaines de millions de morts chaque année et répand le malheur dans le tiers-monde sans nous empêcher de dormir, tant nous sommes davantage préoccupés par l’augmentation de la CSG et le prix du Gaz.
Et puis il y a des ennemis auxquels nous avons conféré un statut supérieur, qui ont droit à l’ « assurance de notre considération distinguée ».
Deux d’entre eux tiennent le haut du pavé:
Les sources fossiles d’énergie, et l’électro nucléaire, qui se tirent la bourre sur un arrière plan de réchauffement climatique à court terme pour l’un, et d’empoisonnement de l’environnement à long terme pour l’autre.
Nous aurions, en quelque sorte, à choisir l’une ou l’autre de ces deux malédictions, entre la peste ou le choléra.
C’est du moins le marché qui nous est proposé.
Quelques téméraires, dont la France, s’estiment capables de se défaire de l’un et de l’autre sans plus tergiverser.
Nous leur souhaitons bonne chance.
________________

Toute bonne stratégie militaire repose sur un jeu d’alliances, et toute bonne tactique de terrain consiste à n’attaquer qu’un seul ennemi à la fois.
Pour ce qui concerne les alliances, nous avons bien constitué une coalition mondiale, mais celle-ci ne vaut que contre un seul ennemi, les énergies fossiles, et avec un seul but, réduire les émissions de CO2.
En effet, l’électronucléaire n’est pas perçu au plan mondial comme un ennemi à combattre au même titre que les énergies fossiles.
Au contraire même, l’IPCC (GIEC), qui fédère au plan mondial les actions liées à la lutte contre le changement climatique, a placé le nucléaire dans la catégorie des énergies dont l’influence sur le climat est neutre.
(Ce qui est indéniable, si l’on met de côté les autres nuisances de cette technologie.
Dans le même esprit on pourrait dire aussi qu’une balle de fusil n’est pas dangereuse, si l’on n’est pas sur son trajet…).
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Les pays qui auront choisi de lutter à la fois contre les énergies fossiles et contre le nucléaire auront donc à affronter deux types de difficultés:
D’une part ils devront gérer un combat contre deux ennemis à la fois, alors que les stratégies habituelles consistent à procéder par étapes: d’abord un ennemi, et ensuite l’autre.
D’autre part, pour lutter contre le nucléaire ils n’auront le soutien que d’une minorité, puisque la coalition mondiale n’a pas mis cette technologie à l’index.
On peut ajouter que, pour un pays donné, le combat sera d’autant plus difficile que la part du nucléaire y est importante, ce qui est le cas de la France, faut-il le rappeler.
__________________

Quantitativement, l’électronucléaire n’occupe pas une place très importante dans la consommation énergétique mondiale actuelle (nous disons bien « actuelle » ).
« Connaissance des énergies.org » nous donne les valeurs suivantes pour 2015:
Consommation mondiale d’énergie primaire:  160 000 TWh  ( 13 650 Mtep), dont 80% de produits fossiles (Charbon + Pétrole + Gaz naturel) émetteurs de CO2 .
Dans le même temps, la production d’électricité nucléaire s’est élevée à   2 575 TWh.
Soit 1,6 % de l’énergie primaire consommée dans le monde.
(2,3 % si l’on se rapporte à l’énergie finale).
Il est évident que, du point de vue des émissions mondiales de CO2, le Nucléaire n’intervient quasiment pas, dans l’état actuel des choses.
Il est pourtant au centre des débats.
Quel est cet étrange paradoxe ?
_________________

Les mauvaises langues disent que l’on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres.
Ce n’est pas faux, mais cela n’exclut pas la rigueur et l’honnêteté.
C’est une question d’éclairage.

Toujours d’après la même source, la production mondiale d’électricité s’est élevée en 2015 à 24 250 TWh.
La part de l’électronucléaire y est donc de 10,6%.
C’est déjà plus respectable.
Voyons plus loin:

En regardant dans le détail on constate que la part des énergies renouvelables dans la production mondiale d’électricité s’élève à 21%.
Hors nucléaire évidemment.
(L’hydraulique y occupant une place importante, l’éolien et le solaire affichant une belle croissance).

Si l’on ajoute le nucléaire, on arrive donc à 32 % de part décarbonée dans le mix électrique mondial, dont le tiers pour l’électronucléaire.

Ce qui signifie que, dans l’optique de la transition énergétique, c’est-à-dire en mettant de côté les fossiles, l’électronucléaire  représente aujourd’hui 33% de la part des énergies éligibles au mix électrique décarboné.
(Nous sommes ainsi passés de 1,7% à 10,6 %, puis 33% en modifiant simplement l’éclairage porté aux statistiques).

Cet éclairage différent du même tableau de chiffres met en évidence l’intérêt du nucléaire dans la stratégie de transition énergétique.

(Ce qui n’enlève rien à son haut potentiel de nuisance dont la démonstration nous a été donnée à plusieurs reprises).
_________________

Il ne faut donc pas s’étonner de l’intérêt croissant porté dans le monde à cette technologie, qui est perçue comme un substitut aux fossiles, notamment au Charbon grand émetteur de CO2 et d’autres polluants qui empoisonnent l’Atmosphère de certaines mégapoles au bord de l’asphyxie.
Il ne s’agit plus alors seulement de réduire le taux de CO2 mais bien d’éviter l’asphyxie à court terme sous les poussières de charbon…

Par ailleurs, les réserves de minerai d’Uranium sont du même ordre de grandeur que celles des combustibles fossiles, aux niveaux de consommation actuels et dans les technologies actuelles.
De plus, la technologie électronucléaire se réclame d’un important potentiel d’amélioration grâce aux surgénérateurs susceptibles d’augmenter considérablement les rendements et donc les réserves.
_________________

La bataille contre le nucléaire n’est donc pas gagnée d’avance au plan mondial, malgré Fukushima.
On peut, on doit, le déplorer, mais c’est ainsi.
Certains pays peuvent y trouver une solution pour réduire leur niveau de pollution, et accompagner leur développement économique.

Pour certains gestionnaires, l’attrait exercé par le nucléaire est considérable dans le contexte de la transition énergétique.
Il permet une production de base, contrairement aux technologies éolienne et solaire, qui nécessitent d’être adossées à un parc de centrales thermiques, émettrices de CO2.
Il est neutre vis-à-vis des émissions de GES.
D’autre part, une analyse des coûts d’investissements lui donne l’avantage par rapport aux autres technologies, pour peu que l’on ne tienne pas compte du coût des dommages potentiels liés à des accidents nucléaires en cours d’exploitation, ou aux conséquences long terme du stockage des déchets radioactifs.

Les dirigeants de certains pays, que d’aucuns qualifieront de cyniques, n’hésiteront pas à mettre en balance une technologie qui peut leur apporter une solution énergétique à court terme, avec les nuisances potentielles dont cette technologie est porteuse, mais avec une probabilité incertaine et pour des temps qui défient l’imagination.
Leur choix risque d’être vite fait si aucune autre porte de sortie ne leur est offerte.
______________

L’Europe, qui se positionne dans le groupe de tête des régions développées, non sans quelques raisons, et qui se veut exemplaire en matière de lutte contre le changement climatique, offre un panorama nucléaire édifiant:

En Europe, en 2016, il y avait 130 réacteurs nucléaires en exploitation dans 14 pays, pour une puissance totale de 122 GW, dont la moitié en France.
Le nucléaire européen a produit 800 TWh en 2015, soit 24,2 % de la production électrique totale.
Toujours en Europe, quatre nouveaux réacteurs sont en construction:
2 en Slovaquie.
1 en Finlande.
1 en France.

Difficile, avec ce palmarès, de promouvoir dans le monde l’arrêt du Nucléaire avec quelque crédibilité…

Selon la SFEN, il y aurait dans le monde 72 réacteurs en construction et 160 autres en projet.
(Source: http://www.sfen.org/energie-nucleaire/panorama-nucleaire/nucleaire-monde).

Ce panorama montre que l’annonce par certains de l’enterrement du nucléaire est peut-être un peu prématurée.
Sans avoir nécessairement le vent en poupe, il est probable que cette technologie continuera d’être utilisée encore quelques décennies ici et là, même au japon qui pourtant ne peut plus ignorer ses inconvénients.

Tout dépendra de la capacité des renouvelables à remplacer à la fois les fossiles et le nucléaire existant.
_______________

Dans l’état actuel de nos besoins et de nos habitudes de consommation, et dans la perspective de l’abandon des sources fossiles d’énergie, le nucléaire restera incontournable tant que « nous » n’aurons pas apporté la preuve que nous pouvons nous en passer en tant que production de base.
(Personne ne songe sérieusement à remplacer le nucléaire par des centrales thermiques qui devraient brûler des combustibles fossiles car les bio combustibles, notamment le bio Méthane, ne sont pas encore disponibles, il s’en faut de beaucoup).
 
La transition énergétique passe par une modification drastique de nos habitudes de consommation, il va nous falloir adapter la demande à l’offre, alors que nous faisons l’inverse aujourd’hui.
Il nous faudra également réduire nos consommations, ce qui passe évidemment par la lutte contre les gaspillages d’énergie directs ou indirects.
(C’est une incantation que l’on répète depuis plus de dix ans, mais notre consommation d’électricité demeure désespérément constante, et il nous faudra bientôt recharger les batteries de nos VE …).
Nous serons également priés d’accepter sans protester l’invasion de nos côtes et de nos campagnes par des fermes solaires, et des éoliennes terrestres et surtout offshore.
(Aujourd’hui de nombreux projets ambitieux sont retardés par les actions en justice de riverains opposants…).
Et peut-être le plus difficile, il faudra accepter de transférer une partie de notre autonomie de gestion de nos consommations au gestionnaire de réseau, notamment pour ce qui concerne la charge des véhicules électriques, et les postes gros consommateurs tels que le chauffage électrique et le gros électroménager.
Il s’agira de gérer les pointes de puissance et les capacités d’effacement afin de s’adapter aux fluctuations de la production des renouvelables.
Ceci se fera à travers les compteurs communicants en cours d’installation (Linky en France), à condition de les accepter…
Il est également probable que nous verrons nos factures énergétiques atteindre des sommets insoupçonnables aujourd’hui.
(La CSPE est le loup dans la bergerie).
Par ailleurs, certains trouveront leur intérêt dans un certaine autonomie énergétique, lorsque les conditions s’y prêteront, soit à titre individuel, soit par la mutualisation des moyens de production privés.
Le retrait du nucléaire pourra alors être acté au fur et à mesure de la mise en œuvre de ces dispositions et du constat de leur efficacité.
_______________

Le match entre nucléaire et fossiles n’en est qu’à ses prémisses car la part de l’atome dans la production mondiale d’électricité est aujourd’hui encore faible, environ 10 % .
(Le cas de la France est particulier et devra recevoir un traitement particulier).

Par contre, dans un contexte mondial de forte pression pour la réduction des émissions de CO2 à cause du changement climatique, et pour la réduction de la pollution à cause de l’asphyxie des mégapoles, cette part du nucléaire peut être appelée à augmenter significativement, en complément de la croissance de la production des renouvelables qui auront du mal à répondre à la demande croissante, notamment par l’électrification des transports.

Le match entre nucléaire et fossiles se déroule aujourd’hui principalement sur le terrain de la production électrique.
Un autre match, autrement important car il concerne des quantités d’énergie beaucoup plus élevées, est en préparation, sur le terrain des applications non électriques exploitant la chaleur et la force motrice.
C’est le match entre combustibles fossiles et Bio combustibles (Bio carburants et Bio Gaz).
Toujours dans le contexte d’une pénalisation des fossiles, et si les bio combustibles de troisième génération et le bio Gaz tardent à arriver, beaucoup d’applications qui s’y prêtent basculeront sur l’électricité et créeront un forte augmentation de la demande, pour laquelle le nucléaire pourrait être une réponse.
________________

La décision concernant le sort du nucléaire dans la transition énergétique n’est donc pas aussi évidente que le laisse penser la lecture des gazettes vertes.
Personne ne nie la dangerosité de cette technologie, ni son potentiel de nuisance à long terme, mais peu d’entre nous sont prêts à consentir les sacrifices nécessaires pour l’éradiquer.
Le sort de l’EPR n’est pas seulement dans les mains du ministre, mais aussi dans les nôtres, qui tenons les leviers de la demande de puissance électrique.
Peut-être n’avons-nous pas absolument besoin de quatre cent millions d’ampères certains jours de Février…
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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 10:45

Bel avenir pour le Gaz, mais quel gaz ?

4 Février 2018

Aujourd’hui nous dépendons à 90% de l’étranger pour notre énergie.
Un peu d'optimisme n'étant pas interdit, nous faisons l’hypothèse que la transition énergétique annoncée sera mise à profit pour sortir, au moins partiellement, de cette dépendance qui plombe notre budget et nous contraint à des « arrangements » politico économiques indignes d’une grande nation.

Actuellement nous avons une bonne excuse pour justifier notre dépendance énergétique quasi-totale, notre territoire étant dépourvu  de ressources fossiles.
Mais, une fois délaissés le charbon, le pétrole, le gaz naturel fossile, et le nucléaire, nous devrons compter sur le vent, le Soleil, les ressources hydrauliques, et la biomasse, dont notre territoire est for bien pourvu.
Il nous sera alors très difficile de justifier la continuité d’une politique de dépendance quasi totale. Nous devons donc nous attendre à devoir retrousser nos manches pour « fabriquer » nous même notre énergie.

Notre transition consistera donc à abandonner non seulement les combustibles fossiles, mais aussi le nucléaire, pour d’autres raisons tout aussi louables.

L'éolien, le solaire photovoltaïque et l'hydraulique produisent exclusivement de l'électricité, laquelle ne peut pas être stockée en masse, du moins sans imaginer des solutions extravagantes transformant une grande partie du territoire en une énorme réserve d'eau.
(Et l’on a vu à Sivens ce qu’il en coûte de tenter d’aller contre l’opinion publique, même si elle est minoritaire).

D'autre part, cette électricité verte n'est disponible que selon les conditions météo horaires, journalières, saisonnières, et annuelles.

Or le Pays a besoin d'une alimentation régulière en énergie, notre économie ne saurait se satisfaire d'une énergie sporadique dont la valeur serait dépendante de la force du vent, de la couche nuageuse, de la pluviométrie, ou de la saison.

Et il ne s’agit pas seulement de l’électricité, mais bien de la totalité des formes d’énergie consommées. L’électricité ne représente que le quart de nos besoins énergétiques totaux.
Tout ce qui n’est pas spécifiquement électrique fonctionne avec des produits pétroliers et du Gaz naturel, si l’on excepte la part encore faible des renouvelables de biomasse.

Pour assurer une continuité de la fourniture énergétique, Il sera donc indispensable de disposer, comme c’est le cas aujourd’hui avec le nucléaire et le thermique, d'une forme d'énergie stockable capable d'assurer un flux d'énergie "de base" pour soutenir la demande.
Seuls les biocombustibles pourront assurer cette fonction.
Bio Gaz et Bio Carburants seront donc appelés à jouer un rôle essentiel.
__________________

Les Biocarburants de première et seconde génération, les seuls expérimentés aujourd’hui, présentent un bilan  défavorable, car ils sont en concurrence avec les cultures vivrières et/ou entraînent des déforestations incompatibles avec la préservation de l'environnement et de la biodiversité.
Quant aux versions de troisième génération, elles ne sont encore qu'en phase exploratoire, ce qui ne permet pas de bâtir une stratégie.

Il reste donc le Bio Gaz, au moins pour les deux prochaines décennies, avec les avantages suivants:

- Il est produit par la valorisation de déchets déjà existants et donc ne nécessite aucune production supplémentaire spécifique, tout au plus une réorganisation des installations en vue d’une meilleure valorisation des   déchets .
- Il existe déjà et les procédés de fabrication sont éprouvés, ils font l'objet de programmes de développement importants, même si la production est encore faible, du moins en France.
- Les résidus de gazéification sont valorisés sous forme d’engrais organiques, qui prennent la place des engrais chimiques.
- Sous forme de Bio Méthane (Bio gaz purifié), le gaz peut être injecté dans le réseau de distribution et donc peut être valorisé sans modification des applications.
- De plus la filière pourra plus tard recevoir le Méthane produit par  de l'Hydrogène obtenu par électrolyse de l'électricité renouvelable produite en excès en périodes de faible demande.
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Quels sont nos besoins actuels en Méthane ?

Nous consommons annuellement environ 480 TWh de Gaz Naturel fossile (Méthane), quantité variable selon l'activité économique et les conditions météorologiques.
(C’est l’équivalent énergétique de la production de nos 58 réacteurs nucléaires !).
Ce Gaz est importé en quasi totalité.
Les utilisations sont réparties ainsi:
60% dans le résidentiel-tertiaire (Chauffage des bâtiments, production d'eau chaude, cuisson).
25% dans l'industrie et l’agroalimentaire ( Fours, Chaudières, raffinage, Serres, cuisson, séchage,…)
15% dans la production d'électricité et de chaleur par cogénération dans des centrales thermiques.
0,3% sont utilisés dans les transports (GNV, pour mémoire).
_________________

Et où en sommes nous en matière de Bio Gaz et/ou de Bio Méthane ?

En face de la demande colossale rappelée ci-dessus, le Bio Méthane injecté dans le réseau représentait en France en 2016 une énergie de l’ordre de 0,4 TWh, autant dire rien.

Nous sommes donc pratiquement à l’année zéro de la production du Bio Méthane appelé à remplacer plus tard le Méthane fossile.
Peut-être serait-il temps de s’en occuper sérieusement…
_________________

Il existe cependant une activité prometteuse dans ce domaine.
En 2016 en France, le nombre d’installations produisant du Bio Gaz atteignait 548.
(Rappelons que le Bio Gaz n’est pas du Méthane pur injectable tel quel dans le réseau. Il doit être purifié d’abord, ce qui est une opération supplémentaire).
Il s’agit de petites ou très petites installations.
La plupart valorisaient ce biogaz localement sous forme d’électricité et de chaleur.
Seulement 26 de ces installations transformaient ce biogaz en Bio Méthane injecté dans le réseau.

La Loi sur la transition énergétique prévoit une extension importante de ce secteur:
1,7 TWh en 2018,  8 TWh en 2023 , et 30 TWh en 2030.
Ces chiffres sont évidemment optimistes, comme dans toute prévision, mais ils témoignent au moins de l'existence d'un grand intérêt pour cette filière.
Encore faudrait-il mettre les moyens pour concrétiser ces prévisions.
 
Les évaluations GRDF du potentiel interne de production de bio Méthane sont encourageantes à long terme (Il est question de centaines de TWh), mais ne pourront être réalisées que si les coûts de production sont compatibles avec les coûts de marché.
Bien sûr on pense à la taxe carbone mais, si elle peut être incitative pour favoriser le choix du Bio Méthane à la place du Gaz naturel fossile, elle est aussi un paramètre d’ajustement à la hausse du prix du MWh de gaz.
Et l’on connaît la sensibilité de l’économie au prix de l’énergie…
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Le scénario de développement de la filière Gaz renouvelable est soutenu par la convergence de diverses dispositions favorables:
- Actuellement le Gaz naturel est la source d’énergie fossile la moins émettrice de CO2 et la moins polluante, et celle dont les réserves naturelles sont les plus importantes.
Tant qu'à vivre encore quelques décennies avec les fossiles, autant donc choisir le Gaz (C'est ce qu'à fait EDF avec ses CCCG).
Les installations ainsi construites pour le gaz naturel fossile seront prêtes à recevoir le Bio Méthane sans aucune modification.
- Il répond à la nécessité de disposer d’une source d’énergie stockable pour compenser l’intermittence des renouvelables, puisque la France possède des capacités de stockage Gazier de près de 140 TWh.
(Il s’agit des réserves de sécurité au sens de l’AIE).
- Le Bio Méthane pourra être obtenu par diverses voies:
Méthanisation des déchets et purification du Syngaz (Bio Gaz).
Gazéification de la Biomasse.
Micro algues.
Hydrogène et Méthanation.
- Le Bio Méthane peut être injecté dans le réseau de stockage et distribution existant, il est parfaitement interchangeable avec son homologue fossile.
- Grâce à la filière « Power to Gas » il sera possible de stocker les excédents d’électricité produits par les renouvelables en période de faible demande ( Equivalent des STEP pour l’Hydraulique).

Tout converge ainsi vers la probabilité d’une période de transition durant laquelle les énergies renouvelables intermittentes cohabiteront avec le gaz naturel fossile, remplacé progressivement par le Bio Méthane.
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Dans un avenir relativement proche (2020 - 2030 ?), nous allons devoir gérer simultanément deux révolutions:

D'une part le retrait progressif de l'électronucléaire.
A force d'en parler cela arrivera bien un jour, et ce retrait pourrait bien concerner d’abord une vingtaine de vieux réacteurs de 900 MW représentant une production annuelle d’électricité de 120 TWh.
S'agissant d'installations de production "de base", il faudra évidemment la remplacer par autre chose sous peine de mettre les consommateurs au régime sec.
Cet autre chose sera, en principe, de l'électricité "renouvelable", en quantité suffisante pour remplacer les 120 TWh nucléaires disparus.
(Il ne faut pas trop compter sur une baisse drastique de la consommation, tous les indicateurs sérieux sont à la hausse modérée, mais certainement pas à la baisse. Il suffit de songer à l’électrification des transports et au déploiement des pompes à chaleur).

Ces 120 TWh de remplacement devront être produits par la conjonction de diverses filières renouvelables, avec une répartition qui pourraient être la suivante:
Eolien terrestre et offshore, à hauteur de 40 TWh.
Solaire photovoltaïque, également 40 TWh.
Thermique à biomasse, 40 TWh.
(Répartition arbitraire, mais qui en vaut bien une autre).
Le thermique à biomasse sera essentiellement dû à des centrales à Gaz du type CCG. Il faudra les construire, car celles qui existent aujourd’hui sont déjà utilisées.
(Aujourd’hui le thermique existant participe non pas à la compensation de l’intermittence du nucléaire, mais au suivi des fluctuations de la consommation, qui perdureront hélas dans l’avenir).
Nous avons donc déjà 40 TWh de thermique à apporter, soit une puissance installée d’environ 10 GW.
(Une centrale CCG offre un rendement thermodynamique moyen de 50%,  avec un facteur de charge de 90%).

D'autre part, et c’est notre seconde révolution, il faudra gérer l'intermittence des renouvelables et donc stocker l'énergie électrique.
L'éolien et le PV, qui devront fournir 80 TWh selon notre scénario, délivreront donc une puissance moyenne de 9 GW environ.

Pour un facteur de charge moyen de 25%, cette puissance devra être fournie par des installations d'une puissance installée de 36 GW environ.
(Petite règle de trois).

Ces 9 GW de puissance moyenne sont connus pour être capricieux, dépendants du vent, de l'ensoleillement, avec un taux de fluctuation pouvant être estimé à +/- 30% d’après les installations existantes ici et là en Europe.
(Ces valeurs tiennent compte de l’effet de compensation naturelle entre les installations disséminées sur le territoire).

La puissance disponible évoluera donc entre 6 et 12 GW selon les conditions météo et l’ensoleillement, et ceci dans le meilleur des cas.
 
Il y aura donc des périodes de surproduction, il faudra stocker cette électricité excédentaire, et la restituer en périodes de sous production.
Le stockage sera l'affaire de la filière "Power to Gas".

L’énergie sera stockée sous forme de gaz, et restituée sous forme d’électricité par des centrales thermiques à Gaz, ou par des piles à combustible dans un avenir plus lointain et pour des quantités réduites.

Le potentiel d’intervention des centrales thermiques sera donc de l’ordre de 3 GW, ce qui correspond à une puissance installée d’au moins 7 GW compte tenu des rendements de la filière power to gas.

Si l’on ajoute cette puissance thermique à celle déjà nécessaire pour compenser en partie l’arrêt des vingt réacteurs nucléaires (voir plus haut), nous arrivons à 17 GW de puissance thermique installée.
L’utilisation de piles à Hydrogène pourra améliorer le rendement global, et surtout permettra de réduire quelque peu le nombre de centrales thermiques nécessaires.

Ce qui représente une petite vingtaine de centrales thermiques CCG de 900 MW, soit l’équivalent des vingt réacteurs nucléaires arrêtés.

Et il ne s’agit là que de l’arrêt de vingt « vieux » réacteurs.
Pour le retrait total du nucléaire, il suffira d’appliquer une petite règle de trois…
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Si le Bio Méthane n’était pas disponible en quantités suffisantes pour alimenter ce parc de centrales thermiques, il faudrait brûler du Méthane fossile, ce qui augmentera très sensiblement nos émissions de CO2.

Pour éviter cette situation ubuesque, il nous faudra coordonner avec précision les différentes actions complémentaires de la transition énergétique:
- Programmation de l’arrêt des réacteurs nucléaires.
- Programmation de la construction des parcs éoliens et solaires pour compenser les baisses de production électronucléaire.
- Programmation de la construction des installations de la filière de stockage et restitution de l’énergie électrique.
- Programmation de la construction des centrales thermiques de compensation de la baisse de l’électronucléaire et de l’intermittence des renouvelables.
- Programmation de la construction des installations de production et de raffinage du Bio Méthane.

Ces cinq actions essentielles et complémentaires devront être coordonnées sur plusieurs décennies, sous peine de conduire à une situation énergétique inextricable génératrice de désordres socio-économiques.

La transition énergétique ne supportera pas l’amateurisme.
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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 14:28

Les centrales à Gaz au secours des renouvelables, ou quand Landivisiau remplace Fessenheim...

21 Janvier 2018

Dans l’article précédent nous avons montré que, dans l’hypothèse d’un retrait du nucléaire, les énergies renouvelables ne pourraient suffire à fournir la demande d’électricité, et qu’elles devront être complétées par des centrales thermiques, seules capables de fonctionner en semi-base, voire même en base.

Ce faisant, nous n’avons évidemment rien inventé, nous n’avons fait que rapporter ce qui est confirmé par les énergéticiens, et justifié en détail dans les rapports de RTE largement diffusés.

Rappelons qu’une installation classée semi-base peut techniquement fonctionner à plein-temps (en base) mais que, pour diverses raisons, on ne l’appelle qu’à temps partiel, à l’occasion d’un déficit de production par ailleurs.
De telles installations fonctionnent entre 2000 et 6000 heures par an selon les besoins.

L’Hydraulique n’est pas classé semi-base, car c’est une production d’appoint (de pointe) avec une faible constante de temps (Journalière ou hebdomadaire).
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Dans le mix électrique actuel la production « de base » est assurée par l’électronucléaire.

On imagine sans peine que son remplacement par une production intermittente de renouvelables va entraîner une augmentation considérable de la demande de semi-base, laquelle sera sollicitée en base lors de conditions météorologiques défavorables.

Cette production devra évidemment s’appuyer sur un combustible stockable, c’est la définition même du procédé.
(Lorsque le combustible n’est pas stockable, on parle d’intermittence).

Aujourd’hui les seuls combustibles stockables sont les produits pétroliers,  le Gaz naturel, le charbon, et le combustible nucléaire évidemment.

L’esprit de la transition énergétique nous impose d’éliminer les produits pétroliers, le charbon, et le nucléaire.
Il nous reste donc le gaz naturel, remplacé dans l’avenir par le Bio Méthane, du moins c’est l’idée si les mots de « transition énergétique » ont un sens .
Ce qui donne au Bio Méthane une importance que l’on ne soupçonne pas au premier abord, tant est grande l’aura du solaire et de l’éolien.
Eh oui, devoir notre survie énergétique au gaz qui sort du cul des vaches, tel est notre destin, il faudra s’y faire.

Donc pas d’éolien ni de solaire sans quelques centrales à gaz.
Oui, mais pas n’importe quelles centrales.
La solution retenue est une version modernisée à très haut rendement et à faibles émissions de CO2.
Il s’agit des CCCG, Centrales à Cycle Combiné à Gaz, associées à la cogénération, permettant des rendements supérieurs à 60%.

Les fournisseurs d’énergie électrique ont anticipé le changement de portage et investissent dans les CCCG avec ou sans cogénération, afin d’être prêts à répondre à la demande de semi base, car on peut en effet craindre une situation tendue aux alentours de 2030, toujours dans l’hypothèse d’une réduction de la part du nucléaire.
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Direct Energie, qui est le plus important des fournisseurs alternatifs, vient d’obtenir, à travers sa filiale CEB, Compagnie Electrique de Bretagne,  l’autorisation définitive  d’exploitation d’une centrale CCG à Landivisiau, après plusieurs années de procédures initiées par les opposants au projet.

Il s’agit d’une centrale CCG d’une puissance installée de 440 MW, qui sera utilisée en semi-base entre 2000 et 4000 heures par an.
(Ou davantage si c’est nécessaire).
Elle entrera en production en 2021 si les travaux ne sont pas entravés par les Zadistes, qui n’apprécient pas plus l’arrivée du gaz naturel que celle de l’électronucléaire en d’autres temps.
(Rappelons que la Bretagne ne produit que 15% de l’électricité qu’elle consomme…).
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EDF n’est évidemment pas en reste.
En 2016, douze CCCG étaient exploitées en France, avec une puissance installée de 6 400 MW, et une production annuelle de 25 TWh.
Ce qui représente une durée annuelle moyenne de fonctionnement de 4000 heures.
C’est déjà un peu plus que de la semi-base.

Cette durée de fonctionnement pourrait être portée à 8 000 heures en cas de besoin, soit un facteur de charge de 90%, pour une production supplémentaire de 25 TWh, équivalente à la production de quatre réacteurs nucléaires de 900 MW.

Pour le développement futur de ce parc de CCCG, on parle d’une quarantaine d’installations. En fait, à chaque parc éolien offshore de 500 à 1000 MW devra être associée au moins une centrale thermique.

Quel dilemme pour les Zadistes !
Entre Nucléaire et Gaz naturel, il va falloir choisir…
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