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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 16:34

Linky, le Nucléaire, et Monsieur Hulot.

8 Novembre 2017
Il n'est pas nécessaire d'être Madame Irma pour voir venir à moyen terme une période de très gros temps dans le secteur de l'énergie.
Notre société industrielle s'est développée grâce aux combustibles fossiles, le charbon restant majoritaire encore aujourd'hui.
Ces sources sont dorénavant mises au pilori, avec une condamnation probable à la relégation compte tenu de la lourdeur du dossier à charge dont chacun connaît le contenu.
Nous sommes donc mis en demeure d’utiliser d'autres sources d'énergie, à la fois renouvelables, propres*, décarbonées ou à Carbone recyclable.
*non polluantes.

Heureusement, nous connaissons déjà ces sources naturelles, dont la plupart sont utilisées depuis la nuit des temps comme le bois-énergie, l'hydraulique, le vent, le soleil, qui furent jadis exploitées, sans grande efficacité.
Grâce aux combustibles fossiles, nous avons pu développer des technologies qui permettent aujourd'hui d'exploiter efficacement ces "vieilles" énergies remises au goût du jour.

Les cours d'eau, les marées, les courants marins, le vent, le Soleil, la chaleur interne du globe, peuvent aujourd'hui fournir de l'électricité en abondance, et des combustibles liquides ou gazeux  peuvent être obtenus à partir de la Biomasse.

Cette technologie moderne, développée grâce aux combustibles fossiles, permet ainsi d'envisager le remplacement des vieilles sources polluantes, tout en renonçant à la production électronucléaire, dont les nuisances ne sont plus à démontrer.

Mais alors, où est le problème ?
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L'exposé ci-dessus, en forme de dépliant publicitaire vantant les mérites d'un remède miracle, ou d’un programme électoral, n'est que l'avers de la médaille, celui que les Gouvernements et les média se plaisent à exposer aux peuples, un peu comme le charmeur de serpent use de son galoubet pour endormir l'animal.

C'est que le revers de cette médaille-là brille beaucoup moins, car c'est lui qui porte la liste des sacrifices auxquels il nous faudra consentir pour accéder au paradis énergétique décarboné et inépuisable.
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Aucune autorité n’a encore osé annoncer la liste de ces fameux sacrifices, en sorte que le citoyen moyen ne comprend pas pourquoi cette transition énergétique n’a pas encore eu lieu, on lui en rebat les oreilles quand même depuis vingt ans!

- Qui osera annoncer le montant des investissements nécessaires à la constructions des installations de production éolienne et solaire ?
- Qui osera annoncer que le prix de l’électricité sera multiplié par trois ou quatre ?
- Qui osera avouer que nous n’avons pas et que nous n’aurons jamais les capacités de stockage d’électricité nécessaires à la compensation de l’intermittence des renouvelables ?
- Qui osera dire aux abonnés que l’époque de l’électricité disponible à toute heure et en toutes quantités est désormais révolue ?
- Qui osera dire que désormais il faudra apprendre à vivre avec une électricité de réseau devenue mesurée, et parfois parcimonieuse, voire même sporadique ?
- Qui osera dire que les états d’âme des opposants au déploiement des parcs éoliens ou solaires ne seront plus de mise, pas plus dans nos campagnes que le long de nos côtes pour l’offshore.
Idem pour les constructions des STEP devenues indispensables, avec leurs réservoirs associés.
Et pareil pour les sites d’enfouissement des déchets nucléaires.
- Et qui osera dire le vrai prix du démantèlement de l’électronucléaire ?
- Etc…
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Mais que vient faire le Linky dans cette diatribe ?

Les énergéticiens sont des ingénieurs, lesquels sont payés pour être pragmatiques au-delà de toutes les polémiques.
Ils ont compris depuis vingt ans que la transition énergétique n’est pas un choix, mais une obligation technique. Elle se fera donc par-dessus les états d’âme des uns et des autres, la première chose à faire est donc de la préparer.

Sans refaire l’histoire, et pour la résumer, disons qu’il est très vite apparu que pour maîtriser les énergies nouvelles et en assurer la distribution dans des conditions de qualité acceptable, il est indispensable de reconfigurer le réseau de distribution pour en faire un réseau communicant bidirectionnel.
Il faut au moins dix ans pour mettre en place un tel réseau, il faut donc s’y prendre à l’avance.
Démarrer en 2015 pour être prêts en 2025.

Aujourd’hui le réseau est construit et géré selon deux grands principes:
- la production est centralisée et confiée à un parc de quelques unités de production localisées de grande puissance, l’énergie est distribuée depuis ces unités de production vers les consommateurs.
- la production est adaptée à la demande en temps réel, avec une capacité de faire face à des pics de consommation jusqu’à 100 GW environ.
(L’électronucléaire peut fournir jusqu’à 60 GW, ensuite les centrales à Gaz, à fuel, l’Hydraulique, puis les importations, entrent en fonction pour satisfaire la demande).

La mise en œuvre de la transition énergétique impose d’abandonner ces deux principes pour les raisons suivantes:
D’une part l’arrivée des énergies éolienne et solaire va se traduire par une dissémination des moyens de production, qui nécessitera une restructuration du réseau. De plus, le nombre d’installations alternativement productrices et consommatrices va rendre obligatoire une gestion bidirectionnelle de ce réseau.
D’autre part, l’intermittence intrinsèque des productions éolienne et solaire ne permettra plus le suivi de la demande comme c’est le cas aujourd’hui.
Désormais c’est la consommation qui devra s’adapter à l’offre.
Par ailleurs, la nécessité de mettre à contribution toutes les capacités de stockage ainsi que les capacités d’effacement et de réglage disponibles impose l’emploi de compteurs communicants.

Le Linky a été développé pour répondre à ces nouvelles exigences.

Tout ceci n’est pas dicté par un choix stratégique ou politique, mais correspond à une nécessité technique, seule capable d’assurer les fournitures d’électricité conformément à l’obligation de service public résultant du contrat de service public renouvelé et signé par EDF en 2005.
Parmi les missions de service public figurant au CSP il y a la sécurité d’approvisionnement en électricité.

Le nouveau compteur étant conçu pour répondre à des exigences qui n’apparaîtront que dans quelques années, il apparaît aujourd’hui aux non initiés comme un investissement inutile sans intérêt, voire même comme une nuisance car son caractère communicant laisse libre court à l’imagination.
Les opposants au déploiement du compteur Linky soutiennent « de facto » la production électronucléaire, même si ce soutient est bien involontaire.
En effet, le déploiement à grande échelle des énergies éolienne et solaire n’est possible techniquement que si le réseau est capable d’adapter la demande à l’offre, ce qui n’est faisable  qu’avec des compteurs communicants.
Tout empêchement à l’installation de ces compteurs communicants est un vote en faveur du nucléaire, de même que toute opposition à la construction des parcs éoliens offshore ou des fermes solaires.
(Et les dossiers d’actions en justice sont nombreux).

En « mettant ses mains dans le cambouis » Monsieur Hulot a pu prendre conscience de tous ces problèmes, et mesurer l’ampleur de la tâche à laquelle il comptait s’attaquer la fleur au fusil.
La transition énergétique nous impose d’entrer dans une chaîne à causalité circulaire, lesquelles chaînes se révèlent souvent instables et peuvent donner des résultats aléatoires, contraires aux buts recherchés.

Espérons qu’après être « tombé de l’armoire » notre Ministre saura faire la part du feu et proposer un échéancier « industriel » plus en rapport avec les réalités du terrain.
Et expliquer aux citoyens qu’en prenant parti inconsidérément ils s’impliquent dans la chaîne à causalité circulaire, et que leurs actions désordonnées peuvent nous faire sortir de la route.

Comme dit Confucius: « La vrai faute est celle qu’on ne corrige pas ».
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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 10:43

L’autonomie des voitures électriques, ou l’ère des réalités alternatives.

27 Octobre 2017

Aujourd’hui les temps deviennent difficiles pour les marchands de voitures.
Cette honorable activité a toujours fait reposer une grande partie de son succès sur la publicité.
La démarche publicitaire étant par nature irrationnelle, l’habitude a été prise de raconter au futur client à peu près n’importe quoi pourvu que ce n’importe quoi soit flatteur pour son égo.
Bien sûr aucun automobiliste n’admettra qu’il est sensible aux arguments des bonimenteurs, ce sont les autres qui se laissent avoir.
La meilleure ruse du diable étant de faire croire qu’il n’existe pas, la publicité demeure, et pour longtemps, un pilier du marché de la bagnole.
(Pour le reste aussi, hélas).

Une « bonne » pub étant celle qui flatte davantage que le concurrent, le piège de la surenchère était inévitable.
L’égo du quidam comportant une forte composante « puissance », c’est tout naturellement la puissance de la voiture qui fut mise en avant, avec ses attributs vitesse et accélération (On a les attributs qu'on peut…).
Une voiture « flatteuse » se doit ainsi de dépasser les x km/h et de parcourir le km départ arrêté en moins de y secondes.
On dit d’ailleurs plutôt « abattre » le km en tant de secondes, le terme « abattre » en disant long sur la fibre égotique visée, les valeurs de x et de y étant supposées révélatrices du standing du propriétaire.
(Il suffit de parcourir les revues spécialisées pour s’en convaincre).
Ce petit jeu a donc conduit les constructeurs à proposer des moteurs de plus en plus puissants, permettant des vitesses et des accélérations tout à fait hors de proportion avec les réels besoins, faut-il le préciser.
(Utiliser le quart de ces possibilités revient à se placer d'emblée dans l'illégalité).

Mais l’arrivée de la voiture électrique fait fonction du chien dans un jeu de quilles.
Un VE revendiquant le milieu de gamme est équipé d’une batterie de 40 kWh aujourd’hui (demain est un autre jour).
L'énergie utile embarquée disponible est donc de 36 kWh puisqu’une batterie Li ne doit pas être déchargée en dessous de 10% de sa charge max.
1 kW étant toujours égal à 1,36 CV, notre batterie peut donc délivrer une puissance de 25 CV durant deux heures, ce qui permet au véhicule de se comporter sur autoroute comme une modeste 203 si le chauffeur veut éviter que la panne sèche ne survienne avant d'avoir parcouru 200 km et de devoir recharger la bête, à condition de trouver une borne, ce qui est un autre problème.
A lui donc la file de droite et la queue derrière les camions, qu'il faudra surtout éviter de doubler trop souvent sous peine de réduire l'autonomie à 150 km, voire moins, ce qui le mettra dans l'obligation d'appeler la dépanneuse pour obtenir quelques kWh supplémentaires, au prix du caviar.
(Non, oubliez la récupération d'énergie au freinage, elle n'existe pas sur autoroute).
Cette triste réalité est confirmée par le faible développement du parc électrique, ce qui témoigne du bon sens des acheteurs, peu soucieux de se condamner eux-mêmes aux galères.
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Pour vendre un tel véhicule, il faudrait donc renoncer aux arguments classiques focalisés sur la puissance et les accélérations, ce qui passe par un déconditionnement préalable de la clientèle, au moins masculine et surtout les jeunes.
(Les femmes ont plus de bon sens).
Le challenge est ambitieux:
Convaincre la prochaine génération que l'idéal automobile réside désormais dans la modération, et que l'admiration portée vers les modèles puissants et rapides doit dorénavant se tourner vers les prestations plus modestes dont devaient se satisfaire nos grands parents.
La tâche sera rude car, de surcroît, il faudra aussi accepter le risque de la panne sèche pour cause de batterie épuisée.
Quels arguments tordus faudra-t-il utiliser pour faire passer la pilule ?
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Heureusement (?) l'ère nouvelle inaugurée par le nouveau Président des U$A nous a apporté la preuve que le concept de réalité n'est pas nécessairement lié à celui de vérité, comme notre esprit cartésien nous porte habituellement à le penser.
En effet, le postmodernisme, dont ce monsieur s'inspire manifestement, postule que la Science n'est qu'une narration, et la réalité un simple consensus.
Pour changer la réalité, il suffit donc de changer de consensus.
Il suffisait d'y penser.
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Les constructeurs ont donc entrepris de nous proposer une réalité alternative, grâce à un aggiornamento de leur processus de narration, autour duquel un large consensus a rapidement été trouvé, du moins au sein de la profession.
Cette nouvelle approche, postmoderne, de la publicité automobile pour le VE est basée sur trois grandes idées:
D'une part présenter les performances de vitesse et d'accélération sans préciser sur quelle durée, ce qui revient à escamoter le problème de l'autonomie, au moins jusqu'à la signature du contrat de vente.
D'autre part, annoncer séparément une autonomie flatteuse grâce à un protocole de mesure* basé sur des conditions de vitesse et d'accélération sans rapport avec les valeurs indiquées plus haut.
* Protocole NEDC, toujours hélas cité dans les notices, bien qu'il soit désavoué officiellement par les instances internationales.

Enfin régler le problème de cette autonomie en postulant l'existence d'un réseau de recharge de batteries, qui en fait n'existe que dans l'imagination des vendeurs de voitures.
(Il existe effectivement un réseau de recharge, mais 90% des bornes disponibles ne conviennent pas à l'usage routier ou autoroutier, et celles qui conviennent sont en nombre très insuffisant.
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Cette réalité alternative arrive à tenir debout par le fait que rien n'est absolument faux, bien que l'ensemble soit bancal.
On ne ment pas délibérément, on "oublie" seulement certains détails, le péché par omission étant " Un éclairage particulier sur une même réalité qui est au centre de la vie, et que l'on peut regarder sous des angles différents".
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Pour obtenir d'un VE un diptyque vitesse-accélération comparable à celui d'une voiture à moteur thermique de classe équivalente, il suffit de monter un moteur électrique de puissance équivalente, voire supérieur.
Par exemple un moteur électrique de 150 kW permettra des performances remarquables et flatteuses sur le catalogue. La vitesse de pointe et les accélérations seront au rendez-vous.

Ce que ne disent pas les catalogues, c'est que ces performances ne peuvent être tenues que sur une durée ridicule, 15 minutes avec une batterie de 40 kWh. Après quoi c'est la panne sèche.
Pour l'autonomie, des valeurs "convenables" sont également affichées, mais sans insister sur les conditions de mesure, qui n'ont rien à voir avec le monde réel.
(En a-t-il fait avaler, des couleuvres, ce fameux test NEDC).

Le discours de promotion du VE (la fameuse "narration" des postmodernes) n'est donc pas tout à fait faux, mais il n'est pas tout à fait vrai non plus.
Un peu comme le chat de Schrödinger en physique quantique. Tant qu'il reste enfermé dans sa boîte, il est à la fois vivant et mort.
La réalité alternative, c'est çà.
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Les futurs acheteurs mordront-ils à ce discours à la limite de l'abracadabra de magicien de bazar ?
C'est peu probable, les intéressés s'orientent plutôt massivement vers l'hybride rechargeable.
Tant il est vrai que dans le doute, il vaut mieux la ceinture et les bretelles…
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20 octobre 2017 5 20 /10 /octobre /2017 18:34

20 Octobre 2017

Le développement de l’éolien terrestre suit son cours, avec un tassement de la croissance annuelle lié entre autres à la baisse du tarif d’achat, mais pas seulement.
La puissance installée est passée de 1 500 MW en 2006 à 10 850 MW à mi 2016.
Le taux de croissance annuel de 25% des premières années s’est réduit à moins de 7% actuellement, ce qui correspond à un régime de croisière plus que convenable.
La production en 2016 a atteint 22,8 TWh, soit 4,5% de la production nationale.
Le facteur de charge moyen a été de 24%, ce qui correspond à la norme en matière d’éolien terrestre.

Le taux de croissance actuel de 7% permettrait d’atteindre 100 TWh en 2040, soit 20% des besoins dans l’hypothèse d’une stabilité de la demande, et à condition de ne rencontrer aucun problème d’acceptabilité, car il s’agit de construire 18 000 éoliennes supplémentaires de 2 MW.
( Les éoliennes de 2 MW sont les plus grosses machines terrestres, qui suscitent déjà beaucoup d’opposition, l’argument dominant étant « pas dans mon jardin » ).
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On considère généralement que l’éolien ne pourra fournir une part significative de la production qu’à la condition d’utiliser la technologie offshore.
Trois arguments principaux soutiennent cette assertion:
D’une part les vents sont plus forts au large et plus réguliers qu’à terre, ce qui conduit à un facteur de charge plus important, 30 à 35% contre 24% en terrestre, et à un coefficient d’intermittence plus favorable.
D’autre part on estime que seul l’espace maritime pourra accueillir les dizaines de milliers de machines qui seront nécessaires pour produire les centaines de Téra wattheures envisagées*.
Enfin « on » prévoit que les coûts de production seront inversement proportionnels à la puissance des machines, ce qui conduit à envisager des installations de très fortes puissances, 8 MW aujourd’hui, on parle de 15 MW pour demain. De telles machines seront bien entendu inacceptables en terrestre à cause des nuisances.
Pour toutes ces raisons, dont certaines sont discutables, l’offshore est considéré comme l’avenir de l’éolien.
* Plus personne n’envisage sérieusement que la consommation électrique nationale pourrait baisser drastiquement dans les prochaines décennies, le contraire risque hélas de se produire.
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La plupart des pays du Nord de l’Europe ont construit des parcs éoliens offshore posés, les machines étant fixées au sol par des fonds peu importants; la France a mis en route des programmes semblables sur la côte atlantique, qui doivent entrer en production en 2021.
(Si les recours en annulation sont rejetés bien entendu).
Rappelons qu’il n’existe encore aujourd’hui en France aucune éolienne off shore.
 
Dans les régions de climat propice au tourisme et aux activités de loisir maritime, les côtes littorales sont généralement occupées par un habitat dense et une population importante et influente. Tout projet d’implantation d’un parc éolien offshore en eau peu profonde, c’est-à-dire proche du rivage, suscite une forte opposition des riverains, au point que l’on peut douter de l’acceptabilité à long terme de ce procédé.
Pour tourner ce problème, il a été décidé d’envisager d’utiliser des machines flottantes, susceptibles d’être disposées loin des côtes où elles sont supposées être moins gênantes.
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Dans cette perspective, la France soutient, entre autres, le projet « Floatgen » qui porte sur un démonstrateur destiné à valider une nouvelle technologie de support flottant et d’ancrage par un fond d’environ 30 mètres au large du Croisic.

Ce projet, financé par l’Europe, est « managé » par la société Ideol, avec la participation de l’Ecole Centrale de Nantes, de Bouygues BTP, de l’Université de Stuttgart, du Fraunhaufer IWES, de RSK (UK) et Zabala (Espagne).

Le support flottant est une barge carrée en béton allégé de 36 m de côté et 10 m de hauteur, avec un tirant d’eau de 7,5 m pour un poids de 5 000 tonnes. Les parois de 35 cm entourent 16 compartiments étanches.

L’éolienne est un modèle Vestas classique de 2 MW initialement destinée à un projet terrestre.
Rotor de 80 m de diamètre et nacelle à 60 m de hauteur.

L’ancrage est effectué par des câbles en nylon procurant une certaine élasticité. La profondeur est de 33 m.
L’objectif de ce projet est d’étudier la tenue à la mer de la barge en béton et de l’ancrage par câbles en nylon.
L’installation terminée a été inaugurée le 13 Octobre 2017. Elle doit être maintenant remorquée à son emplacement en mer où l’attend une station de raccordement électrique par câble sous-marin.
Il est prévu une période d’essai de deux ans durant laquelle tous les paramètres dynamiques seront enregistrés et analysés.
L’ensemble est censé résister à des vagues de 15 m !
Si l’édifice n’est pas envoyé par le fond par la prochaine tempête d’équinoxe, il restera à extrapoler les résultats au cas d’une machine de 10 ou 12 MW, ce qui n’est pas la moindre des difficultés.

Les prévisions de mise en production d’un parc offshore reposant sur cette technologie sont tout à fait prématurées, de même que l’évaluation du montant de l’investissement industriel, ainsi que l’évaluation de la tenue dans la durée, sans parler du coût de production….

On peut se demander quel est l’intérêt d’installer sur un haut fond de trente mètres et dans une zone touristique une éolienne de seulement 2 MW supposée démontrer l’intérêt d’une implantation en haute mer par des fonds supérieurs à cent mètres, pour une puissance importante (>= 6 MW) et hors des zones touristiques.
Comprenne qui peut…
Il est des questions qu’il est malséant de poser à propos des projets européens.
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La technologie de l’éolien flottant en est à ses débuts, plusieurs démonstrateurs sont en cours de construction dans le monde, y compris en France, l’objectif étant de vérifier la validité d’un certain nombre d’hypothèses concernant:
- La structure offrant le meilleur compromis entre les qualités de tenue à la mer et le coût de construction et de maintenance.
- Le ou les procédés de maintient du positionnement, ancrage au fond ou positionnement dynamique.
- Le ou les procédés de gestion dynamique de la stabilité des installations sous forte houle.
- La validité des simulations sur les modèles informatiques du comportement des installations.
- La validité des modèles informatiques pour l’extrapolation des résultats obtenus sur des machines de faible puissance (2 MW) à des machines de 10 MW ou plus.
- Le ou les procédés de raccordement électrique pour le transport de l’énergie.
- L’intérêt de solutions de stockage de l’énergie « in situ » sous forme gravitaire ou par production d’Hydrogène.
- Le ou les systèmes de gestion de crise liée à une tempête sévissant sur un parc d’une centaines de machines voire davantage.
- La fatigue des matériaux sous l’effet de la houle et des forces de rupture liées à la présence de très lourdes charges (nacelle + rotor) à l’extrémité d’un mât très long.
(Une telle structure représente le pire cauchemar d’un capitaine de navire)
- Le vieillissement des matériaux sous l’effet des conditions atmosphériques du grand large, l’air marin n’est pas tendre pour le structures métalliques, et les installations électriques.
- La validation des éléments de calcul des coûts de production et de maintenance.
- Etc…
__________________

Les Norvégiens ont pris un tour d’avance.
(Ils ont du vent et leurs côtes ne sont pas envahies par les touristes…)
Depuis 2009 la compagnie norvégienne STATOIL expérimente une éolienne flottante de 6 MW par des fonds supérieurs à cent mètres.
Elle possède un seul flotteur de forme cylindrique construit en acier avec les techniques de la construction navale.
Ce démonstrateur ayant donné les preuves de son  efficacité (Il a résisté à des vagues de 19 m), la compagnie a construit sur le même modèle un parc flottant de 5 machines de 6 MW, soit 30 MW total.
(Projet Hywind).
Les turbines sont fabriquées par Siemens.
Ce parc est situé à 25 km des côtes Nord-Est de l’Ecosse par des fonds de 110 m.
Le mât de 100 m porte un rotor de 154 m de diamètre, le tout porté par un flotteur cylindrique de 80 m de hauteur, le poids total atteignant 11 200 tonnes.
La production électrique doit démarrer fin 2017.
C’est à cette même date que le petit (2 MW) démonstrateur français sera remorqué à son emplacement prévu, si le temps le permet…
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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 18:05

17 Octobre 2017

L’irruption du compteur communicant Linky a braqué les projecteurs sur la technologie CPL qui n’en demandait pas tant.
Les CPL sont dans nos foyers (enfin, certains foyers) depuis une trentaine d’années, et ont participé au développement de la domotique sans donner lieu à un quelconque problème de santé publique.

Le nouveau compteur, qui utilise le même type de CPL que la domotique, a soulevé une bronca dont les échos ont envahi les médias et mobilisé des cohortes protestataires.

C’est que, dans un cas on choisit d’équiper son logement en domotique, dans l’autre cas on subit l’intrusion d’on ne sait pas très bien qui, animé d’on ne sait pas très bien quelles intentions.

On retrouve ici le même conflit que celui qui oppose les utilisateurs de smart phone aux personnes EHS qui ne supportent pas les ondes.
A cette différence près qu’il est toujours possible de se passer de smart phone et d’aller vivre à la campagne, alors que l’électricité reste indispensable partout.
(Sauf à fabriquer son électricité soi-même, ce que certains n’hésitent pas à faire, pour d’autres raisons il est vrai).

Les intentions de ceux qui recueillent les données (du Linky et/ou du smart phone) sont une chose, la technologie en est une autre. Il ne faut pas confondre les deux, même si on peut rencontrer des « patients » qui redoutent à la fois l’influence néfaste des ondes émises par le compteur et les antennes, et l’usage non moins néfaste qui pourrait être fait des données recueillies par ceux-ci et susceptibles d’être transmises non pas à Big Brother, mais au « Big Data », ce qui revient à peu près au même.
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Il n’est donc pas inutile de se pencher sommairement sur la technologie CPL et de tâcher de comprendre en quoi elle pourrait nous nuire.
(Pour le « Big Data » on verra plus tard…)

L’utilisation du réseau de distribution d’énergie électrique pour transmettre des informations par CPL n’est pas nouvelle, c’est une technologie que l’on peut qualifier d’ancienne.

Mais ce réseau ne possède aucune des qualités exigées d’un réseau de communication bien élevé:
Il est impossible de définir une impédance de ligne, elle dépend de la configuration du réseau et elle varie dans le temps en fonction des longueurs de trajets, de la nature des câbles, du type et du nombre des appareils connectés à un moment donné. Toute transmission sur un tel réseau subira des réflexions dues aux désadaptations, des trajets multiples, des affaiblissements incontrôlables.
Le réseau ne possède aucune espèce de protection contre les perturbations électromagnétiques rayonnées reçues ou émises, quelles que soient leurs fréquences et/ou leurs amplitudes.
 Il est par nature l’objet de perturbations conduites liées au fonctionnement des appareils connectés, perturbations qui couvrent un spectre de fréquences très étendu, notamment à cause de la banalisation des alimentations à découpage.
De par son absence totale de blindage, le réseau 230 V est exposé à recevoir toutes sortes de perturbations électromagnétiques de toutes origines.
(sauf pour les réseaux de distribution enterrés, qui sont beaucoup moins vulnérables).
Les fils qui transportent l’énergie électrique, les dispositifs qui assurent les connections, les commutations, la protection des biens et des personnes, les appareils connectés au réseau pour les différents usages, les prises multiples, les boîtes de raccordement, les  disjoncteurs, les parasurtenseurs, etc, ont été conçus selon des cahiers des charges qui n’incluent en aucune façon la possibilité de transmettre des données numériques par courants porteurs ou autrement.

Utiliser un tel réseau en tant que réseau de communication est une tentative « sauvage » de mariage forcé contre nature entre le domaine de l’électrotechnique et le domaine des télécommunications, qui n’ont à priori rien de commun.

Le fait qu’en général on obtient des résultats (à peu près) satisfaisants avec les CPL n’est en aucune façon une validation du procédé, qui constitue en fait une violation des règles de l’art en matière de communications.

Introduire les CPL dans la maison revient à prendre une potion dont on ne connaît pas les effets secondaires.

Et avec les CPL des effets secondaires il y en a…Les médias se chargent de nous les décrire.
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Mais les CPL sont tellement commodes d’emploi que même les communications de très haut débit ont abandonné (un peu vite à notre avis) les moyens orthodoxes comme le câble coaxial, la fibre optique ou la paire torsadée Ethernet en RJ45, pour rejoindre le CPL et se mêler aux transmissions bas débit de la domotique, au risque de devoir accepter certains inconvénients dus à un mélange des genres pas toujours très heureux.
Et entre autres de se voir confrontés avec les signaux du Linky, parfois un peu « rudes » car provenant d’un extérieur lui-même hostile .

La connaissance de cet environnement a conduit les ingénieurs à développer une technologie CPL de traitement des données très complexe , afin d’obtenir malgré tout un résultat global satisfaisant, mais non garanti dans n’importe quelle configuration de réseau.
Car à l’impossible nul n’est tenu…

Le signal CPL reste un passager clandestin du signal électrique de puissance, un peu comme le pou est le passager clandestin du singe.
Çà gratte un peu, mais c’est aussi  l’occasion d’établir de bonnes relations sociales.

Dans le cas qui nous intéresse, le pou est le signal d’information transmis sous la forme de modulation d’une ou plusieurs porteuses de fréquences définies permettant la mise en œuvre d’un système efficace de sélection du signal utile et de décodage robuste.
Ce signal modulé est superposé au signal 50 Hz véhiculant l’énergie.

Celui qui est chargé de gratter pour prélever le « pou » est un « adaptateur CPL » . Il en faut au moins deux pour causer (comme les singes).

Chaque « adaptateur » CPL possède un circuit de couplage à la ligne tel que décrit dans le schéma ci-après:

 

CPL Linky, le loup dans la bergerie ?

Le condensateur C2 et le transformateur constituent un diviseur de tension pour le 50 HZ  mais laissent passer les signaux CPL dont la fréquence est beaucoup plus élevée.
C2 et L constituent un circuit résonnant série accordé sur la bande de fréquence CPL utilisée. Son Q est faible ( 2 ou 3).
C2 est un composant haute tension, il protège le coupleur des impulsions  jusqu’à 4 KV.
Le condensateur C1 , de forte valeur, isole le transfo de la composante continue de sortie de l’ampli, qui fonctionne en classe A.
Le rapport de transformation N2/N1 est choisi pour adapter la tension de sortie ligne à la tension crête-crête disponible en sortie de l’ampli.
Cette adaptation est toujours approximative puisque l’impédance de charge est inconnue.

Ceci est valable pour n’importe quel adaptateur CPL, Linky ou tout  autre produit vendu en grande surface.

(Il existe également une possibilité de couplage inductif, mais plus difficile à mettre en œuvre dans le cas des réseaux domestiques).

La tension Vpp crête à crête de sortie max de l’ampli peut atteindre plus de 10 V selon la tension d’alimentation de l’ampli.
Le courant max est généralement de l’ordre de 1 à 1,5 A.

Un tel étage de sortie, alimenté en 12V par exemple,  peut donc délivrer une puissance de l’ordre de 2 à 3 Weff.
De quoi « arroser » un quartier si le transfo de sortie est bien adapté à l’impédance nodale du réseau.

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Lorsqu’un circuit de ce genre est raccordé à un fil conducteur non blindé, ce fil s’appelle une antenne, et l’ensemble est un émetteur radio.
Or, les fils du réseau électrique ne sont pas blindés.
Un adaptateur CPL couplé au réseau électrique constitue donc un émetteur radio, ce qui est en l’occurrence un comportement indésirable puisque sa fonction est de transmettre des signaux le long des fils électriques et non pas de rayonner des ondes électromagnétiques.

On peut donc s’attendre à des problèmes de coexistence avec les applications qui sont par nature du domaine des radio communications.
(Un des effets secondaires dont nous parlions plus haut).

Heureusement, le réseau électrique est une très mauvaise antenne, et en tant que telle son efficacité est très médiocre, sauf à courte distance.
Mais elle reste suffisante pour constituer une pollution des ondes qui a rendu nécessaire la mise en œuvre de dispositions règlementaires exigées par les usagers « légitimes » des ondes radio.

Parmi ces dispositions figure la limitation de l’amplitude du signal CPL injecté.
Définir une telle limite n’est pas chose aisée. Il faut un signal assez fort pour être « entendu » au milieu du bruit électrique ambiant, mais pas trop fort afin de limiter les fameux effets secondaires.
La valeur choisie par les instances internationales est donc forcément une cote mal taillée, avec laquelle il faudra composer dans certains cas difficiles.

Tout constructeur d’un adaptateur CPL doit donc faire en sorte que cette limite soit respectée, dans les conditions de mesures définies par la norme.
(EN 50 065-1)

On a vu que, pour un transfo de couplage donné, et pour un étage de puissance donné, la tension aux bornes de la charge dépend de son impédance, et du gain de l’amplificateur de puissance.

Mais comment définir une impédance* qui, par nature, est n’importe quoi en fonction de la nature du réseau et des appareils raccordés ?
*Il s’agit de l’impédance dans la bande fréquence concernée, et non pas à 50 HZ.

La norme a défini une impédance de réseau type, constituée d’une résistance de 50 ohms en parallèle avec une self de 50 micro henry en série avec une résistance de 5 ohms.

Dans ces conditions de charge, la tension de sortie ne doit pas dépasser 120 dBuVrms, soit 1 Veff.
Dans certains cas cette limite pourra être portée à 134 dBuVrms, soit 5 Veff tout de même.

Or l’impédance du réseau en un point quelconque peut être n’importe quoi entre 0,5  et 50 ohms, selon les circonstances.
(Avec une composante inductive ou capacitive évidemment)
La norme ne précise pas la limite dans ces cas…
_____________________

La maîtrise du niveau de signal CPL injecté dans le réseau n’est donc pas chose facile, compte tenu du caractère aléatoire de l’impédance HF de ligne au point de branchement, et des multiples réflexions du signal entraînant des renforcement et des extinctions imprévisibles.

De nombreux adaptateurs CPL ( y compris certains Linky) sont équipés de circuits comme le processeur TMS 320 F28x couplé au circuit de sortie AFE 031 dont l’ampli de puissance peut recevoir une tension d’alimentation de 26 V max et peut délivrer un courant max de 1,5 A.
Le gain de l’ampli est programmable à travers l’interface série, pour adapter le signal de sortie ligne aux besoins de l’efficacité de la transmission.
Il s’agit de rechercher un rapport signal/bruit compatible avec un Ber (Bit error rate) acceptable, la limite de 10 exp(-3) étant généralement retenue.

Le niveau réel du signal CPL peut, dans des conditions d’impédance de ligne difficile, se trouver occasionnellement supérieur aux valeurs de la norme.
(Un peu comme la consommation d’une voiture en côte se trouve supérieure à la consommation mesurée au cours du test NEDC).
_____________________

Un compteur donné fait partie d’un réseau pouvant comporter une centaine d’autres compteurs identiques, voire davantage.
Ces compteurs sont connectés sur la même dérivation du transformateur BT.
Chacun d’eux examine les signaux CPL « EDF » qui circulent sur cette dérivation, et prélève les trames qui lui sont personnellement adressées.
Si le niveau général des signaux est trop faible, à cause de la distance ou pour tout autre raison, un des compteur peut servir de relais et amplifie le signal afin que les autres puissent le recevoir.

Les données qui circulent sur une section du réseau sont donc « vues » par toutes les habitations qui y sont raccordées à travers leur compteur (compteur à roue, CBE, ou Linky).

On peut donc logiquement s’attendre à constater quelques perturbations d’importance très variable selon les cas, et qui pourront se manifester de différentes façons en fonction du niveau CPL reçu, et des équipements existants dans le domicile: Réseau domotique utilisant déjà les CPL, mais aussi la WiFi, connexions CPL haut débit pour la TV et/ou les liaisons PC à PC, installation radio amateur, etc…
Des mesures de « mitigation* » seront éventuellement nécessaires, le refus du compteur Linky étant évidemment la plus extrême.
*Au sens anglo-saxon du terme.
A charge pour l’usager de négocier ce refus avec qui de droit…

Comme c’est l’usage en général, il faudra trouver le compromis acceptable avant de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Un certain nombre de « recettes » sont proposées ici et là, censées permettre une cohabitation avec un réseau devenu un peu agité:
- Contre les signaux du Linky, certains préconisent un filtre passe-bas atténuant la bande A du CENELEC.
Pour être efficace, un tel filtre devra être caractérisé au courant max de l’installation, au moins 60 A, voire plus. Il devra être homologué pour être accepté, et devra être lui-même exempt de perturbations rayonnées.
Ce composant sera lourd, encombrant, et très cher.
De plus il ne devra apporter aucune perturbation  dans le fonctionnement du compteur Linky, notamment par une impédance d’entrée inappropriée.
- Contre les perturbations véhiculées par le réseau domestique, il existe des dispositifs IAC (Interrupteur Automatique de Champ) disponibles pour montage sur rail DIN.
- Contre l’effet d’antenne du réseau électrique, il est possible de réaliser un câblage en fil blindé, genre « Bio Habitat », et établir une mise à la terre performante.
- D’une façon générale, il faudra rationaliser le câblage, éliminer les prises multiples, faire la chasse aux dominos, repenser le câblage électrique dans l’optique d’un réseau de communication.

Le réseau domestique va devoir, bon gré mal gré, d’adapter à sa nouvelle fonction de réseau de communication. Il devra faire cohabiter des applications aussi différentes que la commande de volets roulants et la transmission de programmes de TVHD, dans des domaines de fréquences allant de la bande CENELEC jusqu’à 100 Mhz voire davantage.
Ceci ne se fera pas sans heurts et grincements de dents.

A moins que les problèmes rencontrés n’incitent à un retour à plus de prudence, c’est-à-dire à éviter le mélange des genres.
Laisser au réseau domestique ce qu’il sait faire, gérer l’énergie. Et confier les transmissions aux spécialistes des transmissions, câble coaxial, fibre optique, paire torsadée blindée, radio.
Affaire à suivre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 10:16

La fronde contre le compteur Linky.

1er Octobre 2017

Plus de 4 Millions de  compteurs Linky sont déjà  installés en France, et le déploiement se poursuit au rythme de 18 000 compteurs par jour, avec l’objectif d’atteindre un taux d’équipement de 80% pour 2021.

La généralisation de ce nouveau compteur répond aux nécessités de la mise en œuvre de la transition énergétique décidée par l’Europe et approuvée par les Etats membres.
La réalisation de ces objectifs implique une gestion concertée du réseau de distribution d’énergie électrique, qui ne peut être réalisée qu’à travers des compteurs communicants.

Les opposants à ce déploiement représentent en moyenne environ 3% des abonnés domestiques concernés, ce taux étant très variable selon les régions, les communes, et fluctue dans le temps en fonction du niveau et de la qualité des informations reçues par les clients.

Ce taux est suffisamment significatif pour qu’il soit important de se pencher sur les raisons invoquées pour justifier cette opposition.
__________________

Sans prétendre à l’exhaustivité, on peut lister un certain nombre de motivations relativement bien identifiées, et dont l’importance est à pondérer:

1- Le refus de ce qui est perçu comme une violation de l’espace privé.
« On » veut bien recevoir l’énergie électrique, mais on refuse que le fournisseur vienne voir comment et quand on l’utilise, et surtout que cette connaissance puisse être enregistrée et éventuellement utilisée pour recueillir des informations sur le comportement des personnes du logis.
C’est une démarche générale de recherche de confidentialité et de discrétion, qui peut être plus ou moins étendue à d’autres aspects, par exemple au refus du téléphone portable qui permet la géolocalisation, au refus de régler ses achats par carte bancaire ou par chèque, au refus du GPS, de l’internet, à la mise en liste rouge du téléphone, à l’anonymat de la porte d’entrée, etc…
Cette démarche personnelle est respectable, à condition d’en accepter les conséquences dès lors qu’elles résultent de ce choix.
(conséquences pratiques, voire financières).

2- la crainte de voir les données personnelles piratées à des fins commerciales ou d’intrusion.
(Les données personnelles Linky sont transmises par CPL vers le gestionnaire du réseau, mais elles sont également reçues par les autres compteurs branchés sur le même tronçon de l’arborescence BT de EDF.
Ces données sont cryptées par un procédé approuvé par la CNIL, mais certains abonnés mettent en doute l’efficacité du système).
Ce problème concerne également les données CPL constituant les réseaux Domotique, données personnelles qui circulent dans tout le quartier puisqu’il n’existe aucun filtre de protection tant en entrée qu’en sortie des logements.
(Il serait intéressant de voir si cette crainte du piratage s’étend également aux données personnelles circulant sur le réseau de téléphonie mobile, sur les réseaux sociaux, et plus généralement sur les données internet et particulièrement le Cloud).

3- Le refus de personnes EHS ( Electro Hyper Sensibles), de voir arriver une source supplémentaire présumée de perturbation de leur état de santé.
Justifiée ou pas, cette opposition doit être traitée dans le cadre général du problème de l’influence des champs électromagnétiques sur les personnes.
Sont également suspectés les téléphones mobiles, le Wi-Fi, les lignes à haute tension, les transformateurs EDF, et bien sûr les CPL de toutes provenances.

4- La crainte, justifiée ou pas,  de voir les réseaux domestiques perturbés par les signaux CPL du Linky.
Les signaux CPL du nouveau compteur pénètrent effectivement à l’intérieur du réseau privé, avec une faible atténuation, puisqu’il n’existe aucun filtrage.
Ils s’invitent donc dans un réseau domestique, qui perd ainsi une partie de son caractère privé.
Il s’agit d’un problème de compatibilité lié à la mise en commun sur un même réseau CPL d’applications très diverses dont les interfaces communicants ne sont pas toujours compatibles.
De tels problèmes peuvent survenir au cas par cas et doivent être résolus en faisant appel à un technicien.
Il s’agit du problème général lié à la collision d’interface entre le domaine des télécommunications auquel appartiennent les communications CPL, et le domaine de l’énergie auquel appartient le réseau de distribution électrique privé et public.
Ces deux domaines étaient jusqu’à présent complètement séparés, avec des approches différentes, des normes différentes, des législations différentes.
La technologie CPL à haut débit les a rapprochés « à la hussarde », avec des problèmes d’interface.
Ce problème ne peut être résolu qu’au niveau des instances de normalisation internationales.

5- La crainte de voir la facture systématiquement augmentée, crainte diffuse sans base explicative fondée, mais bien réelle.
Il faut considérer deux aspects.

D’abord l’aspect court terme lié à l’installation du nouveau compteur:
Certains usagers avaient souscrit un abonnement notablement supérieur à ce dont ils ont besoin réellement. Avec le nouveau compteur, ils s’apercevront rapidement qu’ils peuvent modifier leur contrat pour une puissance inférieure (les KVA) et donc réduire le montant de leur facture.
D’autres usagers s’apercevront qu’ils peuvent programmer leurs appareils ménagers de manière à mieux répartir les appels de puissance et ainsi réduire la puissance max en changeant d’abonnement.
Encore des cas de réduction de facture.
Par contre, quelques usagers ont un abonnement (KVA) inférieur à ce qu’ils soutirent épisodiquement.  Ces surintensité occasionnelles sont tolérées par le « vieux » disjoncteur EDF, mais ne seront pas acceptées par le Linky.
Le fournisseur exigera alors que le client prenne un abonnement supérieur, ou bien répartisse mieux ses soutirages, sinon la facture augmentera…
Ces clients, peu nombreux, devront accepter de se contenter du nombre de KVA pour lequel ils ont souscrit un abonnement.
(C’est le cas en particulier lorsque le nombre d’appareils ménagers gros consommateurs a été augmenté au fil du temps, sans prendre garde aux dépassements de puissance.
C’est également le cas lorsque des machines-outils électriques sont ajoutées, avec des appels de courant importants à la mise en route).

Si l’on considère l’aspect long terme, il faut se situer dans la perspective de la transition énergétique.
Toutes les études prévisionnelles démontrent que le coût de l’électricité est appelé à augmenter très significativement, on parle de doublement, voire de triplement pour les pays qui pratiquent aujourd’hui des prix très bas.
En France, les tarifs de l’électricité sont parmi des plus bas d’Europe.
La crainte des usagers méfiants est donc parfaitement fondée, mais hélas on n’y peut rien…
La transition énergétique nous coûtera très cher, il n’y a pas de miracle.

6- La crainte de devoir changer d’abonnement à cause de disjonctions plus fréquentes en rapport avec la pause du Linky.
Effectivement, avec l’ancien compteur, la surveillance des dépassements de puissance souscrite était confiée au disjoncteur, lequel était très tolérant sur la valeur du courant de disjonction.
Le nouveau compteur surveille lui-même la valeur de puissance max soutirée, et avec une précision qui ne permet aucun abus.
Il s’agit là de la simple correction d’une situation de tolérance excessive, que les impératifs de la transition énergétique ne peuvent plus accepter.

7- Le refus de cautionner une dépense qualifiée d’injustifiée, avec l’argument que l’ancien compteur (Electro mécanique ou CBE) suffit à réaliser le comptage des consommations.
Cet argument traduit simplement la méconnaissance des finalités de la transition énergétique, de ses enjeux, et des impératifs techniques qui en découlent.
Cette méconnaissance est surtout un indice d’un défaut de communication des autorités de tutelle.
Pour un investissement de 5 Milliards, 35 Millions de compteurs seront installés, dont la durée d’utilisation sera de l’ordre de 15 ans.
L’un des objectifs principaux de ce nouveau compteur est de réduire les pics de puissance demandée grâce à un lissage intelligent des appels de courant des utilisateurs.
Aujourd’hui en France, la puissance maximale cumulée demandée par les utilisateurs atteint environ 100 GW dans le pire des cas. Il faut donc entretenir un outils de production capable de fournir cette puissance.
Si le compteur Linky permet de ramener cette puissance max à 80 GW au lieu de 100, il sera possible d’arrêter 20 réacteurs nucléaires de 1000 MW,  et surtout d’éviter la construction de 13 réacteurs EPR pour remplacer les 20 réacteurs arrêtés pour vétusté.
L’économie ainsi réalisée ( plus de 80 Milliards) est incommensurablement supérieure à l’investissement nécessaire à l’installation du nouveau compteur.

Une autre justification au changement de compteur, réside dans le fait que les « vieux » compteurs ne permettront pas de gérer la charge au domicile des voitures électriques.
10 millions de batteries branchées simultanément sur des chargeurs de 6 KW provoqueront un appel de puissance supérieur à 60 GW, provoquant un black-out généralisé sur tout le territoire, avec des répercussions sur le réseau européen (L’Europe constitue un seul réseau grâce à l’interconnexion des réseaux nationaux).
Et 10 Millions de véhicules électriques, cela ne représente que 28% du parc français de véhicules particuliers…

8- Le refus de devoir abandonner une situation de grande liberté dans l’utilisation de l’énergie électrique, pour entrer dans une période de liberté surveillée et de contrôle des conditions d’usage.
Il est exact que, jusqu’à présent, c’est la production qui s’adaptait à la demande, l’outil de production devait être capable de répondre à n’importe quelle demande, qui pouvait aller jusqu’à 100 GW au plan national français.
Ceci était possible grâce aux installations de production de base disponibles en permanence, sans interruptions autres que celles nécessaires à la maintenance, et qui sont programmables.
L’arrivée massive des énergies éolienne et solaire, intrinsèquement intermittentes, imposent un changement de paradigme.
Désormais c’est la consommation qui devra s’adapter à l’offre de production.
Et ceci n’est possible que par l’intermédiaire de compteurs communicants.
Donc, oui, l’usager ne pourra plus faire ce qu’il veut, il sera « incité » à gérer l’énergie avec l’objectif de maîtriser sa consommation, et de répartir ses soutirages pour lisser les appels de puissance.
Cela sera fait en concertation avec le fournisseur d’énergie, par le moyen d’incitations tarifaires, mais pas seulement.
Encore faut-il que cela soit clairement expliqué aux clients, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

9- Certains abonnés s’opposent à l’installation du nouveau compteur par « sympathie » avec le lobby des opposants, qui ne présentent que les aspects négatifs (réels ou inventés) de la nouvelle application, sans jamais la situer dans son cadre réel qui est tout simplement la mise en œuvre de la transition énergétique.
Ce groupe d’indécis est généralement sensible à une présentation juste de la démarche, quand elle est réalisée de manière dépassionnée.
Ce qui est rarement le cas malheureusement.

10- Une dernière catégorie de réfractaires au Linky ne peut pas être oubliée, il s’agit des fraudeurs qui sévissent sur le réseau.
ENEDIS évalue les « pertes non techniques » (C’est le nom donné aux fraudes) à 25 TWh sur l’année, soit 5% de la production.
Le nouveau compteur permettra de réduire considérablement ces détournements.
Une réduction d’un tiers de la fraude éviterait une perte de 1 Milliard chaque année.
On comprend que cette catégorie de « clients » voit d’un mauvais œil l’arrivée du Linky.
( Les énergéticiens considèrent que cette réduction de la fraude compense très largement le coût des nouveaux compteurs).
______________________

Parmi les raisons invoquées ci-dessus pour refuser le nouveau compteur, certaines sont fantaisistes, voire fondées sur des motivations suspectes, mais d’autres méritent d’être prise en compte.
Parmi ces dernières, on peut distinguer trois catégories de motivations:
D’une part celles qui sont liées à une méconnaissance des contraintes de la transition énergétique, avec ses impératifs techniques et économiques.
D’autre part, le cri d’alarme des personnes EHS, qui prolonge la plainte contre les installations de téléphonie mobile et autres sources de CEM.
Enfin, la plainte globale contre la « violation » de l’espace privé et la liberté d’utilisation de l’énergie.

La CRE a ressenti la nécessité de prendre en compte ces situations très différentes, afin d’apporter une réponse au mouvement de protestation et surtout de ne pas laisser la parole aux seuls opposants qui « sévissent » même dans les délibérations de certains conseils municipaux.
Le souhait est que durant ces procès publics contre le nouveau compteur, la parole ne soit pas réservée à la seule accusation, mais que soient également entendus les avocats de la défense.
Il sera éventuellement demandé aux préfets de veiller à une saine communication lorsque de tels débats auront lieu dans le cadre officiel des délibérations de conseils municipaux.
Le rapport est disponible ici:

http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/010655-01_rapport_cle27279c.pdf

__________________

 

 

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27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 09:42

La mort annoncée du moteur thermique, encore une minute Monsieur le bourreau…

27 Septembre 2017
Le « Diesel Gate » européen n’est pas un scandale, pour deux raisons:
D’une part la très grande majorité des automobilistes conscients était parfaitement informée de l’écart anormal entre les valeurs catalogues et les valeurs en conditions d’usage « normal » pour ce qui concerne les émissions de CO2, les émissions de polluants, de particules, et les consommations, et ceci depuis plus d’une décennie, voire davantage pour les usagers un peu curieux de la chose mécanique.
D’autre part, malgré la connaissance de cette distorsion, ces mêmes automobilistes n’ont jamais boudé les modèles diesel, bien au contraire puisque ce système a tenu le haut du pavé jusqu’en 2015.
La chute des ventes constatée aujourd’hui tient plus à l’alignement des prix du carburant et à la menace de mise au rencart des voitures polluantes qu’à une vertueuse indignation écologique.
Peut-on même parler de tromperie, alors que la chose était de notoriété publique depuis l’avènement des normes Euro ?
Ce « Diesel Gate » est donc un peu éventé.
______________

Il faut reconnaître (?) aux américains le « mérite » d’avoir mis les pieds dans le plat en 2015 en taclant Volkswagen, réalisant au passage une bonne opération contre une concurrence devenue gênante.
(confirmant ainsi leur maîtrise du développement des missiles à têtes multiples…).

Après avoir tenu le rôle de vilain petit canard, VW s’est rapidement découvert des compagnons de couvée et, comme dit le fabuliste,
« ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » .
Le couvercle de la boîte de Pandore ayant ainsi été ouvert, il est devenu impossible de cacher la poussière sous le tapis, le tas est désormais trop gros.

Bon gré mal gré, l’Europe ne pouvait que suivre le mouvement, manifestant (un peu tard) une vertueuse indignation, que d’aucuns qualifieront de simulée (j’ai même entendu le terme de « faux c… »).
Il a donc fallu se résoudre à porter l’affaire au niveau judiciaire, les protestations verbales ayant perdu toute crédibilité.

La récente plainte déposée contre PSA , par la DGCCRF, a abouti à une enquête confiée au Pôle de Santé Publique du Tribunal de Grande Instance de Paris.

Bien sûr, il n’y a pas le feu au lac de pétrole; on connaît la « célérité » avec laquelle ces affaires sont traitées par la justice, il faut laisser aux parties en cause le temps d’attacher leurs ceintures, de mettre leurs bretelles, et d’ouvrir leurs parapluies.
Plusieurs années seront nécessaires pour que chacun bétonne ses dossiers afin d’aboutir à un compromis « historique ».
Personne ne veut la mort du pêcheur.

Mais enfin, au moins on en parle…
__________________

Ce n’est évidemment pas du Palais de Justice que sortira la solution au problème des constructeurs, qui ne savent tout simplement plus comment faire pour satisfaire les normes européennes devenues draconiennes.

L’alliance du moteur thermique avec les carburants fossiles semble être arrivée au terme de ses possibilités, compte tenu des exigences écologiques du temps, justifiées au demeurant.

La course à l’échalote entre la sévérisation des normes antipollution et anti CO2 d’une part, et l’amélioration des moteurs thermiques et de leur gestion d’autre part, a trouvé ses limites.
Pour obtenir l’homologation de leurs nouveaux modèles, les constructeurs doivent désormais recourir à des artifices à la limite de la légalité.
Il est temps de siffler la fin de la partie.
________________

Cette situation aurait cependant pu durer encore quelques années, grâce à la bienveillante tolérance des autorités censées faire respecter la réglementation, et surtout grâce au bon vieux protocole de mesures NEDC dont on connait les faiblesses, pour ne pas parler de laxisme coupable.
Mais le remous suscité en 2015 par l’affaire Wolkswagen aux USA a précipité l’adoption du nouveau protocole de mesures WLTC,  beaucoup plus réaliste, et avec lequel il sera très difficile de trouver des « petits arrangements ».
Surtout avec le fameux PEMS, qui a bien l’intention de jouer le rôle du chien dans un jeu de quilles.
Mais les constructeurs savent bien que pour éloigner les chiens il suffit d’un bon grillage…

Rappelons ce qu’est le PEMS: Portable Emissions Measurement System, est une station portable (remorquable) équipée pour effectuer les mesures d’émissions de CO2 , de gaz polluants et de particules, en utilisation normale du véhicule sur un itinéraire défini et dans des conditions de roulage également définies, se rapprochant des conditions « normales ».
Les constructeurs utilisaient déjà depuis longtemps un tel système pour la mise au point de leurs modèles, mais les résultats étaient tenus secrets.
(on sait maintenant pourquoi…).

________________

Il y a donc à la fois un problème technique, un problème juridique, et un problème commercial, qui placent les constructeurs devant la nécessité de faire des choix, et assez rapidement, pour le cas où l’opération « mani pulite » se révèlerait autre chose qu’une arnaque de plus.
_______________

Concernant le problème technique, il est lui-même scindé en deux composantes souvent confondues à tort dans le même procès, ce qui brouille encore un peu plus les cartes.
________________

La première composante concerne la lutte contre le réchauffement climatique, auquel l’automobile contribue par ses émissions de CO2, à peu près directement proportionnelles à la consommation des véhicules.
Rappelons que la combustion de nos carburants dégage environ 2,28 Kg CO2 par litre d’essence, et 2,6 Kg pour le gazole.

Le respect des seuils d’émission de CO2/Km impose une réduction drastique des consommation, qui ne peut être obtenue que sur des modèles équipés de moteurs de faible puissance, considérés aujourd’hui comme le bas de gamme.
Le bas de gamme étant un secteur très concurrentiel, les constructeurs font leur marge sur les modèles de milieu et de haut de gamme, dont la consommation, c’est-à-dire les émissions de CO2, est très supérieure au seuil de la norme, et qui sont donc condamnés à moyen terme.
Il en va de même pour la pollution.
Dur dur…

La lutte contre le CO2 des voitures s’organise selon deux volets:
D’une part, l’Europe impose, par constructeur, une limite à la moyenne des émissions des VP immatriculés dans l’année, tous modèles confondus.
(C’est donc la moyenne des émissions de l’ensemble des VP neufs immatriculés par ce constructeur).
Pour 2017 cette limite est de 125g CO2/Km.
Au-dessus le constructeur de voit pénalisé assez fortement.
Pour respecter la limite, le constructeur doit opérer un mélange savant de différents types de véhicules, par exemple vendre « beaucoup » de véhicules électriques car leur taux d’émission est de 0 g/Km et une électrique compte pour trois voitures dans le calcul.
Des constructeurs peuvent s’associer pour mettre en commun leurs chiffres, et bien d’autres « arrangements » sont possibles.
Ce procédé de calcul est évidemment pernicieux car la vente de véhicules « vertueux » permet à un constructeur de vendre aussi des super 4x4 qui émettent un max.
L’essentiel c’est que la moyenne soit bonne.
Les test d’homologation actuels permettent tout juste de passer, en « bricolant » un peu, ainsi que l’on a pu le voir dans la presse.
Mais, d’une part la limite de 125g sera réduite à 95g d’ici 2020, et d’autre part le test actuel sera d’ici là remplacé par le nouveau test WLTC nettement plus sévère que le vieil NEDC.
Et là, çà ne passe plus du tout, c’est le branle-bas chez tous les constructeurs.
D’autant plus qu’il existe un projet de réduction de la limite de 95 g à moins de 80 g pour 2025 !
Pour les constructeurs il y a là une impasse.
Et ceci au-delà des problèmes de pollution, qui viennent s’ajouter aux émissions de CO2.
La solution pourrait être de remplacer les carburants pétroliers par des biocarburants, car le CO2 qu’ils émettent est licite puisque renouvelable.
Mais ces biocarburants posent eux-mêmes des problèmes:
La première génération est écartée d’emblée en raison du conflit avec les cultures alimentaires. A oublier.
La seconde génération n’a pas apporté la preuve de son efficacité écologique, notamment en raison des changements d’affectation des sols, de la déforestation, et surtout de l’énergie consommée pour la culture, la production, le raffinage, et le transport de ces nouveaux produits, énergie qui est le plus souvent d’origine fossile.
De plus, le problème des émissions de polluants gazeux et de particules fines reste entier, et le coût n’est pas encore concurrentiel du pétrole.
Quant à la troisième génération, elle n’existe pas encore…
C’est donc plutôt mal parti pour les nouveaux modèles actuellement à l’étude.
Mais la situation peut évoluer favorablement dans le futur, à l’horizon 2030.
_____________

La seconde composante du problème technique concerne les émissions de polluants gazeux, de particules fines et de nanoparticules .
Les biocarburants en émettent comme les hydrocarbures pétroliers.
On peut théoriquement les éliminer par un post traitement, mais les procédés vraiment efficaces sont trop coûteux pour le marché grand public, qui doit se contenter des méthodes approximatives dont nous voyons le résultat aujourd’hui.

Pour éliminer à la fois le CO2 et les polluants, il « suffirait » d’utiliser un carburant sans Carbone.
Bon sang mais c’est bien sûr !
L’Hydrogène est le candidat idéal, du moins au plan thermodynamique.

Çà marche, mais la mise en œuvre dans les autos se heurte à plusieurs inconvénients:
En premier lieu, les moteurs doivent être changés car l’Hydrogène s’accommode mal du moteur à explosion. Tout est donc à faire.
En second lieu, l’Hydrogène renouvelable n’existe pas encore…
Et le jour où il existera, on passera à la pile à Hydrogène associée à un moteur électrique.
Et ceci n’est pas pour demain matin…
________________

Pour sortir de cette impasse, la panoplie des solutions raisonnablement disponibles est assez réduite, en fait il n’y en a qu’une:
Remplacer le moteur thermique par un moteur électrique.
A condition toutefois que cette électricité soit produite par des moyens conformes aux engagements de la transition énergétique, ce qui n’est pas évident.

Le moteur électrique permet de gagner un rapport trois en rendement, et les émissions sont supprimées. Plus de CO2, plus de NOx, plus de particules.
C’est la solution idéale si l’on fait abstraction de « quelques » inconvénients dont nous parlons ci-après.

Les plus audacieux n’ont pas hésité à annoncer l’abandon du moteur thermique au profit de l’électrique, à un horizon lointain il est vrai, on parle de 2040, ce qui veut dire après 2050 en langage diplomatique, ou à la saint glin-glin en langage familier.
Le lecteur décidera lui-même si les annonces de Monsieur le Ministre ont valeur d’engagement de l’Etat, ou si elles devront être rangées au magasin des promesses non tenues.

Le passage à l’électricité résoudrait évidemment le double problème des émissions de CO2 et des émissions de polluants des moteurs thermiques, mais au prix d’un transfert vers les problèmes de batteries et de leur rechargement, et de la nécessaire production supplémentaire d’électricité.
Sans compter les problèmes écologiques liés à l’extraction des saumures, la préparation et le raffinage du Lithium, la fabrication des batteries, leur recyclage, et l’épuisement prévisible des sources de métaux rares qui sont nécessaires dans la technologie actuelle.

Car il ne faut considérer une solution que dans l’ensemble de la chaîne technologique concernée.
Dépenser des milliards pour supprimer la pollution et le CO2 chez nous, pour les transférer ailleurs dans le monde serait évidemment un choix désastreux.

On a vu par exemple que les biocarburants ne sont pas si « bio » que çà lorsque l’on tient compte de l’énergie (et quelle énergie ?) dépensée pour les produire, les raffiner, les distribuer, et si l’on s’intéresse aux effets secondaires de la déforestation, aux conflits avec les productions alimentaires, et à la pollution émise par les moteurs car, si le CO2 émis est renouvelable, il subsiste les gaz polluants et les particules fines de tout moteur thermique.

De même quel intérêt y aurait-il à changer pour des moteurs électriques si l’électricité est produite par des centrales à combustibles fossiles, ou nucléaires ?
En France, encourager le développement du marché de la voiture électrique alors que la production d’électricité renouvelable est notoirement insuffisante, cela revient à promouvoir le développement du parc nucléaire.
_________________

Une fois décidé (?) l’élimination du moteur thermique et son remplacement par son homologue électrique, il reste à déterminer comment l’électricité sera amenée jusqu’au moteur.

Aujourd’hui l’énergie nécessaire est stockée dans le véhicule, ce qui lui permet d’aller partout, y compris sur les chemins les plus invraisemblables (y compris sur l’eau et dans les airs) dès lors que la réserve d’énergie est suffisante.
L’usager n’imagine pas abandonner cette liberté, la voiture étant devenue une prothèse désormais indispensable.
Toute solution qui impliquerait un « fil à la patte » serait donc rejetée par la majorité.
Le train électrique n’est praticable que parce qu’il y a un véhicule autonome à l’arrivée, taxi, voiture particulière, car, qui permet d’effectuer les parties du trajet non équipées en électrique, et qui ne le seront jamais.
Le tram ou le métro, c’est bien, mais hors des agglomérations on oublie.
Il est donc vraisemblable que le concept automobile restera associé pour longtemps au principe de l’énergie embarquée.

Remarquons de l’alliance rail-route, qui existe depuis la nuit des temps, n’a jamais reçu l’accueil espéré, pourquoi?
Réponse: Essayez d’aller de Toulouse à Quimper en mettant votre voiture sur un train, vous aurez la réponse.
________________

Cette énergie embarquée peut être soit directement de l’électricité dans une batterie, quelque soit sa technologie, soit un produit énergétique capable de se transformer en électricité par un procédé quelconque, le plus connu aujourd’hui étant la pile à Hydrogène, mais d’autres peuvent être mis au point dans l’avenir ( On ne voit pas très bien lesquels, mais il ne faut pas désespérer).

Aujourd’hui c’est très majoritairement la batterie qui est utilisée, mais la pile à Hydrogène semble promise à un grand avenir, sans qu’on puisse dire si, et quand, elle pourra remplacer la batterie.
Il existe un réseau national de distribution d’électricité jusque dans les points les plus reculés.
On peut même « acheter » de l’électricité verte, y compris en Corrèze, mais il n’existe rien de comparable pour distribuer l’Hydrogène…
_______________

L’avenir est donc incertain quand à la nature de l’énergie qui sera embarquée dans le véhicule en 2040:
Hydrogène, Electricité ?
Cette incertitude se répercute sur le futur réseau de distribution.
Il faudra distribuer quoi ?
Une seule certitude: il faudra distribuer des produits conformes aux règles de la transition énergétique, c’est-à-dire porteurs d’une énergie renouvelable, décarbonée ou à carbone recyclable, et exempts de pollution.
L’électricité verte existe déjà, mais l’hydrogène vert n’est encore qu’une vue de l’avenir.
Cet Hydrogène vert sera fabriqué par électrolyse de l’électricité renouvelable éolienne et solaire. Cette filière n’existe pas aujourd’hui, faut-il le préciser.
Et il n’est évidemment pas question d’utiliser l’Hydrogène actuel, fabriqué à partir de produits fossiles !
La pile à Hydrogène est une solution pour un futur relativement lointain.
La batterie occupera le terrain pendant encore longtemps.
_________________

Et quid des besoins en énergie électrique ?

Les 300 TWh d’énergie consommée annuellement aujourd’hui par nos automobiles sous forme de produits pétroliers, devraient alors être remplacés par au moins 100 TWh d’électricité, soit la production de huit réacteurs EPR ou 7 500 éoliennes offshore de 5 MW.
Ces 100 TWh deviendront au moins 130 TWh avec de l’Hydrogène renouvelable, compte tenu de la perte de rendement de la chaîne de transformation: Electricité > Electrolyse > Hydrogène > Pile à Hydrogène > Electricité .

Cette nécessaire augmentation considérable de la production d’électricité va exactement à contre-courant des projets de la transition énergétique, qui postule au contraire une réduction drastique des besoins en électricité.
Cherchez l’erreur…
(En fait les prévisions d’EDF sont plus réalistes et sont largement supérieures à celles des plannings du Gouvernement. Devinez qui est dans le vrai…).

Autre problème, la recharge de toutes ces batteries nécessitera un réseau d’installations de très forte puissance capable de permettre les recharges rapides. La gestion de ce service ne sera possible qu’à travers un réseau de distribution électrique intelligent dont le rôle sera d’éviter les dépassements de puissance risquant de mettre en péril l’ensemble du système si plusieurs millions d’usagers s’avisent de recharger leur voiture en même temps.

Les constructeurs de voitures ne pourront donc pas décider seuls ce basculement vers l’électrique. Ils devront œuvrer en coopération avec les décideurs de la transition énergétique, le Gouvernement, les producteurs d’électricité et les gestionnaires de réseau, et bien sûr les investisseurs qui devront s’engager dans le développement et la construction des dizaines de milliers de points de recharge nécessaires.
Avec la menace de voir plus tard ces points de recharge devenir obsolètes si la pile à combustible arrive à s’imposer…

En face d’une telle incertitude sur l’évolution de la technologie, on comprend les hésitations des investisseurs à lancer de grands travaux de développement d’un réseau de recharge couvrant tout le territoire.
Distribuer de l’électricité ou de l’Hydrogène sont deux activités complètement différentes.

Il faudra donc vivre longtemps avec un réseau de recharge mité de nombreuses zones blanches, qui feront du voyage en auto une aventure qui en rebutera plus d’un.
_______________

Pour éviter ce frein au développement du marché de l’électrique, il apparaît à l’évidence qu’une solution de compromis devra être utilisée pendant la période de transition, qui pourra durer deux ou trois décennies.
(en attendant de savoir qui l’emportera, de la batterie ou de la pile à combustible).
Cette solution de compromis ne peut être que l’hybride rechargeable (PHEV), avec différentes combinaisons de capacité de batterie et de puissance moteur.
(l’hybride non rechargeable est une solution fantaisiste sur laquelle il n’y a pas lieu de s’étendre).

Le moteur électrique et le moteur thermique sont donc condamnés à vivre ensemble encore longtemps.

Le slogan actuel:
« Rouler propre en ville et polluer à la campagne » ,
a conduit à proposer des modèles PHEV équipés de batteries de très faible capacité, qui ne permettent de résoudre qu’une très faible partie du problème. Elles sont vidées en quelques kilomètres, après quoi la voiture devient une thermique ordinaire.
C’est évidemment une fausse solution, à la limite de l’arnaque, qui est appelée à disparaître rapidement.
________________

Le coût de fabrication d’un hybride PHEV est élevé, pour plusieurs raisons:
C’est une nouvelle technologie, beaucoup de plâtres sont à essuyer avant d’atteindre un niveau de stabilisation des procédés, et surtout avant de savoir ce que le client attend réellement. D’importants investissements en recherche et développement seront nécessaires.
Les coûts de production, en phase de croissance, sont nécessairement très supérieurs à ceux d’une technologie éprouvée.
Le PHEV est un concept qui repose sur une bi-motorisation, donc un coût naturellement plus élevé qu’un modèle classique.
L’électricité doit être le mode d’utilisation prépondérant d‘un PHEV, ce qui implique une batterie assurant une autonomie électrique d’au moins 150 Km, compatible avec la charge rapide.
Et l’on connaît le coût des batteries pour un marché en phase de démarrage.
_______________

Le moteur thermique ne pourra prendre sa retraite que si l’une ou l’autre des conditions suivantes est satisfaite:

- Production d’électricité verte suffisante pour alimenter un parc de véhicules électriques, associée à un réseau national de points de recharge rapide de batteries, aussi dense que le réseau actuel de distribution de produits pétroliers.
- Ou production d’Hydrogène renouvelable en quantité suffisante, associée à un modèle industrialisé de pile à Hydrogène satisfaisant le cahier des charges automobile, et à un réseau de distribution de ce gaz.

Le tout à un coût compatible avec une production de masse.
_________________

Compte tenu de tous ces problèmes, le moteur thermique a encore de beaux jours devant lui, en association avec le moteur électrique.
La tâche des constructeurs sera de trouver la formule du bon dosage batterie/carburant, pour minimiser les émissions de NOx et de particules émises par ce dernier.

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 10:59

L'IEI, Intolérance Environnementale Idiopathique, nouveau mal du siècle ?

13 Septembre 2017.  

Notre société s'est développée grâce à (ou à cause de) la technologie, qui est devenue une prothèse multiforme dont l'immense majorité d'entre nous ne peut plus se passer.
Peut-on imaginer supprimer l'électricité, les voitures, la radio, la télévision, les télécommunications, l'électroménager, l'outillage électrique, l'aviation, le téléphone, l'imagerie médicale, et bien d'autres applications désormais indissociables de notre standard de vie ?
La contrepartie de ce que nous appelons le progrès est un certain nombre de nuisances dont on s'efforce de limiter les effets grâce à des règlementations dont l'efficacité est parfois discutable, mais néanmoins susceptible de progrès.
_______________

L'accumulation de toutes ces nuisances, pour lesquelles il est bien difficile de définir des seuils critiques, finit par avoir raison de la santé physique et/ou mentale de certains d'entre nous, qui constituent désormais une population vulnérable dont les troubles sont regroupés sous l'appellation générale d'IEI, Intolérance Environnementale Idiopathique.
Le qualificatif d'idiopathique laissant présager des difficultés d'attribuer tel trouble à telle cause.
_______________

Le syndrome IEI correspond à un ensemble de signes cliniques et de symptômes variés que le patient attribue à une réaction allergique à la présence d'un ou plusieurs facteurs environnementaux d'origine non naturelle.

Ces facteurs environnementaux non naturels peuvent être classés en plusieurs catégories:
- Les champs électromagnétiques (CEM) qui sont à l'origine des syndromes EHS (Electromagnetic Hyper Sensitivity).
- Les composés chimiques, à l'origine des syndromes MCS ( Multiple Chemical Sensitivity).
- Les radiations ionisantes.
- Les conditions environnementales de travail.
- Les autres facteurs généraux, tels que le bruit et/ou les odeurs.


Nous n'évoquerons ici que l'IEI-CEM .
(Encore appelé SICEM, Syndrome d'Intolérance aux CEM).
________________

Pendant longtemps les troubles IEI-CEM rapportés ici et là concernaient essentiellement les champs électromagnétiques rayonnés par le réseau de distribution d'énergie électrique à 50 Hz, et particulièrement les lignes à haute tension.
Ces troubles, affectant les populations et les animaux d'élevage, ont conduit à définir des limites de sécurité, plus ou moins respectées dans la pratique.
(On voit encore des transformateurs EDF installés à proximité immédiate d’habitations, ce qui montre l’importance du chemin qu’il reste à parcourir…).

Mais l'explosion des applications de communication utilisant des signaux numériques véhiculés par toutes sortes de supports radio ou filaires, et utilisant la totalité du spectre des fréquences jusqu'aux plus élevées technologiquement valables aujourd'hui, a créé un environnement de champs électromagnétiques auquel il est impossible d'échapper dans les zones d'habitation et d'activité intense.

L'émergence, relativement récente, d'une plainte diffuse d'une certaine partie de la population concernant divers troubles qui seraient causés aux personnes par les champs EM, a rendu nécessaire la prise en considération de ces troubles afin d'apporter des réponses à ce qui est en passe de devenir un problème de santé publique.

Les champs EM incriminés concernent pratiquement la totalité du spectre depuis les fréquences du réseau de distribution électrique (50 HZ) jusqu'aux UHF utilisées dans la téléphonie cellulaire, et les fours à micro ondes, en passant évidemment par les courants porteurs, qui tiennent aujourd'hui le haut du pavé, avec les antennes relais de téléphonie mobile, et surtout les terminaux portables 3G et 4G, et bientôt 5G.
(L’application d’un terminal 4G, bientôt 5G, à l’oreille d’un être humain jeune est une agression dont la population devrait être protégée, ce qui est loin d’être encore le cas aujourd’hui…)

S'y ajoutent les CEM créés par les myriades d'applications utilisant les liaisons radio et qui envahissent les logements (Domotique) , les automobiles et bientôt les objets connectés.
_______________

Par ailleurs, le nombre de patients qui se revendiquent EHS et dont le cas est susceptible d'être pris en considération après analyse étant faible, les structures adéquates pour les prendre en compte n'existent pas encore, en dehors des structures existantes qui ne sont ni habilitées, ni équipées, ni préparées, à traiter ce genre de cas.
La méconnaissance de la prévalence de l’EHS est une preuve du manque d’intérêt témoigné par le corps médical.
On peut parler de maladie orpheline.
_________________

Lorsque le malade a la chance d’être pris au sérieux, il reçoit une identité, il est désormais une personne EHS , Electro Hyper Sensible.
La reconnaissance de sont état est la première étape d'un chemin souvent douloureux.
Cette étiquette le sort certes de l'anonymat, mais peut aussi l'ancrer dans son malaise.
Ne parle-t-on pas de "bénéfice de la maladie" ?
Merci M.Freud.

Dans les premiers temps, le patient était "promené" de spécialiste en spécialiste, puis dirigé vers une consultation de médecine psychosomatique, voire même psychiatrique.
Aujourd’hui le regard porté sur les sujets se revendiquant « EHS » a bien évolué, le problème n’est plus nié, et il existe des consultations spécifiques comme nous le verrons plus loin.
_____________________

Les institutions internationales ont pris conscience de ce problème dès les années quatre-vingt-dix, avant même la vague EHS.
En 1996 l'OMS a initié le projet international EMF ( Electro Magnetic Fields) avec pour objectif:
" Evaluer les effets sanitaires et environnementaux des champs électriques et magnétiques statiques ou variables de 0 à 300 Giga Herz".
L'intention sous-jacente était de ne pas réitérer les erreurs commises autrefois s'agissant de cancérogènes courants tels que la cigarette, les rayonnements ionisants et l'amiante.
Le résultat de ces travaux est accessible dans la base de données à cette adresse:
www.emf-portal.org
Dont le contenu est complété en temps réel par les nouvelles publications.
Plus de 25 000 articles sont disponibles à ce jour.

L'exégèse du contenu de ces articles est une tâche qui nous dépasse.
Il ressort cependant que le passage de ce contenu technique à des décisions concrètes de l'OMS sous forme de recommandations, se heurte à des difficultés dont certaines sont liées à des conflits d'intérêt.
En effet, on imagine sans peine les pressions qui peuvent s'exercer de la part de l'industrie sur une institution dont les avis sont susceptibles d'avoir des répercussions importantes par les recommandations concernant la fixation des seuils limites d'émission.

Citons simplement un article paru en Juin 2017 dans l'"International Journal of Oncology", que l'on peut trouver ici:

https://www.spandidos-publications.com/10.3892/ijo.2017.4046
Qui décrit très bien le contexte dans lequel sont analysés les résultats des différentes contributions.
_______________

Le problème des CEM comprend plusieurs volets:
- D'une part l’activité scientifique de recherche des effets des CEM (Plus généralement des radiations non ionisantes) sur les organismes vivants, effets thermiques mais aussi biologiques.
Ces recherches scientifiques portent sur les interactions des ondes avec la matière vivante, dans tous les domaines de fréquences, de durées, d'intensités et de types de modulations.
Il s'agit de comprendre les modes d'interactions au niveau biologique, jusqu'à l'échelle de l'ADN et des composantes épi génétiques.
C'est une recherche scientifique de long terme dont les travaux sont publiés dans la base de données de l'OMS au fur et à mesure de leur production.
De nombreux résultats ont été publiés, dont il s'agira de faire la synthèse pour en tirer des conclusions pratiques.

La cohorte des sujets se déclarant EHS ne s'accommode pas facilement de ce délai indéterminé et de nombreuses voix s'élèvent pour demander que soit appliqué le principe de précaution.
Sans résultat, est-il besoin de le préciser ?
___________________

- Le second volet concerne le diagnostic de l'EHS.
Les symptômes rapportés par les patients sont d'ordre idiopathique, et par définition non spécifiques.
Pour établir un lien univoque de cause à effet entre une éventuelle surexposition à des CEM (et lesquels) et les symptômes rapportés, un interrogatoire et des examens cliniques (Et psychologiques) sont indispensables, les déclarations du patient sont évidemment insuffisantes.
En règle générale, lors d'une consultation traditionnelle, le patient décrit ses symptômes et c'est le médecin qui identifie (éventuellement) la maladie dont il souffre.
Dans le cas de l'EHS, dans la grande majorité des cas, le patient arrive avec son propre diagnostic, et attend du médecin qu'il confirme cet auto-diagnostic.
Ce n'est évidemment pas ainsi que se déroule habituellement le "colloque singulier" tel qu'il est enseigné dans les facultés de médecine.
La relation médecin-malade se trouve alors bousculée, à l'initiative du patient, ce qui a pour effet de placer l'Homme de l'art dans une situation ambigüe peu propice à un échange serein.
Quelle que soit la profession, il n'est jamais bon de chercher à apprendre son métier à un spécialiste.
En présence d'un tableau idiopathique, et afin de poser un diagnostic, il est indispensable de procéder à un examen du patient, de son environnement, en faire l'anamnèse, étendre la recherche sans négliger l'aspect psychologique.
Les examens cliniques prescrits ont pour but d'écarter la possibilité que les symptômes rapportés soient révélateurs d'un désordre physiologique sans lien avec les CEM.
Des tests peuvent éventuellement être pratiqués avec les précautions qui s'imposent pour éviter les fausses interprétations.
Ces examens doivent être pratiqués lors de consultations spécialisées en médecine environnementale.
Voir par exemple la clinique Alleray-Labrouste, consultations du Dr. Dominique Belpomme.
Concernant l'état des lieux, on pourra aussi consulter le rapport d'expertise collective publié par l'ANSES en Juin 2016, visible ici:
https://www.anses.fr/fr/system/files/Consultation_AP_2011SA0150_EHS.pdf
(297 pages tout de même…).
La prise en compte de l’EHS est donc en bonne voie, mais beaucoup de questions n’ont pas encore de réponses. Il faudra encore « quelques » années pour que l’on commence à parler d’incapacité de travail, de maladie de longue durée, voire d’indemnisations ou d’AAH (Allocation d’Adulte Handicapé).
L’éventuelle reconnaissance de l’EHS est une boîte de pandore qu’aucun responsable de la santé publique n’est pressé d’ouvrir.
N’oublions pas que derrière l’EHS se profile le MCS (Multiple Chemical Sensitivity) avec son cortège de Nox et de particules rejetés par nos automobiles, les nanoparticules présentes partout sans que leur nocivité ait été vraiment évaluée, les perturbateurs endocriniens, les produits phytosanitaires, le Radon, sur lesquels il y aurait beaucoup à dire.
Il s’agit en fait d’un terrain miné.
__________________

- Le troisième volet se rapporte aux moyens de protection contre les surexpositions aux CEM.
Il n'est pas question d'interdire les applications susceptibles de créer des risques de surexposition du public aux CEM; jeter le bébé avec l'eau du bain n'a jamais été le meilleur moyen de résoudre les problèmes.

Autrefois, l'énergie électrique distribuée dans les logements sous la forme d'une tension alternative de 110 Volts, puis 230 Volts,  est vite apparue comme un risque d'électrocution des personnes.
La solution a été non pas d'interdire cette technologie et de continuer à s'éclairer à la bougie, mais plutôt de raccorder les logements avec un fil de neutre et une Terre, et placer un disjoncteur différentiel ( Liaison BT en régime TT).

La même démarche doit être appliquée à la recherche de solutions pour réduire les risques de surexposition aux CEM.
Aujourd’hui il faut reconnaître qu’il règne une certaine anarchie susceptible de créer des situations de surexposition aux CEM.
Il est temps d’y mettre bon ordre, encore faut-il savoir quel est le résultat à atteindre pour que l’explosion des télécommunications ne génère pas un problème de santé publique.

Il existe des règlementations fixant des seuils d’émissions de CEM.
Il faut donc dans un premier temps vérifier le respect de ces seuils, et ensuite mettre en œuvre les moyens connus de réduire les champs, en attendant d’éventuelles mesures réglementaires modifiant les seuils .

Les moyens de protection peuvent être très divers:
- Rationaliser la distribution de l'énergie électrique dans les bâtiments.
 (Ne pas câbler n'importe comment).
- Blinder les conduites.
- Utiliser du matériel "biocompatible" lorsqu'il existe.
- Monter des IAC ( Interrupteurs Automatiques de Champs).
- Etablir une mise à la Terre de qualité contrôlée.
- Limiter drastiquement l'usage du téléphone portable.
- Supprimer les téléphones DECT.
- N'utiliser que des liaisons filaires blindées pour les transmissions domestiques (Pas de CPL, pas de WiFi, pas de Blue Tooth).
- Ne monter que de l'électroménager biocompatible.
- Placer les sources d'émission le plus loin possible des lieux de vie.

Il est probable que, dans un avenir proche, l'application de règles de biocompatibilité électrique devienne obligatoire dans tous les locaux destinés à recevoir du public.
_________________

Le quatrième volet concerne le sort que la société réserve (réservera) aux personnes diagnostiquées EHS.

Certains évoquent des sortes de réserves d’indiens, baptisées zones blanches, dans lesquelles le niveau de CEM serait garanti sans effet sur les personnes sensibles.
Le principe même de ces zones repose sur une ambigüité:
- S’il est possible technologiquement de réduire à presque rien le niveau de CEM sans supprimer les applications qui en sont la source, alors pourquoi ne pas étendre ces solutions à l’ensemble du territoire ?
- D’autre part, si la réduction drastique du niveau de CEM implique la suppression de certaines applications, alors lesquelles, et quels services seraient supprimés sans nuire à la qualité de vie et à la sécurité des biens et des personnes ?
On pense notamment au réseau de téléphonie cellulaire, aux applications domotique utilisant les CPL, le Wi-Fi, à tous le objets connectés présents et futurs, aux appareils ménagers à induction, aux onduleurs des installations photovoltaïques, aux bornes de recharge des véhicules électriques, et bien entendu aux éclairages publics, et aux véhicules « connectés » .
Les sujets EHS accepteront peut-être ces contraintes, mais qu’en sera-t-il des personnes « non EHS » devant se rendre dans une zone blanche, par exemple la famille, les amis, les employés des services divers, publics ou privés ?

Le problème des suites à donner aux constats d’EHS ne peut être traité indépendamment des autres problèmes d’intolérance environnementale que nous avons rappelés plus haut. C’est l’IEI en général qui devra faire l’objet d’une prise en charge spécifique par des structures médicales appropriées, équipées pour définir le niveau d’atteinte du sujet, lui proposer un parcours de soins et, dans les cas extrêmes, le rattacher à un régime d’incapacité ouvrant éventuellement droit à réparations.
Un long chemin en perspective…
__________________

 

 

 

 

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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 18:20

Le solaire photovoltaïque, encore trop cher ?

1er Septembre 2017

Nous avons vu, dans les articles précédents, que l'éolien offshore est une technologie très coûteuse, ce qui au demeurant n'est pas surprenant s'agissant d'un domaine en développement, et d'implantations dans un milieu très hostile.

Il en résulte des coûts de production très supérieurs aux prix actuels du marché, et donc la nécessité de compenser cet écart par des subventions très conséquentes, dont le montant est chargé sur les taxes payées par le consommateur.

Ce système de vases communicants est "acceptable" tant que la part de l'éolien offshore reste faible, quelques pourcents.
Au-delà, le montant des subventions deviendra exorbitant et ce système devra être remplacé par un autre montage, mais lequel ?

Qu'en est-il du solaire photovoltaïque  ?
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La transition énergétique impose d'abandonner le concept de production centralisée dans quelques très grosses installations baptisées justement "centrales", au profit d'un concept de production décentralisée regroupant une multitude de petites installations dont les puissances peuvent varier de 3 KWc pour les petits producteurs particuliers de photovoltaïque en toiture, jusqu'à plusieurs centaines de MWc pour des parcs importants, notamment éoliens offshore.

Ce nouveau concept se concrétise, entre autres, par la possibilité de pose de panneaux PV sur toute surface apte à les recevoir:
Toitures de bâtiments, ombrières de parkings, auvents, façades de bâtiments, voire même voies de circulation ou véhicules automobiles.

A terme, il s'agit de susciter un mouvement vers une part d'autoconsommation, ce qui réduirait les pertes en lignes, et d'autre part diminuerait le besoin de puissance sur le réseau national.

Par exemple, vingt millions de "petites" installations de dix MWh en autoconsommation représenteraient 200 TWh annuellement, soit 40% de la production nationale actuelle, ou encore la production de 15 réacteurs EPR.

Encore faut-il que cette autoconsommation n'entraîne pas un surcoût trop important pour les usagers par rapport au coût de l'électricité du réseau.
__________________

Voyons ce qu'il en est des petits producteurs particuliers exploitant la production de quelques panneaux posés en toiture.
La puissance de l'installation est limitée à 3 KWc.

Aujourd'hui cette production est majoritairement vendue en totalité à EDF-OA (ou aux ELD) dans le cadre du régime de l'obligation d'achat défini par arrêté.
Ce système est étendu depuis 2016 aux autres fournisseurs d'énergie électrique, grâce au nouveau mécanisme de "complément de rémunération" versé directement aux producteurs, qui vendent alors directement leur électricité sur le marché, ou à un "agrégateur" qui procure des clients.
ENERCOOP est le premier fournisseur alternatif à "bénéficier" de ce nouveau système.
D'autres suivront rapidement.
Les anciens contrats EDF-OA peuvent être transférés sur le nouveau système à certaines conditions.

Nous ne parlerons ici que du système historique d'obligation d'achat par EDF, qui demeure majoritaire.

Le tarif d'achat dans le cadre du mécanisme légal de l'obligation d'achat (OA), est défini avec la CRE (Commission de Régulation de l'Energie), et fixé par un arrêté tarifaire.
Ce tarif est révisé périodiquement.
Son montant vise à encourager les particuliers à choisir cette option, sans pour autant créer un effet d'aubaine.

Pour bénéficier du tarif le plus favorable dans un contrat avec obligation d'achat, il faut vendre la totalité de la production à EDF-OA.
Aujourd'hui ce tarif est fixé à 18,7 cts/KWh  + 4,5 cts/KWh (Prime IAB, Intégration Au Bâti)
Soit 23,2 cts euro / KWh.
(Tarif de Juin 2017).

C'est plus de quatre fois le prix de production EDF du KWh électro nucléaire, confirmé par la Cour des Comptes (5,4 cts euro le KWh).

Rappelons que ce tarif "d'encouragement" est garanti sur vingt ans, soit jusqu'en 2 037 pour les contrats signés récemment.
De plus, ce tarif, ô combien préférentiel pour ne pas dire de complaisance, est indexé sur les données de l'INSEE relatives à l'évolution des coûts horaires et des coûts de production. Il peut donc évoluer en cours de contrat à la hausse, mais aussi (plus rarement) à la baisse.
Cette évolution étant évidemment impossible à prévoir puisqu'elle est intimement liée à l'évolution de l'économie sur le long terme, laquelle n'est connue que de Madame Irma.

Le tarif d'achat contractuel (Celui valable au moment de la signature du contrat) varie donc en fonction de la date de signature du contrat.
Par le passé, il fut très supérieur à 23,2 cts euros / KWh, c'était l'euphorie…Il est vrai que les panneaux étaient plus chers à l'époque.
Le tarif actuel est censé tenir compte de la baisse des coûts des panneaux chinois.

____________

Ce principe, ce qu'il faut bien appeler une subvention, est appliqué à toutes les énergies renouvelables, avec des taux différents bien sûr.
Il en résulte un montant global de subvention qui devient colossal lorsque la production de renouvelables sous obligation d'achat devient elle-même importante.
(Quand on ajoute la subvention versée à celui qui fabrique de l'électricité renouvelable, à la subvention versée sous forme de prime à l'acheteur d'une voiture électrique, cela fait beaucoup d'argent…).
_____________

EDF fabrique son électricité en quasi-totalité, et donc maîtrise ses coûts de fabrication, qui ne dépendent pas des aléas de la bourse de l'électricité, sauf à la marge.
En moyenne son coût de production est autour de 6 cts euro/KWh.
( 5,4 cts pour l'électronucléaire, beaucoup moins pour l'hydraulique, et un peu plus pour le thermique de relève).

L'obligation pour EDF d'acheter une partie de son électricité à près de quatre fois son propre coût de fabrication (23,2 cts euros/KWh au lieu de 6), crée évidemment une perte financière qui doit être compensée sous peine de faillite assurée.
Les KWh achetés 23,2 cts euro au particulier producteur de photovoltaïque, sont revendus aux abonnés aux environs de 6 cts euros au tarif réglementé.

Imaginez un épicier qui serait d'une part obligé d'acheter ses fraises à 12 euros le Kg, et d'autre part obligé de les revendre à 3 euros…

Mais, s'agissant d'une mission de service public confiée à EDF par le Gouvernement, cette compensation financière ne pose pas de problème.
(Sauf pour l'abonné, qui doit régler la petite note).

En effet, pour compenser cette hémorragie financière, l'Etat fait appel au système du "mécénat forcé" appelé pudiquement "contribution", et qui consiste à puiser dans la poche de l'ensemble des abonnés l'argent qui sera ensuite généreusement redistribué aux quelques clients qui ont choisi de fabriquer du courant pour le revendre au fournisseur à prix d'or.

En fait, cette opération onéreuse a pour but d'amorcer la "pompe" photovoltaïque afin de faire démarrer ce marché qui doit constituer un élément important de la transition énergétique.

Officiellement, dans cette opération, EDF n'est que l'intermédiaire entre l'Etat et le client abonné, un peu comme pour la TVA.

Les sommes recueillies sont versées à la Caisse des dépôts.

Cette contribution, appelée CSPE, Contribution au Service Public de l'Energie, sert également à financer de nombreuses autres "bonnes actions" comme le développement de l'éolien, y compris offshore, et tout ce qui se rapporte aux énergie renouvelables et à la chasse au CO2.
Une ponction appelée à significativement augmenter dans l'avenir…

Précisons que nous approuvons le plan de développement des énergies renouvelables. Notre propos ici est de montrer que la mise en œuvre de ce plan va nous coûter très cher, contrairement aux annonces claironnées dans une certaine presse.
___________________

Tant que cette façon "artisanale" de produire du courant pour le vendre aux fournisseurs est minoritaire, voire sporadique, la saignée financière correspondante demeure gérable sans déclencher la colère des abonnés.
(35 millions d'abonnés peuvent financer les fantaisies photovoltaïques de quelques centaines de milliers d'apprentis électriciens sans se ruiner).

Mais la situation deviendrait intenable si la part du photovoltaïque domestique produite sous ce système atteignait des valeurs importantes:
Une part de 10% de la production nationale conduirait à un niveau de subvention de 9 Milliards par an au tarif d'achat actuel !!!
___________________

A 23,2 euro le KWh, le consommateur-producteur gagne-t-il au moins de l'argent ?  
Rien n'est moins sûr…

Selon la profession, une installation photovoltaïque domestique d'une puissance maximale de 3 KWc, avec panneaux intégrés à la toiture, nécessite un investissement compris entre 9 000 et 12 000 euros TTC incluant les  panneaux, les câbles, l'onduleur, les batteries, le matériel de raccordement, la main d'œuvre, les travaux sur la toiture, le raccordement au réseau, les frais de dossier, etc.).
Nous retiendrons la valeur moyenne de 10 500 euros.

Le projet bénéficie (Plus pour longtemps) d'une prime fixée à 1 200 euros, dont le versement est étalé sur cinq ans.

Le coût à la charge du client est donc en moyenne de 9 300 euros.

Les frais d'exploitation sont faibles, mais non nuls:
Prime d'assurance, redevance, contrat d'entretien, remplacement probable d'un onduleur, intervention en toiture, etc.
Estimés à une centaine d'euros par an, soit 2 000 euros sur la durée du contrat de vingt ans.

Le coût total en charge du client est donc de l'ordre de 11 300 euros, hors intérêts d'un éventuel emprunt et hors frais supérieurs à cent euros par an, considérés comme exceptionnels, quoique….


Selon la profession, et dans les meilleures conditions d'ensoleillement (Montpellier), une installation de 3 KWc produira en moyenne une énergie de 4 000 KWh par an, soit 80 000 KWh sur vingt ans, en négligeant la perte de rendement liée au vieillissement des panneaux.
(Perte non négligeable au demeurant puisqu'elle peut atteindre 5 à 10% au bout de 20 ans)

Le chiffre d'affaire de l'installation sera donc de
4 000 KWh x 20 ans x 23,2 cts euros = 18 560 euros au prix d'achat 2017.
(Ce prix pouvant varier à la hausse ou à la baisse selon l'indice INSEE).

De ce chiffre d'affaire, il faut déduire le coût de l'installation et les coûts d'exploitation cumulés, soit respectivement 9 300 euro et 2 000 euro.

11 300 euros auront été dépensés pour la construction de l'installation et son coût d'exploitation.
18 560 euros auront été obtenus par la vente de la production sur la durée du contrat (20 ans).

Le solde positif de 7 260 euros représente l'équivalent de l'augmentation d'un capital initial de 11 300 euros placé à 2,8% sur 20 ans.
Ce n'est pas un hasard.
Le prix d'achat fixé à la signature du contrat est calculé de manière à obtenir ce résultat.
(Le client producteur doit y trouver son compte, sans que l'affaire devienne un jack-pot).

Au prix d'achat de 23,2 cts euro/KWh, et sur la base d'une production d'environ 4 000 KWh/an, l'investissement de départ est amorti en 12 ans environ.

Il faut préciser ici que notre exemple est plutôt favorable, en ce sens que les conditions réelles peuvent être (sont souvent) différentes:

- Le coût de l'installation peut être supérieur à 10 500 euros, selon l'importance des travaux en toiture, le type et l'origine des panneaux, les problèmes d'accessibilité, de coût de main d'œuvre selon la région, notamment le coût du contrat d'entretien, etc.
On cite des coûts de 15 000 euros…
- Si un emprunt a été souscrit, il faut ajouter les intérêts du prêt au coût total.
- Tout le monde n'habite pas Montpellier. L'ensoleillement peut être notablement inférieur (20 à 30%) à celui de notre exemple, et donc aussi la production annuelle, ce qui réduit d'autant le chiffre d'affaire.
- L'orientation du toit n'est pas toujours optimale, un écart de 10 à 20 degrés entraîne une baisse de production significative.
- Nous avons estimé le coût d'exploitation à 200 euro/an. C'est une valeur minimale, il est fréquent d'avoir à remplacer l'onduleur, et/ou d'avoir à faire des travaux d'étanchéité sur le toit, parfois même remplacer un panneau.
- Nous n'avons pas tenu compte de la perte de rendement des panneaux en fonction du temps. Cette perte de productivité, qui peut atteindre quelques pourcents, se répercute sur le chiffre d'affaire.

Beaucoup de raisons donc de voir chuter la rentabilité financière de l'installation, et autant de raisons de regarder de très près le devis d'installation, le mode de financement, et le calcul de productivité.


Heureusement, si le matériel installé est de bonne qualité, le client producteur peut continuer à utiliser son installation au-delà du terme du contrat, mais plus question de vendre sa production à 23,2 cts euro le KWh !
Notre homme se trouve alors en concurrence avec le marché, qui est autour de 6 cts euro/KWh, voire moins.
Il  préfèrera en général consommer lui-même sa production, même si le rendement des panneaux est un peu plus faible qu'au départ; au lieu de 4000 KWh par an, il devra se contenter de 3000 par exemple.
Mais cela reste intéressant car l'économie réalisée est d'environ 14 cts euro/KWh ( Tarif EDF moyen actuel TTC ) , ce qui représente environ 400 euro par an.
( Un KWh produit gratuitement est un KWh de moins qu'il aurait fallu   acheter au fournisseur).
Le gain peut être beaucoup plus élevé si le tarif de l'électricité augmente de 100 ou 200% comme le prévoient la plupart des experts pour les deux prochaines décennies.
Ce qui justifie de choisir au départ du matériel de haut de gamme, qui aura une durée d'exploitation plus importante que des panneaux achetés au prix le plus bas.

Une installation de bonne qualité peut fonctionner encore correctement au-delà des 20 ans du contrat EDF.
On manque évidemment de recul pour évaluer la durée de vie relle des panneaux.

Il n'en demeure pas moins que c'est potentiellement un gouffre financier pour la collectivité.
__________________

Voyons ce qu'il en est lorsque l'on voit plus grand.
Nous avons pris l'exemple de la centrale solaire de Cestas en Gironde, mise en service fin 2015, et qui est la plus importante d'Europe.
Voici sa fiche d'identité sommaire:
- Puissance installée: 305 MWc
( MW = Méga Watt = Un Millions de Watts).
- Production estimée: 350 GWh/an.
( GW = Giga Watt = Un Milliard de Watts)
- Coût de construction:  360 Me
- Durée estimée: 25 ans.
Les panneaux sont chinois, faut-il le préciser ?

Ce parc occupe une superficie de 260 ha.
L'énergie solaire reçue à cet endroit est en moyenne de 1 400 KWh/m2/an.
Selon les estimations basées sur les données d'ensoleillement de Météo France, le parc fournira une énergie électrique de 350 GWh/an, soit 134 KWh/m2/an.
Le rendement "utile" est donc 134/1400 = 9,5%.
(Ce rendement serait plus élevé si les panneaux étaient orientables, mais le coût serait considérablement plus élevé).

Le coût de construction est de 1,18 Me/MWc, ce qui est plus faible que pour la technologie éolienne à 3 Me/MW en terrestre, 5 Me/MW en offshore posé, et davantage en offshore flottant.
Par contre le rendement est plus de deux fois plus faible, ce qui compense en partie l'écart de prix.

L'amortissement du coût de construction sur 20 ans se traduit donc par une charge de 51 euro/MWh , auxquels il faut ajouter les autres coûts, dont nous n'avons pas le montant bien entendu.
Rappelons quels sont ces autres coûts:
- Coûts financiers (Intérêts des emprunts).
- OPEX, OPerational EXpenditure.
- Charges salariales.
- Raccordement au réseau.
- Maintenance.
- Impôts et redevances.
- Etc.
La technique photovoltaïque avec panneaux fixes non orientables ne nécessite que peu de maintenance, donc ce poste de dépenses sera considérablement plus faible que pour l'éolien offshore.
Le coût de production se situe probablement entre 70 et 80 euro/MWh.
Sa vraie valeur ne nous a évidemment pas été communiquée.
_________________

Le coût de production se rapproche donc du coût de production de l'électricité "classique" ( A confirmer bien sûr) qui se situe entre 50 et 60 euros/MWh, mais reste encore très supérieur si l'on ajoute la marge.
(Et pourtant les panneaux sont chinois…).

Le Solaire PV, comme l'éolien offshore, bénéficie du mécanisme de "l'obligation d'achat", avec un prix contractuel annoncé à 105 euros le MWh pour Cestas.

Ce prix est 1,8 fois le coût de production du marché français, la différence étant payée par le consommateur, à travers la CSPE

Le surcoût, estimé à 45 euro/MWh, entraîne une "petite" note de 15,75 Millions d'euros par an, que le consommateur abonné sera convié à régler à travers la CSPE.
Heureusement, par la magie des grands nombres, chaque abonné devra verse 0,45 euros par an.
Une misère.
________________

Une question demeure en suspens au sujet du solaire:
Qui fournira l'énergie électrique la nuit ?

Posée dans une réunion sur la rentabilité d'un projet solaire, cette question ne manque jamais de jeter un froid et de doucher certains enthousiasmes.

Car enfin, durant les mois d'hiver où les besoins d'électricité sont importants, la production solaire n'est efficace que quelques heures par jour.

Les dépliants publicitaires vantant les mérites du parc photovoltaïque de Cestas, revendiquent la capacité de ces installations à alimenter une ville de 300 000 habitants en énergie électrique.

Cette affirmation fait bon marché du problème de la fourniture du courant à la nuit tombée. Elle tend à maintenir le citoyen dans l'illusion que le solaire pourrait remplacer le nucléaire ou les fossiles, ce qui est parfaitement faux dans l'état actuel des choses.

Le solaire doit impérativement être adossé à un autre procédé de production d'énergie électrique capable de prendre le relais lorsque le rayonnement disparaît.
(C'est vrai aussi pour l'éolien soumis aux fantaisies du vent).
Aujourd'hui la production solaire est très faible, sa part dans le mix électrique est quasiment négligeable, les moyens habituels (Nucléaire, thermique fossile, hydraulique) peuvent sans problème gérer ses fluctuations.

Mais lorsque le solaire et l'éolien représenteront une part importante du mix électrique, il faudra disposer d'importants moyens de production de base pour compenser l'intermittence de ces énergies nouvelles.
Or ces moyens ne sont pas identifiés aujourd'hui. Leur nécessité est même passée sous silence et ils ne figurent dans aucun plan de mise en œuvre de la transition énergétique.
Nous n'imaginons évidemment pas que ces moyens de relève puissent être des centrales thermiques à combustibles fossiles, alors que l'objectif de la transition énergétique est justement l'abandon de ces combustibles…

Cette énorme lacune devra être comblée un jour, et représentera une dépense considérable, aujourd'hui glissée sous le tapis.
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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 14:24

Cher, très cher éolien offshore…

7 Août 2017

Le coût de construction d'un parc éolien offshore posé* s'établit autour de 5 millions d'euros le MW installé.

C'est le coût négocié pour des grosses éoliennes de 8 MW, tel qu'il est constaté pour les projets actuels de 50 à 100 machines.
(Notamment dans le projet de parc offshore de Saint-Brieuc, qui comporte 62 machines de 8 MW pour un montant de 2,5 Milliards d'euros).
Ce parc doit commencer à produire en 2019.

*Par opposition à l'éolien flottant, beaucoup plus cher.

_______________

Ce coût est exorbitant, tout le monde en conviendra.
40 Millions d'euros pour une seule éolienne qui produira 24,5 GWh d'électricité annuellement, cela nous conduirait à débourser plus de 21 Milliards d'euros pour obtenir une production d'énergie égale à celle d'un seul réacteur EPR !!!
Soit exactement deux fois le coût de ce réacteur, lui-même déjà considéré comme une folle dépense injustifiée.
_______________

Ce capital éolien de 2,5 Milliards investi à Saint-Brieuc devra être remboursé sur une durée de l'ordre de vingt ans, ce qui fera peser sur chaque MWh produit une charge d'environ 83,3 euros (hors intérêts) durant cette période, soit jusqu'en 2040 !
(La durée des éoliennes offshore construites actuellement est estimée à 20-25 ans).

Même si, entre temps, le coût de construction des installations diminue, ces 2,5 Milliards là devront être remboursés.

Lorsque ce coût de construction sera amorti, au bout de vingt à vingt-cinq  ans, il faudra songer à démanteler les installations car elles seront en fin de vie, et donc reconstruire un nouveau parc.

Alors que l'EPR continuera de produire, pendant encore 20 à 30 ans, et à un coût réduit puisque l'investissement sera amorti
___________________

Ce coût de construction éolien ne représente qu'une partie des dépenses qu'il faut engager pour produire de l'électricité.
En effet, pour connaître le coût de production, il faut ajouter "quelques" autres menues dépenses:
- Coût financier ( Intérêt des emprunts).
- Coût de raccordement au réseau.
- Coût d'exploitation (OPEX, Operational Expenditure).
- Charges salariales.
- Coût de la maintenance.
- Impôts et taxes locales.
- Redevances d'occupation des zones littorales.
- Etc, etc.

Pour l'éolien offshore, les coûts de production évoqués couramment sont de l'ordre de 150 à 200 euro par MWh.

A ce coût brut de production, il faudrait normalement ajouter le coût des installations de compensation de l'intermittence, qui sont considérables:
Centrales thermiques à gaz, Stations de pompage-turbinage, centrales hydrauliques de barrages, centrales d'électrolyse et piles à Hydrogène, stockage sur batteries, etc….
Aujourd'hui ce coût est prix en charge par la collectivité, c'est-à-dire que l'argent est pris dans la poche du consommateur, vous et moi.
(Voir la rubrique CSPE de la facture d'électricité).
_________________

Au fait, quel est le coût de production de l'électricité aujourd'hui ?

Actuellement en France plus de 75% de la consommation finale d'électricité est fournie par les centrales nucléaires.
Le coût de production de cette électricité est de 54,5 euros/MWh, selon la réévaluation de la Cour des comptes, tenant compte des dépenses engagées pour renforcer la sécurité suite à la catastrophe de Fukushima.
Les coûts initiaux de construction étant amortis depuis longtemps, les 54,5 euros représentent essentiellement l'OPEX et la grosse maintenance.

Ici il faut noter que les coûts du démantèlement, du stockage des déchets radioactifs, et des éventuelles indemnisations suite à un accident nucléaire ne sont pas compris dans les 54,5 euros…
Même si ce coût annoncé est discutable, c'est lui qui sert de base à la fixation du tarif règlementé de l'électricité.
(C'est ce coût qui sert au calcul du montant de votre facture).

Par ailleurs, 10% de notre consommation d'énergie électrique provient de l'hydraulique, dont le coût de production est de 22 à 30 euros/MWh, qui sont essentiellement des coûts d'exploitation car les installations hydrauliques sont également amorties depuis longtemps.

Environ 10% de la production électrique restante sont fournis par les centrales thermiques, dont le coût de production est de 70 à 120 euros/MWh, et qui ne fonctionnent que pour assurer les pointes de consommation.
Le reste est fourni par les renouvelables, éolien terrestre et solaire PV.

Depuis 2011, les fournisseurs d'électricité alternatifs bénéficient de l'ARENH ( Accès Régulé à l'Elecricité Nucléaire Historique) pour des volumes définis par le régulateur ( la CRE, Commission de Régulation de l'Energie).
Aujourd'hui ce volume est d'environ 100 TWh, au total.
Ce tarif est aujourd'hui de 42 euros/MWh, donc inférieur au coût de production.
Il permet aux fournisseurs alternatifs de se développer en pratiquant des tarifs "compétitifs".
Tout ceci est bien entendu discutable.

Ceci vaut pour les contrats "à terme".
Il existe également la possibilité de s'approvisionner sur le marché Spot, beaucoup plus volatil, avec des prix très fluctuants (Marché "Day ahead" géré par Epex-spot France).

Globalement, le faible coût de l'électricité hydraulique compense plus ou moins le coût élevé des centrales thermiques, en sorte que le coût de production moyen se situe autour de 55 à 60 euros le MWh.

Ce coût représente en moyenne le tiers  de la facture d'électricité du consommateur qui bénéficie de la tranche inférieure à 36 KVA.
La facture se décompose ainsi:
- Le prix de vente HT , incluant la marge éventuelle du fournisseur d'électricité.
- L'abonnement.
- La TCFE, Taxe sur la Consommation Finale d'Electricité.
- La CTA, Contribution Tarifaire d'Acheminement électricité, qui couvre les coûts des gestionnaires du réseau ( RTE, ENEDIS, et les ELD ).
- La CSPE , Contribution au Service Public de l'Electricité, qui finance les charges du service public de l'énergie, notamment le soutien au développement des énergies renouvelables: 22,5 euros/MWh.
- La TVA à 5,5% sur l'abonnement.
- La TVA à 20% sur la consommation.

Il faut retenir qu'aujourd'hui le coût de production de l'électricité est d'environ 55 euro/MWh.
A mettre en face des coûts de production éolien offshore, compris entre 150 et 200 euros/MWh !!
_______________

Un fournisseur d'électricité peut donc trouver sur le marché de gros un produit dont le coût se situe dans une fourchette de 42 euros/MWh (Contrat ARENH)  jusqu'à 80 euros/MWh s'il doit acheter son électricité sur le marché Epex-spot  Day ahead, s'il lui manque des MWh pour fournir ses clients. Le prix moyen se situant autour de 55 euros grâce aux contrats "à terme".

Face à ces prix de marché, l'électricité éolienne offshore est donc complètement hors du coup, puisque le simple amortissement du coût de construction atteint déjà 83 euro/MWh hors intérêts, le prix de revient "tout compris" étant de l'ordre de 150 à 200 euro/MWh*, soit trois fois le prix de marché de gros !!!

Ce fournisseur n'a donc à priori aucune raison d'acheter de l'électricité à 150 ou 200 euros le MWh, puisqu'il peut s'en procurer sur le marché pour 50 euros !

Pourquoi un épicier irait-il acheter à Rungis des fraises à 10 euros le Kg s'il peut trouver les mêmes à 3 euros ?
Rappelons, pour ceux qui en douteraient encore, qu'un  MWh sortant à 54 euros d'une centrale nucléaire, est identique à un MWh sortant à 180 euros d'une éolienne offshore.
Ce qui n'est pas toujours le cas des fraises…
 __________________

Aujourd'hui l'éolien offshore ne peut donc tout simplement pas être mis sur le marché sans le secours d'une très confortable subvention, qui prend la forme d'un prix d'achat "de complaisance", très supérieur au prix du marché.
Dans notre cas, le prix d'achat serait entre 150 et 200 euro/MWh.
(On parle même de 220 euros/MWh pour Saint-Brieuc).

Ce prix d'achat de complaisance s'accompagne d'une obligation d'achat par EDF et les ELD ( Entreprises Locales de Distribution) .
(Sans cette obligation d'achat, personne n'en voudrait évidemment…).

Les malheureux fournisseurs qui sont obligés d'acheter cette électricité de luxe sont EDF et les ELD (Entreprises Locales de Distribution).

Mais rassurons-nous, ils sont dédommagés par l'Etat qui leur rembourse le surcoût.
Et qui paye tout çà ? Vous et moi comme d'habitude (Voir CSPE).
___________________

Ces libéralités sont supportables par la collectivité tant que la part de l'éolien offshore reste modeste.
En France aujourd'hui cette part est nulle comme chacun sait.
Lorsque le parc de Saint-Brieuc sera productif, il fournira 0,3% de la production électrique française, pas de quoi bouleverser nos habitudes.

Mais Saint-Brieuc n'est qu'un démonstrateur, le précurseur d'une longue série de machines appelées à "décorer" nos côtes.
Si ces projets grandioses se réalisent, la situation deviendra intenable, le montant global des subventions atteignant des sommes astronomiques.
Une danseuse, çà va, mais un corps de ballet, c'est ruineux.

D'autant plus que ce modèle d'économie subventionnée s'applique également au photovoltaïque, à la voiture électrique, et bientôt aux biocarburants de seconde et troisième générations.

Nous courons à la ruine…
___________________

Cette impasse (Car il s'agit bien d'une impasse) commence à poser problème aux Etats dont la production offshore devient significative, et qui voient d'un mauvais œil débarquer cette électricité à plus de 150 euro/MWh, alors que les prix de marché sont au tiers de cette valeur.

Continuer à subventionner à tour de bras, c'est la ruine assurée.
La ruine du consommateur évidemment, pas celle des investisseurs…

En effet, grâce à la combinaison de l'obligation d'achat et de l'application du tarif de complaisance, l'augmentation de la part de l'éolien offshore induira mécaniquement une augmentation de la facture d'électricité qui pourra aller jusqu'au doublement ou au triplement.

Quelques projets de parcs éoliens offshore ont déjà été bloqués pour cette raison.
____________________

Les spécialistes de l'éolien offshore (Siemens, Iberdrola, GE, Vestas, Eon, …) pensent pouvoir descendre le coût de construction à 80 euro/MWh d'ici 2025, mais sous diverses conditions dont la réalisation n'est pas garantie, notamment sur les puissances installées annuellement.
80 euro/MWh, c'est encore deux à trois fois le cours Epex-Spot !

Par ailleurs, il apparaît que l'extension de l'éolien offshore ne pourra être "toléré" que dans la version "flottante" qui permet d'éloigner les parcs de la côte.
Mais cette technologie est beaucoup plus coûteuse que la version "posée", pour des raisons évidentes.
Le coût du MWh sera donc impacté à la hausse, ce qui laisse un doute sur la baisse des prix annoncée.
_________________

On peut même se demander dans ces conditions s'il est raisonnable de persister dans la volonté de développer l'éolien offshore dans la technologie actuelle, qui conduit à des coûts de production trois ou quatre fois supérieurs aux prix du marché.
Et on n'imagine même pas ce qu'il en sera s'il faut passer à la technique flottante dont le coût est très supérieur.

Il n'est pas impossible que l'éolien offshore trouve ses limites non seulement dans le coût de l'énergie produite, mais aussi dans l'acceptabilité des implantations au regard des autres utilisations du littoral.

Mais il est également possible que le consommateur accepte de bonne grâce de payer son électricité trois fois plus cher, on peut rêver…

L'autre obstacle est l'occupation du plateau continental:

Rappelons que, pour produire en éolien offshore 20% de l'énergie électrique finale consommée en France, il faudrait occuper 1 400 Km de littoral avec des machines de 8 MW disposées sur trois rangs !!!
________________

Même si le problème de l'encombrement du plateau continental trouve une solution (Mais laquelle ?), il restera le problème du coût de production des parcs construits actuellement et dans les prochaines années.
Les consommateurs accepteront-ils de voir tripler ou quadrupler le prix de l'électricité ?
(Car ces mêmes consommateurs devront également payer pour les installations de compensation de l'intermittence).

Bien sûr des petits malins suggèreront de faire payer le surcoût de l'éolien offshore par les consommateurs de produits pétroliers et de gaz naturel fossiles.
Mais, comme il  s'agit des mêmes consommateurs, on ne sort pas de l'impasse.

Que l'argent soit pris dans notre poche droite ou dans notre poche gauche, il nous faudra payer…

Que le vent se révèle plus cher que le pétrole, qui s'en serait douté ?
_________________

Cette analyse des coûts permet de comprendre le peu d'empressement de l'énergéticien historique, et surtout de son actionnaire principal qui est l'Etat français (83%), à se précipiter dans le développement de l'éolien offshore où il n'y a que des coups à prendre et des sommes extravagantes à dépenser.

Pour le moment l'activité des énergies renouvelables électriques est encore faible, et son surcoût peut être absorbé par la CSPE sans trop de protestations.

Mais lorsque fleuriront les centaines de grosses éoliennes le long de notre littoral, l'addition sera dure à avaler.

Il est probable que, comme ce fut le cas pour le photovoltaïque, il faudra attendre les éoliennes chinoises pour faire baisser les coûts de production.
Et oublier nos rêves industriels…
___________________

Nous verrons un autre jour que le solaire photovoltaïque est nettement moins cher, mais reste encore notablement supérieur au prix du marché, car en France l'énergie solaire reçue n'est pas à son optimum.
D'où l'intérêt de conclure des accords de développement solaire avec les pays du Maghreb.
Mais ceci est une autre histoire…
_________________

 

 

 

 

 

 

 

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 15:46

EPR versus Eolien offshore, parlons gros sous.

25 Juillet 2017

L'EPR de Flamanville, qui est le prototype d'une série que EDF espère longue, est conçu pour fournir une puissance nominale de 1 650 MW.
Son coût de fabrication est actuellement estimé à 10,5 Milliards d'euros.

Il est censé entrer en production en 2019 pour remplacer les deux réacteurs de Fessenheim, les plus anciens, arrivés au terme de leurs bons et loyaux (jusqu'à présent) services.

Avec un facteur de charge de 90%, sa production annuelle sera de:
1 650 MW  x  8 760 heures x  0,90  =  13  TWh par an.
(Le facteur de charge de 0,9 résulte de la nécessité d'arrêter le réacteur pour remplacer le combustible, et pour les périodes de maintenance programmée ou non).

La durée de vie de ce type de réacteur est prévue pour 60 ans.

Dans le principe, l'EPR (European Pressurized water Reactor) est un REP  (Réacteur à Eau sous Pression) comme tout ceux qui constituent le parc actuel.
Il s'agit donc d'une technologie largement éprouvée depuis quarante ans. Il est un peu plus puissant ( 1 650 MW au lieu de 1 450 ) que les plus récents des réacteurs en fonction, mais il est surtout particulièrement conçu pour intégrer les fonctions de sécurité au plus haut niveau connu grâce au retour d'expérience cumulé depuis quatre décennies, en France et ailleurs dans le monde, y compris Fukushima.
Acceptons-en l'augure…
__________________

Le coût du prototype de l'EPR de Flamanville, qui dépasse les dix milliards d'euros, est jugé exorbitant par les opposants au nucléaire, qui exigent son abandon immédiat au motif que l'électricité renouvelable coûte beaucoup moins cher.

Voyons ce qu'il en est réellement en examinant de plus près le coût de l'éolien offshore posé, sur un projet concret.
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Le projet de parc éolien offshore de la baie de Saint-Brieuc se compose de 62 éoliennes de 8 MW, soit une puissance installée de 496 MW, pour un investissement initialement estimé à  2,5 Milliards, hors raccordements au réseau.

Il s'agit aujourd'hui d'un projet, et on sait ce qu'il en est des estimations de coût des projets (Voir l'EPR), surtout lorsqu'il s'agit du premier du genre en France dans une technologie qui peut réserver des surprises, car l'offshore n'a que peu de rapport avec l'onshore, si ce n'est que tous deux brassent du vent.

Notons tout de même que le coût de 5 millions d'euros par MW correspond aux standards connus du marché pour une technologie offshore "posée".
(L'offshore flottant serait beaucoup plus cher).

Pour un facteur de charge de 35%, qui correspond aux standards constatés sur les parcs offshore existants, la production annuelle sera donc en moyenne de:
496 MW x 8760 heures x 0,35  =  1,5 TWh par an.

Il faudra donc plus de huit parcs comme celui-ci, soit 537 éoliennes, pour égaler la production d'un seul EPR, et donc un coût de construction de 21,7 Milliards, hors raccordement au réseau.

La durée de vie des éoliennes offshore est estimée à 25 ans, terme au-delà duquel les installations devront être démontées et remplacées.
Pour produire pendant une durée à peu près équivalente à celle de l'EPR, il faudra donc remettre au pot 21,7 Milliards (Au coût d'aujourd'hui), soit plus de 43 Milliards au total.
 __________________

10,5 Milliards d'un côté, 43 Milliards de l'autre, tout commentaire est inutile.
Sinon pour remarquer que les accusations portées contre le coût du prototype de l'EPR, qui serait un gouffre financier, ne reposent sur aucun fondement.
(Nous parlons plus loin des véritables inconvénients de l'EPR, et de l'électronucléaire en général).
__________________

Mais il ne faut pas s'arrêter aux coûts de construction, qui ne représentent évidemment qu'une partie des dépenses.
Il faut ajouter les autres coûts tels que coûts financiers, coûts de raccordement au réseau, coûts d'exploitation, coût de la maintenance, coût des appros, coûts salariaux, coûts du foncier, redevances, taxes, impôts,  provisions, etc, etc.
Et bien entendu les coûts induits par l'impact sur l'environnement, et l'éventuelle adaptation du réseau au mode de production.
_________________

Il faut rappeler que l'éolien est un système de production intermittente, qui nécessite d'être adossé à des installations de compensation de cette intermittence, car le réseau ne saurait s'accommoder d'une fourniture sporadique d'énergie.

Cette contrainte, pourtant évidente quand on se donne la peine de regarder les courbes de production des parcs existants, a longtemps été très sous estimée, voire même glissée sous le tapis afin de ne pas nuire à la promotion de cette technologie.
C'est également vrai pour le solaire.

Bien que reconnue aujourd'hui, cette nécessaire compensation de l'intermittence n'est toujours pas prise en compte dans les évaluations de coût d'une projet éolien (ou solaire).  
Elle est chargée sur les dépenses de consommation des clients, sous forme de taxes pour le développement des énergies durables.  
Ce jeu de bonneteau qui consiste à glisser sous le tapis des dépenses gênantes afin de les faire payer par quelqu'un d'autre, ne saurait durer bien longtemps. Il faudra bien un jour pratiquer la vérité des coûts.

Cette vérité commence d'ailleurs à sortir du puits, si l'on en juge par les déboires financiers constatés en Allemagne, en Scandinavie, et au Québec.
(Nous en reparlerons dans un autre article).

La vérité des coûts viendra également de l'obligation, pour un fournisseur d'énergie, d'apporter des garanties de capacité à ses clients. Pour les énergies intermittentes, ces garanties devront être achetées à d'autres fournisseurs qui ne feront évidemment pas de cadeaux.
(D'autant plus qu'ils auront à justifier l'origine de leur propre production, qui devra évidemment être décarbonée ou à carbone recyclable).

Le système de compensation de l'intermittence peut être constitué de divers moyens:
Unités de production thermique au gaz naturel, unités de stockage par stations de pompage-turbinage, stockage réversible par électrolyse et pile à Hydrogène, ou stockage sur batteries.
De plus, il sera nécessaire de réorganiser (C'est déjà en cours) le réseau européen d'électricité, afin de pouvoir échanger de grosses quantités d'énergie entre d'une part les zones de production éolienne ou solaire et les zones de stockage hydraulique, et d'autre part les zones consommation, souvent très éloignées des premières.
Tout cela aura un coût très élevé, qui viendra s'ajouter au coût intrinsèque des nouvelles technologies de production.
Les 43 Milliards de notre appareil de production éolien équivalent à un EPR risquent de se transformer rapidement en 50 ou 60 Milliards lorsque l'on y aura ajouté les installations permettant de gérer son intermittence pour pouvoir l'intégrer au réseau.
La différence sera payée par le consommateur, c'est-à-dire par vous et moi.
Lequel consommateur prendra alors conscience du véritable coût des énergies intermittentes.
Mais comme dit l'autre, quand on aime on ne compte pas…
________________

L'EPR , en tant qu'installation de production de base, assure une production continue, sauf durant les arrêts programmés pour maintenance et remplacement du combustible.
Il ne nécessite aucun système de compensation de quoi que ce soit, pas plus qu'un aménagement spécial du réseau de distribution européen, ou un quelconque dispositif de stockage.
De plus, et c'est essentiel, il est prévu pour fonctionner 60 ans, c'est-à-dire largement deux fois plus qu'une l'éolienne offshore, ce qui constitue un avantage économique certain.

Par contre, alors que l'éolien exploite un vent gratuit, l'EPR devra fabriquer son combustible à partir de minerai d'Uranium obtenu à l'étranger, ce qui crée une dépendance qui doit être négociée au prix d'accommodements politiques parfois discutables.
(Il est vrai qu'il existe de nombreux sites d'extraction dans des contrées "civilisées", avec lesquelles il est possible de négocier sans vendre son âme au diable).
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Le véritable débat n'est pas sur le coût de ceci ou de cela, mais bien plutôt sur les risques que nous sommes prêts à assumer ou à faire porter sur les générations futures.

Et là la comparaison est sans appel.

Le risque nucléaire, qui a longtemps été une éventualité théorique, a cessé d'être un risque pour devenir une triste réalité depuis le ratage de Three mile island, et les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima.

Le gros inconvénient de l'EPR, et de l'électronucléaire en général, est lié à l'usage de produits hautement radioactifs et à la production de déchets non moins toxiques, et pour des milliers d'années pour certains.

Le traitement et la neutralisation de ces déchets n'ont pas encore trouvé de solution satisfaisante, le problème est donc reporté sur nos descendants, ce qui devrait suffire à condamner cette technologie dans les plus brefs délais.

Même si, comme on vient de le montrer, l'électronucléaire n'est pas plus cher que l'éolien offshore ( il serait même plutôt nettement moins cher ), il présente par ailleurs de tels risques de contaminations graves et durables, que son maintien comme technologie stratégique du futur ne saurait être adopté sans être préalablement approuvé par un référendum populaire.
Dont il ne sera jamais question bien entendu…

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Le choix de l'éolien offshore nous garantit contre les risques majeurs, mais comporte des inconvénients qu'il ne faut pas sous-estimer:

Pour produire 100 TWh ( 20% de notre consommation finale d'électricité) en éolien offshore il faudrait 4 133 machines de 8 MW, ce qui représente près de 1 400 Km de parc éolien avec des machines disposées sur trois rangs !!

On peut raisonnablement douter de la compatibilité d'une telle invasion avec les différents usages du littoral tels que la navigation, la pêche, l'aquaculture, la plaisance, ou le tourisme et la protection de l'environnement en général.

Cet encombrement de l'espace marin pose un problème de fond dès lors que l'on considère des niveaux de production importants, représentants une part significative de la consommation (Nous avons pris 20% pour notre calcul, mais le besoin peut être supérieur).

Sans oublier bien entendu les installations indispensables de compensation de l'intermittence.

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Ce n'est donc pas sur le coût des installations de production qu'il faut attaquer l'électronucléaire, mais bien plutôt sur les risques de cette technologie:
- Les récents évènements ont montré que le pire est possible, ce qui était nié encore avant Tchernobyl.
Et ce dont certains doutent encore malgré Fukushima…
- La France n'a pas de réserves d'Uranium suffisantes pour les besoins d'une production significative. Elle ne peut donc revendiquer l'indépendance énergétique pour la production électronucléaire, qui représente aujourd'hui près de 90% de la production électrique.
- Les récents évènements ont montré que la probabilité d'un accident nucléaire ultime sur un réacteur n'est pas nulle. La France possède 58 réacteurs en activité, ce qui multiplie la probabilité d'autant.
- Les dégâts causés par un accident ultime pourraient être d'une ampleur telle qu'une partie importante du territoire serait durablement rendue inhabitable, avec des conséquences humaines ingérables sans le secours d'autres pays, et un impact économique générateur d'une crise dont le pays se remettrait difficilement.
- La gestion et l'enfouissement des déchets nucléaires n'a toujours pas reçu de solution satisfaisante. Le principe du stockage réversible se heurte à des difficultés d'implémentation et de pérennité des installations, et surtout du manque de moyen d'assurer la transmission des informations aux générations futures sur des centaines, voire des milliers d'années.

On tente parfois de cacher cette "misère" potentielle derrière un vaste programme de recherches sensé nous apporter LES solutions:
Qu'il s'agisse de la surgénération, d'autres procédés de réacteurs, ou de la fusion, la fuite en avant qui nous est proposée ne rassure personne quant à l'innocuité de ces nouvelles machines qui paraissent si difficile à dompter.
Le remède risque d'être pire que le mal.
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Face aux risques considérables de l'atome, la transition énergétique est peut-être la chance qui nous est offerte.
A nous de la saisir, elle ne passera pas deux fois…
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Mieux vaut payer cher une transition énergétique qui nous assurera un avenir serein, que persister dans une fuite en avant dont la facture sera présentée à nos descendants.
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