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16 août 2025 6 16 /08 /août /2025 10:57

Et si on parlait un peu de l'Hydrogène naturel ?

16 Août 2025

Le tintamarre autour de la transition énergétique rappelle un peu l'ancienne époque des arracheurs de dents qui s'accompagnaient, dit-on, d'un joueur de clairon dont le rôle était de masquer les cris du patient.

Car des cris, il y en a autour de cette transition énergétique :

- Une électricité que l'on nous promet salvatrice, mais qui est encore très majoritairement carbonée.

- Un électronucléaire à fusion, reporté aux calendes grecques.

- Des batteries qui peinent à la tâche, et qui transforment nos bagnoles en poids lourds hors de prix.

- Une technologie de batteries qui fait appel à un savoir-faire et à des matériaux que l'Europe ne maîtrise pas.

- Une industrie soumise aux caprices des décisions des politiciens.

- Une incapacité à proposer une alternative au pétrole pour les transports routiers lourds, maritimes et/ou aériens.

- Des coûts incompatibles avec les moyens financiers des futurs clients.

- Des énergie renouvelables mais intermittentes.

Etc.

Ce « je t'aime, moi non plus » autour d'une transition qui joue l'arlésienne traduit un certain malaise quand au succès de l'opération pour laquelle il est devenu impossible de proposer un planning établi sur des bases solides.

Cet engouement pour l'électricité, justifié au demeurant, se heurte maintenant au problème récurrent du stockage de l'énergie électrique.

Le Charbon, le pétrole, le Gaz naturel, ont permis le développement mondial de la société technologique des machines parce qu'ils sont stockables et transportables en tant que tels.

Le pétrole, le gaz et le charbon, prélevés en Alaska ou en Arabie, peuvent être livrés à l'autre bout du monde en voyageant en train, en bateau, dans des tuyaux, ou dans des camions, stockés sur les lieux d'utilisation, et permettre de fournir de la chaleur et de la force motrice partout et sans interruption.

Ce n'est évidemment pas le cas pour l'électricité.

L'électricité, en tant que telle, doit être produite sur les lieux d'utilisation, ou acheminée par un réseau de câbles conducteurs.

( Le stockage direct d'énergie électrique est possible dans un condensateur, mais seulement pour de faibles quantités sans rapport avec les besoins énergétiques de l'industrie...).

Pour remplacer les fossiles dans toutes leurs applications par l'électricité, il faudrait donc couvrir la Planète d'un réseau de distribution filaire, et/ou d'installations de production, ce qui est évidemment absurde.

Le talon d'Achille de l'électricité est donc l'impossibilité de la stocker en tant que telle en grande quantité.

L'énergie électrique ne peut être stockée qu'après transformation en une autre forme d'énergie elle-même stockable.

On utilise ainsi le stockage chimique ( Batteries,...), inertiel ( Volant d'inertie ), gravitaire ( STEP ).

Seules les « petites » batteries sont transportables, et seulement pour des quantités d'énergie réduites, quelques centaines de kWh seulement . Au-delà de ces quantités les installations deviennent énormes et sont à poste fixe.

Or, il existe un domaine de « machines » mobiles pour lequel l'énergie nécessaire doit être stockable sous une forme évidemment transportable, et possédant une capacité énergétique spécifique ( kWh par kg ) permettant d'emporter la quantité d'énergie nécessaire sans dépasser la charge pondérale admissible.

Il s'agit des transports routiers, maritimes, et aériens.

( Pour les transports routiers légers ( VP et VUL ) il est possible, dans une certaine mesure ( Le poids ), de stocker l'énergie nécessaire dans des batteries.

Mais à condition de disposer d'un réseau de distribution d'électricité apte* à recharger les dites batteries...)

*( Apte signifie que le réseau existe et qu'il distribue de l'électricité décarbonée...)

Mais pour les transports routiers lourds, et les transports maritimes et aériens, il est indispensable de transporter la réserve d'énergie sous une forme dotée d'une capacité énergétique spécifique beaucoup plus importante que celle des meilleures batteries actuelles.

Il s'agit des biocombustibles liquides ou gazeux, et des carburants de synthèse.

( Notons cependant qu'il existe une méthode de stockage indirect d'énergie électrique à bord des navires, c'est le carburant nucléaire associé à un réacteur à fission, qui procure une très grande autonomie, qui ne concerne aujourd'hui que « certains » navires , mais qui peut s'étendre à d'autres secteurs de navires de fort tonnage de la marine marchande .

Cette voie est susceptible d'un fort développement dans l'avenir.

Hors des navires à propulsion nucléaire, les transports lourds maritimes, routiers et aériens, utiliseront du carburant de synthèse liquide ou gazeux.

( èventuellement du biocarburant ).

Ils seront suivis par de nombreux utilisateurs de véhicules légers vivants dans des contrées dépourvues d'un réseau de distribution d'électricité décarbonée digne de ce nom.

( Notons qu'il existe un mouvement de pensée en faveur d'une réorganisation de l'économie mondiale visant à réduire drastiquement les échanges internationaux, ce qui résoudrait radicalement le problème des transports.

Ce qui s'appelle « jeter le bébé avec l'eau du bain » ... )

Dans un premier temps on pourra utiliser des biocarburants, produits à partir de cultures dédiées si possible non nuisibles aux cultures vivrières.

( Bioéthanol et Biodiesel sont déjà largement utilisés ici et là ).

Dans un deuxième temps on utilisera des carburants synthétiques.

La demande est telle que le programme de développement de ces carburants est déjà lancé, la programmation déjà établie pour l'aviation, et pour le terrestre les carburants à base d'éthanol et de biodiesel ont déjà une part de marché significative dans les transports routiers.

Le carburant synthétique utilise l'Hydrogène comme vecteur d'énergie.

Combiné avec du Carbone, il est transformé en hydrocarbure au cours de réaction relativement énergivore.

L'hydrogène (Vert évidemment) est obtenu par électrolyse de l'eau avec de l'électricité verte.

Le carbone peut être prélevé dans l'Atmosphère ou en sortie d'usine.

Cette opération est donc énergivore et le prix du carburant ainsi obtenu est très élevé.

( Notons que cette opération ne correspond pas à la « production » d'une quantité nouvelle d'énergie, elle est un simple transfert de l'énergie sous forme électrique vers une énergie sous forme liquide, avec au passage une perte de rendement due aux processus d'électrolyse et de sunthèse chimique...).

Mais heureusement il existe un espoir de réduire la facture grâce à la découverte relativement récente de l'existence d'un Hydrogène naturel produit dans la croûte terrestre et susceptible de constituer non seulement une réserve, mais peut-être également un flux permanent de ce précieux Gaz.

( Depuis 2012 une « émanation » naturelle d'Hydrogène alimente une centrale électrique au Mali.

( Bourakébougou ).

D'abord considérée de haut par les « spécialistes » qui y ont vu une plaisanterie, puis un cas unique sans intérêt, cette installation, qui persiste à fournir un débit constant du précieux gaz, a fini par mobiliser l'attention de quelques scientifiques ).

Aujourd'hui cet affaire mobilise tous les spécialistes de la recherche minière, avec les financements des plus grandes compagnies.

Si l'intérêt de ce nouveau filon se confirme en tant que source continue et avec un potentiel significatif, la face de la transition énergétique s'en trouverait changée.

L'Hydrogène naturel pourrait alors jouer un rôle important dans quelques décennies, en particulier pour la fabrication des carburants de synthèse.

( ou pour produire de l'électricité grâce à une PEMFC ( Proton Exchange Membrane Fuel Cell ) .

Plus qu'un long discours, le rapport de IFPEN du 20/01/2025 fait le point de l'affaire :

https://presse.economie.gouv.fr/rapport-ifpen-sur-les-potentialites-de-lhydrogene-natif-en-france/

Extrait résumé :

1. L’existence d’hydrogène généré dans le sous-sol est maintenant bien établie et différents

mécanismes de formation ont été identifiés.

2. Un seul site, au Mali, produit de l’H2 naturel depuis plus de 10 ans, mais des campagnes

d’exploration se multiplient dans le monde entier, et tout particulièrement en Australie et aux

Etats Unis où des forages sont déjà réalisés.

3. La France hexagonale a un potentiel en H2 naturel avéré dans le Bassin Aquitain, le Piémont

pyrénéen, ou le bassin houiller Lorrain. En Outre-Mer, la Nouvelle-Calédonie est la zone à plus

fort potentiel.

4. L’hydrogène naturel peut se retrouver accumulé sous forme gazeuse dans des pièges

géologiques (cas du Mali) à l’instar des systèmes « hydrocarbures » ou, éventuellement, sous

forme dissoute dans un aquifère.

5. Lorsque le réservoir sera sous forme gazeuse, les technologies d’extraction seront proches de

celles déployées dans l’industrie de type « Oil and Gas ». Lorsque qu’il s’agira de réservoir type

« hydrogène dissous », les technologies reposeront sur des ingénieries spécifiques en cours de

développement.

6. Les cinétiques de génération de l’hydrogène naturel étant pour certaines rapides, il peut se

retrouver sous forme de flux depuis la roche-mère jusqu’à un réservoir (recharge dynamique)

ou jusqu’à la surface (émanations).

7. L’acceptabilité sociale de l’hydrogène naturel reste à étudier.

8. Les modifications du code minier pourraient introduire la notion de valorisation de co-produit

carboné sous couvert d’une analyse ACV.

 

Fin de l'extrait.

L'étude et la caractérisation de ce qui pourrait être un nouvel eldorado est donc en bonne voie, et les premiers résultats industriels sont attendus ( ou pas ) avant 2050.

En cas de confirmation de l'hydrogène naturel en tant que flux exploitable, et de réserves significatives, les avantages apportés sont évidents dès lors que la nécessité de développer des carburants de synthèse est établie :

- Il constituera une nouvelle source d'énergie décarbonée venant s'ajouter aux sources décarbonées existantes.

( L'hydrogène « classique », obtenu par électrolyse de l'eau, n'est que la transformation d'électricité décarbonée, et non pas une énergie supplémentaire, et de plus le rendement de l'électrolyse est assez mauvais).

- De plus, l'Hydrogène naturel permettra de grosses économie d'eau, contrairement à l'électrolyse qui en consomme de grosses quantités.

- Son coût réduit ( et pour cause ), permettra de réduire drastiquement le coût du carburant de synthèse auquel il servira de base énergétique.

Sans aller jusqu'à bâtir des châteaux en Espagne, de telles potentialités méritent à tout le moins que l'on y regarde de plus près.

Ainsi, en matière de prospective, le futur dépendra de plusieurs facteurs :

- La découverte, ou pas, d'une technologie de batterie permettant de satisfaire le cahier des charges automobile ( Capacité spécifique énergétique, temps de recharge, gamme de température étendue, recyclabilité, durée de vie, accessibilité des matériaux, coût réduit, etc ).

- La confirmation, ou pas, de l'existence de filons d'Hydrogène naturel exploitables sur la durée.

- L'état d'avancement de la « verdisation » du réseau mondial de distribution d'électricité ( aujourd'hui moins de 40% ).

- L'état d'avancement de la production de carburants de synthèse et/ou de Biocarburants.

( Secteur encore contesté par les tenants du tout électrique ).

- L'état d'avancement de la construction des nouveaux parcs de réacteurs nucléaires programmés ici et là. (La dissémination de l'électronucléaire pose encore problème).

- L'Etat d'avancement des « mécanismes » de compensation de l'intermittence des énergies renouvelables. (La nécessité de ces mécanismes est encore contestée par certains).

Face à cet océan d'incertitudes, toute décision radicale impliquant un bouleversement de la technologie des « machines » serait pour le moins prématurée.

L'urgence de la lutte contre les émissions de CO2 fossile ne doit pas se transformer en « sauve qui peut » général.

Il n'est jamais bon de quitter le navire sans bouée de sauvetage.

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6 août 2025 3 06 /08 /août /2025 14:30

Regain d'intérêt pour les biocarburants...mais lesquels ?

6 Août 2025

La nécessité d'abandonner les sources fossiles d'énergie n'est plus contestée, sauf par une minorité de « trompe la mort » non dépourvue d'un certain pouvoir politique.

Dans la majorité qui adhère à la décarbonation de notre énergie, Il existe un consensus en faveur du maintien du système économico-social existant, voire même de son élargissement à des populations de régions actuellement sous-développées.

( En gros, personne n'a envie de renoncer à sa bagnole, à ses vacances aux Baléares, à ses 22°C dans sa maison, éventuellement à sa piscine chauffée, voire à sa maison de campagne...)

Ce système économico-social, que la plupart d'entre nous souhaite préserver, est basé sur la technologie des machines*. Il est donc essentiel de maintenir, voire développer, le volume des ressources énergétiques nécessaires à leur fonctionnement.

Le changement de portage depuis les fossiles vers de nouvelles sources d'énergie doit donc s'effectuer sans porter préjudice aux besoins énergétiques mondiaux, qui seront probablement croissants.

( Certains courants de pensée écologiste préconisent au contraire de mettre à profit cette crise énergétique pour réduire drastiquement nos besoins de « machines » en adoptant des modes de vie plus rustiques. Cependant, la recette pour y arriver sans graves troubles sociaux n'est pas connue.

Entre la limitation à quatre du nombre de vols aériens dans une vie, et le développement des carburants de synthèse pour l'aviation, il y a place pour des affrontements épiques...de belles joutes en perspective ).

* Le terme « machines» englobe tout appareillage utilisant de l'énergie, depuis l'avion jusqu'à la brosse à dents électrique en passant par les voitures, les camions, les téléviseurs, les smartphones, les ordinateurs, Internet, la 5G, les appareils de cuisson, les vélos électriques, etc...

_______________

Les procédés permettant d'obtenir de l'énergie sans recourir aux fossiles sont connus et déjà exploités depuis des lustres. Tout le monde en connaît la liste.

Ces substituts des fossiles peuvent être classés en quatre groupes :

A- Un premier groupe, qui transforme les énergies naturelles inépuisables en électricité, grâce à des installations appropriées :

Panneaux solaires photovoltaïques, éoliennes, hydroliennes, Centrales géothermiques, centrales hydroélectriques.

Ce premier groupe est totalement décarboné.

( Les centrales nucléaires pourraient faire partie de ce groupe, mais leur caractère particulier ( Ô combien...) les place dans un groupe spécial B).

B- Un second groupe, qui transforme en électricité l'énergie naturelle de fission de produits radioactifs du sous-sol, et dont les réserves accessibles sont très importantes, mais épuisables à terme de plusieurs siècles. Une version future en étude, basée sur la fusion, devrait permettre d'accéder à des réserves illimitées.

Ce groupe utilise également des cycles totalement décarbonés.

C- Un troisième groupe transforme l'énergie solaire en produits combustibles dans une première étape :

Biomasse solide ( Bois bûches, bois de trituration, granulés ), biomasse gazeuse, biomasse liquide .

Ces produits sont utilisés ensuite pour produire au choix de l'électricité, de la force motrice, ou de la chaleur, selon les besoins.

Ce groupe utilise un cycle carboné, à carbone recyclable ( il est neutre en carbone ).

D- Un quatrième groupe fabrique, par synthèse chimique, des produits combustibles liquides ou gazeux, selon un cycle également carboné à carbone recyclable, et avec de l'Hydrogène obtenu par électrolyse dans un premier temps, puis de l'Hydrogène naturel si son existence est confirmée.

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Certains de ces procédés sont utilisés, à petite échelle, depuis des lustres :

L'éolien, pour les moulins et les navires à voile.

L'hydraulique, toujours pour les moulins.

Le solaire, qui entretient la vie.

La géothermie, localement.

Pourquoi ces procédés n'ont-ils pas été utilisés plus tôt à grande échelle  ?

Pour au moins trois raisons :

1- Il est plus facile de faire des trous dans le sol ( Drill, baby, drill ) que de construire des éoliennes, des panneaux solaires, des centrales, des STEP, des barrages, etc....

2- Les méfaits de l'excès de CO2 dans l'Atmosphère n'ont été connus et caractérisés que relativement récemment. Les sceptiques sont encore nombreux.

3- L'épuisement des sources fossiles ne semblait pas imminent.

( Aujourd'hui encore il n'existe pas de consensus solide sur le processus d'épuisement de ces fossiles, et il est même encore envisagé d'exploiter des sources nouvelles, notamment sous-marines).

____________

Les quatre groupes d'exploitation des énergies naturelles ne sont pas tous au même niveau d'intérêt, il s'en faut de beaucoup :

Le groupe A, le solaire, l'éolien, et l'hydroélectrique, ont le vent en poupe. Les technologies sont disponibles. Ce groupe connaît une forte croissance malgré une certaine réticence des populations à accepter ce qui peut être perçu comme une atteinte à l'environnement.

Le groupe B, l'électronucléaire, possède le plus fort potentiel de croissance, mais aussi présente un gros risque en cas de dissémination de la technologie. Les investissements sont très importants, mais la durée d'exploitation les justifie. Des programmes importants sont lancés, avec des retours sur investissements sur le long terme. Il faut vingt ans pour construire un parc nucléaire. De plus la technologie et la filière carburant nucléaire sont extrêmement sophistiquées et ne souffre pas la dissémination.

( Contrairement au solaire ou à l'éolien, qui peuvent s'acheter auprès de nombreux fournisseurs et ne comporte pas les mêmes risques )

Le groupe C constitue une sorte de marché aux puces où l'on trouve toutes sortes de produits solides, liquides ou gazeux, d'origine biologique.

Ce groupe est très prometteur, mais suscite une certaine réticence pour les raisons exposées précédemment.

Aujourd'hui on utilise comme carburants « vert » de l'éthanol et du biodiesel, qui sont la première génération des biocarburants, mais certainement pas l'avenir.

( Ce groupe C est une autre façon de stocker de l'énergie solaire en la transformant en produit à haute capacité énergétique spécifique sous forme liquide. Ce qui lui confère un avantage décisif par rapport à la batterie ).

Le groupe D , carburants de synthèse, recherche un peu sa voie, qui pourrait utiliser de l'Hydrogène naturel si son existence était confirmée, et du carbone atmosphérique à condition de trouver la bonne méthode de capture, mais tout cela est encore du domaine de la recherche*.

Le premier demandeur est l'aviation évidemment.

*( Qui deviendrait également un système de stockage d'énergie ).

_____________

Qui fait quoi ?

L'intérêt des décideurs en charge de la transition énergétique s'est porté d'abord sur le premier groupe (A ), qui fournit de l'électricité totalement décarbonée, et qui de plus est directement utilisable par les « machines » électriques existantes, et avec un rendement énergétique maximum.

( Solaire, Eolien, Hydroélectrique ).

Mais l'éolien et le solaire ont une production intermittente, et non pilotable.

Leur croissance dans le mix électrique doit donc être accompagnée d'une production pilotable et non intermittente sous peine de subir de graves perturbations.

Cette obligation, longtemps niée, n'est plus contestée aujourd'hui.

La compensation de l'intermittence doit être confiée à des moyens de production capables d'intervenir rapidement et sur la durée. Seules des centrales à gaz peuvent assurer ce service.

Le seul gaz acceptable est bien sûr le Biogaz ; mais la production de biogaz n'est pas suffisante pour assurer ce service.

Les STEP hydrauliques sont une bonne solution de compensation de l'intermittence, mais seulement pour des courtes durées.

Il est donc apparu nécessaire d'associer aux parcs éoliens et solaires, un parc de réacteurs nucléaires de nouvelle génération à capacité de pilotage améliorées.

Le second groupe ( B ) , les centrales nucléaires, se trouve donc par nécessité associé au groupe A afin de constituer un ensemble cohérent capable de soutenir la demande en toutes circonstances.

De nombreux pays ont en projet des parcs électronucléaires pour sécuriser leurs réseaux électriques.

( Certains pays ayant fermé leur programme nucléaire existant font aujourd'hui machine arrière et relance l'atome devant l'évidence de la nécessité...).

Le troisième groupe ( C ) est déjà utilisé depuis des lustres pour fournir de la chaleur ( biomasse solide et gazeuse ), de l'électricité, et de la force motrice ( Biogaz, biocarburants ), utilisé avec parcimonie* car potentiellement concurrent des cultures vivrières.

Son développement a souffert de plusieurs tares :

- Sa production en volume mobilise des terres et des modes de culture qui peuvent potentiellement concurrencer les cultures vivrières et donc nuire à l'espèce humaine, et/ou entraîner des déforestations non contrôlées.

- Son utilisation n'apporte aucune amélioration des rendements énergétiques, au contraire.

(Leur production nécessite de grosses dépenses d'énergie...)

Il existe cependant des versions ( seconde et troisième génération ) compatibles avec les exigences écologiques et prometteuses pour l'avenir.

Mais le besoins d'énergie est immédiat, l'adage « demain on rase gratis » n'est plus de mise.

Le quatrième groupe (D ) est l'objet de recherches intensives et de financements importants pour son développement industriel. Son coût encore élevé le réservera surtout pour l'aviation.

Son avenir dépend beaucoup de la découverte récente de sources naturelles d'Hydrogène, dont l'intérêt est encore à confirmer.

________________

La première urgence consiste donc logiquement à « booster » le développement de la production d'électricité décarbonée avec l'objectif de satisfaire 100% de la demande.

(Une électrification prématurée de certaines applications utilisant aujourd'hui des fossiles pourrait être contre-productive dans certains territoires où l'électricité est encore produite majoritairement avec des fossiles ; c'est le cas en particulier pour l'électrification des véhicules.

Certaines régions sont dépourvues de réseau électrique digne de ce nom et souvent, quand il existe, l'électricité y est produite avec des fossiles, et/ou la puissance disponible ne permet pas de recharger les batteries d'un parc de véhicules.

Il n'est jamais constructif de mettre la charrue avant les bœufs...).

____________________

La deuxième urgence consiste à prendre acte de l'impossibilité d'électrifier les transports lourds maritimes et aériens, et partiellement routiers, dans l'état actuel de la technologie des batteries.

(Il est nécessaire d'embarquer de grosses quantités d'énergie).

En conséquence, il faut accélérer le développement des carburants de substitution des produits pétroliers, dans les trois filières identifiées : Biocarburants de seconde et troisième génération, et carburants de synthèse.

La tentative d'électrifier la totalité des véhicules légers ( VP+VUL ) a mis en évidence les limites du procédé à batterie et la nécessité de recourir à des carburants à forte densité énergétique spécifique pour couvrir la totalité des usages.

Ce problème technique, ajouté à la difficulté d'atteindre rapidement un haut niveau de décarbonation de l'électricité de réseau dans toutes les zones de la planète, montre la nécessité de développer une solution alternative à l'électricité pour alimenter une partie des véhicules du parc mondial.

Les travaux déjà en cours pour développer ce type de carburants indispensables pour les transports lourds maritimes, aériens, et routiers, seront évidemment profitables aux secteurs VP+VUL.

On peut donc raisonnablement penser que les moteurs thermiques seront encore utilisés pendant plusieurs décennies, voire au-delà..

Dans l'état actuel des choses, il est donc raisonnable de ne pas tenter de généraliser le modèle de véhicules électriques à batteries au parc mondial de un milliard cinq cent millions de VP + VUL.

Les constructeurs l'ont bien compris ( enfin ), qui développent des solutions mixtes associant moteur électrique et moteur thermique, avec une batterie de capacité moyenne pour un ensemble semi-autonome vis à vis du réseau électrique, et un carburant du deuxième groupe à carbone recyclable.

Les meilleures solutions sont toujours des compromis.

_____________________

La troisième urgence consiste à apporter de considérables améliorations aux procédés d'utilisation de l'énergie afin de tempérer la croissance de la demande.

D'une part rationaliser les méthodes de réalisation des projets afin de minimiser les quantités d'énergie pour obtenir un résultat ( en commençant par la justification des projets, ce qui est un vaste sujet... genre autoroute A69 ).

D'autre part rationaliser les méthodes permettant d'obtenir l'énergie utile demandée pour tel résultat.

( concernant par exemple les procédés industriels, les transports, les bâtiments, les réseaux routiers, l'occupation des sols, les services publics, la gestion des territoires, les communications, l'agriculture, etc ).

_____________________

On peut ajouter une quatrième urgence, c'est la prise en compte des dégâts déjà imputables au changement climatique causé par l'augmentation du taux de CO2, et la mise en œuvre de mesures d'adaptation de notre manière d'habiter et d'exploiter le territoire avec ces nouvelles conditions climatiques.

Même si ce volet n'est pas directement lié à la transition énergétique, il faudra lui consacrer des financements considérables sur la durée.

Et dépenser probablement beaucoup d'énergie pour mettre en œuvre les actions décidées.

_____________________

La transition énergétique est en fait la face visible d'une révolution beaucoup plus profonde de nos sociétés.

Il ne s'agit pas seulement de remplacer un bidon par une batterie, et un moteur à piston par un moteur à rotor, tout cela est cosmétique.

( Même s'il en résulte un tsunami industriel...).

Il s'agit de repenser notre manière d'habiter la Planète, de cesser d'utiliser l'énergie comme un puits sans fond mais plutôt comme une source à débit limité.

Ce qui implique de revoir tous les postes de consommation d'énergie, analyser leur utilité réelle pour une fonction donnée, à commencer par la fonction en question.

Savoir s'il faut, ou pas, électrifier les bagnoles aujourd'hui séance tenante, n'est pas la première urgence...

                                                             __________________

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26 juillet 2025 6 26 /07 /juillet /2025 10:58

Quel monde après les énergies fossiles ?

26 Juillet 2025

Le développement de l'espèce humaine, tel qu'il s'est effectué durant les deux derniers siècles, est un pur produit de l'exploitation des sources d'énergie fossile.

La disposition d'une énergie pratiquement illimitée a conduit à l'instauration d'un monde de machines dont on ne sait plus très bien qui, de l'Homme ou des machines, exerce le contrôle .

L'épuisement de ces sources fossiles étant inéluctable par définition, il devient donc impératif de songer à les remplacer par des sources durables, sous peine de devoir un jour renoncer à nos machines pour revenir aux modes de vie ancestraux, lesquels ne suffiraient pas pour nourrir les dix Milliards d'humains ( voire davantage ) prévus au prochain siècle.

Par ailleurs, le problème du changement climatique induit par l'excès d'émissions de CO2 dû à la combustion de ces fossiles, donne un caractère d'urgence à l'abandon de ces sources car le niveau critique de CO2 atmosphérique sera atteint bien avant l'épuisement des réserves.

( Les premiers dégâts liés au changement climatique sont déjà constatés...)

Il y a donc deux raisons impérieuses de quitter ce monde des fossiles.

Mais, pour que l'abandon des fossiles ne soit pas un naufrage, le passage ne doit pas s'effectuer dans le désordre et la confusion.

Heureusement les sources d'énergie de remplacement sont identifiées :

Energie solaire, éolienne, hydraulique, radioactivité, géothermie .

Elles sont déjà utilisées depuis longtemps, mais ne participent encore que pour une faible part ( 20%) à la consommation mondiale d'énergie primaire , les fossiles sont encore largement majoritaires ( 80%).

Passer de 20% à 100% est donc le challenge que nous devons relever, le plus rapidement possible car les émissions de CO2 des fossiles ont déjà atteint un niveau préoccupant.

Du point de vue de Sirius, abandonner les fossiles pour passer à des énergies renouvelables déjà connues et déjà exploitées depuis des décennies ne devrait pas poser de gros problèmes.

Mais, pour éviter le piège du désordre et de la confusion, cet aggiornamento doit faire l'objet d'un minimum de concertation à l'échelon mondial car ce changement entraînera une redistribution des cartes et donc des influences politiques pouvant mener au désordre.

Pour accéder aux énergies fossiles, grossièrement il suffit de faire des trous dans le sol aux endroits propices.

Le charbon et le gaz naturel, peuvent être valorisés directement à la sortie de la mine ou du puits de forage. Le pétrole nécessite une étape de distillation pour en séparer les composantes qui seront utilisées directement dans les différents applications.

Les zones favorisées par de telles ressources confèrent aux pays qui les possèdent en quantités une grande influence géopolitique dont il résulte une sorte de partage du monde entre les pays qui possèdent des réserves énergétiques fossiles et ceux qui doivent leur acheter leur énergie.

Une situation malsaine à l'origine des affrontements que l'on sait.

A contrario, la plupart des sources d'énergie naturelle sont accessibles partout sous une forme ou sous une autre. Tel sera favorisé par le soleil, tel autre par des réserves hydrauliques, ou par une façade maritime propice à l'éolien, ou par la géothermie, ou par la récupération des gaz provenant des déchets agricoles, en sorte que l'énergie renouvelable devient l'objet d'une redistribution des cartes qui peut changer la face du monde.

Par contre ces sources ne peuvent pas être utilisés directement. Elles nécessitent une couche de « machines » pour être convertis sous une forme utilisable :

- Panneaux photovoltaïque.

- Panneaux solaires thermiques.

- Agroforesterie et agriculture dédiés aux agrocarburants.

- Centrales solaires à concentration.

- Eoliennes.

- Centrales hydroélectriques.

- Centrales nucléaires.

- Stations de Transfert d'Energie par Pompage.

 

Passer de 20% à 100% la part de ces sources dans la consommation mondiale d'énergie suppose un accroissement considérable de la capacité des installations existantes, et donc des investissements colossaux.

Dans le futur, l'énergie se présentera ainsi sous plusieurs formes :

- De l'électricité.

- Des biocarburants.

- Du Biogaz.

- De la biomasse solide.

- Des carburants de synthèse.

A ce stade des connaissances, on ne peut pas passer sous silence la découverte récente d'une nouvelle forme d'énergie interne du Globe constituée des sources d'Hydrogène naturel dont le caractère permanent ( Flux ) est en voie de confirmation, et dont les quantités disponibles seraient considérables selon les premières évaluations.

Si cette ressource était confirmée il y aurait lieu de reconsidérer certains choix dans le programme de transition énergétique, car l'Hydrogène serait un apport considérable.

( Aujourd'hui l'Hydrogène nécessaire à l'Industrie est obtenu par des procédés chimiques et/ou par électrolyse de l'eau ).

L'électricité, déjà largement utilisée dans le monde, et partiellement décarbonée aujourd'hui, sera dans le futur complètement décarbonée, c'est du moins l'objectif.

La part future de l'électricité dans le mix énergétique mondial au prochain siècle est bien sûr inconnue, mais toutes les prévisions lui donnent un rôle majeur.

Théoriquement l'électricité peut remplacer les fossiles dans toutes les applications de chaleur et de force motrice, sauf dans les applications mobiles de grande puissance qui réclament une autonomie énergétique importante, car la capacité spécifique de stockage ( kWh/kg ) embarqué de l'électricité est trop faible.

( Le stockage de grandes quantités d'électricité est réalisé par des STEP ( Stockage par Transfert d'Energie par Pompage. La plupart des installations hydroélectriques sont transformées en STEP, les STEP pures sont généralement couplées avec un parc solaire ou éolien).

L'électricité ne pourra donc pas être généralisée dans les transports lourds routiers, maritimes, et aériens.

Elle pourra par contre remplacer le pétrole dans les véhicules routiers légers pouvant se satisfaire d'une faible autonomie, ou dans les régions ne disposant pas de réseau de distribution d'électricité suffisamment puissant.

( Dans les chemins de fer l'énergie électrique n'est pas embarquée. Sur mer, dans certains cas, des navires peuvent adopter une transmission électrique, mais l'électricité est alors fournie par des générateurs thermiques embarqués, eux-mêmes alimentés par des carburants).

Les transports représentent aujourd'hui 30% de la consommation mondiale d'énergie finale.

Il existera ainsi une demande très importante pour des combustibles décarbonés ou à carbone recyclable, liquides ou gazeux et/ou solides.

Ces combustibles seront utilisés lorsque l'électricité seule ne pourra pas satisfaire le cahier des charges.

L'électrification des voitures ( VP+VUL ) ne supprimera donc pas le besoin de carburants pour les moteurs thermiques qui continueront d'équiper les transports routiers lourds, les transports maritimes, et l'aviation.

Ces carburants pourront alors bien entendu alimenter également les véhicules légers à moteurs thermiques utilisés dans les régions dépourvues d'un réseau de distribution d'électricité suffisamment puissant et de bornes de chargement à la hauteur ( On parle quand même de bornes de 1 000 kW et plus....)

L'énergie du futur sera donc distribuée sous forme d'électricité et sous forme de combustible à haute teneur énergétique permettant d'alimenter les transports lourds routiers, maritimes, et aériens.

La querelle autour de l'électrification des véhicules routiers légers est donc byzantine.

Le choix entre l'électricité et/ou le thermique sera davantage fondé sur l'existence, ou pas, d'un réseau de distribution l'électricité décarbonée, plutôt que sur le dictat de quelque officine bruxelloise.

Le parc mondial de voitures frise les 1,5 Milliards d'unités. Le parc européen est de 250 Millions, soit 17% du total.

Il est douteux que des décisions européennes en matière de choix fondamentaux de motorisation puissent s'imposer au reste du monde, dont une partie non négligeable a déjà choisi de rouler à l'Ethanol ( environ 27 Millions )...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 10:42

La voiture électrique, point d'orgue de la désindustrialisation glorieuse ?

8 Juillet 2025

La tentative d'imposer « bessif »* la voiture électrique à batterie à des consommateurs réticents ressemble bigrement à un sursaut qui pourrait être précurseur d'un naufrage.

*( b'saïf, par le sabre )

D'aucuns pourraient penser que les dés sont déjà jetés, et que la politique de désindustrialisation prônée depuis des décennies par une certaine intelligentsia, a fini par porter ses fruits, au moins dans le secteur des produits de grande consommation.

(Après les récepteurs de radio, les téléviseurs, les ordinateurs, les téléphones portables, l'électroménager, etc, l'automobile viendrait donc clôturer la liste des produits de grande consommation autrefois fabriqués dans nos pays dits développés, et aujourd'hui « sous-traités » dans des pays à faible coût de main d’œuvre ).

Si tel était le cas pour la voiture, aux drames humains résultant de la fermeture de nos usines, viendraient s'ajouter les maladies congénitales qui touchent les produits exotiques : l'obsolescence programmée et le caractère jetable, qui font de tous ces produits des objets évanescents dont la durée de vie ne dépasse pas quelques années.

Cette obsolescence programmée ( quasi systémique ) s'obtient généralement grâce à deux démarches :

La première consiste à apporter périodiquement des améliorations au produit ( up-grading ) lui-même et/ou aux logiciels associés afin d'inciter l'utilisateur à acquérir la dernière version sous peine de risquer le déclassement social.

La deuxième consiste à promouvoir de nouveaux services dans l'application, avec de nouveaux interfaces non compatibles avec les anciennes versions.

Mais pour que ces procédés soient efficaces, il faut que le prix du produit demeure compatible avec celui des objets de grande consommation, car on ne peut pas tondre un œuf.

( Pour respecter cette règle, il suffit de créer une gamme avec des produits d'appel pour attirer le client afin de lui vendre le produit phare qui fera la marge... élémentaire mon cher Watson...).

Les voitures thermiques ont échappé à l'obsolescence programmée, du moins jusqu'à présent.

( Une telle voiture, achetée il y a plus d'un demi-siècle et entretenue normalement, peut encore fréquenter les routes actuelles, et faire Paris- Bayonne à 130 km/h sans coup férir ).

Par contre, les voitures électriques qui nous sont proposées aujourd'hui présentent certains symptômes d'obsolescence précoce, qui devraient attirer notre attention car il est peut-être encore temps de lutter contre cette contamination.

Chaque semaine apporte son lot de nouveaux modèles améliorant telle ou telle caractéristique, offrant telle ou telle nouvelle fonction, ajoutant (?) quelques kilomètres à une autonomie toujours problématique, faisant ainsi de ces autos des objets qui seront déclassés dans dix ans, période au terme de laquelle la batterie devra être remplacée, ce qui sera évidemment impossible vu son coût, et la voiture finira à la benne, ce qui était l'objectif initial...

Or la voiture thermique n'a jamais été un objet de consommation.

Sans être un investissement financier, elle n'est pas non plus un objet jetable puisque sa durée de vie peut dépasser plusieurs dizaines d'années, voire davantage,avec plusieurs propriétaires, tout en conservant ses capacités sans devenir nécessairement une guimbarde ou une pièce de musée.

On aimerait bien qu'il en soit de même avec la voiture électrique.

Or, malgré plus de dix ans d'existence, cette voiture électrique demeure un objet en gestation mal défini et en perpétuelle évolution :

L'électrique pure ne dispose toujours pas des batteries adaptées aux besoins ( trop lourdes, trop chères, trop dépendantes de la technologie chinoise, trop d'empreinte carbone, fiabilité douteuse...) et l'électricité décarbonée n'est pas prête à desservir cette nouvelle demande mondiale.

De son coté l'hybride, pas plus que le thermique flex-fuel ne disposent du carburant décarboné nécessaire ( Biocarburant de seconde et troisième génération et/ou carburant de synthèse).

La voiture ( électrique ou Hybride ) existe bien, mais dans un cas on n'a pas la batterie qui conviendrait, et dans l'autre cas ce sont les carburants décarbonés qui sont aux abonnés absents.

Cette situation ubuesque n'échappe pas aux éventuels futurs clients, peu soucieux d'acquérir un mouton à cinq pattes.

( Si c'est pour recharger les batteries d'une BEV avec une électricité produite avec des fossiles, ou remplir le réservoir d'une hybride PHEV avec du pétrole, non merci...).

L'usager automobiliste n'est pas prêt à jeter son argent par la fenêtre, et exigera de la voiture électrique le même service et la même durabilité que ceux d'une thermique, tant en ce qui concerne les performances, que la compatibilité avec les services associés à l'évolution des transports électriques.

Or actuellement le marché de la voiture électrique, et des infrastructures associées, donne l'image d'un grand n'importe quoi, peu propice à rassurer l'usager quant à la pérennité de son éventuel achat.

Acheter une voiture électrique aujourd'hui est au choix un acte de mécénat, ou une fantaisie de nanti, ou l'occasion de profiter d'une prime occasionnelle, ou une confiance aveugle dans les dépliants publicitaires...

Toutes choses qui peuvent donner l'illusion du succès mais ne peuvent pas constituer un marché de masse.

Le problème est donc : « et maintenant qu'est-ce qu'on fait ? »

Il existe un certain nombre d'éléments d'analyse :

1- L'objectif de sortir des fossiles demeure en tête des préoccupations, à la fois pour protéger le climat de la Planète et pour préparer l'après pétrole. Mais les remèdes utilisés ne doivent pas tuer le malade. L'électricité décarbonée ne pourra pas suffire seule à maintenir et développer le « train de vie » énergétique de la Planète. D'autres vecteurs d'énergie décarbonée devront compléter les besoins.

2- Dans l'état actuel des connaissances sur les batteries, il est impossible de stocker des quantités très importantes d'énergie électrique avec une capacité spécifique compatible avec les besoins des transports routiers, maritimes, ou aériens qui utilisent aujourd'hui des produits pétroliers.

Il existera donc une demande colossale de carburants décarbonés ( Liquides ou gazeux ) susceptibles de remplacer le pétrole, qui pourront également être utilisés dans les voitures

Il paraît donc inéluctable de voir coexister dans l'avenir deux procédés de distribution de l'énergie : d'une part l'électricité de réseau*, et d'autre part des carburants décarbonés, liquides ou gazeux.

*( Le taux de décarbonation de cette électricité étant très variable d'une région à l'autre...)

3- Pour avoir une autonomie raisonnablement comparable à celle d'une voiture thermique, la voiture électrique doit embarquer une batterie de 150 à 200 kWh dont le poids et le coût sont parfaitement incompatibles avec le milieu de gamme.

La technologie de stockage d'électricité disponible aujourd'hui ne permet donc pas d'atteindre l'objectif de fournir une gamme complète de véhicules.

Implémenter une stratégie industrielle basée sur une technologie non compatible avec les objectifs visés est l'assurance de rencontrer des gros problèmes.

4-Dans un passé récent, et encore pour la très grande majorité des voitures produites, la motorisation des VP et des VUL était du type MCI ( Moteur à Combustion Interne ) pour tout le monde, avec boîte de vitesse et transmission commune.

Cette uniformisation a permis la diffusion que l'on sait avec des coûts raisonnables grâce à des procédés industriels très standardisés.

Il en va différemment avec les nouvelles sources d'énergie décarbonées : Au moins six types de véhicules doivent ( peuvent ) être proposés pour avoir une gamme complète :

Electrique pure ( BEV 1) version grande autonomie ( batterie 150 kWh et plus ).

Electrique pure ( BEV 2 ) version rechargeable à domicile ( batterie 30 à 50 kWh ).

Hybride non rechargeable ( HEV )

Hybride rechargeable ( BHEV )

Thermique classique ( MCI )

Eventuellement un BEV avec prolongateur d'autonomie.

L'approche marketing est évidemment beaucoup plus compliquée dans ce cas, surtout pour un constructeur historique, qui doit continuer à supporter sa gamme de produits à pétrole dont l'existence sera probablement prolongée au moins jusqu'à 2040 par la prochaine clause de revoyure européenne, et probablement au-delà pour les autres régions.

Ces éléments d'analyse permettent de mesurer la difficulté de remplacer une technologie qui marche par une autre que l'on ne maîtrise pas, et surtout que l'on n'est pas certains de pouvoir maîtriser un jour.

Même si les motifs de ce remplacement sont nobles, le risque est grand de jeter le bébé avec l'eau du bain.

Il apparaît ainsi que l'objectif exclusif de l'électrique pur, donc avec une très grosse batterie, n'est pas forcément le bon choix, et que le moteur thermique bien utilisé pourrait avoir encore un rôle important à jouer, pendant une période de transition, et peut-être au-delà.

Les petits malins, qui ont bien compris que « c'est là qu'est l'os », laissent les chimistes à leur cuisine pour trouver, un jour peut-être, la bonne recette de batterie qui satisfera la demande du marché ( mais quand ?) et se ruent sur la production de ce fameux carburant décarboné synthétique dont nous aurons inéluctablement besoin sous peu.

Les chinois, qui l'eut cru ? Sont déjà à la pointe de cette nouvelle cuisine, dont l'objectif est de fabriquer ce carburant synthétique décarboné qui sera peut-être la clé de la transition énergétique dans les transports.

 

 

 

 

 

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30 juin 2025 1 30 /06 /juin /2025 17:54

La voiture électrique à la croisée des chemins.

30 Juin 2025

« Le mouvement se prouve en marchant »

Cet aphorisme a servi de socle pour soutenir la campagne visant à promouvoir « manu militari » le remplacement du pétrole par de l'électricité décarbonée dans le secteur des transports routiers légers (VP et VUL).

Les motivations furent nobles et multiples :

- Contribuer à pallier l'épuisement « prochain » des réserves naturelles de pétrole.

- Echapper à la dictature des fournisseurs de la sainte huile.

- Contribuer à l'amélioration de l'indépendance énergétique.

- Améliorer considérablement le rendement énergétique des véhicules.

- Contribuer à la réduction des émissions de CO2 fossile, donc à la lutte contre le réchauffement climatique.

- Contribuer à l'assainissement de l'Atmosphère des agglomérations grâce à la suppression des émissions de gaz et de particules toxiques liés à la combustion des fossiles.

L'essor des nouveaux moyens de production d'électricité renouvelables ( Eolien, solaire, centrales thermiques biosourcées ), joints à l'hydroélectrique et à l'électronucléaire déjà en exploitation, était une garantie quant à la disponibilité future d'une électricité propre, abondante, et mondialement distribuée...

Et, cerise sur le gâteau, les promesses de la batterie au Lithium récemment mise sur le marché, permettaient de faire sauter le dernier obstacle à l'avènement de l'ère nouvelle de la voiture propre.

Un tel cumul d'avantages potentiels en faveur d'une transition énergétique heureuse et profitable fut de nature à encourager la décision de « tout » basculer sur l'électrique, sans trop chercher la petite bête évoquée ici et là par les empêcheurs de danser en rond...

Mais, des petites bêtes, il y en avait, pressenties ou découvertes en cours de route, comme dans toute entreprise d'envergure, et qu'il s'agit aujourd'hui d'éliminer pour permettre le déploiement du projet.

Ces petites bêtes sont identifiées aujourd'hui, et les stratégies pour les éliminer doivent être mises en place pour permettre au projet d'avancer vers ses objectifs, et surtout d'éviter de stagner dans un état mi-chèvre mi-chou qui serait désastreux pour tout le monde.

Une décennie de promotion du nouveau concept basé sur les batteries au Lithium a permis de prendre conscience que la voiture électrique n'est pas seulement un nouveau modèle qu'il « suffit » de glisser dans les catalogues pour séduire la clientèle comme le papier tue-mouches attire les insectes.

Ce changement radical de carburant conduit en fait à un bouleversement de l'ensemble du secteur des transports légers, remettant en cause tout les rouages de la filière depuis la conception et l'industrialisation des nouvelles batteries, l'approvisionnement des matériaux de base jusqu'à l'utilisation de la voiture, la fourniture du nouveau carburant, en passant par toutes les étapes intermédiaires.

L'industriel historique de l'automobile, familier de l'électromécanique, doit se reconvertir à l'électrochimie et à l'électronique, ce qui entraîne des bouleversement dans la distribution des rôles, et donc une redistribution des cartes avec des opportunités nouvelles, mais aussi la nécessité de gérer les lourdeurs de l'ancienne technique du thermique car il faudra courir deux lièvres à la fois pendant la période de basculement d'une technique dans l'autre. La batterie, autrefois accessoire disponible en station service, devient le cœur de la voiture et exige une compétence que n'ont pas les industriels historiques.

Le fabricant de moteurs thermiques doit développer une compétence nouvelle pour se convertir à l'électrique, la tentation est grande de sous-traiter et de perdre la maîtrise du produit, et de devenir un « simple » assembleur condamné au rôle de « me too product » condamné à finir « On the shelf ».

D'autre part, remplacer le pétrole par de l'électricité n'est pas une sinécure. Le pétrole est le sang de la société actuelle ; c'est lui qui permet en grande partie la circulation des biens et des personnes et assure le développement des sociétés.

Le pétrole, et les carburants liquides en général, se transportent aisément en camions-citernes et/ou en bateaux, et peuvent ainsi irriguer les endroits les plus reculés de la Planète.

Il n'en va pas de même avec l'électricité.

Pour alimenter des batteries de voitures électriques il faut, non seulement un réseau de distribution suffisamment maillé, mais aussi capable de fournir les puissances considérables requises pour les batteries. Un tel réseau n'existe que dans les régions développées du Globe, faut-il le rappeler.

Mais ce n'est pas suffisant.

En effet, remplacer les voitures thermiques par des électriques n'a de sens que si l'électricité utilisée pour recharger les batteries est elle-même décarbonée.

Ce qui n'est évidemment pas le cas dans de nombreuses régions du Globe, y compris dans les pays développés. Le parc mondial de VP+VUL est de l'ordre de 1,2 à 1,4 Milliards de véhicules. Une proportion importante d'entre eux ne pourra pas se convertir à l'électricité avant longtemps, et devra conserver une solution thermique.

Pour ceux-là, le problème devient l'accès à un carburant décarboné en conservant le moteur thermique. Mais quel carburant ?

( le carburant décarboné n'a pas été jugé digne de participer à la croisade contre le CO2, pour des raisons assez obscures. Son développement est donc laissé à l'initiative de quelques industriels sans que l'on puisse disposer d'une perspective claire sur sa disponibilité en volume.

Sauf pour le secteur de l'aviation, qui joue sa survie dans la transition énergétique puisqu'elle ne peut pas se décarboner autrement qu'avec un carburant liquide...Et que, contrairement aux injonctions de notre gourou de service, les compagnies d'aviation n'ont pas l'intention de se saborder...)

Les voitures électriques à batterie ( VEB ) commercialisées actuellement, sont dans une impasse : les batteries de forte capacité ( > 150 kWh ), nécessaires pour assurer l'autonomie demandée, sont trop lourdes, trop chères, trop dépendantes des approvisionnements en matériaux exotiques, leur empreinte carbone est trop élevée, et les perspectives de versions améliorées sont encore lointaines et incertaines.

Les batteries de faibles capacité ( < 50 kWh ) n'ont pas une autonomie suffisante pour couvrir toutes les applications. Elles conviennent comme seconde voiture, mais dans ce cas elles sont trop chères.

Nous voici donc « les deux pieds dans même sabot » comme l'on dit par ici.

Les automobilistes ont montré une sortie possible de ce « piège à c... » en choisissant majoritairement la solution hybride. Mais cette solution n'est viable qu'à condition de n'utiliser que du biocarburant de seconde et troisième génération, qui n'existe pas encore dans les quantités voulues ; quant aux carburants de synthèse ils sont encore dans les laboratoires de recherche, et réservés à l'aviation.

Tout cela ressemble étrangement à une impasse.

Energétiquement , de quoi parle-t-on ?

Selon l'AIE, le secteur VP+VUL ne représente que 12% de la consommation mondiale d'énergie fossile. 

(La consommation mondiale totale d'énergie primaire s'élève à 180 000 TWh environ, dont 80% d'énergie d'origine fossile.)

Source :

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-energie/11-international

Le parc automobile mondial est évalué à environ 1,2 Milliard de véhicules, dont la consommation annuelle peut être évaluée à 12 000 TWh :

( #12 000 km/an, 8 L/100 km, 10 kWh/L )

Ce parc consomme donc approximativement 10 % du total de l'énergie primaire fossile, le reste consomme des biocarburants de première génération ( Ethanol, Biodiesel, …).

Le bouleversement du secteur industriel de l'automobile auquel nous sommes conviés à travers l'électrification n'impactera donc au mieux que 8 à 10 % de la consommation mondiale d'énergie primaire fossile de la Planète.

( Dans le cas d'un remplacement total des fossiles par de l'électricité décarbonée...).

Peut-être serait-il temps de se demander si l'électrification à marche forcée de toutes les voitures est le bon objectif pour réussir la transition énergétique.

Il manque manifestement quelques pièces au puzzle pour compléter l'image :

La batterie adaptée n'est pas au rendez-vous, l'électricité décarbonée est encore très minoritaire, et les réseaux de distribution électrique surpuissants sont à construire.

D'autre part, décréter l'électrification des voitures alors que l'Europe n'est pas capable de fabriquer les batteries nécessaires, est un cadeau rêvé pour les fils du ciel qui n'en demandaient pas tant.

Il nous reste à espérer que la « clause de revoyure », prévue par la Commission Européenne et avancée à 2025, permettra de remettre les pendules à l'heure et débloquer une situation désormais bien confuse.

 

 

 

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23 juin 2025 1 23 /06 /juin /2025 16:52

Quels carburants pour les voitures hybrides ?

23 Juin 2025

En 2024, les voitures électriques pures ( BEV ) n'ont encore représenté que 17% des ventes de voitures neuves en Europe ( Source ACEA ).

https://www.acea.auto/about-acea/

Les 83 % restant embarquaient un moteur thermique, seul ou associé à un moteur électrique :

50 % thermiques pures.

25% hybrides non rechargeable ( HEV ).

8% Hybrides rechargeable ( PHEV )

Le marché automobile européen demeure donc encore très largement dominé par les moteurs thermiques.

Ce qui n'est pas forcément surprenant, pour un marché innovant dans une technologie électrique encore évolutive, et dans un cadre normatif lui-même fluctuant.

( C'est le moins que l'on puisse dire...).

Cette faible pénétration de la technologie électrique pure (BEV), après plus de dix ans de promotion, peut être attribuée à un ensemble de facteurs bien identifiés ( rappelés dans les articles précédents, et largement commentés par ailleurs ) dont la plupart sont liés à la batterie*, et qui ne peuvent être maîtrisés que par d'importants travaux de recherche dont l'issue ne peut être précisée, par définition.

*( L'autonomie, le poids, le coût, le temps de recharge, la recyclabilité, la faible gamme de température, l'empreinte carbone, la dépendance aux sources d'approvisionnement en matériaux spécifiques, etc ).

Les technologies actuelles des batteries ne permettent donc pas d'envisager l'électrification de tous les modèles du secteur des voitures particulières ( VP ), que ce soit pour des raisons de coût, de poids, ou de performances ( Notamment la charge rapide et l'autonomie ).

Des progrès importants sont donc indispensables dans ce domaine pour tenter de mettre au point une technologie capable d'outrepasser ces limitations.

Il ne s'agit pas d'apporter des « petites » améliorations, mais bien de découvrir des technologies de rupture.

L'intérêt porté par les acheteurs aux modèles hybrides HEV et PHEV traduit mieux qu'un long discours cette situation, manifestement peu propice à l'explosion des ventes de VEB en Europe.

D'autant plus que l'empreinte carbone d'une thermique flex-fuel brûlant du E 85 est inférieure à celle d'une électrique pure embarquant une grosse *batterie, surtout si cette batterie est rechargée par une électricité partiellement décarbonée.

*( Rappelons que l'objectif recherché actuellement pour la batterie est une capacité utile de 150 à 200 kWh afin d'approcher de l'autonomie des thermiques ).

Considérant les problèmes rencontrés dans le développement des batteries de très forte capacité nécessaires pour avoir l'autonomie demandée pour les BEV ( Poids, réseau de rechargement, coût très élevé, accès aux matériaux critiques et à leur raffinage, empreinte carbone, recyclage, etc ), on peut craindre que cette voie ne se révèle une impasse, ou à tout le moins qu'elle soit limitée à quelques secteurs non représentatifs du marché visé, qui est mondial.

Les solutions alternatives doivent donc être considérées pour sortir de l'impasse actuelle.

D'autant plus que l 'électricité décarbonée n'est pas disponible partout, et qu'une voiture tout électrique dont la batterie serait alimentée en électricité produite avec des fossiles serait la pire des solutions...

L'année 2026 sera donc riche en propositions pour tenter de sortir l'automobile du piège de la recherche de la perfection.

Compte tenu des réalités industrielles et commerciales, décréter le tout électrique en 2035 est désormais un vœu pieux. La clause de revoyure prévue par Bruxelles pour 2026, et pour laquelle les travaux sont avancés à 2025, devrait prendre acte de cette situation et contribuer à remettre l'église au milieu du village.

Car le progrès ne se décrète pas, il se construit dans les bureaux d'études.

Voici un exemple de ce qui pourrait être proposé bientôt sur le marché :

https://www.auto-infos.fr/article/a-shanghai-renault-et-geely-proposent-un-moteur-revolutionnaire-pour-convertir-l-electrique-en-hybride.287027

Mais la voiture hybride n'a de sens que si le carburant utilisé est lui-même décarboné.

Et si ce carburant décarboné est reconnu conforme pour l'objectif de réduction des émissions de CO2, alors on n'a plus besoin de l'électricité et il suffit d'adapter les moteurs thermiques existants sans modifier le mode de propulsion .

( A condition que la production de ces carburants décarbonés soit suffisante et ne s 'accompagne pas d'émissions de CO2 qui viendraient remplacer celle des moteurs...).

Cependant il subsiste un problème, sans rapport avec le réchauffement climatique, mais aussi dangereux à long terme pour la santé ; il s'agit des émissions de gaz toxiques et de particules fines résultant de la combustion des carburants dans les moteurs thermiques.

Ces émissions persistent avec les carburants verts et l'atmosphère des agglomérations se trouve polluée comme avec des carburants pétroliers.

C'est pourquoi la propulsion électrique doit prendre le relais en agglomération.

Et c'est là que l'hybride apporte la solution en procurant une autonomie électrique auxiliaire grâce à une batterie de capacité raisonnable ( 20 à 30 kWh ).

Quatre problèmes sont alors à résoudre :

- La nature du carburant décarboné, et sa disponibilité.

- Le réseau de distribution de ce carburant.

- Son prix, qui pèsera évidement dans le choix, ou pas, de cette solution.

- L'efficacité de l'interdiction de l'usage de la propulsion thermique en agglomération.

( Ce dernier point est important puisque c'est lui qui justifie, ou pas, l'existence du moteur électrique. Il n'y aurait aucun sens à commercialiser des voitures hybrides que les clients utiliseraient seulement en mode thermique...)

Les rôles respectifs des deux moteurs ( électrique + thermique ), dépendront de la vocation du véhicule, sachant que l'objectif principal est d'échapper à la nécessité d'embarquer une grosse batterie de 150 à 200 kWh, d'un coût exorbitant et d'un poids excessif, qui ne supprimera pas vraiment les problèmes d'autonomie, les temps de rechargement excessifs, et la recherche de bornes surpuissantes où le kWh est vendu au prix du caviar...

Dans le PHEV, le moteur électrique apporte bien sûr l'avantage supplémentaire d'un rendement nettement amélioré par rapport au thermique seul, à condition d'utiliser une électricité produite par une source décarbonée.

Sinon, l'amélioration du rendement sera inversement proportionnelle à la proportion de combustible fossile ayant servi à la produire...

La combinaison d'un moteur électrique pour la ville et d'un moteur thermique pour la campagne et les autoroutes, permettrait de réduire drastiquement la capacité de la batterie, et de supprimer les émissions de CO2 fossile, à condition d'utiliser un carburant à carbone recyclable.

Les deux voies comportent leur point faible : l'électricité doit être renouvelable, et le carburant pour les thermiques doit être décarboné.

( Il est difficile de dire laquelle des deux voies sera gagnante dans l'avenir. Il est fort probable que les deux auront leur part du marché ).

L'adoption de l'hybride apporterait plusieurs avantages :

- L' autonomie du véhicule ne dépendra plus que du contenu du réservoir de carburant liquide.

- Le réseau actuel de distribution du carburant liquide sera inchangé. C'est déjà le cas pour le E85, qui est distribué dans 40% des stations service.

- Les bornes de recharge électriques de plusieurs centaines de KW deviendront inutiles.

Aujourd'hui les carburants décarbonés disponibles sont des biocarburants de première génération, dont la production concurrence les cultures vivrières . 

Leur provenance ( Bioéthanol , majoritairement: origines Canne à sucre, betterave, maïs, huile de soja, de colza, de palme, déchets, résidus...) interdit d'envisager leur emploi à grande échelle.

Quant aux biocarburants de seconde génération, ils sont très minoritairement représentés dans les stations-service.

Il donc difficile dans ces conditions de développer un marché de voitures hybrides en sachant que le seul carburant décarboné disponible risque de faire l'objet de restrictions pour les raisons légitimes invoquées plus haut.

Les seuls biocarburants raisonnablement admissibles sont donc ceux de deuxième et troisième génération, dont le développement n'est pas suffisamment avancé pour servir un marché mondial.

Les carburants décarbonés de synthèse, qui font la une des journaux spécialisés, sont encore inexistants dans les réseaux de distribution, et leur coût actuel les rend peu fréquentables .

( Seul le secteur de l'aviation est concerné pour le moment ; leur introduction est planifiée et la demande est très forte puisque la solution batterie n'est pas utilisable en avion, sauf pour l'aviation légère ).

L'efficacité d'un éventuel passage à la voiture hybride repose donc sur la disponibilité de carburants décarbonés ( ou à carbone recyclable ) qui satisferont les conditions suivantes :

1-Neutralité vis à vis des critères écologiques de protection des cultures vivrières et de lutte contre la déforestation et la pollution en général.

2- Empreinte carbone compatible avec les normes, pour les filières de production et de transport.

3- Rendement énergétique de la filière compatible avec l'objectif de la transition énergétique.

4- Disponibilité dans les quantités projetées, et dans la durée.

5- Multisourcing.

6- Prix compatible avec les besoins du marché.

7- Filières d'approvisionnement peu vulnérables aux variations de contexte politique et/ou économiques.

L'Europe de l'automobile se trouve ainsi à la croisée des chemins :

Soit persister dans le choix du tout électrique, et acquérir l'illusion de l'indépendance énergétique grâce à l'électricité nucléaire, à l'éolien et au solaire, avec le risque ( hum...) de voir son industrie automobile vassalisée par la Chine, souveraine dans le domaine des batteries.

Ou bien éviter le piège des énormes batteries de 200 kWh en adoptant une solution hybride, sachant que le carburant nécessaire n'est pas encore disponible et devra être en majeure partie importé, ce qui créera une autre dépendance.

Quel que soit la solution choisie, dans les deux cas il y a un problème de sources d'énergie décarbonée :

L'électricité décarbonée n'est pas disponible partout, pas plus que les biocarburants de seconde ou troisième génération.

( En 2024, la production mondiale d'électricité n'est décarbonée qu'à 25%

Source :

https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/production-denergie-dans-le-monde

Celle des biocarburants de seconde génération est encore à un niveau très bas, quant à la troisième génération, elle est encore inexistante.

Quant aux carburants de synthèse décarbonés, ils sont encore au niveau des études et de la pré-production, et en premier lieu destinés à l'aviation.

L'avenir des carburants elligibles de substitution, et de l'électricité décarbonée est donc encore lointain, et on peut se demander si cette ruée vers la voiture électrique ou hybride n'est pas un peu prématuré...

Trop de précipitation pourrait se révéler contre-productif...

 

 

 

 

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9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 09:54

Coup de blues sur le marché des voitures électriques ?

9Juin 2025

 

Selon ACEA les ventes de voitures neuves en Europe se sont réparties ainsi ( données de 2023 ) :

Thermiques : 50 % Essence et diesel

HEV : 26% Hybrides

BEV : 15% Electriques à batterie ( 17 % en 2024 )

PHEV : 8% Plug-in Hybrides.

Source :

https://www.acea.auto/figure/fuel-types-of-new-passenger-cars-in-eu/

En une décennie, 50% des ventes de voitures neuves se sont donc portées du pétrole vers des véhicules partiellement ou totalement alimentés en électricité, ce qui montre un intérêt certain en faveur de cette nouvelle technologie électrique.

Par contre dans ces 50%, le tiers seulement a choisi l'électrique à batterie (VEB ), ce qui traduit une méfiance envers la solution électrique pure, c'est le moins que l'on puisse dire.

17% de part de marché pour le VEB, après plus de dix années de promotion incluant une participation des Etats au financement des achats, c'est l'expression d'une méfiance envers le tout-électrique, que l'on aurait tort de négliger.

Le catalogue des griefs est en effet bien fourni :

- Le prix de ces autos électriques est supérieur de 20 à 30% à celui des modèles thermiques équivalents toujours en vente.

- L'autonomie des modèles VEB de gamme moyenne est très inférieure à celle des modèles thermiques correspondants.

- Cette autonomie est très variable selon les conditions d'utilisation.

- Le temps de recharge des batteries est beaucoup plus long qu'un plein de carburant sur une thermique.

- La recharge rapide est possible mais fortement déconseillée par le constructeur lui-même ( !!! ).

- Les performances de la batterie diminuent au fil du temps*, rendant nécessaire son remplacement au bout d'un temps indéterminé, et ce remplacement est très onéreux, voire dissuasif.

*( pudiquement appelé «  dépréciation du cycle de vie )

- La procédure d'accès aux bornes de recharge est compliquée et peut être rebutante.

- Les caractéristiques techniques très évolutives rendent un modèle désuet après quelques années, entraînant une forte décote sur le marché de l'occasion.

- La réputation de « zéro CO2 » des voitures électriques est fortement remise en question si l'on tient compte des conditions d'extraction et de raffinage des « terres rares » entrant dans la fabrication.

- Aujourd'hui L'électricité de recharge des batteries n'est que partiellement décarbonée, ce qui réduit d'autant l'intérêt de l'électrique pour la transition énergétique.

- Les carburant pétroliers sont toujours disponibles, sans restriction des volumes et sans taxation supplémentaire dissuasive...

- De par sa conception mécanique dépourvue de boîte de vitesses, la voiture électrique n'est pas adaptée aux hautes vitesses, ni à la traction de charges lourdes, ce qui peut être rédhibitoire voire même dissuasif à la campagne où une voiture doit pouvoir tracter une remorque.

- L'achat d'un VEB aujourd'hui équivaut à une subvention à l'industrie chinoise qui domine le marché des batteries, et à un affaiblissement de l'industrie locale européenne.

Ces « particularités » du VEB constituent un sac à dos lourd à porter, d'autant plus que la plupart de ces « contrariétés » ne sont découvertes qu'à l'usage, ce qui en accentue la nuisance.

Dans cette situation, deux démarches sont possibles :

- Trouver la recette pour développer en Europe une batterie de plus de 150 kWh utiles, d'un poids inférieur à 300 kg, et supportant un régime de charge/décharge d'au moins 5C.

( beaucoup s'y investissent, mais sans succès jusqu'à présent )

- Doter la transmission du VEB d'une boîte à deux rapports.

Et le tout bien entendu sans alourdir le coût du véhicule.

En attendant la réalisation de ce programme ( assez improbable avant 2035 ? ), il faudra accepter de partager le marché avec l'hybride, mais qui n'a de sens qu'avec un carburant décarboné.

Mais quel carburant décarboné ? Et à quel prix ?

Et où s'arrêtera la part du thermique dans un PHEV ?

Et jusqu'où irons les réglementations européennes qui prétendent réguler ce marché ?

Beaucoup de questions sans réponse, de quoi justifier une certaine prudence dans une décision d'achat...

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 juin 2025 2 03 /06 /juin /2025 08:49

Le futur marché des batteries de voitures électriques.

3 Juin 2025

En France, le parc de voitures particulières ( VP ) s'élève à 40 Millions de véhicules dont l'âge moyen est de 11 ans.

Donc, comme aurait dit Monsieur de la palisse, une voiture sur deux est âgée de plus de 11 ans.

Et selon l'Argus, les véhicules de plus de vingt ans représentent encore 8 % du parc roulant.

Donc la moitié du parc de VEP est constitué de voitures de plus de 11 ans d'âge.

( Cette répartition est le résultat combiné de différents facteurs : Usure du matériel, accidents, évolution du pouvoir d'achat, évolution de la politique fiscale et/ou du coût de l'énergie, évolution de la réglementation, etc.

L'électrification du parc automobile ne modifiera pas drastiquement ces facteurs, qui sont à peu près indépendants du type d'énergie utilisée. Par contre elle fera apparaître un facteur nouveau qui est l'usure de la batterie ).

Les fournisseurs de batteries  et les constructeurs de VEB s'accordent pour annoncer une « durée de vie » de huit à dix ans en moyenne dans des conditions « normales » d'utilisation.

La batterie bénéficie généralement d'une garantie constructeur de huit ans, toujours dans les conditions normales d'utilisation ( précisées dans le contrat de garantie ). Cette garantie n'est pas toujours transmissible lorsque la voiture est revendue en seconde main.

Or cette batterie est le siège de réactions électrochimiques dont l'efficacité diminue avec le temps et les conditions d'utilisation, entraînant une baisse des performances.

Ce phénomène d'usure, s'aggrave dans des conditions d'utilisation qui sont précisément celles qui font l'intérêt de ce mode de traction, et qui sont vantées dans les prospectus commerciaux, notamment la charge rapide qui sollicite les cellules de la batterie au-delà du raisonnable, et sont nuisibles à terme pour la fiabilité et la tenue des performances dans la durée.

Selon l'origine de la batterie, en utilisation « normale », sa capacité utile se réduit dans des proportions variables ; on considère que si la capacité tombe en-dessous de 70% de sa valeur nominale, la batterie doit être remplacée.

Ceci se produit au terme d'une période indéterminée, qui peut varier entre cinq et quinze ans selon l'origine de la batterie et l'usage qui en a été fait.

( Le retour d'expérience est encore insuffisant pour avoir une information fiable sur ce paramètre, d'autant plus que les chimies des batteries sont en constante évolution ).

Cette « épée de Damoclès » fait du marché de seconde main de la voiture électrique au pire une loterie, et au mieux une cause de perte de valeur de revente puisque l'acheteur d'une « occasion » sait qu'il devra un jour ou l'autre remplacer la batterie, dont le coût est totalement dissuasif pour ce secteur de marché.

Cette situation, qui donne à la voiture électrique une réputation d'objet jetable, même non justifiée, nuit au marché de seconde main.

Et nous ne parlons même pas du marché de troisième main, qui concerne au moins le tiers des citoyens actifs, et pour qui le remplacement d'une batterie n'est même pas envisageable...

La recherche d'une autonomie augmentée entraîne une augmentation importante de la demande de matériaux pour les batteries. Passer de 50 kWh à 150 kWh entraîne le triplement du besoin sur des produits dont l'approvisionnement est déjà problématique.

Si en plus il faut prévoir non pas une, mais deux batteries au cours de la vie d'une voiture, la perspective devient dramatique.

Il est donc impératif de mettre en œuvre des mesures de nature à minimiser ces problèmes :

Cinq mesures sont souhaitables dans un premier temps :

- Développer les batteries avec l'objectif de réparabilité. Les éléments doivent être accessibles et démontables afin d'éviter d'avoir à réformer une batterie si quelques éléments sont défectueux.

- Développer la recyclabilité pour récupérer le maximum de matériaux sensibles lorsque la batterie est réformée.

- Pousser les recherches pour remplacer au mieux les matériaux sensibles par d'autres moins critiques et moins chers.

- Concevoir les batteries dans la perspective d'une seconde vie possible dans des applications à poste fixe.

- Standardiser le « packaging » des batteries pour converger vers un nombre raisonnable de modèles dans le but de faciliter le stockage et réduire les coûts.

Pour plus de détails voir :

https://www.avere-france.org/wp-content/uploads/2024/10/Vies-de-la-batterie-du-vehicule-electrique-01-10-2024.pdf

Où l'on voit qu'il y a encore beaucoup de pain sur la planche avant de stabiliser le marché de la voiture électrique, et qu'il faut se garder de porter des jugements définitifs sur ce secteur qui en est encore à ses balbutiements.

 

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30 mai 2025 5 30 /05 /mai /2025 10:32

Quand la batterie devient un SRSEE.

30 Mai 2025

La phase de lancement de la voiture électrique a montré que la batterie demeure au centre du sujet. Malgré le recours à la technologie Lithium-ion, les deux problèmes principaux subsistent :

- Pour obtenir une autonomie comparable à celle des voitures thermiques, il faut une capacité utile ( disponible de 10 à 80% ) de l'ordre de 150 kWh*, ce qui entraîne, dans la technologie actuelle, un poids déraisonnable outrepassant les maxima imposé par les normes, et un coût dissuasif .

*( Ces valeurs correspondent à une consommation autoroutière de 20 kWh aux cent km ).

- Pour obtenir un temps de recharge de dix minutes de 10 à 80% avec de telles batteries, il faudrait des bornes de recharge d'une puissance de 1,5 Mégawatt, non disponibles aujourd'hui sauf à titre de démonstration dans quelques pays hautement développés.

( Le dernier modèle de ALPINE ( A 190 ) est équipé d'une batterie de 90 kWh avec une puissance max de charge de 190 kW ( Régime 2C ) , donc encore très très loin du but recherché, malgré un poids supérieur à deux tonnes...).

Ces deux problèmes liés, dont la solution conditionne la taille du marché accessible, c'est-à-dire les investissements industriels, sont au cœur du débat.

Une chose est de fabriquer des voitures destinées à une clientèle aisée de pays développés, et une autre chose est de procurer une alternative électrique financièrement capable de remplacer le milliard ( 1 000 000 000 ) de véhicules thermiques en circulation sur la Planète.

A ces deux problèmes majeurs viennent s'ajouter ceux qui sont liés à l'utilisation dans ces batteries de matériaux nouveaux pour lesquels les sources d'approvisionnement posent des problèmes d'éthique et de disponibilité à long terme.

Or, plus la capacité des batteries augmente, et plus la quantité de ces produits critiques augmente, laissant craindre des difficultés d'approvisionnement lorsque la demande sera au rendez-vous.

L'objectif de base du passage à l'électrique demeure la réduction de l'empreinte carbone du secteur des transports.

Or, une analyse exhaustive de l'empreinte carbone des différentes phases de la vie d'une batterie de voiture électrique montre que l'objectif de base n'est pas toujours atteint, et qu'il y a lieu de focaliser l'attention des organismes de normalisation sur ce problème afin d'éviter que les effets secondaires du remède ne soient pires que le mal qu'il est sensé combattre...

Rappelons au passage que l'origine de l'électricité chargée dans la batterie est susceptible de contribuer à l'empreinte carbone de la voiture électrique.

En effet, l'électricité décarbonée n'existe encore significativement que dans les pays développés ; dans le reste du monde ( y compris en Europe ) l'électricité n'est décarbonée que dans une faible proportion, ce qui peut entraîner pour une voiture électrique, une empreinte carbone supérieure à celle d'une thermique à pétrole !!!

( En tenant compte de l'empreinte carbone de la batterie elle-même, qui est nulle sur une voiture thermique ).

Un autre aspect à prendre en compte à propos de ce nouvel intrant qu'est la batterie, est son impact écologique et humanitaire, pour les différentes phases de son existence :

- Extraction des matériaux, raffinage, seconde vie, recyclage des matériaux.

- Comportement en cas d'accident et/ou d'incendie.

- Compatibilité avec une utilisation en seconde vie.

- Possibilité de remplacer des éléments défectueux.

- Toxicité des matériaux.

- Conditions de stockage.

Etc...

Toutes ces données doivent être renseignées pour qu'une batterie soit un produit industriel et non un objet mal défini pour lequel il est impossible de faire un pronostic de fiabilité.

Ce qui est fâcheux pour un équipement dont le coût de replacement est dissuasif.

Les performances et la fiabilité d'une voiture électrique sont celles de sa batterie.

- Au premier chef bien sûr l'autonomie, qui dépend de la capacité utilisable et du régime de charge toléré.

- En second lieu la puissance disponible, qui dépend de la capacité et du régime de décharge toléré par la batterie. Le moteur n'est là que pour transmettre aux roues la puissance de la batterie.

- En troisième lieu le temps d'une recharge rapide, qui dépend de la puissance acceptée par la batterie et de l'échauffement des éléments.

- En quatrième lieu la température maximale tolérée, dépendant de la structure interne de la batterie et de son dispositif de refroidissement.

- En cinquième lieu la température minimale tolérée, fonction de la chimie de la batterie.

- En sixième lieu, la protection contre l'emballement thermique et les court-circuits externes.

- En septième lieu, la réparabilité en cas de défaillance d'un ou plusieurs éléments.

- En huitième lieu la possibilité, ou pas, d'assurer à la batterie une seconde vie dans une application fixe lorsqu'elle est réformée pour l'usage routier.

Selon le comportement de la batterie dans tous ces cas de figure, la voiture sera une bonne voiture ou un fardeau pour son propriétaire.

Les performances d'une batterie ne peuvent être exploitées convenablement que si elle est associée à un organe essentiel qui est le gestionnaire d'énergie ( BMS, Battery Management System ).

Il s'agit d'un système d'exploitation spécifique dont le « hardware » et le « software » sont conçus et programmés pour un type de batterie montée dans un modèle de voiture déterminé.

L'ensemble (BMS + Batterie) est indissociable et constitue un SRSEE ( Système Rechargeable pour le Stockage d'Energie Electrique ).

Comme tout composant commercialisé, le SRSEE doit être conforme à une norme et donc satisfaire une procédure d'homologation et de conformité aux spécifications revendiquées dans le descriptif commercial.

Il est difficile de définir une norme dans un secteur aussi évolutif que celui des batteries de voitures électriques.

Aujourd'hui le Lithium, demain peut-être autre chose, avec une autre chimie, une autre gamme de tensions. La normalisation d'aujourd'hui ne peut donc porter que sur des paramètres environnementaux en relation avec la gamme de température, l'accessibilité, la sécurité, la protection contre les emballements thermiques, la robustesse mécanique, la tenue aux vibrations, le système de refroidissement, la gamme de température tolérée, l'accès aux informations de sécurité, le degré de réparabilité, les risques de dégagement de produits toxiques en cas d'incendie, les procédures à suivre en cas d'accident et/ou de feu, le degré de réutilisation ( seconde vie ), les conditions de stockage, de transport, de manutention, le marquage, et toutes choses concernant les conditions générales et environnementales, quelle que soit la technologie de la batterie.

La nature des composants chimiques utilisés, leur dangerosité, et leur provenance, devront être affichés visiblement sur la batterie, et accessibles grâce à un QR code.

Pour ce qui concerne le suivi des caractéristiques électriques dans le temps, le BMS devra les mesurer, les enregistrer, et les tenir à disposition du service de maintenance, éventuellement de l'utilisateur.

( La revente en occasion d'une voiture électrique n'est imaginable que si l'acheteur dispose d'un état certifié des paramètres du SRSEE ; c'est évident, mais encore fallait-il le rappeler ).

La mise en place de cette procédure est du ressort des organismes de normalisation internationaux.

Pour l'Union Européenne, voir le règlement EU 2023/ 1542-3

https://izi-by-edf.fr/blog/reglementation-europe-batterie-voiture-electrique/

En particulier la création du passeport électronique sous forme de QR code apposé sur la batterie.

Ce programme de clarification, étalé jusqu'à l'horizon 2036, sera évidemment remis à jour en fonction de l'évolution de la technologie des batteries ( matériaux critiques ), du retour d'expérience sur la recyclabilité, la seconde vie des batteries, la réparabilité, etc.

Ce calendrier, dont la complétude est projetée pour 2036, traduit le caractère évolutif du problème des batteries de voiture, ce qui n'est pas pour rassurer les futurs acheteurs, du moins ceux qui croient encore que l'achat d'une voiture est un placement et non un objet de consommation...

Il faut parler aussi d'un problème jamais évoqué, qui est l'interchangeabilité des batteries.

Aujourd'hui il n'existe aucune normalisation du « packaging » de l'ensemble SRSEE. Ce qui ne permet pas de faire jouer la concurrence lors d'un remplacement de la batterie. On ne peut donc pas espérer une baisse du coût sur ce qui est un marché captif.

Compte tenu du coût exorbitant de cette opération, et de l'âge de la voiture qui la nécessite ( une dizaine d'années en général ) la voiture est bonne pour la casse, alors qu'une thermique de dix ans bien traitée est encore dans un état satisfaisant et donc avec une valeur résiduelle convenable.

Ce problème doit être traité impérativement, en même temps que la réparabilité, pour ouvrir la voie à un programme de réduction des coûts, indispensable à l'ouverture du marché.

L'autre point de blocage réside dans le réseau de rechargement des batteries.

Des batteries de 150 kWh, voire davantage, ne pourront être rechargées en dix minutes que s'il existe des bornes capables de délivrer 1 200 kW , ce qui est loin d'être le cas.

D'autre part l'accès aux bornes est beaucoup trop compliqué, il faut retrouver la simplicité du système utilisé sur les bornes pétrolières.

Encore beaucoup de travail de normalisation...


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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13 mai 2025 2 13 /05 /mai /2025 17:06

La batterie de voiture électrique et son BMS, une usine à gaz.

13 Mai 2025

Les batteries au Lithium actuelles de nos voitures électriques ( NMC et LFP par exemple ) sont réalisées en assemblant des éléments au Lithium dont la tension nominale est d'environ 3,2V.

Le marché des voitures électriques de grande série a été initialisé à partir de prétentions relativement modestes, compatibles avec les technologies de batteries disponibles à l'époque, pour des moteurs d'environ 100 CV, ( # 70 kW ) et une capacité d'environ 30 kWh pour une autonomie de 150 à 200 km.

( Les 100 CV pouvaient être obtenus avec un régime de charge/décharge de 2,5 C, maximum possible avec la technologie disponible et le prix de marché praticable ).

Le compromis courant/tension choisi pour la batterie devait tenir compte des possibilités technologiques des moteurs électriques, de la nécessité d'économiser le cuivre ( plus le courant est fort et plus les conducteurs en cuivre doivent être gros...) et des possibilités des semiconducteurs de l'époque, qui devaient équiper l'onduleur alimentant le moteur, et donc supporter la tension de batterie.

Le choix s'arrêta sur 400 V environ pour la tension.

(Aujourd'hui on peut aller jusqu'à 1 500 V avec les nouvelles technologies de semiconducteurs.

Ces tensions seront nécessaires pour l'électrification des camions qui seront équipés de grosses batteries nécessitant des bornes de recharge à plus de 800 V pour des puissances supérieures à 1000 kW ).

Les batteries actuelles sont aujourd'hui encore en 400 V très majoritairement.

Pour avoir ces 400V il faut donc placer 125 Cellules de 3,2 V en série.

En fonctionnement, ces cellules s'échauffent comme toute batterie parcourue par du courant, et donc dégagent de l'énergie thermique.

( Cette énergie, perdue pour la propulsion de la voiture, pénalise le rendement global de 5 à 10% et s'ajoute à l'énergie perdue dans la phase de recharge de la batterie ).

Pour facilité la dissipation de la chaleur dégagée pendant la recharge et/ou la décharge, il est nécessaire de fractionner les cellules en sous-cellules afin de permettre au fluide refroidisseur d'accéder à chaque élément, et à la chaleur interne des éléments de s'évacuer rapidement afin d'éviter les points chauds.

Pour cela, on dispose en parallèle plusieurs « chapelets » de 125 cellules de 3,2 V.

Il y a ainsi n fois 125 éléments de 3,2 V dans une batterie de 400 V, avec n= 2, 3 ou 4, voire plus.

Une batterie de 400 V au Lithium contient ainsi plusieurs milliers d'éléments de 3,2 V.

( Certains modèles de Tesla contiennent plus de 8 000 cellules élémentaires!!!).

Chacune de ces cellules vit sa vie propre et, malgré la précision des procédés industriels mis en œuvre, les cellules élémentaires présentent des dispersions de caractéristiques, certes très faibles, mais suffisantes pour entraîner des petites dispersions qui évoluent avec le temps.

Ces dispersions affectent le comportement de chaque cellule pendant la charge, la décharge, les dégagements de chaleur, le vieillissement, la courbe de charge, de décharge, les points chauds, qui peuvent parfois rapidement compromettre les performances et la fiabilité.

Ces nombreux éléments interconnectés doivent être individuellement gérés afin de répartir la charge et la décharge de manière homogène, de tenir à jour l'état de charge ou de décharge des éléments, de procéder à des équilibrages entre éléments, de mesurer la température de chaque élément, détecter les zones de surchauffe et prendre les contre-mesures adéquates, éventuellement neutraliser certains éléments défectueux, tenir toutes ces données en mémoire, établir l'état de santé de chaque élément ( SOH ), l'état de charge ( SOC), tenir le journal des éléments de la vie de la batterie, gérer les conditions de recharge en conséquence, communiquer avec les bornes de recharge, gérer le système de refroidissement de la batterie, et bien d'autres indicateurs notamment pour le calcul de l'autonomie en fonction du soutirage de courant, de la température extérieure, les accessoires en service, etc...

Toutes ces tâches sont accomplies par le BMS ( Batterie Management System ) dont le rôle est absolument essentiel, ce qui en fait le cœur de la voiture.

Le BMS est ainsi chargé, entre autres tâches, de surveiller tout cela et de mettre en œuvre les mesures correctrices pour préserver le bon fonctionnement de la batterie.

Il est également chargé de tenir à jour les données de chaque élément afin de gérer les conditions d'utilisation et d'éviter les situations potentiellement dangereuses.

Pour cela il faut ( il faudrait) que le BMS ait un accès à chaque éléments de la batterie pour faire les mesures nécessaires afin de déclencher les contre-mesures.

( Détection des points chauds, déconnexion si nécessaire, mesure de la tension, de la température, égalisation des charges, etc.).

On imagine sans peine l'ampleur du problème quand il s'agit de surveiller individuellement un ensemble de plusieurs milliers de cellules.

Parmi les multiples paramètres que le BMS doit surveiller dans chacune des cellules élémentaires et ramener à la bonne valeur, il y a la détection de points chauds qui peuvent conduire au pire s'ils ne sont pas réduits rapidement.

La température est donc un paramètre clé qu'il faut maîtriser pour d'une part maintenir la température moyenne dans les meilleures limites ( Entre +15 °C et +35 °C ) et d'autre part pour détecter le risque d'un point chaud susceptible de déclencher un incendie, et prendre les mesures adéquate pour l'éviter..

Le BMS est ainsi une véritable centrale de régulation qui prend le contrôle des quelques milliers de petits éléments de 3,2 Volts grâce à des sondes disposées à l'intérieur de chaque cellule.

Grâce à ces sondes, le BMS connaît à chaque instant le courant, la tension, la température, de chaque élément, qui sont enregistrés dans une mémoire ad-hoc et tenus à la disposition d'un contrôleur ( microprocesseur ).

Ce microprocesseur confronte ces valeurs dynamiques aux données références et en déduit les corrections nécessaires qui sont envoyées en retour vers les éléments concernés.

Les valeurs recueillies par les sondes, et gardées en mémoire, permettent ainsi au BMS de contrôler les phases de charge et de décharge de la batterie, d'équilibrer les courants dans les éléments, de contrôler la climatisation de la batterie ( Sondes de température et système de refroidissement), de détecter un éventuel point chaud, et de contrôler les phases de charge et de décharge en fonction de l'état de santé des éléments et de la température. Les éléments de base de chaque élément sont mémorisés : Etat de charge ( SOC ), état de santé ( SOH ), nombre et nature des recharges, et bien d'autres paramètres selon la sophistication du système.

Par ailleurs, le BMS communique avec les autres modules de gestion du véhicule pour connaître les conditions d'utilisation du véhicule, et avec le module de gestion de la recharge de la batterie.

La fonction BMS est partagée en deux blocs :

Un bloc haute tension, qui réunit les sondes au contact direct des cellules, met en forme les signaux et les code pour les envoyer vers le microcontroleur.

Un bloc basse tension qui réunit le ou les microcontrôleurs, et assure l'interface avec les autres fonctions électroniques de la voiture.

Les deux blocs du BMS communiquent par des liaisons numériques non galvaniques évidemment.

La durée de vie de la batterie dépend directement de la qualité et du bon paramétrage du BMS.

La fiabilité du BMS est particulièrement importante dans la mesure où une défaillance du système peut entraîner, entre autres, une perte de contrôle de la température de batterie avec les conséquences que l'on connaît.

La gamme de température de fonctionnement à l'intérieur de laquelle le composant est spécifié est très importante .

L'AFNOR définit plusieurs gammes pour les composants électroniques :

- Gamme dite « commerciale » : 0°C à + 70 °C (interdite dans l'automobile, sauf pour les gadgets inutiles).

- Gamme dite industrielle : - 40 °C à + 85 °C

- Gamme Militaire : - 55 °C à + 125 °C

Pour les composants destinés à l'automobile, les industriels « sérieux » exigent souvent la gamme industrielle étendue à + 100°C .

( Température atteinte sous le capot d'une voiture stationnée dehors en été dans certaines régions.)

D'autre part, compte tenu du grand nombre de connexions dans le système (BMS + Batterie) dans la voiture, et du rôle important du BMS dans la chaîne de sécurité, il est essentiel de pouvoir garantir un lambda ( taux de défaut par unité de temps ) particulièrement faible.

( A rapprocher des systèmes de conduite autonome en cours d'expérimentation...qui ne souffrent pas l'à peu près )

Le BMS est programmable en fonction du type de batterie associée, des spécifications du fabricant de la batterie et des besoins propres du constructeur de la voiture.

Cette programmation doit être remise à jour périodiquement en fonction du vieillissement de la batterie, et des remises à jour du logiciel de ce BMS par le constructeur ( un peu comme le logiciel d'exploitation d'un PC ).

( Certaines mises à jour peuvent être réalisées par télétransmission si la voiture est connectée, ce qui est de plus en plus le cas...).

La mémoire du BMS enregistre l'historique de la batterie, le type des recharges utilisées, leur nombre, et les incidents éventuels.

Ces informations sont ( en principe ) disponibles à disposition du personnel spécialisé chargé de la maintenance, et certaines d'entre elles doivent ( devraient ) être certifiées et jointes au dossier de vente d'un véhicule de seconde main.

Tout bricolage est évidemment fortement déconseillé, le résultat peut coûter très cher...à commencer par l'annulation de l'assurance batterie, et au pire par l'incendie de la voiture ...

Le Contrôle Technique obligatoire ne prend pas en compte la gestion de la batterie d'une voiture électrique, il n'inclut que les éléments extérieurs en rapport avec la sécurité, comme les fixations, les traces de chocs ou d'enfoncements, les fuites, l'oxydation, l'état des câbles, etc.

Le bloc (batterie + BMS) constitue le cœur de la voiture électrique ; il est donc essentiel de pouvoir suivre l'évolution de son état de santé, qui reste encore aujourd'hui « terra incognita » pour ce qui concerne l'accès aux données essentielles, sauf sur certains modèles de haut de gamme.

Un des objectifs du groupe de travail de la Commission européenne est de :

« rendre possible la mise à disposition non-discriminatoire de données

dynamiques relatives aux batteries »

voir :

https://www.avere-france.org/wp-content/uploads/2024/10/Vies-de-la-batterie-du-vehicule-electrique-01-10-2024.pdf

 

 

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