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11 octobre 2025 6 11 /10 /octobre /2025 17:13

La transition énergétique enfin sur les rails ?

11 Octobre 2025

La transition énergétique est une nécessité justifiée par au moins deux raisons impérieuses :

- Tenter d'éviter la catastrophe climatique due à l'accumulation dans l'Atmosphère du CO2 émis par la combustion des fossiles.

- Remplacer ces sources d'énergie fossiles, dont l'épuisement prochain mettra fin à la civilisation des machines.

Des solutions de remplacement existent et sont déjà exploitées, mais leur contribution est encore très minoritaire.

Cette transition, dont la nécessité est reconnue internationalement depuis plusieurs décennies, piétine et les fossiles sont toujours très largement dominants dans le mix énergétique mondial.

Cette lenteur dans la transition énergétique peut être attribuée à plusieurs causes :

La première cause est la formidable inertie du monde des machines qui permettent à la civilisation actuelle d'exister, et qui est maintenue en vie par les fossiles. Ce monde technologique est en général indifférent aux menaces climatiques et n'a aucune raison de se remettre en question tant que les fossiles sont disponibles. Et ils le sont encore pour quelques décennies...

( De nombreuses centrales thermiques fournissent encore une part importante de l'électricité ).

La deuxième cause est que le charbon, le pétrole, et le Gaz naturel, peuvent être utilisés directement ( ou presque ) pour actionner des machines ou produire de la chaleur, alors que les sources d'énergie décarbonée ne sont exploitables qu'après avoit été transformées dans des machines :

Eoliennes, panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques, centrales hydroélectriques, centrales thermiques, centrale nucléaires, etc, qui nécessitent des investissements colossaux, et qui ne fournissent que de l'électricité !.

Et, en plus, cette électricité ne peut être utilisée qu'à la condition de modifier toutes les machines qui fonctionnent actuellement avec des fossiles.

Ce formidable chambardement coûtera des milliers de milliards, que personne n'est prêt à investir sans de profondes motivations. Les incitations ne sont pas suivies d'effets, les taxes carbone sont répercutées sur les clients qui sont captifs, les engagements des états se heurtent aux impératifs des marchés, et les choses restent en l'état...

La troisième cause réside dans la technicité de cette transition, et dans l'obligation d'atteindre une rentabilité commerciale pour concurrencer les fossiles.

L'électricité produite avec un parc solaire ne doit pas être plus onéreuse que celle qui sort d'une centrale thermique ; la rentabilité financière d'un parc éolien doit justifier les investissement consentis.

( Et sans glisser sous le tapis le coût des installations de compensation de l'intermittence ).

La quatrième cause résulte de la nécessité de disposer d'un réseau de distribution électrique très puissant pour distribuer l'énergie électrique là où on en a besoin, et l'on sait que cette condition n'est pas réalisée partout.

La cinquième cause concerne la difficulté technologique rencontrée dans l'adoption de l'électricité en remplacement des fossiles. L'exemple de l'électrification des transports est typique des problèmes systématiques rencontrés ; seuls certains véhicules légers peuvent être électrifiés, les autres devront utiliser un autre carburant pendant encore longtemps.

D'autres applications ne s'accommoderont pas bien de l'électricité, les avions bien sûr, mais aussi les transports maritimes, et certaines procédures industrielles.

La sixième cause, et non la moindre, est l'impossibilité de stocker de grandes quantités d'énergie électrique sous des formes transportables, ce qui interdit de constituer facilement des stocks de sécurité.

( Les barrages hydroélectriques inclus dans le parc de production ne peuvent pas servir aussi au stockage de longue durée...).

Par contre le combustible nucléaire peut se stocker très bien, à condition de disposer de réserves suffisantes, et d'en assurer la disposition. Ce procédé est à l'étude et doit être inclus dans le PPE3, mais sa mise en œuvre exige des compétences et des règles de sûreté qui ne supportent pas l'amateurisme.

La septième cause de la réticence à passer à l'électricité décarbonée est le changement de technologie.

Le remplacement d'une centrale électrique à Gaz ou a charbon par une centrale nucléaire, représente un énorme saut technologique, et réclame des compétences particulières pour la conduite des réacteurs et le respect des règles de sureté.

Une huitième cause, et non des moindres, est le coût de l'électrification d'un monde construit autour des fossiles. Ce coût global ne doit pas compromettre les résultats financiers des entreprises, quelles qu'elles soient.

L'abandon des fossiles, qui sont de la matière concrète, au profit de l'électricité, qui reste à produire, comporte donc des aspects susceptibles de susciter une certaine méfiance, et de ralentir le mouvement de transition.

Ceci peut suffire à expliquer le manque d'enthousiasme des industriels qui redoutent d'abandonner la proie pour l'ombre... Encore une minute Monsieur le bourreau...

L'énergie décarbonée dont nous aurons besoin pourra se présenter sous trois formes :

- D'une part de l'électricité, fournie par l'éolien, le solaire, le nucléaire, l'hydroélectrique et quelques centrales à biogaz.

- D'autre part des biocombustibles liquides, solides ou gazeux, avec lesquels on pourra faire ce que l'on fait aujourd'hui avec les combustibles fossiles*.

- Enfin, des carburants de synthèse, mais qui ne sont pas encore disponibles aujourd'hui.

* ( A ceci près que les quantités accessibles seront inférieures, de plusieurs ordres de grandeur, aux quantités de pétrole et de Gaz naturel fossiles consommés aujourd'hui....).

Avant de se lancer dans un programme d'investissements dans la construction d'installations de production d'électricité, de chaleur, ou de biocombustibles, chaque pays doit identifier ses besoins, les capacités d'énergie renouvelable déjà existantes, et l'évolution des besoins énergétiques à court, moyen, et long terme.

Ensuite, il faut identifier les types de sources d'énergie qui conviennent au territoire considéré.

( Régime des vents, ensoleillement, zones propices à l'édification de barrages, connexion avec les pays voisins, ressources en bois, zones côtières et plateau continental, espace agricole et forestier, ressources en biométhane, ressources en eau, potentiel pour l'agroénergie, etc ).

Selon les données géographiques, les choix seront différents, le but étant d'obtenir une certaine complémentarité entre le Solaire, l'éolien, l'hydroélectrique, la biomasse énergie, la Géothermie, et le nucléaire éventuellement, au moins au niveau régional tenant compte des échanges transfrontaliers.

Parallèlement à la préparation des projets concernant la production ( Généralement de l'électricité ), il faut évidemment créer, ou renforcer, le réseau de distribution de cette énergie nouvelle, et les points de distribution dont la puissance devra être augmentée significativement pour accueillir les applications électriques nouvelles ( Par exemple créer un réseau de rechargement des batteries pour les voitures électriques ).

Lorsque le projet concerne de l'éolien et ou du Solaire photovoltaïque, il doit être accompagné des moyens ( quels qu'ils soient ) de compensation de l'intermittence de la production ). Ces moyens de relève peuvent être du stockage électrochimique, des STEP ou une ou plusieurs centrales thermiques à biogaz, voire même un groupe électrogène dans le cas de petites installations.

Ces moyens « hardware » de relève d'une production intermittente doivent être complétés par un programme de gestion intelligente du réseau, avec gestion programmée des délestages.

Remplacer une électricité carbonée par une électricité décarbonée est une chose relativement simple.

Mais remplacer une consommation d'énergie fossile par de l'électricité est une autre paire de manches.

On peut théoriquement remplacer le pétrole et le gaz fossiles par du biocarburant et du biogaz.

Cela se fait, mais en général à petite échelle car les biocombustibles doivent d'abord être fabriqués, ou achetés à l'extérieur, ce qui n'est pas dans la politique d'indépendance énergétique, et de plus ils sont considérés comme nuisibles par rapport aux cultures vivrières et à la préservation du couvert forestier.

On préfère en général remplacer les combustibles fossiles par de l'électricité décarbonée.

Mais cela impose de modifier toutes les applications consommatrices d'énergies fossiles pour les adapter à l'électricité.

Ce qui est une entreprise de grande ampleur, et d'un coût exorbitant.

Il faudrait en effet convertir à l'électricité toutes les applications initialement prévues pour fonctionner avec des fossiles :

Véhicules particuliers et utilitaires légers.

Installations de chauffage au fuel ou au charbon.

Production de chaleur basse, moyenne, et haute température dans l'industrie.

Processus industriels : aciéries, métallurgie, sidérurgie, cimenteries, etc..

Engins de chantiers et agricoles divers.

Transports lourds routiers, maritimes, aériens .

Le mix énergétique basculera sur l'électricité, au détriment des fossiles .

Cette mutation, ne pourra s'accomplir que sur la durée de plusieurs décennies .

Ces principes généraux seront adaptés à chaque région, voire même à chaque pays, en fonction des besoins particuliers, des ressources énergétiques propres, de la densité de population, des prévisions économiques locales, du plan de développement, et des besoins industriels.

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Où en est la France ?

En temps que membre de la communauté européenne, la France, tout en conservant l'initiative de sa politique énergétique, doit tenir compte des directives européennes, ce qui conduit à la recherche permanente d'un équilibre pas toujours très clair, et préjudiciable à la conduite d'une politique énergétique stable dans le temps.

La politique énergétique de la France est supposée tenir compte des choix de Bruxelles concernant les engagements sur la réduction des émissions de CO2.

La consigne de Bruxelles est le fameux « Fit for 55 », qui « impose » de réduire le taux de CO2 d'ici en 2 030 à 55% de sa valeur en 1 990.

Pour avoir une chance de respecter cet ukase, il faut « booster » la part des renouvelables dès maintenant.

Les deux grandes familles productrices d'électricité décarbonée sont le solaire et l'éolien d'une part, et le nucléaire d'autre part.

Pour construire un parc éolien et/ou solaire, il faut deux ou trois ans.

Il faut au moins dix ans pour un parc nucléaire.

L'ukase de Bruxelles ne pourra donc être respecté qu'avec du solaire et/ou de l'éolien.

Ce qui augmentera considérablement la vulnérabilité des réseaux à cause de l'intermittence de ces sources.

( « Et voilà pourquoi votre fille est muette... » aurait-on dit en d'autres temps ).

La politique de la France est évidement exactement opposée, puisqu'elle est basée sur le nucléaire, sans pour autant négliger l'éolien et le solaire, mais en gardant leur potentiel d'intervention en dessous du niveau critique au-dessus duquel il peut arriver ce que nous avons vu en Espagne.

RTE tire évidemment le signal d'alarme en insistant sur l'importance du nucléaire :

Une fois écarté les fossiles ( ce qui est le but de la transition ) le Nucléaire sera la seule possibilité de constituer des stocks stratégiques d'énergie. Ces stocks seront constitués du combustible en cours de fabrication et des stocks de matériau de base.

L'éolien et le solaire sont évidemment incapables d'assurer cette fonction. Et les barrages ne peuvent assurer qu'une réserve de courte durée.

Il a donc un point de friction qui devra être résolu.

( Un de plus, qui viendra s'ajouter à la contestation de l'ukase de 2035 sur l'interdiction des voitures thermiques...)

On voit qu'il reste encore des points très importants à éclaircir dans la stratégie européenne de sortie des fossiles.

Par ailleurs confier systématiquement à des réacteurs nucléaires le soin de compenser les soubresauts du solaire et/ou de l'éolien est contre-nature et cause d'usure prématurée préjudiciable à la durée de vie du matériel.

On peut alors être amenés à développer un parc de centrales thermiques à gaz ( Biogaz évidemment ) dont le rôle essentiel serait d'appuyer les centrales hydroélectriques et les STEP pour la compensation de l'intermittence des renouvelables.

Mais tout cela va coûter cher et pénalisera les coûts de revient...

( Le coût réel de l'énergie du vent et du soleil doit inclure le coût des installations de compensation de leur intermittence ).

On voit ainsi que la politique énergétique de Bruxelles n'est pas forcément en accord avec les orientations souhaitées par les états, du moins ceux qui sont nucléarisés.

126 réacteurs nucléaires ( dont 56 en France) sont opérationnels dans 13 pays de l'UE.

(Dans les pays disposant d'un parc électronucléaire suffisant pour fournir l'électricité nécessaire, l'utilité de parcs éoliens et/ou solaires est discutable, sauf à démontrer que le coût de l'électricité solaire ou éolienne, incluant la compensation de l'intermittence, est réellement moins élevé ).

L'électricité produite par la France est déjà décarbonée ( Nucléaire et renouvelables ). Il n'y a donc pas le feu au lac.

Par contre, l'électrification d'applications qui utilisent aujourd'hui des fossiles, conduira évidemment à augmenter la demande d'électricité.

Les deux applications « à la mode » sont aujourd'hui la voiture électrique et la climatisation par pompes à chaleur, qui peuvent à terme nécessiter 300 TWh d'énergie électrique.

Cette énergie n'existe pas aujourd'hui .

Il faudra donc la fabriquer.

Avec du nucléaire, il faudra 25 réacteurs de 1 600 MW ( genre EPR ).

Si l'on croit en la transition énergétique, il faut lancer tout de suite cette série de réacteurs.

Mais si les achats de voitures électriques et de pompes à chaleur ne sont pas au rendez-vous, alors l'argent aura été gaspillé.

Donc il faut y aller, mais sur la pointe des pieds...

En fait, 14 réacteurs ont été programmés, en deux fournées, dont une partie servira à remplacer quelques vieux chaudrons, et le reste sera destinés à fournir les kWh demandés par les voitures électriques et les pompes à chaleur dont le marché sera en croissance, du moins on l'espère.

En contrepartie, l'électrification des voitures, la généralisation des pompes à chaleur, et les résultats de la campagne d'isolation des bâtiments, réduiront fortement la demande d'énergie fossile, qui pourrait tomber de 1000 TWh aujourd'hui, à 500 TWh, voire moins, dans deux ou trois décennies.

500 TWh, c'est encore beaucoup, beaucoup trop si l'objectif est d'éliminer les fossiles.

Cette énergie fossile « résideuelle », est utilisée par différents secteurs :

Les transports lourds routiers, maritimes, aériens.

Les engins de chantiers.

L'agriculture et la pêche.

La construction.

Les travaux publics.

L'industrie lourde : cimenteries, aciéries, métallurgie.

La Pétrochimie.

Les Matières plastiques.

L'Agroalimentaire.

L'Aéronautique.

Etc...

Une partie de ces secteurs devra, à terme, s'orienter vers l'électricité, ou vers les biocarburants ou les carburants synthétiques.

Pour ce qui concerne le mouvement de transition énergétique, on peut donc dire que le train est sur les rails, mais l'itinéraire reste douteux, il n'y pas de chef de train, il manque encore certains wagons, l'itinéraire est encore incertain, et le prix des billets risque de faire grincer quelques dents...

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7 octobre 2025 2 07 /10 /octobre /2025 10:45

De l'implacable réalité des données chiffrées.

07 Octobre 2025

Le monde de demain sera donc électrique, c'est du moins la tendance suivie par la campagne promotionnelle de la transition énergétique, qui privilégie les sources d'énergie décarbonées délivrant leur énergie sous forme d'électricité :

Eoliennes, panneaux solaires photovoltaïques, hydroliennes, centrales hydroélectriques, centrales électronucléaires, centrales à biogaz, centrales géothermoélectriques, sont les vedettes qui constituent l'essentiel de l'arsenal mobilisé pour remplacer les fossiles.

Bien sûr les autres procédés décarbonés ou à carbone recyclable ( EnRth ) ne sont pas ignorés :

Panneaux solaires thermiques, Géothermie, centrales Solaires à concentration, Cogénération, biomasse solide, liquide ou gazeuse ( biogaz), carburants de synthèse, décarbonés ou à carbone recyclable, qui peuvent fournir de la chaleur et/ou de l'électricité, actionner des moteurs thermiques, mais qui ne reçoivent pas ( pas encore ) la considération à laquelle ils pourraient prétendre.

Le Biogaz peut être utilisé dans des centrale électriques en compensation de l'intermittence des renouvelables éolienne et solaire... .De l'électricité peut être obtenue avec la géothermie haute température.

Mais l'utilisation énergétique à grande échelle de la biomasse est potentiellement nuisible à la préservation des cultures vivrières et du couvert forestier, et son impact sur l'albedo de la Planète est aujourd'hui mal renseigné. Or l'albedo est l'un des paramètres principaux du réchauffement climatique, avec le CO2 atmosphérique, et les nuages évidemment .

Quant aux carburants décarbonés ou à carbone recyclable de troisième génération, Leur processus de production est toujours en étude, particulièrement la capture du carbone. A revoir dans deux ou trois ans...

Il existe ainsi deux voies (complémentaires ) pour réaliser la transition énergétique :

La voie des puristes, entièrement décarbonée, qui fournit de l'énergie sous forme d'électricité, et à laquelle a été rattaché l'électronucléaire, plus parce qu'il fournit beaucoup d'électricité qu'en raison de sa « pureté » très discutable...

( La fusion nucléaire, toujours en quête de faisabilité, demeure une promesse pour un avenir lointain...).

La voie des pragmatiques, qui savent très bien que l'électricité ne pourra pas remplacer le pétrole, le gaz naturel, et le charbon, dans toutes leurs applications énergétiques ou pas, ni dans toutes les régions de la Planète, et que des substituts à carbone recyclable seront indispensables, qu'ils soient obtenus à partir de la biomasse ou par synthèse.

Ces deux groupes se partageront la tâche de prendre le relais des fossiles afin que les sociétés humaines ( au moins certaines...) puissent continuer à mener grand train.

En effet, la tâche est tellement immense qu'il serait illusoire de penser que la seule électricité suffira à satisfaire tous les besoins.

( On peut facilement transporter 50 000 kWh d'énergie au fond de la brousse dans un petit camion avec une petite citerne à fuel, mais c'est totalement impossible avec de l'électricité, qui nécessite un réseau, et il n'y a pas de réseau au fond de la brousse...)

Toutes ces sources d'énergie alternatives aux fossiles sont déjà exploitées , mais leur contribution est encore modeste, bien que non négligeable ; elles fournissent 13,5% de la totalité de l'énergie consommée par la planète.

( Source : Energy Institute Statistical Review of World Energy 2025 ).

Il est encore beaucoup trop tôt pour savoir quels procédés auront la préférence, ni bien sûr quelles sera la part de l'électricité dans le mix énergétique mondial du prochain siècle.

En fait, la grande diversité des moyens de production d'énergie décarbonée génère un problème de choix, plutôt préjudiciable à la prise de décision.

(Voir par exemple en France la querelle éoliennes contre nucléaire ...)

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Passer à l'électrique ne sera pas chose facile :

L'abandon des fossiles impose un changement de paradigme :

L'énergie des fossiles est disponible à la sortie du trou de forage ( à peu de choses près) alors que l'énergie des renouvelables doit être extraite à partir du vent, du soleil, de l'eau qui s 'écoule, du minerai d'Uranium*, ou de la culture de plantes adéquates.

*( Sans parler des réacteurs à fusion, dont la mise au point, toujours en cours, est extrêmement pointilleuse et horriblement onéreuse...)

Cette couche supplémentaire de « machines » ( Eoliennes, panneaux solaires, centrales hydroélectriques, centrales thermiques, centrales nucléaires, fermes d'agrocaburants, etc ) représente

des investissements colossaux, alors que les fossiles sont aujourd'hui « livrés à domicile » prêts à l 'emploi.

L'abandon des fossiles pour les renouvelables électriques nécessite ainsi une industrialisation du territoire qui revêt un triple aspect :

D'abord fabriquer l'électricité dont on aura besoin*

* ( Il est bien entendu exclu d'alimenter les applications électriques avec de l'électricité fabriquée à partir des fossiles!!! mais qui aurait une telle idée ? )..

Ensuite construire le réseau électrique suffisamment puissant pour l'acheminer .

Enfin, modifier le « tissu » des applications conçues pour les fossiles, et les adapter à l'électricité.

Les pays développés pourront, à la rigueur, assumer cette révolution, mais les pays en voie de développement rencontreront de grandes difficultés.

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L'inconnue principale de la transition énergétique est l'évolution de la demande d'énergie dans l'avenir.

Aujourd'hui la planète* consomme annuellement 164 000 TWh** d'énergie, dont 85% d'origine fossile.

* ( La lutte contre les émissions de CO2 fossile ne peut s'analyser qu'à l'échelle de la planète ).

**( C'est l'équivalent de la production de 27 000 ( Oui, vingt-sept mille ) réacteurs nucléaires de 900 MW... Ou tous autres dispositifs produisant de l'électricité .

En Janvier 2025, et selon l'AIEA, il y avait 417 réacteurs nucléaires en service dans le monde.

Ceci permet de mesurer l'ampleur de la tâche de remplacement des fossiles par de l'électricité...). 

En 2 000, cette consommation de la Planète était de 110 000 TWh, la croissance moyenne du besoin a donc été de + 1,5% par an .

( Pour un accroissement de la population de 1,1 %/an environ )

Qu'en sera-t-il à la fin du siècle ?

Selon les prévisions, la population mondiale se stabilisera autour de 10 Milliards d'habitants en 2080.

Compte tenu de l'amélioration des niveaux de vie, on peut penser que l'accroissement du besoin ( de la demande ) énergétique se maintiendra autour de 1% par an, ce qui entraînerait une demande énergétique annuelle de 280 000 TWh en 2080, soit l'équivalent de la production de

46 000 réacteurs nucléaires !

Tenter de remplacer les fossiles dans ces conditions d'explosion de la demande énergétique est évidemment impensable.

Le programme de remplacement des fossiles par des sources décarbonées doit impérativement être accompagné d'un programme de réduction drastique de la demande énergétique.

L'amorce de ce programme n'apparaît toujours pas dans l'évolution des résultats annuels de la consommation mondiale, qui se maintient à +1,5% par an.

( Des mauvaises langues prétendent même que La Chine construit deux centrales électriques à charbon par semaine... )

Si ce taux de croissance de la demande énergétique mondiale n'est pas significativement maîtrisé dans les dix ans qui viennent, on peut émettre quelques doutes quant au succès de la transition énergétique.

( Dans ce cas, seul l'épuisement des réserves fossiles pourra venir à bout des émissions de CO2 ...Mais il sera peut-être trop tard.

Aujourd'hui la part des énergies décarbonées, ne représente que 13,5% de la consommation d'énergie finale mondiale.

Encore faut-il préciser que dans ces 13,5% figurent les énergies décarbonées qui existaient déjà avant le lancement de la croisade anti CO2 ( Nucléaire, Hydroélectrique, EnRth ).

Il existe donc des motifs sérieux de s'inquiéter de l'issue de cette croisade anti-CO2 qui, au lieu d'adopter un train d'enfer, se déroule à la vitesse d'un train de banlieue.

( Un train qui fonctionne encore au charbon...)

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Où en est la France dans ce cirque ?

Le PPE ( Programmation Pluriannuelle de l'Energie ) nous renseigne ( en principe ) sur la programmation de notre consommation énergétique pour les cinq prochaines années, laquelle subit des fluctuations qui dépendent d'une part de la croissance économique, et d'autre part de la façon dont nous utilisons l'énergie.

Les objectifs révisés du PPE de 2020 prennent acte de la baisse de la consommation d'énergie finale de la France, passant de 1 740 TWh en 2002, à 1 600 TWh en 2019, et 1550 TWh en 2023.

En 2024, la consommation d'énergie finale fut de 1 550 TWh.

Electricité : 450 TWh. ( Nucléaire, Hydroélectrique, solaire, éolien, et un peu de Gaz

Naturel et de Géothermoélectricité ).

Fossiles : 1000 TWh ( Charbon, Pétrole, Gaz naturel ) incluant 400 TWh de pétrole pour les voitures, et un peu de Gaz pour compenser l'intermittence des renouvelables dans la production électrique.

ENRth : 100 TWh ( Bois, déchets, Biogaz, Biocarburants ).

Cette consommation est en baisse de 12% par rapport à 2002.

(Alors que de 2002 à 2024 , la population a augmenté de 10%).

Cette baisse de la consommation énergétique finale est due en grande partie à la désindustrialisation, à la crise du covid, et aux différentes actions en faveur des économies d'énergie par l'amélioration des rendements ( Isolation des bâtiments, pompes à chaleur, etc ).

Par contre, la consommation finale d'énergie électrique demeure à peu près constante à 450 TWh.

Ce qui porte la part de l'électricité de 25% à 34%, sans avoir à produire un seul kWh de plus...

La magie des chiffres...

L'objectif ( la prévision ) du PPE pour 2030 est de 1330 TWh, soit – 24% par rapport à 2002.

Contrairement au reste du Monde, qui affiche une consommation d'énergie finale en augmentation régulière, la France affiche un programme drastique de réduction de sa demande d'énergie finale.

Energétiquement parlant, il faut s'en féliciter ; mais à condition que cette modération énergétique ne soit pas le résultat d'une décroissance économique liée à une forte désindustrialisation et/ou une baisse de l'activité économique.

Dans un programme de remplacement des fossiles par de l'électricité, il faut s'attendre à une augmentation considérable de la part de l'électricité dans le mix énergétique, le contraire serait alarmant.

Par exemple, l'électrification du parc automobile ( VP +VUL ) français nécessitera l'énergie électrique supplémentaire équivalente à la production de 14 réacteurs nucléaires de 900 MW. Ou tout autre moyen de production d'électricité décarbonée.

(40 millions de véhicules, 12 000 km par an, 20 kWh/100km # 100 TWh électriques ).

Qui viendront s'ajouter aux 450 TWh électriques déjà consommés aujourd'hui.

( En contrepartie, on économisera 400 TWh de pétrole, consommés aujourd'hui par ces voitures thermiques ).

Si l'on accorde quelque crédibilité au plan d'électrification du parc VP+VUL, la logique voudrait qu'on l'accompagne d'un plan d'augmentation de la production électrique de la valeur correspondant à la future consommation de ce parc, soit 100 TWh supplémentaires.

Le PPE* prévoit effectivement la construction de 14 réacteurs nucléaires ; une partie d'entre eux servira au remplacement d'installations en fin de vie, le reste pourra alimenter le parc de VEB et accompagner sa croissance.

* ( Le PPE3 suscite de nombreuses polémiques, axées sur l'éternel conflit entre les partisans du nucléaire et ceux des énergies éolienne et solaire.

La querelle prend sa source dans un malentendu :

Le PPE s'intéresse à l'évolution de la demande énergétique sur les cinq prochaines années, alors que la politique énergétique d'un pays se construit sur une perspective de long terme, typiquement cinquante ans et au-delà pour le nucléaire.

La durée d'un parc nucléaire est de l'ordre de 80 ans, celle d'un parc éolien est de 10 à 15 ans.

La production d'un parc nucléaire est continue et indépendante des conditions météorologiques, celle d'un parc éolien ou solaire est directement fonction des conditions météo et doit être adossée à des moyens de production indépendants de ces mêmes conditions.

Il faut vingt ans pour construire un parc nucléaire, il faut trois à cinq ans pour construire un parc éolien et deux ans pour un parc solaire.

Un seul réacteur de type EPR fournit annuellement 12 TWh d'énergie, il faut 2 400 éoliennes de 12 MW pour fournir la même énergie, avec l'intermittence en plus...

Il n'y a donc aucun sens à opposer l'un à l'autre ; chacun est adapté à un besoin différent, à des territoires différents, à des investissements différents, à des amortissements financiers différents, et bien sûr à des compétences différentes...).

La quantité globale d'énergie sera diminuée ( peut-être ), mais le besoin en énergie électrique sera augmenté de 55% ( passage de 450 TWh à 700 TWh ), sur la base de la consommation 2025.

Il faut donc s'attendre à un quasi doublement du besoin d'énergie électrique dans les deux ou trois prochaines décennies.

( Et bien avant en cas de forte croissance de la demande de voitures électriques à batterie ).

Les moyens classiques de production d'électricité décarbonée ( Eolien, solaire, Hydroélectrique ) ne suffiront pas à produire cette électricité.

Le recours à des centrales électronucléaires semblent donc incontournable, quelles que soient les réserves ( justifiées ou non ) que l'ont peut formuler à l'encontre de cette technologie.

Cette évaluation, qui n'est pas à prendre au pied de la lettre bien entendu, mais qui donne une idée de l'évolution inévitable du mix énergétique, montre que l'électrification du Pays ne se fera pas sans une augmentation considérable de la production électrique.

( Intuitivement on aurait pu s'en douter...)

 

 

 

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26 septembre 2025 5 26 /09 /septembre /2025 10:45

La fin des fossiles, serpent de mer ou défi du siècle ?

26 Septembre 2025

Les deux raisons d'abandonner les énergies fossiles sont complémentaires :

La première, de première urgence, est imposée par la nécessité de réduire drastiquement le taux de CO2 atmosphérique responsable du dérèglement climatique.

La deuxième, moins urgente mais tout aussi catégorique, découle de l'épuisement inéluctable de ces sources d'énergie fossile qui sont des réserves épuisables et non pas des flux.

Réduire le taux de CO2 peut s'obtenir de deux façons :

A- Cesser d'en émettre, donc cesser d'utiliser l'énergie fossile, et attendre que l'excédent de CO2 déjà émis se dissipe de lui-même, ce qui prendra une bonne (?) centaine d'années d'après les experts.

B- Capter massivement le CO2 atmosphérique et le neutraliser soit par stockage de très longue durée, soit directement, soit après transformation en un produit durable.

C'est la méthode A qui a été choisie, la méthode B étant encore du domaine des recherches avancées.

Les sources fossiles d'énergie ne sont pas égales devant les émissions de CO2 :

Le charbon vient en tête, suivi du pétrole, puis du Gaz :

Charbon : # 1 000 g CO2/ kWhe

Fioul : # 780 g CO2/ kWhe

Gaz : # 440 g CO2/ kWhe

Ces trois sources d'énergie participent à peu près également à la consommation mondiale d'énergie.

( Voir «  Energy Institute, Statistical Review of World Energy 2025 ).

Donc leurs émissions de CO2 sont à proportion des données ci-dessus.

( Les valeurs peuvent changer selon l'usage, mais les proportions demeurent )

La logique voudrait donc que l'on s'attaque d'abord au charbon, qui est largement plus émetteur que les deux autres.

Mais par quoi le remplacer ?

Par des énergies renouvelables décarbonées, bien sûr.

Mais, ces sources renouvelables délivrent l'énergie majoritairement sous forme d'électricité.

( Solaire PV, éolien, hydroélectrique, nucléaire, géothermoélectrique, biomasse ).

Il faut donc convertir à l'électricité ( renouvelable* ) les applications qui utilisent aujourd'hui du charbon :

Cimenteries, sidérurgie, aciéries, très difficiles à convertir à l'électricité.

* Il est évident que remplacer les fossiles par de l'électricité elle-même fabriquée avec des fossiles serait une pâle imitation des Shadoks...

Par ailleurs, le Gaz naturel étant le moins émetteur de CO2, il ne serait pas judicieux de s'en prendre à lui, d'autant plus qu'il est utilisé lui aussi pour produire de l'électricité pour compenser l'intermittence des renouvelables !!!

( Il faudra quand même penser un jour à le remplacer, ce Gaz naturel...)

Reste alors le pétrole, utilisé essentiellement pour les transports et la pétrochimie.

Le pétrole pèse pour plus de 30% dans la consommation d'énergie primaire mondiale.

Son remplacement dans la pétrochimie pose un problème de fond qui ne sera pas résolu facilement.

Quant aux transports, il existe deux possibilités pour remplacer le pétrole :

- Les biocarburants ou les carburants de synthèse.

- L'électricité.

Les biocarburants participent actuellement pour environ 4% aux besoins des transports, leur croissance est contrariée par des réserves quant à leur compatibilité avec les cultures vivrières et la préservation des forêts. Ils n'ont pas bonne presse, à tort.

Les carburants de synthèse sont à l'étude, leur production en volume dépendra du coût.

L'électricité n'est utilisable qu'avec les transports légers ( VP et VUL ) en raison des faibles capacités de stockage des moyens existants ( Batteries ).

C'est pourquoi aujourd'hui le choix de la lutte mondiale contre les émissions de CO2 s'est portée sur le pétrole consommé par les transports routiers légers ( VP + VUL ), bien que la consommation de ce secteur ne représente que 7 % de la consommation mondiale d'énergie.

( L'apparente facilité de l'électrification du parc de VP+VUL s'est heurtée aux problèmes des batteries, notamment le poids, le coût et l'approvisionnement des produits de base, dont l'importance a été largement sous-estimée ).

La voiture électrique consommera beaucoup d'électricité.

L'électrification totale du parc mondial de VP+VUL nécessitera une production supplémentaire d'énergie électrique d'environ 5 Pétawattheures*, ce qui représente 17% d'augmentation de la production électrique actuelle, qui est de 30 PWh environ :

*( Base : 2 Milliards de VP+VUL en 2050 ; 12 000 km/an ; 20 kWh/100km )

Ce n'est pas extravagant, mais cela représente quand même la production de 700 réacteurs nucléaires supplémentaires de 900 MW chacun* ( Ou tout autre moyen de production d'électricité ).

*( C'est-à-dire un doublement du parc mondial actuel de réacteurs...Uniquement pour recharger les batteries de nos futures bagnoles électriques. ).

Cette extraordinaire quantité d'électricité supplémentaire qu'il faudra fabriquer, ne servira donc qu'à remplacer la consommation mondiale actuelle de pétrole du secteur VP+VUL .

( Ceci donne une petite idée de l'effort à accomplir pour remplacer les 500 ExaJoules d'énergie fossile consommés mondialement chaque année.

En face de ces chiffres stratosphériques, la plupart des responsables d'Etats ont compris que le challenge ne pourra être relevé qu'en utilisant des grands moyens, c'est-à-dire l'électronucléaire.

Ce qui explique l'intérêt soudain pour cette technologie qu'une certaine morale réprouve ( non sans raisons respectables par ailleurs...).

Pour la France, le PPE3 du printemps dernier a planifié la mise en chantier de 14 réacteurs nucléaires d'ici 2032, en accord avec la prise en compte de cette nouvelle demande électrique dans le futur.

( Les opposants à de projet auraient intérêt à apprendre à se servir d'une règle à calcul...)

Au moins six de ces réacteurs serviront à la recharge des véhicules électriques*...les autres prendront la relève du parc existant un peu vieillissant.

Le sort du pétrole étant ainsi réglé, du moins pour le secteur VEB+VUL, il restera à traiter les transports lourds routiers, maritimes, et aérien, et bien entendu la Pétrochimie.

*( La recharge des véhicules électriques est un problème en soi, qui rappelle un peu celui des chauffe-eau électriques qu'il a fallu programmer en heures creuses. Mais les recharges de VEB ne peuvent pas se programmer, et d'autre part la puissance nécessaire est considérablement plus élevée que celle des chauffe-eau...Ce qui nous amène au V2G, Vehicle to Grid.

Mais, comme dirait l'autre, « ceci est une autre histoire... ».)

Pour ce qui concerne le remplacement de tout les fossiles, les solutions ne sont donc pas évidentes et les solutions viables ne se pressent pas au portillon.

Les voitures sont l'arbre qui cache la forêt, et malgré l'apparente facilité, la généralisation du système à batterie seule a ses limites.

L'électrification des transports lourds routiers, maritimes, et aériens, ne sont pas adaptés à la propulsion électrique à batterie, sinon à la marge.

Nous verrons cependant des navires commerciaux à propulsion nucléaire...

https://world-nuclear-news.org/Articles/UK-Korean-partnership-to-develop-nuclear-powered-c

Le programme de SMR ( Small Modular Reactor ) y pourvoira.

Tout cela nous conduit à penser que l'électricité ne pourra par couvrir tous les besoins, et qu'elle devra partager la tâche avec la bioénergie et les carburants de synthèse.

Ne serait-ce que pour les transports lourds routiers, maritimes et aériens, et pour couvrir les besoins des régions non desservies par un réseau électrique suffisamment puissant, et/ou pour assurer la continuité du service en cas de pannes électriques ( Si, si, cela arrive...).

Quant aux VP et VUL électriques , ils devront laisser le champ libre au thermique partout où l'électricité n'est pas disponible au robinet, ou si le débit du robinet n'est pas suffisant, ou s'il n'y a pas du tout de robinet...

 

 

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22 septembre 2025 1 22 /09 /septembre /2025 09:49

L'autonomie des VEB, ou l'art de tourner autour du pot.

22 Septembre 2025

Le boulet traîné par la voiture électrique ( VEB ) est son autonomie, jugée* à la fois faible et fantaisiste.

*( à tort ou à raison, selon les sources...).

Longtemps glissé sous le tapis et masqué par la mise en avant de l'autonomie WLTP*, ce point faible commence à devenir préoccupant dès lors que le parc de VEB devient significatif et permet de vérifier « in situ » les possibilités réelles de ces voitures qui tirent leur énergies de la seule batterie.

*( Faut-il rappeler que l'autonomie WLTP ne représente que des conditions d'utilisation particulières non représentatives d'une utilisation « normale » ).

Un siècle d'expérience automobile a permis d'ancrer certaines habitudes transmises sur trois générations et auxquelles il sera très difficile, voire impossible, de renoncer.

L'une de ces habitudes* est la tranquillité d'esprit procurée par une autonomie de plus ou moins 700 km, avec un réservoir de 50 L, et la certitude de trouver aisément de quoi remplir ce réservoir en quelques minutes et pour un prix affiché sans surprise.

*( A tel point qu'un tour en voiture sur une route tranquille est parfois un remède relaxant...en voiture thermique ).

Renoncer à ce qui est devenu une « facilité » sans prise de tête, sera très difficile à admettre, voire même peut-être impossible.

C'est pourtant ce qui nous est demandé avec la voiture électrique à batterie ( VEB ).

La plupart des voitures électriques de classe moyenne sont actuellement équipées d'une batterie de 50 kWh, et supportent des conditions de recharge rapide de 10 à 80% au régime 2C , soit une quantité d'énergie de 35 kWh environ en 20 à 30 minutes sur une borne autoroutière qui, comme chacun sait, limite la charge rapide à 80% de la capacité de la batterie.

( Au-delà de 80% la puissance injectée dans la batterie doit être drastiquement réduite pour des raisons de sécurité ).

La durée réelle de la recharge dépendra de la puissance disponible à la borne; le « plein » à 80% sera obtenu en une vingtaine de minutes sur une borne de 50 kW, ou 15 à 20 minutes sur une borne de 100 kW, avec un coût variable selon le réseau de distribution, la puissance demandée, et d'autres facteurs inconnus.

Sur autoroute, avec une charge utile de 35 kWh, et une consommation de 18 kWh/100 km l'autonomie entre deux recharges sera donc de 200 km environ.

( En supposant une vitesse de croisière de 130 km/h car qui aurait l'idée saugrenue de payer l'autoroute pour rouler à 100 ou 110 km/h ? ).

Nous sommes ainsi très très loin des 700 km de la voiture thermique, et loin de l'autonomie WLTP annoncer dans le catalogue.

( Ces données sont évidemment une moyenne, assez représentative )

Ces voitures peuvent emprunter l'autoroute, y rouler à 130 km/h, mais devront refaire le « plein » tout les 200 km.

C'est une contrainte nouvelle qui peut à la rigueur être acceptée (au nom du progrès et de l'écologie?) si les longs parcours autoroutiers sont une exception ; mais si ces déplacements sont fréquents, quelle qu'en soit la raison, ces pertes de temps deviennent une nuisance intolérable.

Par contre, dans le cas d'un usage péri-urbain pour lequel les trajets journaliers ne dépassent pas 100 km, avec une consommation qui ne dépasse pas 12 kWh/100 km ( Vitesse réduite, et récupération d'énergie au freinage ), avec des recharges au domicile ou sur des bornes lentes où la recharge à 100 % est possible, on peut avoir une autonomie de 400 km, qui est tout à fait acceptable.

Sur ces voitures électriques, en usage routier, le paramètre important est alors l'autonomie restante, affichée au tableau de bord, et estimée par le calculateur local selon les données entrées par le conducteur ( Poids, éventuelle remorque, galerie de toit chargée...) ou lues sur le tableau de bord ( Vitesse, température, type de conduite....).

Ces données permettent au conducteur de choisir le mode de conduite qui lui donnera le meilleur compromis temps-autonomie, selon la position de la prochaine borne utilisable...A condition que le logiciel embarqué ait été mis à jour...

Cette gymnastique, qui n'est pas du goût de tout le monde, permet en principe d'augmenter ( un peu ) l'autonomie, mais au prix d'une prise de tête qui peut générer de la distraction, de la fatigue et de l'anxiété, qui sont « un peu » éloignées de la « conduite apaisée » recommandée par les donneurs de leçons de conduite.

( Fini la conduite relaxante...)

Pour retrouver une autonomie comparable à celle des thermiques, il faut une batterie de 150 kWh.

Une telle batterie existe mais, dans la technologie actuelle, son poids et son prix interdisent de la monter dans une voiture de milieu de gamme.

( elles ne sont montées que sur les voitures haut de gamme...)

Les fabricants de batteries sont tous à la recherche de la bonne technologie qui permettra d'offrir cette batterie de 150 kWh « idéale » offrant à la fois une sécurité parfaite, un poids acceptable et un prix compatible avec la gamme moyenne de VEB.

Des avancées décisives sont annoncées chaque semaine, avec des performances extraordinaires et des calendrier de production pour l'année prochaine...

( Demain on rase gratis...)

Cette surenchère incite les éventuels clients à retarder leur achat et à attendre la sortie des véhicules équipés de ces merveilleuses batteries.

( Peut-être ne faut-il pas chercher ailleurs les raisons du tassement de la demande de VEB...Pourquoi acheter aujourd'hui un modèle qui sera déclassé demain ? )

Les promoteurs de VEB qui cherchent une clientèle dans le milieu de gamme doivent donc entreprendre un gros travail de désintoxication afin de convaincre les éventuels clients d'oublier cette autonomie de 700 km des thermiques, les convaincre de son inutilité, et leur démontrer les joies du dialogue conversationnel avec le calculateur d'autonomie, que tripoter un clavier et deux ou trois touches de réglage en regardant un écran est considéré plus utile et intéressant que regarder la route.

Ce qui s'appelle tourner autour du pot.

Cette course à l'échalote vers la batterie miracle est nuisible à cette industrie naissante.

( L'échec de Northvolt en est une triste preuve ).

L'injonction de passer au tout électrique fut justifié au départ par les trois avantages revendiqués :

- Economie drastique d'énergie,

- Suppression des émissions de CO2 et des particules toxiques,

- Solution radicale à la fin du pétrole.

Tout cela reste vrai, mais le diable se cache dans les « détails ».

Ce qui aurait du être l'étendard de la lutte mondiale contre les émissions de CO2 fossile s'est transformé en un affrontement entre puissances pour une redistribution des cartes à travers la technologie et la main-mise sur les sources de matériaux nouveaux nécessaires à ces technologies nouvelles.

Le VEB est un objet de haute technologie, qui ne doit pas être considéré comme une variante de la technologie électro-mécanique traditionnelle, mais plutôt comme une nouvelle technologie de pointe exigeant davantage de compétences dans les domaines de l'électrochimie, des semiconducteurs, et de l'informatique, que dans la mécanique traditionnelle.

Le marché mondial est concerné par la lutte contre les émissions de CO2 fossile. Ce marché doit alimenter un parc notablement supérieur au Milliard de véhicules et inclut les VUL ( Utilitaires légers ). Ce parc pourrait atteindre 1,5 à 2 Milliards de véhicules en 2050.

Quoi qu'il arrive, le passage à l'électrique ne pourra se réaliser que sur plusieurs décennies.

La technologie électrique à batterie ne pourra fournir qu'une partie de ce marché ; de nombreuses zones ne disposeront pas des réseaux électriques suffisamment maillés et puissants pour accueillir ce nouveau service très énergivore.

Une mutation que les constructeurs historiques auront bien du mal à gérer, d'autant plus qu'ils devront, dans le même temps, continuer à produire des voiture thermiques pour soutenir leur activité.

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19 septembre 2025 5 19 /09 /septembre /2025 09:30

Voitures électriques, le piège des grosses batteries.

19 Septembre 2025

Il existe un courant de pensée en faveur d'une généralisation de la voiture électrique à l'ensemble du parc VP+VUL* ; telle est par exemple le credo de la Commission de Bruxelles qui s'accroche encore à l'obligation de ne vendre que des électrique à partir de 2035.

* ( Il s'agit du parc mondial de véhicules, évalué à 1,5 Milliard d'exemplaires, en augmentation bien entendu …).

Il existe un autre courant de pensée, plus pragmatique, qui rappelle que la voiture tout électrique ne pourra être utilisée qu'à trois conditions incontournables :

- Que la totalité du territoire concerné soit desservie en électricité par un réseau suffisamment dense.

- Que ce réseau soit capable de transporter la puissance nécessaire à l'alimentation des voitures.

- Que l'électricité ainsi transportée soit décarbonée ( C'est l'évidence même, mais certains ont tendance à l'oublier...).

Ces conditions n'étant pas réunies partout ( Il s'en faut de beaucoup...) une grande partie du marché des VP+VUL ne pourra pas se convertir au VEB, et devra utiliser des moteurs thermiques avec un carburant décarboné ou à carbone recyclable.

Ces deux courants de pensée sont comme les deux faces d'une même pièce de monnaie, et la réalité se chargera de les fusionner.

Par exemple, la Commission de Bruxelles a prévu une clause de revoyure qui devrait normalement conduire à une ouverture vers les solutions alternatives ( Hybrides ).

Mais pour le moment, les industriels de la chose automobile sont, à l'instar de l'âne de la fable, en face d'un choix parmi, non pas deux comme l'âne, mais trois possibilités :

1- Le VEB, avec la seule batterie pour stocker l'énergie, et donc une propulsion exclusivement électrique.

2- Le thermique, comme papa, avec un réservoir en tôle rempli d'un carburant décarboné dont la nature est encore assez mystérieuse ( biocarburants de seconde génération, et/ou carburants de synthèse, éventuellement Hydrogène ).

3- L'hybride, résultat de l'accouplement improbable d'un propulsion électrique et d'une propulsion thermique, avec les deux types de carburants, au choix des circonstances.

( Ce dernier choix comportant une infinité de variantes selon le dosage relatif des deux types de propulsion ).

Le futur de l'automobile se présente ainsi comme une sorte de souk sur lequel chacun apporte sa marchandise et tâche de séduire des acheteurs pas vraiment convaincus de la nécessité de changer de bagnole...

Actuellement en Europe, la Commission de Bruxelles, à travers la Loi CAFE impose zéro émission de CO2 à partir de 2035, ce qui n'autorisera que le choix 1.

Mais les choix 2 et 3 ne sont pas tout à fait écartés puisque la clause de revoyure laisse un espoir de les voir acceptés ( Sinon on ne voit pas très bien l'intérêt d'une clause de revoyure...)

Hors de l'Europe, on ne sait pas très bien qui fait quoi et avec quels objectifs. Certains ont déjà choisi des biocarburants car cette histoire de batteries indéterminées, de réseau électrique ( c'est quoi un réseau électrique ?, et d'électricité décarbonée, ne les concerne pas vraiment.

D'autres, la Chine par exemple, fabriquent tout y compris les batteries pour être sûrs de s'imposer sur tous les marchés, et fabriquent de l'électricité à tour de bras avec des centrales à charbon.

D'autres encore tripatouillent des solutions à Hydrogène, dans l'espoir d'un Hydrogène naturel qui prendrait la place du pétrole...

Ce « P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non » est ravageur pour les industriels qui ne savent plus très bien quels objets ils seront autorisés à vendre en Europe en 2035 et dans le reste du monde puisque leur marché ne se limite pas à la CEE.

On trouve donc dans les catalogues toutes sortes de modèles depuis le VEB pur et dur jusqu'à l'hybride rechargeable et passant par l'hybride non rechargeable ( Si, si, cela existe...), en passant par le prolongateur d'autonomie.

Une promotion intensive porte cependant davantage sur le VEB pur et dur, qui est pour le moment le seul conforme aux lois européennes pour 2035.

Mais Le VEB , dont l'intérêt est reconnu sans conteste, est porteur d'une « tare » congénitale qui est l'insuffisance de la capacité spécifique énergétique de sa batterie, sauf à emporter une grosse batterie de 6 ou 700kg qui transforme la voiture en camion de luxe hors de prix.

Tout a été dit sur ce problème, inutile d'y revenir ( voir articles précédents ).

En gros, on a le choix entre deux configurations  de VEB:

Produire une voiture d'un prix compatible avec le marché de la classe moyenne, mais avec une autonomie « faible » qui le condamne à un usage local ou de seconde voiture, ce qui n'intéresse qu'une frange limitée des clients.

Ou produire une voiture d'autonomie comparable à celle des thermiques, grâce à une énorme batterie, mais dont le prix la réserve au haut de gamme, qui est aussi une frange limitée des clients.

Les carnets de commandes traduisent cette inadaptation au marché de masse.

Le problème est de savoir si cette situation « le c... entre deux chaises » est susceptible de s'améliorer dans un avenir raisonnable, ou si elle est susceptible de perdurer et donc de pénaliser la diffusion du concept de VEB.

( La tentative de persuader l'acheteur potentiel que l'autonomie des VEB actuels est largement suffisante n'a pas eu de succès, personne n'est prêt à subir l'angoisse de la panne sèche...et les zones ZFE ne sont pas encore suffisamment dissuasives ).

Tous les bureaux d'études des firmes fabriquant ces batteries et tous les laboratoires étudiant les procédés avancés de stockage électrochimiques sont mobilisés sur ce problème particulièrement critique compte tenu de la nécessité de respecter un cahier des charges extrêmement sévère.

La technologie ultime de batterie qui résoudra tous les problèmes est annoncée pour demain sans faute.

Mais cette « Next year battery » , qui n'en finit pas d'arriver, ternit la réputation du VEB ,qui risque de se voir relégué au rang de seconde voiture.

Et les problèmes d'approvisionnement des matériaux de cette batterie, son empreinte carbone, les difficultés du recyclage, l'absence de standardisation, le coût exorbitant de son remplacement, ne sont pas de nature à rassurer les clients.

A ce problème de stockage électrochimique vient s'ajouter le problème de la recharge de ces grosses batteries.

Pour une autonomie réelle de 700 km, il faut une réserve énergétique réelle de l'ordre de 140 kWh.

Pour recharger cette batterie en dix minutes, il faut une puissance moyenne de 840 kW, ce qui correspond à une puissance de début de charge d'au moins 1 000 kW .

( La puissance de charge décroît en cours de charge pour éviter un échauffement critique ).

Le réseau national doit donc être équipé de bornes de 1000 kW, dont on imagine sans peine le coût, et le réseau lui-même doit être adapté à ces formidables appels de puissance.

On pourrait se contenter d'une recharge en vingt-cinq minutes, donc avec des bornes de 350 kW, mais la concurrence a choisi de banaliser la recharge en dix minutes, c'est un argument commercial sensible.

Cette « grosse » batterie de 150 kWh pourrait être rechargée en six heures au domicile sur une borne de 25 kW. Et si la voiture est équipée pour la fonction V2G ( Vehicle to Grid ) le propriétaire pourrait bénéficier d'un contrat avantageux.

Une telle batterie serait utile non seulement pour permettre à la voiture une autonomie de 700 km, mais aussi pour participer à la régulation du réseau, en complément, ou pas, d'une batterie domestique.

Mais son coût actuel la rend inaccessible au marché de masse.

L'enjeu est si important, que les ressources mises en œuvre pour perfectionner les batteries actuelles sont très importantes, ce qui autorise à espérer de grands progrès dans la prochaine décennie.

D'ici là, le VEB devra vivre avec ce problème d'autonomie à la fois insuffisante et très variable selon les conditions d'utilisation. Le marché sera partagé avec des solutions hybrides ou thermiques utilisant un carburant bio ou de synthèse, pour les besoins d'autonomie étendue.

Pour les régions dépourvues d'un réseau électrique suffisamment puissant, étendu, et décarboné à au moins 50%, l'électrique ne pourra pas remplacer le thermique.

On aura compris que la réglementation locale sur les émissions de CO2 et autres produits toxiques gazeux et/ou sous forme de nanoparticules, jouera un rôle essentiel dans l'évolution de la motorisation des transports.

Une certitude : le thermique n'a pas dit son dernier mot ; il est probable que, sur le marché mondial, il conservera encore longtemps une part de marché très significative, tant que l'électricité décarbonée ne sera pas distribuée partout.

 

 

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14 septembre 2025 7 14 /09 /septembre /2025 16:47

Où en sont les ventes de voitures électriques ?

14 Septembre 2025

La voiture électrique est sur le devant de la scène car elle symbolise la transition énergétique de par son caractère universel, et les réactions violentes qu'elle suscite dans l'opinion.

Les avantages revendiqués par ses promoteurs sont de nature à emporter l'adhésion de tout automobiliste, que ce soit sa contribution à la réduction des émissions de CO2 , de gaz et de particules toxiques, ou son rendement énergétique remarquable.

Grâce à cette brillante carte de visite, et après quinze années de promotion vigoureuse, elle aurait dû remplacer aisément les modèles thermiques dans les carnets de commandes.

La réalité est bien différente.

En 2023, la part du VEB ( Véhicule Electrique à Batterie ) dans les ventes de véhicules neufs varie considérablement selon les pays ( Pays développés ) .

De 82,4% en Norvège, on passe à 17% en France et 4,2% en Italie.

( La Chine , avec 22%, ne fait guère mieux que les européens....)

Source :

https://fr.statista.com/infographie/17401/parts-de-marche-voitures-electriques-par-pays/

Un écart aussi considérable, entre des pays développés, appartenant à des sociétés du monde dit « occidental », sur un même produit, destiné au même usage, sur les mêmes routes, et pour satisfaire les mêmes besoins, ne laisse pas de poser une question de fond :

Quel sont les paramètres qui aurait échappé aux études de marché, et qui seraient suffisamment importants pour provoquer de telles disparités dans les décisions d'achat ?

Car nous parlons du même produit :

Mêmes voitures, mêmes routes, même carburant électrique, mêmes conducteurs pourrait-on ajouter .

Le « truc » est à chercher ailleurs.

Et cet ailleurs est dans l'environnement, qui est le milieu dans lequel l'animal automobile doit pouvoir vivre en harmonie pour que l'espèce puisse se développer et prospérer .

L'introduction d'une espèce nouvelle dans un milieu déjà occupé par une espèce bien acclimatée est toujours une entreprise hasardeuse, surtout si l'objectif est d'éliminer l'espèce endémique.

L'espèce nouvelle ne peut prospérer que si l'environnement est aménagé en sa faveur, au détriment de l'ancienne espèce.

La voiture électrique est l'espèce nouvelle qui doit remplacer l'espèce thermique considérée comme nuisible à terme pour l'environnement.

L'opération ne peut donc réussir que si l'environnement est adapté aux nouveaux besoins.

Par exemple, le nouvel environnement préparé pour accueillir la voiture électrique en Norvège comprend diverses dispositions :

- Décision d'Etat de forcer le passage à 100% de VEB d'ici 2025.

- Suppression de la TVA sur les VEB, augmentation sur les thermiques.

- Autorisation d'utiliser les voies de bus et de taxis.

- Multiplication des bornes de recharge.

- Généralisation du péage de la recharge par carte de crédit.

- Stationnement gratuit pour les VEB.

- Péage urbain dissuasif pour les thermiques.

- Par ailleurs, le niveau de vie des norvégiens est l'un des plus élevés de l'Europe, ce qui facilite bien des choses.

Le grand froid qui sévit dans ces régions, et qui réduit la capacité des batteries au Lithium, est géré par une utilisation des batteries auto-chauffantes, et par une généralisation des places de parking équipées à cet effet.

( On constate au passage que l'autonomie « réduite » des VEB actuels n'est pas un obstacle à la diffusion de ces modèles en Norvège, où la température hivernale peut friser les – 30 °C sur certains parkings ).

Cet ensemble de mesures préparent le milieu à recevoir la nouvelle espèce automobile en lui offrant un cadre propice son épanouissement.

( D'autres facteurs entrent peut-être en jeu, liés à la « mentalité » des habitants et à leur culture, mais aussi à une production d'électricité décarbonée à 90% avec un prix attractif...).

Certains seraient tentés d'attribuer le succès de la voiture électrique à batterie en Norvège à un sentiment écologique particulièrement développé chez les norvégiens.

Mais, le maintien dans ce pays de l'activité d'extraction et de commercialisation du pétrole et du Gaz apporte un démenti formel, et démontre, ici comme ailleurs, la suprématie des intérêts commerciaux sur le sentiment écologique.

C'est donc clairement l'aménagement favorable du milieu qui permet l'épanouissement du VEB.

Aucun autre pays n'offre un environnement VEB aussi bien aménagé que la Norvège.

La France se situe à un petit 17% de pénétration, mi-figue mi-raisin. Les raisons de ce peu d'intérêt sont à rechercher dans la liste précédente, dont certains items seraient très difficilement tolérés chez nous ( voir les gilets jaunes, les bonnets rouges, la bronca anti ZFE, le réseau de recharge qui tient davantage du souk de Marrakech que d'un service standard universel, les prix de vente déconnectés du salaire moyen, etc ).

L'Italie, avec un tout petit 4 %, quasiment un bide, cumule probablement les petites « contrariétés » bien connues chez nous, le niveau des salaires étant l'un des principaux obstacles.

Entre 4% de pénétration, et quasiment 90%, pour le même objet et le même usage, il y a à l'évidence des paramètres environnementaux dont l'importance dépasse les « simples » critères technologiques, et qui conditionnent le succès commercial du produit.

Il faut rechercher ces paramètres dans différents secteurs, en s'inspirant évidemment de la Norvège :

- Un réseau de bornes de recharge dense et puissant.

( Autoroute, réseau secondaire, agglomération, habitat collectif, parkings, etc ).

- Un réseau d'entretien-réparations dense et efficace.

- Un système de paiement du carburant électrique unique, clair, distinguant l'énergie et le service.

- La réglementation ( Bannissement des véhicules polluants en ville, …).

- La fiscalité supportée par l'électricité .

- La fiscalité supportée par le véhicule ( TVA ).

- Taux d'emprunts privilégiés.

- La gratuité des services ( Parkings, priorités diverses, possibilité d'emprunter certaines voies prioritaires, places de stationnement réservées, péages autoroutiers, etc ).

- La simplicité d'emploi ( L'interface homme-machine est beaucoup trop compliqué sur les modèles actuels de VEB...)

- Etc.

( L'exemple de la Norvège montre que l'autonomie critique du véhicule électrique n'est pas le vrai problème qui freine son expansion ailleurs...)

Bien évidemment le premier critère d'efficacité du VEB est la disponibilité d'une électricité elle-même décarbonée.

( Mais qui aurait l'idée saugrenue de vendre des voitures électriques dans un pays où l'électricité n'est pas décarbonée à au moins 80% ? )

Tant que les VEB seront significativement plus chers que les véhicules thermiques, ils devront être subventionnés d'une façon ou d'une autre, au même titre que tous travaux effectués dans le cadre de la transition énergétique : isolation des logements, pompes à chaleur, panneaux solaires, stations de recharge au domicile, adhésion au V2G, etc.

Cette subvention est la rétribution de l'économie d'énergie réalisée en passant du thermique à l'électrique, et/ou de la contribution à la réduction des émissions de CO2 fossile et autres émissions de gaz toxiques et de particules fines.

Bidouiller des batteries pour en augmenter la capacité au prix d'augmentation du coût et du poids peut ne pas être efficace ; il vaudrait peut-être mieux s'attaquer à l'environnement pour le rendre plus accueillant et plus réceptif à la nouvelle espèce*.

*( Notamment concernant les prix, qui doivent être compatibles avec les ressources des potentiels clients ; élémentaire mon cher Watson...).

La dernière réunion de la Commission Européenne sur ce sujet a porté sur l'opportunité d'avancer la date de la prochaine réunion prévue pour discuter sur la « clause de revoyure » au sujet d'un « éventuel » réaménagement de la décision d'interdire les voitures thermiques à partir de 2035.

Ce qui s'appelle « botter en touche »...

Les parlottes en Commission n'auront pour résultat que de semer un peu plus le désordre et l'indécision chez les constructeurs européens. Seules des mesures concrètes matérielles et financières pourront motiver les acheteurs à revenus moyens à venir à l'électrique.

A condition que la décote des VEB soit considérablement améliorée, ce qui nous ramène au problème du remplacement de la batterie au-delà de la durée de la garantie...

 

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9 septembre 2025 2 09 /09 /septembre /2025 09:58

La lutte contre le CO2, pas encore tout à fait çà.

9 Septembre 2025.

La transition énergétique a pour but principal l'arrêt des émissions de CO2 émis par les combustibles fossiles, avant que les bouleversements climatiques causés par ce CO2 n'entraînent des dégâts irréversibles dont notre civilisation pourrait ne pas se remettre.

La campagne de lutte contre ce CO2 est lancée depuis plus de deux décennies, il est dont pertinent de faire un point des avancées acquises.

Les données sont disponibles dans le dernier rapport de « Energy Institute » de 2025. file:///C:/Users/Utilisateur/Downloads/Statistical%20Review%20of%20World%20Energy-1.pdf

On y trouve entre autres les données suivantes :

Consommation mondiale d'énergie :

En 2014 : 520 EJ ( Exa Joules )

En 2024 : 592 EJ

Soit une augmentation de 1,3% par an.

Emissions mondiales de CO2 dans la même période : Augmentation de 1% par an.

Par ailleurs, selon la Banque mondiale, le taux d'augmentation de la population mondiale est de 1% par an.

De ces trois indicateurs nous pouvons déduire deux ou trois choses :

- La consommation d'énergie augmente plus vite que la population, signe probable d'amélioration des conditions de vie d'une partie au moins des habitants.

-Les émissions de CO2 continuent d'augmenter substantiellement, alors qu'elles devraient être en diminution, signe évident de l'inefficacité des politiques mondiales de transition énergétique.

- La différence de 0,3%/an entre le taux d'accroissement de la consommation d'énergie et le taux d'accroissement du CO2 atmosphérique peut être attribué ( mais sans certitude ) à l'augmentation de la part des énergies renouvelables.

Après plusieurs décennies de campagne pour la décarbonation du mix énergétique mondial, les énergies renouvelables ne représentent encore que 13,5 % de la demande mondiale d'énergie.

( Dont la moitié provient du solaire et de l'éolien ).

Ces piètres résultats doivent être considérés dans un contexte peu favorable à un bouleversement du système énergétique mondial :

- Les sources d'énergie fossile sont toujours disponibles et, malgré les annonces d'épuisement prochain, le charbon, le gaz, et le pétrole, demeurent présents et pour des coûts encore gérables.

- De nouvelles réserves de produits fossiles sont mises en exploitation dans des régions nouvellement accessibles.

- Les tentatives de dissuasion par des taxes n'ont pas démontré leur efficacité.

- Les nouvelles énergies décarbonées sont disponibles principalement sous forme d'électricité. Leur généralisation nécessiterait le remplacement d'un parc de « machines » fonctionnant aujourd'hui au gaz , au pétrole, ou au charbon, par des machines électriques, ce qui représente des investissements colossaux, et parfois même impossible techniquement à mettre en œuvre.

- Un parc produisant une énergie électrique intermittente doit être soutenu par une ou des STEP ou par une centrale thermique elle-même alimentée par un combustible à carbone recyclable...Ce qui augmente considérablement le vrai coût de l'opération.

- Un générateur électro-nucléaire de la génération actuelle ne peut pas être installé n'importe où.

- La génération des SMR ( Small Modular Reactor ) n'est pas encore disponible.

- L'électricité ne se stocke pas ; elle doit être acheminée par des réseaux, qui eux-mêmes ne sont justifiés que s'il existe des clients... l'électrification d'un secteur industriel ne peut donc se réaliser que par une coopération étroite entre les futurs utilisateurs et le fournisseur d'énergie électrique, ce qui n'est pas une mince affaire.

- le remplacement d'un outil industriel qui fonctionne au pétrole, au gaz, ou au charbon, par un autre qui fonctionnerait à l'électricité, pour fabriquer le même produit et le vendre au même prix, est impensable financièrement, et ne peut être entrepris que grâce à de confortables subventions.

- Les sources bio d'énergie à carbone recyclable n'ont pas bonne presse en raison de leur possible impact négatif sur les cultures vivrières et la déforestation.

- Les espoirs mis dans l'Hydrogène naturel sont à concrétiser ; à revoir dans vingt ans ...

Tous ces problèmes, et quelques autres, expliquent en grande partie la lenteur de la transition énergétique.

Trouver un remède à cette lenteur est une autre paire de manches.

Le mieux est souvent l'ennemi du bien.

Dans l'état actuel des choses, créer une nouvelle demande généralisée d'énergie électrique ( par exemple la voiture électrique), pourrait certes susciter la création de nouveaux réseaux de distribution dans les régions dépourvues, mais pourrait aussi inciter à produire l'électricité avec des centrales à charbon...( Si, si, cela existe...).

Développer des parcs solaires et/ou éoliens est une bonne chose, mais à condition de pouvoir maîtriser l'intermittence de la production. Selon les règles de l'art, cette maîtrise doit s'obtenir avec des moyens décarbonés, en l'occurrence des STEP.

Lorsque le budget, ou les ressources hydrologiques ne le permettent pas, on utilise une ou des centrales thermiques alimentées bien sûr par un combustible décarbonné ou à carbone recyclable, comme du Biogaz.

Faute de Biogaz, on les alimente avec du Gaz Naturel, qui est certes moins polluant que le fuel, mais qui n'est pas exactement le but recherché, qui est quand même de faire baisser le taux de CO2 atmosphérique.

De plus, une centrale qui ne fonctionne qu'à temps partiel n'est pas financièrement rentable...

Le recours à un stockage sur batterie est possible, mais très limité en capacité.

La route vers la réussite de la transition énergétique est ainsi pavée de pièges qui peuvent transformer un remède espéré en pire des calamités.

L'espoir d'une transition rapide, fraîche et joyeuse, doit donc être abandonné.

Cette transition se fera nécessairement puisqu'elle est imposée par les circonstances ; mais il faudra y mettre le prix.

Produire de l'électricité est une chose ; mais modifier le monde des machines pour qu'il puisse utiliser cette électricité est une autre chose.

L'exemple de la voiture électrique en est une démonstration : On sait fabriquer l'électricité nécessaire ; mais ce qui manque, c'est la batterie capable de la stocker.

Le diable se cache toujours dans les détails...

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5 septembre 2025 5 05 /09 /septembre /2025 17:00

Quel carburant pour la voiture demain ?

6 Septembre 2025

L'enthousiasme qui a soutenu le lancement de la voiture électrique était justifié par les promesses de rendement énergétique extraordinaire du moteur électrique, l'absence d'émission de CO2 , de gaz et de particules toxiques, et la promesse d'une électricité décarbonée bientôt disponible mondialement.

Le dernier obstacle qui aurait pu contrarier ce lancement, le problème de la batterie, fut opportunément levé par la mise au point de la technologie au Lithium certes non encore parfaite, mais porteuse de promesses très encourageantes pour l'avenir.

C'était en 2010.

Après largement plus de dix ans d'expérience sur le terrain, la voiture électrique a apporté les preuves que les promesses de départ sont tenues en ce qui concerne le rendement énergétique de la motorisation électrique, l'absence d'émissions en cours d'utilisation, et la suppression du bruit et de la puanteur..

Par contre, malgré les progrès de la technologie des batteries au Lithium, il n'a pas été possible d'atteindre les performances recherchées, notamment l'autonomie, le poids, et le coût .

D'autre part l'empreinte carbone de la filière automobile électrique, évaluée sur la totalité de la filière incluant l'extraction des matériaux et le recyclage, s'est révélée préoccupante. 

Par ailleurs, les progrès réalisés dans la décarbonation de la production mondiale d'électricité n'ont pas été à la hauteur des besoins, en sorte que la part des fossiles demeurent encore excessive ( plus de 60% ) .

Or la voiture électrique n'est pas réservée aux régions produisant une électricité décarbonée.

( Ces régions sont d'ailleurs très rares, même en 2025 ).

Donc, dans la pratique d'un marché mondial du véhicule électrique, le CO2 qui ne sera pas émis par les voitures électriques elles-mêmes sera émis par les installations de production d'électricité de recharge de ces batteries.

L'opération « shadocks », que l'on pouvait craindre risque ainsi de se réaliser...

Cependant la course à la batterie capable de procurer une autonomie (réelle) de 800 km et rechargeable en cinq minutes se poursuit, avec l'objectif d'éliminer le dernier obstacle à l'expansion de ce marché qui porte les espoirs de la transition énergétique.

Une telle batterie devra offrir une capacité utile de 160 kWh pour une capacité nominale de 180 kWh environ.

La recharge en cinq minutes nécessiterait des bornes de près de deux Mégawatts, qui n'existent évidemment pas, et qu'aucun réseau électrique domestique ne pourra raisonnablement offrir.

Si, par hasard, la chose existait quand même, la batterie devrait être capable d'absorber cette puissance dantesque sans exploser, ce qui nécessiterait un système de refroidissement capable de dissiper la chaleur selon le rendement de charge ( une centaine de kW pour un rendement de 90% ).

Ceci est évidemment très éloigné de la voiture de monsieur tout le monde.

La généralisation de la propulsion électrique à l'ensemble des VP+VUL est ainsi contrariée par ces deux problèmes :

- Technologie de batterie insuffisante et coût prohibitif.

- Parc mondial de production électrique très insuffisamment décarboné.

Dans l'hypothèse où cette situation se prolongerait pour l'une ou l'autre des raisons citées ci-dessus, voire les deux à la fois selon les régions, il y aurait du sens à développer une solution de rechange à moteur thermique utilisant un carburant liquide à carbone recyclable et à forte capacité énergétique spécifique.

Ce type de carburant existera de toutes façons puisque l'électricité ne conviendra pas pour un certain nombre d'applications : Transports aériens, transports maritimes, transports lourds routiers, engins de chantiers...

Les biocarburants existent déjà, ils représentent aujourd'hui 4,3% de la consommation mondiale des transports routiers.

Voir :

https://www.ifpenergiesnouvelles.fr/article/tableau-bord-biocarburants-2023

Ces biocarburants sont perfectibles en matière de compatibilité avec les cultures vivrières, mais leur développement doit être encadré pour éviter notamment la déforestation.

Ils seront, dans un futur proche, accompagnés par des carburants de synthèse qui sont aujourd'hui l'objet de recherches et développements de grande ampleur, compte tenu du besoin pressant de l'aviation.

Leur coût est évidemment un aspect décisif, mais qui pourra être atténué si la découverte de l'Hydrogène naturel est confirmée en tant que flux compatible avec les besoins.

Voir :

https://www.ifpenergiesnouvelles.fr/article/hydrogene-naturel-ifpen-remet-rapport-strategique-au-ministre-lindustrie-et-lenergie

L'existence d'une (ou plusieurs ) filière(s) de carburants « alternatifs » au pétrole est donc à prendre en considération pour les choix futurs des motorisations du secteur VP+VUL si les problèmes actuels liés à la batterie se révèlent être un frein à l élargissement du marché du tout électrique à la totalité des besoins.

Quoi qu'il en soit, l'existence et la croissance du marché automobile ne doivent pas être durablement entravées par des ukases technologiques non pertinents qui reposeraient sur des décisions politiques d'intérêt régionalistes.

Les constructeurs avisés sont bien conscients de cette situation ambiguë qui risque de les sortir du marché en cas de mauvais choix.

Le moteur thermique n'a pas dit son dernier mot.

Là où une voiture électrique consomme 15 kWh/100 km avec un rendement de 70%, la même voiture avec un moteur thermique consomme 6 L/100 km, soit 60 kWh, donc avec un rendement de 20%.

Ce rendement peut être amélioré, c'est dans ce sens que les bureaux d'études cherchent à lui redonner de l'intérêt. Mais il restera toujours notablement inférieur à celui de l'électrique.

Dans les zones dépourvues de réseau électrique suffisamment maillé et puissant pour assurer le service de recharge des batteries, il faudra choisir entre rouler en thermique ou ne pas rouler du tout.

Loin d'être un long fleuve tranquille, la décarbonation du secteur VP+VUL se révèle au contraire un piège à c... susceptible de causer de gros dégâts dans le monde de l'industrie automobile, pour ceux qui auront fait les mauvais choix.

Le mouvement se prouve en marchant, mais à condition de ne pas mettre la charrue devant les bœufs.

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1 septembre 2025 1 01 /09 /septembre /2025 18:07

La transition énergétique, une affaire bien embrouillée.

2 Septembre 2025

Pour le remplacement des fossiles il existe cinq « écoles », plus ou moins complémentaires :

1- Les puristes, qui n'acceptent que des solutions « propres* » excluant le carbone, sous quelque forme que ce soit.

*( La notion de propreté ici concerne l'empreinte carbone directe. Elle ne prend pas en compte les éventuelles pollutions carbonées qui pourraient être causées par l'extraction et le raffinage des produits utilisés dans les installations qui transforment ces énergies naturelles en électricité, et/ou qui utilisent cette électricité.

Quand on chasse le carbone par la porte, il revient souvent par la fenêtre ).

Ces solutions font appel aux sources d'énergie ancestrales : Eolien, Solaire, Hydraulique, Géothermie, accommodées à la sauce technologique moderne avec des éoliennes, des panneaux solaires, des centrales solaires, hydroélectriques, ou géothermiques.

Ces solutions sont exploitées aujourd'hui pour délivrer majoritairement l'énergie sous forme d'électricité ; le solaire et le géothermique peuvent fournir de l'électricité, mais aussi de la chaleur, voire même les deux à la fois à l'exemple des panneaux thermo-voltaïques, des centrales solaires à concentration, et des centrales de géothermie profonde.

2 Les avant-gardistes, qui font appel à une autre source ancestrale d'énergie : l'énergie naturellement présente dans les matériaux radioactifs de la croûte terrestre ; la fission, ( et plus tard la fusion? ), dont le potentiel est immense, et qui a pu être exploitée depuis le milieu du siècle dernier. L'énergie est également délivrée sous forme d'électricité*, grâce à des installations d'une complexité extraordinaire et comportant un risque de pollution environnementale.

Le tout sans émission de CO2...Pour le reste, on sait ce qu'il en est...

La version actuelle ( fission ) utilise des matériaux dont les réserves sont limitées ( stock de matériaux fissiles accessibles).

L'avenir de cette technologie est dans la fusion, dont la faisabilité est en cours d'évaluation.

*( En plus de l'électricité, on peut récupérer une partie de la chaleur dégagée par les chaudières nucléaires, mais cette possibilité est très peu utilisée, eu égard au risque de contamination des réseaux de chaleur...).

3- Les conservateurs, qui récupèrent l'énergie solaire captée dans la matière végétale ou animale, et transformée en biocombustibles solides, liquides, ou gazeux.

Ces produits sont similaires aux fossiles ( à quelques centaines de millions d'années près...) et délivrent l'énergie également sous forme de chaleur de combustion, le CO2 émis est celui qui a été préalablement absorbé par la matière végétale.

On parle de sources d'énergie à carbone recyclable*.

* ( situation étrange qui consiste à utiliser un produit, le Carbone, qui est l'ennemi à abattre, comme base de la lutte contre lui-même...).

4- Les chimistes, qui reconstituent les molécules d'Hydrocarbures et du gaz fossile par réactions des composant primaires H et C obtenus à partir de l'électrolyse de l'eau et du gaz carbonique prélevé dans l'Atmosphère. Il s'agit également d'un procédé à carbone recyclable. Même remarque que pour 3.

Avantage : n'entrent pas en concurrence avec les cultures vivrières.

5- Les pragmatiques, qui traquent l'Hydrogène naturel. Cette catégorie, bien que non opérationnelle aujourd'hui*, doit être citée car son potentiel futur peut être énorme ( ou nul ). Il s'agit des flux d'Hydrogène naturel dont l'existence est avérée, et en phase d'analyse pour en évaluer le potentiel.

Cet Hydrogène pourra ( ? ) remplacer l'Hydrogène industriel fabriqué par voie chimique, et servir de base pour produire du carburant à haut pouvoir énergétique.

Mais il faudra toujours trouver du carbone quelque part...

*( sauf à Bourakebougou, qui fait figure de précurseur...).

Les trois premiers procédés sont déjà mis en service depuis plusieurs décennies, et fournissent environ 30%* de la consommation mondiale d'énergie finale actuelle.

Le quatrième procédé, connu depuis plus d'un demi siècle, très peu utilisé depuis, est remis au goût du jour en complément des biocombustibles.

*( cette proportion est évidemment différente selon que l'on se réfère à la consommation d'énergie finale ou d'énergie primaire ).

Il est impossible de dire aujourd'hui quelle sera la part des différents procédés dans le mix énergétique de la fin du présent siècle.

L'idée générale est quand même que l'électricité aura un rôle majeur, compte tenu des différents avantages qu'elle apporte .

Mais on sait également que l'électricité ne pourra pas couvrir toutes les applications* et tous les besoins. Les biocombustibles et les carburants de synthèse auront donc aussi un rôle important à jouer.

*( Les deux principaux inconvénients sont la nécessité de disposer d'une réseau de distribution câblé, et surtout l'impossibilité d'en stoker de grandes quantités ).

Connaissant les armes qui nous permettront de lutter contre les fossiles, et si possible de les remplacer, il faut maintenant se mettre d'accord sur une stratégie.

Une chose est sure : L'électricité jouera un rôle majeur dans le mix énergétique de demain.

Or aujourd'hui, cette électricité est encore très majoritairement produite à partir des fossiles :

35 % charbon

25% Gaz naturel.

31% renouvelables.

9 % Nucléaire .

Nous avons donc une urgence : faire en sorte que l'électricité consommée aujourd'hui soit décarbonée*.

*( « Certains » n'hésitent pas à construire des centrales électriques à charbon pour produire de l'électricité destinée à recharger les batteries de voitures électriques...cette transition de la sainte farce nous pend au nez si nous n'y prenons pas garde.).

La première tâche de la transition énergétique devait donc consister à remplacer les centrales thermoélectriques existantes fonctionnant avec des fossiles, par d'autres moyens de production utilisant l'un ou l'autre des procédés 1, 2, ou 3.

Les centrales à fuel ou à charbon seront donc supprimées et remplacées par des centrales à Biogaz, ou des centrales solaires, ou par des champs d'éoliennes, ou des centrales nucléaires, ou tout autres installations fournissant de l'électricité décarbonée... Vaste programme.

Après, mais après seulement, il sera possible d'augmenter la demande électrique en électrifiant des applications nouvelles.

Tenter de faire les deux en même temps, c'est prendre le risque de créer une confusion nuisible à l'objectif. Dans cet esprit, on peut considérer que la tentative de lancement de la voiture électrique est prématurée.

Pour mémoire, l'électrification des 1 400 millions de VP+VUL roulant en ce bas-monde nécessiterait une quantité annuelle d'électricité de l'ordre de 3,3 Peta Wh.

Ce qui représente la production annuelle d'environ 530 réacteurs nucléaires de 900 MW.*

( Dont environ 15 pour la France et ses 40 Millions de futures autos électriques... )

* ( ou toutes autres machines à produire de l'électricité décarbonée )

Selon l'AIEA, en Janvier 2025, il y avait 477 réacteurs nucléaires dans le Monde. Ces réacteurs sont ( et seront ) évidemment occupés à autre chose que recharger les batteries de nos futures voitures...).

Et les moyen de production électrique par des centrales au charbon sont encore très élevés :

2.156.842 MW selon le « Global Coal Plant Tracker » de Juillet 2025.

Ce qui représente l'équivalent de 4 000 centrales de 500 MW.

Voir :

https://docs.google.com/spreadsheets/d/1_6AkrRZOn3ZXhSV9O6tZnX-m7aJsfG9HiQ_iEqBkbW8/edit?gid=1228809590#gid=1228809590

et :

https://www.connaissancedesenergies.org/production-mondiale-delectricite-une-revolution-en-cours-mais-un-mix-toujours-tres-carbone-241104

Extrait :

 le charbon qui reste de loin la principale source d'électricité dans le monde (35% en 2023, avec 10 434 TWh d'électricité produite l'an dernier, soit 1,4% de plus qu'en 2022).

Suivent notamment :

  • le gaz naturel (22,5% du mix électrique mondial en 2023, 6 634 TWh) ;

  • l'hydroélectricité (14,3%, 4 210 TWh)

  • le nucléaire (9,1%, 2 686 TWh) ;

  • l'éolien (7,8%, 2 304 TWh) ;

  • le solaire (5,5%, 1 631 TWh),

  • la bioénergie (2,4%).

(Part des énergies dans la production mondiale d'électricité en 2024 (en %)

Source : Global Electricity Review 2025, EMBER - Graphique : Selectra

Fin de l'extrait

Les moyens mis en œuvre pour faire baisser la consommation de fossiles se heurtent à l'énormité des besoins d'énergie.

Le système économique mondial est fondé sur la rentabilité financière à court-moyen terme des projets industriels.

Selon ce principe, remplacer une chaîne de production ou de services et d'approvisionnement de l'énergie nécessaire, au prétexte que l'empreinte carbone de l'ensemble sera diminuée voire supprimée, n'est imaginable que si l'entreprise y trouve son compte, ou y soit contrainte par une réglementation*, ou persuadée par une fiscalité contraignante* ou une crise d'approvisionnement ou de hausse dissuasive de l'énergie, ou des intrants nécessaires.

* ( La taxe carbone, et/ou la réglementation sur l'empreinte carbone, sont des moyens qui peuvent être efficaces, à condition d'être appliqués équitablement et sans tolérer les dispositifs de contournement ).

Mais ces mesures se heurtent à la position toujours dominante du trio Charbon-Gaz-Pétrole, dont le rôle énergétique se complète d'un rôle politique de gouvernance mondiale par le biais des flux énergétiques qui sont le sang de notre monde de machines.

Remplacer à la fois le sang et les organes sans tuer le malade, tel le challenge qui nous échoit.

Un autre aspect de la transition énergétique réside dans la nature de l'énergie électrique appelée à jouer un rôle essentiel.

Pour amortir les conséquences d'une crise politique conduisant à une crise des approvisionnements énergétiques, L'AIE avait imposé à ses membres des stocks de produits énergétiques correspondants à trois mois de consommation.

Les produits fossiles se prêtent à la constitution de ces stocks de sécurité.

Mais l'électricité ne se stocke pas.

(Il n'est un secret pour personne que le vent et le soleil ne se stockent pas, et les barrages ne sont pas une solution, leur capacité est beaucoup trop faible...)

La constitution de tels stocks sera donc impossible avec l'électricité, ce qui créera une vulnérabilité constitutionnelle qui est un phénomène nouveau dont il y aurait lieu de tenir compte dans les choix de la transitions énergétique.

( l'asservissement au fournisseurs de pétrole et de Gaz sera remplacé par l'asservissement au fournisseur d'électricité...)

Par contre le minerai d'Uranium se stocke très bien, et la chaîne de raffinage, de fabrication du combustible nucléaire, constituent un stock naturel largement supérieur à une année voire davantage.

D'autre part la biomasse solide, les bio carburants et le biogaz se stockent également très bien, dans les mêmes conditions que les fossiles, et dans les mêmes cuves.

Pour cette « simple » raison, l'éventail énergétique du futur comprendra obligatoirement une part importante de biomasse, de biogaz, de biocarburants et de carburants de synthèse.

La querelle autour du type de carburant qui sera utilisé dans les transports est donc sans objet puisque les deux types de carburants existeront par nécessité.

( les chinois l'ont bien compris ).

Le problème est plutôt de savoir comment gérer cette situation nouvelle qui fera coexister un marché pour l'électrique pur et un marché pour le moteur thermique, et fatalement un marché pour l'hybride.

Le problème de la batterie devient alors un faux problème ; par contre le vrai problème devient celui de concevoir un châssis compatible avec les trois types de motorisation.

Tous les constructeurs travaillent dans ce sens, à la fois pour échapper au coût exorbitant et au poids des grosses batteries au Lithium, tout en restant compatibles avec le respect des zones ZFE et le besoin d'une autonomie convenable.

L'Europe demeure suspendue aux décisions de Bruxelles qui mettront un terme à un suspense qui n'a que trop duré.

La transition énergétique ne sera donc pas un long fleuve tranquille. Les fossiles font de la résistance, les solutions de remplacement sont coûteuses et mal acceptées. Les innovations nécessaires sont perçues davantage comme l'occasion de pomper des financements et de prendre des places sur les futurs marchés plutôt que répondre à une demande réelle.

Le basculement sur les nouvelles énergies a fait apparaître une dépendance à une catégorie de métaux et terres rares dont les sources ne sont accessibles qu'à travers des intrigues politiques et des accord de coopération de mauvais aloi, et dont l'extraction, le raffinage, et le recyclage, entraîne une empreinte carbone excessive susceptible de ruiner le but final.

En France les seules actions dignes de mobiliser de gros moyens et d'être efficaces ont été entravées soit par une opposition systématique d'une partie de l'opinion ( Opposition au Nucléaire ), soit par une réglementation bruxelloises farfelue ( Gestion des barrages hydrauliques ) .

Heureusement ces barrières semblent maintenant écartées et les travaux sérieux vont pouvoir commencer, mais que de temps perdu..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 août 2025 2 19 /08 /août /2025 10:12

Quelles voitures en 2050 ?

20 Août 2025

La transition énergétique entraîne dans notre monde de machines les mêmes résultats qu'un coup de pied dans une fourmilière.

Comme il disait, « tous ne mourraient pas, mais tous étaient frappés » .

Les fossiles sont consommés dans les trois espèces : Charbon, Gaz, et pétrole.

La consommation mondiale totale d'énergie s'élève à 170 000 TWh environ, toutes énergies confondues ( Fossiles et renouvelables ).

Les fossiles participent pour environ 80% .

( Source : Energy Institute/ Statistical Review of World Energy 2025 )

Le secteur VP+VUL ( Voitures Particulières et Véhicules Utilitaires Légers ) représente environ 15 % de la consommation de fossiles.

( Evaluation sur la base de 1,4 Milliards de véhicules )

L'électrification totale de ce secteur de 1,4 Milliards de véhicules se traduirait au mieux par une baisse d'environ 10% des émissions de CO2.

( Et ce malgré la baisse de 15% de la consommation de fossiles, car le pétrole émet beaucoup moins de CO2 que le charbon . Et de plus il faudrait compter avec l'empreinte carbone des batteries au Lithium, qui amènerait le gain réel en émissions de CO2 à 7 ou 8%, voire moins...)

C'est néanmoins ce secteur VP+VUL qui a été choisi pour faire l'objet d'une conversion à l'électricité.

Jusqu'à preuve du contraire, l'ambition déclarée est l'électrification à 100% du parc VP+VUL.

Certains pensent que le jeu n'en vaut pas la chandelle, compte tenu des bouleversements que cette gymnastique entraînera, et de l'empreinte carbone supplémentaire qu'apportera la production massive de batteries au Lithium.

Mais c'est la doxa actuelle, à laquelle nous sommes priés d'adhérer.

La bagnole étant devenue la prothèse dont chacun doit ( ? ) être équipé pour figurer dignement dans le monde moderne, c'est deux Milliards ( Prévus pour 2050 ) de ces engins qui seront touchés par la transition énergétique, puisque le pétrole leur sera refusé*.

*( Le calendrier du déclin de l'ère du pétrole est évidemment inconnu, ce qui ajoute au « suspense »...)

Il existe une frange d'exaltés qui militent en faveur de la quasi-suppression de la voiture considérée comme une drogue dure ; les malheureux n'ont pas compris que loin d'être une drogue, la bagnole est devenue une prothèse qui soutient la trame de notre société...

Les dés sont donc jetés, la révolution automobile est lancée, aléa jacta est...

L'électricité fut élue d'emblée pour remplacer le pétrole dans les voitures, et autres véhicules légers, compte tenu des avantages évidents qu'elle apporte dans la corbeille de mariage :

- Elle est déjà produite en quantités importantes sous une forme décarbonée, par des installations locales existantes : Eoliennes, panneaux solaires, centrales hydroélectriques, centrales électronucléaires, dont le développement ira croissant.

- Elle permet de diviser par trois la quantité d'énergie nécessaire à la propulsion des autos.

- Elle supprime les émanations délétères propres aux moteurs thermiques.

- Elle permet d'échapper à la dictature monopolistique des Etats dont le sous-sol est riche en hydrocarbures.

- Et de plus les progrès de la technologie des batteries au Lithium laissaient penser ( au premier abord ) que l'affaire était dans le sac.

Ces avantages fondamentaux ont justifié ce choix initial.

Mais c'est en forgeant qu'on devient forgeron...

De nombreux obstacles ont été rencontrés lors de la mise sur le marché des voitures entièrement électriques ; ces obstacles ont été abondamment développés et évalués dans la littérature spécialisée, et dans nos articles précédents.

L'un des plus gênants est l'empreinte carbone de la batterie au Lithium, qui doit impérativement être drastiquement améliorée sous peine d'annuler l'intérêt écologique de ce grand chambardement.

Le poids et le coût de ces batteries doivent également être massivement réduits pour rendre financièrement acceptables les modèles équipés en 150 kWh pour assurer une autonomie conforme aux besoins.

( On aura du mal à démontrer que l'on économise des matériaux et de l'énergie en augmentant de 50% le poids des autos...)

Un autre problème est l'origine de l'électricité de recharge des batteries. Aujourd'hui dans le Monde cette électricité est encore massivement produite avec des fossiles. De plus, de nombreuses installations provinciales de production d'électricité décarbonée ( éoliennes, solaires ) ne sont pas assez puissantes pour recharger un parc de batteries.

Ajoutez à cela que les réseaux d'entretien et de réparation des véhicules existants ne conviennent absolument pas à des véhicules électriques et l'accès aux pièces détachées est très problématique, pour employer un euphémisme...

Quand au recyclage des batteries, il demeure un vœux pieux car la filière, si elle existe un jour, induira des coûts prohibitifs...

Pour toutes ces raisons, il est hautement probable qu'une part importante du parc de VP et de VUL ne pourra pas basculer sur le tout électrique ; une part significative devra utiliser, d'une façon ou d'une autre, un moteur thermique soit seul, soit en hybride.

Le besoin d'emporter une réserve énergétiques importante ne concerne pas que le secteur VP+VUL.

Les autres secteur professionnels ont le même besoin :

Transports routiers de marchandises.

Transports routiers de passagers.

Transports maritimes et fluviaux.

Transports aériens.

Seule une partie minime de ces catégories pourra être électrifiée.

(Eventuellement avec du Gaz et une pile PEMFC.

Les autres, qui doivent emporter une réserve d'énergie importante, devront continuer d'utiliser un carburant à forte capacité spécifique énergétique.

Pour satisfaire les besoins de ces catégories professionnelles, il est donc indispensable de développer une gamme de carburants à forte teneur énergétique.

Il s'agit des biocarburants et des carburants de synthèse, qui sont déjà l'objet de développements tous azimuts afin de trouver les meilleures recettes qui conduiront à des prix de revient acceptables, et si possibles dans des filières peu énergivores et sans nuire aux cultures vivrières.

L'éventuelle confirmation de l'existence de sources d'Hydrogène naturel contribuera grandement à obtenir des coûts de fabrication raisonnables grâce à ce nouvel apport énergétique qui viendra remplacer efficacement l'Hydrogène obtenu par électrolyse, elle-même énergivore...

On peut ainsi considérer que, dans un délai raisonnable, il existera une production décarbonée d'un (ou plusieurs) carburants de synthèse à haut pouvoir énergétique, qui pourront alimenter le secteur des transports lourds, et pourquoi pas une partie des (VP + VUL) qui ne pourraient pas s'accommoder du faible pouvoir de stockage des batteries.

Ces carburants de synthèse viendront s'ajouter aux biocarburants de seconde génération, pour permettre la décarbonation de l'ensemble du parc des transports, y compris maritimes et aériens.

Le secteur VP+VUL n'échappera pas à cette diversité imposée par l'ordre des choses.

La décarbonation des transports, et en particulier du secteur VP+VUL n'est pas aussi « simple » que pouvait le laisser penser une analyse sur un coin de table ( fut-elle à pieds dorés dans un salon du ministère ).

Les problèmes de batteries, d'autonomie des véhicules, de décarbonation de l'électricité, de développement de réseaux de distribution électrique, de réseaux de bornes de rechargement, de recyclage des matériaux rares, etc, ne sont pas de ceux que l'on peut résoudre en promulguant une loi.

Un décret contraignant ne suffira pas à donner aux consommateurs les moyens financiers d'acquérir un véhicule au-dessus de leurs moyens.

Dans un avenir à moyen terme, les différents procédés de motorisation coexisteront en fonction des spécificités des besoins et des sources d'énergie décarbonée disponibles ici et là.

La relative simplicité du système actuel sera remplacée par une offre pléthorique de véhicules assez disparates, ce qui ne va pas dans le sens de la réduction des coûts.

Compte tenu des incertitudes sur la façon dont les problèmes identifiés aujourd'hui seront résolus, ou pas, dans l'avenir, et quand, il est impossible d'évaluer le facteur de dépréciation de tel modèle dans le temps, ce qui fera de l'achat d'un véhicule électrifié une loterie qui nous éloigne beaucoup du placement de père de famille.

Le côté industriel de cette vaste opération consiste en un bouleversement complet du secteur, qui se trouve partagé en deux groupes :

D'une part les constructeurs historiques, qui se retrouvent comme l'âne de Buridan incapable de choisir entre les deux seaux, et d'autre part des nouveaux entrants qui foncent dans le brouillard sachant qu'il y a des places à prendre, fut-ce avec des moutons à cinq pattes.

Là où naguère une nouvelle « caisse » pouvait se décliner en version essence ou version diesel, avec des fioritures pour créer une gamme, un peu plus de chevaux pour faire luxe, et une peinture métallisée pour épater la galerie, il faut aujourd'hui développer des caisses différentes selon la capacité, le poids, l'encombrement, de la batterie.

Dis-moi quelle batterie tu vas utiliser, je te dirais quelle voiture il faut construire autour. Et comme de nouvelles batteries sortent tous les jours, il faut adapter la caisse en permanence.

Et comme l'avenir se dessine autour de l'hybride, le problème est encore plus compliqué.

Quand, de plus, le problème du choix technologique se complique de la nécessité de respecter une réglementation régionale elle-même fluctuante, le travail des bureaux d'études s'apparente de plus en plus à l'art des haruspices qui lisaient l'avenir dans les entrailles d'un animal sacrifié.

L'animal sacrifié sera-t-il le client ?

Pour en revenir à notre question initiale, à savoir quelles voitures rouleront en 2050, on aura compris que seule Madame Soleil pourrait y répondre, avec à peu près autant de crédibilité que n'importe quel bonimenteur de foire.

 

 

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