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23 novembre 2024 6 23 /11 /novembre /2024 18:58

Les conseils pour bien utiliser sa voiture électrique, n'enfonçons pas le clou !

23 Novembre 2024

Nombre de publications ( Revues, sites internet, Youtube, constructeurs, etc...) offrent des pages consacrées à la meilleure façon d'apprivoiser une voiture électrique.

La démarche part d'un bon sentiment et le contenu est relativement exhaustif, à condition de cumuler plusieurs documents il est vrai.

La lecture de ces « conseils » est instructive mais, comme dans la notice d'une médicament, on y trouve bien les qualités du produit, mais on y trouve aussi les effets secondaires.

De nombreuses pages sont consacrées à la gestion de la batterie pour d'une part d'éviter de tomber en panne sèche, et d'autre part pour préserver son état de santé ( SOH, State Of Health ) afin d'éviter une obsolescence prématurée.

( préoccupations totalement ésotériques sur une voiture thermique, le bon usage du réservoir en tôle pour le carburant et son remplissage, n'ayant jamais posé de problème... )

Sur une électrique, la batterie doit être constamment l'objet d'une attention particulière.

Il y est notamment question de la « stratégie » a adopter pour choisir entre charge lente et charge rapide, voire même de l'opportunité de préchauffer cette batterie pour la conditionner à recevoir une charge correcte, et surtout de ne jamais laisser descendre la réserve d'énergie en dessous de x%, le x variant d'une marque à une autre selon le fournisseur de la batterie et la marge de sécurité du constructeur qui l'utilise sur ses modèles.

On trouve également quelques sages conseils comme celui de ne jamais stationner dehors par temps froid avec une batterie non chargée, ni de la garer dehors au soleil en plein été dans les régions exposées, etc.

De plus, la chose étant très sensible à la température, il est conseillé de lever le pied sous la chaleur d'été, et de surveiller la température d'icelle sous peine de risquer de subir de graves déboires.

( Ces précautions évoquent étrangement celles que l'on doit respecter avec un enfant en bas âge...y compris pour les biberons ).

Toutes ces recommandations, et quelques autres de moindre importance, peuvent » être interprétées par le lecteur non averti ( et même certains autres...) comme l'indice d'un certain manque de maturité des batteries au Lithium, cette impression étant confortée par l'annonce de la sortie proche de modèles de batteries qui résoudront tous ces « désagréments », et de plus seront moins chères.

Il n'en faut souvent pas plus pour faire hésiter l'acheteur potentiel qui a « l'imprudence » de lire la presse d'information. Il sera tenté d'attendre encore pour acheter le prochain modèle qui corrigera ces « petits » défauts.

Une autre facette de la voiture électrique est l'extrême sensibilité de sa consommation d'énergie aux conditions d'utilisation. Ceci doit être expliqué à l'utilisateur afin de l'aider à gérer cet appétit variable qui peut être cause de panne « sèche » si on n'y prend garde.

De nombreuses pages sont consacrées à ce problème.

On y explique notamment que l'autonomie indiquée au catalogue, et qui a bien souvent décidé de l'achat ( consommation WLTP ) appartient au domaine des « réalités alternatives » ( chères à un certain Donald ) et que la réalité ( la vraie ) est légèrement différente.

En termes choisis on lui révèle que la « vraie » autonomie sera inférieure, voire très inférieure, voire carrément la moitié s'il s'avise de prendre l'autoroute à 130.

Quand au problème de la recharge, on lui explique que cela ira bien « SI » il prend la précaution de préparer son itinéraire en fonction des stations de recharge disponibles, lesquelles sont indiquées sur l'écran de son tableau de bord, à condition que le logiciel ait été mis à jour.

Il lui faudra notamment préciser le chargement du véhicule, le profil de l'itinéraire, le sens et la force du vent, la présence éventuelle d'une remorque, l'utilisation (ou pas) de la climatisation de l'habitacle, …).

Tout cela est très bien expliqué dans la documentation, trop bien même pour certains qui ne pensaient pas devoir retourner à l'école pour ré-apprendre à gérer leurs déplacements en auto.

Pour beaucoup d'entre nous une sortie en auto ne doit pas se transformer en prise de tête, et cet étalage de complications peut être contre-productif.

Un autre problème (encore un ) est souvent évoqué dans les articles didactiques, c'est celui de la gestion des recharges aux bornes publiques.

L'accès à une borne de charge publique s'obtient à deux conditions :

D'abord y être autorisé (!) . Certaines bornes sont à accès libre, d'autres exigent une carte de recharge avec abonnement, d'autres permettent l'accès avec une carte de crédit classique, d'autres encore acceptent un QR code ( Le bon évidemment!), et certaines négocient avec un smartphone...

Ensuite il faut avoir le bon câble pour le type de charge attendu...

Ce qui n'est pas forcément évident...

Le choix de la borne doit également se faire en fonction du type de charge recherché, et de ce que « votre » batterie accepte en terme de puissance, car le prix n'est pas le même.

Il est prévu que, dans un avenir plus ou moins proche, un certain degré de standardisation soit imposé, mais le caractère évolutif de ce marché ne le permet pas encore.

Il en résulte que le réseau de bornes de recharge publiques peut apparaître comme une jungle aux yeux d'un automobiliste habitué à la fluidité du réseau de distribution de carburants classiques.

Une raison de plus pour ne pas sauter le pas et prendre son temps...

Bien d'autres sujets de prise de tête apparaissent avec la voiture électrique, par exemple la valeur à la revente, compromise par le coût exorbitant d'un éventuel remplacement de la batterie qui peut s'avérer nécessaire, et n'est couvert par aucune garantie...

Mais arrêtons là cette liste noire sous peine de contribuer nous-mêmes à noircir le tableau.

Le vendeur de voiture électrique devra trouver le juste milieu dans son argumentaire, entre le bonimenteur de foire et l'accusateur publique, il lui faudra choisir un rôle crédible pour convaincre le futur acheteur sans pour autant lui faire prendre des vessies pour des lanternes...

 

 

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17 novembre 2024 7 17 /11 /novembre /2024 11:08

La norme CAFE, une impasse pour l'automobile européenne ?

18 Novembre 2024

Les voitures commercialisées en Europe à partir de 2035 seront donc exclusivement électriques à batterie ( VEB ).

Ainsi en ont décidé les autorités Européennes de régulation.

Le critère retenu pour vérifier le respect de cette injonction est la conformité à la norme CAFE :

(Corporate Average Fuel Economy).

Cette norme fixe, pour une période donnée, la valeur maximale tolérée des émissions de CO2 de l'ensemble des véhicules commercialisés par un constructeur, toutes technologies confondues ( Thermiques, électriques, hybrides ).

En 2021 la valeur seuil a été fixée à 95 g/ CO2 par km.

( Valeur respectée tant bien que mal par les constructeurs).

En 2025 cette valeur passera à 81 g/CO2 par km. ( - 15% )

L'objectif étant de 50 g/CO2 par km en 2030, et de 0 en 2035.

(On aura compris que cette manœuvre à trois bandes a pour but de forcer les automobilistes à abandonner le pétrole et à passer rapidement à l'électricité. Mais ce passage ne peut s'effectuer qu'à deux conditions : Que les voitures électriques apportent le même service que les voitures actuelles à pétrole, et que leur prix soit comparable.

Aucun de ces deux critères n'est respecté : Voir notre article du 9 Novembre.

Certes, les « inconvénients » constatés sont des défauts de jeunesse appelés à disparaître avec l'expérience du terrain et la prise en compte du REX ( Retour d'EXpérience ), étape bien connue et inévitable pour toute nouvelle application un peu compliquée.

Mais l'erreur à éviter est de vouloir d'emblée conquérir la totalité d'un marché en court-circuitant les étapes de mise au point et d'adaptation du produit à son milieu.

Concernant la voiture électrique, il faudra probablement deux décennies pour que le VEB atteigne l'âge adulte et trouve la place qui lui permettra de grandir.

L'échéance de 2035 est trop rapprochée et l'objectif de 100% du marché n'est pas réaliste).

Pour rester dans la limite actuelle des 95 g de CO2 par km, la consommation moyenne de la gamme de véhicules de doit pas dépasser 4,13 L /100 km*.

( Valeur moyenne de l'ensemble des véhicules commercialisés par un constructeur, et mesurée selon les normes strictes bien connues ).

Cette limite est aujourd'hui respectée, mais déjà avec de grandes difficultés et avec l'aide des électriques dont les émissions sont nulles évidemment, ce qui compense les gros SUV thermiques.

*( La combustion de 1 L de carburant émet 2 300 g de CO2 environ).

La limite de 81 g/CO2/km ( 3,5 L/100 km ) fixée pour 2025 ( Dans un mois et demi...) ne pourra être respectée que si le quota de véhicules électriques est suffisant pour compenser des émissions des thermiques ( élémentaire, mon cher Watson...).

Or les acheteurs ne se précipitent pas pour acheter des électriques, en tous cas pas assez pour atteindre la limite fixée des émissions de CO2.

( Le marché des VEB est plutôt en panne en 2024...).

La punition prévue pour les constructeurs est l'application de fortes amendes, qu'ils ne pourront pas supporter d'autant plus que, dans le même temps, « on » leur demande de baisser les prix de l'électrique.

Voici donc une tringle à rideau comme on les aime en Europe, et qui démontre une fois de plus qu'un marché ne se développe pas par la contrainte, mais par l'intérêt que les clients peuvent trouver au nouveau produit.

Le marché subventionné a jusqu'à présent créé une illusion de succès, vite refroidi lorsque le robinet des fonds publics s'est fermé.

Les constructeurs spécialisés dans la seule voiture électrique ne sont évidemment pas impactés par la norme CAFE, et leur monoculture électrique les dispense de maintenir des moyens de production thermiques très coûteux.

Pour peu qu'ils maîtrisent aussi le secteur des batteries, il maîtriseront ainsi les coûts de production de l'ensemble. (Voir BYD par exemple ).

L'Europe va devoir faire preuve d'imagination pour se sortir de ce guêpier sans ouvrir un boulevard aux concurrents chinois.

En cherchant à « booster » la voiture électrique, nous avons ouvert une boîte de Pandore sans très bien savoir ce qu'elle contenait.

On commence à s'en apercevoir...

 

 

 

 

 

 

 

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9 novembre 2024 6 09 /11 /novembre /2024 17:23

La voiture électrique : un coup de pied dans la fourmilière.

9 Novembre 2024

Deux circonstances décisives sont à l'origine de la décision de remplacer les moteurs thermiques par des moteurs électriques dans les véhicules particuliers et les utilitaires légers :

- L'une est l'urgence d'arrêter les émissions de CO2 fossiles pour tenter de limiter la catastrophe climatique annoncée.

- L'autre est l'arrivée de la nouvelle technologie de batteries au Lithium permettant une capacité énergétique spécifique enfin compatible avec les exigences du marché.

Cette opération est extrêmement positive sur le papier, pour au moins deux raisons :

- Le rendement énergétique d'un moteur électrique est deux ou trois fois supérieur à celui d'un moteur thermique.

- Les émissions de CO2 sont supprimées, mais également les émission de gaz toxiques et de particules fines.

Ces avantages, joints à la technologie de batteries au Lithium, qui paraît capable de répondre aux exigences du marché, justifiait ce bouleversement radical du secteur automobile.

( Tout cela étant vrai à condition que l'électricité utilisée soit elle-même décarbonée, et que l'extraction des matériaux et le recyclage des batteries aient eux-mêmes une empreinte carbone raisonnable...).

Tous les constructeurs historiques de VP ( Véhicules Particuliers ) et VUL ( Véhicules utilitaires légers ) ont donc entrepris ce virage, tout en conservant leurs lignes de production thermiques bien entendu.

( L'électrification du parc thermique ne peut s'effectuer en moins de deux décennies, au mieux...).

De nouveaux constructeurs sont apparus, seulement intéressés par le marché de l'électrique, et souvent associés au marché des batteries au Lithium.

Le marché des véhicules concernés par cet aggiornamento est considérable de par le monde, et en forte croissance.

Pour l'utilisateur de sensibilité écologique relativement peu exacerbée, curieux des bons et mauvais côtés de toute nouveauté, et qui n'achète jamais « chat en poche », l'électrification de la voiture ne constitue pas nécessairement un progrès, au contraire même :

- Les carburants pétroliers sont toujours disponibles dans les coins les plus reculés de la Planète, et pour un coût hors taxes très raisonnable, alors que les bornes de recharge des batteries ne sont « éventuellement » disponibles que dans les régions disposant d'un réseau électrique suffisamment maillé et puissant.

- La recharge au domicile n'est possible que pour l'habitat individuel. Pour le collectif il faut deux conditions : Que l'immeuble dispose d'un parking, et que chaque place de ce parking soit équipée d'une borne de chargement...

- L'autonomie d'une voiture thermique atteint les 800 km et peut être prolongée grâce à quelques bidons dans le coffre, alors que la batterie d'une électrique atteint péniblement la moitié, et il faut oublier le bidon de secours dans le coffre...

- Pour l'usage journalier urbain et péri-urbain, une batterie de 30 kWh suffit. Mais pour « faire » de l'autoroute, il faut beaucoup plus ( au moins 50 kWh, et plus si possible ) ; or une voiture électrique n'a qu'une batterie ; comment résoudre ce dilemme, en achetant deux voitures ? Ou en acceptant de payer ( cher ) le surcoût d'une grosse batterie qui ne servira que quelques jours par an ?

- L'entretien et les réparations d'une thermique peuvent être réalisés n'importe où, éventuellement par le propriétaire lui-même, alors que l'électrique....

- La batterie étant intégrée au châssis de la voiture électrique, les réparations suite à un accident sont très problématiques et très onéreuses.

- A prestations égales, le prix d'une électrique est très significativement supérieur à celui d'une thermique.

- La longévité d'une thermique est légendaire, alors que l'électrique ne dure que ce que dure sa batterie, laquelle batterie en rechange cesse d'être disponible au bout de quelques années...

Et le coût de remplacement de la dite batterie est proprement exorbitant .

- La multiplication des nouveaux modèles et l'abondance des différentes « marques » créent une confusion et un doute sur la pérennité de la technologie ( Electrique, Hybride non rechargeable, Hybride rechargeable, ...).

- La multiplication des capacités de batteries, l'impossibilité de « up grader » cette capacité, les différentes possibilités de recharge ( 2C, 3C, 4C…) et de compatibilité avec les différentes puissances des bornes, l'accès à ces bornes souvent ésotérique voire conditionné à un abonnement, les précautions à prendre pour surveiller la température et le régime de charge, tout cela n'est pas de nature à rassurer l'éventuel acheteur, qui redoute de voir sa promenade se transformer en chasse au trésor...

- L'annonce ( quelque peu prématurée ) de la sortie d'une nouvelle génération de batteries est la reconnaissance de l'inadaptation des solutions actuelles, ce qui entraîne le report de certains achats.

( Pourquoi acheter aujourd'hui, cher, un objet dont on m'explique que demain il sera remplacé par une version up-gradée  moins onéreuse ? ).

- Hors de la recharge au domicile, les tarifs pratiqués aux bornes publiques sont incompréhensibles et très variables, contrairement au carburant pétrolier dont le prix au litre est affiché et varie assez peu d'un fournisseur à l'autre.

- La relativement faible capacité de la batterie, jointe à une consommation très variable selon les conditions d'utilisation créent un nouveau souci pour le conducteur, qui doit adapter son parcours à la disponibilité de bornes de recharge et doit se fier à une interface sur écran tactile pour accéder à un logiciel pas toujours exhaustif. Penser aussi à certains conducteurs peu familiarisés avec cette démarche.

- Pour la très grosse majorité des automobilistes, l'achat d'une auto neuve est conditionné par la revente d'un modèle acheté quelques années avant et avec une cote d'occasion encore convenable.

Or le prix des électriques neuves est tellement fluctuant qu'il est impossible de prévoir un prix de revente, d'autant plus qu'il y aura une décote supplémentaire selon l'état de la batterie.

On peut alors préférer conserver sa « vieille » auto à pétrole encore deux ou trois ans et attendre que le marché de l'électrique cesse de faire le yo-yo.

Bien sûr, chacun de ces petits « inconvénients » pris à part peut faire l'objet d'un accommodement, et être considéré comme un tribut payé à la modernité.

Il faut être dans le vent, que diable !

Mais devoir composer avec l'ensemble de ces « petits » désagréments peut s'avérer lassant, surtout si on les découvre « sur le tas ».

Certes, on peut penser que ces « quelques » points faibles s'atténueront avec l'expérience du terrain et les progrès de la technologie des batteries ; mais ils sont suffisamment gênants aujourd'hui pour dissuader de nombreux clients potentiels à sauter le pas.

Le client ne s'orientera vers l'électrique que s'il est motivé par un ou plusieurs facteurs qui justifie d'accepter ces inconvénients :

Parmi ces facteurs d'incitation, on peut citer :

- Ignorance de la liste des inconvénients cités plus haut.

- Attrait d'une subvention substantielle ( Elle est de moins en moins substantielle ).

- Intérêt de réduire significativement ses dépenses d'énergie.

- Sensibilisation au problème du réchauffement climatique.

- Besoin d'une seconde voiture en complément d'une thermique.

- Usage purement local ou péri-urbain et possibilité recharge au domicile.

- Besoin d'échapper à la malédiction des ZFE ( Important pour les citadins ).

- Commercialisation des voitures thermique interdite ( A revoir en 2035 )..

- Compléter une installation domestique de gestion d'énergie par des panneaux solaires et du V2G.

( Vehicule To Grid ).

Etc... ?

Ce qui fait beaucoup de monde, mais certainement pas la majorité des clients potentiels.

Compte tenu de cette situation, il est normal de rencontrer quelques difficultés dans la promotion de la voiture électrique.

La plupart des inconvénients cités plus haut ne sont évidemment pas dévoilés brutalement au futur acheteur novice en la matière. Ils sont « découverts » au fil des déplacements, ce qui n'est pas la meilleure façon de construire une réputation flatteuse à travers les retours clients...

On a vu la grande réactivité de ce marché à la baisse des subventions. Les autres facteurs cumulés expliquent en partie le manque d'enthousiasme des automobilistes à pétrole à changer pour un truc si délicat...

Côté industriel, le passage à l'électrique se traduit par « quelques » problèmes nouveaux :

Le premier est la batterie bien sûr, sans laquelle la voiture électrique n'est qu'un morceau de fer. La compétence traditionnelle du secteur automobile est la métallurgie. Il faut désormais y ajouter la compétence en électro-chimie, qui n'est pas la tasse de thé des constructeurs traditionnels de voitures à pétrole. Et ceci ne s'acquiert pas sans des années de recherches.

( Surtout si on achète les batteries à des fournisseurs asiatiques plutôt qu'investir pour la développer soi-même...).

Le second problème est la distribution du carburant électrique.

Les constructeurs traditionnels de voitures à pétrole n'ont pas à se préoccuper de qui va fournir ce pétrole, comment et à quel prix. Au cours du dernier siècle les pétroliers se sont adaptés à la demande, les deux mondes du pétrole et de l'automobile ont constitué une symbiose qui a pu ainsi conquérir le monde.

Rien de comparable pour la voiture électrique ; ces nouvelles autos sont lancées sur les routes sans très bien savoir qui va se charger de leur fournir l'électricité nécessaire et à quel prix. Le monde de l'électricité existe bien, mais on ne sait pas très bien qui prendra la charge d'alimenter les voitures. Nous sommes encore très loin de la symbiose qui existe entre l'automobile à pétrole et le monde pétrolier.

Hors quelques pays développés , l'électricité dans le monde est encore produite majoritairement à partir des fossiles ( 70% ), ce qui relativise l'urgence à développer la voiture électrique.

( Une voiture électrique alimentée par une électricité à 70% fossile n'aurait aucun sens...).

Le troisième problème industriel est la nécessité d'approvisionner des nouveaux matériaux rares et coûteux, avec parfois des conditions d'exploitation contraires aux règles humanitaires et écologiques.

De plus, la provenance exotique de ces matériaux crée une dépendance vis à vis des fournisseurs, qui sont également des concurrents sur le marché de l'automobile électrique ( et de bien d'autres choses...).

Le passage à la voiture électrique n'est donc pas un « simple » changement de technologie, il constitue un bouleversement de secteurs entiers de l'industrie, qui se traduit par une redistribution des cartes avec le risque, pour les constructeurs automobiles classiques, de ne plus avoir les bonnes cartes, ou de « jouer » avec des cartes périmées.

La décision européenne d'interdire, sur le territoire européen, la commercialisation de voitures thermiques dès 2035, est un caillou supplémentaire dans la chaussure des constructeurs, dès lors que les automobilistes ne sont pas « contraints » d'acheter des électriques !!

Pour charger la mule, l'Europe a durci les normes d'émissions de CO2 des thermiques ( norme CAFE ) au point de mettre en difficulté les constructeurs dès 2025.

( Il s'agit des émissions moyennes de la gamme de véhicules thermique + électriques ).

La clause de revoyure prévue pour 2026 épaissit encore plus le brouillard du marché en laissant ouverte la question des carburants alternatifs, qui redonneraient une seconde vie au moteur thermique...

Il ne faut donc pas s'étonner que, devant cette stratégie pour le moins exotique, le marché de l'électrique marque quelques hésitations...Qui profitent aux hybrides, qui sont des thermiques déguisées en électriques, comme chacun sait ( devrait savoir ).

Ce bref panorama laisse présager des turbulences chez les constructeurs européens qui subissent la pression des constructeurs chinois avantagés par l'énormité de leur marché intérieur, leur main-mise sur les minéraux rares et chers indispensables aux voitures électriques ( et à bien d'autres choses ), le bas coût de leur main d’œuvre dans l'industrie, une politique d'état dirigiste et unitaire, une compétence qui n'est plus à démontrer, et de gros investissements dans le domaine des semi-conducteurs pour atteindre l'auto-suffisance en matière de puces.

On peut craindre que l'érection de barrières douanières n'aura que l'effet d'un cautère sur une jambe de bois.

Par ailleurs on connaît la situation économique de l'Europe.

On connaît également l'importance de l'effort financier auquel doivent consentir les usagers pour se conformer aux nouvelles règles de la transition énergétique, dont le respect entraîne d'importantes dépenses d'investissement dans le domaine de l'immobilier ( Rénovations thermiques, installations de pompes à chaleur, de panneaux solaires …) qui entraînent des hausses des loyers pénalisant le budget des ménages et faisant passer l'achat d'une voiture électrique au second plan ( Voir prix et possibilités de recharge dans l'habitat collectif ).

Il ne faut peut-être pas chercher beaucoup plus loin les raisons de la morosité du marché de l'électrique...

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30 octobre 2024 3 30 /10 /octobre /2024 16:22

Le danger des écrans tactiles sur le tableau de bord de nos voitures.

30 Octobre 2024

Article R 412-6-2 du code de la route:

« Le fait de placer dans le champ de vision du conducteur d'un véhicule en circulation un appareil en fonctionnement doté d'un écran et ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation est interdit ».

Selon la lettre, la quasi totalité des voitures neuves proposées à la vente est en contravention avec l'article R 412-6-2.

Tout le monde le sait, et tout le monde s'en f...

Cet extraordinaire unanimité dans le mépris du plus évident des risques n'a pas manqué d'intéresser les scientifiques préoccupés de comprendre ( ? ) les arcanes du cerveau humain.

Nous ne ferons pas au lecteur l'injure de lui expliquer en quoi cet écran (tactile ou non) est une véritable agression contre sa sécurité sur la route.

Notre propos est plutôt de tenter de comprendre pourquoi il existe une telle unanimité dans l'acceptation d'un risque, enseigné pourtant depuis des dizaines de lustres dans tous les cursus d'auto-école comme LE risque majeur .

(Nous voulons parler bien sûr de la règle d'or qui consiste à ne jamais quitter la route des yeux).

La première raison de ce nouveau « laisser aller » est la confiance aveugle dans le constructeur de la voiture, qui est supposé respecter les règles et obligations de toutes sortes qui régissent le monde automobile.

( S'ils l'ont monté d'origine, c'est qu'il est conforme aux règlements...)

Mais ces règles et obligations sont bien souvent rédigées avec suffisamment d'ambiguïté pour laisser une bonne marge de manœuvre.

En l'occurrence, dans l'article R 412-6-2, le terme « navigation » est parfaitement ambigu.

Qui peut dire précisément ce qu'est la « navigation » d'une voiture ?

Et qui peut dire ce qu'est une aide à cette « navigation » ?

La navigation, dans son sens original maritime, implique de tracer une route, calculer la dérive, déduire la route sur le fond, s'informer de la météo, des courants, des fonds, éventuellement manœuvrer des voiles, gouverner à la barre, surveiller le radar, surveiller le sondeur, s'informer des avurnav, lire les feux d'atterrissage, surveiller les fonds, surveiller le canal 16, et quelques autres activités en rapport avec les prévisions météo, l'état de la mer, l'arrivée éventuelle d'une dépression, rentrer le spi, serrer le mobilier, prendre deux ris, arrimer tout ce qui traîne sur le pont, changer de route pour éviter le grain, éventuellement activer le pilote automatique et aller se coucher pour une heure ou deux....

En règle générale il est assez peu nécessaire de regarder la route en bateau, sinon pour admirer le paysage. En cas de risque de collision si le temps est bouché, le radar est là pour suppléer le manque de visibilité, ou réveiller le skipper...

C'est çà la navigation.

On ne voit pas, dans cette liste bien remplie, ce qu'il peut y avoir de commun avec l'utilisation d'une voiture.

La voiture a d'autres besoins.

Sur une voiture, on apprécie les aides apportées par les différents capteurs radar et/ou ultra-sonique, ou mécaniques ( contacts ) avec ou sans effet « haptique », pour réagir au franchissement de ligne jaune, surveiller la distance entre véhicules, les dépassements de vitesses réglementaires, détecter la non fermeture d'une porte, la somnolence, les risques de verglas, assurer la sécurité anti-intrusion, etc.

Toutes choses réalisables sans écran surdimensionné, voire même sans écran du tout.

Lorsque d'autres fonctions doivent être ajoutées, qui nécessitent une ou plusieurs caméras, on peut avoir besoin d'un écran, pour une caméra de recul, ou pour donner de la visibilité avant d'aborder un carrefour, ou sortir d'un garage. Un petit écran N/B suffit largement, qui pourra également afficher quelques informations comme l'heure, et/ou la température extérieure, ou d'autres trucs sans intérêt.

Au-delà de ces fonctions basiques, qui ne nécessitent qu'un affichage de base, évidemment sans écran tactile, il n'y a pas de limite à l'imagination, et on entre dans le domaine de la bureautique, de la consultation de réseaux, de la connectique, et aussi bien de l'audio-visuel.

Tous les véhicules sont aujourd'hui connectés, pour le meilleur et pour le pire.

La connexion de base du véhicule au réseau, qui est aujourd'hui la règle, ouvre l'accès à toutes les applications disponibles sur ce réseau. La téléphonie mobile, le WiFi, et le Blue-tooth, permettent de tranformer la voiture en un bureau ambulant technologiquement équivalent à celui auquel le citoyen évolué est habitué, et qu'il souhaite évidemment retrouvé quand il s'assoie au volant de sa voiture. Ceci inclut bien sûr toutes les facilités offertes par le smarphone.

( Nous ne parlons pas ici des réseaux propre à l'auto elle-même : CAN HS et LS, VAN ) qui sont propres au véhicule et qui sont appelés à communiquer et à recevoir des informations dont certaines seront affichées à l'écran ).

Le problème se pose donc de savoir comment intégrer ces possibilités avec les régles élémentaires de la conduite d'une auto.

Le cas du smartphone a reçu un semblant de réglementation, plus ou moins satisfaisant, mais qui a le mérite d'exister.

En principe, seule la fonction GPS peut être utilisée, et à condition que l'appareil soit placé dans le champ visuel du conducteur, et que son emploi ne nécessite aucune manipulation...

Ces règles fondamentales visent à préserver les règle de base : ne jamais quitter la route des yeux, garder les mains sur le volant, et supprimer les causes de distraction.

Comme d'habitude ces règles comportent leur lot d'ambiguïtés, laissant la porte ouverte à des interprétations sur la position du support de smartphone, et son usage réel à l'instant t.

S'agissant des mêmes voitures, des mêmes conducteurs, et des mêmes voies de circulation, pour les mêmes usages, il va se soi que ces règles doivent ( devraient ) à minima s'appliquer pour tout autre dispositif monté à demeure sur le tableau de bord et possédant un écran diffusant des informations, quelles qu'elles soient.

Et en particulier à l'énorme écran couleur qui trône sur les voitures actuelles, et qui est prévu pour afficher n'importe quoi, non seulement des informations concernant la voiture elle-même, mais aussi n'importe quelles données provenant d'une source externe.

Il s'agit en fait d'un écran d'ordinateur dont la souris a été remplacée pas un écran tactile, ou une interface vocale, une sorte de smartphone à poste fixe.

Le montage d'un tel écran sur le tableau de bord implique, à priori, qu'il est placé là pour être utilisé par le conducteur, c'est l'évidence même.

Le fait qu'il soit conçu avec un écran tactile implique que son usage nécessite le recours à cette interface pour accéder aux fonctions offertes par les logiciels embarqués.

Le fait que ces logiciels peuvent être téléchargés, implique un certain degré de liberté par rapport à leur nature et leur utilité pour la « navigation ».

( La télédiffusion des matchs de foot pourrait être possible si le laisser-aller actuel n'est pas temporisé par une réglementation contraignante...).

Ces « ordinateurs de bord » sont, « officiellement », destinés à afficher des données « utiles à la navigation », sans que l'on sache très bien quel est le sens de ce mot dans le cadre du trafic routier.

Parmi ces données on peut citer :

- Accès au manuel d'utilisation.

- Accès au choix des différentes options pour une fonction déterminée ( Arborescences ).

- Accès à l'affichage du guidage routier et à l'entrée des données, à la sélections des options, à la mémorisation, etc...

- Accès à des fonctions récréatives ( Auto-radio, lecteur de CD, lecteur USB, info-trafic, etc...)

Etc...

La navigation dans ces menus et les choix étant effectués grâce à l'écran tactile.

L'interface entre cet ordinateur de bord et le smartphone est assez indéterminée, compte tenu des restrictions imposées à l'usage de ce dernier...

Bien sûr une commande vocale pourra ( devra?) être utilisée dans certains cas.

L'utilisation de ce nouvel avatar numérique est quadruplement dangereux lorsqu'il est utilisé en situation de conduite :

- Il impose de détourner le regard de la route pendant une durée indéterminée.

- Il impose de lâcher une main du volant pour la porter sur l'écran ( tactile ).

- Il impose de réfléchir au chemin à parcourir pour arriver à l'affichage de la fonction recherchée.

- Il impose un temps de réflexion pour décider du choix du paramètre et de sa valeur.

A l'évidence ce genre de gymnastique digitalo-intellectuelle doit être physiquement interdite lorsque le véhicule est en mouvement.

Ce qui peut être contraignant pour les véhicules électriques, qui ont besoin en permanence d'informations sur la batterie et sur la disponibilité des bornes de recharge.

Comme d'habitude, des compromis devront être trouvés...

Evidemment, lorsque les voitures n'auront plus besoin de chauffeur, tout cela paraîtra bien obsolete.

Mais cette éventualité est encore bien lointaine et, d'ici là ( 2040 ? ), il faudra tâcher de faire cohabiter l'ancien monde avec le nouveau.

 Le passage d'un véhicule à un autre est quasiment immédiat, facilitant ainsi les échanges en évitant des temps d'adaptation stériles et souvent incomplets.

( Qui accepterait de passer deux heures à lire le manuel d'une voiture de location récente, ou d'un véhicule emprunté à un ami?).

Les choses en allèrent ainsi durant plusieurs décennies.

L'arrivée des semi-conducteurs ne bouleversa pas cette philosophie de la sécurité de conduite, du moins tant que seule la mécanique fut concernée.

( Les premiers organes électronisés furent les clignotants, l'allumage, le régulateur d'alternateur, puis l'injection, le freinage ABS, le calculateur, la gestion du pot catalytique, etc. ).

Et puis vinrent les circuits intégrés et les écrans plats, qui envahirent la totalité des applications, avec une « main mise » sur les communications, l'audio-visuel, le traitement de signal en général.

Et bien évidemment l'automobile...

Après avoir conquis les organes mécaniques « nobles » de la voiture, l'électronique s'est donc intéressée au reste de la bagnole, avec trois cibles :

1-Le multiplexage.

La commande des multiples « bidules » présents dans la voiture, devant, derrière, sur les côtés, sur le dessus et le dessous, nécessite du câblage, donc beaucoup de fil de cuivre, et le cuivre c'est cher, surtout s'il en faut un par fonction.

Mais dans le monde moderne on peut remplacer facilement plusieurs lignes de transmission par une seule, qui achemine des signaux codés numériquement et qui sont décodés en bout de chaîne par un petit circuit intégré relié à plusieurs applications. C'est le multiplexage.

Avec deux bénéfices : on économise du cuivre, et on peut multiplier à l'infini le nombre d'applications.

Sitôt dit sitôt fait, nos voitures sont désormais toutes multiplexées, pour le meilleurs et pour le pire.

Ce système, permettant de transporter plusieurs voies sur un seul fil, il n'y a plus de raison de se priver, toutes les fantaisies sont permises.

Ce système, mis au point dans les années 2000, est maintenant généralisé.

2-La sécurité.

Les possibilités de l'électronique permettent de barder une voiture d'un nombre illimité de systèmes de sécurité et d'aide à la conduite qui d'une part sont utiles ( enfin, presque tous ), et d'autre part peuvent être implémentés pour des coûts plutôt modestes, ce qui est « pain béni » pour le marketing, qui en fait un très large usage pour offrir des options pas toujours très justifiées.

L'inconvénient est que tout ce beau monde est programmable ( c'est dans l'air du temps ), et donc doit être intégré dans un système d'interface homme-machine afin que le client ait vraiment l'impression qu'il est seul maître à bord ( ce qui n'est pas toujours vrai heureusement...) .

Mais ce système présente deux inconvénients :

D'abord, ces systèmes de sécurité sont optionnels. Leur présence dans une voiture de location ou d'emprunt dépend du prix du modèle, et il faut lire le manuel pour savoir ( pas toujours ) quelles options de sécurité sont présentes sur le modèle en question.

Ensuite, l'existence des ce ou ces systèmes sont un encouragement au relâchement de l'attention, situation qui peut être dramatique si l'on passe d'un véhicule équipé à un autre moins bien loti.

L'accès à certaines de ces options passe par une arborescence et un écran tactile !!!

Et l'on en arrive à l'interface Homme-machine...

3-L'interface Homme-machine.

Depuis une ou deux décennies, l'Homme ( Hélas sa compagne aussi) a vu son environnement affecté par une mutation technologique à laquelle Il ( et Elle ) ont du s'adapter sous peine de développer un syndrome de « ringardisation » susceptible de nuire à leur statut social et, dans le pire des cas, conduire à une marginalisation.

( Il est impossible désormais de mener une vie normale sans être « connecté »...)

Il s'agit bien sûr de la technologie de communication qui permet de relier instantanément les êtres et les objets, d'accéder à n'importe quelle information, de faire appel à l'intelligence artificielle des machines, et donc de s'intégrer à de nouveau monde numérique, pour le meilleur et pour le pire.

Pour s'intégrer à ce nouveau monde, l'individu doit passer par le truchement d'une interface matérielle : ordinateur, téléphone portable, réseau de transmission.

Pour interfacer avec ce monde numérique l'individu peut utiliser la voix, l'écriture, ou plus communément un écran tactile.

L'individu parfaitement intégré se trouve ainsi connecté en permanence par l'un ou l'autre des interfaces, la notion de permanence de la connexion traduisant le niveau d'intégration de l'individu au réseau.

Pour communiquer dans ce réseau, il est fait un grand usage d'un nouveau langage spécifique qui est l'écran tactile.

Cette nouvelle doxa est évidemment la règle en toutes circonstances ( c'est la propre d'une doxa ).

Lorsque les circonstances amènent l'individu numérisé à conduire une voiture, celle-ci doit donc être aménagée en sorte que la communication numérique demeure possible, voire même soit améliorée.

Or, dans le cas précis de la conduite d'une voiture, il y a conflit entre la doxa numérique qui suppose la permanence des liaisons bidirectionnelles, et la conduite d'une auto, qui suppose de mobiliser toute l'attention du chauffeur.

Dans ce cas précis, le problème peut être résolu de deux manières :

-La première consiste à automatiser la conduite de la voiture, c'est la solution en développement, et déjà en cours de validation à petite échelle. A revoir dans dix ans pour la généralisation.

-La deuxième consiste à aménager le dialogue homme-machine en agissant sur plusieurs aspects :

Supprimer l'accès à la fonction écran tactile lorsque le véhicule est en mouvement, utiliser le plus possible l'interface vocal.

- Revenir à des commandes univoques pour les fonctions essentielles.

- La troisième consiste à passer le logiciel écran en mode « conduite » n'affichant que ce qui est vraiment utile à la conduite ( ? ), et privilégier les messages vocaux.

Etc...

Les constructeurs, et les pouvoirs publics, n'ayant ni l'envie, ni la volonté de s'y mettre, pour ne pas fâcher le client-acheteur, seul un organisme relativement indépendant pouvait s'attaquer à ce problème de sécurité, comme Euro NCAP.

Wikipedia :

« Euro NCAP a été créé par l'Administration nationale suédoise des Transports (Vägverket, maintenant Trafikverket), la Fédération internationale de l'automobile et International Consumer Research & Testing2. Par la suite, d'autres gouvernements ont rejoint le programme (France, Allemagne, Luxembourg, Suède, Pays-Bas et Catalogne). Plusieurs associations de consommateurs européennes sont membres par l'intermédiaire de l'International Consumer Research and Testing (ICRT). Les clubs automobiles y sont représentés au travers de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) et l'adhésion individuelle de l'ADAC, l'automobile-club allemand3. La Commission européenne participe au conseil d'administration d'Euro NCAP en qualité d'observateur et apporte son soutien politique .

L'objectif de cet organisme est de fournir aux consommateurs une évaluation de la sûreté des voitures les plus vendues en Europe. De par sa médiatisation et sa modernité (tests plus représentatifs que certaines normes plus anciennes), les essais réalisés par Euro NCAP sont rapidement devenus incontournables pour les véhicules vendus en Europe. L'organisme peut se targuer d'être devenu un catalyseur pour les améliorations en matière de sûreté".

Les nouveaux tests de Euro NCAP, prévus pour 2026, sont prévus pour introduire une notation sur la sécurité en relation avec les commandes à travers l'écran tactile.

Pour obtenir la note maximale les voitures devront proposer un certains nombre de commandes directes par boutons sur le tableau de bord ( comme autrefois ).

L'accidentologie liée à la distraction causée par une perte d'attention à la route est évidemment impossible à chiffrer. Au mieux ( ! ) on parle d'endormissement, plus rarement on peut vérifier si une communication était en cours,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 octobre 2024 5 25 /10 /octobre /2024 09:31

La transition énergétique, erreur de casting ?

25 Octobre2024

Deux événements majeurs menacent la survie de la civilisation moderne fondée sur le machinisme :

- L'un est l'épuisement prochain des sources fossiles d'énergie, qui fournissent aujourd'hui 80% des besoins de ce monde mécanisé.

- L'autre est la catastrophe climatique causée par l'augmentation excessive du taux de CO2 atmosphérique, due à la combustion de ces mêmes fossiles.

Le premier événement serait plutôt bénéfique du point de vue climatique puisqu'il mettra fin aux émissions de CO2 fossile, qui sont la cause essentielle de la croissance du CO2 atmosphérique.

Les sources d'énergie de substitution sont identifiées et exploitées puisqu'elles contribuent déjà pour environ 20% aux besoins énergétiques du monde. Il « suffit » donc d'augmenter leur production pour pallier la pénurie de fossiles, et d'adapter les machines à ces nouvelles sources d'énergie.

Le second événement est par contre beaucoup plus vicieux :

l'excès de CO2 fossile injecté dans l'Atmosphère depuis deux siècles, a déjà atteint une valeur suffisante pour provoquer un réchauffement générateur d'un bouleversement climatique dont les prémisses sont parfaitement perceptibles dès aujourd'hui.

L'arrêt de l'utilisation des fossiles ne fera pas disparaître cet excès de CO2 déjà présent dans l'atmosphère.

Or l'élimination naturelle de ce CO2 atmosphérique en excès est très lente, plusieurs siècles pour revenir à l'état initial après suppression de la cause de l'excès.

Mais plusieurs décennies seront nécessaires pour substituer les sources renouvelables décarbonées aux sources fossiles, pendant lesquelles le taux de CO2 atmosphérique ne peut qu'augmenter significativement, car le renoncement aux fossiles ne se réalisera pas du jour au lendemain.

On reparlera encore des combustibles fossiles bien au-delà de 2050...

La température moyenne de l'Atmosphère a déjà augmenté de 1,2°C au cours du dernier siècle écoulé. Cette augmentation pourrait atteindre 2,5 à 4 °C à la fin du présent siècle, selon l'évolution de la consommation de fossiles.

Nous n'échapperont donc pas à de très graves désordres climatiques :

Aggravation des incendies de forêts, des sécheresses, de la fonte des glaciers et du pergélisol, des périodes caniculaires, des crues, de l'assèchement de certains cours d'eau, des perturbations du cycle des saisons et donc des cultures et du régime des eaux, désertification des sols, auxquels il faudra ajouter la montée des eaux océaniques avec les dégâts associés, etc.

Toutes choses allant s'aggravant si la température moyenne continue d'augmenter, et contre lesquelles nous n'avons aucune stratégie identifiée aujourd'hui.

Pourtant toutes ces catastrophes, dont certaines sont déjà bien amorcées, sont abondamment décrites et documentées dans d'innombrables rapports, publications, et documents pédagogiques.

( Ces désastres sont très photogéniques...).

La stratégie de lutte contre le premier événement majeur, la montée du taux de CO2 atmosphérique, et bien définie ; c'est le remplacement des fossiles par des sources renouvelables décarbonées, et la lutte contre le gaspillage énergétique. Les outils pour y arriver sont connus pour l'essentiel, et commencent à être mis en œuvre. Les difficultés rencontrées sont essentiellement technologiques, donc dans la compétence de notre civilisation de machines.

Par contre, la stratégie pour gérer les conséquences de la catastrophe climatique annoncée, n'est prise en mains par aucune instance internationale, et les solutions susceptibles d'être mises en œuvre ne sont même pas clairement identifiées.

Tous les secteurs de la société auront à subir des contraintes et devront s'adapter aux nouvelles conditions, sans très bien savoir à quoi s'attendre précisément.

L'agriculture devra s'adapter aux changements de climat et de régime des eaux.

Le peuplement de certaines zones littorales sera remis en question.

La désertification de certains secteurs entraînera de grands mouvements de population.

De grands travaux devront être entrepris pour contenir la montée des eaux, ou la retenir.

Certaines zones d'habitat devront être évacuées pour échapper aux catastrophes récurrentes.

L'habitat et les modes de vie devront être adaptés au nouveau climat.

Etc.

Toutes ces nouvelles exigences, et bien d'autres, devront être prises en compte dans le cadre d'un plan à long terme, et avec des structures à la mesure de ces nouveaux problèmes, et spécifique à la région considérée.

Aujourd'hui les structures existantes sont dépassées par l'ampleur des problèmes. Inondations, incendies de forêts, routes emportées par des glissements de terrains, vagues de submersion, routes coupées, maisons emportées par les eaux, orages dévastateurs, canicules mortelles, sont de plus en plus fréquents et importants.

Et pourtant la température moyenne de l'Atmosphère n'a encore augmenté que de 0,4%...

( 1,2 °C par rapport à la température thermodynamique de l'Atmosphère, qui est de 288 °C )

Aujourd'hui, les moyens de lutte contre la catastrophe climatique ne suffisent déjà plus à la tâche ; on imagine sans peine le désarroi si l'élévation de température atteint un jour 2,5 °C  comme le prévoient certains scénarios ( et même 4°C pour certains !).

Les dégâts listés plus haut, qui sont exceptionnels aujourd'hui, deviendront récurrents si des contre-mesures ne sont pas mises en œuvre.

Ces dégâts constatés aujourd'hui ne sont que l'avant-garde de ce qui nous attend au cours des prochaines décennies. Dans les pays développés ils peuvent ( encore) être pris en charge et/ou indemnisés dans le cadre des dispositifs d'assurance existants. Mais ces dispositifs seront rapidement débordés dans les prochaines décennies s'ils ne sont pas accompagnés de mesures concrètes de réaménagement du territoire.

( Par exemple, tel village emporté par les eaux se sera pas reconstruit au même endroit, tel type de culture devra être remplacé par d'autres espèces mieux adaptées au nouveau climat, l'agriculture adaptée à un régime udique devra se convertir à l'irrigation, de nombreuses zones côtières urbanisées devront être abandonnées, les installations portuaires déplacées et reconstruites en retrait, des routes et des ponts déplacés, etc ).

On ne voit pas aujourd'hui, même dans les pays développés, les grandes lignes de ce qui pourrait être un vrai aménagement du territoire.

Certes, il existe de nombreuses études et publications sur les scénarios des bouleversements causés par les différentes hypothèses.

En France, ces problèmes sont de la responsabilité du « Ministère de la Transition Ecologique et de la cohésion des territoires ».

Voir :

https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/20240123_La%20Frances%27adapte_Pre%CC%81sentation.pdf

Pour gérer ces malédictions, il existe le PNACC, « 3è Plan National d'Adaptation au Changement climatique », qui se décline en différents SRADDET, « Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable, et d'Egalité des Territoires ».

Qui se réfèrent à une TRACC , «  Trajectoire de Référence pour l'Adaptation au Changement Climatique ».

Ce cadre un peu lourd ( Pour ne pas parler d'usine à gaz ) est supposé définir, mettre en place, et gérer, toutes les actions nécessaires dans le cadre de l'adaptation au changement climatique.

Il s'agit bien de définir un cadre dans lequel s'inscriront les actions, mais aujourd'hui il n'est pas encore possible d'identifier ces « actions ».

Voir :

https://www.i4ce.org/pnacc-3-annee-2024-marquera-lancement-veritable-politique-adaptation-changement-climatique-climat/

Ce document pointe les obstacles à la réalisation concrète des actions nécessaires pour passer du papier au terrain.

Comme on peut le penser, les moyens et financements disponibles sont déjà insuffisants pour gérer correctement les problèmes présents d'aménagement du territoire, on imagine sans peine que les crédits pour investir dans des installations qui serviront, peut-être, dans deux décennies, sont introuvables.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 octobre 2024 4 17 /10 /octobre /2024 15:35

17 Octobre 2024

 

De la décision européenne d'interdire la vente de voitures thermiques neuves dès 2035, il résulte une courbe prévisionnelle de l'évolution du marché français des VEB telle que représentée sur le diagramme ci-dessous :

Fin des voitures thermiques neuves en 2035, que peut-on en penser ?

Le marché du VEB ( Véhicule Electrique à Batterie ) a débuté en France en 2015, pour atteindre 300 000/an unités en 2023.

( Les véhicules hybrides ne sont pas comptés ici car leur situation vis à vis de la loi de 2035 n'est pas clarifiée par Bruxelles. La clause de revoyure prévue pour 2026 devrait entre autres clarifier ce point, ainsi que le statut des biocarburants et des carburants de synthèse.

D'ici là il est impossible de savoir quel sera le degré d'acceptabilité des véhicules hybrides...)

Les ventes de voitures neuves sont supposées se maintenir à la valeur actuelle d'environ 2 Millions d'unités/an tout types confondus, Thermiques et électriques.

( Il y a en France chaque année environ deux millions d'acheteurs de voitures neuves, quantité relativement stable, en rapport avec les tranches de revenus. Les autres, majoritaires, achètent des voitures d'occasion. ).

Pour passer de 0,3 Millions d'électriques par an à 2 Millions/an en 12 ans, il faut une croissance annuelle moyenne de 17%/an.

Pour réaliser cette performance, il faudra que les clients acheteurs de voitures neuves aient envie d'acheter une électrique VEB plutôt qu'une thermique.

( En 2023 en France, seulement 16 % des acheteurs de voitures neuves ont choisi l'électrique pure (VEB). Pour respecter la règle de Bruxelles, il faudra(it) que cette proportion s'élève à 100% en 2035. Cette adhésion unanime n'est pas acquise automatiquement. Les prix notamment pourront freiner les adhésions, au profit de la prolongation des thermiques...

Le dynamisme des ventes de VEB sera bien sûr impacté par les éventuelles mesures d'accompagnement :

- Prime d'achat pour les VEB.

- Primes à la conversion.

- Prêts à taux zéro.

- Fiscalité adaptée.

- Aides au leasing à bas coût.

- Régime de taxation différentielle sur les carburants.

- Maîtrise du prix du carburant électrique, trop souvent fantaisiste sur les bornes publiques.

- Extension des ZFE avec élargissement des critères d'exclusion.

- Extension de la taxe Carbone.

- Aides au financement des installations de recharge domestique et/ou des collectivités.

- Gratuité de l'accès aux parkings publics.

Etc...

Par contre, si cette croissance vitaminée ne peut pas être satisfaite par une production européenne, elle le sera par des importations...

Le souhait des constructeurs européens est évidemment de conserver leur part de marché pour préserver l'emploi et toute l'activité associée.

Mais encore faut-il pouvoir fabriquer ces nouvelles voitures dans des conditions de rentabilité acceptables.

Le problème est que l'Europe ne sait pas encore très bien quel type de voiture doit être fabriqué, puisque le statut des voitures hybrides n'est pas encore fixé, pas plus que celui des biocarburants ou des carburants de synthèse...

De plus, l'Europe doit surmonter un retard important dans le développement et la production des batteries.

( Les récents atermoiements à propos du type de batterie qu'il faudrait fabriquer en sont le témoin...

La solution du « me too product » étant évidemment la pire.).

« Last but not least », il subsiste un problème de coût de production trop élevé qui interdit de faire jeu égal avec les concurrents non européens.

Cette situation n'est pas propice au lancement à grande échelle de chaînes de montage dont on ne sait pas très bien si les produits conviendront au marché de 2035 et au-delà.

Par ailleurs ces constructeurs européens auront à gérer la période intermédiaire pendant laquelle ils devront continuer à fournir des voitures thermiques pour éviter de voir leurs clients aller vers d'autres constructeurs non européens trop heureux de les accueillir pour leur fournir, le moment venu, des voitures électriques...

A ces problèmes viendra s'ajouter celui des nouveaux venus sur ce marché, qui n'auront pas à gérer la double fabrication thermique et électrique, et qui auront donc l'avantage de gérer une seule technologie.

Ces incertitudes, perceptibles par la future clientèle, ne sont pas de nature à « booster » les ventes de voitures électriques, surtout si les thermiques continuent à pouvoir être utilisées après 2035, et si les carburants « propres » deviennent « persona grata ».

Il est clair que le mouvement de passage à la voiture électrique va déclencher un grand chambardement avec une redistribution des cartes non seulement dans le secteur automobile, mais aussi dans le secteur de la production et de la distribution de l'énergie électrique décarbonée.

Et, pendant une décennie, il faudra gérer un secteur qui comprendra à la fois des voitures électriques et des thermiques.

Pour tenter d'apaiser les esprits, Bruxelles a rappelé que les véhicules thermiques alimentés en carburant décarboné ( de synthèse ) ne sont pas visés* par l'ukase de 2035, et que la clause de revoyure de 2026 est précisément prévue pour remettre les pendules à l'heure.

* ( c'est écrit effectivement, mais pas en gros caractères...).

Il y aura donc du grain à moudre à propos des moteurs thermiques, des carburants de synthèse et de la filière Hydrogène, et peut-être donner un peu de mou au couperet de 2035 afin de laisser aux constructeurs européens le temps de combler leur retard sur l'électrique par rapport à d'autres...

Ce climat un peu chahuté n'est pas rassurant pour la clientèle potentielle « classique », qui peut craindre d'acquérir un objet qui se révélera invendable trois ou quatre ans plus tard...

Devant ce flou pas très artistique le taux de croissance des ventes de voitures électriques aura bien du mal à atteindre les 17% par an...même avec la danse du ventre des fournisseurs non européens...

 

 

 

 

 

 

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13 octobre 2024 7 13 /10 /octobre /2024 16:28

Les batteries de voitures électriques, quel avenir pour l'Europe ?

13 Octobre 2024

Le planning de production mondiale 2025 de batteries pour voitures électriques est très largement dominé par la Chine, avec 79% du marché.

( https://fr.statista.com/statistiques/1388299/repartition-production-batteries-lithium-ion-pays/ )

Toujours en Chine, ce secteur est maintenant « gouverné » par le CASIP :

« China All Solid state Innovation Platform » qui regroupe les centres de recherche, les fabricants de batteries, Les constructeurs d'automobiles, et les agences gouvernementales concernées.

Sachant ce que le terme « gouverné » veut dire en matière de chinoiseries, on imagine sans peine l'efficacité de la démarche sous-jacente.

L'intention manifeste de la Chine de dominer ce marché complique sérieusement la tâche des autres pays qui craignent de devoir se contenter des « restes ».

Car, sauf à imaginer une improbable crise politico-économique dans « l'empire du milieu », cette situation semble devoir s'installer dans la durée.

La batterie est le cœur d'une voiture électrique.

( Dans une moindre mesure elle est également le cœur de la transition énergétique vers l'électricité ).

C'est elle qui définit la puissance de la voiture, son autonomie, et son prix représente une part importante du coût total.

La position dominante chinoise s'assoie sur un marché intérieur colossal de 1,5 Milliard d'habitants, et sur un accès domestique aux principaux métaux et terres rares utilisés dans les batteries, les moteurs, mais également dans les éoliennes et les panneaux solaires.

( Ces métaux et terres rares existent également dans d'autres régions du monde, y compris en France ; mais leur exploitation est source de pollutions extrêmes qui font reculer la plupart des Etats « civilisés » ; la Chine n'a pas ce genre de scrupules...

Voit notamment :

https://emili.imerys.com/

et

https://www.debatpublic.fr/projet-de-mine-de-lithium-dans-lallier-4602

De belles joutes en perspective...).

De plus, les salaires chinois dans l'industrie les placent, pour le moment, dans une situation privilégiée pour submerger les concurrents incapables de les suivre sur ce terrain.

Par ailleurs, ils ont démontré leur aptitude à fabriquer non seulement des batteries, mais aussi les voitures qui vont avec, ce qui fait d'eux non plus des concurrents, mais des leaders qu'il sera très difficile d'évincer.

Pour tenter d'endiguer cette vague qui risque fort de devenir tsunami, l'Europe et les Etats-unis allument des contre-feux à base de réglementations et de taxes qui se veulent dissuasives.

Mais les taxes sont similaires à des balles de tennis que l'on échange par dessus les frontières ; à ces mesures de défense correspondront des contre-mesures tout aussi efficaces dans d'autres domaines, par exemple celui des terres rares. D'autre part, taxer des voitures au prétexte qu'elles sont trop « bon marché » n'est pas le meilleur moyen de faire baisser les prix.

Quand au système de subventions pour « encourager » les acheteurs, il a démontré ses effets pervers...

Bloquer l'entrée des voitures chinoises en Europe par des taxes, tout en décrétant la mort des voitures thermiques en 2035 et la généralisation des ZFE pénalisant les thermiques aurait pour résultat un grand marasme dans le marché automobile européen, dont certains constructeurs ne se remettraient pas.

( Que l'on se rassure, il y aura toujours des voitures, comme il y a toujours des téléviseurs, des machines à laver, des ordinateurs et des smartphones...fabriqués ailleurs ).

Tout ceci ne constitue que le chapitre 1 de la saga du « tout électrique » dont on commence à peine à identifier les acteurs.

Le chapitre 2 commence à s'écrire dans l 'ombre. Il concernera les rôles joués par les principaux acteurs que sont les métaux et terres rares auxquels il est fait appel pour tirer le meilleur parti des énergies nouvelles et donc des moteurs et des batteries. Il y sera question notamment de l'épuisement des ressources minières, du recyclage de ces produits, et de la pollutions engendrée par iceux.

Le chapitre 3 portera sur l'art et la manière d'étendre le « tout électrique » à la planète entière, avec éventuellement un sous-chapitre sur les solutions de remplacement pour les cas non compatibles avec l'électricité.

Le problème des batterie n'est que l'arbre qui cache la forêt des problèmes à venir...

 

 

 

 

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5 octobre 2024 6 05 /10 /octobre /2024 15:25

Bilan de la lutte contre les émissions de CO2, pas brillant...

5 Octobre 2024

Sur la période 2000-2023 la population mondiale est passée de 6 Milliards d'individus à 8 Milliards, soit une croissance annuelle de 1,2%.

Dans la même période, les émissions mondiales de CO2 sont passées de 25 Gt à 41 Gt, soit une croissance annuelle de 2,3%.

( Source ONU ).

Cette croissance, quasiment le double de la croissance de la population, doit nous interpeller, alors que la campagne de lutte contre les émissions de CO2 est lancée depuis déjà plus de vingt ans.

Certes, elle traduit un dynamisme de bon aloi car, dans notre société où le progrès se mesure par la croissance du machinisme ( machines au sens large ), et que ce machinisme est gros consommateur de fossiles, une augmentation des émissions de CO2 très supérieure à la croissance de la population est plutôt un facteur de satisfaction.

( Encore faudrait-il vérifier que cette croissance profite aux populations qui en ont réellement besoin...).

Par contre, du point de vue de la lutte contre les émissions de CO2, Le constat est plutôt négatif puisque les émissions de CO2 continuent de croître de manière soutenue, entraînant la croissance constatée du taux de CO2 atmosphérique .

Factuellement, la transition énergétique n'est donc pas encore entrée dans sa phase concrète puisque les réalisations déjà acquises dans les énergies renouvelables n'ont aucune influence sur le taux de CO2 atmosphérique, sinon à la marge.

( Les résultats significatifs constatés dans les pays développés peuvent laisser penser que la transition énergétique est en bonne voie. Mais la lutte contre le CO2 est un combat planétaire et c'est donc le résultat à l'échelle de la planète qui fait foi ).

Ce triste constat est en rapport avec plusieurs facteurs :

D'une part l'accroissement de la population, qui entraîne un accroissement de la demande d'énergie.

D'autre part l'accroissement des niveaux de vie des pays émergents, qui crée un facteur aggravant puisque le niveau de vie se mesure à la consommation de machines, et donc de la demande d'énergie.

( En clair, non seulement la population augmente, mais son appétit de « modernisme » aussi...).

Il apparaît que la montée en puissance de la production d'énergie décarbonée ne suffira pas, à elle-seule, à faire baisser le taux d'accroissement du CO2 atmosphérique si d'autres actions ne sont pas mises en œuvre pour maîtriser l'accroissement de la demande globale d'énergie.

Aujourd'hui la consommation mondiale annuelle d'énergie finale atteint 418 EJ ( ExaJoule ), alors que la consommation d'énergie primaire est de 605 EJ.

La différence ( 187 EJ ) représente l'énergie perdue à cause des mauvais rendements de conversion.

La première tâche sera donc d'améliorer les rendements de conversion pour limiter les pertes, et donc réduire drastiquement le besoin d'énergie primaire.

( Le passage à la voiture électrique est l'exemple typique qui divise par trois le besoin énergétique. Le remplacement de l'éclairage incandescent par des Leds, l'isolation thermique des bâtiments, l'usage des PAC pour le chauffage, les appareils de cuisson à induction, la cogénération, etc, sont des exemples à généraliser ).

La seconde tâche sera la rationalisation des processus consommateurs d'énergie.

( Tel processus, industriel ou domestique, peut être réalisé avec une approche énergétique différente, ou remplacé par un autre processus moins énergivore, etc).

La troisième tâche sera la rationalisation de l'ensemble des processus utilisés pour l'exécution d'un tâche, et les échanges internationaux.

( par exemple le remplacement des transports individuels par des transports collectifs, le travail à domicile, ...).

La quatrième tâche, de loin la plus difficile, consistera à reconsidérer certains aspects de la société en rapport avec l'habitat, l'occupation de l'espace, l'urbanisation, les transports, les loisirs, les déplacements, etc.

Il nous faudra apprendre à utiliser intelligemment cette énergie, sans pour autant renoncer au progrès lorsqu'il apporte du bien-être.

En somme, il s'agit de devenir collectivement adultes...

La cinquième tâche, la plus difficile, sera de se débarrasser des fossiles qui occupent encore une place prépondérante dans la consommation mondiale d'énergie .

Ces fossiles font de la résistance et retarderont le passage aux énergies décarbonées, et pourront ainsi retarder de plusieurs décennies les programmes de lutte contre les émissions de CO2.

Ce changement de portage dans le monde des machines ne se réalisera pas sans de profonds bouleversements dans la distribution des rôles.

Le passage à la voiture électrique est un exemple de ce « chamboule tout » qui fera tomber beaucoup de quilles...

La sixième tâche sera la domestication de ces énergies nouvelles qui produisent essentiellement de l'électricité. Cette production est dépendante des éléments naturels ( Vent, ensoleillement, débit des eaux...) et donc naturellement intermittente.

Le monde des machines devra s'adapter à cette situation inédite, qui est l'inverse de la situation actuelle où l'énergie est produite à la demande.

( Ce problème est déjà perceptible aujourd'hui avec l'énergie éolienne dont la production intermittente n'est pas maîtrisable...).

Bien sûr tout cela aura un coût exorbitant, il sera difficile de ne pas le répercuter sur le coût de l'énergie.

Les technologies existent, mais le financement sera le principal obstacle à la réalisation de ces objectifs.

Dans l'état actuel des choses, la production d'énergie décarbonée vient s'ajouter à la consommation de fossiles, sans même arriver à combler le surcroît de demande énergétique qui, de ce fait, est comblée par les fossiles dont la consommation accroît le CO2 atmosphérique..

Ce qui fait dire à certains qu'il n'y a pas de transition énergétique, mais plutôt un empilement de nouvelles sources d'énergie à caractère décarboné, qui sont appelées dans le futur à prendre la place des fossiles lorsque ceux-ci auront disparu.

Les fossiles ont un rôle ambigu, ils sont l'ennemi à abattre mais en même temps ils constituent l'ossature de notre système énergétique actuel.

Le remplacement de ces fossiles par de l'électricité implique d'une part de produire cette électricité décarbonée, et d'autre part de remplacer toutes les « machines » existantes par d'autres machines fonctionnant à l'électricité. Une tâche et un coût d'une ampleur extraordinaire.

Par ailleurs, remplacer cette électricité décarbonée par un ou des substituts décarbonés comme les carburants de synthèse qui permettraient de conserver les machines existantes, pourrait être une solution de transition pour les applications non compatibles avec de l'électricité. Par contre ce changement de portage n'apporterait aucune amélioration des rendements...

Les résultats obtenus jusqu'à présent permettent de valider les solutions technologiques à mettre en œuvre, mais le gros de l'effort reste à accomplir.

Il est plus facile de trouver des fonds pour développer des armes de destruction massive que pour investir dans le bien-être des peuples...

 

 

 

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28 septembre 2024 6 28 /09 /septembre /2024 11:31

L'Hydrogène géologique, arbitre de la transition énergétique ?

28 Septembre 2024

L'hydrogène est un gaz essentiel pour l'industrie, qui en consomme de grande quantités.

Aujourd'hui cet Hydrogène est obtenu par diverses réactions chimiques utilisant des fossiles.

On peut également utiliser de l'Hydrogène pour alimenter un véhicule électrique, l'électricité est alors obtenue grâce à une « pile à Hydrogène ».

Mais il s'agit d'hydrogène carboné puisqu'il est obtenu à partir de fossiles. Il ne convient donc pas pour la transition énergétique.

Cependant, pour certaines applications industrielles on utilise déjà un Hydrogène obtenu à partir de l'électrolyse. En utilisant de l'électricité décarbonée, on obtient de l'Hydrogène décarboné, qui peut être aussi utilisé pour alimenter un véhicule électrique.

Ce procédé a déjà été validé, y compris pour des véhicules légers. Le gaz est stocké dans des bouteilles adéquates, sous une pression de 700 kg.

Ce procédé apporte un avantage par rapport aux véhicules électriques à batterie : l'autonomie est significativement augmentée à poids égal et la recharge des bouteilles s'effectue en quelques minutes seulement.

Mais il présente aussi des inconvénients qui freinent sont introduction sur le marché de volume:

D'abord, Le rendement global est fortement affecté par la production du gaz par électrolyse, et par le passage dans la pile à Hydrogène, ce qui ne va pas dans le sens de la transition énergétique, qui prône l'amélioration des rendements énergétiques.

Ensuite, les technologies actuelles des piles à Hydrogène utilisent des catalyseurs à base de Platine, qui grève lourdement les coûts, et présente des problèmes de fiabilité dans les conditions d'utilisation des véhicules ( Empoisonnement du catalyseur ).

Enfin les réseaux de distribution d'Hydrogène n'existent que dans les pays développés et pour les utilisateurs industriels.

Par contre les réseaux de distribution d'électricité sont évidemment beaucoup plus denses, ce qui plaide en faveur du transport électrique à batterie, même si l'électricité ainsi distribuée n'est que très partiellement décarbonée*...

* ( Alimenter une voiture électrique à batterie avec de l'électricité partiellement décarbonée, voire pas du tout, est une hérésie...).

Il est donc difficile d'envisager une utilisation généralisée des voitures à Hydrogène.

Mais il y a des perspectives d'amélioration de cette situation :

D'une part d'importants travaux sont en cours pour développer des catalyseurs sans Platine, utilisant des matériaux compatibles avec les besoins du marché de masse.

D'autre part la découverte des sources géologiques d'Hydrogène ( Hydrogène dit « naturel » ) ouvre une perspective de réduction des coûts et d'amélioration des rendements énergétiques.

Il est pertinent d'investir dès aujourd'hui dans ces secteurs de la prospection d'Hydrogène géologique et des catalyseurs sans Platine, qui sont susceptibles d'un avenir au moins aussi prometteur que celui des batteries électrochimiques.

L'universalité des besoins en Hydrogène décarboné justifie amplement ces investissements car cette molécule est appelée à remplacer les fossiles dans de très nombreuses applications, et à faire jeu égal avec les énergies renouvelables solaire, éolienne, hydroélectrique, et le nucléaire.

Assez curieusement cet Hydrogène géologique n'est pas accueilli chaleureusement par certains « gourous » de la transition énergétique, qui voient ce nouvel acteur remplacer les fossiles et donc prolonger l'existence de notre civilisation des machines. Or l'un des buts de la transition énergétique pure et dure était ( est toujours) de donner un coup d'arrêt à cette course au machinisme, ce qui se serait produit avec la disparition des fossiles*.

*( Les renouvelables et le nucléaire ne pourraient suffire à satisfaire les besoins énergétique du machinisme, même dans un contexte d'utilisation parcimonieuse de l'énergie...).

L'Hydrogène géologique est donc une menace pour ce scénario de restriction, dans la mesure où il va prendre la relève des fossiles et donc prolonger l'ère du machinisme.

Ce nouvel arrivant est donc beaucoup plus qu'une source supplémentaire d'énergie décarbonée, il « peut » être un acteur de premier plan capable de remettre en question les projets construits autour des seules « anciennes » énergies renouvelables aidées du nucléaire à fission*.

*( Les perspectives de l'Hydrogène géologique risquent fort de se concrétiser bien avant celles de la fusion nucléaire qui ne semble pas devoir être industriellement disponible avant le prochain siècle...).

Il se peut que l'exploitation de cet Hydrogène géologique devienne le « Jack-pot » des prochaines décennies. C'est le moment pour les ingénieurs de déposer des brevets et, pour les investisseurs, de placer quelques centaines de millions de dollars, voire plus, sur ces nouvelles opportunités.

( Jeff Bezos et Elon Musk sont déjà sur les rangs....)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 septembre 2024 6 28 /09 /septembre /2024 11:31

L'Hydrogène géologique, arbitre de la transition énergétique ?

28 Septembre 2024

L'hydrogène est un gaz essentiel pour l'industrie, qui en consomme de grande quantités.

Aujourd'hui cet Hydrogène est obtenu par diverses réactions chimiques utilisant des fossiles.

On peut également utiliser de l'Hydrogène pour alimenter un véhicule électrique, l'électricité est alors obtenue grâce à une « pile à Hydrogène ».

Mais il s'agit d'hydrogène carboné puisqu'il est obtenu à partir de fossiles. Il ne convient donc pas pour la transition énergétique.

Cependant, pour certaines applications industrielles on utilise déjà un Hydrogène obtenu à partir de l'électrolyse. En utilisant de l'électricité décarbonée, on obtient de l'Hydrogène décarboné, qui peut être aussi utilisé pour alimenter un véhicule électrique.

Ce procédé a déjà été validé, y compris pour des véhicules légers. Le gaz est stocké dans des bouteilles adéquates, sous une pression de 700 kg.

Ce procédé apporte un avantage par rapport aux véhicules électriques à batterie : l'autonomie est significativement augmentée à poids égal et la recharge des bouteilles s'effectue en quelques minutes seulement.

Mais il présente aussi des inconvénients qui freinent sont introduction sur le marché de volume:

D'abord, Le rendement global est fortement affecté par la production du gaz par électrolyse, et par le passage dans la pile à Hydrogène, ce qui ne va pas dans le sens de la transition énergétique, qui prône l'amélioration des rendements énergétiques.

Ensuite, les technologies actuelles des piles à Hydrogène utilisent des catalyseurs à base de Platine, qui grève lourdement les coûts, et présente des problèmes de fiabilité dans les conditions d'utilisation des véhicules ( Empoisonnement du catalyseur ).

Enfin les réseaux de distribution d'Hydrogène n'existent que dans les pays développés et pour les utilisateurs industriels.

Par contre les réseaux de distribution d'électricité sont évidemment beaucoup plus denses, ce qui plaide en faveur du transport électrique à batterie, même si l'électricité ainsi distribuée n'est que très partiellement décarbonée*...

* ( Alimenter une voiture électrique à batterie avec de l'électricité partiellement décarbonée, voire pas du tout, est une hérésie...).

Il est donc difficile d'envisager une utilisation généralisée des voitures à Hydrogène.

Mais il y a des perspectives d'amélioration de cette situation :

D'une part d'importants travaux sont en cours pour développer des catalyseurs sans Platine, utilisant des matériaux compatibles avec les besoins du marché de masse.

D'autre part la découverte des sources géologiques d'Hydrogène ( Hydrogène dit « naturel » ) ouvre une perspective de réduction des coûts et d'amélioration des rendements énergétiques.

Il est pertinent d'investir dès aujourd'hui dans ces secteurs de la prospection d'Hydrogène géologique et des catalyseurs sans Platine, qui sont susceptibles d'un avenir au moins aussi prometteur que celui des batteries électrochimiques.

L'universalité des besoins en Hydrogène décarboné justifie amplement ces investissements car cette molécule est appelée à remplacer les fossiles dans de très nombreuses applications, et à faire jeu égal avec les énergies renouvelables solaire, éolienne, hydroélectrique, et le nucléaire.

Assez curieusement cet Hydrogène géologique n'est pas accueilli chaleureusement par certains « gourous » de la transition énergétique, qui voient ce nouvel acteur remplacer les fossiles et donc prolonger l'existence de notre civilisation des machines. Or l'un des buts de la transition énergétique pure et dure était ( est toujours) de donner un coup d'arrêt à cette course au machinisme, ce qui se serait produit avec la disparition des fossiles*.

*( Les renouvelables et le nucléaire ne pourraient suffire à satisfaire les besoins énergétique du machinisme, même dans un contexte d'utilisation parcimonieuse de l'énergie...).

L'Hydrogène géologique est donc une menace pour ce scénario de restriction, dans la mesure où il va prendre la relève des fossiles et donc prolonger l'ère du machinisme.

Ce nouvel arrivant est donc beaucoup plus qu'une source supplémentaire d'énergie décarbonée, il « peut » être un acteur de premier plan capable de remettre en question les projets construits autour des seules « anciennes » énergies renouvelables aidées du nucléaire à fission*.

*( Les perspectives de l'Hydrogène géologique risquent fort de se concrétiser bien avant celles de la fusion nucléaire qui ne semble pas devoir être industriellement disponible avant le prochain siècle...).

Il se peut que l'exploitation de cet Hydrogène géologique devienne le « Jack-pot » des prochaines décennies. C'est le moment pour les ingénieurs de déposer des brevets et, pour les investisseurs, de placer quelques centaines de millions de dollars, voire plus, sur ces nouvelles opportunités.

( Jeff Bezos et Elon Musk sont déjà sur les rangs....)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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