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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 18:33

Les pièges de la transition énergétique.

20 Mars 2026

Remplacer une énergie par une autre, quoi de plus simple ?..... sur le papier.

L' énergie d'origine fossile ( Charbon, Pétrole, Gaz ) a ceci de particulier qu'elle peut être obtenue en forant des trous dans le sol ( pour faire simple...).

Ces produits peuvent être transportés et/ou distribués par des procédés utilisant des moyens classiques ( Routes, chemin de fer, voies maritimes, voire même à dos d'âne... ).

Ils peuvent être utilisés directement ( Charbon, Gaz ) ou après raffinage .

Impossible de faire plus simple et meilleur marché...

( Les prix « apparents » sont souvent surchargés de taxes …)

La découverte de l'électricité, il y a environ un siècle et demi, a permis de développer de nouvelles applications et/ou de remplacer certaines applications tirant leur énergie des fossiles, et surtout d'en développer de nouvelles plus spécifiques ( Eclairage, chemin de fer, machines-outils, électroménager, climatisation, téléphone, communications, robotique, Radio, informatique, etc ).

Cette électricité, qui représente aujourd'hui environ le tiers de la consommation énergétique finale dans les pays développés, est produite dans le monde majoritairement à partir des fossiles ; une faible part est produite par des procédés décarbonés, essentiellement l'hydroélectrique, et plus récemment l'électronucléaire, et une part de solaire, d'éolien, et de biomasse.

( Le cas de la France est particulier et ne doit pas être extrapolé à l'ensemble des pays de la Planète ).

Pourquoi l'électricité n'a-t-elle pas été généralisée à toutes les applications ?

Pour plusieurs raisons :

- On n'obtient pas de l'électricité en faisant des trous dans le sol. Elle doit être fabriquée par des procédés coûteux.

- L'électricité ne se transporte pas ; elle doit être distribuée par des réseaux également coûteux.

- L'électricité ne se stocke pas ( sauf en petites quantités ); elle ne convient donc pas pour les moyens de transport qui ne disposent pas d'un réseau de distribution, ni pour des zones non « raccordées ».

- Certaines applications ne peuvent pas être converties à l'électricité sans de profondes et coûteuses modifications.

- Tant que les fossiles demeuraient disponibles et moins onéreux que l'électricité, et que le CO2 ne gênait personne, il n'y avait donc aucune raison de les remplacer dans les applications qui fonctionnaient très bien avec le charbon, le pétrole, ou le gaz.

Pour toutes ces raisons l'électricité n'à été utilisée, jusqu'à une date récente, que pour les applications qui ne pouvaient s'en passer.

( Quelques exceptions , comme les chemins de fer, qui utilisent des itinéraires fixes déjà équipés de rails métalliques, et l'électroménager , où l'électricité apporte les possiblités de programmation et de commande à distance ).

Mais l'épuisement inéluctable des sources fossiles, et la nécessité incontournable d'arrêter les émissions de CO2 fossile, nous imposent maintenant de renoncer à ces fossiles et de les remplacer pas autre chose.

Cet autre chose ne peut être que des sources d'énergie décarbonée ou à carbone recyclable, dont chacun connaît la liste.

Pour ce remplacement, la première idée qui vient à l'esprit est de remplacer la production actuelle d'électricité carbonée par de l'électricité dé-carbonée, en boostant la production des moyens décarbonés déjà exploités :

Hydroélectrique, Eolien, Solaire photovoltaïque, centrales solaires thermiques, centrales géothermiques, centrales électronucléaires, centrales à biomasse, centrales à Hydrogène décarboné ( Bourakebougou) etc ...

Ensuite seulement il sera temps d'électrifier les applications qui fonctionnent aujourd'hui avec des fossiles : Transports, procédés industriels, pétrochimie, etc.

Mais le remplacement du pétrole, du charbon, ou du gaz, par de l'électricité dans un grand nombre de ces applications, est conditionné par de profondes modifications et/ou des investissements élevés.

Cette phase de décarbonation de l'énergie ne se fera pas sans de lourds investissements et surtout une longue phase de recherche et d'expérimentations.

En ce domaine la précipitation est mauvaise conseillère.

( La tentative d'électrifier les voitures en est un bon exemple...).

Par exemple le remplacement des systèmes traditionnels de chauffage des bâtiments par des pompes à chaleur n'a de sens que si ces bâtiments offrent des performances thermiques élevées et sont conçus pour avoir des échangeurs à basse température.

Il faut donc non seulement remplacer la chaudière, mais aussi le système de distribution de la chaleur, et surtout isoler thermiquement le bâtiment, ce qui représente un investissement considérable, souvent dissuasif.

Le problème dans ce cas n'est pas la pompe à chaleur, dont la technologie est connue depuis longtemps, mais les bâtiments eux-mêmes qu'il faudra modifier profondément, voire même reconstruire...

Un autre exemple est celui de l'électrification des voitures.

Son intérêt est pourtant triple :

Rendement énergétique doublé ou triplé.

Suppression des émissions polluantes.

Suppression des émissions de CO2 fossile.

On se demande alors pourquoi ce changement n'a pas été réalisé plus tôt.

Des tentatives passées, qui ont échoué, ont montré les principaux problèmes, que l'on rencontre encore aujourd'hui, et auxquels on peut ajouter les problèmes nouveaux de dépendance des approvisionnent en métaux spéciaux et la nécessité de continuer à fabriquer des voitures à pétrole pour les régions dépourvues de réseau de distribution d'électricité suffisamment denses et puissants pour recharger les batteries.

Les mêmes problèmes se rencontrent pour l'électrification des transports lourds routiers, maritimes, ou aériens, pour lesquels l'électricité n'est pas forcément la meilleure solution .

( On pense aux biocarburants et aux carburants de synthèse ).

Quel que soit le secteur concerné, et comme dans tout changement technologique majeur, une phase d'expérimentation est indispensable afin d'acquérir un REX ( Retour d'EXpérience ) sans lequel des déboires sont certains, quelle que soit l'application .

Plusieurs obstacles, prévisibles et confirmés par le REX, contrarient les tentatives de mutations initiées ici et là :

Le passage à l'électrique nécessite des investissement importants qui se retrouvent mécaniquement reportés sur le coût de l'opération et donc sur le coût final, qu'il s'agisse d'un produit ou d'un service.

(Les exemples de la voiture électrique et des pompes à chaleur le démontrent amplement).

Si, dans le même temps, la solution ancienne continue d'être disponible, et pour un prix très inférieur, le produit nouveau ne sera pas choisi.C'est le cas de la voiture :

Le basculement sur l'électrique ne peut être obtenu que sous une contrainte portant sur une réglementation, ou sur une amélioration significative du service rendu, ou sur une pénurie de l'énergie fossile à remplacer.

( Genre crise pétrolière...).

De plus, quelle que soit l'application considérée, un basculement sur l'électrique ne peut être concevable que s'il existe un réseau de distribution d'électricité suffisamment puissant et suffisamment maillé pour fournir l'énergie nécessaire.

Ce n'est pas le cas partout.

Un produit de grande diffusion comme la voiture s'appuie historiquement sur un marché mondial.

Un constructeur de voitures thermiques, dont le modèle de diffusion est le marché mondial, devra adapter sa production au changement de technologie du pétrole vers l'électricité, et ceci pendant la période de basculement qui peut durer plusieurs décennie, voire même davantage si une partie du marché demeure en thermique pour des raisons de difficulté d'électrification du réseau de distribution.

Un autre modèle industriel peut se développer, basé sur la séparation des technologies tant pour les fabrications que pour les réseaux d'entretien et de réparations.

Vers quel concept s'orienter ?

( L'exemple des voitures hybrides donne une idée de l'indécision de l'industriel qui, comme l'âne de Buridan, ne peut pas décider dans quel seau il doit boire...)

Aujourd'hui la transition énergétique consiste surtout à remplacer l'électricité produite avec des fossiles par de l'électricité décarbonée, et à accompagner la croissance du marché de ce secteur.

Le piège à éviter est d'avoir une croissance de la demande supérieure à la capacité de croissance de la production d'électricité décarbonée.

( C'est malheureusement le cas parfois...voir le problème des « data centers » ).

C'est pourquoi il faut éviter de « charger la mule » en voulant électrifier prématurément des applications qui fonctionnent aujourd'hui avec des fossiles.

( partir à la chasse sans avoir les bonnes cartouches n'a jamais rempli la gibecière...).

Où en sommes nous ?

Concrètement, les applications utilisant encore des fossiles ne sont pas vraiment impactées par la transition énergétique, sinon par des expérimentations et/ou des préséries, pour déterminer quel(s) type(s) de source(s) d'énergie décabonée sera la mieux adaptée.

( les difficultés rencontrées par l'électrification des voitures est un exemple de cette recherche de la solution technologique adaptée aux impératifs du marché ).

L'électricité n'est pas forcément la panacée …

Ces applications,qui consomment les deux-tiers de l'énergie finale mondiale, utilisent aujourd'hui majoritairement des fossiles, et leur conversion n'est pas évidente car elles doivent faire l'objet d'études d'adaptation et de validation.

Les principaux secteurs concernés sont :

- Les transports ( Routiers, aériens, maritimes ).

- La production de chaleur à basse, moyenne, et haute température.

- Les processus industriels.

- Aciérie, siderurgie, métallurgie.

- La chimie.

- Les plastiques.

- L'agroalimentaire.

- La construction.

- L'agriculture et la pêche.

Etc...

Certains de ces secteurs sont déjà partiellement convertis aux énergies décarbonées, mais pas nécessairement à l'électricité :

Une partie des transports utilise des carburants comportant une part significative de biocarburants, et des carburants synthétiques sont en développement notamment pour l'aviation.

Une partie de la production de chaleur utilise la géothermie, la biomasse, la cogénération, le solaire thermique.

Une autre partie des transports utilise de l'Hydrogène associéeà une pile à combustible.

Une part de la production automobile utilise une solution hybride avec une part significative de biocarburants.

Le tintamarre autour des énergies renouvelables peut laisser penser que la transition énergétique est en passe de détrôner les fossiles et que l'affaire est dans le sac.

La réalité est plus nuancée :

D'après les données AIE, les renouvelables représentaient 19% de la consommation mondiale d'énergie primaire en 2 000 ( Incluant le nucléaire ).

Toujours selon la même source, elles représentent 23% en 2022.

Certes, pendant cette période la production de ces renouvelables a augmenté de 60% , mais ce gain est compensé par une croissance de 67% des fossiles.

Sur plus de deux décennies, les renouvelables n'ont même pas réussi à compenser la croissance des fossiles.

Ce « résultat » n'est pas satisfaisant ; on peut l'attribuer à plusieurs causes :

- Les fossiles continuent d'être disponibles sans véritables restrictions autres qu'une vague taxe carbone qui est financée par l'utilisateur final sans affecter les profits des fournisseurs.

- Le développement des combustibles à carbone recyclable est freiné, car les versions disponibles 1 et 2 sont nuisibles aux cultures vivrières, et les versions 3 ne sont pas encore disponibles à un coût acceptable.

- Les carburants de synthèse sont encore au stade des pré-développements.

- La croissance de la demande d'énergie électrique, due à l'arrivée de nouvelles applications électriques ( Data centers, IA, voiture électrique...), et au développement économique, excède les capacités de production d'électricité décarbonée et conduit parfois à de nouvelles installations de production d'électricité fonctionnant avec des fossiles !!! .

- L'errance des politiques énergétiques est préjudiciable à l'établissement de programmes permanents et consistants de développements des renouvelables.

Tel pays décide de renoncer au nucléaire, tel autre au contraire relance cette technologie, les politiques énergétiques changent au gré des changements de gouvernements, les chikayas retardent les programmes, et la politique énergétique est finalement décidée par la rue, les gazettes, et les rendez-vous électoraux.

- Les COP, qui auraient dû apporter un support à la politique énergétique mondiale, sont dépourvues de pouvoir autre que celui de faire des recommandations et de proposer des objectifs où l'on confond la carte et le territoire.

- Les écologistes, partagés entre leur volonté légitime de préserver la nature d'une part, et de lutter contre les émissions de CO2 d'autre part, se voient contraints d'accepter l'invasion des parcs éoliens et solaires qui nuisent au milieu naturel, et les centrales nucléaires qui furent longtemps le contre exemple de la démarche naturelle, ce qui génère une certaine schizophrénie de groupe préjudiciable à un choix dépassionné.

- Les événements géopolitiques actuels, « probablement » en grande partie générés par la crise énergétique, ne sont pas de nature à contribuer à l'harmonie entre les puissances, qui serait bien nécessaire à l'établissement d'une Politique mondiale de l'Energie.

- La transition énergétique ne peut réussir que si elle s'inscrit dans une démarche commune des pays développés autour d'une stratégie concertée, alors qu'aujourd'hui ces mêmes pays sont surtout préoccupés de savoir comment ils vont pouvoir gérer la crise énergétique à leur profit pour améliorer leur « part de marché » ...

Ces cailloux dans la chaussure de la transition énergétique ( et bien d'autres probablement ) laissent penser que nous ne sommes pas sortis de l'auberge...

 

 

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10 mars 2026 2 10 /03 /mars /2026 15:41

 

Quelle civilisation après les fossiles ?

10 Mars 2026

Il existe un mythe technologique selon lequel les énergies ne se remplacent pas, mais s'empilent sans se remplacer vraiment.

Selon ce mythe, les énergies renouvelables ne remplaceraient pas les fossiles, mais s'y ajouteraient pour élargir le champ des possibles.

( Sous entendu : inutile de s'échiner à remplacer les fossiles par des renouvelables décarbonées, de toutes façons nous devrons faire avec les uns et les autres...)

Cette croyance, ajoutée « parfois » à la négation des dégâts causés par l'excès de CO2 fossile, conduit certains à considérer la transition énergétique comme un épiphénomène de nature à créer un nouveau « business » sans nécessairement bouleverser les affaires courantes.

Ce mythe est « encouragé » par la disponibilité des combustibles fossiles, notamment le pétrole dont le pic de production a été annoncé pour 2008 et qui continue à alimenter le marché.

(Les soubresauts constatés sur ce marché sont dus davantage aux aléas de la géopolitique plutôt qu'à un épuisement des réserves. L'actualité nous en offre un exemple...).

Le terme de « réserves » est lui-même ambigu, dans la mesure où la recherche de nouveaux gisements et/ou de nouvelles méthodes d'extraction déplacent en permanence le curseur qui marque l'issue fatale.

Quand à l'urgence de réduire les émissions de CO2, elle relève davantage du domaine des vœux pieux que de celui des injonctions pénalisantes.

Comme tous les mythes, celui-ci sera démenti par la réalité puisque les fossiles sont par définition une ressource limitée. Mais beaucoup de temps aura été perdu en tergiversations stériles.

De même pour l'influence du CO2 sur le climat de la Planète : ce ne sont pas les variations du climat qui sont contestées, mais les causes de ces variations.

Sachant que les variations agissent sur les causes, et vice versa, on n'est pas sortis de l'auberge...

Par ailleurs, l'impossibilité, pour les états, de rationner les fossiles, ou de les taxer pour inciter les utilisateurs à choisir des énergies renouvelables, fait de la transition énergétique une option qui ne peut être choisie que si elle est accompagnée de substantielles subventions, lesquelles ne peuvent être maintenues bien longtemps...

A ces obstacles irrationnels ( plutôt querelles byzantines...) viennent s'ajouter des obstacles bien réels qui ne sont pas toujours pris en compte dans les plans de développement vers l'énergie verte :

L'abandon des fossiles au profit des renouvelables, essentiellement électriques, comporte un préalable incontournable :

Pour inciter les consommateurs d'énergie fossile à passer à l'électricité décarbonée, il faut d'abord la fabriquer, cette électricité verte.

Or, nous en sommes très loin :

En 2024, La production d'électricité représentait 18% de la consommation énergétique mondiale, toutes énergies confondues.

Dans ces 18% électriques, le tiers seulement était de l'électricité verte, ce qui représente 6% de la consommation mondiale d'énergie.

Ce n'est pas avec cette modeste part que l'on peut renverser la table...

Même en tenant compte de l'amélioration des rendements en passant à l'électrique, on reste très loin du besoin d'énergie électrique qui sera nécessaire dans le futur monde électrifié.

Le taux de croissance de la production d'énergie électrique verte dans le monde suffit tout juste à compenser la croissance de la demande mondiale d'énergie, ce qui ne suffit pas, et de loin, à faire baisser les émissions de CO2...

La première urgence est donc de verdir d'abord la production électrique actuelle pour décarboner les applications électriques existantes et, après seulement, il sera possible d'électrifier d'autres applications qui fonctionnent aujourd'hui avec des fossiles.

Vouloir électrifier aujourd'hui des applications non électriques ( Transports, industrie, chaleur, etc..) ne ferait qu'ajouter de la confusion et de l'inefficacité dans les programmes de transition énergétique.

La croissance de la demande nouvelle d'électricité dépasserait les possibilités de croissance de la production d'électricité décarbonée.

Au pire, on pourrait être amenés à construire de nouvelles centrales électriques à charbon pour alimenter les voitures électriques...et pas seulement en Chine .

D'autres obstacles réels attendent les industriels susceptibles de participer à cet aggiornamento énergétique :

Pour les décideurs, mettre au rebut un outil industriel qui fonctionne aujourd'hui très bien avec du pétrole, du charbon, ou du Gaz, pour le remplacer par on ne sait pas trop quoi fonctionnant avec une électricité qui est encore loin d'être verte, est une opération très risquée qui ne peut être décidée qu'à une petite échelle et soutenue par de très fortes subventions.

Les applications compatibles avec l'électricité sont déjà électrifiées pour la plupart.

( qui a déjà vu un téléphone, un TGV, un métro, un téléviseur, un lampadaire, un PC, un fer à repasser, une chaine Hi-Fi, un ascenseur, un télé-siège, un data-center, fonctionnant au Gaz ou au pétrole ? ).

Les autres ne pourront être électrifiées qu'après de profondes modifications pour adapter les processus, et éventuellement renoncer à l'électricité pour d'autres sources d'énergie décarbonée ( Biomasse et/ou bio carburants ou carburants de synthèse .

L'exemple de la tentative d'électrification du parc mondial de voitures et utilitaires légers montre le type d'obstacles rencontrés...

L'électrification des applications qui fonctionnent aujourd'hui avec des fossiles n'est pas une mince affaire, sinon ce serait fait depuis longtemps.

( Essayez donc d'électrifier les diesels de secours d'un réacteur nucléaire...).

L'énergie demeure le pilier de la civilisation actuelle. Ce pilier est aujourd'hui fissuré par le désordre géopolitique mondial.

Toute tentative d'innovation massive touchant le domaine de l'énergie voit son but détourné vers des objectifs visant la redistribution des influences politiques.

( voir les affrontements actuels pour s'approprier les dernières ressources fossiles et/ou pour « mettre la main » sur les ressources en matériaux nécessaires pour électrifier la Planète...)

Les objectifs initiaux de préservation du climat de la Planète et du bien-être des peuples étant oubliés au profit de la conquête de positions dominantes sur le grand marché mondial, lequel marché ne s'occupe pas de la couleur de l'énergie, mais des cotations de la monnaie en bourse....

( La préoccupation principale des chefs d'Etats ( pas tous...) est aujourd'hui de rechercher un moyen d'occuper cette planète en évitant ( pas toujours ) de s'entre-tuer...le CO2 devra attendre des jours meilleurs...).

La décision d'abandonner les fossiles pour passer à une énergie décarbonée implique de faire un choix parmi toutes les solutions décarbonées ou à carbone recyclable.

Entre l'éolien, le solaire, l'électronucléaire, l'hydroélectrique, la géothermie, la biomasse solide, liquide ou gazeuse, etc, lequel ou lesquels choisir ?

Des investissements colossaux seront nécessaires, pour des résultats aléatoires puisqu'il s'agit d'un nouveau domaine à explorer.

Qui prendra en charge ces investissements à risque ?

Cette accumulation d'obstacles semés sur le chemin vers le remplacement des fossiles laisse présager un dépassement significatif du délai souhaité pour la préservation du climat de la Planète.

( C'est un euphémisme...).

Il faudra donc en prendre notre parti, les fossiles sont encore là pour « quelques » décennies.

Et donc le CO2 qui va avec.

Dans ces circonstances, il est légitime de se poser la question de l'issue possible de ce grand chamboule-tout.

Devant un avenir énergétique aussi brumeux, l'idée d'un sauve-qui-peut traverse naturellement l'esprit de chacun, qu'il soit père de famille ou chef d'entreprise, voire même chef d'Etat.

La perspective d'avoir à gérer à la fois le changement de climat dû à l'élévation de la température atmosphérique, et la crise liée à la baisse des réserves d'énergie fossile, laisse présager de grands bouleversements dans tous les domaines, la transition énergétique n'étant qu'un épiphénomène devant l'ampleur de la catastrophe climatique prévisible, et les bouleversements planétaires associés.

Autrefois, les Gouvernements étaient peu concernés par l'approvisionnement énergétiques des populations dont ils avaient la charge :

Soit leur territoire était pourvu en ressources fossiles, auquel cas le problème n'existait pas et le pays devenait même fournisseur et les fossiles devenaient une rente considérable.

Soit le territoire était dépourvu de ces fossiles, et il fallait s'approvisionner à l'extérieur moyennant finance et accords commerciaux  sur le long terme..

Les seules sources d'énergie non fossiles étaient l'Hydraulique et la Biomasse, exploitées selon les ressources locales.

L'affaire de l'énergie était ainsi réglée, et les gouvernements pouvaient s'occuper des affaires courantes et de la cuisine politique intérieure, sans trop avoir à se « salir les mains » dans ces histoires d'énergie, d'autant plus que le choix était limité : Charbon, pétrole, ou Gaz naturel, disponibles sur le marché international, et ( encore ) pour un coût raisonnable.

De plus, ces sources d'énergie fossiles étant transportables, et sur de très grandes distances, il était possible de changer de fournisseur au gré des humeurs des marchés, ce qui créait une concurrence favorable au consommateur..

La transition énergétique va bouleverser ce train-train bien installé depuis un siècle.

Les sources fossiles vont se tarir dans l'avenir, mais dans un délai incertain, plus ou moins court selon qu'il s'agit du charbon, du pétrole, ou du Gaz.

Selon les experts, il est urgent de décider dès maintenant de se préparer à y renoncer pour préserver le climat de la Planète.

Il faudra désormais s'accommoder de l'énergie naturelle disponible autour de nous :

Rayonnement solaire, force du vent, force des courants de marées, des cours d'eau, chaleur interne de la Terre, radioactivité de certains composants de la croûte terrestre, bioénergie, Hydrogène naturel, énergie osmotique, énergie potentielle de l'eau et/ou de l'atmosphère, et tout autre procédé encore à découvrir dans l'avenir.

Cet inventaire à la Prévert donne le tournis aux décideurs et aux investisseurs, qui voient la transition énergétique comme une boîte de Pandore à n'ouvrir qu'avec de grandes précautions.

Encore une minute Monsieur le bourreau, telle est l'attitude généralement adoptée, la taxe carbone ayant montré son inefficacité, tant est grand l'appétit énergétique de la Planète.

Pour extraire de ces nouvelles sources l'énergie nécessaire à nos « machines », il faut construire un parc supplémentaire d'autres machines qui transformeront ces moyens naturels potentiels en un ou plusieurs produits transportables et utilisables qui seront utilisés par les applications.

( Machines qui viendront s'ajouter aux machines qui utiliseront cette énergie bien entendu ; nous parlons bien d'ajouter un parc de machines dont le rôle sera de fournir l'énergie sous une forme utilisable par le parc de machines déjà existantes ).

Ces machines sont spécifiques du type de source exploitée :

Pour produire de l'électricité :

- Eoliennes

- Panneaux photovoltaïques.

- Hydroliennes.

- Centrales solaires thermiques.

- Centrales hydroélectriques.

- Centrales électronucléaires.

- Centrales osmotiques.

- Centrales thermiques à biomasse solide, liquide, ou gazeuse.

Pour produire des carburants à carbone recyclable liquides ou gazeux :

- Chaîne agro-industrielle de production de biocarburants .

- Chaîne industrielle de production de carburants de synthèse.

Pour produire de la chaleur :

- Centrales géothermiques.

- Cogénération.

Pour faire un choix parmi toutes ces possibilités, les Etats devront s'impliquer bien au-delà de la simple gestion des approvisionnements lorsqu'il s'agissait de combustibles fossiles.

Le choix des solutions techniques pour l'exploitation des énergies naturelles devra faire l'objet d'un plan d'investissement sur plusieurs décennies, déconnecté des fluctuations politiques locales de court terme.

Chaque Etat devra avoir un plan de développement énergétique solide sur le long terme, protégé des fluctuations gouvernementales au gré des changements de couleur politique ou des humeurs de tel ou tel leader politique.

( Les querelles entre le Nucléaire et le solaire éolien et photovoltaïque, sur fond d'hydroélectrique mis à l'encan, que nous entretenons en Europe, ne sont pas supportables sur le long terme car elles brouillent toute visibilité pour les investisseurs...).

Autrefois, la gestion des sources d'énergie se « résumait » pour plus de 80% des besoins, à faire des trous dans le sol pour extraire charbon, pétrole, Gaz, ou passer des commandes aux pays mieux pourvus.

Les besoins en électricité étaient satisfaits par quelques centrales à charbon, au fuel ou au Gaz, et deux ou trois centrales hydroélectriques lorsque c'était possible.

Les aléas du marché et les crises passagères, pouvaient être absorbées par de solides moyens de stockage de l'énergie sous forme solide, liquide ou gazeuse.

Cette époque est désormais achevée.

L'électricité ne se stocke pas...du moins dans les quantités correspondant à des besoins sur plusieurs mois.

Dans le futur sans fossiles, les Etats auront le choix entre deux solutions :

Soit renoncer à leur indépendance énergétique et acheter leur énergie à quelques fournisseurs extérieurs, soit la « fabriquer eux-mêmes en créant l'outil industriel nécessaire.

L'électricité étant la forme plébiscitée ( aujourd'hui ) pour l'énergie décarbonée, il nous faudra gérer des problèmes nouveaux :

Le vent et le rayonnement solaire ne sont pas stockables. Leurs fluctuations doivent donc pouvoir être gérées pour satisfaire les besoins.

Trois méthodes peuvent ( doivent ? ) être mises en œuvre :

- Soit gérer en temps réel la demande énergétique du réseau pour l'adapter à l'énergie disponible à un instant donné ( c'est l'inverse qui est pratiqué aujourd'hui...).

- Soit maintenir en permanence des moyens pilotables de production d'électricité décarbonée prêts à prendre le relais sur le long terme en cas de défaillance du Soleil et/ou du vent. Ces moyens peuvent être des centrales nucléaires* ou des centrales thermiques à biogaz.

* (La filière nucléaire dispose par nature d'un stock long de combustible sous diverses formes : « yellow kake » , fabrication du combustible, en-cours de la chaîne de fabrication des pastilles de combustible, du montage de ces pastilles dans les « barres », du montage des barres dans les ensembles des « araignées », et de leur stock en vue du renouvellement du combustible dans les cuves .

L'hydroélectricité classique ne convient que pour le « lissage » des éoliennes ou du photovoltaïque (STEP) ; les batteries n'interviennent que pour des courtes durées...).

- Soit demander aux pays voisins de nous fournir de l'électricité lorsque le vent et le soleil font défaut chez nous ( encore faut-il que les interconnections transfrontalières existent et que les conditions soient favorables ).

Tout cela ne se fera pas tout seul.

Plus les réseaux seront complexes, et plus le risque d'instabilité sera grand, le dernier black-out en Espagne est un avertissement.

L'introduction d'une production électrique intermittente et non pilotable dans un réseau régional doit être réalisée en concertation avec tous les gestionnaires de réseaux et les organismes de gestion des échanges transfrontaliers sous peine de graves dysfonctionnements.

Le remplacement des fossiles par de l'électricité dans les applications qui utilisent aujourd'hui ces fossiles ne se fera pas sans de grands bouleversements.

Si ces applications ne sont pas déjà électrifiées, c'est qu'il y a un problème de fond qu'il faudra d'abord identifier et résoudre, avant de généraliser le basculement vers l'électrique, ou vers une autre source d'énergie décarbonée.

( On évoque parfois le cas de gros navires à propulsion électrique, mais on oublie souvent de préciser que l'électricité des moteurs électriques est produite à bord par des moteurs diésel...).

L'exemple de la décarbonation des transports est typique de ce cas:

Les chemins de fer ou les tramways n'ont pu être électrifiés que sur des trajets précis car leur énergie électrique doit leur être livrée par un réseau superposé au trajet des voies ferrées, ou d'un trajet urbain équipé de trolleys.

Les transports à itinéraire « libre » ne peuvent pas recevoir leur énergie d'un réseau externe, du moins dans l'état des technologies d'aujourd'hui ; ils doivent donc emporter avec eux l'énergie nécessaire.

Cette énergie décarbonée peut être fournie par plusieurs procédés :

- Le système « classique » déjà en service depuis longtemps, et qui utilise une réserve de Biogaz comprimé ou de biocarburant, ou de carburant décarboné de synthèse associés à un moteur thermique.

- Un réservoir d'Hydrogène Vert comprimé associé à une pile à Hydrogène qui alimente un moteur électrique.

- Une batterie associée à un moteur électrique.

- Une association des deux procédés ( solution hybride ).

Les quatre procédés ont été utilisés sans que l'on puisse dégager une conclusion sur le meilleur système, ce qui laisse supposer que plusieurs de ces procédés seront utilisés, ce qui correspond à une approche industrielle diversifiée, qui est à l'opposé du concept actuel centré sur le moteur thermique.

La transition énergétique ne nécessite pas un consensus, car nous n'avons pas le choix. Elle est « simplement » un tournant obligatoire qui nous est imposé par le mode de vie que NOUS avons choisi et que personne ne souhaite abandonner. Il n'y a pas d'échappatoire possible.

La nécessité de procéder au basculement des énergies fossiles vers les énergies renouvelables décarbonées ne doit pas poser de difficulté insurmontable puisqu'il  s'agit d'un problème technique, et que notre société est précisément experte en résolution de problèmes techniques.

Par contre, résoudre les problèmes posés par le changement climatique est une autre paire de manches car si la technique sera bien utile, elle ne pourra pas résoudre les problèmes humains.

Parmi les dix travaux d'Hercule que nous allons devoir entreprendre, on peut citer :

- Réaménagement du territoire pour tenir compte des risques nouveaux liés à l'élévation du niveau des mers, au nouveaux régimes des précipitations, à la fonte des glaciers, aux périodes caniculaires, à l'extension des zones de sécheresse, à la fréquence accrue des épisodes climatiques extrêmes,etc.

- Adapter les méthodes d'exploitation des sols et la variété des espèces cultivées, selon les variations du climat local.

- Adapter l'habitat en fonction des risques d'inondations et/ou d'incendies.

- Orienter les constructions vers le concept de bâtiment zéro énergie, ou énergie positive.

- Adapter les régimes de culture au changement de climat.

- Gérer les déplacements de populations liés au changement climatique.

Etc...

Il s'agit en somme de réorganiser l'occupation de la Planète en fonction de l'évolution du biotope et de la disparition de la source d'énergie fossile qui est à l'origine de la société technologique actuelle.

Cette réorganisation devra permettre d'accueillir environ 10 Milliards d'individus au prochain siècle, partant de 8 Milliards atteints en 2022 ( selon ONU )..

Ces chiffres sont évidemment davantage un souhait que le résultat d'un programme établi sur des données consolidées .

La transition énergétique est une chose.

- Les pouvoirs publics se chargeront de la plus grosse partie, qui comprend(ra) :

Les parcs éoliens et solaires, les centrales hydroélectriques, les centrales géothermiques, les centrales nucléaires, les centrales à biomasse, la production de biocarburants et/ou de carburants de synthèse.

La mise à jour, l'entretien, la création et la gestion du réseau « intelligent », ainsi que les liaisons transfrontalières pour l'électricité.

- Les Industriels se chargeront de l'adaptation des divers procédés à l'électricité, ou à tout autre énergie décarbonée ou à carbone recyclable qui sera proposée.

- Les secteurs Résidentiel et Tertiaire auront en charge l'adaptation des bâtiments et l'adaptation et la gestion des nouvelles énergies proposées, et contribueront à l'établissement et la gestion du réseau intelligent.

La consommation d'énergie primaire mondiale était de 168 000 TWh en 2023.

( La consommation d'énergie finale étant d'environ 120 000 TWh).

La part des énergies renouvelables aujourd'hui est d'environ 20%.

Il faut donc passer de 20% à 100%.

Un tel challenge ne pourra être relevé que s'il est accompagné d'un programme drastique d'économie d'énergie.

( Dans un futur assez lointain, on pourra (peut-être) exploiter plus efficacement l'énergie solaire ou celle du « nouveau » nucléaire, voire même la fusion nucléaire, mais ces perspectives sont lointaines et ne peuvent pas servir de base aux planifications actuelles car le CO2 est l'ennemi du moment ).

La tâche à accomplir dès maintenant doit porter à la fois sur la rationalisation des applications, des procédés, des méthodes, la mutualisation des moyens, dans tous les domaines d'activité.

Et « peut-être » une adaptation de nos modes de vie vers plus de modération énergétique.

Tout cela aura un coût, mais le naufragé ne demande pas le prix de la bouée qui peut le sauver...

Le problème est donc de savoir qui, et comment, aura la charge de développer le matériel de sauvetage, et qui devra le financer...

Tout cela est encore très vague aujourd'hui, l'agitation des Etats est plus orientée vers le réarmement que vers la lutte contre les émissions de CO2.

( Certains mauvais esprits font cependant remarquer que la crise actuelle, qui peut générer une rupture des approvisionnements pétroliers, sera plus efficace sur la baisse des émissions de CO2 que n'a pu l'être la derniere COP... ).

Aujourd'hui l'énergie n'est pas (encore ) une denrée rationnée.

( Chère peut-être, mais non rationnée )

La démarche éventuelle vers les économies d'énergie procède de la volonté de dépenser moins d'argent, et non pas de la crainte de dépasser un quota au-delà duquel seraient appliquées des pénalités disuasives.

( Mais ceci peut changer rapidement...)

Des projets d'imposer des quotas existent cependant dans les cartons, mais n'ont jamais été appliqués...mais cela peut changer.

Un éventuel rationnement durable de l'énergie entraînerait un bouleversement de l'ensemble des rouages des sociétés développées et de leur structures.

Tout les secteurs d'activité étant consommateurs d'énergie, tous seraient concernés, depuis l'habitat jusqu'aux loisirs, en passant par les déplacements, le standing de vie, les activités sportives, la culture, les croisières, etc.

Et, comme au billard, une action dans un domaine entraînera des répercussions sur d'autres domaines...

Tout cela coûtera une fortune.

La rénovation thermique des bâtiments, le passage à la voiture électrique, les pompes à chaleur, etc, entraînent des dépenses considérables qui ne sont qu'en partie masquées par des « primes » de l'Etat, mais qui ne sont ,pour le pays, que le transfert d'une dépense d'un poste budgétaire à un autre...

Par ailleurs, le transfert des énergies fossiles vers des énergies décarbonées ou à carbone recyclable entraînera le passage d'une dépendance à une autre, avec des conséquences qui pourront être considérables pour les pays dont l'économie dépend de l'exploitation des fossiles ( Charbon, Gaz, pétrole ) sur leur sol, et pour d'autres pays dont l'industrie dépendra de l'approvisionnement en métaux rares indispensables à la fabrication des nouvelles machines...

Cette transition énergétique comporte ainsi tant de pièges potentiels qu'il est aujourd'hui impossible de faire des prévisions avec quelque crédibilité.

Les événements actuels, derrière le rideau nucléaire, ont une forte odeur de pétrole et de Gaz, dont nous n'avons pas fini de parler ces prochaines décennies...

 

 

 

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8 février 2026 7 08 /02 /février /2026 18:12

Vers une transition énergétique subie, ou gérée ?

8 Février 2026

Le développement des sociétés actuelles, fondé sur le machinisme, ne peut perdurer qu'à la condition de disposer de sources d'énergie suffisantes pour alimenter ces machines.

( machines au sens large, depuis la brosse à dents électrique jusqu'à la fusée Ariane...).

Actuellement, l'énergie consommée mondialement provient pour 80% des réserves fossiles, et 20% seulement de sources renouvelables.

Les réserves fossiles sont par définition épuisables, et une stratégie de remplacement doit donc être mise en place pour leur substituer des sources d'énergie renouvelable.

La nécessité de devoir un jour remplacer les fossiles est bien sûr connue depuis longtemps, mais la mise en œuvre d'une stratégie de remplacement ne s'est manifestée que récemment, lorsque les premiers signes d'épuisement des fossiles sont apparus, au tournant de ce siècle.

L'hydroélectrique est déjà exploité depuis longtemps ; L'électronucléaire s'est développé mais les accidents de Tchernobyl et Fukushima ont sérieusement freiné son expansion ; l'éolien et le solaire photovoltaïque sont entrés en exploitation dès que la technologie est devenue disponible.

Mais la croissance de ces nouvelles énergies n'a pas été suffisante pour faire baisser la consommation de fossiles, qui demeurent encore très majoritaires.

Cette situation est alarmante, d'autant plus qu'à la menace de pénurie de sources fossiles est venue s'ajouter le constat des dégâts climatologiques causés par le dégagement de CO2 lié à la combustion des fossiles.

La nécessité de réduire drastiquement les émissions de CO2 fossile a donné à la transition énergétique un caractère d'urgence vitale qui nécessite des mesures de mitigation extraordinaires afin de tâcher de limiter l'impact de l'excès de CO2 sur le climat de la Planète.

Ce qui était le « simple » remplacement d'une source d'énergie par d'autres sources est devenu un problème urgent de survie de l'Humanité, ce qui est évidemment un tout autre challenge.

Il nous faut donc « booster » la stratégie de remplacement des fossiles, non pas seulement pour remplacer ces fossiles, mais aussi et surtout pour éviter, ou au moins limiter, la catastrophe climatique qui serait* due à un excès de CO2 dans l'Atmosphère.

*( En fait les premiers signes du dérèglement climatique sont déjà perceptibles...).

Le remplacement des fossiles par des sources renouvelables décarbonées est donc devenu une urgence absolue car, selon les experts, ce taux de CO2 a déjà atteint une valeur alarmante, et son taux de croissance demeure positif, démontrant l'inefficacité des stratégie actuelles et donc la nécessité de changer de stratégie.

Le problème est qu'il n'y a pas de stratégie planétaire pour effectuer cette transition énergétique.

( Ni d'ailleurs pour effectuer quelque démarche planétaire commune que ce soit....).

La Planète est fragmentée en plusieurs blocs antagonistes dont l'essentiel de la stratégie consiste à tâcher de prendre le dessus sur les autres par des procédés parmi lesquels la coopération, quand elle existe, a des relents de colonialisme.

Il n'est que de constater l'inefficacité des COP , censées gérer cette coordination, pour comprendre que le chemin vers une coopération internationale efficace est surtout pavé de mauvaises intentions...

De plus, le consensus autour du rôle du CO2 dans le changement climatique est remis en question par certaines personnalités influentes de haut niveau, ce qui lézarde quelque peu les bases même de ce qui pourrait être la stratégie.

( Il existe même un courant d'opinion en faveur d'un réchauffement climatique modéré qui ouvrirait des routes maritimes nouvelles et donnerait l'accès à des ressources minières aujourd'hui enfouies sous les glaces...)

Enfin on peut remarquer que la liste des sources d'énergie renouvelables décarbonées ou à carbone recyclable est tellement disparate que le choix est difficile car les critères sont variables selon les zones géographiques :

- Entre l'éolien, le solaire, l'hydroélectrique, et la géothermie, le choix est difficile car il dépend des conditions locales : niveau de développement, densité de population, capacités d'investissement, prévisions d'expansion économique, conditions environnementales, etc.

- L'électronucléaire est tentant, mais attention à la dissémination, à ne pas mettre entre toutes les mains...Entre l'énorme EPR de 1 600 MW et les petits SMR de quelques MW, le choix est difficile.

- La biomasse est potentiellement intéressante, mais en compétition avec les cultures vivrières.

- Les carburants de synthèse ne sont pas encore au point et leur efficacité énergétique est discutable.

- L'éolien et le solaire ont la cote, mais leur intermittence et leur non pilotabilité en font des sources d'appoint qui doivent être associées à des sources de base pilotables.

- Le grand hydroélectrique de production nécessite des conditions géographiques particulières.

Les sources d'énergie renouvelables décarbonées ou à carbone recyclable ne manquent donc pas, mais leur exploitation à un niveau compatible avec les besoins de la Planète pose des problèmes qui ne sont pas encore résolus.

Chaque région, voire même chaque pays, implémente sa propre stratégie en fonction de ses propres critères, sans que l'on puisse dégager une orientation globale planétaire.

Le basculement des fossiles vers les renouvelables entraînera un bouleversement des marchés tant en ce qui concerne l'énergie elle-même qu'en ce qui concerne son utilisation.

Les cartes pour le contrôle de ces nouveaux marchés vont être redistribuées, des investissements colossaux seront nécessaires, avec un risque certain sur la rentabilité financière, qui demeure le critère principal en économie de marché.

Les technologies qui doivent se substituer aux « anciennes » technologies des fossiles ne sont pas encore stabilisées, il s'en faut de beaucoup :

- Le « nouveau » nucléaire n'est pas encore sorti des cartons.

- L'éolien offshore est encore en recherche d'optimisation technique et financière.

- Les carburants de synthèse sont encore en phase d'étude.

- Les biocarburants sont encore regardés avec méfiance.

- Les voitures électriques cherchent encore une technologie de batterie convenable.

- Les gestionnaires de réseaux électriques se demandent encore comment compenser l'intermittence du solaire et de l'éolien.

- Etc.

Par ailleurs, les fossiles énergétiques continuent d'être disponibles, à des coûts acceptables, et avec des réserves « annoncées » de plusieurs dizaines d'années.

La perspective du changement climatique causé par l'excès de CO2 n'est manifestement pas suffisante pour provoquer une révolution dans des entreprises qui sont essentiellement préoccupées par la rentabilité à cours terme des capitaux investis.

La révolution énergétique planétaire se fera sous la pression des circonstances, mais dans un certain désordre propice à une redistribution des cartes, et peut-être avec des affrontements pour s'approprier les métaux et terres rares indispensables aux nouvelles technologies.

L'exemple des difficultés rencontrées pour le remplacement du pétrole par de l'électricité dans les voitures n'est qu'un avant-goût des embûches qui attendent les porteurs d'initiatives trop pressés de toucher les dividendes du progrès en oubliant un peu les plâtres qu'il faut essuyer d'abord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 janvier 2026 5 30 /01 /janvier /2026 11:17

Le véritable challenge de la transition énergétique.

30 Janvier 2026

On aurait pu penser il y a trois décennies que le renoncement aux énergies fossiles entraînerait de grandes difficultés dans la recherche d'énergies de remplacement.

Il n'en a rien été.

De nombreuses sources d'énergie décarbonée ou à carbone recyclable se sont révélées disponibles, et pour certaines déjà exploitées. Il « suffisait » donc de « pousser les feux » pour obtenir de quoi remplacer les anciennes sources.

L'idée était simple, il suffisait de...

Mais il ne faut pas confondre la carte et le territoire.

Les plans de croissance, les programmations pluriannuelles, les COP, les démonstrateurs de ceci et de cela, les engagements des gouvernements, se heurtent aux réalités du terrain et peinent à obtenir des résultats à la hauteur des espérances.

Plusieurs obstacles se dressent sur le chemin vers la vertu énergétique :

Le monde moderne est construit sur un modèle de croissance économique ininterrompue, au service d'une population dont la croissance est également ininterrompue.

Ce modèle n'est pas remis en question par la crise énergétique, au contraire. Alors qu'il ne concerne aujourd'hui qu'une partie minoritaire des peuples, il est prévu d'en étendre les bienfaits à l'ensemble des sociétés humaines.

Le ressort qui sous-tend cette croissance est le machinisme au sens large, qui se nourrit de quantités inouïes d'énergie.

Ce Monde est organisé en blocs politico-économiques antagonistes dont les dirigeants sont soucieux de préserver leur espace vital et développer leur poids dans le concert des nations grâce une maîtrise des échanges commerciaux fondés sur une concurrence féroce dans laquelle l'énergie joue un rôle essentiel.

Dans ce contexte de « guerre » économique, un abandon des énergies fossiles pour des énergies décarbonées est équivalent pour des armées à remplacer au pied levé sur le champ de bataille tout l'armement pour un autre non maîtrisé et utilisant des munitions non testées et aux approvisionnements douteux.

Personne n'est pressé de tenter l'aventure, d'autant plus que cette mutation implique des investissements colossaux et une perturbation des flux de production, donc des résultats financiers vulnérables.

D'autre part, les énergies fossiles continuent d'être disponibles à des coûts encore gérables, ce qui encourage le « business as usual »...

( Car on aura compris que la transition énergétique sera avant tout une affaire de business...).

La transition énergétique s'effectue donc, mais à un rythme modéré soutenu par des subventions substantielles et par les réglementations contraignantes de certains Etats, aisément contournables au demeurant..

L'abandon de l'ukase européen sur l'interdiction de vendre des voitures thermiques à partir de 2035, et le renoncement à la création de ZFE, prennent acte de la difficulté d'imposer des solutions purement réglementaires sans avoir préparé le terrain à les recevoir...

La plupart des sources d'énergie renouvelable décarbonée produisent de l'électricité. La transition énergétique consistera donc en un basculement de la plupart des applications vers l'électricité, du moins celles qui ne le sont pas déjà.

Concrètement, où en sommes-nous ?

De 2 000 à 2024, la production mondiale d'électricité est passée de 15 509 TWh à 31 256 TWh, soit une croissance de + 94% sur un quart de siècle.

Cette croissance a été alimentée à 54% par les énergies fossiles et à 46% par les EnR.

( Sources « Agence Internationale de l'Energie » et « Energy Institute » pour 2024)

En 2024, l'électricité mondiale est donc encore produite à près de 60% par des fossiles.

( Et hors l'électricité, les fossiles sont rois...).

Après un quart de siècle de promotion soutenue, les EnR sont donc encore très loin de remplacer les fossiles dans la production d'électricité, ni même d'en stopper la croissance puisque celle-ci est encore majoritairement alimentée par les fossiles.

Notre véritable problème est donc non pas de développer des applications nouvelles pour l'électricité, mais bien plutôt de booster la production d'électricité renouvelable afin de verdir les applications électriques déjà existantes.

Le cas de la France n'est pas représentatif des besoins de la Planète. L'électricité y est déjà très majoritairement décarbonée.

L'électrification du parc automobile y est donc justifié dès maintenant, mais il ne faut pas confondre les besoins du marché intérieur et les besoins des industriels de l'automobile, qui visent le marché mondial.

Le parc français de VP+VUL est d'environ 40 millions d'unités, et pourrait disposer dès aujourd'hui d'une électricité déjà très majoritairement décarbonée...surtout depuis que le parc nucléaire a retrouvé toutes ses capacités de production.

Mais le marché VP+VUL mondial, supérieur à 1 Milliard d'unités, ne dispose que d'une électricité encore produite à près de 60% par des fossiles.

Ces deux marchés sont donc très différents et doivent être analysés en conséquence.

( Cette analyse n'est pas facile, si l'on en juge par les soubresauts des carnets de commandes ...)

Mais attention, pour électrifier le parc automobile français sans être contraints de relancer des centrales à gaz pour produire l'électricité nécessaire, il faudra produire 100 TWh d'électricité verte supplémentaire, soit l'équivalent de 12 réacteurs nucléaires de 1 600 GW .

( En France, le kilométrage annuel moyen d'un VUL est 12 000 km. La consommation moyenne en voiture électrique est de 20 kWh/100 km incluant les pertes en ligne du réseau, soit 2 400 kWh par an, donc environ 100 TéraWwattheure pour l'ensemble du parc électrifié.

Ce qui représente la production annuelle d'un parc de 12 réacteurs EPR du type Flamanville !!!

Il eut été logique de fabriquer l'électricité verte des voitures électriques avec de l'éolien et/ou du solaire photovoltaïque.

Mais pour charger les batteries la nuit, le Soleil n'est pas la bonne solution. Quant au vent, il est parfois absent. Gloup.

La seule solution viable est donc le nucléaire.

Mais l'opinion, tout en étant favorable à la voiture électrique, est réticente à l'idée de devoir accepter 12 énormes réacteurs nucléaires supplémentaires uniquement pour faire rouler les bagnoles...

Il faut parfois accepter de manger son chapeau...

Ou se rallier à la solution logique recommandée par notre gourou, qui consiste à changer notre bagnole contre un vélo électrique...

Comme tout remède efficace, la transition énergétique, remède contre la disparition des fossiles, comporte ainsi des effets secondaires qui font grincer quelques dents.

- Le caractère primesautier du solaire et de l'éolien doit être tempéré par une bonne dose de nucléaire, qui n'est pas en odeur de sainteté chez les écologistes, qui n'ont pas tout à fait tort de se méfier...

- L'abandon du pétrole pour l'électricité nous conduit à une nouvelle dépendance aux matériaux rares dont l'approvisionnement soulève des problèmes potentiellement porteurs de futurs affrontements sur les marchés mondiaux...

- La clé des transports électriques est la batterie, devant laquelle les constructeurs d'autos sont comme une poule qui aurait trouvé un couteau, sauf les chinois bien entendu...

- La ruée vers l'électricité verte pour les voitures implique évidement l'extension des réseaux de distribution en maillage et en puissance transportée, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui partout.

Etc...

Le remplacement des fossiles par de l'électricité n'est pas un long fleuve tranquille.

L'optimisme béat des prévisions initiales doit être fortement tempéré par les réalités de l'existence.

Par exemple la généralisation du chauffage des bâtiments par pompes à chaleur n'a de sens que si les bâtiments sont thermiquement bien isolés et équipés d'un chauffage à basse température, ce qui est rarement le cas. Ce qui revient à devoir reconstruire les bâtiments...autrement plus difficile à faire qu'installer des pompes à chaleurs dans des passoires thermiques...

Le problème de la transition énergétique n'est donc plus de savoir par quoi remplacer les fossiles, mais plutôt de faire évoluer le monde pour l'adapter aux nouvelles énergies, particulièrement à l'électricité verte.

A l'exemple des pompes à chaleur on peut ajouter celui des voitures électriques. La course à l'échalote pour procurer aux VEB une autonomie équivalente à celle des thermiques est une impasse. La solution est dans une redéfinition du rôle le la voiture, ce qui est une autre paire de manches car il faut repenser nos modes de vie...

 

 

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24 janvier 2026 6 24 /01 /janvier /2026 15:27

Le coût de l'exploitation et de l'utilisation de l'énergie.

24 Janvier 2026

L'ère du machinisme, ouverte par l'invention de la machine à vapeur, puis du moteur à explosion et de l'électricité, ouvrit à l'Humanité une possibilité d'accéder à une puissance illimitée, grâce à une technologie de plus en plus perfectionnée.

Ces technologies ont permis d'augmenter l'efficacité des méthodes d'exploitation des énergies fossiles, des énergies naturelles anciennes et d'accéder à l'énergie interne des atomes, laquelle est potentiellement illimitée, tout au moins à l'échelle humaine.

Mais, pour disposer de ces quantités colossales d'énergie, il faut mettre en œuvre des méthodes d'exploitation de plus en plus sophistiquées passant par des « machines » qui, elles-mêmes, sont consommatrices d'énergie pour être construites et accomplir leur tâche qui consiste à fournir de l'énergie à d'autres machines.

Les énergies renouvelables n'échappent pas à ce passage obligé bien souvent semé d'embûches.

Songeons par exemple à l'énergie qu'il faut dépenser pour effectuer des recherches minières, extraire et partiellement raffiner le minerai d'Uranium, le transporter, en extraire l'Uranium enrichi, concevoir les centrales nucléaires, les construire, fabriquer les turbines adéquates, faire fonctionner l'ensemble, construire le réseau de distribution électrique, prendre en charge les déchets, établir et contrôler le réseau, etc, etc, avant d'arriver au point de consommation finale de l'électricité.

Si l'on ajoute à cela l'énergie dépensée pour extraire et raffiner les terres rares, le Lithium, et développer et produire les batteries des voitures électriques, il n'est pas sûr que le rendement énergétique global soit meilleur qu'avec un moteur thermique alimenté avec un « simple » biocarburant ou un carburant de synthèse.

Après avoir dépensé de l'énergie pour en transformer une partie en une forme utilisable, et dépensé cette énergie à différentes tâches « utiles », il nous faut encore dépenser de l'énergie pour recycler les matériaux et/ou réparer les dégâts environnementaux causés par l'usage de cette énergie.

Le résultat est un rendement énergétique qui peut être notablement inférieur à 100 %.

Les énergies renouvelables n'échappent pas à la nécessité de renouveler le parc mondial des infrastructures adéquates.

Pour les exploiter à un niveau de puissance élevée, il faut également construire des « machines » :

Des centrales électriques alimentées par le vent ( éoliennes ), par l'eau ( centrales hydroélectriques ), par le soleil ( Centrales photovoltaïques et/ou à concentration ), par la chaleur interne du Globe ( centrales géothermiques ), par les courants marins ( Hydroliennes ), par la radioactivité de certains minéraux ( centrales thermonucléaires ), ou par la biomasse solide, liquide ou gazeuse.

Des barrages pour alimenter les STEP et les centrales électriques.

Des réseaux de distribution pour apporter cette électricité aux points de consommation.

L'électricité ainsi produite devra être distribuée par des réseaux couvrant la totalité des zones à desservir.

Des installations minières pour l'extraction et le raffinage des terres rares indispensables aux nouvelles filières industrielles.

Aujourd'hui, 80% de l'énergie consommée par la Planète est d'origine fossile.

Toutes les infrastructures qui consomment cette énergie fossile devront être remplacées par des infrastructures adaptées aux nouvelles énergies.

Il s'agit d'une mutation colossale, étalée sur plusieurs décennies, et pour laquelle certains choix essentiels ne sont pas encore arrêtés.

D'autres candidats fournisseurs d'énergie sont disponibles :

Certains complètement décarbonés :

- Le solaire thermique.

- L'Hydrogène naturel ( En cours de qualification, très prometteur )

- La Géothermie.

D'autres, à Carbone recyclable :

- Le biogaz.

- Les biocarburants.

- La biomasse solide.

- Les carburants de synthèse.

Ce sont des sources d'énergie importantes qui peuvent être utilisées soit directement pour la applications de chaleur, soit pour produire de l'électricité ( Piles à Hydrogène, centrales électriques, moteurs thermiques ).

Aujourd'hui l'électricité a le vent en poupe.

Le solaire photovoltaïque et l'éolien occupent le devant de la scène, mais leur exploitation à grande échelle devra inclure un volet de compensation de l'intermittence, faute de quoi leur participation devra être limitée.

L'importance de cette intermittence, jointe à l'absence de pilotabilité, n'est pas encore pleinement prise en compte ; les procédés de gestion de cette intermittence ne sont pas encore clairement identifiés, ce qui peut être un frein à leur expansion.

( Le Soleil et le vent ne sont pas pilotables...)

Ces procédés devront, entre autres, faire appel à une modulation de la demande à travers le réseau intelligent, au développement d'un parc de STEP ( Stations de Transfert d'Energie par Pompage ), aux stations de stockage sur batteries ( Incluant les batteries domestiques ), toute choses qui sont à développer dans les prochaines décennies.

L'hydroélectrique continuera à jouer son rôle, selon la prédisposition des territoires, et en association avec la préservation des ressources en eau des territoires.

Toutes ces considérations conduisent à rechercher une solution de secours dans un procédé de production électrique décarboné, pilotable, indépendant des caprices de la météo, utilisant une source d'énergie stockable et avec des perspectives de durabilité assurées ; il s'agit évidemment de l'électronucléaire, pour lequel se manifeste un grand regain d'intérêt.

De nombreux nouveaux programmes de développement sont lancés de par le monde, portant en particulier sur des unités de puissance réduite ( SMR ) procurant plus de souplesse que les grosses unités.

Tous ces programmes doivent être lancés maintenant, et leur développement va donner lieu à une consommation colossale d'énergie.

Il ne faut donc pas s'attendre à une baisse spectaculaire de la consommation d'énergie fossile dans les prochaines décennies...puisque l'énergie disponible est encore aujourd'hui à 80% fossile !!!

Cette histoire de serpent qui se mord la queue donne à la transition énergétique un caractère ambigu qui peut laisser penser qu'une trop grande précipitation vers la décarbonation pourrait conduire à un résultat contraire à celui espéré...

C'est ainsi que certaines études exhaustives de l'empreinte carbone d'une voiture électrique conduisent à un résultat négatif si l'on prend en compte toutes les étapes depuis la mine jusqu'au recyclage, en passant par le carburant « électrique ».

En cette matière aussi, le mieux est l'ennemi du bien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 janvier 2026 6 10 /01 /janvier /2026 12:11

La transition énergétique, vers une nouvelle forme de colonisation ?

10 Janvier 2026

Les énergies fossiles ont permis l'ère industrielle, qui a fait de nous des esclaves de l'énergie devenue une drogue dure dont nous n'envisageons même pas de nous passer.

( Malgré les exhortations d'une minorité de prophètes, dont les appels à la parcimonie énergétique ne reçoivent qu'une adhésion de principe non suivie d'effets...).

Pour détourner le regard, nous avons focalisé l'attention sur un problème certes important, mais qui est subsidiaire par rapport à la croissance incontrôlée de la demande énergétique.

Ce problème est l'excès de CO2 dégagé par la combustion des fossiles, qui dérègle le climat au-delà de ce qui est tolérable.

Le remède recommandé est le remplacement des énergies fossiles par d'autres sources d'énergie non émettrices de CO2.

Il s'agit donc non pas de prêcher l'abstinence énergétique, mais plutôt de remplacer une drogue dure par une autre qui serait plus « soft » et préserverait l'Atmosphère de la Planète.

Alors que le problème n'est pas de remplacer une drogue par une autre, mais bien de combattre notre addiction à l'énergie, quelle qu'elle soit.

Les nouvelles énergies, qui sont supposées résoudre tous les problèmes liés aux émissions excessives de CO2 et au sevrage prochain d'énergies fossiles, sont auréolées d'une réputation dont personne ne s'est préoccupé de vérifier les retombées, le seul CO2 restant la préoccupation obsédante.

Or, des retombées, il y en a.

L'appétit d'énergie de la Planète est tel que la consommation de fossiles ne pourra diminuer que dans la mesure de la disponibilité des énergies nouvelles décarbonées.

Pendant encore plusieurs décennies, ces énergies nouvelles suffiront à peine à alimenter la croissance de la demande globale, et il faudra faire face à une demande encore très forte d'énergies fossiles.

Le pétrole et le Gaz, dont les réserves disponibles sont en diminution, feront l'objet d'une « guerre » pour s'approprier les gisements encore exploitables et en ouvrir de nouveaux.

( Nous en voyons déjà les prémisses actuellement...).

La transition énergétique est aujourdhui essentiellement basée sur la production d'énergie électrique.

Cette production devra supporter trois demandes complémentaires :

- La conversion à l'électricité dans les applications existantes : transports, chauffage avec pompe à chaleur, applications de chaleur industrielle, etc.

- L'alimentation en électricité des nouvelles applications dans les communications, le stockage de données, le développement de l'Iot ( Internet des objets ), etc.

- Et bien sûr la fabrication sur place, et la distribution de cette électricité décarbonée qui, contrairement au pétrole ou au gaz, ne peut pas être importée par bateau !!!

La plupart de ces applications nouvelles font une large utilisation des « terres rares », qui vont constituer dans un avenir proche un important sujet de rivalités féroces entre les puissances industrielles*.

Les signes précurseurs de cette prochaine guerre sont déjà perceptibles aujourd'hui.

*( D'autant plus que ces terres rares sont devenues stratégiques de part leur utilisation dans tous les dispositifs de la guerre moderne, ce qui rend leur commerce extrêmement sensible dès lors que leur utilisation finale devra être soigneusement contrôlée, mais comment ?

Une nouvelle guerre de colonisation se profile, à la fois pour mettre la main sur les dernières ressources fossiles, et sur les terres rares et leur raffinage.

Pour approfondir le sujet, lire :

« La guerre des métaux rares » de Guillaume Pitron.

La transition énergétique ne sera donc pas un long fleuve tranquille.

Une raison de plus de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier, et de se souvenir que les biocarburants et les carburants de synthèse sont une solution alternative qui permettrait de contourner le problème des terres rares, et de servir des marchés non compatibles avec l'électricité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 janvier 2026 1 05 /01 /janvier /2026 10:36

La voiture électrique et la guerre du cuivre.

5 Janvier 2026

Le développement de la voiture électrique est inéluctable.

Les contrariétés actuelles qui freinent son expansion ne sont que des obstacles naturels qui seront écartés ( en partie ) par les progrès de la technologie.

Le VEB ( Voiture Electrique à Batterie ) prendra une part significative du marché mondial automobile, qui s'élève aujourd'hui à environ 1 500 millions de véhicules ( VEB + VUL ).

( Conquérir la totalité de ce marché n'est pas envisageable raisonnablement avant plusieurs décennies ).

Aujourd'hui l'obstacle à l'expansion du VEB est double :

- D'une part la batterie, pour les raisons que l'on sait. Sans maîtrise de la technologie des batteries et de l'approvisionnement des matériaux indispensables, il est impossible de figurer comme leader mondial sur ce marché.

- D'autre part la pénurie d'électricité décarbonée, sans laquelle le passage à la voiture électrique n'aurait pas de sens pour des raisons évidentes.

( De très vastes régions demeurent dépourvues de réseau électrique décarboné suffisamment dense et puissant pour supporter un parc de véhicules électriques ).

A ces deux obstacles, vient s'ajouter un troisième, imprévu bien que prévisible, qui est le vol du cuivre dans les stations de recharge.

La recherche d'une autonomie comparable à celle des thermiques, et d'un temps de recharge raisonnable conduit à des puissances de charge qui frisent le Mégawatt.

( Une batterie de 50 kWh se recharge de 10% à 80% en 20 minutes environ sur une borne rapide de 100 kW.

Mais pour recharger une batterie de 150kWh en moins de dix minutes, il faut une borne rapide de plus de 500 kW ).

Pour véhiculer de telles puissances dans des câbles dont l'échauffement doit être limité pour des raisons de sécurité et de rendement énergétique, il faut utiliser beaucoup de cuivre.

D'une façon générale, l'électrification du monde fait appel à des quantités considérables de cuivre, dont les cours s'envolent.

Les vols de cuivre ont augmenté pour servir cette demande, et les câbles de recharge des voitures électriques sont des proies faciles, la plupart des bornes étant d'accès libre sans surveillance particulière.

( La vidéosurveillance n'est pas efficace si elle ne s'appuie pas sur une capacité d'intervention policière dans un délais rapide. Il ne faut qu'une ou deux minutes pour couper un câble à la disqueuse ...).

Que ces déprédations soient dus à des vols ou à la malveillance, ils constituent un surcoût important pour les exploitants des bornes, et une gène pour les usagers qui souhaitent programmer leurs trajets en fonction de la disponibilité des bornes.

Encore un caillou dans la chaussure du programme d'électrification de la voiture.

Le remède à ce nouveau fléau n'est pas évident.

On pense évidemment à la recharge par induction, mais la technique n'est pas encore au point, et le coût de l'installation sera notablement plus élevé.

Le vol de câbles représente déjà pour la SNCF un budget important et requiert une surveillance et des équipes d'intervention dont le coût, bien que supportable par une structure très importante, peut avoir un impact sur le résultat.

La même nuisance, sur le réseau de rechargement des batteries de voitures, entraînerait un surcoût de nature à freiner l'expansion du réseau.

( Le coût de remplacement et de perte d'exploitation est dissuasif pour l'exploitant.

De nombreuses études sont en cours pour mettre au point un dispositif de protection des câbles contre le vol.

Ce nouveau problème peut avoir une influence négative sur l'expansion du réseau de bornes de recharge rapide, qui sont équipées d'un câble à poste fixe.

Ce problème, pour le moment relativement contingent, peut constituer un frein ( encore un ) à l'expansion des VEB s'il n'y est pas porté remède de manière durable.

 

 

 

 

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23 décembre 2025 2 23 /12 /décembre /2025 11:22

L'hybride sorti du purgatoire, et maintenant on fait quoi ?

23 Décembre 2025

Le couperet de 2035 signant le « bon à tuer » du moteur thermique en Europe pour 2035 et ouvrant toute grande la porte aux concurrents chinois, a enfin fait l'objet d'une remise de peine qui laisse entrevoir une amnistie et une possibilité de maintenir en vie les moteurs thermiques au-delà de 2035.

Bien sûr ces moteurs thermiques ne seront tolérés qu'à condition de respecter un certain nombre de critères :

Ils devront respecter les seuils d'émissions de CO2, et/ou utiliser un carburant décarboné ou à carbone recyclable, et/ou être produits avec de l'acier bas carbone, et probablement d'autres critères non encore précisés.

Tout ce qui n'est pas pur électrique à batterie ( VEB ) entre dans la catégorie des Hybrides (HEV), laquelle va devenir famille nombreuse tant sont variées les solutions envisagées par les uns et les autres .

Depuis l'Hybride pur PHEV ( Plug-in Hybrid Electric Vehicle ) qui peut fonctionner indifféremment à l'électricité ou avec un carburant (décarboné ) et équipé d'une batterie de taille moyenne mais confortable ( plusieurs dizaines de KWh ) , mais très onéreux ….

Jusqu'au EV équipé d'une batterie modeste ( # 30 kWh ), mais affublé d'un « range extender » thermique, à définir,

toutes les solutions intermédiaires sont imaginables et seront proposées sur le marché.

Et pourquoi pas le thermique seul avec un carburant décarboné ? Car après tout le véritable ennemi à combattre, c'est bien le CO2 d'origine fossile, pas nécessairement le moteur thermique...

(Les émissions de CO2 fossile ne sont pas très différentes entre une thermique à pétrole et une électrique à batterie dont la batterie est chargée avec une électricité provenant d'une centrale à pétrole ou au charbon, comme il y en a encore une majorité dans le monde...).

On en arrive ainsi à cette histoire de carburants décarbonés ou à carbone recyclable.

Les aviateurs ont viré leur cuti depuis longtemps, qui ont cessé de rêver à un Airbus électrique* et ont lancé un vaste programme de développement de carburants décarbonés pour l'aviation.

*( Ce qui n'empêchera pas de développer une aviation légère à motorisation électrique entre les drones et les petits avions de tourisme et d'affaires ).

Ces types de carburants décarbonés seront également indispensables pour les transports lourds routiers et maritimes où l'emploi d'énormes batteries trouvera vite ses limites.

Alors, pourquoi en exclure à priori les véhicules légers, compte tenu de la difficulté d'étendre le tout électrique aux mille cinq cent millions de VP + VUL qui sillonnent la Planète ?

Les énormes batteries de 150 kWh, indispensables pour offrir à ces véhicules une autonomie décente, sont un piège dans lequel nous risquons de tomber si nous persistons dans la course entreprise avec le double handicap du retard dans le développement de cette technologie de pointe, et de notre dépendance aux matériaux spécifiques nécessaires.

La prochaine décennie sera donc très riche en nouveaux modèles de voitures avant d'arriver à converger vers les solutions qui feront l'essentiel du marché d'après 2035.

Quant aux éventuels carburants décarbonés ou à carbone recyclable, leur histoire ne fait que commencer, nous en suivrons les péripéties avec grand intérêt.

La production mondiale annuelle de pétrole s'élevait en 2024 à environ 35 000 millions de Barils.

Dans le même temps, la production de biocarburants était de l'ordre de 2 millions d'équivalents barils.

On mesure l'ampleur de la tâche...

Le secteur des VP+VUL , estimé à 1,5 Milliards d'unités, consomme environ 5 000 millions de barils sur la base classique de 12 000 km par an et 7 litres au 100 km.

Celà fait beaucoup de barils au regard des 2 millions de barils de biocarburants produits annuellement aujourd'hui.

Si les biocarburants et/ou les carburants de synthèse sont utilisés dans les modèles de voitures hybrides, il va falloir booster leur niveau de production car il faudra produire non pas 2 millions de barils, mais beaucoup, beaucoup plus...

Qui les produira, où, et à quel prix ?

( Il n'y a pas de plan de production de telles quantités de biocarburants dans le PPE 3...

https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/20200422%20Programmation%20pluriannuelle%20de%20l%27e%CC%81nergie.pdf

Voir p 95 .

Mais ceci peut changer pour tenir compte de la nouvelle position de Bruxelles relativement aux moteurs thermiques d'après 2035).

Sans parler bien entendu des besoins de l'aviation civile et des transports routiers et maritimes...

Les carburants de substitution du pétrole sont ainsi appelés à sortir de l'ombre et à occuper une place aussi importante que celle de l'électricité.

D'autre part, la généralisation de la voiture électrique à batterie n'a de sens que si l'électricité est elle-même décarbonée, ce qui est encore très loin d'être le cas dans le monde ( 40% en 2024 ).

( L'exemple de la France n'est pas représentatif du monde...).

L'empreinte carbone du VEB doit inclure le CO2 émis par la centrale électrique qui fournit l'énergie électrique à la batterie.

Tant que cette équation restera à somme quasi nulle, le CO2 atmosphérique n'aura aucune raison de baisser grâce aux voitures électriques.

Remplacer les voitures thermiques par des électriques à batteries revient bien souvent à brasser de l'air pour un résultat final décevant sur la baisse du taux de CO2 atmosphérique.

Bien malin qui pourra prétendre à décrire la physionomie du marché automobile après 2035.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 décembre 2025 3 17 /12 /décembre /2025 18:26

Les carburants décarbonés, un mal nécessaire ?

17 Décembre 2025

La transition énergétique est donc le passage obligé pour aborder les prochains siècles avec une bonne chance de maintenir la civilisation des machines en état de soutenir dignement l'expansion démographique annoncée.

Il n'y a pas d'alternative.

A la fois pour remplacer les fossiles dont les réserves s'amenuisent, et pour stopper la détérioration de l'Atmosphère de la Planète sous l'effet du CO2 émis par la combustion de ces fossiles, il est devenu indispensable de remplacer le trio Charbon-Gaz-Pétrole par des sources décarbonées ou à carbone recyclable, et ceci dans les délais les plus courts possibles.

Les candidats au remplacement sont connus depuis longtemps :

Hydroélectricité, Geothermoélectricité, Hélioélectricité, Eoliennes, Solaire photovoltaïque, Electronucléaire, qui produisent essentiellement de l'électricité.

Ils sont déjà utilisées pour produire une partie de l'électricité utilisée dans le monde.

Mais cette énergie ( électrique décarbonée ) ne contribue encore que pour une faible part à la consommation mondiale d'énergie.

Aujourd'hui, ces sources d'électricité décarbonée représentent environ 13 % de la consommation mondiale totale d'énergie.

Le reste des besoins énergétiques est couvert par les fossiles ( y compris la moitié des besoins en électricité.

( L'électricité, toutes sources confondues, atteint environ 25% de la consommation mondiale d'énergie, 13% renouvelables décarbonés, et 12% fossiles).

Cette modeste contribution, 13%, après déjà plus d'un quart de siècle d'efforts dans la promotion des sources décarbonées, montre à l'évidence que la tâche sera difficile pour évincer les fossiles de leur position de maîtres du « jeu ».

Quo non ascendet ?

Electrifier tous les besoins énergétiques de la Planète, et qui plus est, avec une électricité décarbonée, est une illusion.

Les prévisionnistes « raisonnables » considèrent qu'un objectif de 50/50 pourrait être une bonne base pour l'évaluation des développements à mettre en œuvre.

Mais définir des objectifs en pourcentage n'a pas de sens si l'on ne précise pas pourcentage de quoi.

Une part très importante de la transition énergétique sera consacrée à la réduction des pertes grâce à

une meilleure utilisation de l'énergie, une rationalisation des procédés et des usages, l'usage de la cogénération, etc, qui permettront de contenir les besoins d'énergie.

Des sources d'énergie décarbonées ou à carbone recyclable devront être utilisées pour certaines applications « non électrifiables » mais cependant essentielles :

Les transports lourds terrestres, maritimes et aériens.

Les installations de production d'électricité pour compenser l'intermittence des renouvelables.

Les générateurs électriques de secours en support des réseaux électriques.

Certains engins de chantiers.

Certains processus industriels.

Qu'ils soient d'origine Bio, ou de synthèse, ces combustibles pourront constituer des solutions de remplacement des fossiles dans les applications non convertibles à l'électricité.

Biogaz, biocarburants, biomasse solide, liquide ou gazeuse, carburants de synthèse, auront un rôle important à jouer déjà d'ici 2050, et probablement après, notamment si l'existence des ressources d'Hydrogène naturel est confirmée en tant que flux de débit compatible avec les besoins...

Concernant le remplacement du pétrole dans les voitures, il n'est donc pas déraisonnable d'envisager de recourir bien sûr à l'électricité décarbonée, mais aussi à des solutions à base de carburants bio ou de synthèse.

On peut objecter que ces carburants n'existent pas encore ou, s'ils existent, c'est dans des versions pas tout à fait conformes aux besoins ; mais ils sont en évolution et les carburants de synthèse suivront.

Et qui peut affirmer que l'électricité décarbonée est disponible partout dans le monde ?....

Ce conflit électrique versus thermique est un peut l'histoire de l'aveugle et du paralytique...

A deux, c'est toujours mieux...

La Commission Européenne vient cette semaine de lâcher du lest et d'ouvrir (un peu) la porte au système hybride, qui peut être la bouée de sauvetage pour le cas où le système à batterie seule se révélerait insuffisant pour couvrir la totalité des besoins.

 

 

 

 

 

 

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15 décembre 2025 1 15 /12 /décembre /2025 16:15

Petit bilan de la lutte contre les émissions de CO2

15 Décembre 2025

 

Loin du tintamarre permanent entretenu autour des émissions de CO2 responsables du changement climatique, et des mesures drastiques que nos dirigeants s'engagent tous les ans à mettre en œuvre pour mettre un terme à cette menace, il n'est pas inutile de faire un point de la situation.

Le graphique ci-dessous donne l'évolution des émissions mondiales de CO2en faisant la part de ce qui est dû aux pays de l'OCDE et les autres.

 

Petit bilan de la lutte contre les émissions de CO2

En dépit des campagnes mondiales d'incitation à la modération, il est facile de constater que la croissance des émissions de CO2 a été ininterrompue jusqu'à présent, et avec un taux de croissance imperturbablement maintenu à 2% par an en moyenne, et sans tendance marquée à la modération durant les vingt dernières années, les plus marquées par les campagnes d'incitation à la retenue.

Ce résultat est alarmant puisqu'il démontre que les méthodes employées pour faire baisser les émissions de CO2 mondiales n'ont eu aucun effet, sinon celui de reporter une partie des émissions des pays de l'OCDE sur les pays hors OCDE. Or l'effet de serre concerne l'ensemble du globe terrestre, faut-il le rappeler.

Faut-il s'en étonner ?

Le CO2 est émis essentiellement par les combustibles fossiles. La croissance mondiale de leur consommation suit évidemment la courbe du CO2 atmosphérique, le contraire serait surprenant.

Et ceci malgré l'épuisement annoncé de ces sources fossiles, annonces aussitôt contredites par la découverte de nouveaux puits ou de nouvelles méthodes d'extraction.

Cette apparente indifférence aux avertissements de la communauté scientifique tient principalement à la distorsion temporelle qui existe entre le temps des scientifiques, le temps des industriels, et le temps des financiers.

Les scientifiques se préoccupent de l'évolution du climat du 22è siècle, alors que les industriels se préoccupent du chiffre d'affaire du mois prochain, tandis que les financiers ne s'intéressent qu'au taux d'actualisation et au rendement du placement pour les vingt ans à venir.

 

Si l'industriel se met à fabriquer des produits qui ne seront vendables que dans trois décennies, il n'ira pas bien loin avant de déposer le bilan.

 

Abandonner les combustibles fossiles coûte très cher ; le passage de la voiture thermique à l'électrique est un bon exemple du bouleversement qui en résulte.

 

Le monde de demain ne pourra pas être 100% électrique ; une grande partie des « machines » ne pourront pas utiliser l'électricité, mais on ne sait pas bien encore lesquelles.

Il faudra donc développer des carburants décarbonés pour remplacer le pétrole. Mais ces carburants impliquent des investissements de recherche et développement, avec beaucoup d'incertitude sur la faisabilité et le coût, donc de gros risques financiers.

 

Et pourtant, de réels efforts ont été déployés, et le sont toujours, pour réduire l'empreinte carbone, mais les résultats sont aussitôt compensés par la croissance de la population mondiale, et par la mécanisation des contrées autrefois désertés par le « progrès ».

 

L'électricité, qui doit représenter au moins 50% de l'énergie future, est encore à 80% produite à partir des fossiles, c'est le serpent qui se mord la queue.

Les 440 réacteurs nucléaires actifs dans le monde ne suffisent pas à compenser la croissance de la demande, l'ère des grands barrages hydroélectriques est passée en Europe, et les énergies renouvelables peinent à répondre à la demande toujours plus forte.

 

Les chiffres présentés par les pays de l'OCDE montrent l'apparence d'une maîtrise des émissions de CO2, avec une tendance à la baisse.

Mais cela cache la réalité des transferts de productions de CO2 vers des pays tiers, qui voient leurs émissions de CO2 croître et annuler les gains apparents de l'OCDE.

Balancer ses propres déchets par dessus la clôture du voisin n'a jamais conduit à un bon voisinage.

 

La mutation vers les énergies décarbonées requiert à minima une coopération des Etats, ce qui n'est évidemment pas le cas actuellement. Les querelles byzantines autour de l'accroissement de la température qui serait, ou pas, tolérable à la fin du siècle, ne peuvent déboucher que sur des « décisions » inapplicables.

 

On peut se consoler en remarquant que les 2% annuels de croissance des émissions de CO2 auraient pu être pire, et que le pire a pu être évité jusqu'à présent.

Mais 2% par an, cela fait 4,4 fois plus de CO2 à la fin du siècle...

 

La corrélation entre le taux de CO2 atmosphérique et la température de l'Atmosphère est une relation très complexe dont on pourra trouver une analyse dans les rapports du GIEC.

Sans prendre partie bien entendu, il faut signaler qu'il existe un courant de pensée qui remet en question l'influence du CO2 atmosphérique sur la température de l'Atmosphère. Ce mouvement a une certaine influence, même à un niveau de décision. On peut penser qu'il n'est pas étranger aux modestes résultats obtenus jusqu'à présent.

 

 

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