La voiture électrique, tête de turc de la transition énergétique ?
17 Février 2025
Une fois la transition énergétique décidée, et compte tenu de la part significative ( 18 % ) des énergies renouvelables décarbonées ou à carbone recyclable dans la consommation mondiale d'énergie, il devenait important de donner corps à la phase d'adaptation des « machines » à ces nouvelles sources d'énergie, tout en observant une certaine prudence car, comme dirait l'autre, « 18% ce n'est pas grand'chose.. ».
( Il existe cinq sources d'énergie renouvelable directement exploitables :
Le rayonnement solaire, exploitable directement sous forme de chaleur, ou indirectement sous forme de Biomasse, ou encore sous forme d'électricité grâce à l'effet photovoltaïque.
L'énergie interne du système atmosphérique, dont on peut exploiter l'énergie cinétique grâce aux éoliennes, et/ou l'énergie thermodynamique grâce à des systèmes appropriés.
L'énergie interne des océans , les mouvements de la houle, les courants, les différences de températures.
L'énergie potentielle des eaux de surface grâce aux barrages.
L'énergie interne du Globe terrestre, directement exploitable sous forme de chaleur (Géothermie), ou indirectement par :
L'énergie de désintégration de certains corps présents dans le sous-sol.
Et une éventuelle source d'Hydrogène naturel dont l'existence a été démontrée récemment, mais dont la pérennité demeure encore à confirmer .
A partir de ces sources « naturelles », on peut reconstituer du carburant synthétique, par exemple en combinant du carbone, obtenu à partir du CO2 atmosphérique, avec de l'Hydrogène naturel ou issu de l'électrolyse de l'eau.
Parmi toutes ces voies exploitables, il en est deux qui posent problème :
- La Biomasse, dont l'exploitation énergétique mal contrôlée peut entrer en conflit avec les cultures vivrières et/ou la pérennité du couvert forestier, et déséquilibrer le bilan CO2 de l'Atmosphère si l'on n'y prend garde. Un dérèglement de l'Albedo de la Planète pourrait en résulter, avec des conséquences dramatiques pour le climat.
En clair le remède serait pire que le mal...
- L'énergie Nucléaire, dont le danger mal maîtrisé peut avoir les conséquences que l'on connaît hélas déjà. Sa dissémination ne pourra qu'augmenter ce risque.
Il sera cependant difficile de s'en passer, eu égard au caractère intermittent des énergies solaires et éoliennes dont le développement est bien engagé.
L'utilisation de ces deux voies à problèmes devra être particulièrement encadrée pour éviter tout débordement ).
La forme d'énergie renouvelable obtenue à partir de ces différentes sources naturelles est majoritairement de l'électricité :
Eoliennes, Hydroliennes, turbines houlomotrices, Panneaux solaires, Electronucléaire, Hydroélectricité, Solaire à concentration, Centrales électriques à Biogaz, Géothermie profonde, produisent de l'électricité.
L'électricité sera donc la forme dominante qui distribuera l'énergie du futur.
es « machines » qui utilisent déjà de l'électricité ne seront pas concernées par la transition énergétique*, seules sont concernées celles qui fonctionnent aujourd'hui avec des fossiles.
*( Sauf pour améliorer leur rendement, comme remplacer les radiateurs électriques à effet Joule par des pompes à chaleur...Ou les appareils de cuisson à résistances par des plaques à induction...)
Tous les secteurs sont concernés :
1- Le secteur de la production électrique : les centrales à charbon, à Gaz naturel, ou au fuel, qui fournissent encore une grosse majorité de la production électrique mondiale.
2- Les transports : Routiers, maritimes, aériens, qui utilisent essentiellement des carburants pétroliers ( à l'exception des chemins de fer ), et les engins de chantiers.
( Rappelons que l'alimentation électrique de secours des centrales nucléaires est fournie par des groupes électrogènes alimentés au fuel ...Il en est de même pour toutes les installations électriques critiques : Hôpitaux, Data centers, etc..
Signalons aussi, pour l'anecdote, que le navire « Thalassa » de l'IFREMER est équipé d'une propulsion électrique, et que son électricité est produite par trois énormes groupes électrogène alimentés au fuel...Chassez le pétrole, il revient au galop...).
3- La production de chaleur basse et moyenne température, dans l'industrie, la chimie, l'agriculture, l'artisanat, le commerce, le bâtiment, le secteur tertiaire, etc...
4- L'industrie : métallurgie, pétrochimie, plasturgie, cimenteries, etc.
Le secteur de la production électrique est évidemment le premier à « traiter », puisque c'est principalement lui qui doit fournir l'énergie de transition.
( On imagine mal remplacer une machine thermique fonctionnant au fuel par une machine électrique dont électricité serait fournie par une centrale au fuel ou au charbon !!! ).
Ce secteur doit donc être prioritaire dans la liste.
En 2024, l'électricité renouvelable représente 36% de la production mondiale d'électricité.
C'est encore trop faible pour convertir à l'électricité des « machines » fonctionnant aujourd'hui avec des fossiles.
La croissance de la demande d'électricité verte ne doit pas dépasser sa production, sous peine d'encourager le recours aux fossiles, ce qui serait le contraire du résultat recherché.
La décision d'électrifier à marche forcée le secteur des véhicules légers ( VP + VUL ) peut se révéler contre-productive, à un moment où l'électricité verte est encore très loin d'avoir atteint une part majoritaire de la production électrique mondiale.
Un afflux prématuré de demande électrique pour les voitures risque d'entraîner la construction de nouvelles centrales brûlant des fossiles.
( D'autant plus qu'il faudra bien compenser l'intermittence des renouvelables, ce qui est obtenu grâce à des centrales à Gaz...Et d'où vient ce gaz ? ).
Les émissions mondiales de CO2 de l'ensemble (VP + VUL) ne représentent mondialement que 12% des émissions de CO2 des fossiles.
Le choix de les électrifier n'a donc pas été motivé par l'urgence d'intervenir sur ce paramètre.
Le choix a porté sur l'automobile pour d'autres raisons :
- L'implication directe des citoyens dans la transition énergétique.
- La visibilité : plus de un Milliard de véhicules de par le monde convertis aux énergies nouvelles, cela constituera une vitrine irremplaçable pour la promotion anti-pétrole.
- La suppression des émissions de gaz d'échappement toxiques qui deviennent une calamité dans les agglomérations.
- Enfin, l'économie d'énergie réalisée en passant à l'électrique, qui sera un exemple à suivre pour les autres secteurs concernés.
Il fut ainsi décidé que cette mutation se fera dans les meilleurs délais, dès 2035 pour l'Europe.
D'un commun accord il fut admis que les quelques problèmes subsistants seront rapidement résolus et n'entraveront pas l'essor du programme.
( Le problème de la batterie, déjà connu, fut considéré comme secondaire et non susceptible d'entraver le projet...).
Il est vrai que, pour un observateur peu au fait des problèmes technologiques, quoi de plus simple que le remplacement d'un moteur thermique par un moteur électrique ?
Du même coup on divise pas trois la consommation d'énergie, et on supprime les émissions de CO2 et les émissions polluantes associées.
Quant aux investissements nécessaires, ils seront vite compensés par les bénéfices réalisés puisque, c'est bien connu, une motorisation électrique est beaucoup plus simple qu'une thermique, donc moins chère, CQFD.
( On a vu le résultat de ce raisonnement simpliste...)
Les bureaux d'études sont donc partis, comme un pet sur une toile cirée, pour développer cette auto électrique qui montrera le chemin de la transition énergétique.
Il faut dire, à leur décharge, qu'ils ont été fortement encouragés par les promesses des fabricants de batteries au Lithium, ce nouvel avatar du stockage de l'électricité étant, au dire des « experts », la panacée tant attendue par la profession.
Certes de grands progrès ont été accomplis dans le domaine des batteries, mais les transports sont encore hors de portée, sauf les bicyclettes, les trottinettes, et quelques véhicules d'utilité locale.
Il existe un marché pour des véhicules électriques d'usage local et/ou de seconde voiture. Il peuvent se satisfaire d'une batterie de 30 kWh largement suffisante pour ces usages.
Il existe également un marché pour les voitures hybrides pouvant offrir les mêmes possibilité qu'une thermique tout en satisfaisant à la réglementation ZFE.
Mais l'électrique pure de milieu de gamme, qui devra embarquer une batterie de 150 kWh pour obtenir une autonomie de 6 ou 700 km n'est pas encore à la portée de la technologie des batteries actuelles, surtout dans les domaines de prix attendus.
Il nous reste à espérer que ce problème à cinq variables : Capacité, Poids, Puissance, Coût, Cahier des charges, recevra une solution avant 2035*, et si possible avant les chinois qui, eux, semblent avoir compris que le premier arrivé aura gagné le jack-pot.
* Ou tout autre date à la discrétion de Bruxelles, qui devra bien tenir compte des réalités.
On peut également espérer que les clients deviendront plus raisonnables et accepteront enfin d'acheter, plus cher, des voitures dont l'autonomie fantaisiste les contraindra à une gymnastique intellectuelle permanente pour éviter la panne sèche.
( La médaille de Saint Christophe sera livrée avec la voiture... )
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