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20 octobre 2023 5 20 /10 /octobre /2023 10:58

 

L'Hydrogène naturel, on aura mis le temps...

20 Octobre 2023

Dans notre article du 15 Avril 2014 ( presque dix ans déjà ) nous évoquions le triste sort de l'Hydrogène naturel, alors rangé au magasin des élucubrations de cerveaux dérangés, au même titre que les OVNIS ou le monstre du Loch'ness.

Sans préjuger du sort futur de Nessie ou des ufos, triangulaires ou pas, nous devons aujourd'hui rendre hommage à tout ceux qui ont continué à œuvrer malgré les sarcasmes pour tenter de donner une consistance à cette nouvelle source d'énergie.

D'abord cantonné dans les curiosités géologiques en tant qu'émanations sporadiques des dorsales océaniques, donc parfaitement inexploitable, l'hydrogène naturel fut tiré de l'incognito par le chercheur Alain Prinzhofer qui tenta d'y intéresser les grandes compagnies, sans grand succès au début.

Mais de même que le mouvement se prouve en marchant, un homme seul, Monsieur Aliou Diallo, découvrit au Mali une source naturelle de H2 qu'il mit en exploitation en 2012 et qui fonctionne depuis à la satisfaction des populations de Bourakébougou.

( https://larevuedestransitions.fr/2019/07/05/lhydrogene-naturel-a-bourakebougou-une-curiosite-scientifique/ )

Il devenait dès lors difficile de cacher la poussière sous le tapis, le risque était grand de rater une possible occasion de sauver la transition énergétique actuellement dans une passe difficile.

Bon gré mal gré, Les « grands » se sont décidés à « y aller voir » de plus près, et ils ont vu.

On peut regretter d'avoir perdu dix ans, mais l'important est que le bon sens a triomphé des préjugés.

( En fait les recherches se poursuivaient bien sûr, mais sans grand tapage car le risque était grand d'être accusé de salir son image dans des travaux futiles, voire de gaspiller l'argent des actionnaires qui s'accommodent fort bien du pétrole et du Gaz...)

Grâce peut-être à Monsieur Diallo, on constate aujourd'hui une grande activité dans la recherche des sites possiblement émetteurs, le but étant d'évaluer le potentiel, de comprendre l'origine du Gaz, de préciser sa nature de réserve ou de flux, de mettre au point des méthodes de captation, bref, le grand jeu.

L'Hydrogène naturel a conquis droit de cité et peut désormais s'afficher sans risque de subir les sarcasmes des bien-pensants de l'énergie, il peut même arborer le drapeau Blanc dans la classification des sources décarbonées.

( Il faudra cependant attendre quelques années pour savoir s'il s'agit du « jack pot » ou d'un pétard mouillé...).

Dans la double perspective d'épuisement des réserves fossiles et de la nécessité de réduire rapidement les émissions de CO2 ( qui sont deux problèmes différents mais liés ), l'Hydrogène naturel fait figure de Père Noël :

Ce gaz provient de l'eau contenue en masses énormes dans le manteau terrestre, sous forme du radical OH qui libère son Hydrogène dans un grand nombre de circonstances géologiques et chimiques dans le manteau où règnent des conditions de température et de pression favorables, ce qui laissent présager l'existence d'un flux intense et, localement, de réserves substantielles.

( Il peut être également parfois naturellement associé à du Carbone pour donner du pétrole ou du Gaz, ce qui n'est pas forcément ce qu'on cherche, quoique diront certains...Voir avec Monsieur Diallo.

De là à parler de pétrole abiotique...Coucou le revoilou ).

L'Hydrogène est bon à tout faire :

- C'est un gaz décarboné, sa combustion ne produit que de l'eau.

- Sous réserve de confirmation, il existe sous forme de flux, et pas seulement de réserves.

Ces deux caractéristiques sont très précisément celles qui font défaut aux fossiles.

La hotte de ce Père Noël inattendu contient quelques autres « cadeaux » :

- L'Hydrogène naturel peut évidemment prendre la place de l'Hydrogène « fossile » dans toutes les applications industrielles qui utilisent déjà ce gaz, et il y en a beaucoup.

- Il peut également participer à la mobilité décarbonée, soit à propulsion électrique avec pile à Hydrogène, soit directement avec des moteurs thermiques adaptés.

- Il est une solutions de stockage de l'énergie électrique, soit directement, soit par un processus chimique reéversible.

- Il pourra constituer une solution décarbonée pour la compensation de l'intermittence des renouvelables, et pourra être injecté dans le réseau de distribution ( Il l'est déjà dans certains secteurs jusqu'à hauteur de 20% à titre d'essais ).

- Il est également testé pour l'alimentation de turbines à gaz productrices d'électricité.

- Il pourra contribuer à synthétiser des e-fuel, une sorte de pétrole abiotique si le Carbone utilisé est pompé dans l'air.

Les grincheux trouveront que la mariée est trop belle, que tout cela cache un monceau de problèmes, que les quantités extraites ne seront pas significatives, que l'Hydrogène n'est pas transportable, que son utilisation est dangereuse, et que, et que...

La plupart, pour ne pas dire toutes, des études prospectives sur la pertinence de la filière Hydrogène en général, évitent soigneusement d'évoquer l'Hydrogène naturel, et se focalisent sur l'Hydrogène obtenu par électrolyse à partir de l'électricité renouvelable, ou par les procédés chimiques habituels, ce qui conduit évidemment à des conclusions négatives.

Si l'Hydrogène naturel se révèle une source crédible, ces études seront bien sûr caduques .

Quelles que soient les difficultés d'exploitation et de mise en œuvre de cette nouvelle source d'énergie décarbonée, qu'il ne faut pas nier, il serait déraisonnable de ne pas s'y intéresser, sauf à poursuivre des buts inavouables ( Les tenants de la décroissance par exemple ne voient pas d'un bon œil tout ce qui pourrait constituer un substitut des fossiles, notamment la fusion nucléaire et l'Hydrogène naturel...).

Les chiens aboient, la caravane passe, comme on dit là-bas...

 

 

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