Overblog Tous les blogs Top blogs Technologie & Science Tous les blogs Technologie & Science
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 18:42

23 Mai 2020

Le développement du marché de la voiture électrique à batterie (VE) passe par une phase de croissance contrariée susceptible de durer une décennie, voire davantage selon les solutions apportées, ou pas, aux problèmes d'autonomie, de batteries, de réseau de charge, de coût de production, de la concurrence du moteur thermique, de l'évolution de la réglementation, de la taxe carbone, etc.

Donc beaucoup d'obstacles à franchir pour l'épanouissement de cette technologie.

Dans cette phase de transition les constructeurs traditionnels sont confrontés à la nécessité de produire à la fois des véhicules thermiques et des véhicules électriques, en apportant aux uns et aux autres les nécessaires perfectionnements imposés par le durcissement des normes mondiales fixant des limites de plus en plus drastiques aux émissions de CO2, d'Oxydes d'Azote, de particules fines, de nanoparticules, d'hydrocarbures imbrûlés, et autres si affinité.

Ce challenge leur coûte très cher et se complique de la difficulté de promouvoir auprès des clients l'une ou l'autre des deux technologies en utilisant des arguments neutres, donc inefficaces.

En effet, comment promouvoir l'électrique sans mettre en balance les défauts du thermique, et vice-versa ?

La tâche des responsables de la promotion exige une certaine dose de schizophrénie et beaucoup de savoir-faire.

Difficile de marcher avec deux béquilles de longueurs différentes.

Le changement de portage technologique dans l'automobile est un jeu qui se joue à plusieurs :

Les constructeurs bien sûr, les fabricants de batteries, mais aussi l'Etat (les états) à travers leurs politiques de soutien ou de taxation, la Commission Européenne à travers les réglementations antipollution et la limitation des émissions de CO2, la taxe carbone, les Chinois et les asiatiques en général dont les initiatives s'appuient sur un marché intérieur colossal, les cours des produits pétroliers, les tarifs de l'électricité, et les usagers futurs clients qui, jusqu'à présent, ont encore le droit de choisir l'une ou l'autre technologie (Mais peut-être plus pour longtemps).

Durant plus d'un siècle, trois générations d'automobilistes ont pu apprécier les voitures à moteur thermique et en ont fait un marqueur social à qui l'on demande de véhiculer une image de luxe et de puissance.

Le luxe pour madame, la puissance pour monsieur diront les cyniques, qui n'auront pas tout à fait tort.

Il n'est que de souligner les arguments mis en avant pour promouvoir tel modèle de haut de gamme, essentiellement la puissance et les accélérations, pour comprendre que ces critères ne sont pas près de changer puisqu'ils ont été repris pour les modèles électriques de prestige..

Le temps réalisé pour monter de 0 à 100 km/h est devenu LE critère de classement dans le top 10, la puissance et la vitesse max tenant lieu de faire-valoir pour soutenir ce délire.

Cette folie s'est étendue au bas de gamme, toutes proportions gardées bien entendu car il faut bien s'adapter à tous les budgets.

Le graphique suivant en donne un exemple.

 

Vers une « realpolitik » de l'automobile ?

Le graphique présente la relation qui lie la puissance max et la vitesse max pour un modèle donné équipé de différentes motorisations thermiques.

Il s'agit ici de la Peugeot 208 équipée des différentes versions du moteur à essence 3 cyl/ 1,2 PureTech.

Les données sont celles du constructeur.

A, B,C, D, correspondent aux quatre versions de la Peugeot 208 .

On vérifie que, pour les versions à moteurs thermiques, la relation en question est une droite en coordonnées semi-logarithmiques.

La Peugeot 208 est un petit modèle plutôt d'entrée de gamme, qui est un exemple de cette surenchère sur la puissance et donc la vitesse max.

Les moteurs (thermiques) proposés à partir d'une même base fournissent des puissances de 50 à 100 kW, soit de 68 à 136 CV, et permettent des vitesses max de 175 à 200 kmh !

Sur le même graphique le point E est relatif à la 208 électrique en version 100 kW ; on constate qu'il ne suit pas la relation de proportionnalité puissance-vitesse max, il s'agit pourtant de la même voiture, seule la technologie moteur est différente ; nous expliquons plus loin cette anomalie.

Le point F concerne la Renault ZOE version 100 kW, pour comparaison.

Le graphique montre que, pour rouler à 130 km/h sur le plat et à vitesse constante, une puissance de 24 kW suffit pour une 208. Une puissance moteur de l'ordre de 40 à 50 kW serait donc amplement suffisante pour un usage normal du véhicule y compris sur autoroute.

La version 208 de 50 kW ( environ 70 CV) serait donc objectivement suffisante, même sur autoroute, puisqu'elle autorise une vitesse max de 165 km/h.

Et ceci est également vrai pour la même voiture, équipée cette fois d'un moteur électrique.

Or la 208 électrique est équipée d'un moteur de 100 kW, c'est-à-dire le double de ce qui serait réellement nécessaire pour aller sur l'autoroute.

Elle pourrait donc faire jeu égal avec la 208 thermique de 100 kW, et rouler à 200 km/h !

Mais sa vitesse est limitée à 150 km/h.

Les modèles électriques e-208 et Renault ZOE, tous deux équipés de moteurs de 100 kW, sont volontairement bridés à 130 et 150 km/h à la fois pour éviter les surrégimes moteurs dus à l'absence de second rapport de transmission, et pour préserver l'autonomie du véhicule.

La différence de vitesse max annoncée, 130 pour la ZOE, 150 pour la e-208, tient en grande partie à la différence de conception des moteurs :

Le moteur Renault est équipé d'un rotor à induction, c'est-à-dire bobiné, qui doit donc être alimenté par des balais frottant sur des anneaux conducteurs solidaires du rotor. Cette technologie permet d'éviter les aimants permanents qui utilisent des terres rares, mais n'est pas favorables aux régimes élevés du moteur et génère davantage de pertes Joule et de pertes Fer.

Le moteur Peugeot utilise un rotor à aimants permanents, contenant des terres rares, ne nécessitant pas d'alimentation extérieure, et donc permettant des régimes moteur plus élevés.

Or c'est le régime max du moteur* qui limite la vitesse max de la voiture puisqu'il n'y a qu'un seul rapport dans les deux cas.

* également le rapport de transmission et le diamètre des roues, qui permet de trouver le bon compromis entre Couple de démarrage et Vitesse max.

L'adoption d'une boîte de vitesses à deux rapports sur les voitures électriques est évidemment possible ( Voir Porsche Taycan), mais au prix d'une forte augmentation du coût.

On peut penser néanmoins que cette option sera adoptée dans un futur proche, au moins sur les modèles prétendant aller sur autoroute.

Il n'aura échappé à personne, du moins il faut l'espérer, que la vitesse sur les routes ouvertes à la circulation, ne doit en aucun cas dépasser 130 km/h en France et dans la majorité des pays.

(L'exception allemande est une survivance menacée  dont la raison (?) d'être est d'offrir un terrain de jeu aux acheteurs des véhicules de prestige (?) fort lucratifs pour les constructeurs).

Ces vitesse max de 175 à 200 km/h annoncées dans le catalogue pour la 208, ne sont strictement que des arguments destinés à flatter l'égo du futur acheteur.

Mais elles sont flatteuses pour le futur acheteur, jeune ou moins jeune, pour qui la vitesse demeure valorisante, même s'il s'agit d'un sentiment irrationnel.

(Les publicitaires savent que 80% de nos comportements d'achats (et biens d'autres comportements hélas) sont irrationnels; leur « art » consiste à nous persuader du contraire, et ils y réussissent for bien).

Or les moyens techniques mis en œuvre pour construire ces véhicules surpuissants et garantir la sécurité à ce niveau de performances coûtent très cher et plombent le prix final.

(Le coût d'un véhicule conçu pour rouler en sécurité à 180 ou 200 km/h (?) est très supérieur à celui d'un véhicule limité à 130 : il faut assurer la rigidité de la caisse, l'amortissement, le freinage, la tenue de route, la résistance des pneumatiques, et bien entendu la mécanique moteur, boîte et transmission).

D'autre part, le graphique ci-dessus qui reprend les données constructeur de la 208 montre que, pour rouler à 130 km/h avec ce véhicule, il « suffit » d'une puissance de 24 kW, et non pas de 50 ou 100.

(Cette valeur de 24 kW à 130 km/h se retrouve d'ailleurs sur des voitures électriques de classe comparable, notamment la nouvelle ZOE à moteur R 135 de 100 kW, pour laquelle une consommation de plus de 20 kWh/100 km a été mesurée sur autoroute à cette allure).

Une voiture électrique, même d'entrée de gamme comme la ZOE, consommera donc près de 20 kWh aux cent km à vitesse de 130 kmh, sur le plat et sans climatisation.

Avec une batterie 50 kWh utiles, son autonomie pratique* sera donc limitée à 200 km, ce qui est très loin des quasiment 400 km revendiqués au catalogue en référence aux tests sous protocole WLTP.

* Pratique veut dire avec quatre personnes à bord, la clim et éventuellement les feux, et bien sûr sans récupération d'énergie au freinage, et en gardant 5 à 10% de réserve d'énergie pour éviter la panne sèche sur autoroute.

L'indication de la jauge batterie à zéro ne coïncide pas forcément avec la présence d'une station de recharge disponible à proximité, est-il bien nécessaire de le rappeler.

A titre indicatif et sans garantie, voici les consommations rapportées par le magazine « L'automobile » pour la nouvelle ZOE R 135 :

Ville : 22,8 kWh/100 km

Route : 26,6 kWh/100 km

Autoroute : 34,5 kWh/100 km

Notons que 34,5 kWh correspondent à 3,5 Litres de super, ce qui correspond à un rendement remarquable.

Les performances de la ZOE confirment donc l'intérêt de la solution électrique.

Elles confirment également hélas les insuffisances de la technologie actuelle des batteries de traction.

Même si le rendement est excellent, on ne va pas bien loin avec une batterie de 50 kWh en consommant 35 kWh aux cent km ...

La ZOE pourrait rouler plus vite ; il « suffirait » de la doter d'une boîte à deux rapports, et de renforcer le châssis, la suspension, les freins, l'amortissement, et deux ou trois autres choses.

Le moteur R 135 de 100 kW suffirait, car celui de la 208 thermique (1,2 PureTech turbo) n'est pas plus puissant.

Mais lâcher la bride d'une ZOE 100 kW pour lui permettre de rouler à 160 ou 180 km/h comme la 208 thermique réduirait considérablement son autonomie puisque la consommation dépasserait largement 35 kWh aux cent km (voir graphique).

On pourrait certes remplacer la batterie de 50 kWh par une 100 kWh, mais à supposer que la technologie actuelle (et le coût) le permettent, l'autonomie resterait très inférieure à celle de la 208.

La tentative de porter les performances autoroutières de la voiture électrique au niveau de celles des modèles thermiques équivalents se heurte donc à une impossibilité technologique puisqu'il faut choisir entre l'autonomie et la vitesse max.

Le moteur thermique offre à la fois l'autonomie et la vitesse max, avec une bonne marge de sécurité tant sur l'autonomie (plus de 700 km), que sur la vitesse ( 175 à 200 km/h).

Même si la vitesse est un critère subjectif, elle demeure un facteur valorisant.

La devise « Citius, Altius, Fortius » demeure le mot d'ordre de notre société, et il n'est pas près de changer.

Ce « plafond de verre » qui bloque le déploiement de la voiture électrique fait le lit de la voiture hybride rechargeable, qui est une fausse réponse à un vrai problème.

Rappelons que, sur autoroute, l'hybride est essentiellement une voiture à moteur thermique. Il serait dommage que le marché de la mobilité électrique prenne ce chemin de traverse qui nous ramènerait au moteur thermique, celui-là même qu'on prétendait éliminer !!

Cette guerre entre les deux technologies est à court terme préjudiciable à une croissance rapide des ventes de VE, mais elle peut aussi être bénéfique à long terme car elle encourage les efforts de recherche et développement sans remiser le moteur thermique au placard, lui conservant tout son intérêt pour l'époque (?) où les biocarburants de troisième génération seront disponibles.

(On les oublie un peu ceux-là, bien à tort).

Certains constructeurs historiques ont choisi le camp électrique (Volvo, Renault en Chine) et déclarent abandonner le thermique, d'autres annoncent déjà l'abandon du diesel, c'est un premier pas en attendant les annonces décisives d'une réglementation excluant le moteur thermique ( à l'horizon 2040 ?).

Quels que soient les engagements des états sur la réduction des émissions de CO2, des décisions drastiques devront être évitées pour préserver l'économie du secteur déjà durement touché par les événements récents; C'est donc une « realpolitik » qui sera appliquée, et des arrangements avec la réglementation devront être négociés pour ne pas éliminer brutalement certains véhicules qui constituent encore aujourd'hui l'essentiel de la production automobile.

Le recours au forcing pour promouvoir l'électrique à coup de subventions a des limites que nous avons déjà évoquées ; les largesses de Bercy devront être réservées au colmatage des dégâts économiques du covid 19.

On pouvait déjà s'attendre à un certain chamboule-tout dans le secteur auto ; l'arrivée du virus risque de précipiter les choses, les annonces de Renault ne sont que les prémices de cet aggiornamento qui ne fera pas que des heureux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I

Partager cet article
Repost0
11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 18:12

Une boîte de vitesse pour la voiture électrique ?

11 Mai 2020

Un des avantages (économiques) de la voiture électrique à batterie réside dans la possibilité de se passer d'une boîte de vitesse et d'un embrayage grâce à la disponibilité du couple moteur dès la mise sous tension, sans attendre une montée en régime.

C'est un avantage économique non négligeable, mais qui comporte une contrepartie liée à l'apparition de pertes importantes aux hauts régimes de rotation nécessaires pour un trafic autoroutier normal .

Aux pertes joule classiques dues à la résistance des bobinages en cuivre, s'ajoutent les pertes par hystérésis et courants de Foucault dans les noyaux métalliques du stator et du rotor pour les modèles à induction.

La plupart des VE sont équipés de moteurs à courant alternatif triphasé synchrones à aimants permanents (PMSM), plus rarement à induction (IMSM), voir Renault Zoe, Tesla S).

Comme sur tous les moteurs électriques, le stator comporte des bobinages sur un noyau en tôles d'acier au fer doux créant un champ tournant. Le rotor peut être de deux types :

Un rotor à aimants permanents*, donc dépourvu de bobinage, ou un rotor à induction bobiné et donc alimenté pour créer le champ magnétique d'interaction avec le stator.

*Ce sont eux qui contiennent les fameuses terres rares.

Contrairement aux moteurs industriels courants qui utilisent l'électricité du réseau à 50 HZ, et tournent à quelques milliers de tours/min, le moteur du VE est alimenté par un onduleur à fréquence variable qui permet de varier le régime entre zéro et un maximum qui dépasse largement 12 000 tours/min.

( Prochainement 20 000 tr/mn, et des recherches sont menées pour obtenir des régimes encore plus élevés).

Les matériaux utilisés dans les stators et les rotors à induction, n'aiment pas les hautes fréquences. Ils sont le siège de pertes par hystérésis et courants de Foucault, dont la valeur croît lorsque la fréquence augmente, comme on peut le voir sur le graphique ci-après qui représente un cas moyen de moteur triphasé synchrone.

Le graphique ci-après représente le diagramme de fonctionnement d'un moteur triphasé synchrone de traction, avec les courbes iso pertes.

 

Une boîte de vitesse pour la voiture électrique ?

Les courbes iso-pertes sont au pas de 500 W ; on constate leur resserrement dramatique dans les zones de couple élevé ou de régime moteur élevé.

L'augmentation importante de ces pertes se traduit par deux phénomènes :

Augmentation de l'énergie calorifique à évacuer par le système de refroidissement, qui nécessite un sur dimensionnement du moteur et du système de refroidissement.

Diminution du rendement du moteur, qui se traduit par une réduction, souvent importante, de l'autonomie du véhicule.

De plus, le refroidissement du cœur du moteur devient très difficile et nécessite même parfois une circulation interne du fluide ; tout ceci entraîne des coûts supplémentaires et des risques de surchauffe avec détérioration notamment des aimants permanents du rotor.

La courbe A en pointillés représente le couple de résistance à l'avancement.

A 90 km/h il est de 24 Nm. Pour maintenir cette vitesse sur route plate il suffit donc que le moteur développe un couple équivalent, ce qui correspond à une puissance de 22,7 kW.

( P = 0,105 . C . N avec P en W, C en Newon.mètre, et N en tours/minute )

A cette vitesse le graphique nous indique des pertes de 1,25 kW environ, ce qui correspond à un rendement de 94,8 %.

A la vitesse de 120 km/h, le couple résistif est de 42 Nm, et donc la puissance requise est de 52,9 kW.

Les pertes en ce point de fonctionnement sont alors de 7 kW, ce qui conduit à un rendement de 88,3 %, soit une chute de 6,5% .

A ces pertes il faut ajouter celles qui correspondent à la zone de couple élevé sollicitée lors des accélérations du véhicule.

Ces phénomènes constituent un frein à l'usage de ces moteurs aux très hauts régimes de rotation atteints sur autoroute, la réduction drastique de l'autonomie n'étant que la partie visible d'un ensemble de déboires qu'il serait possible d'éviter en utilisant une boîte de vitesse à plusieurs rapports, comme sur les moteurs thermiques.

Notons au passage que Tesla résout (?) le problème sur la S en utilisant deux moteurs, ce qui est une solution pour le moins onéreuse, interdite à monsieur tout le monde.

Un exemple de « vraie » boîte deux rapports sur un VE est la Porsche Taycan, mais qui n'est pas un véhicule de grande diffusion.

Pour un marché plus large, la société ZF a développé une boîte à deux rapports pour véhicules électriques de grande diffusion, susceptible de supporter jusqu'à 250 kW avec le couple associé.

L'option deux vitesses entraîne un coût supplémentaire, mais en contrepartie apporte des avantages non négligeables :

Possibilité de proposer des vitesses « autoroutières » tout en maintenant la consommation dans des limites raisonnables et sans nuire aux capacités d'accélération sur le premier rapport.

Accroissement de l'autonomie réelle avec un comportement autoroutier « normal ».

Pour le constructeur, une meilleure maîtrise des pertes moteur signifie une moindre surcharge thermique de tous ses éléments et donc plus de marge sur les composants et sur le système de refroidissement, et donc sur le coût, ce qui devrait compenser en partie le coût supplémentaire de la boîte.

De plus, un système à deux rapports permettra au logiciel de choisir le meilleur équilibre entre les deux zones de fonctionnement (Couple constant et puissance constante) afin d'obtenir le meilleur résultat lors de l'homologation.

Cette boîte à deux rapports sera bien sûr automatique, le choix du point de passage étant laissé au logiciel avec une possibilité de choix par le conducteur entre deux modes selon le profil de la route et le mode de conduite désiré.

Compte tenu de tous ces avantages, on peut penser que la boîte automatique à deux vitesses séduira le haut de gamme, Porsche a déjà montré le chemin. Le milieu de gamme devrait suivre avec quelques années de retard, si les promesses de ce nouveau système sont tenues.

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 08:38

2 Mai 2020

Le marché de la voiture électrique moderne a démarré en 2011.

Après huit années de campagnes promotionnelles intenses, et malgré les incitations financières substantielles, les immatriculations annuelles de VE ne représentent encore que 2% du total des ventes de véhicules neufs particuliers en 2019 ( 42 000 sur 2 100 000).

On peut s'interroger sur les raisons de ce qui ressemble de plus en plus à un échec.

Il y a trois voies possibles pour imposer un nouveau produit :

-La voie d'une application ou d'une fonction nouvelle. Les exemples ne manquent pas : Télévision, magnétoscope, compact disc, appareil photo numérique, ordinateur, smartphone, TV numérique, écrans plats, drone, …

La voiture électrique ne correspond à aucune application ou fonction nouvelle.

Son objectif est de remplacer purement et simplement un produit existant, d'usage commun depuis déjà plus d'un siècle, et qui donne toutes satisfactions à l'usager.

(La très grande majorité des automobilistes n'est pas vraiment tourmentée par les émissions de CO2 et de Nox des voitures).

-La voie du « me too product », qui consiste à entrer sur un marché existant avec un produit à fonction équivalente.

Le succès n'est alors possible que si le nouveau produit apporte une ou des innovations significatives au niveau de l'usage (Sécurité, confort, performances) et/ou du coût global d'utilisation.

Le VE est plus cher, il apporte plutôt des grosses contraintes supplémentaires (Autonomie, recharge des batteries), et ses performances sont en retrait par rapport à un modèle thermique équivalent.

-La troisième voie consiste à s'appuyer sur le changement de l'environnement normatif, qui pénalise lourdement les produits existants, pour entrer sur le marché avec un produit assurant les mêmes fonctions, mais conforme aux nouvelles normes et donc avec un avantage décisif.

Dans l'automobile, les normes ont effectivement changé, mais sans effet majeur sur les constructeurs (jusqu'à présent), et surtout sans influence sur la disponibilité des carburants fossiles à l'origine du problème (La taxe carbone demeure un chiffon rouge censé dissuader les amateurs de pétrole, mais son application s'avère très difficile eu égard au montant déjà exorbitant des taxes actuelles).

Le VE apporte effectivement une solution radicale au problème, mais la persistance des produits « non conformes » aux nouvelles exigences écologiques constitue un frein à son succès.

Malgré les « merveilleuses » qualités du VE, et l'attrait d'une prime représentant près de la moitié du coût HT du véhicule, les usagers persistent à préférer les modèles classiques, au mépris des exhortations écologiques et des menaces de sanctions extrêmes contre les modèles thermiques.

(Il est quand même question d'interdire les moteurs thermiques à l'horizon 2040, et même plus tôt dans les agglomérations...).

A coup sûr, les deux gros défauts du VE, autonomie faible et fantaisiste et absence de charge rapide, pèsent très lourd dans la décision du client potentiel, qui préfère rester sur un concept classique dès lors que rien ne l'oblige à passer à l'électrique.

Dans le classement Crit'air tous les modèles thermiques à essence commercialisés à partir de 2011 sont classés en 1ere catégorie. Cette caution gouvernementale est sans appel !...

Ce tableau pris au pied de la lettre est celui d'un échec.

Mais un examen plus attentif conduit plutôt à un optimisme raisonnable.

Le graphique ci-dessous représente l'évolution des immatriculations annuelles de véhicules électriques à batterie depuis leur lancement en 2011.

 

La discrète croissance de la voiture électrique.

Sur les neuf premières années la courbe de croissance est régulière et rectiligne en coordonnées semi-logarithmiques, ce qui est normal pour le lancement d'un nouveau produit sur un marché déjà occupé.

Malgré les problèmes d'autonomie, la faiblesse des réseaux de recharge, et la résistance de « l'ancien » marché des véhicules thermiques, le VE réalise un score qui démontre la validité du concept.

Avec un tel taux de croissance, une part de 50% des immatriculations nouvelles pourrait être atteinte dès 2035, mais cette croissance ne pourra se maintenir au rythme actuel que si les problèmes reconnus sont résolus.

Pour que l'autonomie soit comparable à celle des modèles thermiques, la barre des cinq-cent km réels devra être la norme, ce qui conduit à monter des batteries de 100 à 120 kWh.

Aujourd'hui le coût de telles batteries est exorbitant et incompatible avec le milieu de gamme. L'évolution dépendra de la technologie et des capacités d'industrialisation. Le marché est dominé par le Japon, la Corée, et la Chine, mais l'Europe aura son mot à dire si le programme « airbus des batteries » est mis en œuvre avec succès.

Quant au réseau de charge rapide, il existe à l'état embryonnaire dans une partie de l'Europe ; il devra être étendu à l'ensemble des territoires pour y garantir une mobilité non restrictive.

Désormais le problème n'est plus celui du véhicule électrique lui-même, mais celui des batteries et du réseau de charge.

La levée de ces verrous demandera un saut qualitatif dans le domaine des batteries, et un très gros effort participatif européen pour développer le réseau de charge rapide sans lequel le VE restera un véhicule d'usage local et/ou urbain.

Ce saut technologique et ces infrastructures dédiées ne suffiront pas à libérer le marché du VE ; il faudra également créer les conditions propres à détourner les usagers des carburants fossiles qui demeurent encore aujourd'hui maîtres du terrain.

Et ce dernier obstacle ne sera pas le plus facile à écarter.

La voiture n'est plus un luxe mais un outil indispensable ; un surcroît de taxes sur les carburants serait discriminatoire et pénalisante pour les petits budgets.

Des mesures contraignantes à l'encontre des voitures thermiques doivent avoir un caractère général pour être acceptées, et ne pas être appliquées à contre-temps.

A ces conditions seulement la belle croissance présentée sur le graphique pourra se réaliser.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 16:36

Le prix de l'électricité, ou comment charger la mule.

25 Avril 2020

Le prix de l'électricité est une donnée sensible qui, avec le Gaz naturel et les carburants pétroliers, pèse de plus en plus lourdement sur les budgets.

La transition énergétique menace directement les énergies fossiles sans que l'on puisse identifier aujourd'hui clairement les produits de remplacement; la seule certitude est que l'électricité occupera une place de plus en plus importante.

La facture d'électricité devient angoissante pour les budgets modestes, d'autant plus qu'elle est incompréhensible pour le consommateur moyen peu soucieux d'entrer dans les arcanes de la CRE, du TURPE, de EDF, de RTE, de ENEDIS, de la CSPE, et qui se trouve de plus sollicité par de nombreux fournisseurs alternatifs sans avoir d'éléments sérieux pour orienter son choix éventuel.

Ainsi, il n'est peut-être pas inutile de tâcher d'y voir un peu plus clair dans la cuisine qui conduit à l'élaboration du prix du kWh.

Nous parlons ici de l'électricité distribuée par le réseau national, l'autoconsommation étant un domaine privé, au demeurant peu développé aujourd'hui, mais plein d'avenir.

Pour fournir au consommateur une électricité de bon aloi, un certain nombre d'opérations ont dû être menées à bien, que l'on regroupe en quatre activités principales :

A- La production.

Il a d'abord fallu produire l'électricité, depuis les panneaux solaires sur les toits jusqu'aux centrales nucléaires en passant par les centrales thermiques, les centrales hydroélectriques, les parcs éoliens, les fermes solaires, les centrales géothermiques, etc.

Aujourd'hui 75% de l'électricité consommée en France est produite par les centrales nucléaires EDF, le reste provient de l'hydroélectrique (10%), de quelques centrales thermiques (8 % ), de l'éolien terrestre et du solaire photovoltaïque ( 7%).

Ce mix électrique est appelé à de profonds bouleversements. La part du nucléaire doit être réduite à 50% à l'horizon 2040 (?), et la part de l'éolien et du solaire sera portée à 30% dans un premier temps ; et surtout des producteurs alternatifs arrivent sur le marché depuis l'ouverture à la concurrence.

ce qui se passera après 2050 n'est pas encore très clair, c'est le moins que l'on puisse dire.

B- L'acheminement.

Cette électricité doit être acheminée vers les utilisateurs grâce au réseau national, avec des capacités d'échanges transfrontaliers pour participer à la réalisation du grand réseau européen interconnecté.

Ce réseau comporte plusieurs étages de niveau de puissance et de tension décroissants depuis la THT de plusieurs centaines de Kilovolts jusqu'au niveau de l'usager domestique en 230 Volts, des stations de transformation et de commutation, et un cœur constitué d'un système de gestion dont le rôle est d'assurer le « réglage système ». Ce rôle de chef d'orchestre consiste à régler l'injection d'énergie dans le réseau pour l'adapter en temps réel à la demande d'énergie, et à maintenir les paramètres ( Fréquence, tension, harmoniques, déphasages, etc) dans les limites du cahier des charges, et bien entendu à prendre toutes mesures nécessaires pour éviter un black-out ; il gère également les appels de l'énergie des centrales hydroélectriques, les éventuels effacements, et bien sûr les échanges transfrontaliers.

Ce rôle majeur, bien souvent sous-estimé, est l'activité sans laquelle le réseau ne pourrait pas être opérationnel.

C- Le comptage et la gestion.

Acheminer l'énergie, c'est bien, mais lorsqu'il y a trente cinq millions de clients à servir individuellement, il faut pouvoir les identifier, leur fournir le service correspondant à leur contrat, effectuer le comptage de l'énergie consommée selon les éventuelles tranches horaires négociées, gérer les contrats, traiter les incidents, opérer l'intermédiation avec les fournisseurs qui commercialisent l'énergie, etc.

En France cette activité, opérée par ENEDIS, a également en charge l'acheminement « dernier kilomètre » à partir des transformateurs de quartiers pour les clients < 36 KVA, pour des raisons de commodité liée à la proximité des services.

A, B, et C constituent ainsi l'outil qui permet d'offrir aux consommateurs une énergie électrique de qualité garantie, prête à être commercialisée.

D- La commercialisation.

Depuis l'ouverture à la concurrence (2007), cette énergie peut être commercialisée par des fournisseurs « alternatifs » , et non plus par le seul opérateur historique EDF ou les ELD (Entreprises Locales de Distribution) .

Plusieurs dizaines de fournisseurs alternatifs se sont positionnés pour vendre l'électricité disponible sur le réseau.

Selon les termes de la loi sur l'ouverture à la concurrence, un fournisseur peut être également producteur, c'est même hautement conseillé.

Le fournisseur qui ne produit pas doit évidemment lui-même acheter l'électricité pour pouvoir la revendre. Pour cela il a plusieurs possibilités :

- Passer directement un contrat avec un ou plusieurs producteurs d'énergie indépendants.

- Acheter l'énergie sur le marché européen.

- Acheter à EDF une part d'électricité nucléaire, grâce au dispositif ARENH qui oblige EDF à mettre 100 TWh à disposition des fournisseurs alternatifs à prix fixe de 42 euro/MWh(Ce dispositif a été mis en place pour favoriser le démarrage de la concurrence ).

Le prix de l'électricité n'est pas seulement le coût du kWh qui sort de la centrale électrique.

Les trois activités B,C,et D décrites ci-dessus doivent être rétribuées comme dans tout circuit commercial.

( De même que le prix du litre de lait n'est pas le coût auquel il est vendu pas l'éleveur).

Les activité A (Production) et D (Commercialisation), ouvertes à la concurrence, sont par nature diverses et ne doivent pas être contraintes par un cadre strict sauf celui qui régit les cahiers des charges techniques ou commerciaux.

Chaque producteur fait son affaire de ses coût d'exploitation, de même que chaque fournisseur s'organise à sa guise pour rentabiliser son business en respectant ses obligations contractuelles, notamment les obligations de capacités et la justification de l'origine de l'électricité vendue.

Par contre les activités B ( Réseau) et C (Comptage) doivent être gérées par une seule entité sous le contrôle de l'Etat*, si l'on veut éviter le chaos qui ne manquerait pas de résulter d'une segmentation de la gestion en plusieurs entités concurrentes.

*Il s'agit des « monopoles publics naturels » assurant des missions de service public.

En France, l'activité réseau /transport est assurée par RTE (Réseau de Transport d'Electricité), et le comptage/distribution par ENEDIS (pour 95% des clients) et les ELD (Entreprises Locales de Distribution pour 5%).

Ces activités B et C sont encadrées et leur coût est supporté à égalité par les consommateurs, quelque soit le fournisseur.

Cette rémunération (de RTE et ENEDIS) , qui sera elle aussi incluse dans la facture du consommateur final, est fixée par la CRE (Commission de Régulation de l'Energie) et correspond au TURPE ( Tarif d'Utilisation du Réseau Public d'Electricité).

L'idée étant d'avoir un tarif réseau unifié dès lors que le réseau est lui-même unifié.

Ce TURPE existe depuis 2008, il est fixé pour 4 ans et est réévalué tous les ans.

La version en cours est le TURPE 5 ; la prochaine version, TURPE 6 , qui entrera en vigueur en Aout 2021, fait actuellement l'objet d'une consultation publique auprès des intéressés.

Les grands principes demeurent :

-Principe du timbre-poste, le tarif ne dépend pas de la distance ni du lieu de soutirage.

-Péréquation tarifaire.

-Tarif binomial, partie sur la puissance, partie sur l'énergie.

-Horo-saisonnalité .

Le TURPE comprend plusieurs composantes, dont trois seulement concernent les utilisateurs dont l'abonnement est inférieur ou égal à 36 KVA :

-La composante de gestion, relative à la rétribution des dépenses engagées pour l'édification et l'entretien du réseau dans sa totalité depuis la THT jusqu'au branchement usager.

-La composante de comptage, relative aux dépenses engagées pour la mise en œuvre et l'entretien du comptage, la gestion des tranches horaires, etc .

-La composante de soutirage, qui couvre les charges d'exploitation et de capital liées aux infrastructures réseau, et le coût d'achat des pertes réseau. Son montant dépend pour une part de la puissance souscrite, et pour une autre part du taux d'utilisation de cette puissance (en fait, de l'énergie consommée).

Le calcul du TURPE est très complexe, son montant n'apparaît pas expressément sur la facture client ; il est réglé directement par le fournisseur à ENEDIS et RTE, et chargé sur la facture client sur les lignes consommation et abonnement.

En plus de la consommation et de l'abonnement la facture client comporte une rubrique « contributions et taxes » :

-CTA, Contribution Tarifaire d'Acheminement, qui finance des droits spécifiques aux retraités qui relèvent du régime de l'électricité (ENEDIS, RTE, ELD...)

-CSPE, Contribution au Service Public de l'Electricité, qui finance les charges de service public de l'électricité, la péréquation tarifaire dans les ZNI (Zones Non Interconnectées), les frais liés aux obligations d'achat, les complément de rémunération des producteurs d'énergie renouvelable...

-TCFE, Taxe sur la Consommation Finale d'Electricité, prélèvement des communes et conseils généraux.

-TVA

Cette accumulation de coûts supplémentaires conduit à un tarif effectif global du kWh qui n'a plus que de lointains rapports avec les coûts de production cités ici et là pour comparer les technologies.

Par exemple le prix de cession de l'électricité nucléaire est fixé à 4,2 centimes/kWh par le dispositif ARENH.

Or ce même kWh est globalement facturé en moyenne 17 centimes au client résidentiel, soit quatre fois plus !

L'écart provient évidemment de l'ensemble [Abonnement + (TURPE + CTA + CSPE + TCFE + TVA)] qui représente près de 75% de la facture abonné.

Le sous-ensemble (TURPE + CTA + CSPE + TCFE + TVA) étant appliqué à égalité pour tous les fournisseurs, la concurrence ne peut s'exercer que sur deux paramètres :

Les tarifs HT de l'abonnement et du kWh hors TURPE .

A l'époque du « monopole public naturel » de EDF, les TRV (Tarifs Réglementés de Vente) déterminés par la CRE et proposés à l'approbation du Ministre, étaient les seules références en matière de prix.

Depuis l'ouverture à la concurrence d'autres tarifs sont proposés par les fournisseurs alternatifs, mais la référence reste le TRV, qui place la barre très haut ( ou plutôt très bas en l'occurrence).

Les TRV n'étant pas tout à fait conformes au concept de libre concurrence, ils sont en voie de disparition.

Aujourd'hui seul subsiste le TRV pour les clients < 36 KVA, proposé seulement par EDF, et susceptible de disparaître dans les prochaines années.

En 2018, 80% des clients étaient encore abonnés au tarif réglementé, ce qui prouve que le dispositif ARENH n'a pas suffit à provoquer la fuite des clients EDF vers les alternatifs.

Mais cela peut changer...

On peut identifier plusieurs facteurs d'évolution du prix de l'électricité.

- Le tarif réglementé de l'électricité ne subsiste plus que pour les clients <36 KVA, et on peut craindre sa disparition prochaine comme pour le TRV Gaz dont la fin est envisagée pour 2023.

La disparition de cette référence commerciale est susceptible de lâcher la bride aux augmentations des offres de marché.

Selon la politique qui sera appliquée au nucléaire, la structure du mix électrique français évoluera et les coûts de production également, car l'ARENH ne sera plus là pour tirer les coûts vers le bas.

( Le kWh à 4,2 centimes ne sera plus qu'un lointain souvenir...).

- Le réseau devra s'adapter aux nouvelles structures de production dispersée ; remplacer le concept monodirectionnel par un maillage bidirectionnel, s'adapter aux nouvelles applications comme la voiture électrique et les pompes à chaleur, augmenter considérablement les capacités d'échanges transfrontaliers, développer les installations de stockage d'énergie ( STEP ) et d'interfaçage avec la filière Hydrogène.

Le coût de ces travaux sera supporté par le consommateur à travers le TURPE, dont le montant ne peut qu'augmenter.

- Parmi les facteurs d'évolution des tarifs, il faut également considérer le développement de l'autoconsommation qui, selon qu'elle est totale ou partielle, avec ou sans injection, aura une influence certaine sur le calcul du TURPE , et donc aussi sur les choix technologiques.

(Selon les évaluations de la CRE, la part de l'autoconsommation pourrait atteindre 10% en 2035).

- Enfin la CSPE, qui intègre les dépenses directement liées au développement des énergies renouvelables et aux charges de service public, ne peut que continuer sa croissance déjà bien lancée.

( Pour 2020 son montant prévu sera de 8 Milliards d'euros).

Aujourd'hui, selon Eurostat et pour les consommateurs résidentiels européens, les tarifs moyens du kWh (tout compris) s'échelonnent de 10 centimes (Bulgarie) à 31 centimes (Allemagne).

La France est à 17 centimes.

C'est le tarif le plus bas parmi l'ensemble de nos neuf plus proches voisins Européens ( Allemagne, Belgique, Pays-bas, Irlande, Espagne, Portugal, Italie, Royaume Uni, Luxembourg).

Ces disparités traduisent d'une part les écarts de coût moyen de production selon les technologies (Thermique fossile, nucléaire, renouvelables), et d'autre part les modalités de répartition des charges de réseau entre secteur professionnel/industriel et résidentiel.

Le développement du grand réseau européen interconnecté est susceptible d'entraîner une augmentation des dépenses liées à la construction des infrastructures nécessaires à l'accroissement des échanges transfrontaliers, liaisons en courant continu à très haute tension, liaisons sous-marines, ouvrages hydroélectriques pour la production et/ou le stockage de l'énergie électrique, filière Hydrogène, etc.

La mutualisation du réseau européen entraînera une mutualisation de ces dépenses à travers les financements européens, avec des retombées au niveau des tarifs nationaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 10:20

 

Rétrofit électrique, quel avenir ?

11 Avril 2020

Le moteur thermique a du plomb dans l'aile.

Son rendement global est minable ; pour un besoin énergétique « à la roue » de 15 kWh/100 km, une voiture moyenne consomme environ 6 L/100 km, soit 60 kWh, correspondant à un rendement de 25%, ce qui est intolérable dans le contexte actuel de la transition écologique dont les idées forces sont la recherche de l'efficacité énergétique et la réduction des émissions de GES et de polluants associés à ce type de moteurs.

( En fait, la situation est encore pire si l'on considère l'énergie perdue au cours du processus d'extraction du pétrole, du transport, du raffinage et de la distribution).

L'éventuel remplacement du pétrole par des bio carburants permettrait certes de supprimer les émissions de CO2 fossile, mais ne changerait rien au rendement ni aux émissions polluantes.

La solution radicale est donc le remplacement du moteur thermique par un moteur électrique, dont le rendement intrinsèque est très élevé puisqu'il ne dépend que des pertes magnétiques et des pertes Joule, lesquelles sont perfectibles grâce au bon choix des matériaux et du design.

Cette solution n'est évidemment acceptable qu'à condition que l'électricité soit elle-même produite à partir de sources d'énergie renouvelables et non polluantes, ce qui exclut d'emblée les centrales thermiques à combustibles fossiles ou nucléaires au profit de l'hydroélectrique, de l'éolien, du solaire, du thermique à biomasse, et de la géothermie.

Mais le gros problème de la voiture électrique demeure le transport de la réserve énergétique d'électricité.

Aujourd'hui on ne connaît que deux procédés pour constituer cette réserve d'électricité à emporter : la batterie ou les bonbonnes d'Hydrogène associées à une PEMFC ( Proton Exchange Membrane Fuel Cell) plus connue sous le nom de « Pile à combustible ».

Le système à batterie existe depuis bien avant le moteur thermique, mais ce dernier fut généralisé à cause du haut pouvoir énergétique spécifique du pétrole et de sa facilité de manipulation à l'aide de bidons quelconques, alors que l'électricité ne disposait encore d'aucun réseau pour recharger les batteries d'alors, de technologie rudimentaire.

Durant tout le vingtième siècle les véhicules électriques à batterie furent cependant utilisés, mais pour des usages de flottes en réseaux locaux pouvant s'accommoder de l'autonomie réduite procurée par les batteries au Plomb.

Le XXIè siècle a vu des progrès considérables à la fois dans le domaine des moteurs électriques (Puissance spécifique, rendement, encombrement, poids) et des batteries ( NiMh, Lithium), qui ont permis de reconsidérer l'application voiture électrique de grande diffusion.

On sait ce qu'il en est aujourd'hui; ce marché se développe (doucement), mais se heurte aux obstacles constitués par la concurrence du pétrole encore triomphant, les problèmes de coût élevé d'une technologie en phase de croissance, et les problèmes récurrents d'autonomie et de réseau de charge des batteries.

Le succès final, ou l'échec, dépendra de la manière dont ces problèmes seront résolus.

L'autre procédé consiste à emporter un stock d'énergie sous forme d'Hydrogène comprimé dans des bonbonnes, pour restituer de l'énergie électrique grâce à une pile à Hydrogène embarquée.

Ceci n'a évidemment de sens que si l'Hydrogène est lui-même issu d'un procédé faisant appel à une source d'énergie renouvelable ( Electrolyse de l'eau par l'électricité verte).

Cet Hydrogène renouvelable n'est pas disponible aujourd'hui, il s'en faut de beaucoup ; la filière Hydrogène n'est encore qu'un projet qui ne prendra corps qu'au cours de la prochaine décennie.

Le procédé à pile à combustible n'est donc pas encore commercialisable à grande échelle. Les quelques véhicules observés ici et là ne sont encore que des démonstrateurs.

Par ailleurs la chaîne de production d'électricité passant par l'Hydrogène consomme elle-même beaucoup d'énergie, particulièrement au niveau de l'électrolyse et des piles à combustible, ce qui affecte le rendement global au point de se poser la question de l'efficacité énergétique du procédé.

Là aussi, le succès dépendra du développement de la filière Hydrogène.

Un des principaux avantages du système est quand même la possibilité de retrouver une grande autonomie et de refaire le plein d'Hydrogène en quelques minutes seulement.

Cette technologie est intrinsèquement beaucoup plus onéreuse que le système à simple batterie, ce qui constitue un handicap pour une diffusion à grande échelle dans des véhicules particuliers.

Néanmoins, et faute de mieux, elle constitue une alternative crédible au système à batterie.

Malgré les difficultés d'implantation de cette technologie électrique, à laquelle il manque toujours dix-neuf sous pour faire un franc, les états envisagent de la généraliser en pénalisant toujours plus le moteur thermique au risque de placer la profession dans une impasse si le thermique est rejeté par une réglementation trop sévère, et si dans le même temps l'électrique est rejeté car trop cher.

( Il existe une troisième voie qui exploiterait le moteur thermique remis au goût du jour, c'est le gaz distribué par le réseau et qui, à l'instar de l'électricité qui verdit au fil du temps, recevra des composantes décarbonées comme le biogaz déjà injectable, et l'Hydrogène de la filière du même nom ).

Les normes automobiles deviennent de plus en plus sévères sur les seuils d'émission de CO2 et de polluants ( Nox, particules, etc) des moteurs thermiques. Les constructeurs sont tenus de respecter ces limites, ce qu'ils s'efforcent de faire au moins dans le cadre de l'homologation des nouveaux modèles, les anciens modèles étant poussés vers la sortie par le classement genre « Crit'air » qui pénalise des véhicules encore en parfait état de marche.

Mais cette course à l'échalote a rencontré ses limites avec le nouveau protocole d'homologation WLTP. Désormais seuls les véhicules électrifiés ou en partie électrifiés, et les plus petits véhicules thermiques, peuvent satisfaire les dernières normes, dans le cadre des nouveaux tests d'homologation. Mais hors du contexte d'homologation les limites restent largement dépassées, ce qui conduit à une situation réelle inacceptable face à une pollution et à des émissions de CO2 toujours croissantes.

Contre ces abus, certaines collectivités urbaines envisagent purement et simplement d'interdire les véhicules thermiques sur leur territoire, et certains pays, dont la France, annoncent la même interdiction pour 2040, voire plus tôt.

Certes, les récents événements retarderont probablement l'application de telles décisions radicales, mais l'idée est dans l'air.Le jour n'est plus très éloigné où il deviendra de plus en plus difficile de rouler avec un moteur thermique en agglomération et en zone sub urbaine.

Rouler électrique ne serait alors plus seulement un geste écologique, mais une condition sine qua non d'accès aux voies publiques.

Or les usagers citoyens ne sont pas prêts à passer à l'électrique :

Le parc de véhicules particulier (VP) français atteint environ 35 millions d'unités, dont la quasi totalité est équipée de moteurs thermiques. L'âge moyen de ces VP est de 7,5 ans, le renouvellement du parc s'effectue sur 15 ans environ, par l'injection de 2,2 millions de voitures neuves annuellement.

Si toutes ces voitures neuves étaient électriques, le parc serait complètement électrifié en 2035 environ.

Nous en sommes évidemment très loin puisque les ventes de voitures électriques neuves ne représentent encore que 2% du total ( 45 000 VP en 2019), malgré dix ans de politique promotionnelle effrénée et les aides financières très substantielles consenties.

Ce manque d'enthousiasme pour cette nouvelle technologie est lié d'une part au coût de ces véhicules, mais aussi à leur faible autonomie, et surtout à l'absence d'un réseau de recharge rapide.

On a vu que la prime à l'achat d'un VE n'a pas suffit à provoquer la ruée dans les concessions. De plus elle ne correspond à aucun modèle économique et ne peut donc pas être systématisée sur des grands volumes .

( 6 000 euros pour 50 000 voitures, c'est 300 millions, mais sur 2,2 millions de voitures, c'est 13 Milliards!!! cherchez l'erreur...

D'autre part, tenter de forcer la main aux acheteurs en pénalisant le coût des carburants pétroliers est absurde puisqu' une taxe carbone élevée n'améliorera pas l'autonomie des VE et ne créera pas le réseau de charge rapide attendu.

Dans ce contexte, une décision prématurée visant à interdire purement et simplement les véhicules thermiques en zones urbaines, puis péri urbaines, aurait des conséquences économiques inacceptables si elle n'était précédée d'un vaste plan de travaux d'aménagements des territoires prévus pour devenir des ZFE (Zones à Faibles Emissions), notamment sur les transports collectifs non polluants, les pistes cyclables, les trains régionaux, les parkings périphériques, les zones de covoiturage, etc. 

L'idée de devoir envoyer à la casse des véhicules encore en bon état de marche est un non sens écologique, en contradiction absolue avec la démarche de lutte contre l'obsolescence programmée et contre le concept du « jetable ».

Pour contrer cette menace, certains ont eu l'idée de prolonger l'existence des véhicules thermiques en remplaçant le moteur thermique par un moteur électrique associé à une batterie, voire même à une pile à Hydrogène.Mais l'opération s'avère un peu plus compliquée qu'un simple bricolage.

Tout véhicule à moteur destiné à emprunter le réseau de voies publiques doit faire l'objet d'une homologation avant de pouvoir être mis en circulation.

Compte tenu de l'importance, de la complexité, et de la sévérité des normes à respecter pour obtenir l'homologation, le bricoleur du Dimanche et l'artisan même qualifié sont à priori écartés.

D'autre part, la complexité et le coût de cette démarche écarte à priori le cas des véhicules uniques du type « pièce de musée » et n'a d'intérêt que pour des productions de série applicables sur des modèles thermiques de grande diffusion.

Contrairement à d'autres pays européens, la réglementation française dissuadait jusqu'à présent ce genre de modification en exigeant une homologation pour chaque véhicule.

Mais une nouvelle réglementation, valable depuis Avril 2020, assouplit cette règle est ouvre dès lors de plus larges possibilités en permettant l'homologation d'un modèle et non plus de chaque véhicule, pourvu évidemment que les véhicules soient conformes au modèle homologué.

D'autre part le « kit » de modification doit bien entendu être lui-même homologué par le constructeur du modèle en question.

Au-delà de la réglementation contraignante, nécessaire au plan de la sécurité, l'obstacle du coût risque d'être encore plus dissuasif.

En effet, un « rétrofit électrique» nécessite de nombreux travaux sur le véhicule, et pas seulement au niveau de l'adaptation moteur.

Selon la batterie choisie ( Poids, technologie, capacité, gamme de température, performances …) il faudra installer un container sécurisé et protégé contre les chocs selon les normes, prévoir ou non une ventilation et/ou un refroidissement, des gaines de protection pour le passage des câbles, un emplacement pour le BMS (Battery Management System), le système de recharge, le câble ad-hoc avec là ou les prises de raccordement, les trappes de visites.

Ne pas oublier bien sûr le système de sécurité propre aux éventuelles batteries Lithium, avec la poignée d'urgence en cas d'accident.

Dans une voiture thermique le chauffage de l'habitacle est assuré par la chaleur dégagée par le moteur. Cette chaleur n'existe pas avec un moteur électrique (!), il faudra donc prévoir un système de chauffage spécial en complément du reste, ou mettre une doudoune en hiver.

La climatisation existante est conçu pour un bloc moteur thermique avec son alternateur et ses courroies d'entraînement. Tout ceci devra être remplacé par un dispositif conçu pour le nouveau concept, notamment concernant la consommation d'électricité, ou bien se passer de climatisation.

Si la direction n'est pas électrique, elle devra être remplacée par un modèle ad-hoc, de même que la centrale de freinage.

La masse du véhicule ne devra pas dépasser celle du véhicule d'origine de plus de 20% (Attention au poids des batteries), et la répartition de cette masse devra être respectée.

Selon l'augmentation de la masse la suspension devra être modifiée.

Le freinage devra être revu si l'augmentation de masse, même dans les limites de 20%, l'exige.

Les systèmes de dégivrage de lunette AR et de pare-brise devront être remplacés par des dispositifs moins gourmands en énergie, voire supprimés.

Et bien sûr les indicateurs de tableau de bord et les logiciels associés, conçus pour la motorisation thermique, devront être remplacés par leurs correspondants pour le moteur électrique et le gestionnaire de batterie.

Toutes ces modifications entraîneront un coût qui viendra s'ajouter au coût de la batterie déjà important s'agissant d'un marché de faibles quantités par rapport aux volumes négociés par les grands constructeurs.

De plus, il n'est pas sûr que l'entretien et la maintenance de ces véhicules soient convenablement pris en charge par le réseau, notamment pour la garantie, et que la disponibilité des pièces détachées soit assurée comme pour les modèles des grands constructeurs.

Une telle opération chirurgicale, si elle est complète, coûtera très cher.

Même si le but n'est pas d'économiser de l'argent mais de faire un geste écologique, il semble difficile de créer ce marché en l'absence de prime de l'Etat ou de la Région. Ce point n'est pas très clair aujourd'hui, sauf exception comme à Grenoble.

Quoi qu'il en soit, ce nouveau marché ne pourra pas s'inscrire dans la pérennité, puisqu'il prendra fin lorsque le stock de « vieilles » voitures thermiques éligibles sera épuisé, lequel stock est aujourd'hui impossible à évaluer sauf à prendre ses désirs pour des réalités.

Les voitures thermiques éligibles sont celles dont l'âge est compris entre cinq ans (de par le décret d'application) et dix ans (raisonnablement) ; dans cette fourchette, seuls les modèles dont le rétrofit aura été validé par le constructeur original seront concernés, et pour lesquels il existe au moins un industriel proposant un tel kit lui-même homologué.

Il s'agit donc d'un marché de niche, dont il ne faut pas espérer une baisse des coûts significative, mais qui peut être un bon filon à exploiter pour une ou deux décennies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 19:51

La recharge des batteries, la course à l'échalote continue...

25 Mars 2020

Dans les voitures, le remplacement du moteur thermique par un moteur électrique a permis une spectaculaire amélioration du rendement énergétique et l'élimination des émissions de CO2 et d'oxydes d'Azote.

(A la double condition toutefois que l'électricité utilisée provienne de sources propres et renouvelables, et que l'on ne soit pas trop regardant sur l'empreinte écologique des batteries).

La consommation sur route d'une voiture électrique de milieu de gamme est d'environ 17 kWh aux cent kms (équivalent de 1,7 L de super), contre 60 kWh/100 km ( 6 L de super) pour le modèle thermique équivalent.

Le rendement énergétique a donc été multiplié par 3,5, ce qui est absolument considérable, mais au prix de deux problèmes nouveaux qui sont l'autonomie du véhicule et la recharge des batteries.

(Souvenons-nous que ce furent déjà ces deux problèmes qui éliminèrent la traction électrique au profit du pétrole, il y a plus d'un siècle).

Pour les déplacements urbains et péri urbains, ces problèmes sont gérables, eu égard aux parcours journaliers réduits et aux multiples possibilités de recharge existantes, y compris au domicile ou sur les lieux de travail.

Mais pour les déplacements de plusieurs centaines de kms, voire plusieurs milliers, sur route ou autoroute, le problème du temps de recharge devient un obstacle qui n'est toujours pas franchi aujourd'hui.

Avec de l'essence ou du gasoil il faut moins de 15 minutes pour refaire un plein pour au moins 600 kms, correspondant à environ 5 heures de trajet sur autoroute, soit 5% du temps consacré au ravitaillement en énergie, et beaucoup moins pour des trajets sur les autres voies où la vitesse moyenne est beaucoup plus faible.

Pour retrouver ces chiffres avec une voiture électrique, il faudra une batterie dont la capacité utile sera de 100 à 120 kWh, capable de soutenir un régime de charge de l'ordre de 400 kW, et bien sûr des bornes de recharge de puissance correspondante.

Nous en sommes très loin aujourd'hui, tant en ce qui concerne la capacité des batteries que leur régime de charge, et le réseau de bornes nécessaires.

(Nous parlons bien d'une réseau et non de quelques expérimentations ici et là, dont l'intérêt demeure local).

L'objectif des constructeurs est bien de monter des batteries de 100 à 120 kWh de capacité; certains le font déjà, et pas seulement TESLA.

Ces batteries sont plus ou moins capables de supporter une charge dite « ultra rapide » et un réseau de bornes 350 kW se met doucement en place en Europe (Réseau IONITY, super chargeurs TESLA, etc).

Cette évolution vers le haut n'est pas un luxe mais une nécessité pour ouvrir le marché du VE aux autoroutes.

Si ces véhicules de haut de gamme pourront emprunter n'importe quelles voies, il n'en ira pas de même pour les véhicules du bas et moyen de gamme qui seront quasiment limités aux parcours urbains et péri urbains.

En effet, pour des raisons de coût, ces véhicules seront équipés de batteries plus « modestes » associées à des moteurs en rapport avec la puissance de la batterie et une autonomie « raisonnable » ; l'accès à la charge ultra-rapide ne sera pas possible avec ces batteries, qui devront se contenter du mode 50 KVA, qui demande une heure pour charger à 80% une batterie de 40 à 50 kWh.

Leur utilisation sur autoroute sera certes possible, mais un long voyage deviendra vite une corvée car il faudra ravitailler souvent et perdre une heure à chaque fois !

Concevoir une voiture électrique bonne pour tous les usages, c'est la quadrature du cercle; surtout si l'on vise la plus large gamme possible et pas seulement les moutons à cinq pattes hors de portée des bourses moyennes.

( Les ventes artificiellement financées par l'Etat ne correspondent à aucun modèle économique viable sur la durée).

En attendant de trouver une solution pour assurer le grand-écart électrique entre la berline autoroutière de 120 kWh/350 CV et la citadine de 20 kWh/70 CV, les constructeurs proposent des modèles hybrides rechargeables dont certains peuvent représenter une solution d'avenir si un jour les biocarburants de troisième génération deviennent une réalité, à condition que le « Deus ex machina », qui préside entre autres aux réglementations anti-pollution, ne décrète pas la mort du moteur thermique purement et simplement, ce qui mettrait tout le monde d'accord.

On pourrait alors voir sortir du bois la solution Hydrogène et pile à combustible, qui peut se passer d'une énorme batterie, résout les problèmes d'autonomie et de temps de réapprovisionnement en énergie, et range au placard les solutions hybrides.

La mutation automobile sera une aventure pleine de rebondissements...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 19:41

L'électricité demain, ou après-demain...

18 Mars 2020

Il est donc entendu que tôt ou tard l'essentiel de notre électricité sera produite par une multitude de « petits » générateurs utilisant des sources d'énergie renouvelable : éoliennes, panneaux solaires, petites turbines hydrauliques, petites unités thermoélectriques à biogaz ou biomasse, qui viendront compléter l'apport des grands barrages et des STEP associées pour le stockage de compensation.

Le système actuel est issu de la Loi de 1946 sur la nationalisation des entreprises de production, de transport, et de distribution de l'électricité.

EDF devenait un Etablissement public.

Dès 1945 le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) était créé, ouvrant la voie au programme de centrales nucléaires qui nous a conduits à la situation actuelle.

La technologie électronucléaire ne supporte pas la dissémination, pas plus hier qu'aujourd'hui. Le parc nucléaire fut donc conçu sur la base d'un petit nombre d'installations de puissances individuelles élevées.

Ce parc se compose de 19 centrales regroupant chacune plusieurs réacteurs de très forte puissance.

( 900 MW pour les premiers réacteurs commerciaux, jusqu'à 1 400 MW pour les dernières versions en service, et 1 650 MW pour la version EPR prévue à l'origine pour remplacer les centrales vieillissantes).

Il fut complété par des centrales thermiques utilisant des combustibles fossiles, et par un parc de centrales hydrauliques.

L'électronucléaire, nettement majoritaire, fournir encore 75% de notre énergie électrique.

Ce concept fortement centralisé, prévu pour ajuster la production à la demande grâce à des centrales pilotables, n'est plus compatible avec les exigences et les contraintes nées de la transition énergétique.

Alors que des installations utilisant des combustibles fossiles ou nucléaires ont une emprise territoriale faible de quelques dizaines d'hectares, leurs homologues utilisant le rayonnement solaire ou l'énergie du vent sont très gourmandes en superficie, ce qui impose de les disperser pour des raisons d'acceptabilité.

Il faut 600 grandes éoliennes de 8 MW pour produire autant d'électricité qu'une centrale comportant deux réacteurs de 1 400 MW. Encore fait-il préciser que ces turbines énormes et puissantes sont réservées à l'offshore, les turbines terrestres doivent se contenter de 2 ou 3 MW qui sont la limite d'acceptation.

Les centrales thermiques ( à Uranium ou avec des fossiles) sont « pilotables », leur production est en permanence ajustée à la demande des consommateurs.

Il en ira différemment avec l'éolien et le solaire.

Le vent est capricieux et le Soleil ne brille pas la nuit, la production électrique sera donc intermittente ( prévisible, mais intermittente). Pour éviter des délestages sur le réseau il faudra impérativement disposer d'installations de stockage d'énergie.

Qu'il s'agisse de stockage hydraulique (Stations de pompage) ou sur batteries, ou tout autre dispositif, il faudra également disperser les installations pour éviter le gigantisme.

Le gaz naturel fossile sera remplacé par du biogaz, lequel sera majoritairement produit localement à partie des déchets de l'agriculture et des industries de transformation, et aura vocation à produire de l'électricité et/ou de la chaleur qui sera distribuée sur place car la chaleur ne se transporte pas sur de longues distances.

Avec les technologies éolienne et solaire photovoltaïque, qui ne présentent aucun des caractères de dangerosité du nucléaire, il est possible de réaliser des installations de taille « humaine » économiquement viables et adaptées aux besoins d'un territoire particulier.

Il devient ainsi possible de fabriquer une électricité qui sera consommée sur place, comme tout autre produit ou service pouvant être cultivé ou fabriqué localement.

Ce qui est aujourd'hui réalisé avec les produits de la terre et de l'élevage devient possible avec l'électricité.

Tout cela converge vers un nouveau concept basé sur une production locale de l'énergie sous des formes diverses selon les prédispositions du territoire concerné, et regroupant sous forme de « clusters » les besoins des usagers particuliers et professionnels.

Des exemples existent déjà sous forme de coopératives pour exploiter soit un mini parc éolien, soit une petite centrale hydroélectrique, avec un niveau d'autoconsommation variable.

Le degré d'autosuffisance de ces clusters sera variable selon le degré de développement et le choix des clients actionnaires, et dépendra du tarif proposé par le gestionnaire du réseau national, si toutefois il existe encore...

Quel serait le rôle du réseau national de distribution ?

Conçu à l'origine pour distribuer la totalité de l'énergie électrique depuis quelques grosses centrales vers les 35 millions de clients, le réseau fut bâti sur une structure arborescente monodirectionnelle.

Un seul réseau, une seule entreprise, le tout régi par les règles du service public de l'électricité.

Aujourd'hui ce schéma vole en éclats.

L'Entreprise unique d'Etat est devenue Société Anonyme ; certes l'Etat y est encore actionnaire largement majoritaire, mais déjà se dessine le projet de séparation des activités électronucléaires qui seraient prises en charge par l'Etat d'une part, des autres activités ( essentiellement électricité renouvelable) qui seraient gérées par une SA sur le marché ouvert.

(Voir projet hercule).

Par ailleurs le quasi monopole de EDF a déjà disparu depuis l'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence, et plus de trente fournisseurs alternatifs se partagent le marché français, certains étant à la fois fabricants d'électricité et fournisseurs, d'autres seulement fabricants, et d'autres seulement fournisseurs.

Dans le même temps la puissance de EDF s'est vue sapée par le dispositif ARENH qui l'oblige à céder à la concurrence le quart de sa production électronucléaire à un prix de braderie.

D'autre part de nombreux particuliers fabriquent de l'électricité, essentiellement photovoltaïque, pour l'injecter dans le réseau ou pour pratiquer l'autoconsommation.

Cet éclatement du système de production ne peut que se développer, avec un basculement vers les renouvelables incluant le solaire photovoltaïque, l'éolien terrestre, le petit éolien, et le thermique à biogaz et biomasse solide.

Mais pour que ce système à acteurs multiples puisse fonctionner avec la rigueur et la fiabilité nécessaire, il est indispensable de redéfinir les règles du service public de l'électricité.

La qualité de l'électricité fournie doit respecter tous les paramètres tels qu'ils sont en vigueur aujourd'hui, ce qui n'est possible que grâce à un coordinateur au niveau national ayant pouvoir de gérer les échanges inter-régionaux mais aussi les échanges transfrontaliers, de contrôler le système des garanties de capacités, et de veiller au bon fonctionnement du réglage système.

Pour que le réseau de distribution électrique ne devienne pas une jungle ingouvernable génératrice de dysfonctionnements intolérables, une entité à caractère national restera donc nécessaire, ce qui laisse du grain à moudre pour prendre le relais de EDF en assurant les fonctions aujourd'hui prises en charge par RTE et ENEDIS, avec peut-être en plus la gestion des grands barrages, des parcs éoliens offshore, des STEP, et pourquoi pas de quelques centrales solaires héliothermodynamiques .

A moins que quelques compagnies étrangères ne profitent de la situation actuelle, quelque peu chaotique, pour prendre quelques parts du gâteau...

Le réseau électrique de demain devra être non seulement « intelligent », mais aussi quelque peu autoritaire...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 17:02

Eolien offshore, çà vient, çà vient....

1er Mars 2020

Après plus de dix ans d'atermoiements, d'hésitations, de recours, l'Eolien offshore est enfin sur les rails.

Les ultimes recours ont été jugés, le Conseil d'Etat a statué, les programmes sont alloués, le prix d'achat des MWh produits sont décidés, les pelleteuses sont sur la plage, les ateliers ont déjà découpé les premières tôles.

Il s'agit bien sûr du projet de six parcs éoliens offshore de la côte atlantique, qui offriront à terme une puissance installée totale d'environ 3 GW.

(6 parcs de 80 turbines de 6 MW chacune, dans le projet actuel).

Intéressons-nous au parc de Saint-Nazaire, qui semble le plus avancé.

Installé au niveau du banc de Guérande, il comprendra 80 machines de 6 MW chacune, montées sur des tours, elles-mêmes fixées au fond de la mer. La puissance totale installée sera donc de 480 MW.

Les turbines seront des « Haliade 150 »  de General Electric, d'une puissance de 6MW.

L'énergie produite dépendra évidemment de la force et de la régularité du vent.

Pour un régime de vent théorique permanent optimal, l'énergie recueillie annuellement serait de 4,2 TWh.

( 80 x 6 MW x 8 760 Heures)

Mais, compte tenu du régime de vent réel et des périodes d'arrêt pour maintenance, le facteur de charge sera d'environ 50%, selon les résultats obtenus sur d'autres parcs offshore utilisant les mêmes machines.

L'énergie réellement produite sera donc d'environ 2,1 TWh par an.

(Si le régime des vents à l'endroit choisi est du même ordre que celui qui a permis d'homologuer les turbines Haliade 150, ce qui n'est pas encore démontré, loin s'en faut).

Cette énergie n'est pas pilotable, autant en apporte le vent...

Les services météo peuvent certes fournir des prévisions précises, mais ne peuvent évidemment pas commander la force du vent pour le moment le plus opportun.

La production éolienne sera donc affectée d'une composante variable inévitable dont il faudra tenir compte pour la gestion du réseau, ce qui représente un coût supplémentaire notamment pour les installations de stockage tampon. Ce coût, jamais évoqué, pourra être très élevé.

(Il peut s'agir de stockage sur batteries, sur stations de pompage-turbinage, ou par le filière Hydrogène réversible).

Lorsque les six parcs éoliens seront opérationnels, on attend d'eux qu'ils participent au remplacement de la production des 14 réacteurs nucléaires dont l'arrêt a été décidé à l'échéance de 2035, et dont deux sont déjà arrêtés ces jours-ci.

Qu'en sera-t-il exactement ?

 

Ces vieux réacteurs produisent encore aujourd'hui annuellement une énergie de 50 TWh, alors que l'ensemble des six parcs éoliens ne produira que 10 TWh environ, soit 5 fois moins.

Lorsqu'ils donneront leur production optimale, les six parcs éoliens offshore ne pourront donc remplacer qu'à hauteur de 20% la production des 14 réacteurs nucléaires arrêtés d'ici 2035.

Pour tenir le programme d'arrêt des 14 réacteurs nucléaires, il faut donc rapidement mettre en chantier des installations nouvelles de production d'électricité capables de fournir annuellement 40 TWh, en plus des six parcs éoliens atlantique, et beaucoup plus par la suite au fur et à mesure des arrêts de réacteurs pour réduire la part l'électricité nucléaire à 50% du mix à l'échéance de 2050.

Après l'arrêt des 14 réacteurs, la puissance nucléaire installée restante sera de 50,6 GW, pour une production annuelle de 380 TWh environ, soit 69% de la production électrique, qui sera encore de 550 TWh environ, en comptant les consommations internes et les pertes réseau.

Nous sommes encore loin des 50% de part du mix électrique, qui constitue l'objectif de 2050.

Pour tenir l'objectif des 50% de nucléaire, ce ne sont pas 14 réacteurs qu'il faudra arrêter, mais bien plutôt 34 !

Dans une entreprise, quelle qu'elle soit, il n'est jamais recommandé de s'arrêter au milieu du gué.

La réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d'énergie électrique est évidemment une première étape, l'objectif devant être la fermeture de tous les réacteurs.

En effet, vu les arguments retenus pour justifié la décision de réduire cette production, essentiellement le risque d'accident majeur du type Tchernobyl ou Fukushima, on ne voit pas très bien en quoi ce risque serait significativement réduit par la fermeture de la moitié des sites.

Ce risque demeurerait entier pour les populations voisines des centrales restées en activité, ce qui poserait le problème du choix : Qui aura le droit de dormir tranquille, et qui sera condamné à demeurer sous une menace avérée.

Car enfin, si l'on arrête des centrales, c'est bien qu'il y a un risque...

A terme, c'est donc bien la totalité des centrales qu'il faudra fermer.

Or rien n'a jamais été dit à ce sujet, ce qui laisse planer un doute sur le futur mix électrique français après 2050.

Ce projet de six parcs éoliens offshore, très ambitieux lors de sa conception en 2010, se trouve un peu dépassé dix ans plus tard en 2020 alors qu'aucune éolienne n'a encore été posée.

En effet aujourd'hui la turbine Haliade 150 de 6 MW est déjà largement dépassée car la technologie évolue rapidement en raison de la très forte demande du marché.

Actuellement, General electric négocie ses futurs marchés offshore à partir de sa nouvelle turbine Haliade X de 12 MW, avec des performances d'efficacité améliorées (Facteur de charge annoncé de 57%).

Cette nouvelle turbine de 12 MW pourra fournir annuellement une quantité d'énergie de 60 GWh, soit plus du double de celle fournie par le modèle 6 MW, avec un coût de production du MWh significativement inférieur.

Les Espagnols (Siemens-Gamesa) ont déjà une turbine de 8 MW, et les américains développent une 15 MW...

Le parc de Guérande, qui ne sera pas opérationnel avant 2022, est donc déjà assuré d'une rentabilité opérationnelle plus que douteuse ; il en est bien sûr tenu compte dans le calcul des coûts actualisés puisque le tarif d'achat a été fixé à 135 euro par MWh ce qui représente trois fois le prix actuel du marché !

Ce surcoût sera supporté par le consommateur/citoyen à travers les taxes alimentant le fond pour le développement des énergies renouvelables.

Que doit-on penser de ce « modèle économique » ?

Précisons tout de suite que la proximité du littoral, et son caractère hautement touristique, interdisent de remplacer les turbines Haliade 6 par les modernes Haliade X plutôt réservées à des sites plus discrets en raison de leurs dimensions colossales. De toutes façon une telle modification exigerait de reprendre à zéro le processus d'homologation et les enquêtes diverses, dix ans de plus de perdus...

Voici un extrait du compte-rendu N°37 du 4 Juin 2019 de la Commission d'enquête de l'Assemblée Nationale, sur l'impact économique, industriel, et social, des énergies renouvelables, exposé de Monsieur Jérôme Pécresse , PDG de GE Renewable Energy :

« Monsieur le président, nous avons dû renoncer à deux de nos trois projets avec EDF car nous ne pouvons pas à Saint-Nazaire faire à la fois des turbines de 6 MW pour des projets remportés en 2012 et des turbines de 12 MW pour des projets que nous sommes en train de gagner aujourd’hui. Nous avons dû faire des choix douloureux ».

Tout est dit dans cet extrait ; les dix ans de retard français dans l'éolien offshore seront durs à rattraper.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 11:33

24 Février2010

Enfin des actes, il y aurait donc une cellule de décision en haut, il ne faut jamais désespérer.

Mais, pour tempérer l'enthousiasme des pourfendeurs du nucléaire, il faut préciser que l'arrêt de la vieille centrale nucléaire n'a rien à voir avec la promesse de réduire la part de l'électronucléaire dans le mix énergétique.

En fait, cette vieille centrale (42 ans d'exploitation) n'est plus en état de remplir les conditions de sûreté exigées par les nouvelles règles post-Fukushima.

Sa mise en conformité aurait coûté extrêmement cher, sans garantir l'élimination du risque de pollution de la nappe phréatique d'Alsace en cas de rupture de cuve avec fuite de corium.

L'euthanasie était donc inévitable, mais elle ne sera pas sans douleurs, les médias s'en font déjà l'écho.

Nos voisins allemands, qui réclament cet arrêt depuis longtemps, se réjouiront, tandis que côté français c'est un site industriel qui disparaît, avec ses emplois et l'activité tertiaire associée.

(Un emploi industriel génère cinq ou six emplois dans le tertiaire).

Cette vénérable installation était tout de même encore capable de fournir annuellement une quantité d'énergie de 8,4 TWh en 2016, pour une puissance installée de 1,8 GW.

Ceci correspond à un facteur de charge de 53%, qui traduit son grand âge et la nécessité de soins attentifs et constants.

(La moyenne des facteurs de charge est entre 0,8 et 0,9, cette dernière valeur étant le saint Graal difficilement atteignable sur la durée).

8,4 TWh, ce n'est pas rien ; c'est pratiquement la quantité d'énergie que pourra fournir l'ensemble des six parcs éoliens offshore de la côte atlantique, dont l'ouverture des chantiers vient à peine de recevoir le feu vert, pour un début de production dans deux ou trois ans pour les premiers parcs.

( 6 parcs de 500 MW chacun, soit 3 GW de puissance installée. La production d'énergie dépendra de la force des vents).

8,4 TWh, c'est 1,8 % de la production totale du parc nucléaire.

Cette baisse de capacité ne mettra pas en péril la production électronucléaire, grâce à une plus grande disponibilité des 56 réacteurs restants rendue possible par l'achèvement des travaux « post Fukushima » destinés à mettre les installations en conformité avec les nouvelles règles de sûreté.

Et en cas de besoin il sera toujours possible de recourir aux centrales thermiques existantes, ou d'importer un appoint d'énergie.

( La production actuelle hydroélectrique, éolienne, et solaire PV étant déjà utilisée au mieux des possibilités d'exploitation).

Les règles instituées par l'ASN imposent de démarrer les travaux de démantèlement immédiatement après l'arrêt définitif, pour la raison évidente que le personnel qualifié sur cette centrale est encore présent et pourra apporter son expertise au cours des travaux.

Les travaux de démantèlement « au niveau de l'herbe » peuvent durer une vingtaine d'année et leur coût, incluant le traitement et le stockage des déchets, sera important sans pour autant être compensé par un chiffre d'affaire puisque rien ne sera fabriqué, il s'agira d'une perte sèche du point de vue industriel, pertes que les provisions ne compenseront pas forcément car le vrai coût d'un démantèlement est inconnu.

Il était prévu de n'arrêter Fessenheim que lorsque l'EPR de Flamanville entrerait en production, ce qui se produira au mieux fin 2022 selon les dernières annonces de EDF.

La raison du changement de calendrier est inconnue.

Les mauvaises langues parlent d'élections prochaines, mais ces rumeurs ne sont pas fondées...

Que va-t-il se passer ensuite ?

Le paquet Fessenheim est accompagné d'un bonus, la promesse d'arrêter 12 autres réacteurs également entrés dans l'âge canonique.

Ces douze réacteurs de 900 MW produisent annuellement environ 50 TWh pour un facteur de charge moyen relativement faible de 55 %.

Là c'est une autre paire de manches ; il s'agit d'une baisse de production de 11,5 % , qui ne pourra pas être compensée par les moyens simples précédemment décrits. Il faudra impérativement trouver ailleurs les 50 TWh de base manquants, et les 11 GW de puissance qui feront défaut lors des pics de consommation.

(N'oublions pas qu'un outil de production électrique doit non seulement fournir la quantité d'énergie demandée, mais aussi la puissance nécessaire lors des pics de consommation. Ce paramètre est souvent « oublié » dans les évaluations).

C'est pourquoi la date d'exécution de cette sentence a été prudemment fixée à 2035, autant dire aux calendes grecques en langage codé.

Ce qui laisse aux imaginations débridées des prévisionnistes le temps de proposer des scénarios divers :

Les visionnaires postulent l'aboutissement du projet ITER, voire même des générateurs exploitant la fusion froide, toutes choses qu'il vaut mieux oublier, du moins pour 2035. A revoir au prochain siècle.

Les écologistes fondent leurs espoirs sur le principe de parcimonie ; l'énergie ne doit être qu'un pis-aller, la société de consommation a vécu, la France gaspille 500 TWh, alors que 50 TWh suffiraient, ya-ka économiser.

Nous voilà habillés pour les quinze prochaines années ; retenons la nécessité d'économiser l'énergie électrique, évitons donc d'acheter des voitures électriques et renonçons aux pompes à chaleur...Oui, c'est idiot, mais il en est ainsi de toutes les préconisations à l'emporte-pièce.

Les pragmatiques, attachés au principe de réalité, ne souhaitent pas jeter le bébé avec l'eau du bain, admettent qu'il faut économiser les ressources, mais ne souhaitent pas revenir au moyen-âge. Considèrent qu'en matière de transition énergétique rien de sérieux ne pourra être fait sans des changements profonds, très profonds, de nos modes de vie et même de nos structures sociales. Pour cela quinze ans ne suffiront pas, il faudra le siècle entier avec des pleurs et des grincements de dents. Proposent une stratégie des petits pas pour ne pas renverser la table.

Les énergéticiens, du moins ceux qui ont les mains dans le cambouis, suggèrent d'évoluer dans la continuité et de capitaliser sur les compétences acquises ; en clair, avant de songer à remplacer les fossiles et le nucléaire, il faut d'abord forcer sur l'éolien, le solaire thermique et photovoltaïque, le stockage d'énergie, la filière Hydrogène, la biomasse, le biogaz, l'hydraulique, grâce à un programme pluriannuel sur vingt ans, au terme duquel il sera possible de faire un bilan sérieux et d'imaginer un avenir sur des bases concrètes.

Le débat reste donc ouvert, et il risque de le rester longtemps.

Quelle que sera la ou les solutions mises en œuvre, il faudra investir beaucoup d'argent.

Au siècle dernier, lors de la construction du parc électronucléaire, la dette de l'Etat était au niveau de 20% du PIB. En 2018 elle atteignait 110% du PIB, soit 2 200 Milliards.

Dans ces conditions il est totalement illusoire d'attendre de l'Etat le financement, même partiel, d'une politique de grands travaux .

L'accumulation de plans, de colloques, de débats, de raouts internationaux, de consultations des citoyens, ne mène à rien de concret sinon à des des manœuvres d'évitement qui permettent de gagner du temps afin de laisser à d'autres, plus tard, les décisions déchirantes.

Face à cet abîme d'incertitudes, l'arrêt de Fessenheim est une décision de forme qui ne préjuge rien sur le fond.

Nous ne sommes, hélas, pas plus avancés qu'avant.


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

 


 

Partager cet article
Repost0
19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 16:21

Transition énergétique cherche stratégie désespérément.

 

19 Février 2020

 

La transition énergétique s'inscrit dans la nouvelle doxa écologique étendue. Il ne s'agit plus seulement d'en finir avec les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, mais également de rompre avec les « mauvaises habitudes » de consommation qui génèrent des nuisances au moins aussi pernicieuses que les émissions de GES.

Dans ce contexte, les ennemis à combattre sont devenus légions :

Les énergies fossiles bien sûr, mais aussi toutes formes de pollution et de destruction de l'environnement, toutes atteintes à la biodiversité, et toutes actions pouvant nuire gravement aux prochaines générations, comme les déchets nucléaires à vie longue.

Mais la nécessaire transition énergétique ne doit donc pas occulter les indispensables actions sans lesquelles la vie sur la planète serait compromise, même dans une atmosphère redevenue virginale.

 

La France ne possède (n'exploite) aucune ressource minière énergétique dans son sous-sol métropolitain.

Les fossiles ne sont plus qu'un lointain souvenir, et l'Uranium présent ne se prête plus à une exploitation industrielle.

Les seules ressources intérieures pérennes exploitables, et exploitées, sont les ressources renouvelables : Energie Hydraulique, Biomasse solide (bois énergie), biocarburants, biogaz, énergie éolienne, énergie solaire thermique et photovoltaïque, énergie géothermique .

Ces énergies contribuent à hauteur de 15 % environ de la consommation totale du pays.

Source :

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/sites/default/files/2019-09/datalab-59-chiffres-cles-energie-edition-2019-septembre2019.pdf

 

85 % de nos besoins énergétiques doivent donc être couverts par des importations, ce qui correspond à 1 500 TWh d'énergie finale (130 Mtep) qui doivent être achetés à des états dont les dirigeants ne partagent pas toujours nos idéaux sociaux et politiques, et que pourtant nous soutenons par ce commerce, par ailleurs ruineux pour nos finances.

La facture énergétique de la France s'élevait à 50 Milliards en 2018...

 

C'est une dépendance énorme qui compromet gravement notre liberté d'action et de choix d'alliances au plan international, et nous place en situation de vulnérabilité maximale en cas de crise énergétique et/ou géopolitique.

 

La question essentielle est :

Allons-nous continuer ainsi  ?

 

La transition énergétique, qui nous est imposée par les circonstances, doit être l'occasion d'une remise en question de notre politique d'approvisionnements avec l'objectif de redonner à la France un rang plus noble que celui de quémandeur de ressources énergétiques, avec les inévitables compromissions que cela implique dans certains cas ( Russie, Moyen Orient , Afrique, Algérie,...).

 

Evidemment, passer du rôle de client de supermarché peu regardant sur l'origine des produits à celui de producteur responsable ne s'improvise pas.

Fabriquer du biogaz, des biocarburants, de l'électricité éolienne et solaire, est une autre chose que signer des chèques pour se faire livrer ces produits prêts à l'usage .

(D'autant plus difficile dans un pays ayant choisi de faire de la désindustrialisation un facteur de progrès...)

 

Mais il faut au moins essayer, du moins si l'on prétend éviter la politique du chien crevé au fil de l'eau.

Les 50 milliards versés chaque année aux émirs, au Tsar, et à d'autres potentats et dictateurs, seraient mieux utilisés chez nous s'ils servaient à soutenir des activités industrielles nationales.

 

Aujourd'hui notre autonomie énergétique se limite donc à 15 % des besoins.

La première démarche stratégique devrait donc porter sur la définition d'un nouvel objectif pour l'indépendance énergétique future de la France.

Ce qui n'a jamais été évoqué à notre connaissance par aucun gouvernement.

Car enfin il n'est pas indifférent d'aborder la transition énergétique avec un objectif d'autonomie modeste de 15 % comme aujourd'hui, ou de 50 % voire plus si nous décidons une stratégie ambitieuse.

 

A 15 %, c'est une stratégie d'alliances commerciales qu'il nous faudrait mettre en place, puisque 85 % de notre énergie devrait être importée, sous forme décarbonée évidemment.

Il nous faudrait demain trouver des fournisseurs pour le biogaz, les biocombustibles, et une grande partie de notre électricité.

Qui seront ces futurs fournisseurs ? Et à quels prix ? Et avec quelles nouvelles compromissions ?

 

A 50 % d'autonomie, c'est une stratégie industrielle ambitieuse qu'il nous faudrait mettre en place, tout en important encore 50 % de nos besoins.

L'effort sur les renouvelables seraient beaucoup plus important, la filière Hydrogène deviendrait un must, et d'importants moyens de stockage électrique deviendraient indispensables. Nous en sommes très loin.

 

Quant aux 100 % d'autonomie énergétique, il vaut mieux ne pas trop rêver, laissons cela aux prévisionnistes de la « Next year society » .

 

Aujourd'hui ces choix ne sont pas faits, nous sommes donc en situation de devoir aborder la transition énergétique sans avoir la moindre idée de l'effort qui serait demandé aux forces vives du Pays.

Cette indécision institutionnelle ne peut mener qu'à la plus grande confusion.

 

Cette confusion est renforcée par l'indécision des gouvernements successifs, réticents à mettre en pratique des promesses papier par ailleurs contradictoires :

D'un côté on s'engage (?) à réduire la part du nucléaire à 50 % du mix électrique, pour une date glissante proche de la saint glin-glin , tout en évitant soigneusement de préciser le montant du mix électrique de référence.

 

De l'autre côté on déclare limiter la puissance du parc nucléaire à 63,2 GW, qui est la puissance installée actuelle, ce qui ne va pas exactement dans le sens d'une diminution !

 

Enfin on annonce la décision d'arrêter quelques vieux réacteurs, qui sont d'ailleurs en fin de vie, tout en maintenant le chantier de l'EPR, ce qui serait plutôt l'indice d'une persévérance dans cette technologie.

Et pour ceux qui auraient encore quelques doutes, nous apprenons que le Gouvernement vient de demander à EDF une étude chiffrée pour la réalisation de six réacteurs de troisième génération.

 

Ces quelques éléments donnent à penser que, sauf événement inopiné*, l'électronucléaire a encore de « beaux » jours devant lui, mais sans autre certitude que celle que pourrait nous donner notre chère Madame Irma.

 

* Selon Larousse :  inopiné  = Ce à quoi on ne pensait pas... Comme à Fukushima et à Tchernobyl.

 

En France, ce problème de l'électronucléaire plombe toute réflexion saine sur la transition énergétique.

L'absence de décision claire, confirmée par des mesures immédiates levant toute ambiguïté, interdit toute réflexion sur la production d'énergie électrique dans l'avenir, et notamment dissuade les investissements dans les technologies de substitution comme l'éolien, le solaire, le stockage d'énergies intermittentes, la filière Hydrogène, la pile à combustible.

Qui irait investir massivement dans ces technologies, sans un minimum de clarté sur les futurs marchés ?

 

En fait cet électronucléaire est un peu l'arbre qui cache la forêt car aujourd'hui il ne concerne « que » 21 % du besoin total d'énergie.

( 380 TWh sur 1 800 TWh)

Quand on aura résolu le problème des 79 % restants, on aura aussi résolu le problème électrique.

 

Aujourd'hui ces 79 % restants, chaleur et force motrice, sont fournis par les fossiles essentiellement, avec l'apport de la biomasse ( bois énergie), du biogaz, du solaire thermique, et d'un peu de géothermie basse température .

Il faudra donc remplacer environ 1 300 TWh de fossiles par autre chose, décarboné ou à carbone recyclable, en plus des 380 TWh d'électronucléaire évidemment.

On voit bien que le nucléaire n'est pas le plus gros morceau…

 

Actuellement ces 1 300 TWh de fossiles sont tout simplement importés comme nous l'avons déjà dit, essentiellement en produits pétroliers et Gaz naturel fortement émetteurs de CO2 .

Qui connaît aujourd'hui les projets du Gouvernement pour remplacer cette énorme quantité d'énergie par des renouvelables ?

 

La croisade pour les économies d'énergie est bâtie sur l'idée fausse que les français gaspillent l'énergie par plaisir ou perversion, alors que la réalité est plus prosaïque : Il faut beaucoup d'argent pour devenir énergétiquement vertueux, et les français qui en auraient le plus besoin n'ont pas cet argent.

Et ce n'est pas en les pénalisant encore davantage par des augmentations du coût de l'énergie que l'on remplira leurs poches de monnaie.

 

Cette guerre de tranchée entre le Gouvernement qui attend des citoyens des efforts qu'ils n'ont pas les moyens d'assumer, et les citoyens qui attendent de l'Etat qu'il prenne l'initiative des grands travaux indispensables pour sortir des fossiles, peut s'éterniser et nous mener jusqu'au une situation de crise de l'énergie.

Le TGV, AIRBUS, les autoroutes, les grands barrages, les aménagements portuaires, les grands aéroports, les centrales nucléaires, l'usine marémotrice de la Rance, n'ont pas été décidés par les citoyens mais par l'Etat lorsqu'il possédait réellement le pouvoir d'entreprendre et de décider.

 

Ces temps seraient-ils révolus ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0