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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 12:12

15 Novembre 2018

La dette publique de la France se monte à 2 335 Milliards d'euros, et elle augmente de 2 665 euros par seconde !

Nul besoin d'être grand financier pour comprendre que les temps ne sont pas à la générosité de l'Etat, et que le « Trésor » public est à l'affût de toute source nouvelle de rentrée d'argent frais.

Dans ce contexte de course contre la faillite, la Taxe carbone est un véritable cadeau du Père Noël, une tire-lire qui se remplit toute seule, quand y en a plus y en a encore.

Oh bien sûr son but officiel est noble, aussi noble que celui qui motivait en son temps la défunte vignette auto. Il s'agissait alors de consacrer les sommes perçues à l'amélioration des conditions de vie des vieux, et pas du tout de punir les automobilistes. On a vu ce qu'il en advint.

Ici le motif est encore plus noble, puisqu'il s'agit de sauver l'Humanité du désastre climatique qui la menace si l'on ne met pas un terme aux émissions de CO2 dues à la combustion des énergies fossiles.

Dans notre société où l'argent est roi, les bons sentiments et les prises de conscience ne sont pas cotés en bourse ; les exhortations, aussi lyriques soient-elles, ne suffiront pas à provoquer le basculement vers les énergies propres.

Pour abattre l'ennemi fossile, il faut frapper là où çà fait mal, l'argent.

D'où l'idée de taxer les émissions de CO2, en espérant que cette arme suffira à entraîner le basculement énergétique.

Il fut donc décidé d'instaurer une taxe carbone, dont l'importance serait adaptée à la réponse des « marchés » selon le principe universel de la riposte graduée, afin d'asphyxier financièrement le dragon cracheur de CO2.

Cette taxe est appliquée, depuis 2014, suivant le principe « pollueur-payeur ». Elle est donc chargée sur le prix du combustible fossile.

Mais l'utilisation de cette arme, car il s'agit bien d'une arme économique, n'est pas évidente.

Demander aux Etats d'appliquer une taxe carbone, c'est comme demander au condamné à mort de se passer lui-même la corde au cou.

Nos sociétés dites civilisées ne fonctionnent que grâce à l'apport d'un flux colossal de ces énergies sans lesquelles tout s'arrête.

Pas question donc d'arrêter ce flux vital avant d'avoir prévu une solution de remplacement.

Nous avons donc non pas un , mais deux problèmes à résoudre :

D'une part développer, et industrialiser rapidement, des procédés de production d'énergie renouvelable.

D'autre part, inciter l'Humanité à abandonner les énergies fossiles au profit des nouvelles énergies qui continuent, hélas, à être disponibles à bas coût.

Ces deux problèmes sont étroitement liés.

Il n'aura échappé à personne que cette solution de remplacement n'existe pas, du moins pas encore, et il s'en faut de beaucoup.

Dans l'état actuel des choses, appliquer une taxe carbone trop contraignante n'aurait pour résultat que de désorganiser l'économie en perturbant gravement l'ensemble des secteurs, et en particulier celui de la mobilité.

Cette taxe est donc un pétard à manier avec précaution.

Ce que les Etats ont parfaitement compris puisque jusqu'à présent la taxe en question demeure relativement modérée, en-dessous du seuil d'explosivité.

( La manif de Samedi nous dira si ce seuil est dépassé...).

De plus, de nombreuses exonérations sont appliquées pour épargner certaines catégories de consommateurs, selon le caractère social de leur activité, et selon leur pouvoir de nuisance.

En 2018 le montant de la taxe carbone est de 53,5 euro TTC par tonne CO2.

Ce montant doit augmenter dans le futur, avec le planning suivant :

65,40 euro en 2020

86,20 euro en 2022

Avec une projection à 100 euro pour 2030, taux révisables selon l'impact sur la réduction des émissions de CO2.

Le « rendement » de la taxe carbone a été de 5,6 Milliards en 2017, pour passer à 10 Milliards en 2018, et 12,8 Mds espérés en 2019.

La taxe carbone est une contribution ( CCE, Contribution Climat Energie ), et donc les sommes perçues sont attribuées à une utilisation précise, contrairement à une taxe.

Encore faudra-t-il vérifié le bon usage des sous.

Les voitures sont évidemment concernées, sauf quelques exonérations.

Sachant que la combustion de 1L de super dégage 2,28 Kg CO2, l'impact de la taxe est donc de 0,12 euro par litre.

L'objectif officiel étant évidemment d'inciter les consommateurs à délaisser les carburants fossiles pour l'électrique (ou tout autre solution verte), ou bien de réduire leur consommation par une « meilleure » gestion de leur mobilité.

Chacun jugera de la pertinence de cette stratégie, qui ne peut être perçue que comme une punition, la consommation des véhicules étant de la responsabilité des constructeurs, et non pas des usagers qui n'ont pas d'autre choix que d'acheter les véhicules qu'on leur propose.

L'acceptabilité, ou non, de cette taxe dépendra beaucoup de l'usage qui sera effectivement fait des sommes perçues, selon qu'elles seront intégralement consacrées au financement de la transition énergétique, ou utilisées à d'autres fins plus ou moins avouables.

Le rapport de la Commission de Haut niveau sur les prix du Carbone ( 29 Mai 2017)

rappelle à ce sujet:

« Parmi les possibilités : redistribuer les ressources (de la taxe) sous forme de réduction d’impôts pour les ménages, soutenir les plus pauvres via les systèmes sociaux, faciliter les ajustements de la transition, investir dans des infrastructures bas carbone, et encourager le changement technique et l’innovation ….

Certains pays peuvent décider que les trajectoires de tarification du carbone qui seraient nécessaire si cet instrument était le seul ou le principal outil utilisé

se traduiraient par des coûts d’ajustement trop élevés ou des impacts inacceptables sur certaines catégories de population. D’autre peuvent décider que compte tenu du niveau d’incertitude, des impératifs d’apprentissage, et de l’urgence d’une transformation importante, un changement rapide et plus équitable pourrait être obtenu de manière plus efficace et plus efficiente en utilisant d’autres outils et d’autres instruments. La forme que prendront ces politiques variera d’un pays à l’autre et devront tenir compte des circonstances locales et nationales « .

Ref :

https://www.connaissancedesenergies.org/sites/default/files/pdf-actualites/rapport_prixducarbone_final_29mai.pdf

 

Cette taxe, qui vient s'ajouter à la Kyrielle déjà en place, et aux augmentations des tarifs de l'énergie, pourra être le déclencheur d'un mouvement de fond protestataire, si le Gouvernement n'adopte pas une politique de communication claire sur les buts et les moyens de la transition énergétique.

L'extrait ci-dessus montre qu'il y a du grain à moudre.

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 16:49

La voiture de papa à la croisée des chemins.

10 Novembre 2018

La croisade contre les émissions de CO2 fossile se mène sur plusieurs fronts. Le secteur des véhicules particuliers et des utilitaires légers constitue l'un de ces fronts, avec en ligne de mire les carburants pétroliers, et une victime expiatoire, le moteur thermique.

Cette croisade est menée depuis déjà longtemps sous l'égide de la Commission Européenne, en parallèle avec les normes Euro qui surveillent essentiellement les émissions toxiques dites « polluantes ».

On peut constater aujourd'hui, grâce à la mise en œuvre des nouveaux protocoles d'homologation WLTC et surtout RDE, que le programme de réduction drastique des émissions de CO2 de ces moteurs a échoué.

Pour s'en convaincre, il n'est que de constater l'échec lamentable des tentatives de camouflage du problème par le moyen de protocoles d'homologation détournés par des manœuvres logicielles qui démontrent l'incapacité des constructeurs à résoudre le problème, dès lors que la clientèle exige un niveau de performances incompatible avec les lois incontournables de la thermodynamique, du moins celles qui régissent le moteur thermique à quatre temps.

A vouloir d'un côté maintenir un niveau de performances déraisonnable parce que le marché l'exige (?), et de l'autre côté imposer des normes d'émissions de plus en plus sévères parce que la Commission Européenne l'exige, il fallait bien qu'un jour ou l'autre ces deux exigences contradictoires entrent en conflit, sonnant ainsi la fin d'une partie qui durait depuis plus de vingt ans.

La profession est maintenant au pied du mur.

Impossible de se conformer aux exigences normatives de la lutte contre les émissions de CO2 tout en continuant à fabriquer les mêmes voitures, avec les mêmes performances, les mêmes prestations et le même combustible pétrolier.

D'autre part, continuer comme devant en bidouillant les tests pour afficher des résultats flatteurs mais bidons, n'est désormais plus possible.

Les associations de consommateurs sont aux aguets, des actions en justice sont désormais possibles, et les constructeurs encore tentés par la triche risquent de très fortes amendes et indemnités.

Non seulement parce que les nouveaux protocoles sont beaucoup plus « robustes » contre des tentatives de bidouilles, voire de fraudes, mais également parce que la lutte contre les émissions de CO2 ne doit plus être seulement le prétexte à booster le business du secteur automobile au mépris des engagements de la transition énergétique, comme ce fut le cas jusqu'à présent.

( Les acheteurs de voitures neuves ont a cœur de ne choisir que des véhicules conformes aux dernières normes. Il suffisait donc de changer ces normes tout les trois ans pour assurer un renouvellement du parc...)

 

Pour compléter la norme Euro, qui s'intéresse surtout à la pollution, la Commission Européenne a fixé une règle qui impose une valeur maximale d'émission de CO2/km calculée sur la moyenne des émissions de tous les modèles commercialisés par un constructeur :

« Au niveau communautaire, le règlement 333/2014 du 11 mars 2014 sur la réduction des émissions de CO2 des voitures particulières neuves, impose aux constructeurs

une moyenne de 95 g / km d'ici fin 2020. Ainsi, début 2020, l’objectif devra être atteint pour 95 % des voitures neuves vendues, cette proportion passant à 100 % fin 2020.

D’ores et déjà, la Commission prévoit un objectif situé dans une fourchette de 68 g à 78 g de CO2/ km à l’horizon 2025, soit une réduction de 4 à 6 % par an par rapport à l’objectif de 2020 ».

(Ref ADEME).

Les valeurs d'émissions de CO2 prises en compte pour le calcul de la moyenne constructeur étaient jusqu'à présent celles du cycle NEDC, donc très fortement minimisées par rapport à la réalité.

(Non seulement ce cycle était très peu exigeant en matière d'efforts demandés aux moteurs, mais en plus le protocole tolérait une « préparation » spéciale des modèles visant à obtenir les résultats les plus favorables au banc d'essai. Et bien sûr il n'était prévu aucun test routier).

A partir de 2019, ces valeurs seront celles du nouveau cycle WLTP, donc nettement supérieures puisque ce cycle est plus sévère que l'ancien.

(Nous ne parlons pas des valeurs dites « NEDC corrélé » qui ne sont qu'un bidouillage provisoire, du moins nous l'espérons).

Dans ces conditions, et stricto sensu, la plupart des modèles actuels sont recalés.

La situation paraît sans issue.

Rappelons que les émissions de CO2 ne sont pas autre chose que le résultat de l'oxydation des atomes de Carbone contenus dans le carburant.

Elles sont donc directement proportionnelles à la consommation, à la fraction près des rejets constitués du monoxyde de Carbone, des hydrocarbures imbrûlés, et des particules de suie, qui représentent heureusement une part minime des effluents (Minimes mais très toxiques).

Pour émettre moins de 90 gCO2/km, il faut donc que la consommation soit inférieure à 3,85 L/100 en essence (Ref C8H18), ou 3,45 L/100 en Diesel (Ref C16H34).

Ces chiffres sont indépendants du type de moteur, de sa cylindrée, de sa puissance, de son rendement, etc, ils résultent simplement de l'équation chimique de combustion, dans les conditions stoechiométriques.

Chaque usager peut ainsi, en fonction de la consommation réelle de son auto, savoir si ses émissions de CO2 sont supérieures, et de combien, à 95gCO2/km.

Par exemple, la consommation moyenne des véhicules particuliers du parc actuel est d'environ 7L/100 km. Les émissions moyennes de CO2 sont donc de 173 g/km, soit près de deux fois la valeur souhaitée.

Et ce n'est qu'une moyenne ...

Avec le protocole NEDC il était relativement facile d'afficher des chiffres flatteurs avec les petites citadines, les diesels moyen de gamme, et le bonus des électriques et hybrides, ce qui permettait par ailleurs de produire les monstres genre 4x4 et SUV voire plus* tout en gardant la valeur moyenne des émissions « constructeur » sous la limite.

* Les acheteurs de ces gammes ne sont pas très regardants sur le montant du malus...

(A l'image de notre société, les pauvres roulent en petites autos pour permettre aux riches de rouler carrosses).

Mais avec le nouveau protocole WLTP, les consommations mesurées, bien qu'encore inférieures à la réalité, vont être automatiquement augmentées de 20 à 30% en moyenne, et davantage sur certains modèles.

Les 95 gCO2/km sont dans les choux, sauf pour les véhicules sans permis, encore faudrait-il le vérifier...

Et que dire de la limite future à 70 gCO2/km, qui pourtant est encore trop élevée pour la Planète.

Faites vos jeux, rien ne va plus...

Tout cela vaut ni plus ni moins condamnation du moteur thermique à pétrole, sauf à trouver encore une nouvelle combine pour afficher des valeurs conformes...

Mais une telle manœuvre serait catastrophique car elle vaudrait cette fois condamnation de la transition énergétique elle-même.

Comment s'en sortir, sachant que la solution devra être applicable rapidement car il n'est pas question de mettre en panne le secteur automobile, qui génère des millions d'emplois en Europe.

Autant essayer de remplacer le moteur d'un avion en plein vol...

Certes, des dispositions vont être prises en concertation afin de gérer une période transitoire, qui ne saurait être inférieure à plusieurs années, en visant l'horizon 2025.

On connaît ces dispositions :

- Dérogations temporaires.

- Report de l'obligation d'affichage des résultats WLTP au profit du NEDC corrélé.

- Report de l'obligation d'affichage des résultats des tests RDE.

- Eventuellement remplacement du test RDE par la simulation CO2MPAS.

- Augmentation du coefficient de pondération des VE dans le calcul des taux moyens de CO2 constructeur.

- Augmentation du bonus pour innovations, dans le calcul du taux moyen de CO2.

- Affinage du système d'accords entre constructeurs pour échanger des « points » de CO2.

- Eventuellement, négociations pour obtenir un relèvement progressif de la valeur limite des émissions moyennes de CO2 fixée par la Commission.

Etc.

Nous aurons droit à toute la panoplie durant les trois ou quatre prochaines années, que les constructeurs mettront à profit pour peaufiner une stratégie les mettant à l'abri de sanctions pour dépassement illicite des émissions de CO2.

Mais cette trêve serait inefficace si elle n'était accompagnée d'un programme industriel Européen ambitieux capable de négocier cette crise sans compromettre l'avenir du secteur.

Car n'en doutons pas, si nous ne sommes pas capables de respecter les réglementations que nous avons nous-même établies, d'autres le feront à notre place, et prendront notre place sur NOS marchés.

L'objectif est simple, mais très difficile à atteindre :

Pour un constructeur, il s'agit de réduire la consommation moyenne (de carburant pétrolier fossile ) de l'ensemble de sa gamme commercialisée, de manière à respecter la limite des émissions de CO2 fixée pat la Commission Européenne.

Sauf à ne fabriquer que des modèles aux performances très dégradées, invendables, la seule solution consiste à réduire la part de carburant pétrolier fossile en l'associant à, ou en le remplaçant par, un carburant non émetteur de CO2, ou émetteur de CO2 renouvelable.

Cette voie a été déjà explorée, et il existe ici et là une multitude de solutions, visibles hélas plus dans les salons que sur la route.

Plusieurs solutions sont connues :

- 100% électrique, avec une grosse batterie.

- Thermique avec Biocarburant.

- Thermique avec bio gaz GNV.

- Hybride avec moteur thermique et carburant pétrolier associé au GNV.

- Hybride avec carburant pétrolier ou biocarburant et batterie de capacité moyenne.

- 100% électrique avec combustible Hydrogène et pile à combustible.

Etc.

L'imagination est sans limite, on a même vu des voitures à air comprimé.

La ou les solutions choisies pour le court moyen terme dépendront non seulement des bureaux d'études, mais aussi du contexte environnemental et en particulier de la disponibilité du ou des carburants alternatifs envisagés, des réseaux de distribution correspondants, et bien entendu du prix et des taxes associées.

Les biocarburants de troisième génération, les seuls compatibles avec une transition énergétique réellement verte, ne sont pas encore disponibles.

Le Biogaz (BioMéthane, ou GNV) commence à exister mais les quantités sont faibles et le réseau de distribution inexistant, et pour cause.

Ne parlons pas du GPL et de l'Hydrogène, qui sont aujourd'hui des rejetons du pétrole.

La filière Hydrogène vert est pourtant un grand espoir de la transition énergétique, mais où sont les installations d'électrolyse et qui fabrique les piles à combustible qui vont avec ?

La seule solution réellement disponible en volumes, et déjà en phase d'industrialisation, est la voiture électrique à batterie.

C'est la seule technologie qui autorise un basculement à court-moyen terme de la production automobile.

Avec éventuellement une étape de transition utilisant l'hybride sous réserve de conformité avec les normes, ce qui n'est pas évident avec les nouveaux protocoles d'homologation.

Mais ce choix n'augure en rien de là ou des solutions futures de 2030 ou 2040.

Car en effet le choix du passage au véhicule électrique n'est pas anodin. Les moteurs et surtout les batteries utilisent des technologies très gourmandes en métaux rares dont l'extraction et le raffinage sont extrêmement polluants, gros consommateurs d'eau, générateurs d'atteintes à l'environnement et émetteurs de grandes quantités de CO2, celui que l'on veut précisément combattre.

Les réductions des émissions de CO2 obtenues par l'usage des véhicules électriques risquent fort d'être contrebalancées par les dégâts environnementaux et humains causés par l'extraction et le raffinage des métaux rares, des terres rares, et du Lithium des batteries, et les émissions de CO2 associées à bien d'autres produits toxiques.

(Notamment ceux générés par le recyclage...)

Mais qu'importe, le progrès sera chez nous, les dégâts dans le tiers-monde, comme d'habitude...

Que cette petite pensée pour les forçats du Lithium et des terres rares ne nous empêche pas de dormir, il paraît qu'il faut de tout pour faire un monde.

Est-ce bien celui-là que nous voulons ?

En Septembre 2018, le parc de véhicules électrique (VE) s'élevait à 150 000, soit 0,4% du parc automobile.

Nous ne comptons pas les hybrides car les modèles actuels ne sont pas adaptés aux exigences du nouveau protocole WLTP + RDE. Ils sont en général équipés de moteurs thermiques beaucoup trop puissants.

Pour renouveler le parc, il faut donc monter en cadences jusqu'au niveau de deux millions de véhicules par an, qui est la cadence de renouvellement actuelle.

Etant actuellement à l'année zéro, il faudrait au moins cinq ans, dans le meilleur des cas, pour atteindre deux millions de véhicules pas an, puis une quinzaine d'années pour renouveler le parc.

Nous parlons donc de l'horizon 2040, ce qui nous laisse quelque temps pour peaufiner une stratégie viable, qui ne soit pas remise en question par chacun des présidents qui se succéderont d'ici là.

Comme dit l'autre, il n'y a pas le feu au lac...quoique.

En plus des problèmes industriels inhérents à la nouvelle technologie électrique, d'autres problèmes seront à résoudre pour créer ce nouveau marché.

Les obstacles à réduire sont :

- D'une part le financement de la période de croissance en volume, car les coûts seront nécessairement élevés jusqu'au régime de croisière, et le système des primes et des bonus ne correspond à aucun modèle économique ; Il ne peut être utilisé que pour des volumes faibles, comme aujourd'hui.

( Le cadeau de 6000 euro à l'acheteur d'un VE ne pourra pas être maintenu au-delà d'un million de commandes, 6 Milliards tout de même...).

- D'autre part, le marché ne pourra pas se développer sans des infrastructures de recharge des batteries, dont le coût devra être répercuté sur le prix de vente de l'électricité « auto ».

(Le principe de la recharge gratuite est une illusion lorsque l'on parle de bornes de charge rapide de 150 ou 250 KW).

- Par ailleurs un marché du VE neuf ne pourra se développer que s'il y a un marché de l'occasion, lequel ne pourra exister que si le coût de remplacement de la batterie est « raisonnable ».

- Enfin le vrai coût de l'électricité de recharge des batteries n'a jamais été explicité.

On connaît aujourd'hui le prix des carburants pétroliers et des taxes associées. Qu'en sera-t-il du prix du KWh prélevé sur une borne de charge rapide d'autoroute, et quelles seront les taxes associées ?

- L'approvisionnement des métaux et terres rares, et du Lithium des batteries, pourra devenir difficile lorsque le marché deviendra très demandeur.

En effet, la demande de Lithium ne se limitera pas à la voiture électrique; le développement des énergies renouvelables éolienne et solaire sera accompagnée d'une très forte demande de capacités de stockage pour compenser l'intermittence de ces sources. Une très forte demande viendra également du réseau de bornes de recharge des batteries de voitures dont les stations devront posséder une capacité importante pour faire face aux demandes de pointe.

De même la mise en œuvre du réseau intelligent induira une forte demande pour le stockage domestique.

On peut donc craindre un goulot d'étranglement lorsqu'il s'agira de fournir des batteries pour toutes ces applications.

Chacun de ces problèmes constitue un obstacle au développement du marché de l'électrique, et aucune solution n'apparaît à moyen terme.

- Le coût des batteries au Lithium est toujours un obstacle. Les coûts spécifiques de production (Coût au KWh de capacité) baissent, mais les exigences de capacité augmentent.

De 20 KWh pour les premiers modèles de VE, la capacité « standard » d'un VE de milieu de gamme est passée à 40 KWh et bientôt à 60 KWh, avec l'objectif de 100 KWh voire plus.

- La batterie représente une part très importante du prix d'un VE. La connaissance de sa durée de vie et des conditions de garantie est donc essentielle. Or le retour d'expérience, s'il est connu, demeure confidentiel. La valeur de revente est ainsi problématique, l'évaluation du SOH (State Of Health) de la batterie étant aujourd'hui réalisée de manière très empirique, voire au pifomètre, ce qui fait du marché de l'occasion du VE une loterie plus proche de la vente des pochettes surprises que de la transaction gagnant-gagnant.

- Pour récupérer en 10 minutes 80% de charge d'une batterie de 60 KWh, il faut une borne de 300 KW.

Ces chiffres, hélas incontestables, donnent la mesure du problème de l'ouverture des autoroutes au véhicule électrique.

Or aujourd'hui le réseau en cours d'installation ne prévoit que des bornes de 50 KW.

Sans parler des problèmes de standards de raccordements.

Les modèles proposés aujourd'hui sont des tentatives d'amorçage de différents secteurs de marché.

Amorçage plutôt laborieux pour le tout électrique, compte tenu des prix élevés malgré la prime de 6000 euros et le faible coût du carburant électrique pour des charges à domicile.

A ce peu d'intérêt de la clientèle, on peut chercher des explications :

Le bénéfice du faible coût de la recharge à domicile ne peut profiter qu'à un usage citadin, généralement associé à un faible kilométrage annuel, et donc une économie peu significative sur le carburant. Encore faut-il disposer d'un accès à une wallbox, ce qui n'est pas évident en habitat collectif et/ou pour le stationnement sur la voie publique comme c'est la cas de nombreuses voitures.

Quant aux gros rouleurs, usagers des autoroutes et des grands parcours, le tout électrique leur est interdit faute d'un vrai réseau de charge rapide.

Ces arguments, difficilement contestables, peuvent suffire à expliquer le peu d'empressement des clients à dépenser plus pour acquérir un VE, qui sera de plus difficile à revendre, alors qu'il existe une multitude de modèle thermiques convenables à 10 000 euros et sans malus !

Avec de tels handicaps, le VE aura bien du mal à coexister avec la voiture à pétrole qui, dans l'état actuel des choses, demeure significativement moins chère et bénéficie d'une expérience du marché de plusieurs dizaines d'années.

On peut donc craindre que le basculement ne pourra s'amorcer réellement que sous l'effet de contraintes extérieures, qui ne manqueront pas de provoquer des réactions violentes des usagers :

- Augmentation des taxes sur les carburants pétroliers, dont le montant collecté servirait à financer les avantages accordés aux VE.

- Interdiction des véhicules à moteurs thermiques dans les agglomérations.

La situation économique actuelle ne permet pas d'appliquer un programme aussi contraignant, compte tenu de la place occupée par l'automobile dans toutes les couches de la société.

Pour un parc actuel de 35 Millions de véhicules, seuls 2 Millions sont renouvelés chaque année. Il est illusoire de chercher à augmenter significativement cette proportion, surtout pour en plus acheter des voiture plus chères !

Des mesures contraignantes n'augmenteront pas le pouvoir d'achat des clients, qui auront par ailleurs à faire face à des augmentations du coût de la vie ( La vraie, pas celle de l'indice officiel...).

Ces contraintes seront contrebalancées pas les avantages accordés aux VE :

- Prêts à taux zéro pour l'achat d'un VE.

- Stationnement réservé et gratuit en agglomérations pour les VE.

- Création d'un service de train-auto à bas prix réservé aux VE pour les grands trajets.

- D'autres avantages pourraient être accordés dans le cadre du développement du réseau intelligent, en cas d'association de la batterie de VE au système de stockage dynamique.

On peut certes programmer la mort de la voiture de papa, mais encore faut-il pouvoir proposer autre chose à la place.

Cet autre chose est aujourd'hui un objet assez indéterminé. Il suffit pour s'en convaincre de lire les catalogues de la rentrée sur les véhicules électriques ou électrifiés de toutes obédiences proposés à la vente.

Le lecteur est d'abord impressionné par le nombre de modèles commercialisés et leur diversité, compte tenu du parc actuel roulant plus ou moins à l'électricité et qui peine à décoller des 1,5%.

La seconde surprise est qu'aucun de ces véhicules n'est apte à effectuer des longs trajets sur autoroutes, qui demeurent donc réservées à la voiture de papa, jusqu'à nouvel ordre.

Cette inaptitude tient à l'inadéquation entre l'autonomie des VE d'une part, et la puissance de charge et le nombre des bornes disponibles d'autre part.

La troisième surprise est que seul l'américain Tesla innove réellement en Europe en fournissant à la fois les voitures et le réseau de charge, propriétaire évidemment, montrant ainsi que sans réseau de charge les VE n'iront jamais sur l'autoroute.

Et qui irait dépenser plus de 50 000 euros pour une auto impossible à utiliser sur ces voies rapides ?

La quatrième surprise est l'absence de ligne directrice montrant que les constructeurs savent où aller et comment y aller.

Tout électrique, Hybride non rechargeable, Hybride rechargeable, batterie de 40, 60, 100 KWh et plus, avec ou sans prime à l'achat, tout cela fait un peu souk de Marrakech, pas de nature à rassurer le client pour qui la voiture est encore un investissement, et non un objet jetable comme on voudrait nous en persuader.

 

La cinquième surprise, c'est bien sûr les prix, mais là il ne fallait pas attendre de miracle, seule les quantités permettront de réduire les coûts de fabrication.

Mais l'amorçage de la pompe semble très laborieux.

 

La sixième surprise, c'est le flou entretenu par les vendeurs sur la consommation des véhicules électriques, qui se traduit par des valeurs annoncées d'autonomie qui sont largement surestimées par rapport aux valeurs obtenues lors d'essais effectués par des organismes indépendants, selon des conditions diverses.

 

Tout cela respire un peu non pas l'amateurisme, mais l'incertitude des constructeurs eux-mêmes sur l'avenir de leur secteur.

Les « bons pères de famille » n'aiment pas l'incertitude.

La voiture de papa a probablement encore de beaux jours devant elle...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 15:28

 

 

Du NEDC au WLTP, désir de clarté ou nouvelle entourloupe en préparation ?

 

2 Novembre 2018

 

Jusqu'à il y a peu, l'usager désireux d'acquérir une auto et de connaître son niveau de consommation et de pollution, disposait de données officielles issues d'une source unique, le protocole d'homologation NEDC, qui figuraient au catalogue du constructeur.

Il avait ainsi l'assurance qu'un véhicule proposé à la vente appartenait à un modèle ayant satisfait les tests d'homologation dont les résultats figuraient dans le catalogue .

Bien sûr tout le monde savait, du moins on l'espère, que les chiffres des catalogues, qui reflétaient les résultats de l'homologation NEDC, étaient parfaitement fantaisistes; mais ils donnaient bonne conscience au client, qui se laissait volontiers convaincre de faire une opérations écologique.

 

De leur côté les constructeurs n'avaient que peu de contraintes au niveau de la consommation réelle de leurs modèles et de leurs émissions polluantes. Il leur était relativement facile d'afficher des résultats flatteurs prouvant le respect des normes Euro, grâce à la bienveillance du cycle NEDC utilisé pour les homologations, et aussi par la mise en œuvre de quelques astuces logicielles donnant au véhicule testé les ressources provisoires d'une « vertu adaptative ».

 

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

 

Et puis voici que, coup sur coup, les constructeurs se sont trouvés confrontés à quatre

obstacles réglementaires incontournables, dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils placent la barre si haut que le marché de l'automobile risque de se trouver sérieusement chahuté dans les années qui viennent, avec des signes avant-coureurs dès cette rentrée 2018.

 

Le premier obstacle fut bien sûr le « Diesel gate », révélant une tricherie généralisée, officialisant les turpitudes conduisant au discrédit total des chiffres flatteurs des catalogues.

La réputation des constructeurs fut en partie ruinée, et la confiance des clients sérieusement entamée.

Mais le plus désastreux demeure la révélation du mépris manifesté à l'égard du problème du changement climatique lié aux émissions de CO2 anthropique, avec la bénédiction des gouvernements parfaitement au courant de ces entorses depuis des années.

Comment espère-t-on obtenir l'adhésion des citoyens à une démarche écologique quelconque si le mauvais exemple est donné par les plus hautes sphères ?

Il sera difficile d'effacer les blessures d'un tel abus de confiance.

 

Le second obstacle, conséquence du premier, est le remplacement de l'ancien protocole NEDC par un nouveau dispositif WLTC (ou WLTP), qui sera dorénavant la base des mesures des émissions de polluants et de CO2 pour l'homologation des nouveaux modèles.

Cette fois c'est juré, nous aurons les valeurs exactes des émissions gazeuses et de la consommation des voitures dans les conditions normales d'utilisation, le client saura à quoi s'attendre et ne sera plus contraint d'acheter chat en poche.

 

Quand seront appliquées ces nouvelles dispositions ?

Là c'est plus compliqué car une période d'adaptation sera évidemment nécessaire.

Le passage du vice à la vertu exige d'emprunter des chemins longs et ardus.

(Comme disait l'autre : « la route est droite, mais la pente est forte »).

Comptez plusieurs années, au cours desquelles il faudra être très méfiants, surtout en matière de bonus-malus.

D'autant plus que, dans le même temps que les constructeurs tâcheront d'adapter leurs productions aux exigences des normes, ces mêmes normes évolueront vers davantage de sévérité, en sorte que le travail des bureaux d'études ressemblera fort au mythe de Sisyphe, et que ces malheureux se trouveront condamnés à rouler leur rocher jusqu'à la fin des temps...

( La fin des temps du pétrole bien entendu).

 

Ce nouveau cycle de mesures WLTC est plus proche des conditions réelles d'utilisation, en tout cas suffisamment pour contraindre les constructeurs à améliorer sérieusement les performances des véhicules présentés afin de respecter la norme Euro 6, qu'ils avaient déjà beaucoup de mal à satisfaire avec le bon vieux cycle NEDC, pourtant très bon enfant.

Mais ce cycle WLTC conserve les défauts du précédent, en ce sens qu'il ne tient pas compte des conditions d'utilisation réelles puisqu'il se déroule en atelier, les conditions de roulage étant simulées au banc à rouleaux à partir d'un logiciel, et l'on sait ce qu'il est possible de faire avec un logiciel...

Les résultats seront donc encore assez éloignés des véritables valeurs d'émissions sur la route ou en ville aux mains de M.Tout le monde.

 

Et c'est là qu'intervient le troisième obstacle, qui est l'obligation de subir un test complémentaire du WLTC en conditions réelles routières, le test RDE, Real Driving Conditions, qui révèle le vrai comportement du véhicule et surtout ses émissions réelles de polluants et sa consommation d'usage grâce à un PEMS (Portable Emissions Measurement System) monté sur une petite remorque accrochée derrière le véhicule sous test.

Plus question alors de tripatouiller les chiffres, et en particulier la consommation et les émissions de C02.

Non seulement le test sera plus sévère, mais en plus les tricheries seront sévèrement pourchassées.

Mais tout le monde convient que dans ce genre de test le choix du parcours influe fortement sur les résultats, de même que les conditions météo, l'état de la route, etc.

L'intérêt pratique sera difficile à mettre en évidence à cause de la non reproductibilité des conditions d'essai.

D'autre part ce type de test sur le terrain nécessite des moyens importants et beaucoup de temps.

 

Pour éviter les dispersions des mesures liées à la non reproductibilité des parcours et des conditions météo, et également pour raccourcir la durée de ces tests sur le terrain, une solution alternative a été proposée, au moins pour une période transitoire ; il s'agit non plus d'effectuer des mesures sur le terrain en tentant de reconstituer les conditions de référence, mais d'utiliser plutôt une simulation logicielle à partir de conditions initiales propres à chaque modèle testé.

 

Dans ce but, la Commission Européenne a confié au JRC ( Joint Research Center ) la tâche de développer un outil logiciel capable de simuler le comportement d'un véhicule à partir de variables d'entrées représentant le véhicule, sa motorisation, ses conditions d'utilisation, et toutes autres données susceptibles d'influer les résultats de mesures de conformité pour l'homologation.

Il s'agit de l'outil C02MPAS, dont la version 2.0.X est en essai depuis 2016 pour validation avant mise en service pour 2019-2020.

Voir en particulier :

https://ec.europa.eu/jrc/sites/jrcsh/files/co2mpas-introduction_20oct-morning_2.pdf

 

Le quatrième obstacle est l'établissement d'une limite aux émissions de CO2 par les moteurs thermiques.

En effet la norme Euro ne fixe pas de limite aux émissions de CO2, puisque ce gaz n'est pas un polluant.

(Il est seulement mortel, mais à très forte dose il est vrai, et nous en sommes encore fort éloignés).

Or le vrai but de la transition énergétique est la réduction des émissions de CO2, qui sont directement proportionnelles à la consommation de carburant des véhicules.

C'est donc la Commission qui « s'occupe » de ce gaz.

La limite des émissions moyennes de CO2 de la gamme des véhicules d'un constructeur demeure fixée à 90 g/km, avec les pénalités déjà définies auparavant, et une perspective de baisse de cette limite de -15%, puis – 30% en 2030.

Or le nouveau protocole WLTC donne automatiquement des valeurs majorées par rapport au NEDC.

(Les résultats constatés donnent des valeurs de CO2 systématiquement supérieures de 20 à 30% aux valeurs NEDC, avec parfois des dépassements inavouables).

 

Cette avalanche de punitions a mis les bureaux d'études en effervescence, les seuls modèles capables de traverser les cycles WLTC et RDE sans être recalés sont les petites citadines, et encore pas toutes, il s'en faut de beaucoup.

 

Le comble de cet aggiornamento, c'est que les PHEV, Plug-in Hybride Electric Vehicle, qui avaient le vent en poupe, se retrouvent quasiment tous recalés !!

 

En effet, le cycle WLTC pour les hybrides comprend plusieurs phases :

Une phase effectuée batterie pleine, éventuellement répété jusqu'à ce que la batterie soit vide. Cette phase permet de mesurer l'autonomie électrique du véhicule de manière plus réaliste car le nouveau cycle se rapproche des conditions réelles de vitesse et d'accélération.

Une autre phase effectuée batterie vide, qui mesure les émissions du moteur thermique seul, dans des conditions plus sévères que l'ancien cycle NEDC.

Les émissions de CO2 sont calculées sur l'ensemble de la distance parcourue durant les deux cycles.

On imagine sans peine le subtil calcul auquel devront se livrer les constructeurs de PHEV : Bien choisir l'attelage batterie + moteur thermique de manière à satisfaire les tests d'homologation, tout en offrant au client des performances attractives et concurrentielles sans cracher trop de CO2 sur la route.

 

(N'oublions pas le bonus pour les véhicules qui émettent moins de 50gCO2/km).

D'autant plus qu'un cinquième obstacle se dresse devant le PHEV :

A partir de 2020, l'avantage fiscal sera retiré si la batterie ne remplit pas la condition minimale des 0,5 KWh pour 100 kg de poids du véhicule.

 

Le tout électrique n'est pas épargné, car le nouveau protocole ( WLTP = WLTC + RDE) tord le coup à la légende des autonomies fabuleuses.

Les 400 km parfois annoncés dans les catalogues se retrouvent ramenés à 250 km, les futurs acheteurs vont tomber de haut. Certains s'enfuiront en courant.

Mais cette purge était nécessaire, on ne construit pas un marché solide sur des boniments de foire.

 

Tous les constructeurs se trouvent dans la situation d'une poule qui a trouvé un couteau.

Que faut-il donc faire pour encore vendre des voitures ?

D'autant plus que les solutions alternatives ne sont pas réellement disponibles :

Le Bioéthanol peut remplacer l'essence issue du pétrole, mais d'une part sa production en grand volume constituerait une concurrence sérieuse des productions alimentaires, et d'autre part les biocarburants de troisième génération ne seront pas disponibles avant longtemps.

L'Hydrogène avec une pile à Hydrogène ne sera une solution acceptable que si l'Hydrogène est produit par l'électrolyse de l'électricité verte, ce qui n'est évidemment pas le cas aujourd'hui.

Le GNV peut être une solution dans la mesure où la version produite à partir de déchets ou de biomasse renouvelable n'est pas en concurrence avec les productions alimentaires. Mais les quantités de Bio Méthane ne sont pas encore suffisantes.

 

Nous aurons à surveiller de très près la façon dont les constructeurs vont gérer cette situation nouvelle.

 

Il faudra surtout être attentifs à d'éventuelles tentatives de contournement des normes, car les marques s'entendent à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, et à noyer un poisson qui commence déjà à manquer d'air.

On peut avoir une petite idée de ce qui nous attend, de par la complexité des références de conformité aux normes :

NEDC, EURO 6, WLTC, RDE, CO2MPAS, NEDC corrélé , langage de spécialistes qui se gardent bien d'en donner les codes.

 

Beaucoup des véhicules actuels figurant dans les catalogues sont en dehors des clous lorsqu'ils passent les tests WLTP, et surtout RDE, et deviennent donc impropres à la vente.

La mise en conformité de la production, lorsqu'elle est possible, sera longue et entraînera même le retrait de certains modèles devenus impossibles à homologuer.

 

Pour éviter une catastrophe industrielle, il a été décidé de surseoir à l'affichage des résultats WLTP tel qu'il était prévu en 2018.

Les tests seront bien réalisés, mais les valeurs affichées seront des valeurs de complaisance (çà commence) calculées de manière à minimiser l'ampleur du désastre.

Ces valeurs, dénommées « NEDC corrélées », ou « NEDC 2.0 », sont en fait calculées à l'aide de l'outil de simulation CO2MPAS dont nous avons parlé plus haut.

Ces valeurs sont intermédiaires entre NEDC et WLTP.

La méthode de calcul est précisé ici :

 

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:02017R1152-20180724&qid=1536845081657&from=FR

Comme dans tout logiciel de simulation, il suffit de tripatouiller les données d'entrée pour obtenir le résultat souhaité en sortie.

 

On aura compris qu'il s'agit une fois de plus de cacher la misère, en bidouillant les résultats de tests pour que la mariée soit plus belle.

Cette phase transitoire pourra durer le temps qu'il faudra aux constructeurs pour trouver des solutions satisfaisantes (pour qui?).

A nous d'être attentifs à ne pas avaler trop de couleuvres.

 

L'affichage de nouvelles valeurs de CO2 , quelles qu'elles soient, aura un impact direct sur le bonus-malus, selon l'adaptation des barèmes effectuée, ou pas, par l'Etat.

L'acheteur devra être attentif et suivre de près les cours du jour.

A quoi correspond la valeur de CO2 affichée pour le modèle convoité ?

( NEDC ? NEDC corrélé ? WLTP?)

Le modèle a-t-il subi le test RDE ? Avec quels résultats ?

Quel sera le malus, ou le bonus, appliqué à CE modèle ?

 

Certains envisagent de s'orienter vers un modèle d'occasion, au moins pour les deux ou trois prochaines années, en attendant que cette foire se décante.

A moins que l'Etat, qui a bien vu la faille, n'y mette bon ordre en taxant lourdement les voitures d'occasion de plus de dix ans.

 

Attendons-nous à vivre des temps difficiles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 10:19

La voiture à quatre litres aux cent...Suite, mais pas fin.

 

22 Octobre 2018

 

La transition énergétique comporte deux volets :

D'une part, le développement des énergies nouvelles décarbonées ou à carbone recyclable, en vue du remplacement des énergies fossiles.

D'autre part, la réduction drastique de nos besoins énergétiques, car les énergies nouvelles ne suffiront pas à satisfaire une demande colossale et en expansion continue.

 

La voiture est l'une des importantes sources de consommation d'énergie, et à ce titre constitue l'un des leviers pour la réduction des émissions du CO2 indésirable, en attendant de disposer d'autres sources d'énergie plus conforme à la nouvelle doxa.

 

Avant le branle-bas déclenché par la mobilisation contre le réchauffement climatique, les émissions de CO2 ne préoccupaient personne, et l'Etat trouvait son compte dans la vente de carburants porteurs d'une taxe substantielle.

Mais les temps ont changé (sauf pour les taxes), la concurrence mondiale est devenue féroce dans l'automobile, des évolutions ont été nécessaires afin de rester dans la course et surtout de se conformer aux normes de plus en plus sévères concernant la sécurité et la pollution.

 

Et puis sont arrivés le réchauffement climatique, les gaz à effet de serre, la transition énergétique, et finalement le CO2 anthropique s'est trouvé chargé de tous les maux comme l'âne de la fable.

 

Les émissions de CO2 d'une voiture étant directement proportionnelles à sa consommation et au type de carburant, il devenait nécessaire de fixer des limites, ne serait-ce que pour montrer la bonne volonté des constructeurs de participer à l'effort de guerre.

 

Les normes automobiles étant écrites sous la bienveillante attention des constructeurs eux-mêmes, il ne fallait pas s'attendre à une grande sévérité.

C'est ainsi que durant plusieurs décennies, nous avons eu droit au protocole NEDC pour l'homologation des nouveaux modèles d'autos relativement à la pollution.

Chacun sait maintenant que ce protocole est une mascarade, et qu'il ne tient aucun compte des conditions réelles d'utilisation des véhicules.

De plus, il ne fixe aucune limite aux émissions de CO2, ce gaz étant classé non polluant ; circulez y a rien à voir !

 

Il fallait donc introduire une réglementation complémentaire pour essayer d'avoir prise sur ces émissions « fantômes » ou au moins faire semblant.

Le protocole NEDC de contrôle de la pollution mesure également la consommation des véhicules, d'où l'on déduit la quantité de CO2 associée. S'il ne fixe pas de limite à ces quantités, au moins on en connaît la valeur.

La Commission Européenne a donc instauré un système de pénalités pour les constructeurs les plus polluants, tout en préservant le business des grosses berlines, des voitures de sport, des 4x4 et autres Pick-up, générateurs de grosses marges.

Pour cela le législateur considère l 'ensemble des immatriculations de véhicules particuliers d'un constructeur donné, tous modèles confondus, effectue la moyenne des émissions de CO2 telles que mesurées selon le protocole en vigueur, et divise par le nombre total de véhicules immatriculés.

Si le résultat est supérieur à une valeur fixée par la Commission, le constructeur est pénalisé.

Cette valeur moyenne limite est aujourd'hui de 95 gCO2/km, fluctuant en fonction de règles de calcul complexes.

Voir :

https://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2017/FR/COM-2017-676-F1-FR-MAIN-PART-1

 

La façon de calculer cette moyenne par constructeur ressemble un peu à la méthode de calcul de l'impôt sur le revenu, nous n'entrerons donc pas dans les détails afin d'éviter au lecteur une migraine inutile.

Il faut quand même savoir que, dans le calcul, il est tenu compte de la proportion de LEV (Low Emission Vehicles) et de ZEV (Zero Emission Vehicles) dans la gamme d'un constructeur, ainsi que des innovations apportées par icelui dans le domaine des économies d'énergie, y compris pour les accessoires ( éclairage, climatisation), et dans le domaine du recyclage.

 

L'effort de guerre est ainsi supporté par les « petits » modèles, qui se voient équipés de motorisations minimales permettant des taux de CO2 « NEDC » inférieurs à la limite, permettant ainsi aux riches acheteurs de rouler en polluant un max sans vergogne avec leurs grosses berlines.

 

Les pénalités européennes de référence ont été fixées au départ (1994) à 95 euro par voiture et par gramme de CO2 excédentaire, valeurs mesurées selon le protocole NEDC, du moins jusqu'à aujourd'hui.

 

Des Milliards sont en jeu, dont la perspective constitue une pression très forte pour le développement des ventes de véhicules électriques et hybrides qui n'émettent pas de CO2.

 

( On notera que les émissions de CO2 liées à l'extraction du Lithium des batteries de VE, à la fabrication des dites batteries et à leur recyclage, ne sont pas prises en compte, puisque ces activités se déroulent sur la planète Mars comme chacun sait...).

 

Ce système a fonctionné tant bien que mal, et puis est arrivé ce qui devait arriver.

Nos amis américains, touchés au vif par nos tentatives de concurrence sur leur propre territoire, ont rompu le pacte et dévoilé la supercherie.

Il en est résulté le scandale du diesel gate, qui a sonné la fin de la récréation en Europe. Le moment était venu pour les constructeurs de se comporter en adultes responsables à la fois de la santé publique, et de l'avenir de la Planète, ce qui est ma foi la même chose.

Le Roi étant nu, il fallait lui confectionner un costume neuf.

 

Cet aggiornamento s'est traduit par l'abandon illico (mais pas presto) du protocole NEDC au profit d'un autre protocole, plus proche des conditions réelles d'utilisation (enfin, presque ).

Il s'agit du protocole WLTP ( Wordwide harmonized Light vehicle Test Procedure) et surtout de l'obligation de faire des mesures de pollution selon un protocole RDE ( Real Driving conditions Emission).

Et là, fini de rire.

Ces nouveaux protocoles, s'ils ne sont pas une fois de plus dévoyés, donneront une vue des émissions gazeuses plus proches de la réalité.

(On peut le constater déjà sur les résultats de mesures comparatives disponibles).

 

Côté constructeurs, ils devront, comme aujourd'hui, respecter les objectifs européens d'émissions de CO2, sous peine des pénalités financières prévues. Ces objectifs définissent la limite de la moyenne des émissions de l'ensemble des modèles d'un constructeur.

Déjà difficiles à respecter aujourd'hui, ces objectifs seront encore plus sévères dans un avenir proche.

Il faut s'attendre à quelques combats d'arrière-garde, mais à l'horizon 2020 le nouveau protocole devrait être appliqué sans dérogation et avec les limites maintenues, sachant que ces limites seront abaissées de 15% en 2025, et de 30% en 2030.

 

 

Des négociations sont en cours, en particulier sur le problème du financement des réseaux de charge des batteries, sans lesquels il est impossible de développer le marché de l'électrique rechargeable.

(Comme aurait dit feu ma Grand'mère, il leur manque dix-neuf sous pour faire un franc).

D'autres négociations portent sur le coefficient de valorisation des véhicules électriques dans le décompte de la valeur moyenne d'émission.

 

Côté clients, le principe du bonus-malus est conservé, le montant des malus étant une variable d'ajustement locale.

En fait un malus très élevé pour les taux d'émission importants permet de limiter l'accès des clients au haut de gamme, ainsi réservé aux acheteurs aisés.

Avec une limite européenne à 95gCO2/km il faut vendre 20 voitures à 90gCO2/km pour permettre à un riche d'acheter une voiture à 200 gCO2/km.

Pas tout à fait démocratique, mais qui a dit que l'économie capitalistique était démocratique ?

Et quoi à quoi servirait d'être riche si c'est pour être contraint, comme un pauvre, de rouler dans une caisse minable ?

 

Entre les difficultés du marché de l'électrique, l'attrait de la clientèle aisée pour les grosses berlines, les gros 4x4 et les SUV, et la disgrâce du diesel, les marques devront naviguer serré pour éviter aux constructeurs des pénalités qui seraient probablement répercutées sur les concessions.

 

Gros temps donc en perspective sur l'automobile, qui pourrait être une opportunité pour les combustibles alternatifs : Biocarburants, Bio GNV, Hydrogène vert ?

Mais ne nous égarons pas.

(Quoique...)

 

Aujourd'hui, pour une voiture à moteur thermique à essence*, le taux d'émission le plus faible annoncé en catalogue est de 88 gCO2/km, correspondant à une consommation d'essence de 3,85 L/100km.

( La combustion de 1L d'essence dégage 2,28 KgCO2 )

Ce taux et cette consommation étant évidemment des moyennes mesurées au cours des tests d'homologation en vigueur.

(WLTP à partir du 1er Septembre 2018).

 

*Puisque le diesel est tombé en disgrâce, nous ne parlons que de l'essence. Mais les choses peuvent évoluer...sans vraiment changer la face des choses, mais avec les oxydes d'Azote en plus.

 

Chaque constructeur généraliste propose au moins un modèle plus ou moins conforme à cette limite, modèle décliné en plusieurs finitions.

MAIS ces modèles sont des « petites » voitures, légères et court vêtues, quatre places, petit coffre, essentiellement citadines. Rien à voir avec la voiture de milieu de gamme recherchée par la clientèle classique, pour un usage classique avec famille et bagages sur route et autoroute.

Et surtout, cette consommation d'oiseau mouche est obtenue selon le protocole NEDC, complètement obsolète comme il est reconnu enfin aujourd'hui.

La consommation selon le nouveau cycle WLTP sera 20 à 30% supérieure, donc adieu les 88 Grammes de CO2.

Dès la mise en œuvre du protocole WLTP, les constructeurs devront corriger leurs dépliants publicitaires.

Par exemple, dans sa documentation publique*, Citroen annonce pour le modèle C1, une consommation « réelle » de 6 L/100 km ce qui correspond à des émissions « réelles » de 137 gCO2/km, donc très au-delà des 88g revendiqués dans les « vieux » catalogues.

Il faut préciser que la C1 fait partie de la gamme inférieure des petites citadines.

Citroen ne fait pas mystère de ces distorsions et prévient le client de ces écarts qui sont dus au changement de protocole de mesures, le WLTP étant aujourd'hui appliqué à tous les modèles du constructeur.

* Ref : https://www.citroen.fr/univers-citroen/technologie/consommation-usage.html

 

On peut faire ici une remarque amusante :

 

En 1962, l'auteur de ces lignes roulait dans un véhicule Renault Dauphine, dont la consommation réelle était de 6 L/100 km.

Il eut par la suite (années 70) une Panhard et Levassor à moteur bicylindre à refroidissement à air, modèle CT familial, grand coffre, tenue de route inconnue aujourd'hui, consommation : 6L/100.

Ces autos répondaient tout à fait à une utilisation conforme à la réglementation routière ACTUELLE, (Nous disons bien actuelle), qui limite la vitesse à 130 km/h sur autoroute (et bientôt probablement 120 km/h), et 80 km/h sur le reste du réseau.

En 56 ans, le progrès aurait donc été nul ?

Nous parlons bien de moteurs qui ignoraient l'injection, l'allumage électronique, la cartographie, les huiles de synthèse, dont la cylindrée était proche du dé à coudre ( 750 cc ), et qui étaient servis par des boîtes mécaniques à trois rapports.

 

Nous aimerions bien savoir à quoi ont servi les centaines de millions ( Milliards?) dépensés dans les bureaux d'études des motoristes depuis un demi siècle, pour se retrouver aujourd'hui avec des mécaniques aussi gourmandes qu'en 1960...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 10:19

Les éoliennes réchauffent l'Atmosphère, vrai ou faux ?

 

14 Octobre 2018

 

Un nouveau gimmick vient donc alimenter le débat sur la transition énergétique : Les éoliennes contribueraient au réchauffement climatique par le brassage de l'air causé par les pales.

 

Avant d'adhérer à une théorie qui semble sortie d'un chapeau (Chapeau nucléaire?) il paraît judicieux d'y regarder d'un peu plus près et de manière dépassionnée.

Pour cela nous allons nous appuyer sur les bons vieux principes de la Thermodynamique élémentaire enseignés dans nos Lycées, et qui n'ont jamais été remis en question.

 

Nous vivons à l'intérieur d'un système thermodynamique ouvert, composé de l'Atmosphère et des océans. En matière de climatologie les océans ont une influence au moins aussi importante que l'Atmosphère, on doit donc les considérer comme faisant partie d'un même système.

 

Ce système échange de l'énergie à travers sa limite supérieure (en gros la stratosphère) et sa limite inférieure constituée de la croûte terrestre et des fonds océaniques.

 

Les échanges d'énergie qui se déroulent à travers ces deux limites font l'objet de diverses sciences fort complexes, que nous ne prétendons pas résumer ici. Les curieux pourront consulter le dernier rapport du GIEC qui vient de sortir, ou des ouvrages spécialisés.

 

Comme tout système thermodynamique, le nôtre possède à un moment donné une énergie interne.

Pour la partie atmosphérique on peut citer :

 

- L'énergie cinétique microscopique.

C'est la somme des énergies cinétiques des composantes élémentaires qui constituent l'atmosphère, essentiellement molécules de gaz, vapeur d'eau, particules diverses.

La mesure de cette énergie en un lieu donné est la température dite « absolue », exprimée en Kelvin.

Sa valeur est évidemment variable selon la zone géographique, l'altitude, la saison, la météo.

La valeur qui nous intéresse est celle des basses couches de l'Atmosphère, dans laquelle se développe la Biosphère terrestre, et dont les variations influencent directement les conditions de vie sur terre.

La valeur observée par les scientifiques est la moyenne des températures de la basse Atmosphère, mesurées par les stations météorologiques en de nombreux points du globe et à différents moments de l'année.

C'est cette valeur qui porte témoignage du réchauffement climatique.

 

- L'énergie cinétique macroscopique.

Elle se rapporte aux mouvements des masses d'air, vents, tempêtes, ouragans, tourbillons, etc.

Les stations météo mesurent les valeurs locales des vents, mais il n'existe pas de valeur moyenne globale permettant d'avoir une image des variations de cette énergie.

On lie généralement la fréquence et la puissance des événements météo extrêmes à l'augmentation de la température moyenne de l'Atmosphère.

 

- L'énergie chimique, somme des énergies potentielles d'interaction des diverses molécules entre elles ou avec d'autres molécules venant de l'extérieur soit d'en haut ( rayons cosmiques), soit d'en bas ( évaporation des eaux, échanges gazeux notamment CO2, Ozone, Soufre, volcanisme, produits de combustion des produits fossiles, de l'Uranium, combustion de la biomasse, etc.

 

L'énergie potentielle gravitationnelle différentielle, et énergie liée à la chaleur latente de l'eau atmosphérique.

 

Ces différentes composantes de l'énergie interne sont en interactions constantes et il n'est pas cohérent d'étudier l'évolution de l'une sans tenir compte des autres.

 

Que viennent faire les éoliennes dans tout çà ?

 

Les éoliennes prélèvent localement de l'énergie cinétique macroscopique (celle du vent) qu'elles transforment en électricité. Leur fonctionnement dégage localement un peu de chaleur car le rendement des turbines n'est pas de 100%, et de plus les pales s'échauffent par le frottement de l'air ; cette chaleur est évidemment dissipée sur place.

Elle n'est pas négligeable pour les éoliennes de plusieurs MW.

Après son passage sur un champs d'éoliennes, le vent a donc perdu de l'énergie qui s'est transformée en électricité.

Cette perte d'énergie peut avoir un effet sur l'environnement proche, et selon la direction des vents dominants.

Enfin, le brassage de l'air par des rotors de plusieurs dizaines de mètres de diamètre perturbe la couche atmosphérique correspondante, et induit inévitablement des effets sur le microclimat local.

 

L'électricité ainsi produite par les éoliennes est acheminée sur le réseau par RTE, puis éventuellement par ENEDIS. Sur le trajet il y a également de la chaleur dissipée, dans les fils, dans les transfos, dans les dispositifs de commutation, etc.

Cette chaleur contribue également, modestement, au réchauffement atmosphérique.

 

Au bout du bout, l'électricité est utilisée soit pour faire directement de la chaleur par effet Joule ( Fours industriels, chauffage de serres, traitements thermiques, séchages, climatisation, chauffage de locaux, chauffage d'eau ECS, etc), soit pour produire de la force motrice grâce à des moteurs électriques.

Cette force motrice est utilisée pour vaincre des frottements, lesquels résultent en dégagements de chaleur, comme dans l'automobile électrique, les trains, etc.

Il en résulte que la quasi totalité de l'électricité que nous consommons est finalement transformée en chaleur.

Et ceci est vrai quelle que soit la méthode de production de l'électricité.

 

Donc effectivement on peut dire que les éoliennes produisent de la chaleur.

Mais, cette chaleur étant dissipée dans l'Atmosphère, il s'agit en fait dans ce cas d'un retour à l 'envoyeur.

L'énergie prélevée par les éoliennes à la composante atmosphérique « énergie cinétique macroscopique » se trouve restituée à la composante atmosphérique « énergie cinétique microscopique », mais pas au même endroit.

Le bilan global est donc inchangé, mais les effets locaux peuvent être relativement importants.

(L'électricité éolienne fabriquée en bord de mer va servir à augmenter la température de l'air de la ville qui va la consommer).

 

Par ailleurs il faut s'interroger sur ce transfert d'énergie du vent vers la température.

Le changement climatique que nous subissons consiste en fait en un accroissement de l'énergie interne de notre système thermodynamique.

Cet accroissement d'énergie interne ne touche pas que la température, il touche en même temps l'énergie interne macroscopique (et même, à un degré moindre, les autres composantes notamment la charge atmosphérique en eau).

Il est donc normal d'observer, en même temps que l'augmentation de la température, un accroissement des événement météorologiques extrêmes, tempêtes, ouragans, précipitations anormales, mais aussi des variations des composantes océaniques ( Température de l'eau, courants, réactions chimiques, etc) , puisque les océans font partie du même système.

Toutes les composantes thermodynamiques étant en interaction permanentes, elles sont toutes concernées par le changement dit « climatique », et qu'il vaudrait mieux appeler « changement de l'équilibre thermodynamique ».

La répartition entre élévation de la température et augmentation des événements météo extrême n'est pas clairement connue.

En transformant du vent en chaleur, les éoliennes contribuent à modifier cette répartition, mais d'une facteur très faible globalement, même si localement il peut en être autrement.

 

Par contre l'utilisation des énergies fossiles se traduit également par un dégagement de chaleur, mais cette chaleur provient du sous-sol et donc produit un accroissement de l'énergie interne de l'atmosphère.

En plus évidemment des effet du CO2, des oxydes d'Azote, et des particules fines liées à la combustion...

 

On peut en dire autant de l'électronucléaire, dont l'électricité est également transformée en chaleur additionnelle, puisque le combustible provient du sous-sol, comme les fossiles.

 

 

Comparé à ces deux énormes sources de chaleur additionnelle, l'éolien fait figure d'amateur bien inoffensif ; certes, il brasse de l'air, mais ne donne lieu à aucun apport énergétique additionnel à l'Atmosphère.

 

En matière de changement climatique et de réchauffement, on ne peut que citer l'humoriste :

 

« Tout est dans tout, et réciproquement »...

 

 

 

 

 

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 14:47

Faudra-t-il construire de nouvelles centrales nucléaires ?

 

21 Septembre 2018

 

Aujourd'hui en France la puissance électrique moyenne appelée sur le réseau s'élève à 60,5 GW.

Soit une énergie annuelle de 530 TWh ,en comptant les consommations énergétiques du secteur de la production d'électricité, et les pertes en lignes et dans les transformateurs.

Cette puissance moyenne soutirée est à peu près égale à la puissance moyenne que peut fournir le parc nucléaire lorsqu'il est au mieux de sa forme : Une puissance installée de 63,2 GW avec un facteur de charge de 0,95.

Il est donc clair que la puissance installée du parc nucléaire français correspond à la puissance moyenne demandée par le Pays .

Le nucléaire demeure donc, et de très loin, le cœur de notre système de production électrique.

 

Mais le parc nucléaire français a vieilli et ses performances ne sont plus celles qu'on pouvait en attendre à l'état de neuf.

En plus des arrêts de tranches normaux pour remplacement du combustible, maintenance et visites décennales, il faut procéder maintenant à des arrêts pour des travaux de maintenance de plus en plus fréquents et lourds, et même à des aménagements de fond comme le grand carénage « post Fukushima », en sorte que le facteur global de charge est plus près de 0,75 que du 0,95 théorique des premiers jours.

La production nucléaire n'est plus alors que de 400 TWh environ, soit 75% de l'énergie nécessaire au réseau, en comptant les consommations internes et les pertes en ligne.

Cette baisse de l'efficacité nucléaire traduit la nécessité d'un aggiornamento*, au sujet duquel se manifestent de graves dissensions qui viennent s'ajouter aux tiraillements de la difficile transition énergétique et aux aléas de l'ouverture à la concurrence des marchés de l'électricité.

*Une telle baisse d'efficacité sur une technologie aussi pointue ne laisse pas de soulever quelques doutes sur l'opportunité de sa prolongation.

Entre les soins palliatifs et l'euthanasie, il faudra peut-être choisir ...

 

De tout cela il résulte un avis de grand frais sur le secteur de l'énergie électrique...

 

La production électronucléaire défaillante est heureusement soutenue par les autres moyens de production électrique : Hydraulique, thermique, solaire photovoltaïque, éolien, qui interviennent pour soutenir les réacteurs lorsque la puissance instantanée demandée est supérieure à celle que peuvent fournir les réacteurs.

( En grattant les fonds de tiroirs, le nucléaire peut délivrer provisoirement jusqu'à 57 GW, en optimisant les périodes de maintenance, et à conditions que l'ASN n'ordonne pas l'arrêt de un ou deux réacteurs pour des raisons de sécurité, ce qui s'est beaucoup vu ces temps-ci ).

 

Or la puissance demandée fluctue en permanence autour de 60 GW, avec des pointes au-delà de 90 GW, et des creux de 30 à 40 GW, qui nous permettent alors d'exporter un peu d'électricité*.

 

* Certains pourfendeurs de l'atome ont déduit de ces exportations que la production nucléaire est excédentaire ; on voit ici qu'il n'en est rien.

 

Rappelons au passage que ces fluctuations importantes de la demande sur le réseau constituent un grave problème qui doit impérativement être résolu pour permettre l'utilisation des énergies renouvelables intermittentes.

La pose du compteur Linky a principalement pour objectif de contribuer à résoudre ce problème.

 

Malgré la baisse de ses performances, le nucléaire demeure la base de notre système de production électrique.

Cette prépondérance nous empêche d'envisager une sortie rapide de cette technologie.

Il a fallu quarante ans, en période faste, pour construire le parc de 59 réacteurs actuels.

Il n'a échappé à personne que les trente glorieuses sont désormais loin derrière nous ; notre économie est chancelante, le taux de chômage est indécent, la dette publique plombe les comptes de l'Etat, de plus en plus de personnes dorment dans la rue, le Gouvernement en est réduit à faire les poches des étudiants et des retraités.

Qui peut soutenir que, dans ces conditions pour le moins scabreuses, nous sommes aujourd'hui en mesure d'entreprendre, et surtout de mener à bien rapidement, un effort aussi colossal que celui qui consiste à mettre au rebut 59 installations de production rentables, pour reconstruire un parc équivalent dans des technologies différentes ?

 

Dans le meilleur des cas un tel changement de portage ne pourra être envisagé que sur une durée équivalente à celle qui fut nécessaire au siècle dernier pour construire le parc existant.

Ce qui nous conduit à l'échéance de 2060 avec une étape à mi chemin, en 2040, pour une baisse de 50% de la puissance installée du parc nucléaire, soit environ 30 GW.

 

Ceci ne pourra se faire qu'à la condition incontournable que les moyens de production de substitution soient disponibles et opérationnels.

( C'est une évidence que nous ne devrions pas avoir à énoncer, mais certains ne l'ont pas encore intégrée ).

Idéalement, ces moyens de substitution devront être à base d'éolien, de solaire photovoltaïque ou thermique à concentration, d'hydroélectrique, et de thermique à biomasse.

(Sauf si « on » décide de s'asseoir sur les engagements de réduire nos émissions de CO2, au moins pour une période limitée).

 

Ces installations de production devront être adossées à des moyens de stockage de compensation de l'intermittence de l'éolien et du photovoltaïque.

Il est clair qu'aucun réacteur ne sera arrêté tant que son équivalent en production, renouvelable ou autre, ne sera pas disponible pour prendre le relais.

 

Si malgré tout il était décidé d'arrêter des réacteurs sans disposer de nouvelles sources renouvelables de remplacement disponibles, il serait nécessaire de pousser la production des centrales thermiques existantes et même d'en construire de nouvelles.

(Centrales à Gaz naturel fossile bien entendu...)

 

Tout cela va de soi mais va encore mieux en le rappelant.

 

Où en sommes-nous aujourd'hui ?

 

Les énergies renouvelables, nouvellement mises en service au cours de la dernière décennie, ne représentent encore qu'une production annuelle de 30 TWh, soit une puissance moyenne de 3,4 GW ; encore est-elle fortement affectée par l'intermittence.

Ajoutons que les nouveaux moyens de stockage d'énergie électrique mis en service dans le même temps sont pratiquement négligeables (Aucun nouveau barrage, aucune nouvelle STEP, aucune trace de la filière Hydrogène ) .

 

Donc, pour espérer arrêter des réacteurs, il faut d'abord se donner les moyens de les remplacer par une production équivalente.

 

Tiens, justement, « on » vient de relancer les six projets éoliens offshore de la côte Atlantique, après accord sur un réajustement à la baisse de l'investissement de l'Etat et du prix d'achat de l'électricité produite.

( Investissement public « ramené » à 25 Milliards et nouveau tarif d'achat de 125 à 160 euro/MWh).

 

Ce projet consiste en six parcs offshore dont la description figure partout.

La puissance totale installée sera de 3 GW, pour une production estimée à environ 10 TWh annuellement.

(En postulant un facteur de charge de 40%, ce qui est plutôt optimiste).

 

Si tout va bien, et si les moyens de stockage pour compenser l'intermittence sont réalisés (Aucun projet pour le moment), on pourra disposer de ces 10 TWh à l'échéance de 2025-2030.

 

Il sera alors envisageable d'arrêter peut-être deux réacteurs anciens du type CP0, en tout cas certainement pas trois, et encore moins vingt comme le souhaitent certains.

 

Le développement des énergies renouvelables s'effectue donc à un rythme qui n'est pas compatible avec la baisse envisagée de la production nucléaire.

 

Ce constat réaliste, car c'est un constat et non une opinion, permet d'en déduire que nous allons devoir cohabiter encore longtemps avec le nucléaire, si un nouvel élan très énergique n'est pas donné aux filières renouvelables.

 

Si rien n'est fait, Il nous faudra alors adapter une autre stratégie :

Il s'agira toujours, à l'horizon 2035-2040, d'arrêter 20 ou 30 réacteurs en fin de vie et de les remplacer par « autre chose ».

Mais, les énergies renouvelables et les capacités de stockage n'étant pas disponibles en quantités suffisantes, cet « autre chose » devra être choisi entre trois autres solutions :

Soit les compléter par des centrales thermiques à Gaz (CCCG).

Soit par quelques réacteurs EPR de seconde génération.

Soit par un mélange des deux.

 

Tel est le choix qui nous sera, peut-être, proposé dans un avenir proche.

« Proposé » est ici bien sûr un euphémisme.

Ces grandes stratégies s'exposent sur un fond de luttes d'influence entre les grands énergéticiens qui veulent conserver leurs positions et/ou en conquérir de nouvelles en gardant plusieurs fers au feu de peur de rater les opportunités, et les nouveaux arrivants avides de se faire une place à la faveur de l'ouverture des marchés à la concurrence.

 

En France, le développement des énergies nouvelles dans un contexte de marché libre et concurrentiel est freiné par la nécessité de consentir des subventions sous forme de tarifs d'achat correspondant à un modèle économique intenable pour des grosses quantités.

( Jusqu'à 160 euro/MWh pour l'éolien offshore Atlantique, dans un marché européen où le MWh est à moins de 50 euro. A votre avis, qui paiera la différence? )

 

 

Le nucléaire est une technologie où l'on ne peut pas jouer « petit bras » ; L'intérêt de EDF est donc de la maintenir, ne serait-ce que pour écarter les concurrents qui y regarderont à deux fois avant de s'y frotter (Quoique...).

Par ailleurs, l'Etat investit 25 Milliards dans le projet éolien atlantique, pour produire 10 TWh par an pendant 25 ans.

( Il faudra ajouter le coût de construction des moyens de stockage de compensation de l'intermittence, quels qu'ils soient).

Pour la même somme, EDF se déclare capable de construire trois EPR2 qui produiront 40 TWh/an pendant soixante ans.

(Et n'auront besoin d'aucun moyen de stockage supplémentaire).

Ces arguments pèseront très lourd dans les choix stratégiques, surtout en période de restrictions budgétaires.

 

Seule une augmentation considérable des investissements industriels dans les renouvelables permettrait d'écarter le risque de voir le nucléaire se pérenniser au lieu de disparaître.

 

On peut également se demander si, dans un secteur aussi concurrentiel que l'éolien offshore, il est bien raisonnable de prendre le départ d'une course avec un handicap de dix ans.

Aujourd'hui en Europe du Nord, certaines réponses aux appels d'offres pour des parcs offshore se font sur la base de 50 euro/MWh, alors que nos parcs atlantiques seront à 160 euro/MWh.

Où sera la rentabilité d'une telle opération, et qui paiera la note ?

Et qu'est-ce qui justifie de tels écarts de coûts ?

Bien sûr on peut supposer que les vingt-cinq Milliards de l'Etat, ajoutés au bonus du tarif d'achat, abondés par la CSPE, seront censés servir à développer la filière française pour l'éolien offshore, du moins on l'espère, encore que selon les experts l'avenir est à l'offshore flottant, qui est une autre technologie, beaucoup plus onéreuse.

 

Cette histoire de transition énergétique et de soi-disant retrait du nucléaire est décidément un bourbier dans lequel il sera facile de s'enliser.

Reconnaissons à N.Hulot le mérite d'avoir su s'en sortir à temps sans trop salir son costume...

Son remplaçant, qui en a vu d'autres, saura s'accommoder de ces conditions difficiles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

     

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    16 septembre 2018 7 16 /09 /septembre /2018 10:10

     

    Le départ de Monsieur Hulot, un signal fort, mais pour qui ?

     

    16 Septembre 2018

     

    En prenant lui-même l'initiative de quitter le Gouvernement, et en rendant publiques les raisons de ce départ, le Ministre d'Etat a donné un signal fort qu'il nous faut maintenant tenter d'interpréter.

     

    Dans un milieu où le linge sale se lave en famille, il n'est pas anodin qu'un Ministre d'Etat démissionne en direct sur une radio de grande audience, et surtout pour des raisons invoquées qui mettent en cause le fonctionnement même des institutions de l'Etat.

    Même si cette démission publique avait quelque chose de théâtral et de prévisible, elle n'en demeure pas moins exceptionnelle dans sa mise en scène.

     

    Ce coup d'éclat peut être ressenti comme un appel aux citoyens, à tout le moins une mise en garde :

    « Les mains qui tiennent la plume lors de la rédaction de certains amendements ne sont pas toujours celles d'élus de la République ».

    ces mots très forts, prononcés par un Ministre d'Etat en exercice, sous entendent l'existence de graves anomalies dans le fonctionnement des institutions de la République, et ceci au plus haut niveau.

     

    Une boîte de Pandore a été ouverte, dont on soupçonnait déjà l'existence, mais sans en avoir la certitude, cette fois confirmée au niveau ministériel le plus haut.

    (Un Ministre d'Etat n'est pas le premier venu, c'est du moins ce que nous pensions jusqu'à présent).

     

    Les choses ne sauraient en rester là, sous peine de donner l'impression que le gouvernement s'accommode de pratiques à tout le moins peu orthodoxes, voire mêmes carrément répréhensibles.

     

    Cette boîte de Pandore nous révèle (ou plutôt nous confirme ?) l'influence des « lobbies » sur les décisions du Gouvernement, ce qui ne laisse pas d'inquiéter tout citoyen soucieux de savoir qui fait les lois de notre Pays.

    Larousse : « lobby », groupe de pression.

    Définition laconique pleine de sous-entendus .

    Quels types de pressions, pourquoi, sur qui, avec quels moyens, et dans quels buts ?

     

    Ce problème de fond, mis en lumière par N.Hulot de manière officielle, ne pourra pas être glissé sous le tapis comme à l'accoutumé, sous peine de jeter la suspicion sur l'efficacité, et donc l'utilité, des deux chambres parlementaires.

    Pour les citoyens, il est important de savoir qui décide des grands choix de l'Etat en matière de politique énergétique, de santé publique, de protection de l'environnement, d'aménagement du territoire, et de bien d'autres sujets dont dépend l'avenir du pays.

     

    Ne jouons pas les naïfs, tout le monde connaît l'existence des groupes d'influence qui gravitent autour de tout pouvoir et sont appointés par on ne sait trop qui pour défendre les intérêts de leurs commanditaires.

     

    Les élus, appelés à légiférer sur les sujets les plus divers, doivent préalablement consulter des experts susceptibles d'apporter les éléments d'un choix éclairé.

     

    Le problème réside dans la difficulté d'établir une frontière entre l'expert neutre, consulté pour éclairer un dossier technique ou juridique, et le lobbyiste déguisé en expert qui instruira le dossier en question pour servir les intérêts du Groupe qui l'a discrètement mandaté.

     

    Il semble que, au moins sur certains dossiers, les seconds aient pris le pas sur les premiers, ce qui constituerait évidemment une grave entorse aux règles démocratiques.

     

    Et pourtant il existe la Loi Sapin 2, de Décembre 2016, censée donner des outils pour résoudre ce genre de problèmes :

    Il s'agit de la « Loi sur la transparence, la lutte contre la corruption, et la modernisation de la vie économique ».

    Il existait déjà la Loi Sapin 1, et le SCPC, Service Central de Prévention de la Corruption, chargé également de la lutte contre le trafic d'influence.

    La Loi Sapin 2 est supposée parfaire le dispositif, sont bras armé étant l'Agence Française Anti-corruption, crée en Mars 2017.

    Cette Loi prévoit l'établissement d'un registre des « représentants d'intérêts » et un code de déontologie. Ce qui signifie en clair qu'il n'existe aujourd'hui aucun registre des « représentants d'intérêts » habilités, et aucun code de déontologie régissant les rapports entre ces représentants ( lobbyistes) et les représentants de l'Etat.

    La Loi Sapin 2 évoque bien les « représentants d'intérêts » mais sans en donner une définition, en sorte qu'il sera très difficile de faire sortir les loups du bois.

     

    S'il ne s'agissait « que » de désigner les lobbyistes accrédités en leur donnant ainsi en quelques sorte un statut officiel, le problème serait gérable à travers un code de déontologie et surtout un minimum de transparence.

    Car le recours à des experts est indispensable pour éclairer des sujets qui nécessitent une connaissance spécifique étendue.

    Il s'agit là du lobbyisme « visible » sur lequel un contrôle efficace est possible dans un cadre démocratique.

     

    Autre chose est le lobbyisme « de couloir », pour reprendre le sens original du terme, qui s'exerce en dehors de tout contrôle et ne pourra donc jamais être éradiqué.

     

     

    Combien de décisions importantes ont-elles été prises au cours d'un bon repas ou sur un terrain de golf ?

    D'ailleurs, toute relation humaine n'est-elle pas quelque part une forme de lobbyisme ?

     

    Une autre forme de lobbyisme inévitable résulte du choix des hommes à qui sont confiées de hautes fonctions publiques proches des sphères de décisions.

    Leur parcours professionnel, grâce auquel ils ont acquis la compétence qui les a fait distinguer pour ces hautes fonctions d'Etat, les a amenés à créer des liens de fidélité avec l'univers industriel ou financier, liens qui subsistent inévitablement dans la suite de leur parcours.

     

    Enfin, comment faire le tri entre une intervention « extérieure » dont le seul but serait de servir des intérêts particuliers, et l'avis d'un expert intègre seulement désireux d'éclairer un dossier épineux ?

     

    Et finalement, les partis politiques ne sont-ils pas par nature des lobbyistes, puisqu'il s'agit pour eux de manoeuvrer afin de faire triompher leurs idées contre celles des autres partis ?

     

    Le lobbyisme peut être la meilleure ou la pire des choses, selon les hommes qui y participent, soit comme influenceurs, soit comme influencés.

    Aucune chasse aux sorcières ne pourra l'éviter ; l'intégrité des élus du peuple constitue le seul rempart contre une dérive préjudiciable au maintien d'un bon équilibre entre l'intérêt général et les intérêts particuliers.

    A nous d'utiliser notre bulletin de vote à bon escient.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 14:15

    12 Septembre 2018


     

    On sait maintenant que la production d'électricité éolienne et solaire ne pourra être maîtrisée qu'à la condition de l'adosser à des installations de stockage capables de la restituer rapidement pour compenser l'intermittence de ces nouvelles sources.

     

    Aujourd'hui, et pour longtemps encore, le seul procédé de stockage de masse de l'énergie électrique renouvelable est l'hydroélectrique.

    Ce procédé devient donc, de facto, la clé de la transition électrique.

     

    Un pays qui ne disposerait pas des capacités hydroélectriques suffisantes devrait avoir recours à des centrales thermiques, lesquelles ne pourraient fonctionner qu'avec du combustible fossile puisque les bio combustibles de sont pas encore disponibles en quantités suffisantes, et il s'en faut de beaucoup.

    Sa transition énergétique ne serait alors qu'une farce.

    On comprendra aisément qu'un pays disposant déjà d'un parc hydroélectrique conséquent, aura à cœur de déployer toute son énergie pour d'une part le développer afin de répondre aux besoins nouveaux de la transition, et d'autre part en conserver le contrôle total puisque c'est de ce contrôle d'exploitation que dépendra la bonne régulation du réseau électrique national lorsque les énergies éoliennes et solaires participeront pour une part importante à la production d'électricité.

    On imagine également sans peine que le contrôle de l'électricité hydraulique sera un instrument de guerre économique au cours de la transition énergétique à laquelle nous n'échapperons pas.

    ( Les MWh se vendront à prix d'or en période de pénurie).

    On en déduit sans peine que, dès maintenant, tout les moyens sont bons pour s'approprier le contrôle de ce secteur afin de disposer d'un moyen de pression sur les économies qui ne peuvent se passer d'une électricité stable de qualité, deux choses que l'éolien et le solaire ne pourront jamais procurer sans aide.

    Aujourd'hui en France, EDF contrôle à la fois la production électronucléaire et l'essentiel des installations hydroélectriques ( Production et stockage ), ce qui représente environ 80% de la demande.

    Cette concentration des moyens de production et de distribution (ENEDIS et RTE sont des filiales de EDF) permet une unité de la stratégie de régulation du réseau, qui est une garantie du service public de l'électricité.

    A chaque instant le service de régulation et de réglage système, placé sous une autorité unique, effectue un dosage en temps réel entre les différents moyens de production et de stockage ( Nucléaire, Hydraulique, thermique à flamme, solaire, éolien, pompage, importations ) pour délivrer au réseau la puissance demandée, à la bonne fréquence et à la bonne tension.

    Cette disposition a donné toutes satisfactions jusqu'à présent, tant au niveau du service (absence de black-out) qu'au niveau du prix de notre électricité qui demeure l'un des plus bas d'Europe.

    Il est important de rappeler que l'hydroélectrique n'est pas simplement une production d'appoint, mais qu'elle est la clé du système de régulation du réseau.

    Et surtout qu'elle est aujourd'hui la seule production renouvelable décarbonée, assurant à la fois les fonctions de production et de stockage.

    Ce leadership de EDF empêche de dormir les technocrates de toutes obédiences (et pas seulement à Bruxelles) partisans farouches d'un libéralismes effréné, pour lequel l'ouverture à la concurrence est d'abord un acte de foi.

    Les pays avisés ont mis leurs ressources hydrauliques à l'abri des convoitises des pirates souvent mal intentionnés, en les gardant sous le contrôle de l'Etat en tant que ressources vitales pour l'économie du pays.

    ( C'est le concept du service public ).

    En faisant de EDF une Société Anonyme de droit privé, l'Etat français l'a exposé à l'appétit d'une concurrence dont l'objectif est non pas de fournir de l'électricité dans le cadre d'un service public, mais bien plutôt de s'approprier des moyens de production très rentables générateurs de confortables marges.

    Nous voulons parler du parc hydroélectrique français dont les concessions d'exploitation arrivent à échéance.

    Jusqu'à présent, EDF voyait tout naturellement ses concessions reconduites. Aujourd'hui il faudra partager avec des concurrents qui se feront califes à la place du calife, non pas pour nous garantir un service public de l'électricité, mais tout simplement pour gagner des sous avec un outil déjà amorti depuis longtemps et donc avec un coût de production très bas ( On parle de 30 euros le MWh).

    Cette razzia va s'effectuer avec les encouragements de Bruxelles, faut-il le préciser.

    Aujourd'hui les installations hydrauliques d'une puissance importante appartiennent à l'Etat, qui les a financées avec VOS deniers.

    Si le hold-up réussit, et Bruxelles s'y emploie activement, certaines de ces installations seront exploitées par des entreprises concurrentes de EDF, avec des objectifs essentiellement financiers.

    Ce parc hydraulique nécessite évidemment des dépenses importantes d'entretien de sécurité et de remise à niveau.

    A votre avis, qui paiera la note ?

    Une installation hydraulique concerne généralement non pas un site isolé, mais toute une vallée ( Comme la Durance ) avec une chaîne d'installations en série.

    Comment seront réparties les concessions de ces différentes installations ?

    D'autre part, un aménagement hydroélectrique n'a pas pour seule vocation de fournir du courant électrique comme un épicier fournit ses clients.

    Nous avons vu que son rôle essentiel est de soutenir la production intermittente des énergies éolienne et solaire, et de répondre aux pics de la demande du réseau.

    EDF le fait très bien ; en sera-t-il de même lorsque les vannes seront commandées par un responsable aux ordres des actionnaires ?

    Un aménagement hydraulique a également un rôle important concernant l'aménagement du territoire, la régulation des cours d'eau, la protection de l'environnement et de la biodiversité, l'irrigation des cultures, la fourniture d'eau potable, le tourisme et les loisirs.

    Comment ces responsabilités s'exerceront-elles lorsqu'il faudra concilier des intérêts divergents ?

    Et qui sera responsable de la sécurité ?

     

    Mes amis, je crois qu'il nous faudra sérieusement songer à fabriquer notre électricité nous-mêmes...

     

     

     

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    20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 02:39

    Du Nucléaire vers le Bio Gaz.

    20 Août 2018

    A l'évocation du remplacement du nucléaire, tous les regards se tournent vers l'éolien et le photovoltaïque, qui deviennent de ce fait l'axe de la transition énergétique, et revêtent l'aura des sauveurs du climat.

    Nous commettons là deux erreurs:

    D'abord le remplacement du nucléaire n'a rien à voir avec la transition énergétique, puisque qu'il est par nature "CO2 free", du moins en première approximation.
    Son remplacement est motivé par la volonté de réduire les risques que cette technologie fait courir aux générations futures.
    Vaste programme…
    Le calendrier de son éventuel retrait est donc déconnecté de celui de la transition.
    (Retrait qui n'est d'ailleurs pas demandé par le GIEC, qui en rappelle tout de même les dangers).

    Ensuite, l'éolien et le solaire PV ne sont pas les seules solutions de remplacement possibles du nucléaire.
    Au risque d'être conspué par les écologistes intégristes, on peut même dire qu'elles sont les pires, car leur production intermittente, voire sporadique,   pose de nombreux problèmes dont la solution n'apparaît pas encore aujourd'hui.
    A vrai dire leur seul avantage réside dans la gratuité du vent et du Soleil, et surtout dans une technologie relativement simple, du moins dans son principe.

    La réalité des inconvénients de leur intermittence n'est évidemment pas niée, mais elle est souvent écartée d'un revers de main grâce au Joker de l'Hydraulique.
    Qu'en est-il exactement ?
    Aujourd'hui l'hydraulique fournit 50 à 60 TWh d'électricité par an en France, soit environ 10% de la production électrique.
    En plus de cette production, les STEP (Stations de Transfert d'Electricité par Pompage) fournissent des capacités de stockage de l'énergie électrique produite en excédent lors des périodes de faible demande du réseau.

     

    La production hydraulique actuelle est assurée par des centrales gravitaires de barrages d'une part, et des centrales au fil de l'eau alimentées par le débit naturel des cours d'eau d'autre part (Petite hydraulique).
    Il faut également rappeler l'existence d'une centrale marémotrice, qui participe, selon le rythme des marées et leur importance.

    Certaines de ces installations délivrent une énergie "fatale", il s'agit des centrales au fil de l'eau et de la centrale marémotrice. Elles ne peuvent donc pas compenser l'intermittence de l'éolien ou du solaire puisque leur production ne provient pas d'un stock.

    Seules les centrales gravitaires associées à des barrages de hautes ou de basses chutes constituent des stocks d'énergie exploitables à la demande.
    L'énergie ainsi disponible est limitée par les apports d'eau saisonniers, et son utilisation doit donc être gérée avec parcimonie car elle est également tributaire de la météo.
    ( Lorsqu'une retenue est vidée, il faut attendre plusieurs mois, voire plusieurs saisons, pour qu'elle soit à nouveau pleine).

    Cette production ne doit pas être confondue avec le stock tampon  constitué par les STEP .
    En effet, l'électricité fournie par les STEP n'est pas une production, elle n'est que la restitution d'une énergie préalablement dépensée pour remplir les réservoirs supérieurs de ces installations.
    Certaines centrales gravitaires peuvent fonctionner en STEP, lorsqu'il est possible de construire une retenue d'eau inférieure. On utilise alors des turbines réversibles.

    Toutes ces capacités hydroélectriques sont actuellement utilisées en totalité pour compenser les fluctuations de la puissance demandée par le réseau* (les consommateurs ), conjointement avec les centrales thermiques dont nous parlerons plus loin.
    Elle ne sont donc pas disponibles pour compenser l'intermittence de l'éolien et du solaire, pour laquelle il faudra construire des installations spécifiques destinées à absorber les fluctuations de cette nouvelle production.

    En effet, il ne faut pas confondre les fluctuations de la demande de puissance des consommateurs sur le réseau, avec les fluctuations de la puissance délivrée par l'éolien et le solaire PV. Les deux phénomènes sont évidemment disjoints, est-il nécessaire de le rappeler ?

    * Le nucléaire peut délivrer une puissance maximale de 57 GW environ, compte tenu des nécessités de la maintenance et du remplacement du combustible qui requiert en permanence l'arrêt de quelques réacteurs.
    Lorsque la puissance demandée sur le réseau dépasse cette valeur,  il faut faire appel à l'hydraulique (pour quelques heures), puis aux centrales thermiques (pour des durées plus importantes), et enfin aux importations de courant si c'est nécessaire.
    Les productions éolienne et solaire PV apportent leur concours, lorsqu'il y du soleil et/ou du vent, à hauteur de quelques GW . Cette production est peu prévisible, et évidemment non programmable !
    Le pic de puissance réseau dépasse couramment 90 GW, et peut atteindre exceptionnellement plus de 100 GW (pointe hivernale).
    (Le maximum historique fut de 102 GW).

    Lors des pics importants de la demande de puissance, il est procédé à des effacements préalablement négociés.
    Le marché des capacités d'effacement est appelé à se développer considérablement, à proportion de l'importance de la part des renouvelables intermittentes.
    Aujourd'hui seuls les industriels y participent; demain les particuliers seront priés de prêter leur concours.
    _____________

    On notera au passage que, contrairement à une idée reçue, la puissance du parc électronucléaire n'est pas excédentaire, puisqu'elle ne peut délivrer que 60% de la puissance demandée lors des pics de consommation.
    ( On ne rappellera jamais assez qu'il ne faut pas confondre puissance et énergie).
    _____________

    Aujourd'hui nous avons un parc éolien d'environ 15 GW installés,
    exclusivement terrestre (L'accouchement de l'éolien offshore semble très laborieux, du moins en France), auquel s'ajoute un parc photovoltaïque de 5 GW installés environ, mais aucune installation hydraulique spécifique de stockage en construction.
    Comprenne qui peut…

    Cette puissance de 20 GW est très impressionnante pour un public non averti. Elle est souvent mise en avant pour "démontrer" les excellentes performances de notre parc d'énergies renouvelables.
    En effet, 32% de la puissance du parc nucléaire, de quoi faire de beaux titres dans la presse.
    Mais dans la vraie vie, la puissance effectivement délivrée dépend de la force du vent et de l'ensoleillement, sa valeur moyenne est de 3,4 GW seulement, pour une énergie annuelle de 30 TWh, soit 5,6 % de la production nucléaire.
    Mais çà, la presse n'en parle jamais.
    (Toujours la confusion entre puissance et énergie, mais aussi une certaine mauvaise foi).

    Cette faible performance est due à un facteur de charge global de seulement 17%, lié aux conditions météorologiques du Pays.
    Côté Soleil, la France n'est pas le Sahara, et coté vent on fait avec ce qu'il y a.
    Aujourd'hui l'intermittence de cette petite production est facilement gérable avec les moyens existants.
    ( Il suffit de pousser un peu les centrales thermiques, bonjour le CO2 ).
    Mais, comment sera-t-elle gérée lorsque la part de la production éolienne et solaire atteindra des valeurs de 50 à 60% dans l'avenir ?
    Car c'est bien de cela qu'il s'agit lorsqu'on parle de transition énergétique et de retrait du nucléaire.

    L'augmentation significative des moyens hydrauliques est peut crédible.
    Le temps n'est plus où l'on pouvait barrer une vallée et noyer des villages pour établir une retenue d'eau de quelque importance. Même la transformation de centrales gravitaires en STEP pose problème en raison des opposants à toute atteinte à l'environnement ou à la biodiversité.
    La création ex nihilo d'importantes capacités supplémentaires de stockage hydraulique est donc un vœu pieux qui a très peu de chances d'être exaucé à échéance raisonnable.

    Tout çà pour dire qu'il ne faut pas trop compter sur le Joker de l'hydraulique, et qu'il faudra plutôt s'orienter vers une réforme profonde de la gestion de l'énergie distribuée sur le réseau.
    _____________

    En effet, si les consommateurs voulaient bien accepter de se discipliner pour mieux gérer leurs utilisations de l'électricité, alors les fluctuations de la puissance demandée seraient atténuées, et une partie de la capacité hydraulique actuelle deviendrait disponible pour compenser l'intermittence de l'éolien et du solaire.

    Mais, pour pouvoir réaliser cette gestion intelligente, il faudra mettre en œuvre le "smart grid" dont la première brique est le compteur communicant Linky.
    Le Linky est donc la clé des énergies éolienne et solaire PV.

    Puissent les opposants à ce nouveau compteur méditer un instant sur ce point, sauf s'ils préfèrent continuer avec le nucléaire…
    _______________

    Ici il nous faut faire une remarque:
    Parmi les arguments des tenants du nucléaire, on trouve d'une part sa capacité à fournir une production de base indépendante des conditions météo, et d'autre part l'avantage d'un stock énergétique correspondant à plusieurs années de production d'électricité.
    En effet, ce stock est constitué du combustible présent dans les réacteurs (Renouvelé tous les dix-huit mois), du combustible en attente d'être chargé, du combustible en cours de préparation à partir des produits de base, et des produits de base eux-mêmes contenant le minerai d'Uranium.

    En France, aucune autre filière de production d'électricité n'est capable de procurer une telle réserve.
    (Quelques mois pour le thermique fossile, quelques semaines pour l'hydraulique, et rien pour l'éolien et le solaire).

    D'autres pays, disposant de ressources énergétiques internes, n'ont pas ce problème; pétrole, lignite, gaz de schiste, abondent dans certaines contrées, mais pas en France.

    Où sont les rapports officiels présentant les mesures prises pour retrouver cette réserve de production électrique lorsque le nucléaire aura disparu ?
    _____________

    Les énergéticiens savent que l'arrivée en masse de l'éolien et du solaire qui seraient prioritaires sur le réseau, comme c'est le cas aujourd'hui*, serait rapidement ingérable si leur intermittence doit être cumulée avec les fluctuations de la consommation.
    La recherche d'une solution de stockage tampon pour "dompter" cette énergie fantaisiste, est dont primordiale.

    * Les productions éolienne et solaire sont appelées en priorité sur le réseau (Merit order), sinon ces productions seraient perdues faute de système de stockage de l'électricité (production fatale).
    ________________

    Le second Joker.
    L'hydraulique existant étant déjà mobilisé pour compenser les fluctuations de la demande, et les perspectives d'augmentation des capacités de stockage de cette technologie étant peu encourageantes, il est d'usage de faire appel à un second Joker, qui est le stockage électrochimique de l'électricité (batteries).

    Que peut-on en attendre ?

    Le stockage électrochimique peut être mis œuvre sous plusieurs formes:

    D'abord des installations spécifiques à poste fixe, adossées aux grands parcs éoliens et photovoltaïques, et dont le rôle serait de "filtrer" la composante fluctuante de ces productions intermittentes.
    Des démonstrateurs existent, qui doivent permettre de valider différentes technologies pour cette application, très différente de  la batterie de voiture dont le cahier des charges est particulièrement sévère.
    Quelques  réalisations industrielles fonctionnent déjà.

    Ensuite, les batteries de voitures électriques.
    Dans l'hypothèse d'une percée de la voiture électrique, le parc des batteries pourrait représenter plusieurs millions d'unités.
    Par exemple une part de 30% sur 35 millions de véhicules, équipés en 50 KWh, c'est  une capacité potentielle de 525 GWh.
    525 GWh, cela représente 52,5 GW pendant 10 heures.
    Soit presque l'équivalent de la puissance du parc nucléaire, durant dix heures.
    Une partie au moins de cette énorme capacité pourrait être associée aux capacités de stockage du réseau.
    Mais pour cela il faudrait que les véhicules particuliers soient intégrés au réseau intelligent (toujours le Linky…) afin de participer, pour une faible partie de sa charge, à la régulation du réseau.
    Il serait alors possible de disposer d'une puissance d'intervention de plusieurs GW, au moins autant que le parc hydraulique actuel.

    Enfin, les installations de productions des particuliers et des petites collectivités, dont l'Etat encourage le développement, pourraient être équipées de batteries de capacités plus importantes qu'actuellement, afin de réaliser localement une compensation de l'intermittence de leur production, qu'elle soit éolienne ou solaire.
    Le développement du marché de la batterie domestique, associé à l'autoconsommation,  sera ainsi un moyen efficace d'une part de réduire la quantité d'énergie prélevée sur le réseau (du genre "do it yourself"), et d'autre part de n'injecter dans le réseau qu'une électricité dont l'intermittence est déjà en partie compensée localement.

    Le stockage électrochimique est donc très prometteur,
    Du moins sur le papier…

    Car il n'aura échappé à personne que tout cela n'est pour le moment que châteaux en Espagne.
    Les voitures électriques se comptent sur les doigts de la main, enfin presque (Si l'on exclut les hybrides, qui ne sont pas concernées par l'application stockage).
    Le réseau intelligent est une vision de l'avenir; une belle vision, mais une vision tout de même.
    Le marché de la batterie domestique est une idée à revoir dans dix ans…
    _________________

    Face à cette réalité, si nous voulons réduire le parc nucléaire avant d'avoir préparé le réseau à recevoir l'électricité éolienne et solaire, il nous faudra faire appel au troisième Joker, le Bio Gaz et/ou les bio carburants.

    Car en effet, le Bio Gaz et les Bio carburants sont également des candidats, peut-être moins prestigieux, mais tout aussi conformes aux exigences de la transition, et surtout non assujettis à la  force du vent ou de l'ensoleillement.

    Par contre, il faut les fabriquer par des procédés relativement complexes et onéreux, dont certains sont encore au stade de l'étude, comme la filière Hydrogène et les bio carburants de troisième génération.
    En contre partie, leur stockage ne nécessite que de simples réservoirs sans technologie spéciale, lesquels réservoirs existent déjà*, ce sont ceux qui stockent aujourd'hui le Gaz naturel et les carburants pétroliers.
    Un clou chasse l'autre…

    *Il existe déjà en France des installations de stockage de Gaz et de combustibles liquides, d'une capacité largement suffisante pour la fonction de production de base.
    ( # 130 TWh de Gaz, et #460 TWh de produits pétroliers).
    Ces installations pourront recevoir des produits Bio le moment venu.

    ______________________

    Aujourd'hui notre réseau électrique remplit son office parce qu'il est essentiellement alimenté par une production de base, c'est-à-dire capable de fournir de l'énergie à la demande et aussi longtemps que nécessaire.

    Ceci est obtenu grâce à un parc de centrales thermiques d'une puissance installée d'environ 90 GW.
    Une partie (70%) est alimentée par de l'Uranium faiblement enrichi, le reste (30%) par des combustibles fossiles, surtout du Gaz naturel aujourd'hui.
    ( Centrales CCG  introduites dans le cadre du "re powering", pour remplacer le fuel et le charbon en voie d'abandon total.. ).

    Les différents producteurs d'électricité ( EDF, ENGIE, Direct Energie, E.ON, CELEST, etc, exploitent actuellement environ 27 centrales à Gaz pour une puissance installée totale de 8 GW, avec des puissances unitaires de 85 à 575 MW.
    La moitié de ces centrales sont récentes et fonctionnent en cycles combinés (TAC + TAV), ce qui permet des rendements jusqu'à 60%.
    (Voire plus si l'on ajoute la cogénération et les réseaux de chaleur).
    La prochaine devrait être celle de Landivisiau (400 MW) à moins que les opposants ne réussissent à faire annuler le projet.

    (Notons en passant que ces oppositions systématiques à toute installation susceptible de permettre le retrait du nucléaire: barrage hydroélectrique, STEP, parc éolien offshore, centrales thermiques, compteur communicant, constituent en fait le meilleur soutien de cette technologie nucléaire tant décriée, peut-être par les mêmes ).

    Ce parc thermique n'est utilisé aujourd'hui qu'en semi-base, c'est-à-dire à temps partiel ( entre 2 000 et 5 000 heures par an) pour soutenir la production nucléaire lorsque la demande dépasse 55 à 60 GW.
    Sa production est d'environ 30 TWh, soit autant que l'éolien et le solaire réunis.
    Utilisé en base, avec un facteur de charge de 0,9, ce parc pourrait fournir plus de 60 TWh.
    Et rien ne s'oppose à son extension.

    Pourvu évidemment que l'on trouve du Bio gaz pour les alimenter, ou tout autre produit liquide ou gazeux "CO2 free".
    Rappelons que les sources de bio gaz ( et de bio combustibles) sont variées:
    La méthanisation des déchets renouvelables, la biomasse, la filière Hydrogène.
    Aujourd'hui la production d'électricité à partir de centrales alimentées en Bio Méthane est encore très faible, mais de belles perspectives sont annoncées.
    Il nous reste à espérer que ces perspectives ne se transforment pas en mirages…
    ___________________

    Le recours à des centrales à gaz pour compenser à la fois le retrait du nucléaire et l'intermittence des renouvelables, semble donc inéluctable, sauf à recourir à des achats massifs d'électricité à l'étranger.

    Encore faudrait-il que nos capacités d'échanges transfrontaliers soient considérablement augmentées car aujourd'hui elles se limitent à environ 8 GW en cumulant toutes les liaisons établies avec nos voisins.
    Et bien entendu, que nos voisins consentent à nous fournir le précieux fluide, ce qui est loin d'être acquis compte tenu de leurs propres problèmes de transition énergétique.
    N'y comptons donc pas trop.
    _________________

    Les centrales à gaz à cycles combinés et cogénération sont une solution honorable pour une transition énergétique en douceur, même si temporairement l'arrêt du nucléaire devrait s'accompagner d'une augmentation (modérée) des émissions de CO2.

    Cette phase transitoire permettrait d'attendre sans crise majeure la disponibilité du Bio gaz et des bio carburants qui prendront la place du Gaz naturel fossile et des produits pétroliers.
    ______________

    Les nouvelles centrales thermiques présentent un certain  nombre d'avantages:

    - Elles fournissent une production de base, indépendante de la force du vent ou de l'ensoleillement.
    - Leur construction est très rapide, une centrale peut être opérationnelle  deux ans après autorisation de chantier.
    - Le choix des sites d'implantation ne pose pas de problèmes particuliers, contrairement au nucléaire, pour des raisons évidentes.
    - Leur occupation au sol est négligeable en regard des surfaces nécessaires au déploiement de l'éolien et du solaire.
    - Leur constante de temps est très courte, leur rapidité d'intervention est un atout supplémentaire.
    - Le rendement des dernières CCG atteint 62%.
    (Et davantage si l'on récupère la chaleur pour la distribuer en réseau).
    - leur coût est sans commune mesure avec celui d'un réacteur nucléaire.
    (Compter 400 Millions pour 500 MW, contre plusieurs Milliards pour du nucléaire).
    - Elles fournissent à la fois de l'électricité et de la chaleur distribuable en réseau (CCCG), ce qui est impossible avec le nucléaire à cause des risques de contamination à travers les échangeurs.
    - Elles peuvent être alimentées indifféremment par du gaz naturel ou par du bio Méthane selon disponibilité.
    - Elles peuvent être déclinées dans des versions de puissances adaptés aux besoins locaux.
    ( La micro cogénération permet même d'en installer chez les particuliers).
    __________________

    Le remplacement du nucléaire par des renouvelables n'est qu'un petit problème à côté de ceux qui nous attendent.
    Ceci n'est pas une provocation.

    En effet, les 400 TWh d'électricité nucléaire ne représente "que" 21 % de notre consommation d'énergie finale, les 79% restant étant fournis pour partie (300 TWh)* déjà par des renouvelables, et pour partie ( 1 200 TWh) par les fossiles.

    * Eolien, Solaire, Hydraulique, bois énergie, solaire thermique, Bio masse déchets, bio gaz et biocarburants.
    Noter la très faible participation (1,6%) de l'éolien et du solaire dans la consommation d'énergie finale.
    _________________

    Pour que la transition énergétique ait un sens, il faudra donc remplacer les 1200 TWh de produits pétroliers et de gaz naturel fossile par des produits renouvelables, qui ne pourront être que des produits équivalents en usage, c'est-à-dire du Bio gaz et des Bio carburants.

    Ce challenge est autrement difficile que le remplacement du nucléaire.
    ___________________

    Avant d'en arriver là, deux ou trois décennies se seront écoulées, au cours desquelles les dispositions devront être prises pour amorcer le retrait du nucléaire, développer l'éolien et le solaire, l'hydraulien, mettre en œuvre le réseau intelligent, la filière "Power to Gas", construire les installations de stockage de l'énergie électrique, développer la production de Bio Gaz et de Bio carburants de troisième génération, etc.

    Le remplacement du nucléaire est décidément l'arbre qui cache la forêt…
                _________________

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

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    6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 10:29

    Quelle énergie pour demain ?

    6 Août 2018

    Nos besoins en énergie finale d'élèvent à 165 Mtep ( 1 900 TWh ).

    85 % de cette énergie ( 1600 TWh ) provient des importations de diverses régions du monde.
    ( Produits énergétiques fossiles et minerai d'Uranium).

    Une petite partie de notre énergie finale, environ 15%, provient de diverses sources renouvelables décarbonées ou à carbone recyclable:
    Hydroélectrique, bois énergie, éolien, solaire élec, solaire therm, géothermie, biocarburants.

    Notre taux effectif d'indépendance énergétique est donc de 15%.*

    C'est une valeur très faible, qui nous place en position de grande
    vulnérabilité sur la scène internationale et nous contraint à maints "arrangements", pour ne pas dire complaisances, sur le terrain géopolitique.
    Sans parler du coût de cette énergie, qui impacte lourdement la balance du commerce extérieur.
    (Officiellement 38 Milliards/an, probablement beaucoup plus en comptant le nucléaire).

    Les crises pétrolières vécues par le passé ont marqué les plus vieux d'entre nous, qui savent désormais le prix de cette dépendance.

    * On cite parfois un taux d'indépendance énergétique de 53% pour la France, ce qui est parfaitement fantaisiste et ne représente pas la (triste) réalité.
    Ce taux est obtenu à partir de l'énergie primaire, en considérant que le nucléaire est une énergie "indépendante", ce qui est évidemment une imposture puisque l'Uranium naturel de nos centrales provient du Niger, du Canada, de l'Australie, et du Kazakhstan, non encore annexés à la France, du moins à notre connaissance.
    (Et de plus, l'énergie primaire attribuée au nucléaire est calculée avec la chaleur perdue, ce qui est dépourvu de sens en l'occurrence).

    ___________________

    Pour le futur, nous avons le choix de continuer dans cette voie, auquel cas la transition énergétique n'est plus notre problème.
    Il nous "suffira" de changer de fournisseurs et d'accepter leurs conditions.
    La récente autorisation donnée à TOTAL de raffiner 300 000 tonnes d'huile de palme importée (pour commencer) en France nous en donne la démonstration.
    Il suffit de continuer comme çà et de faire la même chose avec les autres produits tels que le bois énergie, et le bio gaz .
    Mais à quel prix ?

    Dans ce contexte, le remplacement du nucléaire est un non problème:
    Il suffira d'importer du bio fuel et/ou du bio gaz pour faire tourner quelques turbines qui nous procureront le courant nécessaire, et même de la chaleur que nous pourrons récupérer pour la distribuer dans des réseaux spécialisés, comme il en existe déjà beaucoup.
    (Ceci est d'ailleurs un avantage sur le nucléaire, dont la chaleur est perdue puisqu'irrécupérable à cause des risques de pollution radioactive en cas de fuite dans les échangeurs).
    Le seul problème est alors de savoir quand ces bio combustibles seront disponibles sur le marché mondial, et à quel prix.
    Dans le même esprit on pourrait aussi importer directement de l'électricité.
    Nos capacités transfrontalières sont de 10 GW actuellement, mais elles peuvent être augmentées et associées à des liaisons sous-marines, il est même question d'un projet d'axe méditerranéen, pour aller chercher le Soleil là où il est.
    __________________

    Mais nous pouvons également choisir une autre option et décider de profiter de la transition énergétique pour augmenter significativement notre taux d'indépendance énergétique.
    (Nous parlons du vrai taux, pas du chiffre bidouillé pour "faire joli" dans les bilans).

    Mais, à quel niveau faut-il placer la barre ?
    Car enfin, entre 15% d'indépendance énergétique effective, comme aujourd'hui, et 100% , comme certains idéalistes pourraient le souhaiter, il y a une "légère" différence dans l'effort à accomplir.

    On aura remarqué qu'aucun gouvernement (sauf le Général en son temps)  ne s'est jamais exprimé sur ce point.
    Le problème est tout simplement évacué grâce à un tour de passe-passe qui consiste à tordre les chiffres pour afficher un taux de 53%, alors que la réalité est à 15%.
    ( Imposture que les observateurs étrangers ne manquent pas de dénoncer…).

    Faute d'une destination clairement fixée par le Capitaine, le meilleur timonier ne saurait tracer une route, surtout si en plus il n'a ni carte ni compas.

    Alors le bateau France navigue à l'estime, un peu genre croisière découverte au gré des vents et des courants.
    (Mais attention, certaines de ces croisières finissent parfois dans les rochers…).
    _________________

    Côté électricité, l'Etat s'estime paré grâce au nucléaire qui joue le rôle d'ancre de miséricorde, et qui de plus satisfait les "règles" du GIEC puisqu'il est "CO2 free", du moins si l'on oublie l'énergie grise, voire noire.

    Mais l'électricité nucléaire ne représente "que" 21% de nos besoins en énergie finale.
    ( 400 TWh sur 1 900 TWh ).

    Qui va s'occuper du reste ?

    Le reste, c'est à 90% du charbon, des produits pétroliers, du gaz naturel, tous produits émetteurs de CO2 et importés en totalité.

    Si quelqu'un connaît la stratégie du Gouvernement pour remplacer ces produits par d'autres plus conformes à la nouvelle doxa, nous sommes fort intéressés.
    De même nous aimerions connaître le taux d'indépendance énergétique que le Gouvernement a fixé comme objectif, et avec quel calendrier.
    Et, question subsidiaire, quel serait la stratégie en cas (fort improbable) de retrait du nucléaire.
    __________________

     

     

     

     

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