24 Février 201
Considérons deux pères de famille désirant placer 20 000 euros à long terme pour constituer un petit magot pour leur retraite.
L’un choisit la solution la plus simple, genre contrat d’assurance vie à fonds bloqués et au taux de 4%. Au bout de vingt ans son capital a atteint la somme de 43 820 euros.
L’autre choisit plutôt de faire installer des panneaux photovoltaïques sur sont toit et de revendre l’électricité à EDF.
Il fait donc disposer 25 m2 de panneaux en intégration à la toiture, pour un montant TTC de 25 000 euros, incluant les travaux de charpente, d’étanchéité, l’onduleur, le cablage, les compteurs, les frais de dossier. Compte tenu du CIDD ( Crédit d’Impôt Développement Durable ) son investissement personnel est de 20 000 euros.
Sa production , estimée à 2 500 KWh/an, achetée au tarif de 58 centimes par EDF, lui rapporte 1 450 euros par an.
Il place cet argent également sur le même support que le précédent, avec un rapport de 4% par an.
Au bout de vingt ans ce placement a atteint la somme de 43 180 euros, c’est-à-dire tout juste ce qu’il aurait obtenu sur un compte épargne.
De plus, au cours de cette période, il aura fallu procéder à des travaux d’entretien, de réparations, que l’on peut estimer à 2 000 euros. ( Un ou deux panneaux à remplacer, travaux d’étanchéité, pertes de rendement dues au vieillissement, remplacement probable de l’onduleur, pannes hors garantie, sinistre météo non remboursé à 100%, ….
Il faut également inclure l’augmentation de prime d’assurance pour couvrir les risques supplémentaires ( Incendie, dégât des eaux, casse ).
La rentabilité du photovoltaïque n’est donc pas démontrée pour une installation domestique et dans les conditions de prix actuelles.
Par contre, les grosses installations ( toitures de supermarchés, couvertures de parkings, etc…) bénéficient de prix au mètre carré posé beaucoup plus bas et atteignent un TRI ( Taux de Retour sur Investissement) confortable assez rapidement.
Ce qui explique l’énorme flux de dossiers déposés avant l’annonce de révision des tarifs de rachat.
Le particulier soucieux de bonne gestion fera bien d’étudier attentivement son dossier et de réaliser une bonne analyse financière. Il constatera alors qu’il est parfois plus rentable de mettre ses sous sur un plan d’épargne plutôt que de faire des trous dans son toit , au risque de récolter plus d’eau de pluie que de plus-values.
Il devra, au minimum, obtenir des informations écrites, voire des garanties, sur les points suivants:
- Prix TTC de l’installation 3 KWc en intégration de toiture incluant les travaux de charpente, d’étanchéité, de pose des panneaux et de raccordement au réseau:
- Type et caractéristiques techniques et électriques des panneaux.
- Type et caractéristiques techniques de l’onduleur.
- Rendement global de l’installation incluant l’onduleur, et à température de fonctionnement réelle.
- Conditions et durée de la garantie.
- Perte de rendement des panneaux en fonction de la température.
- Perte de rendement des panneaux en fonction du vieillissement.
- Irradiance solaire annuelle du lieu d’installation ( Source ADEME).
- Garantie du tarif de rachat EDF.
- Montant de la surprime d’assurance ( Risque accru d’incendie, de dégâts des eaux, et de casse).
- Conditions de garantie de l’installation.
- Estimation des coûts de maintenance normale ( vérification annuelle, nettoyage des panneaux )
- Coût de remplacement de l’onduleur ( durée de vie moyenne annoncée : 10 ans).
- Dossier technique avec calcul de la rentabilité.
- Valeur résiduelle en fin de contrat ( en général zéro).
Faute d’une étude précise de rentabilité, l’installation peut se révéler un placement désastreux.
Il faut savoir également qu’entre la région île-de-France et le midi, la différence de rendement est de 30% pour la même installation.
D’autre part, entre un bon panneau bien refroidi, de rendement 14%, et un autre de moyen de gamme mal posé la différence peut atteindre aussi 30%.
Les deux cumulés conduisent à des différences de rentabilités de 60% !
Si de plus on néglige de nettoyer régulièrement les panneaux ( poussière, sable, fientes, moisissures, embruns salés, dépôts acides, …) on peut perdre 10 à 20% de production.
Le placement photovoltaïque n’est pas un long fleuve tranquille….Il demande à tout le moins un peu d’attention et une calculette.