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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 09:34

26 Mars 2011


Nous consommons beaucoup d’électricité, 434 TWh en 2009.


Cette énergie provient pour 78% du nucléaire, pour 13% de l’hydraulique, et pour 7% de centrales thermiques classiques.


Le reste, c’est-à-dire 2%, provient des énergies nouvelles, essentiellement éolien et photovoltaïque.


Cette consommation se répartit en différents secteurs:


- Résidentiel/Tertiaire 284 TWh


- Industrie hors sidérurgie 123  


- Sidérurgie 12


- Transports 12


- Agriculture    3


La croissance de la demande d’électricité est constante:


305 TWh en 1990


392       en 2000


434       en 2009


Soit un taux de 1%/an environ.


Cette croissance est alimentée par le secteur Résidentiel/Tertiaire, elle est beaucoup plus modérée dans les autres secteurs de l’économie.


Sources: SOeS ( Service de l’Observation et des Statistiques)


Cette demande est appelée à croître encore plus à cause du prochain développement de la voiture électrique.


En 2020, la demande électrique sera de 477 TWh, si l’on considère un  taux de croissance de 1%/an.


On peut imaginer ( avec beaucoup d’imagination) que les énergies nouvelles seront capables de fournir 100 TWh/an ( 8 TWh aujourd’hui ), soit environ 21% des besoins électriques.


Il faudra donc faire appel aux énergies traditionnelles fossiles et/ou au nucléaire pour fournir les 317 TWh manquant.


Un retrait prématuré du nucléaire conduirait à la nécessité de construire un grand nombre de  centrales thermiques à flamme, fonctionnant au gaz ou au fuel.


( Aujourd’hui il y a 15 sites de production d’électricité thermique, qui fournissent 30 TWh/an. Il faudrait donc environ 150 sites supplémentaires pour remplacer nos centrales nucléaires vieillissantes ).


Cette équation n’a bien sûr pas échappé à EDF, qui anticipe les besoins en augmentant les capacités de production thermique:


- Installation de nouvelles turbines à Arrighi, Vaires-sur-Marne, et Montereau, pour 1 GW.


- Réactivation de centrales au fuel en sommeil: Porcheville, Cordemais, et Aramon, pour 2,6 GW.


- Autres projets d’ici 2012, pour 1,4 GW supplémentaires.



Les atermoiements autour du nucléaires se traduisent donc automatiquement par des constructions de centrales thermiques. EDF ne peut pas se permettre de mettre ses clients en panne.


Le principe de réalité reste incontournable…



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 08:53

26 Mars 2011


Les informations contenues dans l’article du 19 Mars sur la pollution chimique liée à l’exploitation des gaz de schiste proviennent pour l’essentiel du rapport suivant:


« Shale gas:


A provisional assessment of climate change and environmental impacts.


A report by researchers at The Tyndall Centre.


University of Manchester.


Tyndall Centre Manchester.


Report commissioned by The Co-operative


January 2011 »


 

 

http://www.tyndall.ac.uk/shalegasreport  



 


 

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 17:03

25 Mars 2011


Donc nous consommons 156 Mtep d’énergie finale, et les énergies renouvelables n’en fournissent que 20, dont 14 sont l’hydraulique et le bois-énergie.


Deux tâches nous attendent par conséquent:


D’une part, développer fortement la production d’énergies renouvelables, car il ne suffit pas d’en parler pour les voir croître spontanément. Aujourd’hui le mouvement est lancé, mais nous avons beaucoup de retard par rapport à nos voisins, retard dû à de nombreux atermoiements et surtout au mirage du nucléaire.


D’autre part, il serait souhaitable de réduire drastiquement notre consommation, car le niveau actuel dépasse de beaucoup les potentialités des énergies nouvelles. En effet, l’hydraulique et le bois-énergie présentent peu de potentiel de croissance.


Depuis l’année 2 000 , notre consommation annuelle d’énergie finale demeure constante, à 155-160 Mtep.


On n’observe donc aucune tendance à la décroissance, malgré la crise qui est censée exercer un effet modérateur sur les besoins.


Les planificateurs européen ont bien programmé une baisse de 20% de la consommation énergétique pour 2020, mais sans donner la recette pratique.


Et pourtant, de gros efforts ont déjà été entrepris, qui ont porté leurs fruits:


- Réduction de consommation des logements:


   365 KWh/m2 en 1973


   215 KWh/m2 en 2005, soit - 41%


- Généralisation des éclairages basse consommation.


- Réduction ( légère) de consommation des véhicules.


- Démarrage ( timide) des énergies renouvelables.


- Amélioration des rendements industriels.


Par contre, dans le même temps, la société a évolué:


- Généralisation de la climatisation dans les véhicules, et accroissement de leur poids, ce qui annule le bénéfice d’une amélioration des rendements moteurs.


- Augmentation de la surface moyenne des logements (résidences principales), donc besoins supplémentaires d’énergie.


- Accroissement du nombre de propriétaires de leur logement ( On consomme davantage d’énergie qu’en location).


- Multiplication des appareils domestiques, gros consommateurs d’énergie.


- Débauche de consommation de matériel multimédia.


- Débauche de consommation dans l’éclairage public, qui pourrait être fortement réduit.


- Pas de politique volontariste de développement des transports collectifs.


- Peu de covoiturage.


- Généralisation du deuxième véhicule.


A cela bien sûr il faut ajouter les effets de la croissance, même faible, qui tire naturellement vers le haut les besoins énergétiques. Sans oublier l’augmentation  de la population, 0,65%/an en métropole.


Il semble donc illusoire d’attendre une diminution significative et rapide de la consommation d’énergie dans le contexte actuel, c’est un souhait qui relève de la pensée magique. Le monde réel obéit rarement aux incantations.


Les recommandations, les exhortations, les menaces, les règlementations, les diagnostics, la persuasion, ne réussissent manifestement qu’à stabiliser le niveau des besoins, stabilisation en grande partie due à la crise.


Les indicateurs réalistes laissent penser que cette situation perdurera au moins jusqu’en 2020. Le souhait européen d’une réduction de 20% des besoins a très peu de chance d’être exaucé, au moins en France.


Parmi les énergies renouvelables, le solaire thermique et photovoltaïque, et l’éolien, ont un fort potentiel de croissance. En France, l’hydraulique est quasiment saturé, le bois-énergie aussi car son cycle de renouvellement est très long, les biocarburants sont contestés car ils concurrencent les cultures alimentaires, la géothermie est locale. Il reste les déchets renouvelables et les pompes à chaleur.


Le solaire, l’éolien et les pompes à chaleur ont fourni  en 2009 environ 1,7Mtep.


En leur supposant un taux de croissance à la limite du raisonnable, ils pourraient fournir 30 Mtep en 2020.


Il faudrait alors trouver de l’ordre de 130 Mtep supplémentaires pour compléter nos besoins.


Cet apport ne pourra être fourni que par les énergies traditionnelles fossiles et/ou le nucléaire.


Une sortie trop hâtive du nucléaire aurait comme conséquence une augmentation des importations de pétrole et de gaz. Ce qui n’est bon ni pour la balance du commerce extérieur, ni pour les émissions de CO2.


Quoi qu’on puisse penser par ailleurs du nucléaire.


Quant à ce qui se passera après 2020, nous avons quelques années pour nous y préparer….



 


 


 


 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 14:41

24 Mars 2011


La journée d’hier nous a gratifiés de deux sondages d’opinion sur le même sujet: faut-il ou non abandonner le nucléaire ?


Voici les résultats:


- Les opposants farouches au nucléaire, ceux qui veulent arrêter tout rapidement, font respectivement 19% ( IFOP) et 13%( SOFRES). Il sont donc fortement minoritaires dans les deux enquêtes.


- Ceux qui voudraient en sortir mais sont conscients que cela doit se faire progressivement, font 51% ( IFOP) , non exprimés côté SOFRES.


- Ceux qui sont clairement pour la continuation du nucléaire, y compris construire de nouvelles centrales, font 30% (IFOP), non exprimé côté SOFRES.


- Ceux qui sont contre l’abandon du nucléaire font 55% ( SOFRES).


Les autres chiffres sont inexploitables car rubriques trop vagues ( que signifie «  être plutôt pour » ou « plutôt contre » ?


Les deux sondages disent finalement la même chose, malgré les apparences de contradiction:


Il y a une très faible minorité en faveur de l’abandon catégorique du nucléaire, c’est un résultat essentiel. Il montre que plus de 80% de l’opinion est partagée entre la continuation du programme, l’abandon progressif, ou une incertitude qui traduit une demande d’informations complémentaires.


Ce qui prouve une fois de plus que les français se méfient des positions extrêmes, et demandent à voir de plus près la marchandise qu’on leur propose.


Il est clair qu’avant de lancer un référendum, il faudra mettre en œuvre une campagne d’information présentant les enjeux et les conséquences socio-économiques des différents choix.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:06

23 Mars 2011


En 2009, la France a consommé 156 Mtep ( Energie finale ), ou encore 1800 TWh en unités électriques, toutes énergies confondues.


Dans ce mix énergétique, les énergies renouvelables participent pour environ 20 Mtep, soit 12,6%.


Encore faut-il remarquer que dans ces 20Mtep figurent les énergies renouvelables traditionnelles qui sont l’hydraulique ( 4,9 Mtep) et le bois-énergie ( 9,1 Mtep).


Les énergies renouvelables « modernes » :


Pompes à chaleur.


Eolien.


Résidus agricoles.


Déchets urbains renouvelables.


Biogaz.


Biocarburants.


Géothermie.


Solaire thermique.


Solaire photovoltaïque.


Ne figurent que pour 6 Mtep, soit 3,75% du total.


( Sources SOeS environnement ).


La prise de conscience du réchauffement planétaire, lié à l’effet de serre, a conduit à un consensus autour de la nécessité de maîtriser les émissions anthropiques de dioxyde de carbone, essentiellement liées à l’utilisation des combustibles fossiles carbonés.


En conséquence logique, le programme de développement énergétique mondial doit intégrer une baisse  progressive de la part de ces combustibles dans le mix énergétique, jusqu’à l’abandon total à une échéance de la fin du présent siècle.


Ce choix vertueux et délibéré nous est par ailleurs imposé par la perspective de  l’épuisement inéluctable des réserves de ces produits.


La France n’échappe évidemment pas à la nécessité d’intégrer ce programme de restrictions dans ses plans de développement énergétique.


La stratégie logique de retrait des énergies fossiles non renouvelables carbonées doit tenir compte de l’importance relative des différents combustibles:


D’abord le charbon, qui est le plus polluant en terme d’émissions de CO2, de suies et de nanoparticules. Malgré des réserves mondiales très abondantes, il serait contraire au consensus planétaire de continuer à l’utiliser.


En France, la consommation annuelle de charbon est inférieure à 10 Mtep, en voie d’extinction.


Ensuite le pétrole, second dans l’ordre des polluants, dont l’abandon sera de toutes manières imposé par l’épuisement des réserves avant la fin du siècle.


Enfin le gaz naturel, car c’est le moins polluant, et qu’il dispose de réserves abondantes. Il aura donc droit à un sursis de quelques dizaines d’années.


A côté de cette nécessaire stratégie d’abandon progressif des énergies fossiles carbonées, une autre stratégie est actuellement en débat de par le monde. Il s’agit de la stratégie à adopter vis-à-vis des utilisations civiles de  l’énergie nucléaire.


Il y a aujourd’hui de par le monde 438 réacteurs nucléaires terrestres civils, auxquels il faut ajouter 400 navires à propulsion nucléaire.


Les centrales nucléaires électriques produisent 14% de l’électricité mondiale ( 2009 ).


En France, cette proportion est de 78%.


Il existe un lobby anti-nucléaire très actif, qui fonde ses revendications sur trois inconvénients de cette filière:


- Le risque d’accident majeur, confirmé s’il en était besoin par les récents évènements.


- L’impossibilité de traiter aujourd’hui les déchets radioactifs.


- Le risque de dissémination de la technologie, augmentant l’éventualité d’attentats terroristes et/ou de contamination de l’environnement.


Ces inconvénients étant bien réels, on peut imaginer que soit prise la décision d’abandon progressif du nucléaire civil.


Dans cette hypothèse extrême, mais envisageable, la totalité des besoins énergétiques devraient être satisfaits par des énergies renouvelables et propres:


- Eolien.


- Solaire thermique.


- Solaire photovoltaïque.


- Hydraulique.


- Géothermique.


- Pompes à chaleur.


- Bois-énergie.


- Déchets renouvelables.


Aujourd’hui , en France, ces énergies représentent 20 Mtep , les besoins totaux d’énergie s’élevant à 156 Mtep.


Cet écart d’échelle montre à l’évidence que le basculement, s’il est possible, ne peut être que très progressif, avec une échéance qui se situerait quelque part autour du milieu du siècle.


En effet, il ne serait pas pertinent de chercher à trop accélérer le basculement car le risque serait grand de déstabiliser les structures de la société, et de remplacer un problème gérable par un autre problème dont la solution nous échapperait complètement.


Le passage du gué sera difficile à négocier. On attend des Etats qu’ils mettent en place des stratégies claires et pérennes, afin de permettre aux industriels de développer les filières de remplacement dans un cadre favorable aux initiatives et à la création d’entreprises.


En France, la stratégie n’est pas clairement définie, l’Etat n’a pas encore choisi le cheval sur lequel il devra parier pour avoir une chance de gagner le grand prix de 2050. Entre le nucléaire et les énergies nouvelles, il faudra pourtant faire le choix.


Aujourd’hui nos responsables donnent l’impression de vouloir jouer en champ total, au moins durant une période d’observation jusqu’en 2020.


Peut-être une sage décision ?



 


 


 


 


 


 


 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 18:54

22 Mars 2011


Le désastre de Fukushima est mis en avant comme preuve incontestable de la dangerosité du nucléaire civil.


Le désastre est hélas bien réel, mais pour en mesurer toute la portée il est nécessaire de faire l’effort d’en comprendre la genèse.


Les réacteurs utilisés sont du type à eau bouillante. Ils ne comportent qu’un seul circuit fermé, et le condenseur est refroidi avec de l’eau puisée directement dans la mer.


Il n’y a pas de circuit secondaire pour le refroidissement, donc pas de tour d’évaporation, tout repose sur le puisage d’eau de mer, à raison de 60 000 m3 par heure, contre 1 800 m3/heure seulement avec une tour d’évaporation ( qui servent juste à compenser les pertes de vapeur d‘eau par les tours).


Donc très grande vulnérabilité à tout problème d’approvisionnement en eau.


C’est une première erreur.


Les barres de ralentissement fonctionnent à l’envers de ce qui se fait actuellement. Pour ralentir le réacteur il faut soulever les barres, donc disposer d’une force motrice, alors que normalement il suffit de les laisser descendre de leur propre poids. En cas de panne de motricité les barres ne peuvent plus être manœuvrées.


C’est une deuxième erreur.


La centrale a été construite en tenant compte du risque de séisme, la valeur maximale possible envisagée retenue a été de 7.


Compte tenu de la situation du pays et de son passé géologique, il aurait fallu prendre une limite de 9 selon les experts ( rapport 2007).


C’est une troisième erreur.


Le site retenu a été en bord de mer, pour des raisons économiques. Au Japon, pays des tsunamis, le bon sens aurait voulu que le choix se porte sur un site surélevé d’au moins vingt mètres. Ceci a été refusé au départ .


C’est une quatrième erreur.


Le combustible usagé ( mais encore radioactif) est stocké dans des piscines qui sont situées à proximité immédiates des réacteurs. En cas d’accident sur le réacteur, la piscine est aussi directement impliquée, avec les conséquences que l’on peut voir actuellement.


C’est une cinquième erreur.


Lors de la révision des conditions de sécurité des centrales japonaises en 2007, le Professeur Ishibashi Katsuhiko a relevé toutes les erreurs de conceptions et demandé qu’elles soient prises en compte. Cela a été refusé.


C’est la sixième erreur, fatale comme chacun a pu le constater.


Il est clair que ces erreurs auraient été sans conséquence si à la place de matière radioactive, il y avait eu du charbon. Cela est incontestable.


Mais il faut aussi reconnaître que, si cette série d’erreurs de conception humaines n’avaient pas été commises, l’accident n’aurait sans doute pas eu lieu, ou ses conséquences auraient été modestes.


Nous pensons que ces circonstances doivent entrer en ligne de compte lors d’une évaluation de la dangerosité du nucléaire civil.


Au-delà de l’aspect technologique, il faut porter l’attention sur la chaîne humaine de décisions. Il est évident, Fukushima le confirme, qu’un tel enchaînement de fautes de conception n’aurait jamais dû pouvoir se produire. Il est donc indispensable de revoir toutes les procédures de décisions, afin d’y introduire davantage de rigueur et de transparence.


Faute de quoi de telles catastrophes se reproduiront immanquablement, quel que soit le niveau des technologies mises en œuvre.



 


 


 


 

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 10:09

19 Mars 2011


La fracturation hydraulique permettant l’exploitation du gaz s’effectue avec de l’eau sous très haute pression. Cette eau contient environ 2% d’additifs chimiques dont une grande partie va demeurer dans le sol et constituera une pollution à long terme.


Voici la liste de ces additifs avec leurs rôles respectifs:


- Proppant


Facilite l’ouverture des fractures et l’écoulement du gaz.


- Acid


Dégager et nettoyer les intervalles entre fracturations pour permettre le passage des fluides.


- Breaker


Réduire la viscosité du fluide.


- Bactericide/Biocide


Inhiber la croissance d’organismes susceptibles de produire des gaz contaminants ( sulfure d’hydrogène) et/ou de gêner l’écoulement du gaz.


- Clay stabilizer.


Prévenir la formation de bouchons argileux qui pourraient gêner les écoulements.


- Corrosion inhibitor.


Prévenir la formation de rouille sur le tubage et les réservoirs.


- Crosslinker.


Agent de viscosité à base l’esthers de phosphate et de métaux.


- Friction reducer.


Optimiser le débit des fluides de fracturation.


- Gelling agent.


Optimisation de la viscosité.


- Iron control.


Prévenir la précipitation d’oxydes métalliques.


- Scale inhibitor.


Prévenir la précipitation de carbonates et sulfates.


- Surfactant.


Réduire la tension de surface du fluide.


Tous ces composants font appel à des associations de produits chimiques dont l’identité et le dosage sont des secrets industriels. Les proportions dépendent de la nature du sous-sol .


En clair, l’autorité responsable le la santé publique n’est pas en mesure de connaître la nature et les quantités de produits injectés dans le sous sol !!!


Ce facteur de risques devrait, à lui seul, justifier un moratoire.


Mais ce n’est pas tout.


Le fluide de fracturation injecté dans le sous sol subit des transformations chimiques liées à la très haute pression et à la température. De plus, il agit comme agent de dissolution des composés présents naturellement (ou non) dans le sous sol. Le fluide de retour, récupéré avec une partie seulement des additifs chimiques, contient donc des composés chimiques qui n’étaient pas présents au départ. Ces composés se retrouvent dans les déchets, et on n’en connait pas la nature.


Il peut s’agir notamment de métaux lourds, et/ou de NORMs ( Naturally Occuring Radioactive Materials). 


Il s’agit d’un second facteur de risques qui vient renforcer la nécessité d’un moratoire.


Il y a mieux.


Le conduit qui traverse la ou les nappes aquifères pour atteindre les profondeurs, doit être parfaitement étanche vis-à-vis de ces nappes, sous peine d’y injecter des produits toxiques lors des opérations de facturation.


Le tubage d’un puits est, en principe, renforcé par l’injection de ciment censé combler l’espace libre et garantir l’étanchéité.


Mais, au cours des opérations de fracturation ( plusieurs fracturations primaires successives sont effectuées le long d’un forage ), le tubage subit des variations de pression brutales considérables, 350 à 700 bar sont appliqués pour obtenir le résultat.


Il y a un risque de fragilisation avec perte d’étanchéité au niveau de la traversée des nappes aquifères si des précautions particulières ne sont pas prises.


Le retour d’expérience aux USA a montré que ce risque est réel. Les compagnies interrogées ont montré une certaine négligence dans la prise en compte de ce problème.


Un troisième facteur de risque à prendre en compte avant d’autoriser des travaux.


Ces trois facteurs de risques devraient suffire à eux seuls à convaincre  les autorités de la nécessité d’un moratoire.



 


 


 


 


 


 


 


 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 17:36

18 Mars 2011


Les gaz de schistes sont exploités depuis 1990 aux USA , avec une production qui a atteint 14,3% de la consommation de gaz en 2009 (source EIA). Ces gaz sont potentiellement présents partout, en particulier en Europe où il existe des projets de mise en exploitation.


Ces projets sont très mal accueillis car ils sont considérés comme destructeurs de l’environnement.


Aux Etats-Unis, les dégâts causés par cette activité ont amené l’US EPA (Environmental Protection Agency) a lancer un programme de recherche pour une meilleure compréhension des risques. Les résultats de ce travail sont attendus pour fin 2012.


En Décembre 2010 , le Gouverneur de l’Etat de New-York a ordonné  l’arrêt des fracturations pendant six mois ( jusqu’en Mai 2011, susceptible de prolongation ) et la délivrance des nouveaux permis a été suspendue.


Les experts du Royaume Uni ont recommandé de surseoir à tout forage et d’attendre les conclusions du rapport de l’US EPA , ce qui semble la moindre des précautions.


C’est le moment choisi par notre Ministre de l’Energie (de l’époque) pour accorder en catimini des permis d’exploration  en France.


On comprend la fureur des associations de défense de l’environnement, d’autant plus que le personnage était en même temps chargé de l’écologie, du développement durable, et des technologies vertes !!!


De quelles calamités sommes-nous donc menacés ?


Sans reprendre les détails des procédés de forage et d’exploitation, qui figurent partout, on peut faire un résumé des nuisances:


- L’occupation du terrain.


Un emplacement de puits comporte six à huit forages horizontaux qui drainent le gaz de la couche de schiste sur une surface limitée, il y a environ 3,5 puits au km2. Sur un espace de 2km sur 2km il y a donc 14 puits.( le nombre est variable selon le terrain).


En période de forage, qui peut durer de un à deux ans, le chantier de chaque puits occupe 1,5 à 2 hectares, qui se réduisent à 0,4 à 1,2 hectares en exploitation.


L’occupation du terrain est donc considérable car il faut ajouter les travaux de voierie pour acheminer le matériel et les camions.


La durée d’exploitation d’un parc de puits est de cinq à huit ans. Quand c’est fini on va creuser plus loin ! c’est donc toute une région qui est vouée aux travaux de forage quasi permanents.


- La noria des camions.


Il faut acheminer le matériel de forage, le busage, le sable de consolidation, le ciment pour le trou, et surtout l’eau dont il est fait une grande consommation, et les produits chimiques nécessaires. Et ceci multiplié par le nombre de puits . Il en résultera de fortes nuisances et une dégradation de l’environnement.


On estime entre 4 000 et 6 000 le nombre de trajets camions nécessaires pour mettre un ensemble de puits en production.


- La pollution du sous-sol.


Le forage s’accompagne de l’injection d’eau et d’une mixture de produits chimiques dont certains sont cancérigènes et/ou toxiques. Or, une partie seulement ( 15 à 60%) de cette mixture est récupérée en surface. Le reste demeure au fond des trous, et constitue une pollution de très longue durée.


- La pollution des nappes aquifères.


Les tubes de forage traversent évidemment les nappes aquifères. Elles peuvent être polluées de plusieurs façons. Soit au cours du forage par passage direct du puits de forage vers la nappe. Soit au cours des fracturations hydrauliques, avec remontée des produits polluants sous l’effet de la forte pression. Soit en cours d’exploitation par fissuration ou mauvaise étanchéité du tubage. Soit depuis la surface à partir des produits récupérés et mal stockés.


- La pollution des eaux de surface.


En cours de forage les produits récupérés, contenant les produits chimiques toxiques, sont stockés sur place avant d’être évacués. Il y a un grand risque de pollution par infiltration et/ou ruissellement.


- Les besoins en eau.


A titre d’exemple un ensemble de forage de six puits multiples utilise entre 50 000 et 170 000 mètres cubes d’eau, qui doivent être prélevés sur place ou apportés par camions.


A quoi il faut ajouter 2% de produits chimiques très toxiques, soit 1 000 à 3 500 mètres cubes, amenés par camions.


Les produits chimiques sont généralement amenés dans des containers de plastique, le mélange est fait sur place grâce à un équipement spécialisé.


- La récupération des fluides.


Les fluides de retour sont filtrés et en partie récupérée. Une partie de boues et de produits chimiques sont stockés sur place pour être évacués  (où ?).


- La durée des chantiers.


La durée des travaux jusqu’à la production varie entre 500 et 1 500 jours.


- La durée de vie d’un forage.


L’exploitation correspond à une production en forme de courbe en cloche. La durée totale est de cinq à dix ans.


- La refracturation.


Lorsque la production devient trop faible, il y a une possibilité de refracturer pour prolonger la période de production. On retrouve alors les problèmes de la mise en exploitation.


Il apparaît donc que l’exploitation du gaz de schistes induit des atteintes majeures à l’environnement et pose des problèmes de santé publique.


Le recours à ce type de source devrait être réservé à des cas d’extrême pénurie énergétique, ce qui heureusement est loin d’être le cas aujourd’hui.


Les données sont extraites d’un rapport de Janvier 2011 du « Tyndall Center for Climate Change Research » attaché à l’Université de Manchester, UK, pour le compte de « Sustainable Change Cooperative ».


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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 19:10

16 Mars 2011


Le CO2 a jusqu’à présent constitué la cible préférée dans la campagne contre le réchauffement climatique. Deux grands axes ont été tracés pour mener à bien ce combat:


D’une part, réduction drastique des consommations de sources d’énergie fossile carbonée et optimisation des rendements des moteurs et chaudières utilisant ces énergies. Les actions les plus spectaculaires étant la règlementation des émissions de CO2 et le développement de la voiture électrique.


D’autre part, développement des applications utilisant des énergies propres et durables. Essentiellement solaire thermique et photovoltaïque, et éolien.


Pour accompagner ces deux programmes industriels visant à combattre le CO2 à sa source, et ainsi réduire le taux d’accroissement de sa concentration dans l’atmosphère, deux axes complémentaires de recherche ont été privilégiés:


En premier lieu un programme d’encadrement des applications utilisant l’énergie de la biomasse ( Bois essentiellement ), donc intégrant le cycle naturel du carbone, programme visant à améliorer les rendements et à réduire les émissions polluantes.


En second lieu, un ensemble de programmes de recherche orientés vers la capture et la séquestration du carbone ( CSC).


A travers ces programmes, de nombreux secteurs de la recherche et de l’industrie se trouvent ainsi mobilisés sur des actions pluriannuelles motivées par la lutte contre le CO2.


Mais ce gaz , bien qu’étant considéré comme le principal facteur anthropique du réchauffement climatique, n’est pas le seul en cause.


D’autres composés gazeux, également d’origine partiellement anthropique, et présents dans l’atmosphère, sont impliqués dans les phénomènes climatiques ainsi que dans la pollution atmosphérique.


Parmi eux se trouvent  le dioxyde de soufre SO2, alias anhydride sulfureux, et le dioxyde d’azote NO2.


Ces deux compères ont la fâcheuse tendance, en présence d’eau, à donner de l’acide sulfurique (vitriol) et de l’acide nitrique ( acide azotique), tous deux violemment toxiques. Ces acides se forment soit dans l’atmosphère, soit dans les poumons des individus qui ont la malchance de se trouver là.


Ils sont, entre autres dégâts, à l’origine des pluies acides de sinistre réputation. Rappelons que ces pluies détruisent la végétation et provoquent une acidification des océans, ce qui porte un préjudice grave au plancton (qui fabrique notre oxygène) , aux organismes à coquilles calcaires ( dont les barrières coralliennes), et au cycle de solubilité du CO2 dans l’eau.


En plus de ces dégâts, qui suffiraient en eux-mêmes à justifier une lutte sans merci, ces gaz sont des précurseurs d’aérosols sulfatés qui constituent d’excellent noyaux de condensation notamment pour les brouillards toxiques. Le NO2 participe de plus aux réactions atmosphériques qui donnent l’Ozone.


Ces brouillards, dopés à l’acide sulfurique et à l’acide nitrique, sont à l’origine de plusieurs dizaines de milliers de morts chaque année.


Une raison supplémentaire de leur faire la guerre.


Mais, car il y a toujours un mais,


Etant à l’origine de noyaux de condensation, on leur doit une  partie des formations nuageuses de la basse troposphère, nuages qui ont la propriété de faire baisser la température, par des mécanismes assez mystérieux dont seuls les spécialistes pourraient nous dévoiler les arcanes.


Toujours est-il que, par ce biais, ils acquièrent un statut de gaz climato-influents, donc à manipuler avec précaution.


Le SO2 naturel provient essentiellement du volcanisme, et de la végétation. Par exemple le Phytoplancton est à l’origine de sulfure de diméthyle, qui s’oxyde en SO2.


En version anthropique, le SO2 est issu des transformation de produits soufrés dégagés par la combustion des combustibles fossiles (spécialement du charbon) et des raffineries. Des sulfures proviennent aussi du fumier animal, et de certaines industries ( pâte à papiers ).


L’augmentation du taux de SO2 dans a suivi la croissance de l’activité industrielle. Le pic est apparu en 1970-80, suivi d’une décrue due aux mesures de dépollution mises en place à cette époque.


Actuellement la production est repartie à la hausse, en rapport avec le décollage industriel de la Chine, accompagné de la mise en service de nombreuses centrales au charbon.


On notera le facteur d’accroissement de 70 fois par rapport à 1850, à rapprocher de celui du CO2, qui est de 1,25 «seulement» .


NO2 est surtout d’origine anthropique, issu des combustions ( transports, centrales au fuel et au charbon, incinérateurs), et des décompositions.


En tant que précurseurs d’aérosols, SO2 et NO2 sont impliqués dans la formation des couches nuageuses, et donc du climat.


L’effet de serre conduit à un équilibre radiatif entre les différents gaz de l’atmosphère. Si l’on modifie significativement la concentration de l’un des gaz actifs, l’équilibre est rompu, dans un sens qu’il est très difficile de prévoir exactement.


Certains experts estiment qu’il est hasardeux de chercher à réduire fortement SO2 et NO2 car leurs modèles indiquent que leur effet sur la température peuvent être contraire à celui du CO2.


La stratégie à propos des dioxydes de soufre et d’azote n’est donc pas évidente, il est souhaitable de chercher à en savoir plus avant d’agir.


La première démarche consiste à évaluer avec précision les rôles respectifs des GES dits « secondaires » dans la variation de température moyenne du globe, et particulièrement ceux qui participent au processus de nucléation.


Ce processus de nucléation devra être étudié dans ses effets sur la formation des couches nuageuses de la basse troposphère, et donc sur les variations de température.


Dans ces études on peut inclure le projet CLOUD ( Cosmics Leaving Outdoor Droplets) qui se propose d’analyser l’influence des rayons cosmiques galactiques sur le processus de nucléation autour des aérosols sulfatés. Il s’agit de chercher à mettre en évidence l’influence des rayons cosmiques sur la température moyenne du globe, par l’intermédiaire de ces gaz considérés jusqu’à présent comme de simples polluants à éliminer.



 


 


 


 


 


 



 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

 
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 18:48

13 Mars 2011


Nous venons donc de recevoir coup sur coup deux faire parts lourds de signification.


Le premier nous confirme de manière ô combien tristement démonstrative que l’énergie nucléaire est bien une source de risques majeurs.


Le second nous informe que les réserves d’énergies fossiles carbonées sont beaucoup plus importantes que prévu, grâce aux gaz de schistes.


Les dangers de l’énergie nucléaire étaient déjà connus bien entendu. On évoque toujours  les cas de « Three mile island » et de « Tchernobyl », en insistant sur les causes essentiellement techniques et humaines, donc susceptibles d’être corrigées. En effet chaque accident permet normalement d’en apprendre davantage sur les risques et de corriger les procédures et les règles de sécurité appliquées dans la conception et l’usage .


La catastrophe actuelle qui frappe le Japon est d’une autre nature. Ici pas de faute technique et pas d’erreur humaine, seule la Nature est à l’origine du drame.


On peut quand même se demander s’il était bien raisonnable de construire des centrales nucléaires au bord de la mer ( quasiment les pieds dans l’eau) dans un pays connu pour sa très forte séismicité , et à 250 kilomètres en face d’une énorme faille  active sous-marine qui encaisse l’affrontement de deux plaques tectoniques dont les mouvements capricieux sont bien connus.


Le Japon étant un pays développé et civilisé, on peut en conclure que les décideurs d’un grand pays à la pointe du progrès sont parfaitement capables de se conduire de manière déraisonnable.


Et c’est cela  qui fait le danger du nucléaire.


On peut à la rigueur prendre des décisions déraisonnables dans des actes courants qui ne peuvent entraîner de catastrophes, mais le nucléaire ne souffre aucune approximation. Il ne doit pas être mis entre les mains de personnes capables de construire une centrale les pieds dans l’eau et en face d’une faille active, sous-marine ou non.


Dès lors que de tels usages inconsidérés sont possibles, le nucléaire devient effectivement un danger pour l’Humanité.


Il sera facile maintenant d’obtenir que les programmes de prolongation de vie des centrales existantes soient remis en question, à tout le moins fortement encadrés.


Pour l’opinion, entre un excès de CO2 et Fukushima, le choix sera vite fait.


Dans ce contexte, la découverte des gaz de schistes dans nos contrées jusqu’ici dépourvues de la précieuse denrée, peut être vue comme une aubaine de nature à nous conférer une certaine indépendance énergétique, et une solution de rechange nous permettant d’envisager sereinement le retrait progressif du nucléaire.


Nous n’échapperons pas à un chantage pervers, les gaz de schistes en échange de l’abandon du nucléaire. Nul doute que la proposition sera considérée sérieusement de part et d’autre.


Il est donc fort probable que nous finirons, bon gré mal gré, par aller le chercher, ce gaz de schiste, pour obtenir de voir le spectre nucléaire s’éloigner.


Et peut-être aussi qu’en fin de compte, nous aurons les deux, mais ceci est une autre histoire….


Si le gaz de schistes devient effectivement un substitut, même partiel, du nucléaire, ses émissions de CO2 viendront grossir les volumes déjà rejetés par les usages classiques des autres énergies fossiles carbonées.


Il devient donc de la plus grande importance de s’occuper sérieusement du sort de ce CO2, puisqu’il semble admis que les énergies renouvelables propres ne pourront pas prendre la relève avant longtemps, et que la consommation globale d’énergie ne baissera pas significativement.


Les programmes de capture et séquestration du carbone reviennent alors sur le devant de la scène.


Si toutefois le taux de CO2 atmosphérique demeure un paramètre mondialement critique, mais n’anticipons pas…..


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