31 Janvier 2011
La mobilisation sans précédent de ces dernières années pour la lutte contre le CO2 s’est, dans un premier temps, focalisée sur l’automobile.
De grands progrès ont été accomplis pour la réduction des émissions de CO2 de nos bolides. Cette grande cause nationale s’est traduite par un renouvellement du parc et donc une relance du marché, ce qui s’appelle faire d’une pierre deux coups.
Quelques esprits chagrins ont bien fait remarquer que réduire le CO2, c’est bien, mais qu’il faudrait un jour s’attaquer aux autres polluants automobiles que sont les oxydes d’azote et les particules, spécialement celles émises par les moteurs diesel.
Directement influentes sur le réchauffement climatique, les particules sont également nocives pour la santé et sont reconnues responsables de nombreuses maladies respiratoires.
Les motoristes français étant de chauds partisans du diesel, le problème ne leur a pas semblé urgent, et la notion de filtre à particules ne s’est imposée que mollement, sans enthousiasme excessif.
Concomitamment à cette guerre du CO2, la perspective d’épuisement des énergies carbonées fossiles a nécessité l’ouverture d’un second front, celui de leur remplacement par des énergies renouvelables.
Se sont alors trouvés en première ligne l’éolien, le solaire et la biomasse.
Si l’ont fait abstraction de l’énergie grise, l’éolien et le solaire sont des énergies propres et renouvelables.
Par contre, la biomasse a moins la cote car elle traine avec elle une réputation d’émettrice de CO2, le péché originel.
Et puis, tirer de l’énergie à partir des excréments animaux, ce n’est pas très poétique ni très vendeur.
Heureusement, pour sauver la situation, est arrivé un chevalier blanc, le bois-énergie.
Dans une sorte de mouvement perpétuel vertueux les forêts absorbent le CO2, le feu de bois libère le CO2, qui est réabsorbé par les forêts. Le Soleil se charge de faire tourner ce moteur.
Certes, le cycle est lent, le temps qu’il faut pour faire pousser les forêts.
Certes, la réserve énergétique est limitée, elle se mesure dans une nouvelle unité, le KWh/ha/an. Il n’y en aura pas pour tout le monde. Il faudra bien réserver un peu de terres pour nourrir neuf millions de personnes et pour fabriquer quelques Mtep de biocarburants.
Mais ne gâchons pas la fête, et saluons l’aube d’une ère nouvelle qui marque notre émancipation du pétrole.
Les esprits chagrins ( ils ne dorment jamais ) ont vite fait de pointer d’un doigt vengeur les points faibles du système. La poésie d’un feu de bois s’accompagne de fortes émissions de produits dont l’énumération est consternante:
CO2, bien sûr, nous sommes dans le cycle du carbone.
COV, Composés Organiques Volatils, Méthane, Aldéides, terpènes, …
HAP, Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques
Dioxines.
Furanes.
Acide cyanhydrique.
Métaux lourds.
CO
NOx
Créosote.
Oxydes de soufre.
Etc….
Plus d’une centaine de composé ont été identifiés, les mauvaises langues disent même un millier.
Ces produits sont émis avec les fumées et la suie.
Il n’était décemment pas possible de promouvoir la filière bois-énergie sans un sérieux toilettage sous peine de reconstituer en Europe le nuage brun d’Asie.
D’autant plus que dans le même temps se déroulaient les grandes manœuvres contre l’envahissement de notre monde par les nanoparticules.
Or le feu de bois est très émetteur de ces petites bêtes. Raison de plus pour s’intéresser à lui de très près.
Le label « flamme verte » impose des limites d’émission pour les chaudières et les appareils de chauffage indépendants à bois ( poèles et cheminées), et des limites inférieures de rendements.
Le rendement doit être meilleur que 80 à 85% pour les chaudières, et 70% pour les poèles et cheminées, pour les puissances inférieures à 50 KW..
Les taux de poussières sont limités à 150 mg/m3 et les taux de COV à 100-150 ppm.
On voit que, malgré un bon contrôle de la combustion, les émissions de polluants restent importantes, même avec le label flamme verte.
Dans le cadre du Plan National Santé Environnement, et plus particulièrement du Plan Particules, des mesures incitatives sont prévues (certaines existent déjà) pour moderniser le parc des appareils de chauffage au bois existants:
- Remplacement des appareils anciens, au besoin sous la pression d’une règlementation plus sévère.
- Durcissement des normes, dont le label flamme verte et un exemple.
- Règlementation tendant vers l’obligation de montage de filtres anti particules sur les conduits d’évacuation.
Nous devrons désormais nous passer d’admirer les flammes d’un beau feu de bois dans un foyer ouvert.
Adieu les bûches, bonjour les granulés…..