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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 11:13

5 Janvier 2012

Après une inspection générale que l’on espère approfondie, l’ASN a donc rendu son rapport.

Les initiés auront bien sûr compris qu’il ne peut s’agir que d’une inspection superficielle, connaissant le temps nécessaire à l’inspection approfondie d’un seul réacteur, mais bon….

Nos réacteurs sont donc sûrs, en ce sens qu’ils ne posent pas de problèmes de sécurité immédiats.

Au lecteur de conclure s’il faut s’en réjouir ou s’en inquiéter.

En annexe, les experts ont tout de même précisé que, si l’on voulait vraiment bénéficier de cette sécurité au-delà de l’immédiat, il y aurait lieu de procéder à quelques menus travaux dont le montant a été provisoirement chiffré à dix milliards d’euros.

( Un peu comme chez DARTY, où l’on vous vend un matériel parfaitement fiable, mais en vous conseillant de prendre une extension de garantie au cas où…).

Il nous faudra donc mettre la main à la poche pour cette fameuse extension de garantie.

Le nucléaire français produit 300 TWh annuellement.

Dix milliards d’euros répartis sur dix ans, cela fait donc environ 0,33 centimes par KWh. Pas de quoi fouetter un chat.

Mais, l’expérience nous a montré hélas que l’évaluation de telles dépenses est toujours largement sous-estimée, surtout dans le nucléaire. Il faudra plutôt compter sur deux ou trois milliards par an pour des travaux aussi importants, et donc supporter un surcoût qui sera répercuté sur les prix de cession.

Aujourd’hui EDF vend son électricité nucléaire 42 euros le MWh( Janvier 2012). C’est le prix de cession aux fournisseurs, soit 4,2 centimes du KWh.

Un surcoût de 1 centime représente alors une augmentation de 25% du prix de cession, soit au moins 12% sur la facture du client final.

Cet effort reste cependant acceptable compte tenu du coût du KWh français, parmi les plus faibles d’Europe.

D’autre part, il est clair que cet investissement ne sera pas réalisé à fonds perdus. Il implique une prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs concernés, ce qui nous éloigne donc un peu plus de la sortie du nucléaire. On ne va pas arrêter des réacteurs sur lesquels on effectue pour

Deux ou trois milliards de travaux d’aménagement par an !

Les anti-nucléaires vont évidemment s’insurger contre cette débauche de milliards, sauf si l’Etat a l’intelligence de consacrer des sommes équivalentes, voire supérieures, au développement des énergies renouvelables. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Actuellement il existe un appel à projets du Gouvernement Français pour l’implantation d’un parc éolien offshore atteignant 6 000 MW à l’horizon 2020. Ce qui représente environ 1 000 éoliennes de 6 MW d’ici 2020.

Ces mille éoliennes pourront fournir environ 10 TWh par an, soit 3,3% de la production du parc nucléaire. Une goutte d’eau.

Un très gros effort doit donc être consenti pour espérer un jour remplacer la production nucléaire….

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 15:49

4 Janvier 2012

La nouvelle année trouve nos pays dits développés engagés dans un brouillard énergétique dont la sortie n’est pas évidente.

La dernière décennie a été marquée par la prise de conscience du réchauffement climatique. Tout ce qui, de près ou de loin, est susceptible d’émettre du CO2, est donc devenu « non grata ».

On aurait pu penser que cet ostracisme envers le CO2 se serait traduit par un intérêt accru pour l’atome qui, lui, n’en émet pas.

Hélas, après la catastrophe de Tchernobyl, celle de Fukushima est venue rappeler les dangers du nucléaire civil, qui est désormais désigné ennemi public numéro 2.

Nous voici donc tenus de mener une lutte sur deux fronts: Le nucléaire civil et les énergies fossiles carbonées, tous deux mis dans le même sac et voués aux gémonies.

Cette lutte implique un basculement de notre stratégie vers une troisième voie, celle des énergies propres et renouvelables, en clair le solaire et l’éolien.

Troisième voie idéologiquement irréprochable.

Dans l’euphorie, certains rêveurs, confondant la carte avec le territoire, ont pu croire un instant que ce basculement énergétique pouvait se réaliser en un tournemain, quelques années tout au plus.

C’était sans compter avec les réalités, qui échappent bien souvent aux idéalistes prompts à manier la pensée magique et peu soucieux des contingences pratiques.

Notre monde développé est construit sur des structures dont le fonctionnement repose pour plus de 70% sur les énergies fossiles carbonées. L’industrie, les transports, les usages domestiques, le chauffage, l’éclairage, sont dépendants de ces énergies. Leur remplacement par des sources renouvelables essentiellement électriques, nécessite un bouleversement total de ces structures.

A l’évidence ceci ne peut être accompli qu’en plusieurs décennies,

l’échéance la plus probable étant plutôt la fin de ce siècle.

Nous sommes donc confrontés à la nécessité ce rechercher un compromis entre d’une part les bonnes résolutions écologiques qui impliquent l’abandon des énergies fossiles carbonées et du nucléaire, et d’autre part la nécessité de ne pas mettre le pays en panne en arrêtant des unités de production sans avoir de solutions de remplacement.

Les politiques sont donc dans une situation très inconfortable. Beaucoup de pédagogie sera nécessaire pour faire admettre la nécessité d’accepter des compromis.

- Compromis sur l’utilisation des énergies fossiles carbonées. Il faudra encore faire avec jusqu’à la fin du siècle au moins, même si leur part dans le mix énergétique ira en décroissant, grâce aux économies d’énergie.

- Compromis avec le nucléaire. Son remplacement par les énergies nouvelles nécessitera plusieurs décennies. Et de plus de lourds investissements seront nécessaires pour sécuriser les installations existantes, investissements qui feront défaut pour le développement du solaire et de l’éolien.

Il faudra faire admettre que notre paysage énergétique ne peut changer que très progressivement, et que les gros investissements serviront surtout à sécuriser et optimiser les sites de production d’énergie classique, nucléaires et thermiques à flamme éventuellement partiellement décarbonés.

Aucun homme politique ne peut tenir un tel discours, surtout en période électorale, sans voir sa défaite assurée.

Après avoir fait rêver les populations sur un avenir énergétique propre, solaire et radieux, il n’est pas possible de les faire atterrir dans une réalité de charbon, de pétrole et de gaz.

La campagne électorale ne peut donc être que biaisée, au moins au plan du discours sur l’énergie. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire…

 

 

 

 

 

 

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 15:19

14 Décembre 2011

Il se confirme donc que le problème essentiel de la voiture électrique est la batterie.

La technologie Lithium-ion envisagée pour la batterie a été choisie pour son fort potentiel d’efficacité énergétique. La théorie laisse espérer une capacité de stockage supérieure 500 W/Kg, contre seulement 30 W/Kg pour les accus au plomb traditionnels.

Mais cette technologie est compliquée, d’une mise en œuvre délicate nécessitant des dispositifs de contrôle très précis donc onéreux. La sécurité n’est pas garantie en cas de sinistre. Le prix de cette batterie est quasiment dissuasif.

Au stade actuel de développement, les batteries Li-ion industrialisables ont des performances moyennes, typiquement 100 W/Kg, soit à peine trois fois plus que la vieille batterie au plomb. De plus, elles ne présentent pas des garanties de sécurité suffisantes pour un usage grand public.

D’autre part, il se confirme que le marché du véhicule électrique va s’orienter pour une part importante vers la solution hybride, alliant un moteur thermique à une batterie de quelques KWh.

Le couple moteur thermique de 80 CV et batterie de 6 KWh semble être un bon compromis.

Une batterie au plomb de 6 KWh pèserait environ 200 Kg, et son coût serait dérisoire par rapport à son homologue au Lithium.

La technologie traction électrique avec batteries Plomb-Gel est déjà utilisée sur de nombreux modèles de voiturettes, elle pourrait être étendue à des modèles de citadines en EV ( Tout électrique) et en milieu de gamme en PHEV ( Plug-in Hybrid Electric Vehicule ).

Par exemple on peut citer la GEM-e4 distribuée par MATRA , équipée de 6 batteries Plomb-gel de 12V / 65 Ah avec une réserve d’énergie de 6 Kwh et moteur 72 V.

Accouplée à un moteur thermique cette motorisation donnerait un PHEV très acceptable, d’un coût raisonnable et sans les inconvénients liés au coût exorbitant des batteries au Lithium.

Un tel choix permettrait d’aborder sereinement le marché, tout en laissant aux industriels un répit de quelques années pour parfaire la mise au point de la technologie au Lithium.

Bien sûr un retour, même provisoire, au Plomb n’est pas très sexy, mais la vie n’est-elle pas faite de compromis ?…..

 

 

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 12:02

13 Décembre 2011

Pour ceux à qui cela aurait échappé, rappelons que la France est un pays producteur de pétrole.

Non, nous ne voulons pas parler du pétrole de Guyane, très prometteur, mais bien de la production métropolitaine.

Certes, cette production est modeste, puisqu’elle ne couvre qu’environ 1% des importations nationales. Mais, comme dirait l’autre, au prix du baril c’est toujours çà de pris. Près de 6 Millions de barils ont ainsi été produits en 2010.

Les zones exploitées sont la région Parisienne, la région Aquitaine, et un peu en Alsace.

Intéressons-nous à la région Parisienne.

Peu de France-Iliens savent qu’ils sont entourés de 19 gisements de pétrole, comprenant pas moins de 116 puits en exploitation. Les départements concernés sont les Yvelines, la Seine-et-Marne, et l’Essonne.

Cette petite entreprise a démarré en 1958 et poursuit son activité sous l’étroite surveillance de la DRIRE.

Un des impératifs environnementaux auxquels cette exploitation est soumise, est bien sûr la protection des nappes phréatiques. Lors des forages, de l’exploitation, et du rebouchage des puits, les procédés mis en œuvre visent à éviter les risques de pollution des nappes d’eau, et de mise en communication d’aquifères différents.

Il semble que ces procédés soient efficaces puisque les seules pollutions de nappes phréatiques signalées concernent les pesticides et les nitrates !

Cette activité n’aurait donc jamais fait la une des journaux si, crise de l’énergie aidant, les experts de la chose ne s’étaient avisés que la région Parisienne contient aussi des réserves importantes de gaz et huiles de schiste.

Là il ne s’agit plus d’extraire du pétrole à la petite cuillère, mais de produire à l’égal d’un émir moyen-oriental ( On parle de réserves de 65 Milliards de barils en France ).

Les journaux se sont donc emparés de l’affaire et les requins du pétro dollar se précipitent pour toucher leur part du gâteau.

Depuis 15 ans la Société TOREADOR est l’un des exploitants du pétrole conventionnel d’Ile-de France, et lorgne bien entendu vers un possible jack-pot grâce aux huiles et gaz de schiste.

Un accord de partenariat a été conclu en 2010 avec la Société Hess, suivi d’une association avec ZAZA Energy, ce qui donne aux partenaires une « carte de visite » avec les gisements de EagleFord, Eaglebine, et le bassin de paris, sur lequel TOREADOR détient des permis.

Voici donc un mariage de raison avec voyage de noces en Ile-de-France.

Certes, le contrat de mariage contient une clause restrictive par laquelle il est fait opposition à l’usage de la fracturation hydraulique en France; mais les jeunes mariés ont plus d’un tour dans leur sac et s’estiment capables de tourner l’interdit pour toucher le Saint Graal.

Ces compagnies sont adossées à des services juridiques experts dont l’un des rôles essentiels est de décortiquer les dispositions légales défavorables à leurs projets, et de trouver des biais pour contourner les interdictions.

D’autre part, des services de marketing et communication se chargent de

pratiquer un lobbying d’enfer afin de gagner à leur cause les décideurs ad-hoc.

Gageons que nous entendrons reparler du couple infernal TOREADOR-ZAZA.

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 19:00

10 Décembre 2011

Nous sommes en 2030, dix millions de véhicules électriques sillonnent la France.

Ce scénario est relativement conservatif, puisque le parc sera de 40 Millions de véhicules environ en 2025. Notre hypothèse retient

Le quart du parc en électrique.

( Le parc actuel est de 30 Millions de voitures particulières et 5 Millions de véhicules utilitaires légers. La croissance est de 1% l’an environ ).

Rentré à son domicile, l’usager branche son auto sur l’installation de recharge de batterie qui s’activera en tarif heures creuses, à 22 heures.

Cette installation délivre une puissance de 3 KW environ, suffisante pour recharger partiellement une batterie de 20 à 30 Kwh durant la nuit.

Chaque usager faisant de même, il en résulte une surconsommation de

30 GW.

Pour fixer les idées il faut savoir que cette puissance correspond à 20 centrales de 1 500 MW chacune, ou à 12 000 éoliennes de 5 MW avec un taux de disponibilité de 50%.

Ce n’est pas grave, dira Monsieur Candide, car la nuit la consommation électrique est faible, il y aura donc de la puissance disponible.

Monsieur Candide se trompe, la consommation nocturne est loin d’être faible, comme le montrent les relevés horaires de ERDF.

Actuellement, au cours d’un hiver « normal », la puissance appelée au cours de la nuit passe par un pic autour de 19-20 Heures pour se stabiliser ensuite à environ 65 GW.

Au cours d’un hiver froid les chiffres augmentent. Par exemple le pic de 19 H a atteint 96 GW en 2011, pour un palier nocturne de 75 GW.

L’ADEME prévoit une augmentation de la consommation au cours des prochaines décennies, à laquelle viendront s’ajouter les 30 GW de la voiture électrique.

Il faudra donc faire face à une consommation nocturne supérieure à

100 GW, et non plus à un « simple » pic de 19H comme c’est le cas aujourd’hui.

Et tout cela dans un contexte de sortie du nucléaire et de réduction des émissions de CO2.

Faute d’un programme concerté de développement du véhicule électrique et des moyens de production d’électricité, il faudra gérer une situation de pénurie impliquant des délestages désastreux pour l’usager qui pourra se trouver dans l’impossibilité d’utiliser son véhicule, faute de courant pour recharger ses accus.

Il paraît de plus en plus évident qu’il faudra recourir encore longtemps aux énergies fossiles carbonées pour produire cette électricité indispensable.

On comprend mieux, dès lors, les difficultés rencontrées à Durban pour trouver un accord sur le programme de réduction du CO2.

Plutôt que de construire des centrales thermiques à combustibles fossiles pour fournir de l’électricité aux voitures, ne vaudrait-il pas mieux utiliser directement ces combustibles dans des voitures à moteurs thermiques de rendement amélioré ? ….. Air connu….

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 11:03

7 Décembre 2011

Les temps sont durs pour les responsables des approvisionnements électriques.

La France est le dernier pays d’Europe en matière d’énergies nouvelles, et le nucléaire civil a du plomb dans l’aile.

Dans le même temps les français accroissent leur consommation d’électricité, malgré les règlementations diverses, malgré les progrès indéniables dans l’isolation des bâtiments, mais aussi à cause du développement des applications nouvelles, et du nombre des ménages, sans parler de la future voiture électrique !

Le recours à des centrales thermiques à flamme pour compléter les besoins est inévitable, mais tout doit être fait pour en limiter la portée.

Nous entrons donc dans une ère difficile, où les économies d’énergie deviennent inévitables.

Pour passer du vœux pieux à la réalisation, il faut des outils.

Des outils financiers, tarification, quotas, incitations, taxes diverses.

Des outils règlementaires, pour l’efficacité énergétique des matériels et des bâtiments.

Tout cela existe, il « suffit » de les utiliser à bon escient.

Il demeure cependant un problème non résolu, celui de la grande variabilité de la consommation.

Alors que la puissance moyenne demandée est de 45 GW, la puissance instantanée peut monter au double, le record étant de 96 GW.

Il saute aux yeux que, plutôt que de dimensionner les moyens de production pour faire face à une demande de 100 GW, il serait plus efficace de « lisser » la demande de manière à éviter de dépasser par exemple 70 GW. Ce qui permettrait de réduire de 30% la puissance disponible du parc.

Le seul moyen d’y parvenir est de mettre en place une gestion « intelligente » de la consommation.

Pour cela il faut d’abord développer un réseau de communication entre d’une part les fournisseurs d’énergie, et d’autre part les points de consommation.

Ce réseau ( Smart Grid ) est en cours de mise au point, son déploiement se fera sur une décennie environ.

Un réseau embryonnaire existe déjà, qui utilise les possibilités du compteur électronique actuel qui équipe de nombreux foyers.

Ce compteur permet au client de disposer d’informations sur sa consommations instantanée, et de gérer cette consommation grâce à des informations exploitables pour le délestage par exemple. La communication avec le fournisseur est assurée par une transmission à courants porteurs ( CPL). C’est la technologie AMR ( Automated Meter Reading), qui permet la lecture des index à distance, et bien d’autres choses.

Bien sûr la pleine exploitation de ces possibilités implique que les matériels branchés possèdent les interfaces ad-hoc. Les normes existent, les matériels aussi, au moins dans le haut de gamme, et les réseaux domestiques progressent.

Le réseau intelligent fera davantage. C’est le projet « Linky » de EDF.

Il utilise la technologie AMM ( Advanced Meter Management ).

Il ne s’agit plus seulement de « reading » mais de « management », c’est-à-dire de gestion de la consommation du client, en accord avec les termes d’un contrat bien évidemment.

L’inconvénient d’un tel système découle de ses avantages: Le fournisseur connaîtra à chaque instant l’état du système client, c’est-à-dire en fait qui fait quoi, et comment. Ceci bien sûr si le domicile est équipé d’un réseau domotique, même sommaire.

On touche alors à un problème de confidentialité, et la question se pose de savoir qui aura accès à ces informations, et comment elles seront utilisées.

La CNIL est donc impliquée dans ce problème.

ERDF a démarré une expérimentation en 2010, qui s’est terminée en Mars 2011. Le rapport d’évaluation de la CRE est disponible sur le site .

Ce rapport est favorable au démarrage de la phase industrielle. 35 Millions de foyers seront équipés d’ici 2020, le coût de cette opération est estimé à 4 Milliards d’euros, qui seront financés grâce aux économies réalisées sur la gestion du réseau et surtout sur la rationalisation de la production.

Un réseau tel que « Linky » est d’autre part indispensable pour la gestion future des énergies nouvelles, avec leurs caractéristiques spécifiques:

- Dispersion des sites de production.

- Production intermittente.

Il faut vivre avec son temps.

 

 

 

 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 11:18

 

06 Décembre 2011

Après le Vélib, voici l’Autolib.

Les promoteurs de ce nouveau service ( Le groupe Bolloré et la Ville de Paris) ont choisi de cumuler deux innovations: La voiture en libre service, et la motorisation tout électrique.

La voiture en libre service est déjà en soi une innovation importante, qui aurait pu se satisfaire d’une motorisation conventionnelle, ce qui aurait supprimé la nécessité d’infrastructures de rechargement très onéreuses.

Mais Bolloré a tenu à faire d’Autolib un banc d’essai pour ses produits, essentiellement les batteries, et de faire d’une pierre deux coups en bénéficiant de l’image High Tech de l’électrique, doublée de l’image écolo liée à l’absence d’émission de CO2.

Il leur faudra donc essuyer les plâtres d’un nouveau service, et d’une nouvelle technique.

Notons que les promoteurs de Vélib se sont bien gardés de faire le même choix. La force musculaire a été conservée, et les infrastructures sont réduites au minimum.

Autolib n’a pas encore vraiment démarré que déjà les opposants donnent de la voix:

Concurrence déloyale, selon les taxis, ce qui n’est pas faux eu égard aux aides financières dont bénéficie Autolib, et qui permettent de pratiquer des tarifs de complaisance.

Inefficacité environnementale, selon les écologistes, ce qui n’est pas faux puisque l’électricité nécessaire à la recharge des batteries est d’origine nucléaire ou fossile.

Encouragement au délaissement des transports en communs, et accroissement du nombre de véhicules dans la ville.

L’opposition la plus pertinente est sans doute celle des taxis, puisque Autolib chasse sur le même territoire une clientèle similaire.

Il y a environ 17 000 taxis à Paris. Le service Autolib prévoit 3 000 véhicules en 2014. Il s’agit donc d’une concurrence significative, qui ne peut qu’augmenter en cas de réponse positive de la clientèle.

Il faut donc s’attendre à des mouvements revendicatifs de la part des taxis pour obtenir des conditions de concurrence soutenables.

L’opposition des écologistes est en fait plus généralement dirigée contre le choix de développer les véhicules électriques alors que les énergies renouvelables ne sont pas encore disponibles, ce qui revient à mettre la charrue avant les bœufs. De ce point de vue ils ont parfaitement raison.

La voiture électrique apparaît alors comme un simple gadget High Tech pour geek argenté, sans aucun rapport avec le Grenelle de l’environnement.

L’argument de l’accroissement du nombre de véhicules dans la ville est contré par l’argument inverse d’Autolib, qui prétend remplacer 22 500 véhicules particuliers.

Les explications des uns et des autres sont vaseuses, seule l’expérience dira qui a raison.

Remarquons tout de même que si 22 500 personnes désirant se déplacer en voiture ont à se partager 3 000 véhicules, il y aura comme un problème.

L’expérience sera donc extrêmement intéressante à suivre, du triple point de vue d’un éventuel conflit avec les taxis, de l’accueil de la clientèle, et de la validité des choix techniques.

 

 

 

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 19:27

04 Décembre 2011

La loi N° 2011-835 du 13 Juillet 2011 a fait beaucoup de bruit dans le Landerneau du gaz de schiste.

Que dit exactement cette Loi ?

Extrait de l’Article 1:

«l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche sont interdites sur le territoire national » .

La fracturation hydraulique est donc clairement interdite.

Par contre, rien n’est dit sur les autres éventuels procédés d’exploitation, pour lesquels la question reste ouverte, au moins juridiquement.

Extraits de l’Article 2:

«Il est créé une Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux .

Elle a notamment pour objet d’évaluer les risques environnementaux liés aux techniques de fracturation hydraulique ou aux techniques alternatives ».

« Elle émet un avis public sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations, réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public, prévues à l’article 4. »

Ce qui signifie que la fracturation hydraulique n’est pas définitivement rejetée. Elle fera l’objet d’une analyse des risques environnementaux, de même que les autres procédés. En attendant les résultats de cette analyse, seules sont autorisées sous surveillance des expérimentations à but scientifique:


En clair, on arrête toute exploitation en attendant d’y voir plus clair.

On crée une commission chargée de rapporter au gouvernement le résultat des analyses environnementales des différents procédés.

Des expérimentations à but scientifiques demeurent autorisées, sous étroite surveillance.

La notion de « procédés alternatifs » est une porte ouverte vers une possible exploitation des gaz de schiste par des méthodes moins agressives pour l’environnement. De telles méthodes sont à l’étude, en particulier chez TOTAL, qui y consacre des moyens significatifs.

Voir en particulier les travaux de Wen CHEN, conduits avec le soutien financier de cette entreprise.

Rappelons que la France importe la quasi-totalité du gaz consommé.

En 2008, la facture gazière s’est élevée à 12,4 Milliards d’euros, pour 504 TWh.

On imagine aisément que, face à de tels montants, la tentation sera grande d’exploiter les ressources internes, ne serait-ce que pour compenser la baisse de production énergétique consécutive à une éventuelle réduction du nucléaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 19:14

 

 

 

L’heure des choix.

30 Novembre 2011

L’heure des choix est donc arrivée. Cette mise en demeure est le résultat des effets conjugués de plusieurs phénomènes auxquels nous ne sommes pas étrangers:

- Le réchauffement de la planète, même si les activités humaines ne sont que partiellement responsables.

Selon les instances du GIEC, qui reste l’autorité acceptée même si elle est contestée par certains, le réchauffement pourrait atteindre deux degrés Celsius avant 2050, confirmant le pire scénario envisagé.

Nous serons donc confrontés aux conséquences climatiques bien plus tôt que prévu.

- La catastrophe de Fukushima qui vient, après celle de Tchernobyl, mettre en évidence les dangers concrets du nucléaire, et la nécessité impérieuse de revoir les conditions d’utilisation de cette énergie pour la rendre acceptable, ou de l’abandonner s’il y a lieu.

- L’accroissement mondial de la demande d’énergie, liée aux besoins des pays émergents. Cet accroissement porte en lui-même une menace de pénurie sur les énergies fossiles carbonées, qui bientôt ne suffiront plus à satisfaire la demande mondiale.

- L’accroissement considérable de la pollution et des atteintes à l’environnement, liées à l’utilisation de procédés extrêmes d’extraction de combustibles fossiles difficilement accessibles, tels que les forages off-shore en eau profonde, et l’exploitation du gaz de schiste.

- Le développement incontrôlé des nanotechnologies, dont l’impact sur la santé publique n’est pas pris en compte.

- L’emballement de notre système économique, qui place la plupart des Etats en situation de surendettement qui induit une soumission aux bailleurs de fonds, accompagnée d’une perte d’autonomie de décision.

Cette perte d’autonomie fragilise les Etats et met en jeu l’indépendance des peuples. Elle porte en elle les germes de futures crises internationales.

Les enjeux sont donc posés sur la table, répartis en quatre tas:

- Notre avenir énergétique.

- Notre avenir environnemental.

- Notre dette Nationale.

- L’avenir sociétal de nos enfants.

Dans ces tas il nous faut trier parmi diverses options, en sachant que de ces choix dépendra l’état du pays au XXII ème siècle.

Qui va procéder au tri ?

Si nous ne le faisons pas nous-mêmes, d’autres vont s’en charger à notre place, et nous pourrions le regretter amèrement.

On lit dans les anciens livres que le Pays est dirigé par le Gouvernement, qui décide des choix et applique les décisions, y compris au plan économique.

L’actualité nous montre que ce n’est plus vrai. Le monde est devenu global, un Pays ne peut plus exister seul, sauf à considérer que la Corée du Nord est un Pays enviable.

Plus un Pays est développé, et plus il dépend des autres, pour son énergie lorsqu’il en est dépourvu, pour ses matières premières pour les mêmes raisons, pour exporter ses productions, pour importer ce qu’il ne sait pas, ou ne sait plus, fabriquer.

La France n

est pas la Corée du Nord, et il faut sen féliciter. Nous sommes une partie d

un monde dont les économies et les régimes politiques sont interconnectés.

Nous dépendons de l

extérieur pour notre énergie, nos minerais, nos approvisionnement en semi ouvrés, nos machines outils, notre informatique, les produits finis que nous ne fabriquons plus, pour vendre nos avions, nos armements, nos TGV, nos centrales, nos automobiles, nos vins, nos produits de luxe, etc

.

Nous dépendons de la finance mondiale pour réaliser nos fins de mois.

Nous sommes surendettés au point que nos bailleurs de fonds peuvent nous racketter à leur guise.

Lorsqu’un Pays est ainsi dépendant des autres et de la finance mondiale, les choix dont il dispose encore sont extrêmement réduits.

L’enjeu des prochaines élections présidentielles est donc important, mais peut-être pas décisif. En effet, les pouvoirs de l’Etat étant limités à cause de notre très grande dépendance aux marchés internationaux et aux bailleurs de fonds auxquels nous sommes soumis par notre énorme dette, un changement de majorité ne pourrait influencer qu’à la marge les grands problèmes mondiaux desquels dépend pourtant notre avenir.

Faute de pouvoir influencer la marche du monde, il nous reste à gérer notre crise du mieux possible c’est-à-dire en préservant l’essentiel de notre potentiel afin de pouvoir sortir du trou à la prochaine éclaircie.

Dans cette situation, le plus urgent est de cesser d

emprunter le l

argent tout les mois, afin de tenter de sortir de cette spirale du surendettement.

Faire la danse du ventre pour tenter de séduire nos maîtres ( les agences de notations) afin d

obtenir un répit pour nous permettre de continuer à dépenser sans compter, n’est pas digne d’un grand pays.

Aucun projet de société, aucun programme économique, aucun changement de politique énergétique, ne pourra être sérieusement envisagé avec une dette aussi colossale.

Nous devons à nos enfants de leur laisser une situation financière saine, condition incontournable de l’indépendance du Pays.

Se satisfaire du constat que nos voisins ont une dette aussi importante sinon plus, que la nôtre, relève d’une l’irresponsabilité coupable.

Le prochain président devrait être élu sur son programme de réduction de la dette publique. Non pas seulement sur l’expression d’une intention, mais sur un programme précis et chiffré.

Malheureusement l’électeur est toujours plus sensible aux discours rassurants et aux promesses enchanteresses, qu’aux menaces de sang et de larmes.

C’est donc celui qui promettra de raser gratis demain qui sera élu.

Espérons qu’il saura au moins nous éviter la honte d’une faillite…

 

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 18:29

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27 Novembre 2011

Mercredi 15 Décembre 2010, à 19 h 02, le pic de consommation électrique intérieure s’est élevé à 96,3 Gigawatts, établissant un nouveau record.

A ce moment, la répartition a été la suivante:

61% Nucléaire 58,7 GW ( 52 réacteurs sur 58 )

17% Hydraulique 16,4 GW

14% Thermique 13,5 GW

2% Eolien 1,85 GW

2% Autres ER 1,85 GW

4% Importations 4 GW

Ce pic de consommation n’a donc pu être assumé que grâce à des importations d’électricité.

(Selon RTE, le réseau permet d’importer un maximum de 8 GW).

La sollicitation extrême des centrales thermiques a entraîné l’émission de 12 000 tonnes de CO2 par heure.

En France, le dernier réacteur nucléaire a été mis en service en 2000.

Il représente le dernier rejeton d’une série dite REP ( Réacteur à Eau Pressurisée ).

Cette génération devait être suivie d’une génération améliorée dite EPR, dont Flamanville 3 représente le prototype, et qui devait remplacer les REP vieillissants jusqu’à l’arrivée des réacteurs de génération IV, après 2050.

( Le projet ITER participe de la recherche sur la génération IV, ainsi que les travaux sur les réacteurs à sels fondus, et bien d’autres…).

Le vent de révolte suscité dans une partie de l’opinion par la catastrophe de Fukushima est susceptible de remettre en question cette stratégie.

Des décisions pour un retrait du nucléaire sont déjà prises dans certains pays, et le programme français est menacé de coupes claires en cas de changement de majorité en 2012.

Les conséquences attendues sont aisées à déterminer:

Le seul arrêt de Fessenheim et Tricastin en 2012 entraînerait un déficit de plus de 5 GW.

De plus, la mise en œuvre du programme de sécurisation des centrales existantes nécessiterait l’arrêt d’au moins quatre réacteurs simultanément, pour que ce programme puisse être terminé en dix ans. Soit un déficit supplémentaire de 5 GW.

C’est donc 10 GW supplémentaires qu’il faudrait importer lors du pic de consommation de l’hiver 2012/2013.

Et ceci dans une Europe qui, en majorité, serait dans une phase de retrait du nucléaire. Il est illusoire de croire que nos voisins accepteront de se mettre en panne pour nous fournir du courant…

Rappelons que Flamanville 3 sera, au mieux, opérationnel en 2016, pour une puissance de 1,65 GWe « seulement ».

Dans l’article précédent nous avons présenté la stratégie de secours mise en place par EDF, dont la mission reste de fournir le pays en électricité quelques soient les aléas de la politique. Les décisions politiques se prennent à chaud, mais il faut cinq à dix ans pour construire une centrale….

Il faut donc toujours avoir deux fers au feu afin de ne pas être pris au dépourvu.

La stratégie la plus évidente consiste à remettre en service des anciennes centrales thermiques en les modernisant, et en construire de nouvelles sur la base de procédés innovants satisfaisant les recommandations du Grenelle de l’environnement.

Ce programme permettra d’attendre tranquillement que les querelles picrocholino-politiciennes soient réglées ( si elles le sont un jour ), et qu’une stratégie Nationale claire et pérenne soit enfin décidée.

EDF dispose d’un parc de centrales thermiques constitué de 15 sites, avec une puissance installée de 13,5 GW.

La production thermique en 2010 s’est élevée à 59 TWh, soit 12% de la consommation électrique annuelle intérieure ( 488 TWh).

Pour compenser le déficit énergétique créé par l’arrêt d’une partie du parc nucléaire , il faudra donc pratiquement doubler la production en thermique à flamme, dans un premier temps.

Les énergies renouvelables ne peuvent couvrir aujourd’hui que 4 à 5% des besoins, et ne peuvent pas représenter une part significative avant une dizaine d’années.

De plus, aucune décision politique ne peut interdire au Soleil de se coucher avant 19 h en Décembre, on ne peut donc pas compter sur le solaire pour soutenir le pic de consommation de 19 h . On peut à la rigueur faire dire une messe pour avoir du vent…

Last, but not least, si l’avenir est à l’éolien et au solaire, il faut prendre en compte le fait que ces énergies sont intermittentes. Il faudra donc prévoir, le moment venu, une réserve de puissance capable de compenser l’absence momentanées de Soleil ou de vent. Cette réserve ne pouvant être trouvée ni dans le solaire, ni dans le vent, ni dans le nucléaire, je laisse au lecteur le soin de trouver la réponse.

L’urgence, pour EDF, n’est donc plus à Flamanville, mais bien plutôt dans les centrales thermiques à cycle combiné à gaz ( CCG ).

Comme dit l’autre, dans la vie il faut savoir ce qu’on veut…

Le parc actuel de nouvelles centrales CCGT ( Combined Cycle Gas Turbine) comprend environ une douzaine d’unité de 430 MW de puissance moyenne.

L’arrêté du 15 Décembre 2009 sur la programmation pluriannuelle des investissements en électricité prévoit le développement de ce mode de production d’électricité, particulièrement adapté à soutenir les énergies intermittentes.

La technologie CCGT permet un rendement de 60% sur PCI contre 37% pour la technologie classique. Les émissions de CO2 sont réduites de 50%, et les NOX divisés par trois.

Cette technologie est également compatible avec l’usage du fuel.

Les énergies fossiles carbonées n’ont donc pas dit leur dernier mot.

Nécessité fait loi.

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