8 Janvier 2012
L’intégration du marché Européen de l’électricité se poursuit sous l’égide de l’EPEX SPOT ( European Expert Exchange), qui publie l’ELIX (European Electricity Index) rapportant les prix de marché de l’électricité.
Ce prix de marché fluctue évidemment comme tout produit côté en bourse. Il s’établit actuellement autour de 45 euros par Mwh en moyenne.
Pour encourager le développement des énergies nouvelles, les Etats ont établi des règles incitatives de rachat de la production éolienne ou solaire photovoltaïque.
Pour l’éolien en France, ce prix de rachat est fixé à 86 euros par MWh en in shore, et 140 euros par MWh en off shore. Ces prix étant plus ou moins garantis pendant les dix premières années.
Il s’agit donc de prix supérieurs aux prix du marché EPEX SPOT, respectivement de 100%, et de 300%.
Il est évident que ce processus de subvention massive ne peut concerner qu’une production réduite, sous peine de créer une distorsion de concurrence intenable en marché ouvert.
De plus, comme Il faut bien que quelqu’un paye le surcoût, c’est le consommateur qui en est chargé, à travers la CSPE ( Contribution au Service Public de l’Energie). Tant que la production est faible, la CSPE est elle-même réduite.
( Elle a tout de même atteint 1,7 Milliards d’euros en 2009, et il est prévu 3,4 Milliards en 2011 ).
Le problème se posera lorsque la production des énergies nouvelles deviendra significative, pendant la période où le prix de rachat est garanti, soit dix années pour l’éolien.
La CSPE deviendra alors insupportable pour le client final, les barèmes de rachat devront être revus.
Nous avons donc d’une part une production d’électricité nucléaire à bas coût ( On parle même de « rente nucléaire » ), et d’autre part un outsider éolien dont il va falloir acheter la production au prix du caviar, au nom du soutien aux énergies nouvelles.
L’équation économique est claire: La facture du client final va s’alourdir automatiquement en proportion de la croissance de l’éolien et du solaire, grâce à la CSPE qui figure en bas des relevés.
Le client final ( vous et moi) doit donc s’attendre, dans les dix ans qui viennent, à une augmentation très significative de ses notes d’électricité.
En France, nous devrons payer une première fois pour l’incitation au développement des énergies nouvelles ( CSPE), et une seconde fois pour la remise à niveau du parc électronucléaire telle que définie par le rapport de l’ASN.
D’autre part, le coût du MWh éolien et solaire va normalement baisser avec le développement du marché, ce qui nous laisse espérer un croisement au cours de la prochaine décennie, croisement qui s’effectuera cependant à un niveau de prix au moins double du prix actuel.
Voilà au moins une bonne raison d’investir dans les économies d’énergie…