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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 11:30

18 Janvier 2011


Au cours des articles précédents nous avons tenté d’esquisser un tableau de ce qui peut nous attendre dans le futur en matière d’énergie.


La situation est grave, mais pas désespérée, du moins si l’on accepte certains compromis.


D’abord l’état des lieux:


- Aujourd’hui le monde dépend pour plus de 80% des énergies fossiles carbonées qui sont à la fois non renouvelables et fortement émettrices de CO2 et autres polluants.


- Malgré les exhortations des prêcheurs de la croissance zéro, la demande d’énergie va continuer à croître fortement, de l’ordre de 80% à l’échéance de 2050.


- Il existe des énergies de substitution à la fois renouvelables, propres, non dangereuses, non invasives et respectueuses de la biodiversité, mais elles ne pourront fournir au mieux que 30 à 40% de la demande énergétique.


- Le pétrole va devenir de plus en plus cher car il faut aller le chercher avec des procédés de plus en plus coûteux, jusqu’à son épuisement, dont l’échéance est prévue au cours de ce siècle.


( Il y a bien une théorie dite du « pétrole abiotique » selon laquelle la précieuse denrée serait renouvelée par génération interne depuis les couches profondes du sous-sol. Sans pouvoir être démentie sur des bases scientifiques, cette théorie n’a cependant jamais été démontrée).


- Le gaz naturel est appelé à subir le même sort que le pétrole, mais à plus longue échéance, le sursis pourrait atteindre un siècle, mais avec des quantités décroissantes et donc un coût de plus en plus élevé.


- Le charbon tire son épingle du jeu, certains lui prédisent encore plusieurs siècles de bons et loyaux services. Mais il ne pourra évidemment pas à lui seul satisfaire tous les besoins .



De ce tableau il apparaît qu’il est impératif de développer une ou des stratégies énergétiques de substitution pour être prêts à assumer l’épuisement progressif des énergies fossiles carbonées, avec une échéance qui se situerait autour ou à partir de 2050.


Ces énergies de substitution devront être en mesure de fournir 60 à 70% des besoins énergétiques mondiaux dans la seconde moitié de ce siècle. Le reste étant à la charge des énergies renouvelables « traditionnelles »: Solaire thermique et photovoltaïque, éolien, hydraulique, géothermique, biologique.



 


 


La seule alternative identifiée aujourd’hui est l’énergie nucléaire.


Il y a aujourd’hui environ 400 réacteurs nucléaires dans le monde, qui fournissent 6% de l’énergie totale.


Les réacteurs actuels consomment de l’Uranium radioactif, qui est une denrée non renouvelable, donc également menacée d’épuisement. cet épuisement sera d’autant plus rapide que la production doit être multipliée par dix d’ici 2050 ( de 6% à 60% ) pour pouvoir remplacer les énergies fossiles carbonées.


Le procédé actuel de production l’énergie nucléaire n’est donc pas valable tout seul pour atteindre l’objectif de substitution durable. D’autant plus que le problème non résolu des déchets radioactifs en fait une énergie dangereuse même si elle n’émet pas de CO2.


Il faut donc trouver autre chose.


Il existe bien un procédé quasiment idéal en théorie, la fusion. Mais sa maîtrise est extrêmement difficile, peut-être même irréalisable disent certains. Iter est une installation qui doit permettre de défricher le problème. Aujourd’hui, il est impossible de dire si et quand ce procédé pourrait être industrialisé.


Il faut trouver autre chose .


Les spécialistes ont alors sorti de leurs cartons un vieux système, connu depuis les années cinquante ( et même pressenti avant), le réacteur à neutrons rapides, connu sous le nom de surgénérateur. Si la théorie en était connue, sa mise en œuvre n’était pas possible sans une profonde évolution technologique. Un peu comme l’aviation, dont l’essor a été permis par le progrès technologique.


Divers réacteurs expérimentaux de ce type ont été construits dans les années 60-80 pour débroussailler les problèmes inhérents à toute nouvelle technique.


Et puis, la crise du pétrole s’étant apaisée, et les opinions s’étant dressées contre les dépenses jugées somptuaires engagées, il a été mis fin officiellement à ces expériences à visées industrielles, à contre-courant de la flambée écologiste ambiante.


Mais pas aux recherches théoriques et aux expériences de laboratoire.


La France a arrêté Superphoenix en 1997, mais le CEA a continué ses recherches.


Les russes ont industrialisé une centrale à surgénérateur, le BN-600, mis en service en 1980 à Beloyarsk, et qui fournit  fidèlement ses  580 Mwe  , et devrait être prolongé de quelques années pour attendre le BN-800 qui devrait être lancé en 2012-2013, pour être opérationnel en 2018-2019, dans le cadre du programme international Génération IV. L’objectif du BN-800 est de fournir 1200 MWe .


La nécessité de devoir un jour faire appel aux surgénérateurs s’est assez vite imposée comme une solution pour résoudre les deux problèmes principaux :


- Trouver une source d’énergie quasiment renouvelable.


- Réduire drastiquement la production de déchets radioactifs.


Mais dans le même temps est apparue la nécessité de développer des technologies garantissant une bonne protection contre les risques de dissémination de matériaux stratégiques.


Dans ce but a été créé le Programme Mondial de générateurs de Génération IV, avec une charte signée des pays membres ( GIF Charter,


( Generation IV International Forum).


Ont adhéré à ce programme:


En 2001: Canada, USA, Argentine, Brésil, France, Royaume Uni, Japon, Corée du Sud, Afrique du Sud.


En 2003: Euratom et Suisse.


En 2006: Chine et Russie.


Ces 13 pays membres ont défini un programme de travail pour la définition des systèmes nucléaires de nouvelle génération.


Parmi les systèmes retenus figurent bien sûr les surgénérateurs, mais pas seulement.


Il va donc falloir s’habituer à l’idée de voir le « Superphoenix » renaître de ses cendres, même si aujourd’hui la simple évocation de cette éventualité peut valoir l’excommunication….


Les peuples accepteront-ils cette dictature de l’atome, pour conserver les avantages que leur procure l’usage illimité de l’énergie ?



 


 


 


 

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