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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 17:49

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23 Septembre 2013

Depuis plus de vingt ans, les énergies nouvelles nous sont présentées comme le remède miracle à tous les maux de notre société technologique, et brandies en fanion de ralliement par les écologistes dans la croisade contre le réchauffement climatique.

Deux attitudes parfaitement justifiées, faut-il le rappeler.

Les arguments du GIEC en faveur d’un changement de politique énergétique ont entraîné l’adhésion de principe de nombreux pays.

Dès lors, on aurait pu espérer une mise en œuvre rapide de quelques-unes au moins des nombreuses recommandations de l’organisme officiel en charge de prévoir l’avenir environnemental de la planète.

C’était sans compter avec l’extraordinaire pesanteur du principe de réalité.

L’absence de gouvernement mondial ( ce dont il faut se réjouir par ailleurs), la puissance des intérêts économiques et financiers en jeu, les arcanes de la géopolitique, les profondes disparités sociétales entre les pays du Nord et ceux du Sud, sont des freins très puissants à toute évolution qui n’irait pas dans le sens de la satisfaction des intérêts à court terme des groupes dominants.

Si un consensus de principe (bien qu’avec quelques réticences) paraît se dégager au niveau des conférences internationales sur l’urgence de prendre des mesures, chaque pays reste prisonnier de ses propres contraintes immédiates, de ses impératifs économiques propres, de son rapport propre à l’énergie, et de ses moyens financiers.

Car il ne s’agit pas seulement de changer de sources d’énergie, mais aussi et surtout de changer notre mode de vie, et ceci est une autre histoire.

Il faut en prendre son parti, la quête du saint Graal sera longue, coûteuse et semée d’embûches, âmes sensibles s’abstenir.

Il apparaît aujourd’hui que, faute d’un programme mondial d’actions concrètes concertées (au-delà des recommandations des conférences internationales, qui n’engagent que celui qui lit les comptes-rendus) chaque pays se trouve confronté à la nécessité de définir sa propre stratégie de transition énergétique, au risque de faire le mauvais choix et de compromettre son avenir pour longtemps.

C’est ainsi que les pays de l’Union Européenne, même partageant des frontières communes, tirent des bords dans des directions différentes: les uns arrêtent le nucléaire et construisent des centrales à charbon, les autres conservent le nucléaire et freinent sur le solaire et l’éolien, d’autres encore décident d’exploiter les gaz de schiste, le tout dans la plus parfaite absence de coordination.

Le constat qu’au niveau d’une communauté comme l’Europe il soit impossible de se mettre d’accord sur une stratégie commune, permet d’imaginer les difficultés d’obtenir un consensus mondial.

De plus, quelles que soient les actions locales décidées, elles devront être mises en œuvre avec le bon planning sous peine de créer des situations d’incohérence dont nous avons déjà des exemples sous les yeux:

Est-il bien raisonnable par exemple de demander à la fois l’arrêt du nucléaire, la fermeture des centrales thermiques à cause du CO2, et la promotion des véhicules électriques?

Quel crédit accorder à un plan de développement de parcs solaires et éoliens dépourvu d’un début de solution pour résoudre le problème de l’intermittence ?

Comment prendre au sérieux la promotion du véhicule électrique alors que l’Europe est incapable de définir un standard commun pour une simple prise de raccordement ?

Que penser d’un pays européen qui réduit sa production d’électricité nucléaire mais construit des nouvelles centrales à charbon ?

Comment un industriel peut-il planifier une action à long terme alors que l’environnement règlementaire et fiscal change tout les six mois ?

Dans ce contexte d’agitation désordonnée, la planète Terre continue sur sa lancée, ce qui en terme d’énergie signifie pétrole, gaz naturel, et charbon, pour plus de 80% de la consommation.

Force est de constater que l’énergie la plus dynamique en terme de croissance est le Charbon, dont la consommation a été multipliée par 1,7 de puis 2 000.

C’est l’énergie la moins chère, et les réserves sont considérables, évaluées à 700 Milliards de tep.

Au rythme de la consommation actuelle ( 3,7 Md tep/an ) il y en a pour 190 ans.

Et que dire des gaz de schiste…

Il est clair que les recommandations du GIEC ne pèsent pas lourd devant les impératifs économiques; l’augmentation des émissions de CO2 n’empêchent aucun décideur de dormir.

De ce constat germe l’idée que l’abandon des énergies fossiles au niveau mondial n’est pas pour demain matin, vraisemblablement pas avant la fin du présent siècle.

Ce qui tout naturellement induit une moindre pression sur l’urgence de la transition énergétique qui, de nécessité vitale, devient un « simple » problème de déficit de la balance du commerce extérieur et de négociations de quotas de pollution.

Il semble bien que le Gouvernement français partage cette vision des choses.

Bien sûr l’expression de ses volontés réelles est nécessairement tempérée par la nécessité de ne pas renier trop brutalement les promesses électorales de la campagne présidentielle de 2012, et de ne pas compromettre la future campagne de 2014, mais on peut facilement lire entre les lignes quel est le fond de la pensée du Président:

La future « contribution » climat-énergie confirme l’accent prioritaire sur les économies d’énergie incitées et contraintes.

La charge des dépenses de développement des énergies durables reportée en partie sur les bénéfices du nucléaire implique la poursuite de celui-ci, et peut même être interprétée comme une sorte de chantage, « Si vous voulez du renouvelable il faut accepter le nucléaire ».

( Quant au problème de savoir qui paiera pour la sécurisation des réacteurs existants, il relève du jeu de la chaise musicale…).

Dépouillé des derniers oripeaux de la campagne présidentielle, ce programme ne surprendra que les faux naïfs semblables aux enfants qui feignent de croire au Père Noël pour continuer de recevoir des cadeaux…

En somme, dans la course à la transition énergétique, il y a lieu de se hâter lentement.

Un illustre prédécesseur n’avait-il pas pour devise: «il faut donner du temps au temps » ?

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