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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 10:08
 
19 Avril 2013
 
Rappelons que le Gouvernement a lancé en Janvier 2013, dans une relative discrétion, un « Grand débat national sur la transition énergétique ».
 
Passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables est une révolution à la fois économique, sociale, financière, structurale, dont la population n’a pas nécessairement encore pris toute la mesure. Il était donc indispensable d’entreprendre une vaste campagne d’information afin de préparer les esprits aux bouleversements qui ne manqueront pas de survenir au cours de cette mutation.
 
C’est le but premier de ce grand débat auquel la population est conviée soit à l’occasion de réunions publiques, soit directement sur un site internet où chacun peut laisser sa contribution.
 
Dans ce débat, il s’agit en fait d’offrir au public l’occasion de comprendre les enjeux de cette stratégie, et d’expliquer en quoi le citoyen peut être directement concerné.
 
Ce sera également un baromètre d’opinion qui permettra d’évaluer l’acceptabilité de tel ou tel choix en regard des retombées environnementales, de la lutte contre le CO2, et surtout des risques de santé publique, notamment pour le Nucléaire et les gaz de schiste, mais aussi pour l’éolien.
 
Pour élaborer sa stratégie, le Gouvernement s’appuie sur les compétences de l’ « Académie des technologies ( AT) ».
 
Cette honorable institution a été fondée en 2 000, et remplace l’ancien «Conseil de Applications de l’Académie des Sciences ( CADAS) ».
 
En 2007, l’AT est devenue Etablissement Public à Caractère Administratif, officiellement chargée d’un rôle de conseil auprès du Gouvernement.
 
Elle comprend 277 membres actifs recrutés par cooptation.
 
L’AT est participant dans l’EURO-CASE, fédération Européenne de 21 Académies des technologies, qui regroupe 6 000 experts.
 
Gérard Roucairol en assure la direction pour la France.
 
Concernant la stratégie énergétique l’AT présentera ses travaux en trois volets:
 
- 1er volet: Etude des données techniques du problème.
 
- 2è volet: Etude des coûts et des investissements.
 
- 3è volet: Choix des priorités politiques.
 
Le rapport sur le premier volet est paru le 13 mars 2013. Il est disponible sur le site de l’AT.
 
Les autres rapports suivront en cours d’année.
 
Cet organisme se défend de vouloir imposer ses choix, mais on peut penser que ses contributions seront considérées avec le plus grand sérieux.
 
La clé de voute de la stratégie énergétique est bien sûr le nucléaire, eu égard à sa participation prépondérante ( 75%) dans le mix électrique français.
 
L’Académie des Technologies a sur ce sujet une position claire, comme en témoignent les extraits suivants:
 
« … Pour la production d’électricité, le parc actuel de centrales nucléaires restera disponible, quitte à être moins utilisé.
 
…La place stratégique le l’industrie nucléaire en France, l’important potentiel de marché à l’exportation, et la prise en compte à long terme d’une situation d’ « après pétrole » , doivent continuer à maintenir et développer les compétences françaises dans ce domaine. Deux grands axes doivent être privilégiés:
 
1- La définition et la mise au point d’une offre de plusieurs produits disponibles à court terme, de différents niveaux de puissance. Ils doivent satisfaire un haut niveau de sureté, tel que celui pris en compte dans la conception de l’EPR….
 
2- Le développement d’une technologie plus avancée, permettant de brûler les produits de transmutation à très longue vie ( Génération IV)...
 
…. L’EPR de Flamanville, de 1,650 GW, remplacera les 2 x 0,9 GW de Fessenheim I et II lorsque ces réacteurs seront arrêtés. »
 
Fin de citation.
 
L’AT prévoit une puissance nucléaire installée de 63 GW en 2025, soit la même qu’aujourd’hui.
 
S’il subsistait encore un doute sur les intentions de l’establishment scientifique en matière de nucléaire, ce doute est ici levé sans ambigüité.
 
Globalement les hypothèses de l’AT prévoient une baisse de la demande énergétique de 15% environ en 2025, la demande électrique restant stable.
 
La baisse se produirait donc sur les énergies fossiles, secteurs du chauffage et des transports.
 
Le tableau suivant récapitule le mix énergétique électrique prévu par l’AT en 2025.
Mix-electrique-selon-AT.png
 
 
 
 
Actuellement le nucléaire fournit 75% de la demande électrique.
 
En 2025, la production des énergies nouvelles servira d’abord à réduire les importations d’énergies fossiles, puis à réduire la part du nucléaire dans la mesure où l’intermittence du solaire et de l’éolien le permettront.
 
A cause de cette intermittence il est nécessaire de conserver des capacités de production traditionnelles importantes pour satisfaire les pointes de consommation sans recourir exagérément aux importations d’électricité.
 
Ce premier rapport de l’Académie des Technologies est purement technique. Il décrit la situation actuelle et la projette en 2025 sans anticiper sur une éventuelle rupture technologique qui pourrait résulter par exemple d’une décision politique de sortie du nucléaire.
 
Le 2è volet portera sur l’analyse des coûts de production et des investissements.
 
Ce document de travail permettra alors au Gouvernement de prendre ses décisions en recherchant un équilibre entre d’une part les impératifs techniques et économiques, et d’autre part les attentes de l’opinion en matière de santé publique et de protection de l’environnement.
 
 
 
 

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