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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 12:23

17 Mars 2016
L'enseignement de la logique était autrefois la porte étroite par laquelle devait passer l'étudiant prétendant accéder au monde des mathématiques. La clef de voûte du système était la règle de trois, au nom de laquelle de nombreuses baguettes furent brisées sur les doigts des élèves plus portés sur la pensée magique que sur le raisonnement cartésien.
Cette logique primaire n'a plus cours. Nous vivons désormais dans un monde quantique, lequel est régi par une logique plus subtile et des règles surprenantes.
Le principe d'exclusion et son confrère le principe d'incertitude ont remplacé la règle de trois.
L'expérience virtuelle du chat de Schrödinger, à la fois vivant et mort, illustre bien l'aspect déroutant de la nouvelle logique.
Ce dernier cas a manifestement fortement influencé Madame la Ministre, qui en a fait une règle de vie.
Elle a surtout retenu qu'une proposition pouvait être à la fois vraie et fausse tant qu'on n'y regarde pas de trop près.
(C'est-à-dire tant que l'on n'ouvre pas la boîte du chat…)
Par exemple, prenons au hasard la politique de la France concernant l'énergie électrique.
La stratégie officielle répétée moult fois par le Gouvernement et réitérée récemment par Mme la Ministre, tient en quelques lignes:
- Réduire la consommation d'électricité.
- Réduire la part de l'électronucléaire de 75 % à 50%.
- Maintenir la puissance électronucléaire à sont niveau actuel de 63,2 GW.
Selon la nouvelle logique, cette proposition en trois points est à la fois vraie et fausse tant que l'on s'abstient de la vérifier par des mesures.
Elle est donc parfaitement orthodoxe du point de vue quantique.
D'ailleurs les médias, férus de physique quantique comme chacun sait, n'ont rien trouvé à redire à de tels propos, ce qui nous garantit leur orthodoxie.
Seul un étudiant attardé, demeuré fidèle aux anciens rites, a cru devoir scruté ces propositions à l'aune de la logique de papa.
Il s'est simplement demandé naïvement comment l'on pouvait à la fois réduire la consommation globale d'énergie électrique, et réduire la part de l'électronucléaire de 75% à 50%, tout en conservant le niveau de puissance de ce même électronucléaire.
Une simple règle de trois (celle de Grand’papa) montre qu’un parc électronucléaire de 63,2 GW correspond à une production annuelle de 470 TWh avec un facteur de charge même modeste de 85%.
Un autre appel à cette règle simpliste montre que, si cette production correspond à 50% de la production électrique totale, cette dernière est alors de 940 TWh.
Ce qui représente une augmentation de 88% par rapport à la production actuelle.
Exactement le contraire de la réduction annoncée par la Ministre.
Notre étudiant se trouve alors plongé dans un abîme de perplexité. La Ministre aurait-elle fait cette annonce après avoir abusé de substances illicites ? Impensable.
Il doit y avoir un truc.
L'échec de sa réflexion l'a conduit à envisager une autre approche du problème.
La physique moderne (dont il a quand même entendu parler) enseigne que la mesure d'un système perturbe ce système et en modifie les composantes.
Bon sang, mais c'est bien sûr, là est la solution.
La consommation électrique, la part du nucléaire, et la puissance des réacteurs constituent le système offert à notre sagacité.
En physique quantique, le fait de chercher à comprendre l'intrication des composantes entraîne une modification du système, qui se réarrange différemment.
En l’occurrence, après examen des déclarations de Mme la Ministre, et réarrangement quantique, il faut lire:
- Consommation globale d'électricité augmentée de 25%.
- Part de l'électronucléaire inchangée à 75%.
- Production nucléaire augmentée de 15%.
Il en a qui s'indignent de l'inaptitude des politiques à tenir leurs promesses.
Ils n'ont rien compris. Ces distorsions ne sont qu'un effet des lois de la physique quantique.
On ne s'étonnera plus de voir un Président appliquer un programme contraire à celui pour lequel il a été élu. Il n'y a aucune malice à cela, c'est simplement l'effet conjugué des principes d'exclusion et d'incertitude auxquels on ne peut échapper.
Le simple contrôle de l'exécution du programme voté suffit à en perturber le contenu, généralement dans le sens opposé.
Tenez-en compte lors des prochaines élections, vous aurez plus de chance de voir votre programme appliqué en votant pour le candidat qui soutient le programme contraire…
On vous le dit, c’est quantique.

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