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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 19:21

7 Mai 2016

Dans la longue marche de la transition énergétique il faudra faire feu de tout bois, et l'automobile n'échappera pas à la règle.
Côté motorisation, le choix sera sans surprise entre le moteur thermique et le moteur électrique, voire les deux ensemble.
D'autres procédés de propulsion ont certes été étudiés, certains ont même fait l'objet de réalisations limitées comme l'air comprimé (Société MDI), le volant d'inertie (Gyrobus), le ressort (Léonard de Vinci) mais sans vraiment convaincre, dès lors que l'on recherche certaines performances et commodités d’usage auxquelles l'homme moderne est désormais habitué, notamment l’autonomie.
La fusée, certes efficace, reste un moyen peu pratique, surtout pour accompagner les enfants à l'école…
La propulsion éolienne, sous forme de voile ou de cerf volant, semble réservée aux navires jusqu'à nouvel ordre, ou aux sports de plage.
Sinon, la traction animale a fait ses preuves au cours de nombreux siècles, mais la vitesse et l'autonomie n'étaient pas alors un problème, et les biocarburants abondaient à l'état naturel de paille et d'avoine.
Si dans le futur il survenait des temps vraiment difficiles, on pourrait voir refleurir les pousse-pousse, et autres véhicules à pédales pour lesquelles la bicyclette constitue une excellente préparation.
Mais, sauf imprévu, tout cela nous sera épargné et nous aurons à continuer la route avec nos moteurs traditionnels bien connus, électriques ou pas.
Le problème est de savoir quoi mettre dedans pour les faire fonctionner, sachant que ce produit miracle devra être propre et décarboné ou à carbone recyclable.
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Dans la course aux énergies nouvelles pour la voiture, on aurait pu penser que les biocarburants auraient la faveur des constructeurs, en raison de la continuité technologique assurée et de l’absence de problème d’autonomie.
D’ailleurs la preuve en a été apportée par le développement relativement simple de véhicules dits « Flex fuel » capables, moyennant quelques adaptations, de fonctionner avec divers carburants incluant bien sûr les biocarburants, et le tout sans surcoût notable.
Moyennant quoi les performances et l’autonomie sont conservées et l’on fait l’économie d’une révolution technologique coûteuse et hasardeuse.
Mais le déploiement de cette technologie simplissime ne s’est pas produit en Europe, pour une raison tout aussi simplissime: les biocarburants n’existent pas!
Ou plutôt, ils existent mais sous la forme d’une première génération jugée inacceptable pour des raisons écologiques, car elle utilise une matière première qui, par ailleurs, est destinée à nourrir l’Humanité.
Il faudra donc attendre de disposer de la seconde, voire troisième génération, pour reconsidérer la question, du moins en Europe car d’autres régions du monde n’ont pas ces scrupules.
Mais, n’en doutons pas, les biocarburants ont un bel avenir car nous pensons qu’ils sont incontournables.
Nous allons tenter de le démontrer.
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Pour ces raisons écologiques, au demeurant compréhensibles, le moteur thermique se trouve donc provisoirement déconsidéré en Europe.
Il reste le moteur électrique, sur lequel tous les espoirs se sont reportés.
le moteur électrique a le vent en poupe à cause de sa réputation d’excellent rendement et de son absence totale d'émission de CO2 et de polluants, du moins à l’usage.
Il est présenté comme la solution écologique par excellence grâce à l'électricité produite par l'hydraulique, l'éolien et le solaire (Electricité "verte" que l'on peut se procurer auprès de fournisseurs agréés, avec un surcoût modique paraît-il).
Mais, si l’objet « voiture électrique » existe, l’électricité verte n’est pas au rendez-vous, il s’en faut de beaucoup.
Sauf si l’on considère l’électricité nucléaire comme propre et renouvelable. Nous laissons au lecteur le soin d’en décider…
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L’électricité, c’est bien, mais le problème de la réserve d'énergie à emporter pour assurer une autonomie convenable n'est toujours pas résolu.
La technologie actuelle des batteries ne permet pas une autonomie supérieure à 150 km, malgré un surpoids de près de 300 kg, qui constitue un maximum acceptable pour une voiture moyenne.
C'est un handicap sérieux, qui peut faire douter de la généralisation du procédé hors des limites de l'agglomération.

(Nous parlons de la voiture de Monsieur tout-le-monde, pas des engins de propagande à plus de 70 000 euros).
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Quelques centaines de milliers de voitures électriques dans le monde ne posent aucun problème.
Mais plusieurs centaines de millions représenteront un changement d’échelle conduisant à une double interrogation:
- Où trouver l’électricité verte pour remplir toutes ces batteries ?
- Où trouver tout le matériau de base (Aujourd’hui le Lithium) pour les fabriquer ?
Il ne serait pas très malin de remplacer une pénurie de pétrole par une pénurie de Lithium, ou d’autre chose.
Pas plus que de charger les batteries avec une électricité produite à partir du charbon…
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D'autre part, plus la capacité des batteries augmentera, et plus il deviendra difficile de fournir la puissance pour leur recharge, celle-ci devant rester raisonnablement rapide.
Les bornes de recharge rapide devront évoluer au rythme de l'accroissement de capacité des accus, ce qui prédit des problèmes importants d'adaptation évolutive des infrastructures.
La meilleure preuve en est le constat d'obsolescence prématurée des bornes de charge rapide dont l'installation a à peine commencé sur nos autoroutes. Leur puissance de 50 KW se révèle déjà insuffisante pour les prochaines batteries de 50 KWh, et que dire des générations futures de batteries de 100 KWh qui ne manqueront pas d'apparaître dans quelques années, et que Tesla propose déjà avec un réseau de recharge propriétaire.
EDF a déjà tiré le signal d’alarme.
L’électrification du parc actuel de voitures particulières nécessiterait une énergie équivalente à celle de cinq ou six réacteurs de 1 600 MW du type EPR de Flamanville.
Mais il y a pire:
La recharge nocturne simultanée de la moitié de ces batteries entraînerait un appel de puissance supérieur à la puissance du parc actuel de réacteurs nucléaires.
(En plus de la puissance appelée pour les applications habituelles bien entendu).
Or, la nuit, la production solaire est nulle.
L’éolien ne pourra jamais assurer à lui seul la puissance nécessaire.
Il est donc indispensable de maintenir, voire accroître, la puissance des installations de production continue d’électricité.
Le choix est entre le thermique fossile ou l’électronucléaire.
Le thermique fossile est écarté à priori à cause du CO2.
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Il apparaît donc que le déploiement effectif de la voiture électrique aurait pour premier effet de conforter le programme électronucléaire sans lequel ces belles autos ne pourraient tout simplement pas rouler.
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Et c’est là que les biocarburants se rappellent à notre bon souvenir.
La voiture hybride, c’est bien. Si, en plus, elle est rechargeable, c’est encore mieux.
En ville, on roule à l’électricité.
Sur la route, on roule au biocarburant tout en rechargeant la batterie dont la capacité doit être suffisante pour faire 30 à 40 km (6 à 8 KWh suffisent).
On oublie les problèmes d’autonomie, et on peut même recharger à la maison sans mettre EDF à genoux.
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On peut donc, sans grand risque de se tromper, prédire que le véhicule de l’avenir conjuguera les avantages de l’électricité et des biocarburants, le pur électrique étant réservé à un usage urbain ou de proximité.
On pourra même oublier l’électricité et rouler au seul biocarburant s’il y en a assez et s’il est suffisamment dépollué pour rouler en ville.
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Ceci explique peut-être le peu d’empressement des pouvoirs publics à promouvoir l’installation d’un réseau dense de bornes de recharge rapide, qui risqueraient de rester inutilisées si ce scénario se réalisait.
Actuellement les ventes de véhicules hybrides rechargeables ont le vent en poupe.
Faut-il s’en étonner ?

La stratégie est un exercice décidément bien difficile.
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 19:26

28 Avril 2016
Tout le monde convient que l'avenir énergétique de la France dépend de sa politique électronucléaire.
Or, à ce sujet, les intentions de ce gouvernement demeurent obscures.
Certes il existe bien une déclaration, plusieurs fois réitérée, mais dont l'exégèse s'apparente au décryptage d'un quatrain de Nostradamus.
" En 2025, la production électronucléaire ne dépassera pas 50% de la production électrique nationale".
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De nombreux sages ont tenté d'interpréter cette phrase sibylline mais, en l'absence d'une clé de décodage, le message demeure hermétique.
On sent bien qu'il manque une donnée pour que les mots prennent tout leur sens, mais laquelle, et qui la détient ?
Or, la prophétie date déjà d'un certain nombre d'années, et l'échéance approche sans que l'on puisse entrevoir les voies qui conduiront à sa réalisation.
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Les augures en sont donc réduits à proférer des conjectures dont les fondements relèvent plus de la divination que de la bonne politique.
Il est vrai qu'entre les deux l'espace est parfois bien mince…
Ce qui suit n'est donc qu'un exercice d'imagination, en attendant l'entrée du metteur en scène qui remettra tout cela dans le bon ordre, n'en doutons pas. Mais il ne faudra pas être pressés, les messies savent se faire attendre…

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Les plus férus dans la chose statistique n'excluent pas un accident de niveau 7+ sur l'échelle INES, qui serait de nature à bouleverser le train-train nucléaire et initier un changement radical de politique énergétique. Il est vrai que lorsque l'on s'enquiert des diverses causes possibles d'accident nucléaire, et de la manière dont les risques sont pris en compte, on ne peut que s'étonner qu'un tel accident n'ait pas déjà eu lieu.
(Il s'en est fallu de très peu à au moins une reprise, à la centrale du Blayais).
On peut penser que, dans une telle conjecture, un vaste programme de démantèlement serait entrepris.
Mais une catastrophe ne fait pas une politique, excluons donc ce cas extrême, on ne saurait imaginer qu'un homme politique songe à instrumentaliser la catastrophe.
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Il existe encore quelques économistes enthousiastes qui estiment que, la crise étant derrière nous, les affaires vont reprendre et la consommation d'électricité suivra, avec un taux de croissance de 4,5% par an, ce qui porterait la demande d'énergie électrique à près de 800 TWh en 2025, ramenant la production nucléaire aux fameux 50% sans avoir à arrêter un seul réacteur.
L'hypothèse n'est pas sotte.
D'abord l'éventualité d'une reprise de l'économie française n'est pas à rejeter à priori. Si, au lieu de fermer des entreprises ou de les délocaliser, on recommence à en créer, si au lieu de licencier à tour de bras on se met à créer de vrais emplois, tous les secteurs de l'économie en bénéficieront et la demande d'énergie croîtra en conséquence.
Par ailleurs la croissance de la population et l'évolution des structures familiales (Davantage de familles monoparentales ) créent une augmentation naturelle du nombre des ménages, chacun d'eux étant raccordé à ERDF et donc participant à la consommation nationale.
Beaucoup de ces ménages souhaitent améliorer leur confort et donc leur équipement ménager, source de nouvelles consommation d'énergie.
De plus, le développement des nouvelles applications comme la voiture électrique et les pompes à chaleur, n'ira pas dans le sens de la réduction de la demande de KWh.
Enfin, la consommation actuelle d'énergie électrique ne représente qu'une partie de la consommation finale d'énergie. De nombreux secteurs utilisent les énergies fossiles pour créer de la chaleur ou de la force motrice. Dans l'éventualité d'une "vraie" taxe carbone, beaucoup de processus seraient modifiés pour utiliser plutôt de l'électricité, participant ainsi substantiellement à l'augmentation de la demande.
Un certains nombre d'analystes considèrent ce scénario comme possible, raisonnablement optimiste.
Il reste quand même que, si la demande électrique passe de 500 à 800 TWh, il faudra bien trouver quelque part les 300 TWh nécessaires à cette croissance.
Une telle énergie ne sortira pas d'un chapeau, même présidentiel.
La prophétie des 50% est muette sur ce point, nous n'avons fait que déplacer le problème.
Il se peut également qu'une partie de l'énergie soit produite par des particuliers pour de l'autoconsommation ou de l'injection dans le réseau.
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Après avoir renvoyé dos à dos les catastrophistes et les économistes enthousiastes, il nous reste à considérer une hypothèse que d'aucuns trouveront très audacieuse:
Et si le Gouvernement décidait de fermer une vingtaine de vieux réacteurs d'ici 2025, comme çà, juste pour honorer une promesse ?
La production électronucléaire serait ramenée à 250 TWh, soit 50% d'une consommation demeurée stable à 500 TWh.
Arrêter un réacteur, mais c'est très simple: Il suffit de laisser tomber les barres de contrôle, ce qui prend une fraction de seconde. Certes, la chaleur résiduelle doit être évacuée, ce qui peut prendre quelques semaines, mais c'est une opération de routine, qui peut s'effectuer dans le même temps sur vingt réacteurs.
Le problème n'est pas là.
Le problème est de savoir où l'on va trouver les 150 TWh qui vont faire défaut, et qu'il faut donc impérativement remplacer si l'on veut éviter de mettre le pays en panne.
Or aujourd'hui il n'existe aucun programme dans ce sens, bien au contraire.
En effet il est vaguement question d'arrêter Fessenheim, et peut être deux ou trois autres vieilles chaudières, mais rien n'est moins sûr, eu égard aux atermoiements du château, qui repousse sans cesse l'échéance avec des prétextes peu sérieux.
D'autre part la construction du nouveau réacteur de Flamanville est confirmée et attendue comme le messie pour remplacer les deux réacteurs de Fessenheim.
Enfin il n'a échappé à personne qu'il n'existe aucun programme de construction de moyens de production renouvelables capables de fournir 150 TWh en 2025, en plus de ce qui existe déjà bien entendu.
Ce dernier scénario n'est donc pas plus crédible que les deux autres.
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La prophétie des 50% demeure donc hermétique.
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Mais, ne dit-on pas que l'oracle de Delphes prononçait ses prédictions dans un état second, proche de la transe hallucinogène, obtenu sous l'effet de vapeurs toxiques ?
Peut-être nous faudra-t-il nous tourner vers quelques substances illicites pour retrouver l'état second qui nous permettrait de comprendre enfin la prophétie des 50% …

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 19:15

26 Avril 2016
Un bon croquis vaut toujours mieux qu'un long discours.
C'est pourquoi le diagramme suivant a été choisi pour introduire le problème de la sporadicité des énergies solaire et éolienne, de préférence à des explications fumeuses souvent absconces à cause d'un excès de simplification.

Sporadicité des énergies solaire et éolienne, vers le délestage.

Ce diagramme présente le relevé, sur Janvier-Février 2012, de la puissance fournie pour 1 000 MW installés, pour le Nucléaire français, l'Eolien français, et le Photovoltaïque allemand.
Pour un lecteur impartial, le problème des énergies renouvelables saute aux yeux.
La production électronucléaire, comme la production à base d'énergies fossiles, est indifférente aux conditions météorologiques et les fluctuations de puissance restent dans des limites parfaitement gérables car elles sont dues à des suivis de charge ou à de la maintenance prévisible.
Par contre la puissance délivrée par les installations éolienne et photovoltaïque est à la fois intermittente et sporadique, avec des constantes de temps très courtes dont la survenue est difficilement prévisible à l'échelon local .
Ceci comporte des conséquences hélas non négociables.
(Non négociables signifie que ni le Gouvernement, ni les lobbies de l'Industrie, ni les associations de ceci et de cela, ne disposent du pouvoir d'influencer le régime des vents ou l'ensoleillement d'une région).


Lorsque les énergies éolienne et solaire participeront pour une part importante à la production d'électricité, la gestion du réseau ne sera pas seulement difficile, elle sera carrément impossible sans une profonde réorganisation de la gestion du réseau de distribution, et sans de grands changements dans les habitudes de consommation.
Sauf à maintenir des installations équivalentes fonctionnant avec des énergies fossiles, et prêtes à prendre la relève de l'intermittence des renouvelables. Solution évidemment absurde, à la fois pour des raisons de cohérence avec les objectifs de la transition énergétique, et pour des raisons économiques.
En effet, on ne voit pas très bien quel modèle économique pourrait justifier de maintenir opérationnelles des centrales thermiques fossiles qui fonctionneraient uniquement une partie du temps.
Les grands énergéticiens ont bien entendu vu venir le problème depuis longtemps, et ne nous ont pas attendus pour se préparer à y faire face.
Les deux grands axes de travail sont d'une part le lissage des pics de puissance demandée, et d'autre part le délestage ciblé.
A ces deux axes il faut ajouter, entre autres, l'intégration au réseau ERDF des fournisseurs locaux, y compris les particuliers producteurs d'énergie .
Il faut ici faire une pause pour préciser le contexte qui sous tend les différentes phases de la transition énergétique.
Les décisions stratégiques concernant le maintient ou le retrait du nucléaire, le développement plus ou moins rapide des énergies renouvelables, l'impulsion donnée, ou pas, au véhicule électrique, les incitations à utiliser tel type d'énergie plutôt que tel autre, sont des actes politiques, donc susceptibles d'être discutés, modifiés, rejetés, acceptés, en fonction du Gouvernement en place.
L'expression populaire peut influer sur l'une ou l'autre des décisions stratégiques, dans la mesure où le Gouvernement est sensible à l'opinion.
Par contre, une fois décidées les orientations de long terme, une fois votés les budgets correspondants, et une fois lancés les programmes industriels,
leurs implications technologiques ne sauraient être remises en question au prétexte qu'elles déplaisent à tel ou tel groupe d'influence.
C'est ainsi que le choix d'aller vers les énergies renouvelables éolienne et solaire implique automatiquement l'acceptation des contraintes technologiques qui leurs sont inhérentes, en l'occurrence le compteur communicant, le contrôle de la courbe de charge, le délestage, et quelques autres applications indispensables à la mise en œuvre d'une gestion intelligente du réseau, afin de pallier les inconvénients de l'intermittence et de la sporadicité de ces deux énergies.
La remise en question de ces concepts n'a tout simplement pas de sens dès lors que l'on a fait le choix de développer les renouvelables et réduire le nucléaire.
(Et, si nous avons bien compris, ces choix sont à la fois ceux de la population et du Gouvernement).
Les opposants au compteur communicant devront alors fourbir des arguments solides pour justifier d'être à la fois pour les renouvelables et contre le Smart Grid.
De nombreux travaux ont été entrepris dans le monde depuis plusieurs décennies dans le but de développer le concept de Smart Grid, puisqu'aussi bien sa mise en œuvre est inéluctable dès lors que l'on envisage sérieusement de remplacer le pétrole et l'atome par des sources intermittentes voire sporadiques.
Sans entrer dans les détails, sur lesquels de nombreuses publications de qualité existent, il faut rappeler qu'il s'agit d'implémenter un changement de paradigme, ni plus, ni moins.
Aujourd'hui c'est la production qui s'adapte à la demande.
Demain c'est la demande qui devra s'adapter à la production.
Si ce changement ne fait pas sursauter l'utilisateur, par contre il empêche l'énergéticien de dormir car lui, il sait ce que cela signifie.
N'ayons pas peur de nous répéter, le compteur Linky est le premier maillon du Smart Grid visible par l'usager du réseau électrique.
Nous allons voir maintenant apparaître des initiatives d'ampleur limitée dont l'objectif sera d'expérimenter diverses applications "Smart Grid" et éventuellement les valider pour les étendre à l'échelon régional ou national.
Ces applications tourneront autour de la gestion de la demande de puissance, à travers l'implantation de la fonction de délestage ciblé.
Une des premières expérimentations du compteur Linky dans une application de délestage est le programme SOLENN (SOLidarité Energie iNNovation). Il s'agit d'expérimenter le concept MDE (Maîtrise de la Demande d'Electricité) par la méthode de l'"ecrétage ciblé".
L'ecrétage ciblé est une alternative au délestage "sec" rendue possible par le compteur Linky.
Il consiste en une réduction à distance de la puissance souscrite de 30%, 50%, ou 70%, après accord contractuel avec le client évidemment.
Lorsqu'une possible surcharge du réseau est détectée, les clients ayant adhéré au programme reçoivent un SMS d'alerte, à charge pour eux de réduire leur consommation pour passer en dessous du seuil de puissance réduit.
En cas de dépassement de ce seuil, l'usager réduit encore sa puissance et remet en route par le processus prévu sur le Linky.
Le programme SOLENN se déroule sur le territoire de Lorient et Ploemeur, et concernent 400 clients équipés de compteurs Linky.
La durée est de trois ans au terme desquels l'application sera évaluée pour être éventuellement étendue après modifications à partir du REX.
Cette application, que l'on pourrait qualifier de simpliste, est la seule qui soit compatible avec des clients non encore équipés de gestionnaire d'énergie ( C'est la grande majorité des clients).
Dans le futur, lorsque le gestionnaire d'énergie fera partie de l'équipement standard du domicile, il sera possible d'utiliser la TIC (Télé Information Client) pour mettre en œuvre des procédés de "délestage sélectif" grâce à la possibilité du Linky d'adresser séparément sept zones différentes du logement.
D'autres applications sont envisagées pour le futur, par exemple l'agrégation de l'énergie stockée dans les batteries des voitures électriques.
Dans l'hypothèse d'une part de 20% de voitures électriques en 2030 (Hypothèse cohérente avec la stratégie énergétique de la France), l'énergie stockée par les batteries atteindrait plus de 200 GWh, ce qui représente une possibilité de soutien au réseau équivalente à 40 centrales de 1000 MWe durant 5 heures !! De quoi amortir largement une baisse de production inopinée de quelques parcs éoliens.
Cette application est rendue possible sur le Linky grâce à sa possibilité de double comptage ( Injection ou soutirage).
Dans le futur, il est clair que la mise en œuvre du réseau intelligent nécessitera une collaboration des clients, qui sont appelés à devenir des acteurs de la gestion du réseau, et devront consentir à déléguer au gestionnaire une partie de leur liberté de choix dans les usages de l'électricité devenue une denrée sensible.

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 11:51

22 Avril 2016
Il peut s'avérer indécent de parler de stratégie à quelqu'un dont la seule préoccupation est de boucler financièrement ses fins de mois.
Le déploiement du compteur Linky est un élément visible d'une stratégie énergétique qui, par définition, fixe des objectifs de long terme.
L'énergéticien se préoccupe de mettre en place les structures qui permettront d'assurer l'approvisionnement du pays en électricité. Son horizon est lointain, en l'occurrence on parle de 2030 et au-delà.
Le client d'aujourd'hui ignore évidemment les contraintes de ces horizons lointains, la société de consommation l'ayant depuis longtemps formaté à l'immédiateté. Hic et nunc sont ses seuls éléments d'appréciation; en quoi telle innovation peut-elle m'être bénéfique ici et maintenant ?
Le compteur communicant est un élément clé de la stratégie énergétique de 2030.
Mais le client d'aujourd'hui, à qui l'on impose ce nouveau gadget, en évalue l'intérêt comme à l'accoutumé, c'est-à-dire dans le contexte 2016.
Il ne faut donc pas s'étonner de voir fleurir ici et là une polémique, d'autant plus virulente que ses fondements sont par définition anachroniques.
Mais alors, comment expliquer à des consommateurs uniquement préoccupés de leurs intérêts personnels d'aujourd'hui, que le nouveau compteur sera bénéfique demain pour l'ensemble de la communauté ?
Cesser de se focaliser sur l'intérêt personnel pour considérer l'intérêt collectif constitue déjà un effort. Sortir de la préoccupation immédiate pour reconnaître que l'avenir mérite qu'on s'y intéresse, c'est un effort supplémentaire que certains ne sont pas disposés à fournir.
La querelle demeure donc au niveau du dialogue de sourds.
Essayer de présenter les avantages du compteur Linky dans le contexte de 2016, alors qu'il est prévu pour résoudre les problèmes de 2030, est une gageure.
Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
Aux sceptiques qui voient une arnaque dans toute nouveauté, on peut quand même tenter d'apporter quelques apaisements:
- Le coût du nouveau compteur, pose comprise, sera amorti en dix ans par une dépense annuelle équivalente à une place de cinéma.
C'est très exactement le coût du service actuel de relevé manuel à raison de deux relevés par an.
- Ce compteur permettra, avec la collaboration des clients, un certain lissage de la demande de puissance instantanée. Le gain sera "à minima" de 10% du pic de la demande, soit 10 GW, et largement plus à terme.
C'est autant de moyens de production qu'il ne sera pas nécessaire de construire, ou de maintenir.
10 GW, cela représente la puissance disponible de 12 centrales électriques de 1000 MWe chacune, avec un facteur de charge de 85%, ou de 7 EPR type Flamanville, ou encore celle d'un parc éolien offshore de près de 7 000 machines de 5 MW avec un facteur de charge de 30%.
(Nous disons bien sept mille).
Le coût d'un tel parc avoisine les 100 Milliards d'euro au coût actuel du MW offshore.
Qui peut encore soutenir sérieusement que le compteur Linky est une dépense inutile ?
Mais ce n'est pas tout:
- Si l'on admet un minimum de cohérence dans la stratégie énergétique de la France, la voiture électrique est appelée à se développer significativement. Un taux de pénétration de 20% est envisageable à l'horizon 2025, soit 7 Millions de véhicules.
A cette époque il sera normal de monter des batteries de 60 kWh, la demande existe déjà aujourd'hui afin d'améliorer l'autonomie.
La recharge à domicile sera chose courante, entraînant des appels de puissance de 6 à 8 kW, voire plus.
Tous ces véhicules , branchés en même temps, appelleront une puissance de près de 60 GW, soit la puissance du parc nucléaire actuel, uniquement pour charger les batteries !
Puissance qui viendra bien sûr s'ajouter à la demande déjà existante.
Il est évident qu'une telle situation doit être évitée, et que des arbitrages devront être prononcés pour maintenir le pic de demande de puissance à un niveau acceptable par le réseau.
Ces arbitrages ne peuvent être mis en œuvre que grâce à des compteurs communicants comme le Linky.
En clair, pas de voiture électrique sans Linky.
Il y a plus:
- Aujourd'hui il n'est toujours pas question de réduire notre parc nucléaire, la Ministre l'a encore confirmé récemment en repoussant aux calendes grecques l'arrêt de la vingtaine de vieux réacteurs dont la prolongation est un défi au destin.
Mais il peut se faire qu'un jour la décision soit prise, souhaitons que ce ne soit pas à l'occasion d'un accident majeur.
Ces réacteurs devront alors être remplacés par du solaire, de l'éolien, ou de la biomasse, les deux premiers représenteront 80% soit 14 GW.
Le remplacement de 18 GW de puissance continue électronucléaire non intermittente par 18 GW de renouvelables dont 14 GW intermittents, posera un sérieux problème de fluctuation de la puissance disponible.
Pour gérer cette fluctuation, il faudra une capacité d'arbitrage, laquelle ne peut être mise en œuvre qu'avec le compteur communicant.
Donc là encore, pas de renouvelables sans Linky.
On démontre donc ainsi, sans possibilité d'avancer de contre-arguments dignes de ce nom, que la mise en œuvre de la transition énergétique est tout simplement impossible sans le déploiement préalable des compteurs communicants.
S'opposer au compteur communicant, c'est faire obstacle à la transition énergétique, refuser le solaire et l'éolien, rejeter la voiture électrique, exiger le maintien de la production électronucléaire, et donc tout miser sur le pétrole et le Gaz naturel, voire même le Charbon.
Au pays de Descartes la raison devrait finir par triompher, et le réseau devrait pouvoir gérer une minorité "d'irréductibles gaulois" qui finiront bien un jour par réaliser qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner en demeurant fermés à l'arrivée du progrès décarboné.
Par ailleurs le caractère intrusif de certaines applications du compteur communicant ne peut pas être nié.
(Chaque médaille a son revers).
Mais pas plus que pour d'autres applications telles que le Smartphone, à qui pourtant personne n'a reproché son excès de convivialité.
Ou encore les réseaux sociaux auxquels les usagers confient leurs données personnelles devenues subitement "déclassifiées" par la volonté de l'utilisateur lui-même.
Sans parler du commerce en ligne qui systématise la collecte des données personnelles à des fins commerciales, avec la bénédiction des clients.
Jusqu'à présent l'énergie électrique était disponible en quantité illimitée et pour n'importe quel usage. Derrière le compteur commence l'espace privé ( c'est le terme consacré), et l'usager est habitué à considérer que ce qui se passe dans cet espace ne regarde personne.
Demain l'énergie sera une denrée contingentée et dont la disponibilité sera en partie dépendante de circonstances extérieures, comme les conditions météorologiques (Vent, ensoleillement).
L'usager ne pourra plus appeler n'importe quelle puissance à n'importe quel moment et pour n'importe quelle durée et n'importe quel usage.
Il devra accepter de moduler sa consommation en fonction de la puissance disponible sur le réseau à un moment donné.
Ce changement de paradigme ne peut être accepté spontanément. Il est normal de rencontrer une opposition à ce qui est perçu comme une violation de la vie privée.
Beaucoup d'usagers n'admettent pas qu'un tiers (Gestionnaire de réseau) puisse être habilité à décider à leur place d'allumer ou d'éteindre tel appareil gros consommateur, même si cette gestion de créneaux horaires se déroule dans un cadre contractuel préalablement défini.
De même qu'il a fallu un jour accepter des limitations de vitesse sur les routes, il nous faudra dans l'avenir consentir à nous préoccuper du bon usage de l'électricité, pas seulement du point de vue économique, mais également dans un souci de préserver une denrée dont la disponibilité ne tiendra qu'à un souffle d'air ou à un rayon de Soleil.
Nous avons quelques années pour nous y préparer…

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 16:47

13 Avril 2016
Jusqu'à présent le compteur EDF se contentait d'exécuter son travail de portier dans la plus grande discrétion. Tout au plus enregistrait-il la quantité cumulée d'énergie traversante, mais en gardant la plus grande discrétion sur l'usage qui pouvait en être fait, et à quels moments.
Un portier sait garder le silence, mais chacun sait qu'il n'en pense pas moins et qu'il aurait beaucoup à dire si on lui donnait la parole.
Eh bien, voilà qui est fait.
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Notre vieux portier discret et bon enfant va être remplacé par un jeune doué de la parole et donc susceptible de raconter tout ce qu'il pourra voir et entendre à son poste, pourvu qu’on le lui demande poliment.
Et Dieu sait si on peut en voir des choses à ce poste-là.
Mais ce nouveau rôle de Madame Pipelet ne plaît pas du tout à de nombreux locataires de la maison EDF, qui y voit une possible intrusion dans leur vie privée, ainsi qu'une possible augmentation de leurs loyers électriques, ce en quoi ils n'ont pas tout à fait tort comme nous l'allons voir ci-après.
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Bien sûr, le rôle officiel de ce nouveau concierge électrique est des plus nobles. Il s'agit ni plus ni moins que de permettre la mise en œuvre de la transition énergétique, laquelle exige une gestion rationnelle du flux d'énergie électrique.
Mais, pour gérer le flux d'un produit, quel qu'il soit, il faut d'abord le connaître intimement.
S'agissant du flux d'énergie électrique vers 35 millions de clients, il faut connaître ces clients, leurs besoins, leurs usages de l'énergie, leurs possibilités de modifier ces usages et cette demande, leurs bonnes et mauvaises pratiques, leurs capacités d'adaptation à des changement d'environnement énergétique, etc….
Pour permettre une gestion intelligente, c'est-à-dire une adaptation de la demande à l'offre et vice-versa, il est nécessaire de travailler en temps réel.
En effet, pour exécuter une manœuvre énergétique dans l'heure, il n'est pas question de perdre son temps en courrier, fut-il électronique.
Il faut donc d’abord recueillir un ensemble de données sur chaque abonné, et les enregistrer afin de personnaliser les actions pouvant être exécutées en temps réel, en accord avec le contrat individuel préalablement signé.
Pour constituer cette base de données il est nécessaire de procéder à une analyse du profil de consommation du client.
Dans le domaine de l'énergie électrique, deux échelles d’analyse sont envisageables:
Une échelle macroscopique, qui ne se préoccupe que le la consommation globale d'un client, et une échelle microscopique, qui entre dans les détails fins pour analyser les consommations par appareil.
L’échelle macroscopique relève et enregistre la puissance globale soutirée avec un pas temporel qui peut être de l'ordre de quelques minutes.
C'est ce que le nouveau compteur Linky est supposé faire, du moins selon son cahier des charges officiel.
Les informations ainsi recueillies permettent bien sûr d'effectuer le comptage de l'énergie.
Elles procurent, en plus du compteur bleu, la possibilité de vérifier que les pics de puissance soutirée demeurent dans les limites de l'abonnement souscrit.
Un interrupteur interne, télécommandé, permet au fournisseur d’énergie de couper automatiquement le courant en cas de dépassement abusif, ou consécutif à un défaut de l'installation.
En cas de coupure liée à un dépassement passager, il est prévu une manœuvre pour que l'abonné puisse lui-même rétablir le courant, après avoir supprimé la cause du dépassement.
(Manœuvre décrite dans le manuel).
Si le dépassement persiste, un message d'alarme s'affiche et l'abonné est prié d'appeler un technicien.
Avec le compteur bleu, cette fonction de coupure était remplie par le disjoncteur différentiel EDF disposé après le compteur.
Le courant pouvait être rétabli par manœuvre d'un levier ou pressage d'un bouton, autant de fois que nécessaire. Un tel organe, appelé sectionneur, doit réglementairement figurer en tête de toute installation.
La valeur de seuil de coupure de ce disjoncteur EDF est (était) largement supérieure à la valeur correspondant au contrat souscrit ( 10 à 20%).
Le seuil de coupure est (sera) maintenant fixé par le compteur Linky, avec peut-être moins d'indulgence…

Le disjoncteur EDF est conservé avec le compteur communicant, il garde sa fonction de "sectionnement" (que ne remplit pas le Linky) et sa fonction de disjonction différentielle 500 mA.

L'enregistrement des données de puissance et de courant permet au gestionnaire de disposer d'une courbe de charge (CdC) globale avec une résolution temporelle grossière.
Cette faible résolution permet tout de même de faire une analyse macroscopique de la CdC, qui sert surtout à constater la bonne répartition entre Heures pleines et Heures creuses, la bonne adéquation de l'abonnement souscrit par rapport aux besoins réels.
Rien de bien méchant.
C'est suffisant pour permettre au gestionnaire de suggérer des aménagements pour "lisser" la demande de puissance, grâce à des incitations tarifaires personnalisées, et/ou pour proposer d'adhérer à un programme d'effacement, comme le tarif EJP (Effacement Heures de Pointe) facultatif évidemment.
Grâce au bus de communication TIC le gestionnaire peut gérer le programme d'allumage ou d'extinction des différentes zones négociées avec le client ( 8 zones différentes sont adressables).
Ceci est possible à condition que le client le souhaite et installe un gestionnaire d'énergie qui dialoguera avec l'interface TIC du compteur.

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Cette échelle macroscopique devrait normalement suffire à mettre en œuvre le programme « Smart Grid », tout en limitant autant qu’il est possible son caractère intrusif, afin de le rendre plus acceptable.
C’est en tous cas l’avis de la CRE.
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Mais, l’existence d’une voie de communication bi directionnelle non interruptible entre le gestionnaire et le client ouvre techniquement la voie à des applications potentiellement beaucoup plus intrusives si l’on n’y prend garde.
D’autant plus que les progrès de la technique des courants porteurs permet des applications de très haut débit.
Le CPL G3 est prévu pour la gestion fine du Smart Grid, y compris l'injection de puissance par les producteurs locaux, et la charge de batteries des voitures électriques ou les dispositifs de stockage d'énergie.
La CRE (Commission de Régulation de l'Energie) considère que le CPL G1 est suffisant pour assurer les fonctionnalités du Linky, mais admet cependant que le déploiement du CPL G3 donnerait à EDF un avantage, notamment pour faciliter l'adoption des normes françaises au plan international.
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Tous les énergéticiens œuvrant dans le domaine des réseaux de distribution électrique ( mais aussi pour l'eau et le Gaz) travaillent depuis longtemps sur la possibilité de compléter l'analyse macroscopique des consommations par une analyse microscopique afin d'acquérir une connaissance fine des usages de l'énergie.
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On sait depuis longtemps que chaque appareil électrique possède sa propre signature qui peut être lue lors de sa mise sous tension.
L'analyse fine du courant consommé permet de repérer ces signatures et de les identifier.

Le courant consommé durant la phase de démarrage d’un appareil, ou d’une partie de cet appareil, dépend des organes qui le constituent et qu'il faut « mettre en route »:
Résistances, condensateurs, transformateurs, alimentation à découpage, starter de tube fluo, gradateurs, moteurs, etc.
Le pic de courant au démarrage révèle le type d’appareil concerné, c’est sa « signature ».
Le mode de production en très grandes séries des appareils électrodomestiques entraîne une grande similitude dans les signatures d’appareils destinés à la même application.
On distingue ainsi parfaitement une bouilloire, un réfrigérateur, un aspirateur, un grille-pain, un radiateur, un four à induction, un moteur de lave-linge, de lave-vaisselle, un projecteur halogène, une pompe ,à chaleur, un climatiseur, une alimentation à découpage, un sèche-cheveux, un cumulus, un chargeur de batterie, un poste à souder, etc.
Bien sûr il est nécessaire d'utiliser des algorithmes complexes pour distinguer les différents signaux avec une bonne probabilité de succès.
EDF n'est pas en retard dans ces travaux, et dispose déjà de bases de données de "signatures" opérationnelles.
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La mise en œuvre d'applications impliquant le relevé et l'enregistrement pour analyse de ces signatures constituerait un acte intrusif indéniable.
(Bien que ses conséquences puissent être bénéfiques pour le client, à condition que ses données personnelles ne soient pas détournées pour un usage inconnu et incontrôlable).

L'utilité de connaître dans le détail la nature et l'usage des différents appareils d'une installation domestique n'est pas démontrée, du moins dans le résidentiel.
On peut lui trouver une justification dans le secteur professionnel pour la rationalisation de la dépense énergétique, le contrôle de bon fonctionnement des appareils, les anomalies de consommation , etc.
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On trouvera des détails dans le manuscrit thèse de Matthieu Sanquer, Université de Grenoble, 2013:
"Détection et caractérisation de signaux transitoires,
Application à la surveillance de courbes de charge"
A l'adresse suivante:

[http://chercheurs.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/Innovation/theses/TheseSanquer.pdf]
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On peut également s'instruire en lisant ceci:
"Guide International du comptage intelligent"
Collection EDF R&D
Chez LAVOISIER
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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 09:52

11 Avril 2016

Dans les installations domestiques actuelles, équipées de compteurs bleus électroniques ou de vieux compteurs électromécaniques, il n'y a pas d'interrupteur à l'intérieur du compteur, ni manuel, ni télécommandé.
Et personne ne surveille la courbe de charge…
La coupure générale du courant s'effectue par l'interrupteur manuel qui est intégré avec le disjoncteur différentiel général situé en dehors du compteur.
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Ce disjoncteur général n'est pas électronique. Il a un système de déclenchement thermique doublé d'un système magnétique.
Son seuil de déclenchement est réglable par un agent ERDF en fonction de l'abonnement souscrit, et il est plombé.
Comme tout disjoncteur de ce type, le déclenchement se produit au bout d'un temps qui dépend de la surcharge en courant et de sa durée.
Compte tenu des dispersions de fabrication, le seuil de déclenchement min est compris entre 1,15 et 1,45 fois la valeur nominale affichée. Pour un seuil fixé à 90 A par exemple, le déclenchement en cas de surcharge de longue durée se produira entre 103,5 A et 130,5 A , soit 117 +/- 13,5 A.
Son rôle principal est d'assurer la sécurité des usagers et de l'installation.
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Prenons l'exemple d'une installation avec un abonnement à 18 KVA .
Dans les conditions nominales de tension à 230 V, le courant max alloué contractuellement est donc de 78 A dans une charge résistive, soit 18 KW.
Pour un abonnement de 18 KVA, le disjoncteur EDF est réglé en principe à 90 A. Cette marge permet d'éviter les coupures intempestives qui seraient liées aux variations de tension secteur, et aux dispersions de réglage du disjoncteur lui-même, et à celles des appareils connectés.
Ce disjoncteur va donc déclencher pour une valeur de courant
Comprise entre 103,5 A et 130,5 A, sur une surcharge de longue durée.
(Une précision plus grande n'était pas nécessaire à l'époque de l'établissement des spécifications, mais cela va changer avec la transition énergétique).
L'abonné pourra donc soutirer en permanence plus de 100 A sans provoquer de coupure, ce qui correspond à une puissance supérieure à 23 KW sur charge résistive, alors que l'abonnement souscrit n'est que de 18 KVA.
Ce "bonus" de plus de 28% en faveur de l'abonné, dû au manque de précision de l'électromécanique, fait l'affaire de bien des clients qui peuvent ainsi disposer d'une puissance plus importante que ce qu'autorise normalement leur abonnement.
Ceux-là risquent d'avoir une surprise lors du passage au compteur Linky.
Voyons pourquoi.
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Lors du remplacement de l'ancien compteur, le disjoncteur EDF est conservé, puisque sa présence est obligatoire selon la norme.
Mais cette fois, grâce à (ou à cause de) l'enregistrement des données par le nouveau compteur, la courbe de charge de l'installation ( Puissance consommée en fonction du temps) sera connue de ERDF, quasiment en temps réel puisque le pas temporel peut descendre à 10 minutes.
(La CRE a recommandé un pas de 30 minutes, mais cela peut être négocié par EDF).
Le gestionnaire de réseau sera donc averti lorsqu'il se produira des dépassements de puissance fréquents et de durées significatives chez Monsieur Untel.
Dans ce cas ce client sera "invité à", ou plutôt "mis en demeure de" modifier son installation pour réduire la puissance de pointe, ce qui peut être obtenu en utilisant des appareils moins gourmands, ou bien en installant un gestionnaire d'énergie pour "lisser" la demande de puissance si c'est possible.
Il peut également être amené à corriger le cosinus phi de son installation s'il y a lieu.
Dans un deuxième temps, si le client n'a rien fait pour corriger l'anomalie, ERDF peut à distance modifier l'abonnement pour le passer à une tranche supérieure, ce qui évidemment modifie la tarification.
La menace de coupure n'intervient qu'en dernier ressort, et ne peut être mise en œuvre qu'après une procédure compliquée et plusieurs avertissements.
Dans l'exemple ci-dessus, l'abonné se verrait automatiquement passé de 18 KVA à 24 KVA, avec les conséquences financières associées.
(De 18 KVA à 24 KVA l'abonnement passe de 266 euro à 560 euro et le prix du kWh est inchangé).
Certains considèrent que ce procédé est une escroquerie.
Il s'agit de savoir si une tolérance historique accordée aux clients pour des raisons technologiques doit être pérennisée au prétexte qu'elle est historique.
Il ne nous appartient évidemment pas de prendre position.
Tout au plus peut-on conseiller aux futurs "bénéficiaires" du Linky de faire analyser leur installation par un homme de l'art, afin de la situer par rapport à ce problème et éventuellement "faire quelque chose" s'il y a menace de conflit.
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Il va se soi que ce problème de dépassement significatif de puissance ne concerne qu'une minorité d'abonnés, la plupart de bonne foi.
(Dans son rapport sur l'expérimentation Linky, la CRE signale tout de même que de tels problèmes ont été rencontrés dans 11% des cas).
Le compteur bleu, s'il permet d'afficher le courant à un instant donné, ne dispose d'aucune alarme pour prévenir l'abonné d'un dépassement de puissance.
Une telle situation se produit généralement par l'adjonction cumulative d'appareils électriques supplémentaires à une installation dimensionnée au départ pour des besoins qui ont évolué dans le temps.
La très grande majorité des clients ne rencontreront jamais ce problème, contrairement à ce qui est annoncé sur les réseaux sociaux.
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Il se peut aussi que le fournisseur d'énergie fasse preuve, au moins au début, d'une certaine tolérance, afin de ne pas aggraver la mauvaise réputation faite au nouveau compteur par la rumeur publique.
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La CRE (Commission de Régulation de l'Energie) affiche une position nuancée, comme on peut le voir dans l'extrait ci-dessous tiré du site cre.fr:
[Lettre l'information Octobre 2013]

["Le compteur Linky offre la même souplesse que les compteurs actuels en cas de dépassement de la puissance souscrite : il ne disjoncte pas plus fréquemment.
En revanche, l’expérimentation a montré des situations dans lesquelles le disjoncteur n’était pas réglé à la puissance souscrite. Cela a concerné 2 % de sites d’une puissance installée entre 3 kVA et 12 kVA et 11 % des sites d’une puissance installée entre 12 kVA et 36 kVA. Contrairement aux compteurs actuels, le compteur Linky intègre un interrupteur. La puissance de coupure sera donc toujours calée à la puissance souscrite contractuellement.
Pour les consommateurs qui demanderaient une modification de la puissance contractuelle à la suite de la pose d’un compteur Linky, la CRE a demandé, dans sa délibération du 7 juillet 2011, que la prestation de changement de puissance soit réalisée gratuitement par ERDF.
Il sera également possible d’ajuster plus finement la puissance souscrite à la réalité de sa consommation. Aujourd’hui, on ne peut régler son disjoncteur que par palier de puissance de 3 kVA. Le compteur Linky permettra des paliers par pas de 1 kVA."]
Fin de citation.

L'essentiel de cette prose reste quand même:
"La puissance de coupure sera donc toujours calée à la puissance souscrite contractuellement".

Comprenne qui pourra…
Il est probable que, selon la proportion de clients "piégés"" par le Linky, ERDF sera amené à lâcher du lest pour éviter une bronca des clients.

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Pour tenter de faire passer la pilule, il faut quand même rappeler que le souci numéro un de EDF est le pic de demande de puissance qui surcharge le réseau et oblige à maintenir des installations de production en surnombre.
La puissance moyenne consommée annuellement en France est de 60 GW.
( 60 GW x 8 760 Heures = 525 Téra Wattheures).
Les pics de demande de puissance peuvent monter jusqu'à 100 GW , ce qui représente une surcharge de 40 GW par rapport à la moyenne.
40 GW, c'est la puissance d'un parc de 47 centrales de 1000 MWe avec un facteur de charge de 85%.
Ou encore 63% de la puissance du parc nucléaire installé.
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L'énormité de ce "gaspillage" mérite que l'on y réfléchisse un peu.
D'autant plus que la situation ne fera que s'aggraver avec la montée en puissance des énergies éolienne et solaire, dont l'intermittence nécessitera encore plus de moyens de compensation.
Ce tableau permet au moins de comprendre la préoccupation de EDF pour tout ce qui a trait à la puissance que le réseau doit pouvoir supporter.
Il paraît donc légitime de demander au consommateur de participer à l'effort commun sans lequel il ne pourra pas y avoir de transition énergétique.
On ne peut, à la fois, exiger l'arrêt de centrales nucléaires, tout en revendiquant le droit imprescriptible de pomper à volonté n'importe quelle puissance sur le réseau…
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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 17:44

4 Avril 2016

Le compteur communicant est attaqué de toutes parts.
Parmi les charges que ses détracteurs font peser sur lui, il en est une qui réclame quelques explications, car elle met en cause l'existence de signaux CPL injectés par le compteur dans l'installation électrique de l'abonné.
Signaux qui, d'une part entraîneraient des perturbations dans le fonctionnement des réseaux domotiques pré installés dans le logement ainsi que des troubles chez les personnes électro sensibles, et d'autre part susciteraient une inquiétude relativement à l'usage que EDF pourrait en faire ultérieurement.
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Rappelons que les données relevées par le compteur Linky sont transmises à un concentrateur EDF par le moyen de courants porteurs en ligne (CPL), la ligne en question étant constituée des câbles d’alimentation secteur existants entre le logement de l'abonné et le transformateur EDF BT.
Ces câbles sont à l'extérieur du logement, enterrés ou aériens.
Dans l'habitat collectif, une partie de ces câbles est à l'intérieur du bâtiment et chemine jusqu'aux compteurs individuels.
Les communications par CPL sont simples, fiables et utilisées depuis la nuit des temps (1950), y compris par les particuliers qui ont une installation domotique et qui apprécient de disposer de ce réseau existant dans leur logement pour y transmettre toutes sortes de signaux, y compris à très haut débit, sans avoir à installer des câbles supplémentaires spécifiques.
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Il y a donc dans le compteur Linky une interface CPL qui reçoit et émet des signaux qui sont acheminés par les câbles d’alimentation électrique. Les données numériques sont transmises en CPL dans la bande A du CENELEC réservée aux fournisseurs d'énergie, grâce à deux porteuses à 63,4 KHz et 74 KHz. La transmission est à très bas débit (2 400 bauds).
Les autres bandes (B, C, et D) sont dévolues aux applications analogiques et numériques bas débit dans les bâtiments résidentiels:
Bande B: 95 à 125 KHz
Bande C: 125 à 140 KHz
Bande D: 140 à 148,5 KHz
Il faut bien noter que nous parlons ici de KHz ( KiloHertz) et non pas de MHz (MégaHerz)comme on à pu lire ici et là à propos de Linky.
Les signaux CPL sont superposés au signal de puissance 230V - 50 Hz. Ils sont de faible amplitude, typiquement 2 Vrms (rms= root mean square) soit moins de 1% de la tension secteur, mais avec des variations dues à la distance, aux ruptures d'impédances, etc… Toutes choses classiques en CPL.
__________________

Ce procédé de transmission d'informations numériques à très bas débit est utilisé par EDF depuis des lustres, notamment vers les particuliers pour les commutations HC/HP. La technologie est donc familière et très largement éprouvée.
Elle est également utilisée depuis longtemps par les particuliers eux-mêmes pour des commandes de portails, de volets, d'éclairage, etc…En association avec un système de transmission radio. _______________________

Il existe un autre domaine de transmissions CPL , il s'agit des communications numériques à très haut débit, jusqu'à 200 Mbps (Méga bits par seconde), voire plus, pour les liaisons internet et informatique.
Bien que le câblage électrique du logement constitue un réseau de mauvaise qualité et non blindé, il a été possible d'y faire passer des données numériques de très haut débit, grâce aux procédés modernes de codage et de modulation développés pour la téléphonie cellulaire et la TV numérique.
Les CPL utilisés par le Linky sont bien loin de tout cela, il s'agit de très bas débits transportés par des porteuses de très basses fréquences.
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Vis-à-vis des signaux CPL, les raccordements électriques EDF en provenance du transformateur BT peuvent être vus comme un Bus de communication sur lequel sont raccordés tous les compteurs des clients alimentés par la même dérivation de ce transformateur (Le même câble).
Un tel transfo peut alimenter jusqu'à plusieurs centaines d'abonnés répartis par grappes sur plusieurs dérivations.
Il pourra y avoir ainsi plusieurs dizaines d’abonnés dont les compteurs sont raccordés au même « Bus » CPL.
Chacun d’eux recevra ainsi toutes les trames CPL destinées à ses voisins, et non pas seulement les siennes propres.
C’est le principe même du Bus, chacun regarde les données qui passent, et prend celles qui l'intéresse.
Il se passe la même chose à l'intérieur d'un PC.
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L'interface CPL du compteur se comporte comme tout périphérique connecté à un Bus: Il "lit" toutes les données qui arrivent par les câbles électriques (Phase et Neutre), et prélève celles qui l'intéresse, sans modifier le signal lui-même évidemment, qui continue donc son chemin vers le logement, sauf si on l'arrête à l'aide d'un filtre réseau.
Le compteur Linky ne comporte aucun filtre CPL (Filtre réseau passe-bas).
Certains auraient bien voulu ce filtre, qui aurait bloqué les signaux CPL avant qu'ils n'entrent dans le logement.
La CRE (Commission de Régulation de l'Energie) a publié en Juin 2011 un "Dossier de l'évaluation de l'expérimentation Linky".
(Evaluation réalisée sur 300 000 compteurs Linky).
On peut y lire ceci:
" La transmissions des données de la TIC (Télé Information Client) par CPL, qui éviterait la mise en place d'une liaison filaire ou d'un module radio, nécessiterait de mettre en place un filtre dans le compteur, quelque soit la technologie CPL utilisée. Or, actuellement ce type de filtre ne peut pas tenir dans le volume imposé pour le compteur".
Cela paraît fort crédible.
En effet un filtre réseau efficace occupe beaucoup de place, les bobinages devant être dimensionnés pour le passage série du courant max souscrit par l'abonné, courant qui peut atteindre 90 A en 18 KVA !!!
La section des fils doit être suffisante pour éviter une chute de tension et donc un échauffement inacceptables. Et les noyaux magnétiques doivent être dimensionnés dans le même rapport afin d'éviter la saturation, qui rendrait le filtre inefficace.
Un tel objet, même conçu pour un compteur 12 KVA (63 Ampères), est assez encombrant et onéreux.
______________________________

Compte tenu de l'absence de filtre réseau dans le compteur, les trames présentes sur la liaison compteur-concentrateur se retrouvent dans la maison de l'abonné.
Ce dont certains abonnés se plaignent amèrement, alléguant des perturbations intolérables de leur installation électrique, et/ou de leur propre état physiologique, rapportant des symptômes connus sous le terme générique d'électro sensibilité.
C'est là que prend naissance le conflit.
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Dans l’état actuel du projet « smart grid » dont le compteur Linky est le premier maillon, ces signaux CPL ne jouent aucun rôle dans le logement.
Dans l’avenir, il pourrait en être autrement. Notamment pour la gestion intelligente de la charge des batteries de voitures électriques au domicile, mais pas que, comme nous verrons plus loin.
Aujourd'hui, il est donc toujours possible (C'est même recommandé) de les bloquer à la sortie du compteur en installant un filtre CPL.
Et là il faut considérer deux cas selon la nature de l'installation d'abonné:
D'une part les abonnés qui disposent déjà d'une installation domotique dont une partie au moins utilise des CPL, quelle que soit sa complexité, et qui craignent de la voir perturbée par l'arrivée du Linky.
D'autre part les autres, qui ne possèdent aucune installation domotique, ni même le moindre gadget fonctionnant sur CPL, et qui n'envisagent pas d'en installer une.
Les premiers doivent savoir que toute personne qui crée un réseau CPL privé doit obligatoirement installer un filtre en tête de son branchement EDF, après le compteur ( Linky ou autre), afin d’éviter que ses propres signaux CPL n'aillent polluer le voisinage.
La réglementation l’impose, et en cas de nuisances de voisinage l’installation doit être démontée, ceci est très strict.
Ce filtre étant bi directionnel, il servira également à bloquer les trames CPL en provenance de l’extérieur, y compris celles du Bus Linky.
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Donc une installation domotique privée, si elle est exécutée dans les règles de l’art, c'est-à-dire avec un filtre CPL efficace en entrée, ne sera pas polluée par les trames CPL du compteur Linky.
Si ces abonnés se plaignent de troubles, ils doivent d'abord faire vérifier l'état de leur propre réseau CPL interne, et particulièrement le filtre d'entrée obligatoire.
(Notamment son atténuation à fort courant et sa courbe de réponse).
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Quant aux usagers qui n’ont pas de réseau domotique utilisant le CPL , ils ne seront pas gênés lors de l’installation du compteur Linky.
Si malgré tout l'un d'eux estime être gêné par ce signal, il pourra toujours installer un filtre à l’entrée de son installation.
S’il peut apporter la démonstration d’une nuisance qui disparaît après pose du filtre, il pourra tenter d’obtenir de ERDF une participation aux frais.
(Un bon filtre réseau est relativement cher).
__________________

Mais, étant donné le nombre considérable et croissant d’appareils communicant par CPL et commercialisés en grandes surfaces pour les applications domotique et multimédia (Internet des objets, ou M2M), les logements totalement dépourvus de ce genre de dispositifs deviennent de plus en plus rares, et tout ceux qui sont équipés, même sommairement, ont donc réglementairement déjà procédé à l’installation d’un filtre CPL en tête de leur installation électrique, avant même d’avoir entendu parler de Linky…
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Le filtre à installer doit être disposé après de DDR 30 mA, son courant doit être compatible avec l'abonnement EDF (30 A ou 63 A). La courbe de réponse et l'atténuation des fréquences des bandes A et B doit être convenable, elle doit être mesurée à courant max de l'installation, c'est-à-dire 30 ou 60 Ampères.
(Des mesures faites à quelques ampères seulement n'ont aucun intérêt).
De tels filtres existent en modules compatibles Rail DIN. Le prix se situe entre 100 et 200 euro (Comme dit l'autre, "Le prix s'oublie, la qualité reste"…).
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Il semble donc, sauf démonstration contraire, que cette affaire de CPL soit un pétard mouillé.
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Il reste le problème de l’usage et de la protection des données recueillies par le compteur Linky et transmises pour exploitation à un ou des destinataires pas toujours bien identifiés, et pour des usages encore assez mystérieux.
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Les données CPL de tous les abonnés alimentés en électricité par la même dérivation du transfo BT du quartier sont « visibles » sur tous les compteurs linky de ces abonnés (Et par quiconque se donnera la peine de se connecter aux fils électriques s'ils sont accessibles), puisqu’il s’agit d’un système de Bus.
Pour éviter ce risque, les données relevées par un compteur Linky sont immédiatement cryptées à l'intérieur même du compteur, avant d'être émises vers le concentrateur.
Le système de cryptage a évidemment reçu l'approbation des organismes officiels.
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Tout système de traitement et de transmission de données numériques cryptées est vulnérable au piratage. La récente actualité a montré qu'aucun système n'est totalement à l'abri des attaques.
La gestion et la transmissions des données Linky n'échappent pas à ce risque, ni plus ni moins que les autres.
S'il fallait condamner ce nouveau compteur à cause de son exposition au piratage, il faudrait également condamner plus de 80% des systèmes numériques actuels.


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Dans la phase actuelle de déploiement, le nouveau compteur se bornera à relever la consommation et à la transmettre avec un pas temporel qui pourra être ajusté en fonction des besoins.
La CRE a recommandé de s'en tenir à un relevé toutes les 30 minutes, mais cette valeur n'est pas immuable.
En fait le pas temporel doit être compatible avec le nombre d'abonnés connectés à une dérivation BT donnée, la quantité de données recueillies chez chaque abonné, et le débit du médium.
La donnée de base mesurée est le courant, et donc la puissance, avec le déphasage entre les deux.
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Ces données permettent au fournisseur d'énergie d'établir l'historique des consommations de l'abonné (Courbes de charge).
Grâce à (Ou à cause de ..) la liaison CPL bidirectionnelle, le fournisseur (ERDF +…..?) , peut modifier à distance le paramétrage du compteur:
- Abonnement.
- Tarification en fonction des tranches horaires.
- Timing de commande du contact sec ( Ce contact alimente, ou non, les bornes du compteur auxquelles on peut raccorder un Cumulus ou autre chose). Cette fonction existe sur tous les compteurs EDF depuis des lustres.
-Etc…
Le fournisseur peut également couper à distance l'alimentation générale de l'installation (çà c'est moins drôle).
Cette fonction ultime est indispensable pour mettre en œuvre un éventuel programme de délestage en cas de pic de demande de puissance à l'échelon régional. Un tel plan nécessite évidemment l'accord préalable formel du client.
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Lorsque la courbe de charge d'un abonné montrera de fréquents et importants dépassements de la puissance souscrite sur des durées conséquentes, il pourra lui être « proposé » un changement d'abonnement, par exemple passer de 6 KVA à 9 KVA, ou de 9 à 12 KVA.
Pour ces clients, cela se traduira par une augmentation de la dépense annuelle, sauf s'il consent à modifier sa courbe de charge en évitant de mettre en marche simultanément plusieurs appareils gros consommateurs, ce qui peut être réalisé en installant un gestionnaire d'énergie..
Certains considèrent cette possibilité comme un abus de pouvoir, voire même un hold-up.
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Mais il faut avoir présent à l'esprit que, dans les années qui viennent (et même déjà aujourd'hui), le problème numéro un de EDF sera de répondre aux pics de demande de puissance. Déjà aujourd'hui, avec une consommation moyenne Nationale correspondant à une puissance moyenne de 60 GW, les pics de demande de puissance atteignent jusqu'à 100 GW, obligeant les producteurs à installer des moyens de production excédentaires qui grèvent lourdement les budgets et impactent le prix du KWh.
Une réduction du pic de puissance de 10 GW permet « d’économiser » 10 centrales de 1000 MW !
D'autre part, l'arrivée de la production éolienne et solaire va créer un nouveau problème, qui est celui de l'intermittence de la production d'électricité de ces sources.
Il deviendra alors impératif, pour éviter le back-out, de pouvoir ajuster la demande à l'offre, ce que permettra le compteur communicant.
Ceci demande, de la part des consommateurs, un minimum de coopération, et cela commence par l'information.
Compte tenu des enjeux énergétique nationaux, cette façon de procéder ne peut que recueillir l'assentiment des consommateurs responsables.
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La capacité de communiquer avec l'abonné permet de faire beaucoup plus de choses.
Ces nouvelles possibilités seront négociées grâce au canal TIC (Télé Information Client).
Les données seront reçues et transmises par une interface intégrée au compteur et disponible sur des bornes accessibles par le client .
Ces bornes font partie de l’espace client.
Aujourd'hui, dans la phase de déploiement du compteur Linky, l'utilisation de cette interface n'est pas obligatoire.
(Elle ne sera d'ailleurs probablement jamais obligatoire, les usagers y viendront d’eux-mêmes, tant les avantages sont importants).
Cependant si , dès maintenant, certains utilisateurs souhaitent utiliser ces nouveaux services, ils ont la possibilité de se raccorder.
La connexion se fait soit par un bus filaire ( paire torsadée blindée SVP), soit par un module Radio ERL ( Emetteur Radio Linky).
Par le canal TIC, on pourra réaliser le téléaffichage des informations du compteur sur un smart phone, une tablette, ou un PC, et le raccordement d'une centrale de gestion énergétique.
Le compteur Linky possède, comme le CBE (Compteur Bleu Electronique), une sortie avec un interrupteur "contact sec" permettant la commutation des appareils qui y sont branchés ( Généralement un cumulus) en fonction de la tarification HP/HC souscrite.
Le Linky apporte (Entre autres) une fonctionnalité supplémentaire avec la possibilité de la commande de sept autres contacts « virtuels » pour réaliser certaines fonctionnalités du "Smart Grid".
Virtuels signifie que le compteur envoie simplement le code, et c’est le gestionnaire d’énergie du client qui lit ce code et actionne le « vrai » contact.
Ces sept contacts correspondent à sept zones du logement, qui pourront être commandées séparément selon le programme de délestage qui aura été préalablement négocié avec le client.
Les sept zones peuvent être par exemple :
- Zone charge de batterie de véhicule électrique.
- Zone lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge.
- Zones 1 , 2 , 3, de chauffage.
- Zone cumulus électrique.
- Autre
La transmissions des ordres depuis la centrale de gestion jusqu'aux différentes zones se fera par les moyens habituels ( Filaire tout ou rien, Bus filaire, Radio, ou CPL).
Il est vraisemblable qu'un système d'accusé de réception et d'exécution des ordres sera demandé.
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Certains abonnés s'opposent à l'installation du compteur communicant, pour une ou plusieurs des raisons alléguées suivantes:
- Le rayonnement électromagnétique du compteur communicant, ou des signaux CPL injectés dans le câblage électrique du logement, induit des perturbations des applications domotiques pré existantes.
- Ce même rayonnement induit chez les occupants du logement des troubles physiologiques liés à l'électro sensibilité.
- Ce nouveau compteur va générer des augmentations des dépenses d'énergie électrique, soit par l'obligation de changer d'abonnement, soit en raison de la méthode de comptage de l'énergie, notamment l'énergie réactive.
- Le télérelevé des données du compteur et leur transmission à un tiers, relève de la violation du droit de propriété des données personnelles.
- Le remplacement des anciens compteurs va générer une dépense considérable pour un intérêt non démontré.
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Il n'est pas dans notre compétence de prendre partie dans cette polémique, qui semble devoir prendre un tour juridique fort éloigné des problèmes techniques qui sont déjà assez compliqués sans qu'il soit nécessaire d'en rajouter.
Quant à l'électro sensibilité, elle concerne tous les domaines d'application des courants électriques de toutes fréquences, de toutes amplitudes, et de toutes formes. Le compteur communicant n'est qu'une application mise en cause parmi beaucoup d'autres.
C'est un problème de santé publique de même nature que la pollution aux particules fines, les nanoparticules dans les médicaments, les additifs alimentaires, les pesticides, les déchets nucléaires, le plomb, l'Amiante, le Radon, le Mercure, le Paraben, les acides gras saturés, le téléphone portable, le tabac, l'alcool, l'obésité, l'automobile, l'Oxyde de Carbone, le CO2, les Oxydes d'Azote, et certainement quelques autres…
Tous nécessitent la même attention. La difficulté dans cette lutte est de résister à l'envie de jeter le bébé avec l'eau du bain.

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Note 1:
L’expérimentation du compteur Linky a porté sur 300 000 installations.
Il est probable, en tout cas cela aurait dû être le cas, que dans ce lot se trouvaient plusieurs dizaines de milliers de logements équipés d’applications domotiques, même simples, faisant usage de CPL.
L’expérimentation a donc nécessairement été confrontée au problème de coexistence entre le compteur Linky et les applications CPL courantes des logements concernés.
Le rapport de la CRE (Cité plus haut) ne comporte aucune allusion à des problèmes de compatibilité avec les installations existantes.
Sans objet ? Négligence ? Oubli ? Dissimulation ?
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Note 2:
Le document ERDF-NOI-CPT-54 E / Version V1 du 15/10/2014
Précise les caractéristiques des signaux TIC (Information Client) disponibles sur les bornes du boîtier de raccordement accessible au client.
Il s'agit d'une sortie asynchrone classique de type Filaire, dont les caractéristiques sont issues de la norme EURIDYS.
Les signaux peuvent être transmis sur un Bus filaire constitué d'une paire torsadée simple avec écran Aluminium et conducteur de drain raccordé à la Terre.
Il n'est pas question d'une sortie CPL; il est possible que EDF n'ait pas voulu se confronter à la jungle CPL des réseaux privés domestiques.
(Ce que l'on ne peut qu'approuver, eu égard à la confusion qui y règne).
Il appartient au client de décider soit d'utiliser la sortie TIC sur Bus filaire blindé, soit d'ajouter un module ERL (Emetteur Radio Linky) dont il existe des modèles homologués dans le commerce, afin de se connecter au Linky par des moyens radio ( Smart phone, tablette, WiFi, BlueTooth,…).
Il y a une petite place dans le boîtier du Linky, dans laquelle on peut insérer le module ERL homologué.
Ce module est en vente dans les bonnes maisons pour quelques dizaines d'euros.
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Note 3:
La mise en œuvre d'un réseau CPL est libre dès lors qu'il se situe derrière un compteur privé,
"sous réserve qu'il n'entraîne aucune nuisance à autrui, auquel cas le matériel doit être retiré".
C'est la réglementation.
La norme pour les transmissions CPL bas débit et bande étroite est la version IEEE 1901-2-2013. Elle est développée pour intégrer les fonctionnalités du Smart Grid , et comporte des passerelles pour assurer un niveau suffisant d’interopérabilité avec les applications déjà existantes.


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Nous avons essayé de faire un point aussi impartial que possible en restant dans le domaine technique et en évitant soigneusement les domaines de l'ésotérisme et/ou de la paranoia.
Toutes informations complémentaires, ou rectifications, sont bienvenues, à conditions d'être accompagnées des références ou des explications techniques.

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 10:43

27 Mars 2016
Les batteries au Lithium des voitures électriques sont des objets de haute technologie qu'il faut entourer d'un soin extrême.
Rien à voir avec la batterie de Grand Père à base de Plomb et d'un peu d'eau acidulée. Constituée de six éléments de deux volts en matériaux grossiers disposés en série, ces "vieilles" batteries ne nécessitent aucun entretien et sont très tolérantes quant aux conditions de charge et de décharge. Leur prix, fort modeste, en fait des accessoires jetables.
Avec le Lithium, fini de rire, nous allons le voir ci-après.
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Pour créer un marché de masse de la voiture électrique, la plupart des grands constructeurs se sont fixé l'objectif du moyen de gamme, qui correspond à la plus forte demande.
Compte tenu de l’état de l’art en matière de batterie, et surtout du prix, les ambitions se sont limitées au départ à des modèles de puissance relativement modeste, environ 80 KW (100 CV) .
Ce type de voiture, équipé d’un moteur thermique, consomme environ 60 KWh aux 100 Km (6,7 L de super/100).
(Le PCI du SP est de 9 KWh/L).
Le rendement global, du réservoir à la roue, est en moyenne de 25%, l'énergie "utile" est donc de 15 KWh/100 Km.
Ce qui donne au véhicule une autonomie de 800 Km avec un petit réservoir en tôle de 55 Litres.
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La même voiture, équipée d'une propulsion électrique, aura toujours besoin de 15 KWh à la roue pour faire 100 Km, mais le rendement du réservoir (Batterie) à la roue sera bien meilleur, au moins 85% avec la récupération d'énergie au freinage.
Pour transmettre 15 KWh à la roue, il faudra donc dépenser "seulement" 18 KWh au lieu de 60 KWh en "thermique".
Par contre, pour égaler l'autonomie du modèle thermique, il faudra un "réservoir", en fait une batterie, d'au moins 144 KWh .
Et de plus, Contrairement à un réservoir d'essence, une batterie au Lithium ne doit jamais être déchargée en-dessous de 10% de sa capacité max, sous peine d'altérer ses performances et sa durée de vie.
La batterie capable de fournir 144 KWh effectifs doit donc avoir une capacité nominale de 160 KWh.
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Dans la technologie actuelle des batteries Lithium, et en adoptant le meilleur compromis Puissance/Capacité, une telle batterie pèserait 1 350 Kg !! Et son prix serait indécent.
De plus il faudrait une puissance motrice beaucoup plus importante pour "Bouger" la voiture devenue un poids lourd, ce qui augmenterait la consommation...
A la fois pour des raisons de surcharge et de coût déraisonnables, il faut donc renoncer à l'autonomie de 800 Km si l'on veut s'attaquer au moyen de gamme, ce qui est un handicap évident pour le véhicule électrique.
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Exit donc la batterie de 160 KWh pour la voiture moyenne à 20000 euros.
(Attention, Il en sera peut-être autrement dans dix ans* car la technologie des batteries aura progressé).
* Peut-être même avant.
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Mais alors, quelle batterie aujourd'hui pour notre voiture moyenne ?
Puisqu'il faut rester raisonnables, le choix sera dicté par la raison:
Dans le cahier des charges de la voiture électrique populaire, établi il y a dix ans, il était précisé que la batterie doit être rechargeable au domicile en huit heures environ sur une installation domestique, sur une prise 20 A type appareil de cuisson.
(Prise dédiée, protégée, raccordée directement au compteur monophasé et câblée en 4 mm2 SVP).
Une telle prise peut fournir sans peine 3,5 KW, permettant de charger en huit heures une batterie de 30 KWh.
( Il faut laisser un peu de mou au compteur 6 KVA afin qu'il puisse alimenter en même temps un cumulus par exemple).
Une telle batterie Lithium 30 KWh, de techno actuelle conçue pour l'automobile, induit un surpoids de 300 Kg environ
(la batterie elle-même, les supports renforcés, le bac, le système de gestion).
Donc, à la fois pour limiter la surcharge en poids, pour rester dans un domaine de prix acceptable, et pour avoir la possibilité de charger en huit heures au domicile, le compromis s'est établi à 30 KWh.
Ce qui donne une autonomie théorique d'environ 200 Km à notre voiture de référence.
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A propos d'autonomie.
L'autonomie pratique dépendra beaucoup de la manière de conduire, du chargement (Passagers, bagages), des conditions météo (Vent, froid, chaleur, nuit), et du profil de la route. Sur autoroute la récupération d'énergie au freinage est nulle et l'on est davantage tenté de rouler à 130 qu'à 90. Si en plus, c'est l'hiver et qu'il fait nuit, le chauffage et l'éclairage entameront sérieusement la réserve d'électricité.
Il faudra alors s'accommoder d'une autonomie réduite parfois à seulement 100 Km.
Et il n'est évidemment pas question de tracter une caravane…
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Cette solution ne peut donc être que provisoire, en attendant des batteries plus légères et de plus grande capacité.
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Le compromis Puissance/Capacité.
Dans une batterie Li-ion, les ions sont stockés dans l'une ou l'autre électrode et circulent de l'une à l'autre. La capacité énergétique spécifique de la batterie est d'autant plus grande que la structure poreuse des électrodes est capable d'en accueillir beaucoup.
Mais plus les ions sont enfouis profondément dans le matériau poreux, et plus ils sont difficiles à extraire, donc plus faible sera le courant max disponible, et donc la puissance max.
La batterie doit fournir à la fois la réserve d'énergie (Capacité en KWh) et la puissance (KW, liée au courant maximal) pour le moteur.
Or ces deux "qualités" ne peuvent être obtenues ensemble, du moins dans la technologie du moment.
Pour un certain poids de matière active (Electrodes) on a au choix soit une capacité importante mais avec un faible courant max, soit l'inverse.
Comme la batterie doit fournir les deux, il faut accepter un compromis.
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Où en est la technologie ?
Pour sortir de ce conflit puissance/capacité il y a deux voies:
- Rechercher des matériaux et des structures d'électrodes permettant à la fois d'accueillir beaucoup d'ions et de les libérer rapidement.
- Séparer les fonctions de réserve d'énergie et de puissance.
La batterie est alors optimisée pour avoir la capacité spécifique la plus grande possible, son courant max étant adapté à la puissance moyenne demandée. Les pointes de courant correspondant à une demande momentanée de forte puissance sont alors fournies par un super condensateur qui vient "épauler" la batterie.
Cela permet, pour un même poids, d'avoir une capacité énergétique plus importante et donc d'améliorer l'autonomie.
Un seul inconvénient: le prix.
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Le compromis actuel.
Avec la technologie Li-ion du moment, le compromis choisi s'est établi à 400 V et 200 A de courant max, pour avoir 80 KW de puissance motrice, correspondant à la puissance de la voiture moyenne prise pour référence.
Etant entendu que, plus tard, lorsque la technologie des batteries aura évolué, un autre compromis sera possible, avec des capacités de batteries plus importantes.

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Pour obtenir 400 V, on dispose en série une centaine de blocs de 3,7 V, chaque bloc étant constitué d'une dizaine de cellules élémentaires connectées en parallèle afin de limiter le courant traversant chaque cellule (Montage série-parallèle).
On peut donc trouver plusieurs centaines de cellules élémentaires dans une batterie Li-ion de voiture.
La charge et la décharge de ces cellules doivent être équilibrées sous peine de conduire à la destruction de la batterie, voir même à son explosion en cas d'emballement thermique. Chaque cellule est équipée d'un dispositif d'équilibrage et de mesure de la température.
La tension minimale de fonctionnement d'une cellule est de 3 V. La tension maximale à ne pas dépasser est de 4,2 V. Ces seuils de tension doivent être surveillés, pour chaque cellule, avec une précision de +/- 0,05 V.
Les valeurs de seuils sont légèrement variables d'un constructeur à l'autre. Elles doivent être respectées scrupuleusement sous peine, au mieux, de détériorer la batterie, et au pire de la faire exploser.
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La charge d'une batterie Li-Ion.
La charge de ce type de batterie doit s'effectuer en trois temps:
Une première phase dite de "récupération", si la tension de batterie est inférieure à 3,2 V (Par élément), c'est-à-dire si elle est déchargée en-dessous des fameux 10%. Durant cette phase le courant de charge est faible et ne sert qu'à régénérer les éléments.
Cette phase est incontournable, elle peut avoir une certaine durée si la batterie présentée n'est pas au mieux de sa forme.
Lorsque la tension a atteint le seuil de 3,2 V par élément, la seconde phase est enclenchée.
Cette seconde phase est à courant constant (A peu près constant), qui peut être de valeur élevée. La valeur est choisie à 1C ou 2C selon les spécifications constructeur ( "C" est la valeur du courant correspondant à la capacité exprimée en Ah).
Bien sûr, si on a le temps on peut utiliser un courant plus faible (mode charge lente).
La durée de cette seconde phase doit correspondre à environ 80% de la charge.
La tension correspondant à un remplissage à 80% est le signal d'arrêt de la seconde phase.
Ensuite, pour éviter de détériorer les cellules, il faut terminer la charge à courant décroissant.
Cette troisième phase se déroule donc à tension constante et courant variable décroissant jusqu'à zéro, pour fournir les 20% de charge finale. Cette phase dure une heure ou deux.
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En mode charge rapide, la troisième phase n'est pas effectuée par définition, et donc la batterie ne reçoit que 80 % de sa capacité.
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Qui surveille et gère la charge ?
En pratique, on ne peut pas exiger de la borne de charge qu'elle assume la totalité de la gestion de la charge pour tous les types de batteries qui se présentent, et, pour chaque batterie, qu'elle connaisse son état de charge, son état de santé, etc…
Cette gestion est assurée par le véhicule lui-même, qui dispose d'un système dit "BMS" (Battery Management System) chargé d'assurer les fonctions suivantes:
- Protection des cellules.
- Contrôle de la charge.
- Equilibrage des cellules.
- Etat de santé des cellules.
- Gestion de l'énergie.
- Etat de charge.
- Gestion thermique du pack.
Lorsque le câble de charge de la borne est connecté à la voiture, le BMS transmet toutes ces informations à la borne de charge, qui est censée en tenir compte pour faire ce qu'on lui demande.
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Pour effectuer une charge dite "rapide", définie comme une recharge à 80% en 30 minutes, le courant devra être de 120 A, c'est-à-dire 1,6 C (Dans notre batterie de 30 KWh).
(120 A x 400 V = 48 KW, soit 24 KWh en ½ Heure)
Une batterie n'est pas capable de supporter n'importe quelle valeur de courant de charge. Le BMS informe la borne de charge rapide de la valeur max de courant admissible pour la batterie qui vient d'être connectée.
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Bornes de charge rapide.
Les bornes standard de recharge rapide des autoroutes sont actuellement dimensionnées pour fournir un maximum de 50 W, compatible avec la charge à 80% en trente minutes d'une batterie de 30 KWh.
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La tentation d'augmenter la capacité des batteries.
L'autonomie théorique de 200 Km obtenue avec une batterie de 30 KWh, se réduit beaucoup dans des conditions difficiles (Véhicule chargé, autoroute, conditions hivernales, conduite de nuit, etc..), jusqu'à moins de 100 Km.
Les constructeurs, conscients de ce problème, savent bien que, pour circuler sur routes et autoroutes, les voitures électriques devront être équipées de batteries plus importantes, au moins 60 KWh dans un premier temps.
(En associant éventuellement une batterie de forte capacité avec un super condensateur qui fournira les pointes de puissance).
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L'insuffisance des bornes actuelles.
Les bornes actuelles peuvent délivrer une puissance de 43 KW max ou 50 KW max ( Standard européen).
Ce standard correspond à la possibilité d'une charge dite "rapide" de 22 à 25 KWh en 30 minutes, soit la charge à 80% d'une batterie de 30 KWh environ.
C'est très bien, mais c'est compter sans les progrès de la technologie. Nous avons vu qu'il y a une très forte pression pour augmenter la capacité des batteries afin d'obtenir une autonomie décente.
Le couplage d'une batterie et d'un super condensateur permettra rapidement d'atteindre 60 KWh de réserve énergétique .
Les bornes de recharge rapide au standard actuel ne seront alors plus en mesure de fournir la puissance nécessaire, le temps de recharge à 80% passera à une heure au lieu de trente minutes.
D'importants problèmes de files d'attente seront à gérer…
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Attention à la charge partielle des batteries.
Les bornes de recharge rapide ne prennent donc en charge que les deux premières phases du cycle, correspondant à 80% de la capacité de la batterie.
La capacité minimale à conserver pour préserver la batterie est par ailleurs de 10%.
La capacité réellement disponible après chargement est donc de 70 % seulement de la capacité nominale lorsque l'on utilise le régime de recharge rapide, sur autoroute par exemple.
Dans ce cas, l'autonomie est réduite d'autant, il y a lieu d'en tenir compte après passage à une borne rapide.
Le remplacement des batteries de 30 KWh par des 60 KWh paraît logique, compte tenu de ce qui vient d'être dit, à condition de revoir les spécifications des bornes de recharge rapide, car leur puissance devra être doublée.
Le choix est cornélien:
Une capacité plus importante de batterie conduit à une autonomie augmentée, mais le temps de rechargement est augmenté en rapport. On s'arrête moins souvent, mais plus longtemps.
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Quid des modèles haut de gamme ?
Nous n'avons parlé "que" des voitures de milieu de gamme, qui devront se contenter d'un moteur de 80 KW malgré une surcharge de 300 Kg qui pénalisera lourdement les performances du véhicule.
(Chacun a pu vérifier combien les performances d'une voiture moyenne sont dégradées en fonction de la charge).
Les usagers familiers des longs parcours accepteront difficilement de conduire un véhicule aux performances poussives, tout en ayant malgré tout l'obligation de s'arrêter tout les cent kilomètres pour recharger la batterie, et devoir subir des files d'attente.
L'électrification des modèles de haut de gamme, indissociables d'une motorisation élevée pour des performances de haut niveau, reste un problème non résolu. L'accueil réservé à la Tesla S sera instructif à ce sujet.
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Qu'en pense EDF ?
Aujourd'hui il y a donc deux problèmes, en forme de pierres d'achoppement, à résoudre pour permettre le déploiement du véhicule électrique non bridé:
Le premier est la capacité spécifique énergétique de la batterie, encore beaucoup trop faible.
Le second est la recharge des batteries.
Les bornes de recharge prévues pour équiper nos autoroutes, et dont l'installation a débuté, ne sont pas prévues pour la charge rapide de batteries de capacité supérieure à 30 KWh.
Par ailleurs, l'augmentation éventuelle (Non envisagée aujourd'hui) de la puissance des bornes, conduirait à des appels de courant sur le réseau ERDF qui poseraient des problèmes de gestion de l'équilibrage de ce réseau.
Il deviendrait alors nécessaire d'équiper les installations de charge de moyens de production électrique indépendants (Eolienne ou panneaux solaires) associés à des moyens locaux de stockage d'électricité.
(Tesla, qui propose des voitures équipées de batteries de 85 KWh et plus, installe ses propres bornes de recharge dont la puissance atteint 150 KW, et prévoit de les équiper de panneaux solaires).
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La voiture électrique ne pourra sortir des limites de l'agglomération pour "prendre la route" que si ces deux problèmes reçoivent des solutions publiques acceptables.
Et nous en sommes encore très loin.
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Au secours, les nouvelles batteries arrivent.
La « menace » de l’augmentation de capacité des batteries a cessé d’en être une. Ces nouvelles batteries sont là, plusieurs constructeurs ont présenté des modèles.
Chevrolet, avec la Bolt, propose une solution avec une batterie de 60 KWh pesant « seulement » 435 Kg.
Equipée d’un moteur de 150 KW (200 CV), la voiture est annoncée pour une vitesse max de 146 Km/h et une accélération de 0 à 100 Km/h en moins de 7 s.
L’autonomie serait de 320 Km, à suivre.
( Le prix annoncé est plutôt haut de gamme mais très en-dessous de la Tesla).
L’objet serait introduit en Europe assez rapidement.
Il s’agit d’un modèle plutôt haut de gamme, de situant nettement au-dessus du modèle de référence dont nous avons parlé .
Les constructeurs européens sont évidemment tenus de suivre cette évolution sous peine de risquer de perdre des parts de marché si chèrement gagnées.
La course à l'échalote est commencée, les bureaux d'études sont en ébullition, aucun constructeur n'est à l'abri d'un faux pas. Il faudra choisir entre un conservatisme condescendant et une prise de risque audacieuse.
Entre la Bluecar et la Tesla S, le curseur devra être placé au bon endroit.

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Que devient le réseau de bornes de recharge dans cette révolution ?
Petit problème, comment charger en 30 minutes une batterie de 60 KWh ?
Réponse: en allant chez Tesla quémander la faveur de se connecter à leurs bornes.
Comme rappelé plus haut, les bornes de charge rapides homologuées au standard européen sont conçues pour les « anciennes » batteries de 30 KWh.
Une batterie de 60 KWh branchée sur une telle borne ne pourrait être rechargée à 80% qu'en une heure, ce qui n'est plus tout à fait une charge rapide.
D'autre part des conflits de file d'attente pourraient survenir avec des délais allongés.

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La charge à domicile d’une batterie de 60 KW.
Une charge partielle sera toujours possible avec la prise classique de 20A.
Une charge plus énergique exigera un équipement spécial et un abonnement EDF plus important ( Prise de 32 A pour 7 KW).

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Quel prix pour le carburant électrique ?

Dans l'imaginaire du consommateur, le prix de l'électricité est celui qui est facturé au domicile, au fameux "tarif public réglementé de l'électricité", entre 12 et 14 centimes TTC le KWh.
Il se trouve que 14 centimes, c'est également le prix du KWh vendu à la station service sous forme de Supercarburant.
( Un litre de super contient 9 KWh d'énergie).
La similitude de ces deux indices contribue à faire du KWh une denrée dont le prix se situe autour de 14 centimes, dans l'esprit du consommateur.
Le KWh électrique au même prix que le KWh de super, voilà qui est surprenant. IL n'y aurait donc aucun intérêt à rouler électrique ?
En fait, l'intérêt se trouve dans la différence des rendements énergétiques: 25% pour le moteur thermique, contre 85% pour l'électrique.
Le KWh est au même prix, mais on en consomme 3,5 fois moins avec le moteur électrique.
(Pour faire 200 Km, il faut 17 euros de super, alors qu'il ne faut que 5 euros d'électricité).
L'intérêt financier pour l'usager est évident, mais à une condition: que le prix du KWh électrique reste égal à celui du KWh de super.
Or rien n'est moins sûr. Il suffirait d'un changement du taux de TICPE ou du prix du baril pour détruire cette équivalence.
Aujourd'hui en tous cas, rouler électrique coûte 3,5 fois moins cher que rouler au super, à condition de charger la batterie au domicile pour bénéficier du tarif réglementé.
(Pourvu que çà dure…)
Par contre cela risque d'être différent sur route ou sur autoroute, où le prix de l'électricité devient libre.
Pour des raisons historiques de paix sociale, le tarif domestique réglementé de l'électricité est inférieur au prix de revient. Comme il est interdit de vendre à perte, le manque à gagner est reporté sur le secteur professionnel, auquel appartiennent les installations de recharge publiques.
Le prix pratiqué par ces stations n'a donc aucune raison d'être référencé au tarif public domestique règlementé.
D'autre part ces installations de charge sont des entreprises comme les autres, avec leurs charges d'exploitation, leurs investissements, leurs charges salariales, leurs impôts, leurs frais financiers, leurs marges, leurs coûts de matière première, etc.
La matière première étant les MWh achetés à un fournisseur agréé, ces MWh n'étant qu'un des éléments du prix de revient.
En effet, une station de charge ne vend pas de l'électricité, elle vend un service de recharge de batteries.
Le prix du service de charge d'une batterie sera donc à la discrétion du fournisseur du service exploitant les bornes des IRVE ( Installations de Recharge de Véhicules Electriques).
Ce prix s'établira dans un contexte concurrentiel.
Par ailleurs la taxation de cette électricité n'a fait l'objet d'aucune communication du Gouvernement. Le montant de la TICPE et de la TVA restent à fixer, ainsi que le mode d'application.
Le mode de facturation du service n'est pas défini. Entre le prix au KWh , le prix au temps passé, ou le prix à la session, tout reste à définir.
Il est donc impossible, aujourd'hui, d'avoir ne serait-ce qu'une idée approximative du prix du KWh qui sera vendu aux bornes de charge rapide.
Le marché sera ouvert, donc en principe concurrentiel.
Cependant, le nombre de stations étant très limité, comme l'autonomie des voitures, il sera très difficile de faire jouer la concurrence. Lorsque le niveau de batterie sera proche du zéro, il ne sera pas question d'aller voir plus loin si la concurrence est moins chère, la première station devra faire l'affaire, même si elle est plus chère que les autres.
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La seule référence de prix clairement disponible sur le net est celle du projet SODETREL .
L'abonnement minimum est de 2 euro par mois, pour une utilisation occasionnelle, avec un prix de 3 euro les 15 minutes. Dans le cas d'une borne 43 KW, l'énergie transférée en 15' est de 11 KWh, ce qui correspond à un prix unitaire de 0,27 euro TTC le KWh.
(Déjà le double du tarif domestique, …)
Pour les gros rouleurs les prix sont plus faibles.
L'autre proposition clairement exprimée est celle de Tesla, qui installe son propre réseau de distribution et fournit gratuitement l'électricité à ses clients.
Entre ces deux extrêmes, le client devra faire son marché…
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Et les taxes ?
Le passage à l'électricité représente un progrès dans la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution. Ce progrès bénéficie à l'acquéreur de la voiture, mais aussi à l'ensemble de la population, et contribue à l'indépendance énergétique.
Il est donc juste de "récompenser" l'acheteur d'un tel véhicule, et d'encourager les hésitants.
Aujourd'hui cet encouragement prend la forme d'une prime substantielle à l'achat.
Il serait logique d'étendre cet avantage à l'achat du carburant électrique, particulièrement s'il s'agit d'électricité verte.
Les carburants pétroliers supportent la TICPE, qui est de 0,61 euro par litre de SP.
Nous avons vu qu'à une consommation de super de 6,7 L correspond une consommation d'environ 18 KWh pour une voiture électrique.
Le transfert intégral de la TICPE sur l'électricité se traduirait par une taxe de 0,22 euro/KWh.
0,27 + 0,22 = 0,49 .
Il apparaît clairement dans ce cas que les gros rouleurs n'auraient aucun intérêt à rouler électrique.
Les prix du carburant électrique vendu sur routes et autoroutes, et la taxation, sont donc à surveiller attentivement avant de se lancer dans un achat.
_________________________
A suivre…

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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 09:43

21 Mars 2016

Dès l'origine des transports automobiles le pétrole s'est établi maître du jeu.
L'absence totale de concurrence d'autres produits lui a permis d'être et de rester la seule référence économique en matière de coûts d'exploitation pour le carburant, qu'il s'agisse des entreprises professionnelles de transport, ou des particuliers.
La tentative récurrente de remplacer le pétrole par de l'électricité dans les transports n'a jamais été couronnée de succès, eu égard aux problèmes persistants d'autonomie.
Notre société, dite libérale à économie capitalistique, place le prix et la rentabilité financière en tête des critères de choix face à plusieurs solutions offrant des services comparables.
Toute tentative d'innovation en matière de carburants nouveaux devra donc d'abord apporter la preuve de sa capacité à concurrencer le pétrole en matière de coût énergétique, avant d'être considérée comme un challenger possible, et avant de considérer ses autres avantages.
Les critères tels que l'indépendance énergétique, la lutte contre le réchauffement climatique, la réduction des émissions polluantes, la préférence nationale, la création d'emplois, etc, ne sont spontanément considérés qu'en arrière-plan et assez loin derrière le coût spécifique énergétique, dont la référence reste le pétrole.
Dans ces conditions, seules des mesures incitatives financières, ou réglementaires contraignantes, sont en mesure de modifier l'ordre des critères de choix.
(Pour rester dans la vraisemblance, l'option "abandon de l'économie capitalistique" n'est pas ici envisagée).
La référence du coût du carburant dans les transports reste donc le baril de pétrole.
Pour être crédible, c'est-à-dire réussir ses levées de fonds, toute stratégie de développement d'un carburant de substitution (Ou de tout autre produit) doit établir un "Business plan" à partir duquel les investisseurs prendront leur décision.
Ce business-plan comprend évidemment, entre bien d'autres choses, une analyse du marché, un plan de croissance, un bilan de rentabilité.
S'il s'agit de fournir un service déjà existant (Par exemple un carburant pour les transports), le prix du service devra supporter la concurrence déjà en place, en l'occurrence le pétrole, dont le prix devient la référence.
(Par "prix du service" il faut entendre non seulement le prix du carburant lui-même, mais également toutes les modifications nécessaires à la mise en œuvre du nouveau produit, comme les moteurs, le réseau de distribution, etc…).
Malheureusement, Le prix du baril de brut est une donnée fluctuante imprévisible.
Au cours des deux dernières décennies ce prix a évolué entre trente et cent dollars, souvent à l'opposé des indications des prévisionnistes, et au gré des crises financières et/ou des bouleversements géopolitiques.
Construire un "business plan" sur une référence de prix totalement imprévisible à moyen terme est une démarche très risquée, et les investisseurs n'aiment pas les risques.
Qui ira investir des centaines de millions de dollars dans des recherches et des développements industriels avec des prévisions de prix de marché dignes de Mme Irma ?
En matière de biocarburants, les Etats, la Communauté Européenne, ou les sociétés à participation des Etats, doivent donc se substituer au capital privé pour financer la recherche, les études de faisabilité, et les démonstrateurs ou chaînes pilotes.
Les plannings de ces travaux sont en général très longs, au moins une dizaine d'années, sans pour autant être assurés d'obtenir un prix de revient du produit en rapport avec le prix du pétrole au moment d'entrer sur le marché.
S'il s'avère, lors de la mise sur le marché, que le produit de substitution est notablement plus onéreux que le pétrole, et que ses avantages mis en valeur ne suffisent pas à créer spontanément la demande, l'Etat doit alors se substituer au marché en créant les conditions fiscales et réglementaires de nature à favoriser le nouveau produit.
Si tel s'avère être le cas pour le Bioéthanol de seconde génération par exemple, qui peut entrer en phase industrielle à partir de 2020, l'Etat disposera des leviers de la TICPE et de la taxe Carbone, et pourquoi pas la CSPE, pour rendre possible la substitution, comme ce fut fait dans le passé avec la TIPP, et encore aujourd'hui, pour favoriser le diesel par rapport à l'essence.
Aujourd'hui le prix du pétrole dépend des états d'âme de quelques émirs, de soubresauts géopolitiques incontrôlables, et de manipulations du marché par les grandes compagnies.
Demain, non seulement les carburants seront renouvelables mais, grâce à des filières de production moins exposées aux aléas politiques et financiers internationaux, leur prix ne sera plus exposé à subir les variations indexées sur les sautes d'humeur des marionnettistes de la world company.
l'Ethanol de seconde génération constitue l'alternative écologique au supercarburant.
(L'Ethanol de première génération est à oublier, il est dans le collimateur de l'ONU car il est fabriqué à partir de produits alimentaires).
La deuxième génération n'est pas encore industrialisée.
Le biocarburant doit être fabriqué, contrairement au pétrole qui est un produit naturel.
Les procédés de fabrication mis au point au cours de recherches longues et coûteuses, feront l'objet de dépôts de brevets et les licences des plus efficaces se vendront à prix d'or.
Il est donc essentiel, pour un pays qui souhaite conserver son indépendance et économiser ses deniers, d'être propriétaire de procédés et de brevets de fabrication du précieux élixir.
Les compagnies qui ont établi leur richesse sur le pétrole, sont évidemment les premières intéressées à développer un savoir-faire et à le protéger par des brevets sur la fabrication des biocarburants.
En France de tels travaux sont conduits par exemple sous l'égide du projet "FUTUROL" supporté par le consortium "PROCETHOL 2G" qui réunit 11 entreprises de recherche (IFPen, INRA ) et des industriels comme TOTAL.
Ce projet, démarré en 2008, arrive à la phase de démonstrateur industriel ( 2015-2016). La mise en production est prévue entre 2016 et 2020, sur un site de Bucy dans l'Aisne, avec un objectif de 180 millions de litres par an.
Cette activité permettra d'évaluer la capacité du Bioéthanol à concurrencer le pétrole sur le marché libre, ou bien s'il sera nécessaire de faire appel à la taxation différentielle pour évincer la sainte huile.
Avec un brut à 40 euro le baril, le prix de revient du litre de super, est de 45 centimes.
(25 ç de pétrole, 10 ç de raffinage, 10 ç de marge).
Le prix à la pompe passe à 1,25 euro en ajoutant les taxes.
(TICPE : 60 ç, et TVA).
Le PCI du Bioéthanol est inférieur à celui du super, la consommation de la voiture sera augmentée d'environ 15%, ce qui réduit d'autant le prix acceptable au litre.
On peut supposer que le bioéthanol sera dispensé de TICPE et n'aura à supporter que la TVA, auquel cas sont prix de revient ne devrait pas dépasser 0,90 euro/L pour concurrencer le pétrole à la pompe, en tenant compte de l'augmentation de consommation.
Bien sûr, si le cours du baril remonte à 100 euros, la marge de manœuvre sera améliorée.
L'objectif de prix de revient du Bioéthanol est donc d'environ 0,90 euro/L dans le contexte actuel du baril de brut à 40 euro et dans l'hypothèse d'une dispense de TICPE.
Pour un pétrole à 100 euro le baril, ce prix de revient acceptable pourrait passer à 1,35 euro/L.
Mais faut-il souhaiter un retour à la crise pour voir le pétrole remonter ?
Ce qui vient d'être dit à propos du Bioéthanol vaut également pour le biocarburant diesel, et le Biogaz.
Avant de disparaître, s'il disparaît un jour car les opinions sont partagées à ce sujet, le pétrole restera maître du jeu économique, tant est grande sa suprématie dans la technologie qui supporte nos sociétés.
La chute du cours du baril est un mauvais coup contre la transition énergétique. Son maintient durable à un bas niveau pourrait compromettre de nombreux programmes de développement d'installations de production d'énergie durable, particulièrement les biocarburants.
Le recours à la taxe Carbone (Ou à un équivalent) serait alors nécessaire pour provoquer une reprise.
En France, la "composante Carbone" incorporée aux taxes existantes est de 22 euro/tonne CO2, correspondant à environ 3,5 centimes par litre de carburant.
Donc totalement inefficace pour inciter au basculement vers les biocarburants.
Compte tenu du montant exorbitant des taxes déjà supportées par les carburants pétroliers, il semble bien difficile d'en augmenter encore la valeur.
Heureusement, il reste toujours la possibilité de réduire les taux de TCPE et de TVA appliqués aux biocarburants…

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 12:23

17 Mars 2016
L'enseignement de la logique était autrefois la porte étroite par laquelle devait passer l'étudiant prétendant accéder au monde des mathématiques. La clef de voûte du système était la règle de trois, au nom de laquelle de nombreuses baguettes furent brisées sur les doigts des élèves plus portés sur la pensée magique que sur le raisonnement cartésien.
Cette logique primaire n'a plus cours. Nous vivons désormais dans un monde quantique, lequel est régi par une logique plus subtile et des règles surprenantes.
Le principe d'exclusion et son confrère le principe d'incertitude ont remplacé la règle de trois.
L'expérience virtuelle du chat de Schrödinger, à la fois vivant et mort, illustre bien l'aspect déroutant de la nouvelle logique.
Ce dernier cas a manifestement fortement influencé Madame la Ministre, qui en a fait une règle de vie.
Elle a surtout retenu qu'une proposition pouvait être à la fois vraie et fausse tant qu'on n'y regarde pas de trop près.
(C'est-à-dire tant que l'on n'ouvre pas la boîte du chat…)
Par exemple, prenons au hasard la politique de la France concernant l'énergie électrique.
La stratégie officielle répétée moult fois par le Gouvernement et réitérée récemment par Mme la Ministre, tient en quelques lignes:
- Réduire la consommation d'électricité.
- Réduire la part de l'électronucléaire de 75 % à 50%.
- Maintenir la puissance électronucléaire à sont niveau actuel de 63,2 GW.
Selon la nouvelle logique, cette proposition en trois points est à la fois vraie et fausse tant que l'on s'abstient de la vérifier par des mesures.
Elle est donc parfaitement orthodoxe du point de vue quantique.
D'ailleurs les médias, férus de physique quantique comme chacun sait, n'ont rien trouvé à redire à de tels propos, ce qui nous garantit leur orthodoxie.
Seul un étudiant attardé, demeuré fidèle aux anciens rites, a cru devoir scruté ces propositions à l'aune de la logique de papa.
Il s'est simplement demandé naïvement comment l'on pouvait à la fois réduire la consommation globale d'énergie électrique, et réduire la part de l'électronucléaire de 75% à 50%, tout en conservant le niveau de puissance de ce même électronucléaire.
Une simple règle de trois (celle de Grand’papa) montre qu’un parc électronucléaire de 63,2 GW correspond à une production annuelle de 470 TWh avec un facteur de charge même modeste de 85%.
Un autre appel à cette règle simpliste montre que, si cette production correspond à 50% de la production électrique totale, cette dernière est alors de 940 TWh.
Ce qui représente une augmentation de 88% par rapport à la production actuelle.
Exactement le contraire de la réduction annoncée par la Ministre.
Notre étudiant se trouve alors plongé dans un abîme de perplexité. La Ministre aurait-elle fait cette annonce après avoir abusé de substances illicites ? Impensable.
Il doit y avoir un truc.
L'échec de sa réflexion l'a conduit à envisager une autre approche du problème.
La physique moderne (dont il a quand même entendu parler) enseigne que la mesure d'un système perturbe ce système et en modifie les composantes.
Bon sang, mais c'est bien sûr, là est la solution.
La consommation électrique, la part du nucléaire, et la puissance des réacteurs constituent le système offert à notre sagacité.
En physique quantique, le fait de chercher à comprendre l'intrication des composantes entraîne une modification du système, qui se réarrange différemment.
En l’occurrence, après examen des déclarations de Mme la Ministre, et réarrangement quantique, il faut lire:
- Consommation globale d'électricité augmentée de 25%.
- Part de l'électronucléaire inchangée à 75%.
- Production nucléaire augmentée de 15%.
Il en a qui s'indignent de l'inaptitude des politiques à tenir leurs promesses.
Ils n'ont rien compris. Ces distorsions ne sont qu'un effet des lois de la physique quantique.
On ne s'étonnera plus de voir un Président appliquer un programme contraire à celui pour lequel il a été élu. Il n'y a aucune malice à cela, c'est simplement l'effet conjugué des principes d'exclusion et d'incertitude auxquels on ne peut échapper.
Le simple contrôle de l'exécution du programme voté suffit à en perturber le contenu, généralement dans le sens opposé.
Tenez-en compte lors des prochaines élections, vous aurez plus de chance de voir votre programme appliqué en votant pour le candidat qui soutient le programme contraire…
On vous le dit, c’est quantique.

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