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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 19:03

23 Novembre 2011

En ces temps de disette financière, entretenir une danseuse est assez mal vu. Aussi tous les argentiers, y compris ceux de la Communauté Européenne, sont attentifs à débusquer les divas dispendieuses susceptibles d’entretenir les fuites du tonneau des danaïdes.

A ce titre, le projet ITER a retenu l’attention par son exubérance budgétaire qui semble ne pas avoir de bornes.

Nous avons déjà présenté sommairement ce projet ( Article du 20 Novembre) .

ITER ( International Thermonuclear Experimental Reactor), n’est que la première phase d’un formidable projet international qui vise rien moins que développer une source nouvelle d’énergie, semblable à celle du Soleil, exploitant la réaction de fusion à partir de matériaux disponibles en quantité illimitée et sans pollution ni déchets radioactifs.

En cas de succès, l’échéance de l’objectif industriel est le vingt-deuxième siècle. Il s’agit donc de recherche à très long terme, délai justifié par l’extrême difficulté de l’entreprise.

ITER est donc la phase initiale, dont le but est de démontrer la faisabilité de ce type de réacteur, et de développer les connaissances nécessaires au passage à la phase de démonstration avec un réacteur opérationnel de moyenne puissance.

Le coût global de la phase ITER , estimé initialement à environ 5 Milliards d’euros, est aujourd’hui évalué à 15 Milliards, incluant le développement du démonstrateur, son exploitation sur vingt ans, et son démantèlement.

Le démonstrateur est planifié pour être opérationnel en 2020, la phase d’exploitation durera jusqu’en 2040.

La communauté Européenne en finance 45%, à travers le programme EURATOM 2007-2011, inclus dans le septième Programme cadre. Ce financement est de 2,75 Milliards d’euros, dont 2,23 Milliards pour la recherche sur la fusion, le reste sur la recherche nucléaire en général.

La France accueille ITER sur le site de Cadarache.

Après ITER viendra la phase DEMO, dont le but est de démontrer la faisabilité industrielle d’un réacteur à fusion capable de fournir de l’électricité en continu. Ce démonstrateur servira au développement des connaissances et à la formation des ingénieurs et techniciens capables d’assurer le développement de la technologie de fusion du prochain siècle.

Le budget de 15 Milliards de la phase expérimentale laisse présager des budgets autrement colossaux pour les phases ultérieures.

Des réticences se manifestent au sein de la Communauté, exacerbées par deux évènements majeurs: Le désastre de Fukushima et la position allemande sur le nucléaire civil.

De plus, des membres de la communauté scientifique émettent des doutes sur la crédibilité du projet, et souhaitent au moins un moratoire à l’occasion duquel il serait procédé à un examen du programme par une commission indépendante.

Même sans ces réserves, que l’on ne peut écarter d’un revers de main comme ce fut le cas avec le GIEC, les budgets de recherche de la Communauté Européenne ne sont pas extensibles, surtout en ce moment.

La catastrophe de Fukushima a mis en évidence un problème de sureté nucléaire, et des sommes très importantes devront être consacrées d’urgence à la sécurisation du parc maintenu en activité.

Il ne serait pas acceptable de prendre sur les budgets du développement des énergies nouvelles pour soutenir un projet de fusion qui aboutirait au mieux en 2080.

Aux dernières nouvelles, le parlement Européen suggère de réduire la contribution communautaire au projet ITER, pour 2012-2013, à 1,75 Milliards , soit 460 Millions de moins que ce qui était proposé initialement.

A suivre…

 

 

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 19:38

20 Novembre 2011

Tout le monde a entendu parler du projet ITER, qui consiste à fabriquer un démonstrateur pour valider en quelque sorte un Soleil artificiel sur Terre.

C’est un projet international auquel participe la Communauté Européenne.

La communauté scientifique a fondé de grands espoirs sur ce nouveau procédé de production énergétique. Si cela fonctionne, l’Humanité disposerait d’une énergie illimitée, sinon gratuite. Nous pourrions alors sans scrupules arrêter tous les réacteurs nucléaires.

Ajoutons que ce Tokamak amélioré est non polluant, sans déchets, et fonctionne avec des matériaux disponibles partout. Le rêve.

Mais il y a un cadavre dans le placard.

Personne au monde n’a jamais réussi à faire fonctionner ce truc autrement qu’à l’échelle du laboratoire et encore, sur de courtes durées.

Des experts ont mis en évidence des problèmes de stabilité du plasma

( disruptions) pouvant générer des dégâts dans les installations, ces dégâts pouvant se transformer en catastrophes dans des installations puissantes.

Selon ces experts, on ne sait pas garantir les installations contre ce type de risque.

Officiellement, ce problème n’existe pas.

Mais, le projet étant financé en partie par la Communauté Européenne, et le budget étant passé de 5 Milliards d’euros à 15 Milliards, la commission budgétaire, à la recherche d’économies comme tout le monde en ces temps difficiles, a voulu en savoir plus sur ce merveilleux jouet.

La députée Européenne Michèle Rivasi ( EELV) ayant eu connaissance des analyses de jean-Pierre Petit sur le sujet, a transmis ce document aux membres francophones de la Commission IRE ( Industrie Recherche Energie ) ainsi qu’à la Commission du budget, à Bruxelles.

Une version anglaise sera prochainement transmise à tous les autres membres.

Le missile étant tiré, il faut s’attendre à deux types de réaction:

Soit le missile atteint sa cible et cause des dégâts conséquents, le moindre étant des coupures budgétaires dans le projet ITER, voire même plus.

Soit le lobby ITER ( en fait le CEA) lance un leurre qui réussit à détourner le missile, et les choses continuent, le budget ITER est approuvé, voire augmenté.

Affaire à suivre …

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 11:39

19 Novembre 2011

Le débat actuel porte donc sur les vertus comparées de l’atome, du vent, et du Soleil, pour savoir lequel sera à même d’assurer nos fournitures électriques dans l’hypothèse d’un abandon progressif du premier.

Dans nos contrées, peu ensoleillées au Nord de la Loire, le Solaire ne retient pas immédiatement l’attention, on lui préfère ( peut-être à tort) le vent, qui a l’excellente idée de souffler même la nuit et d’être relativement régulier et fort dans les zones littorales.

C’est donc d’éoliennes que nous allons parler.

Selon les standards actuels tels qu’ils ressortent de l’analyse des parcs installés, la productivité moyenne annuelle dans l’éolien est de 2,2 GWh pour 1 MW installé. Ceci tient compte évidemment de la disponibilité des turbines, et du régime des vents.

Les 58 réacteurs électronucléaires du parc français ont une puissance électrique moyenne de 1 075 MW environ, pour une production annuelle de 300 TWh .

Pour fournir une production équivalente avec de l’éolien, il faudrait donc 27 000 éoliennes de 5 MW installés ( ou 45 000 de 3 MW ).

Ce n’est pas impossible, les allemands ont entrepris de réaliser un tel programme.

En France, un tel projet n’est même pas envisagé. Il pourrait l’être en cas de changement de majorité.

L’implantation de plusieurs dizaines de milliers de grosses éoliennes n’est évidemment concevable que sur une période de plusieurs décennies. Ce n’est pas une question de décision politique, mais de simple bon sens.

La sortie du nucléaire comporterait une première phase d’arrêt des réacteurs les plus anciens, ayant atteint leur limite d’âge définie initialement. Il y en a une vingtaine en France, répartis sur les sites de Fessenheim, Bugey, Dampierre, Gravelines, Tricastin, et le Blayais. Ces réacteurs ont été mis en service dans les années 79/80/81.

Ces vingt réacteurs de 900 MWe produisent annuellement environ 100 TWh, pour une disponiblité de 70%.

( On notera au passage cette disponibilité bien supérieure à celle des éoliennes, le vent souffle où il veut, comme dit l’adage ).

Il n’est bien sûr pas question de créer une pénurie en arrêtant inconsidérément des réacteurs sans avoir prévu une solution de substitution, mise en place avant l’arrêt de ces réacteurs.

Dans l’hypothèse où cette solution serait l’éolien, il faudrait donc mettre en service 15 000 éoliennes de 3 MW, ce qui ne peut être réalisé qu’avec un délais d’au moins deux décennies.

De plus, l’éolien étant capricieux, ce parc de machines devra être soutenu par quelques nouvelles centrales thermiques à flamme, pour assurer le relais en période d’absence partielle de vent.

Aujourd’hui le coût de l’investissement éolien en parc est évalué à 1,3 Millions d’euros par MW installé, ceci incluant tous les corps de métiers.

Il faudra donc investir 60 Milliards d’euros en parcs éoliens pour compenser l’arrêt des 20 réacteurs les plus anciens. L’investissement sera plus élevé pour l’off shore. A cet investissement il faudra ajouter bien sûr les centrales thermiques d’appoint, et surtout la restructuration des réseaux de distribution. Sans oublier le coût induit pas l’arrêt des réacteurs, le fameux démantèlement…

Ceci ne va pas arranger la dette de l’Etat, mais quand on aime on ne compte pas…

Et puis, qu’est-ce que 100 ou 200 milliards de plus rapportés à une dette de 1 800 milliards ?

Et il resterait encore 38 réacteurs nucléaires en service, dont l’arrêt serait programmé sur une deuxième tranche, avec les investissements éoliens ou solaire en rapport.

La simple logique voudrait qu’un réacteur ne soit arrêté que lorsque la solution de substitution sera prête à assurer le relais.

Nous sommes donc là en face de quelques menus problèmes, que la simple volonté politique ne suffira peut-être pas à résoudre.

Au cas où ce programme de sortie progressive du nucléaire serait adopté,

je conseillerais au lecteur avisé de se procurer un groupe électrogène confortablement dimensionné et d’envisager une installation solaire mixte sur son toit, complétée éventuellement d’une petite éolienne, et d’un poèle à bois.

Ce n’est peut-être pas le moment d’acheter une voiture électrique…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 10:51

18 Novembre 2011

Les deux décennies écoulées ont été marquées par l’émergence d’une conscience écologique et, corollairement, par la montée en force des organisations de défense de l’environnement, avec lesquelles la puissance publique doit désormais compter.

L’un des vecteurs essentiels de l’action écologique est la lutte contre le changement climatique. La mise en évidence du phénomène, la recherche des causes, et la proposition de solutions, ont été formalisées à travers les travaux du GIEC.

Ces travaux ont mis en évidence ( entre autres) l’influence directe des émissions anthropiques de CO2 sur le réchauffement climatique. Malgré la persistance d’un mouvement de contestation, ces conclusions ont été admises et un programme planétaire de lutte contre ces émissions a été mis sur pied.

Le CO2 anthropique est essentiellement lié à l’utilisation des énergies fossiles carbonées. Le programme de lutte est donc orienté en priorité vers la réduction de consommation de ces énergies, l’objectif à atteindre étant la limitation du réchauffement de la planète à 2 °C à la fin de ce siècle.

Pour atteindre cet objectif , il faut mettre en œuvre une stratégie à plusieurs volets:

- Modération de la consommation d’énergies fossiles, le but étant d’étaler sur plusieurs siècles l’utilisation des réserves.

( Il est évident que ces réserves seront consommées en totalité; mais le gradient du taux de CO2 sera d’autant plus faible que les émissions seront étalées sur une plus longue durée )

- Développement des énergies nouvelles propres, renouvelables, et décarbonées ( Eolien et Solaire, avec un apport de géothermie et d’hydraulique ).

- Développement des processus de capture et séquestration du carbone, pour piéger une partie du CO2 émis.

Cette stratégie n’a de sens que si elle est appliquée à l’échelle de la planète. Elle doit donc tenir compte des besoins nouveaux des pays émergents, et de la pression démographique, deux causes évidentes d’un fort accroissement de la demande mondiale, malgré les mesures de modération dont la mise en place ne peut être qu’étalée dans le temps.

La mobilisation générale contre les émissions de CO2 conduit donc d’une part à une recherche de l’efficacité énergétique, et d’autre part à un basculement des applications vers l’électricité, lorsque c’est possible bien entendu. En effet les sources d’énergies nouvelles produisent essentiellement de l’électricité ( Eolien, solaire photovoltaïque et thermique). C’est donc vers l’électricité qu’il faudra se tourner, et délaisser fuel, charbon, et gaz naturel.

La demande d’électricité est donc appelée à croître considérablement, afin de réduire les émissions de CO2, et de s’adapter à la nouvelle énergie disponible.

C’est en tous cas le crédo qui nous a été proposé pour les prochaines décennies.

La voiture électrique est un exemple de cette démarche logique.

La consommation actuelle d’énergie en France est de l’ordre de 2 000 TWh, toutes énergies confondues, dont 400 TWh électriques.

Même avec une modération de nos besoins, cette consommation va demeurer importante, sauf à envisager une décroissance, qui n’est souhaitée par personne, de quelque bord politique qu’il soit.

Le basculement vers l’électricité de certaines applications aujourd’hui basées sur les énergies fossiles, ne peut qu’augmenter la demande, qui pourrait passer de 400 à 800 TWh en 2050, même si la demande énergétique globale reste stable.

Cette demande sera satisfaite en principe pour partie par le réseau public, et pour partie par l’autoproduction des particuliers ou collectivités. Faute de chiffre précis, on peut considérer un partage 50/50 comme raisonnable.

Le réseau public aurait donc à fournir 400 TWh comme aujourd’hui.

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf qu’aujourd’hui 75% de cette électricité est fournie par le nucléaire, et qu’il est fortement question de sortir du nucléaire.

Dans cette hypothèse, EDF devrait installer de quoi produire environ 300 TWh avec de l’éolien ou du solaire.

Le reste ( 400 TWh ) étant produit par des installations privées à base de photovoltaïque, de Solaire thermique, de petit éolien.

Une grosse éolienne de 5 MW peut produire en moyenne annuellement

5 GWh en France. Il en faudrait donc 60 000 pour obtenir 300 TWh.

Même en répartissant l’effort entre les différentes sources ( Eolien, solaire, autre ) ceci donne une petite idée du challenge.

Rappelons que le parc éolien français a produit en 2010 une énergie de

6,5 TWh, pour environ 4 000 éoliennes et une puissance installée de

6 400 MW. Il s’agit donc de « petites » machines, qu’il faudra remplacer par des monstres de 5 MW , et en implanter plusieurs dizaines de milliers.

La réalisation d’un tel programme nécessitera plusieurs dizaines d’années et un fort consensus de la population, qui est très loin d‘être acquis.

Un programme de sortie du nucléaire un peu trop rapide conduirait donc inéluctablement EDF à construire des centrale électriques thermiques ( à gaz probablement) , sous peine de mettre la France en panne.

Inutile de préciser que ces centrales émettront abondamment du CO2, en parfaite contradiction avec les principes de base initiaux.

Les prescripteurs écologiques ont donc en mains les données du problème, et devront établir leurs exigences sur les bases du choix entre l’atome ou le CO2.

L’Allemagne a choisi le CO2, et brûle du lignite dans ses centrales. Un programme de capture et séquestration du carbone est par ailleurs en développement, utilisant la technologie Oxyfuel produisant un CO2 pur injecté dans le sol. La première centrale de ce type est prévue pour 2020, avec une puissance de 1000 MW.

En attendant, les centrales de technologie actuelle au lignite ou au gaz produiront de grande quantités de CO2 tant que les procédés d’enfouissement de ce gaz ne seront pas industriellement disponibles, et acceptés par les populations.

Notons que l’Allemagne possède actuellement 17 réacteurs nucléaires produisant 130 TWh électriques, représentant 27% de ses besoins électriques (480 TWh).

Dans ce même pays les énergies renouvelables ont fait l’objet d’un développement volontariste. Aujourd’hui elles fournissent 16% les besoins électriques, et 30% sont visés pour 2020, soit environ 140 TWh.

L’effort à fournir par la France est beaucoup plus considérable, notre parc est de 59 réacteurs produisant 75 % des besoins électriques, soit 300 TWh.

En cas de sortie du nucléaire, on voit mal comme la France pourrait échapper au schéma allemand , c’est-à-dire remplacer les réacteurs actuels par des centrales thermiques. Sauf que ces centrales fonctionneront au gaz qu’il nous faudra acheter puisque nous n’avons aucune ressource interne, contrairement aux allemands.

Nous seront donc doublement pénalisés:

D’une part notre effort de remplacement du nucléaire sera triple de celui de l’Allemagne ( 75% des besoins à remplacer au lieu de 27% ).

D’autre part il nous faudra importer la totalité de l’énergie fossile nécessaire au fonctionnement de ces nouvelles centrales, alors que l’Allemagne dispose de réserves de lignite qu’elle ne se prive pas d’utiliser.

Il semble donc acquis qu’une sortie du nucléaire, même progressive, n’est possible qu’en assurant la période transitoire vers les énergies renouvelables par un retour aux énergies fossiles carbonées. L’Allemagne est en train d’en faire la démonstration, sans pour autant d’ailleurs être assurée du succès.

En son temps, notre bon Roi Henri s’est tiré d’un mauvais pas en sachant opportunément renoncer à son crédo, « Paris vaut bien une messe… ».

Nos amis écologistes sauront-ils faire preuve d’autant de discernement, ou de malignité ?

En attendant, vous reprendrez bien un peu de CO2 ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 19:06

Une crise salutaire ?

15 Novembre 2011

Un certain nombre de pays européens viennent de se réveiller avec une sévère gueule de bois.

Bien sûr personne n’ignorait l’existence de la dette des Etats, mais on en parlait comme d’une entité abstraite, une sorte de mal inévitable mais sans conséquence pratique. Les économistes distingués ne nous affirmaient-ils pas qu’un Etat ne peut pas faire faillite ?

Tout au plus jetait-on en haut lieu un regard un peu appuyé sur le service de la dette, lequel était perçu comme une sorte d’offrande rituelle pour se concilier les faveurs des dieux de l’économie.

Et ainsi, année après année, en est-on arrivés à cumuler une dette atteignant un montant extravagant, sans que jamais aucun responsable de haut niveau de quelque bord que ce soit, ne tire un signal d’alarme pour actionner les freins.

Cette course au surendettement se poursuivait donc imperturbablement, avec comme issue inéluctable le défaut du ou des Etats concernés.

(Les observateurs attentifs auront noté que cet argent n’est pas perdu pour tout le monde. En effet, le montant de l’augmentation annuelle de la dette est très voisin du montant de l’accroissement annuel cumulé des fortunes des plus riches).

L’intervention des agences de notation américaines est venu perturber le jeu en sifflant la fin de la partie.

Nombreux ont été ceux qui ont découvert à cette occasion que l’argent de la dette est du vrai argent, prêté contre versement d’un intérêt, et que les prêteurs s’intéressent de près au capacités de remboursement des Etats emprunteurs. Il en résulte une équation simplissime, plus la confiance baisse, et plus les taux augmentent. A un certain moment le service de la dette devient impossible et c’est la faillite.

Ce raisonnement est probablement trop simple pour retenir l’intérêt des puissants qui nous gouvernent…

Cette méconnaissances ( plutôt ce mépris ) des règles les plus élémentaires de la finance moderne est confondante. Que les lois de la mondialisation aient pu à ce point échapper à nos dirigeants de tous bords laisse pantois.

On aurait pu, à tout le moins, établir un semblant de début de contrôle de la dette publique des pays européens, adossé à une agence de notation européenne, et la BCE aurait eu les outils pour introduire un début de contrôle des marchés financiers.

Il aura fallu que les américains viennent nous tirer les oreilles pour nous rappeler que la finance est une affaire de grandes personnes, et que l’insouciance se paie cash.

Mais peut-être ce séisme aura-t-il des retombées positives. Mais que de dégâts devrons-nous constater avant que la situation ne se stabilise à un niveau plus raisonnable ?

Gageons que la prochaine génération d’hommes politiques y regardera à deux fois avant de se jeter dans les bras des financiers .

Qui a dit:

«  Pour dîner avec le diable, il faut une cuillère à long manche » ?….

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 18:51

9 Novembre 2011

Comme il fallait s’y attendre, le problème de l’énergie s’invite dans la campagne présidentielle.

Et, comme à l’accoutumée, le débat s’est établi au niveau passionnel sur le point de décider ou non de l’abandon du nucléaire. Il y a ceux qui ont la tête près du bonnet, et qui prônent un abandon rapide et définitif de toute activité à caractère nucléaire, sans autre forme de procès; une posture dogmatique qui n’admet aucune nuance. Et il a ceux qui voudraient bien pouvoir se passer de l’atome, mais qui comprennent intuitivement ou non qu’un changement de portage aussi considérable ne peut raisonnablement se faire que sur la durée, position que l‘on traduit sommairement par «wait and see » .

La raison et le dogme étant par nature inconciliables, ceux-là ne sont pas prêts à trouver un terrain d’entente…Sauf en présence d’un incendie électoraliste les contraignant à simuler un accord de circonstance assorti d’une sorte de dessous de table constitué de concessions sur quelques circonscriptions en 2012.

Face à cette querelle sans issue, il y a ceux qui campent sur leur portefeuille nucléaire et entendent bien le faire fructifier. Leurs arguments massue sont l’indépendance énergétique, avec comme corollaires la maîtrise des coûts, une moindre pression sur la balance du commerce extérieur, une absence de rejets de gaz à effet de serre, et une solution à l’épuisement des ressources fossiles.

Certes, les dangers des réacteurs actuels ne sont pas niés, mais les nucléaristes proposent des programmes de sécurisation des installations existantes, et surtout rappellent que le programme de développement de la génération IV porte sur des réacteurs différents beaucoup plus sûrs et dont les déchets seront moins préoccupants, par exemple les réacteurs à sels fondus. Ils oublient bien sûr de préciser qu’ils n’ont nullement l’intention d’y recourir, n’ayant pas pour habitude de changer de cheval au milieu du gué.

Flamanville for ever….

Il ne nous appartient pas de porter un jugement sur ces tendances , aussi respectables l’une que l’autre, le vrai problème n’est pas là.

La vraie question est de savoir non pas ce que l’on souhaiterait faire, mais ce que l’on pourra faire à partir de la situation actuelle et de l’évolution prévisible des besoins énergétiques et de la situation économique du Pays.

Pour tâcher de faire la part des choses entre les nucléaristes convaincus et les gourous du retour à la nature, les parlementaires ont engagé une réflexion de fond qui se veut dépassionnée et avec une vision à long terme tenant compte de l’évolution réelle des besoins et de la conjoncture économique.

Dans le cadre de cette démarche, l'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques a auditionné des experts à l'Assemblée nationale le 3 novembre 2011 afin de mesurer les perspectives d'évolution à moyen et long terme de la consommation électrique en France, et en général de la consommation énergétique.

En effet, si l’on ne veut pas mettre la charrue avant les bœufs, une réflexion sur les choix énergétiques doit débuter par une analyse des besoins futurs de la société du XXIè siècle.

Selon les études de EDF/RTE ( dont les données sont à la base de l’analyse ) la consommation d’électricité croitra de 0,6% par an au moins jusqu’en 2030. Cette croissance sera tirée par l’augmentation des applications électriques, les besoins des véhicules électriques, la consommation des TIC ( Ordinateurs, internet, serveurs, etc…) et du basculement vers l’électricité de certaines applications aujourd’hui consommatrices de fuel. Ceci balançant à peu près les baisses prévues grâce aux économies d’énergie programmées.

Face à cette évaluation qui se veut réaliste, les tenants des énergies nouvelles fondent leurs projets énergétiques sur des besoins notablement inférieurs, calculés sur la base d’économies d’énergie drastiques, une véritable purge .

Dans l’hypothèse d’un débat public sur la Politique énergétique de la France, il y aura donc deux scénarios face à face: L‘un, établi à partir des données de EDF/RTE, et l’autre émanant peu ou prou de l’association NEGAWATT.

Le premier est relativement conservatif, tout en intégrant des économies d’énergie significatives. Il n’est pas compatible avec l’abandon du nucléaire au profit des énergies nouvelles ( Solaire et Eolien ). Celles-ci sont supposées se développer au rythme normal du marché.

Le second est révolutionnaire car, au contraire du précédent, il ne se dissocie pas de l’abandon du nucléaire. Il prône le remplacement de l’atome par les énergies Solaire et Eolienne, ce qui suppose de considérables économies d’énergie et des investissements colossaux dans le changement de portage énergétique.

Les deux scénarios sont à ce point différents qu’un compromis paraît difficile à trouver.

Mais, y aura-t-il un débat public ?

Il se confirme donc que le problème des choix énergétiques sera au centre de la campagne présidentielle.

Nous n’en voulons pour preuve que le récent conflit qui oppose le PS et EELV, conflit qui porte non pas sur la dette publique, ni sur la politique de rigueur, mais bien sur la question de l’abandon ou de la poursuite du nucléaire.

En guise d’entremets, les médias se font le relais d’annonces implicitement alarmistes concernant une éventuelle pénurie d’électricité cet hiver, conséquence possible de l’arrêt de réacteurs nucléaires allemands.

Outre que cette occurrence est fortement probable et donc qu’un homme prévenu en vaut deux, ce petit rappel discret en période de discussions sur les choix énergétiques est de nature à faire tomber les indécis dans le « bon » camp le moment venu.

Certains mauvais esprits n’hésitent pas à «leur» prêter l’intention de nous faire le coup de la panne cet hiver pour convaincre les incrédules du réel risque de pénurie.

Le coup de la panne, certainement pas, mais de nécessaires arbitrages, probablement….

 

 

 

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 16:12

Les caprices d’INES.

Le 12 Septembre se produisait une explosion dans un four de retraitement de déchets radioactifs sur le site de CENTRACO près de Marcoule.

Bilan provisoire: un mort et un blessé grave.

Le communiqué officiel faisait état d’une absence de risque de contamination radiologique .

La CRIIRAD, alertée par les chiffres ridiculement bas cités dans le communiqué, et parfaitement fantaisistes eu égard à la quantité et à la nature des produits en traitement dans le four, adressa une requête d’abord à l’ASN, puis au Procureur de la République.

Le lapin étant sorti du chapeau, merci la CRIIRAD, il est désormais impossible de balayer la poussière sous le tapis.

Nous entendrons donc reparler de cette affaire.

Notre propos aujourd’hui est relatif au classement de cet évènement par rapport à l’échelle INES.

Rappelons que cette échelle définit 7 niveaux de gravité croissante.

L’explosion de Marcoule a été classée niveau 1.

Quelle est la définition du niveau 1 ?

C’est une « anomalie sortant du régime de fonctionnement autorisé » .

Explosion d’un four avec projection de déchets radioactifs, fermeture du site, un mort, un blessé grave. Les familles concernées apprécieront l’importance accordée à la catastrophe qui les frappe.

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 16:24

19 Septembre 2011

Dans les articles précédents nous avons tenté de débroussailler le problème de la voiture électrique. Notre approche nous a conduit à montrer que l’abandon du moteur thermique au profit d’un basculement sur un véhicule tout électrique n’est pas la bonne solution pour amorcer ce nouveau marché dans de bonnes conditions. Trop d’interrogations subsistent à propos des possibilités réelles de la technologie des batteries, de l’autonomie des véhicules, des infrastructures indispensables à la gestion des problèmes de recharge, et du gain réel en terme d’émissions de CO2, compte tenu de l’origine actuelle de l’électricité.

On peut donc penser que le marché de la voiture particulière, dont le démarrage en volume est espéré pour 2012, sera sagement représenté par des modèles hybrides.

Un exemple de ce que pourrait être le véhicule hybride des dix prochaines années est le modèle TOYOTA Prius PHEV 2012.

Ce constructeur a déjà engrangé une bonne expérience du concept de motorisation hybride, et possède une connaissance en situation des besoins des clients et des problèmes de gestion.

Le PHEV 2012 possède un moteur à essence couplé à un moteur électrique. Les deux moteurs sont gérés par le système propriétaire HSD

( Hybrid Synergy Drive ), qui permet d’optimiser les conditions de fonctionnement de l’un ou de l’autre, ou des deux ensemble . Le moteur thermique fonctionne selon le cycle Atkinson, qui procure une amélioration significative du rendement. La présence du moteur électrique et d’un couplage glissant permet de maintenir le moteur Atkinson dans ses meilleures limites de rendement.

Ce choix permet d’obtenir des performances de premier plan: La consommation normalisée d’essence est de 2,2 l/100 kms, et les émissions de CO2 sont de 49 g/km.

Contrairement aux premiers modèles hybrides, qui étaient équipés d’une batterie de capacité très faible, le PHEV 2012 possède une batterie Lithium-ion de 5 KWh, qui lui procure une autonomie en tout électrique de 20 kms environ, avec un surpoids modéré de 40 Kg ( contre 250 Kg pour une tout électrique).

Cette combinaison permet donc de rouler tout électrique en agglomération, avec une bonne réserve d’énergie, le moteur thermique prenant le relais hors agglomération.

La recharge de la batterie s’effectue soit par le moteur thermique, soit sur une prise extérieure.

Cette solution hybride auto-rechargeable possède de nombreux avantages:

- Les émissions de CO2 sont fortement réduites, ainsi que la consommation d’essence.

- Les émissions d’oxydes d’azote sont nulles.

- L’autonomie du véhicule n’est plus un problème.

- L’usager est libéré du problème de recharge de la batterie, qui peut être confiée au moteur thermique à haut rendement.

- En agglomération, la pollution au CO2 est nulle grâce au mode tout électrique possible sur 20 kms.

- les performances routières de la voiture ne sont pas affectées, grâce au moteur thermique de 1,8 L de 100 CV, contrairement aux concurrentes tout électriques, limitées à la fois en vitesse et en autonomie.

Ce concept, qui paraît au premier abord le résultat du mariage d’une carpe et d’un lapin, pourrait bien rallier les suffrages des acheteurs, soucieux avant tout de ne pas s’embarquer vers l’inconnu en investissant dans une tringle à rideau.

Les concurrentes tout électriques surfent sur un prix de marché notablement inférieur à celui des hybrides. Mais c’est sans compter avec le prix de l’énorme batterie, des performances dégradées, et surtout une autonomie à la limite du sérieux, aggravée par l’absence totale d’infrastructures de recharge.

Au consommateur de faire la part des choses, à condition qu’il soit honnêtement informé des avantages et des inconvénients de telle ou telle solution.

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 21:09

18 Septembre 2011

EV, HEV, PHEV, etc…?

Le foisonnement de concepts référencés « voiture électrique » démontre, s’il en était besoin, que cette révolution électrique est encore dans sa phase de théorisation.

La théorie qui sous-tend ce mouvement se fonde sur un corpus de faits et d’évènements à la fois naturels, scientifiques, économiques, et politiques, qui se conjuguent pour créer une situation critique rendant nécessaires des prises de décision planétaires.

- Les phénomènes naturels sont ceux liés aux changements climatiques, essentiellement le réchauffement dû à l’effet de serre, lequel est attribué par consensus aux dégagements excessifs de dioxyde de carbone consécutifs à l’usage immodéré des énergies fossiles carbonées.

La lutte contre ce réchauffement passe donc par une réduction drastique des émissions de CO2.

Tout ce qui émet du CO2 est donc dans la ligne de mire, et en particulier les véhicules à moteurs thermiques.

Parmi les phénomènes naturels, on a initialement classé le proche épuisement des réserves d’énergies fossiles carbonées. Mais des études plus approfondies ont montré que ces réserves sont encore capables de fournir le monde en produits crasseux pour encore un siècle, voire plus pour le gaz et le charbon.

Raison de plus pour contrôler ce dioxyde de carbone avant qu’il ne nous contrôle lui-même.

- Les phénomènes économiques évoqués sont liés d’une part à la perspective d’augmentation considérable du prix des énergies carbonées fossiles, consécutive à l’accroissement prévu de la demande mondiale, et d’autre part à la nécessité corollaire de gérer une dépendance énergétique de plus en plus lourde pour les pays non producteurs.

- Les phénomènes politiques sont induits par la difficulté croissante de conclure des accords de fournitures d’énergie, accords qui doivent bien souvent être assortis de contreparties inavouables.

- Les phénomènes scientifiques sont en rapport avec les progrès réalisés dans les domaines des moteurs électriques, de la technologie des batteries, et de l’électronique, qui semblent permettre de concevoir aujourd’hui des véhicules électriques raisonnablement compétitifs.

Le moment a donc paru opportun de mettre sur le marché des véhicules électriques, seuls capables à première vue de revendiquer une absence totale de pollution au dioxyde de carbone, et d’assurer une indépendance énergétique à un secteur aujourd’hui grand consommateur de produits pétroliers.

Seulement, de la théorie à la pratique, la route est longue et la pente est raide, comme dirait qui vous savez.

Le concept de voiture électrique n’est pas nouveau. Les premiers modèles ont vu le jour autour de 1884.

La première voiture automobile à dépasser les 100 km/h fut la « Jamais contente », véhicule électrique développé par l’ingénieur Jenatzy. Record établi en 1899.

Depuis, les tentatives de développer industriellement ce concept ont été nombreuses, mais toutes ont avorté faute d’avoir pu résoudre le problème de batterie.

La période actuelle paraît plus favorable, eu égard aux progrès réalisés dans le stockage de l’énergie électrique, et aux espoirs placés dans le développement des piles à combustible.

L’enthousiasme des pionniers les a conduit d’abord vers un concept révolutionnaire faisant la part belle au tout électrique. Le glas du moteur thermique allait sonner au profit d’une solution entièrement décarbonée, la pompe à essence de la station service étant remplacée par une prise de courant.

Et puis, il a bien fallu se rendre à l’évidence, quelques obstacles majeurs sont venus gâcher un peu la fête:

D’une part, les nouvelles batteries censées remplacer le réservoir de carburant se sont révélées encore bien lourdes, leur rendement énergétique spécifique est tout juste trois fois supérieur à celui des « vieilles » batteries au plomb, et leur mise en œuvre nécessite des précautions peu compatibles avec un usage très grand public.

D’autre part, ce poids excessif contraint le constructeur à limiter l’autonomie du véhicule à une valeur inacceptable pour un usage réellement pratique. On parle de 150 à 200 kms là où un véhicule classique équivalent en parcourt plus de 1000.

Cette faible autonomie ne pourrait être acceptable que si le territoire disposait d’une large infrastructure dédiée à la recharge rapide des batteries.

Une telle infrastructure est inexistante et ne peut évidemment pas exister avant plusieurs années, dans le meilleur des cas.

Il est alors devenu évident que le concept de véhicule tout électrique est trop en avance sur son temps, la technologie disponible n’étant pas encore tout à fait suffisante. Son usage, dans l’état actuel de la technique, doit être réservé à des applications où les parcours sont courts et répétitifs , comme les parcs de véhicules de certaines sociétés, les taxis, les véhicules en libre service, qui peuvent disposer d’infrastructures propriétaires de rechargement des batteries.

De plus, il a bien fallu prendre conscience que le véhicule électrique ne sera vraiment non polluant que le jour où l’électricité de recharge sera fournie par des sources d’énergie elles-mêmes non génératrices de CO2.

Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, sauf à recourir à des centrales électronucléaires, ce qui revient à remplacer la peste par le choléra.

Il y a donc place pour une génération intermédiaire, qui servirait de chaînon manquant entre les vieux engins pétaradants et fumants, et la génération nouvelle propre et décarbonée.

La prudence recommande donc de procéder à l’électrification de l’automobile de manière raisonnable et sans bouleversements incontrôlables.

Il faut renoncer à faire une révolution, et choisir plutôt la voie de l’évolution.

L’idée est d’éviter de lâcher la proie pour l’ombre. La solution tout électrique n’étant pas suffisamment sûre, il ne faut pas renoncer au moteur thermique. Il sera au contraire l’objet de nouveaux développements

pour en optimiser le fonctionnement afin de réduire la consommation spécifique. Des progrès sont possibles pour réduire la consommation de carburant pétrolier. On connaît déjà certaines applications comme le système Stop & Start, la récupération de l’énergie du freinage, d’une partie de l’énergie thermique des gaz d’échappement, l’électrification de la pompe à eau, de l’assistance de direction, du compresseur de climatisation, de la boîte automatique évidemment, etc…

L’électricité est dans ce cas utilisée pour assister le moteur thermique par l’intermédiaire d’une batterie de capacité raisonnable, de quelques KWh. Ce système permet d’optimiser l’utilisation de l’énergie récupérée au freinage et/ou à l’échappement. Le gain peut atteindre 10 à 20%, si la récupération d’énergie est efficace.

Voilà une stratégie qui peut être développer en douceur et sans prendre de risques inconsidérés.

Dans un deuxième temps, on ajoute un moteur électrique de propulsion dont le rôle est de relayer le moteur thermique en ville pour réduire la pollution et se conformer aux normes des ZAPA. Sur route, la propulsion est assurée par le moteur thermique.

Une troisième étape consiste à monter une batterie de capacité intermédiaire, 10 à 15 KWh, donnant une autonomie électrique de 80 à 100 Kms, suffisante pour les déplacements journaliers, le moteur thermique étant conservé pour les utilisations routières. Il est alors pudiquement qualifié de « prolongateur d’autonomie » !!

L’étape finale consiste à supprimer le moteur thermique, et assurer l’ensemble des besoins avec une batterie de forte capacité, lorsque la technologie le permettra. Aujourd’hui la limite de capacité de batterie pour un véhicule léger est d’environ 30 KWh, ce qui correspond à un surpoids de 250 à 300 Kg, déjà très important. Dans ce cas, l’autonomie du véhicule ne dépasse pas 150 à 180 kms.

Durant la période de démarrage du marché, qui peut durer une décennie, les offres des différents constructeurs seront donc sinon confuses, du moins très diverses et l’usager aura quelques difficultés à comprendre ce que le vendeur désire lui vendre exactement.

Face à un marché aussi confus, chaque constructeur a pour priorité de ne pas perdre de positions commerciales, et propose donc la panoplie complète, en surveillant de très près les offensives commerciales des concurrents.

La Presse spécialisée aura un rôle important à jouer pour l’information du public, qui ne doit pas être laissé démuni face à la pléthore d’offres marketing au contenu flatteur pour l’égo du futur acheteur, mais souvent trop discret sur les aspects négatifs de certains choix.

A travers la politique des « bonus  écologiques », les pouvoirs publics auront la possibilité d’orienter les choix des usagers. Ils auront également une responsabilité dans le développement des infrastructures indispensables à l’épanouissement de ce nouveau marché.

 

 

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 12:10
16 Septembre 2011
La Presse, tant spécialisée que généraliste, nous abreuve d’articles dithyrambiques sur la voiture électrique, présentée comme LA solution aux fléaux qui menacent la planète. Elle résout à la fois les problèmes du dioxyde de carbone, de la dépendance énergétique, des oxydes d’azote, du coût du carburant, de l’épuisement des ressources naturelles, et du bruit.
Plusieurs modèles sont aux catalogues des principaux constructeurs, à propos desquels les experts ne tarissent pas d’éloges.
Et pourtant le marché ne décolle pas.
Au premier semestre 2011 en France, ont été immatriculés 6 000 véhicules hybrides et 1 000 véhicules électriques.
( Source AAA )
 
Immatriculations VE et hybrides Source AAA
 
 
 
Les courbes des ventes ne montrent aucun signe d’enthousiasme, et sont plutôt alarmantes pour de second semestre.
Il y a plusieurs raisons à cette frilosité:
- Le marché de l’automobile n’est pas celui de la High-Tech. On ne vend pas une voiture comme un Smart-phone ou un lecteur MP3. Le client, familiarisé avec une technologie parfaitement éprouvée depuis presque un siècle, ne se laissera pas séduire facilement par une solution nouvelle qui sent un peu le bricolage et la mise au point précipitée.
- Les modèles hybrides proposés sont 20 à 30% plus chers que leurs équivalents classiques, et leur valeur de revente est plus que problématique. Un tel sacrifice financier ne peut être consenti que par un acheteur désireux d’afficher une posture écologique, ce qui constitue une minorité.
- Seuls les modèles totalement électriques sont proposés à des prix de niveaux comparables à ceux des modèles équivalents à moteurs thermiques, compte tenu du bonus écologique et hors batterie, proposée en location.
Mais alors se pose un gros problème, celui de la recharge de la batterie.
Les infrastructures nécessaires sont inexistantes et la panne sèche guette l’automobiliste imprévoyant .
- Les coûts annoncés pour les contrats de location de batterie sont dissuasifs, ils équivalent pratiquement au coût du carburant diesel pour
15 000 km/an sur un véhicule classique, et il faut ajouter à ce coût celui de l’électricité évidemment.
- Les constructeurs rivalisent de publicité sur leurs nouveaux et prochains modèles, qui n’en finissent pas d’être en phase de lancement, donnant ainsi une impression de manque de maturité, ce qui d’ailleurs correspond à la réalité.
- Certains articles de presse laissent planer un doute sur la fiabilité des batteries, allant même jusqu’à parler de risque d’explosion et/ou d’incendie avec projection de produits toxiques. Pas vraiment de quoi rassurer les futurs acheteurs, dont certains se souviennent des problèmes du GPL.
On comprend dès lors que les clients ne se précipitent pas dans les concessions.
Il faudra probablement beaucoup plus que quelques encarts publicitaires pour booster ce marché.
En attendant que l’engouement des particuliers se manifeste, les constructeurs développent une stratégie orientée vers les flottes de véhicules à usage professionnel. L’appel d’offres de VE lancé par l’UGAP ( Union des Groupements d’Achats Publics ) est un exemple de ce genre de démarche. La première tranche porte sur 23 000 véhicules, pour passer à 100 000 par la suite.
Une évolution de la règlementation sur la pollution en centres villes aura également un impact positif sur les ventes de VE ( Développement des
ZAPA ).
Pour le moment, le véhicule électrique du futur reste un objet roulant non identifié. Entre le EV ( tout électrique), le HEV ( assistance électrique, non rechargeable), le PHEV ( HEV rechargeable), le client est bien en peine de faire son marché, eu égard au problème collatéral de recharge de batterie, assez mystérieux quant au prix de revient réel du KWh sur des bornes de recharge publiques, qui n’existent pas encore…
Monsieur Prudent sera bien avisé de patienter jusqu’en 2015 pour y voir un peu plus clair.
 
 
 
 
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