Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 16:04

10 Janvier 2012

En France, les énergies éoliennes et solaires ont longtemps été considérées comme des danseuses ne pouvant faire le poids en face de l’électricité nucléaire disponible à prix cassé.

Nous avons donc accumulé un retard très important par rapport à nos voisins, moins obnubilés par l’atome et peut-être plus clairvoyants…

Grâce aux ( ou à cause des ) mouvements écologiques, confortés par la catastrophe de Fukushima, un mouvement européen d’opinion s’est développé en faveur d’un retrait du nucléaire.

L’exemple de nos voisins européens a fini par convaincre les dirigeants français qu’il devenait urgent de s’intéresser concrètement aux énergies nouvelles sous peine de rendre notre retard irrattrapable.

Un premier appel d’offres avait bien été lancé en 2004, mais sans aucun succès. Il s’agissait d’un projet modeste visant à susciter l’installation d’un parc off shore de 1000 MW éoliens à l’horizon 2010, avec tarif de rachat règlementé garanti jusqu’en 2026.

On peut attribuer l’échec à diverses causes, prix trop élevé fixé par les candidats ( 135 euros le MWh ), conflits d’usage avec les associations de défense du littoral, et peut-être manque de volonté politique.

Les temps ont changé, les mentalités aussi, peut-être la volonté politique est-elle au rendez-vous, aidée par l’ambiance électorale ?

Toujours est-il que l’Etat a lancé un nouvel appel d’offre en deux temps:

Un premier appel en Juillet 2011 pour un parc de 3000 MW répartis sur cinq zones maritimes: Le Tréport, Fécamp, Courseulles-sur-mer, Saint Brieuc et saint Nazaire. Un second appel suivra rapidement pour une autre tranche de 3000 MW . L’entrée en production est prévue pour 2015.

L’ensemble comportera environ 1 200 grosses éoliennes de 5 MW.

A ce jour trois consortiums sont intéressés:

- EDF EN, avec Alstom.

- GDF Suez avec Vinci, Areva.

- Iberdrola et Eole-Res.

Le prix d’achat sera fixé par les industriels, avec un plafond de 175 à 200 euros le MWh selon la zone. (A comparer au prix de marché actuel de 45 euros le Mwh).

Souhaitons à ce projet plus de succès que le précédent n’en a connu.

Pas trop de succès quand même, car à 200 euros le MWh nous allons y laisser notre chemise.

( Car bien sûr ce surcoût sera facturé au client final à travers la CSPE ).

Si la première tranche arrive à terme en 2015, la production sera un peu inférieure à celle d’un seul réacteur de 1 500 MW.

Il s’agit donc d’un projet pilote aux ambitions modestes.

Son but est d’aider au développement d’une filière industrielle française.

L’objectif de retrait du nucléaire nécessiterait un changement d’échelle puisque pas moins de 7 000 éoliennes seraient requises pour substituer 30% de la production nucléaire. Le reste étant réparti entre le solaire thermique ou photovoltaïque, la biomasse, l’hydraulique et la géothermie.

Il est évidemment hors de question de substituer 100 TWh à 200 euros le Mwh à 100 TWh à 45 euros le MWh ( prix actuel du marché ) !

Le consommateur final descendrait dans la rue.

Il faudra donc regarder attentivement les prix de rachat qui seront proposés par les industriels répondant à l’appel d’offre, et surtout la durée pendant laquelle ces prix seront garantis par l’Etat, et sous quelle forme le surcoût sera compensé ( CSPE ou autre ).

De ces éléments financiers dépendra l’avenir de l’éolien au-delà de 2020.

 

 

 

Repost 0
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:19

8 Janvier 2012

L’intégration du marché Européen de l’électricité se poursuit sous l’égide de l’EPEX SPOT ( European Expert Exchange), qui publie l’ELIX (European Electricity Index) rapportant les prix de marché de l’électricité.

Ce prix de marché fluctue évidemment comme tout produit côté en bourse. Il s’établit actuellement autour de 45 euros par Mwh en moyenne.

Pour encourager le développement des énergies nouvelles, les Etats ont établi des règles incitatives de rachat de la production éolienne ou solaire photovoltaïque.

Pour l’éolien en France, ce prix de rachat est fixé à 86 euros par MWh en in shore, et 140 euros par MWh en off shore. Ces prix étant plus ou moins garantis pendant les dix premières années.

Il s’agit donc de prix supérieurs aux prix du marché EPEX SPOT, respectivement de 100%, et de 300%.

Il est évident que ce processus de subvention massive ne peut concerner qu’une production réduite, sous peine de créer une distorsion de concurrence intenable en marché ouvert.

De plus, comme Il faut bien que quelqu’un paye le surcoût, c’est le consommateur qui en est chargé, à travers la CSPE ( Contribution au Service Public de l’Energie). Tant que la production est faible, la CSPE est elle-même réduite.

( Elle a tout de même atteint 1,7 Milliards d’euros en 2009, et il est prévu 3,4 Milliards en 2011 ).

Le problème se posera lorsque la production des énergies nouvelles deviendra significative, pendant la période où le prix de rachat est garanti, soit dix années pour l’éolien.

La CSPE deviendra alors insupportable pour le client final, les barèmes de rachat devront être revus.

Nous avons donc d’une part une production d’électricité nucléaire à bas coût ( On parle même de « rente nucléaire » ), et d’autre part un outsider éolien dont il va falloir acheter la production au prix du caviar, au nom du soutien aux énergies nouvelles.

L’équation économique est claire: La facture du client final va s’alourdir automatiquement en proportion de la croissance de l’éolien et du solaire, grâce à la CSPE qui figure en bas des relevés.

Le client final ( vous et moi) doit donc s’attendre, dans les dix ans qui viennent, à une augmentation très significative de ses notes d’électricité.

En France, nous devrons payer une première fois pour l’incitation au développement des énergies nouvelles ( CSPE), et une seconde fois pour la remise à niveau du parc électronucléaire telle que définie par le rapport de l’ASN.

D’autre part, le coût du MWh éolien et solaire va normalement baisser avec le développement du marché, ce qui nous laisse espérer un croisement au cours de la prochaine décennie, croisement qui s’effectuera cependant à un niveau de prix au moins double du prix actuel.

Voilà au moins une bonne raison d’investir dans les économies d’énergie…

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 11:13

5 Janvier 2012

Après une inspection générale que l’on espère approfondie, l’ASN a donc rendu son rapport.

Les initiés auront bien sûr compris qu’il ne peut s’agir que d’une inspection superficielle, connaissant le temps nécessaire à l’inspection approfondie d’un seul réacteur, mais bon….

Nos réacteurs sont donc sûrs, en ce sens qu’ils ne posent pas de problèmes de sécurité immédiats.

Au lecteur de conclure s’il faut s’en réjouir ou s’en inquiéter.

En annexe, les experts ont tout de même précisé que, si l’on voulait vraiment bénéficier de cette sécurité au-delà de l’immédiat, il y aurait lieu de procéder à quelques menus travaux dont le montant a été provisoirement chiffré à dix milliards d’euros.

( Un peu comme chez DARTY, où l’on vous vend un matériel parfaitement fiable, mais en vous conseillant de prendre une extension de garantie au cas où…).

Il nous faudra donc mettre la main à la poche pour cette fameuse extension de garantie.

Le nucléaire français produit 300 TWh annuellement.

Dix milliards d’euros répartis sur dix ans, cela fait donc environ 0,33 centimes par KWh. Pas de quoi fouetter un chat.

Mais, l’expérience nous a montré hélas que l’évaluation de telles dépenses est toujours largement sous-estimée, surtout dans le nucléaire. Il faudra plutôt compter sur deux ou trois milliards par an pour des travaux aussi importants, et donc supporter un surcoût qui sera répercuté sur les prix de cession.

Aujourd’hui EDF vend son électricité nucléaire 42 euros le MWh( Janvier 2012). C’est le prix de cession aux fournisseurs, soit 4,2 centimes du KWh.

Un surcoût de 1 centime représente alors une augmentation de 25% du prix de cession, soit au moins 12% sur la facture du client final.

Cet effort reste cependant acceptable compte tenu du coût du KWh français, parmi les plus faibles d’Europe.

D’autre part, il est clair que cet investissement ne sera pas réalisé à fonds perdus. Il implique une prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs concernés, ce qui nous éloigne donc un peu plus de la sortie du nucléaire. On ne va pas arrêter des réacteurs sur lesquels on effectue pour

Deux ou trois milliards de travaux d’aménagement par an !

Les anti-nucléaires vont évidemment s’insurger contre cette débauche de milliards, sauf si l’Etat a l’intelligence de consacrer des sommes équivalentes, voire supérieures, au développement des énergies renouvelables. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Actuellement il existe un appel à projets du Gouvernement Français pour l’implantation d’un parc éolien offshore atteignant 6 000 MW à l’horizon 2020. Ce qui représente environ 1 000 éoliennes de 6 MW d’ici 2020.

Ces mille éoliennes pourront fournir environ 10 TWh par an, soit 3,3% de la production du parc nucléaire. Une goutte d’eau.

Un très gros effort doit donc être consenti pour espérer un jour remplacer la production nucléaire….

 

Repost 0
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 15:49

4 Janvier 2012

La nouvelle année trouve nos pays dits développés engagés dans un brouillard énergétique dont la sortie n’est pas évidente.

La dernière décennie a été marquée par la prise de conscience du réchauffement climatique. Tout ce qui, de près ou de loin, est susceptible d’émettre du CO2, est donc devenu « non grata ».

On aurait pu penser que cet ostracisme envers le CO2 se serait traduit par un intérêt accru pour l’atome qui, lui, n’en émet pas.

Hélas, après la catastrophe de Tchernobyl, celle de Fukushima est venue rappeler les dangers du nucléaire civil, qui est désormais désigné ennemi public numéro 2.

Nous voici donc tenus de mener une lutte sur deux fronts: Le nucléaire civil et les énergies fossiles carbonées, tous deux mis dans le même sac et voués aux gémonies.

Cette lutte implique un basculement de notre stratégie vers une troisième voie, celle des énergies propres et renouvelables, en clair le solaire et l’éolien.

Troisième voie idéologiquement irréprochable.

Dans l’euphorie, certains rêveurs, confondant la carte avec le territoire, ont pu croire un instant que ce basculement énergétique pouvait se réaliser en un tournemain, quelques années tout au plus.

C’était sans compter avec les réalités, qui échappent bien souvent aux idéalistes prompts à manier la pensée magique et peu soucieux des contingences pratiques.

Notre monde développé est construit sur des structures dont le fonctionnement repose pour plus de 70% sur les énergies fossiles carbonées. L’industrie, les transports, les usages domestiques, le chauffage, l’éclairage, sont dépendants de ces énergies. Leur remplacement par des sources renouvelables essentiellement électriques, nécessite un bouleversement total de ces structures.

A l’évidence ceci ne peut être accompli qu’en plusieurs décennies,

l’échéance la plus probable étant plutôt la fin de ce siècle.

Nous sommes donc confrontés à la nécessité ce rechercher un compromis entre d’une part les bonnes résolutions écologiques qui impliquent l’abandon des énergies fossiles carbonées et du nucléaire, et d’autre part la nécessité de ne pas mettre le pays en panne en arrêtant des unités de production sans avoir de solutions de remplacement.

Les politiques sont donc dans une situation très inconfortable. Beaucoup de pédagogie sera nécessaire pour faire admettre la nécessité d’accepter des compromis.

- Compromis sur l’utilisation des énergies fossiles carbonées. Il faudra encore faire avec jusqu’à la fin du siècle au moins, même si leur part dans le mix énergétique ira en décroissant, grâce aux économies d’énergie.

- Compromis avec le nucléaire. Son remplacement par les énergies nouvelles nécessitera plusieurs décennies. Et de plus de lourds investissements seront nécessaires pour sécuriser les installations existantes, investissements qui feront défaut pour le développement du solaire et de l’éolien.

Il faudra faire admettre que notre paysage énergétique ne peut changer que très progressivement, et que les gros investissements serviront surtout à sécuriser et optimiser les sites de production d’énergie classique, nucléaires et thermiques à flamme éventuellement partiellement décarbonés.

Aucun homme politique ne peut tenir un tel discours, surtout en période électorale, sans voir sa défaite assurée.

Après avoir fait rêver les populations sur un avenir énergétique propre, solaire et radieux, il n’est pas possible de les faire atterrir dans une réalité de charbon, de pétrole et de gaz.

La campagne électorale ne peut donc être que biaisée, au moins au plan du discours sur l’énergie. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire…

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 15:19

14 Décembre 2011

Il se confirme donc que le problème essentiel de la voiture électrique est la batterie.

La technologie Lithium-ion envisagée pour la batterie a été choisie pour son fort potentiel d’efficacité énergétique. La théorie laisse espérer une capacité de stockage supérieure 500 W/Kg, contre seulement 30 W/Kg pour les accus au plomb traditionnels.

Mais cette technologie est compliquée, d’une mise en œuvre délicate nécessitant des dispositifs de contrôle très précis donc onéreux. La sécurité n’est pas garantie en cas de sinistre. Le prix de cette batterie est quasiment dissuasif.

Au stade actuel de développement, les batteries Li-ion industrialisables ont des performances moyennes, typiquement 100 W/Kg, soit à peine trois fois plus que la vieille batterie au plomb. De plus, elles ne présentent pas des garanties de sécurité suffisantes pour un usage grand public.

D’autre part, il se confirme que le marché du véhicule électrique va s’orienter pour une part importante vers la solution hybride, alliant un moteur thermique à une batterie de quelques KWh.

Le couple moteur thermique de 80 CV et batterie de 6 KWh semble être un bon compromis.

Une batterie au plomb de 6 KWh pèserait environ 200 Kg, et son coût serait dérisoire par rapport à son homologue au Lithium.

La technologie traction électrique avec batteries Plomb-Gel est déjà utilisée sur de nombreux modèles de voiturettes, elle pourrait être étendue à des modèles de citadines en EV ( Tout électrique) et en milieu de gamme en PHEV ( Plug-in Hybrid Electric Vehicule ).

Par exemple on peut citer la GEM-e4 distribuée par MATRA , équipée de 6 batteries Plomb-gel de 12V / 65 Ah avec une réserve d’énergie de 6 Kwh et moteur 72 V.

Accouplée à un moteur thermique cette motorisation donnerait un PHEV très acceptable, d’un coût raisonnable et sans les inconvénients liés au coût exorbitant des batteries au Lithium.

Un tel choix permettrait d’aborder sereinement le marché, tout en laissant aux industriels un répit de quelques années pour parfaire la mise au point de la technologie au Lithium.

Bien sûr un retour, même provisoire, au Plomb n’est pas très sexy, mais la vie n’est-elle pas faite de compromis ?…..

 

 

 

Repost 0
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 12:02

13 Décembre 2011

Pour ceux à qui cela aurait échappé, rappelons que la France est un pays producteur de pétrole.

Non, nous ne voulons pas parler du pétrole de Guyane, très prometteur, mais bien de la production métropolitaine.

Certes, cette production est modeste, puisqu’elle ne couvre qu’environ 1% des importations nationales. Mais, comme dirait l’autre, au prix du baril c’est toujours çà de pris. Près de 6 Millions de barils ont ainsi été produits en 2010.

Les zones exploitées sont la région Parisienne, la région Aquitaine, et un peu en Alsace.

Intéressons-nous à la région Parisienne.

Peu de France-Iliens savent qu’ils sont entourés de 19 gisements de pétrole, comprenant pas moins de 116 puits en exploitation. Les départements concernés sont les Yvelines, la Seine-et-Marne, et l’Essonne.

Cette petite entreprise a démarré en 1958 et poursuit son activité sous l’étroite surveillance de la DRIRE.

Un des impératifs environnementaux auxquels cette exploitation est soumise, est bien sûr la protection des nappes phréatiques. Lors des forages, de l’exploitation, et du rebouchage des puits, les procédés mis en œuvre visent à éviter les risques de pollution des nappes d’eau, et de mise en communication d’aquifères différents.

Il semble que ces procédés soient efficaces puisque les seules pollutions de nappes phréatiques signalées concernent les pesticides et les nitrates !

Cette activité n’aurait donc jamais fait la une des journaux si, crise de l’énergie aidant, les experts de la chose ne s’étaient avisés que la région Parisienne contient aussi des réserves importantes de gaz et huiles de schiste.

Là il ne s’agit plus d’extraire du pétrole à la petite cuillère, mais de produire à l’égal d’un émir moyen-oriental ( On parle de réserves de 65 Milliards de barils en France ).

Les journaux se sont donc emparés de l’affaire et les requins du pétro dollar se précipitent pour toucher leur part du gâteau.

Depuis 15 ans la Société TOREADOR est l’un des exploitants du pétrole conventionnel d’Ile-de France, et lorgne bien entendu vers un possible jack-pot grâce aux huiles et gaz de schiste.

Un accord de partenariat a été conclu en 2010 avec la Société Hess, suivi d’une association avec ZAZA Energy, ce qui donne aux partenaires une « carte de visite » avec les gisements de EagleFord, Eaglebine, et le bassin de paris, sur lequel TOREADOR détient des permis.

Voici donc un mariage de raison avec voyage de noces en Ile-de-France.

Certes, le contrat de mariage contient une clause restrictive par laquelle il est fait opposition à l’usage de la fracturation hydraulique en France; mais les jeunes mariés ont plus d’un tour dans leur sac et s’estiment capables de tourner l’interdit pour toucher le Saint Graal.

Ces compagnies sont adossées à des services juridiques experts dont l’un des rôles essentiels est de décortiquer les dispositions légales défavorables à leurs projets, et de trouver des biais pour contourner les interdictions.

D’autre part, des services de marketing et communication se chargent de

pratiquer un lobbying d’enfer afin de gagner à leur cause les décideurs ad-hoc.

Gageons que nous entendrons reparler du couple infernal TOREADOR-ZAZA.

 

Repost 0
10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 19:00

10 Décembre 2011

Nous sommes en 2030, dix millions de véhicules électriques sillonnent la France.

Ce scénario est relativement conservatif, puisque le parc sera de 40 Millions de véhicules environ en 2025. Notre hypothèse retient

Le quart du parc en électrique.

( Le parc actuel est de 30 Millions de voitures particulières et 5 Millions de véhicules utilitaires légers. La croissance est de 1% l’an environ ).

Rentré à son domicile, l’usager branche son auto sur l’installation de recharge de batterie qui s’activera en tarif heures creuses, à 22 heures.

Cette installation délivre une puissance de 3 KW environ, suffisante pour recharger partiellement une batterie de 20 à 30 Kwh durant la nuit.

Chaque usager faisant de même, il en résulte une surconsommation de

30 GW.

Pour fixer les idées il faut savoir que cette puissance correspond à 20 centrales de 1 500 MW chacune, ou à 12 000 éoliennes de 5 MW avec un taux de disponibilité de 50%.

Ce n’est pas grave, dira Monsieur Candide, car la nuit la consommation électrique est faible, il y aura donc de la puissance disponible.

Monsieur Candide se trompe, la consommation nocturne est loin d’être faible, comme le montrent les relevés horaires de ERDF.

Actuellement, au cours d’un hiver « normal », la puissance appelée au cours de la nuit passe par un pic autour de 19-20 Heures pour se stabiliser ensuite à environ 65 GW.

Au cours d’un hiver froid les chiffres augmentent. Par exemple le pic de 19 H a atteint 96 GW en 2011, pour un palier nocturne de 75 GW.

L’ADEME prévoit une augmentation de la consommation au cours des prochaines décennies, à laquelle viendront s’ajouter les 30 GW de la voiture électrique.

Il faudra donc faire face à une consommation nocturne supérieure à

100 GW, et non plus à un « simple » pic de 19H comme c’est le cas aujourd’hui.

Et tout cela dans un contexte de sortie du nucléaire et de réduction des émissions de CO2.

Faute d’un programme concerté de développement du véhicule électrique et des moyens de production d’électricité, il faudra gérer une situation de pénurie impliquant des délestages désastreux pour l’usager qui pourra se trouver dans l’impossibilité d’utiliser son véhicule, faute de courant pour recharger ses accus.

Il paraît de plus en plus évident qu’il faudra recourir encore longtemps aux énergies fossiles carbonées pour produire cette électricité indispensable.

On comprend mieux, dès lors, les difficultés rencontrées à Durban pour trouver un accord sur le programme de réduction du CO2.

Plutôt que de construire des centrales thermiques à combustibles fossiles pour fournir de l’électricité aux voitures, ne vaudrait-il pas mieux utiliser directement ces combustibles dans des voitures à moteurs thermiques de rendement amélioré ? ….. Air connu….

 

Repost 0
7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 11:03

7 Décembre 2011

Les temps sont durs pour les responsables des approvisionnements électriques.

La France est le dernier pays d’Europe en matière d’énergies nouvelles, et le nucléaire civil a du plomb dans l’aile.

Dans le même temps les français accroissent leur consommation d’électricité, malgré les règlementations diverses, malgré les progrès indéniables dans l’isolation des bâtiments, mais aussi à cause du développement des applications nouvelles, et du nombre des ménages, sans parler de la future voiture électrique !

Le recours à des centrales thermiques à flamme pour compléter les besoins est inévitable, mais tout doit être fait pour en limiter la portée.

Nous entrons donc dans une ère difficile, où les économies d’énergie deviennent inévitables.

Pour passer du vœux pieux à la réalisation, il faut des outils.

Des outils financiers, tarification, quotas, incitations, taxes diverses.

Des outils règlementaires, pour l’efficacité énergétique des matériels et des bâtiments.

Tout cela existe, il « suffit » de les utiliser à bon escient.

Il demeure cependant un problème non résolu, celui de la grande variabilité de la consommation.

Alors que la puissance moyenne demandée est de 45 GW, la puissance instantanée peut monter au double, le record étant de 96 GW.

Il saute aux yeux que, plutôt que de dimensionner les moyens de production pour faire face à une demande de 100 GW, il serait plus efficace de « lisser » la demande de manière à éviter de dépasser par exemple 70 GW. Ce qui permettrait de réduire de 30% la puissance disponible du parc.

Le seul moyen d’y parvenir est de mettre en place une gestion « intelligente » de la consommation.

Pour cela il faut d’abord développer un réseau de communication entre d’une part les fournisseurs d’énergie, et d’autre part les points de consommation.

Ce réseau ( Smart Grid ) est en cours de mise au point, son déploiement se fera sur une décennie environ.

Un réseau embryonnaire existe déjà, qui utilise les possibilités du compteur électronique actuel qui équipe de nombreux foyers.

Ce compteur permet au client de disposer d’informations sur sa consommations instantanée, et de gérer cette consommation grâce à des informations exploitables pour le délestage par exemple. La communication avec le fournisseur est assurée par une transmission à courants porteurs ( CPL). C’est la technologie AMR ( Automated Meter Reading), qui permet la lecture des index à distance, et bien d’autres choses.

Bien sûr la pleine exploitation de ces possibilités implique que les matériels branchés possèdent les interfaces ad-hoc. Les normes existent, les matériels aussi, au moins dans le haut de gamme, et les réseaux domestiques progressent.

Le réseau intelligent fera davantage. C’est le projet « Linky » de EDF.

Il utilise la technologie AMM ( Advanced Meter Management ).

Il ne s’agit plus seulement de « reading » mais de « management », c’est-à-dire de gestion de la consommation du client, en accord avec les termes d’un contrat bien évidemment.

L’inconvénient d’un tel système découle de ses avantages: Le fournisseur connaîtra à chaque instant l’état du système client, c’est-à-dire en fait qui fait quoi, et comment. Ceci bien sûr si le domicile est équipé d’un réseau domotique, même sommaire.

On touche alors à un problème de confidentialité, et la question se pose de savoir qui aura accès à ces informations, et comment elles seront utilisées.

La CNIL est donc impliquée dans ce problème.

ERDF a démarré une expérimentation en 2010, qui s’est terminée en Mars 2011. Le rapport d’évaluation de la CRE est disponible sur le site .

Ce rapport est favorable au démarrage de la phase industrielle. 35 Millions de foyers seront équipés d’ici 2020, le coût de cette opération est estimé à 4 Milliards d’euros, qui seront financés grâce aux économies réalisées sur la gestion du réseau et surtout sur la rationalisation de la production.

Un réseau tel que « Linky » est d’autre part indispensable pour la gestion future des énergies nouvelles, avec leurs caractéristiques spécifiques:

- Dispersion des sites de production.

- Production intermittente.

Il faut vivre avec son temps.

 

 

 

 

Repost 0
6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 11:18

 

06 Décembre 2011

Après le Vélib, voici l’Autolib.

Les promoteurs de ce nouveau service ( Le groupe Bolloré et la Ville de Paris) ont choisi de cumuler deux innovations: La voiture en libre service, et la motorisation tout électrique.

La voiture en libre service est déjà en soi une innovation importante, qui aurait pu se satisfaire d’une motorisation conventionnelle, ce qui aurait supprimé la nécessité d’infrastructures de rechargement très onéreuses.

Mais Bolloré a tenu à faire d’Autolib un banc d’essai pour ses produits, essentiellement les batteries, et de faire d’une pierre deux coups en bénéficiant de l’image High Tech de l’électrique, doublée de l’image écolo liée à l’absence d’émission de CO2.

Il leur faudra donc essuyer les plâtres d’un nouveau service, et d’une nouvelle technique.

Notons que les promoteurs de Vélib se sont bien gardés de faire le même choix. La force musculaire a été conservée, et les infrastructures sont réduites au minimum.

Autolib n’a pas encore vraiment démarré que déjà les opposants donnent de la voix:

Concurrence déloyale, selon les taxis, ce qui n’est pas faux eu égard aux aides financières dont bénéficie Autolib, et qui permettent de pratiquer des tarifs de complaisance.

Inefficacité environnementale, selon les écologistes, ce qui n’est pas faux puisque l’électricité nécessaire à la recharge des batteries est d’origine nucléaire ou fossile.

Encouragement au délaissement des transports en communs, et accroissement du nombre de véhicules dans la ville.

L’opposition la plus pertinente est sans doute celle des taxis, puisque Autolib chasse sur le même territoire une clientèle similaire.

Il y a environ 17 000 taxis à Paris. Le service Autolib prévoit 3 000 véhicules en 2014. Il s’agit donc d’une concurrence significative, qui ne peut qu’augmenter en cas de réponse positive de la clientèle.

Il faut donc s’attendre à des mouvements revendicatifs de la part des taxis pour obtenir des conditions de concurrence soutenables.

L’opposition des écologistes est en fait plus généralement dirigée contre le choix de développer les véhicules électriques alors que les énergies renouvelables ne sont pas encore disponibles, ce qui revient à mettre la charrue avant les bœufs. De ce point de vue ils ont parfaitement raison.

La voiture électrique apparaît alors comme un simple gadget High Tech pour geek argenté, sans aucun rapport avec le Grenelle de l’environnement.

L’argument de l’accroissement du nombre de véhicules dans la ville est contré par l’argument inverse d’Autolib, qui prétend remplacer 22 500 véhicules particuliers.

Les explications des uns et des autres sont vaseuses, seule l’expérience dira qui a raison.

Remarquons tout de même que si 22 500 personnes désirant se déplacer en voiture ont à se partager 3 000 véhicules, il y aura comme un problème.

L’expérience sera donc extrêmement intéressante à suivre, du triple point de vue d’un éventuel conflit avec les taxis, de l’accueil de la clientèle, et de la validité des choix techniques.

 

 

 

 

Repost 0
4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 19:27

04 Décembre 2011

La loi N° 2011-835 du 13 Juillet 2011 a fait beaucoup de bruit dans le Landerneau du gaz de schiste.

Que dit exactement cette Loi ?

Extrait de l’Article 1:

«l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche sont interdites sur le territoire national » .

La fracturation hydraulique est donc clairement interdite.

Par contre, rien n’est dit sur les autres éventuels procédés d’exploitation, pour lesquels la question reste ouverte, au moins juridiquement.

Extraits de l’Article 2:

«Il est créé une Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux .

Elle a notamment pour objet d’évaluer les risques environnementaux liés aux techniques de fracturation hydraulique ou aux techniques alternatives ».

« Elle émet un avis public sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations, réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public, prévues à l’article 4. »

Ce qui signifie que la fracturation hydraulique n’est pas définitivement rejetée. Elle fera l’objet d’une analyse des risques environnementaux, de même que les autres procédés. En attendant les résultats de cette analyse, seules sont autorisées sous surveillance des expérimentations à but scientifique:


En clair, on arrête toute exploitation en attendant d’y voir plus clair.

On crée une commission chargée de rapporter au gouvernement le résultat des analyses environnementales des différents procédés.

Des expérimentations à but scientifiques demeurent autorisées, sous étroite surveillance.

La notion de « procédés alternatifs » est une porte ouverte vers une possible exploitation des gaz de schiste par des méthodes moins agressives pour l’environnement. De telles méthodes sont à l’étude, en particulier chez TOTAL, qui y consacre des moyens significatifs.

Voir en particulier les travaux de Wen CHEN, conduits avec le soutien financier de cette entreprise.

Rappelons que la France importe la quasi-totalité du gaz consommé.

En 2008, la facture gazière s’est élevée à 12,4 Milliards d’euros, pour 504 TWh.

On imagine aisément que, face à de tels montants, la tentation sera grande d’exploiter les ressources internes, ne serait-ce que pour compenser la baisse de production énergétique consécutive à une éventuelle réduction du nucléaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0