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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 12:02

13 Décembre 2011

Pour ceux à qui cela aurait échappé, rappelons que la France est un pays producteur de pétrole.

Non, nous ne voulons pas parler du pétrole de Guyane, très prometteur, mais bien de la production métropolitaine.

Certes, cette production est modeste, puisqu’elle ne couvre qu’environ 1% des importations nationales. Mais, comme dirait l’autre, au prix du baril c’est toujours çà de pris. Près de 6 Millions de barils ont ainsi été produits en 2010.

Les zones exploitées sont la région Parisienne, la région Aquitaine, et un peu en Alsace.

Intéressons-nous à la région Parisienne.

Peu de France-Iliens savent qu’ils sont entourés de 19 gisements de pétrole, comprenant pas moins de 116 puits en exploitation. Les départements concernés sont les Yvelines, la Seine-et-Marne, et l’Essonne.

Cette petite entreprise a démarré en 1958 et poursuit son activité sous l’étroite surveillance de la DRIRE.

Un des impératifs environnementaux auxquels cette exploitation est soumise, est bien sûr la protection des nappes phréatiques. Lors des forages, de l’exploitation, et du rebouchage des puits, les procédés mis en œuvre visent à éviter les risques de pollution des nappes d’eau, et de mise en communication d’aquifères différents.

Il semble que ces procédés soient efficaces puisque les seules pollutions de nappes phréatiques signalées concernent les pesticides et les nitrates !

Cette activité n’aurait donc jamais fait la une des journaux si, crise de l’énergie aidant, les experts de la chose ne s’étaient avisés que la région Parisienne contient aussi des réserves importantes de gaz et huiles de schiste.

Là il ne s’agit plus d’extraire du pétrole à la petite cuillère, mais de produire à l’égal d’un émir moyen-oriental ( On parle de réserves de 65 Milliards de barils en France ).

Les journaux se sont donc emparés de l’affaire et les requins du pétro dollar se précipitent pour toucher leur part du gâteau.

Depuis 15 ans la Société TOREADOR est l’un des exploitants du pétrole conventionnel d’Ile-de France, et lorgne bien entendu vers un possible jack-pot grâce aux huiles et gaz de schiste.

Un accord de partenariat a été conclu en 2010 avec la Société Hess, suivi d’une association avec ZAZA Energy, ce qui donne aux partenaires une « carte de visite » avec les gisements de EagleFord, Eaglebine, et le bassin de paris, sur lequel TOREADOR détient des permis.

Voici donc un mariage de raison avec voyage de noces en Ile-de-France.

Certes, le contrat de mariage contient une clause restrictive par laquelle il est fait opposition à l’usage de la fracturation hydraulique en France; mais les jeunes mariés ont plus d’un tour dans leur sac et s’estiment capables de tourner l’interdit pour toucher le Saint Graal.

Ces compagnies sont adossées à des services juridiques experts dont l’un des rôles essentiels est de décortiquer les dispositions légales défavorables à leurs projets, et de trouver des biais pour contourner les interdictions.

D’autre part, des services de marketing et communication se chargent de

pratiquer un lobbying d’enfer afin de gagner à leur cause les décideurs ad-hoc.

Gageons que nous entendrons reparler du couple infernal TOREADOR-ZAZA.

 

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 19:00

10 Décembre 2011

Nous sommes en 2030, dix millions de véhicules électriques sillonnent la France.

Ce scénario est relativement conservatif, puisque le parc sera de 40 Millions de véhicules environ en 2025. Notre hypothèse retient

Le quart du parc en électrique.

( Le parc actuel est de 30 Millions de voitures particulières et 5 Millions de véhicules utilitaires légers. La croissance est de 1% l’an environ ).

Rentré à son domicile, l’usager branche son auto sur l’installation de recharge de batterie qui s’activera en tarif heures creuses, à 22 heures.

Cette installation délivre une puissance de 3 KW environ, suffisante pour recharger partiellement une batterie de 20 à 30 Kwh durant la nuit.

Chaque usager faisant de même, il en résulte une surconsommation de

30 GW.

Pour fixer les idées il faut savoir que cette puissance correspond à 20 centrales de 1 500 MW chacune, ou à 12 000 éoliennes de 5 MW avec un taux de disponibilité de 50%.

Ce n’est pas grave, dira Monsieur Candide, car la nuit la consommation électrique est faible, il y aura donc de la puissance disponible.

Monsieur Candide se trompe, la consommation nocturne est loin d’être faible, comme le montrent les relevés horaires de ERDF.

Actuellement, au cours d’un hiver « normal », la puissance appelée au cours de la nuit passe par un pic autour de 19-20 Heures pour se stabiliser ensuite à environ 65 GW.

Au cours d’un hiver froid les chiffres augmentent. Par exemple le pic de 19 H a atteint 96 GW en 2011, pour un palier nocturne de 75 GW.

L’ADEME prévoit une augmentation de la consommation au cours des prochaines décennies, à laquelle viendront s’ajouter les 30 GW de la voiture électrique.

Il faudra donc faire face à une consommation nocturne supérieure à

100 GW, et non plus à un « simple » pic de 19H comme c’est le cas aujourd’hui.

Et tout cela dans un contexte de sortie du nucléaire et de réduction des émissions de CO2.

Faute d’un programme concerté de développement du véhicule électrique et des moyens de production d’électricité, il faudra gérer une situation de pénurie impliquant des délestages désastreux pour l’usager qui pourra se trouver dans l’impossibilité d’utiliser son véhicule, faute de courant pour recharger ses accus.

Il paraît de plus en plus évident qu’il faudra recourir encore longtemps aux énergies fossiles carbonées pour produire cette électricité indispensable.

On comprend mieux, dès lors, les difficultés rencontrées à Durban pour trouver un accord sur le programme de réduction du CO2.

Plutôt que de construire des centrales thermiques à combustibles fossiles pour fournir de l’électricité aux voitures, ne vaudrait-il pas mieux utiliser directement ces combustibles dans des voitures à moteurs thermiques de rendement amélioré ? ….. Air connu….

 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 11:03

7 Décembre 2011

Les temps sont durs pour les responsables des approvisionnements électriques.

La France est le dernier pays d’Europe en matière d’énergies nouvelles, et le nucléaire civil a du plomb dans l’aile.

Dans le même temps les français accroissent leur consommation d’électricité, malgré les règlementations diverses, malgré les progrès indéniables dans l’isolation des bâtiments, mais aussi à cause du développement des applications nouvelles, et du nombre des ménages, sans parler de la future voiture électrique !

Le recours à des centrales thermiques à flamme pour compléter les besoins est inévitable, mais tout doit être fait pour en limiter la portée.

Nous entrons donc dans une ère difficile, où les économies d’énergie deviennent inévitables.

Pour passer du vœux pieux à la réalisation, il faut des outils.

Des outils financiers, tarification, quotas, incitations, taxes diverses.

Des outils règlementaires, pour l’efficacité énergétique des matériels et des bâtiments.

Tout cela existe, il « suffit » de les utiliser à bon escient.

Il demeure cependant un problème non résolu, celui de la grande variabilité de la consommation.

Alors que la puissance moyenne demandée est de 45 GW, la puissance instantanée peut monter au double, le record étant de 96 GW.

Il saute aux yeux que, plutôt que de dimensionner les moyens de production pour faire face à une demande de 100 GW, il serait plus efficace de « lisser » la demande de manière à éviter de dépasser par exemple 70 GW. Ce qui permettrait de réduire de 30% la puissance disponible du parc.

Le seul moyen d’y parvenir est de mettre en place une gestion « intelligente » de la consommation.

Pour cela il faut d’abord développer un réseau de communication entre d’une part les fournisseurs d’énergie, et d’autre part les points de consommation.

Ce réseau ( Smart Grid ) est en cours de mise au point, son déploiement se fera sur une décennie environ.

Un réseau embryonnaire existe déjà, qui utilise les possibilités du compteur électronique actuel qui équipe de nombreux foyers.

Ce compteur permet au client de disposer d’informations sur sa consommations instantanée, et de gérer cette consommation grâce à des informations exploitables pour le délestage par exemple. La communication avec le fournisseur est assurée par une transmission à courants porteurs ( CPL). C’est la technologie AMR ( Automated Meter Reading), qui permet la lecture des index à distance, et bien d’autres choses.

Bien sûr la pleine exploitation de ces possibilités implique que les matériels branchés possèdent les interfaces ad-hoc. Les normes existent, les matériels aussi, au moins dans le haut de gamme, et les réseaux domestiques progressent.

Le réseau intelligent fera davantage. C’est le projet « Linky » de EDF.

Il utilise la technologie AMM ( Advanced Meter Management ).

Il ne s’agit plus seulement de « reading » mais de « management », c’est-à-dire de gestion de la consommation du client, en accord avec les termes d’un contrat bien évidemment.

L’inconvénient d’un tel système découle de ses avantages: Le fournisseur connaîtra à chaque instant l’état du système client, c’est-à-dire en fait qui fait quoi, et comment. Ceci bien sûr si le domicile est équipé d’un réseau domotique, même sommaire.

On touche alors à un problème de confidentialité, et la question se pose de savoir qui aura accès à ces informations, et comment elles seront utilisées.

La CNIL est donc impliquée dans ce problème.

ERDF a démarré une expérimentation en 2010, qui s’est terminée en Mars 2011. Le rapport d’évaluation de la CRE est disponible sur le site .

Ce rapport est favorable au démarrage de la phase industrielle. 35 Millions de foyers seront équipés d’ici 2020, le coût de cette opération est estimé à 4 Milliards d’euros, qui seront financés grâce aux économies réalisées sur la gestion du réseau et surtout sur la rationalisation de la production.

Un réseau tel que « Linky » est d’autre part indispensable pour la gestion future des énergies nouvelles, avec leurs caractéristiques spécifiques:

- Dispersion des sites de production.

- Production intermittente.

Il faut vivre avec son temps.

 

 

 

 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 11:18

 

06 Décembre 2011

Après le Vélib, voici l’Autolib.

Les promoteurs de ce nouveau service ( Le groupe Bolloré et la Ville de Paris) ont choisi de cumuler deux innovations: La voiture en libre service, et la motorisation tout électrique.

La voiture en libre service est déjà en soi une innovation importante, qui aurait pu se satisfaire d’une motorisation conventionnelle, ce qui aurait supprimé la nécessité d’infrastructures de rechargement très onéreuses.

Mais Bolloré a tenu à faire d’Autolib un banc d’essai pour ses produits, essentiellement les batteries, et de faire d’une pierre deux coups en bénéficiant de l’image High Tech de l’électrique, doublée de l’image écolo liée à l’absence d’émission de CO2.

Il leur faudra donc essuyer les plâtres d’un nouveau service, et d’une nouvelle technique.

Notons que les promoteurs de Vélib se sont bien gardés de faire le même choix. La force musculaire a été conservée, et les infrastructures sont réduites au minimum.

Autolib n’a pas encore vraiment démarré que déjà les opposants donnent de la voix:

Concurrence déloyale, selon les taxis, ce qui n’est pas faux eu égard aux aides financières dont bénéficie Autolib, et qui permettent de pratiquer des tarifs de complaisance.

Inefficacité environnementale, selon les écologistes, ce qui n’est pas faux puisque l’électricité nécessaire à la recharge des batteries est d’origine nucléaire ou fossile.

Encouragement au délaissement des transports en communs, et accroissement du nombre de véhicules dans la ville.

L’opposition la plus pertinente est sans doute celle des taxis, puisque Autolib chasse sur le même territoire une clientèle similaire.

Il y a environ 17 000 taxis à Paris. Le service Autolib prévoit 3 000 véhicules en 2014. Il s’agit donc d’une concurrence significative, qui ne peut qu’augmenter en cas de réponse positive de la clientèle.

Il faut donc s’attendre à des mouvements revendicatifs de la part des taxis pour obtenir des conditions de concurrence soutenables.

L’opposition des écologistes est en fait plus généralement dirigée contre le choix de développer les véhicules électriques alors que les énergies renouvelables ne sont pas encore disponibles, ce qui revient à mettre la charrue avant les bœufs. De ce point de vue ils ont parfaitement raison.

La voiture électrique apparaît alors comme un simple gadget High Tech pour geek argenté, sans aucun rapport avec le Grenelle de l’environnement.

L’argument de l’accroissement du nombre de véhicules dans la ville est contré par l’argument inverse d’Autolib, qui prétend remplacer 22 500 véhicules particuliers.

Les explications des uns et des autres sont vaseuses, seule l’expérience dira qui a raison.

Remarquons tout de même que si 22 500 personnes désirant se déplacer en voiture ont à se partager 3 000 véhicules, il y aura comme un problème.

L’expérience sera donc extrêmement intéressante à suivre, du triple point de vue d’un éventuel conflit avec les taxis, de l’accueil de la clientèle, et de la validité des choix techniques.

 

 

 

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 19:27

04 Décembre 2011

La loi N° 2011-835 du 13 Juillet 2011 a fait beaucoup de bruit dans le Landerneau du gaz de schiste.

Que dit exactement cette Loi ?

Extrait de l’Article 1:

«l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche sont interdites sur le territoire national » .

La fracturation hydraulique est donc clairement interdite.

Par contre, rien n’est dit sur les autres éventuels procédés d’exploitation, pour lesquels la question reste ouverte, au moins juridiquement.

Extraits de l’Article 2:

«Il est créé une Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux .

Elle a notamment pour objet d’évaluer les risques environnementaux liés aux techniques de fracturation hydraulique ou aux techniques alternatives ».

« Elle émet un avis public sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations, réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public, prévues à l’article 4. »

Ce qui signifie que la fracturation hydraulique n’est pas définitivement rejetée. Elle fera l’objet d’une analyse des risques environnementaux, de même que les autres procédés. En attendant les résultats de cette analyse, seules sont autorisées sous surveillance des expérimentations à but scientifique:


En clair, on arrête toute exploitation en attendant d’y voir plus clair.

On crée une commission chargée de rapporter au gouvernement le résultat des analyses environnementales des différents procédés.

Des expérimentations à but scientifiques demeurent autorisées, sous étroite surveillance.

La notion de « procédés alternatifs » est une porte ouverte vers une possible exploitation des gaz de schiste par des méthodes moins agressives pour l’environnement. De telles méthodes sont à l’étude, en particulier chez TOTAL, qui y consacre des moyens significatifs.

Voir en particulier les travaux de Wen CHEN, conduits avec le soutien financier de cette entreprise.

Rappelons que la France importe la quasi-totalité du gaz consommé.

En 2008, la facture gazière s’est élevée à 12,4 Milliards d’euros, pour 504 TWh.

On imagine aisément que, face à de tels montants, la tentation sera grande d’exploiter les ressources internes, ne serait-ce que pour compenser la baisse de production énergétique consécutive à une éventuelle réduction du nucléaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 19:14

 

 

 

L’heure des choix.

30 Novembre 2011

L’heure des choix est donc arrivée. Cette mise en demeure est le résultat des effets conjugués de plusieurs phénomènes auxquels nous ne sommes pas étrangers:

- Le réchauffement de la planète, même si les activités humaines ne sont que partiellement responsables.

Selon les instances du GIEC, qui reste l’autorité acceptée même si elle est contestée par certains, le réchauffement pourrait atteindre deux degrés Celsius avant 2050, confirmant le pire scénario envisagé.

Nous serons donc confrontés aux conséquences climatiques bien plus tôt que prévu.

- La catastrophe de Fukushima qui vient, après celle de Tchernobyl, mettre en évidence les dangers concrets du nucléaire, et la nécessité impérieuse de revoir les conditions d’utilisation de cette énergie pour la rendre acceptable, ou de l’abandonner s’il y a lieu.

- L’accroissement mondial de la demande d’énergie, liée aux besoins des pays émergents. Cet accroissement porte en lui-même une menace de pénurie sur les énergies fossiles carbonées, qui bientôt ne suffiront plus à satisfaire la demande mondiale.

- L’accroissement considérable de la pollution et des atteintes à l’environnement, liées à l’utilisation de procédés extrêmes d’extraction de combustibles fossiles difficilement accessibles, tels que les forages off-shore en eau profonde, et l’exploitation du gaz de schiste.

- Le développement incontrôlé des nanotechnologies, dont l’impact sur la santé publique n’est pas pris en compte.

- L’emballement de notre système économique, qui place la plupart des Etats en situation de surendettement qui induit une soumission aux bailleurs de fonds, accompagnée d’une perte d’autonomie de décision.

Cette perte d’autonomie fragilise les Etats et met en jeu l’indépendance des peuples. Elle porte en elle les germes de futures crises internationales.

Les enjeux sont donc posés sur la table, répartis en quatre tas:

- Notre avenir énergétique.

- Notre avenir environnemental.

- Notre dette Nationale.

- L’avenir sociétal de nos enfants.

Dans ces tas il nous faut trier parmi diverses options, en sachant que de ces choix dépendra l’état du pays au XXII ème siècle.

Qui va procéder au tri ?

Si nous ne le faisons pas nous-mêmes, d’autres vont s’en charger à notre place, et nous pourrions le regretter amèrement.

On lit dans les anciens livres que le Pays est dirigé par le Gouvernement, qui décide des choix et applique les décisions, y compris au plan économique.

L’actualité nous montre que ce n’est plus vrai. Le monde est devenu global, un Pays ne peut plus exister seul, sauf à considérer que la Corée du Nord est un Pays enviable.

Plus un Pays est développé, et plus il dépend des autres, pour son énergie lorsqu’il en est dépourvu, pour ses matières premières pour les mêmes raisons, pour exporter ses productions, pour importer ce qu’il ne sait pas, ou ne sait plus, fabriquer.

La France n

est pas la Corée du Nord, et il faut sen féliciter. Nous sommes une partie d

un monde dont les économies et les régimes politiques sont interconnectés.

Nous dépendons de l

extérieur pour notre énergie, nos minerais, nos approvisionnement en semi ouvrés, nos machines outils, notre informatique, les produits finis que nous ne fabriquons plus, pour vendre nos avions, nos armements, nos TGV, nos centrales, nos automobiles, nos vins, nos produits de luxe, etc

.

Nous dépendons de la finance mondiale pour réaliser nos fins de mois.

Nous sommes surendettés au point que nos bailleurs de fonds peuvent nous racketter à leur guise.

Lorsqu’un Pays est ainsi dépendant des autres et de la finance mondiale, les choix dont il dispose encore sont extrêmement réduits.

L’enjeu des prochaines élections présidentielles est donc important, mais peut-être pas décisif. En effet, les pouvoirs de l’Etat étant limités à cause de notre très grande dépendance aux marchés internationaux et aux bailleurs de fonds auxquels nous sommes soumis par notre énorme dette, un changement de majorité ne pourrait influencer qu’à la marge les grands problèmes mondiaux desquels dépend pourtant notre avenir.

Faute de pouvoir influencer la marche du monde, il nous reste à gérer notre crise du mieux possible c’est-à-dire en préservant l’essentiel de notre potentiel afin de pouvoir sortir du trou à la prochaine éclaircie.

Dans cette situation, le plus urgent est de cesser d

emprunter le l

argent tout les mois, afin de tenter de sortir de cette spirale du surendettement.

Faire la danse du ventre pour tenter de séduire nos maîtres ( les agences de notations) afin d

obtenir un répit pour nous permettre de continuer à dépenser sans compter, n’est pas digne d’un grand pays.

Aucun projet de société, aucun programme économique, aucun changement de politique énergétique, ne pourra être sérieusement envisagé avec une dette aussi colossale.

Nous devons à nos enfants de leur laisser une situation financière saine, condition incontournable de l’indépendance du Pays.

Se satisfaire du constat que nos voisins ont une dette aussi importante sinon plus, que la nôtre, relève d’une l’irresponsabilité coupable.

Le prochain président devrait être élu sur son programme de réduction de la dette publique. Non pas seulement sur l’expression d’une intention, mais sur un programme précis et chiffré.

Malheureusement l’électeur est toujours plus sensible aux discours rassurants et aux promesses enchanteresses, qu’aux menaces de sang et de larmes.

C’est donc celui qui promettra de raser gratis demain qui sera élu.

Espérons qu’il saura au moins nous éviter la honte d’une faillite…

 

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 18:29

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27 Novembre 2011

Mercredi 15 Décembre 2010, à 19 h 02, le pic de consommation électrique intérieure s’est élevé à 96,3 Gigawatts, établissant un nouveau record.

A ce moment, la répartition a été la suivante:

61% Nucléaire 58,7 GW ( 52 réacteurs sur 58 )

17% Hydraulique 16,4 GW

14% Thermique 13,5 GW

2% Eolien 1,85 GW

2% Autres ER 1,85 GW

4% Importations 4 GW

Ce pic de consommation n’a donc pu être assumé que grâce à des importations d’électricité.

(Selon RTE, le réseau permet d’importer un maximum de 8 GW).

La sollicitation extrême des centrales thermiques a entraîné l’émission de 12 000 tonnes de CO2 par heure.

En France, le dernier réacteur nucléaire a été mis en service en 2000.

Il représente le dernier rejeton d’une série dite REP ( Réacteur à Eau Pressurisée ).

Cette génération devait être suivie d’une génération améliorée dite EPR, dont Flamanville 3 représente le prototype, et qui devait remplacer les REP vieillissants jusqu’à l’arrivée des réacteurs de génération IV, après 2050.

( Le projet ITER participe de la recherche sur la génération IV, ainsi que les travaux sur les réacteurs à sels fondus, et bien d’autres…).

Le vent de révolte suscité dans une partie de l’opinion par la catastrophe de Fukushima est susceptible de remettre en question cette stratégie.

Des décisions pour un retrait du nucléaire sont déjà prises dans certains pays, et le programme français est menacé de coupes claires en cas de changement de majorité en 2012.

Les conséquences attendues sont aisées à déterminer:

Le seul arrêt de Fessenheim et Tricastin en 2012 entraînerait un déficit de plus de 5 GW.

De plus, la mise en œuvre du programme de sécurisation des centrales existantes nécessiterait l’arrêt d’au moins quatre réacteurs simultanément, pour que ce programme puisse être terminé en dix ans. Soit un déficit supplémentaire de 5 GW.

C’est donc 10 GW supplémentaires qu’il faudrait importer lors du pic de consommation de l’hiver 2012/2013.

Et ceci dans une Europe qui, en majorité, serait dans une phase de retrait du nucléaire. Il est illusoire de croire que nos voisins accepteront de se mettre en panne pour nous fournir du courant…

Rappelons que Flamanville 3 sera, au mieux, opérationnel en 2016, pour une puissance de 1,65 GWe « seulement ».

Dans l’article précédent nous avons présenté la stratégie de secours mise en place par EDF, dont la mission reste de fournir le pays en électricité quelques soient les aléas de la politique. Les décisions politiques se prennent à chaud, mais il faut cinq à dix ans pour construire une centrale….

Il faut donc toujours avoir deux fers au feu afin de ne pas être pris au dépourvu.

La stratégie la plus évidente consiste à remettre en service des anciennes centrales thermiques en les modernisant, et en construire de nouvelles sur la base de procédés innovants satisfaisant les recommandations du Grenelle de l’environnement.

Ce programme permettra d’attendre tranquillement que les querelles picrocholino-politiciennes soient réglées ( si elles le sont un jour ), et qu’une stratégie Nationale claire et pérenne soit enfin décidée.

EDF dispose d’un parc de centrales thermiques constitué de 15 sites, avec une puissance installée de 13,5 GW.

La production thermique en 2010 s’est élevée à 59 TWh, soit 12% de la consommation électrique annuelle intérieure ( 488 TWh).

Pour compenser le déficit énergétique créé par l’arrêt d’une partie du parc nucléaire , il faudra donc pratiquement doubler la production en thermique à flamme, dans un premier temps.

Les énergies renouvelables ne peuvent couvrir aujourd’hui que 4 à 5% des besoins, et ne peuvent pas représenter une part significative avant une dizaine d’années.

De plus, aucune décision politique ne peut interdire au Soleil de se coucher avant 19 h en Décembre, on ne peut donc pas compter sur le solaire pour soutenir le pic de consommation de 19 h . On peut à la rigueur faire dire une messe pour avoir du vent…

Last, but not least, si l’avenir est à l’éolien et au solaire, il faut prendre en compte le fait que ces énergies sont intermittentes. Il faudra donc prévoir, le moment venu, une réserve de puissance capable de compenser l’absence momentanées de Soleil ou de vent. Cette réserve ne pouvant être trouvée ni dans le solaire, ni dans le vent, ni dans le nucléaire, je laisse au lecteur le soin de trouver la réponse.

L’urgence, pour EDF, n’est donc plus à Flamanville, mais bien plutôt dans les centrales thermiques à cycle combiné à gaz ( CCG ).

Comme dit l’autre, dans la vie il faut savoir ce qu’on veut…

Le parc actuel de nouvelles centrales CCGT ( Combined Cycle Gas Turbine) comprend environ une douzaine d’unité de 430 MW de puissance moyenne.

L’arrêté du 15 Décembre 2009 sur la programmation pluriannuelle des investissements en électricité prévoit le développement de ce mode de production d’électricité, particulièrement adapté à soutenir les énergies intermittentes.

La technologie CCGT permet un rendement de 60% sur PCI contre 37% pour la technologie classique. Les émissions de CO2 sont réduites de 50%, et les NOX divisés par trois.

Cette technologie est également compatible avec l’usage du fuel.

Les énergies fossiles carbonées n’ont donc pas dit leur dernier mot.

Nécessité fait loi.

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 09:42

27 Novembre 2011

Nous avons rappelé dans le précédent article le problème auquel EDF doit faire face: Notre parc de production électrique n’est pas capable de répondre à deux situations de crise qui se répètent systématiquement tous les ans :

En hiver, les pics de consommation dépassent les capacités de puissance instantanée toutes sources cumulées ( Nucléaire, Thermique, Eolien, etc…).

En été, la sécheresse entraîne l’obligation de baisser la production des réacteurs nucléaires situés au bord de cours d’eau, car il n’y a plus assez d’eau pour les refroidir à pleine puissance.

Dans ces deux situations il est donc nécessaire d’importer de l’électricité, ce qui n’est pas une situation confortable, ni au plan financier, ni au plan de l’indépendance énergétique.

Les pics de consommation ayant tendance à s’aggraver chaque année, ainsi que la sécheresse , il devenait urgent de trouver une solution à cet angoissant problème.

D’autant plus que nos voisins, éventuels fournisseurs en périodes de pics de consommation, s’orientent vers une stratégie de sortie du nucléaire, laquelle se traduira par une baisse de leurs possibilités d’exportation.

Problème aggravé par la menace, de plus en plus concrète, d’une réduction programmée de 20% des capacités nucléaires en France en cas de succès de l’opposition aux présidentielles.

Face à ces nuages qui assombrissent notre horizon énergétique, EDF à mis en place, dès 2007, un vaste programme de montée en puissance de la production électrique à partir de centrales thermiques.

Ce programme comprend deux volets:

Un programme « Repowering » qui consiste à remplacer, dans les anciennes centrales thermiques, le vieux matériel par du matériel moderne de meilleur rendement avec un traitement des émissions.

Un programme de construction de nouvelles centrales thermiques exploitant le procédé CCG ( Cycle Combiné Gaz ).

Par exemple, la centrale de Martigues, qui représente le plus gros investissement EDF après Flamanville ( 0,47 Milliards d’euros). Elle comprend deux unités CCG de 930 MW, capables de produire annuellement 7 TWh.

Un tel programme permettra de répondre aux besoins des deux prochaines décennies. Au terme de cette période, les énergies renouvelables sont supposées prendre la relève. Une nouvelle stratégie sera alors définie, tenant compte des nouvelles conditions environnementales:

Comment aura évolué la consommation énergétique ?

Qu’en sera-t-il de la crise ?

Comment aura évolué le problème de la dette ?

Quelle sera la majorité au pouvoir ?

Où en seront les énergies renouvelables ?

Quelle sera la nouvelle politique nucléaire ?

Quel sera le marché des énergies fossiles carbonées ?

Où en sera le projet ITER ?

Faute de connaître aujourd’hui les réponses à ces questions, toute prévision au-delà de 2030 est parfaitement fantaisiste.

Le retour au Gaz permet d’assurer nos arrières en attendant une meilleure visibilité qui seule permettra d’établir une stratégie à long terme.

 

 

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 10:49

26 Novembre 2011

Au-delà du tango médiatique sur le retrait ou non du nucléaire, débat récupéré par la campagne présidentielle, il nous a paru intéressant de regarder à nos pieds comment travaillent ceux qui sont chargés de nous fournir en électricité au jour le jour, en véritables soutiers de l’énergie.

Leur problème n’est pas de savoir quelle serait la meilleure énergie pour le prochain siècle, mais de prendre, hic et nunc, des dispositions à court terme pour être en mesure de garantir nos fournitures électriques demain matin, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Leur mot d’ordre est donc « Faire du mieux possible avec ce qu’on a sous la main».

De quels éléments disposent-ils pour établir leur plan d’action ?

1- D’abord l’état des lieux de la production:

Production 2010 / Source RTE: 550 Twh

Dont Nucléaire: 407

Hydroélectrique 68

Thermique flamme 59

Eolien 9,5

Autres renouvelables 5,5

Consommation intérieure 2010 / Même source: 488 TWh

Gradient par rapport à la consommation 2009: + 1,9 %

Ces chiffres confirment ce qu’on savait déjà: production globalement excédentaire, à 74% d’origine nucléaire. Energie nouvelles encore balbutiantes ( 3,8% de la consommation ).

Ce que ces chiffres ne disent pas, c’est que, malgré une production globale excédentaire, la France doit importer de l’électricité pour répondre aux besoins en périodes de pointes, cela à cause du manque de flexibilité de la production nucléaire. En 2010 le solde des échanges frontaliers est positif, à environ 60 TWh, mais nos besoins en période de pointe sont assurés par nos voisins.

Ce bilan montre que la capacité de production instantanée est insuffisante pour couvrir les besoins de pointe. Il faut alors acheter du courant à nos voisins.

2- Ensuite, le contexte Européen et le marché:

Nos voisins, à qui nous achetons de l’électricité pour répondre aux besoins de pointe, ont engagé une stratégie de retrait du nucléaire.

Cette stratégie se traduira par une tension sur la disponibilité d’énergie électrique en Europe, avec possibles difficultés d’approvisionnement pour la France en périodes de pointe). De plus cette électricité importée sera produite par des centrales thermiques à flamme, ce qui n’est pas vraiment dans les impératifs du grenelle de l’environnement, bonjour le CO2!

3- Puis l’analyse des besoins prévisionnels:

Malgré les appels à la frugalité énergétique, on ne peut que constater une augmentation de la consommation ( + 1,9% en 2010 ) malgré la crise.

L’analyse des raisons de cette augmentation est un autre problème. Le fournisseur l’électricité se borne à constater les chiffres.

Le responsable des approvisionnements doit donc raisonnablement envisager une croissance de sa production pour pouvoir répondre à la demande.

Et ce n’est pas l’arrivée de la voiture électrique qui le fera changer d’avis !

4- Ensuite, la conjoncture politique et les retombées de Fukushima:

La pression des antinucléaires devient de plus en plus forte, la catastrophe de Fukushima a fait du nucléaire un enjeu de campagne électorale.

Il faut donc s’attendre, en cas de changement de majorité, à des décisions gouvernementales se traduisant par une baisse de la capacité de production nucléaire.

Le programme de l’opposition annonce clairement une réduction de 75% à 50% de la part nucléaire dans le mix électrique français, par un arrêt de vingt quatre réacteurs sur une période de quinze à vingt ans.

5- Enfin, les énergies nouvelles.

Aujourd’hui elles entrent pour 3,8% dans la consommation intérieure d’électricité en France.

Ce chiffre est évidemment très modeste, mais tout les indices laissent espérer une croissance lente, mais régulière. Un apport significatif n’est cependant pas attendu avant dix à quinze ans.

Ces énergies nouvelles présentent une caractéristique innovante: elles peuvent être produites par les particuliers ou les collectivités à proximité immédiate des besoins. Les installations peuvent ou non être raccordées au réseau.

Ceci veut dire qu’une partie importante des besoins nouveaux pourra être couverte de cette manière, soulageant d’autant la charge des grands opérateurs de réseaux.

A tout ces éléments viennent s’ajouter les aspects financiers

( investissements, coûts, rentabilité) , la politique d’exportation de la technologie française, l’ouverture des marchés mondiaux, les impératifs du Grenelle de l’environnement, la coopération internationale, la recherche, la formation, etc…

Le prix public de l’électricité en France est l’un des moins élevés d’Europe. Des changements radicaux de stratégie énergétique exigeront des investissements très importants, qui devront être en partie couverts par des augmentations de tarifs, que l’usager public n’est pas prêt à accepter.

 

Il en résulte une stratégie dont on peut essayer de deviner les grandes lignes:

1- Dans l’immédiat, pour éviter une pénurie de fournitures électriques en périodes de pointe, mettre sur pied un programme de construction de centrales thermiques à flamme capables de prendre la relève des fournisseurs étrangers aux abonnés absents. Ce programme est déjà en route.

2- A court/moyen terme, mettre en place un programme de rationalisation des consommations dans le but d’effacer les pointes ( projet Smart Grid).

Un tel programme peut être opérationnel dans un délai de cinq à dix ans. Il passe par la nécessité de remplacer les compteurs, et par la mise en place d’un service de communication interactif, ainsi que l‘adaptation des matériels.

3- Dans l’hypothèse d’une confirmation du programme d’arrêt progressif de vingt-quatre réacteurs, lancer un programme de construction de centrales thermiques à flamme capables de fournir annuellement les 100 TWh qui feront défaut. Il s’agit d’un programme sur vingt ans, devant accompagner la baisse de production nucléaire.

4- Soutenir un programme de développement des énergies nouvelles fondé sur des centrales solaires et des fermes éoliennes connectées au réseau.

5- Dans le même temps, prendre en charge l’arrêt et le démantèlement des réacteurs nucléaires mis à la retraite.

6- Dans le même temps, mettre sur pied le programme de sécurisation des réacteurs nucléaires conservés en exploitation.

7- Consentir un gros effort de recherche industrielle pour améliorer le fonctionnement des centrales thermiques à flamme et réduire leurs émissions de CO2.

Il va sans dire qu’un tel programme nécessitera des investissements colossaux qui ne pourront être trouvés que dans la poche des usagers consommateurs, à la fois par des augmentations de tarif et par l’émission d’emprunts.

La réalisation de ce programme ambitieux porterait alors la part des énergies fossiles carbonées dans le mix énergétique , de 12,3% aujourd’hui à plus de 25% en 2025, chiffre qui dépendra bien sûr des besoins énergétiques de l’époque, et du développement des énergies renouvelables.

Ce retour en force des énergies fossiles carbonées est la démonstration de la prééminence du principe de réalité, qui prime toujours sur les idéaux.

 

 

 

 

 

 

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 19:03

23 Novembre 2011

En ces temps de disette financière, entretenir une danseuse est assez mal vu. Aussi tous les argentiers, y compris ceux de la Communauté Européenne, sont attentifs à débusquer les divas dispendieuses susceptibles d’entretenir les fuites du tonneau des danaïdes.

A ce titre, le projet ITER a retenu l’attention par son exubérance budgétaire qui semble ne pas avoir de bornes.

Nous avons déjà présenté sommairement ce projet ( Article du 20 Novembre) .

ITER ( International Thermonuclear Experimental Reactor), n’est que la première phase d’un formidable projet international qui vise rien moins que développer une source nouvelle d’énergie, semblable à celle du Soleil, exploitant la réaction de fusion à partir de matériaux disponibles en quantité illimitée et sans pollution ni déchets radioactifs.

En cas de succès, l’échéance de l’objectif industriel est le vingt-deuxième siècle. Il s’agit donc de recherche à très long terme, délai justifié par l’extrême difficulté de l’entreprise.

ITER est donc la phase initiale, dont le but est de démontrer la faisabilité de ce type de réacteur, et de développer les connaissances nécessaires au passage à la phase de démonstration avec un réacteur opérationnel de moyenne puissance.

Le coût global de la phase ITER , estimé initialement à environ 5 Milliards d’euros, est aujourd’hui évalué à 15 Milliards, incluant le développement du démonstrateur, son exploitation sur vingt ans, et son démantèlement.

Le démonstrateur est planifié pour être opérationnel en 2020, la phase d’exploitation durera jusqu’en 2040.

La communauté Européenne en finance 45%, à travers le programme EURATOM 2007-2011, inclus dans le septième Programme cadre. Ce financement est de 2,75 Milliards d’euros, dont 2,23 Milliards pour la recherche sur la fusion, le reste sur la recherche nucléaire en général.

La France accueille ITER sur le site de Cadarache.

Après ITER viendra la phase DEMO, dont le but est de démontrer la faisabilité industrielle d’un réacteur à fusion capable de fournir de l’électricité en continu. Ce démonstrateur servira au développement des connaissances et à la formation des ingénieurs et techniciens capables d’assurer le développement de la technologie de fusion du prochain siècle.

Le budget de 15 Milliards de la phase expérimentale laisse présager des budgets autrement colossaux pour les phases ultérieures.

Des réticences se manifestent au sein de la Communauté, exacerbées par deux évènements majeurs: Le désastre de Fukushima et la position allemande sur le nucléaire civil.

De plus, des membres de la communauté scientifique émettent des doutes sur la crédibilité du projet, et souhaitent au moins un moratoire à l’occasion duquel il serait procédé à un examen du programme par une commission indépendante.

Même sans ces réserves, que l’on ne peut écarter d’un revers de main comme ce fut le cas avec le GIEC, les budgets de recherche de la Communauté Européenne ne sont pas extensibles, surtout en ce moment.

La catastrophe de Fukushima a mis en évidence un problème de sureté nucléaire, et des sommes très importantes devront être consacrées d’urgence à la sécurisation du parc maintenu en activité.

Il ne serait pas acceptable de prendre sur les budgets du développement des énergies nouvelles pour soutenir un projet de fusion qui aboutirait au mieux en 2080.

Aux dernières nouvelles, le parlement Européen suggère de réduire la contribution communautaire au projet ITER, pour 2012-2013, à 1,75 Milliards , soit 460 Millions de moins que ce qui était proposé initialement.

A suivre…

 

 

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