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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:35

11 Février 2012

Les hasards du calendrier entraînent parfois des courts-circuits inattendus.

Dans la campagne électorale qui bat son plein, tous les candidats sont d’accord sur au moins un point: pour sortir le pays de la crise il faut relancer l’outil industriel pour exporter et améliorer notre balance du commerce extérieur. Le slogan « Achetons français » s’est naturellement transformé en « Produisons français », tant il est évident que pour espérer vendre à l’export il faut d’abord commencer par fabriquer…

Le consensus autour de cet objectif semblait sans faille, avec la stratégie de soutien aux PME gravée dans le marbre à droite comme à gauche.

Jusqu’au jour où l’actualité s’est invitée dans ce concert harmonieux, sous la forme de deux pavés jetés dans la mare du ronron médiatique.

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais…

Nous voulons parler de PHOTOWATT et de la nouvelle usine RENAULT du Maroc.

PHOTOWATT s’est voulu la concrétisation d’une démarche logique dans le cadre du développement des énergies nouvelles. L’entreprise a réussi à se doter du savoir faire lui permettant de maîtriser toute la chaîne photovoltaïque depuis le matériau de base jusqu’aux équipements de terrain. La première phase du programme gouvernemental de soutien aux PME et aux énergies nouvelles lui a permis de démarrer une industrialisation prometteuse. Mais le manque de continuité de la politique d’Etat, ainsi que la concurrence sauvage ( car affranchie de toute loi sociale) ont conduit PHOTOWATT à déposer son bilan.

Le fait que EDF se positionne en repreneur ( un peu forcé ?) ne change rien aux conditions de concurrence internationale ( essentiellement chinoise ). Ce que PHOTOWATT n’a pas pu réussir pour des raisons de concurrence chinoise et de manque se soutien de l’Etat, EDF pense le réussir grâce à sa force de frappe. Avec quelle recette ?

En tous cas, voilà encore une PME performante sacrifiée au mépris des promesses de l’Etat qui prétendait relancer l’outil industriel en soutenant les PME, comme le fait si bien le grand frère d’outre-Rhin.

Le deuxième pavé est bien sûr le milliard investi au Maroc par Renault pour y créer quelques milliers d’emplois rétribués avec un « salaire » quasi colonial, ceci afin de réduire d’autant les effectifs en France où, paraît-il, les ouvriers sont scandaleusement surpayés.

Voilà qui est de nature à relancer l’outil industriel en France…

L’analyse de notre stratégie future annoncée était pourtant très claire: ne cherchons pas à concurrencer le marché mondial sur le bas de gamme, basons nous sur l’excellence française pour innover et briller dans le haut de gamme.

Hélas notre incapacité à égaler les berlines allemandes nous a contraints à nous replier sur le menu fretin, là où les marges sont les plus faibles et la concurrence féroce.

Le pire, c’est que l’on nous promet un feu d’artifice avec la voiture électrique qui, elle, sera fabriquée en France… en 2020 ?

Sans nous préciser avec quelle électricité les batteries seront rechargées, attendu qu’en 2012 nous sommes déjà au bord de la pénurie.

Voilà qui met un peu de sel dans la soupe électorale que l’on nous sert tous les soirs.

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 15:12

8 Février 2012

Le dépassement de la barre mythique des cent mille Mégawatts hier soir constitue un signal d’alarme qui ne saurait être négligé.

Le délestage n’a pu être éviter que grâce à des importations d’Allemagne et exceptionnellement de Grande Bretagne.

L’arrêt programmé de la production nucléaire en Allemagne laisse craindre des difficultés d’approvisionnement pour la France dans un avenir proche.

Notre outil de production électrique est désormais incapable d’assurer sans aide extérieure les besoins des pics de consommation.

Des solutions existent. Nous avons parlé dans un précédent article du nouveau compteur électrique « Linky » qui doit équiper trente-cinq millions de foyers prochainement. Il permettra entre autres de gérer de manière interactive et concertée le lissage de la consommation pour réduire significativement les pics de consommation.

Or diverses associations, se réclamant de la mouvance écologique, s’opposent à l’installation de ces nouveaux compteurs, évoquant les possibles risques sanitaires créés par les ondes utilisées pour le télé-relevé, et le manque de confidentialité des informations recueillies.

Par ailleurs, le formidable battage autour des énergies nouvelles a fini par porter ses fruits. Un appel d’offres pour des parcs éoliens offshore a été lancé, dont nous avons également parlé.

Or, là aussi, une forte opposition se manifeste.

L’UMIH ( Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie ) apporte son soutien aux actions menées par la FED ( Fédération Environnement Durable) et le collectif PULSE ( Pour Un Littoral Sans Eoliennes).

«L'UMIH dénonce la non concertation et la mise en péril de toute la filière touristique notamment de son million d'emplois que provoquerait le lancement du 1er projet de 5 parcs éoliens offshore » .

Il semble donc exister un mouvement d’opinion en faveur d’une opposition systématique à tout progrès allant dans le sens d’une meilleure gestion de l’énergie et/ou d’un développement des énergies durables réellement efficaces.

Ce mouvement, s’il acquiert une puissance suffisante, peut peser sur les choix politiques énergétiques.

Il peut aussi entraîner un rejet des idées écologiques dans la mesure où elles se révèleraient incapables de supporter la confrontation avec les réalités.

Le refus simultané des énergies fossiles à cause du CO2, de l’énergie nucléaire à cause des risques et des déchets, des éoliennes à cause de l’esthétique, des agro carburants à cause de l’empiètement sur les terres agricoles, est certes intellectuellement argumenté, mais peu constructif au plan pratique en ce sens qu’il n’est laissé aucune porte de sortie, sinon le renoncement à tout progrès avec un retour à une économie de survie.

L’obstruction systématique ne peut qu’induire une politique officielle conservatrice, ce qui en l’occurrence signifie la poursuite du nucléaire et une minimisation des efforts sur les énergies nouvelles, dont le développement serait laissé aux initiatives du marché ...

 

 

 

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 20:19

7 Février 2012

Il y a quelques minutes, relevé de 19h15, la barre des 100 000 MW a été franchie.

Ce triste record historique, nous le devons à un hiver « normal ».

Eh oui, au cours d’un hiver normal en France il y a des périodes frisquettes comme celle que nous traversons. Les anciens pourront en témoigner, on pouvait même patiner sur les lacs du bois de Boulogne!

Il n’était pas rare d’avoir entre moins dix et moins quinze en région parisienne pendant parfois deux semaines.

Il n’y a de nouveau que ce qui est oublié…

Nous avons pu « encaisser » ce pic historique grâce à des importations. Inutile de préciser que le prix est un peu «spécial » .

Pour la journée de demain, qui s’annonce également critique, voici les cours négociés du MWh donnés par l’indice EPEX SPOT:

De 0 à 6 h : 65 Euros

En fin de matinée: 150 Euros

En pic de soirée: 210 Euros

Nos voisins peuvent nous aider car ils utilisent fort peu de chauffage électrique, leur pic de consommation est donc décalé par rapport au notre.

L’électricité importée en soirée est fabriquée avec des carburants fossiles, bonjour le CO2.

Le boom du chauffage électrique nous a mis dans cette situation inconfortable.

Il nous reste à espérer que le boom de la voiture électrique se transforme en flop, sinon je nous vois mal partis…

 

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 09:42

 

2 Février 2012

La campagne pour les économies d’énergie bat son plein depuis plusieurs années. L’opinion est favorable aux conseils de modération prônés par le Gouvernement, des mesures incitatives sont mises en place, telles que TVA à taux réduit, crédit d’impôts, tarif de rachat imposé pour les énergies renouvelables, diagnostic énergétique, indice de performances énergétique, etc...

Les industriels proposent des solutions performantes pour l’isolation des logements, pour les installations domestiques de production d’électricité, pour la gestion de l’énergie, et les labels basse consommation sont généralisés.

On pourrait donc penser que ces démarches vertueuses, initiées depuis plusieurs années déjà, commencent à porter leurs fruits.

Il n’en est rien.

Sur les trois dernières années la consommation d’électricité a été la suivante:

490 000 MWh en 2008

490 000 MWh en 2009

500 000 MWh en 2010 ( Hiver rigoureux)

478 000 MWh en 2011

La baisse de 2011 enregistre les effets de la crise et de la clémence de la météo.

On ne voit donc pas apparaitre de manière significative une tendance baissière sur la consommation annuelle d’électricité.

Cette absence de tendance à la baisse est confirmée par l’examen des pics de consommation.

On se souvient du pic historique de consommation électrique du 15 Décembre 2010, qui établit le record de 96 700 Mégawatts autour de 19 heures.

Pour éviter le délestage, EDF avait alors dû importer 4 000 Mégawatts pendant la période critique.

A l’heure où nous écrivons ces lignes la puissance absorbée sur le réseau est de 96 377 MW, légèrement inférieure au pic prévu à 97 000 MW à 19h.

Si le record ne sera pas battu aujourd’hui, il sera égalé.

Mais on ne perd rien pour attendre, car EDF prévoit un pic de 98 300 MW Lundi prochain 6 Février, et de 99 900 MW Mardi..

La barre mythique des 100 000 Mégawatts est donc très proche.

Cette situation reflète la réalité de nos comportements, et c’est sur ces bases que seront prises les décisions concernant les choix énergétiques du futur.

Une baisse de la consommation ne se décrète pas, c’est au consommateur de prouver qu’il est capable de traduire en actes les bonnes résolutions proclamées ici et là.

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 18:43

1er Février 2012

On peut lire, sur le site de BOSCH, les informations suivantes à destination des professionnels du secteur automobile:

«Les systèmes de climatisation des véhicules particuliers et utilitaires d’un poids total inférieur à 3,5 tonnes, dont l’homologation de type a été délivrée depuis début 2011, doivent contenir le nouveau réfrigérant R1234yf. Le réfrigérant R134a employé ultérieurement est devenu quant à lui obsolète suite aux normes plus strictes du nouveau règlement européen sur les produits chimiques et la protection du climat qui fixe une valeur limite pour le potentiel de réchauffement planétaire (PRP) des substances utilisées. Le réfrigérant R1234yf, est donc plus écologique que son prédécesseur mais reste hautement inflammable et doit donc être manipulé selon des règles de sécurité drastiques » .

Source: Communiqué de Presse AA 11.30 HF/ND du 11/09/2011.

La dernière phrase confirme sans ambigüité le caractère hautement inflammable du produit, car on ne peut mettre en doute la compétence de Bosch dans ce domaine. Voilà qui met fin au débat, au moins sur ce point de « détail ».

Par ailleurs, pour des raisons mécaniques ( Entrainement du compresseur de climatisation, qui « pompe » jusqu’à plusieurs Kilowatts et ne saurait être alimenté par l’électricité), et pour le refroidissement du gaz comprimé, le circuit de climatisation se trouve dans le compartiment moteur. Le tout fonctionnant à haute pression comme chacun sait.

Dans le compartiment moteur, le collecteur d’échappement atteint normalement des températures supérieures à plusieurs centaines de degrés ( 500 à 600 °C parfois).

En cas de fuite significative de gaz réfrigérant, il y a donc un risque d’incendie difficilement niable.

Les fuites légères sont systématiques , on estime que 60 à 100 g de fluide s’échappent annuellement, rendant nécessaire la recharge du circuit.

Des fuites plus importantes peuvent résulter d’un défaut d’étanchéité en un point quelconque du circuit.

Le risque le plus évident est bien sûr l’accident qui donne lieu à une fuite massive de produit ( pas toujours heureusement !). Dans ce cas, deux conséquences sont à redouter:

Décomposition du gaz en composés contenant de l’acide fluorhydrique hautement toxique, et/ou inflammation pouvant se propager au véhicule entier.

Les instances professionnelles responsables des analyses et tests de sécurité ont estimé que le risque évoqué ci-dessus est négligeable.

Les tests de sécurité du R1234yf ayant conduit à l’homologation par le SAE ont été effectués par Honeywell et Dupont, qui sont également les fabricants du produit, dont ils détiennent les brevets.

Au-delà du questionnement au sujet de la validité de tests effectués par le vendeur de la substance, il se pose le problème d’une éventuelle entente illicite entre les duettistes Honeywell et Dupont , afin de s’approprier ce marché très juteux .

Le challenger ARKEMA ( Importante société Française parmi les leaders mondiaux notamment en produits fluorés) a développé de son côté un produit similaire vendu sous le nom de FORANE 1234yf, et voit d’un mauvais œil une possible entente entre les deux susnommés, entente en vue de fausser la concurrence. Il s’en est ouvert auprès de la Commission Européenne ( Dépôt d’une plainte en Avril 2011), qui a ouvert en Décembre 2011 une procédure à l’encontre des susdits pour « Entente et abus de position dominante » . L’objectif de cette procédure est de « clarifier l’environnement juridique autour des brevets de Honeywell et Dupont ».

Il est donc probable que nous entendrons reparler de cette affaire, soit au plan juridique, soit au plan de la sécurité, soit au plan de la pollution environnementale.

 

 

 

 

 

 

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 12:00

 

24 Janvier 2012

Dans l’article précédent nous évoquions la directive européenne relative au remplacement du fluide frigorigène utilisé dans les climatiseurs de nos automobiles.

Le nouveau produit homologué, R1234yf , initié par Honeywell et DuPont, doit remplacer le R134a, puissant gaz à effet de serre.

L’approche de l’échéance a suscité une vive réaction des écologistes, qui reprochent au nouveau produit d’être inflammable et générateur de gaz toxiques, et exigent son abandon immédiat.

Michèle RIVASI, député européenne EELV, a porté l’affaire à Bruxelles. Attendons les suites.

Mais lorsque l’on examine les propriété du R134a, on constate qu’il n’est pas innocent lui non plus:

- Mis au contact d’une surface chaude ( > 250 °C) il se décompose en donnant notamment lui aussi du Fluorure d’Hydrogène, lequel donne de l’acide Fluorhydrique au contact de l’eau, par exemple par contact avec les tissus vivants.

Il est particulièrement virulent pour la cornée et les tissus pulmonaires. Il entraîne de sévères brûlures par contact avec la peau, même sur de faible surfaces. Ces brûlures ne sont pas douloureuses sur le moment, mais les dégâts internes peuvent entraîner la mort si des soins immédiats ne sont pas prodigués. Le produit perturbe le métabolisme du Calcium, ce qui induit des troubles cardiaques sévères voire mortels si les traitement appropriés ne sont pas entrepris rapidement.

Le R134a n’est pas inflammable ( Source: INRS/ Institut National de Recherche et de Sécurité, Doc 969 ).

Le produit de remplacement, R1234yf, n’est donc pas plus dangereux que son prédécesseur, du point de vue toxicité des produits de décomposition.

Par contre, il est inflammable, ce qui peut faire la différence pour une utilisation en automobile, en cas d’incendie.

Le nouveau fluide réfrigérant R1234yf est donc objectivement potentiellement plus dangereux que l’actuel R134a, mais les tests conduits depuis plusieurs années n’ont pas permis de mettre en évidence cette sur-dangerosité sur le terrain.

On peut toujours contester la validité de n’importe quel test, à condition de pouvoir apporter des éléments concrets susceptibles d’invalider les résultat du test.

Le fond de la querelle n’est pas dans le remplacement du R134a par le R1234yf, mais plutôt dans le rejet de la solution de remplacement R744

( à base de CO2) qui supprime tout risque de toxicité et de dangerosité, même en cas d’incendie.

Le R744 est utilisé depuis plusieurs années dans des camions et des autobus, avec satisfaction.

Son seul inconvénient est que sa mise en œuvre est compliquée, techniquement difficile, c’est donc une solution chère non seulement à l’installation, mais aussi pour la maintenance, nouvelles machines, personnel plus qualifié, etc…Pour ces raisons le R744 a été majoritairement rejeté par les constructeurs.

Et c’est bien sûr la solution qui a les faveurs des écologistes.

Affaire à suivre…

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 15:37

18 Janvier 2012

Dans un article du 11 Mars 2011 nous présentions le problème de pollution liée aux climatiseurs de nos automobiles. Le fluide de refroidissement utilisé ( R 134) finit toujours par s’échapper dans l’atmosphère, sous forme de gaz à effet de serre dont le pouvoir de nuisance ( PRP) est 1 430 fois supérieur à celui du CO2, ce qui fait désordre.

Une directive Internationale fut donc prise, limitant le PRP ( Potentiel de Réchauffement Planétaire) à 150 pour les nouveaux types d’automobiles à partir de 2011, et pour toutes les voitures neuves à partir de 2017.

Des recherches furent donc diligentées, dans deux directions:

- Utiliser carrément du CO2 pour faire du froid. C’est possible, mais les contraintes sont lourdes, traduisez c’est plus cher et plus difficile à fabriquer. Cette voie a été abandonnée, sauf peut-être chez certains constructeurs allemands, à vérifier.

- Concocter en labo un produit dans la lignée des précédents, mais avec un PRP plus faible. Nous présentions alors le candidat R 1234 yf, dont le PRP est de 4 seulement. Difficile de faire mieux.

C’est ce dernier qui a finalement été adopté par les instances internationales, et qui se trouvera sur nos voitures à partir de dorénavant.

( l’échéance de 2011 a dû être reportée d’un an ).

Le R 1234 yf, alias HFO 1234yf, est une HydroFluoroOlefine, de formule

CH2=CFCF3.

Comme les autres, sa destinée est de s’échapper par les micro fuites et de se disperser dans l’atmosphère. Il doit son faible PRP au fait que son cycle atmosphérique est très court, seulement onze jours.

En fait il se décompose rapidement pour donner le TFA.

Le TFA ( Tri Fluoro Acetic acide ) , de formule CF3- COOH, est non dégradable et demeure dans l’écosystème pendant des siècles. Il doit à son affinité avec l’eau d’être présent partout dans l’hydrosphère où il constitue un facteur de toxicité. Les océans en contiennent en moyenne 0,2 microgrammes par litre.

Les mécanismes de la toxicité du TFA sont encore mal connus, mais son accumulation dans l’environnement et son affinité avec l’eau en font un produit à priori dangereux qui devrait être caractérisé par des études complémentaires. Le moins que l’on puisse faire est de déterminer des seuils de dangerosité, ce qui n’a pas été fait.

Ajoutons que le produit miracle dégage de l’acide fluorhydrique en cas de combustion ( feu de voiture par exemple) qui lui est bien connu pour être mortel à faible dose.

Le HFO 1234 yf est un remède utile contre le réchauffement climatique, mais les écologistes considèrent à juste titre que l’autorisation de mise sur le marché a été délivrée un peu rapidement. Le rapport bénéfice-risques est inconnu, et il existe un fort soupçon de possibles dégâts collatéraux.

C’est Michèle Rivasi, eurodéputé EELV, qui a soulevé ce lièvre, qui jusqu’à présent menait sa petite vie tranquille à l’abri des projecteurs de l’actualité.

Il se confirme une fois de plus qu’en matière d’écologie il faut souvent choisir entre la peste et le choléra.

 

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 16:56

16 Janvier 2012

La captation de l’énergie solaire nécessite des surfaces de capteurs importantes.

La toute nouvelle centrale photovoltaïque de Toul, qui doit entrer en service en 2012 pour la première tranche, est un excellent exemple de l’état de l’art en matière d’emprise au sol.

La puissance installée atteindra 143 MWc, pour une surface de panneaux de l’ordre de 140 hectares. C’est ce que permet la technologie du moment.

Ces panneaux sont disposés de manière à ménager un espace suffisant pour les besoins de la maintenance, en sorte que la surface occupée au sol atteint environ 280 hectares ( Hors bâtiments annexes et réseau de circulation).

Le standard actuel est donc de 2 hectares par MWc.

L’efficacité énergétique de cette technologie PV est connue, environ

1,2 MWh annuels par MWc installé, en région française moyenne.

( Source: European JRC, Joint Research Center ).

Sachant que la production annuelle d’un réacteur classique de 1 500 MWe est de 10 TWh pour un facteur de charge de 80%, il faudrait donc une surface d’environ 17 000 hectares pour obtenir le même résultat en photovoltaïque.

La substitution de 30% ( soit 100 TWh) de notre production nucléaire par du photovoltaïque pourrait être obtenue à 50% par des installations de petite et moyenne puissance en toitures existantes, et à 50% par des centrales comparables à celle de Toul, qui occuperaient alors une surface au sol de 85 000 hectares dans la technologie actuelle. Cette surface pourrait être réduite de 50% grâce aux technologies à haut rendement en développement. Environ 40 000 hectares seraient alors suffisants.

Où trouver ces terrains ?

Selon le Ministère de la Défense, il existe deux cent cinquante mille hectares de terrains militaires….

Il s’agirait alors d’en consacrer 16% à ce grand projet énergie durable.

Qui nous démontrera que c’est impossible ?

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 19:29

15 Janvier 2012

Dans les articles précédents nous avons tenté de faire le point sur le développement d’une industrie de l’éolien off shore en France. Nous avons constaté l’importance du retard ( au moins dix ans), et nous avons pris acte de la volonté du Gouvernement de relancer ce développement industriel par l’intermédiaire d’un appel d’offres pour un parc éolien off shore de deux fois 3 000 MW. Le but étant de susciter la création d’un savoir-faire et d’un outil de production français, générateurs d’emplois non seulement de services mais aussi industriels. L’indépendance énergétique et la relance sont à ce prix.

Nous suivrons attentivement l’évolution de ce projet.

L’autre volet des énergies renouvelables à fort potentiel est le solaire.

Si l’on excepte la partie Sud, la France ne figure pas parmi les pays les plus ensoleillés de la planète, ce qui n’est pas un atout en faveur d’une exploitation à grande échelle.

De plus, le territoire ensoleillé est fortement peuplé et comporte de nombreux sites classés surveillés de près par les associations de défense de l’environnement, ce qui constitue une source de conflits d’usage.

Quelle est la situation actuelle ?

Selon les chiffres du Syndicat des énergies renouvelables, le parc photovoltaïque raccordé au réseau au 30 Septembre 2011 atteignait une puissance installée de 2 233 MWc ( 1 949 MW en métropole et 284 MW en TOM et en Corse ).

Pour une production annuelle de 2,3 TWh.

Rappelons qu’un seul réacteur classique de 1 500 MWe produit annuellement 10 TWh.

Cette différence d’efficacité est due aux conditions d’ensoleillement; Le Soleil ne brille que le jour, comme dirait M. de La Palice, et son éclat n’est pas à son maximum dans nos régions. De plus, la plupart des installations sont fixes et donc n’exploitent pas la totalité de la puissance solaire disponible. Il faut savoir enfin que la puissance installée n’est qu’une valeur potentielle théorique qui dépend des paramètres locaux de rendement.

La production photovoltaïque totale actuelle représente le quart de la production d’un réacteur standard, elle est donc marginale dans le mix énergétique français.

L’objectif 2020 du Grenelle de l’environnement est de 5 200 MWc photovoltaïques installés. C’est une ambition modeste puisque cet objectif correspond à une production annuelle sensiblement équivalente à celle d’un seul réacteur classique, et de plus cette production est intermittente.

Cependant ce marché est très dynamique et l’on peut espérer une croissance significative qui permettra de dépasser les objectifs du Grenelle.

L’évolution de la puissance photovoltaïque installée justifie cet optimisme:

Sept 2008 20 MW

Sept 2009 150 MW

Sept 2010 600 MW

Sept 2011 2 000 MW

Le marché se divise en plusieurs segments:

Domestique < 3 KWc 91 % des installations 27% de la puissance.

De 3 à 250 KWc 9% des systèmes 43% de la puissance.

> 250 KWc < 1% des sys. 30% de la puissance.

La croissance est fortement dépendante de la politique de prix de rachat par le réseau.

Par ailleurs la recherche et le développement de nouvelles technologies est très active, le FUI ( Fonds Unique Interministériel) soutient de nombreux projets qui permettent d’espérer à la fois une amélioration significative des rendements énergétiques, et une réduction des coûts de production.

La filière photovoltaïque est donc prometteuse, à condition que le délicat équilibre entre les prix de revient et les prix de rachat par le réseau soit bien géré afin d’éviter l’effet d’aubaine ou le désintérêt.

Si l’équipement photovoltaïque des toits existants ne pose pas de problème d’emprise foncière, il n’en va pas de même pour les « grosses » centrales, dont la puissance est aujourd’hui limitée par l’emprise au sol.

Par exemple la centrale EDF de Toul, dont la mise en service est prévue pour 2012, occupe 367 hectares pour une puissance installée de 143 MWc. Le prix annoncé de 454 Millions d’euros permet d’estimer l’investissement à 3,17 M euros par MWc installé.

Le lecteur calculera aisément la surface nécessaire pour produire en photovoltaïque l’équivalent de l’énergie issue d’un réacteur classique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:10

11 Janvier 2012

Le coût d’une éolienne off shore est considérablement plus élevé que celui d’une machine terrestre. Ce surcoût tient aux particularités de l’off shore:

- frais d’étude plus élevés à cause du milieu hostile et des contraintes supérieures.

- Coût important de l’ancrage par des fonds pouvant atteindre quarante mètres. Nécessité de faire appel à des entreprises de haute technicité spécialisées.

- Coût plus important pour le mât qui doit résister aux intempéries et à l’atmosphère marine, et ce pendant vingt années.

- Coût plus important pour le montage des éléments, qui nécessite des engins spécialisés pour travailler en mer, et du personnel en rapport.

- Coût plus important pour le matériel de production, qui doit fonctionner pendant vingt ans en atmosphère marine très corrosive.

- Coût très important pour le raccordement qui se fait par des câbles sous-marins.

- Coût important des installations terrestres et portuaires nécessaires à la gestion du parc off shore.

- Coût augmenté des primes d’assurance, qui tiennent compte des risques inhérents à l’environnement maritime avec ses sinistres particuliers.

Pour toutes ces raisons le coût d’investissement d’un parc éolien off shore est estimé à trois millions d’euros par MW installé, soit quasiment le double d’une installation terrestre.

Les coûts d’entretien et de maintenance sont également beaucoup plus élevés que sur terre, pour les mêmes raisons.

A une puissance nominale installée de 1 MW correspond une production annuelle de 8,76 Gwh à 100% de facteur de charge.

Le facteur de charge Fc est très variable. Il dépend du régime des vents, lequel ne peut être prévu qu’avec une large approximation. On dispose aujourd’hui d’indications sur les valeurs moyennes de Fc, telles qu’elles ressortent de l’analyse de production des parcs déjà installés.

Pour des éoliennes terrestres, Fc est compris entre 15 et 20%. En off shore les vents sont plus forts et plus réguliers, Fc est de l’ordre de 30 à 40%.

Rappelons que Fc atteint plus de 80% pour une centrale classique.

En off shore, une puissance installée de 1 MW pourra donc fournir une production annuelle de 2,6 à 3,5 GWh, soit 50 à 70 GWh en vingt années d’exploitation.

Ceci pour un investissement de départ de 3 millions d’euros.

Cet investissement, réparti sur vingt ans, représente donc une charge de 43 à 60 euros par MWh produit.

Pour obtenir le coût global de production il faut ajouter un certain nombre de postes:

- Les frais financiers relatifs à l’investissement de départ ( coût de l’emprunt).

- Les provisions pour le démantèlement.

- Les coûts d’exploitation.

- Le coût des installations portuaires.

- le coût des moyens maritimes de transport.

- Les coûts de maintenance.

- les coûts des réparations.

- Le coût des assurances.

- Les taxes et redevances diverses.

- les frais commerciaux.

Le tout conduit à un prix de revient qui ne doit pas être très loin de 100 euros le MWh.

L’industriel n’étant pas un mécène, il y a lieu de prévoir un prix de vente suffisant pour dégager une marge qui permettra de réinvestir et de rétribuer l’actionnaire.

C’est pourquoi, dans l’appel d’offre, il est prévu que l’industriel proposera lui-même un prix de rachat, avec un plafond de 175 à 200 euros le MWh.

Ces prix peuvent paraître exorbitants par rapport au prix actuel de 45 euros sur le marché européen, mais il faut rappeler qu’il s’agit de développer une filière industrielle dans laquelle tout est à faire ou presque.

Il ne serait donc pas réaliste de chercher d’emblée une parité avec des filières de production d’électricité déjà anciennes et parfaitement rodées.

A partir de ces projets pilotes, les industriels seront en mesure d’augmenter leurs parts de marché et d’élargir leur production, ce qui conduira à des réductions de coût.

Néanmoins, il est probable que, dans vingt ans, le MWh à 45 euros ne sera plus qu’un vieux souvenir ….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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