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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 18:43

1er Février 2012

On peut lire, sur le site de BOSCH, les informations suivantes à destination des professionnels du secteur automobile:

«Les systèmes de climatisation des véhicules particuliers et utilitaires d’un poids total inférieur à 3,5 tonnes, dont l’homologation de type a été délivrée depuis début 2011, doivent contenir le nouveau réfrigérant R1234yf. Le réfrigérant R134a employé ultérieurement est devenu quant à lui obsolète suite aux normes plus strictes du nouveau règlement européen sur les produits chimiques et la protection du climat qui fixe une valeur limite pour le potentiel de réchauffement planétaire (PRP) des substances utilisées. Le réfrigérant R1234yf, est donc plus écologique que son prédécesseur mais reste hautement inflammable et doit donc être manipulé selon des règles de sécurité drastiques » .

Source: Communiqué de Presse AA 11.30 HF/ND du 11/09/2011.

La dernière phrase confirme sans ambigüité le caractère hautement inflammable du produit, car on ne peut mettre en doute la compétence de Bosch dans ce domaine. Voilà qui met fin au débat, au moins sur ce point de « détail ».

Par ailleurs, pour des raisons mécaniques ( Entrainement du compresseur de climatisation, qui « pompe » jusqu’à plusieurs Kilowatts et ne saurait être alimenté par l’électricité), et pour le refroidissement du gaz comprimé, le circuit de climatisation se trouve dans le compartiment moteur. Le tout fonctionnant à haute pression comme chacun sait.

Dans le compartiment moteur, le collecteur d’échappement atteint normalement des températures supérieures à plusieurs centaines de degrés ( 500 à 600 °C parfois).

En cas de fuite significative de gaz réfrigérant, il y a donc un risque d’incendie difficilement niable.

Les fuites légères sont systématiques , on estime que 60 à 100 g de fluide s’échappent annuellement, rendant nécessaire la recharge du circuit.

Des fuites plus importantes peuvent résulter d’un défaut d’étanchéité en un point quelconque du circuit.

Le risque le plus évident est bien sûr l’accident qui donne lieu à une fuite massive de produit ( pas toujours heureusement !). Dans ce cas, deux conséquences sont à redouter:

Décomposition du gaz en composés contenant de l’acide fluorhydrique hautement toxique, et/ou inflammation pouvant se propager au véhicule entier.

Les instances professionnelles responsables des analyses et tests de sécurité ont estimé que le risque évoqué ci-dessus est négligeable.

Les tests de sécurité du R1234yf ayant conduit à l’homologation par le SAE ont été effectués par Honeywell et Dupont, qui sont également les fabricants du produit, dont ils détiennent les brevets.

Au-delà du questionnement au sujet de la validité de tests effectués par le vendeur de la substance, il se pose le problème d’une éventuelle entente illicite entre les duettistes Honeywell et Dupont , afin de s’approprier ce marché très juteux .

Le challenger ARKEMA ( Importante société Française parmi les leaders mondiaux notamment en produits fluorés) a développé de son côté un produit similaire vendu sous le nom de FORANE 1234yf, et voit d’un mauvais œil une possible entente entre les deux susnommés, entente en vue de fausser la concurrence. Il s’en est ouvert auprès de la Commission Européenne ( Dépôt d’une plainte en Avril 2011), qui a ouvert en Décembre 2011 une procédure à l’encontre des susdits pour « Entente et abus de position dominante » . L’objectif de cette procédure est de « clarifier l’environnement juridique autour des brevets de Honeywell et Dupont ».

Il est donc probable que nous entendrons reparler de cette affaire, soit au plan juridique, soit au plan de la sécurité, soit au plan de la pollution environnementale.

 

 

 

 

 

 

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 12:00

 

24 Janvier 2012

Dans l’article précédent nous évoquions la directive européenne relative au remplacement du fluide frigorigène utilisé dans les climatiseurs de nos automobiles.

Le nouveau produit homologué, R1234yf , initié par Honeywell et DuPont, doit remplacer le R134a, puissant gaz à effet de serre.

L’approche de l’échéance a suscité une vive réaction des écologistes, qui reprochent au nouveau produit d’être inflammable et générateur de gaz toxiques, et exigent son abandon immédiat.

Michèle RIVASI, député européenne EELV, a porté l’affaire à Bruxelles. Attendons les suites.

Mais lorsque l’on examine les propriété du R134a, on constate qu’il n’est pas innocent lui non plus:

- Mis au contact d’une surface chaude ( > 250 °C) il se décompose en donnant notamment lui aussi du Fluorure d’Hydrogène, lequel donne de l’acide Fluorhydrique au contact de l’eau, par exemple par contact avec les tissus vivants.

Il est particulièrement virulent pour la cornée et les tissus pulmonaires. Il entraîne de sévères brûlures par contact avec la peau, même sur de faible surfaces. Ces brûlures ne sont pas douloureuses sur le moment, mais les dégâts internes peuvent entraîner la mort si des soins immédiats ne sont pas prodigués. Le produit perturbe le métabolisme du Calcium, ce qui induit des troubles cardiaques sévères voire mortels si les traitement appropriés ne sont pas entrepris rapidement.

Le R134a n’est pas inflammable ( Source: INRS/ Institut National de Recherche et de Sécurité, Doc 969 ).

Le produit de remplacement, R1234yf, n’est donc pas plus dangereux que son prédécesseur, du point de vue toxicité des produits de décomposition.

Par contre, il est inflammable, ce qui peut faire la différence pour une utilisation en automobile, en cas d’incendie.

Le nouveau fluide réfrigérant R1234yf est donc objectivement potentiellement plus dangereux que l’actuel R134a, mais les tests conduits depuis plusieurs années n’ont pas permis de mettre en évidence cette sur-dangerosité sur le terrain.

On peut toujours contester la validité de n’importe quel test, à condition de pouvoir apporter des éléments concrets susceptibles d’invalider les résultat du test.

Le fond de la querelle n’est pas dans le remplacement du R134a par le R1234yf, mais plutôt dans le rejet de la solution de remplacement R744

( à base de CO2) qui supprime tout risque de toxicité et de dangerosité, même en cas d’incendie.

Le R744 est utilisé depuis plusieurs années dans des camions et des autobus, avec satisfaction.

Son seul inconvénient est que sa mise en œuvre est compliquée, techniquement difficile, c’est donc une solution chère non seulement à l’installation, mais aussi pour la maintenance, nouvelles machines, personnel plus qualifié, etc…Pour ces raisons le R744 a été majoritairement rejeté par les constructeurs.

Et c’est bien sûr la solution qui a les faveurs des écologistes.

Affaire à suivre…

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 15:37

18 Janvier 2012

Dans un article du 11 Mars 2011 nous présentions le problème de pollution liée aux climatiseurs de nos automobiles. Le fluide de refroidissement utilisé ( R 134) finit toujours par s’échapper dans l’atmosphère, sous forme de gaz à effet de serre dont le pouvoir de nuisance ( PRP) est 1 430 fois supérieur à celui du CO2, ce qui fait désordre.

Une directive Internationale fut donc prise, limitant le PRP ( Potentiel de Réchauffement Planétaire) à 150 pour les nouveaux types d’automobiles à partir de 2011, et pour toutes les voitures neuves à partir de 2017.

Des recherches furent donc diligentées, dans deux directions:

- Utiliser carrément du CO2 pour faire du froid. C’est possible, mais les contraintes sont lourdes, traduisez c’est plus cher et plus difficile à fabriquer. Cette voie a été abandonnée, sauf peut-être chez certains constructeurs allemands, à vérifier.

- Concocter en labo un produit dans la lignée des précédents, mais avec un PRP plus faible. Nous présentions alors le candidat R 1234 yf, dont le PRP est de 4 seulement. Difficile de faire mieux.

C’est ce dernier qui a finalement été adopté par les instances internationales, et qui se trouvera sur nos voitures à partir de dorénavant.

( l’échéance de 2011 a dû être reportée d’un an ).

Le R 1234 yf, alias HFO 1234yf, est une HydroFluoroOlefine, de formule

CH2=CFCF3.

Comme les autres, sa destinée est de s’échapper par les micro fuites et de se disperser dans l’atmosphère. Il doit son faible PRP au fait que son cycle atmosphérique est très court, seulement onze jours.

En fait il se décompose rapidement pour donner le TFA.

Le TFA ( Tri Fluoro Acetic acide ) , de formule CF3- COOH, est non dégradable et demeure dans l’écosystème pendant des siècles. Il doit à son affinité avec l’eau d’être présent partout dans l’hydrosphère où il constitue un facteur de toxicité. Les océans en contiennent en moyenne 0,2 microgrammes par litre.

Les mécanismes de la toxicité du TFA sont encore mal connus, mais son accumulation dans l’environnement et son affinité avec l’eau en font un produit à priori dangereux qui devrait être caractérisé par des études complémentaires. Le moins que l’on puisse faire est de déterminer des seuils de dangerosité, ce qui n’a pas été fait.

Ajoutons que le produit miracle dégage de l’acide fluorhydrique en cas de combustion ( feu de voiture par exemple) qui lui est bien connu pour être mortel à faible dose.

Le HFO 1234 yf est un remède utile contre le réchauffement climatique, mais les écologistes considèrent à juste titre que l’autorisation de mise sur le marché a été délivrée un peu rapidement. Le rapport bénéfice-risques est inconnu, et il existe un fort soupçon de possibles dégâts collatéraux.

C’est Michèle Rivasi, eurodéputé EELV, qui a soulevé ce lièvre, qui jusqu’à présent menait sa petite vie tranquille à l’abri des projecteurs de l’actualité.

Il se confirme une fois de plus qu’en matière d’écologie il faut souvent choisir entre la peste et le choléra.

 

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 16:56

16 Janvier 2012

La captation de l’énergie solaire nécessite des surfaces de capteurs importantes.

La toute nouvelle centrale photovoltaïque de Toul, qui doit entrer en service en 2012 pour la première tranche, est un excellent exemple de l’état de l’art en matière d’emprise au sol.

La puissance installée atteindra 143 MWc, pour une surface de panneaux de l’ordre de 140 hectares. C’est ce que permet la technologie du moment.

Ces panneaux sont disposés de manière à ménager un espace suffisant pour les besoins de la maintenance, en sorte que la surface occupée au sol atteint environ 280 hectares ( Hors bâtiments annexes et réseau de circulation).

Le standard actuel est donc de 2 hectares par MWc.

L’efficacité énergétique de cette technologie PV est connue, environ

1,2 MWh annuels par MWc installé, en région française moyenne.

( Source: European JRC, Joint Research Center ).

Sachant que la production annuelle d’un réacteur classique de 1 500 MWe est de 10 TWh pour un facteur de charge de 80%, il faudrait donc une surface d’environ 17 000 hectares pour obtenir le même résultat en photovoltaïque.

La substitution de 30% ( soit 100 TWh) de notre production nucléaire par du photovoltaïque pourrait être obtenue à 50% par des installations de petite et moyenne puissance en toitures existantes, et à 50% par des centrales comparables à celle de Toul, qui occuperaient alors une surface au sol de 85 000 hectares dans la technologie actuelle. Cette surface pourrait être réduite de 50% grâce aux technologies à haut rendement en développement. Environ 40 000 hectares seraient alors suffisants.

Où trouver ces terrains ?

Selon le Ministère de la Défense, il existe deux cent cinquante mille hectares de terrains militaires….

Il s’agirait alors d’en consacrer 16% à ce grand projet énergie durable.

Qui nous démontrera que c’est impossible ?

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 19:29

15 Janvier 2012

Dans les articles précédents nous avons tenté de faire le point sur le développement d’une industrie de l’éolien off shore en France. Nous avons constaté l’importance du retard ( au moins dix ans), et nous avons pris acte de la volonté du Gouvernement de relancer ce développement industriel par l’intermédiaire d’un appel d’offres pour un parc éolien off shore de deux fois 3 000 MW. Le but étant de susciter la création d’un savoir-faire et d’un outil de production français, générateurs d’emplois non seulement de services mais aussi industriels. L’indépendance énergétique et la relance sont à ce prix.

Nous suivrons attentivement l’évolution de ce projet.

L’autre volet des énergies renouvelables à fort potentiel est le solaire.

Si l’on excepte la partie Sud, la France ne figure pas parmi les pays les plus ensoleillés de la planète, ce qui n’est pas un atout en faveur d’une exploitation à grande échelle.

De plus, le territoire ensoleillé est fortement peuplé et comporte de nombreux sites classés surveillés de près par les associations de défense de l’environnement, ce qui constitue une source de conflits d’usage.

Quelle est la situation actuelle ?

Selon les chiffres du Syndicat des énergies renouvelables, le parc photovoltaïque raccordé au réseau au 30 Septembre 2011 atteignait une puissance installée de 2 233 MWc ( 1 949 MW en métropole et 284 MW en TOM et en Corse ).

Pour une production annuelle de 2,3 TWh.

Rappelons qu’un seul réacteur classique de 1 500 MWe produit annuellement 10 TWh.

Cette différence d’efficacité est due aux conditions d’ensoleillement; Le Soleil ne brille que le jour, comme dirait M. de La Palice, et son éclat n’est pas à son maximum dans nos régions. De plus, la plupart des installations sont fixes et donc n’exploitent pas la totalité de la puissance solaire disponible. Il faut savoir enfin que la puissance installée n’est qu’une valeur potentielle théorique qui dépend des paramètres locaux de rendement.

La production photovoltaïque totale actuelle représente le quart de la production d’un réacteur standard, elle est donc marginale dans le mix énergétique français.

L’objectif 2020 du Grenelle de l’environnement est de 5 200 MWc photovoltaïques installés. C’est une ambition modeste puisque cet objectif correspond à une production annuelle sensiblement équivalente à celle d’un seul réacteur classique, et de plus cette production est intermittente.

Cependant ce marché est très dynamique et l’on peut espérer une croissance significative qui permettra de dépasser les objectifs du Grenelle.

L’évolution de la puissance photovoltaïque installée justifie cet optimisme:

Sept 2008 20 MW

Sept 2009 150 MW

Sept 2010 600 MW

Sept 2011 2 000 MW

Le marché se divise en plusieurs segments:

Domestique < 3 KWc 91 % des installations 27% de la puissance.

De 3 à 250 KWc 9% des systèmes 43% de la puissance.

> 250 KWc < 1% des sys. 30% de la puissance.

La croissance est fortement dépendante de la politique de prix de rachat par le réseau.

Par ailleurs la recherche et le développement de nouvelles technologies est très active, le FUI ( Fonds Unique Interministériel) soutient de nombreux projets qui permettent d’espérer à la fois une amélioration significative des rendements énergétiques, et une réduction des coûts de production.

La filière photovoltaïque est donc prometteuse, à condition que le délicat équilibre entre les prix de revient et les prix de rachat par le réseau soit bien géré afin d’éviter l’effet d’aubaine ou le désintérêt.

Si l’équipement photovoltaïque des toits existants ne pose pas de problème d’emprise foncière, il n’en va pas de même pour les « grosses » centrales, dont la puissance est aujourd’hui limitée par l’emprise au sol.

Par exemple la centrale EDF de Toul, dont la mise en service est prévue pour 2012, occupe 367 hectares pour une puissance installée de 143 MWc. Le prix annoncé de 454 Millions d’euros permet d’estimer l’investissement à 3,17 M euros par MWc installé.

Le lecteur calculera aisément la surface nécessaire pour produire en photovoltaïque l’équivalent de l’énergie issue d’un réacteur classique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:10

11 Janvier 2012

Le coût d’une éolienne off shore est considérablement plus élevé que celui d’une machine terrestre. Ce surcoût tient aux particularités de l’off shore:

- frais d’étude plus élevés à cause du milieu hostile et des contraintes supérieures.

- Coût important de l’ancrage par des fonds pouvant atteindre quarante mètres. Nécessité de faire appel à des entreprises de haute technicité spécialisées.

- Coût plus important pour le mât qui doit résister aux intempéries et à l’atmosphère marine, et ce pendant vingt années.

- Coût plus important pour le montage des éléments, qui nécessite des engins spécialisés pour travailler en mer, et du personnel en rapport.

- Coût plus important pour le matériel de production, qui doit fonctionner pendant vingt ans en atmosphère marine très corrosive.

- Coût très important pour le raccordement qui se fait par des câbles sous-marins.

- Coût important des installations terrestres et portuaires nécessaires à la gestion du parc off shore.

- Coût augmenté des primes d’assurance, qui tiennent compte des risques inhérents à l’environnement maritime avec ses sinistres particuliers.

Pour toutes ces raisons le coût d’investissement d’un parc éolien off shore est estimé à trois millions d’euros par MW installé, soit quasiment le double d’une installation terrestre.

Les coûts d’entretien et de maintenance sont également beaucoup plus élevés que sur terre, pour les mêmes raisons.

A une puissance nominale installée de 1 MW correspond une production annuelle de 8,76 Gwh à 100% de facteur de charge.

Le facteur de charge Fc est très variable. Il dépend du régime des vents, lequel ne peut être prévu qu’avec une large approximation. On dispose aujourd’hui d’indications sur les valeurs moyennes de Fc, telles qu’elles ressortent de l’analyse de production des parcs déjà installés.

Pour des éoliennes terrestres, Fc est compris entre 15 et 20%. En off shore les vents sont plus forts et plus réguliers, Fc est de l’ordre de 30 à 40%.

Rappelons que Fc atteint plus de 80% pour une centrale classique.

En off shore, une puissance installée de 1 MW pourra donc fournir une production annuelle de 2,6 à 3,5 GWh, soit 50 à 70 GWh en vingt années d’exploitation.

Ceci pour un investissement de départ de 3 millions d’euros.

Cet investissement, réparti sur vingt ans, représente donc une charge de 43 à 60 euros par MWh produit.

Pour obtenir le coût global de production il faut ajouter un certain nombre de postes:

- Les frais financiers relatifs à l’investissement de départ ( coût de l’emprunt).

- Les provisions pour le démantèlement.

- Les coûts d’exploitation.

- Le coût des installations portuaires.

- le coût des moyens maritimes de transport.

- Les coûts de maintenance.

- les coûts des réparations.

- Le coût des assurances.

- Les taxes et redevances diverses.

- les frais commerciaux.

Le tout conduit à un prix de revient qui ne doit pas être très loin de 100 euros le MWh.

L’industriel n’étant pas un mécène, il y a lieu de prévoir un prix de vente suffisant pour dégager une marge qui permettra de réinvestir et de rétribuer l’actionnaire.

C’est pourquoi, dans l’appel d’offre, il est prévu que l’industriel proposera lui-même un prix de rachat, avec un plafond de 175 à 200 euros le MWh.

Ces prix peuvent paraître exorbitants par rapport au prix actuel de 45 euros sur le marché européen, mais il faut rappeler qu’il s’agit de développer une filière industrielle dans laquelle tout est à faire ou presque.

Il ne serait donc pas réaliste de chercher d’emblée une parité avec des filières de production d’électricité déjà anciennes et parfaitement rodées.

A partir de ces projets pilotes, les industriels seront en mesure d’augmenter leurs parts de marché et d’élargir leur production, ce qui conduira à des réductions de coût.

Néanmoins, il est probable que, dans vingt ans, le MWh à 45 euros ne sera plus qu’un vieux souvenir ….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 16:04

10 Janvier 2012

En France, les énergies éoliennes et solaires ont longtemps été considérées comme des danseuses ne pouvant faire le poids en face de l’électricité nucléaire disponible à prix cassé.

Nous avons donc accumulé un retard très important par rapport à nos voisins, moins obnubilés par l’atome et peut-être plus clairvoyants…

Grâce aux ( ou à cause des ) mouvements écologiques, confortés par la catastrophe de Fukushima, un mouvement européen d’opinion s’est développé en faveur d’un retrait du nucléaire.

L’exemple de nos voisins européens a fini par convaincre les dirigeants français qu’il devenait urgent de s’intéresser concrètement aux énergies nouvelles sous peine de rendre notre retard irrattrapable.

Un premier appel d’offres avait bien été lancé en 2004, mais sans aucun succès. Il s’agissait d’un projet modeste visant à susciter l’installation d’un parc off shore de 1000 MW éoliens à l’horizon 2010, avec tarif de rachat règlementé garanti jusqu’en 2026.

On peut attribuer l’échec à diverses causes, prix trop élevé fixé par les candidats ( 135 euros le MWh ), conflits d’usage avec les associations de défense du littoral, et peut-être manque de volonté politique.

Les temps ont changé, les mentalités aussi, peut-être la volonté politique est-elle au rendez-vous, aidée par l’ambiance électorale ?

Toujours est-il que l’Etat a lancé un nouvel appel d’offre en deux temps:

Un premier appel en Juillet 2011 pour un parc de 3000 MW répartis sur cinq zones maritimes: Le Tréport, Fécamp, Courseulles-sur-mer, Saint Brieuc et saint Nazaire. Un second appel suivra rapidement pour une autre tranche de 3000 MW . L’entrée en production est prévue pour 2015.

L’ensemble comportera environ 1 200 grosses éoliennes de 5 MW.

A ce jour trois consortiums sont intéressés:

- EDF EN, avec Alstom.

- GDF Suez avec Vinci, Areva.

- Iberdrola et Eole-Res.

Le prix d’achat sera fixé par les industriels, avec un plafond de 175 à 200 euros le MWh selon la zone. (A comparer au prix de marché actuel de 45 euros le Mwh).

Souhaitons à ce projet plus de succès que le précédent n’en a connu.

Pas trop de succès quand même, car à 200 euros le MWh nous allons y laisser notre chemise.

( Car bien sûr ce surcoût sera facturé au client final à travers la CSPE ).

Si la première tranche arrive à terme en 2015, la production sera un peu inférieure à celle d’un seul réacteur de 1 500 MW.

Il s’agit donc d’un projet pilote aux ambitions modestes.

Son but est d’aider au développement d’une filière industrielle française.

L’objectif de retrait du nucléaire nécessiterait un changement d’échelle puisque pas moins de 7 000 éoliennes seraient requises pour substituer 30% de la production nucléaire. Le reste étant réparti entre le solaire thermique ou photovoltaïque, la biomasse, l’hydraulique et la géothermie.

Il est évidemment hors de question de substituer 100 TWh à 200 euros le Mwh à 100 TWh à 45 euros le MWh ( prix actuel du marché ) !

Le consommateur final descendrait dans la rue.

Il faudra donc regarder attentivement les prix de rachat qui seront proposés par les industriels répondant à l’appel d’offre, et surtout la durée pendant laquelle ces prix seront garantis par l’Etat, et sous quelle forme le surcoût sera compensé ( CSPE ou autre ).

De ces éléments financiers dépendra l’avenir de l’éolien au-delà de 2020.

 

 

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:19

8 Janvier 2012

L’intégration du marché Européen de l’électricité se poursuit sous l’égide de l’EPEX SPOT ( European Expert Exchange), qui publie l’ELIX (European Electricity Index) rapportant les prix de marché de l’électricité.

Ce prix de marché fluctue évidemment comme tout produit côté en bourse. Il s’établit actuellement autour de 45 euros par Mwh en moyenne.

Pour encourager le développement des énergies nouvelles, les Etats ont établi des règles incitatives de rachat de la production éolienne ou solaire photovoltaïque.

Pour l’éolien en France, ce prix de rachat est fixé à 86 euros par MWh en in shore, et 140 euros par MWh en off shore. Ces prix étant plus ou moins garantis pendant les dix premières années.

Il s’agit donc de prix supérieurs aux prix du marché EPEX SPOT, respectivement de 100%, et de 300%.

Il est évident que ce processus de subvention massive ne peut concerner qu’une production réduite, sous peine de créer une distorsion de concurrence intenable en marché ouvert.

De plus, comme Il faut bien que quelqu’un paye le surcoût, c’est le consommateur qui en est chargé, à travers la CSPE ( Contribution au Service Public de l’Energie). Tant que la production est faible, la CSPE est elle-même réduite.

( Elle a tout de même atteint 1,7 Milliards d’euros en 2009, et il est prévu 3,4 Milliards en 2011 ).

Le problème se posera lorsque la production des énergies nouvelles deviendra significative, pendant la période où le prix de rachat est garanti, soit dix années pour l’éolien.

La CSPE deviendra alors insupportable pour le client final, les barèmes de rachat devront être revus.

Nous avons donc d’une part une production d’électricité nucléaire à bas coût ( On parle même de « rente nucléaire » ), et d’autre part un outsider éolien dont il va falloir acheter la production au prix du caviar, au nom du soutien aux énergies nouvelles.

L’équation économique est claire: La facture du client final va s’alourdir automatiquement en proportion de la croissance de l’éolien et du solaire, grâce à la CSPE qui figure en bas des relevés.

Le client final ( vous et moi) doit donc s’attendre, dans les dix ans qui viennent, à une augmentation très significative de ses notes d’électricité.

En France, nous devrons payer une première fois pour l’incitation au développement des énergies nouvelles ( CSPE), et une seconde fois pour la remise à niveau du parc électronucléaire telle que définie par le rapport de l’ASN.

D’autre part, le coût du MWh éolien et solaire va normalement baisser avec le développement du marché, ce qui nous laisse espérer un croisement au cours de la prochaine décennie, croisement qui s’effectuera cependant à un niveau de prix au moins double du prix actuel.

Voilà au moins une bonne raison d’investir dans les économies d’énergie…

 

 

 

 

 

 

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 11:13

5 Janvier 2012

Après une inspection générale que l’on espère approfondie, l’ASN a donc rendu son rapport.

Les initiés auront bien sûr compris qu’il ne peut s’agir que d’une inspection superficielle, connaissant le temps nécessaire à l’inspection approfondie d’un seul réacteur, mais bon….

Nos réacteurs sont donc sûrs, en ce sens qu’ils ne posent pas de problèmes de sécurité immédiats.

Au lecteur de conclure s’il faut s’en réjouir ou s’en inquiéter.

En annexe, les experts ont tout de même précisé que, si l’on voulait vraiment bénéficier de cette sécurité au-delà de l’immédiat, il y aurait lieu de procéder à quelques menus travaux dont le montant a été provisoirement chiffré à dix milliards d’euros.

( Un peu comme chez DARTY, où l’on vous vend un matériel parfaitement fiable, mais en vous conseillant de prendre une extension de garantie au cas où…).

Il nous faudra donc mettre la main à la poche pour cette fameuse extension de garantie.

Le nucléaire français produit 300 TWh annuellement.

Dix milliards d’euros répartis sur dix ans, cela fait donc environ 0,33 centimes par KWh. Pas de quoi fouetter un chat.

Mais, l’expérience nous a montré hélas que l’évaluation de telles dépenses est toujours largement sous-estimée, surtout dans le nucléaire. Il faudra plutôt compter sur deux ou trois milliards par an pour des travaux aussi importants, et donc supporter un surcoût qui sera répercuté sur les prix de cession.

Aujourd’hui EDF vend son électricité nucléaire 42 euros le MWh( Janvier 2012). C’est le prix de cession aux fournisseurs, soit 4,2 centimes du KWh.

Un surcoût de 1 centime représente alors une augmentation de 25% du prix de cession, soit au moins 12% sur la facture du client final.

Cet effort reste cependant acceptable compte tenu du coût du KWh français, parmi les plus faibles d’Europe.

D’autre part, il est clair que cet investissement ne sera pas réalisé à fonds perdus. Il implique une prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs concernés, ce qui nous éloigne donc un peu plus de la sortie du nucléaire. On ne va pas arrêter des réacteurs sur lesquels on effectue pour

Deux ou trois milliards de travaux d’aménagement par an !

Les anti-nucléaires vont évidemment s’insurger contre cette débauche de milliards, sauf si l’Etat a l’intelligence de consacrer des sommes équivalentes, voire supérieures, au développement des énergies renouvelables. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Actuellement il existe un appel à projets du Gouvernement Français pour l’implantation d’un parc éolien offshore atteignant 6 000 MW à l’horizon 2020. Ce qui représente environ 1 000 éoliennes de 6 MW d’ici 2020.

Ces mille éoliennes pourront fournir environ 10 TWh par an, soit 3,3% de la production du parc nucléaire. Une goutte d’eau.

Un très gros effort doit donc être consenti pour espérer un jour remplacer la production nucléaire….

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 15:49

4 Janvier 2012

La nouvelle année trouve nos pays dits développés engagés dans un brouillard énergétique dont la sortie n’est pas évidente.

La dernière décennie a été marquée par la prise de conscience du réchauffement climatique. Tout ce qui, de près ou de loin, est susceptible d’émettre du CO2, est donc devenu « non grata ».

On aurait pu penser que cet ostracisme envers le CO2 se serait traduit par un intérêt accru pour l’atome qui, lui, n’en émet pas.

Hélas, après la catastrophe de Tchernobyl, celle de Fukushima est venue rappeler les dangers du nucléaire civil, qui est désormais désigné ennemi public numéro 2.

Nous voici donc tenus de mener une lutte sur deux fronts: Le nucléaire civil et les énergies fossiles carbonées, tous deux mis dans le même sac et voués aux gémonies.

Cette lutte implique un basculement de notre stratégie vers une troisième voie, celle des énergies propres et renouvelables, en clair le solaire et l’éolien.

Troisième voie idéologiquement irréprochable.

Dans l’euphorie, certains rêveurs, confondant la carte avec le territoire, ont pu croire un instant que ce basculement énergétique pouvait se réaliser en un tournemain, quelques années tout au plus.

C’était sans compter avec les réalités, qui échappent bien souvent aux idéalistes prompts à manier la pensée magique et peu soucieux des contingences pratiques.

Notre monde développé est construit sur des structures dont le fonctionnement repose pour plus de 70% sur les énergies fossiles carbonées. L’industrie, les transports, les usages domestiques, le chauffage, l’éclairage, sont dépendants de ces énergies. Leur remplacement par des sources renouvelables essentiellement électriques, nécessite un bouleversement total de ces structures.

A l’évidence ceci ne peut être accompli qu’en plusieurs décennies,

l’échéance la plus probable étant plutôt la fin de ce siècle.

Nous sommes donc confrontés à la nécessité ce rechercher un compromis entre d’une part les bonnes résolutions écologiques qui impliquent l’abandon des énergies fossiles carbonées et du nucléaire, et d’autre part la nécessité de ne pas mettre le pays en panne en arrêtant des unités de production sans avoir de solutions de remplacement.

Les politiques sont donc dans une situation très inconfortable. Beaucoup de pédagogie sera nécessaire pour faire admettre la nécessité d’accepter des compromis.

- Compromis sur l’utilisation des énergies fossiles carbonées. Il faudra encore faire avec jusqu’à la fin du siècle au moins, même si leur part dans le mix énergétique ira en décroissant, grâce aux économies d’énergie.

- Compromis avec le nucléaire. Son remplacement par les énergies nouvelles nécessitera plusieurs décennies. Et de plus de lourds investissements seront nécessaires pour sécuriser les installations existantes, investissements qui feront défaut pour le développement du solaire et de l’éolien.

Il faudra faire admettre que notre paysage énergétique ne peut changer que très progressivement, et que les gros investissements serviront surtout à sécuriser et optimiser les sites de production d’énergie classique, nucléaires et thermiques à flamme éventuellement partiellement décarbonés.

Aucun homme politique ne peut tenir un tel discours, surtout en période électorale, sans voir sa défaite assurée.

Après avoir fait rêver les populations sur un avenir énergétique propre, solaire et radieux, il n’est pas possible de les faire atterrir dans une réalité de charbon, de pétrole et de gaz.

La campagne électorale ne peut donc être que biaisée, au moins au plan du discours sur l’énergie. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire…

 

 

 

 

 

 

 

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