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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 18:30

 

9 Mars 2012

L’idée que la Terre tourne autour du Soleil, et non l’inverse, a mis longtemps à s’imposer, car en fait pour le commun il s’agissait d’une abstraction sans aucune conséquence pour les sociétés humaines. Seuls étaient concernés évidemment l’Eglise et quelques rats de bibliothèques ou quelques astronomes un peu curieux. Et de plus, à l’époque la curiosité était un vilain défaut.

Notre époque nous confronte à un nouveau changement de paradigme, dont cette fois les conséquences sont susceptibles d’impacter directement nos sociétés, voire même la survie de l’espèce humaine.

Il s’agit bien sûr du changement climatique.

Nos ancêtres ont longtemps vécu dans la tranquille certitude de l’immuabilité des choses de la nature. Le déroulement des saisons souffrait bien parfois de quelques sautes d’humeur, mais les années de vaches maigres étaient suivies d’années de vaches grasses, en sorte que sur une période de trois ou quatre générations le climat paraissait constant. Une fois disparu l’arrière grand père, la mémoire du climat passé s’estompait et le climat présent devenait le climat de toujours. C’est d’ailleurs encore vrai de nos jours tant la mémoire collective est courte; les hivers considérés comme froids aujourd’hui font sourire les anciens qui ont connu les années cinquante.

Nous savons maintenant que les variations climatiques de fortes amplitudes ont toujours existé, et peut-être même ont-elles favorisé l’expansion de l’espèce humaine en stimulant les capacités adaptatives de nos lointains parents et en les incitant à parcourir le monde pour découvrir des territoires plus cléments.

Cependant, depuis environ 10 000 ans, la température moyenne du globe s’est maintenue dans une fourchette de 2°C, avec de fortes variations régionales il est vrai. Le dernier épisode remarquable, le « petit âge glaciaire », du XVIè au XIXè siècle, est resté gravé dans les écrits du temps malgré une baisse de température moyenne faible, environ 1°C par rapport à l’optimum médiéval.

Aujourd’hui nous sommes confrontés à une menace autrement plus sérieuse, celle d’un réchauffement d’une ampleur et d’une rapidité sans précédents dans le passé, entre 2 et 6°C, voire même davantage selon certaines évaluations, et ceci en seulement un siècle.

Une telle montée en température, sur une période aussi courte, serait une catastrophe planétaire entrainant des bouleversements géopolitiques susceptibles de compromettre la fragile stabilité de nos sociétés.

Il est facile de comprendre que plus la montée en température sera grande, et plus grands seront les bouleversements. Il n’est donc pas indifférent de savoir si la hausse sera de 2°C ou de 6°C; dans le premier cas la situation sera difficile mais gérable, dans le second cas c’est l’apocalypse qui nous guette…

Dans l’un ou l’autre cas nous avons des dispositions à prendre et les décideurs de la planète doivent savoir à quels types de catastrophes ils auront à faire face afin de prendre des mesures pour minimiser les dégâts.

L’oracle de Delphes ayant fermé boutique, nous devons nous adresser aux mages modernes que sont les scientifiques. Ils ne lisent pas l’avenir dans les entrailles de mouton, ils disposent de truchements en principe plus crédibles, ils interrogent même les cieux par l’intermédiaire de satellites, ils refont le monde avec leurs ordinateurs. De la connaissance du passé ils estiment pouvoir prédire l’avenir ( Ah, se prendre pour le créateur…).

Les mages officiels ont délivré des prédictions à tiroirs. Plusieurs options sont proposées, selon la sagesse des hommes. Nous retrouvons là l’expression d’un plan divin laissant à l’Homme une part de libre arbitre.

Seulement la recette pour rendre les hommes plus sages n’est pas fournie…

A coté de cette « magie d’Etat » il existe une magie dissidente qui propose d’autres prédictions reposant sur une autre façon d’interroger les entrailles de mouton , pardon, les ordinateurs. Leurs crédibilité est aussi bonne que celle des mages officiels, car les diplômes dont ils sont bardés sont délivrés par les mêmes druides.

Faire confiance aux uns ou aux autres, c’est donc un peu jouer le destin de la planète au tric trac, ce qui fait désordre. Qui a dit « Dieu ne joue pas aux dés ? ».

Certains décideurs de la planète, et non des moindres, ont rapidement réalisé que les perspectives d’évolution du climat décrites par les experts n’étaient que des prédictions et qu’il y avait lieu de leur accorder l’importance que l’on accorde habituellement aux prédictions, c’est-à-dire une écoute bienveillante accompagnée d’une croyance conditionnelle et d’un engagement limité et prudent.

( Voir protocole de Kyoto et sommet de Durban)

Sans aller jusqu’à cautionner la déclaration de Corinne Lepage à l’AFP:

« Dans le monde politique tout le monde s’en fout complètement », il faut admettre que les décideurs de la planète ont tendance à traiter le problème « par-dessous la jambe ».

Il est vrai que s’occuper à la fois des problèmes urgents et des problèmes du prochain siècle nécessite de pratiquer un grand écart intellectuel pour lequel nos structures de gouvernement ne sont pas préparées.

Peut-être aussi faudrait-il commencer par le commencement: Avant de penser à organiser l’avenir, il ne serait pas absurde de commencer par mettre de l’harmonie dans le présent.

Du pain sur la planche….

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 18:54

 

8 Mars 2012

Dans l’article précédent nous avons tenté d’imaginer un scénario sur notre avenir énergétique, sur les bases de la situation actuelle et des paramètres connus susceptibles d’influer sur l’évolution.

Compte tenu:

- De la position très majoritaire des énergies fossiles carbonées dans le mix énergétique mondial ( plus de 80%), et de l’absence de tendance au changement,

- Des abondantes réserves disponibles de ces mêmes énergies,

- De la probable exploitation de réserves nouvelles liées à l’off shore profond et aux huiles et gaz de schistes,

- De la demande croissante d’énergie, liée au développement économique des pays émergents,

- De l’absence de portée pratique des résolutions portant sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone, sinon à l’échelon local,

On peut légitimement inclure dans notre scénario le maintien de la consommation des combustibles fossiles jusqu’à épuisement des réserves, c’est-à-dire pour encore une centaine d’années.

Les énergies durables propres et décarbonées seront appelées à prendre le relais lorsque les conditions économiques seront favorables, mais sans remettre en question la consommation totale des réserves fossiles.

Cette hypothèse, hélas vraisemblable, doit donc intégrer des émissions de CO2 conduisant à l’un des pires scénarios du GIEC. Le taux de CO2 atmosphérique pourrait alors dépasser 800 ppm v, avec une élévation de la température moyenne planétaire de plus de 6 °C.

Aujourd’hui la menace de scénario du pire n’est qu’un chiffon rouge agité par les écologistes soutenus par les travaux du GIEC, elle demeure sans écho dans les instances de pouvoir, dont les préoccupations ne sauraient s’étendre au-delà de la future échéance électorale.

Il faut dire, à la décharge des hommes politiques, que les signaux d’alarme d’un éventuel réchauffement catastrophique se font attendre, la communauté scientifique est divisée, au point que la notion de «réchauffement climatique» a été remplacée par celle de « changement climatique » beaucoup plus nuancée et ouverte à d’autres interprétations, notamment celle de changements régionaux plutôt que planétaires.

Par ailleurs l’attribution du « changement climatique » au seul CO2 anthropique ne fait plus l’unanimité, d’autres causes possibles sont considérées, et d’autres modèles sont proposés ( Le caractère non-officiel de ces théories n’enlève rien à leur valeur scientifique, seule est à considérer la valeur des arguments et les résultats de mesure).

On sait que le GIEC a fait l’objet d’une sérieuse controverse, à la suite de laquelle ses méthodes de travail ont été réorganisées. Le prochain rapport, prévu pour 2013, incorporera les nouveaux résultats obtenus par la communauté scientifique et les nouvelles interprétations en résultant.

Ce flottement dans la consistance des théories décrivant le changement climatique peut justifier en partie l’attentisme des décideurs, peu soucieux de bouleverser un système socio économique déjà fragile, sur la foi d’assertions fondées sur des bases révisables, voire même contestées.

Quel qu’il soit, le changement climatique sera le résultat d’une évolution du système planétaire. Des mesures drastiques de réduction des émissions de CO2 seront sans effet global si elles ne sont appliquées que dans une région limitée du globe. Et même dans les pays soucieux d’adopter un comportement vertueux, on ne sera pas à l’abri des incohérences. Par exemple, à quoi bon remplacer les moteurs thermiques par des moteurs électriques si cette électricité est produite par des centrales à combustibles fossiles ? C’est ce que nous sommes en train de faire en Europe, région qui se veut pourtant exemplaire en matière d’énergie propre !

La réalité de la situation en matière de lutte contre le réchauffement climatique, les incohérences, les hésitations, les atermoiements, le manque d’unanimité planétaire, conduit à douter fortement de notre capacité à obtenir des résultats significatifs. Les réunions internationales des G8, des G20, des G77, n’auront sans doute que très peu d’influence sur le changement climatique.

Le principe de réalité conduit alors à admettre l’inéluctabilité d’un changement climatique associé à une élévation de température moyenne de 3 ou 4°C d’ici la fin de ce siècle, et à se préparer à y faire face.

On ne lutte pas contre l’inondation en essayant d’empêcher la pluie de tomber, mais en construisant des barrages et des digues…

 

 

 

 

 

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 18:20

 

7 Mars 2012

L’enthousiasme suscité par l’émergence des énergies renouvelables décarbonées, porteuses d’espoir pour l’avenir de la planète, ne doit pas nous distraire de la réalité d’aujourd’hui:

En 2009 la production mondiale d’énergie primaire se répartissait ainsi:

- Pétrole: 32,8%

- Charbon: 27,2%

- Gaz naturel: 20,9%

- Biomasse: 10,2%

- Nucléaire: 5,8%

- Hydraulique: 2,3%

- Eolien, Solaire,

Géothermie: 0,8%

Source: « Key World Energy Statistics » iea.org

81% de la production d’énergie primaire est donc constituée par les combustibles fossiles carbonés, non renouvelables et fortement émetteurs de dioxyde de carbone.

10,2% sont attribués à la biomasse, essentiellement du bois énergie, dont une faible partie seulement est renouvelable.

Les énergies non émettrices de CO2 contribuent pour 8,9% du total, encore faudrait-il compter à part le nucléaire, dont l’avenir est compromis.

Les énergies renouvelables et propres ( Hydraulique, Eolien, Solaire, Géothermie) ne représentent donc que 3,1% .

Cette répartition appelle quelques remarques:

- Bien que technologiquement réalisable depuis une trentaine d’années, l’exploitation des énergies Eolienne et Solaire ne représente aujourd’hui qu’une part dérisoire de la production énergétique mondiale. Elles ne peuvent soutenir la concurrence des énergies fossiles qui sont disponibles à coût «dérisoire» . Elles ne pourront s’imposer qu’à la faveur d’une crise provoquant un renchérissement considérable et durable des combustibles traditionnels, ou de la mise en application sérieuse des accords internationaux sur la réduction des émissions de CO2, circonstances qui n’ont pas encore été observées à ce jour.

- Bien qu’au centre des débats planétaires en raison de la récente catastrophe du Japon, l’énergie nucléaire ne représente qu’une part minime de la production mondiale, environ la moitié de ce que fournit la biomasse. Son seul intérêt réside dans l’absence d’émission de CO2.

La puissance du lobby nucléaire a réussi ( jusqu’à Fukushima) à escamoter les inconvénients majeurs que sont les risques d’accidents catastrophiques, les risques à long terme représentés par les déchets, les risques de dissémination, et le coût réel du traitement des déchets et du démantèlement.

L’opinion est en droit de demander si l’on doit accepter de tels risques pour les générations futures.

Le trio de base Charbon, Pétrole, Gaz naturel, reste donc très largement majoritaire dans le mix énergétique mondial, et probablement pour quelques décennies encore, avec des variations locales.

Cette situation place notre civilisation technologique sur la corde raide, eu égard à la perspective d’épuisement de ces ressources.

La connaissance des réserves énergétiques est donc essentielle. La notion de réserve étant très variable ( Une réserve est toujours associée à un coût d’exploitation) selon les bases de l’analyse, on trouve des données différentes selon les sources.

Par exemple, voici les chiffres selon BP Statistical Review of World Energy 2009:

Pétrole: 44 ans

Gaz naturel: 64 ans

Charbon: 183 ans

D’autres données sont proposées par d’autres sources, mais qui ne modifient pas l’aspect qualitatif.

Il semble donc que le charbon restera maître du terrain à la fin de ce siècle, avec la participation de l’hydraulique, de l’Eolien, du Solaire, de la Géothermie, et de la Biomasse, à des hauteurs qui ne dépendent que de notre volonté de les promouvoir.

Le sort du nucléaire est en suspens. Il n’est pas possible de prévoir ce qui dépend de décisions politiques et/ou de recherches avancées dont les résultats sont par définition aléatoires.

Cette revanche du vieux charbon ira de pair avec la persistance des émissions de CO2 associées, qui resteront importantes malgré l’amélioration des procédés de combustion et l’application des procédés d’enfouissement.

L’augmentation du taux de CO2 sera naturellement maîtrisée par l’épuisement du pétrole et du gaz naturel, et l’accroissement de la production des énergies décarbonées et/ou renouvelables ( Biomasse).

Le taux de CO2 atmosphérique se stabilisera à un niveau probablement très supérieur au taux actuel, plus près de 700 ppmv que de 500.

A nous de construire un autre scénario…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 18:08

 

 

3 Mars 2012

Les circonstances dramatiques que l’on sait ont placé le Japon dans une situation involontaire de sortie brutale du nucléaire. Depuis la catastrophe, la plupart des réacteurs ont été arrêtés pour travaux d’entretien réguliers, et personne ne veut prendre la responsabilité de les remettre en service eu égard à la forte opposition des populations. Seuls deux réacteurs demeurent encore en service sur un parc de cinquante-quatre avant la catastrophe, ces deux réacteurs devant d’ailleurs être arrêtés au mois de Mai pour les habituels travaux d’entretien programmés.

Cette sortie impromptue du nucléaire s’est donc effectuée spontanément sans décision gouvernementale, évènement sans précédent.

Devant le fort mouvement d’opinion contre la remise en service des réacteurs arrêtés, même après une inspection poussée et des travaux de consolidation, le gouvernement ne prendra pas le risque de passer en force.

Le pays se prépare donc à une année 2012 difficile au plan énergétique.

C’est 28% de la production d’électricité qui fait défaut, et qu’il faut compenser d’une manière ou d’une autre, en attendant une solution définitive.

Dans l’immédiat une trithérapie est appliquée:

- Augmentation de l’activité des centrales thermiques à charbon, gaz et fuel, qui assuraient déjà 68% de la production électrique, accompagnée de la remise en service de vieilles centrales thermiques déclassées.

- Augmentation des importations de combustibles fossiles, pour alimenter les centrales en fuel et gaz naturel.

- Mise en place d’une politique imposée de réduction des consommations.

Ce traitement ne peut être que transitoire, car il est un retour à des pratiques condamnées d’usage des énergies fossiles dont l’épuisement est inéluctable, il est aussi un renoncement aux engagements de réduction des émissions de CO2, et une aggravation de la dépendance énergétique. Sans compter la charge sur le bilan du commerce extérieur.

Le suivi de la mise en oeuvre de cette trithérapie de choc sera du plus grand intérêt pour les Etats susceptibles d’être confrontés à un problème similaire dans les prochaines années. Il permettra de mesurer l’aptitude du gouvernement nippon à résister à la solution de facilité que serait une relance des réacteurs nucléaires, plutôt que de choisir la voie étroite du développement massif des énergies durables. Il sera également intéressant de mesurer le niveau d’adhésion des populations aux consignes de modération.

Un an après le séisme, les programmes nucléaires dans le monde ne semblent pas significativement affectés: L’Agence Internationale de l’Energie maintient ses prévisions d’accroissement de 60% des capacités nucléaires en 2035 pour l’ensemble de la planète.

Tchernobyl et Fukushima n’auront donc pas suffit à « régler son compte » au nucléaire, sauf dans certaines régions du monde où l’opinion des populations possède encore quelque influence, et bien sûr sous la pression des circonstances comme au Japon.

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 15:17

17 Février 2012

La formule désormais célèbre « La France n’a pas de pétrole, mais etc… » est toujours d’actualité. Hélas nous n’avons pas davantage de Gaz naturel ni de charbon.

En attendant un hypothétique âge d’or des énergies renouvelables, nous sommes donc entièrement dépendants des importations pour nous fournir en carburants pour nos automobiles, et pour le reste...

En attendant d’avoir résolu l’imbroglio énergétique où s’entremêlent l’écologie, le CO2, le Nucléaire, le réchauffement de la planète, les gaz de schiste, le photovoltaïque, les biocarburants et les éoliennes, nous en sommes réduits à consommer du pétrole encore pour un certain temps.

Il est donc important de s’intéresser à son prix.

Aujourd’hui le baril est à 100 dollars, soit 0,48 euro par litre.

Rappelons que, dans le rapport « Perspectives de l’OCDE » No 76 paru en 2005, l’honorable institution prévoyait une hausse du prix du baril à hauteur de 30 dollars en 2010, et jusqu’à 35 dollars en 2030 ( !!!).

Ne tirons pas sur le pianiste car l’exercice de la prévision est semé d’embûches. Néanmoins, cette erreur de 300% donne une mesure de la modestie qui doit entourer toute annonce concernant l’avenir, particulièrement en ce qui concerne les prix de l’énergie.

Revenons à la réalité d’aujourd’hui , c’est-à-dire 0,48 euros le litre de brut.

Le raffinage et la distribution portent le coût à 0,60 euro environ.

Grâce à l’Art des magiciens de Bercy le gazole se retrouve à 1,40 euro par litre à la pompe, ce qui représente environ 100 euros mensuellement pour une automobile parcourant 15 000 km par an, et consommant 6 litres aux cent kms.

Les uns estimeront cette dépense « raisonnable », elle sera jugée scandaleuse par les autres.

En 2010 le budget culture et loisirs des français s’est élevé à 93 Milliards d’euros ( INSEE), ce qui fait 4 227 euros annuellement par ménage, soit 352 euros par mois. Il s’agit d’un moyenne bien entendu, certains dépensent davantage, d’autre doivent se serrer la ceinture.

Ces chiffres montrent que, pour la moyenne des ménages français, quelques dizaines d’euros en plus ou en moins sur le budget carburant n’auront pas beaucoup d’impact, sinon celui d’inciter à avoir le pied plus léger sur l’accélérateur, et pratiquer une légère restriction du budget loisirs.

Il faudra donc beaucoup plus que 100 euros le baril pour entraîner des changements significatifs des modes de vie de la majorité des ménages.

Comme toujours, ce sont les plus défavorisés qui subiront au premier euro le contrecoup des hausses.

Depuis 2003 le prix du baril a été multiplié par quatre ( en 9 ans).

Sans être un expert on peut quand même avoir conscience des paramètres qui influent sur l’évolution probable du marché:

- Augmentation des coûts de recherche et d’extraction.

- Approche probable du pic de production, donc tension sur les prix.

- Forte augmentation de la demande des pays émergents.

- Forte probabilité d’évènements géopolitiques induisant des tensions sur le marché, avec probabilité d’une crise.

Cet environnement n’est pas de nature à laisser espérer une baisse des cours.

En 2005 les experts prévisionnistes n’avaient pas cru en la possibilité d’une explosion durable du prix du pétrole, ils avaient prévu 30 Dollars le baril pour 2010 alors qu’il est monté à 100 Dollars.

Ne commettons pas la même erreur, mais ne tombons pas dans l’excès inverse. Si le taux de croissance du prix se maintenait à son niveau de la dernière décennie, le baril serait à près de 500 Dollars en 2025.

Le prix à la pompe serait alors voisin de 3,80 euros le litre de gazole, à TICP et TVA inchangées.

Pour notre automobiliste, la dépense de carburant passerait à 270 euros par mois, ce qui serait difficile à gérer, même pour les revenus moyens.

Mais le plus insupportable serait pour notre balance du commerce extérieur.

Aujourd’hui les importations d’énergie entraînent un déficit annuel de

50 Milliards d’euros. Un baril à 500 Dollars porterait ce déficit à 250 Mds d’euros, évidemment impossible à assumer.

Le Gouvernement serait amené à prendre des mesures de restriction.

Il existe une quasi indexation du prix du Gaz naturel sur celui du pétrole, il n’y a donc pas de porte de sortie de ce côté. Et ce n’est pas la création du FPEG ( Forum des Pays Exportateurs de Gaz ) qui améliorera la situation.

Pour tenter d’échapper à ce piège à retardement, les Etats dépendants des importations pour leur énergie recherchent l’indépendance énergétique, au moins partielle. En son temps la France a choisi le Nucléaire, qui couvre 75% des besoins en électricité. Aujourd’hui une autre voie est possible, celle des énergies renouvelables, déjà largement mises en œuvre dans certains pays.

Toutes ces solutions de rechange fournissent de l’électricité. Or notre consommation n’utilise l’électricité que pour le quart de ses besoins.

Le reste fait appel aux énergies fossiles carbonées.

La tâche principale qui nous attend est donc de basculer tout nos besoins sur l’électricité, ou au moins les trois quarts.

C’est une tâche très difficile car sa nécessité ne fait pas consensus. On pense généralement au remplacement du nucléaire par du solaire ou de l’éolien, en oubliant complètement les trois quarts de nos besoins actuellement satisfaits par le pétrole et le Gaz naturel.

Le problème des carburants n’est que la partie émergée de l’iceberg. La voiture électrique ne nous permettra pas d’échapper au piège du pétrole.

Mais toujours à quelque chose malheur est bon: toute augmentation du prix du baril est un argument en faveur du développement des énergies durables. Si elles ne sont pas compétitives contre un pétrole à 100 Dollars le baril, il en ira différemment à 200 ou 300 Dollars !

Il nous faut accepter la fin de l’énergie à bon marché.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:35

11 Février 2012

Les hasards du calendrier entraînent parfois des courts-circuits inattendus.

Dans la campagne électorale qui bat son plein, tous les candidats sont d’accord sur au moins un point: pour sortir le pays de la crise il faut relancer l’outil industriel pour exporter et améliorer notre balance du commerce extérieur. Le slogan « Achetons français » s’est naturellement transformé en « Produisons français », tant il est évident que pour espérer vendre à l’export il faut d’abord commencer par fabriquer…

Le consensus autour de cet objectif semblait sans faille, avec la stratégie de soutien aux PME gravée dans le marbre à droite comme à gauche.

Jusqu’au jour où l’actualité s’est invitée dans ce concert harmonieux, sous la forme de deux pavés jetés dans la mare du ronron médiatique.

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais…

Nous voulons parler de PHOTOWATT et de la nouvelle usine RENAULT du Maroc.

PHOTOWATT s’est voulu la concrétisation d’une démarche logique dans le cadre du développement des énergies nouvelles. L’entreprise a réussi à se doter du savoir faire lui permettant de maîtriser toute la chaîne photovoltaïque depuis le matériau de base jusqu’aux équipements de terrain. La première phase du programme gouvernemental de soutien aux PME et aux énergies nouvelles lui a permis de démarrer une industrialisation prometteuse. Mais le manque de continuité de la politique d’Etat, ainsi que la concurrence sauvage ( car affranchie de toute loi sociale) ont conduit PHOTOWATT à déposer son bilan.

Le fait que EDF se positionne en repreneur ( un peu forcé ?) ne change rien aux conditions de concurrence internationale ( essentiellement chinoise ). Ce que PHOTOWATT n’a pas pu réussir pour des raisons de concurrence chinoise et de manque se soutien de l’Etat, EDF pense le réussir grâce à sa force de frappe. Avec quelle recette ?

En tous cas, voilà encore une PME performante sacrifiée au mépris des promesses de l’Etat qui prétendait relancer l’outil industriel en soutenant les PME, comme le fait si bien le grand frère d’outre-Rhin.

Le deuxième pavé est bien sûr le milliard investi au Maroc par Renault pour y créer quelques milliers d’emplois rétribués avec un « salaire » quasi colonial, ceci afin de réduire d’autant les effectifs en France où, paraît-il, les ouvriers sont scandaleusement surpayés.

Voilà qui est de nature à relancer l’outil industriel en France…

L’analyse de notre stratégie future annoncée était pourtant très claire: ne cherchons pas à concurrencer le marché mondial sur le bas de gamme, basons nous sur l’excellence française pour innover et briller dans le haut de gamme.

Hélas notre incapacité à égaler les berlines allemandes nous a contraints à nous replier sur le menu fretin, là où les marges sont les plus faibles et la concurrence féroce.

Le pire, c’est que l’on nous promet un feu d’artifice avec la voiture électrique qui, elle, sera fabriquée en France… en 2020 ?

Sans nous préciser avec quelle électricité les batteries seront rechargées, attendu qu’en 2012 nous sommes déjà au bord de la pénurie.

Voilà qui met un peu de sel dans la soupe électorale que l’on nous sert tous les soirs.

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 15:12

8 Février 2012

Le dépassement de la barre mythique des cent mille Mégawatts hier soir constitue un signal d’alarme qui ne saurait être négligé.

Le délestage n’a pu être éviter que grâce à des importations d’Allemagne et exceptionnellement de Grande Bretagne.

L’arrêt programmé de la production nucléaire en Allemagne laisse craindre des difficultés d’approvisionnement pour la France dans un avenir proche.

Notre outil de production électrique est désormais incapable d’assurer sans aide extérieure les besoins des pics de consommation.

Des solutions existent. Nous avons parlé dans un précédent article du nouveau compteur électrique « Linky » qui doit équiper trente-cinq millions de foyers prochainement. Il permettra entre autres de gérer de manière interactive et concertée le lissage de la consommation pour réduire significativement les pics de consommation.

Or diverses associations, se réclamant de la mouvance écologique, s’opposent à l’installation de ces nouveaux compteurs, évoquant les possibles risques sanitaires créés par les ondes utilisées pour le télé-relevé, et le manque de confidentialité des informations recueillies.

Par ailleurs, le formidable battage autour des énergies nouvelles a fini par porter ses fruits. Un appel d’offres pour des parcs éoliens offshore a été lancé, dont nous avons également parlé.

Or, là aussi, une forte opposition se manifeste.

L’UMIH ( Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie ) apporte son soutien aux actions menées par la FED ( Fédération Environnement Durable) et le collectif PULSE ( Pour Un Littoral Sans Eoliennes).

«L'UMIH dénonce la non concertation et la mise en péril de toute la filière touristique notamment de son million d'emplois que provoquerait le lancement du 1er projet de 5 parcs éoliens offshore » .

Il semble donc exister un mouvement d’opinion en faveur d’une opposition systématique à tout progrès allant dans le sens d’une meilleure gestion de l’énergie et/ou d’un développement des énergies durables réellement efficaces.

Ce mouvement, s’il acquiert une puissance suffisante, peut peser sur les choix politiques énergétiques.

Il peut aussi entraîner un rejet des idées écologiques dans la mesure où elles se révèleraient incapables de supporter la confrontation avec les réalités.

Le refus simultané des énergies fossiles à cause du CO2, de l’énergie nucléaire à cause des risques et des déchets, des éoliennes à cause de l’esthétique, des agro carburants à cause de l’empiètement sur les terres agricoles, est certes intellectuellement argumenté, mais peu constructif au plan pratique en ce sens qu’il n’est laissé aucune porte de sortie, sinon le renoncement à tout progrès avec un retour à une économie de survie.

L’obstruction systématique ne peut qu’induire une politique officielle conservatrice, ce qui en l’occurrence signifie la poursuite du nucléaire et une minimisation des efforts sur les énergies nouvelles, dont le développement serait laissé aux initiatives du marché ...

 

 

 

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 20:19

7 Février 2012

Il y a quelques minutes, relevé de 19h15, la barre des 100 000 MW a été franchie.

Ce triste record historique, nous le devons à un hiver « normal ».

Eh oui, au cours d’un hiver normal en France il y a des périodes frisquettes comme celle que nous traversons. Les anciens pourront en témoigner, on pouvait même patiner sur les lacs du bois de Boulogne!

Il n’était pas rare d’avoir entre moins dix et moins quinze en région parisienne pendant parfois deux semaines.

Il n’y a de nouveau que ce qui est oublié…

Nous avons pu « encaisser » ce pic historique grâce à des importations. Inutile de préciser que le prix est un peu «spécial » .

Pour la journée de demain, qui s’annonce également critique, voici les cours négociés du MWh donnés par l’indice EPEX SPOT:

De 0 à 6 h : 65 Euros

En fin de matinée: 150 Euros

En pic de soirée: 210 Euros

Nos voisins peuvent nous aider car ils utilisent fort peu de chauffage électrique, leur pic de consommation est donc décalé par rapport au notre.

L’électricité importée en soirée est fabriquée avec des carburants fossiles, bonjour le CO2.

Le boom du chauffage électrique nous a mis dans cette situation inconfortable.

Il nous reste à espérer que le boom de la voiture électrique se transforme en flop, sinon je nous vois mal partis…

 

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 09:42

 

2 Février 2012

La campagne pour les économies d’énergie bat son plein depuis plusieurs années. L’opinion est favorable aux conseils de modération prônés par le Gouvernement, des mesures incitatives sont mises en place, telles que TVA à taux réduit, crédit d’impôts, tarif de rachat imposé pour les énergies renouvelables, diagnostic énergétique, indice de performances énergétique, etc...

Les industriels proposent des solutions performantes pour l’isolation des logements, pour les installations domestiques de production d’électricité, pour la gestion de l’énergie, et les labels basse consommation sont généralisés.

On pourrait donc penser que ces démarches vertueuses, initiées depuis plusieurs années déjà, commencent à porter leurs fruits.

Il n’en est rien.

Sur les trois dernières années la consommation d’électricité a été la suivante:

490 000 MWh en 2008

490 000 MWh en 2009

500 000 MWh en 2010 ( Hiver rigoureux)

478 000 MWh en 2011

La baisse de 2011 enregistre les effets de la crise et de la clémence de la météo.

On ne voit donc pas apparaitre de manière significative une tendance baissière sur la consommation annuelle d’électricité.

Cette absence de tendance à la baisse est confirmée par l’examen des pics de consommation.

On se souvient du pic historique de consommation électrique du 15 Décembre 2010, qui établit le record de 96 700 Mégawatts autour de 19 heures.

Pour éviter le délestage, EDF avait alors dû importer 4 000 Mégawatts pendant la période critique.

A l’heure où nous écrivons ces lignes la puissance absorbée sur le réseau est de 96 377 MW, légèrement inférieure au pic prévu à 97 000 MW à 19h.

Si le record ne sera pas battu aujourd’hui, il sera égalé.

Mais on ne perd rien pour attendre, car EDF prévoit un pic de 98 300 MW Lundi prochain 6 Février, et de 99 900 MW Mardi..

La barre mythique des 100 000 Mégawatts est donc très proche.

Cette situation reflète la réalité de nos comportements, et c’est sur ces bases que seront prises les décisions concernant les choix énergétiques du futur.

Une baisse de la consommation ne se décrète pas, c’est au consommateur de prouver qu’il est capable de traduire en actes les bonnes résolutions proclamées ici et là.

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 18:43

1er Février 2012

On peut lire, sur le site de BOSCH, les informations suivantes à destination des professionnels du secteur automobile:

«Les systèmes de climatisation des véhicules particuliers et utilitaires d’un poids total inférieur à 3,5 tonnes, dont l’homologation de type a été délivrée depuis début 2011, doivent contenir le nouveau réfrigérant R1234yf. Le réfrigérant R134a employé ultérieurement est devenu quant à lui obsolète suite aux normes plus strictes du nouveau règlement européen sur les produits chimiques et la protection du climat qui fixe une valeur limite pour le potentiel de réchauffement planétaire (PRP) des substances utilisées. Le réfrigérant R1234yf, est donc plus écologique que son prédécesseur mais reste hautement inflammable et doit donc être manipulé selon des règles de sécurité drastiques » .

Source: Communiqué de Presse AA 11.30 HF/ND du 11/09/2011.

La dernière phrase confirme sans ambigüité le caractère hautement inflammable du produit, car on ne peut mettre en doute la compétence de Bosch dans ce domaine. Voilà qui met fin au débat, au moins sur ce point de « détail ».

Par ailleurs, pour des raisons mécaniques ( Entrainement du compresseur de climatisation, qui « pompe » jusqu’à plusieurs Kilowatts et ne saurait être alimenté par l’électricité), et pour le refroidissement du gaz comprimé, le circuit de climatisation se trouve dans le compartiment moteur. Le tout fonctionnant à haute pression comme chacun sait.

Dans le compartiment moteur, le collecteur d’échappement atteint normalement des températures supérieures à plusieurs centaines de degrés ( 500 à 600 °C parfois).

En cas de fuite significative de gaz réfrigérant, il y a donc un risque d’incendie difficilement niable.

Les fuites légères sont systématiques , on estime que 60 à 100 g de fluide s’échappent annuellement, rendant nécessaire la recharge du circuit.

Des fuites plus importantes peuvent résulter d’un défaut d’étanchéité en un point quelconque du circuit.

Le risque le plus évident est bien sûr l’accident qui donne lieu à une fuite massive de produit ( pas toujours heureusement !). Dans ce cas, deux conséquences sont à redouter:

Décomposition du gaz en composés contenant de l’acide fluorhydrique hautement toxique, et/ou inflammation pouvant se propager au véhicule entier.

Les instances professionnelles responsables des analyses et tests de sécurité ont estimé que le risque évoqué ci-dessus est négligeable.

Les tests de sécurité du R1234yf ayant conduit à l’homologation par le SAE ont été effectués par Honeywell et Dupont, qui sont également les fabricants du produit, dont ils détiennent les brevets.

Au-delà du questionnement au sujet de la validité de tests effectués par le vendeur de la substance, il se pose le problème d’une éventuelle entente illicite entre les duettistes Honeywell et Dupont , afin de s’approprier ce marché très juteux .

Le challenger ARKEMA ( Importante société Française parmi les leaders mondiaux notamment en produits fluorés) a développé de son côté un produit similaire vendu sous le nom de FORANE 1234yf, et voit d’un mauvais œil une possible entente entre les deux susnommés, entente en vue de fausser la concurrence. Il s’en est ouvert auprès de la Commission Européenne ( Dépôt d’une plainte en Avril 2011), qui a ouvert en Décembre 2011 une procédure à l’encontre des susdits pour « Entente et abus de position dominante » . L’objectif de cette procédure est de « clarifier l’environnement juridique autour des brevets de Honeywell et Dupont ».

Il est donc probable que nous entendrons reparler de cette affaire, soit au plan juridique, soit au plan de la sécurité, soit au plan de la pollution environnementale.

 

 

 

 

 

 

 

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