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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 11:08

Les sources du climato scepticisme.

3 Mars 2017
Le changement climatique est aujourd’hui élevé au rang de menace essentielle pesant non pas sur la Planète, qui en a vu d’autres, mais sur l’Humanité.
Très au-dessus de l’explosion démographique, de la montée des extrémismes, de la confiscation des richesses par une minorité, du saccage de l’environnement, du pillage des ressources non renouvelables, de la faim dans le monde, et de bien d’autres malédictions qui mériteraient chacune des actions immédiates, la lutte contre le réchauffement a pris le pas sur tout le reste, elle sous-tend désormais toutes les stratégies de développement économique, et de fait devient un sujet Politique majeur.
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D’abord focalisée sur le réchauffement de l’Atmosphère, la menace s’est étendue au changement climatique en général, incluant l’aggravation du nombre et de l’importance des évènements météorologiques destructeurs, l’extension de la désertification, la fonte des glaces polaires et des glaciers continentaux, l’élévation du niveau des océans, la diminution des ressources en eau douce, et tous autres évènements en rapport avec l’augmentation de l’énergie interne du système thermodynamique atmosphérique et océanique.
(A trop se concentrer sur l'énergie interne microscopique, on en avait un peu sous-estimé l'énergie interne macroscopique).
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Par consensus entre les membres du GIEC, la cause de ce changement climatique a été attribuée pour le principal aux activités humaines, et en particulier aux émissions anthropiques de Gaz à effet de serre liées à l’emploi des énergies fossiles, en tête desquelles a été placé le CO2.
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Selon Larousse:
"Consensus:   Procédure qui consiste à dégager un accord sans procéder à un vote formel, ce qui évite de faire apparaître les objections et les abstentions"
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La procédure du consensus fragilise la position du GIEC, puisqu'elle exclut par définition tout avis différent qui serait émis par une partie non membre du GIEC, fut-elle composée de scientifiques reconnus.
Il ne s’agit donc pas d’un résultat obtenu à la suite d’une approche  scientifique qui, par définition, doit prendre en compte toute réfutation argumentée, d’où qu’elle vienne.
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Un des critères de l’approche scientifique est l’obligation de vérifier une théorie avant de la valider.
Jusqu’à sa validation, une théorie n’est qu’une conjecture.
En mathématiques, une conjecture est validée par une démonstration.
En sciences physiques, une conjecture est validée par la vérification de son caractère opérationnel le plus large possible.
Le caractère opérationnel d’une conjecture sur l’évolution du climat est invérifiable, par définition.
Personne n’a encore trouvé le moyen de se projeter dans l’avenir pour ce genre d’exercice.
Scientifiquement parlant, les prévisions climatiques du GIEC ne sont donc que des conjectures, et elles le resteront par définition.
Les conjectures sont la base de toute recherche scientifique, à condition toutefois qu’elles ne soient pas érigées en dogme, qui exclut par définition toute réfutation.
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Lorsque ces conjectures, impossible à valider par définition, doivent servir de base à la réorganisation mondiale du secteur énergétique, il est normal d’exiger qu’elles soient établies avec la plus grande rigueur possible, et en tenant compte de tous les éléments susceptibles d’y contribuer, sans en excepter un seul.
Ce sont précisément ces deux points qui prêtent le flanc à la critique de la conjecture climatique soutenue par le GIEC.
Cette « présumée faiblesse »  n’a pas manqué d’ouvrir la voie à un courant de pensée qui exige une ouverture beaucoup plus large à la concertation, incluant la prise en compte d’arguments réfutant une partie des thèses officielles, pour autant que ces arguments soient étayés par des éléments scientifiquement analysables.
Il s’agirait d’éviter que la conjecture du GIEC ne devienne un dogme, ce qui ne rendrait service à personne.

Il ne nous appartient évidemment pas de porter un jugement sur ces débats, nous voulons simplement rappeler l’origine de la controverse.
Au risque de l'excommunication majeure, mais sans prendre parti, nous tentons ici de faire une sorte d'état des lieux de la bataille qui oppose l'orthodoxie du changement climatique aux divers mouvements contestataires qui rechignent à accepter la conjecture pour un dogme.
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Pour désigner le courant de pensée qui conteste le caractère d’infaillibilité autoproclamée du GIEC, le terme de « climato scepticisme » est couramment employé.
Ce terme, au demeurant réducteur, fait volontairement ou non l’amalgame entre plusieurs courants très différents, tous mis dans le même sac et qualifiés de négationnistes, donc indignes de la moindre considération.
Ce « tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » , coutumier du monde politique, n’est pas le comportement habituel de la communauté scientifique, au sein de laquelle le principe d’ouverture à la critique est considéré comme facteur de progrès, et même moteur de la recherche.
Le schisme revêt plusieurs aspects:

Certains scientifiques, tout en prenant acte du réel changement climatique, quelles qu’en soient les causes, considèrent que le processus ayant conduit au consensus du GIEC comporte un certain nombre de biais:
- Les paramètres susceptibles d’influencer les variations climatiques n’ont pas tous été pris en compte, soit parce qu’ils ne sont pas encore tous identifiés (La science progresse chaque jour), soit parce que le rôle de certains d’entre eux a été minimisé, ou exagéré,  pour des raisons discutables.
- Les modèles informatiques ayant conduit aux résultats objets du consensus, intègrent des valeurs de paramètres initiaux et des interactions entre ces paramètres, dont les choix sont perfectibles.
- Il existe, de l’aveu même du GIEC, beaucoup d’incertitudes et d’inconnues, qui peuvent conduire à des écarts considérables sur des durées à l’échelle du siècle.

Pour toutes ces raisons, et quelques autres, ces « contestataires » estiment que le consensus actuel porte sur des prévisions fragiles, et qu’il serait raisonnable d’en prendre acte, et de les réactualiser périodiquement en intégrant les progrès réalisés par les chercheurs des différentes disciplines, et en fonction des résultats constatés sur le terrain, même s’ils ne sont pas issus des groupes de recherche « inféodés » au GIEC.

D’autres « contestataires » soutiennent l’idée que la mise en œuvre de mesures draconiennes pour réduire les émissions anthropiques de GES, et notamment la réduction drastique de l’usage des énergies fossiles à travers une lourde taxe Carbone, aurait des conséquences humanitaires pires que celles qui découleraient d’une augmentation de température de deux ou trois degrés, notamment un regain d’intérêt pour l’électronucléaire et un frein au développement des pays du Sud, privés d’énergie.

Un autre groupe met en avant les avantages possibles résultant d’une augmentation modérée de la température, tout en insistant sur la nécessité de gérer cette augmentation dans les régions susceptibles d’en souffrir.

Il faut noter qu’aucun de ces groupes ne conteste le changement climatique, lequel est d’ailleurs visible à l’œil nu, pas plus qu’ils ne remettent en cause la nécessité de préparer le remplacement des énergies fossiles.
Le terme « sceptiques » est donc inapproprié à leur égard.

Par contre, d’autres groupes sont sous-tendus par des motivations moins avouables, pour justifier de traîner les pieds dans la lutte contre les émissions anthropiques de GES, notamment pour défendre certains intérêts, ou par résignation sur l’air de « de toutes façons, quoi qu’on fasse, on consommera les énergies fossiles jusqu’à complet épuisement », ou encore « les énergies renouvelables ne suffiront jamais à satisfaire nos appétits, c’est un combat perdu d’avance », etc.
Ces attitudes négatives, souvent intéressées, doivent effectivement être combattues. Mais elles ne doivent pas servir de prétexte pour tenter de justifier le combat contre toutes les tentatives d’ouverture à une réflexion légitime qui s’écarterait un tant soit peu de la doxa .
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Toutes ces réticences cumulées, justifiées ou pas, chacun appréciera par lui-même, finissent par constituer un mouvement qui peut contrarier la dynamique que le GIEC tente d’entretenir autour de ses prescriptions environnementales, entérinées à l’occasion des COP annuelles.
On peut ne pas adhérer à l’un de ces courants de pensée libre, lui être même fortement opposé, mais il n’est pas possible de les éradiquer, sauf à utiliser des méthodes qui relèvent d’un autre âge, même si hélas elles sont encore pratiquées ici et là dans certains pays, comme on a pu le voir ces jours derniers.
L’opprobre, la dérision, la dévalorisation, la censure, ont été impuissantes à faire disparaître cette pensée parallèle.  
On constate, ici et là, que ce mouvement a gagné une partie de la classe politique, et qu’il peut s’exprimer, sinon directement (Quoique), du moins par le zèle déployé ou pas, dans la conduite de la politique énergétique de certains gouvernements.
On peut le déplorer, mais c’est un fait dont on ne peut pas ne pas tenir compte.
Les récents évènements des USA sont une caricature de cette influence, mais elle est présente en d’autres lieux, sous une forme plus discrète, sans pour autant être moins efficace.
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L’un des mérites du GIEC est d’avoir montré que la plupart des activités humaines, sinon toutes, ont une influence, bonne ou mauvaise, sur le climat de la planète.
Edicter des règles pour contrôler l’évolution du climat revient donc à édicter des règles pour gérer la Planète, ni plus ni moins.
( Production et utilisation de l’énergie, gestion de l’environnement, lutte contre la pollution, la déforestation, les cultures, la surpopulation ?).

Ce nouveau rôle, dont le GIEC se trouve investi, malgré lui ou en toute connaissance de causes, n’est pas du goût de tout le monde.
Peu de pays sont prêts à accepter un quasi gouvernement mondial qui serait exercé par un organisme dont ce n’est pas la mission première,   dont la compétence est autoproclamée, et dont les décisions ont valeur de dogme, car c’est bien de cela qu’il s’agit.
Cette situation ambigüe ne peut que nourrir le doute et renforcer l’attentisme.
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En construisant un monde de progrès technologique fondé sur les énergies fossiles, l'Homme a construit lui-même le piège dans lequel il est tombé.
Une première tentative d'échapper à ce piège fut le développement de l'électronucléaire, qui s'est révélé n'être qu'un autre piège, peut-être pire que le premier, et dont nous devrons également sortir un jour ou l'autre.

Prisonnière de ces deux addictions, notre civilisation dite "développée", a le choix entre la cure de désintoxication, ou la sortie par encore plus de technologie.
Encore plus de technologie, c'est par exemple la fusion nucléaire, sur laquelle certains fondent de grands espoirs, ou encore l'Hydrogène naturel, plus "soft" mais toujours hypothétique.
La cure de désintoxication, c'est la conversion aux énergies renouvelables, en ayant conscience qu'elles ne pourront pas satisfaire nos appétits démesurés d'énergie, et qu'il faudra apprendre à nous serrer la ceinture.
Le GIEC nous a montré la nocivité de nos mauvaises habitudes, mais ce n'est pas lui qui nous indiquera la meilleure façon d'en sortir.
La Politique et la Science n'ont jamais fait bon ménage…

Saurons-nous prouver le contraire ?
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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 15:17

Véhicules électriques, une histoire de bornes de recharge.

28 Février 2017
Le Graphène va donc sauver la voiture électrique.
Ce produit miracle est censé décupler la capacité des batteries, tout en augmentant leur fiabilité et leur longévité, et en réduisant leur coût.
Fini donc la course à l'échalote à qui aura la plus grosse, désormais même une bicyclette pourra afficher l'autonomie d'une Zoe.
Un "réservoir" de 200 KWh pour un poids de 250 Kg permettra une autonomie de plus de 800 Km, Saint Graal enfin atteint qui mettra le VE à égalité avec son homologue à pétrole.
Des démonstrateurs sont annoncés pour 2018, voire même avant, dans les salons.
Nous n'avons personnellement aucune raison de douter de cet extraordinaire progrès, au vu des sommes considérables investies dans les recherches sur le Graphène, et compte tenu de l'attente des marchés pour un tel progrès des batteries, surtout dans la téléphonie mobile, plus accessible à une nouvelle techno.
(On a pu le vérifier à l'occasion de l'épisode des batteries explosives de certains mobiles, qui n'a pas affecté l'enthousiasme des clients. On imagine ce qui ce serait passé si l'affaire avait concerné des batterie de voitures…).
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Mais l'autonomie n'est pas tout.
L'égalité avec les véhicules à pétrole doit inclure également l'égalité dans les facilités de ravitaillement en carburant, ici en électricité.
A quoi servirait une grande autonomie s'il faut perdre des heures pour refaire le plein à une borne poussive ?
Si une batterie de 200 KWh confère une autonomie de plus de 800 Km, la recharge en 15 minutes devient par contre un objectif  de plus en plus difficile à atteindre.
La France a décidé de se doter d'une infrastructure autoroutière de recharge "rapide" de batteries pour VE, afin de leur ouvrir des possibilités routières.
Le cahier des charges prévoit des points de charge d'une puissance de 43 et 50 KW selon le type ( DC ou AC).
De telles bornes ne peuvent délivrer qu'une charge de 10 à 12 KWh en 15 minutes, ce qui est évidemment sans intérêt pour faire un grand parcours, puisqu'il faudrait s'arrêter tous les 60 Km pour "reprendre" 12 KWh.
(Bonjour la queue aux pompes).
Même 30 minutes au lieu de 15 seraient insuffisantes.
Imagine-t-on une autoroute où les stations services ne délivreraient que 10 litres d'essence à la  fois, et en trente minutes ?
Avec ces bornes de 50 KW, l'autonomie de la voiture électrique sera plafonnée à quelques dizaines de Km par la puissance de la borne de charge et le temps de charge autorisé (selon l'affluence).
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Une autonomie théorique de plus de 800 Km ne serait donc raisonnablement exploitable qu'à la condition d'avoir des bornes de charge suffisamment puissantes, capables de délivrer au moins 100 KWh en 20 minutes environ, ce qui requiert une puissance de 300 KW.
C'est l'objectif du projet européen "Ultra e" , soutenu par un consortium européen qui prévoit d'équiper l'axe Autriche-Allemagne-Belgique-Pays bas de bornes d'une puissance max de 350 KW, pour accueillir les futurs véhicules électriques équipés de batteries de forte capacité ( Véhicules particuliers, mais aussi cars et camions, qui commencent à s'y mettre).
Face à cette surenchère européenne, on ne voit toujours pas très bien à quoi pourront servir nos pauvres bornes de 50 KW (Ou même 43 KW AC) sur autoroute.
Par contre elles sont très attendues en ville, où elles seront plus utiles…
Il est stupide d'imaginer que des usagers vont prendre des autoroutes en sachant qu'ils devront s'arrêter tous les 60 Km pour récupérer une dizaine de KWh!
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Le véhicule électrique, c'est comme les poupées russes, un problème en cache toujours un autre.
Aujourd'hui toutes les voitures à essence ont une autonomie de l'ordre de 800 Km, parfois plus. Le coût du récipient qui contient le carburant est dérisoire, il est le même pratiquement pour 40 ou pour 80 Litres.
Il n'en va pas de même sur une voiture électrique.
Le coût du "réservoir" (La batterie et ses accessoires) est directement proportionnel à la capacité de ce réservoir, et c'est un coût très important qui représente une part significative du coût du véhicule.
D'autre part le poids de cette batterie pénalise les performances et la consommation, puisqu'il représente un surpoids équivalent à trois adultes, voire même quatre pour les grosses capacités.
Or l'usager qui désire pouvoir effectuer quelques rares déplacements sur autoroute devra acquérir un véhicule équipé d'une batterie de capacité importante, donc très onéreuse, et très pesante, même si la plupart de ses déplacements habituels ne dépassent 50 Km.
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Pour les déplacements journaliers, une batterie de 20 KWh suffit amplement, que l'on recharge le soir à la maison, mais il faut une capacité quatre à cinq fois plus importante pour les parcours autoroutiers de plusieurs centaines de Km.
Un nouveau modèle économique est donc à inventer pour concilier ces besoins très différents, sans contraindre l'usager à acheter une grosse routière à 40 000 pour aller au bureau ou accompagner les enfants à l'école.
Peu d'usagers auront les moyens d'acheter deux VE, l'un pour les usages journaliers, et l'autre de forte puissance avec une grosse batterie pour fréquenter les autoroutes.
On pense alors évidemment à la voiture hybride.
Mais alors, à quoi serviront les batteries de 150 KWh puisque l'hybride permet de rouler sur autoroute avec un moteur flex fuel  ?
A faire la promotion des biocarburants ?
Et tant qu'on y est, pourquoi ne pas rouler au Bio GNC et oublier complètement l'électrique ?
(Rappelons que les véhicules au GNC ne sont pas touchés par les restrictions de circulation et sont autorisés à stationner dans les parkings souterrains, ne pas confondre GPL et GNC).
Autant les batteries de très forte capacité ( Plus de 150 KWh) seront indispensables pour les cars et les camions électriques, autant leur usage dans les voitures particulières sera moins évident, à cause de leur coût difficilement justifiable lorsque 80% des parcours ne dépassent pas 50 Km.
L'usager qui désire investir dans une auto lui permettant d'échapper à la chasse à la vignette aura bien du mal à faire son choix.
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Cette course à l'échalote entre la capacité des batteries et la puissance des bornes de recharge risque fort de trouver ses limites dans les capacités du réseau à fournir de telles puissances à un grand nombre de véhicules simultanément.
Aujourd'hui, il s'agit de fournir à quelques "happy few" les moyens de recharger les batteries de leurs berlines de luxe, encore très minoritaires sur les autoroutes. Il  n'y a donc aucun problème.
Mais l'objectif du plan pour l'électro mobilité est l'électrification quasi-totale du parc de véhicules particuliers, et d'un grand nombre de camions et de cars.
Avec l'augmentation considérable de la puissance des bornes de charge, le problème change de dimensions.
Pour éviter de déséquilibrer le réseau de distribution électrique, les stations de charge devront être adossées à des installations de stockage tampon dimensionnées en fonction du débit de ces stations.
Certaines d'entre elles devront même fabriquer une partie de leur électricité sur place grâce à des panneaux solaires ou des éoliennes.

L'ampleur de ces investissements sera à mettre en balance avec d'autres solutions de mobilité comme la voiture hybride, la pile à combustible, ou le Biogaz.

De quoi regretter la simplicité des carburants pétroliers…
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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 10:40


 

23 Février 2017

En Mai 2012*, cinq ans déjà, nous nous interrogions sur les raisons du peu d’enthousiasme des usagers pour les nouvelles voitures électriques.
Nouvelles, car c’est la troisième fois en cinquante ans que l’on nous refait le « coup » de la voiture électrique à batterie.
* 27 Mai 2012, «  Voiture électrique cherche marché désespérément. »
Nous ne reviendrons pas sur cette saga, que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, et qui d’ailleurs ne les intéresse pas.
Cette fois c’est juré, c’est la bonne. C’est du moins le discours officiel qui présente cette nouvelle version comme LE remède au changement climatique.
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Avant d’aller plus loin, nous devons préciser que la voiture électrique dont nous parlons ici est le VE, dont la seule source d’énergie est une batterie.
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Déjà en 2012 on pouvait identifier quelques uns des motifs de méfiance des futurs acheteurs:
- C’est pas au point, çà évolue tout le temps.
- C’est nouveau, donc il y a forcément des plâtres à essuyer.
- L’ancien système (Essence et diesel) fonctionne, je ne vois pas pourquoi j’en changerais.
- C’est compliqué et bourré d’électronique, et les batteries ne sont pas au point.
- C’est beaucoup trop cher, même avec le bonus.
- Il faut recharger une batterie, et cela prend des heures.
- L’autonomie est ridicule.
- Les performances sont lamentables.
- Je ne pourrait pas recharger ma batterie sur la route.
- A la revente j’y perdrais beaucoup.
- Etc…
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Nous nous posions alors la question de savoir quelles circonstances nouvelles pourraient faire évoluer cette situation:
- L’accroissement de l’autonomie des VE grâce à une batterie révolutionnaire.
- Idem pour leurs performances routières.
- Une hausse drastique du prix des carburants pétroliers.
- Le prix de l’électricité durablement bas.
- Nouvelle règlementation interdisant les centres villes aux véhicules émettant plus de 50 g de CO2 au km ( Coucou la pastille verte).
- Instauration d’une taxe carbone dissuasive.
- Déploiement d’une infrastructure publique de recharge rapide des batteries.
- Un éventuel rationnement des carburants.
- Une relative stabilité de la technologie.
- Une baisse significative du prix des VE.
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Aujourd’hui, cinq ans plus tard tout de même, moins de trois voitures sur mille sont électriques, et cela malgré les avantages mis en avant par les constructeurs, et les aides de l’Etat:
- Aucune émission de CO2, de NOx, ou de nanoparticules.
- Bonus à l’achat considérable.
- Le plein pour trois fois rien.
- Entretien nul.
Avantages réels, faut-il le préciser.
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Que s’est-il donc passé pour expliquer ce qu’il faut bien appeler un désintérêt de la clientèle ?
Voyons comment le contexte a évolué en cinq ans.

La nouveauté demeure permanente et, même si la fiabilité est démontrée, l’évolution constante de la technologie des batteries entraîne un renouvellement fulgurant des modèles; les standards de prises de raccordement et les modes de charge sont une jungle incompréhensible pour l’utilisateur. Il faut lire un tableau à double entrée pour savoir quelle prise correspond à quelle borne et à quel type de charge.
- Au lieu de baisser, comme tout produit après la phase d’apprentissage, le prix des VE est tiré vers le haut par l’augmentation de capacité des batteries, au demeurant justifiée, sans que l’on sache où s’arrêtera cette course à l’échalote.
- La recharge des batteries reste le problème, qui s’aggrave à mesure que leurs capacités s’accroissent.
Parti de 15 KWh à ses débuts, la capacité est passé à 30 KWh; on parle de 60 KWh pour 2018, et certains flirtent déjà avec les 100 KWh.
Les infrastructures de charge ne sont pas conçues pour suivre une telle surenchère.
Le VE est toujours un ORNI, Objet Roulant Non Identifié.
Il cherche toujours sa voie entre le pot de yaourt et le char d’assaut. Le moindre modèle « milieu de gamme » est plombé par la surcharge de la batterie, équivalente au poids de trois adultes dans le meilleur des cas.
La course à l’échalote pour l’autonomie induit des modifications permanentes des modèles et de leurs performances, frappant d’obsolescence prématurée des voitures de trois ans.
Le réseau public de charge des batteries reste embryonnaire, et peine à suivre les besoins des nouvelles batteries.
L’autonomie réelle demeure très inférieure à celle de n’importe quel modèle thermique, en sorte qu’un déplacement de plus de cinquante kilomètres devient une aventure, et qu’il faut être kamikaze pour s’engager sur une autoroute.
L’incertitude sur la durée de vie des batteries, dont le coût est stratosphérique, plombe de marché de la revente.
Le prix des carburants pétroliers demeure  acceptable, les hausses annoncées ne se produisent pas.
Si le coût de l’électricité au domicile reste sous contrôle, il n’en est pas de même sur la route où une charge rapide peut coûter un bras.
Les prix qui seront pratiqués dans le futur sur ces bornes publiques ne sont évidemment pas encadrés par le Gouvernement, comme l’est le tarif réglementé à domicile, ce qui n’est pas pour rassurer un futur acheteur.
En effet les gestionnaires de stations de recharge ne sont pas des marchands d’électricité, mais des sociétés de service.
Enfin, au moins jusqu’au 1er Avril 2017, il n’existe aucune réglementation justifiant l’abandon d’un véhicule thermique, fut-il diesel, au profit d’un VE.
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Les problèmes identifiés en 2012 n’ont donc pas vraiment trouvé de solution en 2017.
Le VE à batterie a-t-il rencontré ses limites ?
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Si l’on examine le problème de façon dépassionnée, il apparaît que le problème de fond est toujours la batterie.
Aujourd’hui, l’autonomie du véhicule reste limitée par le poids de la batterie et son prix.
Les meilleures technologies, qui associent à la batterie un super condensateur, ne peuvent descendre en-dessous de 4 à 500 Kg pour une capacité de plus de 100 KWh, qui serait nécessaire pour commencer à égaler l’autonomie des véhicules thermiques.
Le prix prohibitif de cette solution n’est pas compatible avec le marché visé, qui est celui de la voiture moyenne.
Et de plus, le surpoids énorme plomberait les performances, ce qui entraînerait la nécessité d’un moteur surpuissant, donc consommant davantage.
On assisterait alors à une course entre la capacité de la batterie et la puissance du moteur !!
Même en supposant une amélioration significative de la capacité énergétique spécifique des batteries, qui rendrait possible le montage d’une batterie de 100 KWh dans une voiture moyenne, il subsisterait le problème de la puissance des bornes de chargement rapide.
Le projet actuel de bornes de 50 KW est déjà largement obsolète, nos voisins envisagent des bornes de 350 KW.
Une généralisation de ce type de batteries et de bornes entraînerait une surcharge du réseau inacceptable.
Mais alors, c’est l’impasse ?
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Non, car Père Noël est arrivé !
Il transporte dans sa hotte magique un nouveau type de batterie révolutionnaire, c’est la batterie au Graphène.
Le Graphène, c’est du Carbone dont les atomes sont disposés de manière à conférer au matériau des propriétés extraordinaires qui en font, selon les experts, le produit du XXIè siècle ni plus ni moins.
Utilisé dans les batteries, il permet paraît-il de multiplier par dix la capacité énergétique spécifique, de réduire l’échauffement, de pratiquer la recharge ultra-rapide (100 C), d’augmenter la durée de vie, et d’apporter bien d’autres avantages, dont le moindre n’est pas le prix.
Evidement disent les sceptiques, tant de qualités revendiquées inspirent la méfiance, encore un produit miracle qui s’effondrera au contact des dures réalités du cahier des charges automobile.
Ne portons pas de jugement avant d’avoir vu ces nouvelles batteries à l’œuvre, elles sont annoncées pour 2020.
Affaire à suivre.
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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:52

Comment sortir du nucléaire ?

5 Février 2017
Petit sondage:
A la question "Faut-il sortir du nucléaire ? ", la réponse est oui.
A la question "Peut-on sortir rapidement du nucléaire ?" la réponse est non.
La première question, posée aux citoyens responsables, traduit leur crainte de se voir un jour confrontés à un accident majeur dont la probabilité n'est pas nulle, comme l'ont démontré les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima.
Et, comme dit la sagesse populaire, plus un pneu est usé, plus il a des chances de crever.
Osons imaginer un instant l'état du pays et des populations si un seul de nos 58 réacteurs venait à "perdre les pédales" et à nous offrir un feu d'artifice incontrôlable et dévastateur…
Vous réalisez la Loire, le Rhin, ou le Rhône, souillés irrémédiablement par des rejets comparables à ceux de Fukushima dans le Pacifique ?
La seconde question est posée aux industriels énergéticiens.
Leur mission est de fournir au Pays l'énergie électrique dont il a besoin "hic et nunc".
Aujourd'hui, ils n'ont tout simplement pas les moyens de remplir leur mission sans l'électronucléaire.
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Voilà à peu près l'état du "dialogue" qui sous tend la transition énergétique.
Il est urgent de sortir de cette guerre de tranchées si l'on veut éviter d'enfoncer le pays dans une situation énergétique sans issue autre que la dépendance problématique aux fournitures extérieures.
Les couplets lyriques des Gouvernements successifs sur la stratégie de transition énergétique n'ont pas apporté d'éclaircissement sur l'avenir du nucléaire, tout simplement parce que ce problème les dépasse complètement.
Nos hommes politiques sont hélas plus habiles à gérer les problèmes de menus dans les cantines, à préparer les prochaines élections, ou à échanger des boules puantes.
Il a fallu un général pour lancer le programme nucléaire, en faudra-t-il un autre pour l'arrêter ?
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Pourtant, dans le domaine de la stratégie électro nucléaire, l'Etat a toutes les cartes en mains, puisqu'il est à la fois le régulateur de par la Loi, et l'industriel de par son actionnariat à 85,6% dans EDF, qui est l'opérateur historique à travers RTE, ENEDIS et EDF-EN.
A condition toutefois de ne pas s'égarer dans les arcanes de sa double mission.
En tant qu'Etat, il se doit de définir une stratégie de transition énergétique en accord avec ses engagements internationaux, et en tant qu'industriel il doit à la fois remplir sa mission de service public, c'est-à dire fournir de l'électricité sans interruption, tout en veillant à la bonne gestion de l'entreprise dont il est l'actionnaire quasi unique et le pourvoyeur de fonds à travers les recapitalisations.
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Ce rôle d'équilibriste apparaît par exemple dans l'affaire du scénario de la fermeture de Fessenheim (Ou plutôt du psychodrame).
L'Etat-Etat exige la fermeture d'un outil industriel, qui lui appartient à 85,6% et qui est opérationnel, productif et rentable, au motif que lui, Etat-Etat, a décidé de la fermer au nom de sa stratégie de transition.
Et l'Etat-Industriel, en bon gestionnaire de son affaire, exige de l'Etat-Etat des indemnités de compensation des pertes de production.
Et de plus, dans le respect de sa mission de service public, l'Etat-industriel remplace deux vieux réacteurs par un réacteur tout neuf qui lui permettra de continuer à fournir l'électricité que réclame le pays.
Tant que ce "montage" farfelu perdurera, toute sortie du nucléaire sera exclue.
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Lorsqu'une personne décide de changer de vêtements, quelle qu'en soit la raison, elle commence par s'en procurer de nouveaux avant de jeter ses vieilles fripes, il n'est jamais agréable de se retrouver tout nu.
Cette évidence vaut également pour l'outil de production d'électricité.
En l'occurrence, le nouveau vêtement électrique doit être conforme à la nouvelle mode, c'est-à-dire propre, renouvelable et décarboné ou à carbone recyclable.
Il faut donc choisir parmi l'éolien, le solaire, l'hydraulique, les centrales à biogaz, la géothermie, les biocombustibles.
Et bien sûr, le nouveau costume doit être taillé aux mesures du précédent, en l'occurrence il s'agit d'une taille XXL de 500 TWh.
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Il y a donc un malentendu de fond qu'il serait souhaitable de dissiper pour espérer un jour voir clair sur la possibilité d'une transition énergétique.
La première bataille à mener n'est donc pas pour le retrait du nucléaire, mais bien plutôt pour le développement du nouveau costume qui pourrait rendre possible le remplacement du nucléaire à moyen terme.
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Sur le terrain, il y a incontestablement une activité, soutenue par des aides de l'Etat relativement importantes, dans deux domaines clés:
Les économies d'énergie, et le développement des moyens de production à partir de sources renouvelables.
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Le premier domaine mobilise d'une part les industriels fabricants de matériels consommateurs d'énergie (Electrique ou pas), et d'autre part le secteur du bâtiment pour ce qui concerne l'isolation thermique et l'efficacité énergétique en général, et bien entendu l'industrie des transports.
L'établissement de nouvelles normes, leur mise en application, le remplacement des matériels ou des processus anciens par des nouveaux, sont des opérations coûteuses dont les résultats ne se feront sentir qu'au bout de plusieurs décennies notamment dans le bâtiment, particulièrement en retard sur le programme de rénovation thermique.
Même si les améliorations apportées à l'efficacité énergétique sont indéniables, l'impact sur la consommation d'électricité dépendra de plusieurs facteurs:
Par exemple l'optimisation du chauffage des bâtiments pourra conduire accessoirement au remplacement de l'électricité par le Gaz naturel, ce qui reviendra à émettre davantage de CO2 puisque l'électricité actuelle (et future) est non émettrice. On aura donc une baisse de consommation électrique, mais au prix d'un accroissement des émissions de CO2 !
Autre exemple, la voiture électrique. Son développement réduira les émissions de CO2 mais augmentera significativement le besoin d'électricité.
De même, là où on remplacera un chauffage au fuel par une pompe à chaleur, grosse consommatrice d'électricité !
On voit donc que la campagne pour l'efficacité énergétique n'ira pas forcément dans le sens d'une réduction de consommation d'électricité.
Les 500 TWh d'aujourd'hui risquent fort de se transformer en 700 TWh dans deux ou trois décennies, ne serait-ce que par l'effet de l'accroissement de la population, du nombre des ménages, du développement des pompes à chaleur, et l'électrification des transports.
Le nier serait s'exposer à de graves déconvenues.
S'imaginer qu'il "suffira" de changer nos habitudes de vie est une autre illusion, fort répandue hélas, qui conduirait au même résultat.
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Le second domaine, développement de la production d'électricité "verte", est plombé par l'existence de l'électronucléaire.
En effet, la France est déjà productrice d'une électricité à plus de 90 % décarbonée.
75% d'électronucléaire.
10% d'hydraulique.
 7%  Eolien + Solaire + Bioénergies (Centrales au Biogaz et Biomasse)
Le thermique fossile n'intervient que pour compléter le mix et suppléer aux éventuels déficits d'eau, de vent ou de Soleil, et compenser l'intermittence.
Les objectifs internationaux de réduction des émissions de CO2 sont donc déjà atteints très au-delà des exigences, du moins pour l'électricité.
Ce qui explique le peu d'empressement de l'Etat à aller gaspiller les sous qu'il n'a pas, pour fabriquer une électricité dont il n'a pas besoin aujourd'hui.
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C'est ainsi que l'on constate que le développement des installations de production électrique à base d'énergies nouvelles revêt l'aspect d'un certain désordre, en tous cas sans stratégie claire et structurée.
Un coup on va dans le photovoltaïque car on y voit un effet d'aubaine, pour laisser tomber lorsqu'il est question de s'affronter au marché.
On encourage des PME à innover dans des panneaux PV de hautes performances, et on laisse tomber dès que les chinois haussent un sourcil.
On vante le potentiel éolien du littoral français, mais on est incapables de planter une seul éolienne à cause des recours des anti-éolien et des écologistes, ce qui semblent d'ailleurs arranger tout le monde.
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Mais malgré cela, la production électrique à partir des énergies renouvelables, raccordée au réseau, est significative:
58,7 TWh pour l'Hydraulique
21    TWh pour l'éolien
7,9   TWh pour les bio énergies
7,4   TWh pour le solaire  
Pour un total de 95 TWh , soit 18% de la production électrique ( Bilan RTE 2015).
Dont l'essentiel, l'Hydraulique, ne doit rien à la récente transition énergétique.
La transition énergétique implique le remplacement de la production nucléaire et fossile par du renouvelable:
416,8 TWh de nucléaire
34,1 TWh de thermique fossiles.
Dans l'hypothèse d'une consommation stable.
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Il faut donc fabriquer un supplément de 450 TWh de renouvelable.
C'est aussi simple que cela.
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Comment faire ?
On pourrait peut-être commencer par prendre conscience des enjeux réels, et cesser de se considérer comme des leaders alors que nous sommes à la remorque de nos voisins européens et à la merci de la concurrence des chinois.
Ensuite, prendre la mesure de la tâche qui nous attend.
Pour remplacer l'électronucléaire et les fossiles, il nous faut trouver quelque part une production annuelle de 450 TWh à partir de sources renouvelables, et construire les installations de compensation de l'intermittence de ces sources.
Cette production doit être répartie entre Eolien, Solaire, Hydraulique, et Biomasse.
Les parts respectives dépendront évidemment des choix stratégiques, qui ne sont pas déterminés aujourd'hui, et pour cause.
Faisons donc une hypothèse:
Eolien          30%        135 TWh
Solaire         30%        135 TWh
Hydraulique 20%          90 TWh
Biomasse    20%          90 TWh
Rappelons qu'il s'agit d'une production qui viendra s'ajouter à la production déjà existante. Il s'agit donc d'installations nouvelles entièrement à construire.
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135 TWh d'éolien,
cela signifie au choix, 35 000 éoliennes terrestres de 2 MW, ou 7 300 éoliennes offshore de 6 MW.
Dans le projet de parcs offshore de la côte atlantique, les éoliennes sont espacées de 1 Km, et disposées sur plusieurs rangées elles-mêmes distantes de 1,3 Km.
Selon ce standard, 7 300 éoliennes, disposées sur trois rangées, occuperaient donc un espace de près de 2 500 Km de longueur,  ce qui est évidemment inconcevable !!!
Oublions donc les 7 300 machines offshore et soyons plus réalistes.
Entre les côtes atlantique et méditerranéenne, on devrait pouvoir squatter environ 500 Km (!), ce qui permettrait d'installer grosso modo 2 000 grosses éoliennes flottantes d'une dizaine de MW, soit 20 000 MW installés, pour une production annuelle de 60 TWh.
Le reste, 75 TWh, devra être produit par des éoliennes terrestres, soit environ 20 000 machines de 2 MW, qui viendront s'ajouter aux éoliennes         déjà existantes.
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135 TWh de solaire, cela nécessite 100 000 ha , en prenant pour référence la récente ferme solaire de Cestas ( 350 GWh, 260 ha).
90 TWh d'Hydraulique, cela signifie ajouter une fois et demi la capacité hydraulique du parc actuel .
90 TWh de biomasse, cela signifie 20 centrales thermiques au Biogaz, ou à la Biomasse.

A ces installations, il faudra bien sûr ajouter les moyens de stockage d'énergie nécessaires à la compensation partielle de l'intermittence de la production. Compter au moins 200 TWh de stockage.
Y a plus qu'à ….
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Au fur et à mesure que ces nouvelles installations entreront en production, les réacteurs nucléaires pourront être fermés et leur démantèlement entrepris.
A une dernière condition toutefois, qui est la mise en place du réseau intelligent, dont le rôle sera de lisser la demande de puissance afin d'éviter les fluctuations d'une demande anarchique qui oblige à conserver une puissance très supérieure à ce qui devrait être raisonnablement nécessaire.
On pourrait dès aujourd'hui fermer une dizaine de réacteurs si le réseau intelligent était opérationnel, et si nous disposions des capacités de stockage d'électricité suffisantes pour compenser l'intermittence des renouvelables déjà existantes.
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Une tâche d'une telle ampleur ne pourra être accomplie que sur une durée d'au moins trois décennies, à condition d'être soutenue par la volonté sans faille d'une structure indépendante des changements de couleur des gouvernements successifs, et de disposer de budgets à la hauteur des enjeux.
Ces investissements seront évidemment financés par le contribuable à travers le tarif du KWh qui pourra devenir progressif, et la CSPE qui a été créée pour cela.
Des investissements privés interviendront éventuellement plus tard lorsque la rentabilité sera démontrée, mais le KWh sera toujours payé par le consommateur.
(En matière d'énergie électrique, le consommateur est également le contribuable, on n'échappe pas à son destin…).
A terme, un budget annuel de 40 à 50 Milliards pourrait être nécessaire, ce qui conduirait à charger le KWh d'une surtaxe de 8 à 10 centimes, ce qui porterait son prix à un niveau comparable à celui de nos voisins allemands (Vous savez, ceux qui ont beaucoup investi dans les renouvelables, et qu'on nous cite en exemple…).

 A titre de comparaison, 1 litre de supercarburant  supporte une surtaxe de 60 centimes. Le rendement moyen d'un moteur thermique étant de 20%, l'énergie "utile" obtenue est de 10 KWh x 0,2 = 2 KWh par litre.  
Ce qui porte la surtaxe à 30 centimes par KWh utile .
Ce qui relativise quelque peu la surtaxe qui pourrait être appliquée à l'électricité.

D'importants obstacles devront être franchis, qui introduiront au mieux des délais supplémentaires de procédure, et au pire des annulations de projets:
- Autorisations d'implantations des milliers, voire des dizaines de milliers d'éoliennes, à terre et/ou en mer.
- Acquisition des 100 000 ha de foncier pour installer les fermes solaires.
- Identification et réquisition des sites propices aux installations hydrauliques devant plus que doubler la production actuelle à terme.
- Acquisition de l'espace littoral propre à l'établissement de STEP marines à proximité des parcs éoliens offshore.
L'acceptation par les populations de ce qui sera perçu comme un envahissement, sera la clé de la réussite:
PDMJ (Pas Dans Mon Jardin), protection de la biodiversité, nuisances visuelles, destruction de faune sauvage, troubles de jouissance, destruction de terres agricoles, d'espèces protégés, etc.
Sans parler des problèmes du transports et de l'enfouissement des déchets actifs provenant des démantèlements.
Nombreuses seront les raisons de susciter des oppositions, qui pourront à la longue vider les projets de leur substance et faire fuir les investisseurs.
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En contrepartie, ces travaux et ces investissements induiront une activité économique génératrice d'emplois sur plusieurs décennies, et donneront à l'industrie française un second souffle susceptible d'arrêter son déclin.
A condition toutefois que ces travaux ne soient pas sous-traités à des entreprises étrangères, avec des matériels et des machines d'importation, et des bénéfices offshore.
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Donc oui, on peut sortir du nucléaire, mais à condition de construire au préalable des installations de production à base d'énergies renouvelables, et d'une capacité équivalente à la production nucléaire.
Cela peut être fait en trente ans et à travers de nombreuses péripéties, à condition de consentir d'y consacrer un peu d'argent et d'accepter des compromis notamment en matière de protection de l'environnement,  d'aménagement du territoire, et de contrôle de l'utilisation de l'énergie.
Une tâche bien ambitieuse pour un pays dont le premier ministre lui-même déclarait qu'il est en faillite…
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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 19:03

Cher, très cher éolien offshore…

31 Janvier 2017
La France, forte de son électricité nucléaire et hydraulique qui lui garantit déjà le précieux fluide décarboné à 85%, n'est pas pressée de dépenser ses sous pour faire tourner en mer des moulins à vent qui ne lui apporteront que des soucis et des querelles de voisinage.
Mais on peut difficilement à la fois se targuer d'être le flambeau de la transition énergétique, et se vanter de posséder un littoral offrant le meilleur potentiel éolien, tout en restant les deux pieds dans le même sabot.
Il fallait donc bien à notre tour planter quelques poteaux en mer sous peine de passer pour des charlots, surtout après les proclamations des COP 21 et de la fiesta de Marrakech.
L'Etat avait donc émis en 2012 un appel d'offres pour la construction de quelques parcs éoliens offshore à implanter sur le plateau continental de la côte atlantique.
Le fait que, cinq ans plus tard, il n'y a encore aucune éolienne offshore opérationnelle en France est un indice du peu d'enthousiasme suscité par  cette technologie.
Mais çà, on le savait déjà.
Se réveiller en 2012 alors que nos voisins et concurrents avaient déjà largement cinq ans d'avance, et se retrouver en 2017 avec toujours aucune éolienne sur notre littoral, et prétendre vouloir développer une filière éolienne offshore française innovante et compétitive, voilà qui démontre un bel optimisme, doublé d'une grande ignorance des mécanismes industriels.
Le succès, si succès il y a, n'en sera que plus méritoire.
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Voyons un peu ce qu'il en est de cet appel d'offres de 2012, en examinant le cas du projet de parc de Saint-Nazaire.
(Ce parc fait partie d'un ensemble de trois projets pour respectivement Fécamp, Courseulles-sur-mer, et Saint-Nazaire).
Pour ces trois parcs, le maître d'œuvre retenu a été EDF-EN, qui mènera le consortium EMF ( Eolien Maritime France) comprenant trois compagnies:
- Enbridge Inc, US, Société canadienne qui acquiert 50% des parts de EMF ( çà commence bien !).
- Nass & Wind off shore, Société Française (Lorient) d'ingénierie et conseil.
- General Electric, qui a racheté en 2015 les activités énergie de Alstom.

 A l'origine, il était prévu d'utiliser des machines de 6 MW qui devaient être fournies par GE, qui les aurait fabriquées à Saint Nazaire et à Cherbourg (Eolienne Haliade).
Mais l'industrie de l'éolien offshore européen étant déjà bien avancée, et en pleine réorganisation, on ne sait plus très bien aujourd'hui qui va faire quoi en matière de machines.
Surtout depuis l'accord Siemens-Gamesa qui constitue un pôle européen offshore déjà très avancé  et puissant.
De plus, la technologie a évolué, on parle maintenant de machines de 9 MW, et surtout flottantes pour les implanter loin des côtes.
L'existence des usines du Havre et de Saint-Nazaire pourrait même être remise en question.
Il n'est pas impossible, compte tenu du retard considérable pris par la France dans ce domaine, que le développement d'une filière éolienne offshore française ne soit sérieusement compromis.
Mais ne noircissons pas le tableau.
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Le projet original de l'appel d'offres prévoyait donc d'installer, au large de Saint Nazaire, 80 éoliennes de 6 MW  fixées au fond marin par un poteau en acier enfoncé profondément. Les câbles de raccordement étant enfouis dans le sol à une profondeur de un mètre.
L'ensemble devait occuper une superficie de 78 Km2, à 12 Km de la côte.
Le montant contractuel indiqué des travaux était de 2 Milliards d'euros.
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2 Milliards d'euros, pour une puissance installée de 480 MW, cela fait 4,16 Milliards par MW installé, ce qui correspond aux chiffres connus pour ce type de travaux.
En effet, le coût en offshore est plus de deux fois supérieur à la technologie terrestre, pour des raisons assez évidentes.
La technologie flottante, s'il faut en venir là, sera encore plus coûteuse, pour des raisons tout aussi évidentes.
Le facteur de charge d'une éolienne offshore est en moyenne de 35%.
(Valeur habituellement constatée sur des parcs analogues déjà en service sur les littoraux européens).
La puissance moyenne effective sera donc non pas de 480 MW, mais de 168 MW "seulement".
Ce qui porte le coût à 11,9 Millions d'euros par Mégawatt effectif.  
Ce parc de 80 machines produira annuellement une énergie de:
480 MW  x  8760 Heures  x 0,35   =  1,5  TWh.
(Sous condition d'un facteur de charge de 0,35)
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Profitons-en au passage pour faire une petite comparaison avec l'EPR, dont le coût de 10,5 Milliards est considéré comme scandaleux, bien qu'il ne s'agisse que d'un prototype.
Ce réacteur produira annuellement 13 TWh, pendant 60 ans.
Pour produire la même quantité d'énergie avec un parc éolien offshore du même type que celui dont nous parlons, il faudrait donc 785 éoliennes d'un coût de 17,3 Milliards d'euro.
Les chiffres se passent de commentaires, d'autant plus que ce parc aura une durée de vie de 25 ans, et devra donc alors faire l'objet d'une refonte complète .
En tous cas ces montants mettent fin à la querelle sur le point précis du montant de l'investissement de départ.
Comme dit l'autre, "y a pas photo".
D'autant plus que, dans le cas de l'éolien, la gestion de l'intermittence doit être, au moins partiellement, compensée par des installations de stockage d'énergie électrique, dont le coût doit être évidemment ajouté aux montants ci-dessus.
En l'occurrence il s'agirait d'une ou plusieurs stations marines de pompage-turbinage qui devraient être installées sur la côte à proximité du parc de production.
( Compter quelques milliards supplémentaires et beaucoup de conflits avec les riverains…).
On comprend mieux pourquoi l'Etat n'est pas pressé d'ouvrir cette boîte de Pandore…
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Mais, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos 80 éoliennes.
Les 1,5 TWh annuels coûteront donc 2 Milliards.
Mais ceci n'est encore rien.
L'Etat s'est engagé ( C'est l'Etat, actionnaire de EDF à 85,6%, qui a lancé l'appel d'offre) à ce que EDF achète l'électricité produite au prix "subventionné" de 130 euro le MWh pendant 10 ans.
C'était 220 euros au départ, mais ce montant délirant a été ramené à une valeur plus conforme à "l'état de l'art" européen, qui est plutôt autour de 100 euros/MWh, récent appel d'offres du Danemark.
Au bout de ces dix ans, le prix sera renégocié en fonction du retour d'expérience.
Ce surcoût sera évidemment abondé par l'Etat, c'est-à-dire vous et moi, par le truchement de la CSPE, petite ligne qui figure au bas de votre facture.
Ainsi il ne sera même pas nécessaire d'augmenter le tarif du KWh.
(Rappelons pour fixer les idées que le prix de marché Epex-Spot est autour de 80 Euro/MWh, et que l'électricité nucléaire est achetée 60 Euros le MWh).
Les 1,5 millions de MWh produits annuellement par le parc éolien nous coûterons donc un petit supplément annuel d'environ 100 millions d'euro.
Il est prévu de construire 6 parcs éoliens semblables, pour le moment.
La note annuelle facturée sur la CSPE s'élèvera donc à 600 Millions.
Ce qui ne fait jamais que 17 euros/an  en moyenne pour chacun des 35 millions d'abonnés.
C'est la magie des grands nombres.
L'ennui, c'est qui faudra beaucoup, beaucoup de parcs éoliens semblables pour fabriquer les quelques centaines de TWh dont nous avons besoin annuellement.
 Mais, quand on aime, on ne compte pas…
Le vent étant gratuit et "renouvelable", contrairement à l'Uranium, il n'y a pas de coût de combustible en éolien.
Par contre en offshore les coûts de maintenance et d'intervention sont exorbitants.
Faute d'expérience, ce poste de dépense est une inconnue. Il sera nécessaire de disposer à terre d'ateliers de montage et de réparations, avec le personnel adéquat, et des installations portuaires dédiées ainsi qu'une flotte de navires spécialisés capables d'intervenir en haute mer, avec les équipages correspondants ayant reçu la formation adéquate.
Et qui la leur donnera ?
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Last, but not least, de nombreux recours non encore résolus entravent le démarrage des travaux.
Et il ne s'agit "que" de 80 éoliennes plantées à 12 Km de la côte.
Il en faudra 8 000 pour produire seulement 30% de l'électricité que nous consommons chaque année.
Que de chemin il nous reste à parcourir pour pouvoir envisager un retrait du nucléaire…
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La vigueur des recours contre ces éoliennes offshore jette un sérieux doute sur la possibilité même de développer cette filière, eu égard au nombre de machines qu'il faudrait implanter pour obtenir l'énergie nécessaire, c'est-à-dire 100 à 150 TWh, soit 4 à 5000 machines.
Il faudrait, à tout le moins, utiliser la technologie flottante, qui n'existe pas encore aujourd'hui, et dont le coût sera nettement plus élevé.
Décidément, la transition énergétique ne sera pas une affaire de tout repos.
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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 11:45

 

29 Janvier 2017
Comme c'est habituellement l'usage, le Président a été élu pour mettre en œuvre son programme électoral qui comportait, entre autres, un volet sur la politique énergétique.
Dans ce volet figuraient notamment les grandes lignes de la stratégie électronucléaire:
- Plafonnement de la puissance électronucléaire à 63,2 Gigawatts.
- Réduction de la part de l'électronucléaire à 50% du mix électrique à        l'horizon 2025.
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La fin du quinquennat approchant à grands pas, et l'électronucléaire étant un sujet brûlant, le Président a senti la nécessité de se rappeler à notre bon souvenir en apportant la preuve de son intérêt permanent pour sa stratégie énergétique, et surtout de son respect des promesses électorales, enfin presque.
Or, le démarrage prochain du réacteur EPR de Flamanville, désormais probable pour fin 2018, va porter la puissance électronucléaire à 64,8 GW, démentant du même coup l'engagement du Président de la plafonner à 63,2 GW.
Il fallait donc réagir avant le grand départ, au moins sur ce coup-là.
Comme les opposants au nucléaire réclament depuis longtemps la fermeture de Fessenheim, il a choisi de renouveler son intention de fermer ce site, et donc de faire d'une pierre deux coups.
( Nous parlons bien d'intention, et non de décision sèche de fermeture immédiate, ne rêvons pas ).
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Il faut dire que la centrale de Fessenheim est, depuis des années, la cible préférée des anti nucléaires, dont les arguments ne manquent pas de bon sens:
1- Avec la centrale du Bugey, Fessenheim représente la première génération de réacteurs REP, mis en service en 1977, pour une durée d'exploitation prévue de 40 ans "au moins".
Cette durée indicative est atteinte aujourd'hui, et une mise à la retraite pourrait être envisagée, même si les analyses de sureté montrent que ces réacteurs ne présentent aucun risque avéré.
2- La centrale est construite au-dessus de la grande nappe phréatique d'Alsace, qui est vitale pour toute la région. Sa contamination serait catastrophique, c'est la plus grande réserve d'eau souterraine d'Europe.
( La nappe n'est qu'à quelques mètres sous le radier…).
3- En cas d'APRP ( Accident par Perte de Réfrigérant Primaire) entraînant le percement de la cuve par le corium ( Amalgame fondu de combustible et de structures métalliques internes) à très haute température, le radier (barrière en béton séparant la cuve du sous-sol) serait transpercé en quelques heures et le corium se répandrait dans la nappe phréatique.
Le radier de Fessenheim avait au départ une épaisseur de 1,5 m, qui a été portée à 2,15 m sur ordre de l'ASN suite à la catastrophe de Fukushima.
Rappelons que le radier de la centrale de Fukushima, qui avait une épaisseur supérieure à 3 m, n'a pas résisté au corium, entraînant les dégâts que l'on sait .
4- La centrale est située 9 m en contrebas du Grand canal d'Alsace, ce qui la place en première ligne en cas d'inondation ou de rupture de digue, donc très vulnérable.
5- Elle est d'autre part située dans une zone sismique, à risque modéré certes, mais à risque tout de même.
6- La localisation géographique, au bord du Rhin et en amont de la vallée, permet d'imaginer les dégâts qui seraient causés dans cette région par un accident majeur qui contaminerait le fleuve.
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Un seul de ces arguments aurait dû suffire à prendre une décision de fermeture, et surtout à ne jamais la placer à cet endroit !
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Bien sûr, cette centrale produit toujours ses 13 TWh par an, ce qui représente plus de 1 Milliard d'euros chaque année à 80 euros/MWh (Marché Epex Spot).
Elle emploie environ 800 salariés et 250 prestataires, ce qui induit aux alentours une activité économique intéressant 4 à 5000 personnes, voire plus.
Il est évident qu'on ne raye pas d'un trait de plume une telle source d'énergie, d'activité économique et d'emplois, surtout dans le contexte actuel.
Sauf bien sûr si l'ASN la déclare non conforme aux nouvelles normes de sureté, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à aujourd'hui.
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Un autre argument est souvent avancé pour justifier la fermeture: la production française d'électricité serait excédentaire, la preuve étant donnée par son bilan d'échanges frontaliers positif. La fermeture de la centrale n'aurait donc aucune conséquence sur notre nos besoins en énergie électrique.
Cet argument ne tient pas debout; il repose sur la confusion, fréquente pour les non techniciens, entre énergie et puissance.
La distribution d'énergie électrique repose sur le principe de l'adaptation de l'offre à la demande.
La puissance installée du parc de production électrique doit donc être suffisante pour répondre à la demande de puissance des consommateurs.
(On sera peut-être un jour obligés d'inverser ce principe, c'est-à-dire obliger le consommateur à s'adapter à l'offre, mais non n'en sommes pas encore là).
En France, cette demande est très variable en fonction des années, de la saison, de la météo, et de l'heure.
Le maximum, dans le contexte actuel, est de l'ordre de 100 GW, le minimum de l'ordre de 50 GW.
La puissance installée doit donc être capable de répondre à des pics de 100 GW pouvant durer plusieurs heures.
Le mix électrique actuel est donc prévu pour cela, et il est même parfois nécessaire de faire appel aux importations, lorsque l'éolien et le solaire ne fournissent pas ce qu'on en attend.
Lors des autres périodes, où la demande de puissance est faible, la production excédentaire est vendue à l'export pour rentabiliser les installations.
Ce qui explique le bilan positif des échanges.
(Tout cela est clairement montré sur le site éco2mix de RTE, en temps réel et en historique. Il n'y a donc pas de contestation possible, sauf de mauvaise foi).
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Cette explication succincte montre que la fermeture du site de Fessenheim doit être compensée par une autre source d'électricité de même puissance, sous peine de mettre le réseau en difficulté au moment des pics de consommation.
Cette autre source peut être à base de centrales thermiques nucléaires ou à flamme, ou d'énergies renouvelables, à condition que leur intermittence soit compensée par une installation de stockage d'électricité.
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Les parcs solaires et éoliens existants ne peuvent pas être envisagés pour compenser la fermeture de Fessenheim, puisqu'ils sont déjà comptabilisés  dans les moyens de production actuels.
Il ne peut donc s'agir que de nouveaux parcs; on pense par exemple aux parcs éoliens offshore de la côte atlantique.
Malheureusement ils n'entreront en production qu'après 2020 au mieux, et il n'est prévu aucune installation de stockage pour compenser, au moins en partie, l'intermittence de leur production.
( Il existe bien quelques projets de STEP marines, mais qui sont restés dans les tiroirs, où ils prennent tranquillement la poussière…).
Il ne reste donc que deux solutions de remplacement à court terme, si l'on veut fermer Fessenheim le plus vite possible:
Soit construire trois ou quatre centrales à Gaz, qui pourraient être opérationnelles dans un délai de deux ans.
Soit attendre la mise en service de l'EPR de Flamanville, qui pourrait intervenir fin 2018 selon EDF.
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Le chantier de l'EPR touchant à son achèvement, et aucune décision politique ou technique négative de sureté (ASN) n'ayant été prise à son encontre, EDF propose évidemment de remplacer Fessenheim par ce réacteur.
Sans surprise, la négociation du 24 Janvier a donc porté sur le remplacement de Fessenheim par l'EPR.
Mais n'oublions pas que Fessenheim est d'abord un outil de production d'électricité en état de marche, jusqu'à la preuve du contraire.
L'Etat, demandeur de la fermeture d'un outil opérationnel, doit donc verser des indemnités pour compenser la perte de production, le reclassement du personnel licencié, dédommager les actionnaires, et financer le démarrage des travaux de démantèlement.
On parle d'une indemnité de 450 Millions d'euros auxquels viendront s'ajouter des compensations pour perte de production ultérieure
( Fonction de la durée de prolongation d'exploitation initialement accordée par l'ASN).
Selon l'accord signé, la mise à l'arrêt de la centrale ne pourra intervenir qu'après la mise en production de l'EPR, pas avant fin 2018.
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Cet épisode ne doit surtout pas être considéré comme l'amorce d'un retrait du nucléaire.
L'EPR de Flamanville est un prototype, son frère de Taishan 1 devrait démarrer en 2017, Taishan 2 quelques mois plus tard, en Chine, et 6 autres sont en négociation avec l'Inde.
Le programme de deux réacteurs EPR à Hinkley Point a été approuvé par Th. May, tout va bien merci.
EDF travaille sur le palier suivant, EPR NM ( Nouveau Modèle) pour 2030, avec des modifications pour réduire le coût de construction à 5 Mds, et intégrant le retour d'expérience des prototypes.
L'arrêt de l'électronucléaire n'est donc pas vraiment à l'ordre du jour chez  EDF, du moins actuellement.
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Il faut dire par ailleurs que, selon les coûts actuels, un parc éolien offshore fournissant la même puissance moyenne que Fessenheim coûterait plus de 20 Milliards, auxquels il faudrait ajouter les installations de stockage de compensation de l'intermittence.
[ 850 éoliennes de 6 MW avec un facteur de charge de 35%, au prix de 4 Millions d'euros le MW en offshore, raccordements compris.
Ref: IFP Energies Nouvelles/Panorama 2016/ Eolien offshore ].
Ce coût étant bien sûr à revoir à la hausse si la technologie flottante doit être utilisée.
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L'accord du 24 Janvier est donc un non-évènement, qui ne fait que reprendre des décisions datant du début du quinquennat.
Le sort futur de l'électronucléaire en général demeure une énigme que d'aucuns tentent de déchiffrer, mais sans plus de crédibilité que les horoscopes de notre amie Madame Irma.
Jusqu'à présent, les divers candidats à la présidence de la République n'ont pas été très bavards sur ce sujet.
On les comprend…
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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 19:08

 

26 Janvier 2017

Il paraît donc que nous utilisons abusivement notre voiture.
Oui, dans un pays qui dispose d'un réseau de transports collectifs que le monde entier nous envie, comment peut-on oser préférer se déplacer en voiture alors que nous tendent les bras les trains, les trams, les cars, voire même le métro, et que les allergiques aux transports en commun ont le choix entre le taxi, la marche à pied, la motocyclette, le vélo, lib ou personnel, l'Auto lib, éventuellement le tandem ou le Vélo-taxi ?  
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Juste une petite expérience:
La tranquille cité de Rambouillet n'est séparée de l'un peu moins tranquille agglomération d'Elancourt que par un modeste tronçon de N10 de 25 Km.
Le "remarquable" réseau francilien de transports en commun nous permet d'effectuer ce pittoresque voyage en seulement trois étapes:  
- Du domicile à la coquette gare de Rambouillet, en Bus.
- De cette gare à celle de Saint-Quentin en Yvelines, grâce à la SNCF.
- De la gare de St-Quentin à Elancourt, en Bus.
Sans compter le premier et le dernier bouts à pied.
Ce périple de 25 Km est effectué en 1h 30 si les correspondances s'enchaînent sans trop d'attente, ce qui n'est pas garanti évidemment.
(Il suffit d'interroger quelques usagers de ce tronçon SNCF pour être édifié).
Le même trajet en voiture porte à porte s'effectue en 40 minutes, à la remarquable moyenne de 37,5 Km/h.
Trois heures de transport par jour dans le premier cas, Une heure 20 dans le second, et en plus la voiture est disponible pour effectuer des déplacements dans la journée.
Car, eh oui, tout le monde ne passe pas ses huit heures le c… dans un fauteuil derrière un bureau. Il faut aller voir les clients, se rendre à des rendez-vous de travail, pouvoir faire quelques courses en revenant, etc…
Et comment oser reprocher à un père de famille de vouloir économiser 366 heures dans l'année, pour les consacrer à sa famille ?
Ce modeste exemple peut être multiplié par plusieurs centaines de milliers en Ile-de-France, et ailleurs.
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Quant au conseil de préférer la bicyclette ou la marche à pied pour ce genre de déplacement, la décence et les bonnes mœurs nous interdisent d'exprimer ici notre opinion.
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Ce point étant évoqué, voyons ce qu'il en est de cette histoire de pollution.
Depuis l'instauration des normes Euro, tous les citoyens un peu attentifs et responsables savent qu'il s'agit d'une mascarade, dont le peu de sérieux a fini par être mis au grand jour, grâce d'ailleurs à nos amis américains, qui ont agi en l'occurrence plus pour contrer la concurrence que par conscience écologique.
Mais seul le résultat compte, aujourd'hui le pot-aux-roses est découvert.
Nos gouvernements successifs étaient bien entendu déjà au courant de ce qu'il faut bien appeler une magouille, et cela depuis le début, et au niveau européen, notamment concernant le scandaleux cycle d'homologation NEDC, qui n'est qu'une farce.
Qu'aucun de ces "grands esprits" ne soit intervenu pour mettre fin au scandale, passe encore, nous avons l'habitude de ces dérobades qui se cachent derrière les "recommandations" de Bruxelles, dictées par les constructeurs eux-mêmes.
Mais qu'aujourd'hui ils viennent accuser les citoyens d'être responsables de la pollution, c'est intolérable.
Si les voitures, que les gouvernements ont laissé sciemment construire, polluent aujourd'hui d'une manière insupportable, alors il faut indemniser les citoyens victimes et non les punir.
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Mais ce n'est pas tout.
La magouille, bien que révélée et dûment pointée d'un doigt soi-disant sévère, n'en continue pas moins de plus belle.
Les voitures récentes, homologuées selon les normes en cours, arrivent tant bien que mal à s'approcher des limites lors du test NEDC, lequel est par ailleurs officiellement dénoncé comme hautement fantaisiste, mais toujours en service.
Lâchées dans la nature, ces voitures, surtout les grosses, émettent des polluants en quantités très largement supérieures aux limites officielles.
Et ce sont celles-là mêmes qui, seules, seront autorisées à circuler les jours de pollution excessive !
Nous touchons là le fond de l'absurdité administrative, le degré zéro de l'incompétence, le comble de la bureaucratie aveugle.
Les ménages aisés, qui peuvent rouler dans un 4x4 diesel de haut de gamme de forte cylindrée et polluant au-delà du raisonnable, sont autorisés à rouler et bénéficient en plus d'une réduction du taux de la taxe sur les carburants !!!
Alors que les moins bien lotis, qui ne peuvent rouler que dans une petite voiture d'occasion à essence peu émettrice de CO2 et de polluants, se verront interdire l'usage du véhicule au prétexte qu'il a plus de vingt ans, même s'il a passé le contrôle technique.
Difficile de faire plus contre productif.
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Selon les données du service des immatriculations, le parc automobile des ménages d'Ile-de -France comptait 5,6 Millions de véhicules en 2010.
Compte tenu des véhicules retirés de la circulation et non signalés en préfecture, et des variations annuelles, ont peut estimer le parc actuel à environ 5 Millions, parmi lesquels le nombre de véhicules particuliers immatriculés avant 1997 est estimé à environ 900 000.
Plus de 1 Million de citoyens ( certains ménages ont une voiture pour deux) sont donc exclus du "privilège" de rouler en voiture en IDF.
Il faut être ministre pour ignorer que la voiture est indispensable en région parisienne, et probablement aussi dans beaucoup d'autres régions.
Les familles touchées par le bannissement auront donc trois solutions:
Soit acheter un véhicule d'occasion plus récent, notablement plus récent, ce qui représente une dépense de 8 à 10 Milliards d'euros, avec le risque de se retrouver bannis dans trois ou quatre ans pour vétusté.
Soit quitter la région pour aller habiter la campagne, ce qui est un bannissement effectif intolérable, une discrimination par l'argent inacceptable, et un risque de perdre son ou ses emplois.
Soit, ce qui est plus probable, venir grossir la cohorte des damnés des transports en commun de la région parisienne et d'ailleurs, lesquels s'en trouveront un peu plus surchargés.
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La ministre glisse le problème sous le tapis en minimisant outrageusement le nombre de véhicules concernés, qu'elle "estime" à  moins de 10 000.
Peut-on être plus méprisant ?
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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 10:57

25 Janvier 2017
Ces derniers jours, six réacteurs nucléaires étaient encore maintenus à l'arrêt par l'ASN.
Le moment est donc favorable à une mise au point sur la capacité du mix électrique à répondre à la demande dans ces circonstances difficiles.
Le tableau ci-dessous présente la situation de la production électrique au 19 Janvier à 8h 45.
( C'est actuellement la tranche horaire critique, autant que la tranche de 19h. Elle correspond au démarrage des activités PMI/PME et tertiaire ).
 

RTE, La menace du délestage.

Quelques constatations concernant la puissance effective:
- Le nucléaire et les fossiles sont aux taquets, pas de réserve.
  L'arrêt de six réacteurs  entraîne un déficit de 7 GW.
  Les centrales au charbon sont en voie de disparition, et la fermeture des dernières centrales au fuel est programmée, leur utilisation quelques heures par mois n'est plus rentable.
- L'hydraulique est également au max, compte tenu de la production des centrales au fil de l'eau et d'éclusées, qui dépend du débit des cours d'eau du moment.
- Les STEP n'ont pas la capacité suffisante pour soutenir le pic de demande sur une longue durée.
- L'éolien et le solaire font ce qu'ils peuvent compte tenu des conditions météo du moment et de l'heure matinale.
- Il a donc fallu importer près de 5 GW pour satisfaire la demande.
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Dans la situation actuelle, il serait hors de question de supporter un pic de consommation de 102 GW comme en Février 2012.
Lorsque l'éolien et le solaire sont faibles, la production plafonne à 89 GW avec 6 réacteurs arrêtés.
Nous dépendons alors des importations pour échapper au blackout si la consommation dépasse ce seuil; la fermeture programmée des dernières centrales au fuel  aggravera le problème.
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Cependant la situation du 19 Janvier, bien que critique, a pu être gérée sans catastrophe et sans délestages.
D'aucuns pourraient dont en déduire que l'on peut sans problème réduire de 10% nos capacités électronucléaires, c'est-à-dire arrêter définitivement cinq ou six réacteurs.
Ce n'est pas aussi simple:
D'une part, le pic de consommation de 94 GW n'est pas exceptionnel et peut être dépassé dans certaines circonstances, notamment un hiver un peu plus rude car la puissance demandée augmente de 2,4 GW par degré de froid.
Et l'hiver n'est pas terminé.
Souvenons-nous du pic de 102 GW de Février 2012.
D'autre part, dans la situation du 19 Janvier courant, les réacteurs en service furent sollicité à 100%. Or en temps "normal" , et pour des raisons de maintenance ou de remplacement du combustible, une partie du parc est indisponible, de l'ordre de 5%, ce qui entraîne un déficit supplémentaire de puissance de l'ordre de 3 GW.
Par ailleurs, EDF a lancé un programme de fermeture des dernières centrales à charbon et à fuel. En partie pour réduire les émissions de CO2, et en partie parce qu'elles ne sont plus rentables. Il va donc en résulter un déficit de puissance de 6 GW supplémentaires.
La puissance disponible hors importations sera alors de 80 GW.
Les capacités d'échanges transfrontaliers étant limités à 8 GW , il serait alors impossible de satisfaire même une demande de 94 GW comme avant-hier.
Enfin, le déploiement des véhicules électriques et des pompes à chaleur va entraîner une augmentation de la demande électrique, qui ne peut que surcharger un peu plus le réseau.
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Oui, il faut sortir du nucléaire, mais pas à la hussarde, sauf à plonger le pays dans le chaos, ce que personne ne souhaite, du moins on peut l'espérer.
Mais, pour préparer le basculement vers les renouvelables intermittentes il faut mettre en place un certain nombre d'aménagements à l'échelon européen.
Rappelons-en les principales étapes:
- Réaliser l'intégration du grand réseau électrique Européen, pour la mutualisation des capacités de production.
- Augmenter les capacités d'échanges transfrontaliers très au-delà des valeurs actuelles, afin d'atteindre les débits nécessaires pour compenser l'intermittence des nouvelles énergies par des échanges d'un pays à un autre.
Par exemple, un déficit d'éolien en France peut être compensé par un excédent de solaire en Espagne, à condition que les "tuyaux" existent pour transporter l'énergie.
Aujourd'hui les échanges aux frontières françaises sont limités à quelques GW,  il en faudrait 20 ou trente à chaque frontière.
Chaque région de l'Europe aura sa spécialité, par exemple solaire en Espagne, hydraulique en Norvège, éolien sur les littoraux.
L'énergie électrique doit donc pouvoir circuler sans obstacle.
- Le solaire et l'éolien exigent des capacités de stockage très importantes pour compenser en partie l'intermittence.
Ces capacités n'existent pas aujourd'hui sur le territoire français.
Il faut ici rappeler que nos centrales de lacs ou d'éclusées, et nos centrales au fil de l'eau, ne sont pas des installations de stockage, mais des outils de production d'électricité  (60 TWh en moyenne annuelle).
Si on les détourne de leur fonction, il faudra trouver ailleurs les 60 TWh.
Notons qu'une centrale de lac peut être associée à une station de pompage, dans une certaine mesure.
Certaines sont en cours d'aménagement dans ce sens.
Nous ne possédons que 7 "vraies" stations de pompage, pour une puissance totale de 5 GW,  disponibles sur une durée très limitée.
Il faut donc que quelqu'un en Europe se dévoue pour prendre en charge ce problème de stockage, sans lequel il sera impossible de maîtriser les production éolienne et solaire.
On pense évidemment à la Suisse, mais aussi à la Norvège avec laquelle les échanges pourraient s'effectuer grâce à des liaisons sous-marines en courant continu.
D'autre part, de nombreuses stations de pompage-turbinage devront être construites en zones littorales à proximité des parcs éoliens offshore projetés.
Il n'en existe aucune aujourd'hui.
- Enfin, l'un des objectifs principaux restent la maîtrise de la demande électrique. Ceci est programmé et sera réalisé grâce à l'installation des compteurs intelligents (Smart grid).
Tout cela ne se réalise pas en quelques semaines, des grands travaux sont nécessaires, c'est-à-dire du temps et de l'argent.  
On peut estimer que plusieurs décennies seront nécessaires pour réaliser ces grands travaux d'aménagement du territoire.
Il est certain qu'une décision ferme sur une politique de retrait (Ou non) du nucléaire donnerait au Pays une vision claire de ce qu'il faut faire pour accompagner une transition énergétique enfin engagée.
Or aujourd'hui nous ne disposons que d'intentions absconces dont l'interprétation n'est pas plus aisée que pour les prophéties de Nostradamus:

 "La puissance du parc nucléaire ne dépassera pas
  sa valeur actuelle de 63,2 GW.
  La part du nucléaire dans le mix électrique
  sera réduite à 50% à l'horizon 2025".

Aucun exégète n'a encore été capable d'interpréter ce quatrain de manière à en tirer quelque information opérationnelle.
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Le battage actuel autour de la possible fermeture de Fessenheim ne préjuge en rien d'une éventuelle décision de retrait du nucléaire.
C'est une promesse de campagne, et comme telle "On" aimerait au moins faire semblant de la tenir avant la fin du quinquennat.
Pour des raisons un peu compliquées, trop longues à exposer ici, cette centrale doit être fermée, on le sait depuis longtemps.
EDF attend le démarrage de l'EPR de Flamanville pour acter la fermeture de Fessenheim et solder les contentieux qu'il y a autour.
Malheureusement (?)  Flamanville piétine et l'EPR ne pourra démarrer qu'en 2018, ce qui retarde d'autant la fermeture de Fessenheim.
Mais, au Château, on voudrait bien que la fermeture intervienne avant, question de respect d'une promesse de campagne.
La difficulté provient en fait du flou qui baigne l'industrie de l'électronucléaire.
L'Etat peut exiger la fermeture d'un site industriel, quel qu'il soit, lorsque ce site est déclaré dangereux par les instances d'expertise, en l'occurrence pour le nucléaire, l'ASN. Cette fermeture serait d'ailleurs automatique sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir l'Etat.
Mais l'ASN n'a pas déclaré la centrale de Fessenheim dangereuse.
(L'ASN est  une autorité indépendante).
Dans ce cas, cette demande de fermeture doit être justifiée par d'autres arguments juridiquement recevables.
Mais lesquels ?
(De même, on n'imagine pas l'Etat exigeant la fermeture des usines de PSA au simple motif que ses voitures polluent !).
L'électronucléaire, dans son principe, n'ayant jamais fait l'objet d'une condamnation juridique pour dangerosité, et l'ASN n'ayant émis contre Fessenheim aucune charge particulière justifiant la fermeture, l'Etat ne peut donc pas exiger la fermeture de cette centrale sans, dans le même temps, exiger la fermeture des autres centrales.
L'affaire doit donc se régler à l'amiable autour d'un compromis.
EDF peut, pour diverses raisons, accepter de fermer Fessenheim, mais à condition de recevoir des indemnités correspondant à la perte de production, aux dédommagements des actionnaires, au reclassement du personnel, et au coût de la mise à l'arrêt , ce qui est tout à fait normal.
La réunion d'hier avait pour but de trouver un "arrangement" acceptable par les parties.
EDF s'engage à fermer Fessenheim, L'Etat s'engage à verser 450 millions d'euros d'ici 2021 à titre de dédommagement, ainsi qu'une part variable fonction du manque à gagner d'ici 2041 (?).
Il est fort probable que la date de fermeture annoncée sera alignée sur la date de mise en service de l'EPR de Flamanville, laquelle est incertaine comme l'on sait (On parle de 2018).
Etant bien entendu que cet épisode ne doit en aucune façon être considéré comme le début d'une politique de retrait du nucléaire.
Il s'agit donc d'une fermeture Politique.
Peut-être également d'un message subliminal à destination des opposants au nucléaire.
Sortir du nucléaire, oui, mais cela coûtera un demi Milliard par site, sans compter les coûts du démantèlement.
A bon entendeurs….
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Aujourd'hui nous avons du courant et le délestage n'est qu'une menace.
Mais si l'imbroglio nucléaire ne trouve pas une solution ferme, quelle qu'elle soit, le délestage pourrait devenir une réalité.
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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 16:36

Les voitures comme stockage de masse de l'électricité.

17 Janvier 2017
Nos voitures roulent très peu.
En moyenne, nous parcourons 12 000 Km par an, à la vitesse de 30 Km/h, et nous passons donc 400 heures par an en voiture.
On peut donc, sans exagérer, considérer qu'une voiture est statistiquement une installation à poste fixe, ses périodes de mobilité ne représentant que 4,5 % du temps.
Le poste fixe pouvant être un garage particulier ou un parking, pas forcément toujours le même.
La mutation vers la motorisation électrique semble devoir se réaliser, et on peut donc raisonnablement lui prédire une part de marché de l'ordre de 30% dans la version à batterie, à l'horizon 2030, soit 10 millions de VE.
En restant dans le réalisme, ces véhicules seront équipés de batteries dont la capacité moyenne pourrait être autour de 60 KWh.
( 30 KWh aujourd'hui, 60 KWh en 2018 , 150 KWh objectif 2020_2025).
Ce parc constituera alors une réserve potentielle d'énergie électrique de 600 GWh , dont une grande partie pourrait être accessible en temps partagé, pour peu que les véhicules soient connectés au réseau lorsqu'ils sont à l'arrêt.
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Il serait évidemment hautement absurde de laisser cet énorme potentiel de stockage énergétique dormir dans un garage ou sur un parking, alors que par ailleurs on manque cruellement de capacités de stockage pour compenser l'intermittence des renouvelables.
Une "réserve" de 600 GWh représente par exemple une puissance potentielle de 60 GW pendant 10 heures, soit l'équivalent du parc nucléaire actuel pendant 10 heures.
De quoi fournir un sérieux coup de main lors d'une période de déficit de production ou de pic de consommation.
Bien sûr il ne s'agit pas de vider toutes les batteries et de mettre le pays en panne de transport pour éviter une panne de courant !
Mais, même si l'on n'utilise que le dixième de cette énergie, soit 60 GWh, on peut fournir au réseau un appoint de 20 GW pendant 3 heures, ou 10 GW pendant 6 heures, ce qui permet de passer un pic de demande.
Les batteries qui ont été sollicitées seraient bien sûr ensuite automatiquement rechargées une fois passé le pic de consommation.
C'est l'équivalent du pompage-turbinage, mais sans turbine, sans pompe, et sans le double réservoir !  
Avec l'avantage d'une énorme puissance disponible.

Difficile de faire moins cher…   

Rappelons que la France dispose de 7 stations de pompage-turbinage, dont la puissance cumulée atteint 5 GW, ce qui limite la capacité d'intervention sur le réseau.
Les batteries de VE connectés peuvent donc faire beaucoup mieux.
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La mise en œuvre de ce service ne sera évidemment pas une sinécure.
Cette application, ainsi que quelques autres du même genre, ne peut être envisagée qu'à la condition de réaliser un grand réseau de communication interactif entre tous les points de soutirage et/ou d'injection d'électricité.
Il s'agit du "Smart Grid", qui fait l'objet de nombreuses études et démonstrateurs depuis deux décennies, et dont le premier maillon indispensable est le compteur communicant Linky.
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Au-delà de l'intérêt immédiat de l'efficacité énergétique, le véhicule électrique sera une opportunité pour constituer une solution de stockage d'électricité contribuant significativement à la compensation de l'intermittence des énergies éolienne et solaire.
Un intérêt complémentaire sera apporté par l'utilisation des batteries  réformées pour constituer des stockages fixes convenant aux installations domestiques.
En effet, les batteries de VE subissent un vieillissement qui se traduit par une diminution de leur capacité énergétique et de la puissance max qu'elles peuvent fournir.
Elles demeurent cependant utilisables en stockage à poste fixe, éventuellement chez le particulier, mais pas seulement, ce qui constitue un second marché pour lequel ces baisses de performances sont sans inconvénient.
Ce stockage fixe viendra évidemment renforcer la capacité d'intervention sur le réseau en cas de déficit de production des renouvelables.
Ces installations pourront être par ailleurs complétées par une production locale d'électricité à base de panneaux solaires, de petites éoliennes  communautaires, ou d'une chaudière à cogénération à granulés.
Le consommateur devient ainsi producteur associé, participant activement au soutien du réseau en étant tantôt consommateur, tantôt producteur.
Rappelons au passage que le compteur Linky est prévu pour cette application, car il enregistre les index de production et de consommation, il fonctionne dans les deux sens.
Décidément, il va devenir de plus en plus difficile de trouver des arguments crédibles contre ce nouveau compteur…
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 11:29

16 Janvier 2O17
Pendant que les regards sont tournés vers l'éolien offshore, prestigieux mais qui se fait attendre, l'éolien terrestre poursuit son développement à un bon rythme et devient un acteur de la production électrique avec lequel il va falloir désormais compter.
Fin 2016, la puissance installée raccordée au réseau atteignait 11,15 GW, pour une production annuelle de 22,9 TWh représentant 4,2% de la production nette d'électricité.
Le facteur de charge annuel moyen de 23,4% se situe dans la moyenne européenne pour cette technologie.
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Cette part de 4,2% de la production est encore modeste, mais elle suffit pour déjà devoir gérer les problèmes liés à son intermittence.
Le graphique suivant montre, pour 2015,  les variations mensuelles de cette production, ainsi que les valeurs atteintes par la puissance max.

L'Eolien déjà maître du jeu ?

Ces valeurs ne sont pas reproductibles d'une année sur l'autre. Inutile de rappeler que les conditions climatiques sont essentiellement variables.
Ce graphique, qui représente des moyennes, cache en fait des variations de puissance journalières et même horaires, dont l'ampleur rendrait toute gestion impossible sans l'existence d'un solide service de prévisions des conditions météo pour chacun des sites de production raccordé au réseau.
Le graphique suivant montre un exemple des courbes prévisionnelles de production réalisées en collaboration avec Météo France, et réactualisées aussi près que possible du temps réel.
 

L'Eolien déjà maître du jeu ?

Ces courbes sont bien sûr différentes chaque jour.
On constate ainsi qu'au cours d'une même journée il peut y avoir des fluctuations de production qui peuvent atteindre 50 à 60% de la puissance installée, ce qui est considérable.
Pour une journée donnée, le profil de la courbe et la valeur approximative des écarts ne peuvent être connus qu'avec seulement quelques heures d'avance.
Et de plus, l'écart constaté entre la prévision réactualisée et la production réelle peut atteindre 10 à 20%, car les prévisions ne sont jamais parfaites.
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Tant que la part d'électricité éolienne ne dépasse pas quelques pourcents de la production électrique totale, ces fluctuations sont gérables grâce à l'appoint de l'Hydroélectrique, du pompage, et au soutien des centrales CCCG ( Centrales à Cycles Combinés à Gaz) dont la production peut être mobilisée rapidement.
Mais la production éolienne er solaire va continuer d'augmenter à un rythme soutenu, et même accru lorsque les installations offshore du programme atlantique entreront en production.
Au-delà d'un certain seuil, les mécanismes actuels de compensation de l'intermittence seront insuffisants pour corriger un éventuel déficit de production.
Il faudra alors prendre des mesures.
Différentes solutions seront mises en oeuvre:
- Des solutions de stockage de masse de l'électricité.
  ( Stations de pompage/turbinage, Electrolyse et stockage de l'Hydrogène, et plus tard stockage dans les batteries de voitures électriques dans le cadre du concept smart grid).
- Des solutions de production d'appoint mobilisables rapidement.
  (Centrales à Gaz)
- Des importations d'électricité.
- Des solution de contrôle de la demande.
  ( Baisse de la tension, effacements contractuels )
- Des solutions d'adaptation de la demande à l'offre.
  ( Smart Grid)
- Des délestages contractuels ( dits "Solutions graduelles exceptionnelles anticipées").
- Des délestages non contractuels tournants.
Il est probable que toutes ces solutions seront mises en œuvre au moment opportun. Certaines peuvent être appelées rapidement, d'autres nécessitent des investissement et des délais importants.
Il est clair que le développement de l'éolien et du solaire sera le moteur de l'Industrie de l'énergie du futur.
On entrevoit déjà aujourd'hui l'inadaptation des structures actuelles de production, de distribution, et d'usages aux nouvelles exigences de la transition énergétique.  
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