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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 12:09

 

30 Mars 2013

La nécessité d’une transition énergétique n’est plus à démontrer.

Même le citoyen le moins informé ne peut plus ignorer que nous allons devoir accomplir trois révolutions à la fois industrielle, économique et sociale:

- Réduire drastiquement notre consommation d’énergie.

- Se passer des sources d’énergie fossiles.

- Développer la production et l’usage des énergies propres et renouvelables.

A ce programme déjà très ambitieux il faut ajouter une option qui est l’abandon du Nucléaire civil.

Les solutions technologiques disponibles pour tenter de réaliser cette transition sont déjà connues, et pour certaines déjà utilisées à petite ou moyenne échelle. Rappelons-en les grandes composantes:

- Hydraulique.

- Biomasse.

- Biocarburants.

- Solaire.

- Eolien.

- Géothermie.

- PAC.

Il n’est donc pas nécessaire d’entreprendre des recherches fondamentales pour découvrir des principes nouveaux.

Par contre des travaux de développement de filières industrielles restent indispensables pour optimiser les rendements et atteindre la compétitivité.

Les obstacles à la transition énergétique ne sont donc ni théoriques, ni technologiques.

Les problèmes sont politiques, économiques et financiers.

Ce sont hélas les plus difficiles à résoudre.

Dans la liste des sources d’énergie nouvelles disponibles, nous n’aurons pas à effectuer un choix, il faudra les mettre toutes en œuvre.

Et cela va coûter très cher, on parle de milliards pour la prochaine décennie.

Le problème de la transition énergétique se résume donc à la recherche d’un trésor dans lequel il serait possible de puiser à hauteur d’au moins mille milliards à court/moyen terme, disons d’ici 2020-2025.

Sans cet effort financier la transition restera un vœux pieu et sera reportée à des jours meilleurs.

Il n’est un secret pour personne que l’Etat ne possède pas ce trésor, mais qu’il doit au contraire des sommes colossales à des créanciers majoritairement étrangers.

On ne peut imaginer se procurer cet argent par un accroissement de la dette nationale, autant saborder le navire tout de suite.

De toutes façons, en économie de marché, ce n’est pas à l’Etat de se substituer aux investisseurs, son rôle est de définir des orientations, de soutenir des budgets de recherche et de développement de filières industrielles, et d’aider à la création de savoir-faire.

Les Zinzins prennent ensuite le relais pour la phase industrielle, à condition qu’il existe des perspectives de rentabilité.

Et c’est là que la bât blesse.

Dans les énergies renouvelables les perspectives de retour sur investissements ne sont pas évidentes.

En effet, le Solaire et l’Eolien, puisque c’est d’eux qu’il s’agit essentiellement, produisent de l’électricité à un coût très supérieur au prix de vente fixé par le tarif public. Ceci est logique puisqu’il s’agit de technologies en phase de maturité, donc en début de courbe d’apprentissage, rien d’anormal en cela. Il faudra dix à quinze ans pour que, grâce à l’économie d’échelle qui permet l’optimisation des coûts, la production soit compétitive en face des procédés actuels largement amortis.

Le développement de ce nouveau secteur implique donc la mise en place d’un modèle économique qui permet d’accepter les coût élevés des ENR tout en conservant un tarif public de l’énergie acceptable par les consommateurs, et ceci pour une durée de dix à quinze ans.

Ce modèle est basé sur d’une part un tarif d’achat de la production des ENR compatible avec la rentabilité des installations, et d’autre part sur le financement du surcoût par le consommateur à travers la taxe spéciale CSPE, aidée éventuellement de la TICPE appliquée aux énergies de réseaux.

Au terme d’une période « d’apprentissage » , qui peut durer une dizaine d’années voire davantage, les coûts de production Eolien et Solaire se réduiront, en même temps que le prix public de l’énergie augmentera. Les deux se rencontreront autour d’un prix qui sera deux à trois fois le prix actuel.

Il s’agit d’une adaptation progressive de l’Industrie à de nouvelles structures de production, et des usagers à un nouvel environnement où le coût de l’énergie ne sera plus compatible avec le laxisme actuel en matière de consommation.

Cette transition ne pourra s’effectuer que sur le long terme, et à un rythme qui dépendra de la situation économique du pays.

Les consommateurs ne seront pas au bout de leur peine.

En même temps qu’ils financeront le développement des ENR, ils devront financer le démantèlement des vieilles centrales nucléaires, qu’il faudra bien arrêter un jour, la construction des nouvelles centrales ( soit EPR, soit à gaz et Co-génération), et investir dans l’isolation thermique de leurs logements.

Toutes ces dépenses, inévitables sous peine de rater la transition énergétique, donnent le vertige. Un tel challenge paraît tout simplement fantaisiste dans le contexte économique actuel exposé par les média comme un cumul de situations catastrophiques.

Et pourtant l’argent est là.

Selon le BIPE, les français épargnent chaque année 16% de leurs revenus. Leur patrimoine cumulé s’élèverait à 11 000 Milliards d’euros, et leur épargne financière à 5 000 Milliards !

Ces chiffres, qui ressemblent à une provocation, sont hélas la réalité.

Bien sûr ce pactole ne concerne ni les chômeurs, ni les travailleurs précaires, ni les petits retraités.

On notera au passage qu’une partie de la dette nationale est contenue dans ce prodigieux bas de laine ( le reste de la dette est détenu par des étrangers).

Il y a donc des français riches.

Le problème du financement de la transition énergétique et, au passage, du remboursement de la dette nationale, se résume donc à trouver un moyen d’exercer une ponction sur le tas d’or détenu par les nationaux.

O bien sûr, il ne s’agit pas d’utiliser la méthode chypriote, peu dans les traditions de chez nous ( quoi que ), mais d’exercer une certaine pression pour orienter les placements vers par exemple la nouvelle banque d’investissement, et/ou d’inventer quelque taxe subtile qui aboutirait au même résultat sans toutefois provoquer la fuite des capitaux.

A vot’ bon cœur m’sieu dames…

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 10:35

 

29 Mars 2013

L’expérience de ces dernières années a montré qu’il n’est pas aisé d’amener les clients à abandonner le concept classique à moteur thermique pour une solution nouvelle à propulsion uniquement électrique.

Les raisons de cette réticence sont multiples:

D’abord une méfiance bien normale à l’égard d’une technologie entièrement nouvelle, qui doit faire ses preuves.

Ensuite une autonomie notoirement insuffisante, voire pénalisante, liée à la nécessité de limiter le poids des batteries.

De plus cette autonomie, constatée dans la pratique, n’atteint que le tiers ou la moitié de la valeur annoncée dans les catalogues ( norme NEDC), car la consommation est très fortement dépendante du mode de conduite, du chargement du véhicule et du profil du trajet. En sorte que le conducteur ne peut pas anticiper la panne sèche, sauf à se livrer à des calculs compliqués.

A cela il faut ajouter la corvée du rechargement, qui est journalier pour l’utilisateur intensif. Il devient très problématique de s’éloigner de son domicile de plus de 80 km car on n’est pas sûr de pouvoir revenir le même jour !

Puis il y a la consommation d’électricité, près de 4 MWh par an pour 20000 km, pratiquement les besoins totaux d’un logement moyen conforme à la RT2012 !

Et en plus une grande part d’inconnu sur la valeur à la revente et le prix de l’énergie électrique dans le cadre de la nouvelle loi sur l’énergie.

Pour toutes ces raisons beaucoup de constructeurs se sont rangés à la solution du compromis de la voiture hybride, un moteur thermique assisté d’un moteur électrique, solution qui permet d’échapper à tous les inconvénients ci-dessus.

Avec la ZE, Renault a choisi au contraire de rester dans le tout électrique, donc d’assumer les inconvénients cités, et même d’en rajouter puisque la voiture nécessite un système spécial de rechargement, les bornes classiques 16 ou 20A/ 230V domestiques ne sont pas utilisables !

Au prix du véhicule ( artificiellement réduit grâce à une incitation fiscale de 7000 euros !!) il faut ajouter la location de batterie, à négocier lors du passage de la commande. Compter une centaine d’euros par mois pour un contrat sur cinq ans et 20 000 km/an, ce qui correspond sensiblement au coût du carburant pour un véhicule classique Diesel consommant 4 L/100.

Et il faut bien sûr payer en plus l’électricité pour les recharges, à un prix du KWh qui est attractif aujourd’hui mais qui demain pourrait bien faire l’objet d’une tarification particulière affectée notamment par la TICPE.

Par ailleurs il faut noter que l’incitation fiscale annoncée atteint 30% du prix catalogue, ce qui représente 0,7 Milliard d’euros pour 100 000 véhicules !

On peut se demander à quoi correspond un tel modèle économique dans un environnement concurrentiel, et qui paiera la note en cas de succès du modèle ?

De l’aveu même de Renault, ce modèle est strictement une voiture de ville, mais qu’est-ce qu’une voiture de ville ?

Rappelons qu’en 2012 Renault a vendu en France 295 exemplaires de la Fluence électrique et 48 ZOE !

Il s’est vendu en 2012 près de 28 000 voitures hybrides, pour 5 700 tout électrique.

Un marché encore quasiment confidentiel sur lequel il est impossible de tirer des conclusions. A revoir dans cinq ans, en fonction de l’évolution de la règlementation anti-CO2, de la mise en œuvre des ZAPA, et de la nouvelle loi sur la tarification progressive des énergies de réseaux.

 

 

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 11:32

 

26 Mars 2013

Le débat National sur la transition énergétique est donc lancé.

Tout le monde peut y participer, tout au moins donner son avis, étant entendu qu’aucun référendum n’est prévu pour ratifier une éventuelle décision populaire.

Un site internet servira de « dazibao » , avec la même efficacité démocratique que jadis chez nos amis de l’Empire du milieu.

En quelque sorte un défouloir cathartique se revendiquant de la démarche démocratique, sans préciser que la démocratie dont on parle n’est pas le gouvernement par le peuple, mais l’art de gouverner le peuple, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, on en conviendra.

Pour l’édification des foules, la ministre concernée ( Madame Delphine Batho) a diffusé un document explicatif baptisé « socle de connaissances », fort bien fait au demeurant, sorte de Vade-mecum du petit énergéticien.

Tout un chacun peut y trouver de quoi alimenter moult polémiques, sur des bases un peu moins fantaisistes qu’au café du commerce.

A condition toutefois d’en entreprendre la lecture ( 92 pages), ce qui requiert une certaine abnégation, la chose étant nettement moins divertissante que la lecture d’un journal sportif ou du dernier Amélie Nothomb ( Quoique, diront les mauvaises langues).

Mais nous devons saluer l’effort de communication, une fois n’est pas coutume.

Comme nous l’avons déjà montré dans un article précédent, aucune stratégie de transition énergétique française ne peut être élaborée sérieusement sans avoir préalablement décidé de l’avenir du Nucléaire civil.

A ce sujet, le « socle de connaissances » que l’on est prié d’assimiler contient une tirade ( p 21) qu’il convient d’exposer in extenso:

« Par ailleurs, la France est particulièrement concernée par la nécessité de maîtriser les risques associés à la filière nucléaire. A ce titre, l’Autorité de Sureté Nucléaire ( ASN) a imposé, dans le cadre des « stress tests » engagés au niveau européen suite à la catastrophe de Fukushima, des évaluations complémentaires de sureté des installations nucléaires françaises. A l’issue de ces évaluations, l’ASN considère que les installations examinées présentent un niveau de sureté suffisant pour n’en arrêter aucune, mais que la poursuite de leur exploitation exige un renforcement de leur niveau de sureté, décliné depuis à travers de nombreuses prescriptions » .

Le ton est donné, le Nucléaire n’est pas à priori écarté du futur bouquet énergétique .

La seule porte de sortie serait alors un blocage des travaux d’amélioration de la sureté, décision qui entraînerait automatiquement l’arrêt d’un certain nombre de réacteurs.

Mais une telle décision n’est pas dans les attributions de la Commission du débat National sur la transition énergétique.

Pour ceux qui n’auraient pas très bien saisi, un autre paragraphe ( p33) rappelle les engagements de M. François Hollande:

- Fermer la centrale nucléaire de Fessenheim fin 2016.

- Achever le réacteur EPR de Flamanville.

Pour Fessenheim, rappelons qu’il s’agit de la plus ancienne centrale Nucléaire française, en exploitation depuis 1978, un quasi prototype REP arrivé en fin de vie ( 38 ans en 2016) et dont l’espérance de vie était estimée à quarante années. Passer outre et prolonger la durée d’exploitation au-delà de quarante ans représenterait une prise de risque importante à cause de la fragilisation de l’acier de la cuve, liée à un dépassement de la limite de sureté du flux neutronique cumulé acceptable.

L’arrêt de cette centrale est donc une décision technique plus que politique.

Achever le réacteur EPR de Flamanville est un engagement d’une tout autre importance, qui implique la volonté de mener à son terme le développement industriel de la filière.

Et dans quel but, sinon d’en faire la promotion urbi et orbi ?

Or la commercialisation au plan mondial d’une filière nucléaire doit s’appuyer nécessairement sur un savoir faire global maîtrisant tous les maillons de la chaîne, et ceci n’est possible que s’il existe un marché intérieur.

Le marché en question est celui du remplacement des réacteurs de première génération qui arriveront en fin de vie au cours de la prochaine décennie.

Seul un gros grain de sable pourrait bloquer la mécanique nucléaire déjà lancée.

Et ce grain de sable pourrait bien venir du Japon, qui est en train de reconsidérer sa stratégie nucléaire en regard des problèmes énergétiques rencontrés après la mise à l’arrêt du parc.

Au fait, et la Politique Européenne ?

Bon sang, mais c’est bien sûr, il n’y a pas de Politique Européenne…

Ref:

Socle de connaissances 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 17:55

 

19 Mars 2013

Dans notre société dite « occidentale » la technologie occupe une place envahissante, devenue pour une majorité d’entre nous l’indispensable truchement entre nos désirs illimités et leur réalisation.

L’Homme moderne est désormais captif d’un monde de dispositifs qui sont autant de prothèses: Appareils électroménagers, automatismes divers, automobile, téléphone portable, Smartphone, Multimédia, Internet, ordinateur, tablettes, GPS, Cartes de crédit, clés USB, reconnaissance vocale, passeport biométrique, Domotique, télécommandes diverses, dispositifs RFID, etc, qui transforme l’individu en une mouche prisonnière d’une toile d’araignée numérique dont on ne sait pas très bien qui est l’araignée et quelles sont ses intentions.

Le fonctionnement de toute cette technologie n’est possible que grâce à un apport fabuleux d’énergie, faute de quoi le système s’arrêterait en quelques heures.

Notre ruche est subdivisée économiquement en trois secteurs: Le Résidentiel, le Tertiaire, et l’Industriel.

Le secteur résidentiel regroupe les activités relatives à la vie privée des individus.

Les deux autres secteurs ont pour vocation de fabriquer les produits et les services destinés au résidentiel.

Etant par définition un potentiel d’action, l’énergie est nécessaire chaque fois qu’une action est requise.

C’est ainsi que, bon an mal an, nous consommons 2 000 TWh pour faire tourner le moteur de la maison France. On parle alors d’énergie « primaire ».

Les individus, dans leur secteur résidentiel, en consomment environ 40%, pour leurs besoins domestiques et de transports particuliers.

Le reste est utilisé par les secteurs tertiaire et industriel pour leur procurer tout ce dont ils ont besoin dans le cadre de la société moderne: Logement, équipements domestiques, équipements de loisirs et de culture, alimentation, moyens de transport particuliers, réseaux de distribution d’énergie, infrastructures territoriales, transports collectifs, équipements de santé publique, d’enseignement, de sureté nationale, services publics, etc, etc…

Une partie des individus, appelés actifs, ont en charge la mise en œuvre de ces deux secteurs. Ils représentent environ 40% de la population.

Une fois terminée leur journée de travail, ils regagnent le secteur résidentiel.

L’usager est familiarisé avec l’énergie qu’il consomme dans le cadre de son activité dans le secteur résidentiel. Il mesure sa consommation pour le chauffage de son logement, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage, les appareils divers, et bien sûr la consommation de son automobile.

C’est l’énergie qu’il achète directement en tant que telle, et qui atteint environ 800 TWh par an, soit 12,3 MWh par habitant.

C’est l’énergie « visible ».

Il reste donc 1 200 TWh d’énergie, qui est dépensée par les secteurs tertiaire et industriel pour créer le cadre de vie dans lequel les individus sont censés s’épanouir.

Cette énergie est parfois appelée « énergie grise » .

Lorsqu’une famille part en vacances en voiture, elle consomme une part d’énergie visible sous forme de carburant, mais aussi une part d’énergie grise qu’il a fallu dépenser pour fabriquer la voiture, construire les garages, construire l’autoroute, les aires de repos, les aires de service, les postes de péage, les bretelles de raccordement, les stations service, et mettre en place tous les services associés, y compris les services d‘urgences dans les CHU.

De même pour un voyage en train il a d’abord fallu construire un réseau, des machines, une signalisation, des gares, etc, etc…

Il est donc légitime, lorsqu’on analyse l’efficacité énergétique d’une action ou d’un appareil, de s’intéresser non seulement à l’énergie visible dépensée, mais aussi à l’énergie grise associée.

Globalement nous avons vu que pour 800 TWh d’énergie visible dépensée par les individus dans l’exercice de leur vie privée, il est dépensé 1 200 TWh d’énergie grise, soit un rendement énergétique de 40%.

Ce qui est logique puisque notre énergie est tirée essentiellement des combustibles fossiles par combustion, on ne peut donc échapper aux lois de la thermodynamique…

Si l’on connait la valeur globale de l’énergie grise, il est par contre très difficile de la chiffrer pour une application donnée.

On a des indications relativement précises pour les matériaux de base utilisés dans le bâtiment et dans l’industrie ( Aciers, cuivre, Aluminium, etc…), mais la précision diminue quand la complexité des produits finis croît.

Il est par exemple impossible de connaître l’énergie grise associée à la fabrication d’une voiture. Non pas qu’elle soit impossible à calculer, mais cette évaluation serait si complexe que le « jeu » n’en vaut pas la chandelle pour le constructeur, qui seul pourrait en connaître les éléments.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que derrière cette énergie grise il y a toute l’activité des secteurs tertiaire et industriel, qui génère les emplois des actifs, donc les salaires.

La chasse à l’énergie grise, le nouveau gibier à la mode, doit donc être pratiquée avec précautions, en sachant que derrière chaque MWh jugé dispendieux se cache peut-être notre propre emploi ou celui de notre enfant….

 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 17:23

 

16 Mars 2013

Un véhicule parcourant 15 000 km par an (moyenne française) et consommant 6 L / 100 km brûle 900 L de carburant par an, qui représentent 8 MWh d’énergie primaire, c’est-à-dire deux fois plus qu’un logement de 80 m2 conforme à la norme RT 2012 !!!

Et ceci pour une utilisation modérée et dans des conditions de sobriété raisonnable de conduite « apaisée » .

Beaucoup de véhicules parcourent annuellement 30 000 ou 40 000 kms, dont une grande partie en agglomération ou sur route à allure soutenue. La consommation n’est alors plus de 6 L/100 kms, mais plutôt 7 ou 8.

La dépense énergétique annuelle dépasse alors 25 MWh, ce qui est extravagant en comparaison de ce qui est exigé pour un logement conforme à la RT 2012.

D’autre part nombre de ces véhicules sont utilisés par une seule personne, ce qui place la consommation individuelle à un niveau indécent.

D’autant plus que cette énergie est très mal utilisée puisque le rendement d’un moteur thermique ne dépasse pas 40% dans le meilleur des cas, alors qu’il est supérieur à 90% dans une chaudière de chauffage central moderne, voire même plus de 100% ( du PCI) dans une installation à condensation.

35 millions de ces véhicules dépensent donc environ 300 TWh d’énergie primaire annuellement, soit l’équivalent de la dépense énergétique du parc de logements existant !!.

Les pouvoirs publics ont déclaré la guerre aux logements énergivores et le projet de tarification progressive et/ou de bonus-malus est le moyen de dissuasion prévu pour inciter les consommateurs à plus de sobriété énergétique dans leurs usages domestiques. Le projet de Loi vient d’être définitivement adopté par l’assemblée en dernière lecture (Loi Brottes).

On ne peut qu’approuver cette démarche, même si les moyens utilisés sont discutables, et seront d’ailleurs discutés.

Dans le même temps les centrales thermiques génératrices d’électricité font leur aggiornamento. Désormais en cours de conversion à la cogénération, elles affichent des rendements supérieurs à 80%.

Mais alors pourquoi l’Automobile n’est-elle pas concernée par cette chasse au gaspi ?

Certes la profession s’est attachée à réduire les consommations spécifiques, et il faut l’en féliciter. Mais la dépense énergétique annuelle d’un véhicule donné ne dépend pas seulement de cette consommation spécifique (qui n’est qu’une valeur catalogue souvent différente de la réalité), mais aussi de la distance parcourue et des conditions d’utilisation, particulièrement de la vitesse et des accélérations, qui influent fortement sur la consommation réelle.

Le bonus-malus attaché aux émissions polluantes, de même qu’une éventuelle tarification progressive de l’énergie, devraient donc être assis non pas sur la consommation spécifique catalogue du véhicule mais plutôt sur la dépense énergétique effective annuelle, comme c’est le cas pour l’électricité, le gaz et la chaleur en réseau.

Par exemple il ne viendrait à l’idée de personne d’appliquer un malus à un usager qui possèderait une chaudière de chauffage central deux fois plus puissante que ce dont il a réellement besoin. Il est facturé et taxé sur sa consommation annuelle de gaz et non pas sur la puissance de sa chaudière.

De même pour l’électricité, qui est facturée et taxée sur la consommation et non pas sur la puissance des appareils installés.

Pourquoi un régime différent pour l’automobile ?

Parce que jusqu’à aujourd’hui on ne savait pas ( ne voulait pas ?) mesurer la consommation cumulée d’un véhicule par un dispositif analogue aux compteurs électriques et à gaz.

Autant il est facile d’installer un compteur à un point fixe de raccordement à un réseau de distribution d’énergie, autant cette opération s’avère hasardeuse lorsque l’énergie est disponible librement partout et que de surcroît le lieu de consommation est mobile !

Pourtant l’installation d’un compteur d’énergie sur chaque voiture ne serait pas plus absurde que les compteurs d’électricité et/ou de gaz qui équipe déjà chaque logement.

Le caractère mobile du véhicule n’est plus un obstacle à notre époque où la mobilité est devenue un critère d’efficacité.

La technologie moderne permet d’effectuer cette mesure dans des conditions de fiabilité satisfaisante et avec une bonne protection contre les fraudes.

( En fait ce compteur existe déjà puisque le calculateur d’injection connaît à chaque instant la quantité de carburant injectée dans le moteur. Il suffit donc d’ajouter quelques lignes de code et une case mémoire EEPROM dédiée pour enregistrer la consommation cumulée).

Les contrôles techniques pourraient être l’occasion du relevé de consommation, un télérelevé restant toujours possible par les méthodes habituelles (genre relevé des compteurs d’eau et d’électricité).

Ce système permettrait de mesurer l’énergie réellement consommée par un véhicule, et donc d’appliquer équitablement une éventuelle tarification progressive. De plus cette démarche irait dans le sens d’une harmonisation des méthodes incitatives de promotion de la sobriété énergétique.

De même qu’il est prévu de définir une consommation énergétique de base pour chaque logement, il serait établi un quota énergétique de base pour l’usage automobile, à charge pour l’usager d’acheter le véhicule qui convient à l’usage projeté, ou d’adapter son usage aux caractéristiques du véhicule.

Bien sûr ce système ne pourrait être mis en place que progressivement puisque seuls les véhicules neufs seraient équipés.

Ce qui peut apparaître comme un « flicage » de plus doit être considéré dans le contexte de crise énergétique qui impose d’adopter des comportements responsables.

Il ne serait pas normal de tolérer un laxisme total dans la consommation du carburant automobile alors que dans le même temps on s’apprête à encadrer étroitement la consommation d’énergie dans les logements.

Un consensus sur le programme de sobriété énergétique nécessite un minimum d’équité dans la répartition des efforts exigés.

Il y a donc un gisement considérable d’économie d’énergie dans le secteur automobile, qui brûle autant d’énergie que le résidentiel.

L’auteur n’est pas naïf au point d’ignorer les obstacles qui s’opposent à l’encadrement de la consommation énergétique automobile.

L’automobile est devenue un prolongement de l’individu « moderne », une sorte de prothèse dont il ne saurait se passer sans ressentir cette privation comme un handicap imposé. De familiale l’automobile est devenue quasiment individuelle.

Objectivement il est devenu difficile de se passer d’un véhicule privé; depuis des décennies l’aménagement du territoire s’est mis en place autour de l’automobile, qui s’est ainsi rendue incontournable.

L’obligation d’un compteur d’énergie dans une voiture serait à coup sûr ressentie comme une atteinte grave à la vie privée, et susciterait des réactions auprès desquelles les protestations contre le compteur Linky ne seraient que d’aimables considérations mondaines.

Autant les ex-ZAPA ( sont-elles vraiment ex ?) ont été perçues, à juste titre, comme discriminatoires vis-à-vis des véhicules anciens ne respectant pas les normes actuelles antipollution, autant le montage d’un compteur d’énergie dans les véhicules neufs serait à l’inverse perçu comme pénalisant pour les nouveaux acquéreurs, ce dont le marché de l’automobile n’a pas besoin !

Il est donc probable que nous continuerons encore longtemps à consommer super et gasoil sans aucune limite que notre propre satiété, au mépris des accords de Grenelle sur les économies d’énergie.

Il est vrai que l’Etat y trouve son compte puisque pour un litre de super acheté 0,35 euros sur les marchés, et revendu 1,60 euros, il touche 0,86 euros de taxes ( TICPE + TVA), il lui reste donc un bonus de 0,51 euros, ce qui permet de constituer une confortable cagnotte de l’ordre de la dizaine de Milliards par an.

Pourquoi tuer la poule aux œufs d’or quand il est possible de la faire pondre davantage ? Le projet récent de taxation du diesel au prix de l’essence augmentera la cagnotte de 5 Milliards par an.

Une aubaine que Bercy ne laissera pas passer. Le prétexte de lutte contre la pollution des particules fines donnera à cette surtaxe une teinture écologique de bon aloi. A condition toutefois que la cagnotte soit utilisée pour inciter les usagers diéselistes à remplacer leur auto…

Dans les prochains mois nous allons donc assister à un combat à multiples facettes :

Un premier affrontement opposera les tenants du FAP ( Filtre A Particules) contre ses détracteurs, qui lui dénient toute efficacité contre les nanoparticules, qui sont en fait les plus nocives.

Un second round opposera les constructeurs de diésels, les usagers diéselistes, et le Gouvernement sur l’opportunité de relever la TICPE au niveau de l’essence dans un contexte de crise de l’Automobile, les premiers arguant de l’impact quasi certain sur les ventes, les seconds d’une déroute financière, et le troisième de la nécessité d’uniformiser la fiscalisation des carburants ( avec en arrière-pensée une très forte envie de récolter le super bonus de cinq Milliards ).

En toile de fond un débat aura lieu sur l’opportunité de choisir entre le CO2 et les particules fines, pour savoir quel est l’ennemi officiel. En effet si l’on veut lutter contre le CO2 il faut promouvoir le Diesel, mais si l’on veut réduire la pollution aux particules il faut au contraire sortir du Diésel.

Faute de choisir clairement, la cacophonie nous guette, qui n’est pas propice aux affaires.

On pourrait bien sûr mettre tout le monde au Gaz mais ceci est une autre histoire…

Dans l’arène nous verront également s’affronter les associations de consommateurs et l’un ou l’autre Ministre au sujet des ZAPA (ou de ce qui en tiendra lieu) sur le sujet de la discrimination imposée entre les véhicules « propres » donc récents, donc appartenant à la classe privilégiée, et les véhicules polluants, donc anciens, donc équipant les moins aisés des usagers. La ficelle inégalitaire étant un peu trop grosse, il y aura matière à discuter.

Il est maintenant clair que le chemin vers la sobriété énergétique sera long et difficile. Nous devrons changer nos habitudes de vie, c’est-à-dire notre environnement technologique.

Cro-Magnon a supplanté Neandertal grâce à la technologie, qui a produit Homo-Automobilis.

A nous de faire en sorte que ce rejeton ne conduise pas à une impasse évolutive.

En clair, serons-nous assez intelligents pour nous passer de bagnoles ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 20:10

1er Mars 2013

Faute d’une vision claire et tranchée soutenue par un pouvoir dont la compétence serait reconnue, donc acceptée et suivie, tout laisse penser que la transition énergétique sera en fait un grand barnum d’initiatives déployées tous azimuts, encouragées par des aides gouvernementales davantage destinées à satisfaire les lobbies qu’à rechercher l’efficacité.

Désormais tout le monde a compris que la transition consistera non pas à passer d’un monde d’énergies fossiles à un autre fondé sur le propre et le renouvelable, mais au contraire à garder les deux puisque le fossile restera présent au moins jusqu’à la fin de ce siècle.

Non seulement les investissements sur les « vieilles » énergies ne baisseront pas, mais ils augmenteront car il devient indispensable de moderniser un outil déjà ancien pour en améliorer les rendements, réduire les émissions de CO2, généraliser la cogénération et promouvoir la politique de CSC ( Capture et Séquestration du Carbone).

Les énergies nouvelles sont multiples, il faudra donc multiplier les programmes d’aides au développement, et subventionner massivement la production par des tarifs préférentiels de rachat de l’énergie, qu’il s’agisse d’électricité ou de gaz issu de la biomasse.

Le réseau de distribution électrique ne convient plus aux nouvelles structures de production et d’échanges transfrontaliers; là aussi des investissements massifs sont indispensables.

Enfin il devient assez évident que les investissements en cours dans le Nucléaire de quatrième génération ne seront pas arrêtés, et qu’il faudra en plus prendre en charge le démantèlement des vieilles centrales.

C’est donc un effort financier colossal qui nous attend au cours des prochaines décennies.

Il est difficile d’envisager un financement de cet effort par de la dette nationale, la situation actuelle de celle-ci étant déjà proche du maximum tolérable.

Il faudra donc financer par l’impôt et par un relèvement drastique des tarifs de l’énergie.

La charge sera d’autant plus lourde que cet effort financier devra épargner les usagers en état de précarité énergétique.

La CRE ( Commission de Régulation de l’Energie) prévoit une augmentation des tarifs publics de 30% d’ici 2017, ceci n’étant que la première marche d’une ascension dont on ne sait pas très bien où elle s’arrêtera.

La CSPE sera l’outil de répartition de la charge financière, et la Loi sur la tarification progressive avec bonus-malus sera le bras armé qui est censé nous conduire à la sobriété énergétique.

A cet effort financier dédié à la modernisation d’outils anciens et à la création d’outils nouveaux, il faudra ajouter les investissements nécessaires au programme de sobriété énergétique, essentiellement l’isolation thermique des bâtiments, le remplacement des vieilles chaudières, et le renouvellement du parc automobile et des matériels énergivores.

Le but de ces grandes manœuvres étant entre autres la réduction de nos consommations énergétiques, en cas de succès la charge par unité de consommation sera d’autant plus lourde.

Nous voilà donc sur le chemin d’un monde où l’énergie sera véritablement hors de prix. Pour beaucoup un seuil de tolérance sera atteint, qui obligera à reconsidérer les modes de vie, les standards d’habitation, la gestion des déplacements, le lieu de résidence, l’occupation des loisirs.

C’est à un nouvel art de vivre que nous sommes conviés, peut-être est-il temps d’y penser très sérieusement…

 

 

 

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 19:10

 

28 Février 2013

Lors de la dernière campagne présidentielle, le futur et actuel Président avait, entre autres, promis une grande consultation nationale sur la transition énergétique.

Six mois après l’élection, le Gouvernement a mis en place une structure chargée d’organiser la dite consultation, et le 16 Février dernier s’est tenu le premier Comité Citoyen donnant le coup d’envoi de cette campagne dont on ne sait si elle est de pure communication, ou bien si son objet réel est de gagner du temps pour repousser les décisions cruciales au-delà de 2017.

Car enfin, de quoi s’agit-il ?

Les raisons pour lesquelles une transition énergétique s’impose à nous sont connues et ne sont contestées par personne:

Les sources d’énergie fossiles sont en voie d’épuisement, donc de renchérissement insupportable. D’autre part nous avons pris des engagements pour réduire les émissions de CO2 associées à ces énergies, et nous devons réduire notre dépendance énergétique.

En période de transition nous pouvons remplacer en partie le charbon et le pétrole par le Gaz naturel moins polluant et encore relativement abondant, mais cela ne fait que repousser l’échéance de quelques décennies.

Point n’est besoin de réunir le ban et l’arrière ban pour faire ce constat.

Il existe des sources d’énergie renouvelables et décarbonées ou à carbone recyclable; ces sources sont bien identifiées et expérimentées, déjà mises à contribution: Solaire thermique et photovoltaïque, Eolien, Hydraulique, Biomasse, etc…

Techniques connues et industrialisées, et production croissante.

Un débat national n’apportera aucune connaissance supplémentaire sur ce sujet, les progrès technologiques ne sont pas affaire de débat public.

Qu’il faille réduire nos appétits énergétiques pour adapter la demande aux possibilités d’une offre renouvelable encore en phase de croissance, c’est une évidence qui saute aux yeux sans qu’il soit nécessaire de consulter le peuple.

Par contre, il subsiste de gros problèmes pour lesquels des décisions importantes sont requises:

- Faut-il, ou non, décider une stratégie de sortie du Nucléaire civil ?

- Faut-il, ou non, décider d’interdire l’exploitation et/ou l’utilisation des gaz de schiste ?

Les réponses à ces questions conditionnent le contenu d’une stratégie de transition énergétique.

En effet on ne voit pas bien quel pourrait être le programme de développement des énergies renouvelables dans un contexte de mix énergétique indéfini pour les trois prochaines décennies.

Or, sur le Nucléaire et sur les gaz de schiste, il existe des divergences d’opinions, y compris au sein du Gouvernement. Les débats ont eu lieu, les arguments ont été échangés, et si le Gouvernement veut laisser la décision au peuple, ce ne peut être que par un référendum.

Là encore la nécessité de refaire un débat qui a déjà eu lieu n’est pas évidente, sinon pour gagner du temps.

Et gagner du temps, c’est déjà une stratégie.

Pourquoi faire aujourd’hui dans la précipitation ce qu’on peut faire faire demain par quelqu’un d’autre ?…..

 

 

 

 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 16:27

 

24 Février 2013

Voici donc revenu le temps des restrictions.

Après avoir développé une civilisation technologique fondée sur l’utilisation d’une énergie abondante et illimitée, force est de constater que ses fondements sont fissurés et que l’écroulement est proche et à première vue inéluctable.

Durant le présent siècle, nos efforts devront donc être consacrés essentiellement à définir d’autres fondations capables de supporter une nouvelle société privée des vieilles béquilles énergétiques dont il va falloir se débarrasser.

Parmi les diverses sources d’énergie disponibles pour remplacer les sources fossiles et nucléaire, une seule est non intermittente, c’est le bois de nos forêts.

Qu’est-ce que la forêt, sinon, entre autres, un formidable système de stockage de l’énergie solaire ?

La forêt française couvre 30% du territoire, ce qui laisse espérer une abondance de la ressource renouvelable.

Cette ressource est déjà exploitée depuis la nuit des temps et répartie entre diverses utilisations:

- Des utilisations « nobles » , construction, charpentes, planchers, ameublement.

- Des utilisations industrielles, planches, palettes, caisses, bois aggloméré,

- Et enfin le bois énergie, sous forme de bûches, de copeaux, de granulés.

La répartition entre ces différents marchés se fait en fonction de la ressource disponible, et réciproquement. Les exploitants forestiers favorisent tel ou tel type de gestion et d’essences, selon la demande des marché et les bénéfices escomptés.

On distingue trois types de forêts:

Les forêts de futaies, gérées pour conduire les sujets à leur maturité d’exploitation, qui survient au bout de 100 à 200 ans selon les espèces de feuillus; des coupes d’éclaircissement sont pratiquées tous les dix ou quinze ans. La futaie produit des grumes pour les bois d’œuvre et d’industrie, les houppiers donnent du bois de chauffe. Le temps de cycle est de l’ordre du siècle, moins pour les résineux.

Les forêts de taillis, appartenant souvent à des particuliers, qui pratiquent les coupes tous les huit à dix ans et récoltent du bois de chauffe en général. Le taillis ne produit pas de grumes pour le bois d’œuvre, il produit surtout du bois de chauffe et de trituration. Le temps de cycle est court, la dizaine d’années.

Les forêts mixtes futaies et taillis, qui mélangent des deux types de gestion.

La forêt française est généralement considérée comme sous-exploitée.

Sur les 16 Mha de couverture forestière, 12 Mha appartiennent à des propriétaires privés peu soucieux d’industrialiser leurs méthodes de gestion.

L’ONF exploite environ 4 Mha, surtout en futaies.

Selon l’ADEME 5,75 Millions de logements utilisaient du bois en 2006 comme chauffage unique ou d’appoint, pour un total de 7 400 ktep.

L’objectif pour 2012 était de 7,3 M de logement, et de 9 M en 2020 pour une quantité d’énergie constante à 7 400 ktep.

(La stabilité de la consommation est due à l’amélioration des rendements des appareils de chauffe, et de l’isolation thermique des bâtiments).

Cette consommation représente 86 TWh, soit près de 25% de la consommation totale d’énergie pour le chauffage, ou encore l’équivalent de 14 réacteurs nucléaires de 900 MW.

Chacun des 7,3 M logements de 2012 chauffés au bois utilisent 11,8 MWh par an en moyenne, pour une grande part en chauffage d’appoint.

Le chauffage au bois est donc une réalité et son développement fait partie de la stratégie énergétique de la France.

L’installation d’un appareil de chauffage au bois bénéficie d’un crédit d’impôt et de la TVA à taux réduit, a condition que le matériel respecte les normes du label «Flamme verte » .

Le calcul du coût prévisionnel du chauffage au bois est un véritable casse-tête.

D’abord, le bois ne se vend pas au kg, mais au stère.

Qu’est-ce qu’un stère ?

C’est la quantité de bois contenue dans un cube de 1 m3, le bois étant constitué de rondins identiques de 1m de longueur.

C’est une unité archaïque dont la définition est relative ( dans le sens de non absolue) et inadaptée à la mesure du bois-énergie.

Bien qu’en principe interdite dans les transactions commerciales:

Décret N° 75-1200 du 4 Décembre 1975:

«  l’emploi du Stère devra cesser avant le 31 Décembre 1977 »

Elle reste largement utilisée et tolérée pour le bois de chauffage.

(En pratique l’unité doit être le mètre cube ou la tonne selon l’usage).

Dans un stère de bois constitué de rondins identiques de 1 mètre, il y a 0,785 m3 de matière, pour un poids d’environ 500 kg de bois.

Ensuite intervient le poids spécifique du bois sec, qui varie de 0,7 à 0,8 pour les bois « durs »  ( Chêne, Hêtre, Charme, Châtaignier,..).

Déjà à ce stade on constate donc que dans un stère de bois sec on peut avoir entre 500 et 650 kg de bois.

Mais qu’est-ce qu’un bois sec ?

Il n’existe pas de bois totalement sec dans la nature.

Un bois « vert » peut contenir plus de 50% de son poids en eau ( H=50%). Un bois raisonnablement sec ( 2 à 3 ans de séchage dans des conditions correctes) possède un taux d’humidité inférieur à 20% ( 20% de son poids en eau).

Donc un certain volume V de bois contiendra une quantité de matière combustible égale à V ( 1 - H ).

Le pouvoir calorifique ( PCI ) de ce bois sera donc diminué en proportion de la quantité d’eau contenue puisque l’eau n’est pas un combustible.

De plus une partie de l’énergie de la combustion sera perdue en chaleur latente de vaporisation de l’eau.

Le pouvoir calorifique dépend donc fortement du taux d’humidité:

Pour un bois très sec ( H = 10%) le pourvoir calorifique est de 4,5 kWh/kg quel que soit le type de bois ( PCI).

Il peut descendre à 2,5 ou moins lorsque le taux d’humidité augmente.

Le bois vendu est labellisé et son taux d’humidité est indiqué, généralement < 20%, pour un PCI de 4 kWh/kg.

Pour les puristes voici la formule permettant de calcul du PCI en fonction du taux d’humidité:

Q = Qo [ ( 100 - H )/ 100 - 0,02443 H ]

( Source ADEME )

Le second terme correspond à la chaleur de vaporisation de l’eau contenue dans le bois.

Voici quelques valeurs courantes:

H = 0 PCI = 5 kWh/kg

H = 10% PCI = 4,5 kWh/kg

H = 20% PCI = 3,9 kWh/kg

H = 30% PCI = 3,3 kWh/kg

H = 40% PCI = 2,8 kWh/kg

Ce tableau met en évidence l’importance primordiale du taux d’humidité sur la valeur énergétique du bois.

Enfin il faut faire intervenir le rendement de l’installation ( poêle ou insert, voire chaudière).

Dans les catalogues d’appareils le rendement indiqué correspond aux conditions d’utilisation nominales, en général voisines de la puissance max.

En pratique l’appareil est rarement utilisé à puissance nominale, mais plutôt à mi-régime, et parfois moins surtout la nuit pour conserver du feu jusqu’au matin.

Le rendement est alors très inférieur à la valeur catalogue.

Les appareils labellisés « Flamme verte » ont un rendement nominal supérieur à 70%. Ce rendement peut tomber à 40% voire moins lorsque l’appareil est au ralenti.

Pour l’usager qui achète un stère de bois, il est donc pratiquement impossible de connaître précisément la valeur énergétique (PCI) de son produit et l’énergie qu’il pourra en retirer pratiquement.

L’usage du Stère introduit une ambigüité car il est défini pour des rondins de 1 mètre, alors que la livraison porte sur des bûches fendues de 50 cm ou 33 cm, donc aucune comparaison n’est possible.

Le rapport entre le nombre de Stères livrés et le poids du bois reçu demeure toujours assez mystérieux.

Selon le CTBA ( Centre Technique du Bois et de l’Ameublement) on constate que un stère de bois @ H = 20% correspond environ à 500 kg de bois.

Mais cela dépend beaucoup des essences, du taux d’humidité, de la longueur des bûches ( 100, 50, ou 33 cm), et bien sûr du marchand de bois!

Ensuite le taux d’humidité est certes en principe indiqué sur la facture, quand il y a une facture ! Mais qui mesure ce taux à la livraison ?

Enfin le rendement de l’appareil de chauffage est impossible à connaître pour les conditions de fonctionnement intermédiaires.

On considère en général, par expérience, que la chaleur récupérée à partir de 1 kg de bois @ 20% d’humidité est d’environ 1,5 kWh, ce qui correspond à un rendement global de 40% .

Le rendement sera meilleur si l’on utilise l’appareil au voisinage de sa puissance nominale.

Bien sûr ces considérations valent pour le bois en bûches. Pour les plaquettes forestières ou les granulés, les données sont différentes et les rendements plus élevés.

Nous parlons ici essentiellement de l’utilisation du bois rond en poêle ou en insert.

Si, malgré toutes ces incertitudes et ce flou, l’usager désire quand même faire un calcul prévisionnel du coût, il reste à préciser une donnée très fluctuante qui est le prix d’achat du bois.

Et là on trouve d’énormes disparités selon les quantités commandées, la taille des bûches, le séchage, le coût de la livraison, le lieu géographique, l’essence du bois, la saison, le circuit d’approvisionnement, et bien sûr le marchand de bois !

( Un particulier peut exploiter lui-même son bois s’il possède un ou deux hectares de taillis, il peut également acquérir une concession ou procéder à des achats groupés).

Le prix du Stère peut ainsi varier entre 0 et 80 euros voire plus.

Sur une base de 30 euros le Stère et d’une énergie finale de 2 kWh/kg, soit 1 MWh par Stère de 500 kg, cela nous fait le kWh à 3 centimes, c’est-à-dire deux fois moins cher que le tarif public du Gaz.

Mais pour un Stère à 80 euros, et/ou un appareil peu performant ou mal utilisé, le coût du kWh peut grimper à 12 ou 13 centimes, soit plus cher que l’électricité !!

C’est donc l’usager lui-même qui détient les clés d’un bon usage du chauffage au bois, à condition de bien soigner deux démarches essentielles:

- Bien choisir l’appareil de chauffage.

- Bien acheter son bois.

Moyennant ces deux précautions, le bois est une énergie d’avenir qui possède des avantages indéniables:

- Il est la seule énergie réellement libre d’accès dont le consommateur peut négocier le prix sur un marché concurrentiel , voire le produire lui-même.

- Il peut être utilisé directement après coupe et donc échapper aux étapes de transformation génératrices de surcoûts ( Briquettes, granulés).

- Il bénéficie encore de la TVA à taux réduit de 7% ( peut-être porté à 10% en 2014 ).

- Il échappe ( pour le moment ) aux taxes complémentaires sur les produits énergétiques et notamment la CSPE.

- Il échappe à l’indexation sur le pétrole.

- Il ne nécessite aucun abonnement.

- Il échappe au contraintes de la tarification progressive de l’énergie.

- En tant qu’énergie renouvelable à carbone recyclable il doit logiquement conserver ces avantages.

Pour l’avenir, il est même possible d’atteindre l’autonomie complète en fabricant son électricité à l’aide d’une mini turbine à vapeur et chaudière bois. De telles installations sont déjà disponibles pour des puissances électriques jusqu’à 50 KW avec des rendements très supérieurs à ceux des panneaux photovoltaïques. De plus ces installations ne souffrent pas de l’intermittence du solaire ou de l’éolien.

Le bois est décidément un atout majeur pour la transition énergétique…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 11:39

 

20 Février 2013

A en croire les média et les cassandres de service, les nuages ne cessent de s’accumuler sur notre horizon énergétique, voire même sur notre horizon tout court.

De la menace de cuisson à petit feu à cause de l’excès de CO2 jusqu’à la quasi certitude de l’holocauste nucléaire, en passant par l’épuisement des réserves d’énergies fossiles et l’excommunication des gaz de schiste, les média nous décrivent un avenir des plus angoissants.

Les prochaines décennies seront donc énergétiquement parcimonieuses.

La morale civique nous impose désormais un devoir de retenue dans nos comportements énergivores.

Et pour les récalcitrants ou ceux qui n’auraient pas saisi la nature de la menace, les gouvernements concoctent des pièges tarifaires de nature à décourager les velléités de débordements.

Les français dépensent chaque année 30 Mtep d’énergie uniquement pour se chauffer, soit environ 350 TWh toutes énergies confondues, électricité, gaz, fuel, bois, géothermie, héliothermie.

La consommation moyenne de chauffage est donc de 10 MWh /an par foyer ( #35 Millions de logements/ foyers).

Comme toutes les moyennes, celle-ci cache de très grandes disparités, depuis quelques centaines de KWh pour un modeste studio bien isolé jusqu’à 50 MWh et plus pour une grande maison ancienne très énergivore (passoire thermique).

La règlementation thermique RT 2012 traite le problème des logements neufs pour lesquels le respect des critères BBC devient obligatoire cette année.

Par ailleurs, les normes thermiques déjà en vigueur ont eu des résultats positifs; environ 10 millions de logements récents possèdent des performances énergétiques proches des normes actuelles.

Il reste donc grosso modo un parc de 25 millions de logements concernés par les incitations/exhortations à la sobriété énergétique.

S’agissant d’abord du chauffage, la première démarche est bien sûr l’isolation thermique des bâtiments et le remplacement des vieilles chaudières et/ou des appareils à bois vétustes par des matériels labellisés.

La dépense moyenne peut être estimée à 20 000 euros par logement ( entre 5000 et plus de 50 000 euros selon l’importance des travaux).

Il s’agit donc d’engager une dépense globale d’investissement de l’ordre de 500 Milliards d’euros, bien sûr sur plusieurs années ( dix, vingt ans ?).

On déclare ici et là que l’épargne française est très abondante. Des chiffres impressionnants circulent (On parle de plusieurs milliers de Milliards d’euros), auxquels d’ailleurs le Gouvernement s’intéresse de près car il souhaiterait y puiser pour rembourser sa dette.

Avec tant d’argent dans les bas de laine on peut donc penser que le financement des travaux de rénovation énergétique sera une simple formalité.

Mais, c’est oublier que la richesse est la chose du monde la moins bien partagée. Si certains possèdent un bas de laine pléthorique, d’autres plus nombreux ne possèdent qu’une modeste chaussette percée. Et, comme dit l’autre, il y a beaucoup plus de pauvres que de riches…

Par ailleurs, n’oublions pas non plus que, si le français épargne, c’est justement parce qu’il n’aime pas dépenser en aveugle!

Ou plus exactement qu’il n’accepte de dépenser (d’investir) que s’il perçoit la possibilité d’un retour sur investissement.

« I want my money back » disait Dame Tatcher, témoignant de la même préoccupation chez nos voisins d’outre manche.

C’est ainsi que l’on a pu constater que le succès des installations photovoltaïques domestiques n’est dû qu’à la perspective de réaliser un bon placement, et non pas à un subit prurit écologique.

(Savoir si le dit placement fut bon, ceci est une autre histoire).

La décision d’investir dans la rénovation énergétique d’un logement sera ainsi d’abord pesée par rapport à l’intérêt financier escompté à moyen-long terme.

On peut estimer/espérer que l’investissement global de 500 Milliards d’euros permettra de diviser par deux la consommation globale pour le chauffage, soit d’économiser 175 TWh par an.

En comptant un prix moyen de 60 Euros / Mwh, l’économie réalisée serait de l’ordre de 10 Milliards d’euros par an.

A ce tarif le retour sur investissement prendrait donc 50 ans, voire plus si l’on tient compte des intérêts légitimement attendus d’un placement financier !

Il n’est pas sûr que le français moyen se précipite sur cet investissement, il faudra le convaincre avec d’autres arguments pour qu’il entreprenne les travaux.

Et d’autres arguments, il y en a:

D’abord la « menace » d’une flambée des prix de l’énergie, ce qui hélas n’est pas une menace fantôme.

A 60 euros le MWh on peut encore assurer, mais à 200 ou 300 euros même les plus rétifs jetteront l’éponge.

Pour encourager les hésitants, L’Etat décide des mesures d’incitation fiscale, comme le crédit d’impôt, et/ou la TVA à taux réduit.

(Largesses très provisoires puisque les sommes concernées sont immédiatement reprises par l’Etat sous forme d’autres impôts, mais les français aiment bien ce tour de passe-passe, ils ont l’impression

d’être gagnants, au moins pendant un instant, le temps que l’argent met pour passer de la main droite à la main gauche).

Ensuite, des mesures financières comme le crédit à taux zéro.

Puis des mesures contraignantes, comme la tarification progressive de l’énergie ( Bonus malus).

Et encore l’augmentation des tarifs publics de l’énergie, grâce notamment à une indexation plus serrée des prix du gaz sur ceux du pétrole.

Et l’augmentation des taxes comme la CSPE et la TICPE.

Et pourquoi pas, en dernier ressort, des quotas ?

Donc un tir groupé de mesures globalement très persuasives.

Ces mesures autoritaires sécrètent leurs propres limites, établies aux frontières de la précarité énergétique déjà existante, et qu’elles ne feront qu’aggraver.

Personne n’ayant encore trouvé la recette pour tondre un œuf, et la conjoncture économique étant ce qu’elle est, de nombreuses personnes seront dans l’incapacité de suivre ce programme d’investissement ambitieux, et une bonne partie des 500 Milliards devra être puisée dans l’épargne des plus favorisés pour être redistribuée en direction des « énergétiquement précaires ».

Des grincements de dents en perspective…car la fourmi n’est pas prêteuse, la fable nous le rappelle.

L’efficacité des mesures d’incitation tarifaires sera proportionnelle à l’augmentation de ces tarifs, et particulièrement celui du gaz, qui est appelé à devenir la source privilégiée, le fuel étant trop fortement émetteur de CO2 et l’électricité étant condamnée par la RT 2012, au moins pour le chauffage.

« notre » gaz de schiste étant condamné, et le gaz provenant de la méthanisation des déchets n’étant pas encore majoritaire, nous resterons longtemps dépendants des marchés extérieurs pour nos approvisionnements.

Une façon définitive d’échapper à la conjoncture énergétique serait évidemment l’autosuffisance.

C’est le rêve de la maison à énergie positive.

L’idée est relativement simple: construire une maison parfaitement isolée et intelligemment structurée pour récupérer la chaleur naturelle du sol , qui garantit une température intérieure de 12 à 15 °C, et prélever l’énergie solaire rayonnée par des panneaux hybrides, qui fournissent sur l’année une énergie largement supérieure aux besoins.

Mais cette énergie est intermittente et il est nécessaire de faire appel à un système de stockage pour pallier les baisses de production saisonnières.

Aujourd’hui le seul système de stockage possible est le réseau de distribution.

Ce système ne peut fonctionner que si le réseau de distribution est conçu pour absorber les excédents de production, par pompage-turbinage par exemple.

Ce type de maisons est l’objectif du Grenelle de l’Environnement pour 2025, pour les habitations neuves évidemment.

Pour les logements existants dont les occupants désirent échapper aux sanctions financières de la tarification progressive (qui touchera l’électricité et le gaz de réseau), il reste toujours la possibilité de se chauffer au bois qui, pour le moment, n’est pas concerné par cette tarification, et dont le prix n’est pas indexé sur le cours du pétrole !

Et en plus, c’est l’énergie la moins chère ( Aujourd’hui), et elle n’émet que du CO2 recyclable !

Cela tombe bien, l’Etat cherche justement à développer la filière bois énergie, tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Tout au moins pour les heureux propriétaires d’une maison, qui peuvent choisir librement leur source d’énergie.

Les autres mettrons des pull-over, en attendant de toucher la subvention de rénovation énergétique.

Précédemment nous évoquions le retour à la bouse de vache et aux déchets pour produire du gaz, aujourd’hui nous ajoutons le retour au bois de nos forêts pour compléter le panel énergétique du parfait écologiste du vingt-et-unième siècle.

Tout çà pour çà , aurait dit ma Grand’mère, la petite excursion au paradis de l’énergie gratuite n’aura donc duré que cent-cinquante ans, nous voilà revenus au cul des vaches et dans les bois comme au bon vieux temps, le paysan reprend la place qu’il n’aurait jamais du quitter.

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 11:21

 

12 Février 2013

Durant l’exil Ezechiel, sur les injonctions de Jéhova lui-même, fit cuire le pain sur un feu de bouses séchées.

Au début du vingtième siècle, mes ancêtres tenaient la bouse de vache en haute estime pour alimenter leur feu.

De nos jours encore ce précieux résidu bovin est la seule source de combustible dans les régions semi désertiques ( où il est parfois appelé bois de vache).

Nos sociétés « civilisées » ont tenu à marquer leur distance avec les sociétés dites primitives en leur associant le symbole de la bouse de vache comme stigmate de leur « infériorité ». Le qualificatif de « bouseux » marque bien la volonté d’établir une frontière.

Il se pourrait bien que nous ayons à regretter ce choix.

Après avoir surfé pendant un siècle sur le charbon, le pétrole, le gaz naturel, et l’atome, nous commençons à réaliser que la fête va bientôt finir et qu’il va falloir trouver d’autres sources d’énergie pour alimenter notre voracité.

Notre conditionnement technologique nous a naturellement poussés à chercher le salut dans la « High Tech », en l’occurrence le photovoltaïque et l’éolien, qui réclament ce qui se fait de mieux, donc de plus cher, en matière de techniques avancées.

Il est vite apparu que, sauf à couvrir le territoire de moulins à vent et de panneaux solaires, ces nouvelles sources ne suffiraient pas.

C’est alors qu’est apparu tout l’intérêt énergétique de cette denrée tant méprisée, la bouse de vache.

Ce spectaculaire retour aux sources aurait bien fait rire Ezechiel (pour Jéhova je ne sais pas) . En tous cas mes ancêtres apprécieront cette réhabilitation du « bouseux » .

Certes il n’est pas question d’utiliser directement ce combustible renouvelable sans lui faire subir un traitement sophistiqué digne de notre époque où l’on ne fait jamais simple quand on peut faire compliqué.

Le « produit » est traité dans des installations de haute qualité desquelles toute mauvaise émanation aura été bannie.

Ces lieux aseptisés (du moins on l’espère) accueilleront non seulement les bouses, mais toutes sortes d’excréments animaux et humains confondus, et aussi tous les déchets organiques produits par la société moderne, y compris les terribles algues vertes.

Les opérations effectuées dans ces installations ont pour but la production de Méthane.

En somme il s’agit de faire industriellement ce que chaque ruminant fait individuellement de manière non productive puisque le résultat de ses flatulences se perd dans l’atmosphère, augmentant fâcheusement la concentration des gaz à effet de serre.

En clair, l’usine de méthanisation est une sorte de machine à pets.

La bouse de vache de bonne facture, après séchage, exhibe un PCS de 4,7 KWh par kilogramme.

Le bois sec ne fait guère mieux, à peine 5,5 KWh / kg.

La production journalière d’une vache en bonne santé et correctement nourrie peut atteindre environ 1 kg de matière sèche par jour, ce qui représente une énergie potentielle de 4,7 KWh / jour.

Il y a en France quelques 20 Millions de bovins, dont les déjections représentent une réserve énergétique de près de 35 TWh par an.

Et que dire des 60 Millions de français ?

(Un certain général aurait dit « les français sont des veaux », quelle prescience !).

A cela ( ou ceux-là) bien sûr il faut ajouter la contribution des porcs, des volailles, les déchets des industries alimentaires, les déchets végétaux, les boues des stations d’épuration, ce qui permet d’espérer un filon énergétique prometteur et surtout inépuisable, dont la contribution pourrait être très significative, peut-être de l’ordre de 100 TWh par an ?

Qui a dit que le territoire français est dépourvu de ressources énergétiques?

La mise en valeur de ces déchets produit essentiellement du Méthane, qui peut être soit utilisé sur place pour fournir de la chaleur et/ou de l’électricité, soit injecté dans le réseau de distribution après purification et mise aux normes.

Une fois de plus l’Allemagne a ouvert la voie et comptait dès 2005 un parc de méthanisation de 2 700 installations d’une puissance totale de 650 MW.

Ce parc était de 7 000 installations en 2011, et le plan de développement prévoit 20 000 installations en 2020.

La France, malade de son nucléaire, accuse un retard considérable.

C’est seulement en 2011 que les structures règlementaires pour l’injection du biogaz dans les réseaux y ont été rendues publiques.

Il fut un temps où l’on n’avait pas de pétrole, mais on avait des idées.

Aujourd’hui on a le produit, mais on manque d’idées…

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