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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 15:03

20 Mai 2013

L’intermittence des énergies solaire et éolienne est souvent évoquée mais rarement prise en compte à sa juste valeur.

Certes tout le monde convient que le Soleil ne brille pas la nuit et que par conséquent sur les 8 760 heures de l’année il y a lieu d’en retirer largement la moitié. On conviendra aussi assez facilement qu’au cours d’une journée faste l’énergie reçue varie en fonction de l’heure. Enfin on admettra que cette énergie varie également en fonction de la saison.

Toutes ces variations sont prévisibles et donc intégrables dans un projet.

Il s’agit là de l’intermittence fonctionnelle de périodes journalière et annuelle, qui sont intégrées dans les tables d’ensoleillement régionales.

L’intermittence imprévisible est celle qui est causée par les variations climatiques.

Les tables de moyennes annuelles d’ensoleillement sont élaborées à partir de données recueillies sur une longue période, plusieurs décennies.

Ces valeurs moyennes cachent une variabilité très importante d’une année sur l’autre. Voici une comparaison des heures d’ensoleillement de Mars 2012 par rapport à mars 2013:

Lyon 261/117 2,23

Bordeaux 255/150 1,7

Montpellier 239/150 1,6

Ces variations considérables et de durée parfois supérieure à un mois sont sans grande importance pour un particulier qui possède quelques m2 de panneaux photovoltaïques sur son toit, mais elles sont très pénalisantes pour une centrale solaire de plusieurs centaines de MW raccordée au réseau. C’est la moitié de la production qui fait défaut sur plusieurs semaines.

Le problème est similaire s’agissant du vent, les périodes de calme de plusieurs semaines ne sont pas exceptionnelles et l’intermittence de courte durée existe également.

Les occurrences de défaut de vent ou de Soleil doivent faire partie de tout projet nouveau qui prétend participer à la production nationale d’électricité.

A l’échelle du pays, il est inconcevable de développer une production à base d’énergies nouvelles sans prévoir dans le même temps les moyens de pallier cette intermittence de courte et de longue durée.

L’intermittence de courte durée (quelques heures à une journée) peut être gérée par les moyens de stockage classiques comme les STEP (Pompage-turbinage) à condition bien évidemment de les construire !!

D’autres moyens sont envisagés comme le stockage de l’Hydrogène produit par électrolyse, ou l’utilisation de matériaux à changement de phase, ou encore le stockage inertiel.

Pour gérer les intermittences de longue durée il faut recourir à des moyens de production de secours non intermittents à mise en œuvre facile comme des centrales thermiques.

Bien évidemment il est hors de question de tolérer que ces centrales émettent du CO2 !!

On a donc le choix entre des centrales à combustibles fossiles couplées à des installations de capture et séquestration du carbone (CSC), ou à des centrales où les turbines sont alimentées par de l’Hydrogène produit par électrolyse en période de surproduction solaire ou éolienne, ou encore à des installations alimentées par du Biogaz à Carbone recyclable.

Le problème des énergies nouvelles est donc transposé à la gestion de l’intermittence.

La technologie existe, différentes solutions sont proposées, certaines déjà opérationnelles, d’autres en expérimentation.

ENERTRAG et TOTAL ont collaboré à la construction de la centrale hybride de Prenzlau près de Berlin:

Un parc éolien produit de l’électricité raccordée au réseau d’une part, et à un module électrolyseur d’autre part. L’Hydrogène résultant est stocké sur place pour être utilisé dans deux unités de production électrique avec turbines à cogénération, et/ou injectée dans le réseau de distribution d’Hydrogène pour les transports.

Ce dispositif préfigure les futures installations multicartes où l’intermittence est gérée sur place. On remplacerait facilement les éoliennes par des panneaux photovoltaïques dans les régions plus favorables au solaire qu’au vent.

La nécessité de soutenir la production des énergies nouvelles par un parc de centrales thermiques, fussent-elles à Hydrogène, pose un problème de fond sur le concept de transition énergétique:

Faut-il développer les énergies nouvelles dans le but de produire de l’électricité raccordée au réseau, avec le soutien de centrales thermiques, ou bien faut-il produire notre électricité essentiellement avec des centrales thermiques propres et utiliser les énergies nouvelles seulement pour produire de l’Hydrogène qui fera tourner les turbines des centrales ?

La question mérite d’être posée car les centrales à gaz à cogénération possèdent un rendement satisfaisant, peuvent fonctionner au Biogaz, et la filière Hydrogène paraît promise à un grand avenir si l’on en croit les recherches en cours sur les sources naturelles de ce gaz non polluant.

La leçon à tirer de tout cela est qu’avant de se précipiter pour construire des parcs éoliens pléthoriques, il faudrait peut-être se demander comment on va gérer l’intermittence de la production…

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 10:43

Energies nouvelles et relativité des coûts.

15 Mai 2013

Parmi les nombreux arguments opposés au nucléaire civil, certains sont irréfutables, voire décisifs, comme les risques de catastrophes fukushimistes ou tchernobyliennes, la pollution radioactive engendrée par le stockage des déchets et le démantèlement, et les effets de la dissémination.

Mais d’autres le sont moins, qui viennent polluer le débat et retirer du crédit à l’ensemble du discours.

L’argument du coût prohibitif de l’investissement nucléaire est de ceux-là.

Il n’est donc pas inintéressant de mettre le coût d’un réacteur EPR en balance avec celui d’une installation solaire fournissant la même quantité d’énergie.

On connaît le coût pour l’EPR, qui a fait la une de tous les journaux, et qui présente la caractéristique de se dilater avec le temps. La dernière enchère était à 8,5 Milliards d’euros pour le modèle de démonstration (Flamanville), et nous estimons que la chose aura coûté 12 Milliards au moins à sa mise en service.

La puissance annoncée de 1 650 MW électriques, jointe à un rendement estimé à 85% permet de calculer l’énergie fournie par la bête annuellement: environ 12 TWh.

Face à ce programme, nous pouvons mettre par exemple la dernière merveille solaire qui vient d’être inaugurée à Abu Dhabi et qui représente le nec-plus-ultra de la technologie des centrales héliothermodynamiques:

Pour une puissance nominale de 100 MW le coût annoncé est de 450 millions d’euros (Source TOTAL), pour une surface au sol de 2,5 km2.

En Arabie non plus le Soleil ne brille pas la nuit, et malgré un système d’orientation automatique des miroirs, le rendement global ne dépassera pas 30%, ce qui laisse espérer une production annuelle de 150 GWh.

Il faudrait donc disposer 80 installations semblables pour égaler la production d’un seul réacteur EPR.

Même en tenant compte d’un prix de gros pour une industrialisation à grande échelle, le coût ne serait pas inférieur à 25 Milliards d’euros, soit le double du prix d’un seul réacteur EPR.

Cet investissements considérable devrait bien sûr être complété par les installations correspondantes de stockage de l’énergie électrique indispensables pour la compensation de l’intermittence du solaire.

Etonnant, non ?

Autre facteur de comparaison, l’emprise au sol.

La centrale de Flamanville occupe quelques km2.

Les 80 parcs solaires évoqués plus haut occuperaint 200 km2, en Arabie.

Inutile de souligner que l’ensoleillement du territoire français, même au Sud, n’a que de lointains rapports avec celui qui règne à Abu-Dhabi !

La surface nécessaire serait donc dans le même rapport, de l’ordre de 250 à 300 km2 si l’on veut installer la chose chez nous.

Le lecteur calculera aisément la surface occupée par ce genre d’installations si elles devaient produire ne serait-ce que 20% de notre énergie électrique.

Ces données ne suffisent pas en elles-mêmes à effectuer un choix entre telle ou telle solution, mais elle sont indispensables pour l’évaluation des conséquences du choix quel qu’il soit.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:59

13 Mai 2013

Il y a plusieurs choix possibles pour dater les débuts de la période dite historique.

Conventionnellement le choix de l’invention de l’écriture comme point de départ fait l’unanimité pour la raison évidente de notre attachement viscéral à la chose écrite, la tradition orale étant reléguée au rang de culture primitive, au sens de dépourvue d’histoire.

Ce choix, éminemment culturel, ne vaut que comme élément constitutif de la culture qui l’a défini.

D’ailleurs cette même culture ne nous enseigne-t-elle pas que l’histoire d’un peuple se transmet aussi par ses réalisations utilitaires ou artistiques, et pas seulement par l’écriture, et les « Arts primitifs » n’occupent-t-ils pas aujourd’hui nos cimaises ?

Ce qui nous autorise à considérer les œuvres de Lascaux comme un témoignage historique au même titre que n’importe quel récit écrit, fut-il de Pline l’ancien, ou n’importe quel reportage pétroglyphique sur le voyage de la Reine Hatshepsout ou la bataille de Kadesh.

Et, en remontant le temps, d’attribuer au bâton à fouir ou au galet éclaté le statut de témoins de leur temps, donc d’éléments de l’Histoire puisque ce sont des artéfacts.

Certes on pourra nous objecter que des singes utilisent aussi ce genre d’outils primitifs. Mais cela n’enlève aucune valeur à ce critère, tout au plus cela renforce-t-il la preuve de leur lien de parenté avec l’espèce humaine.

De fil en aiguille (que d’ailleurs nos « préhistoriques » utilisaient fort habilement comme en témoignent les nombreuses réalisations ostéodontokératiques) on pourrait ainsi faire remonter les débuts de l’Histoire à la nuit des temps, au moins jusqu’à la domestication du feu.

Mais, direz-vous, que vient donc faire l’énergie dans ce laborieux préambule ?

Nous y arrivons.

La domestication du feu peut être considérée comme les débuts de l’utilisation technologique de l’énergie par l’Homme. On pourrait alors aussi bien choisir cet évènement comme point de départ de la « Grande » Histoire, ce choix en vaut bien un autre.

Le « bois énergie », comme il convient de l’appeler aujourd’hui, fut la seule ressource énergétique utilisée technologiquement durant les trois mille neuf cent premiers siècles.

Cuire les aliments, se chauffer, durcir la pointe d’un épieu, éloigner les prédateurs, rabattre le gibier, défricher un bout de forêt, s’éclairer au fond d’une grotte furent, pendant 97,5% de la durée de notre Histoire, les activités permises par l’usage du feu domestiqué.

Les modes de vie étaient rustiques et rudes pour l’individu, mais suffisamment efficaces pour la préservation de l’espèce puisqu’elle a résisté ainsi 400 000 ans, soit près de 16 000 générations !

Certes le Soleil dispensait son énergie mais il n’était alors pas question de la domestiquer, cet exercice n’étant partiellement acquis qu’au XXe siècle.

Il y a peu, quelques dizaines de siècles à peine, une poignée d’individus plus dégourdis que la moyenne (ou moins sages), s’avisèrent que l’on pouvait obtenir bien davantage de l’environnement.

Ils découvrirent que le vent aussi pouvait être domestiqué et devenir un allié pour propulser une embarcation. Cette nouvelle source d’énergie leur fit franchir une étape technologique vers la découverte du monde, pour leur malheur diront certains, mais ceci est une autre histoire.

Dans la foulée ils eurent l’idée d’utiliser la force de l’eau des rivières, par le truchement d’une roue à aubes, car entre-temps d’autres petits malins avaient inventé la roue !

C’est durant cette période éclairée et révolutionnaire que certains animaux furent domestiqués à leur tour et quelques-uns prêtèrent leurs forces aux travaux désormais possibles sans fatigue pour l’Homme.

(Nos plus proches voisins, les singes, surent échapper au servage en feignant l’incapacité, ce qui est une preuve de leur intelligence car, lorsqu’on les observe à la dérobée, ils sont capables de bien des tours, on commence à s’en apercevoir de nos jours…).

En peu de siècles, voici donc l’Homme pourvu de ressources énergétiques variées: Le feu, Le vent, l’eau, la force animale.

Ressources partiellement domestiquées, qui ont permis d’améliorer la condition humaine, tout au moins de certains humains, mais ceci est encore une autre histoire...

Ce mix énergétique fut à la base d’une civilisation qui prospéra pendant environ dix mille ans (400 générations) et qui semblait partie pour durer bien davantage, eu égard à son caractère écologique incontestable.

Jusqu’à ce que…

Il y a environ deux siècles (6 générations à peine) quelques apprentis sorciers un peu trop curieux ouvrirent la boîte de Pandore et laissèrent s’échapper le trio infernal Charbon-Pétrole-gaz, qui en peu d’années fit du Monde ce qu’il est aujourd’hui.

Un paradis pour certains, un enfer pour d’autres.

Face aux dégâts environnementaux alarmants causés en moins de deux siècles par cette nouvelle énergie quelques sages, frappés d’une lueur de raison, prirent conscience de la nécessité vitale de remettre le trio infernal dans sa boîte sous peine de voir disparaître tout bonnement l’espèce humaine par asphyxie, famine, noyade, empoisonnement, ou cuisson à petit feu.

Mais, comme dit le proverbe Bantou,

«il est plus facile de retirer le fil du chas de l’aiguille que de l’y faire entrer».

D’autant plus qu’au fond de la boîte de Pandore se cachait un quatrième larron, retranché au sein de l’atome et camouflé en énergie de liaison des nucléons. Tout récemment nos savants fous ont su le débusquer et ont cru pouvoir le domestiquer.

Hélas, on sait ce qu’il en est, pour le malheur des générations futures.

Avant d’en revenir au bois, au Soleil, au vent et à l’eau, il faudra neutraliser ce quatrième larron, sous peine d’être neutralisés par lui.

La tâche sera rude car il possède de nombreux partisans habiles à faire valoir certains aspects écologiques de son utilisation et à en escamoter le côté obscur.

Si cependant nous réussissons l’exploit, ce qui est loin d’être acquis, nous retrouverons le cours de nos petites affaires avec le même mix énergétique que du temps de Pline l’ancien:

Le bois, le Soleil, le vent, l’eau.

Bien sûr entre temps nous aurons un peu perfectionné tout cela grâce à la découverte de l’électricité, qui permet de transporter l’énergie du lieu où elle est recueillie vers le lieu où elle est nécessaire, par le truchement des moteurs et générateurs électriques, et de quelques transducteurs comme les panneaux photovoltaïques, les piles à Hydrogène, les moteurs du même nom, et quelques autres dispositifs pour le stockage de ce précieux fluide.

La force animale, désormais consacrée à l’amusement des enfants grands ou petits, sera depuis longtemps remplacée par le moteur électrique, déjà largement répandu.

La transition énergétique nous aura ainsi transportés dans un monde durable et propre.

Fermer le ban.

Ce scénario idyllique néglige un petit détail qui pourrait bien causer quelques soucis:

Pline l’ancien vivait dans un monde peuplé d’environ deux cent millions d’habitants, peu soucieux d’égalité et de redistribution. Aujourd’hui nous sommes près de sept mille millions d’individus, soit trente-cinq fois plus, et probablement le double d’ici la fin de ce siècle !

Et nous prétendons vouloir le bien de l’Humanité, de toute l’Humanité, intention très louable mais vaste projet qui risque fort de n’être qu’une utopie si nous refusons d’en prendre toute la mesure.

Nos ancêtres voyaient le Monde reposant sur quatre éléments:

L’eau, la Terre, le Feu et l’Air.

Ce que nous prenions pour une conception naïve se révèle d’une formidable prescience:

Nous voici en ce début de XXIe siècle condamnés à rebâtir le Monde sur ces quatre mêmes piliers:

L’eau, pour l’énergie hydraulique.

Le feu, pour l’énergie solaire et le bois-énergie.

L’air, pour l’énergie éolienne.

La Terre, pour la géothermie.

Faute de quoi il se pourrait que l’Humanité disparaisse en tant qu’espèce dominante, ou bien ne subsiste qu’à l’état de hordes sans cohérence.

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 19:18

10 Mai 2013

On sait que les énergies renouvelables solaire et éolienne sont capricieuses. Le Soleil et le vent sont ce qu’est la météo et l’alternance des jours, des nuits et des saisons ne saurait être asservie à la demande énergétique!

Impossible donc de faire reposer nos approvisionnements électriques sur ces sources sans un moyen de stocker massivement l’énergie fournie par ces merveilleuses machines, afin de faire face aux périodes de pénurie de vent et/ou de soleil.

Les énergéticiens montrent que sans un tel système de stockage la part confiée aux énergies renouvelables intermittentes ne saurait dépasser 30% sans créer un risque de panne. Et encore faudra-t-il prévoir des moyens conventionnels pour pallier les longues périodes de météo défavorable.

Le seul moyen de stockage de masse efficace technologiquement praticable aujourd’hui est le pompage-turbinage, technique déjà utilisée pour la régulation des réseaux électriques, mais avec des capacités de stockage insuffisantes pour les nouveaux besoins.

Son utilisation en stockage de masse nécessite des installations spéciales dédiées à cette fonction, installations évidemment onéreuses et très envahissantes puisqu’il s’agit de constituer d’immenses réserves d’eau couplées à des chutes de faible hauteur ( les réservoirs et barrages de grande hauteur son à peu près exclus car il n’y a plus d’emplacements disponibles et ceux qui existent sont réservés à d’autres fonctions comme la régulation des approvisionnements sur les marchés).

Malgré ces inconvénients ce système est incontournable pour rendre possible le développement du solaire et de l’éolien.

On imagine sans peine les levées de boucliers qui seront provoquées par ces projets de réservoirs de basse chute, il suffit d’observer les réactions actuelles associées aux projets de parcs éoliens offshore!

Aussi, en prévision de ces difficultés, d’autres voies sont explorées pour le stockage du courant.

Pour des volumes moyens de stockage une solution efficace est proposée par la filière Hydrogène. En période de faible consommation, l’électricité produite est utilisée pour électrolyser de l’eau, les gaz produits étant stockés sous haute pression. Ensuite l’électricité est restituée grâce à une pile à combustible aujourd’hui bien au point.

Il est également possible d’injecter cet Hydrogène dans le réseau de distribution de Gaz, jusqu’à hauteur de 20% . Une séparation ultérieure peut être effectuée si nécessaire grâce à des filtres à membranes.

Ces dispositifs permettent de stocker des quantités moyennes d’énergie, ils ne remplacent pas une installation de pompage-turbinage.

Le problème reste donc entier dès que l’on envisage plus de 30% de part de solaire+éolien.

Mais la Providence est (peut-être) venue au secours des énergéticiens.

Une découverte récente est en passe d’apporter une réponse définitive à l’impasse créée par l’intermittence du solaire et de l’éolien, il s’agit d’importantes sources d’Hydrogène naturel qui seraient disponibles un peu partout dans le monde, et susceptibles de constituer une nouvelle source d’énergie renouvelable, et sans Carbone.

Ce phénomène avait été pressenti par les quelques scientifiques ayant émis la théorie du pétrole abiotique. Les expériences à haute température et haute pression dans la chambre à enclumes de diamant avaient mis en évidence la formation de molécules d’hydrocarbures . L’Hydrogène, précurseur des hydrocarbures en milieu carboné, se forme par oxydation du fer par l’eau présente dans la roche à l’état libre ou lié. La réaction peut se poursuivre vers le Méthane , voire même des hydrocarbures à chaînes plus longues, en présence de carbone. L’Hydrogène, grâce à sa ténuité, migre facilement vers la surface.

Cet Hydrogène naturel était jusqu’à présent confirmé au niveau des résurgences sous-marines des dorsales océaniques. L’IFPEN vient de confirmer le caractère systématique de ce phénomène et son existence également sur le plateau continental. Un programme est en cours pour caractériser ces émissions, les quantifier et analyser les possibilités d’exploitation comme nouvelle source d’énergie renouvelable sans carbone.

Si ce mécanisme est confirmé il s’agirait d’un processus continu, laissant espérer une production de masse quasiment illimitée.

Trop beau pour être vrai !

Voilà qui donnerait à la filière Hydrogène un relief inattendu. Ce gaz ne serait plus simplement un intermédiaire de stockage et de transport de l’énergie produite par l’éolien et le solaire, mais une nouvelle source d’énergie propre peut-être inépuisable.

Elle permet donc, en théorie, de régler le problème du CO2, et de fournir une électricité propre à l’aide d’une pile à combustible.

On peut également injecter une partie de l’Hydrogène dans le réseau de distribution.

Les gaziers avaient depuis longtemps prévu le problème de l’intermittence des ENR, et la mise en service de stations d’électrolyse pour stocker la production en période de basse consommation sous forme d’Hydrogène précisément. Un premier programme d’étude de distribution d’un mix Hydrogène + Méthane dans les réseaux a permis de déterminer l’acceptabilité dans les limites de 20% d’Hydrogène (projet NATURALHY) . Un autre projet (GRHYD) de 2012 à 2014, mené par GDF-Suez, doit permettre de finaliser les conditions de la mise en œuvre pour la distribution du mix baptisé « Hythane ».

Cette possible nouvelle source d’énergie propre arrive à point nommé pour sortir la transition énergétique de l’impasse actuelle.

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 18:44

10 Mai 2013

Au cours des deux derniers siècles les pays développés ont bâti une société technologique fondée essentiellement sur l’utilisation du trio Charbon-Pétrole-Gaz, grands émetteurs de CO2.

Juste retour des choses, le progrès généré par cette technologie a permis de mettre en évidence le risque climatique planétaire potentiel lié à ces émissions de gaz à effet de serre, et une alarme mondiale a été lancée.

La lutte contre le CO2 anthropique est ainsi officiellement devenue une grande cause mondiale depuis déjà plusieurs décennies. Cet objectif commun est censé mobiliser toutes les énergies, au sens propre comme au figuré. De nombreuses instances internationales en témoignent régulièrement et des objectifs sont fixés, qui sont approuvés par les pays participants.

Précisons cependant que si les objectifs fixés font (presque) l’unanimité, les moyens pour y parvenir sont rarement au rendez-vous et c’est là que le bât blesse.

Le mode de vie occidental étant devenu le saint graal pour les pays émergents, on peut s’attendre dans le futur proche à une demande énergétique fortement croissante, avec comme conséquence une élévation considérable des émissions de CO2 si leur développement s’appuie sur les mêmes énergies fossiles.

La lutte contre le CO2 deviendrait alors beaucoup plus compliquée.

On a pu croire un moment que ce problème se résoudrait de lui-même par l’épuisement des réserves fossiles, échéance symbolisée par le fameux peak-oil.

Hélas, les progrès des techniques d’exploitation et la découverte de nouvelles ressources, repoussent périodiquement la pénurie à une date ultérieure, et ce ne sont pas les gaz et huiles de schiste ni les hydrates de Méthane qui apporteront un démenti.

Sans parler des hydrocarbures abiotiques, sujet épineux que la morale politiquement correcte réprouve, mais qui n’en demeure pas moins l’objet de recherches intenses de la part des grandes compagnies, que la morale n’encombre pas exagérément.

( A ce propos ce n’est pas du pétrole abiotique, mais de l’Hydrogène naturel qui a été découvert récemment, apportant la promesse d’une véritable révolution énergétique si la chose est confirmée, mais ceci est une autre histoire…).

Les bonnes résolutions affichées dans les instances internationales (hélas dépourvues de pouvoir politique), les menaces de désastre climatique, et les exhortations du GIEC n’y changeront rien, les énergies fossiles seront utilisées jusqu’à épuisement.

Nous ne parlons pas de l’épuisement des réserves, mais de l’épuisement de l’économie à suivre le rythme des augmentations de coût du baril.

Sur ce point il faut se rendre à l’évidence, même à plus de cent Dollars le produit trouve preneur tant est grande la soif des marchés.

Il faut donc en prendre son parti, ces énergies ont encore une perspective de longue vie, on parle d’un siècle voire davantage pour le Charbon.

En conséquence il faut donc également se faire à l’idée que les émissions de CO2 vont continuer à s’amplifier dans les prochaines décennies si rien n’est fait pour les contenir.

Parti modestement de 280 ppm en 1 800, le taux de concentration de ce gaz vient de dépasser les 400 ppm ces derniers jours, soit + 43% , l’essentiel de cette croissance étant à mettre au compte du dernier siècle.

Et l’allure de la courbe de croissance ne manifeste aucune tendance à s’inverser.

Le seul moyen de gérer ce problème est la mise en œuvre sur une grande échelle du programme CSC, Capture et Séquestration du Carbone, surtout si le Charbon revient à la mode comme tout le laisse craindre.

Hélas jusqu’à aujourd’hui la mobilisation pour le CSC est modeste. Seules quelques démonstrateurs ont permis de valider deux ou trois procédés, mais les industriels ne se précipitent pas car la mise en œuvre nécessite des investissements lourds et des infrastructures nouvelles, toutes choses qui impactent fortement la compétitivité par rapport à des concurrents qui n’auraient pas les mêmes obligations.

Car le problème est bien là, la lutte contre le CO2 n’a de sens que si elle est mondiale. Non seulement pour des questions de compétitivité des industries, mais surtout pour l’efficacité de la lutte. Quelle serait la cohérence d’un plan qui imposerait une conduite vertueuse à certains pays et s’accommoderait d’une dérégulation totale dans le reste du Monde ?

Aujourd’hui il n’existe aucune instance internationale disposant du pouvoir reconnu d’imposer des mesures de dépollution des installations industrielles, ni à fortiori celui d’interdire l’emploi des énergies fossiles dans des installations nouvelles, au profit des renouvelables.

L’établissement de quotas d’émission de CO2 négociables n’a eu pour effet que de créer une nouvelle niche spéculative sans résultat palpable sur les émissions elles-mêmes.

Dans ce contexte le développement laborieux des énergies renouvelables a peu de chance de modifier la situation à moyen terme. Tant que les énergies fossiles seront disponibles à un coût gérable elles continueront à fournir l’essentiel des besoins.

Or ce coût est ajustable, les pays producteurs doivent tenir compte des offres concurrentes du marché s’ils veulent préserver leur rente.

L’arrivée des gaz et huiles de schiste aura au moins eu le mérite de tempérer les velléités de hausse du baril en créant une nouvelle offre mieux répartie géographiquement, mais pour combien de temps ?

Tout ceci n’est pas très favorable au développement des énergies nouvelles qui auront bien du mal à se faire une place et à prouver leur efficacité non seulement technique mais également économique, ce qui n’est pas le plus facile.

Au sein de cette mêlée confuse, il existe quand même des signes encourageants:

D’importants programmes d’économie d’énergie sont mis en œuvre, autant pour respecter les engagements de réduction du CO2 que pour alléger la balance extérieure des pays gros importateurs d’énergie comme la France, qui voit son nucléaire de plus en plus remis en cause.

Ces programmes contribueront régionalement à modérer la flambée énergétique, mais sans en changer significativement la physionomie planétaire pour les deux ou trois prochaines décennies.

Les énergies renouvelables se sont révélées difficiles à mettre en œuvre et face aux énergies fossiles elles n’ont pu émerger que grâce à leur statut provisoire d’activités subventionnées, ce qui n’est pas industriellement tenable dans une économie de marché.

Et si les pays développés ont déjà tant de difficultés à mettre en œuvre une transition énergétique soutenable, alors que dire des pays émergents dépourvus d’infrastructures, de moyens financiers, de compétences et pour beaucoup, de stabilité politique ?

D’autant plus que dans le même temps les anti-nucléaires exigent la fermeture des 440 réacteurs en service dans le monde, souhait que l’on ne peut qu’approuver pour des raisons humanitaires.

Compte tenu de ce contexte peu encourageant, on est en droit de penser que la stratégie de lutte contre le CO2 ne portera pas beaucoup de fruits d’ici 2 050, et que le taux de ce gaz atteindra des valeurs fort peu rassurantes; les 500 ppm risquent d’être dépassés avant la fin du siècle.

Le scénario du pire n’est donc plus à écarter, même s’il n’est pas certain.

Selon les conclusions du GIEC nous devons alors envisager comme plausible une élévation de la température moyenne de l’atmosphère de plusieurs degrés au cours du siècle, avec les conséquences annoncées: élévation du niveau des océans, perturbations des cycles atmosphériques, catastrophes climatiques, désertification de vastes régions, calamités agricoles et humanitaires, famines, bouleversements de la biodiversité et de l’environnement, etc...

La probabilité de voir se réaliser ce scénario du pire est à peu près égale à celle de voir le taux de CO2 maîtrisé et donc le réchauffement contenu dans des limites gérables (1 à 2 degrés).

Dans le doute il est donc nécessaire de garder deux fers au feu:

D’une part prendre des mesures drastiques pour contenir les émissions de CO2, par les économies planétaires d’énergie et par la mise en œuvre de la stratégie CSC.

D’autre part, établir un plan de bataille pour gérer les conséquences d’un réchauffement de plusieurs degrés, et mettre ce plan en œuvre.

Sachant que cette stratégie n’a de chance d’être efficace que si elle est appliquée au plan mondial.

Or jusqu’à présent les politiques modérées de réduction des consommations d’énergies annoncées ici et là depuis plus d’une décennie et mises en œuvre à l’échelon régional, n’ont pas permis de contenir l’accroissement de la demande. D’autre part il n’existe aucun programme de CSC de quelque envergure, pas même dans les pays développés.

Ce genre de comportement est révélateur d’une résignation générale devant la catastrophe annoncée, à moins qu’il ne s’agisse simplement d’une réaction égoïste devant l’annonce d’un danger qui menace nos arrières petits-enfants, ou tout simplement d’un déni du risque lié à un certain scepticisme ambiant vis-à-vis des thèses climatiques catastrophiques.

( Rappelons qu’il existe toujours un courant de pensée, minoritaire mais agissant, qui met en doute le rôle du CO2 anthropique dans le changement climatique. Ce courant, bien que peu médiatisé, n’en possède pas moins une influence dans la sphère des décideurs).

Tout cela n’est pas très cohérent et n’engendre pas l’optimisme quant au sérieux de la démarche que l’on nous recommande d’adopter toutes affaires cessantes, et d’enseigner à nos enfants.

Doit-on alors considérer que ce grand barnum autour du CO2 n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau ?

Certainement pas.

Mais il faut probablement reconsidérer la stratégie d’approche en intégrant la réalité de l’économie mondiale, les aspirations des peuples aujourd’hui démunis, et intégrer la grande diversité des situations régionales.

Et surtout prendre conscience que la gestion énergétique d’une planète composée de plus de deux cent pays, à la démographie explosive et aux conditions d’existence extrêmement diverses est une affaire d’une ampleur extraordinaire qu’il serait puéril de vouloir résoudre en quelques décennies.

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 19:04

29 Avril 2013

La problématique de la transition énergétique comporte la nécessité d’effectuer des choix à partir desquels seront fixées les grandes orientations.

L’ensemble de la démarche repose sur deux piliers:

Le Nucléaire et les énergies renouvelables.

Les choix effectués dans ces deux domaines définiront la physionomie de la transition énergétique pour les trente prochaines années.

Les énergies renouvelables, qui sont essentiellement l’Eolien, le Solaire, et l’Hydraulique, fournissent leur production sous la forme d’électricité. Elles ont pour caractéristique principale d’être intermittentes. C’est évident pour les deux premières; pour l’hydraulique il suffit de se rappeler l’importance des conditions climatiques sur le remplissage des barrages.

Le nucléaire fournit également de l’électricité, mais possède en plus un énorme potentiel d’énergie calorifique aujourd’hui non utilisé, mais récupérable grâce à la cogénération, déjà mise en œuvre sur certaines centrales thermiques.

Le concept de transition énergétique a été initialement bâti sur la volonté de réduire les émissions de CO2 d’une part, et de préparer « l’après pétrole » d’autre part. Accessoirement, et au moins pour la France, acquérir l’indépendance énergétique.

Ces résultats peuvent être atteints grâce à deux stratégies différentes:

La première consiste à réduire drastiquement l’emploi des combustibles fossiles carbonés, et à les remplacer par des sources renouvelables éventuellement à carbone recyclable. C’est la voie des biocarburants (Biomasse en général) associés au Solaire, à l’Eolien et à l’Hydraulique, avec ou sans sortie du nucléaire.

La deuxième stratégie consiste à conserver les combustibles fossiles carbonés, en mettant en œuvre des procédés de CSC (Capture et Séquestration du Carbone) et en diversifiant les sources d’approvisionnement, éventuellement nouvelles.

(C’est la voie qui incorpore les gaz de schiste, que certains pays n’ont pas hésité à emprunter).

Cette deuxième stratégie étant complétée par un programme d’énergies nouvelles plus ou moins massif selon la sortie ou non du nucléaire.

Il existe évidemment une troisième voie, qui est un mix des deux autres, et qui permet de temporiser en gardant plusieurs fers au feu.

Quelle que soit la stratégie choisie, elle n’échappera pas à la nécessité de mettre en œuvre un programme de réduction de la consommation, qui est en quelque sorte, le tronc commun.

La France n’a pas encore défini ses choix pour la transition énergétique.

Un grand débat national a lieu actuellement sur le sujet et des décisions doivent être annoncées fin 2013.

La nécessité de définir cette stratégie aujourd’hui n’est pas juridiquement plus impérieuse que celle de réduire le déficit budgétaire en-dessous de 3%, ni celle de rembourser la dette nationale.

Certes il existe l’engagement du « facteur 4 », mais qui n’engage que celui qui veut bien y croire, comme dit la sagesse populaire.

Les Etats ne sont donc pas contraints et conservent la liberté de choisir leur feuille de route et leur calendrier.

Que fait la France ?

La stratégie avec un grand S n’étant pas encore fixée, seule a été actée la mise en œuvre du tronc commun, les économies d’énergie, le gisement d’économie le plus important étant le secteur Résidentiel-Tertiaire vers lequel sont appliquées les mesures incitatives pour l’efficacité énergétique, le programme de diagnostic de performances énergétiques, et la réglementation thermique RT 2012, que doivent respecter toutes les nouvelles constructions. L’objectif BBC (Bâtiment Basse Consommation) étant déjà fixé pour la prochaine décennie ( RT 2020).

Par ailleurs la mise en service programmée des compteurs « intelligents » permettra un lissage des pointes de consommation et une meilleure utilisation de l’énergie, réduisant ainsi le besoin en production de base.

Les modifications d’un parc de logements ne sont réalisables que sur la durée, quelques décennies seront nécessaires pour observer des résultats d’ensemble.

Cette très longue constante de temps justifie la mise en œuvre prioritaire du tronc commun visant la réduction des consommations.

On peut à cette occasion souligner une contradiction:

La règlementation RT2012 fixe une limite de consommation définie en termes d’énergie primaire, ce qui exclue d’emblée l’électricité.

En effet, lorsque le fuel ou le gaz sont utilisés en installation domestique, l’énergie finale ( utilisée) est égale à l’énergie primaire. Par contre si l’électricité est utilisée, l’énergie primaire comptée par la RT2012 et égale à 2,58 fois l’énergie utile.

Ceci pour tenir compte du rendement des centrales thermiques ou nucléaires qui sont utilisées pour produire l’électricité.

Un bâtiment qui consommera 50 Kwh/m2/an en fuel ou en gaz sera réputé en consommer 130 s’il utilise l’électricité, ce qui le rend non conforme à la règlementation alors qu’il s’agit du même bâtiment avec les mêmes performances thermiques.

Le législateur a donc volontairement exclu l’énergie électrique dans la transition vers des bâtiments basse consommation, en la rendant artificiellement non compétitive par rapport au fuel ou au gaz.

Nous aurons donc, dans dix ou vingt ans, un parc de bâtiments fonctionnant au fuel ou au gaz, alors que le but de la transition énergétique est justement de s’affranchir des énergies fossiles !!!

Le GIFAM ( Groupement Interprofessionnel des Fabricants d’équipements Ménagers) a déposé un recours auprès du Conseil d’Etat pour obtenir une modification de la RT 2012, mais sans succès jusqu’à présent sinon celui d’obtenir un délai de trois mois au cours duquel des discussions pourront être élargies au ministère de l’économie.

Tout n’est donc pas perdu et il n’est pas impossible que le bon sens triomphe finalement de l’obscurantisme.

Mais restons vigilants.

Par ailleurs, le prix public de l’électricité est artificiellement chargé de plusieurs taxes ( TCFE, CSPE ) dont le gaz est exempté, ce qui confirmerait la volonté des pouvoirs publics d’écarter l’électricité du secteur domestique résidentiel ?

Enfin est-il nécessaire de souligner que, si actuellement le coefficient 2,58 qui pénalise l’électricité peut se justifier dès lors qu’elle provient d’une centrale thermique, cela n’aura plus aucun sens lorsqu’elle sera fournie par de l’éolien, du solaire ou de l’hydraulique, ce qui est tout de même le but de la transition !

Mais il sera trop tard pour faire machine arrière, les bâtiments RT2012 et RT 2020 étant alors déjà équipés en Gaz ou en fuel.

( En 2011 la part du chauffage électrique dans le collectif est déjà tombée à 40% contre 70% encore en 2007).

On se demande alors pourquoi développer massivement une production d’électricité éolienne et/ou solaire si les principaux consommateurs d’énergie seront alimentés en gaz ou en fuel.

On comprend mieux dès lors le peu d’empressement mis par les pouvoirs publics à booster le développement de ces énergies nouvelles, et l’intérêt manifesté pour les gaz de schiste susceptibles de remplacer l’électricité dans les applications d’énergie du bâtiment.

Se pourrait-il que l’énergie de l’avenir soit le gaz de schiste, après tout le tintamarre fait autour du CO2 ?

Tout cela est très schizophrénique, n’est-il pas ?

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 10:38

Le gaz de schiste, coucou le revoilou.

25 Avril 2013

Quelques-uns en France ont pu croire un moment que l’affaire des gaz de schiste était enterrée, que les mises en garde contre cette nouvelle calamité avaient été entendues, comprises, et que désormais les pouvoirs publics respecteraient les recommandations des écologistes et renonceraient à exploiter ces réserves.

Ils ont pris leurs désirs pour des réalités (sur d’autres sujet aussi d’ailleurs, mais ceci est une autre histoire…).

Il y eu certes des engagements du Gouvernement (Loi du 13 Juillet 2011). Mais la lecture attentive du texte indique sans équivoque que seule l’exploitation par fracturation hydraulique est interdite. La porte est restée entrebâillée pour d’une part l’exploration à des fin d’inventaire des réserves, et d’autre part pour une exploitation utilisant une méthode préservant l’environnement.

Les unités de recherche et développement des industries énergétiques n’ont jamais cessé de travailler à la mise au point de cette fameuse méthode « écologique » qui rendrait acceptable le prélèvement du produit.

Lorsque l’on prend la juste mesure du problème énergétique d’un pays développé qui ne possède aucune ressource conventionnelle dans son sous-sol, on comprend dans le même temps qu’il est illusoire de croire qu’une éventuelle ressource nouvelle découverte sur le territoire pourrait demeurer inexploitée bien longtemps. On peut le déplorer au nom de principes écologiques parfaitement respectables, mais il est fort peu probable que ces principes suffisent à freiner la fringale de notre société de consommation, dont la fièvre énergétique se maintient à un niveau élevé malgré les exhortations en faveur d’une modération des gaspillages.

C’est ainsi que pendant que les deux chambres amusent la galerie avec des sujets dont l’urgence a échappé à beaucoup d’entre nous, les parlementaires s’intéressent discrètement aux choses sérieuses, et entre autres aux gaz de schiste ( pudiquement appelés dorénavant « Gaz non conventionnels » ).

L’OPECST , Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Techniques, créé en 1983, est un organisme paritaire comprenant 18 Députés et 18 Sénateurs, en principe de tous horizons politiques, et chargé de l’information du Parlement sur les sujets destinés à être débattus en séances, pour « éclairer » leurs décisions.

Cette honorable institution a initié récemment un rapport sur les gaz de schiste:

"Techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels"

Le rapport final est prévu pour l’Automne 2013.

Cet exposé préliminaire laisse transparaître la volonté de ne pas passer à côté d’une opportunité pour notre Pays, mais aussi de prendre en compte les aspects environnementaux, que personne ne songe à négliger.

Certains auraient préféré voir le problème enterré au nom du principe de précaution. Il semble que le principe de survie énergétique soit au moins aussi fort. Il en sera ainsi tant que les consommateurs et les industriels n’auront pas apporté la preuve qu’ils peuvent réduire drastiquement leurs besoins d’énergie.

Notre société peut être comparée à un homme en train de se noyer; il lui suffit de sortir la tête de l’eau pour pouvoir respirer, seulement cet air est pollué. Que croyez-vous qu’il fera ? Il choisira de survivre, tout en sachant que la pollution le tuera à petit feu.

Aucun principe ne tient devant l’instinct de survie…

On trouvera ci-dessous le lien vers le document exposant les motivations de cette étude.

http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-oecst/faisabilite_hydrocarbures_non_conventionnels.pdf

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 15:43

23 Avril 2013

En France un impôt ne saurait être « républicain » sans ménager un certain nombre de niches destinées à abriter des cohortes de « non assujettis ».

Ces niches vont de la simple réduction d’un taux d’imposition jusqu’à l’exemption totale en passant par les abattements spéciaux et les crédits d’impôt, voire même les remises « gracieuses » . Leur efficacité est démultipliée par de savants mécanismes de calcul de l’assiette.

Il existe ainsi une pyramide de niches permettant à chaque contribuable de trouver son bonheur en mettant une part de ses gains à l’abri des convoitises du percepteur. Ces « exceptions culturelles » font partie de l’ « acquis social » et structurent la sphère économique.

Autant il est facile de créer une nouvelle niche, autant tenter d’en supprimer une est une entreprise souvent insurmontable, tentative ressentie par la corporation visée comme une atteinte à la liberté d’entreprendre.

Les carburants n’échappent pas à la règle.

Dans les années soixante l’Etat choisit de favoriser les utilisateurs de gazole en créant une niche fiscale sur la taxation de ce carburant.

Cet avantage, joint à la consommation réduite des moteurs Diesel et à leur grande réputation de robustesse, à conduit à la situation actuelle, renforcée ces dernières années par la lutte contre le CO2.

C’est ainsi qu’autrefois réservé aux poids lourds et aux taxis, le diesel s’est répandu chez Monsieur tout le monde au point de représenter aujourd’hui plus de 70% des ventes de voitures neuves et 60% du parc existant.

Ce déséquilibre n’a pas été accompagné par une restructuration adéquate des moyens de raffinage, et nos raffineries produisent trop d’essence et pas assez de gazole, qu’il faut acheter à l’étranger.

Le tapage médiatique orchestré autour le la lutte contre le CO2 a conforté les constructeurs français dans leur choix du tout Diesel, ce procédé étant plus performant sur ce point que les moteurs classiques à essence. Ce faisant, ils ont négligé le problème des particules émises en abondance par la combustion du gazole. L’introduction récente des filtres à particules n’apporte pas une réponse satisfaisante puisque ce procédé n’arrête pas les nanoparticules, qui sont précisément les plus nocives.

Le caractère cancérogène de ces émissions ayant été confirmé par l’OMS, et la Commission Européenne ayant placé la France en accusation à cause des dépassements fréquents des taux de pollution urbains, il n’est plus possible d’ignorer la situation. Le Gouvernement est tenu de mettre en œuvre des mesures correctrices visant à garantir à nos citadins la jouissance d’une atmosphère conforme aux bonnes mœurs.

L’accusé étant le Diesel, il semble évident que la solution réside dans l’interdiction d’icelui dans les centres-villes, solution déjà adoptée par certaines communautés urbaines, hors de France faut-il le préciser.

Un projet similaire fut donc mis sur pied en France, baptisé ZAPA du nom des zones urbaines désignées pour expérimenter la chose. Il s’agissait d’éliminer des centres-villes les véhicules les plus polluants. On sait ce qu’il advint de cette idée, le projet dût être abandonné à cause de son caractère jugé discriminatoire.

Faute de pouvoir repousser le Diesel au-delà des boulevards périphériques, le Gouvernement s’est avisé que, la situation actuelle étant le résultat d’une niche fiscale malencontreuse, il suffisait de supprimer cette niche pour retrouver une situation plus raisonnable, et faire d’une pierre deux coups en récupérant une manne fiscale conséquente.

La TICPE est une formidable pompe à phynances.

Tout ce qui circule sur les routes avec un moteur thermique est redevable de la TICPE. Son montant approximatif est de 63 centimes/Litre pour l’essence et 43 centimes pour le gazole.

Les seuls qui y échappent sont les transports fluviaux et aériens, la navigation maritime et la pêche, plus quelques autres peu nombreux.

Un remboursement partiel de cette taxe est accordé pour les transports routiers de marchandises, les transports en commun de voyageurs, et les taxis. Ils peuvent déduire environ 4 à 5 euros par hectolitre sur une taxe de 43 centimes environ sur le gazole, soit 10% de remise grosso modo.

La consommation de gazole en France s’élève à 35 millions de tonnes/an, soit environ 50 Milliards de litres.

80% sont assujettis à la TICPE, ce qui rapporte au trésor la modeste somme de 16 Milliards d’euros par an ( 40 centimes/l, remise éventuelle comprise).

L’alignement de la taxation du gazole sur celle de l’essence rapporterait donc 8 Milliards/an en supplément de rentrée fiscale.

Opération bien tentante en ces périodes de disette budgétaire.

Cette affaire de pollution citadine pourrait bien être le prétexte vertueux évoqué pour justifier la confiscation de ce pactole.

Mais les « assujettis » ne se laisseront pas plumer sans réagir. Les transporteurs routiers, les entreprises de transport en commun de voyageurs, et les taxis, possèdent des moyens dissuasifs de faire entendre leur voix, ils l’ont montré dans le passé.

Il est donc probable que seuls les particuliers seront invités à mettre la main à la poche.

Il y a en France 19 millions de véhicules particuliers motorisés en Diesel.

A raison de 20 000 km/an et 6L/100, ils consomment 23 Milliards de litres par an. Il y a donc 4,6 milliards d’euros à récupérer chaque année en alignant le prix du gazole sur celui du super.

Chaque automobiliste diésélisé se verra donc ponctionné en moyenne de 240 euros par an.

Il n’est pas sûr que cela suffise à motiver un abandon du diésel au profit de l’essence, car les avantages réels ou supposés du premier subsisteront: consommation plus faible, robustesse et longévité, et surtout moins de CO2 c’est-à-dire plus de bonus écologique.

Ce dernier point prendra tout son intérêt si, par hasard, les ZAPA reviennent à l’ordre du jour. Les Diésels équipés de filtres à particules conformes à la norme Euro 6, seront autorisés à rouler en centre ville !

Par ailleurs on peut s’attendre à un geste de la part des constructeurs pour effacer l’effet de la surtaxe en « aménageant » l’avantage client.

Geste qui n’aura d’effet que sur les véhicules neufs. Les possesseurs de véhicules d’occasion ressentiront la surtaxe comme un racket et s’estimeront piégés, à juste titre. Non seulement ils paieront la surtaxe mais en plus ils seront interdits de centres villes !

Cette mesure pourra cependant avoir des effets positifs si l’argent ainsi récolté est consacré pour partie au financement du basculement du diesel vers la motorisation électrique, et pour une autre partie au développement des énergies nouvelles, pour limiter les augmentations des tarifs publics de l’électricité et du gaz.

Par contre si l’argent est utilisé pour financer les dépenses de fonctionnement de l’Etat, la mesure n’aura pour effet que de provoquer une baisse des autres dépenses de consommation, donc une chute de l’activité économique.

Et de la cote de popularité du Gouvernement…

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 10:08
 
19 Avril 2013
 
Rappelons que le Gouvernement a lancé en Janvier 2013, dans une relative discrétion, un « Grand débat national sur la transition énergétique ».
 
Passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables est une révolution à la fois économique, sociale, financière, structurale, dont la population n’a pas nécessairement encore pris toute la mesure. Il était donc indispensable d’entreprendre une vaste campagne d’information afin de préparer les esprits aux bouleversements qui ne manqueront pas de survenir au cours de cette mutation.
 
C’est le but premier de ce grand débat auquel la population est conviée soit à l’occasion de réunions publiques, soit directement sur un site internet où chacun peut laisser sa contribution.
 
Dans ce débat, il s’agit en fait d’offrir au public l’occasion de comprendre les enjeux de cette stratégie, et d’expliquer en quoi le citoyen peut être directement concerné.
 
Ce sera également un baromètre d’opinion qui permettra d’évaluer l’acceptabilité de tel ou tel choix en regard des retombées environnementales, de la lutte contre le CO2, et surtout des risques de santé publique, notamment pour le Nucléaire et les gaz de schiste, mais aussi pour l’éolien.
 
Pour élaborer sa stratégie, le Gouvernement s’appuie sur les compétences de l’ « Académie des technologies ( AT) ».
 
Cette honorable institution a été fondée en 2 000, et remplace l’ancien «Conseil de Applications de l’Académie des Sciences ( CADAS) ».
 
En 2007, l’AT est devenue Etablissement Public à Caractère Administratif, officiellement chargée d’un rôle de conseil auprès du Gouvernement.
 
Elle comprend 277 membres actifs recrutés par cooptation.
 
L’AT est participant dans l’EURO-CASE, fédération Européenne de 21 Académies des technologies, qui regroupe 6 000 experts.
 
Gérard Roucairol en assure la direction pour la France.
 
Concernant la stratégie énergétique l’AT présentera ses travaux en trois volets:
 
- 1er volet: Etude des données techniques du problème.
 
- 2è volet: Etude des coûts et des investissements.
 
- 3è volet: Choix des priorités politiques.
 
Le rapport sur le premier volet est paru le 13 mars 2013. Il est disponible sur le site de l’AT.
 
Les autres rapports suivront en cours d’année.
 
Cet organisme se défend de vouloir imposer ses choix, mais on peut penser que ses contributions seront considérées avec le plus grand sérieux.
 
La clé de voute de la stratégie énergétique est bien sûr le nucléaire, eu égard à sa participation prépondérante ( 75%) dans le mix électrique français.
 
L’Académie des Technologies a sur ce sujet une position claire, comme en témoignent les extraits suivants:
 
« … Pour la production d’électricité, le parc actuel de centrales nucléaires restera disponible, quitte à être moins utilisé.
 
…La place stratégique le l’industrie nucléaire en France, l’important potentiel de marché à l’exportation, et la prise en compte à long terme d’une situation d’ « après pétrole » , doivent continuer à maintenir et développer les compétences françaises dans ce domaine. Deux grands axes doivent être privilégiés:
 
1- La définition et la mise au point d’une offre de plusieurs produits disponibles à court terme, de différents niveaux de puissance. Ils doivent satisfaire un haut niveau de sureté, tel que celui pris en compte dans la conception de l’EPR….
 
2- Le développement d’une technologie plus avancée, permettant de brûler les produits de transmutation à très longue vie ( Génération IV)...
 
…. L’EPR de Flamanville, de 1,650 GW, remplacera les 2 x 0,9 GW de Fessenheim I et II lorsque ces réacteurs seront arrêtés. »
 
Fin de citation.
 
L’AT prévoit une puissance nucléaire installée de 63 GW en 2025, soit la même qu’aujourd’hui.
 
S’il subsistait encore un doute sur les intentions de l’establishment scientifique en matière de nucléaire, ce doute est ici levé sans ambigüité.
 
Globalement les hypothèses de l’AT prévoient une baisse de la demande énergétique de 15% environ en 2025, la demande électrique restant stable.
 
La baisse se produirait donc sur les énergies fossiles, secteurs du chauffage et des transports.
 
Le tableau suivant récapitule le mix énergétique électrique prévu par l’AT en 2025.
Mix-electrique-selon-AT.png
 
 
 
 
Actuellement le nucléaire fournit 75% de la demande électrique.
 
En 2025, la production des énergies nouvelles servira d’abord à réduire les importations d’énergies fossiles, puis à réduire la part du nucléaire dans la mesure où l’intermittence du solaire et de l’éolien le permettront.
 
A cause de cette intermittence il est nécessaire de conserver des capacités de production traditionnelles importantes pour satisfaire les pointes de consommation sans recourir exagérément aux importations d’électricité.
 
Ce premier rapport de l’Académie des Technologies est purement technique. Il décrit la situation actuelle et la projette en 2025 sans anticiper sur une éventuelle rupture technologique qui pourrait résulter par exemple d’une décision politique de sortie du nucléaire.
 
Le 2è volet portera sur l’analyse des coûts de production et des investissements.
 
Ce document de travail permettra alors au Gouvernement de prendre ses décisions en recherchant un équilibre entre d’une part les impératifs techniques et économiques, et d’autre part les attentes de l’opinion en matière de santé publique et de protection de l’environnement.
 
 
 
 
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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 18:29
 
15 Avril 2013
Depuis déjà une bonne décennie les responsables politiques affichent une stratégie énergétique prônant la sobriété.
Dans ce but l’opinion publique est maintenue sous la menace d’un faisceau de calamités et l’usager subit une stratégie de culpabilisation visant à lui imposer un comportement énergétiquement vertueux.
La fibre écologique est sollicitée par un appel à lutter contre le réchauffement climatique et la pollution de l’environnement. Tous nos gestes sont désormais évalués en terme de CO2 émis.
La fibre Nationale est sensibilisée par les exhortations en faveur de l’indépendance énergétique, discours déjà entendu il y a un demi siècle de la part d’un certain Général pour justifier le choix du nucléaire.
Le sentiment de peur est entretenu par la menace d’un prochain épuisement des réserves pétrolières.
Le consommateur se voit prévenu d’une perspective de hausse constante du prix de l’énergie et des taxes associées, et le citoyen vit dans la crainte savamment attisée d’une tarification progressive assortie d’un bonus malus, voir même de quotas.
On aurait pu penser que, dans un environnement aussi oppressant, la consommation d’énergie aurait marqué un certain recul.
Le graphique suivant montre qu’il n’en est rien.
 evolution-conso-energie-finale-par-secteur
Depuis dix ans la consommation finale est restée stable autour de 160 Mtep, et la consommation du secteur résidentiel-tertiaire a même augmenté de 8%.
Certes il y a eu des progrès dans divers domaines comme la consommation des véhicules, l’isolation des bâtiments, l’amélioration des rendements des appareils, les techniques nouvelles comme les éclairages basse consommation, et bien sûr l’arrivée des énergies nouvelles …
Mais ces progrès ont été masqués par la croissance de la demande liée à l’augmentation de la population d’une part, et au déploiement du secteur audio visuel, informatique, et au développement de l’économie numérique et des communications d’autre part.
L’examen du graphique montre que la crise de 2008 s’est traduite par l’amorce d’une baisse importante de consommation, correspondant à une chute de l’activité économique. Ce moyen de faire baisser la consommation n’est évidemment pas à conseiller, faut-il le préciser ?
Face à un tel état des lieux, une stratégie énergétique réaliste doit donc s’appuyer sur l’hypothèse d’une consommation durablement stable, tout au moins tant que les consommateurs n’apporteront pas la preuve qu’ils sont capables globalement de réduire leur demande.
Cette confrontation de la fiction d’une sobriété énergétique planifiée avec la réalité du terrain est une leçon d’économie pratique dont il faut tenir compte avant de décider des grandes options de l’avenir.
Ce pragmatisme incontournable implique notamment qu’il ne sera possible de réduire le recours aux énergies traditionnelles qu’à la condition que les énergies nouvelles soient prêtes à prendre le relais.
A moins que les consommateurs n’apportent la preuve qu’ils sont capables de réduire fortement leur demande, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent.
Le projet de mise en œuvre de mesures coercitives, telles que la tarification progressive de l’énergie avec bonus-malus, est très impopulaire et comporte un volet social difficilement gérable, surtout en période de récession économique. De plus il n’est applicable qu’aux énergies de réseaux, ce qui dispense les transports, gros consommateurs, et les autres énergies comme le bois et le fuel domestique.
Il est donc vraisemblable que la première phase de la stratégie de transition énergétique (Horizon 2020-2025) sera définie dans une perspective de stabilité de la demande, voire même d’une certaine augmentation.
Elle reposera sur deux axes principaux:
Renforcement des mesures incitatives, voire coercitives, en faveur des économies d’énergie, afin de compenser au moins l’augmentation naturelle de la demande qui résultera de l’accroissement de la population et d’une éventuelle reprise économique.
Relance du programme de développement des énergies renouvelables, en évitant d’en faire une activité subventionnée, ce qui ne serait pas supportable sur le long terme.
Au cours de cette première phase il sera procédé à une modernisation des installations de production conventionnelles, comme la généralisation de la cogénération.
La structure du réseau de distribution sera adaptée d’une part pour permettre l’interfaçage avec les installations de production des énergies nouvelles, caractérisées par la dissémination et l’intermittence, et d’autre part pour mettre en œuvre le réseau intelligent (Smart Grid) permettant un meilleur contrôle des pics de consommation.
Par ailleurs des technologies nouvelles seront utilisées pour le transport de l’énergie électrique, comme l’utilisation du courant continu, afin de réduire les pertes en ligne.
Le programme nucléaire reste la grande inconnue de cette stratégie.
Sa poursuite ou son abandon restent très dépendants du climat politique et de l’opinion qui demeure sous le choc de la catastrophe de Fukushima.
Le nucléaire fournit environ 12,5% de l’électricité mondiale.
La France est un cas particulier avec près de 80% des besoins électriques couverts par 59 réacteurs.
Un telle prépondérance ne se raye pas d’un trait de plume.
Une stratégie de retrait ne serait applicable que sur un durée suffisamment longue pour laisser aux énergies de remplacement le temps de prendre la relève. Ce basculement s’effectuerait progressivement et ne serait probablement pas achevé avant 2030.
On peut espérer une décision à l’issu du grand débat national, au moins sur le principe du maintient ou du retrait. Il ne serait pas sain que le pays demeure dans l’incertitude sur les grands choix énergétiques.
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