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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 11:49

20 Mars 2014

Le progrès technique a pu s’accomplir grâce à l’utilisation massive de l’énergie. Ce fluide mystérieux est devenu le sang de nos sociétés développées dont la survie est dès lors conditionnée par une consommation colossale et continue de différents produits porteurs de ce fameux « potentiel d’action ».

Disposer d’un fort potentiel énergétique est pour un pays moderne la condition de sa survie économique, mais aussi stratégique. Aussi, afin d’éviter des conflits géopolitiques à la moindre pénurie, L’AIE ( Agence International de l’Energie) impose aux pays adhérents la constitution de stocks de sécurité pétroliers. La France, qui en fait partie, doit ainsi constituer une réserve de sécurité supérieure à 90 jours de consommation. Elle possède un stock de 26 Milliards de m3 de Gaz naturel, et 17 millions de tonnes de pétrole, contenus dans des réserves souterraines.

( Nous consommons chaque année environ 30 millions de mètres cubes de carburants rien que pour nos voitures particulières).

La plus grande partie de l’énergie utilisée provient actuellement du couple Pétrole-Gaz naturel, le reste étant fourni par la biomasse (bois énergie), un peu de Charbon, le Nucléaire et l’Hydraulique sous forme d’électricité, et quelques sources renouvelables

. L’épuisement des sources fossiles, maintes fois annoncé comme imminent et chaque fois reporté à une date ultérieure, finira bien par se produire un jour.

Du Charbon, du pétrole, du Gaz Naturel, lequel disparaîtra le premier ?

Le scénario le plus récent prévoit d’abord la raréfaction du pétrole, avec comme on l’imagine des tensions croissantes sur les prix et peut-être des conflits pour s’approprier les dernières ressources, et ceci avant la fin de ce siècle.

Le Gaz Naturel a vu son agonie prolongée grâce à l’entrée en scène récente des Gaz de schiste. Il se pourrait qu’il soit disponible pour un siècle supplémentaire, tout dépendra de la consommation annuelle mondiale et de la compétence des prévisionnistes, ils se sont trompés si souvent...

Quant au Charbon et autres produits assimilés, personne ne se risque à avancer une date pour leur extinction, tant leur abondance est encore grande.

Selon ce scénario c’est donc le pétrole qui nous quittera en premier, d’où l’intérêt des réserves stratégiques imposées par l’AIE sur les produits pétroliers. Lesquelles réserves deviendront de plus en plus « stratégiques » lorsque s’approchera la date fatidique.

Au XXIIè siècle, tout en conservant les réserves stratégiques pour les dernières gouttes de pétrole, il faudra constituer des réserves de Gaz Naturel pour parer à sa future raréfaction. Aujourd’hui la France stocke déjà les deux produits, ce qui est une sage précaution eu égard à l’absence de l’un et de l’autre dans notre sous-sol.

( Il paraît que des gaz de schiste seraient présents en abondance, qui permettraient de refaire le coup du gaz de Lacq, en mieux, mais c’est un sujet tabou ).

Bien sûr, dans un monde où les énergies fossiles auront disparu, ces réserves stratégiques n’auront plus lieu d’être, rendez-vous au XXIIIè siècle.

Entre temps les énergies nouvelles auront pris leur place, c’est du moins le scénario du prochain film, qui peine à trouver un réalisateur et surtout des commanditaires.

La montée en puissance de ces nouvelles sources est difficilement programmable, elle dépendra en premier lieu du calendrier d’épuisement des sources fossiles, lequel n’est pas connu avec précision.

En second lieu interviendra la volonté politique de lutter efficacement contre les émissions de CO2, et en troisième lieu la décision de poursuivre ou non la production d’électricité nucléaire.

En quatrième lieu il faudra tenir compte de notre capacité à gérer ou non l’intermittence du solaire et de l’éolien, laquelle est un obstacle majeur.

Et bien sûr quelques autres problèmes « mineurs » devront être surmontés, comme la nécessité de réduire drastiquement notre consommation d’énergie, l’adaptation aux nouvelles formes d’énergie, la gestion des réseaux, l’évolution acceptable du prix de l’énergie, etc….

Dans le futur mix énergétique, le solaire et l’éolien sont appelés à jouer un rôle important car ces sources sont les seules dont les réserves sont quasiment illimitées.

La valorisation des déchets sous forme de Biogaz est limitée par le volume des déchets produits, lesquels sont plutôt prévus à la baisse dans un monde écologiquement correct.

Les biogaz et biocarburants de cultures spécifiques sont également limités par la nécessité de ne pas empiéter sur les cultures alimentaires.

L’Hydraulique est déjà exploitée à son maximum, son extension prévisible est limitée, bien que techniquement faisable.

Le bois énergie est séduisant mais le risque de déforestation est grand.

Il faudra donc faire largement appel au solaire et à l’éolien, et donc gérer le problème de l’intermittence de ces sources.

Ce problème d’intermittence, très largement sous-évalué aujourd’hui, implique la nécessité de stocker des quantités considérables d’énergie pour pallier les baisses de production en cas d’absence prolongée de vent et/ou d’ensoleillement. Il faut donc constituer un stock technique qui viendra s’ajouter aux réserves stratégiques précédemment citées.

L’importance de ces « réserves techniques » supplémentaires sera proportionnelle à la part de l’éolien et du solaire dans le mix énergétique, et dépendra des estimations météorologiques permettant d’établir le facteur de risque de baisse de production. De belles joutes en perspective…

Ce problème de l’intermittence du Solaire et de l’Eolien est donc majeur, et il n’a évidemment pas échappé aux grands acteurs industriels de l’énergie, qui voudraient bien continuer dans le nucléaire puisque ce procédé cumule au moins trois des vertus préconisées pour la transition:

- Il ne pose pas de problème d’intermittence.

- Il n’émet pas de CO2.

- Il incorpore ses propres réserves de sécurité puisque chaque réacteur peut fonctionner dix-huit mois avec sa charge de combustible.

Ses laudateurs ne manquent pas d’ajouter qu’il possède un grand potentiel d’amélioration notamment en sécurité et en réserve de marche.

Mais hélas les catastrophes récentes ont démontré son pouvoir de nuisance et le procédé en lui-même est rejeté par les populations, avec une probabilité non négligeable d’être abandonné, comme en Allemagne.

Nous n’échapperons donc pas à la nécessité de mettre en place ces stocks techniques de compensation d’intermittence, qui viendront s’ajouter aux réserves de sécurité stratégiques.

Que peut-on stocker quand on n’a plus ni pétrole ni Gaz naturel ?

Pas de l’électricité, qui n’est stockable qu’en faibles quantités.

Pas de l’eau dans les barrages, ils sont déjà utilisés pour réguler les pics de consommation et il n’y a plus de place pour en construire d’autres.

Pas du bois, qui ne se prête pas à une distribution par un réseau.

Reste du gaz et des Biocarburants.

Le gaz utilisé pourra être un mix de Biogaz et d’Hydrogène. La filière Hydrogène permet en effet de stocker l’électricité éolienne ou solaire sous forme de gaz combustible obtenu par électrolyse et injecté dans le système de stockage existant connecté au réseau de distribution.

Le réseau de distribution de gaz véhiculerait alors un mélange de biogaz et d’Hydrogène. Dès aujourd’hui l’injection de biogaz dans le réseau est autorisée, et les essais de validation d’injection d’Hydrogène sont en cours.

C’est ce mix gazeux qui servira à constituer une partie de la réserve stratégique et technique de compensation d’intermittence.

L’autre partie pouvant être constituée de Biocarburants, en proportion de leur part dans le mix énergétique global. Tout dépendra de l’importance relative de l’électrification des transports à cette époque.

Durant les périodes de déficit de vent et/ou d’ensoleillement l’électricité sera produite à partir du stock technique et grâce à des centrales à Gaz à cogénération.

On voit que la transition énergétique ne consiste pas « simplement » à fermer des centrales nucléaires et planter des éoliennes partout, mais que ce tour de passe-passe ne peut réussir que si, derrière le décor, un très gros travail d’adaptation est réalisé.

En particulier il ne faut pas s’offusquer de voir EDF investir dans des centrales à Gaz, alors qu’on s’attendrait plutôt à voir pousser des éoliennes.

Il faudra se faire à l’idée que derrière un parc éolien ou solaire il y aura nécessairement une centrale à gaz…

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 10:45

15 Mars 2014

La marche vers les énergies nouvelles se révèle de plus en plus sous son vrai jour, un véritable parcours du combattant semé d’embûches, de fausses pistes, d’impasses, et de retour à la case prison.

L’enthousiasme des écologistes a pu faire croire un moment que la révolution énergétique était à portée de main et que seuls quelques politiciens de droite mal intentionnés et corrompus refusaient au peuple l’accès à un monde plus juste, plus propre et respectueux de l’environnement.

Le changement de majorité a mis en évidence la faiblesse de ce préjugé puisque quasiment deux ans se sont écoulés sans voir la moindre décision concernant une réorientation de notre politique énergétique vers la Terre promise des lendemains radieux et respectueux de l’environnement.

De cette incapacité à agir on peut penser soit que le Gouvernement, quel qu’il soit, est sans pouvoir réel dans le domaine énergétique, soit que le problème est d’une telle complexité qu’il faut y réfléchir à deux fois avant d’y aller à la hussarde au risque d’agir comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

On peut également penser tout simplement que nos décideurs, quelle que soit leur obédience, estiment qu’il n’y a pas le feu au lac, que les choses peuvent aller leur train et que les solutions apparaîtront d’elles-mêmes le moment venu, c’est-à-dire lorsque les tensions sur le marché des énergies fossiles deviendront insupportables, ce qui ne se produira pas avant le milieu du siècle si l’on en croit les spécialistes de la spécialité.

Certains augures prophétisent de grands bouleversements sociaux- économiques en cas de transition énergétique trop brutale et mal maîtrisée. Aux inconvénients d’un changement climatique, éventuellement gérables, viendrait alors s’ajouter une catastrophe économique, une sorte de sur-accident dont les dégâts outrepasseraient ceux occasionnés par un réchauffement de deux ou trois degrés.

Ces considérations, et bien d’autres, expliquent en partie les comportements schizophréniques observés ici et là. Alors que certains tirent à hue en misant sur le tout éolien, d’autres tirent à dia en exploitant les gaz de schiste.

En France le secteur énergétique le plus sensible est l’électricité en raison de son rapport au nucléaire, bénéfique de par son absence d’émissions de CO2, mais maléfique par les risques qu’il fait courir aux populations présentes et futures.

Le remplacement du nucléaire par des énergies propres et durables est considéré comme la première urgence par la mouvance écologiste.

Aujourd’hui nous consommons 480 TWh d’électricité, dont les trois quarts sont d’origine nucléaire.

C’est une quantité d’énergie énorme. Elle représente par exemple la production de 27 000 grosses éoliennes offshore de 6 MW.

On pourrait théoriquement produire cette énergie avec des éoliennes et des panneaux solaires, mais au prix d’une emprise foncière, de problèmes d’acceptabilité et de dégradations de l’environnement tels que le prévisionniste le plus endurci est saisi d’un profond découragement.

Il est donc admis que le remplacement du nucléaire par des renouvelables nécessitera une sérieuse cure de minceur pour ramener notre consommation à un niveau plus raisonnable. Le « raisonnable» en question restant assez vague, comme d’ailleurs l’éventuelle répartition entre énergie de réseau et énergie fabriquée par le particulier ou les petites collectivités.

Dans un futur où la sobriété sera de mise, l’électricité de réseau sera réservée aux applications dites spécifiques.

Notamment seront exclus du réseau électrique le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, et toutes autres applications pouvant être réalisées avec d’autres énergies.

Ces « autres énergies » proposées sont en général le Gaz de réseau, mais également le bois, la Géothermie, le Solaire thermique. L’usager pourra toujours fabriquer lui-même l’électricité supplémentaire dont il estimera avoir besoin, grâce au Solaire photovoltaïque, au petit éolien, ou à tout autre procédé comme une chaudière à cogénération.

Les promoteurs de ce nouveau panorama énergétique ne précisent pas le sort qui sera réservé à la voiture électrique, pourtant présentée comme modèle écologique, tout en étant grosse consommatrice d’électricité.

Cette restriction imposée de la fourniture électrique se traduira par un report de la demande sur le Gaz, à condition bien entendu qu’il existe encore un réseau national de distribution de gaz ! En effet la fin du gaz d’origine fossile pourrait bien se traduire par la disparition du réseau faute de produit à distribuer.

Il y a deux sortes de Gaz:

- Le Gaz dit naturel, produit fossile non renouvelable, disponible sur le marché international pour un coût encore modique. Ce produit est en principe frappé d’ostracisme puisqu’il émet du CO2 et qu’il est non renouvelable.

Nous n’en possédons pas en France, nous en importons l’équivalent de 550 TWh, dont environ 80 TWh fournis pas notre « ex-ami » Vladimir.

Une version moderne de ce gaz naturel est apparue récemment sous le nom d’ « Hydrocarbures de roche mère », ou encore « gaz de schiste » , ou encore « Shale gas » , rebaptisé « Sale gaz » par les mauvaises langues. Ce produit jouit d’une réputation détestable qui le fait rejeter énergiquement pas les écologistes, non sans raisons valables.

- L’autre gaz est le Biogaz, renouvelable et à Carbone recyclable, le seul en odeur de sainteté. Issu de la valorisation des déchets, il est constitué surtout de Méthane.

L’ADEME a fourni en 2013 un rapport d’étude faisant le point des disponibilités futures en Biogaz pour la France. Selon cette étude les ressources mobilisables en 2030 seront de 56 TWh.

Les ressources mobilisables de Biogaz ne sont pas extensibles à l’infini car elles entrent en concurrence avec d’autres productions renouvelables comme les Biocarburants, et sont déjà utilisées en grande partie par l’agriculture pour amender les sols, comme les lisiers. Il ne serait pas acceptable de remplacer ces engrais naturels par des engrais chimiques au prétexte de fabriquer du Biogaz.

Comparée à la consommation de Gaz actuelle de 550 TWh, ce potentiel de 56 TWh met en évidence un hiatus.

Il y a simplement un rapport 10 entre l’offre et la demande.

C’est exactement la mesure de l’effort de sobriété que nous devrons fournir pour renoncer au Gaz naturel fossile.

Or que constatons-nous ?

Depuis dix ans notre consommation d’énergie électrique demeure à peu près stable à hauteur de 480 TWh. Il n’y a aucun signe apparent d’une tendance de fond à une réduction de la demande.

Pour le Gaz la situation est comparable, une consommation stable depuis 2000 autour de 500 TWh, sans tendance à la décrue.

On pourrait en dire autant pour la consommation de carburant qui se maintient à 29 Millions de mètres cubes pour nos voitures particulières.

Notre capacité à réduire notre consommation n’a donc pas été démontrée.

Or toutes les évaluations énergétiques pour une transition vers les sources renouvelables postulent comme préalable une réduction très significative de la demande.

Par exemple le scénario Négawatt est fondé sur une réduction de 66% de la demande en énergie primaire.

Tant que la tendance à une réduction de la demande n’apparaît pas dans nos résultats, le développement des énergies nouvelles ne peut que rester relativement marginal.

L’essentiel de la transition consistera donc à apporter la preuve que le préalable de sobriété énergétique peut être levé.

Quels peuvent être les leviers permettant d’obtenir ce résultat ?

Les exhortations ont montré leur inefficacité.

Certes des progrès ont été réalisés dans l’efficacité énergétique des appareils consommateurs, dans l’isolation thermique des bâtiments, dans la chasse à l’énergie grise, mais ces progrès sont contrecarrés par l’augmentation naturelle de la demande liée à l’accroissement de la population, du nombre de ménages, et du niveau de confort.

Edicter des règlementations thermiques des bâtiments ne suffit pas à faire surgir les moyens financiers pour réaliser les travaux.

La crise permanente du logement impose un habitat toujours plus éloigné des sites d’emplois.

La civilisation des loisirs crée sans cesse de nouveaux besoins énergivores.

Le manque de maillage des réseaux de transport collectif impose l’usage intensif de la voiture.

Le développement des transports aériens « low cost » remplit les avions vers des destinations très énergivores.

L’usage de la voiture peine à se rationaliser, le covoiturage est encore très minoritaire, la location trop onéreuse.

Le ferroutage reste encore un vœux pieux et le transport des marchandises pourrait être rationalisé.

Des habitudes ont été prises, voire encouragées, qu’il sera très difficile de changer pour des comportements plus sobres énergétiquement. Les initiatives locales et/ou individuelles remarquables restent minoritaires et ne sont pas représentatives des comportements généraux qui demeurent fondés sur un usage débridé de l’énergie.

L’accueil réservé au projet de tarification progressive montre bien que les esprits ne sont pas préparés à accepter quelque restriction que ce soit.

Or les énergies renouvelables ne peuvent être efficaces que si les utilisateurs acceptent d’adopter un comportement responsable et vertueux. En particulier elles comportent par essence la nécessité d’adapter la demande à l’offre, alors qu’aujourd’hui c’est l’offre qui s’adapte à la demande.

La levée de boucliers contre le nouveau compteur d’électricité Linky traduit le refus d’une majorité d’usagers d’accepter ce qui peut ressembler à une contrainte, même si c’est dans l’intérêt général.

Nous continuons d'attendre du Gouvernement l’initiative de la transition énergétique, alors que celle-ci ne peut être initiée que par nos propres changements de comportements. Comment dissiper ce malentendu ?

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 19:10

~~7 Mars 2014

Enfin approche le grand jour qui verra dévoilée la stratégie pour la transition énergétique. Chacun espère, non pas un miracle, mais une sortie du tunnel de l’attente qui permettra de savoir à quelle sauce nous allons être mangés.

S’agissant d’une transition, il y sera fortement question d’énergies nouvelles, le contraire ne serait pas accepté.

Tout le monde connaît la liste des prétendantes, des plus nobles comme le solaire et l’éolien, jusqu’aux presqu’inavouables comme la valorisation des déjections animales, lesquelles ne sont qu’un retour aux sources puisque nos ancêtres proches utilisaient déjà les bouses pour faire du feu.

Un programme d’énergies renouvelable ne pourra pas échapper à un important volet éolien.

La France possède déjà un parc éolien terrestre de 4 000 machines dont la production a atteint 15 TWh en 2012, soit 3% de la consommation d’électricité. C’est encore modeste mais ce n’est qu’un début.

Une augmentation significative de ce secteur implique le développement de parcs offshore. En mer il est possible d’installer des machines très puissantes (6 MW et plus) et le vent y est plus fort et plus régulier, permettant un facteur de charge plus important.

On sait que le Gouvernement a lancé des appels d’offres pour la construction de parcs éoliens off shore avec l’objectif d’une puissance installée de 6 000 MW d’ici 2020, soit un millier de machines.

Une éolienne de 6 MW de puissance nominale peut fournir annuellement une quantité d’énergie de 18 GWh en prenant un facteur de charge de 35%, qui est la norme en ce domaine.

L’ensemble des 1000 machines produira annuellement 18 TWh, soit davantage que les 4 000 éoliennes on shore déjà en service en Métropole. La production éolienne totale atteindra alors 7% de la consommation d’électricité, soit l’équivalent de deux réacteurs EPR.

Le consortium ALSTOM/EDF a été retenu pour trois parcs qui seront équipés de machines de 6 MW.

La présentation du projet met en valeur leur efficacité énergétique:

« Une éolienne pourra alimenter en électricité 5 000 foyers »

C’est vrai à condition d’accepter certaines restrictions : 18 GWh partagés entre 5 000 foyers, laissent donc 3 600 kWh par an pour chacun des foyers. C’est peu, mais c’est le régime électrique minceur qui nous est apparemment réservé pour cause de passage aux énergies renouvelables.

Actuellement le secteur résidentiel est alimenté en électricité par l’intermédiaire de 26 Millions de compteurs électriques. La consommation est de 130 TWh, soit environ 30% de la consommation d’énergie finale du secteur, le reste étant couvert par le Gaz naturel, le fuel domestique, le bois, du Solaire et de la Géothermie.

La consommation moyenne électrique par foyer raccordé est donc de 5 000 kWh par an. Source : www.fournisseurs-electricite.com

Cette consommation électrique moyenne devrait donc baisser de 30% pour atteindre le niveau de 3 600 kWh qui permettra à une éolienne de 6 MW d’alimenter 5 000 foyers.

Il est vrai que certains se chauffent à l’électricité ; il faudra oublier cela et changer pour un chauffage au Gaz naturel, au fuel domestique, au bois, éventuellement une pompe à chaleur avec un bon COP.

Beaucoup d’entre nous apprécient leur cumulus électrique ; il faudra également le porter à la déchetterie et le remplacer par un chauffe-eau solaire ou au gaz.

Ce régime sec devrait nous permettre de réduire notre consommation moyenne, c’est le prix à payer pour satisfaire l’équation :

Une éolienne = 5 000 foyers alimentés en électricité.

Notons au passage que les 5 000 foyers en question sont interdits de voiture électrique !

En effet la recharge de la batterie consommera à elle seule 3 650 kWh par an à raison de 10 kWh par jour.

Faut-il y voir une condamnation du véhicule électrique ?

Il s’agira donc de savoir si la voiture du futur pourra être électrique et considérée comme application spécifique de l’électricité, ou si, comme le chauffage et l’ECS, elle doit se débrouiller avec les autres énergies renouvelables, en l’occurrence les biocarburants liquides ou Gaz liquéfié, ou pourquoi pas la pile à Hydrogène ?

Il y a là un problème de fond qui ne semble pas tourmenter les constructeurs d’automobiles.

Ces restrictions électriques n’ont pas encore force de loi, mais il se pourrait que dans quelques années il soit fait appel à des mesures contraignantes comme la tarification progressive, voire même les quotas.

N’utiliser l’électricité que pour les applications déclarées spécifiques c’est bien, mais c’est aussi reporter sur les autres sources, les ENRt ( Energies Renouvelables thermiques), la charge d’assurer tous les autres besoins.

Encore faudra-t-il qu’elles soient capables de le faire, ce qui n’est pas évident.

L’effort sur les éoliennes off shore n’est donc qu’un volet de la stratégie, qui doit également porter sur le Solaire, les Biocarburants, le Biogaz, la Géothermie, la filière bois, l’Hydraulique, la filière Hydrogène et le stockage de l’énergie électrique.

La tâche est d’autant plus difficile que les énergies traditionnelles tiennent toujours le haut du pavé et ne manifestent aucune tendance à céder la place, bien au contraire.

La tentation est alors grande de différer les coûteux investissements sur les énergies nouvelles, surtout en situation d’économie exsangue

. Encore une minute Monsieur le bourreau…

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 17:45

3 Mars 2014

En France la transition énergétique plonge le Gouvernement dans le plus grand embarras. Tout marchait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles: du pétrole, du Gaz et du Nucléaire en abondance, tout cela suffisait à notre bonheur depuis un demi siècle, et nous avions même de l’Hydraulique et du bois de chauffage, parfaitement renouvelables et suffisamment « verts » pour donner à notre mix énergétique une teinture écolo de bon aloi, car l’écologie était devenue incontournable électoralement.

Les jours difficiles, on pouvait même évoquer l’usine marémotrice de la Rance, voire le chauffage géothermique des immeubles de La Benauge.

Et même certains audacieux n’hésitaient pas à arguer de l’absence d’émission de CO2 des centrales nucléaires pour revendiquer l’étiquette verte en leur faveur.

Et puis les esprits chagrins sont venus jeter le trouble dans ce bel ordonnancement en démontrant la vulnérabilité de ce système énergétique confronté aux assauts conjugués du réchauffement climatique, de l’épuisement programmé des réserves fossiles, y compris de l’Uranium, et de l’évidence du grand pouvoir de nuisance du Nucléaire.

Voici donc sifflée la fin de la récréation.

Un grand concours de peuple, convaincu par les grand-messes du GIEC, exigea des Gouvernements qu’il prissent des engagements solennels sur l’abandon des énergies fossiles à cause de l’effet de serre, et du Nucléaire à cause de Fukushima, ce qui revient à condamner 80% de nos sources d’approvisionnement.

Nous voila donc mis en demeure de changer de cheval au milieu du gué.

L’homo politicus, plus familier de la dialectique politicienne, se retrouva investi du rôle inattendu de grand Industriel auquel il n’était pas préparé, ni par son histoire, ni par ses penchants naturels.

Car enfin, les fonctions régaliennes sont une chose, la politique industrielle en est une autre, pour laquelle des décennies de manœuvres électoralistes ne constituent pas la meilleure des préparations. Même s’il est vrai qu’on a pu voir dans le passé des présidents initialiser qui un programme nucléaire, qui un sous-marin du même métal.

Les temps changent…Les présidents aussi…

Le Président actuel hérite donc de la patate chaude énergétique, dont il se serait bien passé, mais qu’il serait malséant de glisser sous le tapis eu égard aux engagements pris non pas devant les électeurs, ce qui serait sans conséquence, mais devant ses amis écologistes dont les voix demeurent indispensables à la poursuite d’un quinquennat serein et surtout à son possible renouvellement en 2017.

Mais, après réflexion, que le « moins d’Etat » se mue en « plus d’Etat » à la demande du peuple n’est pas pour déplaire à des dirigeants qui ne font pas du libéralisme leur tasse de thé. L’occasion faisant le larron, Il a bien fallu bien se résoudre à mettre les mains dans le cambouis.

Avant toute décision hâtive il était bon d’évaluer la crédibilité des menaces brandies et de mesurer le caractère d’urgence d’une telle révolution industrielle.

Le réchauffement climatique ?

Il serait de 0,6 K depuis 1950, ce qui représente deux millièmes de la température moyenne de la basse Atmosphère, qui est de 288 K.

( Il s’agit évidemment de la valeur absolue de la température, exprimée en Kelvin, et non pas de sa valeur comparée à une référence conventionnelle, Fahrenheit ou Celsius, sans aucune signification thermodynamique).

Deux millièmes de variation sont peut-être significatifs pour un scientifique, mais ne parlent pas à l’oreille d’un politicien, fut-il chef de l’Etat. Et de plus aucune nouvelle augmentation n’a pu être constatée au cours de la dernière décennie, des mauvaises langues prétendent même qu’une légère décroissance serait discernable.

Difficile de convaincre un décideur non scientifique avec des indices aussi ténus de l’imminence d’une catastrophe apocalyptique, peut-être aurait-il fallu choisir un autre critère plus spectaculaire, comme le changement climatique.

Mais comment caractériser un changement climatique, avec quelles unités de mesure ? Comment faire la part d’une éventuelle tendance climatique à long terme et des variations météorologiques pluriannuelles, surtout après nous avoir expliqué qu’il ne faut surtout pas confondre climatologie et météorologie ?

Les dangers du Nucléaires ?

La France possède 60 réacteurs en fonctionnement ( 58 + 2, cherchez bien les deux intrus) et aucun accident majeur ne s’est produit en France depuis les débuts de l’ère du nucléaire civil, c’est-à-dire plus d’un demi siècle.

Un tel résultat plaide en faveur de la fiabilité du procédé et justifie une certaine confiance, surtout quand des intérêts bien compris soutiennent la poule aux œufs d’or.

Tchernobyl et Fukushima ont certes prouvé que le danger potentiel n’est pas imaginaire, mais l’analyse des circonstances a aussi montré l’importance des erreurs humaines dans la genèse de ces catastrophes. Et comme chacun le sait, de telles erreurs sont impensables « chez nous ».

Pour la puissance politique, l’affaire n’est donc pas aussi simple à juger, et du doute méthodique au scepticisme il n’y a souvent que l’épaisseur d’une idéologie.

Faute d’une impossible certitude scientifique on a le choix entre l’évaluation du rapport bénéfices-risques, qui est une tartuferie, ou le principe de précaution, qui consiste à ne rien faire.

Or le décideur Politique n’est pas élu pour ne rien faire.

Reste à jouer la décision aux dés…

L’épuisement des réserves fossiles ?

Oui, elles s’épuiseront bien un jour, mais certainement pas demain matin. Les risques de pénurie à moyen terme résident davantage dans une possible grève des transports ou dans un caprice d’émir plutôt que dans l’épuisement de la ressource.

Comme prévu la hausse des cours du pétrole a eu pour résultat la rentabilité des forages profonds et de l’exploitation de sites autrefois délaissés. Et les gaz de schiste sont venus en rajouter une couche, au grand dam des pourfendeurs du CO2, dont l’absence de poids politique a pu être vérifiée une fois de plus.

Quant au Charbon, ses réserves sont immenses, et elles grandissent à proportion de la hausse des cours de l’énergie. Et comme il est devenu rentable de s’en servir pour fabriquer du carburant liquide, la fin du pétrole n’est plus une menace à court terme.

Voici donc la pénurie de fossiles reportée à une date ultérieure, on parle de la fin du siècle, pour ne pas dire la saint glin-glin.

Sachant que l’horizon d’un homme politique dépasse rarement la durée d’un quinquennat, voire deux, on imagine sans peine le niveau de ses préoccupations concernant un évènement dont l’occurrence n’est pas attendue avant trois générations.

Et le CO2 dans tout çà ?

Il semble bien qu’il n’empêche plus les chefs d’Etat de dormir, en admettant que ce fut le cas dans un passé récent, ce dont nous nous permettons de douter.

En cas de questions embarrassantes ils ont leur Joker: la séquestration du Carbone, sorte d’Arlésienne que personne ne voit jamais mais autour de laquelle se joue une pièce dont nous sommes à la fois les auteurs, les acteurs, et les spectateurs, mais dont le dénouement reste caché.

Qui, ou quoi, sera dans le rôle du deus ex machina ?

De ces considérations, certes un peu abruptes et sommaires, un homme politique peut retirer l’impression, voire la conviction, que les menaces de catastrophes climatique, ou nucléaire, et de pénurie d’approvisionnements ne sont pas tout à fait avérées et en tous cas ne justifient pas d’abandonner un navire qui ma foi flotte encore très bien.

La consistance des menaces n’est certes pas niée, mais il peut être amené à penser que l’urgence de l’application des mesures drastiques de mitigation peut être considérée comme excessive.

En clair donnons du temps au temps, pas de précipitation, et surtout ne nous lançons pas dans des grands travaux dispendieux pour une révolution énergétique susceptible de nous mettre en situation de faiblesse par rapport à d’autres pays qui n’auraient pas les mêmes scrupules.

D’ailleurs, ne voit-on pas de grands pays exploiter les gaz de schiste, et d’autres reprendre l’exploitation du Charbon alors qu’il est la source d’énergie la plus polluante ?

L’apparente unanimité affichée dans les multiples réunions internationales au sujet du climat est contredite par les comportements des Etats participants qui font à peu près le contraire de ce à quoi ils se sont engagés.

Face à cette schizophrénie d’Etat, il est prudent de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est donc légitime se s’interroger sur la meilleure façon d’aborder le problème de la transition énergétique avant de lancer tous azimuts de vastes programmes sur des bases incertaines.

Quel planning, pour quels objectifs, dans quel cadre international, et avec quels impacts sur l’économie. Car enfin, la seule certitude sur ce terrain mouvant, c’est la perspective de dépenses colossales d’investissements pour lesquelles nous n’avons pas le premier sou, sauf à augmenter la dette publique et à créer une catastrophe économique pire que l’aléa climatique redouté.

Quant à demander aux industriels et aux investisseurs de mettre la main à la poche, encore faudrait-il qu’ils soient assurés d’un retour raisonnable sur investissement, ce qui est loin d’être le cas sans de confortables subventions.

Par ailleurs, pour la mise en œuvre des énergies nouvelles, beaucoup de problèmes sont encore sans solution, notamment le stockage de masse de l’électricité pour compenser l’intermittence, et l’emprise foncière et paysagère importantes des installations solaires et éoliennes, qui créent des difficulté d’acceptabilité par les populations, au point de compromettre certains choix.

Enfin, le mythe des énergies nouvelles bon marché est un frein au déploiement de cette technologie. Sous prétexte que les énergies solaire et éolienne sont dispensées gratuitement, certains en ont conclu que l’électricité fournie serait quasiment gratuite, ce qui n’a pas manqué de susciter un grand mouvement de sympathie dans le public, qui dès lors se trouve conditionné à associer aux énergies nouvelles une baisse des factures énergétiques.

Les populations ne sont pas prêtes à accepter de payer le surcoût d’une énergie propre et renouvelable, tant que resteront disponibles les anciennes énergies distribuées avec des tarifs publics attractifs. Le système des subventions par des tarifs de rachat irréalistes crée des effets d’aubaine et ne peut être poursuivi que pour des niveaux de pénétration faibles du marché.

L’expansion des énergies nouvelles suppose l’établissement préalable d’un régime de vérité des prix sous peine de contrevenir aux règles européennes de la concurrence qui interdisent les activités industrielles subventionnées. L’usager français n’est pas encore prêt pour cet effort financier, et peut-être n’en a-t-il pas les moyens, tant il est vrai qu’on ne peut pas tondre un œuf…

Face à cette situation pour le moins incertaine, nos Gouvernements successifs ont pris une sage décision: Commençons par économiser l’énergie, voilà au moins une mesure qui sera bénéfique quelle que soit l’évolution du contexte.

Les grands consommateurs étant le Résidentiel-Tertiaire et les Transports, ces domaines font l’objet de toute l’attention de l’Etat qui déploie un arsenal complet de mesures règlementaires, incitatives, ou coercitives.

Les Règlementations Thermiques successives du bâtiment visent à la généralisation de méthodes de construction aboutissant non seulement à réduire drastiquement le « gaspillage » d’ énergie, mais aussi à obtenir un bilan énergétique positif, ce qui est peut-être un peu excessif, mais on ne peut reprocher au législateur son ambition dans ce domaine.

La mise en place progressive du réseau intelligent et le développement de matériels communicants à basse énergie permet déjà d’envisager la gestion interactive des consommations électriques qui permettra de lisser les pics de consommation et d’économiser des moyens de production.

Par ailleurs le contrôle des consommations et la mise en place des tarifications progressives permettra au consommateur de mieux gérer son budget énergie et l’incitera à entreprendre des travaux d’isolation et/ou à remplacer du vieux matériel par des appareils moins énergivores.

La voiture électrique possède un rendement double de celui d’un modèle classique à moteur thermique. Sa généralisation permettrait de diviser par deux la consommation énergétique du secteur.

Et ne parle-t-on pas de quotas énergétiques dans les transports ?

Dans le domaine de la voiture hybride le projet de véhicule consommant deux litres aux cents kilomètres constitue une avancée certaine. Mais ce n’est qu’un projet.

Par ailleurs la promotion du covoiturage et surtout le développement des transports collectifs sont des mesures favorables aux économies d’énergie. Toutes ces actions, déjà lancées pour certaines, sont certes moins spectaculaires que des parcs éoliens offshore, mais tout aussi efficaces. Leurs résultats sur la durée permettra d’évaluer la capacité d’adaptation des usagers et du marché, l’évolution des besoins énergétiques réels sur les prochaines décennies, et d’obtenir une base solide pour définir des actions ciblées pour des choix justifiés.

Cette stratégie de « chasse au gaspi » ne suffit évidemment pas à préparer une transition qui s’imposera à plus ou moins longue échéance.

L’Etat ne doit pas ( ne peut pas) remplacer l’industriel, son rôle est de sélectionner les grands axes, fournir le cadre juridique et règlementaire, nouer des accords internationaux, et encourager les investisseurs à s’approprier ces axes par des mesures incitatives et en leur garantissant la pérennité de la stratégie.

L’autre rôle de l’Etat, à travers ses structures de recherche et ses instituts scientifiques, est de soutenir y compris financièrement les programmes pilotes destinés à valider les choix techniques, développer des filières industrielles et acquérir du savoir-faire.

Jusqu’à présent nous avons vécu dans un contexte d’abondance énergétique, sans réel problème d’approvisionnement, sans limitation de consommation, et avec des prix de base tellement bas qu’il a même été possible de faire de l’énergie importée une source de rentrées fiscales très substantielles.

Quel autre produit que le carburant auto pourrait supporter à la fois la TVA et la CSPE à un taux exorbitant sans provoquer une chute de la demande ?

Nos appétits sans freins nous ont ainsi amenés au niveau remarquable de consommation énergétique finale de 2 000 TWh par an. 80% de cette énergie (1 600 TWh) provient de sources fossiles, incluant le nucléaire, qui devront donc être remplacées par des sources renouvelables décarbonées ou à carbone recyclable, c’est du moins l’esprit de la transition. Pour apprécier le gigantisme de nos appétits, il faut savoir que 1 600 TWh, c’est par exemple la production de 105 000 éoliennes offshore de 6 MW, avec leurs installations de stockage de compensation d’intermittence .

Le rapprochement de ces chiffres montrent qu’à l’évidence chercher à remplacer l’un par l’autre serait une absurdité. Même en répartissant la tâche entre Solaire, Eolien, Hydraulique, Biomasse, Géothermie, l’objectif demeure déraisonnable.

Il apparaît alors que c’est notre façon d’utiliser l’énergie qui doit être refondée sur des bases différentes. Une désintoxication énergétique est indispensable. Elle est un préalable à La construction d’une stratégie de transition.

Mettre la charrue avant les bœufs serait la meilleure façon d’assurer l’échec de la démarche.

Il sera nécessaire d’identifier les besoins afin de définir un mix énergétique capable de les satisfaire: Quels poids respectifs donner à l’éolien, au solaire thermique, au solaire photovoltaïque, à l’hydraulique, à la géothermie, au bois énergie, à la méthanisation des déchets, aux biocarburants, à la filière hydrogène ?

Quelle part attribuer à l’électricité dans le mix ? Avant d’entreprendre les grands travaux de la transition, il serait peut-être utilise de savoir répondre à ces questions…

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 18:19

14 Février 2014

Comme il fallait s’y attendre, le développement de la voiture tout électrique se heurte au problème de la recharge de la batterie. Le problème est simple: Malgré les grands progrès technologiques intégrés dans les batteries au Lithium, leur poids demeure encore assez considérable.

Il a donc été nécessaire de trouver un compromis entre la capacité énergétique embarquée et le poids de la batterie. Après de nombreux essais les constructeurs ont adopté pour la voiture moyenne le compromis 20 kWh / 300 kg.

Ce poids de batterie correspond à celui de quatre adultes, et se trouve en partie compensé par une motorisation électrique en principe plus légère que la version thermique, et par l’économie du réservoir de carburant liquide.

La réserve d’énergie de 20 kWh permet une autonomie de 80 à 150 kms selon la façon de conduire, le poids total du véhicule, et le profil de la route.

Pour « faire de la route » il est donc impératif de pouvoir recharger fréquemment la batterie, et si possible sans attendre des heures, ce qui n’est pas possible aujourd’hui.

En dehors des voitures de location, des taxis et des flottes captives d’entreprises ou de l’Administration (et encore sous certaines réserves), le marché se limite donc à quelques particuliers à deux conditions: Avoir la possibilité de recharger la batterie au domicile la nuit au tarif public actuel du kWh, et disposer d’un second véhicule, à moteur thermique, pour les déplacements longues distances.Mais dans cas l’usager « conscient » achètera de préférence un véhicule hybride, qui permet à la fois de circuler en ville sans polluer et de prendre la route pour un long déplacement.

Le marché du tout électrique en dehors des domaines cités plus haut, se réduit donc comme peau de chagrin, au grand dam des constructeurs qui peinent à convaincre les clients, lesquels sont plutôt attirés par les hybrides.

La voie pour sortir de l’impasse est bien connue, c’est une affaire qui traîne depuis les premiers balbutiements sérieux de la bagnole électrique (1973 ?); il faut non seulement un réseau public dense de recharge des batteries, mais aussi que ces installations autorisent une recharge rapide.

Rappelons qu’aujourd’hui un tel réseau n’existe pas, et que les rares points disponibles ne permettent que des recharges lentes.

L’ouverture des déplacements de quelques centaines de kms aux voitures tout électriques exige de réduire les temps de charge à quelques minutes avec une densité de points suffisante.

Une batterie de 20 kWh peut être rechargée à la maison sur une installation domestique standard avec un abonnement de 15 KVA. L’opération dure 8 à 10 heures, guère plus que pour un gros chauffe-eau électrique. Evidemment il faudra choisir entre le chauffe-eau ou la batterie, ou alors prendre un abonnement supérieur, surtout si, en plus, on veut laver son linge et/ou alimenter deux ou trois radiateurs électriques ! Après avoir vérifié bien sûr que tout cela est bien autorisé par la RT 2012, et surtout la future RT 2020 ( ce qui est loin d’être évident).

Mais sur la route il n’est plus question d’attendre huit heures, ni même deux, pour pouvoir poursuivre son voyage. Un temps de recharge d’une dizaine de minutes est un maximum compatible avec une immobilisation non pénalisante, et avec une fluidité suffisante pour éviter l’encombrement des stations services électriques aux jours de pointe.

Pour recharger une batterie de 20 kWh en dix minutes, il faut une puissance de 120 kW . Le courant fourni est alors de 300 Ampères pour une batterie de 400 Volts. Les prises développées par la profession sont prévues pour ce régime de fonctionnement, et même au-delà pour certaines.

Une station service électrique disposant de dix postes de rechargement devra donc être raccordée au réseau de distribution pour une puissance disponible de 1,5 MW pour tenir compte des rendements de transformation. Une telle puissance correspond à l’alimentation de 125 logements disposant d’un abonnement de 12 KVA !

Il s’agit donc d’une véritable sous-station électrique et non d’un bricolage dans un coin d’une station-service existante.

Il y a en France environ 10 000 stations services distribuant des carburants liquides. Cette densité s’est adaptée au parc actuel de véhicules dont l’autonomie est supérieure à 500 kms (et bien plus avec les diesels modernes). L’autonomie des tout électriques étant de l’ordre de 80 à 150 kms, la densité de stations de rechargement devrait être logiquement quatre fois supérieure à parc équivalent en nombre.

Si donc aujourd’hui le parc automobile était entièrement électrifié, la puissance électrique disponible installée totale atteindrait 60 000 MW, soit la puissance totale que peut fournir le parc nucléaire existant !

Ce qui est évidemment absurde.

Bien sûr cette puissance ne serait pas « appelée » en permanence, de même qu’aujourd’hui la demande de carburant à un moment donné fluctue selon la période, et les cuves des stations services se vident plus ou moins vite. Il n’en demeure pas moins que la puissance électrique qui devra être disponible et installée pour la recharge des voitures sera tout à fait considérable.

Aujourd’hui ce problème n’est pas perçu puisque les voitures électriques n’ont pas encore quitté les pages des magazines, mais demain il faudra faire face à cette accroissement de consommation électrique.

En 2012 la consommation de carburant liquide par les voitures particulières en France s’est élevée à 23 Millions de mètres cubes.

( Source «Livraisons à la consommation » , CPDP, document de l’Inspection Générale des Finances N° 2012-M-065-04).

Ces 23 x 10 (Exp 9) litres représentent environ 230 TWh d’énergie primaire.

Convertis à l’électricité, les mêmes véhicules consommeraient « seulement » le tiers de cette énergie, soit environ 80 TWh en raison du rendement nettement supérieur des moteurs électriques.

Cette énergie est égale à celle de 13 réacteurs nucléaires de 900 MWe.

Mais cette énergie ne sera pas consommée à puissance constante, la demande fluctuera comme elle le fait pour la consommation domestique. Faudra-t-il alors faire appel à des centrales à gaz ou à fuel pour répondre à la demande lors des pics de consommation ?

Et qui peut encore croire qu’un distributeur qui aura investi dans une chaîne de rechargement se contentera de vendre le kWh à 10 centimes ?

Et que l’Etat nous fera généreusement cadeau de la TICPE qui plombe les carburants, et des autres taxes qui agrémentent aujourd’hui nos factures EDF ?

On voit que l’essor de la voiture tout électrique ne dépend pas seulement de la mise au point des batteries et du véhicule, mais qu’il est également conditionné par d’énormes investissements dans les installations de rechargement et dans la gestion du réseau intelligent seul capable de maîtriser les fluctuations de la demande de puissance en harmonie avec l’intermittence des énergies renouvelables, qui fourniront demain l’essentiel de nos besoins.

L’avenir à moyen terme de la mobilité routière reste donc aux solutions hybrides qui peuvent assurer longtemps encore la compatibilité avec les infrastructures existantes d’une part, et la montée progressive des énergies nouvelles d’autre part, elle-même conditionnée par l’évolution du marché de l’énergie, de la situation économique, et de la politique nucléaire de l’Etat.

La passage du bidon à la prise ne se fera pas sans heurts…

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 20:33

L’écotoxicité de la civilisation technologique.

12 Février 2014

Depuis un siècle et demi les sociétés humaines ont entrepris de rechercher l’amélioration de leur condition en empruntant la voie du développement technologique.

Cette nouvelle route a pu être ouverte grâce d’une part à l’explosion des sciences, et d’autre part à l’exploitation des sources fossiles d’énergie, l’une ayant d’ailleurs suscité l’autre.

Il est juste d’ajouter que cette frénésie scientifico-mécanique doit autant à la Science qu’à la perspective de profits financiers colossaux, tant il est vrai que depuis la nuit des temps c’est l’argent qui mène le monde.

Cette fièvre a d’abord touché une partie des peuples de l’Hémisphère Nord, mieux préparés à aborder cette nouvelle étape grâce dit-on au bagage hérité des civilisations gréco-latines, mais ceci est une autre histoire.

Comme toute épidémie celle-ci tend à se propager à toute la planète, les peuples du Sud étant très demandeurs d’un mode de vie qui leur semble prometteur d’un avenir meilleur. Mais ceci est encore une autre histoire.

Cette profusion de technologie et de consommation d’énergie s’accompagne de la dissémination de déchets et de pollutions dont la variété dépasse l’imagination. Il serait vain de tenter d’en établir la liste, certains ont essayé, qui se sont enlisés dans des nomenclatures dépourvues de sens et n’aboutissant à aucune démarche opérationnelle.

Pour faire simple on peut dire que la plupart des éléments atomiques présents dans la nature, et même quelques autres fabriqués par l’Homme, se retrouvent présents dans notre environnement à l’état de déchets ou volontairement inclus dans des produits de consommation et/ou d’usage courant à seule fin d’en améliorer les propriétés.

Ils sont présents dans l’atmosphère à l’état de particules, dans les eaux terrestres, souterraines et aériennes, dans les océans, dans les sols, dans les produits alimentaires, les produits corporels, les médicaments, les textiles, les sprays, les peintures, en bref l’espèce humaine baigne dans un environnement imbibé de ces nouveaux éléments avec lesquels il nous faut désormais tenter de vivre.

Certains sont médiatisés, eu égard à l’évidence de leurs effets toxiques.

Qui n’a jamais entendu parler des particules émises par la combustion des énergies fossiles, des nanoparticules, du dioxyde de Titane, de l’Oxyde de Zinc, des polymères organiques, du nanoArgent, du Phosphogypse, du nanoCarbone, des Oxydes d’Azote, des radioéléments comme le Radon, le Tritium, l’Iode, qui sont les plus « populaires » ?

Et tous les autres, plus discrets mais tout autant actifs...

Lorsque l’un de ces éléments pénètre dans l’organisme humain, sa taille moléculaire lui permet de se répandre et d’atteindre n’importe quel organe, y compris le cerveau. Il peut franchir la barrière cellulaire et causer des perturbations à l’intérieur des cellules, l’ADN n’est pas à l’abri de leurs attaques.

La toxicité de certains de ces produits a été établie et des mesures de protection ont été jugées nécessaires.

Mais la grande diversité des espèces potentiellement toxiques et leurs effets rarement spécifiques ne permettent pas de définir une prophylaxie générique, d’autant plus que des effets croisés sont souvent constatés.

Il est donc nécessaire d’étudier les interactions spécifiques de chaque produits suspect avec l’organisme humain.

Le travail est d’autant plus difficile qu’il n’existe pas d’organisme humain de référence qui serait dépourvu de toute contamination puisque celle-ci est d’ores et déjà généralisée.

On ne va tout de même pas élever des groupes d’humains en salle blanche comme des animaux de laboratoire afin de les utiliser pour tester les effets de tel nano élément en particulier à l’exclusion de tous les autres!

Il est pourtant indispensable de caractériser la toxicité de chaque élément suspecté afin de déterminer des doses maximales acceptables et/ou des seuils de concentration qui permettront d’établir une règlementation.

En présence d’un individu atteint de cancer du poumon, comment incriminer le Radon plutôt que la fumée de tabac, les émanations de gaz d’échappement, ou l’eau exagérément tritiée par les rejets de centrales nucléaires ?

Face aux juges, le « c’est pas moi c’est l’autre » aura vite fait d’instiller le doute quant à l’identification du vrai coupable.

Les atermoiements autour de la possible prise en compte d’une contamination par le fameux nuage de Tchernobyl montrent bien les limites de nos moyens d’action.

Quant à décréter l’interdiction de ces émissions polluantes, il n’y faut même pas penser.

Alors, il nous faudra vivre avec.

Pour la première fois de son Histoire connue l’espèce humaine se trouve confrontée à une modification majeure de son environnement.

Majeure car l’influence sur la fonction de reproduction a été démontrée et de possibles modifications de l’ADN fortement soupçonnées.

( La mutagénicité a déjà été démontrée sur des microorganismes ).

Pendant ce temps Homo Sapiens sapiens étudie les problèmes de sa future survie sur la Planète Mars.

Peut-être serait-il plus avisé de s’occuper de sa survie sur Terre…

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 19:31

Fessenheim, la vieille dame a des fuites.

9 Février 2014

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur le sérieux et le haut niveau de compétence des services de sécurité de nos centrales nucléaires, il n’est pas inutile de prendre connaissance des faits relatés ci-après:

Rappelons que la centrale nucléaire de Fessenheim est établie sur la nappe phréatique d’Alsace, l’une des plus importantes d’Europe par son étendue géographique et par la population concernée.

Une pollution de ce réservoir aurait des conséquences incalculables sur l’activité de la vallée du Rhin.

Il est donc primordial de prendre des mesures particulières matérielles et humaines afin d’éviter et/ou de contrôler toute contamination par des rejets ou fuites radioactives.

Le risque majeur, mis en avant dans toutes les études de sécurité, est la fusion du cœur d’un des réacteurs avec rupture de cuve et écoulement de corium dans les soubassements vers la nappe phréatique.

Rappelons également que le corium est un amalgame fondu à plusieurs milliers de degrés constitué du combustible nucléaire ( plusieurs dizaines de tonnes) mélangé au Zirconium et aux autres matériaux des structures internes. Cette pâte fluide et de densité très élevée agit comme un chalumeau capable de traverser le béton et de fondre l’acier avant de s’enfoncer dans le sol pour y causer les dégâts que l’on peut imaginer.

Les conséquences de la rupture de cuve peuvent être limitées:

- Si l’installation dispose d’un récupérateur de corium.

- Si le radier sur lequel repose le réacteur est suffisamment épais et résistant.

On peut alors espérer refroidir suffisamment le corium et le solidifier avant qu’il ne traverse le radier.

Au pire, les dégâts à l’environnement peuvent être contenus:

- Si la centrale est construite sur une zone peu vulnérable à la contamination radioactive.

Aucune de ces trois conditions n’est remplie à Fessenheim:

Pas de récupérateur de corium, il n’y en a d’ailleurs dans aucune de nos vieilles centrales.

L’épaisseur du radier n’est que de un mètre cinquante, alors qu’il faudrait au moins cinq mètres.

La proximité de la nappe phréatique crée un risque immédiat de contamination. Le niveau des nappes phréatiques est mesuré en temps réel par des piézomètres. Le piézomètre N08 de la centrale de Fessenheim nous indique que le niveau piézométrique varie entre -8,5 m en période de sécheresse, et -6,5m en période humide. Le risque de contamination est donc évident en cas d’accident majeur.

L’accident majeur est heureusement rarissime ( Tchernobyl et Fukushima nous ont rappelé que rarissime ne signifie pas nul).

La fusion d’un cœur de réacteur peut être l’arbre qui cache la forêt. En effet il existe d’autres causes de contamination dont les conséquences sont moins spectaculaires, mais l’occurrence beaucoup plus probable.

Un rapport d’inspection de l’ASN ( Autorité de Sureté Nucléaire) du 31 Mars 2011, Ref: CODEP-STR-2011-019080, faisant suite à une déclaration d’EIE ( Evènement Intéressant l’Environnement) du site de Fessenheim, relève des anomalies dans la mise en œuvre et la gestion des risques de pollution environnementale:

Une analyse de l’eau au niveau du piézomètre N08 a révélé un niveau de radioactivité anormal ( Tritium) de 500 Bq/L. Il s’agit bien de l’eau de la nappe phréatique sous la centrale, qui est contaminée.

Après inspection il a été constaté que cette contamination provenait du débordement d’un réservoir TEU dans un bac de rétention non étanche.

Des réservoirs TEU (Traitement des Effluents Usés) sont disposés pour stocker les effluents contaminés en attente de leur traitement décontaminant avant rejet. Ces réservoirs sont équipés de déversoirs vers des bacs de rétention également étanches ( puisards).

A Fessenheim le puisard coupable est situé à une profondeur de -9,5m, soit en plein dans la nappe phréatique, au contact de l’eau !

L’étanchéité est « assurée » par un revêtement sur lequel des fissures ont été constatées. Durant l’enquête de l’ASN il a été déclaré que ces fissures étaient connues depuis 2008 !

La liste des anomalies constatées est édifiante:

- Disposition d’un puisard dans la nappe phréatique, précisément là où toute contamination doit être exclue.

- Disfonctionnement du système de détection de débordement du TEU.

- Faiblesse du revêtement d’étanchéité du puisard.

- Négligence dans la chaîne de décision responsable de la protection de l’environnement ( fissures constatées en 2008 et non encore réparées en 2011).

- Absence d’un système automatique de détection de contamination radioactive au sein de la nappe phréatique.

Cette fuite de Tritium est sans conséquence sur la qualité de l’eau de la nappe d’Alsace, mais elle est révélatrice de certaines lacunes dans la chaîne de décision responsable de la protection de l’environnement.

On frémit à l’idée qu’un tel laxisme pourrait exister au sein des équipes chargées de la conduite des réacteurs et donc de la prise en charge des « incidents » de fonctionnement, et de la détection préventive des risques de pannes.

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 19:22

Quel prix pour le carburant électrique ?

6 Février 2014

Le marché de la voiture électrique particulière peine à émerger au-delà de l’usage local pour automobiliste peu rouleur et disposant d’une possibilité de recharge au domicile.

Précisons que nous parlons ici du véhicule tout électrique qui ne dispose que de sa batterie pour avancer.

La faible autonomie (faible est un euphémisme) jointe à l’extrême rareté des points de recharge publics sont généralement cités comme les principaux freins à l’adoption de l’engin électrique par monsieur tout le monde sans restriction d’usage.

( Hors sociétés de location de véhicules, ou flottes captives d’entreprises, qui occupent un marché différent et qui connaissent un certain succès).

Il existe une troisième raison à la réticence de l’usager particulier, c’est l’incertitude sur le prix du carburant électrique.

Dans le domaine du marketing il ne viendrait à l’idée de personne de lancer un nouveau produit sans annoncer en même temps son prix !

Qu’il s’agisse d’un lave-vaisselle, d’une ampoule basse consommation ou d’une voiture, le client « normal » exige de connaître non seulement le prix d’achat mais aussi les éléments du coût de fonctionnement.

Le client qui accepte d’investir une somme importante dans un outil pour lequel il ignore tout des frais de fonctionnement reste un oiseau rare sur lequel il est hasardeux de compter bâtir un marché de masse.

Or, pour la voiture électrique, les éléments du coût d’usage sont tout simplement inconnus !

Quel sera le coût du KWh , en charge lente et en charge rapide, quel seront les taxes supportées par ce « nouveau » carburant, ce marché sera-t-il concurrentiel, qui seront les distributeurs, y aura-t-il un « tarif public » du carburant électrique ? toutes choses qui doivent être connues pour évaluer le budget de fonctionnement.

Il faudrait être tombé de la dernière pluie pour croire que la recharge d’une batterie de 20 KWh sur un réseau public de rechargement ne coûtera que 2,5 euros comme ont peut le lire dans certaines revues.

C’est le coût aujourd’hui ( mais demain cela va changer) pour une recharge au domicile, mais il n’en sera plus de même sur des stations publiques du marché libre ayant à financer des infrastructures lourdes, des places de parking, l’achat des KWh, les installations de transformation du courant moyenne tension, tout en gagnant un peut d’argent pour rétribuer les actionnaires, le personnel, et pour payer impôts et taxes.

Il est fort probable que le KWh à 12 centimes au compteur EDF du domicile aura monté à 25 ou 30 centimes sur le réseau routier, auxquels il faudra ajouter la TICPE et la CSPE.

( Oui, il ne faut pas les oublier ).

Pour faire cent kilomètres il faut environ 6 litres de carburant classique ou 10 KWh d’électricité.

Dans le premier cas l’Etat encaisse 5 euros de taxes; qui peut croire qu’il y renoncera pour l’électricité ?

A ce compte-là l’écart entre l’essence ou le gazole et l’électricité se réduit comme peau de chagrin.

D’autant plus que les perspectives de revente d’un véhicule électrique sont soumises aux aléas de la durée de vie des batteries qui sont un élément important du coût du véhicule, et à l’obsolescence d’une technologie nouvelle qui évoluera beaucoup dans les prochaines années.

Pour toutes ces raisons les usagers gardent leurs distances vis-à-vis de la voiture tout électrique et privilégient largement le véhicule hybride, de préférence équipé d’un prolongateur d’autonomie.

Ce qui n’est pas pour favoriser le développement d’un réseau public de recharge en dehors des agglomérations, puisque sur route ces véhicules utilisent leur moteur thermique.

L’engin tout électrique semble donc condamné pour longtemps à un usage local et/ou urbain, où les stations de recharge commencent à se mettre en place sur les emplacements de stationnement des voies publiques, dans les parkings publics ou d’entreprises, de centres commerciaux, et de bâtiments de services publics, en utilisant un espace déjà disponible et dédié depuis longtemps à la voiture.

Reste à connaître la suite de l’histoire de la poule et de l’œuf, avec dans le rôle de la poule l’Etat, qui pourrait fédérer un vaste programme de développement de réseau public urbain de rechargement ( il existe déjà une règlementation partielle, qui pourrait être étendue), et dans le rôle de l’œuf quelques automobilistes fortunés prêts à casser leur tirelire pour acquérir une seconde voiture qui serait électrique, à condition d’y voir plus clair dans la future politique de tarification.

Certes, après l’échec des ZAPA et de la tentative d’alignement des taxes sur les carburants, on se prend à douter de la possibilité d’une réforme du monde de l’Automobile.

Et ce n’est pas la menace de l’introduction de la tarification progressive de l’électricité (car la Loi Brottes reviendra) qui va inciter l’usager à remplacer un pétrole dont le cours est à la baisse ( - 5% par an sur 2012-2013 en euro sur le baril de Brent), par un kilowattheure dont le cours a plutôt tendance à s’envoler (+9% sur deux ans, et + 30% prévus d’ici 2017).

Et puis est-il bien raisonnable, à l’heure où l’on parle de réduire le nucléaire pour le remplacer par des renouvelables intermittentes, de songer à rajouter une couche de consommation électrique en branchant nos autos sur un réseau qui sera vite à genoux ?

Décidément, seule Madame Soleil est aujourd’hui en mesure de nous prédire notre avenir automobile…

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 18:40

1er Février 2014

La Commission Européenne a cru bon d’annoncer à la Cantonade qu’elle ne se fâcherait pas si quelqu’un s’avisait d’extraire le fameux gaz, à condition toutefois que toutes les précautions soient prises pour ne pas empoisonner l’environnement.

Les exégètes ont bien sûr tenté d’interpréter cette annonce en termes de stratégie énergétique, voire d’encouragement au vice. On peut y voir au minimum la levée d’une excommunication que certain auraient bien voulu au contraire voir confirmée.

En somme, on peut y aller mais en faisant attention.

Le feu vert vient certes un peu tard puisque, à part la France et la Bulgarie, tout le monde y a déjà trempé plus ou moins ses bottes, la Pologne ayant même lancé l’exploitation pour 2015.

( Voir Institut Thomas More: « Gaz de schiste en Europe, Analyse comparative dans 14 pays européens » , Décembre 2012).

Seule la France fait chambre à part, avec la Bulgarie.

Il est vrai que de subtiles précautions sémantiques furent prises lors de l’énoncé de l’interdiction:

Ce n’est pas l’exploitation des gaz de schiste qui est prohibée, c’est l’usage de la fracturation hydraulique.

Dans l’hypothèse, de plus en plus probable, où toute l’Europe exploiterait les gaz de schiste, la situation de la France deviendrait évidemment intenable. Pour éviter de perdre la face il nous faut donc trouver une autre méthode que la fracturation hydraulique pour extraire le produit convoité.

Car il est bien sûr convoité.

A l’heure ou la dette publique s’ accroit de un million d’euros toutes les six minutes (Voir le compteur dans le Figaro) et où 98% de notre gaz naturel est importé au coût de 23 euro le MWh, pour un total de 500 TWh annuels, quel est le Chef d’Etat qui ne souhaiterait pas creuser un peu dans son jardin pour y chercher des ressources gazeuses ?

Même du charbon serait le bienvenu.

Diverses méthodes sont étudiées pour trouver un succédané acceptable (ou faut-il dire succès damné ?) , le remplacement de l’eau par du fluoropropane semble avoir retenu l’attention de quelques membres du Gouvernement, surtout parce qu’il permettrait de contourner l’interdiction.

Le procédé est évidemment loin d’être au point, et surtout son coût sera très élevé comparé à celui de l’eau. Quant aux inconvénients, ils restent à découvrir en installant un ou deux démonstrateurs, à condition que les associations de défense de l’environnement n’en prennent pas ombrage.

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 15:33

1er Février 2014

Le nano Argent est donc dans le collimateur de la Commission Européenne, qui a expressément demandé au corps des spécialistes de la spécialité de se prononcer clairement sur l’éventuelle toxicité de ce produit et d’indiquer les mesures à prendre pour en limiter la portée. Leurs réponses sont attendues avant le 14 Février.

Le nano Argent est aujourd’hui présent partout, depuis vos chaussettes pour juguler les mauvaises odeurs jusqu’aux pansements où il agit comme biocide, en passant par les sprays désodorisants et une multitude de produits de consommation courante, ainsi que dans l’Industrie.

L’efficacité du nano Argent manufacturé n’est pas mise en doute dans les applications qui exploitent ses caractéristiques biocides. Il fait des merveilles non seulement dans les applications courantes domestiques antibactériennes et anti-odeurs, mais aussi et surtout dans le domaine médical et chirurgical où il est largement présent ( pansements, traitement des brûlures, textiles médicaux, revêtements, etc…).

Mais il y a un revers à toute médaille. Dans son utilisation directe le nano Argent est soupçonné de provoquer une augmentation des résistances microbiennes aux antibiotiques, et d’être potentiellement à l’origine d’une augmentation des maladies nosocomiales. Quant à son action à long terme à l’intérieur des tissus, elle a été prouvée sur des expérimentations animales mais pas encore sur l’être humain.

En tant que résidu présent dans les boues de stations d’épuration et dans les eaux « épurées » il se révèle toxique pour la faune et la flore, il est considéré comme le deuxième toxique après le mercure. Les produits de consommation et les textiles qui en sont pourvus les relâchent dans la nature sans aucun contrôle, notamment par les eaux de toilette, les lave-linges et les lave-vaisselles.

Le principe de précaution devrait conduire à un moratoire sur sa commercialisation tant que des études et des tests n’auront pas apporté la preuve de son innocuité. Mais ce principe, si souvent évoqué dans les gazettes, est malheureusement devenu obsolète chez nos décideurs, qui lui préfèrent désormais une analyse bénéfices-risques pour décider du sort d’un produit ou d’une application nouvelle.

C’est la méthode déjà utilisée pour la délivrance des AMM ( Autorisation de Mise sur le marché) pour les nouveaux médicaments.

La réalité nous oblige à dire que cette fameuse évaluation bénéfices-risques est souvent effectuée à postériori, par les consommateurs eux-mêmes, à l’insu de leur plein gré. C’est le cas pour les nanoparticules comme ce fut le cas pour l’amiante, et comme çà l’est encore pour le Nucléaire.

On n’est pas que des cobayes ? Mais si, parfois…

Le nano Argent n’est que l’un des protagonistes de l’invasion qui nous menace. Pour prendre la mesure de cette invasion le lecteur pourra consulter le rapport suivant: http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_public_format_final_20131125.pdf

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