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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 10:48

Le prix de l’électricité, une affaire d’Etats.

28 Septembre 2013

En France le prix de l’électricité est très élevé.

Le kWh Gaulois coûte jusqu’à 87% plus cher que dans certains pays Européens comme la Macédoine ou la Bosnie-Herzégovine, et 50% de plus qu’en Bulgarie, en Roumanie ou au Monténégro.

Pas du tout. En France le prix de l’électricité est l’un des plus bas.

Le kWh Allemand coûte 80% de plus que son homologue français, Les kWh Italien et Espagnol sont à + 50%.

Cette disparité est surprenante à plus d’un titre.

En effet, l’électricité est un produit industriel en quelque sorte normalisé. La même fréquence partout en Europe (50 Hz), la même tension (230V), les mêmes méthodes disponibles de production ( centrales thermiques, centrales nucléaires, centrales hydroélectriques, centrales solaires, parcs éoliens), le même système de réseau de distribution, les mêmes sources de base disponibles ( Pétrole, Gaz, Charbon, Nucléaire, Biomasse, Soleil, Vent ).

Comment alors expliquer un tel rapport de 1 à 3 du prix d’un produit identique à l’intérieur d’une zone communautaire de libre échange?

A cela on peut tenter d’apporter des éléments de réponse:

Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, il n’existe aucun programme commun énergétique pour l’Europe. Chaque pays membre est libre de choisir sa propre politique énergétique et, notamment pour l’électricité, ses propres méthodes de production et bien sûr de tarification.

Concernant l’électricité, cette liberté conduit à de fortes disparités dans les moyens de production. Chacun possède son propre « mix » énergétique, développé selon des critères à la fois historiques, économiques, géographiques, voire géopolitiques.

Cette disparité s’est récemment encore accentuée avec l’introduction des énergies renouvelables qui élargissent le choix du mix retenu.

Il est évident que, selon les poids respectifs dans la production des moyens industriels classiques amortis depuis longtemps, par rapport aux procédés nouveaux nécessitant d’importants investissements et des moyens de production en phase d’optimisation, les coûts seront très différents.

Une chose au moins est commune à tous les Etats: la nécessité d’amorcer une transition énergétique. Les raisons pour cela ne manquent pas, chaque pays étant motivé par l’une, par l’autre, ou par plusieurs: préparation de l’après pétrole, recherche de l’indépendance énergétique, volonté de réduire les émissions de CO2, désir de se retirer du nucléaire.

Cette transition est l’objet d’efforts de recherche et d’investissements plus ou moins importants selon les choix politiques locaux. Ces dépenses sont en grande partie chargées sur les prix de l’énergie et notamment celui de l’électricité distribuée, ce qui est une première cause de diversité des tarifs d’icelle.

D’autre part, chaque pays définit sa propre politique d’exportation ou d’importation d’électricité et/ou d’installations de production. Ensuite, selon la disponibilité de la ressource fossile sur le territoire national, les importations seront plus ou moins pénalisantes, avec une répercussion directe sur le prix de vente.

De plus, dans chaque pays, le prix de vente final dépend du circuit de production et de commercialisation. Ce prix sera différent selon qu’il n’existe qu’un seul opérateur national ou que le pays est ouvert à la concurrence.

Enfin, au prix de revient du produit ( Le kWh) viennent s’ajouter les diverses taxes, contributions, impôts, fixés par chaque Etat selon des critères spécifiques.

Ces « rallonges » pouvant varier considérablement selon les dépenses que l’Etat décide de faire supporter par le produit, notamment les dépenses de soutien au développement des énergies durables, les aides aux investissements d’économies d’énergie, le traitement social de la précarité énergétique, etc…

A ces paramètres de fluctuation viennent s’ajouter une éventuelle formule d’indexation du prix sur le cours du pétrole ou du gaz, et/ou une tarification progressive qui aura un impact différent sur le prix moyen selon les habitudes de consommation électrique de chaque pays.

En conclusion on peut dire que la comparaison brute des prix de l’électricité par pays n’apporte aucune information sur l’intérêt de choisir tel mix énergétique plutôt que tel autre, ni de juger du bien fondé de telle stratégie par rapport à telle autre.

Le Gouvernement français excipe du caractère essentiellement nucléaire de sa production électrique pour justifier un tarif du kWh inférieur de 80% au tarif allemand, justifiant par là sa volonté de prolonger la vie des réacteurs existants, mais « oubliant » d’inclure dans le tarif les coûts de mise en sécurité de ces réacteurs, le traitement des déchets, leur stockage long terme, le démantèlement des centrales en fin de vie, et le coût humain prévisionnel du traitement des problèmes de santé publique qui pourraient résulter d’un accident nucléaire dont l’éventualité ne peut plus être niée.

Au Monténégro l’électricité est encore moins chère qu’en France, il est vrai que la production y est pour 75% basée sur le charbon.

Chez les riches, en Allemagne, où le Nucléaire est boudé, les renouvelables ont le vent en poupe (au sens propre), mais l’électricité y est 80% plus chère que chez nous, malgré le recours au lignite ( 40% du mix énergétique électrique) .

A propos de CO2 et de Charbon, savez-vous que la mine de lignite à ciel ouvert de Garzweiler ( All.) va être agrandie, avec déplacement de 7 600 habitants, et qu’un permis a été accordé à l’exploitant RWE pour l’extraction de 1,3 Milliards de tonnes d’ici 2045 ?

Comment, vous dites que c’est contraire aux recommandations du GIEC ?

Vous faites certainement erreur.

Nous vivons une époque moderne…

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