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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 10:46

La voiture électrique, ou de la lenteur du progrès.

31 Juillet 2013

M.Charles Escoffery, physicien américain, a présenté une automobile propulsée par l’énergie solaire.

Ce véhicule est équipé d’un panneau de cellules de 2,42 m² disposé sur le toit. Il se compose de 10 644 éléments au Silicium de 1 cm sur 2 cm montés sur un support en fibre de matière plastique.

L’énergie recueillie est emmagasinée dans des batteries au Plomb-acide qui permet une autonomie d’environ 100 km à la vitesse de 32 km/h.

Le point faible est le temps de recharge de la batterie, qui est de 50 heures.

Précisons que cette information est extraite du N°171 de la revue « Atomes » de Novembre 1960.

Dans le N°164 de la même revue nous pouvions lire:

« Dès 1952-1954 des prototypes de voitures électriques de tourisme comportaient des générateurs électriques actionnés par un moteur à explosion, et alimentant des moteurs électriques de traction.

Sur un modèle français, il y a quatre moteurs (électriques) reliés directement aux roues et un moteur à essence classique tournant à régime constant .

……

Des ingénieurs français ont réalisé des installations de propulsion électrique alimentées par des batteries d’accumulateurs Argent-Zinc assurant un rayon d’action supérieur à 150 km.

…….

Un prototype américain présente un rayon d’action de 80 km pour une vitesse de 80 km/h. Il est propulsé par deux moteurs de 3,2 CV alimentés en 48V. La batterie au Plomb possède une capacité de 260 Ah pour un poids de près de 300 kg »

Fin de citation.

Le concept de la voiture électrique était donc parfaitement connu et expérimenté dans son architecture moderne il y a déjà plus d’un demi siècle.

A cette époque (1960) il ne faisait aucun doute que l’automobile entrait enfin dans l’ère électrique, et que les problèmes de « rayon d’action » et de poids des batteries seraient promptement résolus.

On sait ce qu’il en a été. Ce fameux rayon d’action est toujours aussi minable et la batterie, bien qu’ayant progressé, reste la pierre d’achoppement. Même les crises pétrolières ont été impuissantes à créer le mouvement vers l’électrique.

Quant aux clients, ils ne sont guère pressés d’abandonner l’essence ou le gazole pour l’électricité qui ne leur apporte que des restrictions d’usage.

Il est de plus en plus probable que cette situation perdurera jusqu’à l’épuisement des réserves pétrolières, portant le prix des carburants à des niveaux inaccessibles pour le commun des mortels.

Entre-temps des solutions de remplacement seront proposées, comme les agro-carburants, le gaz, divers carburants de synthèse, qui permettront de repousser l’échéance fatale au-delà du présent siècle.

Pour imposer la voiture électrique il faudra autre chose que des publicités sur papier glacé.

Il faudra d’abord beaucoup de patience et de communication car ce mode de propulsion implique de renoncer à ce qui fait pour beaucoup l’attrait de la « bagnole »: insouciance, liberté, vitesse, accélération, frime, devront être remplacées par conduite apaisée, économie d’énergie, prévoyance, gestion intelligente.

Toute une éducation à refaire, ce qui peut prendre deux générations.

Quelques mesures incitatives seront nécessaires pour accélérer le mouvement: augmenter la fiscalité sur les carburants fossiles, créer une taxe carbone progressivement dissuasive, mettre en place des zones d’exclusion, détaxer le carburant électrique, etc…

Mais quand on voit déjà les difficultés rencontrées dans la mise en oeuvre des ZAPAS, ou simplement les hésitations du Gouvernement à aligner la TICPE du gazole sur celle de l’essence, il est facile de comprendre que nous n’avons pas grand’chose à attendre de l’efficacité de mesures incitatives édulcorées.

Faut-il nous donner rendez-vous en 2070 pour faire un nouveau point sur le véhicule électrique ?

C’est bien possible…

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