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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 20:12

21/06/2013

Un grand débat National, c’est très démocratique, mais qu’en attendre exactement ?

Le citoyen peut être impliqué à deux titres:

D’abord en tant qu’électeur. Il est censé pouvoir donner son avis sur les grands choix de société, mais encore faut-il qu’on lui pose la question constitutionnellement, c’est-à-dire par le moyen du référendum.

En l’occurrence, sur la politique énergétique.

Or, à notre connaissance, il n’est prévu aucune consultation de cette sorte sur les grands choix stratégiques.

Quant aux élections présidentielles, qui sont le seul vrai moyen (en l’absence de référendum) de tenter d’influencer les choix de société en changeant la couleur politique du Gouvernement, l’expérience a montré l’inefficacité du procédé.

Le Gand Débat National sur la Transition énergétique a une vocation pédagogique et se veut un organe de transmission du citoyen vers les décideurs, sans pour autant prétendre se substituer à une consultation ayant valeur de référendum.

La voix du citoyen y a donc valeur d’information sur l’état de l’opinion, sans plus.

L’autre implication du citoyen se manifeste par ses choix personnels dans le cadre de sa vie familiale et/ou professionnelle, et à l’intérieur des limites imposées par la législation.

Dans cette optique sa participation à la transition énergétique peut revêtir divers aspects:

Il peut adopter une attitude passive, ne rien changer à ses habitudes de consommation énergétique, se borner à évoluer sous la contrainte de la règlementation, de la pression fiscale ou de l’augmentation du prix de l’énergie, ou encore selon son appréciation de ses propres intérêts.

Mais il peut également décider d’agir sans attendre d’y être contraint par la règlementation ou les circonstances. Il doit alors travailler dans deux directions:

- Réduire sa consommation énergétique.

- Choisir d’utiliser la ou les énergies qui lui paraissent les mieux appropriées.

Pour la première direction il s’agit d’une remise en question de ses modes de vie, d’une modernisation des ses équipements, et d’une amélioration des performances thermiques de son logement. Les objectifs sont clairs, les moyens d’y parvenir aussi, reste le problème financier. Chacun fera selon ses moyens et les aides éventuelles de l’Etat, certaines dépenses pouvant être mutualisées.

Par contre pour la seconde direction, le choix des énergies, les critères de choix sont loin d’être évidents:

- Faut-il tout miser sur le gaz, qui paraît avoir le vent en poupe ?

- Faut-il au contraire favoriser l’électrique, à cause de son appartenance aux sources renouvelables ?

- Faut-il renoncer définitivement au fuel domestique, et donc aussi au gazole ?

- Faut-il se convertir à la voiture électrique ou revenir à l’essence à cause de l’avenir des biocarburants ?

- Faut-il adopter le bois-énergie, et dans quelles proportions ?

- Faut-il aller vers le photovoltaïque, malgré son faible rendement ?

- Etc…

Dans ce domaine le citoyen se trouve livré à lui-même et manque de directives à long terme claires de la part de l’Etat, notamment sur les politiques tarifaires, sur l’évolution des règlementations et de la fiscalité.

Donc là aussi le citoyen voit son rôle limité par manque de visibilité, car trop de choix tue le choix.

Le consommateur se voit alors investi d’une responsabilité qu’il n’est pas préparé à exercé, et se demande parfois ce qu’on attend de lui dans ce débat.

Lui laisser entendre qu’il peut avoir un pouvoir de décision sur les grands choix comme le Nucléaire ou les gaz de schiste est une supercherie, ses choix dans ces domaines ne pouvant être qu’idéologiques, eu égard à sa méconnaissance bien normale du fond du problème.

Or une discussion nationale sur des choix idéologiques ne peut déboucher sur rien de bien constructif, sinon sur un clivage de plus.

Qu’on en vienne donc rapidement au projet de loi sur la transition énergétique, qui donnera enfin une base concrète de discussion plutôt que de continuer à disserter sur la queue de la comète.

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