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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 10:43

Energies nouvelles et relativité des coûts.

15 Mai 2013

Parmi les nombreux arguments opposés au nucléaire civil, certains sont irréfutables, voire décisifs, comme les risques de catastrophes fukushimistes ou tchernobyliennes, la pollution radioactive engendrée par le stockage des déchets et le démantèlement, et les effets de la dissémination.

Mais d’autres le sont moins, qui viennent polluer le débat et retirer du crédit à l’ensemble du discours.

L’argument du coût prohibitif de l’investissement nucléaire est de ceux-là.

Il n’est donc pas inintéressant de mettre le coût d’un réacteur EPR en balance avec celui d’une installation solaire fournissant la même quantité d’énergie.

On connaît le coût pour l’EPR, qui a fait la une de tous les journaux, et qui présente la caractéristique de se dilater avec le temps. La dernière enchère était à 8,5 Milliards d’euros pour le modèle de démonstration (Flamanville), et nous estimons que la chose aura coûté 12 Milliards au moins à sa mise en service.

La puissance annoncée de 1 650 MW électriques, jointe à un rendement estimé à 85% permet de calculer l’énergie fournie par la bête annuellement: environ 12 TWh.

Face à ce programme, nous pouvons mettre par exemple la dernière merveille solaire qui vient d’être inaugurée à Abu Dhabi et qui représente le nec-plus-ultra de la technologie des centrales héliothermodynamiques:

Pour une puissance nominale de 100 MW le coût annoncé est de 450 millions d’euros (Source TOTAL), pour une surface au sol de 2,5 km2.

En Arabie non plus le Soleil ne brille pas la nuit, et malgré un système d’orientation automatique des miroirs, le rendement global ne dépassera pas 30%, ce qui laisse espérer une production annuelle de 150 GWh.

Il faudrait donc disposer 80 installations semblables pour égaler la production d’un seul réacteur EPR.

Même en tenant compte d’un prix de gros pour une industrialisation à grande échelle, le coût ne serait pas inférieur à 25 Milliards d’euros, soit le double du prix d’un seul réacteur EPR.

Cet investissements considérable devrait bien sûr être complété par les installations correspondantes de stockage de l’énergie électrique indispensables pour la compensation de l’intermittence du solaire.

Etonnant, non ?

Autre facteur de comparaison, l’emprise au sol.

La centrale de Flamanville occupe quelques km2.

Les 80 parcs solaires évoqués plus haut occuperaint 200 km2, en Arabie.

Inutile de souligner que l’ensoleillement du territoire français, même au Sud, n’a que de lointains rapports avec celui qui règne à Abu-Dhabi !

La surface nécessaire serait donc dans le même rapport, de l’ordre de 250 à 300 km2 si l’on veut installer la chose chez nous.

Le lecteur calculera aisément la surface occupée par ce genre d’installations si elles devaient produire ne serait-ce que 20% de notre énergie électrique.

Ces données ne suffisent pas en elles-mêmes à effectuer un choix entre telle ou telle solution, mais elle sont indispensables pour l’évaluation des conséquences du choix quel qu’il soit.

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