Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 12:19

30 Avril 2011


Nous avons longuement présenté le Radon 222, ce gaz rejeton radioactif du l’Uranium naturel, qui profite de son  état gazeux pour s’insinuer partout dans notre environnement. Il est tellement présent que l’OMS recommande de le surveiller de près et de s’en protéger au besoin.


Après plusieurs désintégrations assez rapides, il aboutit au Plomb 210, rejeton également radioactif à vie plus longue ( période de 22,3 ans).


On trouve donc du Plomb210 partout, y compris dans nos poumons puisque nous respirons tous du radon, à doses plus ou moins fortes.


On en trouve même dans les cuves des méthaniers, ce qui laisse supposer qu’il y a du radon dans le gaz naturel.


Nous en reparlerons ultérieurement.


D’autres éléments radioactifs sont présents dans notre environnement, notamment le Potassium (K40) , d’origine naturelle, et de temps en temps une bouffée d’Iode 131, qui fait sporadiquement la une des médias.


Mais il en existe un autre, curieusement assez discret, c’est le Césium 137, résidu des essais et des accidents nucléaires. Il fait rarement la une des journaux malgré sa présence permanente hautement toxique.


Nous avons vu que certains lui ont trouvé une utilité dans la datation des bouteilles de vins millésimés.


En tant que marqueur temporel, il est utilisé en différentes autres applications.


Ce qui nous intéresse ici, c’est sa nocivité et son cycle de vie.


Le Césium 137 est un des multiples produits de fission qui résultent d’explosions nucléaires et d’accidents de réacteurs. Il est particulièrement mauvais pour au moins sept raisons:


- Il a une durée de vie longue ( à l’échelle de la vie humaine), sa période (demi vie) est de 30,15 années. Par exemple, le Césium137 rejeté dans l’atmosphère par la catastrophe de Tchernobyl de 1986 ne se sera résorbé à 50% dans la biosphère qu’en 2016.


- Il se dépose assez rapidement au sol ( son dosage atmosphérique diminue rapidement après un accident nucléaire), à partir duquel il s’intègre dans la chaîne alimentaire, provoquant une contamination totale et durable.


- Il est biologiquement dangereux car il a des affinités chimiques qui lui permettent de se déguiser en Potassium ( Ils sont dans la première colonne du tableau périodique des éléments, avec le Sodium ). Ingéré dans l’organisme, il va suivre le même circuit que le Potassium, se retrouver dans le sang  et contaminer tous les organes.


Il est particulièrement nocif chez les enfants, dont l’organisme réclame beaucoup de Potassium.


Il ne sera partiellement éliminé de l’organisme qu’au terme d’une période biologique de 70 à 100 jours ( à l’issue de cette période il en restera encore 50%).


- Il se désintègre en émettant des rayonnements Beta ou gamma, dont les  effets sur l’organisme sont dévastateurs, et dépendent bien sûr des doses reçues ( J’épargne au lecteur la liste des effets biologiques constatés, elle est assez effrayante).


- Il n’est pas éliminé de la biosphère, sinon par sa propre désintégration, qui est assez lente. En effet, la chaîne alimentaire, comme son nom l’indique ( ou devrait l’indiquer), est une boucle sans fin. Ce qui est rejeté réintègre le sol et se retrouve dans les végétaux et les animaux consommés.


- Il est concentré par certains types de végétaux et d’animaux consommateurs de ces végétaux. Par exemple les champignons ( certains d’entre eux comme la truffe ou le pied de mouton) dans lesquels on a trouvé des concentrations considérables, bien sûr dans les pays de l’EST, et le gibier mycophage. Le cheptel domestique n’est pas épargné, pas plus que les légumes ou les eaux de consommation.


Après Tchernobyl, la norme de pollution au Cs137 « acceptable » a été fixée à 600 Bq/kg. Des contrôles ont constaté parfois des doses très supérieures.


- Et enfin, on ne connaît pas encore de méthode efficace pour l’éliminer ou contrer ses effets dans l’organisme.


Il est évident qu’à coté de ce tueur, l’iode131 fait figure d’aimable trublion.


Faut-il rappeler que l’ingestion de pastilles d’iode, censées protéger la thyroïde des attaques de l’Iode 131, est sans effet sur le Césium 137.


Je suis sûr que dorénavant vous ne regarderez plus votre assiette de la même façon, et que la cueillette des champignons perdra un peu de son caractère bucolique…



 

Partager cet article

Repost 0

commentaires