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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 19:23

 

28 Mai 2012

Le grand battage autour de la voiture électrique me rappelle l’ancienne sagesse populaire qui nous enseigne qu’on peut mener un âne à l’abreuvoir, mais qu’on ne peut pas l’obliger à boire.

Avec la publicité dans le rôle de l’abreuvoir, et l’usager moyen dans le rôle de l’âne ( Pardon cher lecteur), nous somme à peu près dans la même situation.

Chaque mois, de merveilleux engins sont exhibés par des constructeurs qui rivalisent d’imagination pour qu’enfin l’automobiliste moyen consente à se faire électrifier. Les EV, les HEV, et les PHEV étalent leurs arguments en jouant sur les cordes de l’écologie, du standing, de l’économie, du silence, de l’avant-gardisme, du bonus, et même de la menace de taxe carbone, sans réussir à convaincre quiconque, à part une poignée de consommateurs inconditionnels de nouveautés.

C’est que l’automobiliste moyen est devenu un homme averti qui s’efforce de ne pas prendre des vessies pour des lanternes. L’homme du terroir, et le citadin, qui est bien souvent un ancien paysan, ont gardé l’habitude de regarder dans la bouche du cheval avant de l’acheter.

Et dans la bouche du cheval électrique, on y voit de drôles de choses qui incitent à la réflexion:

- C’est nouveau, donc il y a forcément des plâtres à essuyer.

- L’ancien système fonctionne, je ne vois pas pourquoi j’en changerais.

- C’est compliqué et bourré d’électronique, et les batteries ne sont pas au point.

- C’est beaucoup trop cher, même avec le bonus.

- Il faut recharger une batterie, et cela prend des heures.

- L’autonomie est ridicule.

- Je ne pourrait pas recharger ma batterie sur la route.

- A la revente j’y perdrais beaucoup.

- Etc…

Les promoteurs de la chose électrique se prennent à rêver d’une bonne fée qui, d’un coup de baguette magique, créerait l’environnement propice:

- Pétrole à 500 Dollars le baril.

- Prix du KWh stabilisé à onze centimes.

- Nouvelle règlementation interdisant les centres villes aux véhicules émettant plus de 50 g de CO2 au km ( Coucou la pastille verte).

- Instauration d’une taxe carbone dissuasive.

- Génération spontanée d’une structure de recharge des batteries.

- Et pourquoi pas, rationnement du carburant.

Mais hélas la réalité est obstinée, le pétrole persiste à rester collé à la barre des cent Dollars, la taxe carbone se fait attendre, les centres villes restent ouverts aux pires engins pollueurs, et on parle même d’une augmentation du tarif de l’électricité, soutien aux énergies renouvelables oblige. Quant aux structures de recharge des batteries, il n’en est question que dans les projets d’études subventionnés.

Face à cette situation les constructeurs ont fini par comprendre que le marché de masse de la voiture électrique n’est pas pour demain matin.

Comme il faut quand même se faire la main pour être prêts au cas où, ils ont décidé d’exploiter les niches existantes, et au besoin en créer de nouvelles.

Car il existe des créneaux exploitables dans les véhicules de sociétés, les taxis, les véhicules de location ou en libre service, les flottes de véhicules de collectivités locales, les véhicules de livraison en circuit court, les flottes de l’Administration, et bien sûr EDF et la Poste, toujours en première ligne dans ce genre d’opérations. A cela pourront s’ajouter quelques particuliers assez motivés pour acquérir un véhicule qu’ils pourraient obtenir pour la moitié du prix en technologie conventionnelle.

Mais quand on aime on ne compte pas….

Pour illustrer le propos, j’aimerais présenter le nouveau bébé d’Opel, qui tente de corriger certaines lacunes des autres véhicules déjà présents sur le marché. C’est bien sûr un véhicule hybride rechargeable, plus personne ne croit au véhicule routier uniquement électrique.

Pour garantir les performances et l’autonomie, l’engin est doté de trois moteurs ! C’est la ceinture et les bretelles.

- Un moteur électrique puissant A de 111 KW ( 150 CV) pour assurer la traction en régime électrique de croisière.

- Un batterie de 16 Kwh ( 198 Kg ) pour fournir une autonomie de 60 à 80 Kms. Donc beaucoup plus que les autres hybrides du commerce.

- Un second moteur électrique B, de 54 KW ( 72 CV) qui a deux fonctions:

D’une part, assister le gros moteur électrique A en cas de demande élevée de puissance sur la route.

D’autre part, fonctionner en générateur pour recharger la batterie.

- Un moteur thermique à essence, de 1400 cc, et 63 KW ( 86 CV) dont le rôle est de recharger la batterie en entraînant le moteur-générateur B.

Tout cela est couplé par un système mécanique assez complexe, géré par un calculateur non moins complexe.

La vitesse de la chose est limitée à 160 Km/h pour ménager la consommation d’électricité.

Le poids à vide de la bête est de 1 700 Kg avec la batterie.

Ce véhicule est conçu manifestement pour couper court aux critiques habituelles sur l’autonomie et les performances.

Le prix est de 40 000 euros bonus déduit.

La niche visée n’est évidemment pas la voiture de Monsieur tout le monde, qui sera plutôt intéressé par une voiture « ordinaire » à essence, qui lui offre les mêmes performances et le même équipement pour deux fois moins cher.

Ce véhicule a au moins l’intérêt de montrer ce que pourrait être le véhicule électrique du futur, lorsque la courbe d’apprentissage aura amené son prix à une valeur compatible avec les moyens financiers de la masse des acheteurs.

Ce qui ne saurait advenir avant une petite décennie.

On pourra s’étonner de ne pas trouver ici l’éloge de la CITROEN DS5

Hybrid 4, qui se place sur le même créneau que l’OPEL.

Mais l’autonomie électrique ridicule de la CITROEN, environ 3 Km, ne permet pas de la considérer comme un véhicule électrique, même partiellement. La référence à l’hybride est dans ce cas un abus de langage à la limite de l’escroquerie vis-à-vis d’une clientèle pas toujours avertie.

Il serait souhaitable que la profession cesse d’exploiter la naïveté technologique des acheteurs pour leur vendre des objets non conformes à ce qu’ils sont en droit d’attendre. Ces comportements ne sont pas de nature à soutenir le développement futur du véhicule électrique.

Désormais en 2012 un véritable véhicule hybride doit appartenir au type VHAE (Véhicule Hybride à Autonomie Etendue) ou encore E-REV (Electric- Range Extanded Vehicle), ce qui est le cas de l’Opel citée.

 

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commentaires

Xetius 04/06/2012 22:47

Retour sur terre !
Tout cela ne peut concerner que des marchés de niche, limités.

Un aperçu de la réalité > http://futura24.voila.net/petrole/voiture.htm

Sans pétrole, exit les hybrides, de toute évidence.

L'électricité, il faut la produire en quantités démesurées : déjà 58 réacteurs nucléaires à temps plein pour la France routière.

L'hydrogène, encore pire : 120 à 150 réacteurs nucléaires (France seule).

Reste le bon vieux cheval.

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