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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 18:36

11 Octobre 2010

Le tapage médiatique orchestré autour du réchauffement climatique peut donner à penser que les décideurs de la planète restent indifférents au problème malgré les mises en gardes réitérées des climatologues.

Heureusement il n’en est rien. Les scientifiques n’ont pas attendu les menaces proférées médiatiquement par les gourous du réchauffement pour prendre conscience de l’importance des changements climatiques dans les modifications de l’environnement, et en particulier du rôle des activités humaines dans ces changements. Les gesticulations politiques n’ont que peu d’influence sur la sérénité des chercheurs et sur la marche de leurs travaux. Elles peuvent cependant jouer un rôle sur les financements.

Le rôle du CO2 est connu depuis fort longtemps. En 1896, Svante August Arrenhius montra qu’un doublement de la concentration de ce gaz dans l’atmosphère pourrait entraîner une élévation de la température moyenne de + 4 °C.

Plus d’un siècle plus tard, les modèles mathématiques du GIEC/IPCC ne sont pas plus précis.

Le schéma de développement de notre civilisation étant ce qu’il est, c’est-à-dire fondé sur la consommation d’énergie fossile, et prenant acte que ce schéma n’était pas prêt de changer, les scientifiques ont vite compris que l’on ne pourrait éviter un accroissement considérable des émissions de CO2 au cours du présent siècle.

Il existe des mécanismes naturels de régulation du climat, mais ces mécanismes sont mal connus. En particulier on ignore les limites de la plage de régulation; jusqu’à quel taux de CO2 la régulation naturelle peut-elle fonctionner ?

L’étude des climats passés montent que sous certaines conditions la Terre a basculé dans des situations climatiques extrêmes. Des variations de température de quelques degrés étaient parfaitement tolérées il y a quelques centaines de milliers d’années. La faune et la flore s’adaptaient à cette nouvelle situation . Certaines espèces disparaissaient , et étaient remplacées par d’autres.

De telles conditions seraient aujourd’hui fortement préjudiciables à la survie de la civilisation.

L’humanité a proliféré dans des conditions telles que toutes ses niches écologiques favorables ont été occupées, en sorte que le moindre changement des conditions environnementales entrainerait de graves conséquence sur les populations.

En clair nous ne pouvons plus nous permettre de changer un bouton de culotte sans risquer de provoquer une catastrophe humaine planétaire.

Il y a de nombreux paramètres qui participent à la formation du climat de la planète. Le niveau des radiations solaires, les éruptions solaires, les rayons cosmiques, le volcanisme, la température des océans, les courants marins, les faunes océaniques, la végétation terrestre, les neiges et les glaces, les nuages, les activités humaines , etc, etc….

Nous ne pouvons agir directement que sur quelques-uns de ces paramètres, ceux qui sont liés aux activités humaines: la couverture végétale ( agriculture, sylviculture, urbanisation ) , le contrôle des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, l’exploitation des océans, la gestion de l‘eau, la pollution. Les autres paramètres ne sont pas à notre portée ce contrôle direct.

Il existe un courant de pensée qui place le contrôle de la démographie parmi les paramètres d’ajustement. Nous n’aborderons pas cette éventualité.

Les scientifiques se préoccupent depuis longtemps de la bonne gestion des paramètres climatiques « anthropiques ». Il existe de nombreux programmes pour le développement durable , le protection des océans, la gestion des ressources en eau, la lutte contre la déforestation, le traitement des déchets.

Le contrôle des émissions anthropiques de gaz à effet de serre concerne essentiellement de CO2. Il est apparu assez rapidement que le simple contrôle des émissions est nécessaire, mais non suffisant. Il est nécessaire pour réduire rapidement le taux de croissance des émissions, mais il ne modifie pas la quantité globale de CO2 émis;

La réévaluation des réserves de combustibles fossiles , et la perspective du développement des carburants liquides de remplacement , laissent penser qu’une quantité considérable de CO2 sera émise au cours du siècle à venir.

La seule solution pour contrer ce problème reste donc la séquestration du CO2 excédentaire.

De nombreux programmes de recherche et développement ont été lancés depuis plusieurs années autour de la capture et de la séquestration du carbone. Ces travaux sont gérés par des entités à couverture planétaire:

L’AIE ( Agence Internationale de l’Energie) , Organisation intergouvernementale comportant 28 pays membres, créée en 1974. Son rôle a été récemment étendu aux politiques énergétiques liées aux changements climatiques.

Le CSLF ( Carbon Sequestration Leadership Forum) , Organisation internationale comportant 25 membres ( 24 pays + l’Union Européenne ) créée en 2003. Représente 60% de la population mondiale. Sa mission est de faciliter le déploiement des technologies relatives au programme CCS ( Carbon Capture & Sequestration).

G8/ Plan d’action « Gleneagles ». Confirme les programmes du CSLF et pose les base d’une coopération avec l’AIE.

FP7/ Framework Programme 7è phase. Programme de recherche et développement pour l’Europe.

La communauté Européenne a émis en 2009 la « Directive Européenne sur le stockage géologique du CO2 », qui doit être transposée par les pays membres en règlements nationaux à l’horizon 2011.

Une liste des programmes déjà terminés ou en cours sous l’égide du CSLF est disponible sur ce site:

 

http://www.cslforum.org/publications/documents/CSLFRecognizedProjectsOctober2010.pdf

Les outils sont donc en place ou en voie de développement pour la maîtrise du programme CCS. L’objectif envisagé à l’horizon 2050 est de limiter la concentration du CO2 à 450ppmv.

Malgré la mauvaise impression laissée par l’échec de Copenhague, il est donc évident que les Etats ont pris conscience du problème et ont entrepris les programmes de recherche et développement appropriés.

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commentaires

doc zaius 20/11/2010 10:06


Bonjour,
Je retiens le sentiment d’absurdité que suscite le CSC. En fait c’est l’ensemble de notre système économique qui est absurde:
Absurde, un développement basé sur un progrès économique dépendant d’une énergie limitée.
Absurde, un système économique entièrement aux mains de la haute finance.
Absurde, une mondialisation au service des groupes internationaux.
Et bien d’autres choses….
Dans une civilisation fondée sur l’absurde, la stratégie CSC ne peut être que dans la continuité de cette absurdité ambiante.
Mais comment faire pour sortir de cette absurdité ?
Une économie mondiale ( car c’est de cela qu’il s’agit ) ne se manœuvre pas comme le budget d’un ménage. Les intérêts politiques et économiques colossaux qui sont en jeu n’ont que faire de nos
incantations vertueuses.
Même à une échelle réduite, celle de notre pays, nous ne savons pas gérer ces absurdités:
- Nous exigeons des énergies renouvelables, mais nous ne voulons pas d’éoliennes sur notre commune.
- Nous exigeons une extension du réseau ferré, mais nous ne voulons pas du TGV sur notre territoire.
- Nous exigeons des centrales électriques sans CO2, mais nous sommes contre le nucléaire.
- Nous militons pour la pureté de l’air , mais nous remplissons les charters de tourisme.
- Nous pestons contre la pollution de l’air , mais nous brûlons du bois dans nos cheminées.
- Nous construisons en zones inondables, et nous exigeons des indemnités si nous sommes inondés.
- Nous fumons, nous buvons, et nous exigeons d’être soignés pour les dégâts résultant.
- Nous protestons contre les additifs, mais nous continuons à acheter les produits qui en contiennent .
- Etc, etc….
Eh bien , le monde, c’est pareil mais en plus grand et en pire.
Il n’y a pas de solution simple , rapide et pas chère, pour transformer ce monde imparfait en un paradis vertueux.
Oui, le CSC c’est idiot , très cher, probablement nuisible, mais jusqu’à présent on n’a rien trouvé d’autre pour atténuer la montée du CO2 en attendant de savoir supprimer les émissions,
c’est-à-dire à l’horizon 2020.


Rivoire 19/11/2010 17:43


Bonjour DocZaius,

Je pense que nous nous sommes mal compris. Je ne suis pas contre le progrès. Je dis simplement que le CCS est un concept qui me laisse pantois. D'ailleurs, je n'arrive pas à comprendre comment
l'état français se laisse dépouiller par ce concept. Derrière le CCS en France, il y a les appels à projet de l'ANR, de l'ademe du FUI (et demain du grand emprunt) qui donne plusieurs millions
d'euros par an aux industriels du secteur afin qu'ils travaillent sur le développement du CCS en France. Je ne citerai pas d'industriel ici mais vous vous doutez bien qu'il s'agit de grosses
sociétés industriels avec des marges confortables. Comme on l'a vu, le travaille à fournir et l'ampleur des développements à réaliser sont colossaux. Et tout ça pour un piètre résultat quand au
quantités disons net de CO2 séquestrées. Ce qui me gène la dedans, c'est que le chemin pris ne me semble pas idéal. Au lieu de dépenser énormément d'argent pour continuer à produire autant ou plus
de CO2 qu'aujourd'hui et de le séquestrer , je pense qu'il serrait plus bénéfique de dépenser cette argent pour résoudre le problème à la source en travaillant sur l'intensification des procédés ou
de nouvelles voies de production moins emmétrices de CO2. En d'autres termes, essayer de réduire le débit d'eau qui sort du robinet. Malheureusement, ce n'est pas cette solution qui est à la mode.
Alors, ça c'est pour le côté technique, mais je pense également que cette recherche de solution doit également passer par une prise de conscience collective si on veut qu'elle soit efficace. Car il
faut bien comprendre qu'un industriel, compte-tenu des pressions économiques qui l'entoure, n'a aucun intérêt à dépenser de l'argent pour rendre "plus propre" son procédé, développer des voitures
électriques (on à vu récement qu'un grand constructeur national a lancer des travaux sur une plateforme de voiture électrique suite à une aide reçue de l'état français), etc .... Un particulier,
n'a pas d'intérêt à acheter une casserole fabriquée en Europe alors que celle importé de Chine est deux fois moins chère. Ainsi, un système tel que la taxe carbone appliquée aux industriels et aux
transports de biens de consommation au prorata des kilomètres qu'ils ont parcourus permettrait cette prise de conscience et aurait pour effet colateral de rééquilibrer le marché économique. Voilà
mon point de vue que je partage aujourd'hui avec les élements que je détiens (qui sont assez complet je pense car travaillant dans un secteur très emmeteur de CO2). Mais le débat reste ouvert....
Je voulais tout simplement partager mon sentiment d'abusrdité fasse au concept CCS.


doc zaius 19/11/2010 16:18


Bonjour,
Pour Rivoire,
Merci pour cette longue démonstration avec le seau, mais en fait le CSC n’a jamais eu pour objectif de diminuer les émissions de CO2, mais plutôt le taux de ce gaz, ce qui n’est pas la même chose.
Soyons étymologiques jusqu’au bout….
J’ai bien compris que vous êtes pour la croissance négative et l’arrêt du progrès quel qu’en soit le coût. C’est votre droit le plus strict.

Pour Escaravage,
Aux inconvénients que vous citez, on peut en ajouter d’autres comme le coût très élevé;
Mais, avons-nous réellement le choix ?
Je déduis de votre note que vous êtes également pour l’arrêt du progrès, c’est un point de vu qui est partagé par de nombreuses personnes, mais combien d’entre elles donnent l’exemple ?


Escaravage 19/11/2010 16:01


Il convient d'ajouter le problème de l'acceptabilité de la CCS par les populations voisines des sites de stockage.
Certes l'avis des Touaregs à In Salah comme celui des malheureux Chinois n'aura guère plus de poids que celui des harengs de la Mer du Nord. Mais il n'en sera à coup sûr pas de même dans les pays
dits démocratiques, malgré le rôle grandissant qu'y prennent les lobbies. Le nouveau gouvernement hollandais vient de renoncer à poursuivre un projet près de la ville de Barendrecht devant
l'opposition énergique des habitants.


Rivoire 18/11/2010 23:27


L'idée de capturer et de séquestrer le CO2 en sous-sol est une idée qui comme on le dit en ce moment fait le buz. Elle parait à première vue une solution intéressante à la limitation des émissions
de gaz à effet de serre dans l'atmosphère en s’attaquant en particulier au CO2.... Enfin, si on veut être rigoureux et précis et si on regarde cette idée d'un peu plus près, on s'aperçoit très vite
qu'il n'en est rien. Mettons tout d'abord en avant l'aberration d'un point de vue étymologique. Cette technique dénommée communément CCS ne limite en rien les émissions, elle se contente plutôt de
soustraire une partie du CO2 contenu dans l’atmosphère et de le stocker ailleurs que dans l’atmosphère. Cette technique ne limite donc pas les émissions au sens étymologique du terme mais elle «
prélève » du CO2 de l’atmosphère. En première approche, on peut se dire que ce point de détail étymologique n’apporte rien au débat et qu’on se contente de dire la même chose avec des mots
différents. Mais malheureusement non… Voyons maintenant quelle aberration physique amène cette aberration étymologique. Et pour se faire, prenons un exemple : Imaginons que je souhaite LIMITER le
niveau d’eau d’un sceau positionné sous un robinet perpétuellement ouvert afin que ce dernier ne déborde pas. Pour limiter se niveau, je n’ai pas d’autre choix que de prélever régulièrement de
l’eau du sceau et de la mettre ailleurs. Par exemple, dans un égout à 10 mètres du sceau. D’un point de vue travail développé pour prélever régulièrement de l’eau, on s’imagine bien que ce dernier
est conséquent et surtout infini. Ce travail qui consiste a écoper une quantité d’eau du sceau et à la transporter dans le puits 10 mètre plus loin va finir par me faire transpirer et ainsi, je
vais moi-même fabriquer de l’eau (salée). Chaque coup de pelle à écoper va donc me permettre de prélever de l’eau mais aussi, il va lui produire de l’eau (par le biais de ma transpiration). Ainsi,
le bénéfice de mon travail n’est pas optimal puis qu’une certaine quantité d’eau écopée et transportée sera relargué sous forme d’eau transpirée. De plus, au bout d’un moment, à force de
transpirer, j’aurai très certainement soif et j’aurai donc envie de consommer de l’eau. Si par contre, au lieu de prélever de l’eau, je fais en sorte de réparer le robinet. Je n’aurai aucune
difficulté à fermer ce dernier avant que le sceau ne déborde. Cet exemple est certes simpliste mais croyez bien que je m’en réjoui car elle est là pour résumer le raisonnement simpliste qui a
conduit à mettre en avant la capture et séquestration du CO2. Ainsi, pour passer de l’exemple ci-dessus aux aberrations du CCS, il convient tout d’abord de mettre en avant le fait que les lieux de
séquestrations ne sont en aucun cas à proximité des lieux de « production » du CO2 tellement ces derniers sont de nature variée. Nous pouvons citer par exemple l’industrie chimique, le raffinage,
l’industrie du verre, l’industrie de l’électronique et le photovoltaïque qui sont de gros pourvoyeur de gaz industriels qui sont produits en relarguant de grande quantités de CO2, le chauffage
domestique au gaz, au fuel, les incinérateurs, les voitures, les camions, les navires marchants, les avions et tant d’autres choses liés à l’activité humaine. Comment dans ces conditions capter ce
CO2. La tâche ne me semble pas simple et elle ne l’ait pas….. Il faut dire aussi pour être précis sur le sujet, que le CO2 dont nous parlions juste avant n’est pas du CO2 propre ! On le savait déjà
ça me direz vous. Oui en effet, le CO2 est sale puisqu’il pollue. Néanmoins, il est sale bien au-delà de ce que l’on pense. En faite, le CO2 ne sort pas tout seul des cheminées d’usines, des gaz
d’échappements, des moteurs d’avions. Non, il sort avec pleins d’autres choses qui rendent son captage très difficile. Les solutions technologiques mises en œuvre ont la mauvaise habitude de
s’encrasser…. Alors pour avoir du CO2 plus propre à la sortie des cheminées d’usines, on injecte dans les bruleurs des usines de l’oxygène. Oxygène qui est bien sur produite à grand coup d’énergie
électrique (donc en France nucléaire mais aux USA, en Chine, en Australie, en Allemagne l’électricité est majoritairement produite à partir de centrale thermiques qui elles mêmes émettent du CO2 –
Chiffre disponible sur le site de l’ademe). Et quand bien même, une fois que nous aurons réussi à trouver une solution de captage révolutionnaire, il va falloir transporter ce CO2 vers les puits de
séquestration. Comment faire ? Utiliser des camions ?.... Non. Utiliser des trains. Oui peut-être mais électrique alors et à conditions que les trains s’arrêtent dans toutes les usines,
incinérateurs, aéroports, …. Mouais …. C’est pas fabuleux comme solution. Alors peut-être que par pipe nous pourrions trouver une solution. Oui… Là encore, il va falloir construire des réseaux
(montable et démontable à souhait car une fois qu’un puit sera plein, le réseau ne servira plus à rien). Bref, je pourrai continuer ce commentaire pendant encore quatre pages mais je pense que vous
aurez compris mon analyse et que je suis vraiment, vraiment pessimiste quand aux limitations des émissions de CO2. En faite, il faut bien se rendre compte que pour une fois (et c’est assez rare
pour le souligner), la technologie n’est pas la clef du problème et qu’elle ne pourra pas faire grand-chose pour résoudre ce problème. Non, la clef du problème se situe plutôt très certainement à
un niveau humain et à une prise de conscience collective que nos activités dépassent de trop loin nos besoins et que si nous voulons sortir de cercle vicieux, il va bien falloir se résoudre à
réparer le robinet et à le fermer.


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