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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 19:06

Une crise salutaire ?

15 Novembre 2011

Un certain nombre de pays européens viennent de se réveiller avec une sévère gueule de bois.

Bien sûr personne n’ignorait l’existence de la dette des Etats, mais on en parlait comme d’une entité abstraite, une sorte de mal inévitable mais sans conséquence pratique. Les économistes distingués ne nous affirmaient-ils pas qu’un Etat ne peut pas faire faillite ?

Tout au plus jetait-on en haut lieu un regard un peu appuyé sur le service de la dette, lequel était perçu comme une sorte d’offrande rituelle pour se concilier les faveurs des dieux de l’économie.

Et ainsi, année après année, en est-on arrivés à cumuler une dette atteignant un montant extravagant, sans que jamais aucun responsable de haut niveau de quelque bord que ce soit, ne tire un signal d’alarme pour actionner les freins.

Cette course au surendettement se poursuivait donc imperturbablement, avec comme issue inéluctable le défaut du ou des Etats concernés.

(Les observateurs attentifs auront noté que cet argent n’est pas perdu pour tout le monde. En effet, le montant de l’augmentation annuelle de la dette est très voisin du montant de l’accroissement annuel cumulé des fortunes des plus riches).

L’intervention des agences de notation américaines est venu perturber le jeu en sifflant la fin de la partie.

Nombreux ont été ceux qui ont découvert à cette occasion que l’argent de la dette est du vrai argent, prêté contre versement d’un intérêt, et que les prêteurs s’intéressent de près au capacités de remboursement des Etats emprunteurs. Il en résulte une équation simplissime, plus la confiance baisse, et plus les taux augmentent. A un certain moment le service de la dette devient impossible et c’est la faillite.

Ce raisonnement est probablement trop simple pour retenir l’intérêt des puissants qui nous gouvernent…

Cette méconnaissances ( plutôt ce mépris ) des règles les plus élémentaires de la finance moderne est confondante. Que les lois de la mondialisation aient pu à ce point échapper à nos dirigeants de tous bords laisse pantois.

On aurait pu, à tout le moins, établir un semblant de début de contrôle de la dette publique des pays européens, adossé à une agence de notation européenne, et la BCE aurait eu les outils pour introduire un début de contrôle des marchés financiers.

Il aura fallu que les américains viennent nous tirer les oreilles pour nous rappeler que la finance est une affaire de grandes personnes, et que l’insouciance se paie cash.

Mais peut-être ce séisme aura-t-il des retombées positives. Mais que de dégâts devrons-nous constater avant que la situation ne se stabilise à un niveau plus raisonnable ?

Gageons que la prochaine génération d’hommes politiques y regardera à deux fois avant de se jeter dans les bras des financiers .

Qui a dit:

«  Pour dîner avec le diable, il faut une cuillère à long manche » ?….

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