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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 11:03

7 Décembre 2011

Les temps sont durs pour les responsables des approvisionnements électriques.

La France est le dernier pays d’Europe en matière d’énergies nouvelles, et le nucléaire civil a du plomb dans l’aile.

Dans le même temps les français accroissent leur consommation d’électricité, malgré les règlementations diverses, malgré les progrès indéniables dans l’isolation des bâtiments, mais aussi à cause du développement des applications nouvelles, et du nombre des ménages, sans parler de la future voiture électrique !

Le recours à des centrales thermiques à flamme pour compléter les besoins est inévitable, mais tout doit être fait pour en limiter la portée.

Nous entrons donc dans une ère difficile, où les économies d’énergie deviennent inévitables.

Pour passer du vœux pieux à la réalisation, il faut des outils.

Des outils financiers, tarification, quotas, incitations, taxes diverses.

Des outils règlementaires, pour l’efficacité énergétique des matériels et des bâtiments.

Tout cela existe, il « suffit » de les utiliser à bon escient.

Il demeure cependant un problème non résolu, celui de la grande variabilité de la consommation.

Alors que la puissance moyenne demandée est de 45 GW, la puissance instantanée peut monter au double, le record étant de 96 GW.

Il saute aux yeux que, plutôt que de dimensionner les moyens de production pour faire face à une demande de 100 GW, il serait plus efficace de « lisser » la demande de manière à éviter de dépasser par exemple 70 GW. Ce qui permettrait de réduire de 30% la puissance disponible du parc.

Le seul moyen d’y parvenir est de mettre en place une gestion « intelligente » de la consommation.

Pour cela il faut d’abord développer un réseau de communication entre d’une part les fournisseurs d’énergie, et d’autre part les points de consommation.

Ce réseau ( Smart Grid ) est en cours de mise au point, son déploiement se fera sur une décennie environ.

Un réseau embryonnaire existe déjà, qui utilise les possibilités du compteur électronique actuel qui équipe de nombreux foyers.

Ce compteur permet au client de disposer d’informations sur sa consommations instantanée, et de gérer cette consommation grâce à des informations exploitables pour le délestage par exemple. La communication avec le fournisseur est assurée par une transmission à courants porteurs ( CPL). C’est la technologie AMR ( Automated Meter Reading), qui permet la lecture des index à distance, et bien d’autres choses.

Bien sûr la pleine exploitation de ces possibilités implique que les matériels branchés possèdent les interfaces ad-hoc. Les normes existent, les matériels aussi, au moins dans le haut de gamme, et les réseaux domestiques progressent.

Le réseau intelligent fera davantage. C’est le projet « Linky » de EDF.

Il utilise la technologie AMM ( Advanced Meter Management ).

Il ne s’agit plus seulement de « reading » mais de « management », c’est-à-dire de gestion de la consommation du client, en accord avec les termes d’un contrat bien évidemment.

L’inconvénient d’un tel système découle de ses avantages: Le fournisseur connaîtra à chaque instant l’état du système client, c’est-à-dire en fait qui fait quoi, et comment. Ceci bien sûr si le domicile est équipé d’un réseau domotique, même sommaire.

On touche alors à un problème de confidentialité, et la question se pose de savoir qui aura accès à ces informations, et comment elles seront utilisées.

La CNIL est donc impliquée dans ce problème.

ERDF a démarré une expérimentation en 2010, qui s’est terminée en Mars 2011. Le rapport d’évaluation de la CRE est disponible sur le site .

Ce rapport est favorable au démarrage de la phase industrielle. 35 Millions de foyers seront équipés d’ici 2020, le coût de cette opération est estimé à 4 Milliards d’euros, qui seront financés grâce aux économies réalisées sur la gestion du réseau et surtout sur la rationalisation de la production.

Un réseau tel que « Linky » est d’autre part indispensable pour la gestion future des énergies nouvelles, avec leurs caractéristiques spécifiques:

- Dispersion des sites de production.

- Production intermittente.

Il faut vivre avec son temps.

 

 

 

 

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