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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 18:29

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27 Novembre 2011

Mercredi 15 Décembre 2010, à 19 h 02, le pic de consommation électrique intérieure s’est élevé à 96,3 Gigawatts, établissant un nouveau record.

A ce moment, la répartition a été la suivante:

61% Nucléaire 58,7 GW ( 52 réacteurs sur 58 )

17% Hydraulique 16,4 GW

14% Thermique 13,5 GW

2% Eolien 1,85 GW

2% Autres ER 1,85 GW

4% Importations 4 GW

Ce pic de consommation n’a donc pu être assumé que grâce à des importations d’électricité.

(Selon RTE, le réseau permet d’importer un maximum de 8 GW).

La sollicitation extrême des centrales thermiques a entraîné l’émission de 12 000 tonnes de CO2 par heure.

En France, le dernier réacteur nucléaire a été mis en service en 2000.

Il représente le dernier rejeton d’une série dite REP ( Réacteur à Eau Pressurisée ).

Cette génération devait être suivie d’une génération améliorée dite EPR, dont Flamanville 3 représente le prototype, et qui devait remplacer les REP vieillissants jusqu’à l’arrivée des réacteurs de génération IV, après 2050.

( Le projet ITER participe de la recherche sur la génération IV, ainsi que les travaux sur les réacteurs à sels fondus, et bien d’autres…).

Le vent de révolte suscité dans une partie de l’opinion par la catastrophe de Fukushima est susceptible de remettre en question cette stratégie.

Des décisions pour un retrait du nucléaire sont déjà prises dans certains pays, et le programme français est menacé de coupes claires en cas de changement de majorité en 2012.

Les conséquences attendues sont aisées à déterminer:

Le seul arrêt de Fessenheim et Tricastin en 2012 entraînerait un déficit de plus de 5 GW.

De plus, la mise en œuvre du programme de sécurisation des centrales existantes nécessiterait l’arrêt d’au moins quatre réacteurs simultanément, pour que ce programme puisse être terminé en dix ans. Soit un déficit supplémentaire de 5 GW.

C’est donc 10 GW supplémentaires qu’il faudrait importer lors du pic de consommation de l’hiver 2012/2013.

Et ceci dans une Europe qui, en majorité, serait dans une phase de retrait du nucléaire. Il est illusoire de croire que nos voisins accepteront de se mettre en panne pour nous fournir du courant…

Rappelons que Flamanville 3 sera, au mieux, opérationnel en 2016, pour une puissance de 1,65 GWe « seulement ».

Dans l’article précédent nous avons présenté la stratégie de secours mise en place par EDF, dont la mission reste de fournir le pays en électricité quelques soient les aléas de la politique. Les décisions politiques se prennent à chaud, mais il faut cinq à dix ans pour construire une centrale….

Il faut donc toujours avoir deux fers au feu afin de ne pas être pris au dépourvu.

La stratégie la plus évidente consiste à remettre en service des anciennes centrales thermiques en les modernisant, et en construire de nouvelles sur la base de procédés innovants satisfaisant les recommandations du Grenelle de l’environnement.

Ce programme permettra d’attendre tranquillement que les querelles picrocholino-politiciennes soient réglées ( si elles le sont un jour ), et qu’une stratégie Nationale claire et pérenne soit enfin décidée.

EDF dispose d’un parc de centrales thermiques constitué de 15 sites, avec une puissance installée de 13,5 GW.

La production thermique en 2010 s’est élevée à 59 TWh, soit 12% de la consommation électrique annuelle intérieure ( 488 TWh).

Pour compenser le déficit énergétique créé par l’arrêt d’une partie du parc nucléaire , il faudra donc pratiquement doubler la production en thermique à flamme, dans un premier temps.

Les énergies renouvelables ne peuvent couvrir aujourd’hui que 4 à 5% des besoins, et ne peuvent pas représenter une part significative avant une dizaine d’années.

De plus, aucune décision politique ne peut interdire au Soleil de se coucher avant 19 h en Décembre, on ne peut donc pas compter sur le solaire pour soutenir le pic de consommation de 19 h . On peut à la rigueur faire dire une messe pour avoir du vent…

Last, but not least, si l’avenir est à l’éolien et au solaire, il faut prendre en compte le fait que ces énergies sont intermittentes. Il faudra donc prévoir, le moment venu, une réserve de puissance capable de compenser l’absence momentanées de Soleil ou de vent. Cette réserve ne pouvant être trouvée ni dans le solaire, ni dans le vent, ni dans le nucléaire, je laisse au lecteur le soin de trouver la réponse.

L’urgence, pour EDF, n’est donc plus à Flamanville, mais bien plutôt dans les centrales thermiques à cycle combiné à gaz ( CCG ).

Comme dit l’autre, dans la vie il faut savoir ce qu’on veut…

Le parc actuel de nouvelles centrales CCGT ( Combined Cycle Gas Turbine) comprend environ une douzaine d’unité de 430 MW de puissance moyenne.

L’arrêté du 15 Décembre 2009 sur la programmation pluriannuelle des investissements en électricité prévoit le développement de ce mode de production d’électricité, particulièrement adapté à soutenir les énergies intermittentes.

La technologie CCGT permet un rendement de 60% sur PCI contre 37% pour la technologie classique. Les émissions de CO2 sont réduites de 50%, et les NOX divisés par trois.

Cette technologie est également compatible avec l’usage du fuel.

Les énergies fossiles carbonées n’ont donc pas dit leur dernier mot.

Nécessité fait loi.

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