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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 11:21

 

12 Février 2013

Durant l’exil Ezechiel, sur les injonctions de Jéhova lui-même, fit cuire le pain sur un feu de bouses séchées.

Au début du vingtième siècle, mes ancêtres tenaient la bouse de vache en haute estime pour alimenter leur feu.

De nos jours encore ce précieux résidu bovin est la seule source de combustible dans les régions semi désertiques ( où il est parfois appelé bois de vache).

Nos sociétés « civilisées » ont tenu à marquer leur distance avec les sociétés dites primitives en leur associant le symbole de la bouse de vache comme stigmate de leur « infériorité ». Le qualificatif de « bouseux » marque bien la volonté d’établir une frontière.

Il se pourrait bien que nous ayons à regretter ce choix.

Après avoir surfé pendant un siècle sur le charbon, le pétrole, le gaz naturel, et l’atome, nous commençons à réaliser que la fête va bientôt finir et qu’il va falloir trouver d’autres sources d’énergie pour alimenter notre voracité.

Notre conditionnement technologique nous a naturellement poussés à chercher le salut dans la « High Tech », en l’occurrence le photovoltaïque et l’éolien, qui réclament ce qui se fait de mieux, donc de plus cher, en matière de techniques avancées.

Il est vite apparu que, sauf à couvrir le territoire de moulins à vent et de panneaux solaires, ces nouvelles sources ne suffiraient pas.

C’est alors qu’est apparu tout l’intérêt énergétique de cette denrée tant méprisée, la bouse de vache.

Ce spectaculaire retour aux sources aurait bien fait rire Ezechiel (pour Jéhova je ne sais pas) . En tous cas mes ancêtres apprécieront cette réhabilitation du « bouseux » .

Certes il n’est pas question d’utiliser directement ce combustible renouvelable sans lui faire subir un traitement sophistiqué digne de notre époque où l’on ne fait jamais simple quand on peut faire compliqué.

Le « produit » est traité dans des installations de haute qualité desquelles toute mauvaise émanation aura été bannie.

Ces lieux aseptisés (du moins on l’espère) accueilleront non seulement les bouses, mais toutes sortes d’excréments animaux et humains confondus, et aussi tous les déchets organiques produits par la société moderne, y compris les terribles algues vertes.

Les opérations effectuées dans ces installations ont pour but la production de Méthane.

En somme il s’agit de faire industriellement ce que chaque ruminant fait individuellement de manière non productive puisque le résultat de ses flatulences se perd dans l’atmosphère, augmentant fâcheusement la concentration des gaz à effet de serre.

En clair, l’usine de méthanisation est une sorte de machine à pets.

La bouse de vache de bonne facture, après séchage, exhibe un PCS de 4,7 KWh par kilogramme.

Le bois sec ne fait guère mieux, à peine 5,5 KWh / kg.

La production journalière d’une vache en bonne santé et correctement nourrie peut atteindre environ 1 kg de matière sèche par jour, ce qui représente une énergie potentielle de 4,7 KWh / jour.

Il y a en France quelques 20 Millions de bovins, dont les déjections représentent une réserve énergétique de près de 35 TWh par an.

Et que dire des 60 Millions de français ?

(Un certain général aurait dit « les français sont des veaux », quelle prescience !).

A cela ( ou ceux-là) bien sûr il faut ajouter la contribution des porcs, des volailles, les déchets des industries alimentaires, les déchets végétaux, les boues des stations d’épuration, ce qui permet d’espérer un filon énergétique prometteur et surtout inépuisable, dont la contribution pourrait être très significative, peut-être de l’ordre de 100 TWh par an ?

Qui a dit que le territoire français est dépourvu de ressources énergétiques?

La mise en valeur de ces déchets produit essentiellement du Méthane, qui peut être soit utilisé sur place pour fournir de la chaleur et/ou de l’électricité, soit injecté dans le réseau de distribution après purification et mise aux normes.

Une fois de plus l’Allemagne a ouvert la voie et comptait dès 2005 un parc de méthanisation de 2 700 installations d’une puissance totale de 650 MW.

Ce parc était de 7 000 installations en 2011, et le plan de développement prévoit 20 000 installations en 2020.

La France, malade de son nucléaire, accuse un retard considérable.

C’est seulement en 2011 que les structures règlementaires pour l’injection du biogaz dans les réseaux y ont été rendues publiques.

Il fut un temps où l’on n’avait pas de pétrole, mais on avait des idées.

Aujourd’hui on a le produit, mais on manque d’idées…

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commentaires

Evelyne Dumont 15/02/2013 12:30

à Doc Zaiüs

URGENT - VOIR un message pour vous sur mon blog
après votre commentaire concernant l'enquête publique sur le projet d'extension du Port de Guidel

http://www.lebloged-environnementdoelan.info/
evelyne.dumont29@wanadoo.fr

ED