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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 16:28

 

3 Février 2013

La stratégie d’optimisation énergétique définie par le Grenelle de l’environnement se traduit par une toujours plus grande exigence de la Règlementation Thermique des bâtiments, ce que l’on ne peut qu’approuver.

La première étape de l’évolution a été la promotion de la sobriété énergétique avec l’objectif du Bâtiment Basse Consommation (BBC) à 50 KWh ep / m2.an.

La nouvelle version RT 2012 fait de cette référence une base ( modulable) obligatoire à partir de Janvier 2013 pour tous les bâtiments d’habitation, et fixe pour la prochaine décennie l’objectif du bâtiment à énergie positive.

De plus la règlementation thermique rappelle les correspondances retenues entre énergie primaire et énergie finale:

Pour l’électricité: 1 KWhef correspond à 2,58 KWh ep

Pour les autres énergies: 1 KWhef correspond à 1 KWh ep

En clair, cela exclut le chauffage électrique par convecteurs puisqu’il se trouve pénalisé d’un facteur énorme de 2,58 totalement dissuasif.

En 2009, environ 70% des logements neufs étaient encore équipés du chauffage électrique.

Ils n’étaient plus que 40% en 2011, pour probablement s’éteindre en 2013.

L’énergie de remplacement est majoritairement le gaz, dont les émissions de CO2 sont conséquentes, bien qu’inférieures à celles du fuel.

En France, plus de 90% de l’électricité est produite sans émission de CO2, à partir du Nucléaire, de l’Hydraulique, et des ENR.

On peut alors se demander, après tout le battage médiatique visant à diaboliser le CO2 et les énergies fossiles carbonées, par quel étrange raisonnement on en est arrivés à proscrire l’électricité au profit du gaz, qui de plus doit être acheté à l’étranger, ce qui plombe notre balance du commerce extérieur.

Mon voisin et moi n’avons pu émettre que quelques hypothèses qui, bien qu’étranges, nous paraissent seules capables de fournir un semblant d’explication:

- Les théories du réchauffement climatiques ont évolué, le CO2 anthropique n’est plus considéré comme seul responsable, et de toutes façons les chinois s’en moquent, alors pourquoi serions-nous seuls à lutter contre des moulins à vent ? D’ailleurs, voyez à Daho, l’enthousiasme a disparu.

- La balance du commerce extérieur ne sera pas affectée par un surcroît de consommation de gaz, puisque la France va bientôt disposer d’abondantes ressources de gaz de schiste.

- De plus, le gaz naturel pourra être avantageusement complété par le biogaz injecté dans le réseau, le marché s’annonce prometteur, nos amis allemands en font déjà un grand usage.

- L’électricité pourra éventuellement opérer un retour gagnant grâce aux pompes à chaleur lorsqu’elles seront adaptées à l’habitat collectif.

- Si, comme cela en prend la tournure, les vieilles centrales nucléaires ne sont pas remplacées, il faudra faire face à un déficit de production colossal d’électricité, que les ENR seront bien incapables de combler. Il est donc vital de réduire drastiquement la consommation, même au prix de conséquences discutables.

Ce facteur 2,58, qui signe l’arrêt de mort de l’effet Joule, trouve sa raison d’être dans les méthodes traditionnelles de production d’électricité. Les centrales thermiques à flamme consomment du charbon, du gaz ou du fuel, pour produire du courant avec un rendement d’environ 40%;

Pour produire 1 KWh d’énergie électrique ( énergie finale), il faut donc brûler environ 2,5KWh de charbon, gaz ou fuel, dans la chaudière (énergie primaire).

Le facteur 2,58 est une valeur conventionnelle. Dans la réalité il peut être supérieur selon le vrai rendement et les pertes en lignes.

Pour un pays qui produit son électricité avec des centrales thermiques, le fameux facteur 2,5 (officiellement 2,58) a un sens au plan thermodynamique, même si économiquement il est discutable.

Mais lorsque cette électricité est produite par un procédé qui n’utilise pas le principe de Carnot, cela n’est pas pertinent.

Or l’Hydraulique, l’ Eolien, et le Solaire photovoltaïque, qui sont les énergies de l’avenir si j’ai bien tout compris, produisent de l’électricité sans utiliser le principe de Carnot. Le facteur 2,58 ne devrait donc pas les concerner.

Par ailleurs, si malgré tout l’on cherche à chiffrer l’ énergie primaire éolienne, solaire, ou hydraulique, on entre dans le domaine de l’absurde.

Quant à l’énergie nucléaire, il est difficile de parler de rendement de 40% à propos d’un procédé dont les « déchets » valorisés représentent davantage d’énergie qu’il en est consommé dans le système !!!

( D’ailleurs le combustible extrait des cuves après usage n’est pas classé comme déchet, ce qui est logique puisqu’il contient encore une énergie considérable. Le Nucléaire a beaucoup de défauts, mais au moins il faut lui reconnaître un rendement supérieur à tout le reste).

Cette pénalisation dissuasive de l’électricité par la RT 2012 nous paraît doublement contre productive car, d’une part elle fait la part belle aux énergies fossiles carbonées qu’il faut acheter à l’étranger, et d’autre part elle constitue un message fort contraire aux exhortations en faveur de la lutte contre le CO2.

A moins que le nouveau dogme, encore inavoué, ne soit le retrait du nucléaire, auquel cas le retour aux fossiles est évidemment une obligation.

J’en connais qui vous se demander si vraiment çà vaut encore la peine d’investir dans des parcs éoliens ou solaires, alors que les autorités de régulation font la promotion du gaz…

 

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commentaires

sasqat 04/02/2013 10:38

Ayant oublié de le mentionné dans mon précédent commentaire,
Il faut noter que le chauffage par PAC semble avantagé par ce mécanisme grâce à son COP supérieur au coef. 2,58.

Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les futurs voisins de tels appareils dont les nuisances sonores ne sont plus à démontrer.
(heureusement, le coût des PAC reste élevé)

reste le chauffage au bois (ou granulat). C'est une solution alternative interessante mais qui induit quelques contraintes d'usage et donc moins de flexibilité que du chauffage électrique ou au
gaz.

doc zaius 04/02/2013 09:45

Bonjour,
On ne peut qu’approuver le principe de la règlementation thermique des bâtiments.
La RT2012 impose des performances thermiques très satisfaisantes.
Mais la quasi obligation de chauffer au gaz des bâtiments qui représentent l’avenir, est quand même surprenante, compte tenu du matraquage que nous avons subi pendant des décennies sur la nécessité
vitale pour l’Humanité de lutter contre les émissions de CO2.
Qu’allons-nous dire à nos enfants et petits-enfants ? Ne vont-ils pas nous prendre pour des charlots ?
Cela dit, ce qui arrive là était prédit depuis longtemps. Pour des raisons diverses les énergies renouvelables ne sont pas au rendez-vous, et si l’on ne renouvelle pas le parc nucléaire, la seule
issue est le retour aux énergies fossiles.
Raison de plus pour pratiquer la sobriété énergétique.

sasqat 04/02/2013 08:39

bonjour,

comme vous le soulignez, le chauffage électrique ne s'est jamais aussi bien porté que lors de la dernière décennie.

La volonté affichée de cette RT2012 est donc d'endiguer cette expansion.

Nous l'avons vu par ailleurs, la production d'électricité n'est plus en phase d'expansion. (arrêt programmé de nombreux groupes)
Dès lors, laisser le chauffage électrique s'étendre ainsi menerait à la catastrophe à court terme.

Maintenant, est il plus "noble" de se chauffer au Gaz ? ca je n'en suis pas convaincu ...

Toutefois, je trouve cette RT2012 enfin ambitieuse parce qu'elle impose de nettement moins consommer, quelle que soit l'énergie utilisée.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/06_07_2010_-_Generalisation_des_batiments_a_basse_consommation.pdf